[Tract cellule de Pau] LA SOLUTION AUX ATTAQUES DE L’ÉTAT ET DES PATRONS PASSE PAR LA LUTTE POLITIQUE RÉVOLUTIONNAIRE DES TRAVAILLEURS

Tract à retrouver en PDF sur le lien : tract pau 19 avril

Ces dernières années les différents gouvernements n’ont pas hésité à détricoter toutes les conquêtes sociales du mouvement ouvrier. Ces conquêtes offrent quelques miettes de protection collective (CDI, statut des cheminots, code du travail, conventions collectives, etc.) dans un système qui est organisé sur l’exploitation d’une immense majorité pour le profit d’une infime minorité. C’est bien le sens de la politique de Macron. Ce dernier enlève l’ISF au bénéfice des plus riches, il fait payer la CSG aux retraités pour soi-disant aider les travailleurs. Dans le même temps, il demande une journée de travail de solidarité non payée pour « aider » les retraités ! Comprendra qui voudra. La vérité est que les efforts demandés à chacun par ce gouvernement servent à enrichir toujours plus une infime minorité : la bourgeoisie.

Les réponses à apporter pour riposter

 

Le CPE, la réforme des retraites, l’ANI, la loi Macron, les lois travail en 2016 et 2017 ainsi que d’autres réformes touchant le milieu scolaire et universitaire ont donné lieu à de grandes luttes sociales menées par les syndicats et rassemblant des millions de travailleurs. Pourtant, aucune de ces luttes n’a été totalement victorieuse.

C’est une question qui traverse les têtes de nombreux travailleurs et tout le monde y va de son analyse pour expliquer l’échec : les journées saute-mouton, le syndicalisme rassemblé, l’absence de grève générale, etc.

Face à cela, voici plusieurs pistes que les marxistes-léninistes proposent et impulsent pour qu’elles se concrétisent.

  • Il est essentiel de participer aux mobilisations en cours sur son lieu de travail, dans son quartier, de mobiliser aussi sur ses propres revendications, d’apporter la solidarité de classe en développant les caisses de grève des cheminots, en multipliant les initiatives pour élargir et populariser le mouvement auprès des autres travailleurs.
  • Le gouvernement est une organisation de choc du capital pour attaquer les travailleurs. Il utilise la police, les forces de l’ordre, l’appareil idéologique. Il n’y a donc rien à attendre de lui. L’Etat ne volera pas au secours des travailleurs. Les négociations gouvernementales ne sont qu’une farce. Seul le rapport de force pourra faire reculer ce gouvernement antisocial.
  • Cette lutte peut déboucher sur un grand mouvement d’ampleur qui peut gagner sur des revendications syndicales. Se battre contre l’offensive actuelle du capital est juste. Cela apportera de l’unité et de la combativité à la classe ouvrière pour pouvoir s’acheminer vers la prise de conscience révolutionnaire, vers une lutte politique et révolutionnaire de la classe ouvrière.
  • Pour cela, les travailleurs en lutte ne doivent pas laisser la lutte politique aux seuls partis bourgeois. Il est important de mettre en place des espaces de débats et de discussions, des cercles de réflexions autour des débats qui traversent le mouvement. C’est en faisant de la politique révolutionnaire que la classe ouvrière pourra débarrasser l’Humanité du capitalisme qui détruit la vie de millions de travailleurs. Il n’y a que deux alternatives : socialisme ou barbarie !

 

RETRAIT DES LOIS ANTISOCIALES !

RETRAIT DES REFORMES MACRON : SNCF, LOI ORE, PARCOURS-SUP, ORDONNANCES !

SEULE UNE POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE PEUT STOPPER L’OFFENSIVE DU CAPITAL !

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LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS CONSTRUIRE UN PUISSANT RAPPORT DE FORCE

Issu du dernier journal de la VDC: ICI

Depuis sa victoire lors de la bataille sur la réforme des retraites de 2010, la bourgeoisie n’a de cesse d’imposer des contre-réformes qui facilitent les licenciements. L’ANI, la loi Rebsamen, la loi El Khomri, les récentes ordonnances. Macron donne un pouvoir plus étendu au patronat pour mettre à la rue des milliers de salariés. Dans le même temps, ces contre-réformes amoindrissent les possibilités des salariés de se défendre. Les premiers effets de ces lois anti-ouvrières pointent déjà le bout de leur nez dans beaucoup d’entreprises (PSA, Pinky, Carrefour…), pour beaucoup de salariés.

 

Des droits qu’il faut imposer par la lutte 

 

Jamais les gouvernements bourgeois n’ont donné de droits aux salariés pour s’opposer aux licenciements. La classe ouvrière a dû se battre, mener des grèves, des mouvements durs pour imposer certains droits. Et puis le rapport de force aidant, la bourgeoisie a cédé quelques droits pour acheter la paix sociale. C’est notamment des recours devant les tribunaux afin de contester les licenciements et leurs motifs. Cependant, si un rapport de force de classe n’est pas constitué en amont, cette justice avantage toujours le capital, et n’a jamais réussi à faire reculer la sacro-sainte propriété bourgeoise. Tout au plus, a-t-elle permis de défendre les droits minimums des salariés, donner des contreparties plus ou moins avantageuses. Aujourd’hui pourtant, même la possibilité de recours en justice est devenue un frein aux plans de la bourgeoisie. C’est en partie à cela que s’attaquent les dernières lois anti-ouvrières. Pour ces raisons, le syndicalisme de conciliation, d’accompagnement avec le capital condamne les salariés à la défaite et à accepter des mesures qui vont accroitre l’exploitation capitaliste. Le devoir de tout militant est de rompre avec le syndicalisme « de dialogue social » et construire partout un syndicalisme qui lutte classe contre classe.

 

Une lutte quotidienne qui renforce l’unité et les solidarités de classe

 

Malgré les échecs successifs sur le terrain national, les luttes n’ont pas cessé et même se développent localement face aux fermetures d’entreprises. Le cas le plus emblématique de cette dernière période est la lutte des salariés de GM&S, qui depuis plus d’un an, luttent sans relâche pour préserver leurs emplois. Et ces salariés qui ne baissent pas les bras et ne se laissent pas berner par les discours des patrons et des politiques bourgeois ont raison. Ils refusent d’accepter que la bourgeoisie détruise leur vie, et les divise par de mauvaises solutions de reprises. Si leur lutte a pu durer aussi longtemps, si les salariés ont pu aussi préserver au moins une année de plus leurs emplois, c’est grâce au bras de fer engagé par les salariés de GM&S qui ont su faire de leur lutte un symbole national du combat contre les licenciements.

Pour pouvoir contester les licenciements dans la durée, il est important de contester la logique du système capitaliste qui sacrifie les salariés sur l’autel des profits. Avoir un rapport de force nécessite d’avoir un syndicat d’entreprise puissant, qui fonctionne et organise les revendications des salariés, sache les mobiliser. C’est une lutte quotidienne de plusieurs années mais la condition préalable pour résister aux plans de licenciements des patrons. La conscience de classe et de lutte des salariés de GM&S leur a permis de contester les motifs de fermeture de l’usine et mobiliser leurs collègues. Pour s’opposer aux plans de licenciements, la première tâche est de chercher les motifs véritables de la fermeture car les équipes patronales masquent les véritables causes. Il est donc possible de créer une commission élue en assemblée générale qui enquête et rende publiques ses conclusions. La seconde tâche est de constituer un rapport de force basé sur la revendication du refus de la fermeture et pour le maintien des emplois. Les salariés qui acceptent la logique du plan de licenciement en acceptant la négociation de primes comme revendication de leur rapport de force se placent sur le terrain de la défaite. Dans tous les cas, ils obtiennent moins que s’ils se battent pour le maintien des emplois.

 

Organiser la lutte de manière autonome face aux partis bourgeois et réformistes

 

Une condition importante pour faire reculer le patronat est l’autonomie de la lutte face au pouvoir politique bourgeois et aux élus. S’il peut être nécessaire d’interpeler les élus municipaux ou nationaux, il est essentiel de garder une autonomie de classe dans la revendication du maintien des emplois. Ce qui importe dans la lutte, est l’organisation de la solidarité au sein des entreprises voisines, la mobilisation de soutiens locaux et régionaux en faisant appel à la population. C’est la construction de ce front de lutte qui renforcera avant tout la lutte contre les licenciements.

Pourquoi faut-il se méfier des partis politiques du capital et des réformistes ? Parce qu’en général, ils sont impuissants face aux lois du capitalisme. Surtout, dans leur politique générale, ils sont de fervents soutiens de ce système. S’ils font mine de soutenir les salariés (même en donnant de l’argent ou en interpelant les patrons ou le gouvernement), ils finissent par se ranger contre eux dès que les travailleurs veulent aller plus loin, ou ne pas accepter les compromis que proposent les patrons. C’est le cas des GM&S qui critiquant l’offre de reprise ont subi des attaques et des pressions du pouvoir politique pour qu’ils cessent leur lutte. Le porte-parole actuel du gouvernement, Benjamin Griveaux, estimait que les syndicalistes de GM&S « ne sont pas dans un travail de coopération (…) Ils mettent en péril la reprise de l’entreprise » (Europe 1, 6/10/17).

Les salariés ne peuvent compter que sur leurs propres luttes pour résister aux exigences patronales. Bien entendu, lutter politiquement contre les licenciements est essentiel : les luttes ouvrières ont besoin d’un parti politique anticapitaliste, un parti communiste qui défende les intérêts politiques immédiats et à long terme des travailleurs. Mais cela nécessité d’écarter tout soutien aux formations politiques pro-capitalistes et anti-ouvrières.

 

L’Etat bourgeois est au service des licenciements

 

L’appareil d’Etat n’est pas un allié dans la lutte contre les licenciements. L’Etat, sous le capitalisme, aide en permanence les patrons. Le cas des GM&S est emblématique et révélateur du rôle que tient l’Etat. Premièrement, il lance des attaques idéologiques en marginalisant les salariés. Tout le monde a en tête les propos de Macron à l’encontre de la lutte des GM&S. Mais il n’est pas le seul, avant lui Jospin avait dit qu’ « il ne faut pas tout attendre de l’Etat », ce qui signifie que l’Etat dans ce système est incapable de répondre aux besoins des salariés. Politiquement, et que les gouvernements soient de droite ou de gauche, l’Etat a mis en place des contre-réformes politiques allant toutes à l’encontre des intérêts des salariés. Depuis plus de 30 ans, aucune mesure n’améliore la condition des salariés dans l’entreprise. Au niveau économique, le fardeau de l’effort pour sortir de la crise repose sur les salariés. Le capital avec l’Etat font peser tout le poids de la crise sur les salariés en facilitant les licenciements et en aidant le patronat à se restructurer avec des simulateurs permettant aux patrons de prévoir combien leur coûtera une restructuration (1). Enfin, l’arme de la répression est utilisée par l’Etat sur les ouvriers en lutte. Souvenez-vous des CRS chargeant le cortège des GM&S.

Enfin, certains prétendus amis de la classe ouvrière peuvent devenir des ennemis. C’est le cas de Syriza en Grèce avec son gouvernement de « gauche radicale »  qui s’attaque au droit de grève. Voici ce qu’en dit le Parti communiste grec (KKE) : « avec ce nouveau paquet de mesures, le gouvernement, entre autre, a l’intention de porter un coup au droit des travailleurs de déclarer une grève. Selon le nouveau projet de loi, pour qu’un syndicat de base puisse déclarer une grève, 50% des membres inscrits devraient être d’accord avec cela. En effet, le gouvernement tente d’adopter cela sous prétexte de «démocratie», alors que dans les lieux de travail domine le terrorisme des employeurs, le risque de licenciement pour participation aux luttes, surtout dans des conditions où le taux de chômage est particulièrement élevé »(2).

 

La solution définitive au problème des licenciements est la sortie du capitalisme

 

La production, dans le système actuel, se réalise en fonction des profits qu’obtiennent ceux qui possèdent les entreprises, c’est-à-dire les capitalistes. Dans le cadre de la concurrence mondiale, les entreprises cherchent à baisser leurs coûts de production. Elles investissent leurs capitaux en fonction du profit qu’elles escomptent obtenir. Si les profits escomptés ne sont pas au niveau de la concurrence, les entreprises délocalisent, restructurent leur production. Ainsi, les plans sociaux, les licenciements sont à l’ordre du jour. L’ouverture ou la fermeture d’entreprise n’a pas pour raison la volonté de répondre aux besoins humains, mais la recherche égoïste du profit. La majorité de la société est à la merci du chômage pour qu’une petite minorité puisse s’enrichir. Ainsi, le capitalisme n’est pas en capacité d’offrir un avenir sans peur du lendemain aux salariés. Il a d’ailleurs de plus en plus tendance à n’offrir que la peur du lendemain. Il faut donc sortir de ce système.

 

Développer la lutte anticapitaliste contre les plans sociaux

 

L’obtention de victoires face au calvaire des licenciements et des restructurations est politique et nationale. Il s’agit de remettre en cause un système d’ensemble, à la fois économique et politique, qui n’a d’autre objectif que l’enrichissement d’un pôle de la société au détriment d’un autre. Après l’application des ordonnances, la bataille de classe prend des allures plus locales où les salariés empêchent l’application des mesures anti-ouvrières entreprise par entreprise. La lutte n’est pas terminée et ne va pas s’arrêter demain. D’ores et déjà, des syndicalistes en lutte nouent des liens de solidarité entre eux. C’est par ce type de développements de la lutte que le mouvement sera en passe de préparer une nouvelle bataille, une nouvelle offensive cette fois nationale, qui devra aussi avoir une portée politique de remise en cause du système que défend le gouvernement.

Durant les luttes dures comme celles des GM&S, les salariés gagnent une expérience précieuse. Ils constatent que ce sont eux qui sont au cœur de la production. Cette expérience démontre un haut degré de conscience et de lutte de la part de certains secteurs. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire organisé, ces expériences locales formant une avant-garde syndicale, démontrent concrètement la nécessité d’un dépassement du capitalisme, mais restent malheureusement impuissantes à transformer la situation politique nationale. Elles sont néanmoins un point d’appui essentiel au futur développement d’un parti révolutionnaire en France.

 

(1) Simulateurs sur des sites officiels des ministères et de l’Etat : https://www.service-public.fr/simulateur/calcul/bareme-indemnites-prudhomales    https://www.telerc.travail.gouv.fr/RuptureConventionnellePortailPublic/jsp/site/Portal.jsp?page_id=14

(2) KKE, http://fr.kke.gr/fr/articles/Activite-militante-multiforme-des-syndicats-contre-la-politique-antipopulaire/

Pour s’informer sur la politique syndicale des communistes dans les années 1920-1930,

l’ouvrage de Losovsky, Le programme d’action de l’Internationale Syndicale Rouge offre un condensé des moyens à mettre en œuvre pour vaincre le capital. Un livre que tout syndicaliste devrait avoir sur sa table de chevet.

 

S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE GRATUITE DES SOINS POUR LES CLASSES POPULAIRES

« 30 % des dépenses de santé ne sont pas pertinentes ». Voilà la petite phrase prononcée par la ministre de la santé Agnès Buzyn en octobre dernier. D’après elle, la santé doit entrer dans le bal de l’austérité et des économies. Ce n’est pas  quelque chose de nouveau puisque depuis des années, la santé, les hôpitaux subissent des restructurations allant à l’encontre des intérêts de la majorité du peuple mais aussi des personnels salariés de la santé.

Quelle logique pousse la ministre de la santé à tenir de tels propos ? Cette logique est la même que celle qui pousse les patrons à augmenter l’exploitation des salariés du privé.  Dans la société capitaliste, la santé de la majorité de la population se heurte à la nécessité de faire du profit. Seule la perspective de dégager des profits pousse à préserver et développer l’activité économique. Il se trouve que soigner les salariés, développer des services de santé pour tous à long terme n’obéit pas à cette logique de profit. Bien soigner le peuple est en contradiction avec la logique du capital même si pourtant la bourgeoisie a besoin de salariés en bonne santé. Il faut donc « rationaliser », « responsabiliser », détruire finalement les services publics de santé pour les rendre rentables, « efficients ». La protection sociale n’est pas tombée du ciel. Imposée par le mouvement ouvrier qui occupait une position importante dans la Résistance face à l’occupant nazi, la protection sociale est justement le fruit d’une lutte aigue de la classe ouvrière face à la bourgeoisie. Depuis, le capital n’a eu de cesse de revenir sur cette grande conquête sociale au détriment des salariés(1). Il devient de plus en plus clair que ce ne sont pas des gouvernements bourgeois qui amélioreront la santé pour la majorité du peuple mais seulement la prise en main par les travailleurs des affaires publiques.

Capitalisme et accès à la santé :

Une contradiction de plus en plus aigüe

Entre les idéaux libéraux de « bien commun » et la cynique réalité de la société capitaliste, la santé des travailleurs est régulièrement mise de côté, passée par pertes et profits. Aujourd’hui, le capitalisme subit une crise chronique et donc la santé attaquée par les différents gouvernements. En effet, le chômage est très élevé, l’Etat dépense des milliards pour faire repartir l’investissement des entreprises en faisant des cadeaux aux patrons (CICE, exonérations massives de cotisation sociales…). Il cherche donc à réduire les dépenses qui sont pour lui « improductives » et ne permettront pas de faire repartir la machine économique. La santé appartient à ces domaines « improductifs » car il n’y a de productifs pour le capital que les secteurs économiques qui produisent de la plus-value. Comme le remarque Karl Marx : « Le capital industriel est le seul mode d’existence du capital où sa fonction ne consiste pas en appropriation mais également [surtout !] en création de plus-value, autrement dit de surprofits »(2). Le capitalisme en contrepartie se heurte à la nécessité de reproduire une force de travail élargie, qui puisse être apte à venir travailler le plus longtemps possible, en bonne santé, avec un minimum de formation intellectuelle et culturelle.

Les gouvernants du capital ont fait un choix de classe. Pour résoudre leur crise, ils recourent à une augmentation de la plus-value, de l’exploitation des salariés. Ils augmentent la durée de travail des salariés, l’intensité du travail, font appel à la flexibilité des horaires et à la sous-traitance. L’ensemble des salariés est mis sous la coupe d’une exploitation plus importante ce qui entraine des risques plus importants sur la santé : stress, épuisement au travail (burn-out), fatigue générale, non-recours aux arrêts de travail pour cause de pression,…Plus d’un salarié sur deux estime subir du stress au travail. 28 % des salariés et 26 % des managers déclarent que leur travail leur a déjà causé des « problèmes psychologiques graves »(3). Cette situation est largement imputable aux nouvelles méthodes de management mises en place par les directions d’entreprises, basées sur l’individualisation, l’isolement, les objectifs, mais aussi au risque de chômage.

L’état de santé est différent, « selon la classe sociale »(4). Un ouvrier masculin sur 4 meurt avant 65 ans. La mort du cancer est plus élevée chez les ouvriers que chez les cadres(5). Mais ce qui n’est pas dit, c’est que ce sont les conditions de vie de ce système qui sont la cause principale(6) des problèmes de santé de la classe ouvrière.

 Prenons deux exemples :

En mai 2012, la CGT s’est mobilisée pour demander la restauration du droit au départ à la retraite à 50 ans pour les salariés des égouts et des assainissements. Les salariés de ce secteur sont soumis à des conditions de travail déplorables et indignes. Ils touchent des salaires de misères et leur espérance de vie est de 13 ans inférieure par rapport aux cadres supérieurs (7). Ils meurent en général d’infections et de cancers dus à leur travail dans les égouts.

En 2012 toujours, les salariés sous-traitants du nucléaire étaient en grève pour dénoncer leur situation. Ces salariés du nucléaire sont utilisés dans les centrales pour faire les opérations les plus dangereuses et les plus exposées aux rejets radioactifs : ils « ont en charge la logistique dans la centrale, ce qui recouvre de très nombreuses activités de maintenance : décontamination, tri, évacuation des déchets »(8). Ces salariés « encaissent la quasi-totalité de  la dose annuelle de radiations reçue dans les 19 centrales nucléaires françaises. C’est le prix à payer pour les près de 30 000 sous-traitants d’EDF. Eux-mêmes se qualifient de « viande à rems », ancienne unité de mesure de la radioactivité »(9). Ils reçoivent 80 % des doses radioactive, ce qui montre bien que le capitalisme transforme certaines couches de salariés en travailleurs sacrifiables.

Est-ce que les différents gouvernements qui se sont succédés depuis se sont souciés des conditions de vie de ces salariés ? Non bien au contraire. L’offensive de la bourgeoisie à l’encontre des travailleurs a amplifié les risques sur la santé au travail, est une cause de la détérioration de la santé des salariés. En effet, la loi El Khomri a supprimé la visite médicale d’embauche sauf pour les « métiers à risque ». Surtout, la visite d’information et de prévention est passée de 2 à 5 ans pour les salariés et à 4 ans pour les « métiers à risque ». Il devient difficile de déceler le stress et l’épuisement au travail avec de tels délais(10). Quant aux ordonnances Macron, en démantelant les CHSCT, elles vont permettre de freiner la lutte des salariés pour améliorer leur santé et leurs conditions de travail. En effet, dans le cadre de la délégation unique, les salariés auront moins d’heures de délégation et de moyens(11) pour lancer des alertes sur leurs conditions de travail. Il s’agissait là d’une instance importante pour les salariés car en général, les entreprises réduisent leurs coûts de production au détriment de la santé et de la sécurité de son personnel.  C’est pourquoi les marxistes-léninistes réclament l’abrogation des lois anti-ouvrières qui participent à dégrader la santé des travailleurs et réclament un suivi médical sérieux pour les salariés.

Le capitalisme nuit à la santé des salariés et ne peut réduire les inégalités de santé. « L’écart entre l’espérance de vie d’un cadre et d’un ouvrier est le même depuis… 1976 ». De plus, il y a 6 ans d’écart d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre(12). Et les statistiques n’indiquent pas la différence d’espérance de vie en bonne santé entre un cadre et un ouvrier. Ces différences sociales sont dues aux conditions de travail, au mode de vie mais aussi à l’inégalité d’accès aux soins et notamment à leur coût. En effet, dans l’ensemble des soins, l’Observatoire des Inégalités relève « le poids de l’origine sociale » et ce, dès le plus jeune âge(13). C’est pourquoi ce problème ne peut se résoudre que par le développement d’une médecine préventive et d’une éducation à la santé, gratuite et publique, au sein des établissements scolaires. Cela nécessite de rompre entièrement avec les politiques d’austérité mises en place depuis 30 ans. Pour l’accès à la santé en général, les inégalités se creusent au détriment des classes populaires car l’Etat diminue ses dépenses. Exit les maternités et services hospitaliers de proximités, adieu le repos nécessaire et le suivi à l’hôpital après une hospitalisation. Bonjour  dépassements d’honoraires et partie non remboursée. Ce désengagement de l’Etat a développé un « marché de la santé » avec une offre de soin à deux vitesses qui accroit les inégalités sociales (14).

Protection sociale pour tous les salariés :

gratuité des soins

« Le droit à la santé a toujours été une conquête de la classe ouvrière sur le capital »(15). Il est donc nécessaire de combattre par le rapport de force les menaces que porte Macron sur la protection sociale. La bourgeoisie s’organise toujours mieux pour faire payer les travailleurs, à nous de résister à cette offensive. En effet, la part du patronat dans le financement de la sécurité sociale se réduit. En 2016, les exonérations de cotisations sociales ont représenté 27,8 milliards d’euros(16), soit plus de la moitié du budget de l’éducation pour 2018 !! De plus avec le CICE, les charges patronales vont encore baisser de 24,8 milliards d’euros en 2019(17). Encore un cadeau de plus aux riches. Quant à la baisse des cotisations maladies et chômage, elle est compensée par l’augmentation de la CSG qui repose sur l’ensemble des salariés et de la population et n’ouvre aucun droit. Ainsi, on passe de plus en plus d’un système d’assurance où tout le monde participait, à un système d’assistance qui risque de devenir un plafond minimum de soins gratuits avec, en complément pour ceux qui le peuvent, le recours à des assurances privées toujours plus chères.

Pour les communistes, une société aussi industrialisée et riche que la nôtre devrait développer l’accès gratuit aux soins, la prise en charge gratuite de tout individu. Cependant, la réalité montre que le capitalisme n’a jamais été capable d’assurer à tous de quoi vivre et se soigner dignement, il l’est encore moins actuellement, en pleine phase de décomposition. Ainsi, pour « Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain » comme le disait Ambroize Croizat(18), ministre communiste qui a créé la sécurité sociale (avec de nombreux militants cégétistes), il est plus que nécessaire de combattre tout un système et sa logique qui ne peut satisfaire, à long terme, un besoin social aussi essentiel pour des millions (des milliards à l’échelle de la planète) d’êtres humains. C’est pourquoi l’accès à une santé gratuite, pour tous peut être un des points de rupture avec le capitalisme, un des points sur lequel les communistes peuvent faire grandir l’alternative pour un système où l’accès à la santé serait, au même titre que d’autres aspects fondamentaux, au centre de la société : le socialisme.

(1) Voir : CGT, Bref historique d’une conquête ouvrière, 30/07/2012.

(2) Karl Marx, cité in Thomas T., Démanteler le capital ou être broyés, des alternatives que révèle la crise, Editions page Deux, Lausanne, 2011, 122 p.

(3) Thomas T., Idem, p. 35. De même, ce minimum qu’accorde la bourgeoisie pour rémunérer sa force de travail se différencie selon le développement économique du pays, sa lutte des classes…

(4) Le télégramme, « stress au travail, un mal persistant », 7/12/2017.

(5) « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratique de soins », in Revue Agone, n°58, 2016.

(6) Idem.

(7) Il y a des causes secondaires qui sont reliées par mille fils aux conséquences du capitalisme : mauvaise éducation à la santé, alimentation de moindre qualité….

(8) Les Echos, « Egoutier, un métier dangereux à long terme », 22/06/2016.

(9) Républicain Lorrain, « Le ras-le-bol de « la viande à rem » », 18/04/2012.

(10) Médiacités, « Grâce à la sous-traitance, EDF perpétue le mythe du nucléaire sans risque », 22/11/2017.

(11)http://www.ugict.cgt.fr/articles/actus/decret-reculer-prevention-risques-travail

(12) https://cgt.fr/IMG/pdf/fiche_no13_suppression_du_chsct.pdf

(13) https://www.latribune.fr/economie/france/l-ecart-entre-l-esperance-de-vie-d-un-cadre-et-d-un-ouvrier-est-le-meme-depuis-1976-551827.html

(14) Observatoire des inégalités, « Santé bucco-dentaire des jeunes : le poids de l’origine sociale », 13/07/2017, et « L’obésité chez les jeunes, le poids du milieu social », 4/07/2017.

(15) « Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratique de soins », in Revue Agone, n°58, 2016.

(16) S. Barbas, « Droit à la santé, l’actualité de l’analyse critique de Marx face aux inégalités, in Humanité, 4/01/2018.

(17) http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/securite-sociale-les-exonerations-de-cotisations-ont-progresse-en-2016-1337637.html

(18) https://www.ouest-france.fr/sante/securite-sociale/ce-qui-change-dans-le-nouveau-budget-de-la-securite-sociale-5351858

 

15 mars 2018 : Journée nationale d’action

Le Rassemblement Organisé des Communistes (ML) s’associe à cette journée d’action des personnels de santé.
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15 mars 2018 : Journée nationale d’action
Les services à domicile et établissements (EHPA, EHPAD, USLD, hôpitaux gériatriques) personnes âgées : Les professionnels restent mobilisés !
18 février 2018 / Fédération Santé Action socialeIntersyndicale
L’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SUD, UFAS et UNSA, soutenues par l’AD-PA et rejointes depuis par la FSU et FA-FP à décidé ce 15 février d’appeler à la grève le 15 mars prochain.
Aujourd’hui, partout en France, les salarié.e.s (de toutes catégories, y compris de direction), les associations d’usagers, les familles … dénoncent l’inexcusable, l’incompréhensible et volontaire abandon dans lequel le gouvernement laisse les personnes âgées vulnérables parce qu’en perte d’autonomie en établissement comme à domicile.
Partout, l’ampleur des mobilisations du 30 janvier ont rassemblé des personnels du privé, du public de l’associatif (aides à domicile…), de la plus petite à la plus grosse structure montrent la détermination et l’exaspération des professionnels et des usagers.
Cette journée n’était qu’une étape dans le mouvement qui dénonce un gouvernement sourd et empreint de mépris envers des professionnel.le.s.
OBJECTIF : 15 mars 2018
il est temps que l’Etat entende la nécessité de :
  • Mettre en place un financement pérenne et solidaire de l’aide à l’autonomie.
  • Pérenniser le financement de l’aide à domicile, abroger les dispositions législatives baissant les dotations des établissements et maintenir de tous les effectifs
  • Augmenter le temps passé auprès des personnes âgées à domicile et appliquer le ratio d’un personnel pour une personne accompagnée en établissement (prévu par le Plan Solidarité Grand Age de 2006)
  • Revaloriser les salaires, améliorer les carrières et les conditions de travail des personnels à domicile et en établissement dans le cadre du statut et des Conventions Collectives Nationales.
La CGT prendra toute sa place dans les prochaines mobilisations tant que les justes revendications des personnels ne seront pas entendues par le gouvernement…

VDC Editorial: ASSEZ DE RECULS Luttons classe contre classe pour l’abrogation des lois anti sociales

Editorial de la Voix des Communistes, n°23

Journal Février mars

ASSEZ DE RECULS

Luttons classe contre classe

pour l’abrogation des lois anti sociales

 

L’année 2017 aura vu la disqualification des partis traditionnels qui se partageaient alternativement le pouvoir, les Républicains et le PS. L’alternance gauche droite qui a dominé la vie politique lors des dernières années n’était plus capable de répondre aux attentes économiques et politiques de la bourgeoisie. Les travailleurs et une partie de la petite bourgeoisie se détournaient des représentants politiques de gauche comme de droite. Pour éviter une crise politique qui aurait ébranlé le pouvoir bourgeois, fut mise sur pied une « nouvelle force » censée rénover le pouvoir politique et capable d’appliquer les « réformes » attendues par le capital. Macron a reçu cette mission et a été « démocratiquement » élu et il a engagé son gouvernement à entreprendre au pas de course une série de contre réformes qui touchent directement ou indirectement les travailleurs.

 

            L’unique but de la production capitaliste est de reproduire le capital investi avec une plus-value, un profit. Or Le développement du capitalisme dans le monde entier a, ces dernières années, rendu plus difficile pour chaque capital investi la réalisation d’un profit. La division internationale du travail a été bouleversée. La concurrence et les contradictions se sont aggravées entre les états capitalistes et impérialistes, ponctuées par des crises périodiques de surproduction de plus en plus graves.

Comment toutes les bourgeoisies du monde pensent-elles pouvoir, dans cette situation, tirer leur épingle du jeu ? En exploitant encore plus les travailleurs !

 

            Dans le monde et en Europe, la bourgeoisie française a pris du retard par rapport aux politiques d’austérité et de restructuration des relations capital travail, menées dans les autres pays européens, allemand ou anglais (développement des travaux précaires, contrats à zéro heure en Angleterre ou en Grèce, Espagne, Portugal où les salaires ont baissé jusqu’à 25 %).

            La bourgeoisie française ne peut plus désormais reculer pour réduire le prix de la force de travail. Elle doit augmenter par tous les moyens le temps de travail sans accroitre les salaires, diminuer les retraites par l’augmentation des impôts, rogner sur le salaire indirect (les fameuses « charges sociales »), sur les frais de santé et sur l’entretien de la force de travail au chômage qui ne produit plus de plus-value, et cela tout en évitant une explosion sociale. Cela suppose un recours accru à la répression policière et judiciaire dont l’incorporation de mesures propres à l’état d’urgence dans la loi, aux mesures contre l’expression publique bref un renforcement du contrôle de l’État sur la société. S’ajoute à cela l’action impérialiste de la France pour préserver sa zone d’influence en Afrique et dans d’autres parties du monde face aux empiètements des autres impérialismes et qui engloutit d’énormes ressources financières.

            Les travailleurs ont tenté de résister à cette offensive de la bourgeoisie, mais la mobilisation syndicale n’a pas été en mesure seule de l’arrêter. Les échecs répétés de la mobilisation contre les attaques du pouvoir au cours des années 2016-2017 ont conduit les travailleurs les plus combatifs à chercher les raisons de cette inefficacité de leurs mobilisations nationales.

 

            Certains mettent en cause les méthodes de lutte, les journées de mobilisation répétées et inefficaces et préconisent la grève générale. En vérité les causes sont plus profondes. Les luttes nationales ne pourront gagner en efficacité que si la classe des exploités se débarrasse de l’influence idéologique et politique du « réformisme de gauche » qui cantonne les luttes à un moyen de pression dans les négociations pour obtenir quelques concessions à la marge des « partenaires sociaux ». La bourgeoisie sait que les centrales syndicales ne déborderont pas de ce cadre.

            L’illusion de pouvoir régler les problèmes en tant que partenaires sociaux s’oppose à la claire conscience que patronat et salariés ont des intérêts antagonistes. L’illusion d’un État au-dessus des classes et qui pourrait trouver des solutions en faveur des travailleurs est en opposition à la réalité d’un État au service de la classe bourgeoise. Tout cela freine la prise de conscience de la classe, la solidarité entre les travailleurs, la lutte commune et la construction de leur organisation politique et syndicale indépendamment de la bourgeoisie. La bourgeoisie, même si elle en a de moins en moins les ressources pour le faire, continuera à entretenir ces illusions, en s’appuyant sur les forces conciliatrices dans les syndicats et partis de « gauche ». Elle cherchera à dissimuler le caractère de classe des mesures qu’elle prend.

     

 

Au sommaire

 

Sommaire

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS

5 S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE

6 SOLIDARITE AVEC LES MC DO

7 DEBAT: L’ECOLOGIE

10   DOSSIER JCML: LA SELECTION A LA FAC

12   IMPERIALISME FRANCAIS

Nouvelle Calédonie

La France au Sahel

20   IMPERIALISME DANS LE MONDE

L’Asie Pacifique

Palestine

Syrie-Rojava

21 INTERNATIONALISME

Le mouvement iranien

Des luttes dans le monde entier

 

PSA-Mulhouse : Des syndicalistes interpellent le ministre des patrons Mobilisons, interpelons face aux lois antisociales

Alors qu’il est venu féliciter les patrons de PSA qui viennent d’annoncer un excédent de près de 6 milliards d’euros, Bruno Lemaire, ministre de l’économie a été pris à parti par des militants de la CGT. Ceux-ci avec raison, ont dénoncé les cadeaux faits aux patrons par les différents gouvernements. En Effet, entre 2013-2014, PSA a économisé plus de 126 millions d’euros au titre du CICE. Dans le même temps, entre 2013 et 2018, PSA a licencié plus de 25.000 salariés avec l’aide de l’Etat et des différents gouvernements (Hollande-Macron). Et dans le même temps, PSA a recours à l’emploi précaire avec l’utilisation de sous-traitants ou d’intérimaires, à la pression sur les salaires.

 

Le syndicaliste CGT a refusé de se laisser embobiner par le discours du ministre et a rappelé très justement que PSA et riche à milliards et que le gouvernement est son alliée : « Vous passez souvent à la télé, on vous écoute souvent vous, on vous paye à faire des choses, vous faites rien pour les ouvriers, écoutez pour une fois que vous en avez un en face de vous ». Il a dénoncé la politique d’offensive antisociale du gouvernement. Le ministre bourgeois égal à lui-même n’a pu répondre au syndicaliste et n’a fait que ressasser les pseudos-« vérités » des dominants : « la colère n’amène rien », « écoutez-moi », laissez le gouvernement régler vos vies, soyez fier de votre entreprise…

 

            Interpeler les ministres, les élus politiques, dénoncer leurs agissements en faveur des patrons est un exemple à répéter massivement. Bruno Lemaire et son gouvernement n’ont rien à apporter aux salariés. Tout le gouvernement Macron-Philippe se mobilise pour organiser une attaque générale, sur tous les fronts, contre les salariés, les jeunes, les retraités, les services sociaux à la population. Seule la mobilisation, la création d’un puissant rapport de force, en bref, d’une politique « classe contre classe » peut briser l’offensive de lois antisociales menée par le gouvernement Macron-Philippe.

           

            Interpeler les ministres, les élus, comme à Mulhouse, est un exemple à suivre. Plus aucun élu au service de la bourgeoisie ne doit pouvoir visiter des lieux de travail, des lieux publics, sans avoir à subir la colère ouvrière. C’est aux salariés de faire leur politique, au service de leurs intérêts, et pour la réaliser, ils ne peuvent que s’affronter aux dominants. C’est aux salariés de dénoncer la nouvelle structure capitaliste qui recourt à la sous-traitance à l’intérim. C’est dans nos organisations de classe que nous avons le devoir de défendre et d’organiser les intérimaires, les sous-traitants.

           

LE GOUVERNEMENT MACRON S’ATTAQUE A TOUS LES TRAVAILLEURS ET AUX JEUNES !

COMBATTONS CLASSE CONTRE CLASSE CE GOUVERNEMENT !

Il faut régulariser les travailleurs sans papiers en grève dans leurs entreprises depuis le 12 février 2018 !

SansPapManif

Nous publions pour information ce tract de la CGT,

Ils travaillent dans la fabrication des plats cuisinés, dans la collecte des ordures ménagères ou de déchets, dans la distribution express des colis, dans la logistique transport, dans le BTP…

Très souvent intérimaires… Ils sont plus d’une centaine de travailleurs sans papiers de 6 entreprises de différents départements d’Île de France à avoir décidé d’arrêter le travail, se mettre en grève 12 février 2018 avec les différentes structures de la CGT pour exiger leur régularisation.

 

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici!

 

Depuis octobre 2006 et tout particulièrement en 2008 et 2009, des milliers de leurs camarades avaient fait de même avec la CGT et l’appui de nombreuses associations de soutien aux migrants. N.Sarkozy avec ses ministres de triste mémoire de « l’immigration et de l’identité nationale » avait été obligé de reculer.

 

Il avait fini par reconnaître dans les textes et autres circulaires que des dizaines de milliers de travailleurs sans papiers bossent dans notre pays et ce pour le plus grand profit des patrons qui les embauchent.

 

Ces grèves ont permis d’arracher la régularisation administrative d’un très grand nombre d’entre eux, comme de milliers d’autres et la poursuite des contrats de travail. Sous le quinquennat de F.Hollande, dans différentes entreprises (les salons de coiffure du Bld de Strasbourg à Paris, à Sépur dans le 94, sur les chantier COVEA, avenue de Breteuil, et RATP/Vinci, des Halles, à Paris, au Marché d’intérêt national (MIN) à Rungis…) ces grèves n’ont jamais cessé. A chaque fois les travailleurs ont été régularisés comme tout dernièrement à Burker-King à Paris ou sont en passe de l’être comme à Stem (nettoyage) dans le 91.

 

Ce n’est que justice! Ces travailleurs ne prennent et n’ont pris le travail de personne. La CGT comme tout un chacun dans notre société ne peut accepter que des travailleurs du fait de leur situation administrative particulière n’aient d’autre choix que raser les murs et être surexploités.

 

Puisqu’aujourd’hui de plus en plus de patrons exigent de ces travailleurs qu’ils passent par les entreprises d’intérim pour pouvoir les embaucher sans prendre de risques.

 

Puisqu’aujourd’hui les possibilités de régularisation de ces travailleurs se durcissent chaque jour un peu plus au niveau des préfectures.

 

Puisqu’aujourd’hui le gouvernement veut revenir sur les acquis arrachés depuis 2006-2007 qui reconnaissent les bulletins de paye de ces travailleurs – y compris quand ils n’étaient pas à leur nom – comme documents permettant leur régularisation.

 

Puisqu’aujourd’hui avec sa nouvelle loi sur l’asile et l’immigration répressive et réactionnaire en tout point, le gouvernement veut « pourrir la vie » des migrants et de celle de ces travailleurs sans papiers

 

Les travailleurs sans papiers de ces 6 entreprises n’ont pas d’autres choix que de se mettre en grève pour exiger leur régularisation maintenant!

 

 

Il faut les soutenir !

 

 

Liste et adresses des piquets de grève

 

 

 

Ils travaillent dans l’entreprise d’intérim DEFI TECHNOLOGY et sont en grève au

16 Avenue Dausmesnil PARIS 12ème

 

 

Dans l’entreprise de collecte d’ordure ménagère SEPUR et sont en grève

Impasse Colbert à WISSOUS91

 

 

Dans celle de distribution de colis express CHRONOPOST et sont en grève au

9, rue Clément Ader, dans la zone de la Butte aux Cailles à CHILLY MAZARIN – 91

 

 

Dans l’entreprise de logistique transport GLS et sont en grève au

29, rue Jean Moulin à ROISSY – 95 (à côté de la commune de Roissy)

 

 

Dans l’entreprise de plats cuisinés EVENT-THAI et sont en grève au

8/10 rue Henri Dunant CHEVILLY LA RUE  – 94

 

 

Dans l’entreprise de collecte et de recyclage de déchets STLG et sont en grève au

74 avenue du Général de Gaulle LA QUEUE EN BRIE – 94

 

Paris le 12 février 2018

 

THEORIE: Pourquoi la lutte doit-elle devenir politique?

Macron a lancé avec ses ordonnances une attaque générale contre les travailleurs qui s’articule avec des mesures répressives.

Les ordonnances sont la continuité, l’accentuation des contre-réformes menées depuis une quarantaine d’années en France à l’encontre du monde du travail.

 Ces politiques sont clairement au service de la classe capitaliste. Macron, par ses déclarations fracassantes sur le « bordel », les « fainéants » a montré toute la haine de classe des gouvernants à l’égard des travailleurs. D’où la réaction populaire qui considère Macron comme « le président des riches ».

 Dans les manifs, tout le monde en a conscience, c’est en luttant fort et tous ensemble que l’on pourra faire mettre en échec ce gouvernement. La lutte des classes est donc bel et bien d’actualité. N’est-ce pas le milliardaire américain Warren Buffet qui disait, « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

Comment inverser cette tendance ? Voilà l’objet de notre réflexion. 

Principes de la lutte de classes

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes ».

« La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois. Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. » (Marx et Engels, Le manifeste du parti communiste).

La lutte des classes existe. Elle a le caractère d’une lutte entre exploiteurs et exploités. Les exploiteurs, c’est la bourgeoisie ou le capital, c’est-à-dire les détenteurs du capital et leurs associés directs qui disposent des usines, des moyens de production. Les exploités, ce sont ceux qui n’ont rien d’autre à vendre que leur force de travail, et qui sont ainsi réduits à la situation de travailleurs salariés.

D’un côté, le capital a besoin pour faire davantage de profits d’exploiter toujours plus la main d’œuvre salariée, d’un autre côté, les salariés doivent résister et combattre le capital afin d’améliorer leurs conditions de vie, diminuer leur temps de travail, augmenter leurs salaires. C’est la lutte des classes. Toute l’histoire du XIXème siècle à nos jours démontre l’existence de cette lutte antagonique entre le salariat et le capital.

Les congés payés, la semaine de 40 heures, les libertés syndicales, la sécurité sociale. Ces droits ne sont pas tombés du ciel mais issus d’un rapport de force. Ce sont des conquêtes issues de la lutte de classes, et en première ligne de la combattivité du mouvement ouvrier. De l’autre côté, les réformes des retraites de Sarko-Hollande, les ordonnances de Macron ne découlent pas non plus de la méchanceté de tel ou tel président. C’est une politique de classe qui a pour but d’élever les profits des groupes capitalistes au sein de la concurrence européenne et mondiale. C’est dans un contexte d’affaiblissement et de division du camp des travailleurs que la classe bourgeoise a pu revenir sur les acquis sociaux. Le rapport de forces au sein de la lutte des classes aujourd’hui est temporairement en faveur de la bourgeoisie.

Les syndicats et la lutte des classes

 Tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui en ont conscience. Il est nécessaire de construire un rapport de force face au patronat dans son entreprise ou face au gouvernement lorsqu’il s’agit de combattre une contre-réforme nationale. Le levier principal pour mener cette lutte est le syndicat. Le syndicat dirige la lutte économique, c’est-à-dire, la lutte pour l’amélioration des conditions d’existence et de travail.

« Impuissant quand il est isolé, l’ouvrier devient une force quand il s’unit à ses camarades ; il est alors capable de lutter contre le capitaliste et de lui tenir tête » (Lénine, Exposé et commentaire du projet de programme du POSDR). Il ne faut pas oublier l’importance de ce commentaire de Lénine. L’union des travailleurs par le biais de leur organisation dans les syndicats est un premier pas pour se défendre dans le cadre de la lutte des classes. Aujourd’hui, certains courants politique de gauche  voudraient se passer des syndicats , tentent d’agir en mobilisant les couches travailleuses uniquement hors des entreprises. C’est un rêve creux. Cela revient à renoncer à ce qui est un facteur essentiel de cohésion des masses. La force de la classe ouvrière provient justement de son organisation de classe à la base, dans l’entreprise. Vouloir, ou croire pouvoir se passer de cette force est une erreur monumentale. C’est renforcer le camp de la classe bourgeoise, c’est lui donner les mains libres dans chacun de ses centres de production pour exploiter davantage les travailleurs ! Ceux qui ont regardé l’émission Cash Investigation sur le travail à Lidl ont compris que l’absence de syndicats entraine des conditions de travail dignes du XIXème siècle.

Le syndicat est indispensable à la base. Chaque entreprise doit devenir une citadelle de lutte face aux mesures patronales. Mais précisément pour cela, il ne faut pas limiter l’action à l’entreprise, mais au contraire lier le combat quotidien pour l’amélioration des conditions de travail à la lutte contre l’offensive générale du capital. Contrairement aux réformistes qui dans les syndicats déshabituent les masses de l’action, « notre tâche est de faire de l’action des masses la pierre angulaire de notre activité » (Losovsvky, Programme de l’Internationale syndicale rouge,). La force pour la victoire de nos actions et de nos objectifs réside dans la capacité à mobiliser les travailleurs. « L’envergure du succès de chaque action dépend des conditions objectives de chaque pays, du niveau de mentalité révolutionnaire atteint par les masses et de la solidarité de ces dernières » (Losovsky, programme de l’ISR).

La lutte des classes dans tous les domaines de la société

La lutte des classes ne peut pas se réduire simplement au combat syndical.

Premièrement si la classe ouvrière limite son action à ce combat pour ses intérêts immédiats, les succès qu’elle remportera ne pourront pas être durables. La classe capitaliste détient la puissance économique et dispose de l’appareil d’Etat ; or la lutte économique combat certaines conséquences, certains effets du capitalisme mais elle n’atteint pas la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme.

Deuxièmement, « Les classes dominantes ne s’arrêtent dans leur lutte devant aucune méthode pour affermir leur puissance de classe et déploient, en même temps que l’appareil de perversion morale et intellectuelle (presse jaune, école bourgeoise, Eglise, parlementarisme, etc.) celui de l’oppression physique sous forme de police, d’armée, de justice et autres agréments de la dictature bourgeoise » (Losovsky, Programme de l’ISR).

D’un côté, les classes laborieuses ne peuvent obtenir que des satisfactions temporaires par le biais des syndicats car ceux-ci ne peuvent renverser le capitalisme. Ce dernier existe toujours et selon le rapport de force il peut revenir sur ce qu’il a cédé. D’un autre côté la lutte des classes imprègne toute la société (la culture, la politique…) et le capital est constitué en classe dominante. Aussi, « les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes époques les pensées dominantes, autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » (Marx et Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, Paris, 1982, 280 p., pp. 101-102).

La domination économique de la bourgeoisie lui a permis de prendre le pouvoir politique. L’Etat sert donc de relais à la domination du capital sur la société. Les forces de police, la justice, les mesures que prend l’Etat maintiennent un cadre juridique en faveur de la bourgeoisie. Tous les faits de la vie réelle tendent à montrer cela. Les salariés qui luttent contre leur licenciement finissent toujours par perdre face au capital, même en justice. Prenez le cas des Goodyear. Malgré leur lutte exemplaire, les salariés ont fini par être licencié. L’Etat est venu au secours des patrons.

Toute la machine policière et de justice est orientée contre les travailleurs. Ce sont les salariés de GM&S et non leur patron licencieur qui ont dû affronter les CRS à plusieurs reprises. Il y a en permanence deux poids, deux mesures dans les décisions de justice face à la répression policière touchant les travailleurs ou les quartiers populaires. D’un côté, comme dans les affaires Adama Traoré, Théo, Rémi Fraisse, les policiers ne sont jamais condamnés. Leur violence est reconnue légitime par la justice. D’un autre côté, dans le cas des Goodyear, de la chemise d’Air France, les condamnations sont exemplaires, excessives, revêtent un caractère de classe.

Enfin, il est une idée importante à battre en brêche : l’Etat « social ». C’est un mythe inventé par les courants réformistes qui pensent obtenir l’harmonie entre classes sociales dans le cadre du capitalisme. La réalité montre bien que c’est impossible. Dans beaucoup de luttes, les travailleurs lancent un appel à l’Etat pour leur venir en aide. Dans combien de cas, l’Etat a-t-il tranché en faveur des salariés plutôt qu’en faveur du patron ? L’Etat « social » ou au-dessus des classes, est un leurre entretenu par les partisans de la conciliation sociale. S’il est vrai que certains services d’Etat comme la santé ou l’éducation avaient durant une première époque d’après-guerre une coloration « sociale », c’est parce que les luttes révolutionnaires antérieures ont imposé par la force ces progrès. Quant aux prétendues politiques pour favoriser l’emploi, elles n’ont jamais eu d’autre objectif que de faire bénéficier le capital d’une armée de réserve de chômeurs tout en lui évitant les inconvénients qu’implique l’entretien de cette masse de personnes sans ressources. Le seul État réellement « social » adviendra par l’instauration d’une société socialiste, abolissant les rapports de production capitalistes. D’où l’impuissance de ceux qui appellent de leurs vœux un État « social » tout en perpétuant le capitalisme.

En réalité, pour que les travailleurs puissent mettre fin à leur situation d’exploités, le préalable est dans la mobilisation large et massive de la classe, l’appel à la solidarité de classe, à la constitution d’un solide rapport de force face au patronat et à l’Etat de classe.

La lutte politique stade suprême de la lutte des classes

La lutte syndicale est vitale mais souvent insuffisante car elle combat les conséquences du système capitaliste. Elle ne permet pas aux travailleurs de lutter dans une seule et même direction derrière un but précis. La lutte politique est seule à même d’unifier la classe dans un seul et même but, celui de renverser le capitalisme et instaurer un pouvoir des travailleurs. « L’activité politique des social-démocrates consiste à aider au développement et à l’organisation du mouvement ouvrier en Russie, à sa transformation, de tentatives isolées de protestation, de « révoltes » et de grèves – tentatives dépourvues de toute idée directrice – , en une lutte cohérente de TOUTE LA CLASSE ouvrière russe contre le régime bourgeois, lutte tendant à exproprier les exploiteurs, à détruire le régime social fondé sur l’oppression du travailleur ». (Lénine, Ce que sont les amis du peuple, in Lénine, Textes sur les syndicats, p. 21)

Quel est le but politique que doivent se fixer les travailleurs pour les communistes ?

« Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. (…) Ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise. » (Marx, Manifeste du Parti communiste)

Comment mener cette lutte politique ? La lutte politique consiste à s’organiser pour renverser le capitalisme. En effet, la bourgeoisie dispose d’une force très centralisée et organisée. Elle organise comme dit plus haut tout un appareil d’Etat à son service avec des institutions, des lois, une justice, une police qui font appliquer des lois en faveur des patrons.

Mener la lutte politique, c’est donc militer au quotidien pour renverser le système et l’Etat qui est à l’origine des politiques anti-ouvrières. C’est faire en sorte de remplacer la société appliquant la loi du profit, par la société socialiste libérant la classe ouvrière de sa situation de classe exploitée.

Mais la lutte politique ne consiste pas simplement à se mettre « en mouvement ». Il s’agit de construire un Parti, une direction politique de classe, répondant à l’intérêt de l’ensemble des travailleurs ! C’est donc militer pour un parti politique indépendant de la bourgeoisie. La bourgeoisie s’appuie sur toute une variété de partis et mouvements politiques. Certains assument ouvertement leur allégeance de classe. D’autres feignent de diverses manières de vouloir assurer le bonheur aux travailleurs, tout en jouant dans les faits un rôle d’auxiliaire du pouvoir bourgeois; ils maintiennent ainsi les travailleurs dans une situation de subordination et de dépendance vis-à-vis de leurs exploiteurs. Notre chemin est celui vers la constitution de la classe ouvrière en force consciente d’elle-même, face à la bourgeoisie comme ennemi dont les intérêts sont en opposition irréconciliable avec ceux de la classe ouvrière. Il s’agit aussi par la création d’un Parti communiste de faire en sorte que ses dirigeants proviennent des classes ouvrières et populaires.

Etre communiste marxiste-léniniste aujourd’hui ? Cela veut dire être toujours et à tout moment, un lutteur, un entraîneur des travailleurs et des jeunes, un organisateur, un propagandiste, celui en qui on a confiance, qui met en place des initiatives pour lutter contre la bourgeoisie.

Mener la lutte politique est finalement une tâche vitale, difficile aussi. Mais c’est  le sillon que nous essayons de creuser pour faire en sorte que ce soit la classe qui n’a rien qui « gagne » la lutte des classes, pour reprendre l’expression de Warren Buffet.

Rejoins-nous pour un autre avenir,

une alternative réalisable : le Communisme !

 

LUTTE CONTRE LES ORDONNANCES – premier bilan

Article de la VDC n°22 à retrouver ICI

UNE ATTAQUE GENERALE CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

UNE MOBILISATION EN ORDRE DISPERSÉE, LIMITÉE

 

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte reste limitée pour le moment, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies. Il existe donc un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  Au contraire, la lutte politique permettrait de relier toutes ces luttes et mobilisations vers un objectif politique supérieur : le renversement du capitalisme.

 À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

LA LUTTE POLITIQUE POUR LA RUPTURE RÉVOLUTIONNAIRE

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent s’intéresser à la question politique générale. Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui est en rupture révolutionnaire avec toutes les autres.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années au vue du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

NON LA CGT N’EST PAS ISOLÉE, MOBILISONS A LA BASE !

Seul un rapport de force puissant porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ».

Chaque travailleur conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux. C’est une erreur de couper le corps militant des syndicats du reste des masses des entreprises.  La CGT, est la seule organisation où l’on trouve des militants et courants plus combattifs, des éléments avancés pour défendre les travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti marxiste-léniniste, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée  ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il est nécessaire de convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycéens que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on n’est pas prêt à s’engager à une lutte plus dure, les travailleurs perdront beaucoup. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination. Les luttes se multiplient. Participer à chacune d’entre elles, organiser la solidarité et tisser des liens entre elles est plus que jamais nécessaire. Faire en sorte que les luttes isolées entrent dans la lutte politique d’ensemble contre ce gouvernement, voilà la tâche des communistes.

 

LE CAPITALISME EN GUERRE CONTRE LES TRAVAILLEURS

Editorial de la VDC à retrouver ICI

manifestation-CGT

En ce début de quinquennat Macron, le gouvernement s’affiche clairement comme l’état-major de combat de la bourgeoisie. Il mobilise toutes les ressources de l’État pour consolider la domination du Capital sur la société par toutes sortes de cadeaux fiscaux, de lois pour organiser l’exploitation accrue des travailleurs. Le gouvernement tente aussi d’affaiblir les capacités d’organisation et de résistance des travailleurs. Les conséquences concrètes pour ces derniers sont la dégradation de leurs conditions de vie, la diminution du salaire réel, des retraites, l’aggravation de la concurrence entre travailleurs sur le marché du travail. Les mythes d’un « État providence » au-dessus des classes, de l’égalité entre les « citoyens » volent en éclat devant une lutte de classe féroce menée par la classe bourgeoise contre les travailleurs.

Sous le capitalisme impérialiste, les monopoles veulent assurer un profit maximum. Ceux-ci ne peuvent le faire qu’en organisant l’exploitation toujours plus féroce des travailleurs en leur prenant une part toujours plus importante du produit de leur travail. Si la machine grippe, l’existence même du capitalisme est en danger. Quand les profits menacent de diminuer, les gestionnaires des entreprises comme de l’Etat n’ont pas d’autre choix que de prendre des mesures drastiques pour préserver leurs sacrés-saints bénéfices garantir les fondements de l’exploitation capitaliste. C’est tout le sens de la politique de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Voilà pourquoi les mêmes politiques anti-sociales ont été appliquées durant ces dernières années, quelle que soit la famille politique bourgeoise au pouvoir, de droite, de gauche. Ce n’est pas en changeant les personnes comme le défendent les « dégagistes », ce n’est pas en « moralisant » la vie politique que cela peut changer. Le gouvernement est tout entier soumis aux exigences de la bourgeoisie.

De plus en plus, il existe une prise de conscience syndicale mais aussi politique. Cela est nouveau et positif. Mais pour quelle politique ? Les courants « populistes » et réformistes qui ne sont pas au pouvoir surfent sur le mécontentement du peuple pour proposer une politique qui met en avant de fausses mesures « antisystème », dénoncent la finance, souhaitent transformer la société sans toucher aux lois fondamentales du capitalisme. Ces politiques qui ne s’attaquent pas au capital doivent être rejetées. Seule une politique anticapitaliste menée par les éléments les plus conscients du prolétariat et organisée en conséquence peut amener les travailleurs à construire des batailles victorieuses pour faire payer le capital jusqu’à la victoire totale sur la classe exploiteuse.

Face à cette offensive du capital, les travailleurs et les syndicalistes ne restent pas sans réagir. Ils luttent partout avec courage et continuité autour de luttes locales et nationales. Dans ces mobilisations, de nombreux travailleurs prennent conscience que face à la détermination, l’organisation et les moyens de la bourgeoisie, il est nécessaire de passer à un niveau supérieur d’organisation et de lutte. Ils prennent conscience qu’il faut rompre avec la voie de la « concertation » avec le patronat, avec celle des « partenaires sociaux » qui entraine le mouvement des travailleurs à l’échec. Cette époque de négociation des miettes du gâteau est révolue, mais les directions syndicales continuent à s’accrocher à cette politique de collaboration de classe, plutôt qu’à organiser la lutte classe contre classe face au gouvernement Macron.

C’est la bourgeoisie en menant la lutte de classe qui creuse sa propre tombe et pousse les travailleurs à adopter une politique radicalement différente des politiques actuelles. Cette politique devra se libérer de toutes les illusions réformistes. Depuis quelques semaines, les dirigeants de la France Insoumise tentent de mettre sous leur politique l’ensemble du mouvement ouvrier. Les marxistes-léninistes considèrent que tous les travailleurs doivent faire de la politique. Mais ils doivent faire une politique de classe, résolument anticapitaliste à l’encontre du pouvoir bourgeois. Or les directions réformistes se contentent d’une politique parlementariste. Ils veulent seulement faire une autre politique bourgeoise, c’est-à-dire une politique dans le cadre des institutions existantes et du système économique existant. On voit bien que cette politique mène à l’échec partout où elle a été menée. Les communistes marxistes léninistes quelle que soit leur organisation doivent participer à la lutte du prolétariat. En étant présent autour des luttes de la classe ouvrière, ils mettent en avant l’idée de s’organiser autour d’un seul Parti communiste, seul outil capable de mener la lutte politique contre les attaques et le pouvoir de la bourgeoisie. Oui une autre politique est possible, une autre société est possible en rompant avec le mode de production capitaliste, en supprimant la domination du capital, pour instaurer le pouvoir des travailleurs, le socialisme.

A BAS LE CAPITALISME !
LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

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