S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE GRATUITE DES SOINS POUR LES CLASSES POPULAIRES

« 30 % des dépenses de santé ne sont pas pertinentes ». Voilà la petite phrase prononcée par la ministre de la santé Agnès Buzyn en octobre dernier. D’après elle, la santé doit entrer dans le bal de l’austérité et des économies. Ce n’est pas  quelque chose de nouveau puisque depuis des années, la santé, les hôpitaux subissent des restructurations allant à l’encontre des intérêts de la majorité du peuple mais aussi des personnels salariés de la santé.

Quelle logique pousse la ministre de la santé à tenir de tels propos ? Cette logique est la même que celle qui pousse les patrons à augmenter l’exploitation des salariés du privé.  Dans la société capitaliste, la santé de la majorité de la population se heurte à la nécessité de faire du profit. Seule la perspective de dégager des profits pousse à préserver et développer l’activité économique. Il se trouve que soigner les salariés, développer des services de santé pour tous à long terme n’obéit pas à cette logique de profit. Bien soigner le peuple est en contradiction avec la logique du capital même si pourtant la bourgeoisie a besoin de salariés en bonne santé. Il faut donc « rationaliser », « responsabiliser », détruire finalement les services publics de santé pour les rendre rentables, « efficients ». La protection sociale n’est pas tombée du ciel. Imposée par le mouvement ouvrier qui occupait une position importante dans la Résistance face à l’occupant nazi, la protection sociale est justement le fruit d’une lutte aigue de la classe ouvrière face à la bourgeoisie. Depuis, le capital n’a eu de cesse de revenir sur cette grande conquête sociale au détriment des salariés(1). Il devient de plus en plus clair que ce ne sont pas des gouvernements bourgeois qui amélioreront la santé pour la majorité du peuple mais seulement la prise en main par les travailleurs des affaires publiques.

Capitalisme et accès à la santé :

Une contradiction de plus en plus aigüe

Entre les idéaux libéraux de « bien commun » et la cynique réalité de la société capitaliste, la santé des travailleurs est régulièrement mise de côté, passée par pertes et profits. Aujourd’hui, le capitalisme subit une crise chronique et donc la santé attaquée par les différents gouvernements. En effet, le chômage est très élevé, l’Etat dépense des milliards pour faire repartir l’investissement des entreprises en faisant des cadeaux aux patrons (CICE, exonérations massives de cotisation sociales…). Il cherche donc à réduire les dépenses qui sont pour lui « improductives » et ne permettront pas de faire repartir la machine économique. La santé appartient à ces domaines « improductifs » car il n’y a de productifs pour le capital que les secteurs économiques qui produisent de la plus-value. Comme le remarque Karl Marx : « Le capital industriel est le seul mode d’existence du capital où sa fonction ne consiste pas en appropriation mais également [surtout !] en création de plus-value, autrement dit de surprofits »(2). Le capitalisme en contrepartie se heurte à la nécessité de reproduire une force de travail élargie, qui puisse être apte à venir travailler le plus longtemps possible, en bonne santé, avec un minimum de formation intellectuelle et culturelle.

Les gouvernants du capital ont fait un choix de classe. Pour résoudre leur crise, ils recourent à une augmentation de la plus-value, de l’exploitation des salariés. Ils augmentent la durée de travail des salariés, l’intensité du travail, font appel à la flexibilité des horaires et à la sous-traitance. L’ensemble des salariés est mis sous la coupe d’une exploitation plus importante ce qui entraine des risques plus importants sur la santé : stress, épuisement au travail (burn-out), fatigue générale, non-recours aux arrêts de travail pour cause de pression,…Plus d’un salarié sur deux estime subir du stress au travail. 28 % des salariés et 26 % des managers déclarent que leur travail leur a déjà causé des « problèmes psychologiques graves »(3). Cette situation est largement imputable aux nouvelles méthodes de management mises en place par les directions d’entreprises, basées sur l’individualisation, l’isolement, les objectifs, mais aussi au risque de chômage.

L’état de santé est différent, « selon la classe sociale »(4). Un ouvrier masculin sur 4 meurt avant 65 ans. La mort du cancer est plus élevée chez les ouvriers que chez les cadres(5). Mais ce qui n’est pas dit, c’est que ce sont les conditions de vie de ce système qui sont la cause principale(6) des problèmes de santé de la classe ouvrière.

 Prenons deux exemples :

En mai 2012, la CGT s’est mobilisée pour demander la restauration du droit au départ à la retraite à 50 ans pour les salariés des égouts et des assainissements. Les salariés de ce secteur sont soumis à des conditions de travail déplorables et indignes. Ils touchent des salaires de misères et leur espérance de vie est de 13 ans inférieure par rapport aux cadres supérieurs (7). Ils meurent en général d’infections et de cancers dus à leur travail dans les égouts.

En 2012 toujours, les salariés sous-traitants du nucléaire étaient en grève pour dénoncer leur situation. Ces salariés du nucléaire sont utilisés dans les centrales pour faire les opérations les plus dangereuses et les plus exposées aux rejets radioactifs : ils « ont en charge la logistique dans la centrale, ce qui recouvre de très nombreuses activités de maintenance : décontamination, tri, évacuation des déchets »(8). Ces salariés « encaissent la quasi-totalité de  la dose annuelle de radiations reçue dans les 19 centrales nucléaires françaises. C’est le prix à payer pour les près de 30 000 sous-traitants d’EDF. Eux-mêmes se qualifient de « viande à rems », ancienne unité de mesure de la radioactivité »(9). Ils reçoivent 80 % des doses radioactive, ce qui montre bien que le capitalisme transforme certaines couches de salariés en travailleurs sacrifiables.

Est-ce que les différents gouvernements qui se sont succédés depuis se sont souciés des conditions de vie de ces salariés ? Non bien au contraire. L’offensive de la bourgeoisie à l’encontre des travailleurs a amplifié les risques sur la santé au travail, est une cause de la détérioration de la santé des salariés. En effet, la loi El Khomri a supprimé la visite médicale d’embauche sauf pour les « métiers à risque ». Surtout, la visite d’information et de prévention est passée de 2 à 5 ans pour les salariés et à 4 ans pour les « métiers à risque ». Il devient difficile de déceler le stress et l’épuisement au travail avec de tels délais(10). Quant aux ordonnances Macron, en démantelant les CHSCT, elles vont permettre de freiner la lutte des salariés pour améliorer leur santé et leurs conditions de travail. En effet, dans le cadre de la délégation unique, les salariés auront moins d’heures de délégation et de moyens(11) pour lancer des alertes sur leurs conditions de travail. Il s’agissait là d’une instance importante pour les salariés car en général, les entreprises réduisent leurs coûts de production au détriment de la santé et de la sécurité de son personnel.  C’est pourquoi les marxistes-léninistes réclament l’abrogation des lois anti-ouvrières qui participent à dégrader la santé des travailleurs et réclament un suivi médical sérieux pour les salariés.

Le capitalisme nuit à la santé des salariés et ne peut réduire les inégalités de santé. « L’écart entre l’espérance de vie d’un cadre et d’un ouvrier est le même depuis… 1976 ». De plus, il y a 6 ans d’écart d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre(12). Et les statistiques n’indiquent pas la différence d’espérance de vie en bonne santé entre un cadre et un ouvrier. Ces différences sociales sont dues aux conditions de travail, au mode de vie mais aussi à l’inégalité d’accès aux soins et notamment à leur coût. En effet, dans l’ensemble des soins, l’Observatoire des Inégalités relève « le poids de l’origine sociale » et ce, dès le plus jeune âge(13). C’est pourquoi ce problème ne peut se résoudre que par le développement d’une médecine préventive et d’une éducation à la santé, gratuite et publique, au sein des établissements scolaires. Cela nécessite de rompre entièrement avec les politiques d’austérité mises en place depuis 30 ans. Pour l’accès à la santé en général, les inégalités se creusent au détriment des classes populaires car l’Etat diminue ses dépenses. Exit les maternités et services hospitaliers de proximités, adieu le repos nécessaire et le suivi à l’hôpital après une hospitalisation. Bonjour  dépassements d’honoraires et partie non remboursée. Ce désengagement de l’Etat a développé un « marché de la santé » avec une offre de soin à deux vitesses qui accroit les inégalités sociales (14).

Protection sociale pour tous les salariés :

gratuité des soins

« Le droit à la santé a toujours été une conquête de la classe ouvrière sur le capital »(15). Il est donc nécessaire de combattre par le rapport de force les menaces que porte Macron sur la protection sociale. La bourgeoisie s’organise toujours mieux pour faire payer les travailleurs, à nous de résister à cette offensive. En effet, la part du patronat dans le financement de la sécurité sociale se réduit. En 2016, les exonérations de cotisations sociales ont représenté 27,8 milliards d’euros(16), soit plus de la moitié du budget de l’éducation pour 2018 !! De plus avec le CICE, les charges patronales vont encore baisser de 24,8 milliards d’euros en 2019(17). Encore un cadeau de plus aux riches. Quant à la baisse des cotisations maladies et chômage, elle est compensée par l’augmentation de la CSG qui repose sur l’ensemble des salariés et de la population et n’ouvre aucun droit. Ainsi, on passe de plus en plus d’un système d’assurance où tout le monde participait, à un système d’assistance qui risque de devenir un plafond minimum de soins gratuits avec, en complément pour ceux qui le peuvent, le recours à des assurances privées toujours plus chères.

Pour les communistes, une société aussi industrialisée et riche que la nôtre devrait développer l’accès gratuit aux soins, la prise en charge gratuite de tout individu. Cependant, la réalité montre que le capitalisme n’a jamais été capable d’assurer à tous de quoi vivre et se soigner dignement, il l’est encore moins actuellement, en pleine phase de décomposition. Ainsi, pour « Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain » comme le disait Ambroize Croizat(18), ministre communiste qui a créé la sécurité sociale (avec de nombreux militants cégétistes), il est plus que nécessaire de combattre tout un système et sa logique qui ne peut satisfaire, à long terme, un besoin social aussi essentiel pour des millions (des milliards à l’échelle de la planète) d’êtres humains. C’est pourquoi l’accès à une santé gratuite, pour tous peut être un des points de rupture avec le capitalisme, un des points sur lequel les communistes peuvent faire grandir l’alternative pour un système où l’accès à la santé serait, au même titre que d’autres aspects fondamentaux, au centre de la société : le socialisme.

(1) Voir : CGT, Bref historique d’une conquête ouvrière, 30/07/2012.

(2) Karl Marx, cité in Thomas T., Démanteler le capital ou être broyés, des alternatives que révèle la crise, Editions page Deux, Lausanne, 2011, 122 p.

(3) Thomas T., Idem, p. 35. De même, ce minimum qu’accorde la bourgeoisie pour rémunérer sa force de travail se différencie selon le développement économique du pays, sa lutte des classes…

(4) Le télégramme, « stress au travail, un mal persistant », 7/12/2017.

(5) « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratique de soins », in Revue Agone, n°58, 2016.

(6) Idem.

(7) Il y a des causes secondaires qui sont reliées par mille fils aux conséquences du capitalisme : mauvaise éducation à la santé, alimentation de moindre qualité….

(8) Les Echos, « Egoutier, un métier dangereux à long terme », 22/06/2016.

(9) Républicain Lorrain, « Le ras-le-bol de « la viande à rem » », 18/04/2012.

(10) Médiacités, « Grâce à la sous-traitance, EDF perpétue le mythe du nucléaire sans risque », 22/11/2017.

(11)http://www.ugict.cgt.fr/articles/actus/decret-reculer-prevention-risques-travail

(12) https://cgt.fr/IMG/pdf/fiche_no13_suppression_du_chsct.pdf

(13) https://www.latribune.fr/economie/france/l-ecart-entre-l-esperance-de-vie-d-un-cadre-et-d-un-ouvrier-est-le-meme-depuis-1976-551827.html

(14) Observatoire des inégalités, « Santé bucco-dentaire des jeunes : le poids de l’origine sociale », 13/07/2017, et « L’obésité chez les jeunes, le poids du milieu social », 4/07/2017.

(15) « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratique de soins », in Revue Agone, n°58, 2016.

(16) S. Barbas, « Droit à la santé, l’actualité de l’analyse critique de Marx face aux inégalités, in Humanité, 4/01/2018.

(17) http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/securite-sociale-les-exonerations-de-cotisations-ont-progresse-en-2016-1337637.html

(18) https://www.ouest-france.fr/sante/securite-sociale/ce-qui-change-dans-le-nouveau-budget-de-la-securite-sociale-5351858

 

15 mars 2018 : Journée nationale d’action

Le Rassemblement Organisé des Communistes (ML) s’associe à cette journée d’action des personnels de santé.
rdv à Pau devant la préfecture
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15 mars 2018 : Journée nationale d’action
Les services à domicile et établissements (EHPA, EHPAD, USLD, hôpitaux gériatriques) personnes âgées : Les professionnels restent mobilisés !
18 février 2018 / Fédération Santé Action socialeIntersyndicale
L’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SUD, UFAS et UNSA, soutenues par l’AD-PA et rejointes depuis par la FSU et FA-FP à décidé ce 15 février d’appeler à la grève le 15 mars prochain.
Aujourd’hui, partout en France, les salarié.e.s (de toutes catégories, y compris de direction), les associations d’usagers, les familles … dénoncent l’inexcusable, l’incompréhensible et volontaire abandon dans lequel le gouvernement laisse les personnes âgées vulnérables parce qu’en perte d’autonomie en établissement comme à domicile.
Partout, l’ampleur des mobilisations du 30 janvier ont rassemblé des personnels du privé, du public de l’associatif (aides à domicile…), de la plus petite à la plus grosse structure montrent la détermination et l’exaspération des professionnels et des usagers.
Cette journée n’était qu’une étape dans le mouvement qui dénonce un gouvernement sourd et empreint de mépris envers des professionnel.le.s.
OBJECTIF : 15 mars 2018
il est temps que l’Etat entende la nécessité de :
  • Mettre en place un financement pérenne et solidaire de l’aide à l’autonomie.
  • Pérenniser le financement de l’aide à domicile, abroger les dispositions législatives baissant les dotations des établissements et maintenir de tous les effectifs
  • Augmenter le temps passé auprès des personnes âgées à domicile et appliquer le ratio d’un personnel pour une personne accompagnée en établissement (prévu par le Plan Solidarité Grand Age de 2006)
  • Revaloriser les salaires, améliorer les carrières et les conditions de travail des personnels à domicile et en établissement dans le cadre du statut et des Conventions Collectives Nationales.
La CGT prendra toute sa place dans les prochaines mobilisations tant que les justes revendications des personnels ne seront pas entendues par le gouvernement…

VDC Editorial: ASSEZ DE RECULS Luttons classe contre classe pour l’abrogation des lois anti sociales

Editorial de la Voix des Communistes, n°23

Journal Février mars

ASSEZ DE RECULS

Luttons classe contre classe

pour l’abrogation des lois anti sociales

 

L’année 2017 aura vu la disqualification des partis traditionnels qui se partageaient alternativement le pouvoir, les Républicains et le PS. L’alternance gauche droite qui a dominé la vie politique lors des dernières années n’était plus capable de répondre aux attentes économiques et politiques de la bourgeoisie. Les travailleurs et une partie de la petite bourgeoisie se détournaient des représentants politiques de gauche comme de droite. Pour éviter une crise politique qui aurait ébranlé le pouvoir bourgeois, fut mise sur pied une « nouvelle force » censée rénover le pouvoir politique et capable d’appliquer les « réformes » attendues par le capital. Macron a reçu cette mission et a été « démocratiquement » élu et il a engagé son gouvernement à entreprendre au pas de course une série de contre réformes qui touchent directement ou indirectement les travailleurs.

 

            L’unique but de la production capitaliste est de reproduire le capital investi avec une plus-value, un profit. Or Le développement du capitalisme dans le monde entier a, ces dernières années, rendu plus difficile pour chaque capital investi la réalisation d’un profit. La division internationale du travail a été bouleversée. La concurrence et les contradictions se sont aggravées entre les états capitalistes et impérialistes, ponctuées par des crises périodiques de surproduction de plus en plus graves.

Comment toutes les bourgeoisies du monde pensent-elles pouvoir, dans cette situation, tirer leur épingle du jeu ? En exploitant encore plus les travailleurs !

 

            Dans le monde et en Europe, la bourgeoisie française a pris du retard par rapport aux politiques d’austérité et de restructuration des relations capital travail, menées dans les autres pays européens, allemand ou anglais (développement des travaux précaires, contrats à zéro heure en Angleterre ou en Grèce, Espagne, Portugal où les salaires ont baissé jusqu’à 25 %).

            La bourgeoisie française ne peut plus désormais reculer pour réduire le prix de la force de travail. Elle doit augmenter par tous les moyens le temps de travail sans accroitre les salaires, diminuer les retraites par l’augmentation des impôts, rogner sur le salaire indirect (les fameuses « charges sociales »), sur les frais de santé et sur l’entretien de la force de travail au chômage qui ne produit plus de plus-value, et cela tout en évitant une explosion sociale. Cela suppose un recours accru à la répression policière et judiciaire dont l’incorporation de mesures propres à l’état d’urgence dans la loi, aux mesures contre l’expression publique bref un renforcement du contrôle de l’État sur la société. S’ajoute à cela l’action impérialiste de la France pour préserver sa zone d’influence en Afrique et dans d’autres parties du monde face aux empiètements des autres impérialismes et qui engloutit d’énormes ressources financières.

            Les travailleurs ont tenté de résister à cette offensive de la bourgeoisie, mais la mobilisation syndicale n’a pas été en mesure seule de l’arrêter. Les échecs répétés de la mobilisation contre les attaques du pouvoir au cours des années 2016-2017 ont conduit les travailleurs les plus combatifs à chercher les raisons de cette inefficacité de leurs mobilisations nationales.

 

            Certains mettent en cause les méthodes de lutte, les journées de mobilisation répétées et inefficaces et préconisent la grève générale. En vérité les causes sont plus profondes. Les luttes nationales ne pourront gagner en efficacité que si la classe des exploités se débarrasse de l’influence idéologique et politique du « réformisme de gauche » qui cantonne les luttes à un moyen de pression dans les négociations pour obtenir quelques concessions à la marge des « partenaires sociaux ». La bourgeoisie sait que les centrales syndicales ne déborderont pas de ce cadre.

            L’illusion de pouvoir régler les problèmes en tant que partenaires sociaux s’oppose à la claire conscience que patronat et salariés ont des intérêts antagonistes. L’illusion d’un État au-dessus des classes et qui pourrait trouver des solutions en faveur des travailleurs est en opposition à la réalité d’un État au service de la classe bourgeoise. Tout cela freine la prise de conscience de la classe, la solidarité entre les travailleurs, la lutte commune et la construction de leur organisation politique et syndicale indépendamment de la bourgeoisie. La bourgeoisie, même si elle en a de moins en moins les ressources pour le faire, continuera à entretenir ces illusions, en s’appuyant sur les forces conciliatrices dans les syndicats et partis de « gauche ». Elle cherchera à dissimuler le caractère de classe des mesures qu’elle prend.

     

 

Au sommaire

 

Sommaire

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS

5 S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE

6 SOLIDARITE AVEC LES MC DO

7 DEBAT: L’ECOLOGIE

10   DOSSIER JCML: LA SELECTION A LA FAC

12   IMPERIALISME FRANCAIS

Nouvelle Calédonie

La France au Sahel

20   IMPERIALISME DANS LE MONDE

L’Asie Pacifique

Palestine

Syrie-Rojava

21 INTERNATIONALISME

Le mouvement iranien

Des luttes dans le monde entier

 

PSA-Mulhouse : Des syndicalistes interpellent le ministre des patrons Mobilisons, interpelons face aux lois antisociales

Alors qu’il est venu féliciter les patrons de PSA qui viennent d’annoncer un excédent de près de 6 milliards d’euros, Bruno Lemaire, ministre de l’économie a été pris à parti par des militants de la CGT. Ceux-ci avec raison, ont dénoncé les cadeaux faits aux patrons par les différents gouvernements. En Effet, entre 2013-2014, PSA a économisé plus de 126 millions d’euros au titre du CICE. Dans le même temps, entre 2013 et 2018, PSA a licencié plus de 25.000 salariés avec l’aide de l’Etat et des différents gouvernements (Hollande-Macron). Et dans le même temps, PSA a recours à l’emploi précaire avec l’utilisation de sous-traitants ou d’intérimaires, à la pression sur les salaires.

 

Le syndicaliste CGT a refusé de se laisser embobiner par le discours du ministre et a rappelé très justement que PSA et riche à milliards et que le gouvernement est son alliée : « Vous passez souvent à la télé, on vous écoute souvent vous, on vous paye à faire des choses, vous faites rien pour les ouvriers, écoutez pour une fois que vous en avez un en face de vous ». Il a dénoncé la politique d’offensive antisociale du gouvernement. Le ministre bourgeois égal à lui-même n’a pu répondre au syndicaliste et n’a fait que ressasser les pseudos-« vérités » des dominants : « la colère n’amène rien », « écoutez-moi », laissez le gouvernement régler vos vies, soyez fier de votre entreprise…

 

            Interpeler les ministres, les élus politiques, dénoncer leurs agissements en faveur des patrons est un exemple à répéter massivement. Bruno Lemaire et son gouvernement n’ont rien à apporter aux salariés. Tout le gouvernement Macron-Philippe se mobilise pour organiser une attaque générale, sur tous les fronts, contre les salariés, les jeunes, les retraités, les services sociaux à la population. Seule la mobilisation, la création d’un puissant rapport de force, en bref, d’une politique « classe contre classe » peut briser l’offensive de lois antisociales menée par le gouvernement Macron-Philippe.

           

            Interpeler les ministres, les élus, comme à Mulhouse, est un exemple à suivre. Plus aucun élu au service de la bourgeoisie ne doit pouvoir visiter des lieux de travail, des lieux publics, sans avoir à subir la colère ouvrière. C’est aux salariés de faire leur politique, au service de leurs intérêts, et pour la réaliser, ils ne peuvent que s’affronter aux dominants. C’est aux salariés de dénoncer la nouvelle structure capitaliste qui recourt à la sous-traitance à l’intérim. C’est dans nos organisations de classe que nous avons le devoir de défendre et d’organiser les intérimaires, les sous-traitants.

           

LE GOUVERNEMENT MACRON S’ATTAQUE A TOUS LES TRAVAILLEURS ET AUX JEUNES !

COMBATTONS CLASSE CONTRE CLASSE CE GOUVERNEMENT !

1917 – 2017    LE COMMUNISME RESTE L’AVENIR DE L’HUMANITE

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L’année 2017 rime avec centenaire de la révolution d’octobre. Un événement qui ébranla le monde tant il remit en cause la toute puisse de l’impérialisme et du capitalisme. Cent ans après, le projet de la révolution d’octobre reste bien vivant. Il est une alternative au capitalisme et à toutes ses oppressions.

Au-delà des critiques, au-delà des erreurs qu’il est nécessaire de comprendre et de retirer, il est primordial en ce centenaire de montrer le véritable visage du communisme. Et quel travailleur, quel militant pourra dire, après avoir lu cet article que tout un siècle de combat communiste est à jeter aux orties ?

LES APPORTS DU SOCIALISME POUR LE MONDE  DU TRAVAIL

 

Les mesures socialistes issues de la révolution d’Octobre sont rapidement popularisées dans le monde et séduisent le mouvement ouvrier mais aussi une partie des intellectuels des pays impérialistes et colonisés. L’intensification du rapport de force en faveur du mouvement révolutionnaire pousse les bourgeoisies à adopter des mesures réformistes en faveur de la classe ouvrière, notamment dans les pays impérialistes : sécurité sociale, instruction gratuite, congés payés… Bien entendu, l’origine soviétique de ces acquis est cachée. Parmi ces mesures, on peut citer la gratuité de l’enseignement à tous les degrés (cela peut faire pâlir la France même un siècle après la révolution d’Octobre !), l’entrée gratuite aux maisons de culture, la gratuité des soins, des médicaments, du dentiste (dans quel pays a-t-on tout cela mis en place ?). La journée de travail est aussi réduite (7h avant la 2nde GM, 8h après).

Les travailleurs les plus exposés au travail physique ou dangereux ont des journées réduites à 6 heures de temps (mines, industries chimiques…).

Le monde du travail a accès aux congés payés et aux maisons de repos. Ces mesures socialistes ont influencé le monde entier. La classe ouvrière internationale s’en est emparée dans ses revendications, se battant pour l’accès à la santé, à l’école. En France par exemple, les acquis obtenus en 1945 comme la sécurité sociale sont le fait des communistes. Leur place dans la résistance et au sein du mouvement ouvrier et populaire a permis d’imposer des réformes en faveur des travailleurs. La sécurité sociale s’inspire explicitement du modèle socialiste soviétique. Elle est mise en place par un ministre communiste Ambroise Croizat. Bien entendu, cette partie de l’histoire est masquée par la bourgeoisie qui diffuse sa version officielle de l’histoire. Ce serait De Gaulle l’auteur à lui tout seul de la sécurité sociale et du Conseil National de la Résistance.

Au XXe siècle, la révolution d’octobre sonne le début des révolutions sociales et socialistes. Tous les mouvements révolutionnaires et progressistes qui ont traversé le XXème siècle se sont inspirés, d’une façon ou d’une autre de cette révolution fondatrice. Cependant, l’échec des révolutions à la fin du XXème siècle, instrumentalisé par la bourgeoisie a conduit le mouvement ouvrier à végéter dans le réformisme, et dans le cadre du capitalisme et a oublié les enseignements de deux siècles de lutte et d’expériences. Aujourd’hui il en paie le prix cher car la bourgeoisie fait face à un mouvement ouvrier et populaire désarmé.

LE SOCIALISME ET LE DROIT DES FEMMES

La révolution d’Octobre participe aussi à développer la lutte pour le droit des femmes et leur émancipation sociale et politique dans la société socialiste. Comme le remarque l’Internationale Communiste, « L’égalité non formelle, mais réelle de la femme n’est possible que sous un régime où la femme de la classe ouvrière sera la maitresse de ses instruments de production et de répartition, prenant part à leur administration et portant l’obligation du travail dans les mêmes conditions que tous les membres de la société travailleuse ».

Sous le capitalisme, la question des femmes est réglée de manière bourgeoise. Leur émancipation à la maison se fait de façon individuelle, en fonction de la fortune. Dans les familles bourgeoises l’éducation, les tâches ménagères sont prises en main de manière individuelle et privée par des salariés domestiques. Un tel modèle ne pourrait se développer à l’échelle de toute la société. Quant à la prétendue accession des femmes aux fonctions capitalistes, elles ne se libèrent de leur oppression familiale et domestique que pour exploiter la classe ouvrière, hommes et femmes confondus. La masse des femmes travailleuses quant à elle continue à être victime de la concurrence capitaliste en touchant comme en France, en moyenne 20 % de moins de salaire qu’un travailleur masculin. Comme le remarque Clara Zetkin, « l’émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s’émancipera du capital ».

La Russie soviétique a été un modèle pour les militants du monde entier car les mesures prises étaient très avancées politiquement. Pour Lénine, ce sont « les masses qui prennent en main la politique, (…) l’édification de la société nouvelle », les femmes ont donc une part aussi active que les hommes dans cette société nouvelle. Pour permettre l’émancipation des femmes, le mouvement communiste organise chaque année depuis 1921 la journée internationale des travailleuses. Aujourd’hui encore, cette manifestation issue du mouvement communiste existe même si ces mots d’ordres sont dévoyés, détournés par la bourgeoisie. C’est le rôle de tout communiste ou militant de faire de cette journée, comme auparavant, une journée de lutte pour les revendications des femmes, de propagande pour le socialisme, seul système pouvant réellement émanciper les femmes jusqu’au bout.

Ce discours en faveur de l’égalité homme-femmes et de leur émancipation n’est pas simplement resté sur le papier. Sous le socialisme, l’Etat a pris en charge des fonctions autrefois dévolues aux femmes comme l’alimentation grâce aux cantines collectives et souvent gratuites, le développement des crèches collectives, des écoles, des logements communautaires. Cela a permis de limiter les tâches domestiques souvent dévolues aux femmes et de favoriser les « habitudes collectives » des enfants. Comme l’affirme Alexandra Kollontaï, « D’une part, la république des travailleurs fait participer la femme au travail production, et d’autre part, elle s’efforce d’organiser la vie quotidienne sur les bases nouvelles qui assoiront les fondements du communisme, elle inculque aux gens des habitudes, des points de vue et des conceptions collectivistes ».

L’Etat soviétique favorise une législation très progressiste en faveur des travailleurs, et de l’égalité hommes-femmes, cassant l’emprise de la religion et des régimes réactionnaires antérieurs sur les citoyens soviétiques. Dès 1917, le mariage est laïcisé, le divorce instauré. En 1920, l’avortement est légalisé. En 1927, les concubins obtiennent les mêmes droits que les mariés. Cependant, dans les années 1930, l’Etat soviétique revient en arrière sur l’avortement.

LA REVOLUTION D’OCTOBRE  ET LA QUESTION COLONIALE

La révolution d’Octobre a influencé les peuples du monde entier. Les communistes ont dénoncé devant le monde entier la domination impérialiste sur les colonies et ont soutenu les luttes anticoloniales, autant du côté des peuples colonisés que de l’intérieur des puissances impérialistes. La révolution d’Octobre lie l’émancipation de la classe ouvrière à la libération des colonies et des peuples opprimés. Le IIè congrès de l’Internationale Communiste s’exprime ainsi :

« Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les Partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette ». Voyant ainsi dans les communistes un authentique défenseur de leurs intérêts, les mouvements anti-impérialistes et de libération nationale vont se lier au mouvement communiste international. La révolution d’Octobre devient donc un phare d’espérance pour les peuples du monde entier. Les sympathies affluent vers l’Union Soviétique. Le communisme a joué un rôle essentiel dans la grande décolonisation des années 1950-1960. Les dirigeants révolutionnaires anticolonialistes comme Ho Chi Minh, Castro, Nasser reconnaissent le rôle révolutionnaire  joué par l’URSS pour mettre à mal le système colonial. Le mouvement communiste se positionne comme la seule force politique qui soutient réellement le combat des colonisés dans les métropoles capitalistes-impérialistes, qui voit dans le mouvement des peuples coloniaux un allié du prolétariat pour vaincre l’impérialisme. Les socialistes de la IIème Internationale ont fait entièrement faillite et ont soutenu toutes les sales guerres coloniales.

Comme le remarque Lénine, « Les masses laborieuses des pays coloniaux et semi-coloniaux, qui forment l’immense majorité de la population du globe, ont été éveillées à la vie politique dès le début du XXème siècle, notamment par les révolutions de Russie, de Turquie, de Perse et de Chine. La guerre impérialiste de 1914-1918 et le pouvoir soviétique en Russie font définitivement de ces masses un facteur actif de la politique mondiale et de la destruction révolutionnaire de l’impérialisme, bien que la petite bourgeoisie instruite d’Europe et d’Amérique, y compris les chefs de la IIe Internationale et de l’Internationale II½, s’obstinent à ne pas le remarquer.»

LE MOUVEMENT COMMUNISTE ET LA LUTTE CONTRE LE RACISME

Le mouvement communiste a eu un rôle essentiel dans la lutte contre le racisme et la xénophobie. Dans un monde où l’antisémitisme se développe en Europe et aux Etats-Unis, où les peuples d’Asie et d’Afrique sont considérés comme des êtres inférieurs, le mouvement communiste combat radicalement cette idée. Le communisme incite les travailleurs à s’unir contre le racisme. Celui-ci est combattu comme un instrument de division des travailleurs. La lutte antiraciste revêt un caractère de classe et se relie à la lutte contre la bourgeoisie capitaliste et coloniale. Le 4e congrès de l’IC en 1922 estime que « c’est avec une grande joie que l’IC voit les ouvriers nègres exploités résister aux attaques des exploiteurs, car l’ennemi de la race nègre est aussi celui des travailleurs blancs »« L’Internationale communiste (…) n’est pas seulement l’organisation des ouvriers blancs d’Europe et d’Amérique, mais aussi celle des peuples de couleur opprimés du monde entier ».

La bourgeoisie dirait qu’il ne s’agit là que de paroles ou que dans le monde capitaliste, l’antiracisme est une des valeurs essentielles aujourd’hui. Cependant, il ne faut pas oublier que dans les années 1960, aux Etats-Unis, les populations noires sont victimes de racisme quotidien et d’une politique de ségrégation. Là, les historiens sérieux reconnaissent le rôle primordial des communistes. D’après Howard Zinn, les noirs restaient invisibles dans la société US des années 30. « Seuls les radicaux tentèrent de renverser les barrières de race : les socialistes, les trotskistes et les communistes surtout. Le CIO, sous l’influence des communistes, mobilisait les Noirs dans les industries de production de masse. (…) Il existait désormais des tentatives d’unir les travailleurs blancs et noirs dans la lutte contre l’ennemi commun ».

En Union Soviétique, le racisme est combattu. Pendant que beaucoup de dirigeants US et européens sympathisent avec les thèses racistes et antisémites des nazis, l’URSS a fait beaucoup pour sauver les juifs persécutés. Les juifs purent s’intégrer pleinement sous le régime soviétique. Les dirigeants soviétiques avaient fait leur l’idée de Lénine que « les ennemis des travailleurs, ce ne sont pas les juifs. Ce sont les capitalistes de tous les pays ».  Seul l’Etat socialiste soviétique accueillit les juifs persécutés d’Europe de l’Est. L’historien US Arno Mayer explique qu’à partir de l’été 1940, les Soviétiques évacuent vers l’intérieur de leur territoire un grand nombre de juifs de Pologne et des frontières allemandes pour qu’ils travaillent dans les industries de guerre soviétique. Contrairement à la France, le « pays des droits de l’Homme », La citoyenneté soviétique fut offerte à ces juifs « à une époque où la plupart des autres nations refoulaient ces réfugiés ou les internaient en tant que citoyen d’un pays ennemi, comme apatrides ou immigrants sans visa ». L’URSS a sauvé ces populations persécutées et participé en première ligne au combat contre l’antisémitisme avec la naissance du mouvement de la paix et de mouvements contre l’antiracisme et l’antisémitisme après 1945.

LES RÉUSSITES DU SOCIALISME  DANS LA QUESTION NATIONALE

La révolution d’Octobre mené par les bolcheviks met à mal la prison des peuples tsariste qui favorisait le nationalisme grand-russe et opprimait les nationalités périphériques (baltes, ukrainiens, géorgiens…). Pour la première fois de l’Histoire, il n’y a plus de peuple supérieur aux autres, plus de peuples opprimés.

           L’URSS, sous la direction de Lénine et Staline a favorisé le développement politique et culturel des nationalités. Les peuples opprimés sont libérés des privations nationales qu’ils subissaient par le nationalisme grand-russe. L’auto-détermination est laissée à chaque peuple de l’URSS. L’URSS est regroupement fédéral de nationalités qui ont librement choisies de s’associer. L’historien Marc Ferro, qu’on ne peut pas soupçonner de « pro-stalinisme » le montre bien. Staline, commissaire du peuple aux nationalités, a un rôle essentiel car il a construit la politique de l’URSS sur les nationalités. Pour Ferro, l’URSS a réalisé une véritable « dé-russification des instances chargés de décider de ces territoires non-russes ». Le parti bolchevik a mis en place une « régénération des cultures nationales (…). De la sorte, il était mis fin à toutes les frustrations collectives réelles ou latentes. En ce sens, aucun régime n’a autant fait pour les « cultures minoritaires » les utilisant dans l’intérêt même de l’Etat ».

De même, l’URSS a créé les conditions pour que les anciens peuples opprimés prennent en main la direction de leur territoire fédéral ou autonome. « L’injection d’un nombre croissant de cadres non-russes dans le système institutionnel fédéral, à l’échelon pan soviétique, fut une politique constante ».

La révolution d’Octobre n’était pas une simple proclamation. Ses dirigeants ont créé par l’économie, le développement d’une industrie nationale, l’éducation à la fois nationale et soviétique les moyens d’émanciper des peuples qui étaient condamnés à l’arriération et à la dépendance des intérêts du capitalisme grand-russe et tsariste. La politique socialiste consiste donc à donner et à mettre en place l’égalité des droits entre les peuples, droit qui est nié par l’impérialisme et ne peut aboutir qu’avec l’alliance entre peuples opprimés et le mouvement ouvrier et communiste.

LE PARTI, ELEMENT ESSENTIEL POUR LA VICTOIRE REVOLUTIONNAIRE

 

« C’est, d’abord, la conscience de l’avant-garde prolétarienne et son dévouement à la révolution, sa fermeté, son esprit de sacrifice, son héroïsme. C’est, ensuite, son aptitude à se lier, à se rapprocher et, si vous voulez, à se fondre jusqu’à un certain point avec la masse la plus large des travailleurs, au premier chef avec la masse prolétarienne, mais aussi la masse des travailleurs non prolétarienne. Troisièmement, c’est la justesse de la direction politique réalisée par cette avant-garde, la justesse de sa stratégie et de sa tactique politiques, à condition que les plus grandes masses se convainquent de cette justesse par leur propre expérience. A défaut de ces conditions, dans un parti révolutionnaire réellement capable d’être le parti de la classe d’avant-garde appelée à renverser la bourgeoisie et à transformer la société, la discipline est irréalisable. Ces conditions faisant défaut, toute tentative de créer cette discipline se réduit inéluctablement à des phrases creuses, à des mots, à des simagrées. Mais, d’autre part, ces conditions ne peuvent pas surgir d’emblée. Elles ne s’élaborent qu’au prix d’un long travail, d’une dure expérience; leur élaboration est facilitée par une théorie révolutionnaire juste qui n’est pas un dogme, et qui ne se forme définitivement qu’en liaison étroite avec la pratique d’un mouvement réellement massif et réellement révolutionnaire. »

Extrait: Lénine, La maladie infantile du communisme, le gauchisme.

#JCML: CASSE DU BAC ET SÉLECTION EN MARCHE SOYONS MOBILISÉS ET ORGANISÉS

Le gouvernement, par la suppression du BAC comme diplôme national et l’introduction de la sélection à l’entrée de l’université, a clairement montré sa volonté de casser les services publics de l’éducation. Il veut en effet rendre plus difficile la possibilité aux lycéens, surtout ceux issus des classes populaires, d’accéder aux études supérieures et de pouvoir se former correctement.

 

L’accès au supérieur devient un parcours du combattant. Désormais les universités pourront refuser les bacheliers qui n’auraient pas les « prérequis » nécessaires pour accéder à telle ou telle formation. Le conseil de classe de Terminale pourra aussi se prononcer contre votre orientation et décider de votre sort ! De nombreux bacheliers risquent de se retrouver sans affectation et de n’avoir comme autres alternatives qu’un service civique (souvent un contrat précaire où on vous exploite pour un salaire de 500 par mois), le chômage ou une année sabbatique (chouette en apparence) mais totalement à vos frais. Désolé on est dans un système capitaliste.

 

Quant à la suppression des filières S/L/ES et son remplacement par un « BAC à la carte » il n’offrira aucune solution aux problèmes des inégalités scolaires et sociales. Au contraire il accroitra la compétition entre établissements. On aura d’un côté des établissements « poubelles » qui ne proposeront que des matières généralistes sans hausse des moyens humains (toujours moins d’enseignants et d’heures de cours) et de l’autre des lycées de l’élite qui offriront à un public trié sur le volet les matières et options « nobles » (latin, grec, art, musique…).

 

Face à de telles attaques il faut se mobiliser et lutter avec les étudiants et les personnels de l’éducation contre ces mesures rétrogrades.

 

Nous revendiquons :

 

· Une université réellement populaire qui permette à chacun de trouver sa voie et qui ne sélectionne pas en fonction de l’origine sociale.

 

· La gratuité totale et réelle de tout le cycle secondaire et supérieur car personne ne devrait s’endetter pour accéder à la culture ou se former.

 

· De revaloriser les formations technologiques et professionnelles car elles ne sont ni des poubelles, ni dégradantes.

 

· La hausse des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins.

 

Pour construire ce rapport de force face à ce gouvernement à la solde des patrons et construire la révolution socialiste : Rejoins la JCML pour lutter, débattre et de former politiquement.

 tract pau

Défendez Afrin ! Défendez la révolution de Rojava! [Communiqué d’organisations Marxistes-Léninistes]

Le 20 janvier 2018 a commencé l’attaque de la part de la dictature fasciste en Turquie, contre la région d’Afrin en Syrie du Nord/Rojava. Depuis, cette partie de la révolution de Rojava se trouve sous les tirs d’artillerie, d’avions de combat, de douzaines de chars, de milliers de soldats turcs et de mercenaires islamistes.

Cette agression est basée sur des ententes entre la Turquie, la Russie et le régime syrien. Leur objectif commun est de noyer dans le sang l’administration autonome et les acquis de la révolution de Rojava.

Depuis le début il était clair que la révolution de Rojava constitue un fait inacceptable pour les impérialistes. Leurs différends ne changent en rien notre solidarité résolue à l’égard du mouvement de libération kurde. L’attaque contre Afrin prouve une fois de plus, que le mouvement kurde n’a pas d’alliés de confiance à l’exception des révolutionnaires et des peuples opprimés dans la région et dans le monde entier.

De même qu’il y a trois ans durant la résistance de Kobané, il s’agit aujourd’hui aussi de ne pas laisser seul Afrin. Nous devons nous tenir coudes à coudes avec les peuples combattant pour leur liberté à Rojava et ne pas laisser sans réponse cette agression et les massacres de la population kurde.

Vive l’internationalisme prolétarien!

Biji Berxwedana Rojava!

 

Communist Construction

Marxist-Leninist Communist Party – Turkey/Kurdistan

Partido Marxista Leninista (Reconstrucción Comunista)

Patriotic Democratic Socialist Party Tunisia

Partija Rada – Serbia

Rassemblement organisé des Communistes marxistes-léninistes – ROCML, France

 

affiche rojava

 

 

Il faut régulariser les travailleurs sans papiers en grève dans leurs entreprises depuis le 12 février 2018 !

SansPapManif

Nous publions pour information ce tract de la CGT,

Ils travaillent dans la fabrication des plats cuisinés, dans la collecte des ordures ménagères ou de déchets, dans la distribution express des colis, dans la logistique transport, dans le BTP…

Très souvent intérimaires… Ils sont plus d’une centaine de travailleurs sans papiers de 6 entreprises de différents départements d’Île de France à avoir décidé d’arrêter le travail, se mettre en grève 12 février 2018 avec les différentes structures de la CGT pour exiger leur régularisation.

 

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici!

 

Depuis octobre 2006 et tout particulièrement en 2008 et 2009, des milliers de leurs camarades avaient fait de même avec la CGT et l’appui de nombreuses associations de soutien aux migrants. N.Sarkozy avec ses ministres de triste mémoire de « l’immigration et de l’identité nationale » avait été obligé de reculer.

 

Il avait fini par reconnaître dans les textes et autres circulaires que des dizaines de milliers de travailleurs sans papiers bossent dans notre pays et ce pour le plus grand profit des patrons qui les embauchent.

 

Ces grèves ont permis d’arracher la régularisation administrative d’un très grand nombre d’entre eux, comme de milliers d’autres et la poursuite des contrats de travail. Sous le quinquennat de F.Hollande, dans différentes entreprises (les salons de coiffure du Bld de Strasbourg à Paris, à Sépur dans le 94, sur les chantier COVEA, avenue de Breteuil, et RATP/Vinci, des Halles, à Paris, au Marché d’intérêt national (MIN) à Rungis…) ces grèves n’ont jamais cessé. A chaque fois les travailleurs ont été régularisés comme tout dernièrement à Burker-King à Paris ou sont en passe de l’être comme à Stem (nettoyage) dans le 91.

 

Ce n’est que justice! Ces travailleurs ne prennent et n’ont pris le travail de personne. La CGT comme tout un chacun dans notre société ne peut accepter que des travailleurs du fait de leur situation administrative particulière n’aient d’autre choix que raser les murs et être surexploités.

 

Puisqu’aujourd’hui de plus en plus de patrons exigent de ces travailleurs qu’ils passent par les entreprises d’intérim pour pouvoir les embaucher sans prendre de risques.

 

Puisqu’aujourd’hui les possibilités de régularisation de ces travailleurs se durcissent chaque jour un peu plus au niveau des préfectures.

 

Puisqu’aujourd’hui le gouvernement veut revenir sur les acquis arrachés depuis 2006-2007 qui reconnaissent les bulletins de paye de ces travailleurs – y compris quand ils n’étaient pas à leur nom – comme documents permettant leur régularisation.

 

Puisqu’aujourd’hui avec sa nouvelle loi sur l’asile et l’immigration répressive et réactionnaire en tout point, le gouvernement veut « pourrir la vie » des migrants et de celle de ces travailleurs sans papiers

 

Les travailleurs sans papiers de ces 6 entreprises n’ont pas d’autres choix que de se mettre en grève pour exiger leur régularisation maintenant!

 

 

Il faut les soutenir !

 

 

Liste et adresses des piquets de grève

 

 

 

Ils travaillent dans l’entreprise d’intérim DEFI TECHNOLOGY et sont en grève au

16 Avenue Dausmesnil PARIS 12ème

 

 

Dans l’entreprise de collecte d’ordure ménagère SEPUR et sont en grève

Impasse Colbert à WISSOUS91

 

 

Dans celle de distribution de colis express CHRONOPOST et sont en grève au

9, rue Clément Ader, dans la zone de la Butte aux Cailles à CHILLY MAZARIN – 91

 

 

Dans l’entreprise de logistique transport GLS et sont en grève au

29, rue Jean Moulin à ROISSY – 95 (à côté de la commune de Roissy)

 

 

Dans l’entreprise de plats cuisinés EVENT-THAI et sont en grève au

8/10 rue Henri Dunant CHEVILLY LA RUE  – 94

 

 

Dans l’entreprise de collecte et de recyclage de déchets STLG et sont en grève au

74 avenue du Général de Gaulle LA QUEUE EN BRIE – 94

 

Paris le 12 février 2018

 

THEORIE: Pourquoi la lutte doit-elle devenir politique?

Macron a lancé avec ses ordonnances une attaque générale contre les travailleurs qui s’articule avec des mesures répressives.

Les ordonnances sont la continuité, l’accentuation des contre-réformes menées depuis une quarantaine d’années en France à l’encontre du monde du travail.

 Ces politiques sont clairement au service de la classe capitaliste. Macron, par ses déclarations fracassantes sur le « bordel », les « fainéants » a montré toute la haine de classe des gouvernants à l’égard des travailleurs. D’où la réaction populaire qui considère Macron comme « le président des riches ».

 Dans les manifs, tout le monde en a conscience, c’est en luttant fort et tous ensemble que l’on pourra faire mettre en échec ce gouvernement. La lutte des classes est donc bel et bien d’actualité. N’est-ce pas le milliardaire américain Warren Buffet qui disait, « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

Comment inverser cette tendance ? Voilà l’objet de notre réflexion. 

Principes de la lutte de classes

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes ».

« La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois. Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. » (Marx et Engels, Le manifeste du parti communiste).

La lutte des classes existe. Elle a le caractère d’une lutte entre exploiteurs et exploités. Les exploiteurs, c’est la bourgeoisie ou le capital, c’est-à-dire les détenteurs du capital et leurs associés directs qui disposent des usines, des moyens de production. Les exploités, ce sont ceux qui n’ont rien d’autre à vendre que leur force de travail, et qui sont ainsi réduits à la situation de travailleurs salariés.

D’un côté, le capital a besoin pour faire davantage de profits d’exploiter toujours plus la main d’œuvre salariée, d’un autre côté, les salariés doivent résister et combattre le capital afin d’améliorer leurs conditions de vie, diminuer leur temps de travail, augmenter leurs salaires. C’est la lutte des classes. Toute l’histoire du XIXème siècle à nos jours démontre l’existence de cette lutte antagonique entre le salariat et le capital.

Les congés payés, la semaine de 40 heures, les libertés syndicales, la sécurité sociale. Ces droits ne sont pas tombés du ciel mais issus d’un rapport de force. Ce sont des conquêtes issues de la lutte de classes, et en première ligne de la combattivité du mouvement ouvrier. De l’autre côté, les réformes des retraites de Sarko-Hollande, les ordonnances de Macron ne découlent pas non plus de la méchanceté de tel ou tel président. C’est une politique de classe qui a pour but d’élever les profits des groupes capitalistes au sein de la concurrence européenne et mondiale. C’est dans un contexte d’affaiblissement et de division du camp des travailleurs que la classe bourgeoise a pu revenir sur les acquis sociaux. Le rapport de forces au sein de la lutte des classes aujourd’hui est temporairement en faveur de la bourgeoisie.

Les syndicats et la lutte des classes

 Tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui en ont conscience. Il est nécessaire de construire un rapport de force face au patronat dans son entreprise ou face au gouvernement lorsqu’il s’agit de combattre une contre-réforme nationale. Le levier principal pour mener cette lutte est le syndicat. Le syndicat dirige la lutte économique, c’est-à-dire, la lutte pour l’amélioration des conditions d’existence et de travail.

« Impuissant quand il est isolé, l’ouvrier devient une force quand il s’unit à ses camarades ; il est alors capable de lutter contre le capitaliste et de lui tenir tête » (Lénine, Exposé et commentaire du projet de programme du POSDR). Il ne faut pas oublier l’importance de ce commentaire de Lénine. L’union des travailleurs par le biais de leur organisation dans les syndicats est un premier pas pour se défendre dans le cadre de la lutte des classes. Aujourd’hui, certains courants politique de gauche  voudraient se passer des syndicats , tentent d’agir en mobilisant les couches travailleuses uniquement hors des entreprises. C’est un rêve creux. Cela revient à renoncer à ce qui est un facteur essentiel de cohésion des masses. La force de la classe ouvrière provient justement de son organisation de classe à la base, dans l’entreprise. Vouloir, ou croire pouvoir se passer de cette force est une erreur monumentale. C’est renforcer le camp de la classe bourgeoise, c’est lui donner les mains libres dans chacun de ses centres de production pour exploiter davantage les travailleurs ! Ceux qui ont regardé l’émission Cash Investigation sur le travail à Lidl ont compris que l’absence de syndicats entraine des conditions de travail dignes du XIXème siècle.

Le syndicat est indispensable à la base. Chaque entreprise doit devenir une citadelle de lutte face aux mesures patronales. Mais précisément pour cela, il ne faut pas limiter l’action à l’entreprise, mais au contraire lier le combat quotidien pour l’amélioration des conditions de travail à la lutte contre l’offensive générale du capital. Contrairement aux réformistes qui dans les syndicats déshabituent les masses de l’action, « notre tâche est de faire de l’action des masses la pierre angulaire de notre activité » (Losovsvky, Programme de l’Internationale syndicale rouge,). La force pour la victoire de nos actions et de nos objectifs réside dans la capacité à mobiliser les travailleurs. « L’envergure du succès de chaque action dépend des conditions objectives de chaque pays, du niveau de mentalité révolutionnaire atteint par les masses et de la solidarité de ces dernières » (Losovsky, programme de l’ISR).

La lutte des classes dans tous les domaines de la société

La lutte des classes ne peut pas se réduire simplement au combat syndical.

Premièrement si la classe ouvrière limite son action à ce combat pour ses intérêts immédiats, les succès qu’elle remportera ne pourront pas être durables. La classe capitaliste détient la puissance économique et dispose de l’appareil d’Etat ; or la lutte économique combat certaines conséquences, certains effets du capitalisme mais elle n’atteint pas la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme.

Deuxièmement, « Les classes dominantes ne s’arrêtent dans leur lutte devant aucune méthode pour affermir leur puissance de classe et déploient, en même temps que l’appareil de perversion morale et intellectuelle (presse jaune, école bourgeoise, Eglise, parlementarisme, etc.) celui de l’oppression physique sous forme de police, d’armée, de justice et autres agréments de la dictature bourgeoise » (Losovsky, Programme de l’ISR).

D’un côté, les classes laborieuses ne peuvent obtenir que des satisfactions temporaires par le biais des syndicats car ceux-ci ne peuvent renverser le capitalisme. Ce dernier existe toujours et selon le rapport de force il peut revenir sur ce qu’il a cédé. D’un autre côté la lutte des classes imprègne toute la société (la culture, la politique…) et le capital est constitué en classe dominante. Aussi, « les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes époques les pensées dominantes, autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » (Marx et Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, Paris, 1982, 280 p., pp. 101-102).

La domination économique de la bourgeoisie lui a permis de prendre le pouvoir politique. L’Etat sert donc de relais à la domination du capital sur la société. Les forces de police, la justice, les mesures que prend l’Etat maintiennent un cadre juridique en faveur de la bourgeoisie. Tous les faits de la vie réelle tendent à montrer cela. Les salariés qui luttent contre leur licenciement finissent toujours par perdre face au capital, même en justice. Prenez le cas des Goodyear. Malgré leur lutte exemplaire, les salariés ont fini par être licencié. L’Etat est venu au secours des patrons.

Toute la machine policière et de justice est orientée contre les travailleurs. Ce sont les salariés de GM&S et non leur patron licencieur qui ont dû affronter les CRS à plusieurs reprises. Il y a en permanence deux poids, deux mesures dans les décisions de justice face à la répression policière touchant les travailleurs ou les quartiers populaires. D’un côté, comme dans les affaires Adama Traoré, Théo, Rémi Fraisse, les policiers ne sont jamais condamnés. Leur violence est reconnue légitime par la justice. D’un autre côté, dans le cas des Goodyear, de la chemise d’Air France, les condamnations sont exemplaires, excessives, revêtent un caractère de classe.

Enfin, il est une idée importante à battre en brêche : l’Etat « social ». C’est un mythe inventé par les courants réformistes qui pensent obtenir l’harmonie entre classes sociales dans le cadre du capitalisme. La réalité montre bien que c’est impossible. Dans beaucoup de luttes, les travailleurs lancent un appel à l’Etat pour leur venir en aide. Dans combien de cas, l’Etat a-t-il tranché en faveur des salariés plutôt qu’en faveur du patron ? L’Etat « social » ou au-dessus des classes, est un leurre entretenu par les partisans de la conciliation sociale. S’il est vrai que certains services d’Etat comme la santé ou l’éducation avaient durant une première époque d’après-guerre une coloration « sociale », c’est parce que les luttes révolutionnaires antérieures ont imposé par la force ces progrès. Quant aux prétendues politiques pour favoriser l’emploi, elles n’ont jamais eu d’autre objectif que de faire bénéficier le capital d’une armée de réserve de chômeurs tout en lui évitant les inconvénients qu’implique l’entretien de cette masse de personnes sans ressources. Le seul État réellement « social » adviendra par l’instauration d’une société socialiste, abolissant les rapports de production capitalistes. D’où l’impuissance de ceux qui appellent de leurs vœux un État « social » tout en perpétuant le capitalisme.

En réalité, pour que les travailleurs puissent mettre fin à leur situation d’exploités, le préalable est dans la mobilisation large et massive de la classe, l’appel à la solidarité de classe, à la constitution d’un solide rapport de force face au patronat et à l’Etat de classe.

La lutte politique stade suprême de la lutte des classes

La lutte syndicale est vitale mais souvent insuffisante car elle combat les conséquences du système capitaliste. Elle ne permet pas aux travailleurs de lutter dans une seule et même direction derrière un but précis. La lutte politique est seule à même d’unifier la classe dans un seul et même but, celui de renverser le capitalisme et instaurer un pouvoir des travailleurs. « L’activité politique des social-démocrates consiste à aider au développement et à l’organisation du mouvement ouvrier en Russie, à sa transformation, de tentatives isolées de protestation, de « révoltes » et de grèves – tentatives dépourvues de toute idée directrice – , en une lutte cohérente de TOUTE LA CLASSE ouvrière russe contre le régime bourgeois, lutte tendant à exproprier les exploiteurs, à détruire le régime social fondé sur l’oppression du travailleur ». (Lénine, Ce que sont les amis du peuple, in Lénine, Textes sur les syndicats, p. 21)

Quel est le but politique que doivent se fixer les travailleurs pour les communistes ?

« Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. (…) Ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise. » (Marx, Manifeste du Parti communiste)

Comment mener cette lutte politique ? La lutte politique consiste à s’organiser pour renverser le capitalisme. En effet, la bourgeoisie dispose d’une force très centralisée et organisée. Elle organise comme dit plus haut tout un appareil d’Etat à son service avec des institutions, des lois, une justice, une police qui font appliquer des lois en faveur des patrons.

Mener la lutte politique, c’est donc militer au quotidien pour renverser le système et l’Etat qui est à l’origine des politiques anti-ouvrières. C’est faire en sorte de remplacer la société appliquant la loi du profit, par la société socialiste libérant la classe ouvrière de sa situation de classe exploitée.

Mais la lutte politique ne consiste pas simplement à se mettre « en mouvement ». Il s’agit de construire un Parti, une direction politique de classe, répondant à l’intérêt de l’ensemble des travailleurs ! C’est donc militer pour un parti politique indépendant de la bourgeoisie. La bourgeoisie s’appuie sur toute une variété de partis et mouvements politiques. Certains assument ouvertement leur allégeance de classe. D’autres feignent de diverses manières de vouloir assurer le bonheur aux travailleurs, tout en jouant dans les faits un rôle d’auxiliaire du pouvoir bourgeois; ils maintiennent ainsi les travailleurs dans une situation de subordination et de dépendance vis-à-vis de leurs exploiteurs. Notre chemin est celui vers la constitution de la classe ouvrière en force consciente d’elle-même, face à la bourgeoisie comme ennemi dont les intérêts sont en opposition irréconciliable avec ceux de la classe ouvrière. Il s’agit aussi par la création d’un Parti communiste de faire en sorte que ses dirigeants proviennent des classes ouvrières et populaires.

Etre communiste marxiste-léniniste aujourd’hui ? Cela veut dire être toujours et à tout moment, un lutteur, un entraîneur des travailleurs et des jeunes, un organisateur, un propagandiste, celui en qui on a confiance, qui met en place des initiatives pour lutter contre la bourgeoisie.

Mener la lutte politique est finalement une tâche vitale, difficile aussi. Mais c’est  le sillon que nous essayons de creuser pour faire en sorte que ce soit la classe qui n’a rien qui « gagne » la lutte des classes, pour reprendre l’expression de Warren Buffet.

Rejoins-nous pour un autre avenir,

une alternative réalisable : le Communisme !

 

communiqué ROCML à la suite de l’attaque de la Turquie contre les Kurdes de Syrie

MOBILISATION GÉNÉRALE DES COMMUNISTES ET DES ANTI-IMPÉRIALISTES CONTRE L’ATTAQUE DE L’ÉTAT FASCISTE TURC CONTRE ROJAVA !

L’armée turque et ses mercenaires islamistes ont commencé à attaquer militairement avec des moyens lourds, le canton d’Efrin, à l’ouest de ROJAVA, depuis les zones qu’elle occupe, sur le territoire de la Syrie. Leur but immédiat est de conquérir ce canton. Et selon leur rêve conquérir celui de Manbij et ensuite, Kobané…

Les YPG et le PYD avec la « fédération démocratique de la Syrie du nord  » ont montré la voie pour résoudre les conflits inter-ethniques et pour satisfaire les revendications nationales et démocratiques du peuple Kurde.

Aussi parce qu’elle représente une expérience inédite d’une lutte de libération nationale liée à une lutte démocratique sociale et inter-ethnique, ROJAVA et ses peuples n’ont que des ennemis déclarés ou masqués internationaux, régionaux et internes à la Syrie.

Les Kurdes, exclu de négociation de Genève et de Sotchi, ont avec la libération de Rakka et la création de la fédération nord de Syrie, contrecarré tous les plans impérialistes et des forces et états réactionnaires dans la région :

La Turquie en proie à des difficultés internes est la première à être touchée ; ses projets de domination régionale bouleversés, c’est un très « mauvais » exemple qui pourrait être suivi par les peuples de Turquie. Pour la Turquie une victoire militaire est nécessaire pour assurer une victoire politique.

Russie et USA, entretiennent des contacts avec les Kurdes, visant à les utiliser dans leurs projets impérialistes. Les différentes déclarations contradictoires des USA et la Russie sont liées à la situation sur le terrain. Comme l’expliquait un dirigeant Kurde Murat Karayılan : « il n’y a aucune autre force qui peut remplacer les Kurdes… Si la Turquie peut bombarder Efrin impunément, la Russie a sa part de responsabilité. Quant aux USA ils adoptent un double visage pour essayer de gérer la situation. Les Kurdes d’EFRIN vont résister par leurs propres moyens comme à Kobané et grâce à la solidarité internationale ».

Le devoir des communistes et des anti-impérialistes est de soutenir ROJAVA contre tous ses ennemis.

Il ne faut pas attendre, parce que l’ennemi n’attend pas !

Le ROCML appelle tous les anti-impérialistes et les communistes à se regrouper pour mener ce combat aux côtés de leurs frères kurdes, arabes, assyriens, syriaques… et pour défendre l’avenir démocratique de la Syrie qui est déjà en œuvre dans le cadre de fédération démocratique du Nord de la Syrie.

ROCML le 19 janvier 2018

 

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