Défendez Afrin ! Défendez la révolution de Rojava! [Communiqué d’organisations Marxistes-Léninistes]

Le 20 janvier 2018 a commencé l’attaque de la part de la dictature fasciste en Turquie, contre la région d’Afrin en Syrie du Nord/Rojava. Depuis, cette partie de la révolution de Rojava se trouve sous les tirs d’artillerie, d’avions de combat, de douzaines de chars, de milliers de soldats turcs et de mercenaires islamistes.

Cette agression est basée sur des ententes entre la Turquie, la Russie et le régime syrien. Leur objectif commun est de noyer dans le sang l’administration autonome et les acquis de la révolution de Rojava.

Depuis le début il était clair que la révolution de Rojava constitue un fait inacceptable pour les impérialistes. Leurs différends ne changent en rien notre solidarité résolue à l’égard du mouvement de libération kurde. L’attaque contre Afrin prouve une fois de plus, que le mouvement kurde n’a pas d’alliés de confiance à l’exception des révolutionnaires et des peuples opprimés dans la région et dans le monde entier.

De même qu’il y a trois ans durant la résistance de Kobané, il s’agit aujourd’hui aussi de ne pas laisser seul Afrin. Nous devons nous tenir coudes à coudes avec les peuples combattant pour leur liberté à Rojava et ne pas laisser sans réponse cette agression et les massacres de la population kurde.

Vive l’internationalisme prolétarien!

Biji Berxwedana Rojava!

 

Communist Construction

Marxist-Leninist Communist Party – Turkey/Kurdistan

Partido Marxista Leninista (Reconstrucción Comunista)

Patriotic Democratic Socialist Party Tunisia

Partija Rada – Serbia

Rassemblement organisé des Communistes marxistes-léninistes – ROCML, France

 

affiche rojava

 

 

Il faut régulariser les travailleurs sans papiers en grève dans leurs entreprises depuis le 12 février 2018 !

SansPapManif

Nous publions pour information ce tract de la CGT,

Ils travaillent dans la fabrication des plats cuisinés, dans la collecte des ordures ménagères ou de déchets, dans la distribution express des colis, dans la logistique transport, dans le BTP…

Très souvent intérimaires… Ils sont plus d’une centaine de travailleurs sans papiers de 6 entreprises de différents départements d’Île de France à avoir décidé d’arrêter le travail, se mettre en grève 12 février 2018 avec les différentes structures de la CGT pour exiger leur régularisation.

 

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici!

 

Depuis octobre 2006 et tout particulièrement en 2008 et 2009, des milliers de leurs camarades avaient fait de même avec la CGT et l’appui de nombreuses associations de soutien aux migrants. N.Sarkozy avec ses ministres de triste mémoire de « l’immigration et de l’identité nationale » avait été obligé de reculer.

 

Il avait fini par reconnaître dans les textes et autres circulaires que des dizaines de milliers de travailleurs sans papiers bossent dans notre pays et ce pour le plus grand profit des patrons qui les embauchent.

 

Ces grèves ont permis d’arracher la régularisation administrative d’un très grand nombre d’entre eux, comme de milliers d’autres et la poursuite des contrats de travail. Sous le quinquennat de F.Hollande, dans différentes entreprises (les salons de coiffure du Bld de Strasbourg à Paris, à Sépur dans le 94, sur les chantier COVEA, avenue de Breteuil, et RATP/Vinci, des Halles, à Paris, au Marché d’intérêt national (MIN) à Rungis…) ces grèves n’ont jamais cessé. A chaque fois les travailleurs ont été régularisés comme tout dernièrement à Burker-King à Paris ou sont en passe de l’être comme à Stem (nettoyage) dans le 91.

 

Ce n’est que justice! Ces travailleurs ne prennent et n’ont pris le travail de personne. La CGT comme tout un chacun dans notre société ne peut accepter que des travailleurs du fait de leur situation administrative particulière n’aient d’autre choix que raser les murs et être surexploités.

 

Puisqu’aujourd’hui de plus en plus de patrons exigent de ces travailleurs qu’ils passent par les entreprises d’intérim pour pouvoir les embaucher sans prendre de risques.

 

Puisqu’aujourd’hui les possibilités de régularisation de ces travailleurs se durcissent chaque jour un peu plus au niveau des préfectures.

 

Puisqu’aujourd’hui le gouvernement veut revenir sur les acquis arrachés depuis 2006-2007 qui reconnaissent les bulletins de paye de ces travailleurs – y compris quand ils n’étaient pas à leur nom – comme documents permettant leur régularisation.

 

Puisqu’aujourd’hui avec sa nouvelle loi sur l’asile et l’immigration répressive et réactionnaire en tout point, le gouvernement veut « pourrir la vie » des migrants et de celle de ces travailleurs sans papiers

 

Les travailleurs sans papiers de ces 6 entreprises n’ont pas d’autres choix que de se mettre en grève pour exiger leur régularisation maintenant!

 

 

Il faut les soutenir !

 

 

Liste et adresses des piquets de grève

 

 

 

Ils travaillent dans l’entreprise d’intérim DEFI TECHNOLOGY et sont en grève au

16 Avenue Dausmesnil PARIS 12ème

 

 

Dans l’entreprise de collecte d’ordure ménagère SEPUR et sont en grève

Impasse Colbert à WISSOUS91

 

 

Dans celle de distribution de colis express CHRONOPOST et sont en grève au

9, rue Clément Ader, dans la zone de la Butte aux Cailles à CHILLY MAZARIN – 91

 

 

Dans l’entreprise de logistique transport GLS et sont en grève au

29, rue Jean Moulin à ROISSY – 95 (à côté de la commune de Roissy)

 

 

Dans l’entreprise de plats cuisinés EVENT-THAI et sont en grève au

8/10 rue Henri Dunant CHEVILLY LA RUE  – 94

 

 

Dans l’entreprise de collecte et de recyclage de déchets STLG et sont en grève au

74 avenue du Général de Gaulle LA QUEUE EN BRIE – 94

 

Paris le 12 février 2018

 

THEORIE: Pourquoi la lutte doit-elle devenir politique?

Macron a lancé avec ses ordonnances une attaque générale contre les travailleurs qui s’articule avec des mesures répressives.

Les ordonnances sont la continuité, l’accentuation des contre-réformes menées depuis une quarantaine d’années en France à l’encontre du monde du travail.

 Ces politiques sont clairement au service de la classe capitaliste. Macron, par ses déclarations fracassantes sur le « bordel », les « fainéants » a montré toute la haine de classe des gouvernants à l’égard des travailleurs. D’où la réaction populaire qui considère Macron comme « le président des riches ».

 Dans les manifs, tout le monde en a conscience, c’est en luttant fort et tous ensemble que l’on pourra faire mettre en échec ce gouvernement. La lutte des classes est donc bel et bien d’actualité. N’est-ce pas le milliardaire américain Warren Buffet qui disait, « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

Comment inverser cette tendance ? Voilà l’objet de notre réflexion. 

Principes de la lutte de classes

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes ».

« La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois. Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. » (Marx et Engels, Le manifeste du parti communiste).

La lutte des classes existe. Elle a le caractère d’une lutte entre exploiteurs et exploités. Les exploiteurs, c’est la bourgeoisie ou le capital, c’est-à-dire les détenteurs du capital et leurs associés directs qui disposent des usines, des moyens de production. Les exploités, ce sont ceux qui n’ont rien d’autre à vendre que leur force de travail, et qui sont ainsi réduits à la situation de travailleurs salariés.

D’un côté, le capital a besoin pour faire davantage de profits d’exploiter toujours plus la main d’œuvre salariée, d’un autre côté, les salariés doivent résister et combattre le capital afin d’améliorer leurs conditions de vie, diminuer leur temps de travail, augmenter leurs salaires. C’est la lutte des classes. Toute l’histoire du XIXème siècle à nos jours démontre l’existence de cette lutte antagonique entre le salariat et le capital.

Les congés payés, la semaine de 40 heures, les libertés syndicales, la sécurité sociale. Ces droits ne sont pas tombés du ciel mais issus d’un rapport de force. Ce sont des conquêtes issues de la lutte de classes, et en première ligne de la combattivité du mouvement ouvrier. De l’autre côté, les réformes des retraites de Sarko-Hollande, les ordonnances de Macron ne découlent pas non plus de la méchanceté de tel ou tel président. C’est une politique de classe qui a pour but d’élever les profits des groupes capitalistes au sein de la concurrence européenne et mondiale. C’est dans un contexte d’affaiblissement et de division du camp des travailleurs que la classe bourgeoise a pu revenir sur les acquis sociaux. Le rapport de forces au sein de la lutte des classes aujourd’hui est temporairement en faveur de la bourgeoisie.

Les syndicats et la lutte des classes

 Tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui en ont conscience. Il est nécessaire de construire un rapport de force face au patronat dans son entreprise ou face au gouvernement lorsqu’il s’agit de combattre une contre-réforme nationale. Le levier principal pour mener cette lutte est le syndicat. Le syndicat dirige la lutte économique, c’est-à-dire, la lutte pour l’amélioration des conditions d’existence et de travail.

« Impuissant quand il est isolé, l’ouvrier devient une force quand il s’unit à ses camarades ; il est alors capable de lutter contre le capitaliste et de lui tenir tête » (Lénine, Exposé et commentaire du projet de programme du POSDR). Il ne faut pas oublier l’importance de ce commentaire de Lénine. L’union des travailleurs par le biais de leur organisation dans les syndicats est un premier pas pour se défendre dans le cadre de la lutte des classes. Aujourd’hui, certains courants politique de gauche  voudraient se passer des syndicats , tentent d’agir en mobilisant les couches travailleuses uniquement hors des entreprises. C’est un rêve creux. Cela revient à renoncer à ce qui est un facteur essentiel de cohésion des masses. La force de la classe ouvrière provient justement de son organisation de classe à la base, dans l’entreprise. Vouloir, ou croire pouvoir se passer de cette force est une erreur monumentale. C’est renforcer le camp de la classe bourgeoise, c’est lui donner les mains libres dans chacun de ses centres de production pour exploiter davantage les travailleurs ! Ceux qui ont regardé l’émission Cash Investigation sur le travail à Lidl ont compris que l’absence de syndicats entraine des conditions de travail dignes du XIXème siècle.

Le syndicat est indispensable à la base. Chaque entreprise doit devenir une citadelle de lutte face aux mesures patronales. Mais précisément pour cela, il ne faut pas limiter l’action à l’entreprise, mais au contraire lier le combat quotidien pour l’amélioration des conditions de travail à la lutte contre l’offensive générale du capital. Contrairement aux réformistes qui dans les syndicats déshabituent les masses de l’action, « notre tâche est de faire de l’action des masses la pierre angulaire de notre activité » (Losovsvky, Programme de l’Internationale syndicale rouge,). La force pour la victoire de nos actions et de nos objectifs réside dans la capacité à mobiliser les travailleurs. « L’envergure du succès de chaque action dépend des conditions objectives de chaque pays, du niveau de mentalité révolutionnaire atteint par les masses et de la solidarité de ces dernières » (Losovsky, programme de l’ISR).

La lutte des classes dans tous les domaines de la société

La lutte des classes ne peut pas se réduire simplement au combat syndical.

Premièrement si la classe ouvrière limite son action à ce combat pour ses intérêts immédiats, les succès qu’elle remportera ne pourront pas être durables. La classe capitaliste détient la puissance économique et dispose de l’appareil d’Etat ; or la lutte économique combat certaines conséquences, certains effets du capitalisme mais elle n’atteint pas la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme.

Deuxièmement, « Les classes dominantes ne s’arrêtent dans leur lutte devant aucune méthode pour affermir leur puissance de classe et déploient, en même temps que l’appareil de perversion morale et intellectuelle (presse jaune, école bourgeoise, Eglise, parlementarisme, etc.) celui de l’oppression physique sous forme de police, d’armée, de justice et autres agréments de la dictature bourgeoise » (Losovsky, Programme de l’ISR).

D’un côté, les classes laborieuses ne peuvent obtenir que des satisfactions temporaires par le biais des syndicats car ceux-ci ne peuvent renverser le capitalisme. Ce dernier existe toujours et selon le rapport de force il peut revenir sur ce qu’il a cédé. D’un autre côté la lutte des classes imprègne toute la société (la culture, la politique…) et le capital est constitué en classe dominante. Aussi, « les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes époques les pensées dominantes, autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » (Marx et Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, Paris, 1982, 280 p., pp. 101-102).

La domination économique de la bourgeoisie lui a permis de prendre le pouvoir politique. L’Etat sert donc de relais à la domination du capital sur la société. Les forces de police, la justice, les mesures que prend l’Etat maintiennent un cadre juridique en faveur de la bourgeoisie. Tous les faits de la vie réelle tendent à montrer cela. Les salariés qui luttent contre leur licenciement finissent toujours par perdre face au capital, même en justice. Prenez le cas des Goodyear. Malgré leur lutte exemplaire, les salariés ont fini par être licencié. L’Etat est venu au secours des patrons.

Toute la machine policière et de justice est orientée contre les travailleurs. Ce sont les salariés de GM&S et non leur patron licencieur qui ont dû affronter les CRS à plusieurs reprises. Il y a en permanence deux poids, deux mesures dans les décisions de justice face à la répression policière touchant les travailleurs ou les quartiers populaires. D’un côté, comme dans les affaires Adama Traoré, Théo, Rémi Fraisse, les policiers ne sont jamais condamnés. Leur violence est reconnue légitime par la justice. D’un autre côté, dans le cas des Goodyear, de la chemise d’Air France, les condamnations sont exemplaires, excessives, revêtent un caractère de classe.

Enfin, il est une idée importante à battre en brêche : l’Etat « social ». C’est un mythe inventé par les courants réformistes qui pensent obtenir l’harmonie entre classes sociales dans le cadre du capitalisme. La réalité montre bien que c’est impossible. Dans beaucoup de luttes, les travailleurs lancent un appel à l’Etat pour leur venir en aide. Dans combien de cas, l’Etat a-t-il tranché en faveur des salariés plutôt qu’en faveur du patron ? L’Etat « social » ou au-dessus des classes, est un leurre entretenu par les partisans de la conciliation sociale. S’il est vrai que certains services d’Etat comme la santé ou l’éducation avaient durant une première époque d’après-guerre une coloration « sociale », c’est parce que les luttes révolutionnaires antérieures ont imposé par la force ces progrès. Quant aux prétendues politiques pour favoriser l’emploi, elles n’ont jamais eu d’autre objectif que de faire bénéficier le capital d’une armée de réserve de chômeurs tout en lui évitant les inconvénients qu’implique l’entretien de cette masse de personnes sans ressources. Le seul État réellement « social » adviendra par l’instauration d’une société socialiste, abolissant les rapports de production capitalistes. D’où l’impuissance de ceux qui appellent de leurs vœux un État « social » tout en perpétuant le capitalisme.

En réalité, pour que les travailleurs puissent mettre fin à leur situation d’exploités, le préalable est dans la mobilisation large et massive de la classe, l’appel à la solidarité de classe, à la constitution d’un solide rapport de force face au patronat et à l’Etat de classe.

La lutte politique stade suprême de la lutte des classes

La lutte syndicale est vitale mais souvent insuffisante car elle combat les conséquences du système capitaliste. Elle ne permet pas aux travailleurs de lutter dans une seule et même direction derrière un but précis. La lutte politique est seule à même d’unifier la classe dans un seul et même but, celui de renverser le capitalisme et instaurer un pouvoir des travailleurs. « L’activité politique des social-démocrates consiste à aider au développement et à l’organisation du mouvement ouvrier en Russie, à sa transformation, de tentatives isolées de protestation, de « révoltes » et de grèves – tentatives dépourvues de toute idée directrice – , en une lutte cohérente de TOUTE LA CLASSE ouvrière russe contre le régime bourgeois, lutte tendant à exproprier les exploiteurs, à détruire le régime social fondé sur l’oppression du travailleur ». (Lénine, Ce que sont les amis du peuple, in Lénine, Textes sur les syndicats, p. 21)

Quel est le but politique que doivent se fixer les travailleurs pour les communistes ?

« Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. (…) Ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise. » (Marx, Manifeste du Parti communiste)

Comment mener cette lutte politique ? La lutte politique consiste à s’organiser pour renverser le capitalisme. En effet, la bourgeoisie dispose d’une force très centralisée et organisée. Elle organise comme dit plus haut tout un appareil d’Etat à son service avec des institutions, des lois, une justice, une police qui font appliquer des lois en faveur des patrons.

Mener la lutte politique, c’est donc militer au quotidien pour renverser le système et l’Etat qui est à l’origine des politiques anti-ouvrières. C’est faire en sorte de remplacer la société appliquant la loi du profit, par la société socialiste libérant la classe ouvrière de sa situation de classe exploitée.

Mais la lutte politique ne consiste pas simplement à se mettre « en mouvement ». Il s’agit de construire un Parti, une direction politique de classe, répondant à l’intérêt de l’ensemble des travailleurs ! C’est donc militer pour un parti politique indépendant de la bourgeoisie. La bourgeoisie s’appuie sur toute une variété de partis et mouvements politiques. Certains assument ouvertement leur allégeance de classe. D’autres feignent de diverses manières de vouloir assurer le bonheur aux travailleurs, tout en jouant dans les faits un rôle d’auxiliaire du pouvoir bourgeois; ils maintiennent ainsi les travailleurs dans une situation de subordination et de dépendance vis-à-vis de leurs exploiteurs. Notre chemin est celui vers la constitution de la classe ouvrière en force consciente d’elle-même, face à la bourgeoisie comme ennemi dont les intérêts sont en opposition irréconciliable avec ceux de la classe ouvrière. Il s’agit aussi par la création d’un Parti communiste de faire en sorte que ses dirigeants proviennent des classes ouvrières et populaires.

Etre communiste marxiste-léniniste aujourd’hui ? Cela veut dire être toujours et à tout moment, un lutteur, un entraîneur des travailleurs et des jeunes, un organisateur, un propagandiste, celui en qui on a confiance, qui met en place des initiatives pour lutter contre la bourgeoisie.

Mener la lutte politique est finalement une tâche vitale, difficile aussi. Mais c’est  le sillon que nous essayons de creuser pour faire en sorte que ce soit la classe qui n’a rien qui « gagne » la lutte des classes, pour reprendre l’expression de Warren Buffet.

Rejoins-nous pour un autre avenir,

une alternative réalisable : le Communisme !

 

communiqué ROCML à la suite de l’attaque de la Turquie contre les Kurdes de Syrie

MOBILISATION GÉNÉRALE DES COMMUNISTES ET DES ANTI-IMPÉRIALISTES CONTRE L’ATTAQUE DE L’ÉTAT FASCISTE TURC CONTRE ROJAVA !

L’armée turque et ses mercenaires islamistes ont commencé à attaquer militairement avec des moyens lourds, le canton d’Efrin, à l’ouest de ROJAVA, depuis les zones qu’elle occupe, sur le territoire de la Syrie. Leur but immédiat est de conquérir ce canton. Et selon leur rêve conquérir celui de Manbij et ensuite, Kobané…

Les YPG et le PYD avec la « fédération démocratique de la Syrie du nord  » ont montré la voie pour résoudre les conflits inter-ethniques et pour satisfaire les revendications nationales et démocratiques du peuple Kurde.

Aussi parce qu’elle représente une expérience inédite d’une lutte de libération nationale liée à une lutte démocratique sociale et inter-ethnique, ROJAVA et ses peuples n’ont que des ennemis déclarés ou masqués internationaux, régionaux et internes à la Syrie.

Les Kurdes, exclu de négociation de Genève et de Sotchi, ont avec la libération de Rakka et la création de la fédération nord de Syrie, contrecarré tous les plans impérialistes et des forces et états réactionnaires dans la région :

La Turquie en proie à des difficultés internes est la première à être touchée ; ses projets de domination régionale bouleversés, c’est un très « mauvais » exemple qui pourrait être suivi par les peuples de Turquie. Pour la Turquie une victoire militaire est nécessaire pour assurer une victoire politique.

Russie et USA, entretiennent des contacts avec les Kurdes, visant à les utiliser dans leurs projets impérialistes. Les différentes déclarations contradictoires des USA et la Russie sont liées à la situation sur le terrain. Comme l’expliquait un dirigeant Kurde Murat Karayılan : « il n’y a aucune autre force qui peut remplacer les Kurdes… Si la Turquie peut bombarder Efrin impunément, la Russie a sa part de responsabilité. Quant aux USA ils adoptent un double visage pour essayer de gérer la situation. Les Kurdes d’EFRIN vont résister par leurs propres moyens comme à Kobané et grâce à la solidarité internationale ».

Le devoir des communistes et des anti-impérialistes est de soutenir ROJAVA contre tous ses ennemis.

Il ne faut pas attendre, parce que l’ennemi n’attend pas !

Le ROCML appelle tous les anti-impérialistes et les communistes à se regrouper pour mener ce combat aux côtés de leurs frères kurdes, arabes, assyriens, syriaques… et pour défendre l’avenir démocratique de la Syrie qui est déjà en œuvre dans le cadre de fédération démocratique du Nord de la Syrie.

ROCML le 19 janvier 2018

 

MENACES IMPERIALISTES EN COREE DU NORD

La crise actuelle est le fruit des tensions inter-impérialistes en Asie.

Depuis plusieurs mois les médias nous présentent à grands renforts de messages alarmistes le « match » entre les deux « fous » que seraient Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, et Donald Trump, président des USA. Faut-il prendre au sérieux ces menaces d’attaques nucléaires ? Quels sont les causes réelles de ces tensions et de ces attaques verbales ?

 

Présence américaines et tensions croissances en mer de Chine et dans le Pacifique

L’Amérique dispose de pas moins de 350.000 hommes dispersés dans toute la zone concernée. Elle s’appuie essentiellement sur les bases de Guam et d’Okinawa (50.000 hommes). Quelque 30.000 soldats restent déployés sur la ligne de démarcation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord (1) . Nombre de navires américains patrouillent en mer de Chine. Naguère seule grande puissance navale dans la région, elle est remise en cause depuis une vingtaine d’année par le développement rapide de la flotte chinoise et surtout par le réseau des bases navales chinoises qui cherchent à sécuriser les routes de l’approvisionnement en pétrole mais aussi à affirmer son contrôle sur les mers. Les conflits se multiplient depuis plusieurs années avec ses pays voisins à propos de la délimitation des ZEE (zone économique exclusive) parfois riches en ressources halieutiques et énergétiques.

Pour contrer cet expansionnisme chinois, les USA se sont réinvestis massivement dans la région depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama en 2008(2). Si ce dernier a réduit l’effort militaire de son pays au Moyen-Orient et notamment en Irak, c’est pour redéployer les forces de « l’Empire US » dans des théâtres d’opérations jugés plus vitaux comme l’Asie-Pacifique. En effet la menace chinoise est celle jugée la plus sérieuse par les stratèges du Pentagone. La Chine concurrençant de plus en plus les USA sur le plan commercial mais aussi sur le plan militaire et diplomatique (ce qui est nouveau). De plus la zone est désormais le poumon économique du monde, traversée par des flux de navire de commerce en constante augmentation, tandis que les fonds-marins recèlent de ressources non exploitées mais prometteuses.

Ce regain des tensions a entraîné une véritable course aux armements, les alliés des USA n’étant pas en reste : le Japon a considérablement accru son budget militaire et ses capacités navales tandis que l’Australie a acheté en 2016 des sous-marins français(3) pour répliquer au développement des forces chinoises dans la région. Les incidents frontaliers, souvent à propos de la possession de minuscules îlots perdus dans l’immensité marine, se multiplient et témoignent d’une exacerbation des tensions. La mer de Chine et plus largement l’ensemble de la zone Asie-Pacifique dispose donc d’un potentiel de conflits élevé.

 

La Corée du Nord  à l’ombre de la Chine.

Les menaces des USA à propos de la Corée du Nord et les promesses de destructions mutuelles sont à replacer dans ce contexte de compétition entre différents impérialismes, ici entre l’impérialisme américain (et celui de ses alliés) et chinois (avec derrière la Russie). La Corée du Nord n’échappe pas à cette guerre d’influence et constitue un des points de frictions entre les différents concurrents pour la domination de la zone. La Corée du Nord, n’en déplaise à certains esprits chagrins, ne fait pas partie d’un camp « socialiste » (il est mort depuis bien longtemps) et n’est pas une force anti-impérialiste. Elle est fondamentalement arrimée à la sphère chinoise et son économie est intégrée au capitalisme mondialisé. En effet le régime nord-coréen est dépendant de l’aide chinoise pour survivre en témoigne ces quelques données économiques : La Chine fournit 90% des besoins énergétiques, 80% des produits manufacturés et 45% de sa nourriture. Elle est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord (90 % du commerce extérieur du pays) et permet au pays de faire rentrer des devises en vendant ses matières premières. La Corée du Nord est riche en ressources minérales (charbon) qui intéressent au plus haut point les Chinois.

 

Croire que cela est sans influence sur le pouvoir politique de Pyongyang est une baliverne. La Corée du Nord ne peut survivre sans la perfusion chinoise. La Chine a donc la capacité de réduire au silence le dictateur Kim-Jong-Un mais elle n’abandonnera pas son allié face aux ambitions américaines dans la région. La Chine a tout intérêt au gel du conflit et au statu quo. Le maintien des deux Corées empêche la réunification et la constitution d’un Etat coréen unique qui pourrait devenir un  rival sur le plan économique et allié des USA. De plus la réunification en faveur du Sud « capitaliste » entraînerait automatiquement la présence de soldats américains à la frontière terrestre chinoise, ce qui n’est pas acceptable pour les capitalistes chinois.

La Corée du Nord représente donc pour la Chine l’avantage d’un Etat tampon faisant obstacle aux visées de la Corée du Sud, du Japon et des USA. Sa militarisation à outrance est une épée de Damoclès qui pèse sur les Occidentaux et sur le régime anti-communiste et ultra-libéral de Séoul. Elle permet à la Chine de souffler le chaud et le froid dans les relations internationales.

 

Dans l’hypothèse d’un conflit régional dans la péninsule coréenne la Chine interviendrait pour sauver le régime de Corée du Nord car sa disparition constituerait une défaite majeure pour les intérêts chinois et une revanche incontestable pour les USA qui n’ont jamais digéré leur échec de la guerre de Corée (1950-1953) où l’intervention chinoise avait renversé la situation.

 

En France, les communistes doivent combattre les menées de leur propre impérialisme. Ils doivent dénoncer et démystifier la propagande guerrière à l’égard de la Corée du Nord qui vise à justifier une intervention armée des forces occidentales. La Corée du Nord n’est certes pas le « paradis des travailleurs » mais son régime n’est pas moins fréquentable que les dictatures égyptienne et saoudienne pour qui la France déroule le tapis rouge pour vendre des armes ! Notre solidarité et notre soutien va uniquement aux peuples et aux classes ouvrières qui luttent contre toute forme d’oppression extérieure et intérieure, contre l’impérialisme et l’exploitation.

Notes:

(1)  http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/14/01003-20111114ARTFIG00694-l-australie-va-accueillir-une-base-americaine.php

(2)  La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est, Yann Roche, revue l’espace politique, 2013

(3)  12 sous-marins pour un montant de 34.5 milliards d’euros soit le plus gros contrat du monde en la matière !

 

SOLIDARITÉ AVEC LA LUTTE DU PEUPLE PALESTINIEN POUR SES DROITS NATIONAUX

 

Le déplacement de l’ambassade de l’impérialisme américain en Israël vers Jérusalem est un nouveau coup contre les droits nationaux du peuple palestinien. En effet, il s’agit là d’un nouveau blanc-seing donné par l’impérialisme US aux forces sionistes pour accentuer leur politique colonialiste et l’oppression du peuple palestinien.

IL est du devoir des révolutionnaires et progressistes de soutenir la juste résistance anticoloniale du peuple palestinien et de ses organisations de libération. L’État français n’est pas l’ami ou un soutien du peuple palestinien. Toute la politique du gouvernement Macron-Philippe au Moyen-Orient est orientée vers la défense des intérêts de l’impérialisme français et de ses alliés dans la région, Israël et l’Arabie Saoudite.

Le 10 décembre, Macron a reçu le bourreau des Palestiniens Netanyahu montrant une nouvelle fois à qui va le soutien de la France. Macron réaffirme en parole le soutien de la France à un État palestinien, mais il condamne tout acte de résistance palestinienne pour ses droits nationaux. Il criminalise les actions de solidarité en faveur de ce peuple opprimé sous le prétexte « d’antisémitisme ». Le FPLP est jugé comme étant une « organisation terroriste ». Georges Abdallah, résistant pro palestinien est emprisonné en France depuis plus de 33 ans. Israël qui multiplie les massacres coloniaux en Palestine est considéré comme une démocratie.

Le ROCML apporte tout son soutien au FPLP qui depuis 50 ans mène la lutte contre l’oppresseur sioniste.

IL dénonce l’aide sous toutes les formes qu’apporte l’impérialisme US à l’État sioniste israélien dans sa politique raciste et colonialiste contre le peuple palestinien ainsi que l’hypocrisie du gouvernement français qui fait mine de critiquer la politique israélienne mais qui la soutient dans les faits. Nous appelons l’ensemble des travailleurs, des classes populaires, de la jeunesse à se mobiliser pour soutenir la lutte du peuple palestinien pour ses droits nationaux, à participer à la manifestation organisée par la coordination d’associations palestiniennes à Paris le dimanche 17 décembre à 15 heures au Châtelet :

POUR NE PAS ÊTRE COMPLICE DES PLANS IMPÉRIALISTES ISRAÉLIENS ET US !

POUR LE SOUTIEN AUX FORCES PALESTINIENNES QUI LUTTENT POUR LA LIBÉRATION NATIONALE DE LA PALESTINE !

POUR UNE PALESTINE LIBRE, DÉMOCRATIQUE ET LAÏQUE, DE LA MER AU JOURDAIN, AVEC DROIT AU RETOUR DE TOUS LES EXPULSÉS 

ROCML le 14 Décembre 2017

!

Le sommaire de la VDC

Une VDC novembre décembre

Sommaire

 

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES           ORDONNANCES

5 LA FUSION ALSTOM-SIEMENS

6 THEORIE: La lutte des classes

12   DOSSIER JCML

Lutter contre le capital

Appel pour Ocalan

14   INTERNATIONAL

Corée du Nord

Catalogne

Guyane

Les Kurdes du Moyen-Orient

20   DOSSIER HISTOIRE:

La révolution d’Octobre

 

Journal ICI

 

LE CAPITALISME EN GUERRE CONTRE LES TRAVAILLEURS

Editorial de la VDC à retrouver ICI

manifestation-CGT

En ce début de quinquennat Macron, le gouvernement s’affiche clairement comme l’état-major de combat de la bourgeoisie. Il mobilise toutes les ressources de l’État pour consolider la domination du Capital sur la société par toutes sortes de cadeaux fiscaux, de lois pour organiser l’exploitation accrue des travailleurs. Le gouvernement tente aussi d’affaiblir les capacités d’organisation et de résistance des travailleurs. Les conséquences concrètes pour ces derniers sont la dégradation de leurs conditions de vie, la diminution du salaire réel, des retraites, l’aggravation de la concurrence entre travailleurs sur le marché du travail. Les mythes d’un « État providence » au-dessus des classes, de l’égalité entre les « citoyens » volent en éclat devant une lutte de classe féroce menée par la classe bourgeoise contre les travailleurs.

Sous le capitalisme impérialiste, les monopoles veulent assurer un profit maximum. Ceux-ci ne peuvent le faire qu’en organisant l’exploitation toujours plus féroce des travailleurs en leur prenant une part toujours plus importante du produit de leur travail. Si la machine grippe, l’existence même du capitalisme est en danger. Quand les profits menacent de diminuer, les gestionnaires des entreprises comme de l’Etat n’ont pas d’autre choix que de prendre des mesures drastiques pour préserver leurs sacrés-saints bénéfices garantir les fondements de l’exploitation capitaliste. C’est tout le sens de la politique de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Voilà pourquoi les mêmes politiques anti-sociales ont été appliquées durant ces dernières années, quelle que soit la famille politique bourgeoise au pouvoir, de droite, de gauche. Ce n’est pas en changeant les personnes comme le défendent les « dégagistes », ce n’est pas en « moralisant » la vie politique que cela peut changer. Le gouvernement est tout entier soumis aux exigences de la bourgeoisie.

De plus en plus, il existe une prise de conscience syndicale mais aussi politique. Cela est nouveau et positif. Mais pour quelle politique ? Les courants « populistes » et réformistes qui ne sont pas au pouvoir surfent sur le mécontentement du peuple pour proposer une politique qui met en avant de fausses mesures « antisystème », dénoncent la finance, souhaitent transformer la société sans toucher aux lois fondamentales du capitalisme. Ces politiques qui ne s’attaquent pas au capital doivent être rejetées. Seule une politique anticapitaliste menée par les éléments les plus conscients du prolétariat et organisée en conséquence peut amener les travailleurs à construire des batailles victorieuses pour faire payer le capital jusqu’à la victoire totale sur la classe exploiteuse.

Face à cette offensive du capital, les travailleurs et les syndicalistes ne restent pas sans réagir. Ils luttent partout avec courage et continuité autour de luttes locales et nationales. Dans ces mobilisations, de nombreux travailleurs prennent conscience que face à la détermination, l’organisation et les moyens de la bourgeoisie, il est nécessaire de passer à un niveau supérieur d’organisation et de lutte. Ils prennent conscience qu’il faut rompre avec la voie de la « concertation » avec le patronat, avec celle des « partenaires sociaux » qui entraine le mouvement des travailleurs à l’échec. Cette époque de négociation des miettes du gâteau est révolue, mais les directions syndicales continuent à s’accrocher à cette politique de collaboration de classe, plutôt qu’à organiser la lutte classe contre classe face au gouvernement Macron.

C’est la bourgeoisie en menant la lutte de classe qui creuse sa propre tombe et pousse les travailleurs à adopter une politique radicalement différente des politiques actuelles. Cette politique devra se libérer de toutes les illusions réformistes. Depuis quelques semaines, les dirigeants de la France Insoumise tentent de mettre sous leur politique l’ensemble du mouvement ouvrier. Les marxistes-léninistes considèrent que tous les travailleurs doivent faire de la politique. Mais ils doivent faire une politique de classe, résolument anticapitaliste à l’encontre du pouvoir bourgeois. Or les directions réformistes se contentent d’une politique parlementariste. Ils veulent seulement faire une autre politique bourgeoise, c’est-à-dire une politique dans le cadre des institutions existantes et du système économique existant. On voit bien que cette politique mène à l’échec partout où elle a été menée. Les communistes marxistes léninistes quelle que soit leur organisation doivent participer à la lutte du prolétariat. En étant présent autour des luttes de la classe ouvrière, ils mettent en avant l’idée de s’organiser autour d’un seul Parti communiste, seul outil capable de mener la lutte politique contre les attaques et le pouvoir de la bourgeoisie. Oui une autre politique est possible, une autre société est possible en rompant avec le mode de production capitaliste, en supprimant la domination du capital, pour instaurer le pouvoir des travailleurs, le socialisme.

A BAS LE CAPITALISME !
LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

Au Burkina Faso comme partout en Afrique, à bas l’impérialisme français !

Comme tous les présidents français avant lui, Macron s’est livré à l’exercice de la « tournée » africaine (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana) pour annoncer avec beaucoup d’arrogance (et de fausseté) que la France tournait la page du néocolonialisme, de la « Françafrique ».

Mais la jeunesse du Burkina Faso n’était pas prête à avaler ces contes pour enfants. Tandis que notre président se livrait à un show ridicule et clownesque devant un parterre d’étudiants triés sur le volet, des milliers de jeunes ont encerclé l’université de Ouagadougou, dressé des barricades et caillassé les véhicules de la délégation française.

Aux slogans de « A bas l’impérialisme français », « Stop au franc CFA », « Retrait des forces françaises » ils ont exprimé les revendications légitimes d’une population qui ne supporte plus le joug de l’impérialisme français, incarné par ses puissants monopoles qui pillent sans vergogne les ressources de l’Afrique depuis des décennies.

Cette mobilisation populaire d’une ampleur inédite, à l’occasion de la visite d’un chef d’Etat français, témoigne aussi que la mémoire de l’action anti-impérialiste de Thomas Sankara, assassiné par les sbires de la France en 1987, est toujours vivace chez le peuple burkinabais. Ce dernier n’a jamais oublié ses actions en faveur de l’éducation, de la santé et de l’égalité homme-femme, de la démocratie dans un des pays les plus pauvres du monde. Il n’a jamais pardonné que la France ait soutenu pendant plus de 27 ans la dictature de Blaise Compaoré, balayé par un soulèvement populaire en 2014.

Ses évènements doivent être connus et largement diffusés. Développons la solidarité en France avec le combat du peuple burkinabais. Amplifions la mobilisation contre la guerre et notre propre impérialisme.

Hors d’Afrique les monopoles français !

Soldats français hors d’Afrique !

Vive l’esprit de lutte du peuple burkinabais !

Il est un exemple pour toute l’Afrique !

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Interview d’un jeune étudiant d’Albi

La cellule d’Albi fait un travail important auprès des jeunes travailleurs et des étudiants. Elle est aussi présente au sein du Syndicat des Etudiants d’Albi – Etudiants en lutte qui « s’engage à contribuer à la lutte d’ensemble des travailleurs/ses pour la suppression de l’exploitation capitaliste. »

Voici l’interview d’une jeune étudiant syndiqué qui montre toute la nécessité de mener la lutte sur le terrain des facultés, contre la sélection sociale, pour un enseignement gratuit et populaire. L’aboutissement de ces revendications populaires et légitimes ne peut être que dans la rupture avec la société capitaliste. D’où la nécessité de lier la lutte des étudiants à la perspective anticapitalisme du socialisme.

 

Bonjour, peux-tu te présenter rapidement ? Age ? Quel cursus suis-tu ?

Je m’appelle Julien, j’ai 18 ans. Je suis en première année de licence d’histoire.

Comment fais-tu pour payer tes études ?

J’ai la chance de pouvoir vivre chez mes parents ça m’évite de devoir payer des frais supplémentaires.

Tu as peut être entendu parler des réformes de l’enseignement supérieur qu’en penses-tu ?

Elles ne me semblent pas du tout appropriées. La réforme d’APB (ndlr Admission Post Bac) va dans le sens d’un développement de l’élitisme. La fac n’est plus accessible à tous parce qu’ils veulent développer la sélection en université pour certaines catégories de personnes.

Peux-tu préciser ?

J’ai un Bac Pro, mais ce n’est pas pour autant que je ne suis pas plus capable de mener des études d’histoire. J’ai autant de capacités qu’un bac général. C’est stupide de vouloir les favoriser, ce n’est pas parce qu’on ne réussit pas en lycée qu’on n’a pas le droit de faire les études de notre choix plus tard. On voit en plus que c’est l’université qui va décider de si ils nous acceptent ou pas. Franchement cette histoire c’est un peu de la sélection de classe.

La réforme des mutuelles étudiantes et le budget de l’enseignement supérieur ?

Je suis partagé, mais ça montre un désintérêt pour le statut étudiant dans les deux cas. Les fonds investis sont insuffisants.

Que penses-tu du syndicalisme étudiant ?

Je le vois comme une voie pour faire pression, un levier pour obtenir un pouvoir sur nos vies. On peut faire entendre notre voix et influer sur nos quotidiens réellement. C’est un bon moyen de s’investir dans la vie étudiante tout en défendant des idées et des valeurs. Cela permet de se responsabiliser, d’être en contact avec les autres. Après il n’y a pas forcément une bonne réception du syndicalisme en fac je pense mais ça tient plus au fait que beaucoup de monde essaie d’éviter le débat politique. Puis ils ont peur d’un « contrôle politique ». C’est aussi pour ça que le syndicat doit pouvoir développer des activités culturelles et sportives qui permet de montrer un autre visage.

De quel type d’Université rêves-tu ?

Si l’on veut que plus de monde soit bien formé, possède des qualifications ça demande d’ouvrir plus largement la faculté. Je suis pour lutter contre la reproduction sociale. Il faut plus de libertés, de force et de voix aux étudiants. C’est pour ça que je soutien la création de structure qui le permettent comme le syndicat. Pour l’instant, la fac ressemble à un océan où l’on jetterait les étudiants sans distinctions et livrés à eux-mêmes, normal que plein se noient. Il faut vraiment s’investir dans les facs, parce que les jobs étudiants c’est vraiment de l’esclavage.

 

Correspondance, cellule d’Albi

 

 

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