DEUXIEME TOUR DES REGIONALES

 

LES OUVRIERS ET LES TRAVAILLEURS EXPLOITES N’ONT AUCUNE RAISON DE CHOISIR TEL OU TEL PARTI DE LA BOURGEOISIE.

ENTRE LA PESTE ET LE CHOLERA, ON NE CHOISIT PAS !

 

Le 6 décembre, au premier tour des élections régionales, le PS et la droite LR, UDI ont subi un important revers électoral. Ces partis gouvernent en alternance depuis des dizaines d’années et les gens du peuple ont fait leur expérience : celle des promesses non tenues et celle de l’aggravation générale de leurs conditions de vie et de travail. La débâcle de ces charlatans serviteurs du capital est une bonne chose !

Principal bénéficiaire de cet effondrement mérité du LR PS, et en absence d’un autre choix crédible,  c’est le Front National qui a remporté ce premier tour. Beaucoup d’électeurs écœurés par le PS et  l’ex-UMP  ont voulu leur donner une leçon. Ils ont cédé aux discours populistes  de Marine Le Pen. Ce succès du Front National, promu 1er parti de France, n’est pas une bonne chose ! C’est celui du Parti qui propage le plus ouvertement les positions les plus réactionnaires de la bourgeoisie française.

En fait, le premier parti de France, c’est celui des abstentionnistes. Un électeur inscrit sur deux n’est pas allé aux urnes. Une partie d’entre eux, relégués dans des banlieues pourries parce qu’ils sont pauvres, chômeurs, sans perspective, ou d’origine émigrée ne se sentent  en rien concernés par les jeux politiques électoraux.  Une autre partie, dégoutée par l’escroquerie politique des partis qui n’ont cessé de leur mentir  s’abstient volontairement, consciemment sans pour autant se détourner de la réflexion politique. Ces abstentionnistes seront de plus en plus nombreux.

 

Le 13  décembre aura lieu le second tour. Alors qu’ils ont créé eux-mêmes les conditions du succès du Front National  le PS et la droite « républicaine »  vont battre le tambour pour tenter de sauver ce qu’ils peuvent encore espérer sauver. Ils vont être aidés pour cela par « la gauche de la gauche » qui va tout faire pour entraîner les travailleurs les plus engagés dans la lutte anticapitaliste et qui s’opposent à la politique  anti populaire de la gauche et de la droite à voter pour l’un de ces partis. Ils vont agiter comme jamais l’épouvantail  FN pour faire élire une liste PS ou LR.

Le ROCML ne souhaite pas la victoire électorale du FN. Mais il appelle les ouvriers et les travailleurs à ne pas tomber dans le piège de voter pour un ennemi de classe pour battre un autre ennemi de classe. Leurs querelles ne sont pas les nôtres.

Aucun de ces trois grands partis ne s’oppose aux mesures d’austérité et ne met en cause le  véritable responsable de la crise : le capitalisme. Les travailleurs qu’ils soient  « français » ou immigrés  ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leurs capacités à lutter, à s’organiser pour construire leur expression politique indépendante, un véritable parti communiste.  Ils pourront ainsi combattre les manœuvres politiques  du FN, du PS et des Républicains et s’opposer à la dégradation de leurs conditions de vie et de travail.

 

Dans ces élections personne ne défend les intérêts de la  classe ouvrière. En conséquence, nous appelons les travailleurs à ne pas se rendre aux urnes. Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas !

ROCML
9 Décembre 2015

Conférence du 6/7/12/2014 : Résolution sur l’impérialisme aujourd’hui

L’IMPERIALISME AUJOURD’HUI

 

INTRODUCTION

Mondialisation, globalisation… Les économistes et les idéologues de la bourgeoisie inventent des nouveaux mots pour tenter de désigner les phénomènes macro-économiques internationaux dont ils sont incapables de trouver les causes et dont ils sont incapables, forcément, d’apporter les réponses aux phénomènes de crise qui les accompagnent. Pour les marxistes, ces néologismes ne sont qu’une tentative pour masquer que l’économie mondiale et les réalités politiques et militaires qui lui sont liées ne sont autre chose que l’impérialisme dans les conditions de notre époque. Pourtant, cet impérialisme moderne n’est guère différent, dans sa nature, de l’impérialisme tel que Lénine l’a décrit et analysé au début du XX ème siècle. Seuls son niveau de développement et sa structure ont changé, avec les changements politiques survenus après la liquidation du socialisme en URSS, la chute du camp socialiste qui s’en est suivi, l’apparition de nouvelles puissances dominées par le capital monopoliste et financier, et les techniques modernes de circulation internationale du capital.

 

LA THEORIE LENINISTE DE L’IMPERIALISME

 

La théorie léniniste de l’impérialisme est le produit de l’analyse du capitalisme par Marx et Engels appliquée aux conditions du développement de ce système à la fin du XIX ème et au début du XXème siècles. Lénine a défini scientifiquement l’impérialisme comme le stade supérieur, ultime du capitalisme. Aucun autre stade ne peut lui succéder dans ce mode de production.

Qu’est-ce qui définit, selon Lénine, cette étape ultime du capitalisme ?

Si l’on devait définir l’impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu’il est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l’essentiel, car d’une part le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d’industriels, et d’autre part le partage du monde est la transition de la politique coloniale s’étendant sans obstacle aux régions que ne s’est encore appropriée aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopoliste de territoire d’un globe non encore entièrement partagé.

Mais les définitions trop courtes, bien que commodes parce que résumant l’essentiel, sont cependant insuffisantes, si on veut en dégager des traits fort importants de ce phénomène que nous voulons définir. Aussi, sans oublier ce qu’il y a de conventionnel et de relatif dans toutes les définitions en général qui ne peuvent jamais embrasser les liens multiples d’un phénomène dans l’intégralité de son développement, devons nous donner de l’impérialisme une définition englobant les cinq caractères fondamentaux suivants :

  • Concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique.
  • Fusion du capital bancaire et du capital industriel et création sur la base de ce « capital financier » d’une oligarchie financière.
  • L’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière.
  • Formations d’union internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et…
  • Fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes.

( Lénine, l’impérialisme stade suprême du capitalisme, 1916-1917 )

Comme l’exprime cette définition, l’impérialisme est d’abord un mode de domination économique qui conduit au partage du monde entre les puissances qui ont atteint ce stade.

LES CARACTERISTIQUES DE L’IMPERIALISME DEFINIES PAR LENINE SONT ELLES CADUQUES ?

Nous ne le pensons pas. Ce qui a changé, ce sont les moyens modernes mis en œuvre pour les appliquer. Les nouvelles technologies de production, de gestion, d’information, de circulation du capital et des marchandises ne contredisent pas ces caractéristiques. Au contraire, elles ne font que les amplifier, les approfondir et porter au paroxysme leurs effets.

La crise mondiale actuelle est d’une autre dimension que les crises cycliques internes au système impérialiste capitaliste qui ont précédé. Elle est irréversible et marque la limite historique du système lui-même.

 

QUEL EST LA SITUATION ACTUELLE DU SYSTEME IMPERIALISTE MONDIAL ?

Le partage du monde entre les puissances impérialistes n’est jamais définitif et statique. Les intérêts du capital financier dont ils ont la charge opposent en effet ces pays les uns aux autres. Toute l’histoire moderne et contemporaine, économique et politique, diplomatique et militaire exprime cette nécessité, pour les Etats impérialistes, de défendre ou d’agrandir leur part dans le dépeçage de la planète. Le développement inégal des économies capitalistes entraîne la nécessité de modifier ce partage, selon les possibilités du rapport des forces entre eux.

Au XXème siècle, les guerres inter-impérialistes furent la conséquence de cette nécessité. Le passage au XXI ème siècle n’a pas changé cette loi économique, politique et militaire.

Ironie de l’Histoire, et effet imprévisible de leurs guerres, l’espace à se partager entre elles se trouva rétréci avec la constitution de l’URSS à l’issue de la première guerre mondiale, du camp socialiste à l’issue de la deuxième, de la victoire de la révolution populaire en Chine et des victoires des luttes de libération anti coloniales dans les années qui suivirent.

Un quart de siècle de développement après la seconde guerre mondiale, le système impérialiste se vit une nouvelle fois atteint par une crise de surproduction globale. Seule la contre-révolution victorieuse en URSS après la mort de Staline et le XX ème congrès du PCUS, et l’effondrement du camp socialiste qui a suivi a permis à l’impérialisme d’étendre son champ d’action et d’échapper momentanément à l’asphyxie et à l’ implosion .

Aujourd’hui, l’impérialisme étend ses racines sur l’ensemble de la planète et pourtant la crise de surproduction mondiale sévit toujours et accentue ses contradictions insurmontables.

Pourquoi ces contradictions sont-elles insurmontables ?

Parce que 1) le monde capitaliste globalisé est dans une crise de surproduction généralisée due au développement gigantesque et mondial des forces productives en même temps qu’au déclin du marché solvable des marchandises produites. 2) La planète n’est pas extensible. Et 3) Le nombre des prétendants à son partage sont de plus en plus nombreux. Le nombre de pays impérialistes (pays où domine le capital financier) est de plus en plus grand. On en compte une quarantaine. Certes, tous n’ont pas la puissance pour s’imposer dans le partage. Seuls quelques uns ont cette capacité économique industrielle, financière et militaire. Mais tous ont besoin d’exporter leurs capitaux et collaborent pour cela avec les plus puissants. Cette crise de surproduction mondiale (surgie dans les années 70 du XXème siècle) aiguise la concurrence entre puissances impérialistes dans leur course aux marchés et dans leur accès aux matières premières. Les luttes de domination, diplomatiques et militaires, sont la conséquence des politiques néocoloniales et des rivalités entre puissances impérialistes pour rebattre les cartes pour un nouveau repartage du monde.

 

QUELLES SONT LES PUISSANCES IMPERIALISTES ACTUELLEMENT EN CONFRONTATION OU EN ALLIANCE POUR LE REPARTAGE DU MONDE ?

Parmi les puissances impérialistes figurent bien sûr les plus anciennes issues du colonialisme et du développement industriel du XIX ème et XX ème siècle : Les USA, l’Angleterre, la France, l’Allemagne… et tous les autres pays européens et américains (Canada) où domine le capital financier, même s’ils ne sont pas militairement capables d’influer seuls sur le partage du monde. Aux vieux impérialismes occidentaux, il faut ajouter le vieil impérialisme asiatique, le Japon.

A ces vieux impérialismes, il faut ajouter les nouveaux.

L’ex URSS, d’abord, rétrécie à la Russie+ quelques anciennes républiques soviétiques (CEI ).

Après la contre révolution Kroutvhévienne, l’URSS socialiste s’est d’abord transformée en puissance social-impérialiste (socialiste en parole, impérialiste dans les faits), après que la propriété socialiste d’Etat se fut transformée en propriété capitaliste monopoliste d’Etat. La Russie d’aujourd’hui est un Etat où domine le capitalisme monopoliste d’Etat. Elle a abandonné tous vestiges formels du socialisme. Elle est devenue un pays impérialiste comme les autres, selon les critères léninistes. Contrairement à ce que pensent quelques courants autoproclamés ML mais qui n’ont jamais compris le révisionnisme et le processus du passage du socialisme au capitalisme en URSS, la Russie n’est pas un pays anti-impérialiste parce qu’il s’oppose aux impérialismes occidentaux. Cette opposition relève des contradictions inter-impérialistes qui les opposent dans la lutte pour le repartage du monde.

La Chine ( RPC )

La Chine n’a jamais été socialiste au sens où les bases économiques du capitalisme n’ont jamais été éradiquées des rapports de production. La « démocratie nouvelle » était une alliance de plusieurs classes dont la classe des capitalistes nationaux. La GRCP, autrement dit «  Grande Révolution Culturelle Prolétarienne » fut peut-être une tentative de transformer cette « démocratie nouvelle » en dictature du prolétariat et d’avancer vers le socialisme. Le fait est que ce fut un échec et que les courants droitiers du PCC finirent par l’emporter. Ce sont leurs successeurs qui dirigent aujourd’hui la Chine.

Même si le PIB par habitant est très inférieur à celui des impérialismes occidentaux, l’économie chinoise est aujourd’hui indiscutablement dominée par le capital financier d’Etat ou privé, au service des monopoles d’Etat et privés. Toute la politique extérieure chinoise actuelle vise à étendre l’action de ce capital financier et des monopoles chinois, en Chine et à travers le monde. La Chine vient d’accéder au rang de première puissance économique de la planète. Même si elle a conservé quelques apparences extérieures de « socialisme », elle est aussi devenue un pays impérialiste comme les autres.

Les autres nouveaux impérialismes.

Le développement des forces productives, la concentration, la formation de monopoles, la domination et l’exportation de capital financier ont porté d’autres pays au stade de l’impérialisme. C’est le cas notamment de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud…

Les pays non impérialistes. Les conditions économiques objectives conduisent les économies nationales moins développées, souvent des ex-colonies non parvenues au stade des monopoles, à s’intégrer au système impérialiste mondial (dans le réseau d’un impérialisme puissant ou d’un autre) sans perspective de développer une économie indépendante.

 

STRUCTURE, ALLIANCES ET RIVALITES AU SEIN DU SYSTEME IMPERIALISTE CONTENPORAIN

L’impérialisme n’est pas un système monolithique. Chaque Etat impérialiste agit pour protéger et agrandir le capital financier de sa propre bourgeoisie. Ce système est donc traversé par des rivalités qui peuvent se régler pacifiquement, quand c’est possible mais aussi, quand ce n’est pas possible autrement, par la guerre.

Au XXème siècle, deux guerres mondiales ont opposé les impérialismes occidentaux.

Ironie de l’Histoire, la première conduisit à l’existence du premier Etat socialiste, l’L’URSS.

Après la deuxième guerre mondiale, pour combattre l’URSS socialiste, le camp socialiste, et les luttes anticoloniales de libération nationales, les impérialismes occidentaux constituèrent des alliances comme l’OTAN, le Traité de l’Atlantique Nord, dirigé par les USA.

La construction de l’UE, même si elle ne rompt pas l’alliance stratégique avec les Etats-Unis exprime une volonté de se libérer de sa tutelle.

Au sein de l’UE elle-même, des divergences politiques, économiques et militaires montrent que les Etats nationaux impérialistes qui la dirigent ont des intérêts nationaux différents voire parfois opposés.

Le point d’accord entre les puissances impérialistes occidentales c’est, avec des nuances, leur intérêt commun de s’opposer ensemble aux nouveaux impérialismes ( BRICS ) dans les grandes manœuvres pour se repartager la planète. L’enjeu de cette bataille est la domination des régions du monde où se trouvent les richesses naturelles minérales, énergétiques et humaines nécessaires au fonctionnement de leur économie, le contrôle de la circulation de ces richesses et l’accès aux marchés.

Tous les évènements internationaux, économiques, diplomatiques et militaires actuels s’expliquent par les rivalités qui opposent les blocs entre eux, et au sein de ces blocs, les différents impérialismes entre eux.

Les méthodes de la conquête impérialiste. Réponse à une idée fausse.

Des communistes considèrent que seuls sont impérialistes les puissances qui ont recours à la guerre, à l’agression militaire, pour gagner des positions sur d’autres puissances, apparemment pacifiques ou agressées dans leurs chasses gardées. En gros, seuls sont impérialistes les impérialismes occidentaux. La Russie, la Chine seraient, elles, anti-impérialistes. Cette lecture des contradictions est erronée. Elle ignore la nature impérialiste de ces dernières en raison qu’elles seraient victimes d’agression, d’encerclement etc… C’est confondre leur apparence et leur essence.

Lénine a répondu à ceux qui faisaient de l’agressivité militaire le critère distinctif de l’impérialisme : Si les capitalistes se partagent le monde, ce n’est pas en raison de leur scélératesse particulière, mais parce que le degré de concentration déjà atteint les oblige à s’engager dans cette voie afin de réaliser des bénéfices ; et ils le partagent « proportionnellement aux capitaux», « selon les forces de chacun », car il saurait y avoir d’autre mode de partage en régime de production marchande et de capitalisme. Or, les forces changent avec le développement économique et politique ; il faut savoir quels problèmes sont résolus par le changement du rapport des forces ; Quant à savoir si ces changements sont « purement » économiques ou extra-économiques (par exemple militaires), c’est là une question secondaire qui ne peut modifier en rien le point de vue fondamental sur l’époque moderne du capitalisme. Substituer à la question du contenu des luttes et des transactions entre groupements capitalistes la question de la forme de ces luttes et de ces transactions (aujourd’hui pacifique, demain non pacifique, après demain de nouveau non pacifique), c’est s’abaisser au rôle du sophiste. Lénine, L’IMPERIALISME STADE SUPREME DU CAPITALISME.

 

 

 

 

 

 

Alain Soral Derrière le masque anticapitaliste et antisioniste un démagogue d’extrême droite.

 

Alain Soral est un « idéologue » de l’extrême droite française ancien cadre au CC du Front National de 2007 à 2009 et aujourd’hui président du collectif « Egalité & Réconciliation ». Il est avec l’humoriste Dieudonné la figure de la droite extrême à droite du FN. Son programme politique qui selon lui n’en est pas un mais seulement un ensemble de propositions est issu de la plus pure tradition de l’extrême droite en témoigne le slogan d’Egalité & Réconciliation : « Gauche du travail, droite des valeurs » qui réunis sur son site internet des personnages sans liens politiques comme Poutine, Chavez, Guevara, Castro, pour le « travail » et Alain Soral lui-même (!) et Jeanne d’Arc pour les « valeurs ».

« Gauche du travail et droite des valeurs » rien de moins qu’une rénovation des termes fascistes des années 20 et 30 en témoigne le « Parti National –Socialiste » de Adolf Hitler qui dans la même veine a cherché à unir le nationalisme prussien et le socialisme prolétarien pour tromper les masses et les détourner du mouvement prolétarien communiste, se posant là comme l’ultime rempart de la bourgeoisie contre la révolution et le socialisme.

De la même manière Soral utilise la même phraséologie fasciste dans ses livres et lors de ces interventions sur internet ou dans ses conférences, il pratique une analyse pseudo matérialiste de l’actualité et de l’Histoire qui en font un révisionniste compulsif. Il peut aussi compter sur sa maison d’édition : « KontreKulture » qui réédite des classiques de la littérature fasciste. On peut définir les principaux traits de son idéologie comme étant :

– l’antisémitisme, maquillé en antisionisme anti-israélien qui est un instrument pour lui. En effet sous couvert « d’antisionisme » il attire à lui les jeunes musulmans français solidaire avec la cause Palestinienne alors même qu’il est profondément contre l’Islam en France et l’immigration mais il cultive aussi la haine des élites financières, médiatiques etc. parce que « juives ». Que ces élites soient des capitalistes /impérialistes oppresseurs des peuples et des nations, cela Alain Soral n’en dit pas un mot.

– Le Nationalisme bourgeois antipopulaire qui défend la France des « valeurs » qui seront selon lui portées par de nouvelles élites « nationales » de braves capitalistes chrétiens et patriotes anti immigration et antieuropéen. Un nationalisme qui assoit l’exploitation de l’impérialisme français sur l’Afrique et le Moyen-Orient face à l’impérialisme américain qui lui serait moins humain (puisque juif apatride et mondialiste selon ses mots) et qui se servirait de l’UE pour affaiblir la France. Il oublie un peu vite la Lybie, le Mali, la Syrie qui sont des preuves de l’agressivité de notre impérialisme « national ». La défense de la France de De Gaulle, le Maréchal Pétain présenté comme un patriote, l’OAS et les bourreaux colonialistes comme des héros, voilà le modèle Français à la Soral.

– L’anticommunisme comme tous les fascistes, il nie la doctrine de Marx sur le capitalisme et se raccroche aux théories fausses et réactionnaires de Proudhon sur le fédéralisme et la banque du peuple pour se donner un coté socialiste de défenseur du « travail ». Pour lui c’est le capital financier (toujours lier aux juifs) qui est à l’origine du mal et que nos politiciens défendent. La crise de 2008 présentée comme étant financière par les économistes et les médias bourgeois afin de cacher son caractère systémique propre au capitalisme en lui-même a d’ailleurs beaucoup contribué à la crédibilité de ces thèses de Soral sur le mal financier. Le peuple ne peut pas prendre son destin en main, il ne peut pas se débarrasser du capitalisme et instaurer la société nouvelle socialiste puis communiste. Il doit attendre son salut par en haut de la part de nouvelles « élites » qui les guideraient sur le bon chemin, sans toutefois remettre en cause l’exploitation de l’homme par l’homme que Alain Soral et Cie considèrent comme immuable. Il se refuse à une analyse du socialisme en URSS et dans les pays socialistes qu’il considère comme une forme de dictature militaire « juif dans l’idée de domination, chrétien dans l’idée de partage ». Il est vrai qu’il est plus simple d’éclipser des faits historiques qui feraient tomber à l’eau toutes ses théories d’une simple phrase.

Mais une fois cet aspect idéologique abordé il faut analyser pourquoi le discours d’Alain Soral trouve autant d’échos dans la société française et notamment auprès des jeunes.

Il faut tout d’abord rappeler la situation dans laquelle notre pays et notre jeunesse se trouve aujourd’hui. Nous vivons dans un pays capitaliste impérialiste en crise de son propre système économique, crise qui accélère le pourrissement de notre société propre au stade actuel du développement du capitalisme, ce pourrissement entraîne une destruction de l’emploi qui jette à la rue des millions de travailleurs, une suppression des aides sociales (santé, éducation…) et une dégénérescence de la culture bourgeoise ; les monopoles freinent le progrès technique de l’humanité et affament plus de la moitié de la population du monde, l’immigration économique accentuée avec le développement du marché capitaliste mondial voit se presser une grande quantité de travailleurs étrangers dans les pays de l’impérialisme dont la France fait partie et où le niveau de vie est plus élevé qu’ailleurs, ils viennent à l’appel indirect des capitalistes pour grossir l’ « armée du travail de réserve », le chômage instrument des capitalistes pour pressurer encore plus les travailleurs et qui prive d’avenir l’ensemble des travailleurs, tant français qu’immigré, d’un travail et d’une vie digne.

Dans cette situation l’extrême droite se renforce dans la petite bourgeoise (commerçants, petits patrons, etc.) qui est fragilisée par la concurrence des grands capitalistes et qui se voit par la force des choses rejetée dans le prolétariat, et dans une partie du prolétariat lui-même. Avec son discours populiste fascisant Alain Soral leur trouve les parfaits boucs émissaires en les personnes des « juifs financiers et mondialistes » et des « immigrés » surtout arabes et musulmans. Il profite des œillères naturelles que porte cette classe intermédiaire pour s’implanter durablement auprès d’eux, leur faisant miroiter une France d’un autre temps où à son stade développement le capitalisme laissait encore une place à cette petite bourgeoisie.

Ces bases de l’extrême droite sont historiquement connues et Soral et « E&R » ne font que les utiliser à leur tour. Ce qui est nouveau ces cette intérêt nouveau que les idées de Alain Soral ont auprès de la jeunesse. Il faut dire qu’au milieu de la crise générale dans laquelle le capitalisme nous plonge, la jeunesse surtout populaire se voit tous simplement aujourd’hui sans avenir ou du moins est-il sévèrement compromis. Là-dessus Soral utilise les mêmes arguments et il faut dire qu’ils trouvent un fort écho car dans sa manière de faire il exprime effectivement un grand changement dans la forme qui donne une certaine crédibilité de façade à son « renversement des élites corrompues et cosmopolites ». Les références à Che Guevara, où encore Fidel Castro montrent bien le changement de forme de son discours d’extrême droite car il n’hésite pas à faire appel à ces figures révolutionnaires communistes et progressistes connues de tous pour rallier à lui les jeunes qui reconnaissent en eux de vrais amis du peuple. En cela il est plus attractif pour les jeunes qu’un FN à l’image plus franco-française et paternaliste. Dans ses vidéos par exemple il attaque non sans succès ces adversaires bourgeois républicains sur des lieux communs contre la disparition de la nation et de notre culture « nationale » qui restent, malgré la critique qu’en fait Soral, un maigre repère pour une jeunesse coupée de toute culture et que l’on enferme dans le divertissement stérile. Face à ces stratagèmes fascistes, le manque de culture et d’intérêt d’une part, le mensonge et la révision de l’histoire par l’ensemble de la bourgeoisie de l’autre, font naître une jeunesse désabusée qui se retrouve en partie dans la pensée fasciste de Soral qui prêche du vrai pour répandre le faux.

Un exemple : « le capital financier oppresse les peuples » vrai ; « les élites juives sionistes et mondialistes en sont la cause » faux. C’est le capitalisme en tant que système qui divise le monde en exploités et en exploiteurs et cela peu importe la nationalité, la religion et les « valeurs ».

A un fait matériel réel que la caste au pouvoir cache aux masses laborieuses et à la jeunesse, Soral apporte une réponse qui détourne le coup de glaive de la véritable cible. En cela Alain Soral et ses compères d’extrême droite confirment pleinement la définition de l’International Communiste sur le fascisme en tant qu’agent du pouvoir direct des monopoles, dernier rempart de la bourgeoisie face au mouvement ouvrier.

Sur le plan pratique E&R organise peu de militants actifs et joue plutôt un rôle de pôle idéologique et théorique dans la société. Ses adeptes ne sont en effet présents dans aucune manifestation ou mouvement ni étudiant ni ouvrier. Face à cela on peut en déduire que le travail d’Alain Soral bien qu’à caractère principalement idéologique sert les organisations « pratiques » et en premier lieu le Front National. Il n’est d’ailleurs pas le seul à travailler sur ce créneau puisque des « groupements » et autres « collectifs » gravitant autour de personnalités et intellectuels comme Éric Zemmour servent d’éclaireurs et de soutiens idéologiques à l’extrême-droite « classique » représenter par le FN.

Si les communistes du ROCML s’accordent à dire qu’il n’y a pas actuellement de danger d’un système fasciste en France, et ce malgré les récents succès du Front National aux élections européennes entre autres, il n’en est pas moins important de s’intéresser à cette face cachée de l’extrême droite française qui a toujours existé mais qui agit chaque jour un peu plus ouvertement et gagne en influence particulièrement auprès de la jeunesse. Cette offensive idéologique fasciste est caractéristique du capitalisme/impérialisme à un stade critique de son développement. La putréfaction du système capitaliste/impérialiste en France et dans la monde entier a atteint un tel degré de pourrissement que les contradictions dans lesquelles il est empêtré deviennent chaque jour plus visibles aux yeux des peuples. Face à cela la bourgeoisie doit trouver un moyen de cacher les origines de la faillite de son système économique et, à défaut de pouvoir le guérir elle invente un faux diagnostic qui doit être développé par messieurs les « médecins » Soral et consorts de la réaction internationale. Leur analyse erronée de la situation sert à détourner les peuples du monde du seul remède capable de les libérer de la misère engendrée par le capitalisme/impérialisme et ses contradictions : la Révolution prolétarienne, la construction du socialisme et du communisme seul système capable d’éradiquer les contradictions inhérentes au capitalisme et à donner les pleins pouvoirs aux prolétaires. En France l’absence d’un mouvement ouvrier communiste marxiste-léniniste depuis des décennies donne la possibilité à l’idéologie fascisante d’infiltrer la classe ouvrière et sa jeunesse qui n’ont pourtant aucun intérêt objectif à suivre les fascistes « bon français » de « E&R » et du Front National.

L’attitude des communistes à l’égard des idées d’Alain Soral et de ses complices doit être une opposition stricte et résolue. Il faut dénoncer les thèses fascistes et exposer toutes leurs contradictions et leur fausseté, expliquer et avancer les thèses et solutions marxistes-léninistes fondées sur l’analyse dialectique du développement des contradictions de notre société.

 

 

 

 

 

Conférence du 6/7/12/2014 : Rapport sur le Front National

 

Le sujet du Front national et du fascisme est aujourd’hui d’actualité dans le mouvement communiste français. En effet, beaucoup de communistes issus des partis et organisations révisionnistes craignent l’arrivée du fascisme en France.

Le ROCML a déjà analysé les conséquences de cette peur entretenue par le personnel politique bourgeois. A chaque élection, le prétexte de s’opposer au danger fasciste conduit les éléments contestataires à se réfugier dans les bras de la social-démocratie et du PS, à perpétuer l’alternance électorale droite –gauche, évitant la crise politique et donc à préserver au final le système bourgeois, plutôt que de le renverser.

Le ROCML a déjà établi, dans ses diverses publications, que :

Il est erroné politiquement de mettre en avant un quelconque danger fasciste. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire qui menacerait la bourgeoisie tant dans sa gestion du pays que dans sa politique extérieure et impérialiste, le système de république démocratique reste le meilleur moyen pour tromper et dominer le peuple.

 Le FN est un parti bourgeois classique d’extrême droite qui vise à prendre le pouvoir au sein du système parlementaire bourgeois.Le FN est un Parti raciste et xénophobe qui vise à diviser la classe ouvrière pour le compte de la bourgeoisie, et à retarder la prise de conscience révolutionnaire des prolétaires.Le FN est utilisé par la gauche ou la droite pour se garantir le pouvoir. Aujourd’hui, le FN est le 3ème parti qui pourrait être utilisé pour sauver le système démocratique bourgeois. Il fait partie des options dont dispose la bourgeoisie française pour garantir ses intérêts.

LA NATURE DU FRONT NATIONAL

Quelle est la nature du Front National ? Le FN est-il fasciste ? Quel est sa place dans la situation politique actuelle ? Que défend-il pour la bourgeoisie ? Qui représente-t-il ? Y-a-t-il un danger fasciste aujourd’hui pour la France ?Les communistes authentiques doivent faire une analyse matérialiste des raisons objectives de la progression du Front National et de son programme auprès de la population, notamment auprès des jeunes, et démontrer la fausseté de son idéologie nationaliste bourgeoise proche du peuple en parole, instrument du capitalisme en fait.

La FN dans la situation politique actuelle        

Dans le cadre de la situation politique française, le FN développe sa stratégie populiste anti «UMPS », dénonçant le bilan du PS et de l’UMP au pouvoir, de manière démagogique, en dupant la population en prétendant défendre les intérêts de toutes les victimes de ce système : salariés, patrons, qu’importent les antagonismes de classe. En vérité, le FN joue sur l’ignorance des gens qui oublient qu’il s’agit d’un parti issu de l’extrême droite qui a multiplié de nombreuses alliances locales voire nationales avec le RPR (l’UMP d’hier) et qui est fait partie du système qu’il prétend dénoncer. Cette attitude du ni droite ni gauche est simplement stratégique pour le FN. En vérité elle est récente. N’oublions pas que le FN a adulé un Reagan dans les années 1980 et que Thatcher, la briseuse de la grève des mineurs, a continué même aujourd’hui à faire l’objet d’une vénération des dirigeants frontistes[2].

 Dans sa stratégie électorale, le FN tend à engranger des points puisque depuis 2012 et les 17,9 % de Marine Le Pen, il multiplie de bons résultats électoraux, en transformant le FN en un parti d’envergure nationale qui vise à briser le bipartisme établi depuis une vingtaine d’années par l’UMP et le PS. Aux Municipales, puis aux Européennes, il arrive en tête sur un fort taux d’abstention. Cela ne doit pas cacher qu’il perd presque deux millions de voix depuis 2012. Le FN pourra être utilisé si nécessaire par la bourgeoisie pour sauver son système démocratique de l’alternance. Face à décrédibilisation des deux partis bourgeois classiques, le capital utilise cette option afin d’endiguer, et de détourner le mécontentement populaire, pour sauver son système politique mis à mal par la crise économique du capitalisme. Les dirigeants frontistes affichent un discours populiste pour gagner un électorat qui lui permettra de s’insérer encore plus dans les mécanismes parlementaires et non pas pour les détruire. Le discours « antisystème » est une façon de duper le peuple pour prendre le pouvoir au sein du système.

Le Front National est un parti électoraliste et bourgeois qui vise à prendre le pouvoir au sein de la République parlementaire bourgeoise. Il cherche depuis quelques années déjà à se doter d’une crédibilité auprès des médias, il vise à recevoir du capital le statut de parti de gouvernement de l’Etat français[1].

 

Le FN est un parti bourgeois, son programme est celui du Capital

Des solutions qui ne remettent pas en cause le systèmeLe parti frontiste entend défendre un « protectionnisme intelligent », la « souveraineté monétaire » et mener une « grande politique de réindustrialisation »[4]. Retenons qu’il s’agit là des options qui ne sont pas incompatibles avec la domination du capital et donc néfastes de toute façon pour les travailleurs. Le FN met souvent en avant la sortie de l’Euro comme solution à la crise que nous traversons. Cela permettrait de faire marcher la planche à billets pour permettre à un « Etat fort » d’investir davantage. Tout d’abord, il est risible de prétendre que changer de monnaie serait la solution à une crise qui n’est pas monétaire. En quoi changer de monnaie permettrait-il d’éviter les restructurations du capitalisme dues à la surproduction de marchandises ? Le retour au franc servirait surtout à une dévaluation compétitive de la monnaie pour améliorer la compétitivité-prix des marchandises françaises sur le marché mondial[5]. La conséquence serait une diminution de salaires pour l’ensemble des travailleurs français, des difficultés pour se procurer des biens pour vivre, notamment les marchandises provenant de l’extérieur. De plus, le patronat français ayant besoin d’écouler sa production à l’étranger en affrontant la concurrence, il ne fait aucun doute qu’il continuerait à exercer aussi de fortes pressions pour diminuer le prix de la force de travail.Le moyen pour s’assurer de l’application de ces mesures serait l’utilisation de l’Etat. Les marxistes-léninistes ont depuis toujours dénoncé la nature de l’Etat, qui n’est pas neutre ou au-dessus des classesdu fait qu’il est une superstructure construite sur des bases économiques capitalistes et contient donc les mêmes antagonismes de classe. L’idée d’une « action volontariste de l’Etat », d’un « Etat stratège »[8] pour l’application des mesures du FN montre bien que l’Etat est un « instrument d’exploitation de la classe opprimée »[9]. Cela est bien confirmé par l’économiste du FN, JR Sulzer. L’Etat est bien perçu comme levier de développement de la classe capitaliste française mais aussi comme machine militaire et policière matant toute contestation de la classe antagonique. Voilà ce qu’il dit, le FN défendra la « liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un Etat-Gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur »[10].

 Protectionnisme, sortie de l’Euro et réindustrialisation seraient des mesures qui permettraient à la société bourgeoise de se développer plus « harmonieusement ». La réimplantation des monopoles en France permettraient de revitaliser les PME-PMI nationale qui sont les grandes perdantes des délocalisations[6]. Ainsi, les multinationales qu’ils critiquent tant en paroles n’ont pas à s’inquiéter, le FN leur fait plutôt les yeux doux[7]. Le FN essaye de dompter les lois du développement anarchique de la production. Il a beau faire autant de propositions qu’il veut, il ne solutionnera pas les contradictions du capitalisme. Ces propositions sont vouées à rester un mensonge utopique nationaliste ou à conduire à l’aggravation de l’exploitation capitaliste dans le cas de leur application.

Le FN revendique l’instauration en France d’un « protectionnisme intelligent ». L’objectif serait de protéger la « production nationale » des entreprises françaises afin de favoriser le produire français et la relocalisation d’industries qui avaient fui vers des pays où la main d’œuvre est à bas coût. Il s’agirait de recréer des droits de douanes aux frontières afin de limiter l’arrivée en masse de marchandises venant de Chine ou des pays concurrents des entreprises françaises. Le protectionnisme est un moyen de limitation de la concurrence afin de produire et d’écouler des produits sur un marché national. Pour autant, les contradictions du capitalisme ne seraient pas révolues : Comment faire revenir les entreprises mondialisées en France si ce n’est en diminuant le salaire des travailleurs ? C’est là tout le problème de ces populistes qui font croire que la réindustrialisation et le protectionnisme seraient utiles aux travailleurs. En vérité, il n’en est rien, le but du capitalisme est de produire au plus bas coût possible afin d’être compétitif, de produire à l’infini et de réaliser le maximum de profits. Réindustrialiser la France en gardant les lois du système capitaliste, c’est donc rétablir des conditions proches de l’esclavagisme pour le prolétariat français. Voilà le rêve nationaliste et chauvin si cher aux « amoureux » de la France.

Le FN se présente comme le parti des Français contre les étrangers. En vérité, c’est un parti qui soutient le capital français contre le reste des travailleurs, français ou non. Dans ses discours il s’attaque aux « requins de la finance » et au MEDEF (à Parisot car celle-ci représente une autre option du capital[3]).

Un parti au service des monopoles français dans le monde

Le FN envisage une option particulière pour la bourgeoisie monopoliste. Alors qu’Hollande et Sarkozy promeuvent une alliance avec les Etats-Unis, les puissances de l’Union Européenne afin de sauvegarder les intérêts capitalistes français, le FN, au contraire, envisage une alliance stratégique avec la Russie[11]. L’objectif serait de s’allier à la Russie pour faire contrepoids aux Etats-Unis et ainsi positionner la France dans une situation de levier, de gérant international des conflits entre les deux blocs impérialistes. Il cherche surtout à jouer sur les rivalités inter-impérialistes (opposition ou collaboration) afin de repositionner l’impérialisme français. Cette option est envisagée en pratique puisque Marine Le Pen et ses cadres ont rencontré des personnalités russes, des proches de Poutine (dont le président de la Douma). Des liaisons financières entre les nébuleuses d’extrême droite et la Russie donnent de la matière à ce positionnement[12]. De même, la position du FN sur la Syrie, face à l’Iran montre qu’ils prennent la défense de la Russie. Alors que certains « communistes » voient dans Poutine un allié du camp anti-impérialiste, ils feraient bien de réfléchir : en étant l’allié de la Russie, le front national serait-il devenu anti-impérialiste ? Cela va de soi que le FN est un parti impérialiste qui veut réorienter la France vers une nouvelle alliance stratégique, elle aussi, bien impérialiste. D’ailleurs, le FN veut rompre avec l’atlantisme mais il apporte son soutien à Israël[13], le chien de garde de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. Encore une fois, il veille à sauvegarder les intérêts des firmes françaises. Le FN malgré sa rhétorique en faveur des « petits » défend en pratique l’intérêt des monopoles français en ayant une divergence d’opinion stratégique avec l’UMP ou le PS. Dans le fond ce sont des impérialistes qui ont « parfaitement conscience de l’importance de ces grands groupes qui restent les locomotives puissantes de nos PME-PMI »[17].

Enfin, le FN ne se distingue pas des autres partis bourgeois il défend bec et ongle la présence française sur le continent africain. L’éloge au défunt patron du groupe Total, pilleur de l’Afrique le montre, car le FN dit de lui qu’il avait « à cœur la défense de nos intérêts nationaux (…) notamment face aux multinationales américaines »[14]. Le soutien de M. Le Pen à l’intervention au Mali[15] démontre bien la continuité criminelle et colonisatrice de l’impérialisme français. D’ailleurs, le programme frontiste affirme bien le projet impérialiste de ses dirigeants : il s’agit d’apporter un « soutien fort des investissements privés français en Afrique en échange d’une inversion des flux migratoires »[16].Le FN n’est pas seulement un parti bourgeois nationaliste, chauvin ; c’est aussi un parti qui représente les intérêts des monopoles et de l’impérialisme français. Il affirme que s’il était au pouvoir,il appliquerait un train de mesures favorables aux monopoles français dans le cadre de leur concurrence inter-impérialiste.

Un parti diviseur de la classe ouvrière        

Le FN est un parti anti-ouvrier et même si par populisme il peut dénoncer les bureaucraties syndicales, c’est avant tout pour éloigner les travailleurs des syndicats et non pour renforcer leur lutte de classe. Les dirigeants du FN démontrent cet aspect lorsqu’en évoquant le programme du PS, ils estiment qu’il favorise toujours plus « d’assistanat ». Les travailleurs et chômeurs de ce pays seront ravis d’entendre que le gouvernement de l’austérité au service du capital, le gouvernement PS favorise l’assistanat. Et que proposent-ils ces chevaliers bleus marine du capital ? La renégociation des 35 heures, le renforcement du contrôle des chômeurs ; les mêmes mesures antisociales que l’UMPS. La haine du mouvement ouvrier s’exprime dans de nombreuses déclarations de dirigeants du FN. L’apologie de JM Le Pen envers Reagan était connue de longue date du fait de son anticommunisme[19]. Mais plus récemment, ce n’est personne d’autre que le conseillais municipal et maire d’arrondissement Stéphane Ravier qui estimait que la grève héroïque des éboueurs marseillais était synonyme de « prise en otage des voyageurs », et que la CGT gangrénait la vie des Marseillais[20]. N’oublions pas l’attitude de M. Le Pen durant la lutte de 2010 contre la réforme des retraites qui estimait que le gouvernement était trop mou et qu’il fallait « rétablir immédiatement l’ordre républicain partout »[21].

 Au final, le FN se caractérise comme le semeur de division dans le prolétariat, un semeur de division qui se pare d’un vocabulaire populaire, mais qui n’est en fait qu’un instrument au service du capital afin de mater toute contestation ouvrière. Le FN est un parti bourgeois qui participe à diviser la classe ouvrière par ses idées xénophobes antisyndicales et anticommunistes. Il utilise un verbiage populiste prônant l’Etat « au-dessus des classes », mot d’ordre républicain par excellence utilisé par tous les partis bourgeois et pure utopie idéaliste bourgeoise, en faisant découler les difficultés rencontrées par le peuple à des causes venant uniquement de l’extérieur (immigration, Europe). En estimant que le chômage serait le résultat de l’immigration, le FN tente d’entretenir une division artificielle au sein du prolétariat. Son objectif est de diviser pour mieux régner. Son programme est clairement xénophobe puisqu’il souhaite rétablir le droit du sang, interdire toute manifestation en faveur des sans-papiers[18]. Il est bon de rappeler que la violence dans les quartiers et banlieues populaires provient essentiellement de l’isolement et du chômage que subissent les populations qui y habitent et notamment les jeunes. Le FN et la bourgeoisie passent sous silence de manière simpliste le fait que tous sont des prolétaires et leur détresse, leur enclavement et la violence qui en découle provient uniquement de leur condition de classe, d’exploités et non d’autre facteurs secondaires. De même que les communistes ne tombent pas dans la division religieuse que tente d’établir le FN vis-à-vis des travailleurs musulmans. La seule division réelle dans la société est celle existant entre les différentes classes. Toute autre division ne cherche qu’à affaiblir notre combat. Unir capital et prolétariat sous la bannière nationaliste de la France, voilà le programme fumeux du FN !

La place du FN dans les classes sociales en France

Le FN propose l’option d’un Etat stratège pour la bourgeoisie française, un Etat fort qui garantirait les intérêts de la bourgeois française à l’intérieur du pays (contre le prolétariat, pour un protectionnisme national, sortie de l’euro…) mais aussi à l’extérieur (face aux concurrents, défense de l’arrière cours en Afrique et au Moyen-Orient[22], nouvelle alliance stratégique).          Représentant de la grande bourgeoisie, le FN trompe la couche la plus arriérée des ouvriers. Le plus dangereux étant qu’il trompe une partie de la jeunesse ouvrière, peu sensibilisée par la lutte de classe, du fait de l’affaiblissement du mouvement ouvrier.

Enfin, la base sociale des militants du FN est formée par des commerçants, artisans, employés de commerce ; catégories sociales « intermédiaires » entre la bourgeoisie et le prolétariat qui sont menacées, par la crise, d’être plongées, déclassées dans le prolétariat. Quant à la base électorale, elle s’ouvre de manière assez importante aux ouvriers, notamment sa couche antisyndicale. Il s’agit là d’ouvriers votant traditionnellement à droite et qui se radicalise vers son extrême[23]. Evidemment, du fait de la diminution des luttes ouvrières, de plus en plus de jeunes prolétaires, exposés à la crise économique, sont enclins à voter FN[24]. Cependant, cette tendance est à relativiser parce que le premier parti des ouvriers reste l’abstention très massive, qu’il s’agit d’ouvriers votant traditionnellement à droite, que ce sont souvent les ouvriers isolées dans de petites entreprises, ou ceux qui sont à proximité de leur hiérarchie (contremaitres…). Les grandes entreprises, bastions des syndicats lui résiste : le FN « ne dispose pas de réseaux ouvriers, peine à trouver des candidats dans les bastions industriels et apparait encore comme illégitime dans les grandes entreprises en raison de la résistance syndicale au FN »[25].Le FN est le représentant des intérêts de la bourgeoisie monopoliste française, c’est un parti impérialiste. Il rassemble les partisans d’une politique française de prestige qui recentrerait la France dans une situation de pivot entre blocs impérialistes. Cela nécessite donc un rapprochement avec la Russie, mais paradoxalement, il ne propose pas l’option d’une alliance chinoise car il défend la bourgeoisie qui produit en France ou pour le marché national et qui fait face à la concurrence de la main d’œuvre chinoise. Outre cela, il se pose en défenseur des sociétés impérialistes qui pillent les matières premières à l’extérieur de la France (Total, Véolia…).

Le FN n’est pas un danger fasciste 

 La plupart des partis de gauche et beaucoup de groupes dits « ML » voient dans le FN l’avatar du fascisme ou, pour d’autres, la possibilité de l’instauration du fascisme dans la situation présente. Pour le ROCML, cela est erroné car le FN vise avant tout à son intégration au système politique bourgeois comme parti classique, représentant la « droite dure ». En fait, le FN développe un discours populiste pour se faire une place dans les mécanismes parlementaires, et non pour les détruire. C’est un parti réactionnaire, contre-révolutionnaire mais cela ne fait pas de lui un parti fasciste, dans la situation actuelle.

Il n’y a pas de menace fasciste aujourd’hui 

 Le fascisme, dictature ouverte de la bourgeoisie, n’est utile que lorsque le vernis démocratique se craquelle et que l’ordre bourgeois risque d’être renversé par la classe opprimée. Pour le moment, la domination de la bourgeoisie n’est pas menacée. Il n’existe pas de force de classe qui s’en prenne réellement au système et souhaite le renverser. Les critiques sont sur la forme et de plus ne sont pas dangereuses. A gauche Le FDG partage avec le FN certaines thèses économiques, nationalistes et chauvines et se propose de rénover la république. Rien d’inquiétant pour le pouvoir de la bourgeoisie. Face à la faible contestation des mesures d’austérité par les classes dominées, point besoin de dictature ouverte du capital. L’appareil d’Etat bureaucratique, forces de police et militaire et judiciaire permettent largement de maintenir et réprimer toute réaction du mouvement ouvrier dans le cadre de la démocratie parlementaire. Le capitalisme porte la violence et la répression dans son ADN.

Les communistes face au FN

Le FN est un parti de la bourgeoisie qui a comme rôle de diviser le prolétariat afin d’éviter leur unité politique. C’est un parti impérialiste qui combat pour le capital et pour la puissance de la bourgeoisie française dans le monde. Construire le Parti communiste de France, réaliser l’unité de la classe ouvrière sur la base de ses intérêts historiques sont les meilleures façons, idéologique et concrète, de combattre le FN et le capitalisme.  

 Notre tâche de communiste est de battre en brèche les idées frontistes et réactionnaires. En se mobilisant pour construire le Parti communiste (ML) de France, en étendant son influence politique communiste sur le prolétariat, le ROCML lutte contre les idées qui divisent la classe ouvrière, dont celles particulièrement xénophobes et populistes du FN. Ce n’est pas en courant derrières les fascistes, le Front de gauche ou le PS que le FN et le système capitaliste dont il est porteur pourra être vaincu. Seule la perspective communiste est réellement l’alternative au système capitaliste en crise et à son instrument qu’est le FN. Toute autre tentative antifrontiste est vouée à l’échec ou à se mettre à la remorque de tel ou tel parti opportuniste bourgeois. Concrètement, aucun pas en avant ne peut être fait vers la perspective de l’unité du prolétariat. C’est à cela que les partisans « communistes » de la fascisation de la France doivent réfléchir ; eux qui depuis 50 ans agitent le chiffon rouge du danger brun.Les communistes doivent dénoncer le FN comme un parti bourgeois-impérialiste qui sème la division dans les rangs ouvriers du fait de sa xénophobie et de son racisme. Cependant, le FN ne menace pas la démocratie bourgeoise d’une dictature fasciste. L’ordre du jour pour tout communiste est la révolution et l’instauration du socialisme, ce n’est pas la défense des libertés et de la démocratie face au fascisme. Les communistes refusent donc toute caution à un sauvetage de la gauche bourgeoise sous prétexte d’antifascisme, ainsi que tout embourbement dans un combat qui ferait perdre son énergie au mouvement de reconstruction marxiste-léniniste.

 

[1] « Nous sommes prêts à gouverner », Marine Le Pen, Le Figaro, 29 août 2014, http://www.lefigaro.fr/politique/2014/08/29/01002-20140829ARTFIG00286-marine-le-pen-nous-sommes-prets-a-gouverner.php

[2] Communiqué du FN, le 8 avril 2013, sur le décès de Mme Thatcher, le FN y « salue la mémoire d’une dirigeante de conviction profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale ».

[3] Voir son livre.

[4] Programme du FN, sur son site.

[5] Mansouri, « les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme », L’Humanité, 16/11/2011.

[6] Pottier C., Les multinationales et la mise en concurrence des salariés, L’Harmattan, Paris, 2003, 252 p., L’auteur montre que les multinationales qui s’implantent créent toute une base productive autour d’elles : sous-traitance, service. L’idée du FN serait de faire revenir ces entreprises en France pour dynamiser le tissu de PME-PMI.

[7] Voir le communiqué de Aymeric Chauprade du FN le 21/10/2014 :C. De Margerie, La France perd un grand patron de l’énergie.

[8] Terme qu’au passage Thierry Lepaon reprend.

[9] Lénine, L’Etat et la Révolution.

[10] Cité par Mansouri, ibid.

[11] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN

[12] Voir les articles de Médiapart du 25/02/2014 et du 12/06/2014.

[13] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, Seuil, Paris, 2014, 496 p., p. 425. Et dans son programme, le FN assure une « sécurité garantie » pour Israël.

[14] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[15] Réaction de Marine Le Pen à l’intervention française au Mali, 11 janvier 2013.

[16] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN.

[17] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[18] En tant que communistes conduire la partie du prolétariat la plus corvéable qu’est la main d’œuvre immigrée à s’unir avec le reste du prolétariat pour lutter contre l’exploitation est une tâche importante

[19] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, p. 182-83

[20] Communiqué de S. Ravier en 2013, « La CGT : comment gangréner le travail et la vie des Marseillais ».

[21]Communiqué de Marine Le Pen du 22 octobre 2010 :   http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/05/10/2490437_marine-le-pen-contre-les-greves-trop-dures.html

[22] Dans le programme du FN : les révolutions arabes et la guerre en Irak « auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe ».

[23] Vigna X., Histoire des ouvriers, p. 293.

[24] Idem, p. 294-95.

[25] Idem, p. 293.

LES CONFLITS INTER-IMPERIALISTES AU MOYEN ORIENT

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Depuis la première guerre mondiale, les conflits « régionaux » à caractère inter-impérialistes n’ont jamais cessé au moyen orient. Source convoitée de matières premières et située au carrefour de grandes routes maritimes et terrestres, cette région est l’un des lieux d’affrontement privilégiés entre les grandes puissances impérialistes.
Après la première guerre mondiale, l’empire ottoman a laissé sa place aux deux grands pays impérialistes, la France et Angleterre. Ces deux pays impérialistes sont responsables du repartage de moyen orient. L’occupation de la Palestine et le découpage du Kurdistan, de la Syrie et Iraq…ce sont eux. Après la deuxième guerre mondiale la domination passe entre les mains des USA. Une nouvelle division du Kurdistan entre quatre pays (Turquie, Iran, Iraq et Syrie) et l’occupation de Palestine en 1948 par Israël, ont entraîné la résistance de deux peuples opprimés dont le sort n’est toujours pas réglé aujourd’hui. Evidement les pays impérialistes n’ont aucun intérêt que leurs revendications aboutissent. Depuis le début de siècle ils ont toujours utilisé ces sources de tension pour régler des conflits entre impérialistes en soutenant ou manipulant les forces réactionnaires locales, comme la Turquie « amie des Palestiniens », tout en entretenant des relations commerciales et un entrainement militaire avec Israël.
Ces trois dernières décennies, les conflits au Moyen Orient n’ont pas cessé : Guerre entre Iraq et Iran, Les guerres du Golfe, Palestine, au Liban et les révoltes de peuples pays arabes en Egypte, Syrie et Bahreïn…etc. Les USA défendent leur zone d’influence et intérêts géopolitiques face aux prétentions d’autres pays impérialistes (principalement la Russie et la Chine). Ce qui se déroule aujourd’hui en Iraq et Syrie est la conséquence de la politique impérialiste, politique qui n’arrive pas à stabiliser la situation et à contrôler l’activité des forces réactionnaires dans la région.

Apres que le régime de Saddam en 2003 fut abattu, l’Iraq a été de fait divisé en deux : Le gouvernement de Bagdad et la région autonome du Kurdistan sud. Mais en réalité le gouvernement de Bagdad n’a jamais été capable de contrôler véritablement la zone actuellement entre les mains de l’Etat Islamique. Le pouvoir central entre les mains de politiciens issus de la minorité chiite a perdu toute légitimité aux yeux des peuples d’Irak y compris sur une fraction importante des chiites.

La politique des Etats-Unis visait à contrôler l’Irak et à saper le rôle grandissant de l’Iran dans la région et à le déstabiliser. C’est dans ce contexte et avec l’appui direct ou indirect de l’impérialisme et des forces réactionnaires que l’organisation de l’Etat Islamique (EI) s’est développée à partir de 2004.

Après 2010 les pays impérialistes n’ont pas trouvé d’autre force qui puisse militairement s’opposer au régime Assad en Syrie, Ils se sont appuyés sur EI et sur d’autres groupes radicaux-islamiques. Et ce en s’appuyant sur le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie qui sont devenus les premiers fournisseurs d’armes à ces groupes. La Turquie a été utilisée comme un passage entre l’Europe et le Moyen Orient. Evidemment chaque pays impliqué a poursuivi ses propres intérêts. Les USA visaient à créer un cordon de sécurité sunnite face à l’Iran chiite. Pour la Turquie il faut ajouter la question du Kurdistan-ouest (Syrie) où le peuple de Rojava a proclamé son autonomie ce que la Turquie refuse chez elle au peuple kurde. C’est par l’EI interposé que la Turquie combat le peuple de Kurde. On sait que la Turquie fournit des armes et que certains dirigeants de l’EI ont été formés en Turquie.
L’EI est loin d’être homogène et stable. Il regroupe des anciens de Guantanamo qui ont participé à la guerre contre Kadhafi en Libye, des ancien soldats de Saddam, des anciens frères musulmans de Syrie…voilà les principales forces composants L’EI. Il est répété dans les médias occidentaux que « des milliers de jeunes européens musulmans se battent dans ses rangs », c’est une réalité mais cette médiatisation sert surtout à dissimuler les responsabilités occidentales de cette situation.

Depuis des décennies on a manipulé et humilié les musulmans. L’impérialisme les a utilisés contre l’URSS dans la guerre d’Afghanistan. Le développement d’Al-Qaïda date de cette époque. Pendant la guerre du golfe, on a encouragé tous les groupes radicaux islamistes contre Saddam. Evidement une forte haine contre l’intervention ou l’occupation impérialiste s’est développée dans les peuples de la région. En l’absence de forces progressistes et communistes anti-impérialistes, le mécontentement a nourri les groupes obscurantistes et fascistes. En Europe des personnes déclassées, rejetées par la société se tournent vers ces groupes à l’Islam « pur ». Pendant un siècle, pour contrer le communisme les USA ont tout fait pour développer une « ceinture verte ». L’organisation des frères musulmans fut le principal fruit de ce travail. En Turquie, en 1980, après le Coup d’Etat qui a été soutenu par l’Europe, et organisé par les USA, des centaines de milliers d’extraits du Coran ont été diffusés en Turquie et dans les montagnes du Kurdistan tout en organisant le massacre, la torture et la déportation pour le mouvement communiste et progressiste. Mais qui sème le vent récolte la tempête. Les impérialistes ont toutes les difficultés du monde à arrêter l’emballement d’une situation qui échappe à leur contrôle et qui permet à l’EI de poursuivre ses objectifs propres.
l’EI n’a pas anti-impérialiste. C’était une marionnette entre les mains des impérialistes qui a rompu ses ficelles. Le but des USA en Iraq était d’établir un pouvoir avec trois composantes : Les Kurdes, Les Chiites, et l’EI comme représentant des sunnites pour affaiblir le régime syrien. Même Obama, n’a pas caché cette stratégie. Mais ces forces sont loin d’avoir un caractère de classe homogène. La bourgeoisie est divisée entre les diverses ethnies et tendances religieuses irréconciliables.

Le régime syrien résiste non sans succès avec le soutien de la Russie et de l’Iran. L’Autonomie de Kurdistan de Syrie, les mouvements des deux dernieres années en Turquie qui renforcent le Kurdistan nord (la partie Kurde de Turquie), l’impérialisme US ne l’avait pas prévu. Ni que les anciens soldats des Saddam feraient alliance avec l’EI. Aujourd’hui les USA et les forces réactionnaires régionales alliées des USA ont perdu momentanément le contrôle de la situation.

Pour redresser la situation à leur avantage les impérialistes occidentaux vont s’appuyer sur le Kurdistan Sud(Irak) seule région qui est stable pour l’instant. Et leur intervention est présentée comme une action humanitaire pour sauver les peuples de la barbarie de l’EI ! Or en 2013 l’EI a attaqué les Kurdes de Syrie, massacré enfants et femmes. Sont-ils intervenus ? Non parce que les pays impérialistes occidentaux et leurs alliés locaux, espéraient que l’Etat Islamique affaiblirait la Syrie et les Kurdes et permettrait d’ériger une barrière sunnite face aux chiites qui soutiennent l’Iran et empêcherait l’autonomie régionale de Kurdistan-ouest.
On pourrait penser que cette nouvelle situation peut favoriser l’indépendance du Kurdistan. Le Kurdistan est séparé en quatre (Iran, Iraq, Syrie et Turquie). Les Kurdes sont divisés. Même s’il est possible que le Kurdistan sud puisse proclamer son indépendance. Mais seulement si elle devient une force mercenaire dans les mains des impérialistes et utilisable contre d’autres kurdes de Syrie ou de Turquie. La pratique de Barzani le prouve. En 2013 Il a fait creuser un fossé à la frontière avec la Syrie pour empêcher que les Kurdes de Syrie se réfugient et se ravitaillent au Kurdistan sud à la suite des attaques de l’EI.

Comment les USA pourraient-ils rétablir la situation en leur faveur ? La mise en place de deux à trois petits états en Irak. Le Kurdistan, Bagdad (chiite) et la frontière actuelle de l’Etat islamique avec une partie de la Syrie qui est sous son contrôle. Par contre les USA et les impérialistes occidentaux, vont essayer de remplacer L’EI avec d’autres forces. Déjà la présence au Golan (la frontière syrienne qui est sous l’occupation d’Israël) d’une branche d’Al-Qaïda, montre que les impérialistes ne veulent pas laisse tranquille Asad, mais ils n’ont pas pour le moment une autre force prête à la remplacer. Le conflit avec la Syrie a dépassé le caractère régional.
Car la question de la Syrie rejoint celle de l’Ukraine, résultat des conflits inter impérialistes. Et même si dans tous ces conflits certaines forces résistent comme rojava (kurdes de Syrie) ou certaines forces progressistes en Ukraine, cela ne change pas le caractère général de ces guerres impérialistes.

Quelle est la solution :
Il n y a pas des solutions dans le système capitaliste-impérialiste, ni pour la paix ni pour arrêter des conflits permanents dont dépendent les intérêts des différentes bourgeoisies et des états bourgeois. Seule la force anti impérialiste conséquente, le prolétariat, doit s’organiser pour mettre fin à la guerre et rétablir la paix entre les peuples par la reconnaissance du droit à l’auto-détermination des peuples. Chaque peuple opprimé et tous les travailleurs doivent construire leurs propres forces politiques et militaires pour faire face à la guerre réactionnaire et impérialiste. La faiblesse des forces progressistes au Moyen Orient est liée au caractère de classe bourgeois et petit bourgeois de classe des organisations actuelles.

Divisé, le peuple kurde est dans une situation difficile. La Turquie, officiellement ralliée à la coalition militaire prétendue anti Daesh, a placé quelques tanks à sa frontière ; mais elle regarde les bras croisés les assauts djihadistes contre Kobanê et empêche par la force tout passage de combattants kurdes de Turquie vers la zone des combats. Tout en affirmant en parole être dans la coalition anti Daesh, son but est de laisser massacrer les combattants kurdes pour établir ensuite une zone tampon frontalière avec la Syrie, échappant à la souveraineté de l’Etat syrien.

Aujourd’hui, l’intérêt du peuple kurde est de s’unir. Sa résistance dérange les pays impérialistes et capitalistes régionaux qui le divisent et l’oppressent. Le mouvement révolutionnaire international a le devoir de soutenir les revendications nationales, politiques et sociales, du peuple kurde.

ROCML
Septembre 2014

SORTIR DE L’IMPASSE DU REFORMISME ET DU REVISIONNISME

Editorial à la VDC n°11

Les élections municipales et européennes qui ont marqué le premier semestre 2014 ont mis en évidence les éléments d’une situation politique nouvelle à partir de laquelle le mouvement ouvrier et populaire doit maintenant tracer ses perspectives.

Le premier fait marquant, c’est le revers cinglant  infligé au PS et au gouvernement dirigé par ce parti : des centaines de municipalités perdues, 6% des électeurs inscrits aux élections européennes. Deux ans auront suffi pour disqualifier François Hollande et ses ministres. Ceux qui avaient voté en 2012 en pensant que le PS au gouvernement ferait une autre politique que Sarkozy se sont rendus à l’évidence : c’est la même politique de soutien au capital et la même politique d’attaques contre les travailleurs qui a été menée. D’un côté, l’Etat distribue aux patrons entre 40 et 50 milliards d’Euros au titre du CICE (Crédit d’Impôts Compétitivité Emploi) et du Pacte de Responsabilité. Le CICE aura par exemple permis au groupe Mulliez (supermarchés AUCHAN) de toucher 44 millions d’euros de remise d’impôts en 2013 ! Grâce au pacte de responsabilité, les cotisations familiales payées par les patrons seront supprimées. De l’autre côté, en revanche, on fait pression sur les salaires, les pensions de retraites, on réduit les prestations sociales, on lamine et détruit les services publics… Au nom de la relance, de la compétitivité, de la réduction du « coût » du travail, c’est une politique de classe qui est menée : le PS est un des partis de la classe capitaliste.

C’est un fait que tout militant constate et dont il faut tirer toutes les conséquences. La Voix des Communistes titrait dans son édition de l’été 2012 : La droite s’en va, la gauche arrive… La dictature de la bourgeoisie demeure !  Nous avions vu juste.

Le deuxième fait marquant des dernières élections, c’est l’importance de l’abstention : 57% aux européennes ! L’idée que les élections ça ne change rien, qu’il n’y a rien à en attendre progresse. Certes, l’abstention n’est pas forcément un choix politique. Mais le fait que, selon une étude, plus de la moitié des syndiqués de la CGT, de SUD et de FO se sont abstenus est significatif du caractère de classe d’une partie de l’abstention.  Significatif, parallèlement, est le flop du Front de Gauche : scores calamiteux aux municipales, 3% des électeurs inscrits aux européennes. Les manœuvres intéressées de ses composantes, les surenchères radicales sans rupture avec les politiques réformistes ont suscité une juste méfiance des militants ouvriers. Mélenchon vient de reconnaître qu’il a échoué. Le Front de Gauche n’aura servi, pendant un temps, qu’à orienter des ouvriers dans une voie illusoire.

Les autres faits qui ressortent des résultats électoraux sont les succès relatifs que la droite UMP et l’extrême droite du Front national ont tirés de la bérézina du PS. Succès relatif pour l’UMP, car si ce parti gagne des villes aux municipales, il s’effondre aux européennes, affaibli par les scandales et ses divisions. Succès relatif aussi pour le FN, car s’il prend quelques mairies aux municipales et s’il passe devant l’UMP et le PS aux européennes, il n’en perd pas moins 2 millions de voix par rapport aux présidentielles de 2012. Cela n’enlève rien à la nocivité de ce parti d’extrême droite qui réussit à fourvoyer une partie du peuple.

Tels sont les constats devant lesquels de nombreux militants s’interrogent :

Comment et pourquoi la représentation politique du mouvement ouvrier, c’est-à-dire le Parti Communiste et les organisations populaires progressistes, est-elle tombée aussi bas ?

Que faut-il construire face à l’alternance PS/UMP ?

Le PS peut-il changer de politique et se ranger du côté des travailleurs ?

Le Front National n’est-il pas le danger principal ?

Y a-t-il un danger fasciste qui nécessiterait de s’allier avec le PS ?

Il ne manquera pas d’organisations et de partis de la gauche et de la gauche de la gauche  pour avancer des réponses qui ne remettront pas en question les causes qui ont conduit le mouvement ouvrier et populaire dans l’impasse. Cela irait à l’encontre des stratégies qu’ils appliquent depuis trop longtemps maintenant. Ce serait se faire hara-kiri. Ils préfèrent la mort lente. Les directions de ces partis et organisations se serviront de l’épouvantail du Front National et d’un retour de la droite en 2017 pour continuer à impulser la politique d’union de la gauche avec le parti socialiste. Exit, donc, toute volonté de dégager François Hollande. Bien sûr, ces partis et organisations politiques critiqueront les attaques directes du gouvernement contre les travailleurs. Mais leurs critiques et éventuellement les actions qui leur sont liées seront mesurées, limitées dans le temps, pacifiques, et inscrites dans l’agenda politique électoral de la république bourgeoise fixé sur 2017.

Sur le plan syndical, cette stratégie sera déclinée en soutien au gouvernement social démocrate par les syndicats jaunes comme la CFDT et la CGC et de la part des directions confédérales CGT, SUD et FO en pression destinée à limiter la casse. Elles accompagneront le mouvement, et pourront même l’impulser. Mais tout sera fait pour l’empêcher de sortir des clous.

La classe ouvrière et les autres couches de travailleurs exploités font l’expérience de l’absence d’une expression politique et syndicale indépendante de classe du prolétariat, en clair, l’absence d’un véritable Parti Communiste et l’absence d’une CGT de lutte classe contre classe ayant pour but le renversement du système capitaliste et non son aménagement pour lui donner un visage plus humain.

Concrètement, chaque militant se pose la question : Que va-t-il se passer à la rentrée ?

Adoptant un discours en rupture avec les habituelles promesses non tenues sur la relance de l’économie et le recul du chômage, Manuel Valls a annoncé fin juillet une rentrée difficile. Les travailleurs doivent donc s’attendre à une série de nouvelles attaques contre les salaires et la protection sociale. Quelle sera la riposte, ses objectifs et ses formes ? Ce que l’on peut dire, c’est que si les objectifs et les formes de lutte empruntent les sentiers battus du réformisme et du respect des règles fixées par l’ennemi de classe, les travailleurs actifs, les chômeurs, les retraités, la jeunesse, verront s’aggraver leurs conditions de travail et d’existence. Le succès dépendra des capacités des travailleurs en lutte, de leurs syndicats de base, de leurs UL, de leurs fédés à s’organiser localement, régionalement et nationalement pour définir et imposer leurs objectifs aux directions confédérales. Il dépendra du rejet de toute illusion sur le parti socialiste et de leur volonté de combattre sans céder aux divers chantages le gouvernement dirigé par le fondé de pouvoir de la bourgeoisie François Hollande.

C’est aux militants communistes d’abord à travailler pour renverser les obstacles que les dirigeants réformistes politiques et syndicaux dresseront face au développement de la lutte anticapitaliste classe contre classe.

Dans ce combat ils feront progresser la conscience de classe des travailleurs, car sans conscience de classe, même la lutte élémentaire pour des revendications économiques ne peut être menée jusqu’au bout avec succès. Dans ce combat ils gagneront les éléments les plus combattifs et les plus éclairés du prolétariat à la perspective de  transformation révolutionnaire de la société.

Aujourd’hui l’absence d’un véritable parti communiste n’empêche pas les communistes de travailler au sein de la classe ouvrière pour aider au développement de la conscience de cette classe et de la construction de sa propre organisation politique.  Cette intervention ne se limite pas au seul domaine économique et syndical. En tant que classe révolutionnaire le prolétariat doit intervenir et construire l’unité de lutte avec toutes  les autres couches de travailleurs et être actif dans la lutte internationale contre l’impérialisme.

A terme, à mesure que les travailleurs se convaincront qu’il ne suffit pas de riposter aux attaques du capital et de ses agents, mais qu’il faut les renverser, ils comprendront  que pour y parvenir il faut reconstruire un véritable Parti Communiste, capable de tracer la voie de la révolution socialiste.

A chaque camarade militant politique ou syndical anticapitaliste, nous adressons ce message :

N’apporte jamais ton soutien au PS : c’est un parti bourgeois !

N’écoute pas ceux qui  t’appellent à voter pour lui sous divers prétextes !

Contre le patronat et l’Etat, c’est classe contre classe qu’il faut lutter !

L’objectif des luttes de classe, c’est le renversement du capitalisme, pas lui donner un visage plus humain !

C’est la classe ouvrière qui doit diriger la société par la conquête et l’exercice du pouvoir !

L’avenir appartient au socialisme, à la construction de la société communiste!

Le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes

août 2014

Contre la barbarie sioniste

CONTRE LA BARBARIE SIONISTE AVEC LA LUTTE DE LIBERATION NATIONALE PALESTINIENNE

Le conflit qui oppose actuellement Israël et la Palestine a fait plus de 2000 à Gaza, dont majoritairement des civils et des enfants. Le mouvement marxiste-léniniste de France a une tâche importante en apportant son soutien aux Palestiniens qui luttent contre l’oppression israélienne et la complicité de l’impérialisme français.

LA NATURE DU CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN

Ce conflit déclenché depuis 1948 n’est pas de nature religieuse comme tentent de le faire croire Israël et ses complices français. Il ne s’agit pas d’une opposition entre juifs et musulmans mais d’une guerre entre un colonisateur israélien qui s’accapare petit à petit des terres et des ressources de la région et les Palestiniens qui sont chassés de leur terre et subissent l’occupation. Il y a donc un oppresseur, l’Etat israélien, et des opprimés, les Palestiniens. Ce conflit se déroule dans le cadre du système impérialiste mondial : Israël est inséré dans les chaines de l’impérialisme et y joue un rôle de premier plan au Moyen Orient. Les multinationales israéliennes extrêmement liées aux capitaux US et européens ont besoin de contrôler les territoires palestiniens pour sécuriser leur approvisionnement : lutte pour le contrôle de l’eau, du gaz, des terres agricoles. Ainsi Israël est le gendarme de l’impérialisme européen et US au Moyen-Orient Il agit pour le repartage du monde en leur faveur et utilisant pour cela tout le potentiel militaire qui est mis à leur disposition. En même temps il est un impérialisme régional qui agit pour ses intérêts économiques propres. La Palestine est donc victime des appétits capitalistes et impérialistes. C’est pourquoi les Palestiniens mènent une lutte légitime contre leur oppression nationale.

LA PALESTINE : UN INTERET GEOSTRATEGIQUE POUR LES IMPERIALISMES OCCIDENTAUX

Israël et ses alliés ont comme objectif d’étendre leur zone d’influence au Moyen-Orient. Dans un monde déjà partagé entre puissances impérialistes, la guerre est un moyen essentiel pour s’approprier de nouveaux marchés et territoires disposant de matières premières. Il y a d’abord la question du contrôle des gisements de gaz qui se situent à 30 kms au large de Gaza. En 1999, des accords avaient été signés par une compagnie britannique et l’Autorité Palestinienne (montrant bien aussi la liaison des dirigeants du Fatah palestinien avec l’impérialisme car 10 % des actions devait revenir à l’Autorité Palestinienne) . Israël a empêché cet accord. Les Britanniques se sont alors tournés vers Israël mais le Hamas a refusé ces accords sur le Gaz. De son côté, l’Autorité Palestinienne s’est tournée vers la Russie et la société Gazprom pour l’exploitation du gaz. La formation du gouvernement d’union nationale le 2 juin 2014 a renforcé ces perspectives. Moins d’un mois après, l’offensive israélienne a été déclenchée contre Gaza afin d’affaiblir le Hamas et l’union nationale palestinienne. L’objectif, pour l’impérialisme occidental, est d’empêcher tout rapprochement entre les dirigeants palestiniens et l’impérialisme russe pour le contrôle du gaz car il s’agit d’un concurrent qui tente de s’approprier leur zone d’influence. Cette guerre est donc en partie liée « à l’aggravation de la lutte pour le partage du monde »1 entre grandes puissances. Le peuple palestinien est la première victime car cette lutte se fait à son détriment. Il subit l’oppression nationale et se trouve dans l’impossibilité de se constituer en Etat politiquement indépendant. Son droit à l’autodétermination est nié. La Palestine est actuellement un enjeu essentiel des rivalités inter-impérialiste au Moyen-Orient. Ce conflit dépasse le cadre national israélo-palestinien et a une portée internationale. Les Occidentaux essayent de contenir l’influence grandissante de l’Iran alliée des Russes et des Chinois. Il s’agit donc d’une guerre de chacals entre les différents impérialismes pour s’approprier les ressources et les territoires stratégiques du Moyen-Orient. Bien entendu, les premières victimes sont les peuples de la région et en particulier le peuple Palestinien.

LES COMMUNISTES SOLIDAIRES DU PEUPLE PALESTINIEN

Les communistes participent au mouvement de solidarité pour le peuple palestinien, car ils sont porteurs des principes d’internationalisme. Nous sommes solidaires des peuples qui subissent l’impérialisme et qui sont privés de leur droit à l’autodétermination. La lutte de libération nationale du peuple palestinien fait donc partie intégrante du combat que mène le prolétariat contre l’impérialisme. Pour les communistes français, il s’agit d’affaiblir les positions de l’impérialisme français au Moyen-Orient et de dénoncer sa complicité avec Israël. A l’heure actuelle, les communistes doivent soutenir l’ensemble du mouvement national palestinien qui s’oppose au colonisateur sioniste. Face à un Etat colonial soutenu par les grandes puissances et institutions de ce monde, la lutte armée du peuple palestinien est légitime. Dénonçons l’expansion de l’impérialisme sioniste et la complicité de l’Etat impérialiste français. Combattons la criminalisation orchestrée par le gouvernement PS du mouvement de solidarité pour la Palestine. Soutenons l’ensemble de la résistance nationale palestinienne pour la fin des bombardements et de la colonisation, la levée du blocus de Gaza, le retour des réfugiés et la libération des prisonniers palestiniens et enfin et surtout pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Cette lutte fait partie intégrante de la lutte que mène le prolétariat contre le capitalisme impérialiste.

 

1- Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme.

La VOIX DES COMMUNISTES N°11 EST PARUE avec son supplément Fête de l’Humanité

En version papier ou en téléchargement dans la rubrique  » LA VOIX DES COMMUNISTES  »

 

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