La bourgeoisie prépare l’accentuation de son offensive Il faut s’organiser et lui opposer une résistance de classe !

Le quinquennat de François Hollande arrive à son terme. Lui et ses hommes auront été entièrement dévoués au capital, du pacte de responsabilité de 2012 en faveur du patronat jusqu’à la très décriée loi dite « Travail » de 2015. Ce gouvernement restera synonyme de régression sociale pour les travailleurs. Il restera attaché à la guerre, à l’agressivité de la France par la vente d’armes et les interventions militaires répétées. Il symbolisera le recul des libertés pour le peuple par un ordre social intérieur sécuritaire et répressif : état d’urgence permanent, offensive contre les organisations de travailleurs, etc. Ce gouvernement a été du début à la fin au service de la bourgeoisie. Il n’avait pas comme certains ont pu le dire, pour tromper le peuple, une oreille à gauche !

Les raisons de l’offensive de la bourgeoisie

Les contextes économique, politique et international favorisent la mise en place de politiques réactionnaires d’offensive du capital contre les travailleurs.

Premièrement, le capital n’est toujours pas parvenu à surmonter la crise économique et ses effets. Ainsi, les conséquences des surcapacités de production se font ressentir sur l’activité. Les risques d’un nouvel emballement de la crise sont toujours présents. Les menaces pèsent aujourd’hui sur plusieurs pays tels que l’Italie par exemple.

Deuxièmement, la concurrence est ardue entre les monopoles pour obtenir des profits maxima. Ainsi les Etats rivalisent entre eux pour baisser le coût de leur main d’œuvre afin que ces grands monopoles s’installent chez eux : baisse des impôts sur les sociétés, diminution des « charges sociales » ou des salaires …

Troisièmement, les tensions entre grandes puissances impérialistes (France, USA, Russie, Chine…) s’aiguisent aussi pour le contrôle des ressources et des routes stratégiques de marchandises. Le Moyen-Orient et l’Asie Pacifique deviennent des zones de guerre ou de préparation à la guerre qui créent un climat de militarisation dans beaucoup de pays du monde, dont la France.

Enfin, ces contextes économique et géopolitique participent à un renforcement de gouvernements bourgeois autoritaires et militaristes utilisant la démagogie et le chauvinisme pour se hisser au pouvoir ou pour prendre des mesures antipopulaires contre les travailleurs : en France avec l’état d’urgence ou encore les propositions de certains candidats de gouverner par ordonnance ; en Italie avec la tentative avortée de Mateo Renzi d’augmenter les pouvoirs de l’Exécutif ; aux Etats Unis avec notamment l’arrivée de Donald Trump sous le slogan « America First », la présence de nombreux généraux aux postes stratégiques du gouvernement, etc.

La poursuite de l’offensive

du capital en 2017

 

Les élections de 2017 en France approchent dans ce contexte tendu. Tous les candidats du capital s’organisent pour enfoncer le clou et mener l’offensive contre les travailleurs.

La primaire de la droite dans son ensemble ainsi que la victoire de François Fillon montrent clairement les intentions de la bourgeoise d’intensifier les attaques contre les travailleurs. La guerre sociale sera élevée d’un cran puisque F. Fillon entend gouverner par ordonnance dès le mois de juillet s’il est élu Président de la République. Il se présente clairement comme l’ennemi des travailleurs.

Le pôle PS tente quant à lui de se redonner bonne figure en présentant la « gauche » du PS à ses primaires: A. Montebourg ou B. Hamon, … Cependant, les travailleurs ne s’y tromperont pas. Ce parti a, durant 5 ans, participé à précariser nos vies, à faire des cadeaux aux patrons. Rien de bon pour les travailleurs ne peut venir du PS !

Le FN porte quant à lui un projet chauvin et impérialiste, qui veut diviser les travailleurs. Marine Le Pen n’a pas peur d’utiliser la démagogie la plus grossière pour faire croire qu’elle voudrait défendre les travailleurs. Elle doit être dénoncée comme une ennemie des travailleurs. Ce parti s’est attaqué à de multiples reprises aux syndicats qui ont mené le combat contre la loi El Khomri. Dans cette lutte, les travailleurs français et immigrés étaient réunis pour un combat commun. Le FN a pour seul but d’affaiblir les travailleurs au profit de la bourgeoisie nationale et chauvine.

Tous ces candidats, s’ils sont élus, amplifieront la politique anti-ouvrière et antidémocratique menée depuis une décennie. Ils doivent être combattus. Cela nécessite d’entretenir et de consolider les liens et les solidarités de classe établis durant le combat contre la loi « Travail ».

Quant à Jean-Luc Mélenchon et à la gauche de la gauche, ils distillent leurs illusions réformistes en laissant espérer qu’une fois arrivés au pouvoir ils pourront mener une politique favorable aux travailleurs. On sait ce qu’il en est advenu avec Syrisa en Grèce !

Non seulement ils ont été à la remorque des derniers mouvements de la classe, mais ils ont en plus participé à diminuer leur ampleur en donnant de faux espoirs aux travailleurs au début du quinquennat de F. Hollande.

Les travailleurs ont besoin de forces politiques qui osent résister aux mesures capitalistes, qui assument une politique de classe claire ! Nous faisons le constat que ces forces ne sont pas organisées politiquement. C’est pour cela que, partant de l’analyse de la situation politique, le ROCML n’appellera pas à voter pour un candidat lors de cette élection. Cependant, les militants marxistes-léninistes comptent bien profiter de ces élections pour mener campagne en 2017 visant à renforcer la nécessité d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme et à organiser les travailleurs qui luttent véritablement.

 

Quel rôle pour les communistes ?

Faire campagne en 2017 !

 

Le développement de l’esprit de lutte présent depuis la loi El Khomri doit déboucher politiquement. C’est pour cela que les militants du ROCML lancent l’idée d’une campagne communiste pour rompre avec les jeux politiques bourgeois.

À l’occasion de cette campagne, le ROCML propose de porter les leçons de la lutte de classe et de les mettre en avant :

– le combat contre le PS, le social-libéralisme et ses liens avec le capitalisme-impérialiste ;

– le combat contre la répression d’Etat qui sert les intérêts du capital  ;

– Le développement de l’esprit de lutte et de la solidarité de classe (ex : Goodyear, Air France) ;

– Entrainer les militants et syndicalistes combatifs pour les amener vers la lutte politique et la constitution d’un parti politique révolutionnaire.

Partout où ils sont, les communistes doivent mener le travail politique d’éclaircissement sur la nature de l’Etat, le rôle des partis politiques comme le PS, et relier ces explications avec le système capitaliste. En même temps, ils participeront à toutes les initiatives (meetings, manifestations, actions, débats) qui peuvent favoriser la résistance à l’offensive du capital et y porteront les idées d’une rupture radicale avec le système capitaliste.

Face aux attaques du capital, à un système en difficulté, l’unité politique des communistes est plus que jamais nécessaire. Tous les grands problèmes posés par l’actualité conduisent à un ce bilan : la nécessité de renforcer nos organisations politiques et de classe. Pour faire de la politique, il faut une force, un parti politique qui organise le combat. Personne aujourd’hui chez les communistes et organisations qui se réclament du communisme ne peut se targuer d’organiser une telle force. Mais ils peuvent unir leurs efforts pour renforcer la lutte contre le capitalisme. C’est tout le sens de l’initiative que le ROCML lance à l’occasion de ces élections présidentielles. L’élection présidentielle ne se jouera ni au 1er ni au 2nd tour. Elle se jouera au 3ème tour, dans la rue ! Que 2017 soit l’année où une dynamique populaire anticapitaliste se développe au sein du mouvement ouvrier.

ROCML, 1er janvier 2017

Editorial VDC Juin: Ce que révèle l’offensive actuelle du capital contre les travailleurs

Retrouver le journal complet ICI

Il y a des moments où l’histoire s’accélère sous les coups de boutoir d’une lutte de classe qui se développe à cause de l’aggravation des contractions internes du système de production que le capital n’est plus à même de maîtriser.

           L’ancien équilibre capitaliste impérialiste mondial est remis en cause, l’hégémonie des anciennes nations impérialistes, US en tête est contesté par de nouvelles puissances dites « émergentes » (Chine, Brésil, Inde).

La concurrence sur le marché des capitaux et du travail s’aggrave, les bourgeoisies de la vieille Europe n’ont pas d’autres choix(1) que de faire peser sur le prolétariat et tous les travailleurs le poids de cette concurrence. Et elles le font sur le « coût du travail » c’est-à-dire le coût de reproduction de la force de travail, en dégradant la protection sociale, les salaires directs et indirects, les retraites, en augmentant le prix à payer pour l’éducation des jeunes, futurs travailleurs. Ce processus est déjà largement avancé dans les pays comme l’Angleterre ou l’Allemagne cité en exemple par nos « experts » bourgeois en économie, avec leurs boulots « flexibles », les salaires à 4 euros de l’heure et 10 heures de travail par jour. Cette offensive est menée quel que soit le personnel politique à la direction des affaires de l’État : droite bourgeoisie, social-démocratie, ou la cogestion des deux comme en Allemagne et même gauche de la gauche ou radicale comme récemment en Grèce. Tout parti politique qui ne porte pas clairement la perspective de la destruction du capitalisme et son remplacement par un mode de production supérieur que nous appelons socialisme est toujours amené à prendre de telles mesures. La France a pris un certain retard sur cette voie et c’est au PS et au gouvernement Hollande de se charger du sale boulot.

En 2013 la voix des communistes titrait « la droite en rêvait, la gauche le fait », depuis les attaques contre les travailleurs se sont succédées (ANI, loi Macron.). Le mouvement social, qui continue, au moment où nous écrivons ces lignes, en est la conséquence inévitable. Et il ne sera pas le dernier. Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons d’un tel mouvement. Mais plus que les précédents il aura porté au grand jour les intérêts de classe antagonistes de la société. D’un côté le prolétariat et tous les travailleurs de l’autre la bourgeoisie capitaliste et toutes ses forces politiques, médiatiques et répressives. Pour la première fois cette révolte des travailleurs se produit sous un pouvoir de « gauche » il a mis à mal les illusions sur la gauche réformiste censée défendre les intérêts des travailleurs. Le PS apparaît plus clairement que jamais comme un Parti de gouvernement capable de satisfaire les besoins du capital. L’accueil qui a été réservé à sa délégation au dernier congrès de la CGT démontre une certaine prise de conscience de ce fait. Mais dans ce mouvement aussi les partis de l’ex front de gauche sont particulièrement inactifs politiquement et pratiquement.

Ce mouvement démontre aussi que le dialogue social, la concertation entre « partenaires sociaux » sont des mensonges dans une société où une minorité détient les moyens de productions et d’échanges, politiques et financiers et où la majorité ne dispose que de sa force de travail pour vivre et survivre .

Dès à présent et cela ne peut que s’amplifier à l’avenir, on remarque une certaine radicalisation de syndicalistes et militants politiques et des jeunes. L’opportunité est donnée aux communistes de faire progresser cette radicalisation vers une prise de conscience de l’échec de la voie réformiste et de la nécessité d’abattre le capitalisme afin de mettre fin à l’exploitation de plus en plus brutale de leur force de travail. Dans cet affrontement classe contre classe le prolétariat n’a jamais été aussi fort que quand il disposait d’un parti politique indépendant de la bourgeoisie concentrant et décuplant ses forces, capable d’unifier la lutte des travailleurs des différents pays et entraînant le prolétariat vers l’objectif de renversement du pouvoir de la bourgeoisie.

(1) Ce sont les lois du mode de production capitaliste qui s’imposent aux agents du capital.           .