Les Toray à Abidos (64) UN POUR TOUS ET TOUS POUR UN !

Extrait du journal la VDC, septembre 2017 à retrouver en intégralité ICI

Sur le complexe industriel chimique de Lacq (64) est implantée l’usine Toray (multinationale japonaise), usine de fabrication de fibres de carbone. Cette entreprise fonctionnant en 3×8 emploie 440 salariés et la CGT s’y est bien développée depuis maintenant quelques années.

A la mi-juin, un jeune ouvrier de l’entreprise a une légère altercation avec sa supérieure, pour le refus d’un « bonjour » et le non port de son casque alors qu’il se trouvait face à son ordinateur. Il est convoqué la semaine suivante à un entretien préalable au licenciement.

Le verdict tombe le lundi 10 juillet à 19h : le délégué syndical CGT reçoit l’information que la direction a notifié au jeune son licenciement. Le soir même, l’équipe de nuit se rassemble avant que chacun ne prenne son poste et décide collectivement de faire grève pour la réintégration immédiate du camarade.

Les grévistes accueillent alors les ouvriers de matin et les premiers ouvriers de jour afin d’expliquer la situation. De façon et à l’unanimité l’ensemble des ouvriers décident la poursuite de la grève. Lors de la rencontre entre les ouvriers de nuit et de matin, un agent de maitrise prendra la parole pour expliquer que tout en pouvant actuellement espérer une promotion, il serait quand même gréviste car il ne s’agissait pas d’une augmentation de quelques euros de nos salaires, mais de la solidarité avec l’un des nôtres. Son intervention entrainera les agents de maitrise dans le mouvement, fait quasiment inédit dans cette usine. La grève s’amplifie progressivement, entrainant chaque jour de nouveaux arrêts des lignes de production. Des assemblées générales, organisées par les militants CGT qui restent parfois 24h d’affilée dans l’usine en grève, se produisent chaque jour. La grève s’étend à tous les ateliers, fait aussi inédit dans cette entreprise.

Lors de ces assemblées, de véritables débats ont lieu entre les ouvriers, qui dépassent largement le cadre du licenciement de notre camarade, sur les conditions de travail, les rémunérations, l’ambiance, etc. La direction tente dès le premier jour, par ses interventions, de justifier le licenciement devant les ouvriers rassemblés. L’effet sera l’inverse de celui escompté, cela fera monter d’un cran la colère chez les travailleurs.

La grève continue, la grève s’étend à la deuxième usine Toray du complexe de Lacq et la quasi-totalité de la production est à l’arrêt. Les médias locaux et nationaux diffusent des articles sur cette grève. Divers militants CGT des usines voisines visitent les piquets de grève, le syndicat CGT reçoit des messages de soutien d’organisations politiques mais aussi d’autres syndicats CGT en France.

La direction menace, intimide la CGT qui comprend lors d’une convocation à un CE extraordinaire qu’elle ne réintègrera pas notre camarade. Elle trouve insupportable que le syndicat, les grévistes ou même les salariés puissent se mêler de leur décision disciplinaire, après tout, comme ils le disent, ce sont eux les « patrons » ! Ce serait pour eux perdre la face devant nous !

La CGT n’a pas cédé et la direction est dos au mur. Après une semaine de grève un accord de fin de conflit est trouvé, la direction cède des avantages non négligeables au jeune licencié.

Malgré le fait que notre camarade n’est pas été réintégré, c’est une victoire pour les ouvriers. Premièrement, la solidarité spontanée qui s’est opérée entre tous les ouvriers forge une unité de lutte pour l’avenir, le « un pour tous, tous pour un » a largement marqué les esprits. Deuxièmement, les ouvriers ont politiquement remis en cause leur direction sur une injustice, ce qui constitue un pas vers un niveau supérieur de la conscience de classe au sujet du caractère exploiteur de leur direction. Dernièrement, la parole libérée durant les piquets de grève, lors des assemblées générales, une élévation du débat syndical.

Cette grève n’a été possible que grâce à deux facteurs principaux : Une organisation syndicale qui s’est structurée au fil des ans sur des bases politiques classe contre classe, qui à déployé une énergie furieuse dans cette grève (des militants Cgt qui se déplaçaient partout et inlassablement pour discourir aux travailleurs et organiser des rassemblements); et une spontanéité exemplaire des ouvriers grévistes face à une injustice. Fait important, aucun des 200 grévistes n’avait un quelconque intérêt pécuniaire dans cette grève, ils l’ont fait en solidarité avec l’un des leurs.

 

Cette grève casse l’individualisme, casse les divisions entre les travailleurs, elle forge l’unité !

 

Multiplions les ripostes et les offensives de ce type contre la bourgeoisie !

 

Chaque ouvrier solidaire de sa classe, la classe ouvrière solidaire de chacun de ses membres !

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En Guyane: UN MOUVEMENT EXEMPLAIRE POUR LA CLASSE OUVRIERE

guyane_greve-568717Cette analyse publié dans notre journal de septembre 2017 est toujours d’actualité pour les luttes d’aujourd’hui en métropole

Après 5 semaines de grèves, manifestations et blocages, le collectif d’organisations guyanaises qui menait la contestation a signé un accord historique le 21 avril 2017 avec l’État français, portant sur près de 3 milliards d’euros (même si une bonne partie dépendra du bon vouloir du prochain gouvernement). C’est une victoire incontestable qui apporte la satisfaction partielle des revendications de la population dans les domaines de la santé et de l’éducation : l’hôpital de Kourou va devenir public, un CHU va être construit et des services manquants devraient ouvrir en différents points du territoire. De même dans l’éducation, des constructions attendues depuis des années vont enfin trouver des financements, dont le lycée de Maripasoula.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Quelles sont les causes de contestation ? Quel devenir pour le peuple guyanais ?

La Guyane, entre héritage colonial

et sous-développement

 

Seul territoire français en Amérique du Sud, la Guyane a été colonisée et soumise à l’exploitation esclavagiste dès le XVIIe siècle. Les populations autochtones ont été soit exterminées soit repoussées dans la forêt amazonienne qui couvre la majorité du pays. Encore aujourd’hui les populations amérindiennes (moins de 5% de la population totale) représentent la part de la population la plus pauvre, dépossédée de ses terres (90% du département appartient à l’État) et de sa culture, et en proie à un taux de suicide inquiétant et largement supérieur à la moyenne nationale. Le gouvernement français laisse ces peuples dépérir à petits feux dans l’indifférence générale. La majorité de la population descend des esclaves africains « importés » en Guyane pour travailler dans les plantations de sucre, de café ou de cacao, remplaçant ainsi les populations indigènes décimées par les guerres, les maladies et le travail forcé.

La départementalisation de 1946 n’a fondamentalement pas changé la situation socio-économique de ces territoires coloniaux. L’économie de la Guyane, au même titre que celle des iles des Caraïbes ou de Polynésie, est à la fois dépendante des importations en provenance de la métropole, dominée en majorité par des descendants des anciens maitres esclavagistes (qui de planteurs se sont reconvertis dans le commerce ou l’import-export, le secteur le plus rentable), marquée par la faiblesse de l’activité productive (aucune industrie, agriculture défaillante) et la surreprésentation de la fonction publique (près de la moitié de l’emploi). Au lieu d’apporter une quelconque « libération », la départementalisation et les subventions publiques n’ont fait que renforcer la dépendance de ces territoires à l’égard de la France pour rendre caduque tout velléité de revendication indépendantiste, tout en continuant de nourrir grassement une élite coloniale parasitaire qui vit de la cherté des denrées (les prix des produits alimentaires sont 45% plus élevés qu’en métropole) ou des sur-rémunérations dans la fonction publique (40% de traitement en plus sans compter les primes).

En conséquence la population vit dans une misère qui ressemble à celle d’un pays du dit « Tiers-Monde ». En effet un certain nombre de services élémentaires ne sont pas assurés : 15% des Guyanais n’ont pas accès à l’eau, l’illettrisme est de 20%, le taux de chômage y est de 32,8% selon l’INSEE en 2015 (50% pour les jeunes), 60% des jeunes quittent le système scolaire sans diplômes soit 6 fois plus qu’en métropole, il y a 5 fois moins de médecins généralistes en Guyane qu’en métropole pour un même nombre d’habitants, etc. La vitrine du Centre spatial « guyanais » n’est qu’une façade trompeuse et dorée qui cache en réalité une situation sociale explosive. De plus ce site apporte peu à l’économie locale, il consomme la majorité de l’énergie produite sur place (au détriment de la population locale) et n’emploie en majorité que des métropolitains qui vivent en vase clos, déconnectés de la réalité guyanaise.

Cette situation sociale désastreuse est d’autant plus intolérable que la Guyane dispose de ressources importantes : une forêt primaire très riche en biodiversité, des métaux précieux (or notamment), des potentialités agricoles importantes, des réserves de pétrole offshore… Cependant ces ressources sont pillées selon des logiques prédatrices et destructrices pour l’environnement par les grands monopoles français (comme Total), tandis que l’État français se garde bien de développer les forces productives locales pour éviter toute revendication indépendantiste soutenu par le puissant voisin brésilien.

Aujourd’hui encore, on peut dire que la Guyane reste une colonie française, constat qui s’applique au reste des territoires d’Outre-Mer.

Le mouvement social guyanais

de mars-avril 2017

 

Dans ce contexte de sous-équipement, de couts à la consommation exorbitants pour les produits du quotidien, l’annonce de la vente du centre médico-chirurgical de Kourou (pour un euro symbolique) suscite l’inquiétude de la population et a été l’un des éléments déclencheurs des grèves et des barrages routiers. Les protestations ont commencé le 20 mars avec des barrages de grévistes d’EDF à Kourou. Des groupes se sont rassemblés sous la forme du collectif « pou la Gwiyann Dekolé », qui a formulé des demandes concernant l’éducation, la sécurité (la Guyane est le département de France le plus touché par la violence, le taux d’homicide est 12 fois supérieur à la moyenne nationale) ou la santé. Le 28 mars, plus de 10.000 personnes ont manifesté à Cayenne et ils étaient 4.000 à Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième commune du département. C’est énorme pour un département d’à peine 250.000 personnes. La grève générale a été effective à partir du 28 mars et a totalement bloqué le pays, portant un rude coup au Centre spatial de Kourou, « joyau » de l’État français.

À la pointe de la contestation se trouvait l’UTG (Union des travailleurs guyanais) dont le drapeau indépendantiste s’est imposé comme étendard du mouvement et symbole de l’unité du peuple guyanais dans la lutte contre l’État français. Sa signification est lourde de sens : Le vert et le jaune représentent les richesses du sol et du sous-sol, et l’étoile rouge l’orientation socialiste de la lutte anticoloniale.

Cela montre que le mouvement, malgré ses divisions et ses contradictions internes (comme la présence du MEDEF local, qui s’est très vite désolidarisé du mouvement lorsque celui-ci s’est radicalisé), avait une teinte politique marquée avec des désirs autonomistes ou du moins de prise en compte de la spécificité guyanaise, face à la cécité d’un État français qui ne reconnait aucune diversité sur l’ensemble du territoire « national » selon le principe bourgeois de la République « une et indivisible ». Cependant nous sommes lucides sur le fait qu’il n’y a pas encore à l’heure actuelle une volonté majoritaire de la population à se séparer de la métropole de façon unilatérale. Bien au contraire c’est plus un désir d’intégration qui anime les populations locales qui veulent des équipements et des infrastructures pour rattraper le niveau de vie de métropole. La perspective d’une indépendance peut même effrayer du fait de l’absence de base productive et de la dépendance quasi-totale à l’égard des aides en provenance de France (la majorité de la population survit avec les minimums sociaux). La dépendance créée et renforcée par le système colonial rend la revendication indépendantiste, dans la tête des peuples d’Outre-Mer, illusoire voire même néfaste en ce qui concerne leurs intérêts immédiats.

De même il est vain de projeter sur ces territoires nos recettes toutes faites de métropole. Certaines organisations politiques comme Lutte Ouvrière ont critiqué l’absence de revendications ouvrières notamment en termes d’augmentations salariales :

Il est frappant de constater que le cahier de revendications publié lundi 27 mars par les collectifs et signé du Collectif pour le décollage de la Guyane, le plus important, comporte une série de revendications concernant les agriculteurs, les Amérindiens, les enseignants, les transporteurs et bien d’autres, mais aucune ne concerne les travailleurs des entreprises. Il n’énonce aucune revendication ouvrière. Aucune augmentation de salaire, aucune revendication d’amélioration des conditions de travail n’y figure. (communiqué du 30 mars 2017.)

Cela constitue un exemple parfait d’une vision mécaniste des luttes sociales. Plutôt que de tenir compte des spécificités locales du territoire (et d’essayer de les comprendre), notamment le manque criant d’infrastructures indispensables et vitales pour la vie des sociétés, on plaque dessus nos représentations de métropolitains quitte à commettre des contresens. Si les revendications ouvrières sont absentes, c’est d’une part à cause de la faiblesse numérique de la classe ouvrière (elle n’existe quasiment pas en Guyane du fait de l’absence d’industries), et d’autre part parce que des augmentations de salaires ne règleraient en rien les problèmes du pays. La moindre revalorisation salariale entrainerait un surplus de consommation, donc des importations en hausse, au seul profit de la métropole et des supermarchés ! Elle serait aussi rapidement annulée par l’inflation et n’apportera pas de solution pérenne au manque d’éducation, de santé et de sécurité dont souffre la Guyane, à la différence d’un plan d’investissement dans les services publics qui seul peut apporter des améliorations (même de façon incomplète).

Les travailleurs de Guyane ont eu raison de se mobiliser pour plus d’investissements publics et contre les logiques de privatisation des services publics à l’œuvre au nom de la rigueur budgétaire. Par leur détermination ils ont montré que l’unité des travailleurs (avec le soutien ample de la population) et le blocage de l’économie pouvaient faire reculer l’État et le capital, et permettre d’obtenir, même de façon provisoire, l’amélioration des conditions de vie matérielle des opprimés. Dans une ambiance morose où le mouvement ouvrier français a subi des défaites successives ces dernières années face aux offensives du patronat et du gouvernement, cette lutte est une lueur d’espoir.

Il est aussi notre devoir, en tant que communistes et sincères militants anti-impérialistes, de dénoncer le traitement honteux que réserve l’État français à nos frères et sœurs des territoires ultramarins qui se retrouvent maintenus dans un ordre colonial injuste et inhumain. Nous devons soutenir leurs revendications nationales et autonomistes mais aussi œuvrer en métropole pour la révolution socialiste qui sera à même de les libérer du même coup de l’oppression coloniale et du capitalisme.

Solidarité avec les travailleurs de Guyane dans leur combat ! Seule la lutte paie !

Halte au pillage des ressources de la Guyane par les monopoles français !

À bas la politique coloniale de la France à l’égard de la Guyane !

C’est ensemble, travailleurs français et d’outre-mer, que nous pourrons détruire la bête immonde qu’est l’impérialisme français !

 

UNE MOBILISATION QUI DOIT S’AMPLIFIER JUSQU’AU RETRAIT DES LOIS ANTI-OUVRIERES

AFFICHE ordonnances

 

Des premières mobilisations importantes

 

La première mobilisation contre la loi travail est un succès : plus de 200 manifestations dans tout le pays, plus de 4000 appels à la grève et entre 400 000 à 500 000 participants. Cette manifestation a été importante notamment en province où la mobilisation a été importante à l’appel de la CGT-FSU-SOLIDAIRES. De nombreux militants de base de FO, de la CFDT, des milliers de non-syndiqués étaient présents dans les cortèges pour s’opposer à ces lois travail puisque c’est l’ensemble des travailleurs qui est attaqué.

Pourtant, le gouvernement a bien essayé de casser dans l’œuf toute opposition des travailleurs à sa politique. Il peut compter sur le soutien des directions syndicales de la CFDT et de FO ouvertement partisanes des pseudos concertations sociales. Mais plus de la moitié des unions départementales de FO ont pris part aux actions du 12 septembre. Des syndicats de base de la CFDT étaient aussi présents.

Ensuite le pouvoir a tenté par son appareil de communication de culpabiliser la contestation et de diviser le mouvement. « L’opération Saint Martin » de Macron en est l’exemple. Il s’agissait d’opposer les manifestants qui se battent contre cette loi travail aux habitants sinistrés des iles en faisant passer les premiers pour des « fainéants ».

Après l’image, le bâton a été utilisé pour intimider les travailleurs. Les provocations répressives se sont multipliées avec l’utilisation de barrages filtrants à l’entrée du cortège parisien. Manifester à Paris nécessitait de s’armer de courage et d’une profonde volonté. À Lyon, la police a empêché pendant deux heures un cortège de jeunes de faire la jonction avec celui des travailleurs. La fermeté des syndicalistes de la CGT contre cette provocation gouvernementale a permis de réaliser la jonction des deux cortèges.

La deuxième mobilisation a été plus faible au niveau du nombre, mais la détermination et l’envie de combattre grandit. Le mécontentement populaire est très fort. Si demain, le mouvement prend de l’ampleur, les provocations policières du gouvernement vont se multiplier. Les travailleurs doivent se préparer à cette éventualité.

Pour construire le rapport de force, s’organiser sur les lieux de production et les entreprises.

Seul un rapport de force puissant  porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. D’ores et déjà, FO et la CGT Transports appellent à une grève reconductible à partir du 25 septembre. Le 28 ce sont les retraités qui appellent à manifester puis le 10 octobre ce sont les fonctionnaires qui appellent toutes les fédérations à les rejoindre.

Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ». Pour avoir refusé de participer à ces mobilisations Mailly, secrétaire général a été désavoué par sa base. Voilà comment finissent les bureaucrates de la compromission avec le patronat. Ils sont lâchés par les travailleurs confrontés à des attaques frontales de l’état bourgeois.

Chaque travailleur, syndicaliste, conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux que les structures syndicales. C’est une erreur de se couper du corps militant des syndicats situés dans les entreprises. C’est cette erreur que commet le « front social » et qui de plus ne règle pas le problème de la division syndicale. La CGT, est la seule organisation par rapport aux autres confédérations, où l’on trouve les militants et courants les plus combattifs, les plus avancés pour défendre des travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter, ce dont nombre de syndicalistes prennent conscience. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti communiste ml, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée ou le blocage de l’économie la construction d’un rapport de force contre le gouvernement ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie, arrêter la production si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il faut convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycées que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on ne perd pas 7 jours de grève, c’est 7 années qu’on perdra sous le poids de ces contreréformes. Cette mobilisation résultera aussi du travail antérieur de lutte quotidienne pour la défense des travailleurs et des jeunes. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination aux salariés.

Toute lutte doit être préparée pour mobiliser les travailleurs : dans des assemblées générales sur nos lieux de travail, en utilisant les heures d’informations syndicales, des diffusions de tracts sur les marchés et sur les lieux de travail etc. Il est nécessaire de développer des syndicats dans chaque entreprise, des UL défendant les intérêts de classe des travailleurs. Dans les lycées, et les universités, il importe d’organiser des AG et de se préparer à rejoindre les travailleurs en lutte.

Renforcer l’unité de la lutte et la solidarité pour développer la conscience de classe

Ces attaques et cette lutte montrent l’opposition réelle entre les classes, l’antagonisme qu’il existe entre le travail et le capital. Pendant des décennies, les idées sur la conciliation des classes, sur l’harmonie des intérêts généraux ont pu faire illusion. Désormais, ces conceptions sont battues en brèche. Les ordonnances dévoilent au grand jour, aux yeux de tous que pour faire fructifier son capital avec profit, la bourgeoisie n’a plus d’autre solution que de précariser les travailleurs, détruire leurs conditions de vie, baisser leurs salaires, augmenter leur temps de travail. La lutte des classes n’a pas disparu, la bourgeoisie la mène aujourd’hui au grand jour. Les travailleurs ne peuvent qu’y répondre en renforçant l’unité de leur classe dans cette lutte.

On voit justement partout dans les cortèges, les secteurs, les syndicats des entreprises en lutte, les militants qui combattent fermement leurs licenciements comme c’est le cas des GM & S. Cela donne une force importante au mouvement. En dénonçant leurs patrons locaux, les travailleurs condamnent aussi le patronat (le MEDEF) et le gouvernement qui veulent donner de nouvelles armes aux exploiteurs. Ce n’est que sur cette base que les consciences pourront progresser pour affronter l’offensive des patrons et de l’État.

Toute la classe ouvrière et les couches populaires sont victimes de ces contreréformes : des jeunes lycéens et étudiants des milieux populaires qui peuvent craindre une vie de salariés précarisés jusqu’à leurs 30 ans, aux retraités qui voient leurs pensions diminuer.

C’est dans une lutte commune que se construit l’union de tous les travailleurs. Il est important pour cela de tisser des liens entre les différents secteurs en lutte de la classe (luttes contre les licenciements, les revendications des chômeurs, des travailleurs sans-papiers, lu lutte des femmes, Aussi, des solidarités devront se nouer entre les lycéens étudiants et les travailleurs. La multiplication des échanges sur les piquets de grève ou les AG étudiantes permettra de développer l’esprit de solidarité et de lutte face à ce gouvernement capitaliste.

 

 

La lutte contre les ordonnances est politique !

Le capitalisme est en cause !

 

Là où le travail d’organisation à la base est accompli, la grève est massive, la détermination importante. Pour développer le rapport de force face au capital, il faut avoir conscience que ce gouvernement agit pour le compte des capitalistes. Il ne pourra reculer que devant une pression importante. En 36, pour obtenir les congés payés, les travailleurs avaient occupé leurs usines durant plus d’un mois.

Comme beaucoup de militants syndicaux s’en aperçoivent, arrêter l’offensive de la bourgeoisie ne peut se limiter au plan syndical. Plus que jamais le camp des travailleurs a besoin de mener un combat politique. Mélenchon et la France Insoumise comptent incarner ce combat. Effectivement la lutte contre les ordonnances doit prendre le caractère d’une lutte politique contre Macron et son gouvernement. Cependant, au bout de la rue, ce n’est pas avec les élections que les travailleurs pourront briser l’offensive du capital. L’expérience grecque autour de SYRIZA est l’illustration de l’échec d’une telle politique réformiste qui finit par s’acoquiner avec les forces réactionnaires. IRISAS n’a fait que poursuivre la politique d’austérité au service du capital grec et européen et de l’impérialisme (manœuvres militaires entre l’armée grecque et l’armée israélienne). Pourquoi les Insoumis ne veulent-ils pas tirer les leçons de ces échecs ? Ne serait-ce pas remettre en cause toute leur politique réformiste ?

Il faut empêcher ces contre-réformes de passer. Prendre conscience qu’il faut se battre pour éliminer le capitalisme qui entraine ces contre-réformes. Sans une politique centrée sur ses propres intérêts immédiats et stratégiques et organisé dans leur parti politique les travailleurs ne pourront pas être une force puissante capable de freiner l’offensive du capital et de battre le camp de la bourgeoisie. Les travailleurs ont un monde à gagner. Ils n’ont rien à perdre que leur chaine.

 

 

AMPLIFIONS LA MOBILISATION

 

COMBATTONS LES LOIS ANTI-OUVRIERES !

ET LUTTONS CONTRE LE CAPITALISME !

 

 

ROCML 23 septembre 2017

 

 

 

 

Un million contre des licenciements ? Sous le capitalisme, l’appauvrissement de la majorité fait la richesse de quelques-uns !

Le cas de Muriel Pénicaud, la ministre du travail de Macron, est tellement représentatif de ce gouvernement. Cette commis du grand capital, ancienne DGRH de Danone, a touché plus d’un million d’euros de plus-value sur des stock-options qu’elle a reçu après avoir annoncé un plan de licenciement. 900 personnes ont été licenciées et la ministre non pas du travail mais du patronat a profité d’être à la tête de l’entreprise Danone pour s’enrichir personnellement. Le malheur de la majorité fait comme toujours le bonheur de quelques-uns, dans une société où la majorité travaille pour que s’enrichisse une minorité de capitalistes.

Voilà donc au travers de Muriel Pénicaud le visage du capitalisme et de l’Etat qui le sert. Les dirigeants de ce gouvernement ne servent que les intérêts des monopoles et du patronat. Les ordonnances mises en place par cette ministre vont dans ce seul sens : détruire les droits et acquis des travailleurs pour augmenter encore les profits des grandes entreprises et enrichir des commis comme Pénicaud, Macron… Pour mettre en place les ordonnances, elle touchera sûrement une « prime » bien plus importante de la part de la bourgeoisie française, pour services rendus à la « nation »,  Oups ! Au capitalisme faudrait-il dire !

Contrairement à la propagande faite sur cette ministre, Muriel Pénicaud n’a rien à voir avec le monde du travail. Rien de bon ne peut venir de ce gouvernement et c’est pour cela qu’il faut engager la lutte. Refusons la négociation et le pseudo « dialogue social ». S’organiser dans nos entreprises, au travers des syndicats et se mobiliser contre les mesures anti-ouvrières qui se préparent reste la seule solution. Cette corruption, que les lois n’interdisent pas malgré une prétendue « moralisation de la politique », existera tant que le pouvoir capitaliste sera maintenu en France : regardez Bayrou, Macron lui-même, etc. C’est ce système qui corrompt notamment les hommes politiques pour qu’ils répondent à leurs intérêts particuliers. Il faut donc aussi s’organiser pour instaurer un système politique répondant aux besoins des travailleurs, le socialisme, seule possibilité de créer un gouvernement des travailleurs, représentant leurs intérêts !

pénicaud

« On a un code du travail, qui, en gros, n’est fait que pour embêter 95% des entreprises et sanctionner les 5% qui ne se conduisent pas dans les règles. »

 

Muriel Penicaud

SE MOBILISER, S’ORGANISER ET LUTTER POUR ABATTRE LE CAPITALISME !

Editorial de la VDC de septembre 2017 à retrouver en ligne ici. 

Depuis des décennies, la bourgeoisie mobilise toutes ses ressources pour réduire les droits que les travailleurs ont gagné à travers de grandes luttes durant un siècle. Après la révolution d’octobre de 1917, le pouvoir des soviets a donné un nouvel élan aux mouvements anticapitaliste et anti-impérialiste, à la lutte des prolétariats et travailleurs de chaque pays. Ils se sont organisés, mobilisés et ont remporté de grandes victoires. En France en 1936, 45-47, 1968 …etc. la journée de 8h, les congés payés, la retraite, le droit syndical. La plupart de ces droits consignés dans le code du travail, sont le fruit de la lutte de longue durée de la classe ouvrière. A chaque moment crucial de la lutte, l’Etat n’a pas hésité à utiliser la répression, les humiliations, l’interdiction des organisations politiques et syndicales des prolétaires…afin de préserver les intérêts de de la bourgeoisie monopoliste impérialiste.

Sans s’organiser, les travailleurs n’auraient jamais pu gagner une seule lutte. La bourgeoisie sait très bien que, tant que la classe ouvrière est divisée, tant qu’elle n’a pas pu réaliser l’unité dans l’action, elle ne peut résister à ces offensives.

Depuis 1995, des luttes ouvrières importantes ont eu lieu : 2003, 2005, 2007, 2010 et 2016. Sans compter d’autres grandes luttes dans divers secteurs de la société comme la lutte des travailleurs sans-papiers. Elles ont montré la force potentielle que possède la classe. Ces luttes n’ont pas seulement défendu les acquis existants, mais ont eu un retentissement important en France et au niveau international. Sans ces luttes, aussi limitées qu’elles le furent dans leurs objectifs et leur organisation, la classe aurait longtemps perdu face aux remises en cause de ses droits.

Cette longue expérience interpelle les militants combattifs et les plus conscients de la classe et les communistes : COMMENT DEPASSER LE NIVEAU DE LUTTE ATTEINT AUJOURD’HUI ? COMMENT ETABLIR UN RAPPORT DE FORCE FAVORABLE AUX TRAVAILLEURS ?

Pour donner une réponse à ces questions, il faut bien être conscient que dans la situation actuelle des batailles parcellaires, isolées peuvent être gagnées. Mais pour que les travailleurs passent à l’offensive, un rapport de force favorable face à la bourgeoisie ne peut pas s’obtenir d’un coup, en une seule fois, même par une lutte aussi dure et générale que possible. Il est des combats qu’il faut mener avec persévérance :

– Pour battre en brèche les positions de certains syndicats qui entretiennent la division des travailleurs et collaborent avec le patronat. Il faut combattre les illusions sur le prétendu « dialogue social » et les « vertus » du syndicalisme d’accompagnement social.

– Pour construire un rapport de force extra-parlementaire suffisamment puissant pour que son pouvoir soit menacé. C’est ainsi que cela s’est toujours passé, en 1936, en 1945 et en 1968. Ce ne sont pas les parlements qui ont spontanément accordé aux ouvriers leurs conquêtes sociales, ce sont les luttes massives de la classe ouvrière. Il en sera de même aujourd’hui, alors que la bourgeoisie veut revenir en arrière sur les conquêtes sociales.

La bourgeoisie, par son action au gouvernement avec l’appui des organisations patronales, essaie toujours de diviser pour mieux régner, en empêchant que les travailleurs agissent unis en tant que CLASSE. Les lois qui ont été adoptées depuis plusieurs années et celles qui vont être promulguées ont un double objectif :

Affaiblir et désorganiser les syndicats dans les entreprises et affaiblir la capacité de résistance contre ses prétentions de supprimer les droits acquis depuis un siècle.

Alors en face de cette situation, les travailleurs combattifs et les communistes ont deux tâches dépendantes l’une de l’autre à réaliser : réorganiser leurs forces au-delà des luttes de résistance aux attaques du pouvoir du capital et participer à ces luttes pour faire reculer le gouvernement et le MEDEF. Les mouvements de ces dernières décennies ont révélé la faiblesse de la conscience politique des travailleurs accentuée par une vague de dépolitisation. Aujourd’hui, la classe ouvrière est orpheline du Parti qui seul peut permettre une conscience de classe et l’élever au niveau d’une véritable conscience anticapitaliste.

Les ouvriers et les autres couches de travailleurs ont toutes les raisons pour se rassembler et mobiliser leurs forces pour affronter les attaques actuelles du patronat et de l’Etat capitaliste ainsi que celles qui vont venir. L’objectif immédiat sera de contrecarrer la loi de révision du code du travail. Cet objectif est capital, et les militants du ROCML se mobiliseront avec les travailleurs pour empêcher le pouvoir politique d’atteindre ses objectifs nuisibles aux travailleurs et faire progresser la conscience politique des travailleurs.

Mais le mouvement ouvrier ne peut limiter son combat aux seules revendications économiques et sociales. Il ne peut oublier l’objectif révolutionnaire d’arracher durablement le pouvoir économique et politique à la bourgeoisie et à ses partis. Le mouvement ouvrier doit créer ses propres institutions politiques, de nouveaux rapports sociaux pour s’affranchir définitivement de l’exploitation capitaliste.

Là encore l’existence d’un parti révolutionnaire porteur du programme de la classe ouvrière pour renverser le capitalisme et construire une autre société socialiste est indispensable.

Mobilisons-nous pour l’abrogation des lois anti-ouvrières : ordonnances de Macron, lois El Khomri !

Plutôt qu’aménager le capitalisme, il faut abattre !

 

Jeunes prolétaires, lycéens et étudiants, Tous unis dans la lutte contre les ordonnances !!

tract jcmlA télécharger sur le site

Les mesures annoncées jeudi 31 août par le gouvernement sont un coup mortel porté à l’avenir de la jeunesse et aux droits des travailleurs. Par ces cinq ordonnances le gouvernement Philippe-Macron entend détruire les derniers vestiges des conquêtes sociales de la classe ouvrière, héritage des grands mouvements sociaux de 1936 à 1968. Avec ces contre-réformes réactionnaires les patrons pourront régner en maître absolu dans leur entreprise et contraindre les salariés à toutes les reculades sur les salaires, les conditions de travail, le temps de travail….etc. Même se syndiquer et défendre des droits minimaux deviendra difficile dans l’avenir. C’est une véritable destruction du syndicalisme qui est à l’œuvre, pour le plus grand profit du MEDEF et du CAC 40 qui ont accueilli la nouvelle chaleureusement !

Pour les jeunes ces ordonnances ne feront qu’accroitre la précarité et la pauvreté qui touchent déjà un très grand nombre. Le plafonnement des indemnités prudhommales rendra encore plus facile le licenciement. La pression qui pèse déjà sur nos épaules ne fera que s’accroître, nous poussant à accepter n’importe quel emploi dans n’importe quelle condition. Sous prétexte d’être « jeune » il nous faudrait accepter la « flexibilisation » du marché du travail, renoncer au CDI (présenté comme une relique du passé), se jeter à corps perdu dans « l’ubérisation », avec comme seul avenir de devenir auto-entrepreneur, c’est-à-dire travailleur pauvre et sans droits ! Nous refusons d’être précaires à vie ! Nous désirons un travail décent et non être des individus corvéables à merci. Nous voulons un système éducatif qui offre la chance chacun de s’épanouir et non un système qui sélectionne par l’argent et les origines sociales. Mais ce système n’est pas possible tant que dominent les patrons et ces gouvernements de capitalistes !

Des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, se sont déjà mobilisés il y a un an contre la loi travail d’El Khomri. Face à cette nouvelle attaque gravissime il devient urgent de se mobiliser aux côtés des travailleurs en lutte. De reprendre le flambeau de nos aînés qui se sont battus pour nos droits sociaux. Le chômage, la précarité, la pauvreté ne sont pas des fatalités pour la jeunesse populaire et le prolétariat en général. Ce sont des symptômes d’une maladie qu’on appelle capitalisme ! Seul l’organisation des opprimés et exploités dans des organisations indépendantes de la bourgeoisie pourra faire avancer la lutte pour une société plus juste et égalitaire. Cette société nouvelle c’est la société socialiste, comme nos aînés soviétiques nous l’ont montré. Il y a 100 ans les ouvriers russes jetaient à la poubelle de l’histoire la bourgeoisie et le système capitaliste, faisons de même aujourd’hui avec les ordonnances de Macron !

Les ordonnances à la poubelle !

Reconstruisons une véritable opposition classe contre classe face aux mesures réactionnaires de la bourgeoisie !

Battons-nous pour une société débarrassée de l’exploitation et de la misère !

Vive le communisme !

Tract ROCML pour le 12 septembre

Le tract en PDF, à imprimer pour les manifs, les AG…JOurnee_mobilisation_12092017 (1)

LE CAPITALISME N’A PAS D’AUTRE ALTERNATIVE QUE DE S’ATTAQUER AUX DROITS DES TRAVAILLEURS !

ET LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS D’AUTRE ALTERNATIVE QUE DE LUTTER POUR RENVERSER LE CAPITALISME !

 

Camarade travailleur

 

Nous nous mobilisons contre les ordonnances Macron Pénicaud réformant le Code du travail qui sont une remise en question de tes droits. Elles ne sont que le début d’une série de mesures favorables au patronat, qu’il nous faudra aussi combattre.

Depuis le début de la crise de 1973, l’offensive du capital contre les travailleurs n’a jamais cessé. Le conflit capital travail a toujours été au cœur du développement du capitalisme. Les capitalistes ont constamment cherché à réduire les droits des travailleurs pour rendre l’exploitation du travail toujours plus « profitable ». Dans la société capitaliste, tous les « acquis », droits et avantages obtenus parfois par une lutte sanglante sont remis tôt ou tard en question.

En France ce qu’a obtenu la classe ouvrière à la suite de grandes périodes de lutte (1936, 45-47,68) l’a été grâce à une forte organisation, une mobilisation d’une très grande majorité des travailleurs et à niveau de conscience politique sans laquelle les travailleurs n’auraient pu se mobiliser aussi massivement. Chez les travailleurs, le communisme incarné par l’URSS fut un facteur important pour leurs mobilisations pour lutter. On peut dire qu’il y eut une unité d’action de la classe, autour des syndicats (notamment de la CGT, politiquement influencée par l’esprit communiste) dans une perspective anticapitaliste.

La bourgeoisie n’a jamais changé de cible : avec constance et persévérance elle a cherché à laminer et contrôler les organisations que la classe ouvrière s’est données pour lutter pour ses objectifs propres. D’abord éliminer ou rendre inoffensives ses organisations révolutionnaires, et en particulier le parti communiste, le syndicalisme de lutte de classe et jusqu’aux associations culturelles, sportives, de solidarité de la classe ouvrière. Cette démarche a pris plusieurs formes : Pression politique, arrestations, sanctions financières, amalgame, corruption de syndicalistes… etc.

Aujourd’hui Macron et Philippe ne sont pas tombés de ciel. Quand Hollande dit qu’il « a laissé un bon terrain », il n’a pas tort. La dégradation des droits de travailleurs n’a pas été menée pas un seul gouvernement. C’est sous Mitterrand que tout a été enclenché. C’est le début de la restructuration capitaliste au niveau mondial dont Maastricht est la conséquence, de la destruction des grands bastions industriels des travailleurs, le glissement ouvert du PC dans le jeu politique bourgeois. A suivi la remise en cause de ce que les services publics avaient de favorable aux travailleurs, les privatisations, la destruction de pans entiers de l’industrie, la délocalisation, la précarisation… que les reformes réactionnaires de Balladur, Villepin, Sarkozy et Hollande ont accentué.

Tant que la société capitaliste perdurera, il n’y aura aucun « acquis » définitif. Il nous faut défendre nos droits constamment et répondre aux attaques. Ces droits ne nous ont pas été donnés, ils ont été arrachés par la lutte quand nous avons su créer un rapport de force politiquement favorable, quand le pouvoir de la bourgeoisie a été menacé.  Et cela n’est pas non plus acquis facilement, en particulier quand il faut se mobiliser pour passer à un niveau supérieur de la lutte, de l’entreprise jusqu’au niveau national, et mettre en échec le gouvernement.

Les patrons et leur syndicat le MEDEF, accusent le syndicat CGT de faire de la politique. Mais devant toutes ces mesures politiques prises par le gouvernement et au plus haut sommet de l’Etat, les travailleurs eux devraient s’abstenir d’une réponse politique ?!

Le ROCML soutient sans réserve l’initiative de la CGT pour faire face à cette offensive du capital. Les travailleurs n’ont d’autre solution que de riposter politiquement et de créer les conditions de leur unité d’action autour de la CGT au plan syndical. Sans unité de classe aucune victoire n’est possible. La politique de collaboration des directions de certaines confédérations comme la CFDT ou de FO, ne peut pas empêcher l’unité d’action à la base de tous les travailleurs sans distinction d’appartenance syndicale.

Cette unité de classe doit clairement combattre le système capitalisme sinon la lutte pour nos droits sera utilisée pour aménager le capitalisme.

Les réformes réactionnaires de Macron-Phillipe, sont en continuité des lois El-Khomri, Rebsamen… etc. La bourgeoisie a conscience que tout n’est pas gagné pour elle. Voilà pourquoi elle mène une propagande pour isoler la CGT. Elle sait par expérience que la capacité de mobilisation de la classe ouvrière est plus grande qu’on pourrait le croire.

Travailleurs, jeunes, femmes, immigrés et retraités, aujourd’hui l’enjeu est important. On doit défendre nos droits à tout prix ! La lutte syndicale est déterminante mais elle ne saurait suffire. Ne prêtons pas l’oreille à la propagande de la bourgeoisie que ses médias déversent à flots ininterrompus pour culpabiliser les travailleurs et paralyser leur riposte. Construisons notre unité et la convergence de lutte ouvrière et populaire face à cette offensive. La classe ouvrière ne doit pas hésiter à utiliser tous les moyens de luttes dont elle dispose, à organiser la solidarité avec travailleurs en lutte, des réunions d’information, des assemblées pour discuter de l’action à mener, des grèves, des occupations… etc.

Sans perspective politique anticapitaliste révolutionnaire, la mobilisation restera fragile, au niveau d’une simple résistance aux attaques du capital et non d’une offensive contre lui. Tirons les leçons des luttes de 1995, 2003, 2005, 2007, 2010 et 2016 et celles des autres pays, récemment la Grèce et la Turquie, pour ne citer que les plus récentes.

Une leçon principale que l’on peut tirer de tous ces évènements est que nous devons, nous travailleurs, rejeter les illusions réformistes  visant à réformer le capitalisme que continuent à défendre les organisations politiques électoralistes  de « gauche », illusions qui ne sont qu’un moyen pour nous soumettre à la politique de la bourgeoisie, illusions qui nous empêchent de mener une controffensive au plan politique et pratique, d’accumuler des forces pour faire naître ou renaitre le parti politique et l’organisation syndicale de lutte de classe.

Faisons de ce 12 septembre le jour où nous nous engageons dans cette voie. La dégradation de nos organisations de classe qui a duré plusieurs décennies sera surmontée par une lutte prolongée. Et elle ne sera victorieuse que si nous rejetons toute illusion de réformer le capitalisme pour le rendre plus « humain ». Les communistes marxistes-léninistes sont du côté des travailleurs, avec l’objectif qu’ils mènent une action politique indépendante de celle de la bourgeoisie.

 

Battons-nous pour l’abrogation de toutes les lois anti-ouvrières !

Les ordonnances à la poubelle !

À bas le capitalisme !

La classe ouvrière vaincra !

Solidarité avec les travailleurs de l’usine de TORAY à Lacq-Abidos

Depuis le 11 juillet les ouvriers de l’usine de TORAY CFE, sur le complexe de Lacq (64), sont en grève pour obtenir la réintégration d’un de leur camarade licencié pour « insubordination »[1]. L’usine est quasiment à l’arrêt. La direction préfère perdre des millions d’euros par la paralysie de la production que de céder à la revendication des travailleurs. Voilà qui est révélateur du véritable visage du patronat qui ne tolère pas, au-delà de toute autre considération, que l’on puisse contester son autorité et son pouvoir dans « son » usine. Le travailleur doit rester son esclave salarié !

Mais voilà que contre toute attente de sa part, habitué à mettre les travailleurs en condition de concurrence les uns par rapport aux autres, il voit s’exprimer la solidarité de cette classe de prolétaires qu’il méprise et exploite et sans le travail de laquelle il n’est rien et ne pourrait vivre un seul instant.

Cette lutte vient grossir toutes les luttes et grèves en cours partout en France et que les médias couvrent de leur silence. Viendra le jour où ces luttes iront grossir le fleuve qui emportera cette société malade du capital et grosse d’une société sans exploitation. Société socialiste dans laquelle ce sont les travailleurs qui auront le pouvoir.

Popularisons cette grève exemplaire, soyons prêts à répondre à toute demande de solidarité de leur part. Leur détermination et leur unité dans la lutte sont une garantie d’une issue victorieuse.

ROCML le 16 juillet 2017

 

 

 

 Envoyez vos messages de soutiens et de solidarité à l’adresse mail suivant:

 

cgt.toray@laposte.net

 

 

 

 

Grève dans l’usine Toray CFE (64)

 

Dans les usines TORAY CFE sur le complexe de Lacq qui embauche plus de 400 salariés, la quasi-totalité des ouvriers s’est mise en grève depuis le 11 juillet pour un salarié licencié injustement ! Presque toute l’usine est depuis à l’arrêt, chose qui ne s’était jamais produite dans l’histoire de cette entreprise. C’est environ 200 grévistes qui se mobilisent pour une seule personne sur le principe de « un pour tous, tous pour un ». Ce n’est ni une logique financière, ni un mot d’ordre national qui a conduit tous ces salariés en grève mais la solidarité. Les salariés et la Cgt réclament la réintégration immédiate de notre camarade dont la direction lui reproche une insubordination. Ce que l’ensemble des grévistes conteste. Nous sommes à l’heure actuelle toujours en grève dans une usine qui est quasiment à l’arrêt complet. La Direction ne veut faire aucun geste envers notre camarade alors nous continuons la lutte.

 

La Cgt Toray-CFE

cgt.toray@laposte.net

[1] Voir le communiqué du syndicat de TORAY que nous reproduisons ici.

COMBATTONS LES ORDONNANCES DE MACRON

Annoncées durant sa campagne, le président des monopoles capitalistes Macron mettra en œuvre une réforme du code du travail, en utilisant les ordonnances durant l’été. Il a d’ores et déjà reçu le soutien du MEDEF afin de mener ses contre-réformes : « C’est maintenant qu’il faut engager les réformes qui permettront de relancer la dynamique de création d’emplois. N’ayons pas peur d’agir vite et fort pour montrer aux Français, aux forces vives et à nos partenaires du monde entier qu’une nouvelle page s’ouvre pour la France »[1].

 

UNE OFFENSIVE GENERALE CONTRE LES TRAVAILLEURS !

 

A peine élu, Macron veut attaquer les travailleurs. Bien entendu, il mène son attaque par le louvoiement en faisant croire qu’il consulte les syndicats. Il cherche surtout par les rencontres qu’il mène à semer le trouble chez les travailleurs, à faire croire qu’il prend l’avis des syndicats, que ceux-ci pourraient « négocier » avec lui. C’est à cela que servent les « rencontres avec les partenaires sociaux », à masquer la nature réelle de son pouvoir, au service exclusif des grandes entreprises capitalistes.

            Que prépare Macron ? Comme ses prédécesseurs du PS, Macron a dans ses tiroirs des mesures de cadeaux fiscaux pour le patronat. En effet, il prévoit des baisses d’impôts et de cotisations sociales d’entreprises. Ces nouveaux cadeaux arrivent alors que les travailleurs subissent les effets de la loi travail de l’ANI. Prétendant rétablir l’emploi, ces cadeaux servent surtout à rétablir la compétitivité et le profit du capital. Le chômage lui augmente toujours ainsi que la misère sociale !

            Dans ces ordonnances, Macron prévoit de mettre en place la primauté des accords d’entreprises dans tous les domaines. En gros il s’agit d’étendre la loi El Khomri aux salaires, aux conditions de travail. C’est à coup sûr un renforcement de l’exploitation capitaliste et une pression supplémentaire des patrons et des cadres sur les travailleurs et les syndicats de lutte. Il a aussi pour objectif de plafonner les indemnités prudhommales sur les licenciements sans cause réelle. Le MEDEF se réjouit d’avance de cette mesure qui permettrait de jeter à la rue n’importe quel travailleur sans avoir à rendre de compte, même devant la justice bourgeoise. Il souhaite aussi poursuivre les attaques antisyndicales qu’avait apportées la loi Rebsamen en fusionnant les représentations du personnel en une instance unique. Ainsi, moins de représentants du personnel, c’est moins de moyens pour défendre les salariés, et surtout c’est plus de moyens pour que le capital mène ces attaques.

            A l’avenir, Macron prévoit aussi de réformer les retraites en tirant toujours plus vers le bas les pensions de retraites, en faisant travailler toujours plus les salariés. La sécurité sociale est aussi visée par Macron. Ainsi, c’est tous les acquis issus des luttes depuis 1936-1945 qui sont dans le collimateur du tout nouveau président. Macron, tout comme l’ex président Hollande va appliquer la politique du capital qui consiste comme le disait un représentant du MEDEF à « de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».

 

PREPARER LA MOBILISATION
LA RIPOSTE DE CLASSE

 

Le capital veut faire supporter les conséquences de sa crise aux travailleurs, Les politiques mises en place depuis la crise de surproduction de 2008 n’ont pas d’autre but. C’est lui qui est responsable des milliers de licenciements, de la baisse des salaires… Le personnel politique bourgeois actuel comme par le passé est au service du capital. Il n’y a donc rien à attendre de ce gouvernement !

Mais il est des semeurs d’illusions du PCF ou de la France Insoumise qui font croire qu’il est possible de « construire une majorité de gauche de transformation » ou qu’« avec une majorité de transformation sociale, l’espoir renaitra » (L’Humanité, 24/05/17). Seule l’organisation de luttes extra-parlementaires pourra stopper le rouleau compresseur capitaliste. L’expérience gouvernementale et majoritaire de Syriza en Grèce le montre bien. Une majorité sociale-démocrate se pliera aux exigences du capital.

 

Seul le développement des luttes contre les projets anti ouvriers et antipopulaires peut parvenir à faire céder Macron. On l’a bien vu, même si la lutte du printemps n’a pas atteint son but, elle a précipité la faillite du Parti socialiste et obligé le capital à se recomposer autour de Macon. Dès maintenant préparons la riposter, organisons les solidarités autour des luttes qui existent, dans toutes les entreprises pour nous donner au combat contre les ordonnances Macron toutes les changes d’être victorieux. C’est seulement avec cet esprit combattif, en tirant le bilan des luttes nationales précédentes que le mouvement ouvrier sera capable d’imposer ses vues et ses revendications.

 

 

A BAS LE GOUVERNEMENT AU SERVICE DES MONOPOLES CAPITALISTES !

 

COMBATTONS LES ORDONNANCES MACRON !

 

RETRAIT DES LOIS ANTI-OUVRIERES :

ANI, LOI MACRON- RABSAMEN, LOI TRAVAIL !

 

Solidarité avec les ouvriers de GM&S de La Souterraine

Jeudi 11 mai, alors que les médias se régalaient des tambouilles politiciennes autour des investitures d’En Marche pour les prochaines législatives, les ouvriers de GM&S de La Souterraine (département de la Creuse), menacés de liquidation judiciaire, se livraient à la destruction d’une partie des machines et affirmaient avoir l’intention de faire sauter l’usine (qu’ils ont piégé avec des bonbonnes de gaz) si les négociations n’aboutissaient pas.

Il s’agit d’une entreprise de 279 salariés, sous-traitant dans l’industrie automobile, et dont les deux principaux constructeurs français (Renault et PSA) constituent les principaux clients (64% du chiffre d’affaire). C’est justement le désengagement de ces deux puissants groupes, qui préfèrent commander leurs pièces ailleurs pour augmenter leurs profits, qui a provoqué cette situation qui risque de laisser sur le carreau des centaines de familles, sans possibilité de retrouver un emploi dans un territoire à majorité rural et déjà fortement touché par les fermetures d’usines.

Cette situation est d’autant plus révoltante pour les ouvriers que ces groupes sont riches à millions, qu’ils ne se sont jamais si bien portés depuis plusieurs années, et qu’ils font même tout pour saborder les projets de reprise du site. Encore une fois la classe ouvrière est sacrifiée sur l’autel du profit !

Animés par le désespoir et la colère, après avoir essayés toutes les autres formes de manifestations et moyens d’expression sans succès, ces ouvriers se sont attaqués au sacro-saint droit de propriété par la destruction des machines. Ils veulent interpeller le nouveau « président-banquier » Macron. Mais on voit mal ce qu’il pourrait leur apporter, étant donné sa volonté de détruire le droit du travail par ordonnances ! Comme lors de la campagne présidentielle avec les salariés de WHIRLPOOL, il leur expliquera que les capitalistes sont dans leur bon droit pour les licencier !

Tant que le capitalisme continuera à faire sa loi, d’autres affaires de ce genre se produiront car tel est le capitalisme, un système inhumain uniquement préoccupé par la quête du profit. Seule l’organisation et la convergence des luttes locales en un front commun contre l’offensive du capital pourra mettre fin à cette hémorragie. Seul l’avènement du socialisme pourra émanciper les travailleurs.

Solidarité avec les ouvriers de La Souterraine et avec tous ceux qui luttent actuellement !

 

A bas le Front des millionnaires avec sa tête Macron !

 

C’est aux travailleurs de diriger la société !

Le ROCML, 14/05/2017

 

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