Face au coup de force US et sioniste, rassemblons nous à Pau !

Le Collectif Palois pour une Paix Juste et Durable pour les Palestiniens et les Israéliens
Nous dénonçons, avec la plus grande force, la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale unifiée d’Israël en y transférant l’ambassade des Etats-Unis.
Faut-il rappeler qu’Israël n’existe que par la résolution 181 de l’ONU et que celle-ci exigeait que Jérusalem soit protégée par une zone internationale. Ce n’est que par la force armée qu’Israël s’est approprié la partie Ouest en 1948, puis en 1967 Jérusalem-Est.
Trump ainsi, à la suite de Netanyahu piétine l’ONU et le droit international, notamment la résolution 2334 du 23 décembre 2016 qui dénonce la colonisation.
La décision de Trump à la suite du gouvernement israélien enterre donc définitivement toutes les solutions de paix au Proche-Orient.
Dans leurs revendications pour vivre en paix, les Palestiniens veulent que leur pays soit Gaza et la Cisjordanie, toute la Cisjordanie, avec Jérusalem-Est comme capitale.
Les Etats Unis ne sont donc plus qualifiés pour mener un quelconque processus de paix. C’est à la France et à l’Europe qu’il reviendra de le faire.
Nous dénonçons le coup de force américain et nous demandons à la France et à l’Europe de prendre le relai, ce qu’ils auraient pu faire depuis longtemps :
Le mercredi 13 décembre à 18 heures devant la Préfecture de Pau.
Le Collectif Palois. Premiers signataires : MRAP, LDH, UJFP, AFPS, Libertat, Emmaüs Lescar-Pau, Rassemblement Organisé des Communistes M-L, PCF section de Pau-A

UJFP, Le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Il nous mène à la catastrophe.

Le ROCML partage ce communiqué analyse de l’UJFP et appelle tous les militants marxistes-léninistes, progressistes à s’associer aux mobilisations en faveur du peuple palestinien. Les communistes seront toujours du côté des peuples opprimés face aux menées de l’impérialisme. C’est pour cela que nous soutenons la lutte du peuple palestinien face au colonisateur sioniste, que nous soutenons aussi la lutte du peuple kurde pour le droit à son autodétermination. 

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L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.

Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».

La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

Le Bureau national de l’UJFP le 8 décembre 2017

Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article6053

Sur le mot d’ordre de sortie de l’Europe

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Un article toujours d’actualité, extrait de la Voix des Communistes n°5.

La profonde crise sociale qui secoue l’ensemble des pays européens a fait apparaître dans ces pays des revendications désignant l’UE comme la source de tous les maux et prônant la sortie de la zone euro et de l’Union Européenne.

Remarquons tout de suite que le retour à une monnaie nationale ne remettrait pas en cause le fondement de la crise, puisqu’il ne s’agit pas d’une crise monétaire mais d’une crise générale du système capitaliste. En France, cette revendication du retour au franc est l’expression d’un sentiment nationaliste chauvin, désignant les « autres » comme cause des difficultés de la société.

Quant au mot d’ordre « Sortir de L’Union Européenne » de portée plus large sur quelle réalité repose-t-il et qu’implique-t-il?

L’UE est un cartel de pays impérialistes, c’est une machine servant à favoriser les impérialistes d’Europe dans leurs rivalités envers les autres impérialistes (US, russes, chinois, etc.). Le mythe de l’Europe Unie s’est brulé les ailes depuis bien longtemps: le « rêve » des fédéralistes tombe devant la réalité matérielle du capitalisme et de l’inégalité de développement du capitalisme qui font que dans le cadre de ce système, aucune union harmonieuse ne peut exister durablement, les bourgeoisies gardant une base nationale et restant en concurrence les unes avec les autres. Malgré les discours, les ententes entre pays capitalistes ne sont possibles que si chacun peut y trouver son compte !

Se retirer de l’Union Européenne est une revendication très naturelle pour les peuples engagés malgré eux dans cette structure. Et nous, communistes sommes pour la destruction de toutes les structures dont la raison d’existence est de permettre la domination de classe de la bourgeoisie, que ces instances soient nationales ou supranationales. Nous sommes donc pour la destruction de l’Union Européenne. Pour autant cette seule revendication n’est absolument pas suffisante. Comme dans la question de l’euro, s’en tenir au retrait de l’UE ce serait revenir à un « capitalisme national » historiquement dépassé, à la fois réactionnaire et utopique. Certains courants politiques en France notamment, adoptent sur cette question une position chauvine: ils voient l’UE comme un outil d’asservissement de la France, alors que c’est le contraire: l’UE est un outil des puissances impérialistes, dont la France. Plutôt que de réduire, elle sert à accroitre sa force (et si ce n’était pas le cas, cela ferait bien longtemps qu’on n’en parlerait plus!). Ces positions chauvines conduisent à entretenir le sentiment national des travailleurs, leur soumission à la bourgeoisie au nom de l’intérêt national, en affaiblissant la conscience de classe. De ce point de vue chauvin, la sortie de l’Union Européenne, de ce cartel des impérialistes, perd donc son caractère progressiste pour devenir un des moyens d’une visée réactionnaire.

Pour que cette revendication de sortie de l’UE ne soit pas marquée de chauvinisme mais soit en accord avec les principes internationalistes, il faudrait la considérer comme une voie pour détruire l’UE et affaiblir les pays impérialistes qui la constituent. Mais pour cela le seul moyen est la révolution socialiste. C’est pourquoi seuls ne versent pas dans le chauvinisme ceux qui considèrent la nécessité de la sortie et de la destruction de l’Union Européenne comme conséquence de la révolution socialiste dans chaque pays!

Cette lutte pour le socialisme, qui entraînera l’éclatement de l’UE dirigée par et pour les pays impérialistes qui la constituent, n’est pas une lutte purement nationale mais internationaliste: elle vise à détruire le capitalisme non seulement dans un pays, mais partout! Elle vise à ce que la classe ouvrière prenne possession du pouvoir et transforme la société dans un pays et partout! C’est une lutte solidaire de la classe ouvrière et des peuples du monde entier.

Cette analyse, qui différencie les communistes des chauvinistes quant à la question de la sortie de l’Union européenne avait été faite dès 1994 par une organisation grecque du nom de S.A.K.E. Dans leur brochure « Hors de l’UE impérialiste, Pour une Grèce socialiste » ils y disent notamment que, si l’adhésion de la Grèce a l’UE a été bénéfique pour la bourgeoisie à qui elle a donné « un parapluie protecteur », cela s’est traduit pour le prolétariat par la restriction des droits, des reculs sociaux et la montée du chômage.

Concernant la lutte pour la sortie de l’Union Européenne il est dit : «La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE, la lutte pour la victoire de la révolution populaire socialiste n’est pas une lutte purement nationale. C’est une lutte internationaliste, non seulement contre le capitalisme grec mais contre le capitalisme mondial (…). La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE n’est pas une lutte pour une Grèce capitaliste indépendante, qui ne peut exister, et qui même si elle existait serait aussi anti-ouvrière et antipopulaire qu’une Grèce membre de l’UE (…). Peu avant dans le texte, précédant ces explications, l’idée énoncée était: « Au cours du processus de développement du mouvement révolutionnaire, il se peut qu’un membre de la CEE devienne le maillon faible de la chaîne et que les conditions révolutionnaires y murissent. La classe ouvrière victorieuse, appuyée par les classes ouvrières des autres pays, doit alors sortir le pays de l’UE, ce qui constituera un coup décisif contre la coalition impérialiste et accélèrera le processus de décomposition et de dissolution, en aidant ainsi le développement du climat révolutionnaire dans les autres pays »

Voilà qui rétablit la position de l’internationalisme à l’heure où se développent des discours tentant de remettre au goût du jour la farce du « produisons français » que le PCF révisionniste a déjà essayée dans le passé de vendre vainement aux ouvriers de France.

La croyance en un retour salvateur à un espace national « protégé » participe à la tentation de chercher des « solutions » dans le cadre du capitalisme « national ». Cassant les reins à ces inepties, écartant les freins à la conscience révolutionnaire, la tâche actuelle des communistes est la formation de partis communistes marxistes- léninistes véritables et la préparation de la classe ouvrière, du prolétariat et des masses populaires en général à la révolution socialiste.

Abattre le système capitaliste pourrissant ou supporter des souffrances encore plus grandes dans l’implosion du système (guerres, famines, destructions de la force de travail…) – capitalisme ou socialisme – tel est, en définitive, le seul choix qui est posé aux prolétaires.

Voilà pourquoi les communistes rejettent ce mot d’ordre « sortir de l’Union Européenne » : Parce qu’il sème des illusions chauvines parmi travailleurs et parce que sa réalisation ne constituerait en rien un pas en avant vers la révolution socialiste.

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Crise de la Dette

Extrait de la VDC N°5

CRISE DE LA DETTE
Manifestation de l’aggravation des contradictions
du mode de production capitaliste

Toutes les places boursières s’affolent. La bourse est à la baisse jusqu’à entrevoir un nouveau krach boursier. La note attribuée à la dette américaine a été abaissée d’un cran (de AAA, meilleure note, à AA+) par l’agence Standard and Poor’s, une première. Cela signifie que cette agence de notation (la première à avoir, il y a deux ans, dévalué la note grecque) considère que les Etats-Unis présentent des risques quant à leur capacité à honorer leur dette, provoquant une perte de confiance des milieux financiers et les réactions erratiques du marché financier : c’est l’aspect visible d’une crise plus profonde qui affecte le monde capitaliste mondialisé.
En 2008 déjà, la crise frappait. La crise de la dette n’est que l’aspect superficiel de cette crise. Non pas que la situation soit inédite, elle est aujourd’hui a un niveau de gravité supérieure: les contradictions inhérentes au capitalisme font leur œuvre: le cancer se généralise, après la Grèce, l’ensemble des pays d’Europe et d’Amérique sont touchés.
Ce n’est pas du côté de la bourgeoisie que nous aurons une explication claire et scientifique des évènements en cours. La bourgeoisie n’a pas intérêt à dévoiler les conséquences du système qui est le sien. Elle tente d’en rester à une fixation de l’attention des masses sur les cours de bourse et les problèmes financiers, comme si le fond du problème était la hausse ou la baisse, et que cette hausse ou baisse, venant d’on ne sait où, était la clé des problèmes économiques.
Or pour comprendre ce qu’est la crise et la place qu’occupe la dette publique dans ses mécanismes il faut comprendre d’où vient cette crise, qu’elle en est la source fondamentale.

De la crise de surproduction à la crise financière et boursière.

La crise, qui frappe également à des degrés divers les pays en Europe et aux Etats-Unis, est avant tout une crise de surproduction. Le capitalisme est agité par des contradictions insolubles. D’une part, il faut produire toujours plus de marchandises, avec des coûts de production (dont les salaires) toujours plus faibles que ses concurrents pour générer un profit plus important. Or cette baisse des coûts de production se traduit par une baisse des salaires et par conséquent, une baisse du niveau de vie des masses. Ce qui a pour conséquence de freiner l’écoulement des marchandises produites, que les masses ne peuvent pas acheter et qui s’entassent dans les entrepôts. A l’échelle de la société cela se traduit par des faillites en chaîne et par la montée du chômage.. Nous avons donc cette situation absurde avec d’un côté une masse de marchandises produites et de l’autre des masses qui ne peuvent se les procurer et qui manquent de tout. « La logique du profit capitaliste conduit immanquablement à la crise de surproduction, à cette contradiction scandaleuse de la capacité matérielle de produire des biens d’usage qui permettraient aux masses de vivre aisément, et de l’autre, de l’impossibilité de ces masses d’acheter et de consommer ces biens dont elles ont besoin. »

Dans la production, le recours au crédit est indispensable pour les capitalistes: pour écouler les produits, de même que pour continuer à produire alors que la production précédente n’est pas encore écoulée. Avec la baisse de la production consécutive au ralentissement de la consommation, les crédits deviennent de plus en plus vitaux pour maintenir la production de plus-value2. Or, la récession, conséquence logique de la mévente des marchandises et de la baisse de la production qui s’en suit, creuse le fossé entre les besoins de crédit du capital et ses capacités à en rembourser les intérêts. Quand se manifeste l’écroulement de productions financées à crédit, les établissements qui font commerce du crédit (les banques) voient leurs créances fondre comme neige au soleil, entrainant leurs propres difficultés. Les banques qui ont prêté de l’argent, suite à la banqueroute de leurs créanciers, voient fondre leurs réserves. La crise de surproduction prend alors la forme de crise financière. L’interdépendance des capitaux entrainant une réaction en chaîne, la faillite des uns provoquant celle des autres. Les Etats, acteurs politiques de domination du capital sur les travailleurs mais également acteurs économiques, se chargent de supporter une grosse partie de la crise, en épongeant les dettes privées et en ayant recours au crédit pour éviter l’implosion sociale et de la société: les charges de l’Etat augmentent pendant que les ressources stagnent ou diminuent (la masse des impôts diminue), aboutissant sur une situation où l’Etat lui-même ne peut plus satisfaire le remboursement des intérêts de la dette qu’il a contracté, est menacé de faillite comme en Grèce, fragilisant considérablement les pays et banques créditrices et entrainant des mouvements imprévisibles d’affolement des bourses.
Il arrive une situation où l’Etat n’a plus, du fait de la crise profonde du capital, les moyens de « payer » les intérêts de la dette en cours – il est en situation de « faillite », d’où la méfiance des « marchés » , des investisseurs qui demandent des taux d’intérêts plus élevés pour tout nouvel emprunt (c’est ce qui est arrivé à la Grèce) et provoque le sauve qui peut du capital financier et des bourses. La crise de la dette est une partie du problème de la faillite du système capitaliste, de sa nature sénile, de son incapacité à diriger la société et l’entrainant à sa perte.
La crise boursière est donc une manifestation d’une crise déjà présente. Les baisses des cours d’une société signifient qu’un nombre plus important de porteurs vendent leurs actions (c’est à dire des part dans le capital de la société), du fait de la situation de difficulté économique de l’entreprise (soit immédiate: l’entreprise a diminué son profit, soit anticipée: on anticipe une perte de profit dans l’avenir proche). Quand la surproduction est générale alors les cours s’effondrent jusqu’au krach boursier.
Notons que cette surproduction ne reste que relative car cette surproduction existe par rapport aux possibilités de valorisation du capital (c’est à dire de sa possibilité de s’investir pour croître avec un profit), mais n’est pas surproduction par rapport aux besoins de consommation des masses, qui par millions n’ont pas les ressources pour se procurer des moyens de subsistance et sont frappées par le dénuement et la famine qui en résulte.
La crise et les étapes qu’elle traverse, ne sont pas la conséquence d’une mauvaise gestion, de l’incapacité de tel ou tel dirigeant, mais la conséquence inévitable des contradictions du mode de production capitaliste.

Le rôle de la dette dans l’économie.

L’argent de la dette sert, avec les impôts, et l’émission de titres (par exemple les bons du trésor aux Etats Unis) à alimenter le budget de l’Etat. Ce budget que Marx considérait déjà comme « un budget de la bourgeoisie » sert à aider directement les capitalistes notamment par des subventions, exonérations d’impôts, marchés publics, mais aussi indirectement, en jouant le rôle de « capitaliste collectif » en intervenant dans l’économie, en aménageant le territoire, en créant des infrastructures utiles à la production et au commerce, en entretenant des forces de répression et de maintien de la domination de classe, en entretenant la force de travail (aide à l’embauche, retraites, hôpitaux, sécurité sociale, transports ….). D’ailleurs c’est sur ce dernier aspect que se nourrit l’illusion de « l’Etat providence » entretenue par le personnel politique pour culpabiliser les travailleurs en les désignant comme responsables de la dette, s’attachant à masquer la nature de classe de l’Etat, le présentant comme au service de tous. Or, l’Etat, dans toute société de classe n’est autre qu’un appareil de domination de la classe qui dirige, la classe dominante. Dans toutes ses actions, l’Etat sert soit directement soit indirectement les intérêts du capital, car c’est précisément la fonction de l’Etat dans une société capitaliste.
La dette n’est pas seulement une conséquence de la nécessité d’emprunter. Elle joue aussi un rôle essentiel pour le capital financier par l’intermédiaire de l’Etat pour extorquer la plus-value. L’argent servant à payer les intérêts de la dette provient en effet des impôts, qui sont en définitive une partie des revenus des travailleurs, qui est prélevée chaque année et à chaque achat (notamment par la TVA). En somme, les capitalistes qui se sont déjà servi une fois en plus-value lors de la réalisation des marchandises, se servent une deuxième fois, par l’intermédiaire de l’Etat, grâce au mécanisme de la dette.
La dette renforce également la dépendance des pays empruntant vis à vis des préteurs. Les grands groupes impérialistes en prêtant de l’argent resserrent leur domination et le contrôle sur les pays et ses matières premières- auxquels ils prêtent.

La réaction de la bourgeoisie à la crise: le plan d’austérité

L’Etat ne peut maitriser l’accroissement de la dette publique, qui augmente inexorablement au fur et à mesure de l’accumulation du capital. Et il doit absolument l’entretenir pour éviter l’écroulement. Les discours la main sur le cœur, tendant à rééquilibrer les finances publiques ne doivent pas nous tromper. En réalité, la dette est nécessaire au fonctionnement du système.
Aussi l’ objectif des plans d’austérité prenant prétexte de la dette vise en réalité à « réamorcer » la pompe à profits en réduisant les frais « improductifs » destinés à la reproduction de la force de travail et donc à baisser son « coût » pour le capital: gel et baisse des salaires dans le public comme dans le privé, plan de privatisations massifs, recul de l’âge de la retraite, hausse des taxes et des impôts directs, etc. Voilà la réponse sur le plan intérieur. Sur le plan extérieur, la réponse de la bourgeoisie est la fuite en avant dans les rivalités inter-impérialistes pour la lutte contre les concurrents, la conquête de marchés et des matières premières, pour diminuer le coût de fabrication des produits et tenter de les écouler. Ces rivalités se manifestent tant dans la lutte économique – la lutte « pacifique » pour la domination économique que dans la guerre déclarée, guerre à laquelle ne peuvent que nécessairement aboutir les rivalités entre impérialismes. La guerre est une solution pour détruire les forces productives en surplus et résorber la crise, relancer la machine productive, relancer les profits. A ce titre, l’impérialisme français compte bien faire valoir ses intérêts sur le pétrole libyen et la reconstruction du pays suite à l’agression de ce pays et la mise en place, par la guerre, d’un régime politique plus avantageux pour l’impérialisme français.

La lutte des prolétaires contre la crise et les politiques de la bourgeoisie

Les prolétaires grecs, les premiers, ont répondu avec une force et une détermination que nous ne pouvons que saluer et encourager. Depuis un an et demi, de nombreuses journées de grève avec un caractère massif et très combatives ont eu lieu pour refuser de payer les pots cassés de la crise du capital. Des mots d’ordre anticapitalistes, dénonçant le capitalisme comme système, sont apparus et ont été repris dans les cortèges de grévistes et de manifestants.
L’intervention de L’UE sur le prétendu « plan de sauvetage de la Grèce » n’est rien d’autre qu’un plan de soutien aux investisseurs en Grèce, et notamment de grandes banques françaises, affolées de perdre une partie de leurs créances. La déclaration de Nicolas Sarkozy « ce que nous ferons pour la Grèce, nous ne le ferons pour aucun autre pays. » montre la peur des gouvernants d’une contagion de la contestation du prolétariat dans d’autres pays que la Grèce ainsi que la faiblesse avouée de la bourgeoisie qui montre son incapacité à maitriser la situation économique internationale.
Tous les prolétaires dans les autres pays frappés également par la crise économique ont intérêt à soutenir le combat des travailleurs de Grèce, et ont, eux-mêmes pour leur propre situation à se préparer à la lutte.
Les travailleurs n’ont aucun intérêt à sauver le capitalisme en crise, mais à l’abattre !

Voir la brochure du ROC ML expliquant les mécanismes de la crise: «ELEMENTS GENERAUX D’ANALYSE POUR COMPRENDRE LA CRISE ACTUELLE ET OUVRIR UNE PERSPECTIVE
1 Terme scientifique somme de tous les profits réalisés (du capitaliste production,du financier, du grossiste, distributeur final…)