LE PEUPLE KURDE ET LES PEUPLES OPPRIMES DU MOYEN ORIENT À LA CONQUÊTE DE LEURS DROITS NATIONAUX ET DÉMOCRATIQUES PAR LEURS PROPRES FORCES !

epa04586503 Members of the Syrian Kurdish People's Defence Units (YPG) celebrate their victory in Kobane, Syria, 26 January 2015. According to reports Kurdish fighters claim to have pushed militants from the group calling themselves Islamic State (IS) out of the whole of Kobane following four months of fighting, supported by airstrikes carried out by an international anti-IS coalition, though a number of the town's surrounding villages, close to the Syrian-Turkish border, remain in the hands of IS.  EPA/STR

Au Moyen-Orient deux évènements importants se sont produits récemment qui touchent le peuple Kurde : La libération de Raqqa, ainsi que la proclamation de l’indépendance du Kurdistan Sud après un référendum.

Raqua a été libéré par les Forces Démocratiques Syriennes dont les YPG (c’est-à-dire les Kurdes et Rojava) font partie.

 

LA FORCE DEMOCRATIQUE

ET SOUVERAINE DE ROJAVA

LIBERE RAQQA

 

La libération de Raqqa est une victoire pour tous les peuples de Syrie, car le front constitué par les Forces démocratiques Syriennes est porteur d’un projet de démocratie sociale et politique pour toute la Syrie. Nous la saluons comme une victoire pour la démocratie et la souveraineté des peuples de la région. Mais elle n’a pas été accueillie partout avec enthousiasme. Depuis le début du conflit en Syrie les États-Unis réclament le départ d’Assad et sur la question kurde ils ont une position ambigüe. Ils considèrent le PKK comme une organisation terroriste mais ils ont conclu une alliance militaire avec les YPG qui ont la même ligne politique que le PKK. Pour le dirigeant des YPG Salih Muslim, la relation des YPG « avec les États-Unis est simplement une alliance contre la terreur de l’EI. C’est le peuple de Raqqa qui décide sous quelle forme et comment gouverner la ville. […] on a des relations diplomatiques dans le cadre des négociations de Genève… Je n’en connais pas tous les détails mais je sais que les États-Unis ont des projets qu’ils ne dévoilent pas » – propos rapportés par l’agence de presse turque ETNA (24 octobre 2017).

Aujourd’hui, Rojava est le fer de lance d’une force démocratique qui permet à toutes les ethnies et minorités nationales et leurs forces politiques de s’organiser et de s’exprimer démocratiquement. La victoire de Raqqa est une épine dans le pied des forces réactionnaires qui se sont mises à unifier leurs efforts pour lutter contre le peuple kurde. La Syrie, l’Iran, l’Irak et la Turquie ont infléchi leurs tactiques et même leurs objectifs stratégiques. On a vu se multiplier les rencontres entre les présidents turc et iranien (et les états-majors respectifs), la visite du président iraquien en Turquie. Quant aux liens entre l’Irak et l’Iran, ils ne sont un secret pour personne. On le voit, la question kurde est un enjeu majeur dans cette partie du Moyen-Orient.

Cela montre que la situation des forces démocratiques et kurdes n’est pas sans danger et demain elles peuvent trouver face à elles toutes les forces réactionnaires et impérialistes coalisées. Ce danger se manifeste déjà au Kurdistan Nord (Nord de la Syrie). Les bonnes relations de Barzani (président du gouvernement Kurdistan Sud) avec les pays impérialistes et les forces réactionnaires (notamment la Turquie et L’Iran) n’a pas empêché la reprise de Kirkouk par les forces irakiennes, la défaite des forces peshmerga qui dépendent du Parti Démocratique du Kurdistan (KPD) et de l’Union Patriotique du Kurdistan (YNK). Les États-Unis ne se sont pas sentis concernés et ont laissé faire leur vassal irakien. La Russie dit « comprendre les Kurdes, mais que la solution doit être trouvée avec le gouvernement central en Irak. » Dans le même temps le ministre des affaires étrangères des États-Unis a entrepris une tournée jusqu’au centre de l’Asie pour rétablir ou consolider son influence. Il ne faut pas oublier que la guerre actuelle est le résultat des conflits impérialistes au Moyen-Orient.

Le peuple Kurde est réparti dans quatre pays différents, et représenté politiquement ou militairement par des organisations divisées entre les PYG (Syrie-Rojaïa) qui sont sur la même ligne politique que le PKK en Turquie, le KPD (de Barzani) et le YNK (de Talabani) au Kurdistan Sud iraquien. Malgré tout, la demande des Kurdes pour la liberté et pour leurs droits nationaux est très grande. Mais après le référendum au Kurdistan Sud, les évènements qui ont suivi démontrent que le peuple kurde ne peut conquérir ses droits nationaux en s’appuyant sur des forces réactionnaires et oppressives. Sur la base des relations économiques avec la Turquie et l’Iran s’est constituée une nouvelle couche bourgeoise totalement dépendante de ce commerce. C’est elle qui domine le gouvernement régional du Kurdistan Sud, et est représentée par deux partis, le KPD et le YNK, lesquels sous le prétexte de manque de moyens, après une négociation humiliante pour le peuple kurde, ont abandonné la ville de Kirkouk. Et sous la pression du peuple kurde Barzani a été contraint de démissionner.

 

 

SOUTENIR LES FORCES DEMOCRATIQUES

QUI LUTTENT DANS LA REGION

 

À l’époque de la domination impérialiste, aucune lutte nationale ne peut atteindre ses objectifs en s’appuyant sur l’impérialisme. Dans cette situation, l’indépendance politique, soit n’existe pas, soit est dérisoire et dépendante des enjeux politiques de l’impérialisme. Mais cette réalité ne doit pas être un prétexte pour s’opposer à l’autodétermination des nations et des peuples opprimés.

 

En France, certains groupes et organisations par « anti-impérialisme » dirigé contre les États-Unis prennent parti pour les autres forces réactionnaires d’Iran et de la Syrie soutenues par la Russie impérialiste. Ils ne comprennent pas que le conflit entre les pays impérialistes laisse un espace de lutte pour les forces démocratiques en Syrie. Mais cette guerre n’est pas terminée. Une fois le danger de l’EI écarté, le conflit peut prendre un autre tournant. L’alliance entre la Turquie, l’Iran et la Syrie dirigée contre les Kurdes, la « prudence » des pays impérialistes vis-à-vis de la situation au Kurdistan Sud après le référendum, laisse présager un tel tournant. Si demain des pays impérialistes reconnaissent l’existence du Kurdistan en tant que pays, ils ne le feront que contraints et forcés par une lutte continue du peuple kurde de plus d’un siècle, et poussés par les contradictions inter-impérialistes à adapter leur tactique à une nouvelle situation. Les pays impérialistes, malgré leur puissance, ne peuvent tout maitriser. Quand les pays impérialistes ont abandonné le colonialisme pour passer au néo-colonialisme, on ne pouvait pas pour autant conclure que la lutte contre le colonialisme avait été inutile simplement parce qu’elle a conduit les forces réactionnaires mondiales à s’adapter à la nouvelle situation créée par la lutte des peuples opprimés.

 

Aujourd’hui, que proposent toutes ces forces « anti-impérialistes » qui doutent de la justesse de la lutte du peuple kurde ? Qu’il arrête de lutter pour ses droits nationaux et démocratiques ?

Notre position est fondamentalement identique que ce soit pour la Palestine, la Catalogne ou pour les Kurdes. La situation est certes différente, mais les communistes ne conditionnent pas leur soutien à un peuple opprimé à la façon dont il doit mener sa lutte pour ses droits nationaux et démocratiques. Cependant « le droit d’autodétermination est une des revendications de la démocratie, qui doit naturellement être subordonnée aux intérêts généraux de la démocratie. » (Lénine – Les questions nationales et coloniales, Éditions de Pékin, p. 11), et Lénine de préciser qu’en 1848 ces intérêts consistaient au premier chef à combattre le tsarisme, aujourd’hui c’est la lutte contre les forces réactionnaires et impérialistes au Moyen-Orient. C’est pour cette raison que l’on ne peut soutenir des marionnettes de l’impérialisme comme Barzani et Cie au Kurdistan Sud.

 

Dans toute situation le rôle fondamental des communistes est d’organiser le prolétariat, là où il existe, sur ses objectifs propres qui ne sont pas ceux de la bourgeoisie, petite ou grande, et ce même pendant la lutte de libération nationale. Seule l’indépendance politique et l’autonomie organisationnelle du prolétariat, là où il existe, peut l’amener à peser sur le mouvement dans le sens de ses objectifs immédiats et stratégiques. La lutte des peuples opprimés devient alors une composante de la révolution prolétarienne. Les communistes marxistes-léninistes, en participant activement à la lutte des peuples opprimés, savent par expérience que pour se débarrasser de l’oppression du capitalisme-impérialisme, une révolution prolétarienne est nécessaire comme nous l’a montré la révolution d’Octobre.

 

Pour conclure, nous réaffirmons avec force notre solidarité avec le peuple kurde. Le peuple kurde au Moyen-Orient est porteur de dynamismes progressistes et démocratiques, et notamment les Kurdes de Rojava et du Kurdistan Nord (Nord de la Syrie.

Nous sommes convaincus que le peuple kurde, avec le soutien international des forces révolutionnaires et communistes, peut par ses propres forces faire triompher le modèle démocratique révolutionnaire dont il est porteur dans la région (pour la Syrie : une fédération syrienne de républiques nationales démocratiques).

 

Vive la lutte du peuple kurde  sur la voie de sa liberté !

Vive la lutte pour la démocratie sociale et politique des peuples de Syrie !

Vive les forces YPG-YPJ à la tête de la lutte pour la démocratie et les droits nationaux !

La libération de Raqqa est une victoire pour la démocratie en Syrie.

LEXIQUE DES ORGANISATIONS

 

Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance militaire formée de forces armées kurdes, à savoir les YPG et les PYJ (la branche féminine des YPG), et d’autres forces armées. 40% des FDS sont des forces armées arabes.

Le TEVDEM est l’alliance politique qui administre les régions du Nord, libérées de l’EI. Elle est formée principalement du parti kurde PYD (Parti de l’Union Démocratique), du Parti de Gauche de Rojava, du Baris (parti de la Paix) et d’une fraction du KPD (Parti démocratique du Kurdistan qui s’est scindé en deux et dont une partie a la même position que le KPD de Barzani en Irak) et d’autres forces politiques  plus petites.

 

 

 

Extraits «  La Chartre de Rojava »

 

Consultable en intégralité

http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf

 

(..)  la résistance des YPG/YPJ (Unités de défense du peuple et des femmes) à Kobané est la résultante d’une histoire de trente ans de résistance du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan qui a beaucoup inspiré le mouvement kurde en Syrie. Depuis 1984, le PKK mène une lutte armée contre l’État turc. En parallèle de cette résistance, le PKK a défini un programme politique innovant sous l’impulsion de son leader Abdullah Öcalan, qui depuis son emprisonnement en 1999 travaille à repenser une théorie politique innovante, où il rejette le concept d’État-nation au profit d’une organisation de la société basée sur l’autonomie et la démocratie à toutes ses échelles.

 

La charte du Rojava est très claire en matière d’égalité homme/femme, et la libération des femmes constitue un des axes majeurs du programme social du Rojava. Celle-ci reconnaît les inégalités de genre inhérentes à la société patriarcale existant jusque-là et ayant une influence sur la société. Toutes les institutions adoptent ainsi un système de coprésidence : un homme et une femme. Loin de se limiter à un combat militaire, la lutte des femmes passe aussi par une forte implication dans l’organisation et la vie politique du Rojava. L’Académie des femmes leur permet de recevoir une formation politique et militaire leur donnant les outils qui leur permettent de prendre leur place dans la résistance du Rojava. Ces formations sont dispensées aux femmes de tous âges, dans le but de casser la segmentation de la société en classes d’âge.

 

L’avenir politique du Rojava est incertain. La révolution en cours au Rojava n’en est qu’à ses débuts, et rencontre maintes difficultés. Après avoir commencé à appliquer son programme politique, le Rojava a créé une entité politique plus large, les Forces démocratiques syriennes, afin d’inclure de façon plus large les autres communautés du Nord de la Syrie, et recevoir de l’aide militaire étrangère.

 

Le 17 mars 2016, le conseil constitutif du Rojava a publié une déclaration de fédéralisme, engendrant aussitôt de multiples attaques, dont un nouvel embargo de la part du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak), empêchant la circulation des personnes et de l’aide humanitaire à destination du Rojava. Les attaques constantes des jihadistes de Daesh, l’embargo imposé par la Turquie qui ne supporte pas l’idée d’un contrôle territorial kurde à ses frontières, mais aussi par ses pions locaux, notamment le Kurdistan irakien dirigé par Barzani, sont autant d’obstacles rencontrés par les administrations locales. Difficile aussi de prévoir la posture que les alliés de circonstance, États-Unis et Russie, adopteront face à la volonté d’autodétermination du peuple du Rojava. Pour l’instant, pour ne pas froisser la Turquie, les États-Unis ont rejeté en bloc les demandes politiques de l’administration du Rojava, tout en continuant leur aide militaire. Enfin le régime syrien, qui jusque-là adoptait un silence pragmatique pour éviter d’ouvrir un conflit supplémentaire avec les Kurdes, a fait savoir qu’il n’accepterait pas d’autonomie du Rojava au sein de la Syrie. Au sein de la communauté kurde elle-même, il existe toujours des tensions entre une volonté de création d’un État-nation kurde (ce que ne soutient pas l’administration locale), et un fonctionnement fédéral sur un mode libéral (qui n’est pas non plus le programme de la charte du Rojava). Entre les deux, le processus d’autonomie démocratique tente de percer son chemin. Une chose est sûre, ce processus de démocratisation en cours au Rojava est une initiative nouvelle, appelée à s’insérer dans un processus de paix plus global au Moyen-Orient et peut être à lui servir d’inspiration.

 

MENACES IMPERIALISTES EN COREE DU NORD

La crise actuelle est le fruit des tensions inter-impérialistes en Asie.

Depuis plusieurs mois les médias nous présentent à grands renforts de messages alarmistes le « match » entre les deux « fous » que seraient Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, et Donald Trump, président des USA. Faut-il prendre au sérieux ces menaces d’attaques nucléaires ? Quels sont les causes réelles de ces tensions et de ces attaques verbales ?

 

Présence américaines et tensions croissances en mer de Chine et dans le Pacifique

L’Amérique dispose de pas moins de 350.000 hommes dispersés dans toute la zone concernée. Elle s’appuie essentiellement sur les bases de Guam et d’Okinawa (50.000 hommes). Quelque 30.000 soldats restent déployés sur la ligne de démarcation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord (1) . Nombre de navires américains patrouillent en mer de Chine. Naguère seule grande puissance navale dans la région, elle est remise en cause depuis une vingtaine d’année par le développement rapide de la flotte chinoise et surtout par le réseau des bases navales chinoises qui cherchent à sécuriser les routes de l’approvisionnement en pétrole mais aussi à affirmer son contrôle sur les mers. Les conflits se multiplient depuis plusieurs années avec ses pays voisins à propos de la délimitation des ZEE (zone économique exclusive) parfois riches en ressources halieutiques et énergétiques.

Pour contrer cet expansionnisme chinois, les USA se sont réinvestis massivement dans la région depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama en 2008(2). Si ce dernier a réduit l’effort militaire de son pays au Moyen-Orient et notamment en Irak, c’est pour redéployer les forces de « l’Empire US » dans des théâtres d’opérations jugés plus vitaux comme l’Asie-Pacifique. En effet la menace chinoise est celle jugée la plus sérieuse par les stratèges du Pentagone. La Chine concurrençant de plus en plus les USA sur le plan commercial mais aussi sur le plan militaire et diplomatique (ce qui est nouveau). De plus la zone est désormais le poumon économique du monde, traversée par des flux de navire de commerce en constante augmentation, tandis que les fonds-marins recèlent de ressources non exploitées mais prometteuses.

Ce regain des tensions a entraîné une véritable course aux armements, les alliés des USA n’étant pas en reste : le Japon a considérablement accru son budget militaire et ses capacités navales tandis que l’Australie a acheté en 2016 des sous-marins français(3) pour répliquer au développement des forces chinoises dans la région. Les incidents frontaliers, souvent à propos de la possession de minuscules îlots perdus dans l’immensité marine, se multiplient et témoignent d’une exacerbation des tensions. La mer de Chine et plus largement l’ensemble de la zone Asie-Pacifique dispose donc d’un potentiel de conflits élevé.

 

La Corée du Nord  à l’ombre de la Chine.

Les menaces des USA à propos de la Corée du Nord et les promesses de destructions mutuelles sont à replacer dans ce contexte de compétition entre différents impérialismes, ici entre l’impérialisme américain (et celui de ses alliés) et chinois (avec derrière la Russie). La Corée du Nord n’échappe pas à cette guerre d’influence et constitue un des points de frictions entre les différents concurrents pour la domination de la zone. La Corée du Nord, n’en déplaise à certains esprits chagrins, ne fait pas partie d’un camp « socialiste » (il est mort depuis bien longtemps) et n’est pas une force anti-impérialiste. Elle est fondamentalement arrimée à la sphère chinoise et son économie est intégrée au capitalisme mondialisé. En effet le régime nord-coréen est dépendant de l’aide chinoise pour survivre en témoigne ces quelques données économiques : La Chine fournit 90% des besoins énergétiques, 80% des produits manufacturés et 45% de sa nourriture. Elle est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord (90 % du commerce extérieur du pays) et permet au pays de faire rentrer des devises en vendant ses matières premières. La Corée du Nord est riche en ressources minérales (charbon) qui intéressent au plus haut point les Chinois.

 

Croire que cela est sans influence sur le pouvoir politique de Pyongyang est une baliverne. La Corée du Nord ne peut survivre sans la perfusion chinoise. La Chine a donc la capacité de réduire au silence le dictateur Kim-Jong-Un mais elle n’abandonnera pas son allié face aux ambitions américaines dans la région. La Chine a tout intérêt au gel du conflit et au statu quo. Le maintien des deux Corées empêche la réunification et la constitution d’un Etat coréen unique qui pourrait devenir un  rival sur le plan économique et allié des USA. De plus la réunification en faveur du Sud « capitaliste » entraînerait automatiquement la présence de soldats américains à la frontière terrestre chinoise, ce qui n’est pas acceptable pour les capitalistes chinois.

La Corée du Nord représente donc pour la Chine l’avantage d’un Etat tampon faisant obstacle aux visées de la Corée du Sud, du Japon et des USA. Sa militarisation à outrance est une épée de Damoclès qui pèse sur les Occidentaux et sur le régime anti-communiste et ultra-libéral de Séoul. Elle permet à la Chine de souffler le chaud et le froid dans les relations internationales.

 

Dans l’hypothèse d’un conflit régional dans la péninsule coréenne la Chine interviendrait pour sauver le régime de Corée du Nord car sa disparition constituerait une défaite majeure pour les intérêts chinois et une revanche incontestable pour les USA qui n’ont jamais digéré leur échec de la guerre de Corée (1950-1953) où l’intervention chinoise avait renversé la situation.

 

En France, les communistes doivent combattre les menées de leur propre impérialisme. Ils doivent dénoncer et démystifier la propagande guerrière à l’égard de la Corée du Nord qui vise à justifier une intervention armée des forces occidentales. La Corée du Nord n’est certes pas le « paradis des travailleurs » mais son régime n’est pas moins fréquentable que les dictatures égyptienne et saoudienne pour qui la France déroule le tapis rouge pour vendre des armes ! Notre solidarité et notre soutien va uniquement aux peuples et aux classes ouvrières qui luttent contre toute forme d’oppression extérieure et intérieure, contre l’impérialisme et l’exploitation.

Notes:

(1)  http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/14/01003-20111114ARTFIG00694-l-australie-va-accueillir-une-base-americaine.php

(2)  La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est, Yann Roche, revue l’espace politique, 2013

(3)  12 sous-marins pour un montant de 34.5 milliards d’euros soit le plus gros contrat du monde en la matière !

 

LUTTE CONTRE LES ORDONNANCES – premier bilan

Article de la VDC n°22 à retrouver ICI

UNE ATTAQUE GENERALE CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

UNE MOBILISATION EN ORDRE DISPERSÉE, LIMITÉE

 

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte reste limitée pour le moment, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies. Il existe donc un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  Au contraire, la lutte politique permettrait de relier toutes ces luttes et mobilisations vers un objectif politique supérieur : le renversement du capitalisme.

 À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

LA LUTTE POLITIQUE POUR LA RUPTURE RÉVOLUTIONNAIRE

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent s’intéresser à la question politique générale. Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui est en rupture révolutionnaire avec toutes les autres.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années au vue du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

NON LA CGT N’EST PAS ISOLÉE, MOBILISONS A LA BASE !

Seul un rapport de force puissant porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ».

Chaque travailleur conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux. C’est une erreur de couper le corps militant des syndicats du reste des masses des entreprises.  La CGT, est la seule organisation où l’on trouve des militants et courants plus combattifs, des éléments avancés pour défendre les travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti marxiste-léniniste, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée  ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il est nécessaire de convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycéens que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on n’est pas prêt à s’engager à une lutte plus dure, les travailleurs perdront beaucoup. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination. Les luttes se multiplient. Participer à chacune d’entre elles, organiser la solidarité et tisser des liens entre elles est plus que jamais nécessaire. Faire en sorte que les luttes isolées entrent dans la lutte politique d’ensemble contre ce gouvernement, voilà la tâche des communistes.

 

LE CAPITALISME EN GUERRE CONTRE LES TRAVAILLEURS

Editorial de la VDC à retrouver ICI

manifestation-CGT

En ce début de quinquennat Macron, le gouvernement s’affiche clairement comme l’état-major de combat de la bourgeoisie. Il mobilise toutes les ressources de l’État pour consolider la domination du Capital sur la société par toutes sortes de cadeaux fiscaux, de lois pour organiser l’exploitation accrue des travailleurs. Le gouvernement tente aussi d’affaiblir les capacités d’organisation et de résistance des travailleurs. Les conséquences concrètes pour ces derniers sont la dégradation de leurs conditions de vie, la diminution du salaire réel, des retraites, l’aggravation de la concurrence entre travailleurs sur le marché du travail. Les mythes d’un « État providence » au-dessus des classes, de l’égalité entre les « citoyens » volent en éclat devant une lutte de classe féroce menée par la classe bourgeoise contre les travailleurs.

Sous le capitalisme impérialiste, les monopoles veulent assurer un profit maximum. Ceux-ci ne peuvent le faire qu’en organisant l’exploitation toujours plus féroce des travailleurs en leur prenant une part toujours plus importante du produit de leur travail. Si la machine grippe, l’existence même du capitalisme est en danger. Quand les profits menacent de diminuer, les gestionnaires des entreprises comme de l’Etat n’ont pas d’autre choix que de prendre des mesures drastiques pour préserver leurs sacrés-saints bénéfices garantir les fondements de l’exploitation capitaliste. C’est tout le sens de la politique de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Voilà pourquoi les mêmes politiques anti-sociales ont été appliquées durant ces dernières années, quelle que soit la famille politique bourgeoise au pouvoir, de droite, de gauche. Ce n’est pas en changeant les personnes comme le défendent les « dégagistes », ce n’est pas en « moralisant » la vie politique que cela peut changer. Le gouvernement est tout entier soumis aux exigences de la bourgeoisie.

De plus en plus, il existe une prise de conscience syndicale mais aussi politique. Cela est nouveau et positif. Mais pour quelle politique ? Les courants « populistes » et réformistes qui ne sont pas au pouvoir surfent sur le mécontentement du peuple pour proposer une politique qui met en avant de fausses mesures « antisystème », dénoncent la finance, souhaitent transformer la société sans toucher aux lois fondamentales du capitalisme. Ces politiques qui ne s’attaquent pas au capital doivent être rejetées. Seule une politique anticapitaliste menée par les éléments les plus conscients du prolétariat et organisée en conséquence peut amener les travailleurs à construire des batailles victorieuses pour faire payer le capital jusqu’à la victoire totale sur la classe exploiteuse.

Face à cette offensive du capital, les travailleurs et les syndicalistes ne restent pas sans réagir. Ils luttent partout avec courage et continuité autour de luttes locales et nationales. Dans ces mobilisations, de nombreux travailleurs prennent conscience que face à la détermination, l’organisation et les moyens de la bourgeoisie, il est nécessaire de passer à un niveau supérieur d’organisation et de lutte. Ils prennent conscience qu’il faut rompre avec la voie de la « concertation » avec le patronat, avec celle des « partenaires sociaux » qui entraine le mouvement des travailleurs à l’échec. Cette époque de négociation des miettes du gâteau est révolue, mais les directions syndicales continuent à s’accrocher à cette politique de collaboration de classe, plutôt qu’à organiser la lutte classe contre classe face au gouvernement Macron.

C’est la bourgeoisie en menant la lutte de classe qui creuse sa propre tombe et pousse les travailleurs à adopter une politique radicalement différente des politiques actuelles. Cette politique devra se libérer de toutes les illusions réformistes. Depuis quelques semaines, les dirigeants de la France Insoumise tentent de mettre sous leur politique l’ensemble du mouvement ouvrier. Les marxistes-léninistes considèrent que tous les travailleurs doivent faire de la politique. Mais ils doivent faire une politique de classe, résolument anticapitaliste à l’encontre du pouvoir bourgeois. Or les directions réformistes se contentent d’une politique parlementariste. Ils veulent seulement faire une autre politique bourgeoise, c’est-à-dire une politique dans le cadre des institutions existantes et du système économique existant. On voit bien que cette politique mène à l’échec partout où elle a été menée. Les communistes marxistes léninistes quelle que soit leur organisation doivent participer à la lutte du prolétariat. En étant présent autour des luttes de la classe ouvrière, ils mettent en avant l’idée de s’organiser autour d’un seul Parti communiste, seul outil capable de mener la lutte politique contre les attaques et le pouvoir de la bourgeoisie. Oui une autre politique est possible, une autre société est possible en rompant avec le mode de production capitaliste, en supprimant la domination du capital, pour instaurer le pouvoir des travailleurs, le socialisme.

A BAS LE CAPITALISME !
LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

METTONS EN ECHEC LA POLITIQUE DU CAPITAL, LE PRESIDENT DES RICHES ET SES ORDONNANCES

[image infocom CGT]

[image infocom CGT]

Une avalanche de contre-réformes

 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Macron, une cascade de contre-réformes s’est abattue sur les travailleurs et les classes populaires : casse du droit du travail, chasse aux chômeurs

(qualifiés de fainéants), baisse des APL, durcissement des lois sécuritaires… Le gouvernement Macron-Philippe a annoncé vouloir s’attaquer par la suite à la formation professionnelle, l’assurance-chômage et aux retraites. Ce sont tous les droits sociaux gagnés de hautes luttes par le prolétariat français au sortir de la seconde guerre mondiale qui sont menacés.

De l’autre côté dans le camp du capital ; des patrons, des millionnaires et des monopoles ; ils peuvent voir l’avenir en rose : suppression de l’ISF, poursuite des cadeaux fiscaux aux entreprises, aides à l’embauche (emplois entièrement payés par le contribuable et qui ne coûtent rien à l’employeur !)…etc. Bref ce sont toujours les mêmes qui s’engraissent tandis que les précaires, les salariés et les chômeurs devront se serrer la ceinture et accepter sans broncher de perdre tous leurs droits !

Cette société, on l’aménage pas, on la combat !

Non, nous ne voulons pas de cette vie de misère ! Nous ne voulons pas être des esclaves « ubérisés » ou des autoentrepreneurs corvéables à merci. Alors que nos adversaires sont forts et organisés (MEDEF, partis politiques bourgeois, médias, police…), les travailleurs avancent en ordre dispersé et sous l’influence de leaders politiques et syndicaux qui n’offrent aucune perspective de rupture avec cette société pourrie jusqu’à la moelle. On ne peut humaniser un système inhumain par nature comme l’est la société capitaliste. On ne peut pas non plus l’améliorer par le parlementarisme bourgeois qui n’a jamais apporté le moindre progrès aux masses exploitées.

Il y a cent ans, les travailleurs de Russie montraient l’exemple

 

Il y a cent ans, le prolétariat de Russie, sous la conduite du parti bolchevik de Lénine rejetait dans les poubelles de l’histoire ce « vieux monde » et créait le premier Etat ouvrier de l’histoire. Ils démontrèrent que les masses pouvaient se gouverner par elles-mêmes, sans « chefs » bourgeois et patrons, et construire une société juste et égalitaire qui garantissait à tous le droit au travail, à l’éducation et à la culture.

Aujourd’hui, face à ces attaques d’une violence sans précédent depuis plusieurs décennies, il revient aux travailleurs conscients de ces enjeux, de se rassembler et de mener une lutte acharnée dans les entreprises mais aussi sur le terrain politique, pour redonner au prolétariat français l’outil qui lui fait cruellement défaut depuis des années : un authentique parti révolutionnaire communiste !

A bas les lois pour les patrons du gouvernement Macron !

Unité des travailleurs contre le patronat et l’Etat !

Construisons un parti révolutionnaire défendant les intérêts de la classe ouvrière 

Discours du 20 octobre 2017 Meeting contre les ordonnances XXL – 100 ans de la Révolution – PCOF/ROCML

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

Une attaque générale contre le monde du travail, en faveur du capital

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

 

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Une mobilisation en ordre dispersée, limitée

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte ne prend pas, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité militante entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies donc il existe un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  

À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

La lutte politique pour la rupture révolutionnaire

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent d’intéresser à la question politique générale (et non pas uniquement aux questions syndicales). Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Etc. Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui sera en rupture révolutionnaire avec toutes les autres politiques.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats (structures indispensables mais qui ne sont pas celles suffisantes pour la conquête du pouvoir) mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, celles que l’on mène actuellement et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années aux vues du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, n’apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

 

Les politiques économiques des gouvernements n’ont pas pour objectif le bien-être des populations !

http://rocml.org/wp-content/uploads/2017/09/VDC_21.pdf

Au sein de l’économie mondiale, les sources de conflits vont s’accentuant, ce qui implique forcement des dissensions sur le plan politique. Selon l’angle de vision propre à chacun des représentants de la classe capitaliste, les appréciations qu’ils formulent varient.

Abstraitement parlant, le rôle des organismes supranationaux tels que le FMI ou l’OMC, est d’œuvrer dans la mesure du possible en faveur d’une gestion collective du système capitaliste à l’échelle mondiale, de façon à porter la création de plus-value et l’accumulation des capitaux, dans leur totalité, à une dimension maximum. De fait, leur action consiste à jouer les médiateurs dans le but de désamorcer les facteurs de crise provoqués par la concurrence entre les multiples pôles d’accumulation du capital. Ainsi, dernièrement, ces institutions se montrent préoccupées. Par exemple, à l’occasion de l’assemblée commune entre le FMI et la Banque mondiale tenue en avril dernier, Christine Lagarde, directrice générale du FMI a déclaré: « Il ne faut pas mettre en péril le moteur du commerce, qui a alimenté la croissance et qui est un élément crucial de la productivité » (AFP, 20/4/2017). Ces recommandations sont motivées par la multiplication de prises de positions, de la part de responsables politiques tels que Marine Le Pen ou Donald Trump, en faveur de mesures protectionnistes.

Le terme protectionnisme désigne l’application d’un ensemble de mesures visant à protéger l’économie d’un pays contre la concurrence étrangère au niveau du commerce extérieur. Il s’agit ainsi de restrictions apportées au principe du libre-échange. En élargissant le champ d’actions concerné, les partisans du protectionnisme préconisent aussi des mesures censées stimuler activement le développement de l’économie nationale. Cependant, les protagonistes du libre-échange, eux non plus, ne se soucient nullement de développer un commerce mondial équilibré, bénéfique pour l’ensemble de la population du globe. Au sein du monde capitaliste, n’existe aucune harmonie collective.

Aujourd’hui l’économie mondiale est régie par les rapports de production capitalistes tels qu’ils se sont établis à travers un développement à partir de leur essor au 19e siècle, en passant par l’époque des empires coloniaux, et ayant atteint le stade de l’impérialisme capitaliste caractérisé par la formation de groupements industriels et financiers en situation de monopole ou oligopole. Dans ce cadre, les relations entre les états nationaux et les centres d’accumulation de capitaux sont devenues complexes. Il n’y a plus de lien mutuel direct entre un état donné et un ensemble délimité de capitalistes que l’on pourrait désigner comme « sa » classe capitaliste au même titre que l’on parle de « sa » population. Ces centres d’accumulation de capitaux ne sont pas pour autant devenus des entités pouvant régner sur le monde en s’affranchissant totalement des états nationaux et de leurs gouvernements. Dans chaque état, le rôle des institutions qui forment ce que l’on appelle l’appareil d’état, consiste toujours à assurer la domination de la classe capitaliste exploiteuse sur la classe ouvrière exploitée et sur l’ensemble de la population. Mais à l’époque des empires coloniaux, le système économique mondial était compartimenté selon des démarcations affirmées formellement, tandis que maintenant la complexité des connexions économiques croisées, multiformes, aux délimitations mouvantes, s’est fortement accentuée. Les différents aspects des politiques protectionnistes s’inscrivent dans ce contexte.

Ce qui compte en premier lieu du point de vue d’un gouvernement dans sa fonction territoriale, ce sont: sur le plan économique, la balance des paiements (qui inclut la balance commerciale) ainsi que le budget (c’est-à-dire les impôts et les taxes), et sur le plan politique, sa capacité de maintenir intacte la domination de la bourgeoisie au sens générique. Les divers discours propagandistes concernent en grande partie ce dernier domaine (Chirac et la fracture sociale, Le Pen et les immigrés, Hollande et l’union nationale contre le terrorisme, etc.). Les dilemmes économiques proviennent de la nécessaire conciliation entre le fonctionnement générale de l’économie « nationale » et les intérêts des capitalistes dont les investissements sont liés d’une façon ou d’une autre avec le pays.

Le Front national, en France

 

En France, le programme de Marine Le Pen comporte des mesures relevant du protectionnisme. Il prétend favoriser les entreprises qui produisent sur le territoire national, dans le but affiché de développer l’emploi. De façon ciblée, il prévoit une taxe pénalisant les entreprises considérées comme françaises mais qui vendent en France des produits importés par le biais d’une filiale à l’étranger. Les formulations à ce sujet varient. En 2012, Marine Le Pen déclare: « Un signal très clair sera donné: vous vendez en France, alors vous produisez en France! C’est pourquoi il faudra taxer à hauteur de 35% l’industrie automobile qui ne réalise pas au moins la moitié de sa production sur le sol français. »(1) En 2017: « Chaque produit qui sortira d’une usine délocalisée afin d’être revendu sur le marché français sera taxé à hauteur de 35%. »(2) Elle inclut d’ailleurs les prestations de services: «Mon projet pénalisera financièrement par une taxe de 35% également les délocalisations de prestations de services dont abusent tant de grandes entreprises françaises. »(3) Une « contribution sociale » serait prélevée sur l’ensemble des biens et des services importés, d’un montant de 3%. Cette mesure, étant en elle-même protectionniste, servirait à financer une « prime de pouvoir d’achat » versée aux salariés et retraités qui touchent moins de 1500 euros par mois(4). Cela s’apparente à une subvention au bénéfice des employeurs, de façon similaire au principe du « revenu universel », mais en l’occurrence non « universel ». Il faut souligner que Marine Le Pen s’est prononcée contre un relèvement du salaire minimum, au motif que « cela entraine une charge supplémentaire pour les entreprises, qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays »(5).

Au-delà de ces taxations définies explicitement, le programme du FN adopte le protectionnisme comme principe général, tout en prévoyant des mesures différenciées. Selon Marine Le Pen: « cela ne fait aucun sens de taxer indifféremment tous les produits provenant de tous les pays. […] Et il n’y a pas de raison de taxer certains pays de l’Union européenne. Nous taxerons surtout les pays qui font du dumping fiscal et social. ». Bernard Monot, conseiller de Marine Le Pen sur les questions économiques, indique comme cibles potentielles « les pays hors UE avec lesquels notre balance commerciale est très déficitaire » (Les Echos).

Trump et le Parti républicain aux USA

 

Durant sa campagne électorale et depuis qu’il a été élu, Trump a annoncé l’instauration d’une « énorme taxe aux frontières » (« big border tax »)(6). Au départ cela était censé signifier des tarifs douaniers à l’importation. Cependant les membres républicains de la Chambre des représentants projettent un autre dispositif, élaboré antérieurement à la désignation de Trump comme candidat de leur parti. Ce projet (dit « border adjustment tax ») vise à instaurer  – comme le nom l’indique – un impôt sur les sociétés comportant un ajustement à la frontière dont le mécanisme passe par la détermination de l’assiette pour l’impôt sur les sociétés. Le montant de cet impôt, au lieu d’être basé sur les bénéfices tels qu’ils sont pris en compte normalement (total des revenus moins le total des couts), ne prendrait pas en compte les importations dans les couts ni les exportations dans les revenus. Le taux serait en outre baissé de 35% à 20%. Le fait est que dans ce domaine, comme dans certains autres, Trump tente à assumer des choix propres qui diffèrent des positions du Parti républicain. Selon la vision de Trump, les taxes à l’importation devraient être ajustées pays par pays, selon un principe de réciprocité, en fonction du taux que le pays concerné fait supporter aux exportations venant des USA (reuters, 12/4/17).

Il est certain qu’au sujet des mesures protectionnistes, les appréciations de la part des secteurs de l’économie national des USA varient.

Les entreprises qui produisent de l’acier sont demandeurs à cet égard. La branche se trouve dans une situation difficile. En 2015, selon un classement au niveau mondial selon la quantité produite, la plus grande société US, Nucor Corp, vient en 14e place avec 19,62 millions de tonnes, puis U.S. Steel vient en 21e place avec 14,52 millions de tonnes (par comparaison, en 1re place ArcelorMittal avec 97,14 millions de tonnes)(7). Ces sociétés sont presqu’exclusivement confinées au territoire national US. En 2014, la production mondiale d’acier a réalisé le plus haut niveau jamais atteint, avec 1,66 milliards de tonnes, les prix au niveau international ont fortement baissé, les importations vers les USA ont augmenté considérablement en conséquence(8). En 2016, les producteurs US d’acier ont obtenu l’instauration d’une taxe de 266% sur l’importation d’acier laminé à froid, utilisé pour la fabrication de voitures ainsi que de multiples équipements, en provenance de sept pays dont la Chine. Les fabricants de voiture, ayant évidemment un point de vue opposé, ont réagi, comme par exemple Ford qui s’est adressé à la Commission du commerce international US (International Trade Commission, USITC). Trump, en prenant sa fonction, avait eu recours à Dan DiMicco, ex-PDG du groupe Nucor mentionné ci-dessus, comme conseiller. Mais dans ce cas aussi, il se heurte à des divergences avec le Parti républicain. Il annonce que tout projet d’infrastructure publique devra utiliser de l’acier produit dans le pays. Cependant dans le passé, les législateurs républicains ne se sont pas montrés favorables à l’idée d’une croissance stimulée par des engagements publics alourdissant les déficits budgétaires. Concrètement, dans le cadre d’une stimulation générale du secteur de l’énergie non renouvelable, Trump soutient la construction de l’oléoduc Keystone XL qui devrait renforcer le réseau d’oléoducs Keystone existant reliant des puits au Canada notamment à des terminaux sur la côte du Texas. Or, à ce sujet, l’année dernière, les républicains ont bloqué un amendement exigeant qu’uniquement de l’acier US devrait être utilisé pour le pipeline(9).

L’industrie US de l’aéronautique, exportatrice, est favorable au système envisagé de « l’ajustement à la frontière »(6).L’inverse est le cas du point de vue de l’UE (Les Echos). Les USA représentent 23% des exportations du groupe Airbus. Celui-ci est certes implanté aux USA mais près de 90% des pièces assemblées dans ce pays viennent de l’étranger. Toute la filière serait touchée, car les sous-traitants, eux aussi, font fabriquer des pièces élémentaires au Mexique ou en Chine.

La position du secteur de l’agriculture des USA est caractéristique en ce qui concerne les implications indirectes des politiques protectionnistes. Les états fédéraux où se trouvent les grandes exploitations agricoles ont massivement favorisé Trump à l’occasion des élections. Le secteur est largement exportateur, notamment en direction du Mexique. Or les milieux d’affaires concernés voient déjà des signes annonciateurs de répercussions négatives; l’expérience a montré qu’une guerre commerciale engagée par les USA entraine souvent des ripostes visant l’agriculture US(10).

l’impérialisme capitaliste combine défense, agression, domination

 

Le fond de la question des mesures protectionnistes réside dans ces connexions multiples entre d’une part, les responsables politiques et d’autre part, les représentants directs sur le plan économique, de différentes fractions de la classe capitaliste.

Du point de vue général, les interprétations pseudo-théoriques relèvent, au gré des inclinaisons prédéterminées ou des humeurs du jour, de deux catégories; elles considèrent que le résultat du protectionnisme, « au bout du compte » est – bénéfique aux yeux des uns, – néfaste aux yeux des autres. Dans les deux cas prévalent l’approximation et l’exagération de discours essentiellement propagandistes. Par exemple, au sujet de la taxe d’ajustement aux frontières, ses promoteurs prétendent que l’effet à l’export et à l’import s’équilibre, soit par une réévaluation induite de la monnaie nationale, soit par une augmentation induite des prix et des salaires intérieurs. Il y a néanmoins des commentaires exprimant une vision plus nuancée: « Personne sait avec certitude ce qui arriverait en réalité. Si l’économie ne réussit pas à s’ajuster, les importateurs payeront beaucoup plus de taxes, et les exportateurs obtiendraient une aubaine. Tout ajustement serait douloureux. »(6)

Quant à Marine Le Pen, elle ne trouve guère de soutiens du côté du grand capital au sujet de son programme économique protectionniste, voire isolationniste, bien que ses discours nationalistes bénéficient d’accointances considérables. Jusqu’à nouvel ordre, la bourgeoisie française ne fait pas le choix d’une stratégie impérialiste nationale séparée; elle maintient son association avec les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, à travers le cadre de l’UE. La partie économique du programme du FN reste un annexe subordonné à la vision purement idéologique nationaliste, xénophobe, résumé par exemple ainsi: « Nous sommes David contre Goliath, c’est avec notre amour pour notre pays, que nous terrasserons la soumission, l’abandon, la capitulation, la trahison que l’on cherche à imposer à notre peuple. » (La Dépêche 27/4/17) Par comparaison, la politique impulsée par Donald Trump pour les USA articule de façon effective conjointement les deux aspects que sont protectionnisme et agressivité impérialiste.

Il faut noter ici que les mesures protectionnistes enfreignent le principe du libéralisme, défini comme « doctrine économique qui privilégie l’individu et sa liberté ainsi que le libre jeu des actions individuelles conduisant à l’intérêt général ». Ce fait met en lumière le caractère erroné des orientations politiques qui prétendent attaquer les maux engendrés par le capitalisme en dénonçant le « néolibéralisme » comme source de tous les malheurs. Par ailleurs, un aspect significatif impliqué par le principe de « l’ajustement à la frontière » dépasse la sphère purement commerciale. L’application de cette taxation pourrait inciter des sociétés étrangères ayant une large clientèle aux USA à racheter des sociétés implantées dans ce pays. C’est une indication claire du fait que la bourgeoisie, au niveau d’un pays impérialiste donné, ne se soucie pas de savoir si telle entreprise ou grand groupe est authentiquement « de souche » : elle tient surtout à être membre, d’une façon ou d’une autre, des cercles dominants sur place, politiquement et économiquement. L’objectif primordial est de maintenir autant que possible à l’état concerné un statut de grande puissance pouvant rivaliser avec les autres impérialismes.

 

(1) Marine Le Pen, Discours à l’occasion de la galette présidentielle organisée à Saint-Denis, 9/1/2012.

(2) https://www.marine2017.fr/carnets/whirlpool-amiens-ne-fermera/

(3) Marine Le Pen, Discours …, 9/1/2012.

(4) Marine Le Pen, Assises présidentielles de Lyon, 5/2/2017.

(5) Marine Le Pen, Invitée de la matinale d’Europe 1, 25/1/2017.

(6) How America’s border-adjusted corporate tax would work », The Economist, 13/2/2017.

(7)  https://www.worldsteel.org/en/dam/jcr:1568363d-f735-4c2c-a1da-e5172d8341dd/orld+Steel+in+Figures+2016.pdf

(8) Mark J. Perry: « US steel tariffs: A case study in protectionism, economic losses on net, and ‘legal plunder’ », 2/6/2016.

(9) Mark O’Hara: « Weighing Trump’s Mettle: Will He Be a Game Changer for US Steel? », 10/11/2016.

(10)Jessica Holzer: « Wary of Protectionism, U.S. Agriculture Wages Charm Offensive to Save Mexican Exports », Foreign Policy, 23/3/2017.

 

En Guyane: UN MOUVEMENT EXEMPLAIRE POUR LA CLASSE OUVRIERE

guyane_greve-568717Cette analyse publié dans notre journal de septembre 2017 est toujours d’actualité pour les luttes d’aujourd’hui en métropole

Après 5 semaines de grèves, manifestations et blocages, le collectif d’organisations guyanaises qui menait la contestation a signé un accord historique le 21 avril 2017 avec l’État français, portant sur près de 3 milliards d’euros (même si une bonne partie dépendra du bon vouloir du prochain gouvernement). C’est une victoire incontestable qui apporte la satisfaction partielle des revendications de la population dans les domaines de la santé et de l’éducation : l’hôpital de Kourou va devenir public, un CHU va être construit et des services manquants devraient ouvrir en différents points du territoire. De même dans l’éducation, des constructions attendues depuis des années vont enfin trouver des financements, dont le lycée de Maripasoula.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Quelles sont les causes de contestation ? Quel devenir pour le peuple guyanais ?

La Guyane, entre héritage colonial

et sous-développement

 

Seul territoire français en Amérique du Sud, la Guyane a été colonisée et soumise à l’exploitation esclavagiste dès le XVIIe siècle. Les populations autochtones ont été soit exterminées soit repoussées dans la forêt amazonienne qui couvre la majorité du pays. Encore aujourd’hui les populations amérindiennes (moins de 5% de la population totale) représentent la part de la population la plus pauvre, dépossédée de ses terres (90% du département appartient à l’État) et de sa culture, et en proie à un taux de suicide inquiétant et largement supérieur à la moyenne nationale. Le gouvernement français laisse ces peuples dépérir à petits feux dans l’indifférence générale. La majorité de la population descend des esclaves africains « importés » en Guyane pour travailler dans les plantations de sucre, de café ou de cacao, remplaçant ainsi les populations indigènes décimées par les guerres, les maladies et le travail forcé.

La départementalisation de 1946 n’a fondamentalement pas changé la situation socio-économique de ces territoires coloniaux. L’économie de la Guyane, au même titre que celle des iles des Caraïbes ou de Polynésie, est à la fois dépendante des importations en provenance de la métropole, dominée en majorité par des descendants des anciens maitres esclavagistes (qui de planteurs se sont reconvertis dans le commerce ou l’import-export, le secteur le plus rentable), marquée par la faiblesse de l’activité productive (aucune industrie, agriculture défaillante) et la surreprésentation de la fonction publique (près de la moitié de l’emploi). Au lieu d’apporter une quelconque « libération », la départementalisation et les subventions publiques n’ont fait que renforcer la dépendance de ces territoires à l’égard de la France pour rendre caduque tout velléité de revendication indépendantiste, tout en continuant de nourrir grassement une élite coloniale parasitaire qui vit de la cherté des denrées (les prix des produits alimentaires sont 45% plus élevés qu’en métropole) ou des sur-rémunérations dans la fonction publique (40% de traitement en plus sans compter les primes).

En conséquence la population vit dans une misère qui ressemble à celle d’un pays du dit « Tiers-Monde ». En effet un certain nombre de services élémentaires ne sont pas assurés : 15% des Guyanais n’ont pas accès à l’eau, l’illettrisme est de 20%, le taux de chômage y est de 32,8% selon l’INSEE en 2015 (50% pour les jeunes), 60% des jeunes quittent le système scolaire sans diplômes soit 6 fois plus qu’en métropole, il y a 5 fois moins de médecins généralistes en Guyane qu’en métropole pour un même nombre d’habitants, etc. La vitrine du Centre spatial « guyanais » n’est qu’une façade trompeuse et dorée qui cache en réalité une situation sociale explosive. De plus ce site apporte peu à l’économie locale, il consomme la majorité de l’énergie produite sur place (au détriment de la population locale) et n’emploie en majorité que des métropolitains qui vivent en vase clos, déconnectés de la réalité guyanaise.

Cette situation sociale désastreuse est d’autant plus intolérable que la Guyane dispose de ressources importantes : une forêt primaire très riche en biodiversité, des métaux précieux (or notamment), des potentialités agricoles importantes, des réserves de pétrole offshore… Cependant ces ressources sont pillées selon des logiques prédatrices et destructrices pour l’environnement par les grands monopoles français (comme Total), tandis que l’État français se garde bien de développer les forces productives locales pour éviter toute revendication indépendantiste soutenu par le puissant voisin brésilien.

Aujourd’hui encore, on peut dire que la Guyane reste une colonie française, constat qui s’applique au reste des territoires d’Outre-Mer.

Le mouvement social guyanais

de mars-avril 2017

 

Dans ce contexte de sous-équipement, de couts à la consommation exorbitants pour les produits du quotidien, l’annonce de la vente du centre médico-chirurgical de Kourou (pour un euro symbolique) suscite l’inquiétude de la population et a été l’un des éléments déclencheurs des grèves et des barrages routiers. Les protestations ont commencé le 20 mars avec des barrages de grévistes d’EDF à Kourou. Des groupes se sont rassemblés sous la forme du collectif « pou la Gwiyann Dekolé », qui a formulé des demandes concernant l’éducation, la sécurité (la Guyane est le département de France le plus touché par la violence, le taux d’homicide est 12 fois supérieur à la moyenne nationale) ou la santé. Le 28 mars, plus de 10.000 personnes ont manifesté à Cayenne et ils étaient 4.000 à Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième commune du département. C’est énorme pour un département d’à peine 250.000 personnes. La grève générale a été effective à partir du 28 mars et a totalement bloqué le pays, portant un rude coup au Centre spatial de Kourou, « joyau » de l’État français.

À la pointe de la contestation se trouvait l’UTG (Union des travailleurs guyanais) dont le drapeau indépendantiste s’est imposé comme étendard du mouvement et symbole de l’unité du peuple guyanais dans la lutte contre l’État français. Sa signification est lourde de sens : Le vert et le jaune représentent les richesses du sol et du sous-sol, et l’étoile rouge l’orientation socialiste de la lutte anticoloniale.

Cela montre que le mouvement, malgré ses divisions et ses contradictions internes (comme la présence du MEDEF local, qui s’est très vite désolidarisé du mouvement lorsque celui-ci s’est radicalisé), avait une teinte politique marquée avec des désirs autonomistes ou du moins de prise en compte de la spécificité guyanaise, face à la cécité d’un État français qui ne reconnait aucune diversité sur l’ensemble du territoire « national » selon le principe bourgeois de la République « une et indivisible ». Cependant nous sommes lucides sur le fait qu’il n’y a pas encore à l’heure actuelle une volonté majoritaire de la population à se séparer de la métropole de façon unilatérale. Bien au contraire c’est plus un désir d’intégration qui anime les populations locales qui veulent des équipements et des infrastructures pour rattraper le niveau de vie de métropole. La perspective d’une indépendance peut même effrayer du fait de l’absence de base productive et de la dépendance quasi-totale à l’égard des aides en provenance de France (la majorité de la population survit avec les minimums sociaux). La dépendance créée et renforcée par le système colonial rend la revendication indépendantiste, dans la tête des peuples d’Outre-Mer, illusoire voire même néfaste en ce qui concerne leurs intérêts immédiats.

De même il est vain de projeter sur ces territoires nos recettes toutes faites de métropole. Certaines organisations politiques comme Lutte Ouvrière ont critiqué l’absence de revendications ouvrières notamment en termes d’augmentations salariales :

Il est frappant de constater que le cahier de revendications publié lundi 27 mars par les collectifs et signé du Collectif pour le décollage de la Guyane, le plus important, comporte une série de revendications concernant les agriculteurs, les Amérindiens, les enseignants, les transporteurs et bien d’autres, mais aucune ne concerne les travailleurs des entreprises. Il n’énonce aucune revendication ouvrière. Aucune augmentation de salaire, aucune revendication d’amélioration des conditions de travail n’y figure. (communiqué du 30 mars 2017.)

Cela constitue un exemple parfait d’une vision mécaniste des luttes sociales. Plutôt que de tenir compte des spécificités locales du territoire (et d’essayer de les comprendre), notamment le manque criant d’infrastructures indispensables et vitales pour la vie des sociétés, on plaque dessus nos représentations de métropolitains quitte à commettre des contresens. Si les revendications ouvrières sont absentes, c’est d’une part à cause de la faiblesse numérique de la classe ouvrière (elle n’existe quasiment pas en Guyane du fait de l’absence d’industries), et d’autre part parce que des augmentations de salaires ne règleraient en rien les problèmes du pays. La moindre revalorisation salariale entrainerait un surplus de consommation, donc des importations en hausse, au seul profit de la métropole et des supermarchés ! Elle serait aussi rapidement annulée par l’inflation et n’apportera pas de solution pérenne au manque d’éducation, de santé et de sécurité dont souffre la Guyane, à la différence d’un plan d’investissement dans les services publics qui seul peut apporter des améliorations (même de façon incomplète).

Les travailleurs de Guyane ont eu raison de se mobiliser pour plus d’investissements publics et contre les logiques de privatisation des services publics à l’œuvre au nom de la rigueur budgétaire. Par leur détermination ils ont montré que l’unité des travailleurs (avec le soutien ample de la population) et le blocage de l’économie pouvaient faire reculer l’État et le capital, et permettre d’obtenir, même de façon provisoire, l’amélioration des conditions de vie matérielle des opprimés. Dans une ambiance morose où le mouvement ouvrier français a subi des défaites successives ces dernières années face aux offensives du patronat et du gouvernement, cette lutte est une lueur d’espoir.

Il est aussi notre devoir, en tant que communistes et sincères militants anti-impérialistes, de dénoncer le traitement honteux que réserve l’État français à nos frères et sœurs des territoires ultramarins qui se retrouvent maintenus dans un ordre colonial injuste et inhumain. Nous devons soutenir leurs revendications nationales et autonomistes mais aussi œuvrer en métropole pour la révolution socialiste qui sera à même de les libérer du même coup de l’oppression coloniale et du capitalisme.

Solidarité avec les travailleurs de Guyane dans leur combat ! Seule la lutte paie !

Halte au pillage des ressources de la Guyane par les monopoles français !

À bas la politique coloniale de la France à l’égard de la Guyane !

C’est ensemble, travailleurs français et d’outre-mer, que nous pourrons détruire la bête immonde qu’est l’impérialisme français !

 

FACE AUX ATTAQUES DE LA BOURGEOISIE, LA FRANCE INSOUMISE DIFFUSE DES ILLUSIONS !

Avec l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat, c’est une nouvelle étape qui est franchie pour mettre en place une nouvelle offensive contre les acquis et les conditions de vie des salariés. Le mouvement ouvrier, qui s’est mobilisé en 2016 contre la loi El Khomri, va encore devoir batailler ferme pour empêcher les ordonnances Macron d’être appliquées. Dominé par les idées réformistes dans les revendications syndicales comme dans la lutte politique, le mouvement ouvrier ne dispose pas actuellement des outils pour vaincre le gouvernement Macron, bien disposé de son côté, à mener la guerre de classe(1).

Mélenchon,  la France Insoumise et le PCF ne sont pas la direction politique qu’il faut au mouvement ouvrier pour vaincre l’offensive du capital. Ce n’est pas pour rien que depuis qu’il n’existe plus de parti communiste digne de ce nom en France, le mouvement ouvrier n’a subi que des défaites. Pourquoi le réformisme mène-t-il les travailleurs à la défaite ?

Du côté économique, il ne se borne qu’à la critique des excès et de certaines politiques du système capitaliste mais ne condamne pas ce système dans son ensemble : « Nous adapterons désormais le système aux êtres humains et non plus l’inverse »(2). Adapter le capitalisme et non pas renverser et détruire ce système qui est basé sur la propriété privé des entreprises ne peut amener qu’à l’enrichissement d’une minorité d’individu au détriment d’une large majorité de la société, voilà le mot d’ordre de la France Insoumise. Bien entendu, ce point de vue ne permet pas de comprendre la crise du capitalisme et son fonctionnement. Pour Mélenchon, la crise n’est pas celle du système capitaliste mais est due à la politique de l’Offre et au pouvoir des actionnaires. Ainsi, une autre politique serait possible. Bien entendu, une alternative est possible mais pas dans le cadre de ce système. Et Mélenchon a faux sur toute la ligne. Le capital français tente de faire face à la crise et à ses concurrents en détruisant les conditions de vie et de travail des salariés afin de les rendre compétitifs face aux salariés chinois, allemands… L’objectif derrière est de maintenir les profits des grandes entreprises françaises. Celles-ci n’agissent pas par méchanceté envers les salariés mais parce que sous le capitalisme, pour qu’une entreprise survive et se développe, il faut qu’elle réalise des profits, les plus élevés possibles face à ses concurrents. Aucune politique ne peut donc empêcher le capitalisme de se restructurer dans ce sens. Au contraire, en faisant croire qu’il existerait une autre politique possible dans le cadre du capitalisme français, la France Insoumise maintient des illusions et empêche l’émergence d’un front anticapitaliste, qui veuille organiser les travailleurs pour contrer l’offensive du patronat par un puissant rapport de force.

Au point de vue international, Mélenchon ne fait pas une critique fondamentale de la politique menée par la France que nous qualifions, nous les communistes, d’impérialiste. Au contraire, la France Insoumise par la voix d’A. Corbières est venue au secours de l’armée et du général De Villiers estimant que « les conséquences de l’austérité sur l’armée sont intolérables. Le « coup de gueule » du général de Villiers est légitime »(3). Ce que ne disent pas nos apprentis militaristes, c’est que ces 850 millions d’économies se font sur des équipements militaires de combat offensif, c’est-à-dire sur du matériel servant aux interventions militaires. De plus, Macron ne renonce pas à porter à 2 % du PIB le budget des armées et de la « Défense ». La question que tout travailleur doit se poser est plutôt à quoi sert ce budget de l’armement ? Bien entendu, à cela le pâle imitateur de Jean Jaurès qu’est JL Mélenchon ne répond pas. Il n’explique pas pour quelle raison l’armée française intervient à l’extérieur. Si dans son programme la FI dit vouloir mettre fin à la Françafrique, elle ne revendique pourtant pas la fin des interventions françaises en Afrique et la fermeture de toutes ses bases sur ce continent(4). Au contraire, A. Corbières apporte son soutien au général De Villiers, ce représentant de tout ce que la France a de réactionnaire et d’impérialiste. Issu d’une famille de la noblesse et frère du politicien raciste et islamophobe Philippe de Villiers, le général de Villiers a commandé les troupes françaises partout où elles sont allées semer la mort pour augmenter leurs précarrés économique et stratégique : le Kosovo, l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Centrafrique, le Mali, les pays du Sahel…(5) Et à l’intérieur du pays ? La FI soutient-elle le maintien de l’état d’urgence et la militarisation de la société ? La vague de répression contre les mouvements ouvriers et démocratiques est aussi à lier à la place de plus en plus centrale qu’occupe l’armée dans la société. Plutôt que de dénoncer le rôle de cet instrument pour l’Etat capitaliste-impérialiste, Mélenchon ne fait que tromper les gens et attiser leur chauvinisme et nationalisme. L’intérêt des travailleurs est pourtant de dénoncer l’utilisation des armées pour l’intérêt économique et stratégiques des grandes entreprises et de l’Etat capitaliste, au détriment des peuples d’Afrique et d’Asie. Plutôt que dénoncer une petite baisse du budget des armées, les communistes dénoncent le manque d’argent pour l’éducation, la santé, la culture. Plus de 4 milliards d’euros d’économie sont prévus sur la santé en 2018 par rapport aux estimations des besoins réels(6).

Enfin, au point de vue politique, La FI fait l’erreur opportuniste classique mais inacceptable sur l’Etat et la prise du pouvoir. En effet, Mélenchon estime que l’Etat est au-dessus des classes sociales et qu’il peut être conquis au moyen des élections afin de mettre en place une politique favorable aux travailleurs. C’est absolument faux et répandre de telles idées, c’est entretenir des illusions sur l’Etat. Comme l’expliquaient K. Marx et Lénine, « L’Etat est un organisme de domination de classe, un organisme d’oppression d’une classe par une autre ; c’est la création d’un « ordre » qui légalise et affermit cette oppression en modérant le conflit des classes »(7). « Nous sommes pour la république démocratique en tant que meilleure forme d’Etat pour le prolétariat en régime capitaliste, mais nous n’avons pas le droit d’oublier que l’esclavage salarié est le lot du peuple, même dans la république bourgeoise la plus démocratique »(8). Il est bien vrai que dès que les salariés se révoltent, ils sont ramenés à la légalité bourgeoise ou réprimés violemment pour avoir osé revendiquer des mesures « plus justes ». Le mouvement contre la loi El Khomri a montré que le pouvoir bourgeois n’avait rien d’autre à proposer que la force aux manifestants. La démocratie n’était pas réelle pour l’immense majorité des salariés mais simplement au service des patrons. Même dans un rapport de force favorable pour les travailleurs, les moments favorables pour obtenir des acquis sous le capitalisme sont faibles et nécessitent une force politique très organisée et souvent révolutionnaire : en 1936, en 45 et en 68. Contrairement à ce qu’affirment les réformistes, la tête de l’Etat ne peut pas être conquise par les élections car la domination économique, politique et militaire de la bourgeoisie est trop forte. Pour instaurer un pouvoir ouvrier et populaire, il faut un parti qui organise les travailleurs et qui lutte pour renverser définitivement le pouvoir économique et politique du capital. Pour cela, la voie électorale est impossible : elle est illusoire.

(1) Il suffit de voir les mesures répressives avec la reprolongation de l’état d’urgence, les répressions de diverses manifestations : à Bure contre l’enfouissement des déchets nucléaires, à Bordeaux contre un local antifasciste, dans les divers rassemblements du front social…

(2) Généreux J., Les bonnes raisons de voter Mélenchon, Les liens qui libèrent, Paris, 2016, 174 p., p. 55.

(3) « Budget des Armées: Le général de Villiers sera reçu vendredi par Emmanuel Macron », 20 minutes, 16 juillet 2017

(4) https://avenirencommun.fr/livret-garde-nationale-defense/

(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Villiers_(militaire)

(6) « Santé : plus de 4 milliards d’économies en 2018 », Les Echos, 27/06/2017.

(7) Lénine, L’Etat et la révolution, Editions sociales, Paris, 1975, p. 12.

(8) Idem, p. 30.

 

UNE MOBILISATION QUI DOIT S’AMPLIFIER JUSQU’AU RETRAIT DES LOIS ANTI-OUVRIERES

AFFICHE ordonnances

 

Des premières mobilisations importantes

 

La première mobilisation contre la loi travail est un succès : plus de 200 manifestations dans tout le pays, plus de 4000 appels à la grève et entre 400 000 à 500 000 participants. Cette manifestation a été importante notamment en province où la mobilisation a été importante à l’appel de la CGT-FSU-SOLIDAIRES. De nombreux militants de base de FO, de la CFDT, des milliers de non-syndiqués étaient présents dans les cortèges pour s’opposer à ces lois travail puisque c’est l’ensemble des travailleurs qui est attaqué.

Pourtant, le gouvernement a bien essayé de casser dans l’œuf toute opposition des travailleurs à sa politique. Il peut compter sur le soutien des directions syndicales de la CFDT et de FO ouvertement partisanes des pseudos concertations sociales. Mais plus de la moitié des unions départementales de FO ont pris part aux actions du 12 septembre. Des syndicats de base de la CFDT étaient aussi présents.

Ensuite le pouvoir a tenté par son appareil de communication de culpabiliser la contestation et de diviser le mouvement. « L’opération Saint Martin » de Macron en est l’exemple. Il s’agissait d’opposer les manifestants qui se battent contre cette loi travail aux habitants sinistrés des iles en faisant passer les premiers pour des « fainéants ».

Après l’image, le bâton a été utilisé pour intimider les travailleurs. Les provocations répressives se sont multipliées avec l’utilisation de barrages filtrants à l’entrée du cortège parisien. Manifester à Paris nécessitait de s’armer de courage et d’une profonde volonté. À Lyon, la police a empêché pendant deux heures un cortège de jeunes de faire la jonction avec celui des travailleurs. La fermeté des syndicalistes de la CGT contre cette provocation gouvernementale a permis de réaliser la jonction des deux cortèges.

La deuxième mobilisation a été plus faible au niveau du nombre, mais la détermination et l’envie de combattre grandit. Le mécontentement populaire est très fort. Si demain, le mouvement prend de l’ampleur, les provocations policières du gouvernement vont se multiplier. Les travailleurs doivent se préparer à cette éventualité.

Pour construire le rapport de force, s’organiser sur les lieux de production et les entreprises.

Seul un rapport de force puissant  porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. D’ores et déjà, FO et la CGT Transports appellent à une grève reconductible à partir du 25 septembre. Le 28 ce sont les retraités qui appellent à manifester puis le 10 octobre ce sont les fonctionnaires qui appellent toutes les fédérations à les rejoindre.

Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ». Pour avoir refusé de participer à ces mobilisations Mailly, secrétaire général a été désavoué par sa base. Voilà comment finissent les bureaucrates de la compromission avec le patronat. Ils sont lâchés par les travailleurs confrontés à des attaques frontales de l’état bourgeois.

Chaque travailleur, syndicaliste, conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux que les structures syndicales. C’est une erreur de se couper du corps militant des syndicats situés dans les entreprises. C’est cette erreur que commet le « front social » et qui de plus ne règle pas le problème de la division syndicale. La CGT, est la seule organisation par rapport aux autres confédérations, où l’on trouve les militants et courants les plus combattifs, les plus avancés pour défendre des travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter, ce dont nombre de syndicalistes prennent conscience. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti communiste ml, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée ou le blocage de l’économie la construction d’un rapport de force contre le gouvernement ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie, arrêter la production si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il faut convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycées que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on ne perd pas 7 jours de grève, c’est 7 années qu’on perdra sous le poids de ces contreréformes. Cette mobilisation résultera aussi du travail antérieur de lutte quotidienne pour la défense des travailleurs et des jeunes. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination aux salariés.

Toute lutte doit être préparée pour mobiliser les travailleurs : dans des assemblées générales sur nos lieux de travail, en utilisant les heures d’informations syndicales, des diffusions de tracts sur les marchés et sur les lieux de travail etc. Il est nécessaire de développer des syndicats dans chaque entreprise, des UL défendant les intérêts de classe des travailleurs. Dans les lycées, et les universités, il importe d’organiser des AG et de se préparer à rejoindre les travailleurs en lutte.

Renforcer l’unité de la lutte et la solidarité pour développer la conscience de classe

Ces attaques et cette lutte montrent l’opposition réelle entre les classes, l’antagonisme qu’il existe entre le travail et le capital. Pendant des décennies, les idées sur la conciliation des classes, sur l’harmonie des intérêts généraux ont pu faire illusion. Désormais, ces conceptions sont battues en brèche. Les ordonnances dévoilent au grand jour, aux yeux de tous que pour faire fructifier son capital avec profit, la bourgeoisie n’a plus d’autre solution que de précariser les travailleurs, détruire leurs conditions de vie, baisser leurs salaires, augmenter leur temps de travail. La lutte des classes n’a pas disparu, la bourgeoisie la mène aujourd’hui au grand jour. Les travailleurs ne peuvent qu’y répondre en renforçant l’unité de leur classe dans cette lutte.

On voit justement partout dans les cortèges, les secteurs, les syndicats des entreprises en lutte, les militants qui combattent fermement leurs licenciements comme c’est le cas des GM & S. Cela donne une force importante au mouvement. En dénonçant leurs patrons locaux, les travailleurs condamnent aussi le patronat (le MEDEF) et le gouvernement qui veulent donner de nouvelles armes aux exploiteurs. Ce n’est que sur cette base que les consciences pourront progresser pour affronter l’offensive des patrons et de l’État.

Toute la classe ouvrière et les couches populaires sont victimes de ces contreréformes : des jeunes lycéens et étudiants des milieux populaires qui peuvent craindre une vie de salariés précarisés jusqu’à leurs 30 ans, aux retraités qui voient leurs pensions diminuer.

C’est dans une lutte commune que se construit l’union de tous les travailleurs. Il est important pour cela de tisser des liens entre les différents secteurs en lutte de la classe (luttes contre les licenciements, les revendications des chômeurs, des travailleurs sans-papiers, lu lutte des femmes, Aussi, des solidarités devront se nouer entre les lycéens étudiants et les travailleurs. La multiplication des échanges sur les piquets de grève ou les AG étudiantes permettra de développer l’esprit de solidarité et de lutte face à ce gouvernement capitaliste.

 

 

La lutte contre les ordonnances est politique !

Le capitalisme est en cause !

 

Là où le travail d’organisation à la base est accompli, la grève est massive, la détermination importante. Pour développer le rapport de force face au capital, il faut avoir conscience que ce gouvernement agit pour le compte des capitalistes. Il ne pourra reculer que devant une pression importante. En 36, pour obtenir les congés payés, les travailleurs avaient occupé leurs usines durant plus d’un mois.

Comme beaucoup de militants syndicaux s’en aperçoivent, arrêter l’offensive de la bourgeoisie ne peut se limiter au plan syndical. Plus que jamais le camp des travailleurs a besoin de mener un combat politique. Mélenchon et la France Insoumise comptent incarner ce combat. Effectivement la lutte contre les ordonnances doit prendre le caractère d’une lutte politique contre Macron et son gouvernement. Cependant, au bout de la rue, ce n’est pas avec les élections que les travailleurs pourront briser l’offensive du capital. L’expérience grecque autour de SYRIZA est l’illustration de l’échec d’une telle politique réformiste qui finit par s’acoquiner avec les forces réactionnaires. IRISAS n’a fait que poursuivre la politique d’austérité au service du capital grec et européen et de l’impérialisme (manœuvres militaires entre l’armée grecque et l’armée israélienne). Pourquoi les Insoumis ne veulent-ils pas tirer les leçons de ces échecs ? Ne serait-ce pas remettre en cause toute leur politique réformiste ?

Il faut empêcher ces contre-réformes de passer. Prendre conscience qu’il faut se battre pour éliminer le capitalisme qui entraine ces contre-réformes. Sans une politique centrée sur ses propres intérêts immédiats et stratégiques et organisé dans leur parti politique les travailleurs ne pourront pas être une force puissante capable de freiner l’offensive du capital et de battre le camp de la bourgeoisie. Les travailleurs ont un monde à gagner. Ils n’ont rien à perdre que leur chaine.

 

 

AMPLIFIONS LA MOBILISATION

 

COMBATTONS LES LOIS ANTI-OUVRIERES !

ET LUTTONS CONTRE LE CAPITALISME !

 

 

ROCML 23 septembre 2017

 

 

 

 

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