Dernièrement, le porte-parole du Front de Gauche et dirigeant du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a décidé de prendre ses distances avec la politique, évoquant un « échec » du FDG après les dernières élections nationales, et il accuse le PCF d’être le fossoyeur de ce front réformiste. En vérité, une alliance parlementaire ne pouvait qu’amener ceux qui y croyaient à un échec.

Par son réformisme, le FDG a envoyé le mouvement ouvrier sur de fausses pistes et ce pour plusieurs raisons. En terme de politique et de stratégie, le FDG utilise des phrases « anticapitalistes », antilibérales en fait, mais les solutions proposées restent dans le cadre du capitalisme, car il faut bien être « responsables » et « réalistes » disent les dirigeants du PC-PG : il s’agit donc d’aménager, de réformer le capitalisme, pour amener un monde meilleur. Vaste utopie car la bourgeoisie, en tant que classe dominante et exploiteuse, dispose de tous les leviers économiques et politiques.

Stratégiquement, le FDG est resté dans le sillage du PS, visant à gouverner avec l’ensemble de la « gauche », pour obtenir une majorité favorable à l’assemblée. Alors qu’il faudrait mener de front le combat contre les mesures d’austérité du PS, JL Mélenchon et le FDG ne se sont souciés que d’attaquer le FN, la droite et critiquer sans perspectives réelles le gouvernement. Le réformisme est donc une force liée aux institutions et aux partis de gouvernement que les travailleurs rejettent de plus en plus. Pendant que des mouvements se sont développés (ANI, retraites), le FDG ne leur a jamais donné les moyens de se coordonner afin de déstabiliser ce gouvernement qui défend les intérêts du capital : ce constat là nous l’avons déjà établi lorsque les travailleurs étaient en lutte ( PSA, de Goodyear, etc…)

Le FDG ne s’organise pas afin d’amener les travailleurs à des perspectives anticapitalistes, révolutionnaires ; il utilise seulement leur colère afin de se faire élire au Parlement où il prétend changer les choses. Mais surtout, les dirigeants du FDG calment la colère populaire en semant des illusions dans les revendications et en ramenant les voix au PS au second tour de chaque élection.

Le FDG est donc un échec pour le mouvement ouvrier : il n’offre pas de perspectives sérieuses face à l’offensive du capitalisme et à un gouvernement PS qui répond très bien aux attentes du MEDEF et jouit des illusions que procure le FDG. Celui-ci est une bonne soupape à la colère populaire, un brouillard permettant de voiler la nature réelle du gouvernement et de ses réformes.

Les solutions réformistes proposées par le FDG sont erronées et utopistes car le capital en crise ne peut plus se permettre de donner des miettes aux prolétaires. Les mesures qui avaient été accordées depuis 1945 jusqu’à la fin des Trente Glorieuses sont en train d’être méthodiquement détruites par la bourgeoisie. Pour surmonter la crise capitaliste et faire face à de nouvelles puissances concurrentes, la bourgeoisie veut baisser ses coûts de production en France, donc diminuer les revenus des travailleurs sous sa forme directe (salaires) ou indirecte (sécurité sociale, école…).

Le réformisme n’est donc pas une alternative et ne peut condamner les masses qu’à l’échec. En termes de mobilisation et même pour obtenir des avancées partielles, le réformisme n’est pas capable de créer le rapport de force nécessaire afin de faire face au patronat : on l’a vu durant les différents mouvements sociaux de ces dernières années. Le progrès dans la société ne peut plus être apporté dans le cadre du système capitaliste.

La crise économique que traverse le capital et l’émergence de concurrents économiques dans le cadre du système impérialiste ne permettent plus la réussite d’une politique réformiste. Tout au plus, les réformistes peuvent être utilisés par la classe bourgeoise comme moyen de préserver les fondements du système capitaliste et éviter la contestation politique des « sans-voix » que sont les travailleurs en l’absence d’un Parti communiste. C’est ce qui  s’est produit en 1981, 98-2002 par exemple, c’est ce qui se reproduit aujourd’hui avec le rôle de caution qu’a apporté le FDG au PS pour parvenir au pouvoir.

Pour le prolétariat, le FDG est une illusion trompeuse qui a conduit et qui conduira encore à l’échec. Pour  la  bourgeoise au contraire c’est une réussite. Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, les attaques antisociales se multiplient et n’entrainent que peu de réponses car du Front de gauche qui dévoie idéologiquement le monde ouvrier ne participe pas à éclairer la vrai nature du gouvernement PS. Il freine toute alternative révolutionnaire, bloque la prise de conscience politique des masses,  la coordination des luttes et abandonne le mouvement ouvrier à l’isolement privilégiant des solutions parlementaires sans effets réels sur le cours des évènements.

Si le prolétariat veut parvenir à briser l’offensive de la bourgeoisie, il est clair qu’il doit se détacher de toute illusion réformiste et mener la rupture sur le plan politique, idéologique et économique. Seule la construction d’une organisation communiste est le moyen adapté pour parvenir à ces buts : c’est en développant les liens entre une ligne politique communiste révolutionnaire et les masses ouvrières que le prolétariat regagnera en force et en conscience.  Le capitalisme ne permet plus aujourd’hui d’obtenir des progrès pour la grande masse des travailleurs.

La seule alternative possible est de construire un autre monde : le socialisme. C’est seulement après la conquête politique du pouvoir par la classe ouvrière révolutionnaire que le socialisme ouvrira la possibilité de réels changements en faveur des travailleurs : réduction du temps de travail, éradication du chômage, accès à l’éducation, à la culture, à la santé. Tous ceux qui prétendent qu’il est possible de changer le monde dans le cadre du système capitaliste retardent l’arrivée de ces conquêtes sociales.

 Issu de la VDC n°11