UNE MOBILISATION QUI DOIT S’AMPLIFIER JUSQU’AU RETRAIT DES LOIS ANTI-OUVRIERES

AFFICHE ordonnances

 

Des premières mobilisations importantes

 

La première mobilisation contre la loi travail est un succès : plus de 200 manifestations dans tout le pays, plus de 4000 appels à la grève et entre 400 000 à 500 000 participants. Cette manifestation a été importante notamment en province où la mobilisation a été importante à l’appel de la CGT-FSU-SOLIDAIRES. De nombreux militants de base de FO, de la CFDT, des milliers de non-syndiqués étaient présents dans les cortèges pour s’opposer à ces lois travail puisque c’est l’ensemble des travailleurs qui est attaqué.

Pourtant, le gouvernement a bien essayé de casser dans l’œuf toute opposition des travailleurs à sa politique. Il peut compter sur le soutien des directions syndicales de la CFDT et de FO ouvertement partisanes des pseudos concertations sociales. Mais plus de la moitié des unions départementales de FO ont pris part aux actions du 12 septembre. Des syndicats de base de la CFDT étaient aussi présents.

Ensuite le pouvoir a tenté par son appareil de communication de culpabiliser la contestation et de diviser le mouvement. « L’opération Saint Martin » de Macron en est l’exemple. Il s’agissait d’opposer les manifestants qui se battent contre cette loi travail aux habitants sinistrés des iles en faisant passer les premiers pour des « fainéants ».

Après l’image, le bâton a été utilisé pour intimider les travailleurs. Les provocations répressives se sont multipliées avec l’utilisation de barrages filtrants à l’entrée du cortège parisien. Manifester à Paris nécessitait de s’armer de courage et d’une profonde volonté. À Lyon, la police a empêché pendant deux heures un cortège de jeunes de faire la jonction avec celui des travailleurs. La fermeté des syndicalistes de la CGT contre cette provocation gouvernementale a permis de réaliser la jonction des deux cortèges.

La deuxième mobilisation a été plus faible au niveau du nombre, mais la détermination et l’envie de combattre grandit. Le mécontentement populaire est très fort. Si demain, le mouvement prend de l’ampleur, les provocations policières du gouvernement vont se multiplier. Les travailleurs doivent se préparer à cette éventualité.

Pour construire le rapport de force, s’organiser sur les lieux de production et les entreprises.

Seul un rapport de force puissant  porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. D’ores et déjà, FO et la CGT Transports appellent à une grève reconductible à partir du 25 septembre. Le 28 ce sont les retraités qui appellent à manifester puis le 10 octobre ce sont les fonctionnaires qui appellent toutes les fédérations à les rejoindre.

Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ». Pour avoir refusé de participer à ces mobilisations Mailly, secrétaire général a été désavoué par sa base. Voilà comment finissent les bureaucrates de la compromission avec le patronat. Ils sont lâchés par les travailleurs confrontés à des attaques frontales de l’état bourgeois.

Chaque travailleur, syndicaliste, conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux que les structures syndicales. C’est une erreur de se couper du corps militant des syndicats situés dans les entreprises. C’est cette erreur que commet le « front social » et qui de plus ne règle pas le problème de la division syndicale. La CGT, est la seule organisation par rapport aux autres confédérations, où l’on trouve les militants et courants les plus combattifs, les plus avancés pour défendre des travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter, ce dont nombre de syndicalistes prennent conscience. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti communiste ml, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée ou le blocage de l’économie la construction d’un rapport de force contre le gouvernement ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie, arrêter la production si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il faut convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycées que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on ne perd pas 7 jours de grève, c’est 7 années qu’on perdra sous le poids de ces contreréformes. Cette mobilisation résultera aussi du travail antérieur de lutte quotidienne pour la défense des travailleurs et des jeunes. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination aux salariés.

Toute lutte doit être préparée pour mobiliser les travailleurs : dans des assemblées générales sur nos lieux de travail, en utilisant les heures d’informations syndicales, des diffusions de tracts sur les marchés et sur les lieux de travail etc. Il est nécessaire de développer des syndicats dans chaque entreprise, des UL défendant les intérêts de classe des travailleurs. Dans les lycées, et les universités, il importe d’organiser des AG et de se préparer à rejoindre les travailleurs en lutte.

Renforcer l’unité de la lutte et la solidarité pour développer la conscience de classe

Ces attaques et cette lutte montrent l’opposition réelle entre les classes, l’antagonisme qu’il existe entre le travail et le capital. Pendant des décennies, les idées sur la conciliation des classes, sur l’harmonie des intérêts généraux ont pu faire illusion. Désormais, ces conceptions sont battues en brèche. Les ordonnances dévoilent au grand jour, aux yeux de tous que pour faire fructifier son capital avec profit, la bourgeoisie n’a plus d’autre solution que de précariser les travailleurs, détruire leurs conditions de vie, baisser leurs salaires, augmenter leur temps de travail. La lutte des classes n’a pas disparu, la bourgeoisie la mène aujourd’hui au grand jour. Les travailleurs ne peuvent qu’y répondre en renforçant l’unité de leur classe dans cette lutte.

On voit justement partout dans les cortèges, les secteurs, les syndicats des entreprises en lutte, les militants qui combattent fermement leurs licenciements comme c’est le cas des GM & S. Cela donne une force importante au mouvement. En dénonçant leurs patrons locaux, les travailleurs condamnent aussi le patronat (le MEDEF) et le gouvernement qui veulent donner de nouvelles armes aux exploiteurs. Ce n’est que sur cette base que les consciences pourront progresser pour affronter l’offensive des patrons et de l’État.

Toute la classe ouvrière et les couches populaires sont victimes de ces contreréformes : des jeunes lycéens et étudiants des milieux populaires qui peuvent craindre une vie de salariés précarisés jusqu’à leurs 30 ans, aux retraités qui voient leurs pensions diminuer.

C’est dans une lutte commune que se construit l’union de tous les travailleurs. Il est important pour cela de tisser des liens entre les différents secteurs en lutte de la classe (luttes contre les licenciements, les revendications des chômeurs, des travailleurs sans-papiers, lu lutte des femmes, Aussi, des solidarités devront se nouer entre les lycéens étudiants et les travailleurs. La multiplication des échanges sur les piquets de grève ou les AG étudiantes permettra de développer l’esprit de solidarité et de lutte face à ce gouvernement capitaliste.

 

 

La lutte contre les ordonnances est politique !

Le capitalisme est en cause !

 

Là où le travail d’organisation à la base est accompli, la grève est massive, la détermination importante. Pour développer le rapport de force face au capital, il faut avoir conscience que ce gouvernement agit pour le compte des capitalistes. Il ne pourra reculer que devant une pression importante. En 36, pour obtenir les congés payés, les travailleurs avaient occupé leurs usines durant plus d’un mois.

Comme beaucoup de militants syndicaux s’en aperçoivent, arrêter l’offensive de la bourgeoisie ne peut se limiter au plan syndical. Plus que jamais le camp des travailleurs a besoin de mener un combat politique. Mélenchon et la France Insoumise comptent incarner ce combat. Effectivement la lutte contre les ordonnances doit prendre le caractère d’une lutte politique contre Macron et son gouvernement. Cependant, au bout de la rue, ce n’est pas avec les élections que les travailleurs pourront briser l’offensive du capital. L’expérience grecque autour de SYRIZA est l’illustration de l’échec d’une telle politique réformiste qui finit par s’acoquiner avec les forces réactionnaires. IRISAS n’a fait que poursuivre la politique d’austérité au service du capital grec et européen et de l’impérialisme (manœuvres militaires entre l’armée grecque et l’armée israélienne). Pourquoi les Insoumis ne veulent-ils pas tirer les leçons de ces échecs ? Ne serait-ce pas remettre en cause toute leur politique réformiste ?

Il faut empêcher ces contre-réformes de passer. Prendre conscience qu’il faut se battre pour éliminer le capitalisme qui entraine ces contre-réformes. Sans une politique centrée sur ses propres intérêts immédiats et stratégiques et organisé dans leur parti politique les travailleurs ne pourront pas être une force puissante capable de freiner l’offensive du capital et de battre le camp de la bourgeoisie. Les travailleurs ont un monde à gagner. Ils n’ont rien à perdre que leur chaine.

 

 

AMPLIFIONS LA MOBILISATION

 

COMBATTONS LES LOIS ANTI-OUVRIERES !

ET LUTTONS CONTRE LE CAPITALISME !

 

 

ROCML 23 septembre 2017

 

 

 

 

Tract JCML: CONTINUONS LA LUTTE JUSQU’A LA VICTOIRE

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CONTINUONS LA LUTTE JUSQU’A LA VICTOIRE !

La mobilisation contre la loi travail du 31 mars a été un vrai succès avec plus d’un million de travailleurs, d’étudiants, de lycéens, de chômeurs dans la rue pour exprimer leur colère face à un gouvernement qui veut les ramener au XIXe siècle et accroitre toujours plus l’exploitation, la misère et la précarité. Des affrontements ont éclaté dans de nombreuses villes, révélant la vraie nature des forces de l’ordre (une milice au service du capital) mais aussi la volonté d’en découdre avec une partie de la jeunesse. Cependant une seule journée de mobilisation ne suffira pas à faire échouer la classe dominante.

C’est pourquoi la jeunesse populaire doit se mobiliser encore plus et construire dans la durée un véritable mouvement de contestation anticapitaliste. La détermination pour lutter dans la durée, l’organisation de la lutte à la base dans des comités locaux (dans l’entreprise, dans les facultés et les lycées), l’utilisation de formes de luttes nouvelles, plus combatives (jonction étudiants/travailleurs, la grève reconductible, blocages économiques) peuvent pousser le gouvernement à céder sur son projet.

Mais nous ne devons pas en rester là et surtout nous ne devons pas suivre les mots d’ordre réformistes de certaines organisations (telles que l’UNEF ou le MJS, toutes deux affiliées au PS !) qui font semblant de combattre cette réforme alors qu’en vérité ils ne sont là que pour canaliser la colère populaire et donner une caution de gauche à un gouvernement moribond et anti-ouvrier !

Il est urgent de se doter de véritables organisations politiques de lutte de classe, indépendantes et révolutionnaires. Il ne faut pas se contenter du retrait de ce projet de loi, il faut aller plus loin, créer un véritable mouvement populaire et anticapitaliste et créer sur vos lieux de travail ou d’études des organisations de base indépendantes des organisations réformistes !

POLITISER LA LUTTE DANS UN SENS REVOLUTIONNAIRE !

PORTER LE MOUVEMENT SUR LE TERRAIN DE L’ANTICAPITALISME !

AMENER L’ORGANISATION SUR TOUS LES LIEUX OU NOUS LUTTONS !

SE BATTRE JUSQU’A LA VICTOIRE !!!

 JCML

Contact : jcml.nationale@yahoo.fr

REFORMER LE CAPITALISME OU L’ABATTRE ?

Camarade, Plus de trois ans après l’élection de François Hollande, tous ceux qui ont cru que « lui président » sortirait le pays de la crise, ferait reculer le chômage, défendrait les systèmes sociaux (retraite sécu) font l’amer constat qu’ils ont été bernés. Aux prochaines élections peut-être iront-ils rejoindre le premier parti de France, la masse des abstentionnistes, ou se laisseront attirer par les sirènes « anti système » du parti de Marine Le Pen. Bernés aussi, les électeurs de la gauche de la gauche incarnée par le  Front de Gauche qui ont suivi ses consignes de vote pour Hollande afin d’écarter le danger de droite. « La droite en rêvait, la gauche le fait »  annoncions nous dans notre journal de décembre 2013, aujourd’hui  le pouvoir socialiste est encore allé encore plus loin dans la soumission au capital et dans l’attaque des conditions de travail et de vie des travailleurs.

Quelle différence entre la droite et la gauche ? Le Parisien du 7 septembre  répond à la question en titrant  « Droite Gauche on ne s’y retrouve plus, le  clivage droite gauche n’existe presque plus ». Mais il ne fournit bien sûr aucune explication sur les causes de cette situation.

Seule l’analyse marxiste de la nature de la société capitaliste et de son évolution donne la réponse.

Camarade, si tu poursuis ta lecture, nous allons essayer le plus brièvement et le plus clairement possible d’en donner les grandes lignes et surtout sur ce que tout camarade  animé par l’idéal communiste, tout progressiste , partisan d’un monde nouveau sans exploitation,  sans guerre, misère, famine et catastrophes écologiques  ou militant syndicaliste dévoué à la défense des intérêts des travailleurs peut et doit faire pour sortir de l’impuissance  politique dans laquelle nous sommes plongés.

Le Parti socialiste au pouvoir, reconstitué par F. Mitterrand est selon les paroles d’un des dirigeants historique de la SFIO (ancêtre du PS)1 «  le gérant loyal du capitalisme », cela l’a amené à abandonner le discours réformiste pour adopter une politique ouvertement libérale très proche, sinon identique à celle de la droite, laissant à sa minorité de « gauche » et au Front de gauche la défense de la politique réformiste.

Mais ce qui caractérise tous les partis (les Verts, gauche de la gauche -Front de gauche- et droite de la droite –FN- compris) – c’est qu’ils  fondent leur activité sur l’objectif de gouverner la France capitaliste.

Ils ne remettent pas en cause le  capitalisme, son mode de production dont le  seul but est de produire  du profit  par l’exploitation des travailleurs, donc la domination politique du capital. L’expérience  désastreuse de la gauche radicale Syriza en Grèce est là pour le démontrer sans sortir du capitalisme on ne peut changer la société.

L’activité politique de tous ces Partis est conditionnée par  les échéances électorales. Et comme on peut s’en apercevoir à l’approche des élections régionales, le temps des magouilles, compromis, accords électoraux est de retour.

Cela veut dire que lors des prochaines élections présidentielles quel que soit le candidat sur lequel tu porteras ton suffrage  la politique en faveur du capital et contre les travailleurs sera poursuivie.

Sous le capitalisme, l’Etat est au service de la classe qui a le pouvoir économique et est le garant, le gérant, des intérêts généraux de cette classe et du capital qu’elle détient. Et il n’en saurait être autrement car certaines lois objectives qui fondent l’économie capitaliste ne peuvent être « dépassées » qu’en changeant de mode de production. Voilà pourquoi quel que soit le parti au pouvoir il sera au  service  du capital.

A la fin de la deuxième guerre mondiale,  la bourgeoise  a passé un compromis historique  avec le Parti communiste en lui accordant quelques sièges au gouvernement et des réformes favorables aux travailleurs pour éviter des soulèvements révolutionnaires et pour les entrainer à « retrousser les manches » selon la célèbre expression de Maurice Thorez pour relancer la production  (des profits) en France.  

Pendant  la  période de relative prospérité2  « des trente glorieuses », Le jeu politique  gauche droite se met en place  bientôt suivi par la période de l’alternance droite gauche à la tête de l’Etat. Les  illusions des travailleurs sur l’Etat providence, sur la possibilité d’obtenir certaines  réformes portées par la gauche au gouvernement, se renforcent pendant cette période d’autant que le Parti communiste ne les combat pas, pire il en est le porteur. Le réformisme  qui prétend que l’on peut changer par des réformes politiques  le capitalisme et aller vers le socialisme domine.

Ces illusions perdurent encore aujourd’hui mais sont battues en brèche car la situation a changé : le capitalisme devenu mondial est en crise, une crise profonde et durable. Le réformisme n’a plus de grain à moudre  et les solutions pour tenter d’en sortir sont partout les mêmes : s’en prendre aux travailleurs, à leur conditions de vie et d’existence, à leur salaire, au temps de travail etc… et là plus de différence apparente entre  les solutions de droite et de  gauche !

Certains à la gauche de la gauche et même à l’extrême gauche s’en prennent au capital financier, à la finance en opposition au bon capital industriel qui s’invertirait dans la production au lieu de spéculer en bourse. Depuis longtemps, comme Lénine l’a démontré dans son ouvrage « l’impérialisme stade suprême du capitalisme »3   il n’y a plus aucune différence entre ces capitaux qui ont fusionné, notamment par l’intermédiaire des banques.

Et si le capitalisme a pu se maintenir jusqu’à nos jours malgré ses crises  c’est grâce et par l’existence du capital financier qui lui a permis un temps de continuer à se développer malgré la surproduction. La crise que nous connaissons est celle du système capitaliste tout entier et pas seulement celle de la finance.  D’autres rêvent de revenir à l’époque bénie des trente glorieuses et à l’application d’un programme inspiré de celui du CNR4, rêve utopiste dans les conditions actuelles dans les conditions de la crise du système capitaliste.

Arrivé à ce point de ta lecture tu t’interroges,  peut-être fais-tu partie de ceux qui ont compris tout cela mais tu as des doutes, tu ne vois pas dans la situation actuelle de possibilités d’un réel changement. Et tu as raison, toutes les conditions n’existent pas encore, mais les con

ditions objectives, les contradictions du capitalisme ne peuvent que s’aggraver et conduire les travailleurs à s’engager dans la voie de la transformation radicale de la société.

Il faut avoir confiance en sa classe, les prolétaires, la seule classe révolutionnaire de la société capitaliste à être porteur d’un monde nouveau. Si la classe ne se mobilise pas dans sa lutte quotidienne pour ses revendications, elle ne se mobilisera pas pour un  objectif supérieur, abattre le capitalisme et instaurer le socialisme.

 

Aussi il s’agit pour tout syndicaliste anti-capitaliste conséquent, défenseur des intérêts des travailleurs, d’agir pour unir la classe ouvrière dans son combat quotidien contre la classe bourgeoise, d’agir pour développer la solidarité de classe, dépasser le cadre strictement corporatiste, local,  fusionner les luttes au niveau national, de défendre des revendications générales qui peuvent unir l’ensemble des travailleurs dans une même lutte : réduction du temps de travail sans perte de salaire, augmentations égales pour tous etc. et combattre la conception d’un syndicalisme « apolitique», car cet apolitisme est en fait une politique de soumission à la politique de la bourgeoisie. Voilà pourquoi les travailleurs doivent mener leur propre politique indépendante et pour ce faire il leur faut leur propre parti politique.

Peut-être te considères-tu communiste, cela te donnes donc  l’objectif de travailler pour redonner aux travailleurs, aux prolétaires le Parti Communiste qui leur manque. Ce Parti n’existe pas et il est vain de croire qu’on peut le créer à partir du parti communiste français, gangréné depuis longtemps par le cancer du réformisme et de la soumission au pouvoir du capital.

Quand ces objectifs seront en bonne voie de réalisation tu penseras comme nous  que réformer le capitalisme c’est utopique et qu’être réaliste c’est lutter pour renverser le capitalisme et instaurer le socialisme.

 

[1] Tirant le bilan de son action à la tête du gouvernement, Léon Blum déclarera au procès de Riom intenté par le régime de Vichy : « J’ai été le gérant loyal des intérêts de la bourgeoisie. »

2 Il n’est pas question dans cet article d’analyser cette période marquée par le rôle important  de l’Etat dans le domaine économique (politique fordiste et keynésienne) , par  l’extension sans précédent du crédit à la production et à la consommation etc… et la crise des  années   1980

3 Ouvrage disponible sur papier ou en format électronique sur simple demande à roc.ml@laposte.net

4 CNR Comité National de la Résistance qui prévoyait entre autre la mise en place de  la sécurité sociale.

Les communistes et les luttes d’émancipation et de résistance nationale

 

1)   PRINCIPES GENERAUX

Les communistes affirment le droit des nations, des minorités nationales et des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce principe vaut quand un pays impérialiste opprime ou agresse un Etat nation, et aussi à l’intérieur d’un Etat, quand une minorité nationale est opprimée par une nation dominante.  Il entraîne le droit d’une minorité à se séparer de l’Etat oppresseur, même si les frontières de cet Etat sont affectées par cette séparation. Les références aux frontières héritées  de rapports de forces anciens ne sont pas un principe pour les communistes.

«  En tant que démocrates, nous sommes hostiles  sans restriction à toute oppression, si minime soit-elle, exercée contre une nationalité quelconque, à tout privilège accordé à une nationalité ou à une autre. En tant que démocrates, nous proclamons le droit à la libre disposition, au sens politique du terme, c’est-à-dire la liberté de séparation. » 1

En conséquence, les communistes  soutiennent les luttes d’émancipation, de libération ou de résistance nationale, même quand le prolétariat n’en a pas la direction.

 

«… Parfois, la bourgeoisie réussit à entraîner dans le mouvement national le prolétariat, et alors, la lutte nationale prend, en apparence, un caractère « populaire général », mais rien qu’en apparence. Dans son essence, elle reste toujours bourgeoise, avantageuse et souhaitable principalement pour la bourgeoisie. Mais il ne s’en suit nullement que le prolétariat ne doit pas lutter contre la politique d’oppression des nationalités. Les restrictions à la liberté de déplacement, la privation des droits électoraux, les entraves à l’usage de la langue, la réduction du nombre des écoles et autres mesures répressives atteignent les ouvriers autant que la bourgeoisie, sinon davantage. Une telle situation ne peut que freiner le libre développement des forces spirituelles du prolétariat des nations assujetties.» 2

Suivant le principe du droit des nations et des peuples à disposer d’eux-mêmes, les communistes condamnent et combattent, quel qu’en soit le prétexte, toute ingérence d’un Etat dans les affaires intérieures d’un autre Etat souverain, en particulier contre toute intervention armée d’un Etat impérialiste pour soumettre un pays ou pour le maintenir sous sa domination.

2) CADRE CONCRET DANS LEQUEL S’INSCRIVENT LES LUTTES D’EMANCIPATION, DE LIBERATION

ET DE RESISTANCE NATIONALE.

Au cours de la seconde moitié du XXèmè siècle, les rapports internationaux entre l’impérialisme occidental (et nippon) et les luttes de libération nationale se sont considérablement modifiés.

La dégénérescence, la division, puis la disparition du camp socialiste ont affaibli les mouvements de libération nationale et les a éloignés de la perspective d’une révolution sociale prolétarienne après la décolonisation.

Dans une partie des pays ayant accédé à l’indépendance, le pouvoir a été confisqué par des couches de la moyenne et petite bourgeoisie  qui se sont mises sous la dépendance d’une puissance impérialiste ou d’une autre. Certains de ces pays décolonisés sont restés liés à l’ancienne métropole  et d’autres, qui se sont libérés de l’impérialisme occidental,  se sont liés à une autre grande puissance en apparence socialiste mais en réalité expansionniste, social-impérialisme, comme l’URSS après la contre révolution kroutchévienne ou la Chine. Dans ces pays, malgré la destruction des rapports coloniaux antérieurs et des progrès politiques et sociaux, la perspective du socialisme s’est aussi estompée avant de disparaître pour le moment.

Aujourd’hui, la réalité est que les pays nés de la décolonisation sont des pays dirigés par une classe bourgeoisie, et que cette bourgeoisie autochtone est pieds et mains liés à un impérialisme ou à un autre, quand ce n’est à plusieurs à la fois.

La question nationale s’inscrit aujourd’hui dans les nouvelles contradictions inter-impérialistes nées de la crise systémique mondiale qui s’impose à tous les pays impérialistes et aux pays dominés par l’impérialisme. Toute revendication nationale (à l’intérieur d’un pays ou entre un pays impérialiste et un pays dominé) tombe dans  le cadre des rivalités inter-impérialistes exacerbées par la crise et de leur guerre multiforme (militaire ou non) pour le repartage du monde. L’Irak, la Libye, La Syrie, l’Ukraine… illustrent cette réalité.

Dans chaque conflit, on trouve les agissements  des puissances impérialistes rivales. Les discours de soutien aux peuples tenus par les unes et les autres ne sont que des mensonges destinés à masquer leurs visées prédatrices. La Russie et la Chine partagent avec les impérialismes occidentaux les mêmes objectifs : maintenir ou pousser leur mainmise économique sur les pays qu’ils dominent déjà et sur ceux qu’ils convoitent. Pas plus que les USA et les vieux impérialismes européens et nippons, la Russie et la Chine ne sont des amis des peuples.

Les communistes condamnent et combattent toutes les ambitions dominatrices et tous les actes agressifs d’un impérialisme contre un pays souverain et ils ont pour premier devoir de s’opposer aux menées de leur propre impérialisme national.

 

Ils ne soutiennent pas un impérialisme pour en combattre un autre, même si l’un est plus faible que l’autre ou qu’il parait moins agressif.  Ils dénoncent les véritables visées des nouveaux  impérialismes comme la Russie et la Chine qui avancent masqués au nom de la liberté des peuples.

            Voilà comment Lénine traitait cette question :

« Admettons … Qu’à la place du capital de la période de libération nationale intervienne le capital impérialiste international, le capital réactionnaire financier. L’un des pays possède, disons les trois quarts de l’Afrique et l’autre le quart. Le contenu objectif de leur guerre est un nouveau partage de l’Afrique. Quel est le pays dont il faut souhaiter le succès ? …Ce n’est pas l’affaire de la social-démocratie moderne que d’aider le premier pays à affermir son « droit » sur les trois quarts de l’Afrique ni d’aider le second à s’approprier ces trois quarts (même si son évolution économique est plus rapide que le premier). La démocratie moderne ne sera fidèle à elle-même que si elle ne s’allie à aucune bourgeoisie impérialiste, que si elle déclare que « l’une et l’autre sont les pires », si elle souhaite dans chaque pays la défaite de la bourgeoisie impérialiste. Toute autre solution sera, dans la pratique, nationale libérale, et n’aura rien de commun avec l’internationalisme prolétarien. » 3

            Cela étant clair, les communistes considèrent que les contradictions inter-impérialistes peuvent être utilisées dans une lutte de résistance nationale à condition que cette lutte ne devienne pas inféodée, maintienne ses buts et conserve son indépendance. « Le fait que la lutte contre une puissance impérialiste pour la liberté nationale peut, dans certaines conditions, être exploitée par une autre « grande puissance  » dans ses propres buts également impérialistes, ne peut pas plus obliger la social-démocratie à renoncer au droit des nations à disposer d’elles-mêmes, que les nombreux exemples d’utilisation par la bourgeoisie des mots d’ordre républicains dans un but de tricherie politique et de pillage financier, par exemple dans les pays latins, ne peuvent obliger les social-démocraties à renier leur républicanisme. »4

 

Dans les questionnements que suscitent les politiques concrètes, sur le terrain, des mouvements d’émancipation et de résistance nationale face aux menées contradictoires des facteurs extérieurs et intérieurs,  les communistes défendent le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et se positionnent  en accord avec les intérêts immédiats, mais aussi à moyen et long terme du prolétariat des nations concernées.

 

3) CONCLUSION

– Les communistes affirment et soutiennent le droit des nations, des minorités nationales et des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit de se libérer de la domination d’un impérialisme et, pour les minorités nationales, celui de se séparer de l’Etat oppresseur.

– Conséquemment, dans l’esprit de l’internationalisme prolétarien, les communistes condamnent et luttent contre toutes les formes d’interventions impérialistes, armées ou « pacifiques », visant à établir ou à maintenir leur domination sur un pays de même qu’ils soutiennent les revendications nationales des minorités nationales opprimées. Ils combattent en priorité leur propre impérialisme.

– Dans la complexité des rapports de rivalité inter-impérialistes provoquée par la disparition du camp socialiste et l’apparition d’impérialismes nouveaux, les communistes doivent, dans chaque conflit, analyser les enjeux multiples et contradictoires des parties en cause. En particulier, ils ne diffusent aucune illusion sur la nature du « soutien » que les nouvelles puissances impérialistes ex « socialistes »  apportent aux victimes de leurs rivaux.  Ils ne soutiennent pas un impérialisme pour en combattre un autre. Mais, parce qu’on ne peut pas combattre tous ses ennemis à la fois,  ils n’excluent pas, dans une lutte de libération ou de résistance nationale, la possibilité d’utiliser tactiquement les contradictions inter-impérialistes pour combattre l’ennemi immédiatement  le plus dangereux.

Notes

  1. Lénine, Projet de plateforme pour le IV ème congrès de la social-démocratie du territoire de Lettonie, 1913.
  2. Staline, Le marxisme et la question nationale, 1913.
  3. Lénine, SOUS UN PAVILLON ETRANGER.
  4. Lénine, La révolution socialiste et le droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Juillet 1916.

 

 

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