Les Toray à Abidos (64) UN POUR TOUS ET TOUS POUR UN !

Extrait du journal la VDC, septembre 2017 à retrouver en intégralité ICI

Sur le complexe industriel chimique de Lacq (64) est implantée l’usine Toray (multinationale japonaise), usine de fabrication de fibres de carbone. Cette entreprise fonctionnant en 3×8 emploie 440 salariés et la CGT s’y est bien développée depuis maintenant quelques années.

A la mi-juin, un jeune ouvrier de l’entreprise a une légère altercation avec sa supérieure, pour le refus d’un « bonjour » et le non port de son casque alors qu’il se trouvait face à son ordinateur. Il est convoqué la semaine suivante à un entretien préalable au licenciement.

Le verdict tombe le lundi 10 juillet à 19h : le délégué syndical CGT reçoit l’information que la direction a notifié au jeune son licenciement. Le soir même, l’équipe de nuit se rassemble avant que chacun ne prenne son poste et décide collectivement de faire grève pour la réintégration immédiate du camarade.

Les grévistes accueillent alors les ouvriers de matin et les premiers ouvriers de jour afin d’expliquer la situation. De façon et à l’unanimité l’ensemble des ouvriers décident la poursuite de la grève. Lors de la rencontre entre les ouvriers de nuit et de matin, un agent de maitrise prendra la parole pour expliquer que tout en pouvant actuellement espérer une promotion, il serait quand même gréviste car il ne s’agissait pas d’une augmentation de quelques euros de nos salaires, mais de la solidarité avec l’un des nôtres. Son intervention entrainera les agents de maitrise dans le mouvement, fait quasiment inédit dans cette usine. La grève s’amplifie progressivement, entrainant chaque jour de nouveaux arrêts des lignes de production. Des assemblées générales, organisées par les militants CGT qui restent parfois 24h d’affilée dans l’usine en grève, se produisent chaque jour. La grève s’étend à tous les ateliers, fait aussi inédit dans cette entreprise.

Lors de ces assemblées, de véritables débats ont lieu entre les ouvriers, qui dépassent largement le cadre du licenciement de notre camarade, sur les conditions de travail, les rémunérations, l’ambiance, etc. La direction tente dès le premier jour, par ses interventions, de justifier le licenciement devant les ouvriers rassemblés. L’effet sera l’inverse de celui escompté, cela fera monter d’un cran la colère chez les travailleurs.

La grève continue, la grève s’étend à la deuxième usine Toray du complexe de Lacq et la quasi-totalité de la production est à l’arrêt. Les médias locaux et nationaux diffusent des articles sur cette grève. Divers militants CGT des usines voisines visitent les piquets de grève, le syndicat CGT reçoit des messages de soutien d’organisations politiques mais aussi d’autres syndicats CGT en France.

La direction menace, intimide la CGT qui comprend lors d’une convocation à un CE extraordinaire qu’elle ne réintègrera pas notre camarade. Elle trouve insupportable que le syndicat, les grévistes ou même les salariés puissent se mêler de leur décision disciplinaire, après tout, comme ils le disent, ce sont eux les « patrons » ! Ce serait pour eux perdre la face devant nous !

La CGT n’a pas cédé et la direction est dos au mur. Après une semaine de grève un accord de fin de conflit est trouvé, la direction cède des avantages non négligeables au jeune licencié.

Malgré le fait que notre camarade n’est pas été réintégré, c’est une victoire pour les ouvriers. Premièrement, la solidarité spontanée qui s’est opérée entre tous les ouvriers forge une unité de lutte pour l’avenir, le « un pour tous, tous pour un » a largement marqué les esprits. Deuxièmement, les ouvriers ont politiquement remis en cause leur direction sur une injustice, ce qui constitue un pas vers un niveau supérieur de la conscience de classe au sujet du caractère exploiteur de leur direction. Dernièrement, la parole libérée durant les piquets de grève, lors des assemblées générales, une élévation du débat syndical.

Cette grève n’a été possible que grâce à deux facteurs principaux : Une organisation syndicale qui s’est structurée au fil des ans sur des bases politiques classe contre classe, qui à déployé une énergie furieuse dans cette grève (des militants Cgt qui se déplaçaient partout et inlassablement pour discourir aux travailleurs et organiser des rassemblements); et une spontanéité exemplaire des ouvriers grévistes face à une injustice. Fait important, aucun des 200 grévistes n’avait un quelconque intérêt pécuniaire dans cette grève, ils l’ont fait en solidarité avec l’un des leurs.

 

Cette grève casse l’individualisme, casse les divisions entre les travailleurs, elle forge l’unité !

 

Multiplions les ripostes et les offensives de ce type contre la bourgeoisie !

 

Chaque ouvrier solidaire de sa classe, la classe ouvrière solidaire de chacun de ses membres !

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FACE AUX ATTAQUES DE LA BOURGEOISIE, LA FRANCE INSOUMISE DIFFUSE DES ILLUSIONS !

Avec l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat, c’est une nouvelle étape qui est franchie pour mettre en place une nouvelle offensive contre les acquis et les conditions de vie des salariés. Le mouvement ouvrier, qui s’est mobilisé en 2016 contre la loi El Khomri, va encore devoir batailler ferme pour empêcher les ordonnances Macron d’être appliquées. Dominé par les idées réformistes dans les revendications syndicales comme dans la lutte politique, le mouvement ouvrier ne dispose pas actuellement des outils pour vaincre le gouvernement Macron, bien disposé de son côté, à mener la guerre de classe(1).

Mélenchon,  la France Insoumise et le PCF ne sont pas la direction politique qu’il faut au mouvement ouvrier pour vaincre l’offensive du capital. Ce n’est pas pour rien que depuis qu’il n’existe plus de parti communiste digne de ce nom en France, le mouvement ouvrier n’a subi que des défaites. Pourquoi le réformisme mène-t-il les travailleurs à la défaite ?

Du côté économique, il ne se borne qu’à la critique des excès et de certaines politiques du système capitaliste mais ne condamne pas ce système dans son ensemble : « Nous adapterons désormais le système aux êtres humains et non plus l’inverse »(2). Adapter le capitalisme et non pas renverser et détruire ce système qui est basé sur la propriété privé des entreprises ne peut amener qu’à l’enrichissement d’une minorité d’individu au détriment d’une large majorité de la société, voilà le mot d’ordre de la France Insoumise. Bien entendu, ce point de vue ne permet pas de comprendre la crise du capitalisme et son fonctionnement. Pour Mélenchon, la crise n’est pas celle du système capitaliste mais est due à la politique de l’Offre et au pouvoir des actionnaires. Ainsi, une autre politique serait possible. Bien entendu, une alternative est possible mais pas dans le cadre de ce système. Et Mélenchon a faux sur toute la ligne. Le capital français tente de faire face à la crise et à ses concurrents en détruisant les conditions de vie et de travail des salariés afin de les rendre compétitifs face aux salariés chinois, allemands… L’objectif derrière est de maintenir les profits des grandes entreprises françaises. Celles-ci n’agissent pas par méchanceté envers les salariés mais parce que sous le capitalisme, pour qu’une entreprise survive et se développe, il faut qu’elle réalise des profits, les plus élevés possibles face à ses concurrents. Aucune politique ne peut donc empêcher le capitalisme de se restructurer dans ce sens. Au contraire, en faisant croire qu’il existerait une autre politique possible dans le cadre du capitalisme français, la France Insoumise maintient des illusions et empêche l’émergence d’un front anticapitaliste, qui veuille organiser les travailleurs pour contrer l’offensive du patronat par un puissant rapport de force.

Au point de vue international, Mélenchon ne fait pas une critique fondamentale de la politique menée par la France que nous qualifions, nous les communistes, d’impérialiste. Au contraire, la France Insoumise par la voix d’A. Corbières est venue au secours de l’armée et du général De Villiers estimant que « les conséquences de l’austérité sur l’armée sont intolérables. Le « coup de gueule » du général de Villiers est légitime »(3). Ce que ne disent pas nos apprentis militaristes, c’est que ces 850 millions d’économies se font sur des équipements militaires de combat offensif, c’est-à-dire sur du matériel servant aux interventions militaires. De plus, Macron ne renonce pas à porter à 2 % du PIB le budget des armées et de la « Défense ». La question que tout travailleur doit se poser est plutôt à quoi sert ce budget de l’armement ? Bien entendu, à cela le pâle imitateur de Jean Jaurès qu’est JL Mélenchon ne répond pas. Il n’explique pas pour quelle raison l’armée française intervient à l’extérieur. Si dans son programme la FI dit vouloir mettre fin à la Françafrique, elle ne revendique pourtant pas la fin des interventions françaises en Afrique et la fermeture de toutes ses bases sur ce continent(4). Au contraire, A. Corbières apporte son soutien au général De Villiers, ce représentant de tout ce que la France a de réactionnaire et d’impérialiste. Issu d’une famille de la noblesse et frère du politicien raciste et islamophobe Philippe de Villiers, le général de Villiers a commandé les troupes françaises partout où elles sont allées semer la mort pour augmenter leurs précarrés économique et stratégique : le Kosovo, l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Centrafrique, le Mali, les pays du Sahel…(5) Et à l’intérieur du pays ? La FI soutient-elle le maintien de l’état d’urgence et la militarisation de la société ? La vague de répression contre les mouvements ouvriers et démocratiques est aussi à lier à la place de plus en plus centrale qu’occupe l’armée dans la société. Plutôt que de dénoncer le rôle de cet instrument pour l’Etat capitaliste-impérialiste, Mélenchon ne fait que tromper les gens et attiser leur chauvinisme et nationalisme. L’intérêt des travailleurs est pourtant de dénoncer l’utilisation des armées pour l’intérêt économique et stratégiques des grandes entreprises et de l’Etat capitaliste, au détriment des peuples d’Afrique et d’Asie. Plutôt que dénoncer une petite baisse du budget des armées, les communistes dénoncent le manque d’argent pour l’éducation, la santé, la culture. Plus de 4 milliards d’euros d’économie sont prévus sur la santé en 2018 par rapport aux estimations des besoins réels(6).

Enfin, au point de vue politique, La FI fait l’erreur opportuniste classique mais inacceptable sur l’Etat et la prise du pouvoir. En effet, Mélenchon estime que l’Etat est au-dessus des classes sociales et qu’il peut être conquis au moyen des élections afin de mettre en place une politique favorable aux travailleurs. C’est absolument faux et répandre de telles idées, c’est entretenir des illusions sur l’Etat. Comme l’expliquaient K. Marx et Lénine, « L’Etat est un organisme de domination de classe, un organisme d’oppression d’une classe par une autre ; c’est la création d’un « ordre » qui légalise et affermit cette oppression en modérant le conflit des classes »(7). « Nous sommes pour la république démocratique en tant que meilleure forme d’Etat pour le prolétariat en régime capitaliste, mais nous n’avons pas le droit d’oublier que l’esclavage salarié est le lot du peuple, même dans la république bourgeoise la plus démocratique »(8). Il est bien vrai que dès que les salariés se révoltent, ils sont ramenés à la légalité bourgeoise ou réprimés violemment pour avoir osé revendiquer des mesures « plus justes ». Le mouvement contre la loi El Khomri a montré que le pouvoir bourgeois n’avait rien d’autre à proposer que la force aux manifestants. La démocratie n’était pas réelle pour l’immense majorité des salariés mais simplement au service des patrons. Même dans un rapport de force favorable pour les travailleurs, les moments favorables pour obtenir des acquis sous le capitalisme sont faibles et nécessitent une force politique très organisée et souvent révolutionnaire : en 1936, en 45 et en 68. Contrairement à ce qu’affirment les réformistes, la tête de l’Etat ne peut pas être conquise par les élections car la domination économique, politique et militaire de la bourgeoisie est trop forte. Pour instaurer un pouvoir ouvrier et populaire, il faut un parti qui organise les travailleurs et qui lutte pour renverser définitivement le pouvoir économique et politique du capital. Pour cela, la voie électorale est impossible : elle est illusoire.

(1) Il suffit de voir les mesures répressives avec la reprolongation de l’état d’urgence, les répressions de diverses manifestations : à Bure contre l’enfouissement des déchets nucléaires, à Bordeaux contre un local antifasciste, dans les divers rassemblements du front social…

(2) Généreux J., Les bonnes raisons de voter Mélenchon, Les liens qui libèrent, Paris, 2016, 174 p., p. 55.

(3) « Budget des Armées: Le général de Villiers sera reçu vendredi par Emmanuel Macron », 20 minutes, 16 juillet 2017

(4) https://avenirencommun.fr/livret-garde-nationale-defense/

(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Villiers_(militaire)

(6) « Santé : plus de 4 milliards d’économies en 2018 », Les Echos, 27/06/2017.

(7) Lénine, L’Etat et la révolution, Editions sociales, Paris, 1975, p. 12.

(8) Idem, p. 30.

 

SE MOBILISER, S’ORGANISER ET LUTTER POUR ABATTRE LE CAPITALISME !

Editorial de la VDC de septembre 2017 à retrouver en ligne ici. 

Depuis des décennies, la bourgeoisie mobilise toutes ses ressources pour réduire les droits que les travailleurs ont gagné à travers de grandes luttes durant un siècle. Après la révolution d’octobre de 1917, le pouvoir des soviets a donné un nouvel élan aux mouvements anticapitaliste et anti-impérialiste, à la lutte des prolétariats et travailleurs de chaque pays. Ils se sont organisés, mobilisés et ont remporté de grandes victoires. En France en 1936, 45-47, 1968 …etc. la journée de 8h, les congés payés, la retraite, le droit syndical. La plupart de ces droits consignés dans le code du travail, sont le fruit de la lutte de longue durée de la classe ouvrière. A chaque moment crucial de la lutte, l’Etat n’a pas hésité à utiliser la répression, les humiliations, l’interdiction des organisations politiques et syndicales des prolétaires…afin de préserver les intérêts de de la bourgeoisie monopoliste impérialiste.

Sans s’organiser, les travailleurs n’auraient jamais pu gagner une seule lutte. La bourgeoisie sait très bien que, tant que la classe ouvrière est divisée, tant qu’elle n’a pas pu réaliser l’unité dans l’action, elle ne peut résister à ces offensives.

Depuis 1995, des luttes ouvrières importantes ont eu lieu : 2003, 2005, 2007, 2010 et 2016. Sans compter d’autres grandes luttes dans divers secteurs de la société comme la lutte des travailleurs sans-papiers. Elles ont montré la force potentielle que possède la classe. Ces luttes n’ont pas seulement défendu les acquis existants, mais ont eu un retentissement important en France et au niveau international. Sans ces luttes, aussi limitées qu’elles le furent dans leurs objectifs et leur organisation, la classe aurait longtemps perdu face aux remises en cause de ses droits.

Cette longue expérience interpelle les militants combattifs et les plus conscients de la classe et les communistes : COMMENT DEPASSER LE NIVEAU DE LUTTE ATTEINT AUJOURD’HUI ? COMMENT ETABLIR UN RAPPORT DE FORCE FAVORABLE AUX TRAVAILLEURS ?

Pour donner une réponse à ces questions, il faut bien être conscient que dans la situation actuelle des batailles parcellaires, isolées peuvent être gagnées. Mais pour que les travailleurs passent à l’offensive, un rapport de force favorable face à la bourgeoisie ne peut pas s’obtenir d’un coup, en une seule fois, même par une lutte aussi dure et générale que possible. Il est des combats qu’il faut mener avec persévérance :

– Pour battre en brèche les positions de certains syndicats qui entretiennent la division des travailleurs et collaborent avec le patronat. Il faut combattre les illusions sur le prétendu « dialogue social » et les « vertus » du syndicalisme d’accompagnement social.

– Pour construire un rapport de force extra-parlementaire suffisamment puissant pour que son pouvoir soit menacé. C’est ainsi que cela s’est toujours passé, en 1936, en 1945 et en 1968. Ce ne sont pas les parlements qui ont spontanément accordé aux ouvriers leurs conquêtes sociales, ce sont les luttes massives de la classe ouvrière. Il en sera de même aujourd’hui, alors que la bourgeoisie veut revenir en arrière sur les conquêtes sociales.

La bourgeoisie, par son action au gouvernement avec l’appui des organisations patronales, essaie toujours de diviser pour mieux régner, en empêchant que les travailleurs agissent unis en tant que CLASSE. Les lois qui ont été adoptées depuis plusieurs années et celles qui vont être promulguées ont un double objectif :

Affaiblir et désorganiser les syndicats dans les entreprises et affaiblir la capacité de résistance contre ses prétentions de supprimer les droits acquis depuis un siècle.

Alors en face de cette situation, les travailleurs combattifs et les communistes ont deux tâches dépendantes l’une de l’autre à réaliser : réorganiser leurs forces au-delà des luttes de résistance aux attaques du pouvoir du capital et participer à ces luttes pour faire reculer le gouvernement et le MEDEF. Les mouvements de ces dernières décennies ont révélé la faiblesse de la conscience politique des travailleurs accentuée par une vague de dépolitisation. Aujourd’hui, la classe ouvrière est orpheline du Parti qui seul peut permettre une conscience de classe et l’élever au niveau d’une véritable conscience anticapitaliste.

Les ouvriers et les autres couches de travailleurs ont toutes les raisons pour se rassembler et mobiliser leurs forces pour affronter les attaques actuelles du patronat et de l’Etat capitaliste ainsi que celles qui vont venir. L’objectif immédiat sera de contrecarrer la loi de révision du code du travail. Cet objectif est capital, et les militants du ROCML se mobiliseront avec les travailleurs pour empêcher le pouvoir politique d’atteindre ses objectifs nuisibles aux travailleurs et faire progresser la conscience politique des travailleurs.

Mais le mouvement ouvrier ne peut limiter son combat aux seules revendications économiques et sociales. Il ne peut oublier l’objectif révolutionnaire d’arracher durablement le pouvoir économique et politique à la bourgeoisie et à ses partis. Le mouvement ouvrier doit créer ses propres institutions politiques, de nouveaux rapports sociaux pour s’affranchir définitivement de l’exploitation capitaliste.

Là encore l’existence d’un parti révolutionnaire porteur du programme de la classe ouvrière pour renverser le capitalisme et construire une autre société socialiste est indispensable.

Mobilisons-nous pour l’abrogation des lois anti-ouvrières : ordonnances de Macron, lois El Khomri !

Plutôt qu’aménager le capitalisme, il faut abattre !

 

Jeunes prolétaires, lycéens et étudiants, Tous unis dans la lutte contre les ordonnances !!

tract jcmlA télécharger sur le site

Les mesures annoncées jeudi 31 août par le gouvernement sont un coup mortel porté à l’avenir de la jeunesse et aux droits des travailleurs. Par ces cinq ordonnances le gouvernement Philippe-Macron entend détruire les derniers vestiges des conquêtes sociales de la classe ouvrière, héritage des grands mouvements sociaux de 1936 à 1968. Avec ces contre-réformes réactionnaires les patrons pourront régner en maître absolu dans leur entreprise et contraindre les salariés à toutes les reculades sur les salaires, les conditions de travail, le temps de travail….etc. Même se syndiquer et défendre des droits minimaux deviendra difficile dans l’avenir. C’est une véritable destruction du syndicalisme qui est à l’œuvre, pour le plus grand profit du MEDEF et du CAC 40 qui ont accueilli la nouvelle chaleureusement !

Pour les jeunes ces ordonnances ne feront qu’accroitre la précarité et la pauvreté qui touchent déjà un très grand nombre. Le plafonnement des indemnités prudhommales rendra encore plus facile le licenciement. La pression qui pèse déjà sur nos épaules ne fera que s’accroître, nous poussant à accepter n’importe quel emploi dans n’importe quelle condition. Sous prétexte d’être « jeune » il nous faudrait accepter la « flexibilisation » du marché du travail, renoncer au CDI (présenté comme une relique du passé), se jeter à corps perdu dans « l’ubérisation », avec comme seul avenir de devenir auto-entrepreneur, c’est-à-dire travailleur pauvre et sans droits ! Nous refusons d’être précaires à vie ! Nous désirons un travail décent et non être des individus corvéables à merci. Nous voulons un système éducatif qui offre la chance chacun de s’épanouir et non un système qui sélectionne par l’argent et les origines sociales. Mais ce système n’est pas possible tant que dominent les patrons et ces gouvernements de capitalistes !

Des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, se sont déjà mobilisés il y a un an contre la loi travail d’El Khomri. Face à cette nouvelle attaque gravissime il devient urgent de se mobiliser aux côtés des travailleurs en lutte. De reprendre le flambeau de nos aînés qui se sont battus pour nos droits sociaux. Le chômage, la précarité, la pauvreté ne sont pas des fatalités pour la jeunesse populaire et le prolétariat en général. Ce sont des symptômes d’une maladie qu’on appelle capitalisme ! Seul l’organisation des opprimés et exploités dans des organisations indépendantes de la bourgeoisie pourra faire avancer la lutte pour une société plus juste et égalitaire. Cette société nouvelle c’est la société socialiste, comme nos aînés soviétiques nous l’ont montré. Il y a 100 ans les ouvriers russes jetaient à la poubelle de l’histoire la bourgeoisie et le système capitaliste, faisons de même aujourd’hui avec les ordonnances de Macron !

Les ordonnances à la poubelle !

Reconstruisons une véritable opposition classe contre classe face aux mesures réactionnaires de la bourgeoisie !

Battons-nous pour une société débarrassée de l’exploitation et de la misère !

Vive le communisme !

Rapport du ROCML, Analyse de la situation politique après les élections

Les élections présidentielles dans la république démocratique bourgeoise sont un événement nécessaire et capital pour maintenir la domination politique de la bourgeoisie sur les autres classes de la société et principalement sur le prolétariat. Elles portent au pouvoir des gérants loyaux du capitalisme.

        Le système d’alternance droite gauche qui jusqu’à présent permettait à la bourgeoisie d’assurer « démocratiquement » sa domination a été mis à mal par le développement des contradictions internes à la bourgeoisie (les affaires et la corruption) et par la lutte de classe (lutte contre la loi travail). Les discordances sur la politique à mener se sont multipliées et accentuées au sein même des partis de gouvernement à droite comme à gauche.

L’opération Macron a été la réponse de la bourgeoisie pour surmonter cette situation. Elle a réussi momentanément à éviter la crise politique. Macron mis en avant par la bourgeoise monopoliste (fraction dominante de la bourgeoise) est devenu le candidat de toute la classe bourgeoise et a été élu. La bourgeoise en tant que classe a réussi à préserver sa domination politique.

Il ne pouvait en être autrement. Sans une classe ouvrière organisée, politiquement consciente c’est toujours la réaction qui est victorieuse. Tant que sa domination ne sera pas remise en cause par le prolétariat, la bourgeoisie se prêtera au jeu démocratique.

        Sous la VIème république la tendance est au renforcement du pouvoir exécutif, le parlement est réduit à une simple chambre d’enregistrement. L’aggravation de la crise et le développement des tensions impérialistes poussent à un pouvoir exécutif fort, autoritaire. L’État impérialiste a besoin d’un dirigeant fort, qui mène des guerres, impulse un programme offensif contre les travailleurs.

L’abstention massive a montré que seules les couches dominantes de la société croient encore au système politique actuel. Mais cette abstention des couches populaires et de la classe ouvrière est d’une manière générale révélatrice d’une passivité et d’un désintérêt pour la politique en général. Par contre pour une minorité de la classe ouvrière, l’abstention est révélatrice d’un début de prise de conscience politique qui s’est traduit par le refus d’aller voter dès le premier tour, pour un quelconque candidat, refusant de céder un chantage du danger d’extrême droite. Elle n’attendait rien du jeu politique bourgeois. Mais la prise de conscience sur la nécessité d’un changement politique radical anti capitaliste n’existe pas et les illusions réformistes sur la possibilité d’aménager le capitaliste sont encore fortes.

        Enfin le score de Macron et la victoire de la République En Marche aux législatives montrent la mobilisation de certaines couches sociales dominantes (bourgeoisie, cadres supérieurs) autour du programme des monopoles soutenu par Macron. La majorité des travailleurs n’a pas voté pour Macron.

Le FN et Marine Le Pen, représentant la frange réactionnaire de la bourgeoisie, capte par sa politique de haine réactionnaire et sa démagogie sociale les éléments les plus arriérés de la société, ceux qui sont les plus éloignés de la politique.

La bourgeoisie monopoliste fraction dominante de la bourgeoisie ne voulait pas porter au pouvoir de Marine Le Pen. Elle a simplement servi d’épouvantail pour permettre la victoire de Macron. Le pourcentage de voix élevé qu’a obtenu le FN montre cependant que les idées réactionnaires et chauvines sont puissantes aujourd’hui dans la société. Depuis le 2e tour des présidentielles, le FN est secoué par des contradictions internes sur la question de l’Union Européenne et de l’euro qui peuvent conduire à une crise au sein de ce Parti.

            La division des forces réformistes entre le PCF et la FI a entraîné leurs faiblesses même s’ils réalisent un nombre de députés plus important que lors des législatures précédentes. La FI a la volonté de remplacer le Parti socialiste, d’être hégémonique et d’être le pôle de la gauche réformiste face au PCF. Des illusions existent sur la nature de la France Insoumise chez les éléments avancés. Les dirigeants de la FI sont tous issus de courants de la gauche du PS, acteurs de la vie institutionnelle bourgeoise (Voir le parcours de Mélenchon depuis Mitterrand, Corbières, Coquerel, Simmonet qui étaient tous au PS… Mélenchon avec un discours plus radical tente d’apparaître comme la seule force réformiste sur la scène politique. La FI et le PCF ont utilisé les luttes sociales mais n’ont pas cherché à les développer durant les élections. Au contraire, ils ont appelé le mouvement ouvrier à faire élire leurs députés. Ils ne remettent pas en cause le système capitaliste. Ils suivent le mouvement plus qu’ils ne cherchent à l’amener à affronter le capitalisme en tant que système.

        En vérité, l’assemblée nationale ne peut pas être le lieu du combat contre le capital. Elle peut être tout au plus un reflet déformé de la lutte des classes. La majorité des députés FI ou PCF élus sont des éléments insérés dans la vie institutionnelle, habitués à cogérer avec la bourgeoisie et à participer au « dialogue social ». Ces députés ne sont pas d’authentiques dirigeants de la classe pour défendre dans l’assemblée les aspirations des secteurs les plus engagés de la classe ouvrière et montrer que cette assemblée est la chambre d’enregistrement et de gestion des intérêts de la bourgeoisie. Au contraire La FI et le PCF vont utiliser le mouvement ouvrier et leurs luttes pour les dévoyer et servir leurs intérêts parlementaires et réformistes.

            La victoire de Macron révèle la crise des partis institutionnels bourgeois qui se partageaient auparavant le pouvoir : le PS et LR. Mais le pouvoir de Macron et la cohésion de son groupe est fragile. C’est une solution provisoire trouvée par la bourgeoisie pour maintenir dans l’urgence son jeu démocratique. Une recomposition à sa droite comme à sa gauche est en cours et donc la possibilité de retrouver lors des élections futures une nouvelle alternance droite gauche. Cette crise du système institutionnel bourgeois (les réformes du capital ne vont pas assez vite, sont trop limitées, ou ne parvenant pas aux résultats escomptés) a laminé les anciens partis institutionnels.

        Le PS a essuyé une défaite cinglante lors des présidentielles. Une grande partie de son électorat s’est portée sur d’autres candidats. Cela est le résultat de cinq années de pouvoir où il a fait une politique ouvertement contre les travailleurs. Le PS n’est pas parvenu à relever la tête aux législatives malgré son maillage important sur le territoire français. Il est clair que cette faillite politique a accéléré les départs vers LREM et peut conduire à une recomposition de la gauche bourgeoise autour de la France Insoumise.

Nous sommes à une de ces périodes de crise politique de la bourgeoisie où le rapport entre les forces politiques se renouvelle. C’est aussi une période d’instabilité, d’incertitude pour la bourgeoisie et ou les travailleurs se méfient du système de représentation politique, ils peuvent cherchent des solutions hors du jeu politique traditionnel.

            Les Républicains quant à eux ont subi une défaite importante aux législatives. Face au radicalisme catholique et sociétal du discours de Fillon et aux affaires de corruption, beaucoup de courants de droite ont cédé aux sirènes de LREM (notamment les courants juppéistes, centristes) et approuvent la formation d’un gouvernement d’union nationale qui est censé mettre fin aux affrontements qui ont secoué le personnel politique bourgeois.

Un gouvernement d’offensive pour le capital

 

            . Le nouveau gouvernement avec Edouard Philippe à sa tête traduit la volonté de la bourgeoisie d’accentuer et d’accélérer son offensive contre les travailleurs. Macron tente de rebâtir un personnel politique sur des bases neuves pour trouver des solutions à la crise politique interne de la bourgeoisie. Cependant, comme les précédents, ce régime est corrompu jusqu’à la moelle. Les affaires de scandales et de corruption battent leurs pleins (affaire de l’argent du ministère de l’économie pour Macron, l’affaire du MODEM, l’affaire Ferrand,…), les polémiques au sein même du gouvernement continuent d’exister (Bayrou-Philippe, Hulot-Travert). En effet La corruption n’est pas liée qu’au « banquier Macron » mais est un aspect du fonctionnement du système capitaliste lui-même, voir les affaires FN, PS, LR.

Le nouveau personnel institutionnel renouvelé applique les vieilles méthodes et rabâche les mêmes idées. La « société civile » a soi-disant remplacé la vieille classe politique mais ces dirigeants politiques sont qui sont au gouvernement sont des représentants directs des monopoles : (Perricaud au travail, M. Blanquer à l’EN, A. Buzyn à la santé, Frédérique Vidal à l’enseignement supérieur,). N’oublions pas que des postes clefs sont détenus par des représentants de la « vieille classe politique », B. Lemaire à l’économie et le porte-parole de l’impérialisme français, Le Drian. Quant à G. Colomb à l’intérieur, il a testé à Lyon la répression du mouvement ouvrier et populaire lors du mouvement contre la loi travail et durant l’état d’urgence en interdisant rassemblements et manifestations. Ce gouvernement est entièrement au service des intérêts des grands monopoles capitalistes et sert l’ensemble de la bourgeoisie. Il tente de redonner une position centrale à l’impérialisme français dans le monde en soutenant le développement de son complexe militaro-industriel, en fortifiant les bases impérialistes en Afrique, en se posant comme arbitre entre Trump et Poutine.

Voilà donc un gouvernement de combat prêt à mener une offensive pour :

  • Accentuer l’exploitation des travailleurs pour améliorer les profits face à la concurrence internationale.
  • Développer le positionnement de l’impérialisme français dans le monde, face à la montée des tensions entre grandes puissances, à l’exacerbation de la concurrence entre monopoles.
  • Réprimer les résistances qui s’opposent à cette intensification de l’exploitation et aux menées de l’impérialisme.

 

Quelles perspectives pour les communistes
dans cette situation politique

Les mobilisations se multiplient à la CGT. Il est important de surveiller toutes les initiatives qui permettent de développer la lutte de classe. Il faut être attentif à l’évolution et soutenir l’envie de combattre. Les travailleurs doivent s’organiser pour résister. Les initiatives de solidarité avec les luttes des travailleurs doivent être soutenues et encouragées (GM et S, GOODYEAR, TORAY…. Nous sommes dans une situation nouvelle : le syndicalisme dominé par le réformiste et la collaboration de classe est ébranlé. Face à l’offensive actuelle du capital, il n’a plus rien à proposer aux travailleurs que d’accompagner la régression sociale.

Les communistes doivent œuvrer pour donner à la lutte revendicative un caractère plus offensif et favoriser la prise de conscience anticapitaliste. Mais cette conscience ne peut se développer et se consolider qu’à travers la construction du parti d’avant-garde de la classe ouvrière, et cela if faut le répéter même si cela peut paraître rébarbatif ou dogmatique pour certains.

Au vu de la réalité du rapport des forces, donner au syndicalisme une perspective anticapitaliste et combattre les illusions parlementaristes est une lutte de longue haleine que doivent mener les communistes marxistes léninistes patiemment et avec un esprit unitaire.

Solidarité avec les travailleurs de l’usine de TORAY à Lacq-Abidos

Depuis le 11 juillet les ouvriers de l’usine de TORAY CFE, sur le complexe de Lacq (64), sont en grève pour obtenir la réintégration d’un de leur camarade licencié pour « insubordination »[1]. L’usine est quasiment à l’arrêt. La direction préfère perdre des millions d’euros par la paralysie de la production que de céder à la revendication des travailleurs. Voilà qui est révélateur du véritable visage du patronat qui ne tolère pas, au-delà de toute autre considération, que l’on puisse contester son autorité et son pouvoir dans « son » usine. Le travailleur doit rester son esclave salarié !

Mais voilà que contre toute attente de sa part, habitué à mettre les travailleurs en condition de concurrence les uns par rapport aux autres, il voit s’exprimer la solidarité de cette classe de prolétaires qu’il méprise et exploite et sans le travail de laquelle il n’est rien et ne pourrait vivre un seul instant.

Cette lutte vient grossir toutes les luttes et grèves en cours partout en France et que les médias couvrent de leur silence. Viendra le jour où ces luttes iront grossir le fleuve qui emportera cette société malade du capital et grosse d’une société sans exploitation. Société socialiste dans laquelle ce sont les travailleurs qui auront le pouvoir.

Popularisons cette grève exemplaire, soyons prêts à répondre à toute demande de solidarité de leur part. Leur détermination et leur unité dans la lutte sont une garantie d’une issue victorieuse.

ROCML le 16 juillet 2017

 

 

 

 Envoyez vos messages de soutiens et de solidarité à l’adresse mail suivant:

 

cgt.toray@laposte.net

 

 

 

 

Grève dans l’usine Toray CFE (64)

 

Dans les usines TORAY CFE sur le complexe de Lacq qui embauche plus de 400 salariés, la quasi-totalité des ouvriers s’est mise en grève depuis le 11 juillet pour un salarié licencié injustement ! Presque toute l’usine est depuis à l’arrêt, chose qui ne s’était jamais produite dans l’histoire de cette entreprise. C’est environ 200 grévistes qui se mobilisent pour une seule personne sur le principe de « un pour tous, tous pour un ». Ce n’est ni une logique financière, ni un mot d’ordre national qui a conduit tous ces salariés en grève mais la solidarité. Les salariés et la Cgt réclament la réintégration immédiate de notre camarade dont la direction lui reproche une insubordination. Ce que l’ensemble des grévistes conteste. Nous sommes à l’heure actuelle toujours en grève dans une usine qui est quasiment à l’arrêt complet. La Direction ne veut faire aucun geste envers notre camarade alors nous continuons la lutte.

 

La Cgt Toray-CFE

cgt.toray@laposte.net

[1] Voir le communiqué du syndicat de TORAY que nous reproduisons ici.

Le sommaire de la VDC N°19

VDC_19

Voici le sommaire du n°19 à retrouver en ligne ici.

SOMMAIRE

Page 2: Editorial, Les travailleurs n’ont rien à espérer des partis intégrés aux institutions démocratiques bourgeoises

 

Page 3: Barbarie policière à Aulnay-Sous-Bois, la vraie nature de l’Etat bourgeois

 

Pages 4-5: Les élections de 2017. Un moment important pour la bourgeoisie. Déclaration commune Présidentielles.

 

Pages 6-7: Le revenu universel, une entourloupe au service du capitalisme

 

Pages 8-9 : Jeunesse. Exploitation et précarité dans la jeunesse populaire.  La jeunesse en quête du communisme.

 

Pages 10-11:  Lutte de classe. Grève victorieuse sur le chantier Vinci RATP. La mobilisation a payé

 

Pages 12-13: Le protectionnisme. Le protectionnisme de Trump, défendre l’oligarchie US.  Et en France?

 

Pages 14-15: Célébrer le centenaire de la révolution d’octobre, c’est appliquer ses enseignements

 

Page 16: Grève générale en Guyane contre l’Etat français

La bourgeoisie prépare l’accentuation de son offensive Il faut s’organiser et lui opposer une résistance de classe !

Le quinquennat de François Hollande arrive à son terme. Lui et ses hommes auront été entièrement dévoués au capital, du pacte de responsabilité de 2012 en faveur du patronat jusqu’à la très décriée loi dite « Travail » de 2015. Ce gouvernement restera synonyme de régression sociale pour les travailleurs. Il restera attaché à la guerre, à l’agressivité de la France par la vente d’armes et les interventions militaires répétées. Il symbolisera le recul des libertés pour le peuple par un ordre social intérieur sécuritaire et répressif : état d’urgence permanent, offensive contre les organisations de travailleurs, etc. Ce gouvernement a été du début à la fin au service de la bourgeoisie. Il n’avait pas comme certains ont pu le dire, pour tromper le peuple, une oreille à gauche !

Les raisons de l’offensive de la bourgeoisie

Les contextes économique, politique et international favorisent la mise en place de politiques réactionnaires d’offensive du capital contre les travailleurs.

Premièrement, le capital n’est toujours pas parvenu à surmonter la crise économique et ses effets. Ainsi, les conséquences des surcapacités de production se font ressentir sur l’activité. Les risques d’un nouvel emballement de la crise sont toujours présents. Les menaces pèsent aujourd’hui sur plusieurs pays tels que l’Italie par exemple.

Deuxièmement, la concurrence est ardue entre les monopoles pour obtenir des profits maxima. Ainsi les Etats rivalisent entre eux pour baisser le coût de leur main d’œuvre afin que ces grands monopoles s’installent chez eux : baisse des impôts sur les sociétés, diminution des « charges sociales » ou des salaires …

Troisièmement, les tensions entre grandes puissances impérialistes (France, USA, Russie, Chine…) s’aiguisent aussi pour le contrôle des ressources et des routes stratégiques de marchandises. Le Moyen-Orient et l’Asie Pacifique deviennent des zones de guerre ou de préparation à la guerre qui créent un climat de militarisation dans beaucoup de pays du monde, dont la France.

Enfin, ces contextes économique et géopolitique participent à un renforcement de gouvernements bourgeois autoritaires et militaristes utilisant la démagogie et le chauvinisme pour se hisser au pouvoir ou pour prendre des mesures antipopulaires contre les travailleurs : en France avec l’état d’urgence ou encore les propositions de certains candidats de gouverner par ordonnance ; en Italie avec la tentative avortée de Mateo Renzi d’augmenter les pouvoirs de l’Exécutif ; aux Etats Unis avec notamment l’arrivée de Donald Trump sous le slogan « America First », la présence de nombreux généraux aux postes stratégiques du gouvernement, etc.

La poursuite de l’offensive

du capital en 2017

 

Les élections de 2017 en France approchent dans ce contexte tendu. Tous les candidats du capital s’organisent pour enfoncer le clou et mener l’offensive contre les travailleurs.

La primaire de la droite dans son ensemble ainsi que la victoire de François Fillon montrent clairement les intentions de la bourgeoise d’intensifier les attaques contre les travailleurs. La guerre sociale sera élevée d’un cran puisque F. Fillon entend gouverner par ordonnance dès le mois de juillet s’il est élu Président de la République. Il se présente clairement comme l’ennemi des travailleurs.

Le pôle PS tente quant à lui de se redonner bonne figure en présentant la « gauche » du PS à ses primaires: A. Montebourg ou B. Hamon, … Cependant, les travailleurs ne s’y tromperont pas. Ce parti a, durant 5 ans, participé à précariser nos vies, à faire des cadeaux aux patrons. Rien de bon pour les travailleurs ne peut venir du PS !

Le FN porte quant à lui un projet chauvin et impérialiste, qui veut diviser les travailleurs. Marine Le Pen n’a pas peur d’utiliser la démagogie la plus grossière pour faire croire qu’elle voudrait défendre les travailleurs. Elle doit être dénoncée comme une ennemie des travailleurs. Ce parti s’est attaqué à de multiples reprises aux syndicats qui ont mené le combat contre la loi El Khomri. Dans cette lutte, les travailleurs français et immigrés étaient réunis pour un combat commun. Le FN a pour seul but d’affaiblir les travailleurs au profit de la bourgeoisie nationale et chauvine.

Tous ces candidats, s’ils sont élus, amplifieront la politique anti-ouvrière et antidémocratique menée depuis une décennie. Ils doivent être combattus. Cela nécessite d’entretenir et de consolider les liens et les solidarités de classe établis durant le combat contre la loi « Travail ».

Quant à Jean-Luc Mélenchon et à la gauche de la gauche, ils distillent leurs illusions réformistes en laissant espérer qu’une fois arrivés au pouvoir ils pourront mener une politique favorable aux travailleurs. On sait ce qu’il en est advenu avec Syrisa en Grèce !

Non seulement ils ont été à la remorque des derniers mouvements de la classe, mais ils ont en plus participé à diminuer leur ampleur en donnant de faux espoirs aux travailleurs au début du quinquennat de F. Hollande.

Les travailleurs ont besoin de forces politiques qui osent résister aux mesures capitalistes, qui assument une politique de classe claire ! Nous faisons le constat que ces forces ne sont pas organisées politiquement. C’est pour cela que, partant de l’analyse de la situation politique, le ROCML n’appellera pas à voter pour un candidat lors de cette élection. Cependant, les militants marxistes-léninistes comptent bien profiter de ces élections pour mener campagne en 2017 visant à renforcer la nécessité d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme et à organiser les travailleurs qui luttent véritablement.

 

Quel rôle pour les communistes ?

Faire campagne en 2017 !

 

Le développement de l’esprit de lutte présent depuis la loi El Khomri doit déboucher politiquement. C’est pour cela que les militants du ROCML lancent l’idée d’une campagne communiste pour rompre avec les jeux politiques bourgeois.

À l’occasion de cette campagne, le ROCML propose de porter les leçons de la lutte de classe et de les mettre en avant :

– le combat contre le PS, le social-libéralisme et ses liens avec le capitalisme-impérialiste ;

– le combat contre la répression d’Etat qui sert les intérêts du capital  ;

– Le développement de l’esprit de lutte et de la solidarité de classe (ex : Goodyear, Air France) ;

– Entrainer les militants et syndicalistes combatifs pour les amener vers la lutte politique et la constitution d’un parti politique révolutionnaire.

Partout où ils sont, les communistes doivent mener le travail politique d’éclaircissement sur la nature de l’Etat, le rôle des partis politiques comme le PS, et relier ces explications avec le système capitaliste. En même temps, ils participeront à toutes les initiatives (meetings, manifestations, actions, débats) qui peuvent favoriser la résistance à l’offensive du capital et y porteront les idées d’une rupture radicale avec le système capitaliste.

Face aux attaques du capital, à un système en difficulté, l’unité politique des communistes est plus que jamais nécessaire. Tous les grands problèmes posés par l’actualité conduisent à un ce bilan : la nécessité de renforcer nos organisations politiques et de classe. Pour faire de la politique, il faut une force, un parti politique qui organise le combat. Personne aujourd’hui chez les communistes et organisations qui se réclament du communisme ne peut se targuer d’organiser une telle force. Mais ils peuvent unir leurs efforts pour renforcer la lutte contre le capitalisme. C’est tout le sens de l’initiative que le ROCML lance à l’occasion de ces élections présidentielles. L’élection présidentielle ne se jouera ni au 1er ni au 2nd tour. Elle se jouera au 3ème tour, dans la rue ! Que 2017 soit l’année où une dynamique populaire anticapitaliste se développe au sein du mouvement ouvrier.

ROCML, 1er janvier 2017

LE 51ème CONGRES DE LA CGT: Un congrès plein d’espoir pour l’avenir

Le 51ème congrès de la Cgt s’est tenu à Marseille durant la troisième semaine d’avril 2016. Des militants du ROC-ml étaient présents en tant que délégués au congrès.

 

Un congrès qui se tient en plein mouvement social contre la loi « travail »

 

Le congrès s’est ouvert alors que les travailleurs battent le pavé dans les villes contre la loi El Khomri.

Dès le premier jour, lors de l’ouverture cela se fait sentir lorsque la présidence du congrès annonce la présence de la CFDT ou du PS, qui donne lieu à de véritables soulèvements dans la salle avec des slogans repris par une large majorité des délégués tels que « dehors ! », « traitres » ou encore « scandaleux ».

Les grèves et les manifestations en cours poussent de nombreux congressistes à prendre la parole pour dénoncer le gouvernement, montrer la nécessité de lutter classe contre classe et à réclamer un appel du congrès à la lutte, chose qui sera fait durant les jours qui suivirent l’ouverture et approuvé quasi unanimement par le congrès. Cet appel lance l’amplification de la lutte et sa poursuite. Appel qui fut, nous pouvons le dire, imposé à la confédération.

Le fait qu’un mouvement puissant des travailleurs se menait durant le congrès fut un élément incontestablement positif. L’esprit combatif s’en ressentait dans les prises de parole, les critiques sur le syndicalisme rassemblé s’en retrouvaient plus aigües. Des interventions portant la question de la lutte de classes se succédaient. Néanmoins un niveau politique encore assez faible se fait sentir dans nombre d’interventions.

 

Un congrès qui se tient dans un syndicat Cgt tiraillé

 

Le rapport d’activité, qui fait un bilan sur les trois dernières années depuis le dernier congrès, ne trouve que 58,9% de votes d’approbation, score historiquement faible. En effet la succession de Thibault avec l’affaire Lepaon, l’inactivité face aux lois Macron, Rebsamen, etc. auront eu un impact sur la Cgt et ses militants qui remettent en cause l’activité de la confédération.

Il faut aussi noter le souhait de la part des délégués de plus de démocratie dans la Cgt, notamment en ce qui concerne les amendements des textes du congrès, dont 902 étaient proposés et 54 retenus. Les délégués souhaitaient pouvoir avoir accès à tous ces amendements et que ce ne soit pas simplement un bureau restreint qui décide de ceux à retenir et ceux à porter public.

L’une des plus vive discussion dans le congrès fut celle du syndicalisme « rassemblé », tant décrié par une bonne part des syndiqués Cgt. Portée dans l’un des textes d’orientation, ce syndicalisme « rassemblé » auprès de la CFDT fut vivement critiqué et un vote séparé sur cette question est demandé par une bonne part des délégués. Ce qui, bien sûr, sera refusé par la confédération, en danger sur cette question.

C’est dans ce sens que l’on peut observer durant le congrès des fédérations plus combatives (chimie, commerce, métallurgie, construction, etc.), sur des positions se rapprochant de celle d’un syndicalisme classe contre classe, alors que d’autres sont complètement sur la ligne confédérale, sur le syndicalisme « rassemblé », réformiste (cheminot, etc.).

 

Conclusion

 

Les interventions des camarades du ROC-ml à été très appréciées par les délégués du congrès. Ils portaient sur les questions de la lutte et de l’organisation de la Cgt. Cela à aussi été pour nous une riche expérience militante où de nombreux contacts ont été noués.

Il ne faut pas se faire d’illusions, même si ce congrès par rapport aux précédents peut montrer des

choses intéressantes comme des fédérations et des militants combatifs qui tentent de tirer la Cgt sur un syndicalisme de lutte classe contre classe. La Cgt reste principalement sur une ligne claire réformiste. Il n’y pas réellement une nette opposition « révolutionnaire » à la Cgt. Les dirigeants réformistes ont été reconduits pour continuer à mener leur politique réformiste. Philippe Martinez à bien réussi à éluder les vraies questions posées et habilement montrer une façade « radicale » pour mieux se faire accepter et distribuer un peu de poudre aux yeux sur une continuation de la lutte contre la loi El Kohmri de façon dure, usant même de termes comme « lutte de classes » dans son discours d’introduction.

Le faible niveau politique chez les travailleurs aujourd’hui ainsi que chez les militants Cgt leur font penser que changer la tête de la Cgt par une équipe militante radicale changera la Cgt complètement et l’amènera sur un syndicalisme classe contre classe.

Néanmoins, on ne peut nier aujourd’hui le bénéfice politique qu’il y a à militer syndicalement, à participer à un congrès confédéral. Les camarades du ROC-ml à qui l’on a confié ce genre de mandat prouvent encore une fois la confiance qu’ils reçoivent de la part de leur base et sont revenus avec une analyse plus fine des différents rapports de force dans la Cgt.

Nous restons convaincus qu’une certaine avant-garde des travailleurs est organisée dans la Cgt, une base militante qui sera dirigeante dans la lutte de classe pour la révolution. Aujourd’hui même cette radicalité réformiste gêne un système capitaliste qui n’a plus les possibilités de réaliser ses propres illusions d’améliorer le sort des salariés en pleine crise économique.

Les communistes doivent continuer ce travail syndical, de conscientisation, d’amener la combativité dans les rangs de la Cgt, de conduire vers un syndicalisme de classe contre classe, tout en sachant que seul un Parti prolétarien et communiste apportera la réelle indépendance à un syndicat de lutte de classe. Mais c’est bien dans cette lutte syndicale aujourd’hui que nous trouverons les cadres de ce Parti pour demain.

Premiers enseignements de la lutte contre la loi Travail

La lutte contre la loi El Khomri a démarré difficilement mais s’est maintenue sur une base régulière, dans la continuité. Au-delà des faiblesses du mouvement, la construction de lieux de débats (comme Nuit Debout), la richesse des débats dans le mouvement, l’existence d’un collectif Stop Etat d’urgence, la construction du comité anti-guerre, tout cela montre que le « mouvement social » cherche une nouvelle issue pour vaincre la politique du capital. Ce contexte social émerge depuis le début de l’année. En février par exemple, la manifestation contre l’état d’urgence avait été plus importante que celle des salariés territoriaux et d’Etat qui se déroulait la même semaine.

  Il est important d’analyser ce dynamisme, cette recherche d’issues nouvelles pour le mouvement face à la politique du capital.

 

LA SITUATION POLITIQUE FACE AU MOUVEMENT

EL-KHOMRI

 

Les médias et les intellectuels de la bourgeoisie évoquent les points faibles du mouvement. Cependant, c’est ce mouvement soit disant « faible » qui divise le camp de la bourgeoisie !

Le PS est très divisé. Même si ce parti est parvenu à un compromis de dernière minute en son sein puisque les frondeurs n’ont pas voté la censure du gouvernement, le renforcement de la lutte des classes actuellement a joué un rôle essentiel dans sa division. Une rupture se crée entre les masses et le PS. A ce titre, le congrès de la CGT a été un miroir du début de rupture avec la « gauche de gouvernement ». La prise de conscience de l’impasse du réformisme progresse.

La droite aussi est en conflit. Elle se ridiculise par ses manœuvres bassement politiciennes. Au départ pour la réforme, elle se retrouve « contre » avec le MEDEF car la loi ne serait pas assez libérale. Bien sûr il s’agit d’une surenchère politicienne face à un gouvernement en difficulté devant le mouvement social.

Comme d’habitude lorsqu’il se produits d’importants mouvements ouvriers, le FN disparait de la scène. On n’en entend plus parler. Et même si les médias nous ont arrosé de la bisbille de papa et de sa fille Marine pour tenter d’éclipser les manifestations du 1er mai, la feinte médiatique n’a pas prise.

Quant au PCF et au PG, politiquement, ils ont été absents et ne se sont contentés que d’un accompagnement du mouvement. Ils trainent derrière le mouvement. Ils n’offrent pas de perspectives politiques à ce mouvement.

 

LE RETOUR DE LA CLASSE OUVRIERE DANS L’HISTOIRE

 

Les intellectuels de la bourgeoisie clamaient depuis les années 90 la disparition définitive de la classe ouvrière. Quel démenti concret leur offre ce mouvement. La lutte de la classe ouvrière, avec ses moyens, ses méthodes de luttes, existe. Certes, cette lutte reste encore spontanée, idéologiquement influencée par les fausses solutions réformistes, cependant les ouvriers se défendent face aux attaques de classe du gouvernement.

            La classe ouvrière, dans cette lutte, montre le dynamisme qui existe dans la société même si elle n’a pas réussi à mobiliser toutes les couches opprimées derrière elle. La force de classe, on l’a vu dans le mouvement est encore et toujours liée à la production. Les blocages économiques des raffineries, des lieux de production et de communication stratégiques, l’attaque des piquets de grèves par la police nationale, « milice du capital », montre que les travailleurs s’en prennent justement à ce qui fait mal à la bourgeoisie : le profit. C’est par ces méthodes que le mouvement peut gagner.

            Toutes les critiques contre les syndicats sont à double tranchant. Ceux qui critiquent les syndicats présentent leur méfiance mais en même temps aimeraient pouvoir utiliser la force de la classe ouvrière car sans elle, le mouvement n’est rien. Mais d’où vient la force de la classe si ce n’est en grande partie par le biais de l’organisation dans les syndicats ?

            C’est la première fois qu’un mouvement de cette ampleur se déroule durant un gouvernement dit de gauche. Ce mouvement a pris une dimension politique car il organise autour de son mot d’ordre de retrait de la loi travail, il organise des convergences avec les jeunes, d’autres couches sociales, la lutte contre l’état d’urgence et la guerre. Ce mouvement commence à briser les illusions réformistes, notamment au sein de la CGT.

 

PROGRES ET FAIBLESSES DE NOS ORGANISATIONS

 

Les communistes ne doivent compter que sur eux-mêmes et la classe ouvrière. La révolution n’est ni un seul acte, ni un coup d’Etat, ni le fait d’une poignée qui va trainer la classe ouvrière derrière elle. C’est ce qu’on entend souvent par ceux qui n’ont pas confiance dans la classe. Ils rajoutent sur les mouvements : « le mouvement de 1995 est spontanéiste », « la lutte de 2010 est un échec et on a perdu à cause de la confédération ». Certes, la direction de tel ou tel syndicat a des responsabilités. Mais, l’erreur principale de 2010 fut d’essayer de sauver l’unité intersyndicale en sacrifiant la revendication principale.

            Dans la lutte contre El-Khomri, dès le début, le mouvement s’est opposé à l’unité à n’importe quel prix. La CGT a été obligée de corriger sa position initiale avec la CFDT car elle était sous le feu des critiques de diverses fédérations et UD. Les syndicats de bases (UD, UL, syndicats d’entreprises) ont joué un rôle important dans ce mouvement. Ils ont interpelé les directions confédérales pour pousser le mouvement en avant. La pression des congressistes de la CGT au 51ème Congrès est aussi significative.

            Tous ces éléments montrent que la lutte va se développer. La classe ouvrière est désorganisée face à la nouvelle réorganisation du capitalisme depuis 30-40 ans. Certaines formes et modes d’organisation ne sont plus adaptés. Un exemple : Au moment où on a plus que jamais besoin des UL et des UD au sein de la CGT, le congrès créé le statut d’adhérent national ce qui a pour conséquence d’affaiblir ces institutions importantes que sont les UL et UD. Aussi, on ne cherche pas à créer les liens, à créer d’autres formes pour organiser tous les travailleurs sur un même site, chantier, usine ; qu’ils soient intérimaires, sous-traitants, cotraitants, salariés détachés, etc.

 

CRITIQUES DE CERTAINES CONCEPTIONS DU MOUVEMENT

 

Beaucoup mettent en avant l’idée de « grève générale » dans le mouvement. Cette conception est souvent portée par les couches petites bourgeoises qui n’ont pas confiance dans la capacité de la classe ouvrière d’organiser la lutte. D’ailleurs, la plupart ne savent pas ce qu’est une grève. Ils ne veulent pas d’organisation mais pourtant voudraient gagner la lutte d’un seul coup. C’est contradictoire. Comment peut-on gagner contre l’organisation capitaliste (politique, économique, médiatique…) sans développer des organisations de lutte ? Au nom du rejet de la politique politicienne, certains courants propagent la dépolitisation. Ils empêchent la revendication principale de la classe ouvrière et ses mots d’ordres mobilisateurs de se propager. Avec ces conceptions, tout est fait pour que la classe ouvrière reste désarmée. Sans construire une organisation qui corresponde aux nécessités de la lutte, il sera impossible de vaincre le capital.

Toutes ces attitudes, ces problèmes sont connus des marxistes léninistes. Ces couches petites bourgeoises, contestataires du capitalisme disent faire la révolution. Elles en raccourcissent le chemin. Dans la révolution, il y a un rôle important pour la volonté mais la révolution n’a rien à voir avec du volontarisme. C’est une grande maladie qui pèse sur le mouvement mais le danger principal reste aussi le réformisme. Pour cette raison, les communistes ne vont pas perdre leur temps avec la critique pour la critique du réformisme. Le devoir essentiel des communistes est de construire l’organisation communiste et comme disait Marx, aider la classe ouvrière à s’organiser. Si les communistes critiquent ces courants, c’est pour nettoyer le chemin de la construction du parti, c’est-à-dire lever les illusions réformistes chez les éléments avancés de la classe ouvrière.

Aujourd’hui, la classe ouvrière balance entre l’envie de lutter et le manque de confiance en elle à cause de sa faiblesse et certains échecs qu’elle a pu avoir dans le passé. C’est logique, la classe ouvrière n’aime pas l’aventurisme. Même si les organisations sont faibles aujourd’hui, n’oublions pas qu’il y a tout de même eu plus d’un siècle de continuité et d’expériences de la classe ouvrière, notamment avec la CGT. Attaquer ce syndicat, comme l’ont fait des autonomes dans le mouvement actuel, c’est affaiblir la classe, devenir des ennemis des travailleurs.

Le rôle des communistes est donc de chercher le dynamisme pour avancer, pour gagner la lutte. Ce dynamisme est dans la lutte, présent tous les jours. Aucune guerre, aucune lutte n’a été gagnée avec une seule bataille. Quand la lutte se prolonge dans la durée, c’est une torture permanente pour les petits bourgeois.

Le mouvement actuel montre aux communistes que pousser à la lutte par la violence, chercher des formes de luttes folkloriques est inefficace. Il existe mille moyens de mener la lutte de classe : dans la classe ouvrière, les jeunes, les chômeurs, les retraités, les immigrés, etc. Si on n’arrive pas à trouver les formes de luttes adaptées, c’est qu’on ne connait pas assez la société capitaliste.

            Un dernier point. Quand le mouvement ouvrier prend de l’ampleur, certains communistes se réveillent et disent qu’il faut l’unité des communistes. Oui mais malheureusement, ce n’est pas comme cela que ça marche. L’unité communiste ne sera pas une fusion dans la spontanéité ni une simple affaire pratique. L’unité des communistes est avant tout un travail permanent théorique, politique et surtout idéologique. Les communistes doivent faciliter la lutte de classe de la classe ouvrière et des couches opprimés en distinguant la ligne prolétarienne juste des illusions réformistes. Les marxistes léninistes du ROCML ne sont pas contre l’unité des communistes. Ils s’uniront avec les communistes qui participent à développer la lutte de classe et la révolution pour renverser la dictature de la bourgeoisie.

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