Exploitation et précarité dans la jeunesse populaire

François Hollande avait annoncé de façon péremptoire durant sa campagne en 2012 que la jeunesse serait « la priorité de son quinquennat ». Il est temps de dresser le bilan de ces cinq piteuses années. Le taux de pauvreté des jeunes est de 23% (pour les 18-24 ans) contre 14 % pour l’ensemble de population. Les jeunes sont toujours concernés massivement par les contrats précaires, pour certains enchaînent les stages et forment souvent la variable d’ajustement dans les entreprises (ils sont les premiers licenciés). Bref il ne fait pas bon être « jeune » dans le pays de Hollande….Bien sûr, la jeunesse ne forme pas une classe en soi. Elle est une catégorie sociale de personnes issues ou appartenant à différentes classes sociales. La jeunesse bourgeoise échappe largement à toute précarité comme une grande partie des jeunes issus de familles de cadres ou de professions libérales (médecins par exemple).

C’est la jeunesse issue des milieux populaires qui paye le plus lourd tribut à la précarité, au chômage et à la misère. Elle est généralement exclue de l’accès aux études supérieures, les enfants issus de la classe ouvrière ne représentant que 11% des étudiants alors qu’ils représentent 30% des 18-23 ans. Elle n’a donc peu ou pas accès aux emplois les plus rémunérateurs et est victime d’un système éducatif qui ne fait que reproduire les inégalités sociales. La quasi-totalité des jeunes qui sortent sans diplômes du système scolaire sont souvent des enfants d’ouvriers, d’employés et de chômeurs. Or sans ce précieux sésame il est quasiment impossible d’accéder à un emploi « décent » et cela pousse à accepter n’importe quel contrat alimentaire, les travaux les plus pénibles et précaires, aux cadences infernales. Il y a quelque chose d’insupportable dans ce déterminisme social qui fait que les enfants d’ouvriers sont plus ou moins condamnés à occuper le même emploi que leurs parents ou pire. Les quelques exemples mis en avant dans les médias, les produits de la « méritocratie républicaine » ne sont que supercheries et poudre aux yeux pour masquer la réalité d’un système qui ne jure que par la naissance, la compétition et la sélection.

Il ne faut cependant pas céder à une vision catastrophiste ou alarmiste sur l’état de la jeunesse en France. La jeunesse subit aussi de la part du système capitaliste une forte pression sociale et idéologique. Les médias nous serinent à longueur de journée que le CDI est obsolète, un archaïsme d’un autre âge, que les jeunes doivent se « retrousser les manches », travailler plus que leurs aînés, s’adapter aux nouvelles technologies, à « l’ubérisation » de la société, être plus flexible et maniable. Tous ces discours créent un climat anxiogène qui pousse les jeunes salariés à accepter une régression de leurs droits sociaux et prendre n’importe quel emploi dans n’importe quelle situation. Pour preuve,  la manipulation sur les chiffres du chômage des jeunes artificiellement gonflés. Nous reproduisons ici un extrait de l’Etoile Rouge (journal de la JCML) en date de 2010 qui n’a pas pris une ride :

Dans les discours politiques, un chiffre est souvent brandi de manière trompeuse : un jeune sur 4 serait au chômage. Le taux de chômage des 15-29 ans était, en effet, de 24,2 % au troisième trimestre 2010, contre 9,31 % pour l’ensemble de la population. Quand on dit cela, la supercherie est de ne pas préciser qu’un taux de chômage se relève par rapport aux actifs et non par rapport à une catégorie d’âge.  Ainsi, si l’on amène les chiffres à l’ensemble des jeunes de cet âge, il apparaît que sur 100 jeunes, 8 environ sont au chômage (et non pas un sur 4!). Ce chiffre alarmiste est souvent cité pour tenter de justifier des réformes pour améliorer l’exploitabilité des jeunes prolétaires.

Le chômage, la précarité, la pauvreté ne sont pas des fatalités pour la jeunesse populaire et le prolétariat en général. Ce sont des symptômes d’une maladie qu’on appelle capitalisme ! Seul l’organisation des opprimés et exploités dans des organisations indépendantes de la bourgeoisie pourra faire avancer la lutte pour une société plus juste et égalitaire, débarrassée de l’infâme exploitation de l’homme par l’homme. Cette société nouvelle c’est la société socialiste, comme nos aînés soviétiques (dont nous fêtons cette année le 100e anniversaire de la Révolution d’Octobre) nous l’ont montré. C’est le seul système qui a pu fournir à tous un travail utile pour la société, dans de bonnes conditions et éradiquer la misère.

Jeunes travailleurs, chômeurs et précaires rejoignez la lutte politique révolutionnaire POUR DÉTRUIRE LE CAPITALISME ET INSTAURER LE SOCIALISME!

Le responsable national de la JCML

Cellule Guy Moquet: Combattons les licenciements sur le bassin de Lacq !

Hier PECHINAY, CELANESE, TEPF (Total). Aujourd’hui, c’est le tour de Yara (85 emplois directs menacés), un plan social chez SOBEGI (47 postes), du chômage technique chez TORAY, REXAM… Des sous-traitants menacés de fermetures ou de réduction des effectifs avec le dumping social pratiqué par les patrons en utilisant des travailleurs détachés.

Rien ne va plus sur le bassin de Lacq d’où l’importance de combattre les plans de licenciement et de fermeture d’usine.

Comme d’habitude, les travailleurs sont sacrifiés sur l’autel des profits de ces grandes entreprises avec la complicité des gouvernements de droite et de gauche. Des entreprises comme YARA ont touché de l’argent public ou des crédits d’impôts par le CICE. Le pipeline de vapeur reliant YARA à SOBEGI a été payé par les « collectivités locales », c’est-à-dire la population locale du bassin !

Nous sommes aux côtés de tous les salariés menacés de perdre leur emploi. Nous ne pouvons pas accepter le fatalisme des licenciements d’autant plus que le bassin de Lacq fournira de moins en moins de travail aux salariés, et aux jeunes de la région !

Il est donc important qu’aujourd’hui, tous les salariés, les jeunes, les retraités, se mobilisent ENSEMBLE, par la grève politique et solidaire, pour défendre le maintien des activités sur le bassin de Lacq.

         La lutte pour défendre l’outil de travail sur le bassin de Lacq est plus que jamais d’actualité. Seule l’instauration d’un rapport de force de tous les travailleurs du bassin et de la région de Pau, d’Orthez pourra faire reculer les plans néfastes des patrons !

SOLIDARITE, UNITE ET LUTTE

FACE AUX PATRONS

les-salaries-de-yara-entendent-protester-contre-la-fermeture-de-leur-outil-de-travail

2017:REFUSONS LE FRONT REPUBLICAIN ! AUCUNE VOIX POUR LES CANDIDATS DU CAPITAL !

#Sansmoile7mai

 

Le 23 avril 2017, le premier tour de l’élection présidentielle a mis en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Les candidats des deux « grands » partis traditionnels qui gouvernent depuis plus de 40 ans ont été éliminés sèchement. Le PS a payé ses cinq années de politique anti-ouvrière. La lutte contre les lois El khomri a donné des résultats. Holland, Valls ont été éjectés suite à la force de la lutte tandis que Fillon (LR) s’est enfoncé dans des affaires de corruption. Une recomposition du jeu politique bourgeois sans précédent est à l’œuvre.

Emmanuel Macron, en tête au soir du 1er tour a reçu un soutien massif des milieux économiques et les médias à la solde des grands magnats du capital n’ont cessé de chanter ses louanges. Il représente un parti du capital. Une fraction de la bourgeoisie a pris le risque de soutenir Macron dès le départ. Pourquoi un tel risque ? Parce que la bourgeoisie est dans l’obligation de changer ses représentants politiques car les anciens ne sont plus en mesure de réaliser le programme néolibéral, réactionnaire. Macron a justement été soutenu par le MEDEF pour cette raison, pour appliquer ce programme.

La candidate arrivée en deuxième position, Marine le Pen, représente la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie. Elle rêve de réaliser les buts de l’ancienne France colonialiste qui partait en guerre seule pour ses intérêts. Mobilisant sur les thèmes traditionnels de l’Extrême-droite (immigration, islamisation, Europe) et profitant du climat anxiogène de l’Etat d’urgence et de « lutte contre le terrorisme » elle a su attirer à elle de vastes couches de commerçants, artisans et salariés menacés par le déclassement et la paupérisation. Cependant à part son populisme, elle ne constitue pas une alternative au « système » et ne fait que diffuser le poison du racisme et de la xénophobie en divisant les travailleurs sur des questions d’origines et de religion. Elle est en permanence contre les organisations des travailleurs et de lutte. Ce n’est pas un hasard.

Nous n’appelons pas à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Rappelons-nous, en 2012, il fallait voter pour le « moins pire », Hollande, pour quel résultat ?  Il ne peut y avoir d’union nationale ou de front républicain derrière un candidat  qui défend l’intérêt de la grande bourgeoisie, qui a le soutien du MEDEF et de tous les grands centres financiers d’Europe.  Il ne peut y avoir d’unité nationale autour d’un candidat qui a fait tant de mal à la classe ouvrière et qui veut démanteler les derniers acquis sociaux conquis de hautes luttes par les générations précédentes.

Nous appelons les travailleurs à prendre leur destin en main. Les élections dans la société n’ont jamais apporté le bonheur pour les travailleurs et les couches opprimés. La seule issue est de s’organiser indépendamment de la bourgeoisie, prendre des forces qui viennent de la production et se mobiliser dans une perspective anti capitaliste, pour construire notre avenir.

Que ce soit Le Pen ou Macron, il ne faut pas rêver, aucun des deux ne défendra nos intérêts ! Dans les deux cas, il y aura une dégradation des acquis, des tentatives de division des travailleurs, une accentuation de l’exploitation, de la précarité, des pressions guerrières et sécuritaires. Si nous voulons gagner, préparons la lutte. Mobilisons-nous sur le lieu de travail, les quartiers, l’école et descendons dans la rue pour hisser le drapeau du prolétariat !

Entre la peste blonde et le choléra libéral il n’y a pas à choisir !

Opposons-nous en nous abstenant !

Renforçons les luttes notamment le 1er mai :

– Contre les lois anti ouvrières, les pressions sur les travailleurs qui luttent et les jeunes des quartiers

– Contre Les guerres impérialistes, pour une rupture anticapitaliste !

Classe contre classe jusqu’à la conquête du pouvoir pour renverser le capitalisme

 

 

ROCML, JCML  le 25 avril 2017                                                 roc.ml@laposte.net    www.rocml.org

 

affiche 2nd tour

Les élections moment important pour la bourgeoisie pas pour les travailleurs

Article du journal la VDC à retrouver ICI

Pour la première fois dans l’histoire récente de la République la campagne électorale ne se déroule pas sans risque pour la domination politique de la bourgeoisie sur les travailleurs et sur la société.

La République démocratique est la « meilleure forme politique possible du capitalisme »« la forme accomplie de la domination de la bourgeoisie » en tant que classe sur les autres classes sociales, pour la domination du capital sur le travail. « Le capital y assoit son pouvoir si solidement, nous dit Lénine, « que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise ».

Les autres formes d’Etat, autocratique, dictature militaire ou monopolisation du pouvoir par une fraction donnée de la bourgeoise qui réduisent les droits démocratiques se sont révélées un frein à la libre concurrence des capitaux et entrainé la révolte des peuples, le « printemps arabe » en est l’illustration récente.

En même temps, un autre aspect de la République bourgeoise est qu’elle est le  terrain » ou « la lutte de classe se débarrasse de ses dernières entraves et où se prépare son terrain de lutte » . Dans cette République Démocratique la bourgeoise ne peut gouverner sans l’appui des travailleurs  et le système électoral est une pièce maitresse pour assurer à la bourgeoise la domination politique des travailleurs en assurant la direction des affaires de l’Etat.

Ainsi les « citoyens », quelle que soient leur origine de classe sont appelés régulièrement à élire « démocratiquement » (du point de vue bourgeois) leurs représentants et à leur déléguer tout pouvoir pour un certain nombre d’années jusqu’aux prochaines échéances électorales.

 Dans ce système, dans toutes les démocraties modernes bourgeoises sont réalisées les conditions véritables  de la domination de classe bourgeoise toute entière deux partis luttant pour avoir le pouvoir et devenant à tour de rôle gouvernement et opposition. En France c’est le système de l’alternance, deux grands partis dits de gouvernement, l’un à droite de l’échiquier politique, l’autre à gauche. Tous les deux, quelle que soit la politique plus ou moins sociale menée, se partagent le pouvoir et restent des gérants loyaux du capitalisme selon les parole de Léon Blum dirigeant de la SFIO (ancêtre du PS).

Mais l’aggravation des contradictions du système capitaliste, la concurrence internationale, la difficulté de valorisation du capital, surtout depuis la crise de 2008, ont conduit les gouvernements de droite puis de gauche à s’en prendre aux conditions de vie des travailleurs. Conséquence, la lutte de classe s’est radicalisée en témoigne la longue lutte nationale contre la loi travail. Le rejet des politiciens corrompus s’est amplifié, « le parti » de l’abstention est devenu le premier parti de France et les contradictions entre les personnels politiques plus ou moins représentatifs de fractions de la bourgeoisie se sont développées.

On peut en juger sur les divergences de politique internationale, sur l’attitude envers Moscou, Pékin, dans le conflit syrien…, sur la loi travail.  Des regroupements à la droite du Parti républicain et à la gauche du PS ont grandi en influence et menacent le système d’alternance entre le parti LR et le PS. Des tentatives de recomposition de pôles attractifs à droite comme à gauche sont en cours. Et en particulier une opération de revalorisation de la social-démocratie dans le PS ou en dehors se profile (Mélenchon, Hamon). La décomposition des partis de gouvernements conduit à déplacer les frontières entre droite gauche et extrême droite mais en préservant le système d’alternance nécessaire.

Maintenir parmi les travailleurs l’illusion  que c’est par les élections qu’ils peuvent agir politiquement et choisir « démocratiquement », en toute liberté un candidat qui mènera une politique en leur faveur, est vital pour la bourgeoisie. Aussi elle voit avec effroi la machine électorale se gripper, ce qui peut ébranler sa domination politique en dévoilant le caractère fictif de « leur démocratie »

Le système des primaires, inspiré plus ou moins du système américain a été mis en place pour tenter de redonner plus d’intérêt aux élections présidentielles. Il a pu donner l’illusion que le « peuple de droite et de gauche »peuvent choisir librement, démocratiquement leur candidat mais en fait il a révélé toutes les turpitudes des principaux partis de la bourgeoisie.

Mais peu importe pour la classe dominante qu’un grand nombre de travailleurs n’aille plus voter (car contrairement à ce qui est dit ils ne se tournent pas massivement vers le FN, mais s’abstiennent). En effet l’abstention aujourd’hui est une forme de rejet de la politique en général, de passivité politique et ne conduit pas à une prise de conscience anticapitaliste et cela la bourgeoisie s’en accommode parfaitement. Ces abstentionnistes sont mis au banc de la société, ce sont de mauvais citoyens qui ne doivent pas se plaindre puisqu’ils n’ont pas voté !

La situation objective ne joue plus en faveur de la bourgeoisie, les fissures du système électoral en sont le reflet. Il est fini le temps où elle pouvait faire des concessions aux travailleurs en utilisant le courant réformiste social-démocrate pour faire illusion. Elle n’en a plus les moyens et bien au contraire elle n’a d’autre issue que de renforcer l’exploitation des prolétaires, de renforcer la dictature du capital. Quel que soit le candidat qui sera porté aux plus hautes responsabilités de la République, les travailleurs n’auront d’autre choix que de se battre. Et dans cette lutte, ils prendront conscience, qu’ils n’ont d’autre alternative que de prendre le pouvoir en tant que classe et instaurer leur République socialiste. Les véritables communistes en participant à ces luttes ont pour devoir de faire que cette alternative devienne l’objectif des éléments les plus combattifs de la classe.

ROCML