Législatives de juin, journal n°20

ELECTIONS PRESIDENTIELLES ET LEGISLATIVES


LES GOUVERNEMENTS SE SUCCEDENT

LE POUVOIR DE LA BOURGEOISIE DEMEURE

Toutes les luttes historiques ne sont en fait que le reflet plus ou moins net des affrontements de classes conditionnés en dernière analyse par l’évolution de la situation économique de ces classes1 . La détérioration de la situation économique du capitalisme, les difficultés du capital à s’investir productivement2  ont conduit la bourgeoisie en France et dans d’autres pays impérialistes à faire porter le fardeau de sa crise au prolétariat et certaines couches petites bourgeoises. L’objectif de la bourgeoisie et de son pouvoir politique est de rétablir une rentabilité du capital la plus élevée possible.

Le nouveau pouvoir politique continuera d’appliquer la même politique de régression sociale que les partis politiques de l’ex alternance PS-LRUMP discrédités aux yeux des travailleurs.

Il était urgent pour la bourgeoisie de trouver une solution de remplacement. En république démocratique bourgeoise les élections au suffrage universel sont un des moyens pour maintenir la domination politique et économique de la bourgeoisie sur le prolétariat.

L’alternance droite-gauche mise à mal, on la jette provisoirement aux orties et on organise une opération de blanchiment du personnel politique : Faire du neuf avec du vieux : telle est la solution Macron avec EN MARCHE, qui conduit à réaliser une nouvelle alliance Gauche droite au sein d’un même parti pour poursuivre la politique de la bourgeoisie monopoliste !

Tout l’appareil idéologique et politique s’est mobilisé pour faire gagner Macron, des grands médias aux grands patrons du CAC40 et des milieux d’affaires, économiques et financiers.3

L’affaire était entendue, Macron devait être élu et il l’a été. C’est la victoire au sein de la bourgeoise des partisans du « recyclage » de l’ancien personnel politique discrédité.

Les autres prétendants n’ont en fait servi que de caution au pseudo caractère démocratique des élections et seront tenus en réserve de la république. Marine Le Pen a servi comme d’habitude de repoussoir « fasciste ». Mélenchon a pour tâche de reconstituer un pôle réformiste afin de maintenir l’illusion chez les travailleurs qu’il serait possible par les élections de répondre à leurs aspirations et de « réformer le capitalisme ».

Certains s’imaginent que si « les insoumis », le PCF et le parti socialiste (maintenu) obtenaient un nombre important de députés à l’assemblée nationale, cela créerait des difficultés à Macron pour imposer sa politique anti-ouvrière et antisociale. Ces ouvriers ou ces militants politisés sont influencés par ces partis qui font miroiter le rêve qu’une majorité « de gauche » anti- Macron est possible et que si cela se produisait, Macron ne pourrait pas appliquer son programme réactionnaire. Cette illusion a déjà été expérimentée lors des précédents gouvernements. Qu’ont fait les députés de gauche pour s’opposer aux mesures réactionnaires de la bourgeoisie ? Les milieux politiques qui diffusent de telles illusions dévoient les travailleurs de leurs véritables moyens de lutte qui se trouvent sur le terrain extraparlementaire, dans la lutte de classe pour les revendications immédiates, dans la perspective d’un véritable changement de société, et dans la lutte pour la prise du pouvoir politique hors du cadre électoral contrôlé par la bourgeoisie.

Les élections législatives qui suivent l’élection présidentielle vont consolider la « légitimité électorale » de ce nouveau pouvoir. Les travailleurs devront se soumettre au verdict des urnes jusqu’aux prochaines élections présidentielles.

Fort de cette analyse, aux législatives comme aux présidentielles, le ROCML n’appellera à voter pour aucun candidat et combattra les illusions électorales en argumentant ses positions auprès des camarades ouvriers qui ne les ont pas encore rejetées.

Aujourd’hui, l’ illusion que l’on peut améliorer le capitalisme est encore forte chez les travailleurs les plus combatifs et les plus politisés, même si la lutte contre la loi travail a permis chez les syndicalistes de la CGT de faire bouger les lignes et entamé la domination de l’idéologie et de la politique bourgeoise dans les syndicats.

Mais le mode de production capitaliste impérialiste est miné par des contradictions qui l’amènent sûrement et inévitablement vers des crises politiques et économiques de plus en plus graves. Elles obligeront le prolétariat à lutter et à prendre conscience de sa mission historique en tant que classe : renverser le capitalisme et construire une société nouvelle, le socialisme libéré de l’exploitation capitaliste et de toutes ses conséquences qui mettent en péril l’existence de la société humaine et de son environnement.

Les marxistes léninistes partout où ils sont, participeront à l’organisation des luttes, à promouvoir leur convergence au niveau national contre la politique de la bourgeoisie, à l’organisation syndicale des travailleurs pour l’affrontement quotidien capital-travail. Ils aideront les éléments les plus conscients de la classe à édifier leur parti politique indépendant de la bourgeoisie défendant leurs intérêts de classe sans lequel ils ne pourront, le moment venu, s’emparer du pouvoir. Ils défendront la nécessité du soutien actif des travailleurs de France aux travailleurs et des peuples du monde dans leur lutte pour leur émancipation sociale et nationale contre l’impérialisme.

ROCML

04 Juin 2017

 

1 Voir F. Engels – préface au « 18 brumaire de Louis Bonaparte

2 La reproduction élargie du capital avec profit se heurte aux limites que cette reproduction généré inévitablement ( crise de surproduction, concurrence exacerbée, exploitation accrue des travailleurs…)

3 Voir à ce sujet ci-dessous l’article qui décortique cette opération.

Déclaration du ROCML sur les évènements à AIR FRANCE le 5 Octobre 2015

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Lundi 5 octobre, les travailleurs d’AIR FRANCE ont mené une action au siège de la compagnie aérienne où a été annoncé un plan de suppression de 2900 emplois, soi-disant nécessaire pour maintenir les emplois des autres salariés. Pour rappel,    Au cours de cette action, plusieurs dirigeants d’AIR France,   ont été molestés par les travailleurs,  et  en particulier le DRH (Responsable des Ressources Humaines) , c’est-à-dire celui qui ajuste le niveau de la main d’œuvre en fonction des intérêts des actionnaires. Aucun coup physique n’a été donné.  Ils ont été simplement déshabillés de leur chemise blanche. Même en colère, les travailleurs savent encore (difficilement) se retenir.

Malgré leur retenue, les médias et les partis de la bourgeoisie ont condamné la « violence des travailleurs d’AIR France »  et des plaintes  en justice ont été lancées contre eux.

Devant cette situation le Rassemblement Organisé des Communistes  Marxistes Léninistes :

  • Déclare son soutien à la lutte des travailleurs d’AIR FRANCE contre les licenciements.
  • Considère que les formes de l’action des travailleurs sont légitimes quand on les compare aux conséquences désastreuses sur des milliers de familles,  programmées par les dirigeants d’AIR FRANCE.
  • Soutient les travailleurs qui pourraient être traduits devant la justice bourgeoise pour avoir participé à cette action.
  • Appelle tous les militants ouvriers politiques et syndicalistes de France à exprimer concrètement leur soutien à leurs camarades d’AIR FRANCE.

Le ROCML  considère cet évènement comme un révélateur de l’accumulation de la  révolte des travailleurs  face à la loi d’airain du capitalisme, la recherche du profit, rendue plus dure encore dans les conditions de la crise générale dans laquelle ce système s’est lui-même embourbé et dont il ne sait pas sortir.  Dans leur tentative d’enrayer la baisse des taux de profit et d’affronter la concurrence, les entreprises capitalistes recourent systématiquement à la baisse du « coût du travail » comme ils disent, en réduisant la masse salariale, c’est-à-dire en diminuant les salaires réels,  en comprimant les effectifs (d, où les licenciements), et en  accroissant la productivité.  Les dirigeants de ces entreprises imposent volontairement et consciemment  ces politiques. Ils perçoivent pour cela des salaires faramineux.  Ils sèment la misère, ils ne doivent pas s’étonner ni se plaindre de récolter la colère des travailleurs. Ils le méritent.

Parallèlement à  l’exploitation accrue du travail salarié, les entreprises capitalistes, et en particulier les plus grosses, bénéficient  de la part de l’Etat de  l’injection de capitaux sous des formes directes et indirectes. AIR FRANCE a ainsi bénéficié de 97 millions d’euros de remise d’impôts au titre de la CICE en 2013 et 2014. Notons au passage que CICE signifie Crédit d’Impôt Compétitivité EMPLOI ! En fait d’emplois, AIR FRANCE veut rajouter 2900 suppressions aux 8000 déjà effectuées depuis trois ans !

La mission de l’Etat au service du capital est flagrante. L’Etat détient au demeurant 16% des actions d’AIR FRANCE. On comprend le soutien politique et moral apporté par Hollande aux hauts dirigeants de la compagnie aérienne.

Le  cas d’AIR FRANCE n’est pas le seul. Depuis des dizaines d’années, les monopoles et l’Etat à leur service (aussi bien par les gouvernements de droite que par les gouvernements  de gauche) appliquent les mêmes méthodes. Les capitalistes frappent, les gouvernements les soutiennent et enfument  les travailleurs par leurs promesses mensongères.

Jusqu’à aujourd’hui, la colère des ouvriers et des autres couches travailleuses de l’industrie,  du commerce et des transports s’est exprimée de manière ponctuelle, dispersée. Ni les directions des syndicats ni les partis qui se réclament des travailleurs n’ont agi pour faire converger leurs luttes dans l’objectif de renverser le système capitaliste qui est la cause de tous les maux  subis par les travailleurs, et son pouvoir politique d’Etat. Mais, d’expériences en expériences, lorsqu’il deviendra évident que le broyeur social capitaliste ne peut plus être arrêté en se battant corporation par corporation, branche par branche, entreprise par entreprise, alors naîtra et s’étendra  la nécessité d’un mouvement général anticapitaliste pour prendre le pouvoir dans le but de renverser l’ordre capitaliste et d’imposer le pouvoir du peuple ouvrier et travailleur nécessaire pour construire une société sous sa direction. Aujourd’hui, il n’y a rien à attendre du dialogue avec le patronat. Les syndicats et les travailleurs ne peuvent pas convaincre les capitalistes d’écouter les salariés. Le capital agit en fonction des profits qu’il peut faire. Si les capitalistes agissaient autrement, ce ne serait plus le capitalisme. Toutes les énergies du mouvement ouvrier doivent être consacrées à faire grandir le rapport de force, à convaincre les travailleurs de la nécessité de la lutte, pour imposer ses intérêts de classe au capital. C’est cela que ne comprennent pas encore ceux qui demandent au gouvernement d’agir, ou qui réclament une autre direction à la tête d’une entreprise capitaliste.

Cela se fera-t-il pacifiquement ? Tout dépendra de la nature des moyens que la bourgeoisie utilisera face à la volonté du peuple, de la classe ouvrière et des autres couches de travailleurs exploités… mais ne nous faisons pas d’illusions elle n’hésitera pas à  utiliser la violence  pour défendre son pouvoir.

La bourgeoisie crie au scandale et appelle à la répression contre les travailleurs qui occasionnellement franchissent la ligne rouge de la légalité bourgeoise. Elle devrait se souvenir de sa propre Révolution, celle de 1789, et méditer dans ses salons les paroles du chant entonné durant ces journées révolutionnaires par le peuple de Paris, LA CARMAGNOLE :

Ah ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne !

An ça ira, ça ira, ça ira les aristocrates on les pendra !

Et si on’les pend pas, on leur cass’ra la gueule, et si on’les pend pas, la gueule on leur cassera !

 

Soutenons  les travailleurs d’AIR FRANCE contre tout licenciement et contre toute velléité politique et juridique de répression !

Faisons grandir l’alternative révolutionnaire anticapitaliste et pour un nouvel ordre économique, politique et social, le socialisme !

 

Le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes
Le 6 octobre 2015

REFORMER LE CAPITALISME OU L’ABATTRE ?

Camarade, Plus de trois ans après l’élection de François Hollande, tous ceux qui ont cru que « lui président » sortirait le pays de la crise, ferait reculer le chômage, défendrait les systèmes sociaux (retraite sécu) font l’amer constat qu’ils ont été bernés. Aux prochaines élections peut-être iront-ils rejoindre le premier parti de France, la masse des abstentionnistes, ou se laisseront attirer par les sirènes « anti système » du parti de Marine Le Pen. Bernés aussi, les électeurs de la gauche de la gauche incarnée par le  Front de Gauche qui ont suivi ses consignes de vote pour Hollande afin d’écarter le danger de droite. « La droite en rêvait, la gauche le fait »  annoncions nous dans notre journal de décembre 2013, aujourd’hui  le pouvoir socialiste est encore allé encore plus loin dans la soumission au capital et dans l’attaque des conditions de travail et de vie des travailleurs.

Quelle différence entre la droite et la gauche ? Le Parisien du 7 septembre  répond à la question en titrant  « Droite Gauche on ne s’y retrouve plus, le  clivage droite gauche n’existe presque plus ». Mais il ne fournit bien sûr aucune explication sur les causes de cette situation.

Seule l’analyse marxiste de la nature de la société capitaliste et de son évolution donne la réponse.

Camarade, si tu poursuis ta lecture, nous allons essayer le plus brièvement et le plus clairement possible d’en donner les grandes lignes et surtout sur ce que tout camarade  animé par l’idéal communiste, tout progressiste , partisan d’un monde nouveau sans exploitation,  sans guerre, misère, famine et catastrophes écologiques  ou militant syndicaliste dévoué à la défense des intérêts des travailleurs peut et doit faire pour sortir de l’impuissance  politique dans laquelle nous sommes plongés.

Le Parti socialiste au pouvoir, reconstitué par F. Mitterrand est selon les paroles d’un des dirigeants historique de la SFIO (ancêtre du PS)1 «  le gérant loyal du capitalisme », cela l’a amené à abandonner le discours réformiste pour adopter une politique ouvertement libérale très proche, sinon identique à celle de la droite, laissant à sa minorité de « gauche » et au Front de gauche la défense de la politique réformiste.

Mais ce qui caractérise tous les partis (les Verts, gauche de la gauche -Front de gauche- et droite de la droite –FN- compris) – c’est qu’ils  fondent leur activité sur l’objectif de gouverner la France capitaliste.

Ils ne remettent pas en cause le  capitalisme, son mode de production dont le  seul but est de produire  du profit  par l’exploitation des travailleurs, donc la domination politique du capital. L’expérience  désastreuse de la gauche radicale Syriza en Grèce est là pour le démontrer sans sortir du capitalisme on ne peut changer la société.

L’activité politique de tous ces Partis est conditionnée par  les échéances électorales. Et comme on peut s’en apercevoir à l’approche des élections régionales, le temps des magouilles, compromis, accords électoraux est de retour.

Cela veut dire que lors des prochaines élections présidentielles quel que soit le candidat sur lequel tu porteras ton suffrage  la politique en faveur du capital et contre les travailleurs sera poursuivie.

Sous le capitalisme, l’Etat est au service de la classe qui a le pouvoir économique et est le garant, le gérant, des intérêts généraux de cette classe et du capital qu’elle détient. Et il n’en saurait être autrement car certaines lois objectives qui fondent l’économie capitaliste ne peuvent être « dépassées » qu’en changeant de mode de production. Voilà pourquoi quel que soit le parti au pouvoir il sera au  service  du capital.

A la fin de la deuxième guerre mondiale,  la bourgeoise  a passé un compromis historique  avec le Parti communiste en lui accordant quelques sièges au gouvernement et des réformes favorables aux travailleurs pour éviter des soulèvements révolutionnaires et pour les entrainer à « retrousser les manches » selon la célèbre expression de Maurice Thorez pour relancer la production  (des profits) en France.  

Pendant  la  période de relative prospérité2  « des trente glorieuses », Le jeu politique  gauche droite se met en place  bientôt suivi par la période de l’alternance droite gauche à la tête de l’Etat. Les  illusions des travailleurs sur l’Etat providence, sur la possibilité d’obtenir certaines  réformes portées par la gauche au gouvernement, se renforcent pendant cette période d’autant que le Parti communiste ne les combat pas, pire il en est le porteur. Le réformisme  qui prétend que l’on peut changer par des réformes politiques  le capitalisme et aller vers le socialisme domine.

Ces illusions perdurent encore aujourd’hui mais sont battues en brèche car la situation a changé : le capitalisme devenu mondial est en crise, une crise profonde et durable. Le réformisme n’a plus de grain à moudre  et les solutions pour tenter d’en sortir sont partout les mêmes : s’en prendre aux travailleurs, à leur conditions de vie et d’existence, à leur salaire, au temps de travail etc… et là plus de différence apparente entre  les solutions de droite et de  gauche !

Certains à la gauche de la gauche et même à l’extrême gauche s’en prennent au capital financier, à la finance en opposition au bon capital industriel qui s’invertirait dans la production au lieu de spéculer en bourse. Depuis longtemps, comme Lénine l’a démontré dans son ouvrage « l’impérialisme stade suprême du capitalisme »3   il n’y a plus aucune différence entre ces capitaux qui ont fusionné, notamment par l’intermédiaire des banques.

Et si le capitalisme a pu se maintenir jusqu’à nos jours malgré ses crises  c’est grâce et par l’existence du capital financier qui lui a permis un temps de continuer à se développer malgré la surproduction. La crise que nous connaissons est celle du système capitaliste tout entier et pas seulement celle de la finance.  D’autres rêvent de revenir à l’époque bénie des trente glorieuses et à l’application d’un programme inspiré de celui du CNR4, rêve utopiste dans les conditions actuelles dans les conditions de la crise du système capitaliste.

Arrivé à ce point de ta lecture tu t’interroges,  peut-être fais-tu partie de ceux qui ont compris tout cela mais tu as des doutes, tu ne vois pas dans la situation actuelle de possibilités d’un réel changement. Et tu as raison, toutes les conditions n’existent pas encore, mais les con

ditions objectives, les contradictions du capitalisme ne peuvent que s’aggraver et conduire les travailleurs à s’engager dans la voie de la transformation radicale de la société.

Il faut avoir confiance en sa classe, les prolétaires, la seule classe révolutionnaire de la société capitaliste à être porteur d’un monde nouveau. Si la classe ne se mobilise pas dans sa lutte quotidienne pour ses revendications, elle ne se mobilisera pas pour un  objectif supérieur, abattre le capitalisme et instaurer le socialisme.

 

Aussi il s’agit pour tout syndicaliste anti-capitaliste conséquent, défenseur des intérêts des travailleurs, d’agir pour unir la classe ouvrière dans son combat quotidien contre la classe bourgeoise, d’agir pour développer la solidarité de classe, dépasser le cadre strictement corporatiste, local,  fusionner les luttes au niveau national, de défendre des revendications générales qui peuvent unir l’ensemble des travailleurs dans une même lutte : réduction du temps de travail sans perte de salaire, augmentations égales pour tous etc. et combattre la conception d’un syndicalisme « apolitique», car cet apolitisme est en fait une politique de soumission à la politique de la bourgeoisie. Voilà pourquoi les travailleurs doivent mener leur propre politique indépendante et pour ce faire il leur faut leur propre parti politique.

Peut-être te considères-tu communiste, cela te donnes donc  l’objectif de travailler pour redonner aux travailleurs, aux prolétaires le Parti Communiste qui leur manque. Ce Parti n’existe pas et il est vain de croire qu’on peut le créer à partir du parti communiste français, gangréné depuis longtemps par le cancer du réformisme et de la soumission au pouvoir du capital.

Quand ces objectifs seront en bonne voie de réalisation tu penseras comme nous  que réformer le capitalisme c’est utopique et qu’être réaliste c’est lutter pour renverser le capitalisme et instaurer le socialisme.

 

[1] Tirant le bilan de son action à la tête du gouvernement, Léon Blum déclarera au procès de Riom intenté par le régime de Vichy : « J’ai été le gérant loyal des intérêts de la bourgeoisie. »

2 Il n’est pas question dans cet article d’analyser cette période marquée par le rôle important  de l’Etat dans le domaine économique (politique fordiste et keynésienne) , par  l’extension sans précédent du crédit à la production et à la consommation etc… et la crise des  années   1980

3 Ouvrage disponible sur papier ou en format électronique sur simple demande à roc.ml@laposte.net

4 CNR Comité National de la Résistance qui prévoyait entre autre la mise en place de  la sécurité sociale.