LES ELECTIONS DANS LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE BOURGEOISE

Quand ils glissent leur bulletin dans l’urne, les électeurs s’imaginent qu’ils font un libre choix et que ce libre choix entre des candidats, des partis et des programmes est une chance que leur donne la démocratie. Ils acceptent en échange la règle républicaine qui oblige « les minoritaires » à s’incliner devant le « verdict des urnes » et à accepter d’être dirigés par la « majorité » jusqu’aux élections suivantes.

Certes, le suffrage universel est un droit démocratique fondamental, une conquête historique du peuple face à la monarchie, à l’autocratie et aux diverses formes de dictatures terroristes de la bourgeoisie comme le fascisme.

L’expérience de l’exercice de ce droit nous conduit cependant à poser des questions : le choix de l’électeur est-il vraiment libre ? Dans la république démocratique bourgeoise, cette liberté n’est-elle pas qu’apparente ? Le choix n’est-il pas influencé (pour ne pas dire dicté) pour faire élire des représentants de la bourgeoisie ? Par quel mystère la classe ouvrière et les larges couches du peuple, pourtant majoritaires, n’ont-elles jamais porté au pouvoir leurs représentants ? Pourquoi la politique capitaliste se répète-t-elle d’élections en élections ? Pourquoi le libéral Macron, ex conseiller et ministre de l’économie de François Hollande succède-t-il « démocratiquement » au libéral ex président de la République François Hollande ? Comment cela est-il possible ?  Voilà des questions que tout ouvrier conscient doit se poser et auxquelles les communistes marxistes-léninistes doivent répondre.

Ces questions ne sont pas nouvelles. Les dirigeants et penseurs révolutionnaires comme Marx, Engels et Lénine y ont été confrontés. Dans son œuvre L’ETAT ET LA REVOLUTION, Lénine expose la théorie issue de leur expérience. Voilà quelques passages :

La toute puissance de la « richesse » est plus sûre en république bourgeoise, parce qu’elle ne dépend pas des défauts de l’enveloppe politique du capitalisme. La république démocratique est la meilleure forme politique possible du capitalisme. Aussi bien le capital, après s’en être emparé (…) asseoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise.

 

Cette simple citation contient le noyau de la critique du marxisme-léninisme sur les élections dans la république démocratique bourgeoise. En direction des opportunistes qui attribuent au parlementarisme bourgeois des vertus qu’il n’a pas, Lénine poursuit :

Il faut noter qu’Engels est tout à fait catégorique lorsqu’il qualifie le suffrage universel comme instrument de la bourgeoisie. Le suffrage universel, dit-il, tenant manifestement compte de la longue expérience de la social-démocratie allemande, est…  L’indice qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus. »

A l’adresse de ceux qui attribuent d’autres vertus à la république démocratique bourgeoise, Lénine poursuit :

Les démocrates petits-bourgeois tels que nos socialistes révolutionnaires et nos menchéviks, de même que leurs frères jumeaux, tous les social-chauvins et opportunistes d’Europe occidentale, attendent précisément quelque chose « de plus » du suffrage universel. Ils partagent eux-mêmes et inculquent au peuple cette idée fausse que le suffrage universel, « dans l’Etat actuel », est capable de traduire réellement la volonté de la majorité des travailleurs et d’en assurer l’accomplissement.

 

Voilà pour la théorie. Certains opportunistes rétorqueront que la référence à la théorie, c’est du dogmatisme, qu’il faut partir de la réalité, du niveau de conscience politique actuel des masses, qu’il ne faut pas heurter des éléments « avancés » du mouvement revendicatif qui croient pouvoir utiliser leur bulletin de vote pour résister à l’offensive anti-ouvrière de la bourgeoisie, ou faire barrage au fascisme…

Les marxistes-léninistes, en aucun cas ne se contentent de réciter la théorie et partent toujours de la situation concrète dans leur analyse de la situation politique. Ils articulent les deux. Ils affirment que l’analyse concrète de la situation concrète doit être éclairée par la théorie, sous peine de sombrer dans l’observation externe des phénomènes et dans leur critique empirique. C’est dans cette logique matérialiste dialectique qu’ils analysent le processus politique actuel, afin d’en tirer la ligne à suivre pour instruire le prolétariat.

Ce qui suit vise à expliquer, aux ouvriers combatifs dans les luttes de classe mais non encore parvenus à une conscience claire de la nécessité de la révolution et du parti du prolétariat, comment il faut comprendre la dernière période électorale, de la démission de Macron du gouvernement Valls Hollande jusqu’à son élection comme président de la république, et son achèvement par l’élection législative de Juin. Il vise à convaincre que tout ce processus a été pensé, planifié et réalisé par les centres dirigeants de la bourgeoisie et que les électeurs ont été manipulés de A à Z pour arriver au résultat final.

Le point de départ de l’opération Macron a été le constat, par les milieux politiques dirigeants que le gouvernement Hollande était cuit et que la traditionnelle alternance droite gauche organisée autour de l’alternance PS-UMP (rebaptisée au passage LR) était discréditée, impossible d’être proposée encore une fois aux électeurs. Il fallait lui trouver un substitut en apparence encore inédit, mais garantissant la continuité de la politique libérale bourgeoise pratiquée par le gouvernement Valls Hollande.  Il fallait trouver quelque chose de « nouveau » à la place, sous peine de donner lieu à un scénario difficile à gérer par les monopoles capitalistes (Mélenchon ou Marine Le Pen) . Ce « nouveau », ce fut Macron et le mouvement « en marche ».

On aurait tort de croire que Macron a démissionné du gouvernement Valls et s’est lancé seul, pour l’amour de la France, dans l’aventure des élections présidentielles. Au départ seul, en apparence, et ne s’appuyant sur aucun parti, il n’avait en théorie aucune chance.   MAIS…

Nous en venons au centre de nos questions : Comment, dans la république démocratique bourgeoise, en cachette de l’opinion publique, se fabrique, se lance et se vend avec succès un « nouveau produit » politique, dans une situation « nouvelle » (le rejet des deux principaux partis de « l’alternance républicaine) capable d’assurer la continuité de la politique des monopoles capitalistes ?

La vérité cachée, c’est que les représentants du patronat et du CAC 40, les dirigeants des banques et des monopoles industriels et commerciaux, les  médias, des délégués des partis « de gouvernements » sont organisés dans des  « think tank» ( boîte à idées ) et que c’est dans ces organismes que se définissent les politiques économiques et sociales intérieures et extérieures à mener, pour faire prospérer les « intérêts de la France », c’est-à dire les intérêts des groupes monopolistes français en France et dans le monde.

Ainsi, c’est l’Institut Montaigne qui a tracé la feuille de route du processus politique qui a lancé, en accord avec François Hollande, la fondation du mouvement En Marche le 6 avril 2016, la démission de Macron en août 2016, l’éclatement du PS et de LR par la tragi-comédie des primaires de la droite et du PS. Sponsorisé financièrement par tous les milieux de la bourgeoisie libérale relayés par une campagne médiatique sans précédent, Macron ne pouvait pas perdre. Il devait être élu président de la république. Il l’a été.

Des preuves de ce scénario planifié ?  C’est Médiapart qui les a éventées. L’express du 7 avril publie :

En Marche n’est peut-être ni de droite ni de gauche, mais il est très proche de l’idéologie libérale de l’Institut Montaigne, lui-même parfaitement compatible avec les idées du MEDEF. Découvert par Médiapart, le lien était à chercher dans les mentions légales du titre du mouvement. Elles ont été modifiées depuis la publication de l’article, mais Médiapart en a conservé une capture d’écran. Celles-ci faisaient apparaître le nom du directeur de publication du site, Véronique Bolhuis, et son éditeur, En Marche, association loi 1901 domiciliée 33 rue Danton 94270 Kremlin Bicêtre. Véronique Bolhuis est la compagne de Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne. Et l’adresse de l’association est le domicile privé du couple… Laurent Bigorgne faisait partie en 2015 de la dizaine de Français invités à participer au très restreint groupe de Bilderberg, qui passe pour être une version top de Davos. De son côté, le président du MEDEF, Pierre Gattaz, a déclaré sur France Inter « bien aimer l’initiative de Macron qu’il juge « rafraîchissante ».

L’Institut Montaigne n’est pas le seul forum existant. Citons encore l’Institut ASPEN, l’IFRI, la Fondation pour l’innovation politique (FONDAPOL)1, En Temps Réel, la République des idées. On y retrouve les grands chefs d’entreprise, des économistes, des dirigeants de médias, des dirigeants politiques. C’est dans ces cercles que sont élaborés les lignes et les programmes économiques, politiques et sociaux que les gouvernements auront pour mission d’appliquer.1

Non, Macron n’est pas l’ange descendu du ciel qu’on présente au bon peuple. C’est tout simplement l’agent du capital créé de toutes pièces pour remplacer le PS et LR devenus inutilisables. Cela, dans le secret des cercles politiques restreints.

Elu président comme prévu, Macron doit maintenant gouverner dans le cadre des institutions de la Vème République.

Après son élection, Il a constitué un conseil des ministres au-dessus des structures des anciens partis de gouvernement.  A côté d’adhérents d’En Marche, on y retrouve pourtant des socialistes, des LR, des centristes, des Verts, et des « novices » de la société civile (pour le décor novateur). Bref, une nébuleuse dont le point commun est la mise en œuvre accélérée des mesures libérales anti-ouvrières et antipopulaires.

 Mais pour clore le processus électoral, il doit encore franchir l’étape des élections législatives. Les candidats d’En Marche auront-ils la majorité des députés à l’Assemblée Nationale ? Rien n’est moins sûr. Contredit sur sa gauche par Les Insoumis, quelques PCF et quelques socialistes « canal historique », sur sa droite par le Front National et une partie des Républicains, il semble cependant assuré, en plus des élus En Marche, d’un large soutien de la gauche libérale, du centre et de la droite modérée. Il fera passer au coup par coup sa politique de cadeaux financiers au capital et de régression sociale aux forces du travail, soit par une majorité au parlement, soit par ordonnances. Voilà le scénario écrit dans les règles de la République démocratique bourgeoise pour les cinq ans à venir. Et ainsi de suite…  Sauf si…

Les seules forces capables de perturber les mécanismes du système électoral bourgeois, ce sont les luttes de classe extra-parlementaires, à condition qu’elles ne soient pas dévoyées de leurs buts dans l’ornière réformiste ou dans l’anarcho-syndicalisme. La Parti « communiste » (PCF) porte une grande responsabilité dans l’illusion que le prolétariat pourrait réaliser ses objectifs par la voie pacifique électorale. Ce parti a abandonné sa mission historique. C’est pourquoi la classe ouvrière (et le prolétariat en général) doit reconstruire son indépendance politique au travers d’un parti révolutionnaire dans le but de renverser le système capitaliste, en commençant par le prise du pouvoir politique par la révolution.

L’accentuation des attaques contre les classes travailleuses exploitées et en premier lieu de la classe ouvrière va conduire à des manifestations de plus en plus dures de la lutte des classes. Dans cette perspective, les communistes seront dans et à la tête des luttes ouvrières au travers de leur syndicat. Mais ils diffuseront en même temps, ouvertement la perspective politique révolutionnaire du renversement du système capitaliste, sans concession à l’égard des illusions encore présentes dans la tête des travailleurs : Les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé. Karl Marx, LE MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE.

1 Les lecteurs qui veulent en savoir plus sur les « Think tank » et leur pouvoir occulte peuvent rechercher sur internet « Le rôle des think tank en France. »

Elections 2017: Les travailleurs n’ont rien à espérer des partis intégrés aux institutions démocratiques bourgeoises

Editorial du dernier journal à retrouver ICI

Depuis le 18 mars, on sait qui va concourir pour le titre de Président de la République. Après la sinistre comédie des « primaires » marquée par les scandales et les reniements, ils sont onze. On les connaît tous, eux et leurs soutiens.

FILLON, MACRON, HAMON et MELENCHON ont tous participé avec des responsabilités diverses aux gouvernements de droite et de gauche qui alternent au pouvoir politique depuis plus de vingt ans. Aucun n’a agi pour satisfaire les revendications et les aspirations de la classe ouvrière, des exploités et des laissés pour compte de la société. Toutes les lois édictées par leurs gouvernements ont servi les intérêts du capital. Tous ont soutenu les politiques répressives ici en France et les politiques de guerre ailleurs, en Afrique et au Moyen Orient notamment. Ces politiciens-là, de droite radicale comme Fillon, social-libéral comme Macron, du parti socialiste comme Hamon ou d’un parti dit social-démocrate de gauche comme Mélenchon ne sont pas et ne peuvent pas être des candidats du prolétariat et des couches populaires de France. Ils cherchent des solutions dans la société capitaliste et veulent renouer le pouvoir du capital au sein d’une VIème république.

Marine le Pen, avec un discours démagogique vers les travailleurs est le  candidat de l’extrême droite. Elle représente les couches de la bourgeoisie nationale fragilisées par la mondialisation et qui rêvent de protéger l’impérialisme français et de lui redonner  un rôle conquérant dans le monde. Son discours politique chauvin, xénophobe vise à éloigner de la lutte de classe les couches du peuple les plus délaissées par les gouvernements successifs de droite et de gauche.

En politique extérieure, aucun des « grands » candidats ne s’oppose à la politique de l’impérialisme français au service du pillage des néo-colonies en Afrique, au Moyen Orient et ailleurs. Aucun ne propose de rapatrier les troupes françaises des pays où elles sont stationnées et où elles interviennent militairement. Sous prétexte de défendre la démocratie, les trotskystes soutiennent des mouvements soutenus, voire fomentés, par les pays impérialistes parmi lesquels la France.

ALORS ? Face à ce constat, qui choisir parmi cette brochette d’ennemis déclarés ou de faux amis ? Faut-il choisir celui qui paraît le moins pourri, pour  « faire son devoir électoral » ? C’est ce que souhaitent tous les agents politiques du capital et les médias à leur solde.

Aucun candidat ne pose véritablement la question du pouvoir, pas mêmes les candidats trotskistes qui se bornent aux revendications dans le cadre du système et sont contre un pouvoir des travailleurs, une dictature du prolétariat. A qui appartient le pouvoir aujourd’hui dans la société ? Il appartient clairement au capital, aux grandes entreprises. C’est une dictature de la bourgeoisie monopoliste publique et privée.  L’Etat est un « pouvoir spécial de répression exercé contre le prolétariat par la bourgeoisie, contre des millions de travailleurs  par une poignée de riches » (Lénine) . Ainsi, ce n’est pas en changeant de président ou de majorité que la domination du capital sera limité.

Le ROCML, n’est pas opposé systématiquement à toute participation aux élections, quand elles peuvent faire progresser le mouvement ouvrier révolutionnaire vers ses objectifs stratégiques. Ce n’est pas le cas actuellement. Il n’existe pas dans ces élections de candidat communiste porte-parole d’un mouvement ouvrier organisé dans une perspective révolutionnaire, celle de la conquête du pouvoir par le prolétariat, le renversement de l’ordre capitaliste et la construction du socialisme-communisme.

En l’absence d’un mouvement ouvrier politique révolutionnaire et faute d’existence d’un véritable parti communiste à la tête de ce mouvement, la participation aux élections ne peut que renforcer les illusions sur la démocratie bourgeoise.

Alors que faire ? Ne pas croiser les bras mais au contraire combattre pour une rupture révolutionnaire. C’est comme cela que nous pourrons empêcher les idées réactionnaires, les mesures antipopulaires de se développer.

La lutte doit se développer à partir des moyens qui existent. Les batailles à mener existent et elles doivent permettre la coordination des différents secteurs en lutte. C’est en renforçant le front des luttes, en liant les différentes luttes pour en faire une seule force, un seul centre politique que le combat pour une rupture révolutionnaire pourra se développer.  Défendre les intérêts ouvriers et populaires n’est pas une tâche aisée, car cela nécessite d’aller à contre-courant de la politique des partis institutionnels et bourgeois, à l’encontre de l’opinion majoritaire, Mais il n’y a pas d’autre alternative, ni d’autre chemin Si nous voulons résister aux offensives du capital contre la classe ouvrière et le peuple .

Le chemin de la révolution n’est pas un seul acte. Nous devons renforcer nos liens avec le prolétariat et les couches populaires en lutte, construire l’organisation politique des travailleurs indépendamment de toutes les forces bourgeoises et du capital.

Il y a 100 ans, les communistes russes ouvraient la voie à une véritable alternative pour le camp des travailleurs. Aujourd’hui, encore, l’expérience de la première révolution communiste victorieuse, la révolution d’octobre résonne encore et nous montre le chemin de la lutte.

MOBILISONS NOUS CONTRE LES ATTAQUES DU CAPITAL ET LES MESURES ANTI-POPULAIRES !

 

COMBATTONS LA RÉPRESSION QUI S’ABAT SUR LES OUVRIERS QUI LUTTENT ET SUR LA JEUNESSE DES QUARTIERS POPULAIRES !

 

OPPOSONS NOUS AUX GUERRES IMPÉRIALISTES ET A LA MILITARISATION DE LA SOCIÉTÉ !

 

QUE LES TRAVAILLEURS FRANÇAIS, IMMIGRES, LES JEUNES, LES FEMMES DU PEUPLE S’UNISSENT ET DÉVELOPPENT UNE FORCE INDÉPENDANTE POUR EN FINIR AVEC LE CAPITALISME !

A BAS LE CAPITALISME ! VIVE LE SOCIALISME-COMMUNISME !

La bourgeoisie prépare l’accentuation de son offensive Il faut s’organiser et lui opposer une résistance de classe !

Le quinquennat de François Hollande arrive à son terme. Lui et ses hommes auront été entièrement dévoués au capital, du pacte de responsabilité de 2012 en faveur du patronat jusqu’à la très décriée loi dite « Travail » de 2015. Ce gouvernement restera synonyme de régression sociale pour les travailleurs. Il restera attaché à la guerre, à l’agressivité de la France par la vente d’armes et les interventions militaires répétées. Il symbolisera le recul des libertés pour le peuple par un ordre social intérieur sécuritaire et répressif : état d’urgence permanent, offensive contre les organisations de travailleurs, etc. Ce gouvernement a été du début à la fin au service de la bourgeoisie. Il n’avait pas comme certains ont pu le dire, pour tromper le peuple, une oreille à gauche !

Les raisons de l’offensive de la bourgeoisie

Les contextes économique, politique et international favorisent la mise en place de politiques réactionnaires d’offensive du capital contre les travailleurs.

Premièrement, le capital n’est toujours pas parvenu à surmonter la crise économique et ses effets. Ainsi, les conséquences des surcapacités de production se font ressentir sur l’activité. Les risques d’un nouvel emballement de la crise sont toujours présents. Les menaces pèsent aujourd’hui sur plusieurs pays tels que l’Italie par exemple.

Deuxièmement, la concurrence est ardue entre les monopoles pour obtenir des profits maxima. Ainsi les Etats rivalisent entre eux pour baisser le coût de leur main d’œuvre afin que ces grands monopoles s’installent chez eux : baisse des impôts sur les sociétés, diminution des « charges sociales » ou des salaires …

Troisièmement, les tensions entre grandes puissances impérialistes (France, USA, Russie, Chine…) s’aiguisent aussi pour le contrôle des ressources et des routes stratégiques de marchandises. Le Moyen-Orient et l’Asie Pacifique deviennent des zones de guerre ou de préparation à la guerre qui créent un climat de militarisation dans beaucoup de pays du monde, dont la France.

Enfin, ces contextes économique et géopolitique participent à un renforcement de gouvernements bourgeois autoritaires et militaristes utilisant la démagogie et le chauvinisme pour se hisser au pouvoir ou pour prendre des mesures antipopulaires contre les travailleurs : en France avec l’état d’urgence ou encore les propositions de certains candidats de gouverner par ordonnance ; en Italie avec la tentative avortée de Mateo Renzi d’augmenter les pouvoirs de l’Exécutif ; aux Etats Unis avec notamment l’arrivée de Donald Trump sous le slogan « America First », la présence de nombreux généraux aux postes stratégiques du gouvernement, etc.

La poursuite de l’offensive

du capital en 2017

 

Les élections de 2017 en France approchent dans ce contexte tendu. Tous les candidats du capital s’organisent pour enfoncer le clou et mener l’offensive contre les travailleurs.

La primaire de la droite dans son ensemble ainsi que la victoire de François Fillon montrent clairement les intentions de la bourgeoise d’intensifier les attaques contre les travailleurs. La guerre sociale sera élevée d’un cran puisque F. Fillon entend gouverner par ordonnance dès le mois de juillet s’il est élu Président de la République. Il se présente clairement comme l’ennemi des travailleurs.

Le pôle PS tente quant à lui de se redonner bonne figure en présentant la « gauche » du PS à ses primaires: A. Montebourg ou B. Hamon, … Cependant, les travailleurs ne s’y tromperont pas. Ce parti a, durant 5 ans, participé à précariser nos vies, à faire des cadeaux aux patrons. Rien de bon pour les travailleurs ne peut venir du PS !

Le FN porte quant à lui un projet chauvin et impérialiste, qui veut diviser les travailleurs. Marine Le Pen n’a pas peur d’utiliser la démagogie la plus grossière pour faire croire qu’elle voudrait défendre les travailleurs. Elle doit être dénoncée comme une ennemie des travailleurs. Ce parti s’est attaqué à de multiples reprises aux syndicats qui ont mené le combat contre la loi El Khomri. Dans cette lutte, les travailleurs français et immigrés étaient réunis pour un combat commun. Le FN a pour seul but d’affaiblir les travailleurs au profit de la bourgeoisie nationale et chauvine.

Tous ces candidats, s’ils sont élus, amplifieront la politique anti-ouvrière et antidémocratique menée depuis une décennie. Ils doivent être combattus. Cela nécessite d’entretenir et de consolider les liens et les solidarités de classe établis durant le combat contre la loi « Travail ».

Quant à Jean-Luc Mélenchon et à la gauche de la gauche, ils distillent leurs illusions réformistes en laissant espérer qu’une fois arrivés au pouvoir ils pourront mener une politique favorable aux travailleurs. On sait ce qu’il en est advenu avec Syrisa en Grèce !

Non seulement ils ont été à la remorque des derniers mouvements de la classe, mais ils ont en plus participé à diminuer leur ampleur en donnant de faux espoirs aux travailleurs au début du quinquennat de F. Hollande.

Les travailleurs ont besoin de forces politiques qui osent résister aux mesures capitalistes, qui assument une politique de classe claire ! Nous faisons le constat que ces forces ne sont pas organisées politiquement. C’est pour cela que, partant de l’analyse de la situation politique, le ROCML n’appellera pas à voter pour un candidat lors de cette élection. Cependant, les militants marxistes-léninistes comptent bien profiter de ces élections pour mener campagne en 2017 visant à renforcer la nécessité d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme et à organiser les travailleurs qui luttent véritablement.

 

Quel rôle pour les communistes ?

Faire campagne en 2017 !

 

Le développement de l’esprit de lutte présent depuis la loi El Khomri doit déboucher politiquement. C’est pour cela que les militants du ROCML lancent l’idée d’une campagne communiste pour rompre avec les jeux politiques bourgeois.

À l’occasion de cette campagne, le ROCML propose de porter les leçons de la lutte de classe et de les mettre en avant :

– le combat contre le PS, le social-libéralisme et ses liens avec le capitalisme-impérialiste ;

– le combat contre la répression d’Etat qui sert les intérêts du capital  ;

– Le développement de l’esprit de lutte et de la solidarité de classe (ex : Goodyear, Air France) ;

– Entrainer les militants et syndicalistes combatifs pour les amener vers la lutte politique et la constitution d’un parti politique révolutionnaire.

Partout où ils sont, les communistes doivent mener le travail politique d’éclaircissement sur la nature de l’Etat, le rôle des partis politiques comme le PS, et relier ces explications avec le système capitaliste. En même temps, ils participeront à toutes les initiatives (meetings, manifestations, actions, débats) qui peuvent favoriser la résistance à l’offensive du capital et y porteront les idées d’une rupture radicale avec le système capitaliste.

Face aux attaques du capital, à un système en difficulté, l’unité politique des communistes est plus que jamais nécessaire. Tous les grands problèmes posés par l’actualité conduisent à un ce bilan : la nécessité de renforcer nos organisations politiques et de classe. Pour faire de la politique, il faut une force, un parti politique qui organise le combat. Personne aujourd’hui chez les communistes et organisations qui se réclament du communisme ne peut se targuer d’organiser une telle force. Mais ils peuvent unir leurs efforts pour renforcer la lutte contre le capitalisme. C’est tout le sens de l’initiative que le ROCML lance à l’occasion de ces élections présidentielles. L’élection présidentielle ne se jouera ni au 1er ni au 2nd tour. Elle se jouera au 3ème tour, dans la rue ! Que 2017 soit l’année où une dynamique populaire anticapitaliste se développe au sein du mouvement ouvrier.

ROCML, 1er janvier 2017

REGIONALES 2015, ON PREND LES MEMES ET ON RECOMMENCE

Le  dernier épisode électoral  des régionales  est clos. Les électeurs ont départagé les candidats et les partis. Vu le système électoral actuel (scrutin majoritaire sur deux tours) le PS et l’alliance LR (ex-UMP) –UDI-Modem se partagent toutes les nouvelles régions. Cinq pour le PS et sept pour la droite LR-UDI dans la France métropolitaine. Cette rafle se fait au détriment du Front National qui n’est pas parvenu à s’imposer dans les deux grandes régions où il aurait pu l’emporter si le jeu politique entre la droite et la gauche ne l’avait mis en minorité. Au total, la droite sort gagnante,  la gauche est en échec, le FN reste coincé au portillon. Ainsi, se réalise le scénario classique de l’alternance droite gauche tel qu’il est programmé par le système électoral de la Vème république.

Malgré leur caractère ordinaire, ces élections méritent quand même quelques observations, car elles constituent un baromètre des tendances politiques dans la période actuelle.

La première observation, c’est la déroute, au premier tour, des listes du parti socialiste. Deux ans et demi après la victoire du PS aux présidentielles et aux législatives de 2012, et malgré les postures présidentielles de François Hollande suite aux attentats de janvier et novembre, le PS a déjà perdu une grande partie de sa crédibilité. « Ils n’ont rien changé », « ils ne tiennent pas leurs promesses » sont les réactions des gens du peuple qui avaient espéré un changement en votant Hollande en 2012.

La seconde observation, c’est qu’au premier tour, la droite LR-UDI-Modem n’a pas tiré profit de la déroute du PS en n’arrivant en tête que dans quatre régions. Les électeurs déçus par le PS n’ont pas oublié le temps où c’est Sarkozy qui gouvernait.

La troisième observation, c’est la montée importante du Front National, arrivé en tête dans sept régions, atteignant plus de 41% des voix en région Nord-Pas de Calais Picardie et en Provence Côte d’azur. C’est le FN le grand gagnant du premier tour. En l’absence d’une alternative anticapitaliste, le FN a rassemblé avec sa démagogie populiste les voix de beaucoup de déçus de l’alternance droite-gauche, sur une base réactionnaire et xénophobe.

La quatrième observation : Au deuxième tour, tout rentre dans l’ordre… institutionnel :  Le FN est battu partout. Le PS et l’alliance LR-UDI-Modem se partagent les grandes régions selon leur rapport de force politique actuel.

Que s’est-il passé entre les deux tours ? Tous les partis,  de la gauche de la gauche à la droite, toutes les institutions politiques, économiques, médiatiques, religieuses, morales… ont activé leurs forces publiques et occultes pour battre le FN et faire gagner le PS ou l’alliance de la droite et du centre. Le FN a joué son rôle de repoussoir. Les partis qui se partagent le pouvoir politique depuis plus d’un demi-siècle et qui jouissent de la confiance du capital conservent les rênes. Et le FN pourra continuer à attirer les mécontents alors qu’il ne remet jamais en cause le capitalisme et ses conséquences.

Et maintenant ?

C’est simple : les gérants du système capitaliste vont poursuivre leurs politiques dictées par le MEDEF au profit des patrons. Gattaz savait dans quel panier il mettait ses œufs en supportant le camp droite-gauche. De plus, la poussée du FN favorise un glissement vers la droite : acceptation de l’état d’urgence, mesures de sécurité renforcées qui vont s’appliquer au mouvement ouvrier.

La classe ouvrière elle, continuera à subir les politiques de chômage, de licenciements, de casse de ce qui reste de la protection sociale, de dégradation accélérée de ses conditions d’existence. Le tout légitimé par le suffrage universel !

En 1917, dans son ouvrage L’ETAT ET LA REVOLUTION Lénine  écrivait : Décider périodiquement, pour un certain nombres d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques.

Ces dernières élections régionales ne font que confirmer cette règle. Ce n’est pas par les urnes que le peuple travailleur imposera sa volonté aux exploiteurs et à leurs fondés de pouvoir. Il y a urgence à ce que la classe ouvrière développe son combat classe contre classe sur le terrain et reconstruise son organisation capable de la mener à la victoire, un Parti Communiste véritable.