REDONNER À LA CLASSE OUVRIÈRE SON PARTI COMMUNISTE
VÉRITABLE TÂCHE FONDAMENTALE DU ROCML

« Dans sa lutte contre le pouvoir collectif des classes possédantes, le prolétariat ne peut agir comme classe qu’en se constituant lui-même en parti politique distinct, opposé à tous les anciens partis formés par les classes possédantes.
Cette constitution du prolétariat en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la révolution sociale et de son but suprême : l’abolition des classes.
La coalition des forces ouvrières, déjà obtenue par la lutte économique, doit aussi servir de levier aux mains de cette classe, dans sa lutte contre le pouvoir politique de ses exploiteurs.
Les seigneurs de la terre et du capital se servant toujours de leurs privilèges politiques pour défendre et perpétuer leurs monopoles économiques et asservir le travail, la conquête du pouvoir politique devient le grand devoir du prolétariat ».
Ce remarquable article 7a des statuts généraux que Karl Marx a fait adopter au Congrès de la Première Internationale de La Haye, clair et concis, qui fixe à la classe ouvrière ses objectifs a sous-tendu toute l’activité des communistes depuis la Première Internationale jusqu’à la Troisième Internationale et tous leurs succès dont la révolution d’Octobre est le meilleur exemple.
Mais depuis plus d’un demi-siècle maintenant le prolétariat mondial a perdu toute indépendance politique, conséquence de la domination du révisionnisme sur le mouvement communiste international après la mort de Staline et le XXe congrès du Parti Communiste d’Union Soviétique.
En France, le PCF, dont les positions antimarxistes s’étaient très tôt révélées, a été emporté par la tourmente pour devenir le parti social-démocrate bourgeois actuel.
Des tentatives de créer un nouveau parti communiste ont eu lieu. Elles ont échoué. Les communistes qui restent attachés à la théorie révolutionnaire marxiste-léniniste sont soit inorganisés, soit dispersés dans des organisations groupusculaires sans aucune influence politique, coupées de la classe ouvrière ou ayant, au mieux, des liens rudimentaires avec celle-ci.
D’une manière générale les communistes ont sous-estimé la nouvelle situation créée et l’ampleur du travail à accomplir. Le capitalisme a su au sortir de la deuxième guerre mondiale reprendre son développement. La domination de l’impérialisme s’est étendue au monde entier permettant l’exploitation des peuples et du prolétariat à un degré jamais atteint. Dans les métropoles impérialistes il a pu soudoyer à grande échelle les couches supérieures du prolétariat par des concessions politiques et matérielles faites au courant réformiste. L’espoir en un avenir meilleur avec le socialisme et le communisme a été éliminé dans la conscience collective des travailleurs.
Dans ces conditions la reconstruction d’un Parti communiste véritable ne peut être entreprise par la simple volonté subjective des communistes. Il ne suffit pas de s’organiser selon les principes léninistes d’édification d’un Parti communiste pour que la classe ouvrière suive le mouvement.
La classe ouvrière – c’est-à-dire l’ensemble des travailleurs salariés exploités par le capital, collectivement – n’a pas conscience actuellement de sa place de force motrice au sein de la société capitaliste, capable de se libérer de l’exploitation qu’elle subit et en même temps de remplir une mission historique, celle de conduire l’édification de la société socialiste, communiste, sans classes. Le niveau de conscience des travailleurs est faible en ce qui concerne la compréhension, autant des rapports de production capitalistes comme source d’exploitation et d’oppression, que de la nécessite de renverser le pouvoir de la bourgeoisie pour s’en libérer. Même chez les militants syndicalistes et politiques les plus conscients, la confusion idéologique règne. Ce défaut de conscience fait que les travailleurs restent prisonniers du caractère spontané de leurs luttes, ce qui les expose à l’influence de l’idéologie bourgeoise et en particulier du réformisme véhiculé par les couches de la petite bourgeoisie.
L’édification du Parti est dialectiquement liée à la prise de conscience nécessaire de la part des travailleurs. Le développement de celle-ci nourrit le progrès dans l’édification du Parti, lequel renforce ainsi sa capacité de guider les travailleurs dans les luttes qui les opposent à la classe capitaliste. Il faut préciser ici que ce processus d’édification du Parti ne doit pas être conçu d’un point de vue purement numérique ; il doit aller de pair avec l’assimilation approfondie de la théorie du marxisme-léninisme, base fondamentale pour que le Parti puisse jouer son rôle d’avant-garde de la classe ouvrière.
Sans comprendre cela les communistes ne peuvent agir qu’à l’aveuglette en s’égarant dans des chemins détournés, ce qui les amène à se lamenter sur le peu de résultats obtenus et finalement à se décourager. Pour pouvoir avancer dans la construction du Parti il faut que le niveau de conscience de la classe ouvrière s’élève, tandis que l’absence du Parti pèse lourdement sur ce processus d’élévation de conscience. C’est la vision du monde matérialiste qui permet de constater que nous ne sommes pas pour autant condamnés à tourner en rond. Les contradictions inhérentes au système capitaliste et la lutte de classe qu’elles suscitent sont des phénomènes objectifs qui surgissent fatalement du fonctionnement même de ces rapports de production ; elles ne sont pas créées artificiellement par une action humaine intentionnelle.
C’est cette réalité qui amène la classe ouvrière à s’opposer à la bourgeoisie et qui lui permet aussi, à travers sa propre expérience, de mieux appréhender la nature de ce conflit. Aujourd’hui le système capitaliste impérialiste va au-devant de grandes difficultés et pense les résoudre en intensifiant l’exploitation des travailleurs. Cela entrainera nécessairement l’intensification de la lutte de classe, et par conséquent rendra les travailleurs plus aptes à assimiler la perspective qui est la nôtre en tant que communistes marxistes-léninistes.
Les communistes avec persévérance et patience doivent intervenir dans cette lutte et utiliser toutes les situations conflictuelles qui montrent le vrai visage de l’exploitation capitaliste, de l’état bourgeois, des moyens répressifs et judiciaires. Ils doivent utiliser les succès de la lutte mais aussi les défaites, pour expliquer la nécessité de la solidarité de classe, faire progresser la conscience de classe des travailleurs, dénoncer faits à l’appui les faux amis des travailleurs, réformistes et autres, et toutes les fausses solutions censées rendre plus supportable le système capitaliste et maintenir la classe ouvrière sous la domination politique de la bourgeoisie.
L’incapacité actuelle des marxistes-léninistes à peser sur cette situation conduit certains camarades à préconiser le regroupement, sans tarder, des organisations, cercles, groupes existants dans une seule et même organisation. D’une part c’est pure illusion de croire que cela permettrait aux marxistes-léninistes de mieux peser sur la situation politique de la classe ouvrière. D’autre part cela ne tient pas compte de la situation réelle des marxistes-léninistes.
Car non seulement les marxistes-léninistes sont dispersés et peu nombreux mais le révisionnisme a conduit les militants communistes dans une situation où règnent les déformations de la théorie marxiste-léniniste et la confusion idéologique. Le révisionnisme a pris diverses formes depuis la fondation de la théorie marxiste-léniniste, d’abord en opposition directe à Marx, Engels et Lénine, puis avec la contrerévolution en Russie initiée par Khrouchtchev et ensuite par l’apparition du « maoïsme ». Les partis « communistes » qui autrefois incarnaient ces déviations sont aujourd’hui, au mieux, des partis réformistes.
Bien sûr regrouper les marxistes-léninistes dans une même organisation marxiste-léniniste est un objectif que le ROCML a toujours poursuivi. Mais une unité organisationnelle sans que le débat idéologique soit mené pour surmonter les insuffisances idéologiques et théoriques est vouée à l’échec. Récemment des organisations en France ont tenté une unité organisationnelle comme but en soi, elles ont échoué. Lénine disait que pour s’unir il faut se démarquer. Ce débat idéologique doit être mené et le ROCML saisira toutes les opportunités pour y contribuer.
La conférence considère que le ROCML est l’organisation qui mène une politique en accord avec cette analyse de la situation, et que pour cette raison son existence est une nécessité aujourd’hui.
La conférence engage tous les marxistes léninistes à travailler avec lui sur les objectifs qu’il s’est fixés ou, mieux, à rejoindre ses rangs.

ROCML septembre 2018