Il y a 70 ans, le 10 mars 1948 le Plan Daleth finalisait la planification du nettoyage ethnique de la Palestine

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Fin 1947, quand les Nations unis recommandent la partition de la Palestine en un État juif et un État arabe, la Palestine est habitée par un tiers de Juifs et deux tiers d’Arabes palestiniens. Un an plus tard, 80 % de la population arabe palestinienne du territoire devenu israélien vit en exil dans des camps de réfugiés, plus de 500 villages et 11 quartiers de villes palestiniennes ont été détruits ou rasés. Ce nettoyage ethnique a été méticuleusement préparé tout particulièrement dans le Plan Daleth. En quelques mois, les dirigeants du mouvement sioniste ont organisé le « transfert » par la violence et l’intimidation de la population arabe palestinienne.

Très tôt, Ben Gourion avait compris que l’achat de terres ne suffirait pas pour mettre la main sur le territoire. À noter que certaines ventes s’accompagnaient de l’obligation pour les anciens propriétaires de quitter le pays. Le président du Fonds National Juif déclarait en 1930 : « S’il y a là d’autres habitants, ils doivent être transférés ailleurs. Nous devons prendre le contrôle des terres. » Selon l’historien israélien Tom Segev « faire disparaître les Arabes se situait au cœur du rêve sioniste, et était aussi une condition nécessaire de sa réalisation. » En 1937 Ben Gourion affirme que : « Les Arabes devront s’en aller ». En 1940, Yossef Weitz écrit : « c’est notre droit de transférer les Arabes ». Par ailleurs, l’Agence juive, l’organisation dirigeante du sionisme en Palestine, avait élaboré un dossier sur les villages palestiniens avec toutes les informations permettant d’étudier « la meilleure façon de les attaquer ».

Quand Ben Gourion comprend en 1946 que les Britanniques vont quitter la Palestine, il élabore une stratégie générale contre la population palestinienne une fois les Britanniques partis (plan A, B et C).

Quelques mois plus tard fut élaboré le plan D, (Plan Daleth). Ilan Pappe, historien israélien, précise dans son ouvrage paru en 2008 chez Fayard « Le nettoyage ethnique de la Palestine » que « C’est lui qui a scellé le destin des palestiniens sur les territoires que les dirigeants sionistes avaient en vue pour leur futur État juif. […] le Plan Daleth prévoyait leur expulsion totale et systématique de leur patrie. ». Il démontre dans ce même ouvrage que « Le Plan D israélien de 1948 contient un répertoire des méthodes de nettoyage ethnique qui correspond point par point aux moyens décrits par les Nations unies dans leur définition du nettoyage ethnique, et constitue l’arrière plan des massacres qui ont accompagné l’expulsion massive. ». Les descriptions sont claires : « Ces opérations peuvent être menées de la manière suivante : soit en détruisant les villages (en y mettant le feu, en les dynamitant et en posant des mines dans les décombres). Notamment ceux qui sont difficiles à maîtriser en permanence. Ou en montant des opérations de ratissage et de contrôle conformes aux directives suivantes : encerclement des villages, recherches à l’intérieur. En cas de résistance, les éléments armés seront éliminés et la population expulsée hors des frontières de l’État. »

On est très loin du mythe officiel israélien répété à l’envi selon lequel les Arabes palestiniens auraient quitté leur terre de leur plein gré, ou encouragés par les États arabes voisins, lors de la première guerre Israélo-arabe déclenchée le 15 mai au lendemain de la déclaration unilatérale dite « d’indépendance » d’Israël. Avant le 15 mai 1948, les forces juives avaient déjà expulsé par la violence plus de 250 000 Palestiniens, le plus souvent par la terreur, parfois avec des massacres. La Nakba – la catastrophe qui marque la dépossession, les massacres et l’expulsion des Palestiniens de leur terre – est déjà en cours. L’exode de 800 000 Palestiniens n’est pas la conséquence malheureuse d’une guerre mais l’aboutissement d’un plan systématique.

La Nakba s’est accompagnée – et cela se poursuit aujourd’hui – d’un véritable « mémoricide ». Il fallait en effet conforter un autre mythe israélien selon lequel la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Ilan Pappe relate que « La dépossession s’est alors accompagnée de changement de nom des endroits pris, détruits et maintenant recréés. Cette mission a été accomplie avec l’aide d’archéologues et d’experts de la Bible », afin d’ « hébraïser la géographie de la Palestine ». Ce « mémoricide » est aussi à l’œuvre dans toute la Cisjordanie – y compris Jérusalem-Est – où les lieux saints sont accaparés par Israël (un cas pour exemple : le tombeau de Rachel à Bethléem), où rues et quartiers sont rebaptisés comme à Hébron dans le secteur du tombeau des patriarches vidé de ses habitants et confisqué par des colons. À Jérusalem l’entreprise de transformation du quartier palestinien le Silwan en un vaste parc dénommé Cité de David participe de cette réécriture de l’histoire de cette terre.

Quand en 2000, Ariel Sharon devenu premier ministre d’Israël, déclare « nous allons maintenant achever ce qui n’a pas été achevé en 1948 » les choses sont claires : ce qui n’a pas été achevé, c’est le processus dont la Nakba a été l’apogée, le processus d’expulsion et de dépossession du peuple palestinien de son territoire ainsi que du droit à son histoire et à sa culture.

Ce processus est toujours à l’œuvre aujourd’hui : extension de la colonisation en Cisjordanie, déplacements forcés des populations bédouines dans les environs de Jérusalem, dans la vallée du Jourdain ou dans le Néguev, nettoyage ethnique au cœur de la vieille ville d’Hébron en sont autant d’exemples.

Criante d’actualité, la situation faite aux Palestiniens de Jérusalem-Est. Au-delà de la décision de Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël entérinant ainsi la violation du droit et la dépossession des Palestiniens, Israël multiplie les lois destinées à les en expulser. Ainsi, le 7 mars, la Knesset a adopté définitivement une loi sur « la révocation complète du statut de résidence permanente prévu pour les Palestiniens de Jérusalem-Est ». C’est ce statut qui régit les Palestiniens vivant sous occupation dans Jérusalem-Est annexée illégalement par Israël. En se dotant de cette nouvelle loi, Israël va ainsi pouvoir expulser encore plus facilement les Palestiniens de Jérusalem-Est de leur ville poursuivant le processus de nettoyage ethnique formalisé il y a 70 ans par le Plan Daleth.

Paris, le 9 mars 2018
Le Bureau national de l’AFPS

Etats-Unis, Royaume Uni et France s’en vont en guerre en Syrie !

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USA, R-U et France s’en vont en guerre en Syrie !

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018 les forces combinées des puissances impérialistes occidentales (Royaume-Uni, France et USA) ont frappé massivement des cibles de l’armée syrienne à Damas et à Homs grâce à des avions de combat, des missiles de croisières et des navires de guerre postés en méditerranée. Cette attaque est présentée comme une réponse à l’attaque chimique supposément menée par les forces syriennes dans la ville de Douma, dans la ghouta orientale (banlieue de Damas) quelques jours auparavant. Sans même attendre que les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ne se mettent au travail, sans apporter de preuves tangibles, les forces autoproclamées du « bien » viennent de donner leur vision de la « justice » ! Elles viennent encore une fois de plus de prouver qu’elles se comportent en « gendarmes » du monde et qu’elles s’autorisent tous les droits. Et ce n’est pas un mandat de l’ONU qui aurait changé quoi que ce soit à la nature de cette opération. Un acte de guerre reste un acte de guerre.

Que l’on ne s’y trompe pas. Les grandes puissances n’ont que faire du sort des populations civiles de Syrie. Pour preuve, elles ont laissé les kurdes se faire massacrer à Afrin par les forces fascistes d’Erdogan et ces milices islamistes dans l’indifférence générale. Au Yémen l’Arabie Saoudite pratique une guerre barbare contre les populations civiles avec le concours de ces mêmes puissances sans que cela ne débouche sur une indignation générale. La raison de ces frappes est à rechercher ailleurs, dans le conflit inter-impérialiste qui déchire la Syrie depuis 2011 et qui voit deux alliances impérialistes rivales s’affronter pour la domination au Moyen-Orient. C’est dans ce cadre que de multiples pays sont venus s’ingérer dans les affaires de la Syrie et sont intervenus militairement comme la Turquie qui occupe une partie du territoire mais aussi Israël, l’Iran, la Russie…etc.

C’est une nouvelle péripétie dans les tentatives de la part des gouvernements français, anglais et américains de renverser Bachar-Al-Assad. Depuis 2011, profitant d’un mouvement de mécontentement contre le régime syrien, ils ont armé, financé et soutenu de vastes formations de mercenaires djihadistes qui ont répandu chaos, désolation et obscurantisme dans la zone. Ces forces ont subi des défaites décisives infligées par les alliés du régime syrien (Hezbollah libanais, Iran, Russie) et par les kurdes du Rojava. Mais les « vieux » impérialistes ne veulent pas reconnaître leur défaite et cherchent par tous les moyens, y compris par des provocations militaires, à renverser le cours de la guerre. France, Royaume-Uni et Etats-Unis cherchent à intimider la Russie et l’Iran, et par la même prennent le risque de déclencher une troisième guerre mondiale !

Il est du rôle des communistes d’alerter les travailleurs sur les dangers de déclenchement d’un conflit majeur. La propagande militariste qui vise à justifier une intervention militaire en Syrie en se servant d’un prétexte « humanitaire » est un stratagème ancien et usé. Rappelons qu’en 2003, les USA avaient justifié leur invasion de l’Irak par la présence d’armes de destruction massive imaginaires ! Que la France en 2011 est intervenue en Lybie sous le prétexte chimérique de massacres à l’arme lourde des opposants de Kadhafi ! Quel a été le résultat de ces interventions pour les populations locales ? Le pillage de leurs ressources naturelles, les bombardements massifs et le développement du fondamentalisme islamiste. La même logique est à l’œuvre en Syrie.

C’est sur ces bases que le ROC-ML condamne cet acte de guerre et les discours belliqueux de nos hommes politiques qui cherchent à préparer l’opinion dans l’éventualité de l’extension d’un conflit pour les intérêts de l’impérialisme français.

Plus que jamais le combat contre les fauteurs de guerre et pour la paix est d’actualité.

Stop à l’escalade militaire en Syrie ! Mobilisons-nous contre la politique guerrière de Macron et manifestons notre opposition dans la rue !

Hors de Syrie les impérialistes !

Soutien aux peuples de Syrie dans leur lutte pour leurs droits nationaux et démocratiques !

Seul le socialisme pourra apporter un monde débarrassé du fléau de la guerre !

ROCML – 16 avril 2017

LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS CONSTRUIRE UN PUISSANT RAPPORT DE FORCE

Issu du dernier journal de la VDC: ICI

Depuis sa victoire lors de la bataille sur la réforme des retraites de 2010, la bourgeoisie n’a de cesse d’imposer des contre-réformes qui facilitent les licenciements. L’ANI, la loi Rebsamen, la loi El Khomri, les récentes ordonnances. Macron donne un pouvoir plus étendu au patronat pour mettre à la rue des milliers de salariés. Dans le même temps, ces contre-réformes amoindrissent les possibilités des salariés de se défendre. Les premiers effets de ces lois anti-ouvrières pointent déjà le bout de leur nez dans beaucoup d’entreprises (PSA, Pinky, Carrefour…), pour beaucoup de salariés.

 

Des droits qu’il faut imposer par la lutte 

 

Jamais les gouvernements bourgeois n’ont donné de droits aux salariés pour s’opposer aux licenciements. La classe ouvrière a dû se battre, mener des grèves, des mouvements durs pour imposer certains droits. Et puis le rapport de force aidant, la bourgeoisie a cédé quelques droits pour acheter la paix sociale. C’est notamment des recours devant les tribunaux afin de contester les licenciements et leurs motifs. Cependant, si un rapport de force de classe n’est pas constitué en amont, cette justice avantage toujours le capital, et n’a jamais réussi à faire reculer la sacro-sainte propriété bourgeoise. Tout au plus, a-t-elle permis de défendre les droits minimums des salariés, donner des contreparties plus ou moins avantageuses. Aujourd’hui pourtant, même la possibilité de recours en justice est devenue un frein aux plans de la bourgeoisie. C’est en partie à cela que s’attaquent les dernières lois anti-ouvrières. Pour ces raisons, le syndicalisme de conciliation, d’accompagnement avec le capital condamne les salariés à la défaite et à accepter des mesures qui vont accroitre l’exploitation capitaliste. Le devoir de tout militant est de rompre avec le syndicalisme « de dialogue social » et construire partout un syndicalisme qui lutte classe contre classe.

 

Une lutte quotidienne qui renforce l’unité et les solidarités de classe

 

Malgré les échecs successifs sur le terrain national, les luttes n’ont pas cessé et même se développent localement face aux fermetures d’entreprises. Le cas le plus emblématique de cette dernière période est la lutte des salariés de GM&S, qui depuis plus d’un an, luttent sans relâche pour préserver leurs emplois. Et ces salariés qui ne baissent pas les bras et ne se laissent pas berner par les discours des patrons et des politiques bourgeois ont raison. Ils refusent d’accepter que la bourgeoisie détruise leur vie, et les divise par de mauvaises solutions de reprises. Si leur lutte a pu durer aussi longtemps, si les salariés ont pu aussi préserver au moins une année de plus leurs emplois, c’est grâce au bras de fer engagé par les salariés de GM&S qui ont su faire de leur lutte un symbole national du combat contre les licenciements.

Pour pouvoir contester les licenciements dans la durée, il est important de contester la logique du système capitaliste qui sacrifie les salariés sur l’autel des profits. Avoir un rapport de force nécessite d’avoir un syndicat d’entreprise puissant, qui fonctionne et organise les revendications des salariés, sache les mobiliser. C’est une lutte quotidienne de plusieurs années mais la condition préalable pour résister aux plans de licenciements des patrons. La conscience de classe et de lutte des salariés de GM&S leur a permis de contester les motifs de fermeture de l’usine et mobiliser leurs collègues. Pour s’opposer aux plans de licenciements, la première tâche est de chercher les motifs véritables de la fermeture car les équipes patronales masquent les véritables causes. Il est donc possible de créer une commission élue en assemblée générale qui enquête et rende publiques ses conclusions. La seconde tâche est de constituer un rapport de force basé sur la revendication du refus de la fermeture et pour le maintien des emplois. Les salariés qui acceptent la logique du plan de licenciement en acceptant la négociation de primes comme revendication de leur rapport de force se placent sur le terrain de la défaite. Dans tous les cas, ils obtiennent moins que s’ils se battent pour le maintien des emplois.

 

Organiser la lutte de manière autonome face aux partis bourgeois et réformistes

 

Une condition importante pour faire reculer le patronat est l’autonomie de la lutte face au pouvoir politique bourgeois et aux élus. S’il peut être nécessaire d’interpeler les élus municipaux ou nationaux, il est essentiel de garder une autonomie de classe dans la revendication du maintien des emplois. Ce qui importe dans la lutte, est l’organisation de la solidarité au sein des entreprises voisines, la mobilisation de soutiens locaux et régionaux en faisant appel à la population. C’est la construction de ce front de lutte qui renforcera avant tout la lutte contre les licenciements.

Pourquoi faut-il se méfier des partis politiques du capital et des réformistes ? Parce qu’en général, ils sont impuissants face aux lois du capitalisme. Surtout, dans leur politique générale, ils sont de fervents soutiens de ce système. S’ils font mine de soutenir les salariés (même en donnant de l’argent ou en interpelant les patrons ou le gouvernement), ils finissent par se ranger contre eux dès que les travailleurs veulent aller plus loin, ou ne pas accepter les compromis que proposent les patrons. C’est le cas des GM&S qui critiquant l’offre de reprise ont subi des attaques et des pressions du pouvoir politique pour qu’ils cessent leur lutte. Le porte-parole actuel du gouvernement, Benjamin Griveaux, estimait que les syndicalistes de GM&S « ne sont pas dans un travail de coopération (…) Ils mettent en péril la reprise de l’entreprise » (Europe 1, 6/10/17).

Les salariés ne peuvent compter que sur leurs propres luttes pour résister aux exigences patronales. Bien entendu, lutter politiquement contre les licenciements est essentiel : les luttes ouvrières ont besoin d’un parti politique anticapitaliste, un parti communiste qui défende les intérêts politiques immédiats et à long terme des travailleurs. Mais cela nécessité d’écarter tout soutien aux formations politiques pro-capitalistes et anti-ouvrières.

 

L’Etat bourgeois est au service des licenciements

 

L’appareil d’Etat n’est pas un allié dans la lutte contre les licenciements. L’Etat, sous le capitalisme, aide en permanence les patrons. Le cas des GM&S est emblématique et révélateur du rôle que tient l’Etat. Premièrement, il lance des attaques idéologiques en marginalisant les salariés. Tout le monde a en tête les propos de Macron à l’encontre de la lutte des GM&S. Mais il n’est pas le seul, avant lui Jospin avait dit qu’ « il ne faut pas tout attendre de l’Etat », ce qui signifie que l’Etat dans ce système est incapable de répondre aux besoins des salariés. Politiquement, et que les gouvernements soient de droite ou de gauche, l’Etat a mis en place des contre-réformes politiques allant toutes à l’encontre des intérêts des salariés. Depuis plus de 30 ans, aucune mesure n’améliore la condition des salariés dans l’entreprise. Au niveau économique, le fardeau de l’effort pour sortir de la crise repose sur les salariés. Le capital avec l’Etat font peser tout le poids de la crise sur les salariés en facilitant les licenciements et en aidant le patronat à se restructurer avec des simulateurs permettant aux patrons de prévoir combien leur coûtera une restructuration (1). Enfin, l’arme de la répression est utilisée par l’Etat sur les ouvriers en lutte. Souvenez-vous des CRS chargeant le cortège des GM&S.

Enfin, certains prétendus amis de la classe ouvrière peuvent devenir des ennemis. C’est le cas de Syriza en Grèce avec son gouvernement de « gauche radicale »  qui s’attaque au droit de grève. Voici ce qu’en dit le Parti communiste grec (KKE) : « avec ce nouveau paquet de mesures, le gouvernement, entre autre, a l’intention de porter un coup au droit des travailleurs de déclarer une grève. Selon le nouveau projet de loi, pour qu’un syndicat de base puisse déclarer une grève, 50% des membres inscrits devraient être d’accord avec cela. En effet, le gouvernement tente d’adopter cela sous prétexte de «démocratie», alors que dans les lieux de travail domine le terrorisme des employeurs, le risque de licenciement pour participation aux luttes, surtout dans des conditions où le taux de chômage est particulièrement élevé »(2).

 

La solution définitive au problème des licenciements est la sortie du capitalisme

 

La production, dans le système actuel, se réalise en fonction des profits qu’obtiennent ceux qui possèdent les entreprises, c’est-à-dire les capitalistes. Dans le cadre de la concurrence mondiale, les entreprises cherchent à baisser leurs coûts de production. Elles investissent leurs capitaux en fonction du profit qu’elles escomptent obtenir. Si les profits escomptés ne sont pas au niveau de la concurrence, les entreprises délocalisent, restructurent leur production. Ainsi, les plans sociaux, les licenciements sont à l’ordre du jour. L’ouverture ou la fermeture d’entreprise n’a pas pour raison la volonté de répondre aux besoins humains, mais la recherche égoïste du profit. La majorité de la société est à la merci du chômage pour qu’une petite minorité puisse s’enrichir. Ainsi, le capitalisme n’est pas en capacité d’offrir un avenir sans peur du lendemain aux salariés. Il a d’ailleurs de plus en plus tendance à n’offrir que la peur du lendemain. Il faut donc sortir de ce système.

 

Développer la lutte anticapitaliste contre les plans sociaux

 

L’obtention de victoires face au calvaire des licenciements et des restructurations est politique et nationale. Il s’agit de remettre en cause un système d’ensemble, à la fois économique et politique, qui n’a d’autre objectif que l’enrichissement d’un pôle de la société au détriment d’un autre. Après l’application des ordonnances, la bataille de classe prend des allures plus locales où les salariés empêchent l’application des mesures anti-ouvrières entreprise par entreprise. La lutte n’est pas terminée et ne va pas s’arrêter demain. D’ores et déjà, des syndicalistes en lutte nouent des liens de solidarité entre eux. C’est par ce type de développements de la lutte que le mouvement sera en passe de préparer une nouvelle bataille, une nouvelle offensive cette fois nationale, qui devra aussi avoir une portée politique de remise en cause du système que défend le gouvernement.

Durant les luttes dures comme celles des GM&S, les salariés gagnent une expérience précieuse. Ils constatent que ce sont eux qui sont au cœur de la production. Cette expérience démontre un haut degré de conscience et de lutte de la part de certains secteurs. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire organisé, ces expériences locales formant une avant-garde syndicale, démontrent concrètement la nécessité d’un dépassement du capitalisme, mais restent malheureusement impuissantes à transformer la situation politique nationale. Elles sont néanmoins un point d’appui essentiel au futur développement d’un parti révolutionnaire en France.

 

(1) Simulateurs sur des sites officiels des ministères et de l’Etat : https://www.service-public.fr/simulateur/calcul/bareme-indemnites-prudhomales    https://www.telerc.travail.gouv.fr/RuptureConventionnellePortailPublic/jsp/site/Portal.jsp?page_id=14

(2) KKE, http://fr.kke.gr/fr/articles/Activite-militante-multiforme-des-syndicats-contre-la-politique-antipopulaire/

Pour s’informer sur la politique syndicale des communistes dans les années 1920-1930,

l’ouvrage de Losovsky, Le programme d’action de l’Internationale Syndicale Rouge offre un condensé des moyens à mettre en œuvre pour vaincre le capital. Un livre que tout syndicaliste devrait avoir sur sa table de chevet.

 

S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE GRATUITE DES SOINS POUR LES CLASSES POPULAIRES

« 30 % des dépenses de santé ne sont pas pertinentes ». Voilà la petite phrase prononcée par la ministre de la santé Agnès Buzyn en octobre dernier. D’après elle, la santé doit entrer dans le bal de l’austérité et des économies. Ce n’est pas  quelque chose de nouveau puisque depuis des années, la santé, les hôpitaux subissent des restructurations allant à l’encontre des intérêts de la majorité du peuple mais aussi des personnels salariés de la santé.

Quelle logique pousse la ministre de la santé à tenir de tels propos ? Cette logique est la même que celle qui pousse les patrons à augmenter l’exploitation des salariés du privé.  Dans la société capitaliste, la santé de la majorité de la population se heurte à la nécessité de faire du profit. Seule la perspective de dégager des profits pousse à préserver et développer l’activité économique. Il se trouve que soigner les salariés, développer des services de santé pour tous à long terme n’obéit pas à cette logique de profit. Bien soigner le peuple est en contradiction avec la logique du capital même si pourtant la bourgeoisie a besoin de salariés en bonne santé. Il faut donc « rationaliser », « responsabiliser », détruire finalement les services publics de santé pour les rendre rentables, « efficients ». La protection sociale n’est pas tombée du ciel. Imposée par le mouvement ouvrier qui occupait une position importante dans la Résistance face à l’occupant nazi, la protection sociale est justement le fruit d’une lutte aigue de la classe ouvrière face à la bourgeoisie. Depuis, le capital n’a eu de cesse de revenir sur cette grande conquête sociale au détriment des salariés(1). Il devient de plus en plus clair que ce ne sont pas des gouvernements bourgeois qui amélioreront la santé pour la majorité du peuple mais seulement la prise en main par les travailleurs des affaires publiques.

Capitalisme et accès à la santé :

Une contradiction de plus en plus aigüe

Entre les idéaux libéraux de « bien commun » et la cynique réalité de la société capitaliste, la santé des travailleurs est régulièrement mise de côté, passée par pertes et profits. Aujourd’hui, le capitalisme subit une crise chronique et donc la santé attaquée par les différents gouvernements. En effet, le chômage est très élevé, l’Etat dépense des milliards pour faire repartir l’investissement des entreprises en faisant des cadeaux aux patrons (CICE, exonérations massives de cotisation sociales…). Il cherche donc à réduire les dépenses qui sont pour lui « improductives » et ne permettront pas de faire repartir la machine économique. La santé appartient à ces domaines « improductifs » car il n’y a de productifs pour le capital que les secteurs économiques qui produisent de la plus-value. Comme le remarque Karl Marx : « Le capital industriel est le seul mode d’existence du capital où sa fonction ne consiste pas en appropriation mais également [surtout !] en création de plus-value, autrement dit de surprofits »(2). Le capitalisme en contrepartie se heurte à la nécessité de reproduire une force de travail élargie, qui puisse être apte à venir travailler le plus longtemps possible, en bonne santé, avec un minimum de formation intellectuelle et culturelle.

Les gouvernants du capital ont fait un choix de classe. Pour résoudre leur crise, ils recourent à une augmentation de la plus-value, de l’exploitation des salariés. Ils augmentent la durée de travail des salariés, l’intensité du travail, font appel à la flexibilité des horaires et à la sous-traitance. L’ensemble des salariés est mis sous la coupe d’une exploitation plus importante ce qui entraine des risques plus importants sur la santé : stress, épuisement au travail (burn-out), fatigue générale, non-recours aux arrêts de travail pour cause de pression,…Plus d’un salarié sur deux estime subir du stress au travail. 28 % des salariés et 26 % des managers déclarent que leur travail leur a déjà causé des « problèmes psychologiques graves »(3). Cette situation est largement imputable aux nouvelles méthodes de management mises en place par les directions d’entreprises, basées sur l’individualisation, l’isolement, les objectifs, mais aussi au risque de chômage.

L’état de santé est différent, « selon la classe sociale »(4). Un ouvrier masculin sur 4 meurt avant 65 ans. La mort du cancer est plus élevée chez les ouvriers que chez les cadres(5). Mais ce qui n’est pas dit, c’est que ce sont les conditions de vie de ce système qui sont la cause principale(6) des problèmes de santé de la classe ouvrière.

 Prenons deux exemples :

En mai 2012, la CGT s’est mobilisée pour demander la restauration du droit au départ à la retraite à 50 ans pour les salariés des égouts et des assainissements. Les salariés de ce secteur sont soumis à des conditions de travail déplorables et indignes. Ils touchent des salaires de misères et leur espérance de vie est de 13 ans inférieure par rapport aux cadres supérieurs (7). Ils meurent en général d’infections et de cancers dus à leur travail dans les égouts.

En 2012 toujours, les salariés sous-traitants du nucléaire étaient en grève pour dénoncer leur situation. Ces salariés du nucléaire sont utilisés dans les centrales pour faire les opérations les plus dangereuses et les plus exposées aux rejets radioactifs : ils « ont en charge la logistique dans la centrale, ce qui recouvre de très nombreuses activités de maintenance : décontamination, tri, évacuation des déchets »(8). Ces salariés « encaissent la quasi-totalité de  la dose annuelle de radiations reçue dans les 19 centrales nucléaires françaises. C’est le prix à payer pour les près de 30 000 sous-traitants d’EDF. Eux-mêmes se qualifient de « viande à rems », ancienne unité de mesure de la radioactivité »(9). Ils reçoivent 80 % des doses radioactive, ce qui montre bien que le capitalisme transforme certaines couches de salariés en travailleurs sacrifiables.

Est-ce que les différents gouvernements qui se sont succédés depuis se sont souciés des conditions de vie de ces salariés ? Non bien au contraire. L’offensive de la bourgeoisie à l’encontre des travailleurs a amplifié les risques sur la santé au travail, est une cause de la détérioration de la santé des salariés. En effet, la loi El Khomri a supprimé la visite médicale d’embauche sauf pour les « métiers à risque ». Surtout, la visite d’information et de prévention est passée de 2 à 5 ans pour les salariés et à 4 ans pour les « métiers à risque ». Il devient difficile de déceler le stress et l’épuisement au travail avec de tels délais(10). Quant aux ordonnances Macron, en démantelant les CHSCT, elles vont permettre de freiner la lutte des salariés pour améliorer leur santé et leurs conditions de travail. En effet, dans le cadre de la délégation unique, les salariés auront moins d’heures de délégation et de moyens(11) pour lancer des alertes sur leurs conditions de travail. Il s’agissait là d’une instance importante pour les salariés car en général, les entreprises réduisent leurs coûts de production au détriment de la santé et de la sécurité de son personnel.  C’est pourquoi les marxistes-léninistes réclament l’abrogation des lois anti-ouvrières qui participent à dégrader la santé des travailleurs et réclament un suivi médical sérieux pour les salariés.

Le capitalisme nuit à la santé des salariés et ne peut réduire les inégalités de santé. « L’écart entre l’espérance de vie d’un cadre et d’un ouvrier est le même depuis… 1976 ». De plus, il y a 6 ans d’écart d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre(12). Et les statistiques n’indiquent pas la différence d’espérance de vie en bonne santé entre un cadre et un ouvrier. Ces différences sociales sont dues aux conditions de travail, au mode de vie mais aussi à l’inégalité d’accès aux soins et notamment à leur coût. En effet, dans l’ensemble des soins, l’Observatoire des Inégalités relève « le poids de l’origine sociale » et ce, dès le plus jeune âge(13). C’est pourquoi ce problème ne peut se résoudre que par le développement d’une médecine préventive et d’une éducation à la santé, gratuite et publique, au sein des établissements scolaires. Cela nécessite de rompre entièrement avec les politiques d’austérité mises en place depuis 30 ans. Pour l’accès à la santé en général, les inégalités se creusent au détriment des classes populaires car l’Etat diminue ses dépenses. Exit les maternités et services hospitaliers de proximités, adieu le repos nécessaire et le suivi à l’hôpital après une hospitalisation. Bonjour  dépassements d’honoraires et partie non remboursée. Ce désengagement de l’Etat a développé un « marché de la santé » avec une offre de soin à deux vitesses qui accroit les inégalités sociales (14).

Protection sociale pour tous les salariés :

gratuité des soins

« Le droit à la santé a toujours été une conquête de la classe ouvrière sur le capital »(15). Il est donc nécessaire de combattre par le rapport de force les menaces que porte Macron sur la protection sociale. La bourgeoisie s’organise toujours mieux pour faire payer les travailleurs, à nous de résister à cette offensive. En effet, la part du patronat dans le financement de la sécurité sociale se réduit. En 2016, les exonérations de cotisations sociales ont représenté 27,8 milliards d’euros(16), soit plus de la moitié du budget de l’éducation pour 2018 !! De plus avec le CICE, les charges patronales vont encore baisser de 24,8 milliards d’euros en 2019(17). Encore un cadeau de plus aux riches. Quant à la baisse des cotisations maladies et chômage, elle est compensée par l’augmentation de la CSG qui repose sur l’ensemble des salariés et de la population et n’ouvre aucun droit. Ainsi, on passe de plus en plus d’un système d’assurance où tout le monde participait, à un système d’assistance qui risque de devenir un plafond minimum de soins gratuits avec, en complément pour ceux qui le peuvent, le recours à des assurances privées toujours plus chères.

Pour les communistes, une société aussi industrialisée et riche que la nôtre devrait développer l’accès gratuit aux soins, la prise en charge gratuite de tout individu. Cependant, la réalité montre que le capitalisme n’a jamais été capable d’assurer à tous de quoi vivre et se soigner dignement, il l’est encore moins actuellement, en pleine phase de décomposition. Ainsi, pour « Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain » comme le disait Ambroize Croizat(18), ministre communiste qui a créé la sécurité sociale (avec de nombreux militants cégétistes), il est plus que nécessaire de combattre tout un système et sa logique qui ne peut satisfaire, à long terme, un besoin social aussi essentiel pour des millions (des milliards à l’échelle de la planète) d’êtres humains. C’est pourquoi l’accès à une santé gratuite, pour tous peut être un des points de rupture avec le capitalisme, un des points sur lequel les communistes peuvent faire grandir l’alternative pour un système où l’accès à la santé serait, au même titre que d’autres aspects fondamentaux, au centre de la société : le socialisme.

(1) Voir : CGT, Bref historique d’une conquête ouvrière, 30/07/2012.

(2) Karl Marx, cité in Thomas T., Démanteler le capital ou être broyés, des alternatives que révèle la crise, Editions page Deux, Lausanne, 2011, 122 p.

(3) Thomas T., Idem, p. 35. De même, ce minimum qu’accorde la bourgeoisie pour rémunérer sa force de travail se différencie selon le développement économique du pays, sa lutte des classes…

(4) Le télégramme, « stress au travail, un mal persistant », 7/12/2017.

(5) « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratique de soins », in Revue Agone, n°58, 2016.

(6) Idem.

(7) Il y a des causes secondaires qui sont reliées par mille fils aux conséquences du capitalisme : mauvaise éducation à la santé, alimentation de moindre qualité….

(8) Les Echos, « Egoutier, un métier dangereux à long terme », 22/06/2016.

(9) Républicain Lorrain, « Le ras-le-bol de « la viande à rem » », 18/04/2012.

(10) Médiacités, « Grâce à la sous-traitance, EDF perpétue le mythe du nucléaire sans risque », 22/11/2017.

(11)http://www.ugict.cgt.fr/articles/actus/decret-reculer-prevention-risques-travail

(12) https://cgt.fr/IMG/pdf/fiche_no13_suppression_du_chsct.pdf

(13) https://www.latribune.fr/economie/france/l-ecart-entre-l-esperance-de-vie-d-un-cadre-et-d-un-ouvrier-est-le-meme-depuis-1976-551827.html

(14) Observatoire des inégalités, « Santé bucco-dentaire des jeunes : le poids de l’origine sociale », 13/07/2017, et « L’obésité chez les jeunes, le poids du milieu social », 4/07/2017.

(15) « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratique de soins », in Revue Agone, n°58, 2016.

(16) S. Barbas, « Droit à la santé, l’actualité de l’analyse critique de Marx face aux inégalités, in Humanité, 4/01/2018.

(17) http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/securite-sociale-les-exonerations-de-cotisations-ont-progresse-en-2016-1337637.html

(18) https://www.ouest-france.fr/sante/securite-sociale/ce-qui-change-dans-le-nouveau-budget-de-la-securite-sociale-5351858

 

VDC Editorial: ASSEZ DE RECULS Luttons classe contre classe pour l’abrogation des lois anti sociales

Editorial de la Voix des Communistes, n°23

Journal Février mars

ASSEZ DE RECULS

Luttons classe contre classe

pour l’abrogation des lois anti sociales

 

L’année 2017 aura vu la disqualification des partis traditionnels qui se partageaient alternativement le pouvoir, les Républicains et le PS. L’alternance gauche droite qui a dominé la vie politique lors des dernières années n’était plus capable de répondre aux attentes économiques et politiques de la bourgeoisie. Les travailleurs et une partie de la petite bourgeoisie se détournaient des représentants politiques de gauche comme de droite. Pour éviter une crise politique qui aurait ébranlé le pouvoir bourgeois, fut mise sur pied une « nouvelle force » censée rénover le pouvoir politique et capable d’appliquer les « réformes » attendues par le capital. Macron a reçu cette mission et a été « démocratiquement » élu et il a engagé son gouvernement à entreprendre au pas de course une série de contre réformes qui touchent directement ou indirectement les travailleurs.

 

            L’unique but de la production capitaliste est de reproduire le capital investi avec une plus-value, un profit. Or Le développement du capitalisme dans le monde entier a, ces dernières années, rendu plus difficile pour chaque capital investi la réalisation d’un profit. La division internationale du travail a été bouleversée. La concurrence et les contradictions se sont aggravées entre les états capitalistes et impérialistes, ponctuées par des crises périodiques de surproduction de plus en plus graves.

Comment toutes les bourgeoisies du monde pensent-elles pouvoir, dans cette situation, tirer leur épingle du jeu ? En exploitant encore plus les travailleurs !

 

            Dans le monde et en Europe, la bourgeoisie française a pris du retard par rapport aux politiques d’austérité et de restructuration des relations capital travail, menées dans les autres pays européens, allemand ou anglais (développement des travaux précaires, contrats à zéro heure en Angleterre ou en Grèce, Espagne, Portugal où les salaires ont baissé jusqu’à 25 %).

            La bourgeoisie française ne peut plus désormais reculer pour réduire le prix de la force de travail. Elle doit augmenter par tous les moyens le temps de travail sans accroitre les salaires, diminuer les retraites par l’augmentation des impôts, rogner sur le salaire indirect (les fameuses « charges sociales »), sur les frais de santé et sur l’entretien de la force de travail au chômage qui ne produit plus de plus-value, et cela tout en évitant une explosion sociale. Cela suppose un recours accru à la répression policière et judiciaire dont l’incorporation de mesures propres à l’état d’urgence dans la loi, aux mesures contre l’expression publique bref un renforcement du contrôle de l’État sur la société. S’ajoute à cela l’action impérialiste de la France pour préserver sa zone d’influence en Afrique et dans d’autres parties du monde face aux empiètements des autres impérialismes et qui engloutit d’énormes ressources financières.

            Les travailleurs ont tenté de résister à cette offensive de la bourgeoisie, mais la mobilisation syndicale n’a pas été en mesure seule de l’arrêter. Les échecs répétés de la mobilisation contre les attaques du pouvoir au cours des années 2016-2017 ont conduit les travailleurs les plus combatifs à chercher les raisons de cette inefficacité de leurs mobilisations nationales.

 

            Certains mettent en cause les méthodes de lutte, les journées de mobilisation répétées et inefficaces et préconisent la grève générale. En vérité les causes sont plus profondes. Les luttes nationales ne pourront gagner en efficacité que si la classe des exploités se débarrasse de l’influence idéologique et politique du « réformisme de gauche » qui cantonne les luttes à un moyen de pression dans les négociations pour obtenir quelques concessions à la marge des « partenaires sociaux ». La bourgeoisie sait que les centrales syndicales ne déborderont pas de ce cadre.

            L’illusion de pouvoir régler les problèmes en tant que partenaires sociaux s’oppose à la claire conscience que patronat et salariés ont des intérêts antagonistes. L’illusion d’un État au-dessus des classes et qui pourrait trouver des solutions en faveur des travailleurs est en opposition à la réalité d’un État au service de la classe bourgeoise. Tout cela freine la prise de conscience de la classe, la solidarité entre les travailleurs, la lutte commune et la construction de leur organisation politique et syndicale indépendamment de la bourgeoisie. La bourgeoisie, même si elle en a de moins en moins les ressources pour le faire, continuera à entretenir ces illusions, en s’appuyant sur les forces conciliatrices dans les syndicats et partis de « gauche ». Elle cherchera à dissimuler le caractère de classe des mesures qu’elle prend.

     

 

Au sommaire

 

Sommaire

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS

5 S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE

6 SOLIDARITE AVEC LES MC DO

7 DEBAT: L’ECOLOGIE

10   DOSSIER JCML: LA SELECTION A LA FAC

12   IMPERIALISME FRANCAIS

Nouvelle Calédonie

La France au Sahel

20   IMPERIALISME DANS LE MONDE

L’Asie Pacifique

Palestine

Syrie-Rojava

21 INTERNATIONALISME

Le mouvement iranien

Des luttes dans le monde entier

 

1917 – 2017    LE COMMUNISME RESTE L’AVENIR DE L’HUMANITE

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L’année 2017 rime avec centenaire de la révolution d’octobre. Un événement qui ébranla le monde tant il remit en cause la toute puisse de l’impérialisme et du capitalisme. Cent ans après, le projet de la révolution d’octobre reste bien vivant. Il est une alternative au capitalisme et à toutes ses oppressions.

Au-delà des critiques, au-delà des erreurs qu’il est nécessaire de comprendre et de retirer, il est primordial en ce centenaire de montrer le véritable visage du communisme. Et quel travailleur, quel militant pourra dire, après avoir lu cet article que tout un siècle de combat communiste est à jeter aux orties ?

LES APPORTS DU SOCIALISME POUR LE MONDE  DU TRAVAIL

 

Les mesures socialistes issues de la révolution d’Octobre sont rapidement popularisées dans le monde et séduisent le mouvement ouvrier mais aussi une partie des intellectuels des pays impérialistes et colonisés. L’intensification du rapport de force en faveur du mouvement révolutionnaire pousse les bourgeoisies à adopter des mesures réformistes en faveur de la classe ouvrière, notamment dans les pays impérialistes : sécurité sociale, instruction gratuite, congés payés… Bien entendu, l’origine soviétique de ces acquis est cachée. Parmi ces mesures, on peut citer la gratuité de l’enseignement à tous les degrés (cela peut faire pâlir la France même un siècle après la révolution d’Octobre !), l’entrée gratuite aux maisons de culture, la gratuité des soins, des médicaments, du dentiste (dans quel pays a-t-on tout cela mis en place ?). La journée de travail est aussi réduite (7h avant la 2nde GM, 8h après).

Les travailleurs les plus exposés au travail physique ou dangereux ont des journées réduites à 6 heures de temps (mines, industries chimiques…).

Le monde du travail a accès aux congés payés et aux maisons de repos. Ces mesures socialistes ont influencé le monde entier. La classe ouvrière internationale s’en est emparée dans ses revendications, se battant pour l’accès à la santé, à l’école. En France par exemple, les acquis obtenus en 1945 comme la sécurité sociale sont le fait des communistes. Leur place dans la résistance et au sein du mouvement ouvrier et populaire a permis d’imposer des réformes en faveur des travailleurs. La sécurité sociale s’inspire explicitement du modèle socialiste soviétique. Elle est mise en place par un ministre communiste Ambroise Croizat. Bien entendu, cette partie de l’histoire est masquée par la bourgeoisie qui diffuse sa version officielle de l’histoire. Ce serait De Gaulle l’auteur à lui tout seul de la sécurité sociale et du Conseil National de la Résistance.

Au XXe siècle, la révolution d’octobre sonne le début des révolutions sociales et socialistes. Tous les mouvements révolutionnaires et progressistes qui ont traversé le XXème siècle se sont inspirés, d’une façon ou d’une autre de cette révolution fondatrice. Cependant, l’échec des révolutions à la fin du XXème siècle, instrumentalisé par la bourgeoisie a conduit le mouvement ouvrier à végéter dans le réformisme, et dans le cadre du capitalisme et a oublié les enseignements de deux siècles de lutte et d’expériences. Aujourd’hui il en paie le prix cher car la bourgeoisie fait face à un mouvement ouvrier et populaire désarmé.

LE SOCIALISME ET LE DROIT DES FEMMES

La révolution d’Octobre participe aussi à développer la lutte pour le droit des femmes et leur émancipation sociale et politique dans la société socialiste. Comme le remarque l’Internationale Communiste, « L’égalité non formelle, mais réelle de la femme n’est possible que sous un régime où la femme de la classe ouvrière sera la maitresse de ses instruments de production et de répartition, prenant part à leur administration et portant l’obligation du travail dans les mêmes conditions que tous les membres de la société travailleuse ».

Sous le capitalisme, la question des femmes est réglée de manière bourgeoise. Leur émancipation à la maison se fait de façon individuelle, en fonction de la fortune. Dans les familles bourgeoises l’éducation, les tâches ménagères sont prises en main de manière individuelle et privée par des salariés domestiques. Un tel modèle ne pourrait se développer à l’échelle de toute la société. Quant à la prétendue accession des femmes aux fonctions capitalistes, elles ne se libèrent de leur oppression familiale et domestique que pour exploiter la classe ouvrière, hommes et femmes confondus. La masse des femmes travailleuses quant à elle continue à être victime de la concurrence capitaliste en touchant comme en France, en moyenne 20 % de moins de salaire qu’un travailleur masculin. Comme le remarque Clara Zetkin, « l’émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s’émancipera du capital ».

La Russie soviétique a été un modèle pour les militants du monde entier car les mesures prises étaient très avancées politiquement. Pour Lénine, ce sont « les masses qui prennent en main la politique, (…) l’édification de la société nouvelle », les femmes ont donc une part aussi active que les hommes dans cette société nouvelle. Pour permettre l’émancipation des femmes, le mouvement communiste organise chaque année depuis 1921 la journée internationale des travailleuses. Aujourd’hui encore, cette manifestation issue du mouvement communiste existe même si ces mots d’ordres sont dévoyés, détournés par la bourgeoisie. C’est le rôle de tout communiste ou militant de faire de cette journée, comme auparavant, une journée de lutte pour les revendications des femmes, de propagande pour le socialisme, seul système pouvant réellement émanciper les femmes jusqu’au bout.

Ce discours en faveur de l’égalité homme-femmes et de leur émancipation n’est pas simplement resté sur le papier. Sous le socialisme, l’Etat a pris en charge des fonctions autrefois dévolues aux femmes comme l’alimentation grâce aux cantines collectives et souvent gratuites, le développement des crèches collectives, des écoles, des logements communautaires. Cela a permis de limiter les tâches domestiques souvent dévolues aux femmes et de favoriser les « habitudes collectives » des enfants. Comme l’affirme Alexandra Kollontaï, « D’une part, la république des travailleurs fait participer la femme au travail production, et d’autre part, elle s’efforce d’organiser la vie quotidienne sur les bases nouvelles qui assoiront les fondements du communisme, elle inculque aux gens des habitudes, des points de vue et des conceptions collectivistes ».

L’Etat soviétique favorise une législation très progressiste en faveur des travailleurs, et de l’égalité hommes-femmes, cassant l’emprise de la religion et des régimes réactionnaires antérieurs sur les citoyens soviétiques. Dès 1917, le mariage est laïcisé, le divorce instauré. En 1920, l’avortement est légalisé. En 1927, les concubins obtiennent les mêmes droits que les mariés. Cependant, dans les années 1930, l’Etat soviétique revient en arrière sur l’avortement.

LA REVOLUTION D’OCTOBRE  ET LA QUESTION COLONIALE

La révolution d’Octobre a influencé les peuples du monde entier. Les communistes ont dénoncé devant le monde entier la domination impérialiste sur les colonies et ont soutenu les luttes anticoloniales, autant du côté des peuples colonisés que de l’intérieur des puissances impérialistes. La révolution d’Octobre lie l’émancipation de la classe ouvrière à la libération des colonies et des peuples opprimés. Le IIè congrès de l’Internationale Communiste s’exprime ainsi :

« Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les Partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette ». Voyant ainsi dans les communistes un authentique défenseur de leurs intérêts, les mouvements anti-impérialistes et de libération nationale vont se lier au mouvement communiste international. La révolution d’Octobre devient donc un phare d’espérance pour les peuples du monde entier. Les sympathies affluent vers l’Union Soviétique. Le communisme a joué un rôle essentiel dans la grande décolonisation des années 1950-1960. Les dirigeants révolutionnaires anticolonialistes comme Ho Chi Minh, Castro, Nasser reconnaissent le rôle révolutionnaire  joué par l’URSS pour mettre à mal le système colonial. Le mouvement communiste se positionne comme la seule force politique qui soutient réellement le combat des colonisés dans les métropoles capitalistes-impérialistes, qui voit dans le mouvement des peuples coloniaux un allié du prolétariat pour vaincre l’impérialisme. Les socialistes de la IIème Internationale ont fait entièrement faillite et ont soutenu toutes les sales guerres coloniales.

Comme le remarque Lénine, « Les masses laborieuses des pays coloniaux et semi-coloniaux, qui forment l’immense majorité de la population du globe, ont été éveillées à la vie politique dès le début du XXème siècle, notamment par les révolutions de Russie, de Turquie, de Perse et de Chine. La guerre impérialiste de 1914-1918 et le pouvoir soviétique en Russie font définitivement de ces masses un facteur actif de la politique mondiale et de la destruction révolutionnaire de l’impérialisme, bien que la petite bourgeoisie instruite d’Europe et d’Amérique, y compris les chefs de la IIe Internationale et de l’Internationale II½, s’obstinent à ne pas le remarquer.»

LE MOUVEMENT COMMUNISTE ET LA LUTTE CONTRE LE RACISME

Le mouvement communiste a eu un rôle essentiel dans la lutte contre le racisme et la xénophobie. Dans un monde où l’antisémitisme se développe en Europe et aux Etats-Unis, où les peuples d’Asie et d’Afrique sont considérés comme des êtres inférieurs, le mouvement communiste combat radicalement cette idée. Le communisme incite les travailleurs à s’unir contre le racisme. Celui-ci est combattu comme un instrument de division des travailleurs. La lutte antiraciste revêt un caractère de classe et se relie à la lutte contre la bourgeoisie capitaliste et coloniale. Le 4e congrès de l’IC en 1922 estime que « c’est avec une grande joie que l’IC voit les ouvriers nègres exploités résister aux attaques des exploiteurs, car l’ennemi de la race nègre est aussi celui des travailleurs blancs »« L’Internationale communiste (…) n’est pas seulement l’organisation des ouvriers blancs d’Europe et d’Amérique, mais aussi celle des peuples de couleur opprimés du monde entier ».

La bourgeoisie dirait qu’il ne s’agit là que de paroles ou que dans le monde capitaliste, l’antiracisme est une des valeurs essentielles aujourd’hui. Cependant, il ne faut pas oublier que dans les années 1960, aux Etats-Unis, les populations noires sont victimes de racisme quotidien et d’une politique de ségrégation. Là, les historiens sérieux reconnaissent le rôle primordial des communistes. D’après Howard Zinn, les noirs restaient invisibles dans la société US des années 30. « Seuls les radicaux tentèrent de renverser les barrières de race : les socialistes, les trotskistes et les communistes surtout. Le CIO, sous l’influence des communistes, mobilisait les Noirs dans les industries de production de masse. (…) Il existait désormais des tentatives d’unir les travailleurs blancs et noirs dans la lutte contre l’ennemi commun ».

En Union Soviétique, le racisme est combattu. Pendant que beaucoup de dirigeants US et européens sympathisent avec les thèses racistes et antisémites des nazis, l’URSS a fait beaucoup pour sauver les juifs persécutés. Les juifs purent s’intégrer pleinement sous le régime soviétique. Les dirigeants soviétiques avaient fait leur l’idée de Lénine que « les ennemis des travailleurs, ce ne sont pas les juifs. Ce sont les capitalistes de tous les pays ».  Seul l’Etat socialiste soviétique accueillit les juifs persécutés d’Europe de l’Est. L’historien US Arno Mayer explique qu’à partir de l’été 1940, les Soviétiques évacuent vers l’intérieur de leur territoire un grand nombre de juifs de Pologne et des frontières allemandes pour qu’ils travaillent dans les industries de guerre soviétique. Contrairement à la France, le « pays des droits de l’Homme », La citoyenneté soviétique fut offerte à ces juifs « à une époque où la plupart des autres nations refoulaient ces réfugiés ou les internaient en tant que citoyen d’un pays ennemi, comme apatrides ou immigrants sans visa ». L’URSS a sauvé ces populations persécutées et participé en première ligne au combat contre l’antisémitisme avec la naissance du mouvement de la paix et de mouvements contre l’antiracisme et l’antisémitisme après 1945.

LES RÉUSSITES DU SOCIALISME  DANS LA QUESTION NATIONALE

La révolution d’Octobre mené par les bolcheviks met à mal la prison des peuples tsariste qui favorisait le nationalisme grand-russe et opprimait les nationalités périphériques (baltes, ukrainiens, géorgiens…). Pour la première fois de l’Histoire, il n’y a plus de peuple supérieur aux autres, plus de peuples opprimés.

           L’URSS, sous la direction de Lénine et Staline a favorisé le développement politique et culturel des nationalités. Les peuples opprimés sont libérés des privations nationales qu’ils subissaient par le nationalisme grand-russe. L’auto-détermination est laissée à chaque peuple de l’URSS. L’URSS est regroupement fédéral de nationalités qui ont librement choisies de s’associer. L’historien Marc Ferro, qu’on ne peut pas soupçonner de « pro-stalinisme » le montre bien. Staline, commissaire du peuple aux nationalités, a un rôle essentiel car il a construit la politique de l’URSS sur les nationalités. Pour Ferro, l’URSS a réalisé une véritable « dé-russification des instances chargés de décider de ces territoires non-russes ». Le parti bolchevik a mis en place une « régénération des cultures nationales (…). De la sorte, il était mis fin à toutes les frustrations collectives réelles ou latentes. En ce sens, aucun régime n’a autant fait pour les « cultures minoritaires » les utilisant dans l’intérêt même de l’Etat ».

De même, l’URSS a créé les conditions pour que les anciens peuples opprimés prennent en main la direction de leur territoire fédéral ou autonome. « L’injection d’un nombre croissant de cadres non-russes dans le système institutionnel fédéral, à l’échelon pan soviétique, fut une politique constante ».

La révolution d’Octobre n’était pas une simple proclamation. Ses dirigeants ont créé par l’économie, le développement d’une industrie nationale, l’éducation à la fois nationale et soviétique les moyens d’émanciper des peuples qui étaient condamnés à l’arriération et à la dépendance des intérêts du capitalisme grand-russe et tsariste. La politique socialiste consiste donc à donner et à mettre en place l’égalité des droits entre les peuples, droit qui est nié par l’impérialisme et ne peut aboutir qu’avec l’alliance entre peuples opprimés et le mouvement ouvrier et communiste.

LE PARTI, ELEMENT ESSENTIEL POUR LA VICTOIRE REVOLUTIONNAIRE

 

« C’est, d’abord, la conscience de l’avant-garde prolétarienne et son dévouement à la révolution, sa fermeté, son esprit de sacrifice, son héroïsme. C’est, ensuite, son aptitude à se lier, à se rapprocher et, si vous voulez, à se fondre jusqu’à un certain point avec la masse la plus large des travailleurs, au premier chef avec la masse prolétarienne, mais aussi la masse des travailleurs non prolétarienne. Troisièmement, c’est la justesse de la direction politique réalisée par cette avant-garde, la justesse de sa stratégie et de sa tactique politiques, à condition que les plus grandes masses se convainquent de cette justesse par leur propre expérience. A défaut de ces conditions, dans un parti révolutionnaire réellement capable d’être le parti de la classe d’avant-garde appelée à renverser la bourgeoisie et à transformer la société, la discipline est irréalisable. Ces conditions faisant défaut, toute tentative de créer cette discipline se réduit inéluctablement à des phrases creuses, à des mots, à des simagrées. Mais, d’autre part, ces conditions ne peuvent pas surgir d’emblée. Elles ne s’élaborent qu’au prix d’un long travail, d’une dure expérience; leur élaboration est facilitée par une théorie révolutionnaire juste qui n’est pas un dogme, et qui ne se forme définitivement qu’en liaison étroite avec la pratique d’un mouvement réellement massif et réellement révolutionnaire. »

Extrait: Lénine, La maladie infantile du communisme, le gauchisme.

THEORIE: Pourquoi la lutte doit-elle devenir politique?

Macron a lancé avec ses ordonnances une attaque générale contre les travailleurs qui s’articule avec des mesures répressives.

Les ordonnances sont la continuité, l’accentuation des contre-réformes menées depuis une quarantaine d’années en France à l’encontre du monde du travail.

 Ces politiques sont clairement au service de la classe capitaliste. Macron, par ses déclarations fracassantes sur le « bordel », les « fainéants » a montré toute la haine de classe des gouvernants à l’égard des travailleurs. D’où la réaction populaire qui considère Macron comme « le président des riches ».

 Dans les manifs, tout le monde en a conscience, c’est en luttant fort et tous ensemble que l’on pourra faire mettre en échec ce gouvernement. La lutte des classes est donc bel et bien d’actualité. N’est-ce pas le milliardaire américain Warren Buffet qui disait, « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

Comment inverser cette tendance ? Voilà l’objet de notre réflexion. 

Principes de la lutte de classes

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes ».

« La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois. Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. » (Marx et Engels, Le manifeste du parti communiste).

La lutte des classes existe. Elle a le caractère d’une lutte entre exploiteurs et exploités. Les exploiteurs, c’est la bourgeoisie ou le capital, c’est-à-dire les détenteurs du capital et leurs associés directs qui disposent des usines, des moyens de production. Les exploités, ce sont ceux qui n’ont rien d’autre à vendre que leur force de travail, et qui sont ainsi réduits à la situation de travailleurs salariés.

D’un côté, le capital a besoin pour faire davantage de profits d’exploiter toujours plus la main d’œuvre salariée, d’un autre côté, les salariés doivent résister et combattre le capital afin d’améliorer leurs conditions de vie, diminuer leur temps de travail, augmenter leurs salaires. C’est la lutte des classes. Toute l’histoire du XIXème siècle à nos jours démontre l’existence de cette lutte antagonique entre le salariat et le capital.

Les congés payés, la semaine de 40 heures, les libertés syndicales, la sécurité sociale. Ces droits ne sont pas tombés du ciel mais issus d’un rapport de force. Ce sont des conquêtes issues de la lutte de classes, et en première ligne de la combattivité du mouvement ouvrier. De l’autre côté, les réformes des retraites de Sarko-Hollande, les ordonnances de Macron ne découlent pas non plus de la méchanceté de tel ou tel président. C’est une politique de classe qui a pour but d’élever les profits des groupes capitalistes au sein de la concurrence européenne et mondiale. C’est dans un contexte d’affaiblissement et de division du camp des travailleurs que la classe bourgeoise a pu revenir sur les acquis sociaux. Le rapport de forces au sein de la lutte des classes aujourd’hui est temporairement en faveur de la bourgeoisie.

Les syndicats et la lutte des classes

 Tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui en ont conscience. Il est nécessaire de construire un rapport de force face au patronat dans son entreprise ou face au gouvernement lorsqu’il s’agit de combattre une contre-réforme nationale. Le levier principal pour mener cette lutte est le syndicat. Le syndicat dirige la lutte économique, c’est-à-dire, la lutte pour l’amélioration des conditions d’existence et de travail.

« Impuissant quand il est isolé, l’ouvrier devient une force quand il s’unit à ses camarades ; il est alors capable de lutter contre le capitaliste et de lui tenir tête » (Lénine, Exposé et commentaire du projet de programme du POSDR). Il ne faut pas oublier l’importance de ce commentaire de Lénine. L’union des travailleurs par le biais de leur organisation dans les syndicats est un premier pas pour se défendre dans le cadre de la lutte des classes. Aujourd’hui, certains courants politique de gauche  voudraient se passer des syndicats , tentent d’agir en mobilisant les couches travailleuses uniquement hors des entreprises. C’est un rêve creux. Cela revient à renoncer à ce qui est un facteur essentiel de cohésion des masses. La force de la classe ouvrière provient justement de son organisation de classe à la base, dans l’entreprise. Vouloir, ou croire pouvoir se passer de cette force est une erreur monumentale. C’est renforcer le camp de la classe bourgeoise, c’est lui donner les mains libres dans chacun de ses centres de production pour exploiter davantage les travailleurs ! Ceux qui ont regardé l’émission Cash Investigation sur le travail à Lidl ont compris que l’absence de syndicats entraine des conditions de travail dignes du XIXème siècle.

Le syndicat est indispensable à la base. Chaque entreprise doit devenir une citadelle de lutte face aux mesures patronales. Mais précisément pour cela, il ne faut pas limiter l’action à l’entreprise, mais au contraire lier le combat quotidien pour l’amélioration des conditions de travail à la lutte contre l’offensive générale du capital. Contrairement aux réformistes qui dans les syndicats déshabituent les masses de l’action, « notre tâche est de faire de l’action des masses la pierre angulaire de notre activité » (Losovsvky, Programme de l’Internationale syndicale rouge,). La force pour la victoire de nos actions et de nos objectifs réside dans la capacité à mobiliser les travailleurs. « L’envergure du succès de chaque action dépend des conditions objectives de chaque pays, du niveau de mentalité révolutionnaire atteint par les masses et de la solidarité de ces dernières » (Losovsky, programme de l’ISR).

La lutte des classes dans tous les domaines de la société

La lutte des classes ne peut pas se réduire simplement au combat syndical.

Premièrement si la classe ouvrière limite son action à ce combat pour ses intérêts immédiats, les succès qu’elle remportera ne pourront pas être durables. La classe capitaliste détient la puissance économique et dispose de l’appareil d’Etat ; or la lutte économique combat certaines conséquences, certains effets du capitalisme mais elle n’atteint pas la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme.

Deuxièmement, « Les classes dominantes ne s’arrêtent dans leur lutte devant aucune méthode pour affermir leur puissance de classe et déploient, en même temps que l’appareil de perversion morale et intellectuelle (presse jaune, école bourgeoise, Eglise, parlementarisme, etc.) celui de l’oppression physique sous forme de police, d’armée, de justice et autres agréments de la dictature bourgeoise » (Losovsky, Programme de l’ISR).

D’un côté, les classes laborieuses ne peuvent obtenir que des satisfactions temporaires par le biais des syndicats car ceux-ci ne peuvent renverser le capitalisme. Ce dernier existe toujours et selon le rapport de force il peut revenir sur ce qu’il a cédé. D’un autre côté la lutte des classes imprègne toute la société (la culture, la politique…) et le capital est constitué en classe dominante. Aussi, « les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes époques les pensées dominantes, autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » (Marx et Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, Paris, 1982, 280 p., pp. 101-102).

La domination économique de la bourgeoisie lui a permis de prendre le pouvoir politique. L’Etat sert donc de relais à la domination du capital sur la société. Les forces de police, la justice, les mesures que prend l’Etat maintiennent un cadre juridique en faveur de la bourgeoisie. Tous les faits de la vie réelle tendent à montrer cela. Les salariés qui luttent contre leur licenciement finissent toujours par perdre face au capital, même en justice. Prenez le cas des Goodyear. Malgré leur lutte exemplaire, les salariés ont fini par être licencié. L’Etat est venu au secours des patrons.

Toute la machine policière et de justice est orientée contre les travailleurs. Ce sont les salariés de GM&S et non leur patron licencieur qui ont dû affronter les CRS à plusieurs reprises. Il y a en permanence deux poids, deux mesures dans les décisions de justice face à la répression policière touchant les travailleurs ou les quartiers populaires. D’un côté, comme dans les affaires Adama Traoré, Théo, Rémi Fraisse, les policiers ne sont jamais condamnés. Leur violence est reconnue légitime par la justice. D’un autre côté, dans le cas des Goodyear, de la chemise d’Air France, les condamnations sont exemplaires, excessives, revêtent un caractère de classe.

Enfin, il est une idée importante à battre en brêche : l’Etat « social ». C’est un mythe inventé par les courants réformistes qui pensent obtenir l’harmonie entre classes sociales dans le cadre du capitalisme. La réalité montre bien que c’est impossible. Dans beaucoup de luttes, les travailleurs lancent un appel à l’Etat pour leur venir en aide. Dans combien de cas, l’Etat a-t-il tranché en faveur des salariés plutôt qu’en faveur du patron ? L’Etat « social » ou au-dessus des classes, est un leurre entretenu par les partisans de la conciliation sociale. S’il est vrai que certains services d’Etat comme la santé ou l’éducation avaient durant une première époque d’après-guerre une coloration « sociale », c’est parce que les luttes révolutionnaires antérieures ont imposé par la force ces progrès. Quant aux prétendues politiques pour favoriser l’emploi, elles n’ont jamais eu d’autre objectif que de faire bénéficier le capital d’une armée de réserve de chômeurs tout en lui évitant les inconvénients qu’implique l’entretien de cette masse de personnes sans ressources. Le seul État réellement « social » adviendra par l’instauration d’une société socialiste, abolissant les rapports de production capitalistes. D’où l’impuissance de ceux qui appellent de leurs vœux un État « social » tout en perpétuant le capitalisme.

En réalité, pour que les travailleurs puissent mettre fin à leur situation d’exploités, le préalable est dans la mobilisation large et massive de la classe, l’appel à la solidarité de classe, à la constitution d’un solide rapport de force face au patronat et à l’Etat de classe.

La lutte politique stade suprême de la lutte des classes

La lutte syndicale est vitale mais souvent insuffisante car elle combat les conséquences du système capitaliste. Elle ne permet pas aux travailleurs de lutter dans une seule et même direction derrière un but précis. La lutte politique est seule à même d’unifier la classe dans un seul et même but, celui de renverser le capitalisme et instaurer un pouvoir des travailleurs. « L’activité politique des social-démocrates consiste à aider au développement et à l’organisation du mouvement ouvrier en Russie, à sa transformation, de tentatives isolées de protestation, de « révoltes » et de grèves – tentatives dépourvues de toute idée directrice – , en une lutte cohérente de TOUTE LA CLASSE ouvrière russe contre le régime bourgeois, lutte tendant à exproprier les exploiteurs, à détruire le régime social fondé sur l’oppression du travailleur ». (Lénine, Ce que sont les amis du peuple, in Lénine, Textes sur les syndicats, p. 21)

Quel est le but politique que doivent se fixer les travailleurs pour les communistes ?

« Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. (…) Ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise. » (Marx, Manifeste du Parti communiste)

Comment mener cette lutte politique ? La lutte politique consiste à s’organiser pour renverser le capitalisme. En effet, la bourgeoisie dispose d’une force très centralisée et organisée. Elle organise comme dit plus haut tout un appareil d’Etat à son service avec des institutions, des lois, une justice, une police qui font appliquer des lois en faveur des patrons.

Mener la lutte politique, c’est donc militer au quotidien pour renverser le système et l’Etat qui est à l’origine des politiques anti-ouvrières. C’est faire en sorte de remplacer la société appliquant la loi du profit, par la société socialiste libérant la classe ouvrière de sa situation de classe exploitée.

Mais la lutte politique ne consiste pas simplement à se mettre « en mouvement ». Il s’agit de construire un Parti, une direction politique de classe, répondant à l’intérêt de l’ensemble des travailleurs ! C’est donc militer pour un parti politique indépendant de la bourgeoisie. La bourgeoisie s’appuie sur toute une variété de partis et mouvements politiques. Certains assument ouvertement leur allégeance de classe. D’autres feignent de diverses manières de vouloir assurer le bonheur aux travailleurs, tout en jouant dans les faits un rôle d’auxiliaire du pouvoir bourgeois; ils maintiennent ainsi les travailleurs dans une situation de subordination et de dépendance vis-à-vis de leurs exploiteurs. Notre chemin est celui vers la constitution de la classe ouvrière en force consciente d’elle-même, face à la bourgeoisie comme ennemi dont les intérêts sont en opposition irréconciliable avec ceux de la classe ouvrière. Il s’agit aussi par la création d’un Parti communiste de faire en sorte que ses dirigeants proviennent des classes ouvrières et populaires.

Etre communiste marxiste-léniniste aujourd’hui ? Cela veut dire être toujours et à tout moment, un lutteur, un entraîneur des travailleurs et des jeunes, un organisateur, un propagandiste, celui en qui on a confiance, qui met en place des initiatives pour lutter contre la bourgeoisie.

Mener la lutte politique est finalement une tâche vitale, difficile aussi. Mais c’est  le sillon que nous essayons de creuser pour faire en sorte que ce soit la classe qui n’a rien qui « gagne » la lutte des classes, pour reprendre l’expression de Warren Buffet.

Rejoins-nous pour un autre avenir,

une alternative réalisable : le Communisme !

 

LE PEUPLE KURDE ET LES PEUPLES OPPRIMES DU MOYEN ORIENT À LA CONQUÊTE DE LEURS DROITS NATIONAUX ET DÉMOCRATIQUES PAR LEURS PROPRES FORCES !

epa04586503 Members of the Syrian Kurdish People's Defence Units (YPG) celebrate their victory in Kobane, Syria, 26 January 2015. According to reports Kurdish fighters claim to have pushed militants from the group calling themselves Islamic State (IS) out of the whole of Kobane following four months of fighting, supported by airstrikes carried out by an international anti-IS coalition, though a number of the town's surrounding villages, close to the Syrian-Turkish border, remain in the hands of IS.  EPA/STR

Au Moyen-Orient deux évènements importants se sont produits récemment qui touchent le peuple Kurde : La libération de Raqqa, ainsi que la proclamation de l’indépendance du Kurdistan Sud après un référendum.

Raqua a été libéré par les Forces Démocratiques Syriennes dont les YPG (c’est-à-dire les Kurdes et Rojava) font partie.

 

LA FORCE DEMOCRATIQUE

ET SOUVERAINE DE ROJAVA

LIBERE RAQQA

 

La libération de Raqqa est une victoire pour tous les peuples de Syrie, car le front constitué par les Forces démocratiques Syriennes est porteur d’un projet de démocratie sociale et politique pour toute la Syrie. Nous la saluons comme une victoire pour la démocratie et la souveraineté des peuples de la région. Mais elle n’a pas été accueillie partout avec enthousiasme. Depuis le début du conflit en Syrie les États-Unis réclament le départ d’Assad et sur la question kurde ils ont une position ambigüe. Ils considèrent le PKK comme une organisation terroriste mais ils ont conclu une alliance militaire avec les YPG qui ont la même ligne politique que le PKK. Pour le dirigeant des YPG Salih Muslim, la relation des YPG « avec les États-Unis est simplement une alliance contre la terreur de l’EI. C’est le peuple de Raqqa qui décide sous quelle forme et comment gouverner la ville. […] on a des relations diplomatiques dans le cadre des négociations de Genève… Je n’en connais pas tous les détails mais je sais que les États-Unis ont des projets qu’ils ne dévoilent pas » – propos rapportés par l’agence de presse turque ETNA (24 octobre 2017).

Aujourd’hui, Rojava est le fer de lance d’une force démocratique qui permet à toutes les ethnies et minorités nationales et leurs forces politiques de s’organiser et de s’exprimer démocratiquement. La victoire de Raqqa est une épine dans le pied des forces réactionnaires qui se sont mises à unifier leurs efforts pour lutter contre le peuple kurde. La Syrie, l’Iran, l’Irak et la Turquie ont infléchi leurs tactiques et même leurs objectifs stratégiques. On a vu se multiplier les rencontres entre les présidents turc et iranien (et les états-majors respectifs), la visite du président iraquien en Turquie. Quant aux liens entre l’Irak et l’Iran, ils ne sont un secret pour personne. On le voit, la question kurde est un enjeu majeur dans cette partie du Moyen-Orient.

Cela montre que la situation des forces démocratiques et kurdes n’est pas sans danger et demain elles peuvent trouver face à elles toutes les forces réactionnaires et impérialistes coalisées. Ce danger se manifeste déjà au Kurdistan Nord (Nord de la Syrie). Les bonnes relations de Barzani (président du gouvernement Kurdistan Sud) avec les pays impérialistes et les forces réactionnaires (notamment la Turquie et L’Iran) n’a pas empêché la reprise de Kirkouk par les forces irakiennes, la défaite des forces peshmerga qui dépendent du Parti Démocratique du Kurdistan (KPD) et de l’Union Patriotique du Kurdistan (YNK). Les États-Unis ne se sont pas sentis concernés et ont laissé faire leur vassal irakien. La Russie dit « comprendre les Kurdes, mais que la solution doit être trouvée avec le gouvernement central en Irak. » Dans le même temps le ministre des affaires étrangères des États-Unis a entrepris une tournée jusqu’au centre de l’Asie pour rétablir ou consolider son influence. Il ne faut pas oublier que la guerre actuelle est le résultat des conflits impérialistes au Moyen-Orient.

Le peuple Kurde est réparti dans quatre pays différents, et représenté politiquement ou militairement par des organisations divisées entre les PYG (Syrie-Rojaïa) qui sont sur la même ligne politique que le PKK en Turquie, le KPD (de Barzani) et le YNK (de Talabani) au Kurdistan Sud iraquien. Malgré tout, la demande des Kurdes pour la liberté et pour leurs droits nationaux est très grande. Mais après le référendum au Kurdistan Sud, les évènements qui ont suivi démontrent que le peuple kurde ne peut conquérir ses droits nationaux en s’appuyant sur des forces réactionnaires et oppressives. Sur la base des relations économiques avec la Turquie et l’Iran s’est constituée une nouvelle couche bourgeoise totalement dépendante de ce commerce. C’est elle qui domine le gouvernement régional du Kurdistan Sud, et est représentée par deux partis, le KPD et le YNK, lesquels sous le prétexte de manque de moyens, après une négociation humiliante pour le peuple kurde, ont abandonné la ville de Kirkouk. Et sous la pression du peuple kurde Barzani a été contraint de démissionner.

 

 

SOUTENIR LES FORCES DEMOCRATIQUES

QUI LUTTENT DANS LA REGION

 

À l’époque de la domination impérialiste, aucune lutte nationale ne peut atteindre ses objectifs en s’appuyant sur l’impérialisme. Dans cette situation, l’indépendance politique, soit n’existe pas, soit est dérisoire et dépendante des enjeux politiques de l’impérialisme. Mais cette réalité ne doit pas être un prétexte pour s’opposer à l’autodétermination des nations et des peuples opprimés.

 

En France, certains groupes et organisations par « anti-impérialisme » dirigé contre les États-Unis prennent parti pour les autres forces réactionnaires d’Iran et de la Syrie soutenues par la Russie impérialiste. Ils ne comprennent pas que le conflit entre les pays impérialistes laisse un espace de lutte pour les forces démocratiques en Syrie. Mais cette guerre n’est pas terminée. Une fois le danger de l’EI écarté, le conflit peut prendre un autre tournant. L’alliance entre la Turquie, l’Iran et la Syrie dirigée contre les Kurdes, la « prudence » des pays impérialistes vis-à-vis de la situation au Kurdistan Sud après le référendum, laisse présager un tel tournant. Si demain des pays impérialistes reconnaissent l’existence du Kurdistan en tant que pays, ils ne le feront que contraints et forcés par une lutte continue du peuple kurde de plus d’un siècle, et poussés par les contradictions inter-impérialistes à adapter leur tactique à une nouvelle situation. Les pays impérialistes, malgré leur puissance, ne peuvent tout maitriser. Quand les pays impérialistes ont abandonné le colonialisme pour passer au néo-colonialisme, on ne pouvait pas pour autant conclure que la lutte contre le colonialisme avait été inutile simplement parce qu’elle a conduit les forces réactionnaires mondiales à s’adapter à la nouvelle situation créée par la lutte des peuples opprimés.

 

Aujourd’hui, que proposent toutes ces forces « anti-impérialistes » qui doutent de la justesse de la lutte du peuple kurde ? Qu’il arrête de lutter pour ses droits nationaux et démocratiques ?

Notre position est fondamentalement identique que ce soit pour la Palestine, la Catalogne ou pour les Kurdes. La situation est certes différente, mais les communistes ne conditionnent pas leur soutien à un peuple opprimé à la façon dont il doit mener sa lutte pour ses droits nationaux et démocratiques. Cependant « le droit d’autodétermination est une des revendications de la démocratie, qui doit naturellement être subordonnée aux intérêts généraux de la démocratie. » (Lénine – Les questions nationales et coloniales, Éditions de Pékin, p. 11), et Lénine de préciser qu’en 1848 ces intérêts consistaient au premier chef à combattre le tsarisme, aujourd’hui c’est la lutte contre les forces réactionnaires et impérialistes au Moyen-Orient. C’est pour cette raison que l’on ne peut soutenir des marionnettes de l’impérialisme comme Barzani et Cie au Kurdistan Sud.

 

Dans toute situation le rôle fondamental des communistes est d’organiser le prolétariat, là où il existe, sur ses objectifs propres qui ne sont pas ceux de la bourgeoisie, petite ou grande, et ce même pendant la lutte de libération nationale. Seule l’indépendance politique et l’autonomie organisationnelle du prolétariat, là où il existe, peut l’amener à peser sur le mouvement dans le sens de ses objectifs immédiats et stratégiques. La lutte des peuples opprimés devient alors une composante de la révolution prolétarienne. Les communistes marxistes-léninistes, en participant activement à la lutte des peuples opprimés, savent par expérience que pour se débarrasser de l’oppression du capitalisme-impérialisme, une révolution prolétarienne est nécessaire comme nous l’a montré la révolution d’Octobre.

 

Pour conclure, nous réaffirmons avec force notre solidarité avec le peuple kurde. Le peuple kurde au Moyen-Orient est porteur de dynamismes progressistes et démocratiques, et notamment les Kurdes de Rojava et du Kurdistan Nord (Nord de la Syrie.

Nous sommes convaincus que le peuple kurde, avec le soutien international des forces révolutionnaires et communistes, peut par ses propres forces faire triompher le modèle démocratique révolutionnaire dont il est porteur dans la région (pour la Syrie : une fédération syrienne de républiques nationales démocratiques).

 

Vive la lutte du peuple kurde  sur la voie de sa liberté !

Vive la lutte pour la démocratie sociale et politique des peuples de Syrie !

Vive les forces YPG-YPJ à la tête de la lutte pour la démocratie et les droits nationaux !

La libération de Raqqa est une victoire pour la démocratie en Syrie.

LEXIQUE DES ORGANISATIONS

 

Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance militaire formée de forces armées kurdes, à savoir les YPG et les PYJ (la branche féminine des YPG), et d’autres forces armées. 40% des FDS sont des forces armées arabes.

Le TEVDEM est l’alliance politique qui administre les régions du Nord, libérées de l’EI. Elle est formée principalement du parti kurde PYD (Parti de l’Union Démocratique), du Parti de Gauche de Rojava, du Baris (parti de la Paix) et d’une fraction du KPD (Parti démocratique du Kurdistan qui s’est scindé en deux et dont une partie a la même position que le KPD de Barzani en Irak) et d’autres forces politiques  plus petites.

 

 

 

Extraits «  La Chartre de Rojava »

 

Consultable en intégralité

http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf

 

(..)  la résistance des YPG/YPJ (Unités de défense du peuple et des femmes) à Kobané est la résultante d’une histoire de trente ans de résistance du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan qui a beaucoup inspiré le mouvement kurde en Syrie. Depuis 1984, le PKK mène une lutte armée contre l’État turc. En parallèle de cette résistance, le PKK a défini un programme politique innovant sous l’impulsion de son leader Abdullah Öcalan, qui depuis son emprisonnement en 1999 travaille à repenser une théorie politique innovante, où il rejette le concept d’État-nation au profit d’une organisation de la société basée sur l’autonomie et la démocratie à toutes ses échelles.

 

La charte du Rojava est très claire en matière d’égalité homme/femme, et la libération des femmes constitue un des axes majeurs du programme social du Rojava. Celle-ci reconnaît les inégalités de genre inhérentes à la société patriarcale existant jusque-là et ayant une influence sur la société. Toutes les institutions adoptent ainsi un système de coprésidence : un homme et une femme. Loin de se limiter à un combat militaire, la lutte des femmes passe aussi par une forte implication dans l’organisation et la vie politique du Rojava. L’Académie des femmes leur permet de recevoir une formation politique et militaire leur donnant les outils qui leur permettent de prendre leur place dans la résistance du Rojava. Ces formations sont dispensées aux femmes de tous âges, dans le but de casser la segmentation de la société en classes d’âge.

 

L’avenir politique du Rojava est incertain. La révolution en cours au Rojava n’en est qu’à ses débuts, et rencontre maintes difficultés. Après avoir commencé à appliquer son programme politique, le Rojava a créé une entité politique plus large, les Forces démocratiques syriennes, afin d’inclure de façon plus large les autres communautés du Nord de la Syrie, et recevoir de l’aide militaire étrangère.

 

Le 17 mars 2016, le conseil constitutif du Rojava a publié une déclaration de fédéralisme, engendrant aussitôt de multiples attaques, dont un nouvel embargo de la part du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak), empêchant la circulation des personnes et de l’aide humanitaire à destination du Rojava. Les attaques constantes des jihadistes de Daesh, l’embargo imposé par la Turquie qui ne supporte pas l’idée d’un contrôle territorial kurde à ses frontières, mais aussi par ses pions locaux, notamment le Kurdistan irakien dirigé par Barzani, sont autant d’obstacles rencontrés par les administrations locales. Difficile aussi de prévoir la posture que les alliés de circonstance, États-Unis et Russie, adopteront face à la volonté d’autodétermination du peuple du Rojava. Pour l’instant, pour ne pas froisser la Turquie, les États-Unis ont rejeté en bloc les demandes politiques de l’administration du Rojava, tout en continuant leur aide militaire. Enfin le régime syrien, qui jusque-là adoptait un silence pragmatique pour éviter d’ouvrir un conflit supplémentaire avec les Kurdes, a fait savoir qu’il n’accepterait pas d’autonomie du Rojava au sein de la Syrie. Au sein de la communauté kurde elle-même, il existe toujours des tensions entre une volonté de création d’un État-nation kurde (ce que ne soutient pas l’administration locale), et un fonctionnement fédéral sur un mode libéral (qui n’est pas non plus le programme de la charte du Rojava). Entre les deux, le processus d’autonomie démocratique tente de percer son chemin. Une chose est sûre, ce processus de démocratisation en cours au Rojava est une initiative nouvelle, appelée à s’insérer dans un processus de paix plus global au Moyen-Orient et peut être à lui servir d’inspiration.

 

MENACES IMPERIALISTES EN COREE DU NORD

La crise actuelle est le fruit des tensions inter-impérialistes en Asie.

Depuis plusieurs mois les médias nous présentent à grands renforts de messages alarmistes le « match » entre les deux « fous » que seraient Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, et Donald Trump, président des USA. Faut-il prendre au sérieux ces menaces d’attaques nucléaires ? Quels sont les causes réelles de ces tensions et de ces attaques verbales ?

 

Présence américaines et tensions croissances en mer de Chine et dans le Pacifique

L’Amérique dispose de pas moins de 350.000 hommes dispersés dans toute la zone concernée. Elle s’appuie essentiellement sur les bases de Guam et d’Okinawa (50.000 hommes). Quelque 30.000 soldats restent déployés sur la ligne de démarcation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord (1) . Nombre de navires américains patrouillent en mer de Chine. Naguère seule grande puissance navale dans la région, elle est remise en cause depuis une vingtaine d’année par le développement rapide de la flotte chinoise et surtout par le réseau des bases navales chinoises qui cherchent à sécuriser les routes de l’approvisionnement en pétrole mais aussi à affirmer son contrôle sur les mers. Les conflits se multiplient depuis plusieurs années avec ses pays voisins à propos de la délimitation des ZEE (zone économique exclusive) parfois riches en ressources halieutiques et énergétiques.

Pour contrer cet expansionnisme chinois, les USA se sont réinvestis massivement dans la région depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama en 2008(2). Si ce dernier a réduit l’effort militaire de son pays au Moyen-Orient et notamment en Irak, c’est pour redéployer les forces de « l’Empire US » dans des théâtres d’opérations jugés plus vitaux comme l’Asie-Pacifique. En effet la menace chinoise est celle jugée la plus sérieuse par les stratèges du Pentagone. La Chine concurrençant de plus en plus les USA sur le plan commercial mais aussi sur le plan militaire et diplomatique (ce qui est nouveau). De plus la zone est désormais le poumon économique du monde, traversée par des flux de navire de commerce en constante augmentation, tandis que les fonds-marins recèlent de ressources non exploitées mais prometteuses.

Ce regain des tensions a entraîné une véritable course aux armements, les alliés des USA n’étant pas en reste : le Japon a considérablement accru son budget militaire et ses capacités navales tandis que l’Australie a acheté en 2016 des sous-marins français(3) pour répliquer au développement des forces chinoises dans la région. Les incidents frontaliers, souvent à propos de la possession de minuscules îlots perdus dans l’immensité marine, se multiplient et témoignent d’une exacerbation des tensions. La mer de Chine et plus largement l’ensemble de la zone Asie-Pacifique dispose donc d’un potentiel de conflits élevé.

 

La Corée du Nord  à l’ombre de la Chine.

Les menaces des USA à propos de la Corée du Nord et les promesses de destructions mutuelles sont à replacer dans ce contexte de compétition entre différents impérialismes, ici entre l’impérialisme américain (et celui de ses alliés) et chinois (avec derrière la Russie). La Corée du Nord n’échappe pas à cette guerre d’influence et constitue un des points de frictions entre les différents concurrents pour la domination de la zone. La Corée du Nord, n’en déplaise à certains esprits chagrins, ne fait pas partie d’un camp « socialiste » (il est mort depuis bien longtemps) et n’est pas une force anti-impérialiste. Elle est fondamentalement arrimée à la sphère chinoise et son économie est intégrée au capitalisme mondialisé. En effet le régime nord-coréen est dépendant de l’aide chinoise pour survivre en témoigne ces quelques données économiques : La Chine fournit 90% des besoins énergétiques, 80% des produits manufacturés et 45% de sa nourriture. Elle est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord (90 % du commerce extérieur du pays) et permet au pays de faire rentrer des devises en vendant ses matières premières. La Corée du Nord est riche en ressources minérales (charbon) qui intéressent au plus haut point les Chinois.

 

Croire que cela est sans influence sur le pouvoir politique de Pyongyang est une baliverne. La Corée du Nord ne peut survivre sans la perfusion chinoise. La Chine a donc la capacité de réduire au silence le dictateur Kim-Jong-Un mais elle n’abandonnera pas son allié face aux ambitions américaines dans la région. La Chine a tout intérêt au gel du conflit et au statu quo. Le maintien des deux Corées empêche la réunification et la constitution d’un Etat coréen unique qui pourrait devenir un  rival sur le plan économique et allié des USA. De plus la réunification en faveur du Sud « capitaliste » entraînerait automatiquement la présence de soldats américains à la frontière terrestre chinoise, ce qui n’est pas acceptable pour les capitalistes chinois.

La Corée du Nord représente donc pour la Chine l’avantage d’un Etat tampon faisant obstacle aux visées de la Corée du Sud, du Japon et des USA. Sa militarisation à outrance est une épée de Damoclès qui pèse sur les Occidentaux et sur le régime anti-communiste et ultra-libéral de Séoul. Elle permet à la Chine de souffler le chaud et le froid dans les relations internationales.

 

Dans l’hypothèse d’un conflit régional dans la péninsule coréenne la Chine interviendrait pour sauver le régime de Corée du Nord car sa disparition constituerait une défaite majeure pour les intérêts chinois et une revanche incontestable pour les USA qui n’ont jamais digéré leur échec de la guerre de Corée (1950-1953) où l’intervention chinoise avait renversé la situation.

 

En France, les communistes doivent combattre les menées de leur propre impérialisme. Ils doivent dénoncer et démystifier la propagande guerrière à l’égard de la Corée du Nord qui vise à justifier une intervention armée des forces occidentales. La Corée du Nord n’est certes pas le « paradis des travailleurs » mais son régime n’est pas moins fréquentable que les dictatures égyptienne et saoudienne pour qui la France déroule le tapis rouge pour vendre des armes ! Notre solidarité et notre soutien va uniquement aux peuples et aux classes ouvrières qui luttent contre toute forme d’oppression extérieure et intérieure, contre l’impérialisme et l’exploitation.

Notes:

(1)  http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/14/01003-20111114ARTFIG00694-l-australie-va-accueillir-une-base-americaine.php

(2)  La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est, Yann Roche, revue l’espace politique, 2013

(3)  12 sous-marins pour un montant de 34.5 milliards d’euros soit le plus gros contrat du monde en la matière !

 

LUTTE CONTRE LES ORDONNANCES – premier bilan

Article de la VDC n°22 à retrouver ICI

UNE ATTAQUE GENERALE CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

UNE MOBILISATION EN ORDRE DISPERSÉE, LIMITÉE

 

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte reste limitée pour le moment, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies. Il existe donc un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  Au contraire, la lutte politique permettrait de relier toutes ces luttes et mobilisations vers un objectif politique supérieur : le renversement du capitalisme.

 À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

LA LUTTE POLITIQUE POUR LA RUPTURE RÉVOLUTIONNAIRE

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent s’intéresser à la question politique générale. Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui est en rupture révolutionnaire avec toutes les autres.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années au vue du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

NON LA CGT N’EST PAS ISOLÉE, MOBILISONS A LA BASE !

Seul un rapport de force puissant porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ».

Chaque travailleur conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux. C’est une erreur de couper le corps militant des syndicats du reste des masses des entreprises.  La CGT, est la seule organisation où l’on trouve des militants et courants plus combattifs, des éléments avancés pour défendre les travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti marxiste-léniniste, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée  ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il est nécessaire de convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycéens que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on n’est pas prêt à s’engager à une lutte plus dure, les travailleurs perdront beaucoup. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination. Les luttes se multiplient. Participer à chacune d’entre elles, organiser la solidarité et tisser des liens entre elles est plus que jamais nécessaire. Faire en sorte que les luttes isolées entrent dans la lutte politique d’ensemble contre ce gouvernement, voilà la tâche des communistes.

 

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