GUYANE: MACRON N’EST PAS LE PÈRE NOEL SAUF POUR LES MONOPOLES IMPERIALISTES !

En visite en Guyane le président « jupitérien » a adressé une nouvelle leçon, dont il a le secret, aux gens du commun. Après les « fainéants », les « cyniques », voilà que Macron ne serait pas le « père noël » pour les habitants de la Guyane ! Alors qu’il traversait un territoire rongé par la misère, le chômage, l’absence de services publics, le président des riches a encore fait preuve de son mépris de classe envers ceux qui souffrent des politiques de rigueur.

Dans le même temps un projet faramineux est à l’étude en Guyane, à savoir l’ouverture d’une mine d’or (la plus grande de France), baptisée pompeusement « La mine de la Montagne d’or ». Porté par le consortium russo-canadien Nord Gold/Columbus Gold, il prévoit la construction d’une gigantesque mine d’or à ciel ouvert dans l’ouest de la Guyane. Les promoteurs vantent les retombées   économiques pour la Guyane (750 emplois) mais ne disent mot du désastre écologique qui en résultera. En effet pour obtenir l’or à partir du minerai extrait il faut utiliser du cyanure qui est un véritable poison aussi bien pour l’homme que pour la nature. Quant aux emplois créés ils seront pourvus par des personnes n’habitant pas en Guyane et seront largement subventionnés par l’Etat et les collectivités locales. Bref les habitants de Guyane payeront pour une mine qui détruira leur santé et leur environnement. Le seul grand gagnant seront le monopole minier qui s’engraissera honteusement.

Mais cela ne fait pas peur à Macron, qui pousse pour la réalisation du projet, et ce depuis qu’il était ministre de l’économie. Oui il est bien le père Noël mais uniquement pour les puissants et les bourgeois !

 

Le sommaire de la VDC

Une VDC novembre décembre

Sommaire

 

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES           ORDONNANCES

5 LA FUSION ALSTOM-SIEMENS

6 THEORIE: La lutte des classes

12   DOSSIER JCML

Lutter contre le capital

Appel pour Ocalan

14   INTERNATIONAL

Corée du Nord

Catalogne

Guyane

Les Kurdes du Moyen-Orient

20   DOSSIER HISTOIRE:

La révolution d’Octobre

 

Journal ICI

 

LE CAPITALISME EN GUERRE CONTRE LES TRAVAILLEURS

Editorial de la VDC à retrouver ICI

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En ce début de quinquennat Macron, le gouvernement s’affiche clairement comme l’état-major de combat de la bourgeoisie. Il mobilise toutes les ressources de l’État pour consolider la domination du Capital sur la société par toutes sortes de cadeaux fiscaux, de lois pour organiser l’exploitation accrue des travailleurs. Le gouvernement tente aussi d’affaiblir les capacités d’organisation et de résistance des travailleurs. Les conséquences concrètes pour ces derniers sont la dégradation de leurs conditions de vie, la diminution du salaire réel, des retraites, l’aggravation de la concurrence entre travailleurs sur le marché du travail. Les mythes d’un « État providence » au-dessus des classes, de l’égalité entre les « citoyens » volent en éclat devant une lutte de classe féroce menée par la classe bourgeoise contre les travailleurs.

Sous le capitalisme impérialiste, les monopoles veulent assurer un profit maximum. Ceux-ci ne peuvent le faire qu’en organisant l’exploitation toujours plus féroce des travailleurs en leur prenant une part toujours plus importante du produit de leur travail. Si la machine grippe, l’existence même du capitalisme est en danger. Quand les profits menacent de diminuer, les gestionnaires des entreprises comme de l’Etat n’ont pas d’autre choix que de prendre des mesures drastiques pour préserver leurs sacrés-saints bénéfices garantir les fondements de l’exploitation capitaliste. C’est tout le sens de la politique de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Voilà pourquoi les mêmes politiques anti-sociales ont été appliquées durant ces dernières années, quelle que soit la famille politique bourgeoise au pouvoir, de droite, de gauche. Ce n’est pas en changeant les personnes comme le défendent les « dégagistes », ce n’est pas en « moralisant » la vie politique que cela peut changer. Le gouvernement est tout entier soumis aux exigences de la bourgeoisie.

De plus en plus, il existe une prise de conscience syndicale mais aussi politique. Cela est nouveau et positif. Mais pour quelle politique ? Les courants « populistes » et réformistes qui ne sont pas au pouvoir surfent sur le mécontentement du peuple pour proposer une politique qui met en avant de fausses mesures « antisystème », dénoncent la finance, souhaitent transformer la société sans toucher aux lois fondamentales du capitalisme. Ces politiques qui ne s’attaquent pas au capital doivent être rejetées. Seule une politique anticapitaliste menée par les éléments les plus conscients du prolétariat et organisée en conséquence peut amener les travailleurs à construire des batailles victorieuses pour faire payer le capital jusqu’à la victoire totale sur la classe exploiteuse.

Face à cette offensive du capital, les travailleurs et les syndicalistes ne restent pas sans réagir. Ils luttent partout avec courage et continuité autour de luttes locales et nationales. Dans ces mobilisations, de nombreux travailleurs prennent conscience que face à la détermination, l’organisation et les moyens de la bourgeoisie, il est nécessaire de passer à un niveau supérieur d’organisation et de lutte. Ils prennent conscience qu’il faut rompre avec la voie de la « concertation » avec le patronat, avec celle des « partenaires sociaux » qui entraine le mouvement des travailleurs à l’échec. Cette époque de négociation des miettes du gâteau est révolue, mais les directions syndicales continuent à s’accrocher à cette politique de collaboration de classe, plutôt qu’à organiser la lutte classe contre classe face au gouvernement Macron.

C’est la bourgeoisie en menant la lutte de classe qui creuse sa propre tombe et pousse les travailleurs à adopter une politique radicalement différente des politiques actuelles. Cette politique devra se libérer de toutes les illusions réformistes. Depuis quelques semaines, les dirigeants de la France Insoumise tentent de mettre sous leur politique l’ensemble du mouvement ouvrier. Les marxistes-léninistes considèrent que tous les travailleurs doivent faire de la politique. Mais ils doivent faire une politique de classe, résolument anticapitaliste à l’encontre du pouvoir bourgeois. Or les directions réformistes se contentent d’une politique parlementariste. Ils veulent seulement faire une autre politique bourgeoise, c’est-à-dire une politique dans le cadre des institutions existantes et du système économique existant. On voit bien que cette politique mène à l’échec partout où elle a été menée. Les communistes marxistes léninistes quelle que soit leur organisation doivent participer à la lutte du prolétariat. En étant présent autour des luttes de la classe ouvrière, ils mettent en avant l’idée de s’organiser autour d’un seul Parti communiste, seul outil capable de mener la lutte politique contre les attaques et le pouvoir de la bourgeoisie. Oui une autre politique est possible, une autre société est possible en rompant avec le mode de production capitaliste, en supprimant la domination du capital, pour instaurer le pouvoir des travailleurs, le socialisme.

A BAS LE CAPITALISME !
LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

Au Burkina Faso comme partout en Afrique, à bas l’impérialisme français !

Comme tous les présidents français avant lui, Macron s’est livré à l’exercice de la « tournée » africaine (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana) pour annoncer avec beaucoup d’arrogance (et de fausseté) que la France tournait la page du néocolonialisme, de la « Françafrique ».

Mais la jeunesse du Burkina Faso n’était pas prête à avaler ces contes pour enfants. Tandis que notre président se livrait à un show ridicule et clownesque devant un parterre d’étudiants triés sur le volet, des milliers de jeunes ont encerclé l’université de Ouagadougou, dressé des barricades et caillassé les véhicules de la délégation française.

Aux slogans de « A bas l’impérialisme français », « Stop au franc CFA », « Retrait des forces françaises » ils ont exprimé les revendications légitimes d’une population qui ne supporte plus le joug de l’impérialisme français, incarné par ses puissants monopoles qui pillent sans vergogne les ressources de l’Afrique depuis des décennies.

Cette mobilisation populaire d’une ampleur inédite, à l’occasion de la visite d’un chef d’Etat français, témoigne aussi que la mémoire de l’action anti-impérialiste de Thomas Sankara, assassiné par les sbires de la France en 1987, est toujours vivace chez le peuple burkinabais. Ce dernier n’a jamais oublié ses actions en faveur de l’éducation, de la santé et de l’égalité homme-femme, de la démocratie dans un des pays les plus pauvres du monde. Il n’a jamais pardonné que la France ait soutenu pendant plus de 27 ans la dictature de Blaise Compaoré, balayé par un soulèvement populaire en 2014.

Ses évènements doivent être connus et largement diffusés. Développons la solidarité en France avec le combat du peuple burkinabais. Amplifions la mobilisation contre la guerre et notre propre impérialisme.

Hors d’Afrique les monopoles français !

Soldats français hors d’Afrique !

Vive l’esprit de lutte du peuple burkinabais !

Il est un exemple pour toute l’Afrique !

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Interview d’un jeune étudiant d’Albi

La cellule d’Albi fait un travail important auprès des jeunes travailleurs et des étudiants. Elle est aussi présente au sein du Syndicat des Etudiants d’Albi – Etudiants en lutte qui « s’engage à contribuer à la lutte d’ensemble des travailleurs/ses pour la suppression de l’exploitation capitaliste. »

Voici l’interview d’une jeune étudiant syndiqué qui montre toute la nécessité de mener la lutte sur le terrain des facultés, contre la sélection sociale, pour un enseignement gratuit et populaire. L’aboutissement de ces revendications populaires et légitimes ne peut être que dans la rupture avec la société capitaliste. D’où la nécessité de lier la lutte des étudiants à la perspective anticapitalisme du socialisme.

 

Bonjour, peux-tu te présenter rapidement ? Age ? Quel cursus suis-tu ?

Je m’appelle Julien, j’ai 18 ans. Je suis en première année de licence d’histoire.

Comment fais-tu pour payer tes études ?

J’ai la chance de pouvoir vivre chez mes parents ça m’évite de devoir payer des frais supplémentaires.

Tu as peut être entendu parler des réformes de l’enseignement supérieur qu’en penses-tu ?

Elles ne me semblent pas du tout appropriées. La réforme d’APB (ndlr Admission Post Bac) va dans le sens d’un développement de l’élitisme. La fac n’est plus accessible à tous parce qu’ils veulent développer la sélection en université pour certaines catégories de personnes.

Peux-tu préciser ?

J’ai un Bac Pro, mais ce n’est pas pour autant que je ne suis pas plus capable de mener des études d’histoire. J’ai autant de capacités qu’un bac général. C’est stupide de vouloir les favoriser, ce n’est pas parce qu’on ne réussit pas en lycée qu’on n’a pas le droit de faire les études de notre choix plus tard. On voit en plus que c’est l’université qui va décider de si ils nous acceptent ou pas. Franchement cette histoire c’est un peu de la sélection de classe.

La réforme des mutuelles étudiantes et le budget de l’enseignement supérieur ?

Je suis partagé, mais ça montre un désintérêt pour le statut étudiant dans les deux cas. Les fonds investis sont insuffisants.

Que penses-tu du syndicalisme étudiant ?

Je le vois comme une voie pour faire pression, un levier pour obtenir un pouvoir sur nos vies. On peut faire entendre notre voix et influer sur nos quotidiens réellement. C’est un bon moyen de s’investir dans la vie étudiante tout en défendant des idées et des valeurs. Cela permet de se responsabiliser, d’être en contact avec les autres. Après il n’y a pas forcément une bonne réception du syndicalisme en fac je pense mais ça tient plus au fait que beaucoup de monde essaie d’éviter le débat politique. Puis ils ont peur d’un « contrôle politique ». C’est aussi pour ça que le syndicat doit pouvoir développer des activités culturelles et sportives qui permet de montrer un autre visage.

De quel type d’Université rêves-tu ?

Si l’on veut que plus de monde soit bien formé, possède des qualifications ça demande d’ouvrir plus largement la faculté. Je suis pour lutter contre la reproduction sociale. Il faut plus de libertés, de force et de voix aux étudiants. C’est pour ça que je soutien la création de structure qui le permettent comme le syndicat. Pour l’instant, la fac ressemble à un océan où l’on jetterait les étudiants sans distinctions et livrés à eux-mêmes, normal que plein se noient. Il faut vraiment s’investir dans les facs, parce que les jobs étudiants c’est vraiment de l’esclavage.

 

Correspondance, cellule d’Albi

 

 

METTONS EN ECHEC LA POLITIQUE DU CAPITAL, LE PRESIDENT DES RICHES ET SES ORDONNANCES

[image infocom CGT]

[image infocom CGT]

Une avalanche de contre-réformes

 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Macron, une cascade de contre-réformes s’est abattue sur les travailleurs et les classes populaires : casse du droit du travail, chasse aux chômeurs

(qualifiés de fainéants), baisse des APL, durcissement des lois sécuritaires… Le gouvernement Macron-Philippe a annoncé vouloir s’attaquer par la suite à la formation professionnelle, l’assurance-chômage et aux retraites. Ce sont tous les droits sociaux gagnés de hautes luttes par le prolétariat français au sortir de la seconde guerre mondiale qui sont menacés.

De l’autre côté dans le camp du capital ; des patrons, des millionnaires et des monopoles ; ils peuvent voir l’avenir en rose : suppression de l’ISF, poursuite des cadeaux fiscaux aux entreprises, aides à l’embauche (emplois entièrement payés par le contribuable et qui ne coûtent rien à l’employeur !)…etc. Bref ce sont toujours les mêmes qui s’engraissent tandis que les précaires, les salariés et les chômeurs devront se serrer la ceinture et accepter sans broncher de perdre tous leurs droits !

Cette société, on l’aménage pas, on la combat !

Non, nous ne voulons pas de cette vie de misère ! Nous ne voulons pas être des esclaves « ubérisés » ou des autoentrepreneurs corvéables à merci. Alors que nos adversaires sont forts et organisés (MEDEF, partis politiques bourgeois, médias, police…), les travailleurs avancent en ordre dispersé et sous l’influence de leaders politiques et syndicaux qui n’offrent aucune perspective de rupture avec cette société pourrie jusqu’à la moelle. On ne peut humaniser un système inhumain par nature comme l’est la société capitaliste. On ne peut pas non plus l’améliorer par le parlementarisme bourgeois qui n’a jamais apporté le moindre progrès aux masses exploitées.

Il y a cent ans, les travailleurs de Russie montraient l’exemple

 

Il y a cent ans, le prolétariat de Russie, sous la conduite du parti bolchevik de Lénine rejetait dans les poubelles de l’histoire ce « vieux monde » et créait le premier Etat ouvrier de l’histoire. Ils démontrèrent que les masses pouvaient se gouverner par elles-mêmes, sans « chefs » bourgeois et patrons, et construire une société juste et égalitaire qui garantissait à tous le droit au travail, à l’éducation et à la culture.

Aujourd’hui, face à ces attaques d’une violence sans précédent depuis plusieurs décennies, il revient aux travailleurs conscients de ces enjeux, de se rassembler et de mener une lutte acharnée dans les entreprises mais aussi sur le terrain politique, pour redonner au prolétariat français l’outil qui lui fait cruellement défaut depuis des années : un authentique parti révolutionnaire communiste !

A bas les lois pour les patrons du gouvernement Macron !

Unité des travailleurs contre le patronat et l’Etat !

Construisons un parti révolutionnaire défendant les intérêts de la classe ouvrière 

Discours du 20 octobre 2017 Meeting contre les ordonnances XXL – 100 ans de la Révolution – PCOF/ROCML

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

Une attaque générale contre le monde du travail, en faveur du capital

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

 

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Une mobilisation en ordre dispersée, limitée

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte ne prend pas, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité militante entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies donc il existe un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  

À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

La lutte politique pour la rupture révolutionnaire

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent d’intéresser à la question politique générale (et non pas uniquement aux questions syndicales). Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Etc. Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui sera en rupture révolutionnaire avec toutes les autres politiques.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats (structures indispensables mais qui ne sont pas celles suffisantes pour la conquête du pouvoir) mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, celles que l’on mène actuellement et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années aux vues du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, n’apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

 

ROCML, Communiqué sur la situation en Catalogne

Le 27 octobre 2017, le président de la généralité de Catalogne a proclamé l’indépendance de la région et son détachement du royaume d’Espagne. C’est désormais un véritable bras de fer qui s’engage avec le pouvoir central de Madrid qui n’a pas hésité depuis le départ à utiliser massivement la force, la brutalité policière, le chantage et les arrestations de militants indépendantistes.

Nous condamnons fermement les mesures de répression et de rétorsions prises par le gouvernement de Mariano Rajoy qui nie le droit à la nation catalane de disposer d’elle-même et d’édifier son propre état. Aucune disposition juridique ou institutionnelle ne peut justifier la négation de ce droit.

Conformément au droit des nations à disposer d’elles-mêmes le ROC-ML soutien les droits démocratiques de nation catalane y compris la possibilité (et non l’obligation) de se séparer de l’État espagnol et de constituer un État indépendant.

Les communistes reconnaissent ce droit, mais ils n’oublient pas que la bourgeoisie pour son propre intérêt peut à tout moment trahir les peuples et chercher un compromis avec la bourgeoisie dominante. Les prolétaires d’Espagne doivent rester unis sans distinction de nationalité, au-delà des barrières nationales, pour défendre leurs intérêts et renverser la société capitaliste.

Sur la position que doivent adopter les travailleurs vis à vis des revendications nationales, dans le cas de l’Espagne, pays impérialiste, la position des travailleurs espagnols doit être de soutenir les revendications des peuples opprimés par leur propre impérialisme, que ce soit à l’intérieur des frontières de l’État ou à l’extérieur. Quant aux travailleurs catalans ils ne doivent pas oublier dans cette lutte que leur véritable adversaire demeure la bourgeoisie. Qu’ils doivent préserver l’unité entre les ouvriers de la nation opprimée et ceux de la nation oppressive. La confiance entre les peuples d’Espagne et l’unité de la classe ouvrière dans les actions passent par reconnaissance des droits du peuple catalan sans conditions.

Le problème national ne saurait trouver sa solution définitive sous le capitalisme et seul le prolétariat au pouvoir peut résoudre cette question, comme l’a démontré la révolution d’Octobre dont on fête le centenaire.

Soutien au peuple Catalan dans sa lutte contre l’État répressif espagnol !

Pour le droit à l’autodétermination des peuples en Catalogne comme partout dans le monde !

 

1er Novembre 2017

ROCML

 

 

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah – 21 octobre 2017

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Source ICI

Cher »e »s camarades, cher »e »s ami »e »s,

Vous savoir rassemblé-es en ces moments face à ces abominables murs et autres miradors nous apporte ici, beaucoup de force et nous fait chaud au coeur. L’ambiance, toute l’ambiance change dans ces sinistres lieux quand l’écho de la vie agissante vient percuter la platitude sans nom d’une quotidienne carcérale mortifère … ainsi, si près de nos cellules, la résonance de votre présence suscite beaucoup d’émotion et autant d’enthousiasme…

Certainement camarades, les diverses initiatives solidaires que vous avez su développer tout au long de cette 33e année de captivité, non seulement ont participé efficacement à démasquer l’absurdité de l’acharnement judiciaire et la vengeance d’État, mais surtout elles ont apporté un cinglant démenti à tous ceux et celles qui misaient sur l’essoufflement de votre élan solidaire.
Bien entendu Camarades, vous n’êtes pas sans savoir que c’est aussi grâce à cette mobilisation dans la diversité de l’engagement que les protagonistes révolutionnaires ici dans les geôles de la république ainsi qu’ailleurs, arrivent à tenir debout derrière les abominables murs en dépit des toutes ces années de captivité…

Force est de constater Camarades, que la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, est vouée immanquablement à l’échec dans la mesure où l’on assume la solidarité sur le terrain de la lutte anticapitaliste/anti-impérialiste. On n’y insiste jamais assez camarades, ce n’est qu’en assumant la solidarité sur le terrain de la lutte de classe en cours et dans toutes ses dimensions que l’on apporte le soutien le plus efficace à nos camarades prisonniers.
À l’aube de cette 34e année de captivité, vous êtes toujours là Camarades, sur le terrain de la lutte et vos multiples initiatives réconfortent et fortifient plus que jamais ma résolution et ma détermination. À mes côtés ici des valeureux camarades basques résistent toujours, et depuis tant d’années. L’aménagement des peines ainsi que la « suspension des peines pour raison médicale » sont systématiquement refusés du moment où l’en est militant  basque. Le cas du Camarade Ibon Fernandez est symptomatique à cet égard. Et pourtant on aurait pu s’attendre à autre chose suite à l’initiative toujours en cours de leur principale organisation de lutte.

Ceci dit Camarades, des geôles sionistes à celles du Maroc, des cellules d’isolement en Turquie à celles encore plus sombres en Grèce, aux Philippines et ailleurs en Europe et de par le monde, c’est toujours le même constat : au fur et à mesure que la crise du système s’approfondit et se généralise, l’acharnement judiciaire devient un simple élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. Bien entendu cette panoplie des mesures et des lois ne cesse de s’étoffer toujours plus Camarades en ces temps de crise générale où l’on transforme les mesures de l’État d’urgence en simple loi du droit commun.

Camarades, les conditions de détention dans les geôles sionistes ne cessent de s’empirer de jour en jour en dépit des accords conclus lors de la dernière grève de la faim. Et comme vous le savez Camarades, pour y faire face, la solidarité internationale s’avère une arme indispensable…
Bien entendu les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires peuvent toujours compter sur votre mobilisation. C’est une belle occasion pour dire au criminel Netanyahou et ses consorts que le peuple palestinien n’est pas seul.
Peut-être faut-il toujours rappeler que plus de 300 enfants, des Fleurs et des Lionceaux, croupissent dans les geôles sionistes dans des conditions particulièrement difficiles.
Peut-être faut-il rappeler que le nombre de détenus administratifs ne cessent de se multiplier. Et certainement le Camarade Salah Hamouri ne sera pas le dernier du moment où l’occupant n’a pas à rendre compte devant les instances internationales de la barbarie et de ses mesures arbitraires qui frappent au quotidien tout un peuple.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des Fleurs et Lionceaux palestiniens !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires en lutte !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des révolutionnaires qui résistent dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !
À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Honneur aux martyrs et aux masses populaires en lutte !

La solidarité, toute la solidarité avec la lutte du peuple palestinien et ses résistants incarcérés !
La solidarité, toute la solidarité avec les camarades grévistes de la faim dans les geôles marocaines !
Honneur aux valeureux combattants du PKK !
Le capitalisme n’est plus que barbarie !

Ensemble camarades et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
À vous tous camarades mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

Les politiques économiques des gouvernements n’ont pas pour objectif le bien-être des populations !

http://rocml.org/wp-content/uploads/2017/09/VDC_21.pdf

Au sein de l’économie mondiale, les sources de conflits vont s’accentuant, ce qui implique forcement des dissensions sur le plan politique. Selon l’angle de vision propre à chacun des représentants de la classe capitaliste, les appréciations qu’ils formulent varient.

Abstraitement parlant, le rôle des organismes supranationaux tels que le FMI ou l’OMC, est d’œuvrer dans la mesure du possible en faveur d’une gestion collective du système capitaliste à l’échelle mondiale, de façon à porter la création de plus-value et l’accumulation des capitaux, dans leur totalité, à une dimension maximum. De fait, leur action consiste à jouer les médiateurs dans le but de désamorcer les facteurs de crise provoqués par la concurrence entre les multiples pôles d’accumulation du capital. Ainsi, dernièrement, ces institutions se montrent préoccupées. Par exemple, à l’occasion de l’assemblée commune entre le FMI et la Banque mondiale tenue en avril dernier, Christine Lagarde, directrice générale du FMI a déclaré: « Il ne faut pas mettre en péril le moteur du commerce, qui a alimenté la croissance et qui est un élément crucial de la productivité » (AFP, 20/4/2017). Ces recommandations sont motivées par la multiplication de prises de positions, de la part de responsables politiques tels que Marine Le Pen ou Donald Trump, en faveur de mesures protectionnistes.

Le terme protectionnisme désigne l’application d’un ensemble de mesures visant à protéger l’économie d’un pays contre la concurrence étrangère au niveau du commerce extérieur. Il s’agit ainsi de restrictions apportées au principe du libre-échange. En élargissant le champ d’actions concerné, les partisans du protectionnisme préconisent aussi des mesures censées stimuler activement le développement de l’économie nationale. Cependant, les protagonistes du libre-échange, eux non plus, ne se soucient nullement de développer un commerce mondial équilibré, bénéfique pour l’ensemble de la population du globe. Au sein du monde capitaliste, n’existe aucune harmonie collective.

Aujourd’hui l’économie mondiale est régie par les rapports de production capitalistes tels qu’ils se sont établis à travers un développement à partir de leur essor au 19e siècle, en passant par l’époque des empires coloniaux, et ayant atteint le stade de l’impérialisme capitaliste caractérisé par la formation de groupements industriels et financiers en situation de monopole ou oligopole. Dans ce cadre, les relations entre les états nationaux et les centres d’accumulation de capitaux sont devenues complexes. Il n’y a plus de lien mutuel direct entre un état donné et un ensemble délimité de capitalistes que l’on pourrait désigner comme « sa » classe capitaliste au même titre que l’on parle de « sa » population. Ces centres d’accumulation de capitaux ne sont pas pour autant devenus des entités pouvant régner sur le monde en s’affranchissant totalement des états nationaux et de leurs gouvernements. Dans chaque état, le rôle des institutions qui forment ce que l’on appelle l’appareil d’état, consiste toujours à assurer la domination de la classe capitaliste exploiteuse sur la classe ouvrière exploitée et sur l’ensemble de la population. Mais à l’époque des empires coloniaux, le système économique mondial était compartimenté selon des démarcations affirmées formellement, tandis que maintenant la complexité des connexions économiques croisées, multiformes, aux délimitations mouvantes, s’est fortement accentuée. Les différents aspects des politiques protectionnistes s’inscrivent dans ce contexte.

Ce qui compte en premier lieu du point de vue d’un gouvernement dans sa fonction territoriale, ce sont: sur le plan économique, la balance des paiements (qui inclut la balance commerciale) ainsi que le budget (c’est-à-dire les impôts et les taxes), et sur le plan politique, sa capacité de maintenir intacte la domination de la bourgeoisie au sens générique. Les divers discours propagandistes concernent en grande partie ce dernier domaine (Chirac et la fracture sociale, Le Pen et les immigrés, Hollande et l’union nationale contre le terrorisme, etc.). Les dilemmes économiques proviennent de la nécessaire conciliation entre le fonctionnement générale de l’économie « nationale » et les intérêts des capitalistes dont les investissements sont liés d’une façon ou d’une autre avec le pays.

Le Front national, en France

 

En France, le programme de Marine Le Pen comporte des mesures relevant du protectionnisme. Il prétend favoriser les entreprises qui produisent sur le territoire national, dans le but affiché de développer l’emploi. De façon ciblée, il prévoit une taxe pénalisant les entreprises considérées comme françaises mais qui vendent en France des produits importés par le biais d’une filiale à l’étranger. Les formulations à ce sujet varient. En 2012, Marine Le Pen déclare: « Un signal très clair sera donné: vous vendez en France, alors vous produisez en France! C’est pourquoi il faudra taxer à hauteur de 35% l’industrie automobile qui ne réalise pas au moins la moitié de sa production sur le sol français. »(1) En 2017: « Chaque produit qui sortira d’une usine délocalisée afin d’être revendu sur le marché français sera taxé à hauteur de 35%. »(2) Elle inclut d’ailleurs les prestations de services: «Mon projet pénalisera financièrement par une taxe de 35% également les délocalisations de prestations de services dont abusent tant de grandes entreprises françaises. »(3) Une « contribution sociale » serait prélevée sur l’ensemble des biens et des services importés, d’un montant de 3%. Cette mesure, étant en elle-même protectionniste, servirait à financer une « prime de pouvoir d’achat » versée aux salariés et retraités qui touchent moins de 1500 euros par mois(4). Cela s’apparente à une subvention au bénéfice des employeurs, de façon similaire au principe du « revenu universel », mais en l’occurrence non « universel ». Il faut souligner que Marine Le Pen s’est prononcée contre un relèvement du salaire minimum, au motif que « cela entraine une charge supplémentaire pour les entreprises, qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays »(5).

Au-delà de ces taxations définies explicitement, le programme du FN adopte le protectionnisme comme principe général, tout en prévoyant des mesures différenciées. Selon Marine Le Pen: « cela ne fait aucun sens de taxer indifféremment tous les produits provenant de tous les pays. […] Et il n’y a pas de raison de taxer certains pays de l’Union européenne. Nous taxerons surtout les pays qui font du dumping fiscal et social. ». Bernard Monot, conseiller de Marine Le Pen sur les questions économiques, indique comme cibles potentielles « les pays hors UE avec lesquels notre balance commerciale est très déficitaire » (Les Echos).

Trump et le Parti républicain aux USA

 

Durant sa campagne électorale et depuis qu’il a été élu, Trump a annoncé l’instauration d’une « énorme taxe aux frontières » (« big border tax »)(6). Au départ cela était censé signifier des tarifs douaniers à l’importation. Cependant les membres républicains de la Chambre des représentants projettent un autre dispositif, élaboré antérieurement à la désignation de Trump comme candidat de leur parti. Ce projet (dit « border adjustment tax ») vise à instaurer  – comme le nom l’indique – un impôt sur les sociétés comportant un ajustement à la frontière dont le mécanisme passe par la détermination de l’assiette pour l’impôt sur les sociétés. Le montant de cet impôt, au lieu d’être basé sur les bénéfices tels qu’ils sont pris en compte normalement (total des revenus moins le total des couts), ne prendrait pas en compte les importations dans les couts ni les exportations dans les revenus. Le taux serait en outre baissé de 35% à 20%. Le fait est que dans ce domaine, comme dans certains autres, Trump tente à assumer des choix propres qui diffèrent des positions du Parti républicain. Selon la vision de Trump, les taxes à l’importation devraient être ajustées pays par pays, selon un principe de réciprocité, en fonction du taux que le pays concerné fait supporter aux exportations venant des USA (reuters, 12/4/17).

Il est certain qu’au sujet des mesures protectionnistes, les appréciations de la part des secteurs de l’économie national des USA varient.

Les entreprises qui produisent de l’acier sont demandeurs à cet égard. La branche se trouve dans une situation difficile. En 2015, selon un classement au niveau mondial selon la quantité produite, la plus grande société US, Nucor Corp, vient en 14e place avec 19,62 millions de tonnes, puis U.S. Steel vient en 21e place avec 14,52 millions de tonnes (par comparaison, en 1re place ArcelorMittal avec 97,14 millions de tonnes)(7). Ces sociétés sont presqu’exclusivement confinées au territoire national US. En 2014, la production mondiale d’acier a réalisé le plus haut niveau jamais atteint, avec 1,66 milliards de tonnes, les prix au niveau international ont fortement baissé, les importations vers les USA ont augmenté considérablement en conséquence(8). En 2016, les producteurs US d’acier ont obtenu l’instauration d’une taxe de 266% sur l’importation d’acier laminé à froid, utilisé pour la fabrication de voitures ainsi que de multiples équipements, en provenance de sept pays dont la Chine. Les fabricants de voiture, ayant évidemment un point de vue opposé, ont réagi, comme par exemple Ford qui s’est adressé à la Commission du commerce international US (International Trade Commission, USITC). Trump, en prenant sa fonction, avait eu recours à Dan DiMicco, ex-PDG du groupe Nucor mentionné ci-dessus, comme conseiller. Mais dans ce cas aussi, il se heurte à des divergences avec le Parti républicain. Il annonce que tout projet d’infrastructure publique devra utiliser de l’acier produit dans le pays. Cependant dans le passé, les législateurs républicains ne se sont pas montrés favorables à l’idée d’une croissance stimulée par des engagements publics alourdissant les déficits budgétaires. Concrètement, dans le cadre d’une stimulation générale du secteur de l’énergie non renouvelable, Trump soutient la construction de l’oléoduc Keystone XL qui devrait renforcer le réseau d’oléoducs Keystone existant reliant des puits au Canada notamment à des terminaux sur la côte du Texas. Or, à ce sujet, l’année dernière, les républicains ont bloqué un amendement exigeant qu’uniquement de l’acier US devrait être utilisé pour le pipeline(9).

L’industrie US de l’aéronautique, exportatrice, est favorable au système envisagé de « l’ajustement à la frontière »(6).L’inverse est le cas du point de vue de l’UE (Les Echos). Les USA représentent 23% des exportations du groupe Airbus. Celui-ci est certes implanté aux USA mais près de 90% des pièces assemblées dans ce pays viennent de l’étranger. Toute la filière serait touchée, car les sous-traitants, eux aussi, font fabriquer des pièces élémentaires au Mexique ou en Chine.

La position du secteur de l’agriculture des USA est caractéristique en ce qui concerne les implications indirectes des politiques protectionnistes. Les états fédéraux où se trouvent les grandes exploitations agricoles ont massivement favorisé Trump à l’occasion des élections. Le secteur est largement exportateur, notamment en direction du Mexique. Or les milieux d’affaires concernés voient déjà des signes annonciateurs de répercussions négatives; l’expérience a montré qu’une guerre commerciale engagée par les USA entraine souvent des ripostes visant l’agriculture US(10).

l’impérialisme capitaliste combine défense, agression, domination

 

Le fond de la question des mesures protectionnistes réside dans ces connexions multiples entre d’une part, les responsables politiques et d’autre part, les représentants directs sur le plan économique, de différentes fractions de la classe capitaliste.

Du point de vue général, les interprétations pseudo-théoriques relèvent, au gré des inclinaisons prédéterminées ou des humeurs du jour, de deux catégories; elles considèrent que le résultat du protectionnisme, « au bout du compte » est – bénéfique aux yeux des uns, – néfaste aux yeux des autres. Dans les deux cas prévalent l’approximation et l’exagération de discours essentiellement propagandistes. Par exemple, au sujet de la taxe d’ajustement aux frontières, ses promoteurs prétendent que l’effet à l’export et à l’import s’équilibre, soit par une réévaluation induite de la monnaie nationale, soit par une augmentation induite des prix et des salaires intérieurs. Il y a néanmoins des commentaires exprimant une vision plus nuancée: « Personne sait avec certitude ce qui arriverait en réalité. Si l’économie ne réussit pas à s’ajuster, les importateurs payeront beaucoup plus de taxes, et les exportateurs obtiendraient une aubaine. Tout ajustement serait douloureux. »(6)

Quant à Marine Le Pen, elle ne trouve guère de soutiens du côté du grand capital au sujet de son programme économique protectionniste, voire isolationniste, bien que ses discours nationalistes bénéficient d’accointances considérables. Jusqu’à nouvel ordre, la bourgeoisie française ne fait pas le choix d’une stratégie impérialiste nationale séparée; elle maintient son association avec les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, à travers le cadre de l’UE. La partie économique du programme du FN reste un annexe subordonné à la vision purement idéologique nationaliste, xénophobe, résumé par exemple ainsi: « Nous sommes David contre Goliath, c’est avec notre amour pour notre pays, que nous terrasserons la soumission, l’abandon, la capitulation, la trahison que l’on cherche à imposer à notre peuple. » (La Dépêche 27/4/17) Par comparaison, la politique impulsée par Donald Trump pour les USA articule de façon effective conjointement les deux aspects que sont protectionnisme et agressivité impérialiste.

Il faut noter ici que les mesures protectionnistes enfreignent le principe du libéralisme, défini comme « doctrine économique qui privilégie l’individu et sa liberté ainsi que le libre jeu des actions individuelles conduisant à l’intérêt général ». Ce fait met en lumière le caractère erroné des orientations politiques qui prétendent attaquer les maux engendrés par le capitalisme en dénonçant le « néolibéralisme » comme source de tous les malheurs. Par ailleurs, un aspect significatif impliqué par le principe de « l’ajustement à la frontière » dépasse la sphère purement commerciale. L’application de cette taxation pourrait inciter des sociétés étrangères ayant une large clientèle aux USA à racheter des sociétés implantées dans ce pays. C’est une indication claire du fait que la bourgeoisie, au niveau d’un pays impérialiste donné, ne se soucie pas de savoir si telle entreprise ou grand groupe est authentiquement « de souche » : elle tient surtout à être membre, d’une façon ou d’une autre, des cercles dominants sur place, politiquement et économiquement. L’objectif primordial est de maintenir autant que possible à l’état concerné un statut de grande puissance pouvant rivaliser avec les autres impérialismes.

 

(1) Marine Le Pen, Discours à l’occasion de la galette présidentielle organisée à Saint-Denis, 9/1/2012.

(2) https://www.marine2017.fr/carnets/whirlpool-amiens-ne-fermera/

(3) Marine Le Pen, Discours …, 9/1/2012.

(4) Marine Le Pen, Assises présidentielles de Lyon, 5/2/2017.

(5) Marine Le Pen, Invitée de la matinale d’Europe 1, 25/1/2017.

(6) How America’s border-adjusted corporate tax would work », The Economist, 13/2/2017.

(7)  https://www.worldsteel.org/en/dam/jcr:1568363d-f735-4c2c-a1da-e5172d8341dd/orld+Steel+in+Figures+2016.pdf

(8) Mark J. Perry: « US steel tariffs: A case study in protectionism, economic losses on net, and ‘legal plunder’ », 2/6/2016.

(9) Mark O’Hara: « Weighing Trump’s Mettle: Will He Be a Game Changer for US Steel? », 10/11/2016.

(10)Jessica Holzer: « Wary of Protectionism, U.S. Agriculture Wages Charm Offensive to Save Mexican Exports », Foreign Policy, 23/3/2017.

 

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