Les élections moment important pour la bourgeoisie pas pour les travailleurs

Article du journal la VDC à retrouver ICI

Pour la première fois dans l’histoire récente de la République la campagne électorale ne se déroule pas sans risque pour la domination politique de la bourgeoisie sur les travailleurs et sur la société.

La République démocratique est la « meilleure forme politique possible du capitalisme »« la forme accomplie de la domination de la bourgeoisie » en tant que classe sur les autres classes sociales, pour la domination du capital sur le travail. « Le capital y assoit son pouvoir si solidement, nous dit Lénine, « que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise ».

Les autres formes d’Etat, autocratique, dictature militaire ou monopolisation du pouvoir par une fraction donnée de la bourgeoise qui réduisent les droits démocratiques se sont révélées un frein à la libre concurrence des capitaux et entrainé la révolte des peuples, le « printemps arabe » en est l’illustration récente.

En même temps, un autre aspect de la République bourgeoise est qu’elle est le  terrain » ou « la lutte de classe se débarrasse de ses dernières entraves et où se prépare son terrain de lutte » . Dans cette République Démocratique la bourgeoise ne peut gouverner sans l’appui des travailleurs  et le système électoral est une pièce maitresse pour assurer à la bourgeoise la domination politique des travailleurs en assurant la direction des affaires de l’Etat.

Ainsi les « citoyens », quelle que soient leur origine de classe sont appelés régulièrement à élire « démocratiquement » (du point de vue bourgeois) leurs représentants et à leur déléguer tout pouvoir pour un certain nombre d’années jusqu’aux prochaines échéances électorales.

 Dans ce système, dans toutes les démocraties modernes bourgeoises sont réalisées les conditions véritables  de la domination de classe bourgeoise toute entière deux partis luttant pour avoir le pouvoir et devenant à tour de rôle gouvernement et opposition. En France c’est le système de l’alternance, deux grands partis dits de gouvernement, l’un à droite de l’échiquier politique, l’autre à gauche. Tous les deux, quelle que soit la politique plus ou moins sociale menée, se partagent le pouvoir et restent des gérants loyaux du capitalisme selon les parole de Léon Blum dirigeant de la SFIO (ancêtre du PS).

Mais l’aggravation des contradictions du système capitaliste, la concurrence internationale, la difficulté de valorisation du capital, surtout depuis la crise de 2008, ont conduit les gouvernements de droite puis de gauche à s’en prendre aux conditions de vie des travailleurs. Conséquence, la lutte de classe s’est radicalisée en témoigne la longue lutte nationale contre la loi travail. Le rejet des politiciens corrompus s’est amplifié, « le parti » de l’abstention est devenu le premier parti de France et les contradictions entre les personnels politiques plus ou moins représentatifs de fractions de la bourgeoisie se sont développées.

On peut en juger sur les divergences de politique internationale, sur l’attitude envers Moscou, Pékin, dans le conflit syrien…, sur la loi travail.  Des regroupements à la droite du Parti républicain et à la gauche du PS ont grandi en influence et menacent le système d’alternance entre le parti LR et le PS. Des tentatives de recomposition de pôles attractifs à droite comme à gauche sont en cours. Et en particulier une opération de revalorisation de la social-démocratie dans le PS ou en dehors se profile (Mélenchon, Hamon). La décomposition des partis de gouvernements conduit à déplacer les frontières entre droite gauche et extrême droite mais en préservant le système d’alternance nécessaire.

Maintenir parmi les travailleurs l’illusion  que c’est par les élections qu’ils peuvent agir politiquement et choisir « démocratiquement », en toute liberté un candidat qui mènera une politique en leur faveur, est vital pour la bourgeoisie. Aussi elle voit avec effroi la machine électorale se gripper, ce qui peut ébranler sa domination politique en dévoilant le caractère fictif de « leur démocratie »

Le système des primaires, inspiré plus ou moins du système américain a été mis en place pour tenter de redonner plus d’intérêt aux élections présidentielles. Il a pu donner l’illusion que le « peuple de droite et de gauche »peuvent choisir librement, démocratiquement leur candidat mais en fait il a révélé toutes les turpitudes des principaux partis de la bourgeoisie.

Mais peu importe pour la classe dominante qu’un grand nombre de travailleurs n’aille plus voter (car contrairement à ce qui est dit ils ne se tournent pas massivement vers le FN, mais s’abstiennent). En effet l’abstention aujourd’hui est une forme de rejet de la politique en général, de passivité politique et ne conduit pas à une prise de conscience anticapitaliste et cela la bourgeoisie s’en accommode parfaitement. Ces abstentionnistes sont mis au banc de la société, ce sont de mauvais citoyens qui ne doivent pas se plaindre puisqu’ils n’ont pas voté !

La situation objective ne joue plus en faveur de la bourgeoisie, les fissures du système électoral en sont le reflet. Il est fini le temps où elle pouvait faire des concessions aux travailleurs en utilisant le courant réformiste social-démocrate pour faire illusion. Elle n’en a plus les moyens et bien au contraire elle n’a d’autre issue que de renforcer l’exploitation des prolétaires, de renforcer la dictature du capital. Quel que soit le candidat qui sera porté aux plus hautes responsabilités de la République, les travailleurs n’auront d’autre choix que de se battre. Et dans cette lutte, ils prendront conscience, qu’ils n’ont d’autre alternative que de prendre le pouvoir en tant que classe et instaurer leur République socialiste. Les véritables communistes en participant à ces luttes ont pour devoir de faire que cette alternative devienne l’objectif des éléments les plus combattifs de la classe.

ROCML

Loi travail: l’imposture du FN

Les médias se font l’écho de la soi-disant opposition du parti frontiste à la loi El-Khomri (Florian Philippot, vice-président du parti, a parlé d’un « choc de précarisation »), faisant croire que le FN était sur la même ligne que la CGT !

 

Pourtant à y regarder de plus près la réalité est bien différente, en témoigne ce passage d’un de leur communiqué (19 février 2016) : « Le projet de loi El Khomri sur le droit du travail ne réglera en rien les difficultés économiques des TPE et des PME, une nouvelle fois grandes oubliées de cette réforme ». Le masque tombe. Ce qui intéresse le FN, ce ne sont pas les ouvriers et les travailleurs, mais les petits entrepreneurs, artisans et commerçants qui constituent la base sociale de ses militants et de ses plus fervents soutiens. Dans leur logique, seules les grandes entreprises pourront appliquer la dérégulation du code de travail et obtenir un avantage concurrentiel énorme sur les petites et moyennes entreprises. Ce n’est donc pas la casse sociale que dénonce le front national, mais seulement que toutes les entreprises n’aient pas les mêmes facilités à détricoter le droit du travail !

 

On pourrait rétorquer que cette argumentation ne tient pas une seule minute face à l’examen de la réalité sociale. C’est au contraire dans les grandes entreprises, là où subsistent des bastions syndicaux (même gangrénés par le réformisme), que les salariés peuvent encore conserver certains de leurs acquis sociaux. A l’inverse c’est dans les TPE et PME, là où la représentation syndicale est quasi nulle ou étouffée, que les salariés subiront les diktats de leurs employeurs.

 

De plus le FN profite de cette loi pour une fois encore marteler son discours nauséabond et délétère sur l’Islam. Il s’indigne de « l’incroyable blanc-seing que donne le projet de loi aux revendications religieuses et communautaristes ». Encore du venin distillé chez les travailleurs pour les diviser et bien sûr stigmatiser ceux issus de l’immigration et de confession musulmane alors que pour lutter contre la loi Khomri, les travailleurs ont besoin de l’unité la plus large. Dans la réalité la loi travail ne change absolument rien dans ce domaine et un débat sur la « laïcité en péril » est caduque et hors sujet puisque le principe de laïcité ne s’applique pas aux entreprises privées.

 

Le Front national confirme donc qu’il est un parti nuisible à la classe ouvrière (de plus où sont passés ces opposants ? Le FN était-il en tête de cortège lors des manifestations ?), réactionnaire et xénophobe, représentant des intérêts de la bourgeoisie française et du capital.

 

MIGRANTS ET PROLETAIRES LES RESPONSABILITES DE L’IMPERIALISME

« La grande industrie a créé le marché mondial »[1] s’exclamait déjà Karl Marx en écrivant son Manifeste du Parti communiste. Depuis, le capitalisme n’a fait que renforcer son emprise sur le monde entier. Tous les phénomènes contemporains : les délocalisations, les migrations, les guerres… découlent du système capitaliste mondialisé. Ces lois ne dépendent pas de la volonté de tels ou tels capitalistes ou politiciens. Ils ne sont que les profiteurs ou les gérants de ce système.

Les phénomènes migratoires découlent du développement du capitalisme. Depuis le XXème siècle,les vagues migratoires partent des pays dominés économiquement, politiquement, militairement par l’impérialisme vers les métropoles impérialistes. Aujourd’hui, avec les guerres se produisant au Moyen-Orient, ces flux migratoires semblent s’accélérer vers l’Union Européenne bien qu’en réalité, ce ne sont pas ces pays qui absorbent la grande partie des mouvements de réfugiés[2].

Est-ce que les migrants sont responsables des problèmes de la France comme se plaisent à le dire les démagogues de tout poil ? Comment les travailleurs déjà localisés en France doivent-ils réagir sur la question des nouveaux migrants[3] ?

La surexploitation des peuples dominés

et des travailleurs immigrés par l’impérialisme

Le capital va là où la main d’œuvre est « bon marché », là où il peut obtenir une marge de plus-value (de profit) élevée. En ce sens, le capital n’a pas de patrie, il jette par-dessus bord tout drapeau national lorsque ses profits le demandent. Le système impérialiste a engendré de grandes inégalités entre les prolétaires des métropoles impérialistes et ceux des ex-colonies ou pays dominés par cet impérialisme. Les métropoles impérialistes utilisent ces pays où la main d’œuvre n’est pas chère pour dégager des surprofits. Ainsi, les peuples soumis à l’impérialisme sont surexploités.

Dans beaucoup de ces pays, la couche de diplômés est déclassée par rapport à son niveau d’étude, le prolétariat souffre de nombreuses privations, la jeunesse n’a que peu d’avenir et de perspectives. Ces motifs économiques expliquent en partie les flux migratoires. De l’autre côté, la bourgeoisie impérialiste organise ces migrations par des réseaux légaux ou illégaux liés aux Etats, ou aux organismes de recrutement patronaux. Une ’immigration légale dite « choisie » est organisée, pour répondre aux besoins en main d’œuvre des pays impérialistes.

Une fois parvenue dans les pays dominants de l’Union-Européenne (Grande Bretagne, Allemagne, France…), la bourgeoisie utilise cette main d’œuvre immigrée par la voie légale[1] ou illégale (le travail clandestin, dit au « noir »). Les bourgeoisies des métropoles utilisent cette nouvelle main d’œuvre disponible pour la mettre en concurrence avec les travailleurs déjà présents. Les travailleurs immigrés ne sont pas eux-mêmes responsables de cette division, c’est le patronat qui l’orchestre. Bien entendu, les démagogues préfèrent s’en prendre aux victimes de ce système plutôt qu’au responsable : le capitalisme.

            La question migratoire est une question de classe. Les migrants sont pris dans le mouvement de la lutte de classe qui est le moteur de la société. On voit bien l’hypocrisie de la libre-circulation appliquée par la bourgeoisie. Le capital peut-être investi partout. Le migrant bourgeois n’est pas parqué dans des centres de rétention. Au contraire, les princes saoudiens sont accueillis avec tous les honneurs. On peut bien privatiser les plages pour eux. Par contre, les travailleurs qui migrent doivent défier les barbelés, et sont finalement parqués dans des centres, avant de devoir accepter tout travail (souvent au « noir ») afin de pouvoir survivre.

La déstabilisation du Moyen-Orient par l’impérialisme

Le système impérialiste mondial connait actuellement une phase de repartage du monde entre les puissances impérialistes. Ce repartage passe par la guerre comme moyen politique pour parvenir à ses fins. Les peuples, les travailleurs du monde entier en subissent les conséquences. Le Moyen-Orient (Irak, Syrie, Turquie…) mais aussi l’Ukraine sont les centres de gravité de ces tensions inter-impérialistes.

            Les puissances impérialistes, avec au premier plan la France, sont responsables de ces migrations massives : ce sont elles qui ont transformées le Moyen-Orient en un immense champ de ruine, afin de contrôler les ressources de ces pays, ou encore les axes de communication géostratégiques et pour cela, elles ont créé (entre autres) le monstre DAESH qu’elles prétendent combattre aujourd’hui.

Peut-on croire une seconde que c’est en bombardant, en faisant la guerre en Syrie que la France mettra fin au départ de milliers de personnes qui fuient justement la guerre pour se protéger ? Cela fait plus de 25 ans que l’Irak est sous le feu des bombardements[4]. L’impérialisme détruit en fait pour assurer et développer ses intérêts. Pas pour rétablir la paix qu’il a lui-même détruite. Seuls les peuples révoltés, organisés sur des bases anti-impérialistes, progressistes et révolutionnaires peuvent faire reculer les forces de guerre et reconstruire des espaces de paix et de progrès. C’est le cas du ROJAVA, le Kurdistan syrien, dont Kobané est le symbole. En réalité, les interventions armées prétendument « anti-terroristes » des puissances impérialistes (la France récemment en Syrie) ne sont que des prétextes pour  affaiblir les véritables ennemis de l’impérialisme (Le mouvement kurde) et continuer à déstabiliser les Etats dont les alliances contredisent les plans stratégiques des impérialismes occidentaux. Voir les bombardements par « erreur » sur les Kurdes  ou sur l’armée syrienne.

La politique de l’Union Européenne :

Une politique de classe discriminatoire et réactionnaire

            Les pays européens se différencient dans leurs politiques d’accueil. Dans tous les cas, tous profitent de ces migrants pour répondre à leurs intérêts économiques. Beaucoup flattent la politique « humaniste » de madame Merkel. En réalité, l’Etat allemand accueille ces migrants pour les faire travailler dans certains secteurs économiques[5],à 4-5 euros de l’heure. Il n’y a rien d’humaniste là-dedans. C’est une politique répondant aux intérêts de la bourgeoisie allemande dans le but de mettre en concurrence les travailleurs et d’augmenter la plus-value.

            Il suffit pour cela de lire les analystes bourgeois de l’OCDE qui incitent  à « mobiliser les compétences des migrants au service de la réussite économique » (du capital). Le migrant y est vu comme une ressource qu’il faut utiliser pour le développement économique[6] du capitalisme.

            Si ces migrations sont utiles pour certaines métropoles impérialistes, les migrants qui sont appelés à venir par l’Allemagne notamment, doivent traverser des Etats qui eux sont en crise : comme la Hongrie, la Grèce. Ces traversées suscitent des réactions xénophobes. En France, certains agitent le thème de la « guerre des civilisations »[7], cette théorie réactionnaire et xénophobe, pour attiser les divisions dans la classe ouvrière et appeler au soutien des guerres impérialistes. Dans tous les cas, lee capitalisme utilise cette question des migrations pour ses propres intérêts et pour piétiner encore plus les intérêts des prolétaires.

            Cette crise politique des migrants montre aussi les limites de l’Union-Européenne. Alors que Le Pen veut soit disant faire reprendre la souveraineté nationale à la France, on voit qu’en réalité, l’UE n’a pas retiré la souveraineté aux Etats. Lorsque les besoins des bourgeoisies nationales le demandent, les Etats reviennent concrètement sur leurs principes : les pays ferment leurs frontières. Le FN pousse à l’absurde et à l’irrationnel la démagogie chauvine : il nie l’interrelation économique et territoriale avec les Etats voisins de la France. Cet état d’esprit nombriliste est celui du petit-bourgeois propriétaire : « Cette Terre-ci est à moi, rien qu’à moi ». Il n’a rien à voir avec l’intérêt du prolétariat de France qui doit réaliser son unité avec l’ensemble de la classe des travailleurs.

Une solidarité nécessaire

La solidarité de classe

Partout en Europe se développe chez les peuples et les travailleurs une solidarité envers les migrants. Certes, beaucoup sont animés par un élan humaniste ou sentimental. Mais d’un autre côté. Ce sont des réactions positives. Cependant elles sont insuffisantes car souvent non durables du fait de l’absence de perspectives politiques, et en conséquence de but qui entraine  l’énergie pour lutter. Ces motivations humanistes sont détournées dans l’intérêt des décideurs économiques et politiques de ce pays qui utilisent cette main d’œuvre dans l’intérêt du capital comme nous l’avons déjà souligné. Seule une prise de conscience de cette situation par les travailleurs peut créer l’unité de lutte entre travailleurs français et immigrés contre leur ennemi commun. A la division de classe qui sert le patronat, opposons l’unité de tous les prolétaires et des organisations qui mènent la lutte de classes. Il n’y a pas d’autre voie.

Le mot d’ordre d’égalité des droits économiques et politiques doit être mis en avant. C’est sur ce mot d’ordre que l’unité de la classe se réalisera. A travail égal, salaire égal, quels que soit l’origine nationale et le temps de résidence en France. Il faut mettre fin aux différences de traitement des travailleurs  créées par le capitalisme pour les diviser.

Dans cette perspective, les communistes doivent participer à toutes les formes de manifestation et de solidarité avec les migrants, à structurer ces migrants dans les organisations ouvrières, à diffuser ce mot d’ordre communiste dans les organisations ouvrières.

EGALITE DE DROIT ENTRE TOUS LES TRAVAILLEURS !

 

UNITE DE LA CLASSE OUVRIERE

CONTRE LE CAPITAL QUI NOUS DIVISE !

 

RENFORCONS NOS ORGANISATIONS DE CLASSE

ROCML, le lundi 28 septembre 2015

[1] Voir la circulaire européenne sur les travailleurs détachés

[1] Marx K., Manifeste du Parti communiste, Le livre de poche, Paris, 2004, p. 53.

[2] Les pays dits industrialisés reçoivent 14 % de l’ensemble des migrants. Cela montre bien que ces pays n’accueillent pas « toute la misère du monde », ne font pas face à une « invasion ».

[3] Pour nous, les migrants ne sont pas un « problème » comme se plaisent à dire les médias et politiques bourgeois. Ils appartiennent au prolétariat international. La question est comment les intégrer à l’unité de classe des travailleurs, sur quelles revendications.

[4] Depuis la première guerre du Golfe au début des années 1990.

[5]En fait l’Allemagne avec une population vieillissante est en manque de « main d’œuvre » qu’elle va rechercher dans l’immigration 

[6] OCDE, Perspectives des migrations internationales, 2014, 464 p.

[7] Théorie que le ROCML a déjà analysée :  http://rocml.org/a-propos-de-la-valeur-des-civilisations/. Cette théorie se rattache à l’idéologie impérialiste, et notamment aux prétentions d’universalités de la bourgeoisie française. Cette théorie sert de prétexte à multiplier les interventions impérialistes et les crimes contre l’Humanité dans le monde entier.

Sortir de l’Europe ou sortir du capitalisme

SORTIR DE L’EUROPE

OU

SORTIR DU CAPITALISME

 

Le 30 mai dernier a eu lieu à Paris un rassemblement dont le but politique partagé des organisateurs  est  la sortie de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, la reconquête de la souveraineté ( ou de l’indépendance ) de la France, prise dans un «  étau politique » par le « broyeur euro-atlantique » qu’est l’UE. (Ce qui est entre guillemets est dans un texte du PRCF adressé à ses «  militants et sympathisants » daté du 25/2/2015). Participaient à ce rassemblement le PRCF, bien sûr, mais aussi  la Coordination Communiste et quelques autres groupes. Ce thème, récurrent chez des groupes issus du PCF dans les années 1990 est rejeté par le ROCML. Pourquoi ?

Pourtant, en 2005, le Collectif Militant Communiste  (collectif qui a participé à la création à du ROCML) avait pris position et milité pour le vote NON au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Avec d’autres organisations (URCF, PCOF) un meeting fut organisé à Paris le 15 mai 2005 sous le mot d’ordre NON au référendum sur le TCE.

Le ROCML  juge que l’appel et les actions unitaires menées par CMC pour faire campagne pour voter non au référendum sur le TCE  étaient justes. Alors pourquoi aujourd’hui le ROCML ne se reconnaît-il pas dans les mots d’ordre de reconquête de l’indépendance nationale, de sortie de l’UE et de l’euro mis en avant à toutes occasions par le PRCF et la CC 59-62 ? Dans le numéro 12 de son bulletin MILITANT COMMUNISTE, le CMC (Collectif Militant Communiste ) avait exposé dans le détail son argumentation pour le vote NON au TCE. Nous écrivions alors :

 « VOTER NON POURQUOI ?

Fondamentalement, il s’agit pour nous de faire obstacle à la réalisation du projet de bloc impérialiste des bourgeoisies monopolistes européennes qui n’est rien d’autre et qui ne peut être rien d’autre qu’un instrument aux mains de ces bourgeoisies pour exploiter davantage les prolétariats et les peuples d’Europe et du monde, un instrument d’oppression et de répression, de reconquête colonialiste et de repartage de la planète, un instrument économique, politique et militaire pour résoudre, y compris par la guerre, les rivalités qui opposent les impérialismes et les blocs impérialistes entre eux.

Au travers de ce combat contre l’Union Européenne, nous voulons affaiblir l’impérialisme français, celui que notre classe et notre peuple sont en mesure de combattre et de renverser pour établir leur propre pouvoir et construire le socialisme.

Notre but est d’ébranler l’édifice européen pour le détruire.

  (…)Par le moyen de l’UE, l’impérialisme français écrase un peu plus la classe ouvrière et le peuple de France. En même temps, il développe ses surprofits en exploitant, au nom du marché libre européen et international, les prolétariats des ex-pays socialistes ruinés par la contre révolution bourgeoise et des pays maintenus dans la pauvreté et le sous-développement. L’UE n’est pas seulement l’ennemi des peuples des nations impérialistes d’Europe, mais aussi des peuples dominés en Europe et à travers le monde. En votant NON, nous exprimerons aussi notre solidarité avec ces derniers. »

 

En bref, l’appel du CMC de voter NON était fondé sur le principe d’affaiblir notre propre impérialisme et sur l’internationalisme prolétarien. Rien à voir avec la défense de l’indépendance nationale et l’amour du drapeau bleu blanc rouge !

 

Avec le PRCF notre désaccord  porte sur deux points d’analyse stratégiques fondamentaux :

Le premier est que la France actuelle (bourgeoise, capitaliste impérialiste) serait «  broyée par l’UE atlantique » et que les reculs économiques, sociaux, et politiques de cette France-là, viennent de là. La reconquête de l’indépendance nationale « broyée » par l’UE atlantiste pilotée par l’Allemagne et vassale des USA  permettrait un renouveau progressiste pour la France.

Le second est que le retour à l’indépendance nationale par la sortie de l’UE est la condition pour ouvrir la possibilité d’une révolution socialiste dans notre pays.

Ces deux points sont étrangers à l’analyse révolutionnaire et à l’idéologie communiste marxiste-léniniste.

Sur le premier point, nous affirmons que dans l’UE, la France n’est pas un pays «  broyé »  par les USA et leur allié allemand. D’abord, il faudrait prouver que l’Allemagne est effectivement l’agent des USA pour imposer leur direction sur l’Europe. Il est clair  que l’Allemagne lutte pour elle-même pour cette direction. Y compris en s’opposant aux USA. Car chaque impérialisme national travaille d’abord pour lui-même avant de s’allier et aussi quand il s’allie avec un autre impérialisme.

Ensuite, c’est oublier que la France actuelle est elle-même un pays impérialiste qui lui aussi vise à faire valoir ses intérêts particuliers au sein de l’UE en alliance et en rivalité avec les autres impérialismes. Faire de la France une victime, c’est tout simplement nier ou oublier que la France est elle-même un pays impérialiste qui «  broie » et vise à broyer d’autres nations en Europe, et dans le monde. Le développement inégal du capitalisme-impérialisme ne fixe d’ailleurs pas éternellement la domination de tel impérialisme sur tel autre.

Faire de la France une victime de l’UE, c’est cultiver tous les réflexes chauvins contraires à l’internationalisme prolétarien. Ainsi, l’attachement réactionnaire au drapeau Bleu Blanc Rouge constitue le symbole de ce chauvinisme, que le PRCF appelle «  patriotisme ». Ce drapeau n’est pas celui  de la classe ouvrière en France et dans le monde car c’est avec ce drapeau que la bourgeoisie française a massacré les peuples et le prolétariat  aux quatre coins du monde pendant des siècles et encore aujourd’hui.

 

Bref, le mot d’ordre de sortir de l’UE sur la base de la reconquête des intérêts nationaux  de la France capitaliste impérialiste d’aujourd’hui est un mot d’ordre qui détourne le prolétariat de son objectif premier : détruire son impérialisme et non simplement le critiquer parce qu’il  serait faible face aux autres impérialismes. Quel serait le discours de nos « communistes patriotes » si la France était la puissance dominante ?

Nous arrivons au deuxième point de désaccord: la sortie de l’Europe comme préalable au progrès social et à la voie de la révolution socialiste.

A en croire le PRCF, la sortie de la France de l’UE permettrait (est la condition ! ) pour sortir de la régression sociale et avancer vers la révolution ( la transformation ? ) socialiste.

Tous les maux économiques et sociaux viendraient donc de la soumission de l’Etat français aux diktats de Bruxelles et de l’Allemagne de Merkel…

Pour échapper à ces diktats, il n’y aurait rien de mieux que de s’y soustraire en sortant de l’Europe. Ils sont bien naïfs, nos camarades du PRCF ! Hors de l’UE,  la bourgeoisie monopoliste française AU POUVOIR serait-elle plus sociale, plus progressiste que les autres bourgeoisies de l’UE ?

Le fait d’avoir une liberté vis-à-vis des «  diktats «  européens a-t-il empêché la bourgeoisie anglaise d’être autant réactionnaire sinon plus que les bourgeoisies de l’UE ?

La réponse est évidente. Et la conséquence aussi.

L’expérience que traverse la classe ouvrière de Grèce est à cet égard édifiante. Il est clair que dans ou hors de l’UE, avec ou sans l’euro, avec la droite ou avec Syriza, c’est le peuple qui paiera la note si la bourgeoisie reste au pouvoir. Seul un pouvoir dirigé par la classe ouvrière peut en effet prendre la décision d’annuler unilatéralement la dette et de prendre en main la reconstruction de l’économie sur une autre base que celle des intérêts du capital financier, c’est-à-dire sur la base des intérêts du peuple. Dans une telle perspective, la question de la sortie de l’UE se résoudra d’elle-même.

 

Ainsi, il appartient aux prolétariats d’Europe de mener la lutte sociale et politique d’abord contre leur propre bourgeoisie, et non d’accuser les bourgeoisies étrangères de leurs malheurs. L’idée selon laquelle la sortie de l’Europe serait la condition d’une avancée vers le socialisme est erronée et trompeuse. Dans ou hors de l’Europe, la voie de la révolution c’est celle de la destruction de l’appareil d’Etat national et la conquête du pouvoir par le prolétariat. C’est cette ligne là que les communistes doivent développer. Fixer un autre objectif à la lutte de classe, c’est en détourner les prolétaires et les travailleurs exploités. C’est se mettre sur le terrain d’une fraction ou d’une autre de la bourgeoisie nationale.

ROCML – Le 10 juillet 2015

Sur le mot d’ordre de sortie de l’Europe

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Un article toujours d’actualité, extrait de la Voix des Communistes n°5.

La profonde crise sociale qui secoue l’ensemble des pays européens a fait apparaître dans ces pays des revendications désignant l’UE comme la source de tous les maux et prônant la sortie de la zone euro et de l’Union Européenne.

Remarquons tout de suite que le retour à une monnaie nationale ne remettrait pas en cause le fondement de la crise, puisqu’il ne s’agit pas d’une crise monétaire mais d’une crise générale du système capitaliste. En France, cette revendication du retour au franc est l’expression d’un sentiment nationaliste chauvin, désignant les « autres » comme cause des difficultés de la société.

Quant au mot d’ordre « Sortir de L’Union Européenne » de portée plus large sur quelle réalité repose-t-il et qu’implique-t-il?

L’UE est un cartel de pays impérialistes, c’est une machine servant à favoriser les impérialistes d’Europe dans leurs rivalités envers les autres impérialistes (US, russes, chinois, etc.). Le mythe de l’Europe Unie s’est brulé les ailes depuis bien longtemps: le « rêve » des fédéralistes tombe devant la réalité matérielle du capitalisme et de l’inégalité de développement du capitalisme qui font que dans le cadre de ce système, aucune union harmonieuse ne peut exister durablement, les bourgeoisies gardant une base nationale et restant en concurrence les unes avec les autres. Malgré les discours, les ententes entre pays capitalistes ne sont possibles que si chacun peut y trouver son compte !

Se retirer de l’Union Européenne est une revendication très naturelle pour les peuples engagés malgré eux dans cette structure. Et nous, communistes sommes pour la destruction de toutes les structures dont la raison d’existence est de permettre la domination de classe de la bourgeoisie, que ces instances soient nationales ou supranationales. Nous sommes donc pour la destruction de l’Union Européenne. Pour autant cette seule revendication n’est absolument pas suffisante. Comme dans la question de l’euro, s’en tenir au retrait de l’UE ce serait revenir à un « capitalisme national » historiquement dépassé, à la fois réactionnaire et utopique. Certains courants politiques en France notamment, adoptent sur cette question une position chauvine: ils voient l’UE comme un outil d’asservissement de la France, alors que c’est le contraire: l’UE est un outil des puissances impérialistes, dont la France. Plutôt que de réduire, elle sert à accroitre sa force (et si ce n’était pas le cas, cela ferait bien longtemps qu’on n’en parlerait plus!). Ces positions chauvines conduisent à entretenir le sentiment national des travailleurs, leur soumission à la bourgeoisie au nom de l’intérêt national, en affaiblissant la conscience de classe. De ce point de vue chauvin, la sortie de l’Union Européenne, de ce cartel des impérialistes, perd donc son caractère progressiste pour devenir un des moyens d’une visée réactionnaire.

Pour que cette revendication de sortie de l’UE ne soit pas marquée de chauvinisme mais soit en accord avec les principes internationalistes, il faudrait la considérer comme une voie pour détruire l’UE et affaiblir les pays impérialistes qui la constituent. Mais pour cela le seul moyen est la révolution socialiste. C’est pourquoi seuls ne versent pas dans le chauvinisme ceux qui considèrent la nécessité de la sortie et de la destruction de l’Union Européenne comme conséquence de la révolution socialiste dans chaque pays!

Cette lutte pour le socialisme, qui entraînera l’éclatement de l’UE dirigée par et pour les pays impérialistes qui la constituent, n’est pas une lutte purement nationale mais internationaliste: elle vise à détruire le capitalisme non seulement dans un pays, mais partout! Elle vise à ce que la classe ouvrière prenne possession du pouvoir et transforme la société dans un pays et partout! C’est une lutte solidaire de la classe ouvrière et des peuples du monde entier.

Cette analyse, qui différencie les communistes des chauvinistes quant à la question de la sortie de l’Union européenne avait été faite dès 1994 par une organisation grecque du nom de S.A.K.E. Dans leur brochure « Hors de l’UE impérialiste, Pour une Grèce socialiste » ils y disent notamment que, si l’adhésion de la Grèce a l’UE a été bénéfique pour la bourgeoisie à qui elle a donné « un parapluie protecteur », cela s’est traduit pour le prolétariat par la restriction des droits, des reculs sociaux et la montée du chômage.

Concernant la lutte pour la sortie de l’Union Européenne il est dit : «La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE, la lutte pour la victoire de la révolution populaire socialiste n’est pas une lutte purement nationale. C’est une lutte internationaliste, non seulement contre le capitalisme grec mais contre le capitalisme mondial (…). La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE n’est pas une lutte pour une Grèce capitaliste indépendante, qui ne peut exister, et qui même si elle existait serait aussi anti-ouvrière et antipopulaire qu’une Grèce membre de l’UE (…). Peu avant dans le texte, précédant ces explications, l’idée énoncée était: « Au cours du processus de développement du mouvement révolutionnaire, il se peut qu’un membre de la CEE devienne le maillon faible de la chaîne et que les conditions révolutionnaires y murissent. La classe ouvrière victorieuse, appuyée par les classes ouvrières des autres pays, doit alors sortir le pays de l’UE, ce qui constituera un coup décisif contre la coalition impérialiste et accélèrera le processus de décomposition et de dissolution, en aidant ainsi le développement du climat révolutionnaire dans les autres pays »

Voilà qui rétablit la position de l’internationalisme à l’heure où se développent des discours tentant de remettre au goût du jour la farce du « produisons français » que le PCF révisionniste a déjà essayée dans le passé de vendre vainement aux ouvriers de France.

La croyance en un retour salvateur à un espace national « protégé » participe à la tentation de chercher des « solutions » dans le cadre du capitalisme « national ». Cassant les reins à ces inepties, écartant les freins à la conscience révolutionnaire, la tâche actuelle des communistes est la formation de partis communistes marxistes- léninistes véritables et la préparation de la classe ouvrière, du prolétariat et des masses populaires en général à la révolution socialiste.

Abattre le système capitaliste pourrissant ou supporter des souffrances encore plus grandes dans l’implosion du système (guerres, famines, destructions de la force de travail…) – capitalisme ou socialisme – tel est, en définitive, le seul choix qui est posé aux prolétaires.

Voilà pourquoi les communistes rejettent ce mot d’ordre « sortir de l’Union Européenne » : Parce qu’il sème des illusions chauvines parmi travailleurs et parce que sa réalisation ne constituerait en rien un pas en avant vers la révolution socialiste.

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Le 8 mars 1921, Lénine créait la Journée internationale des ouvrières

Un des traits essentiels du bolchévisme et de la Révolution russe a été d’attirer à la politique ceux qui étaient le plus opprimés sous le capitalisme. Dans les monarchies et les républiques démocratiques bourgeoises, la majorité de la population est opprimée, trompée, pillée par les capitalistes. Cette oppression, cette tromperie, ce pillage du travail populaire sont inévitables tant que subsiste la propriété du sol, des fabriques, des usines.

L’essence du bolchévisme, du pouvoir des Soviets, consiste en ce qu’il dévoile le mensonge et l’hypocrisie de la démocratie bourgeoise, abolit la propriété privée de la terre et des usines et réunit tout le pouvoir entre les mains des masses travailleuses et exploitées. Ce sont ces masses elles‑mêmes qui prennent en mains la politique, c’est‑à‑dire l’édification de la société nouvelle. L’oeuvre est difficile, mais il n’est pas d’autre issue à l’esclavage du salariat.

Pour entraîner les masses dans la politique, il faut y entraîner les femmes. Car, sous le régime capitaliste, la moitié du genre humain est doublement opprimée. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital ; en outre, même dans les plus démocratiques des républiques bourgeoises, elles restent devant la loi des êtres inférieurs à l’homme ; elles sont de véritables « esclaves domestiques », car c’est à elles qu’incombe le travail mesquin, ingrat, dur, abrutissant de la cuisine et du ménage.

La révolution bolchévique a coupé les racines de l’oppression et de l’inégalité de la femme, ce que n’avait encore osé faire aucun parti, aucune révolution. De l’inégalité de la femme devant la loi, il ne reste pas trace chez nous. L’inégalité odieuse dans le mariage, le droit familial, la question des enfants a été totalement abolie par le pouvoir de Soviets.

Ce n’est là qu’un premier pas vers l’émancipation de la femme. Mais pas une seule République bourgeoise, même parmi les plus démocratiques, n’a osé le faire, et cela de crainte d’attenter au principe sacro‑saint de la propriété individuelle.

Le second, (le plus important) a été la suppression de la propriété privée sur la terre et les usines. Voilà ce qui ouvre la voie à l’émancipation effective et intégrale de la femme et à son affranchissement de « l’esclavage domestique » par la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle.

Cette émancipation est chose difficile, car il s’agit de transformer des coutumes, des mœurs enracinées depuis des siècles. Mais nous avons déjà un début, le branle est donné et nous sommes engagés dans la vole nouvelle.

Aujourd’hui, journée internationale des ouvrières, dans tous les pays du monde d’innombrables réunions d’ouvrières voteront des adresses de félicitation à la Russie des Soviets, qui a inauguré l’œuvre difficile, mais grande et féconde, de leur libération ; les leaders du mouvement féminin exhorteront à ne pas perdre courage devant la sauvage réaction bourgeoise. Plus un pays bourgeois est « libre » ou « démocratique », plus les capitalistes répriment avec cruauté le mouvement ouvrier. Nous en avons un exemple dans la République démocratique des Etats‑Unis. Mais les travailleurs se réveillent. La guerre impérialiste a tiré de leur torpeur les masses laborieuses d’Amérique, d’Europe et même d’Asie.

Le monde entier est en effervescence. La libération des peuples du joug de l’impérialisme, la libération des ouvriers et des ouvrières du joug du capital progresse irrésistiblement. Elle s’accomplit, grâce à la poussée de dizaines et de centaines de millions d’ouvriers et d’ouvrières, de paysans et de paysannes. C’est pourquoi la cause de l’émancipation du travail triomphera dans le monde entier.

Lénine

Les combattantes kurdes fêtent leur victoire contre l'oppression

Les combattantes kurdes fêtent leur victoire contre l’oppression

Conférence du 6/7/12/2014 : Rapport sur le Front National

 

Le sujet du Front national et du fascisme est aujourd’hui d’actualité dans le mouvement communiste français. En effet, beaucoup de communistes issus des partis et organisations révisionnistes craignent l’arrivée du fascisme en France.

Le ROCML a déjà analysé les conséquences de cette peur entretenue par le personnel politique bourgeois. A chaque élection, le prétexte de s’opposer au danger fasciste conduit les éléments contestataires à se réfugier dans les bras de la social-démocratie et du PS, à perpétuer l’alternance électorale droite –gauche, évitant la crise politique et donc à préserver au final le système bourgeois, plutôt que de le renverser.

Le ROCML a déjà établi, dans ses diverses publications, que :

Il est erroné politiquement de mettre en avant un quelconque danger fasciste. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire qui menacerait la bourgeoisie tant dans sa gestion du pays que dans sa politique extérieure et impérialiste, le système de république démocratique reste le meilleur moyen pour tromper et dominer le peuple.

 Le FN est un parti bourgeois classique d’extrême droite qui vise à prendre le pouvoir au sein du système parlementaire bourgeois.Le FN est un Parti raciste et xénophobe qui vise à diviser la classe ouvrière pour le compte de la bourgeoisie, et à retarder la prise de conscience révolutionnaire des prolétaires.Le FN est utilisé par la gauche ou la droite pour se garantir le pouvoir. Aujourd’hui, le FN est le 3ème parti qui pourrait être utilisé pour sauver le système démocratique bourgeois. Il fait partie des options dont dispose la bourgeoisie française pour garantir ses intérêts.

LA NATURE DU FRONT NATIONAL

Quelle est la nature du Front National ? Le FN est-il fasciste ? Quel est sa place dans la situation politique actuelle ? Que défend-il pour la bourgeoisie ? Qui représente-t-il ? Y-a-t-il un danger fasciste aujourd’hui pour la France ?Les communistes authentiques doivent faire une analyse matérialiste des raisons objectives de la progression du Front National et de son programme auprès de la population, notamment auprès des jeunes, et démontrer la fausseté de son idéologie nationaliste bourgeoise proche du peuple en parole, instrument du capitalisme en fait.

La FN dans la situation politique actuelle        

Dans le cadre de la situation politique française, le FN développe sa stratégie populiste anti «UMPS », dénonçant le bilan du PS et de l’UMP au pouvoir, de manière démagogique, en dupant la population en prétendant défendre les intérêts de toutes les victimes de ce système : salariés, patrons, qu’importent les antagonismes de classe. En vérité, le FN joue sur l’ignorance des gens qui oublient qu’il s’agit d’un parti issu de l’extrême droite qui a multiplié de nombreuses alliances locales voire nationales avec le RPR (l’UMP d’hier) et qui est fait partie du système qu’il prétend dénoncer. Cette attitude du ni droite ni gauche est simplement stratégique pour le FN. En vérité elle est récente. N’oublions pas que le FN a adulé un Reagan dans les années 1980 et que Thatcher, la briseuse de la grève des mineurs, a continué même aujourd’hui à faire l’objet d’une vénération des dirigeants frontistes[2].

 Dans sa stratégie électorale, le FN tend à engranger des points puisque depuis 2012 et les 17,9 % de Marine Le Pen, il multiplie de bons résultats électoraux, en transformant le FN en un parti d’envergure nationale qui vise à briser le bipartisme établi depuis une vingtaine d’années par l’UMP et le PS. Aux Municipales, puis aux Européennes, il arrive en tête sur un fort taux d’abstention. Cela ne doit pas cacher qu’il perd presque deux millions de voix depuis 2012. Le FN pourra être utilisé si nécessaire par la bourgeoisie pour sauver son système démocratique de l’alternance. Face à décrédibilisation des deux partis bourgeois classiques, le capital utilise cette option afin d’endiguer, et de détourner le mécontentement populaire, pour sauver son système politique mis à mal par la crise économique du capitalisme. Les dirigeants frontistes affichent un discours populiste pour gagner un électorat qui lui permettra de s’insérer encore plus dans les mécanismes parlementaires et non pas pour les détruire. Le discours « antisystème » est une façon de duper le peuple pour prendre le pouvoir au sein du système.

Le Front National est un parti électoraliste et bourgeois qui vise à prendre le pouvoir au sein de la République parlementaire bourgeoise. Il cherche depuis quelques années déjà à se doter d’une crédibilité auprès des médias, il vise à recevoir du capital le statut de parti de gouvernement de l’Etat français[1].

 

Le FN est un parti bourgeois, son programme est celui du Capital

Des solutions qui ne remettent pas en cause le systèmeLe parti frontiste entend défendre un « protectionnisme intelligent », la « souveraineté monétaire » et mener une « grande politique de réindustrialisation »[4]. Retenons qu’il s’agit là des options qui ne sont pas incompatibles avec la domination du capital et donc néfastes de toute façon pour les travailleurs. Le FN met souvent en avant la sortie de l’Euro comme solution à la crise que nous traversons. Cela permettrait de faire marcher la planche à billets pour permettre à un « Etat fort » d’investir davantage. Tout d’abord, il est risible de prétendre que changer de monnaie serait la solution à une crise qui n’est pas monétaire. En quoi changer de monnaie permettrait-il d’éviter les restructurations du capitalisme dues à la surproduction de marchandises ? Le retour au franc servirait surtout à une dévaluation compétitive de la monnaie pour améliorer la compétitivité-prix des marchandises françaises sur le marché mondial[5]. La conséquence serait une diminution de salaires pour l’ensemble des travailleurs français, des difficultés pour se procurer des biens pour vivre, notamment les marchandises provenant de l’extérieur. De plus, le patronat français ayant besoin d’écouler sa production à l’étranger en affrontant la concurrence, il ne fait aucun doute qu’il continuerait à exercer aussi de fortes pressions pour diminuer le prix de la force de travail.Le moyen pour s’assurer de l’application de ces mesures serait l’utilisation de l’Etat. Les marxistes-léninistes ont depuis toujours dénoncé la nature de l’Etat, qui n’est pas neutre ou au-dessus des classesdu fait qu’il est une superstructure construite sur des bases économiques capitalistes et contient donc les mêmes antagonismes de classe. L’idée d’une « action volontariste de l’Etat », d’un « Etat stratège »[8] pour l’application des mesures du FN montre bien que l’Etat est un « instrument d’exploitation de la classe opprimée »[9]. Cela est bien confirmé par l’économiste du FN, JR Sulzer. L’Etat est bien perçu comme levier de développement de la classe capitaliste française mais aussi comme machine militaire et policière matant toute contestation de la classe antagonique. Voilà ce qu’il dit, le FN défendra la « liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un Etat-Gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur »[10].

 Protectionnisme, sortie de l’Euro et réindustrialisation seraient des mesures qui permettraient à la société bourgeoise de se développer plus « harmonieusement ». La réimplantation des monopoles en France permettraient de revitaliser les PME-PMI nationale qui sont les grandes perdantes des délocalisations[6]. Ainsi, les multinationales qu’ils critiquent tant en paroles n’ont pas à s’inquiéter, le FN leur fait plutôt les yeux doux[7]. Le FN essaye de dompter les lois du développement anarchique de la production. Il a beau faire autant de propositions qu’il veut, il ne solutionnera pas les contradictions du capitalisme. Ces propositions sont vouées à rester un mensonge utopique nationaliste ou à conduire à l’aggravation de l’exploitation capitaliste dans le cas de leur application.

Le FN revendique l’instauration en France d’un « protectionnisme intelligent ». L’objectif serait de protéger la « production nationale » des entreprises françaises afin de favoriser le produire français et la relocalisation d’industries qui avaient fui vers des pays où la main d’œuvre est à bas coût. Il s’agirait de recréer des droits de douanes aux frontières afin de limiter l’arrivée en masse de marchandises venant de Chine ou des pays concurrents des entreprises françaises. Le protectionnisme est un moyen de limitation de la concurrence afin de produire et d’écouler des produits sur un marché national. Pour autant, les contradictions du capitalisme ne seraient pas révolues : Comment faire revenir les entreprises mondialisées en France si ce n’est en diminuant le salaire des travailleurs ? C’est là tout le problème de ces populistes qui font croire que la réindustrialisation et le protectionnisme seraient utiles aux travailleurs. En vérité, il n’en est rien, le but du capitalisme est de produire au plus bas coût possible afin d’être compétitif, de produire à l’infini et de réaliser le maximum de profits. Réindustrialiser la France en gardant les lois du système capitaliste, c’est donc rétablir des conditions proches de l’esclavagisme pour le prolétariat français. Voilà le rêve nationaliste et chauvin si cher aux « amoureux » de la France.

Le FN se présente comme le parti des Français contre les étrangers. En vérité, c’est un parti qui soutient le capital français contre le reste des travailleurs, français ou non. Dans ses discours il s’attaque aux « requins de la finance » et au MEDEF (à Parisot car celle-ci représente une autre option du capital[3]).

Un parti au service des monopoles français dans le monde

Le FN envisage une option particulière pour la bourgeoisie monopoliste. Alors qu’Hollande et Sarkozy promeuvent une alliance avec les Etats-Unis, les puissances de l’Union Européenne afin de sauvegarder les intérêts capitalistes français, le FN, au contraire, envisage une alliance stratégique avec la Russie[11]. L’objectif serait de s’allier à la Russie pour faire contrepoids aux Etats-Unis et ainsi positionner la France dans une situation de levier, de gérant international des conflits entre les deux blocs impérialistes. Il cherche surtout à jouer sur les rivalités inter-impérialistes (opposition ou collaboration) afin de repositionner l’impérialisme français. Cette option est envisagée en pratique puisque Marine Le Pen et ses cadres ont rencontré des personnalités russes, des proches de Poutine (dont le président de la Douma). Des liaisons financières entre les nébuleuses d’extrême droite et la Russie donnent de la matière à ce positionnement[12]. De même, la position du FN sur la Syrie, face à l’Iran montre qu’ils prennent la défense de la Russie. Alors que certains « communistes » voient dans Poutine un allié du camp anti-impérialiste, ils feraient bien de réfléchir : en étant l’allié de la Russie, le front national serait-il devenu anti-impérialiste ? Cela va de soi que le FN est un parti impérialiste qui veut réorienter la France vers une nouvelle alliance stratégique, elle aussi, bien impérialiste. D’ailleurs, le FN veut rompre avec l’atlantisme mais il apporte son soutien à Israël[13], le chien de garde de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. Encore une fois, il veille à sauvegarder les intérêts des firmes françaises. Le FN malgré sa rhétorique en faveur des « petits » défend en pratique l’intérêt des monopoles français en ayant une divergence d’opinion stratégique avec l’UMP ou le PS. Dans le fond ce sont des impérialistes qui ont « parfaitement conscience de l’importance de ces grands groupes qui restent les locomotives puissantes de nos PME-PMI »[17].

Enfin, le FN ne se distingue pas des autres partis bourgeois il défend bec et ongle la présence française sur le continent africain. L’éloge au défunt patron du groupe Total, pilleur de l’Afrique le montre, car le FN dit de lui qu’il avait « à cœur la défense de nos intérêts nationaux (…) notamment face aux multinationales américaines »[14]. Le soutien de M. Le Pen à l’intervention au Mali[15] démontre bien la continuité criminelle et colonisatrice de l’impérialisme français. D’ailleurs, le programme frontiste affirme bien le projet impérialiste de ses dirigeants : il s’agit d’apporter un « soutien fort des investissements privés français en Afrique en échange d’une inversion des flux migratoires »[16].Le FN n’est pas seulement un parti bourgeois nationaliste, chauvin ; c’est aussi un parti qui représente les intérêts des monopoles et de l’impérialisme français. Il affirme que s’il était au pouvoir,il appliquerait un train de mesures favorables aux monopoles français dans le cadre de leur concurrence inter-impérialiste.

Un parti diviseur de la classe ouvrière        

Le FN est un parti anti-ouvrier et même si par populisme il peut dénoncer les bureaucraties syndicales, c’est avant tout pour éloigner les travailleurs des syndicats et non pour renforcer leur lutte de classe. Les dirigeants du FN démontrent cet aspect lorsqu’en évoquant le programme du PS, ils estiment qu’il favorise toujours plus « d’assistanat ». Les travailleurs et chômeurs de ce pays seront ravis d’entendre que le gouvernement de l’austérité au service du capital, le gouvernement PS favorise l’assistanat. Et que proposent-ils ces chevaliers bleus marine du capital ? La renégociation des 35 heures, le renforcement du contrôle des chômeurs ; les mêmes mesures antisociales que l’UMPS. La haine du mouvement ouvrier s’exprime dans de nombreuses déclarations de dirigeants du FN. L’apologie de JM Le Pen envers Reagan était connue de longue date du fait de son anticommunisme[19]. Mais plus récemment, ce n’est personne d’autre que le conseillais municipal et maire d’arrondissement Stéphane Ravier qui estimait que la grève héroïque des éboueurs marseillais était synonyme de « prise en otage des voyageurs », et que la CGT gangrénait la vie des Marseillais[20]. N’oublions pas l’attitude de M. Le Pen durant la lutte de 2010 contre la réforme des retraites qui estimait que le gouvernement était trop mou et qu’il fallait « rétablir immédiatement l’ordre républicain partout »[21].

 Au final, le FN se caractérise comme le semeur de division dans le prolétariat, un semeur de division qui se pare d’un vocabulaire populaire, mais qui n’est en fait qu’un instrument au service du capital afin de mater toute contestation ouvrière. Le FN est un parti bourgeois qui participe à diviser la classe ouvrière par ses idées xénophobes antisyndicales et anticommunistes. Il utilise un verbiage populiste prônant l’Etat « au-dessus des classes », mot d’ordre républicain par excellence utilisé par tous les partis bourgeois et pure utopie idéaliste bourgeoise, en faisant découler les difficultés rencontrées par le peuple à des causes venant uniquement de l’extérieur (immigration, Europe). En estimant que le chômage serait le résultat de l’immigration, le FN tente d’entretenir une division artificielle au sein du prolétariat. Son objectif est de diviser pour mieux régner. Son programme est clairement xénophobe puisqu’il souhaite rétablir le droit du sang, interdire toute manifestation en faveur des sans-papiers[18]. Il est bon de rappeler que la violence dans les quartiers et banlieues populaires provient essentiellement de l’isolement et du chômage que subissent les populations qui y habitent et notamment les jeunes. Le FN et la bourgeoisie passent sous silence de manière simpliste le fait que tous sont des prolétaires et leur détresse, leur enclavement et la violence qui en découle provient uniquement de leur condition de classe, d’exploités et non d’autre facteurs secondaires. De même que les communistes ne tombent pas dans la division religieuse que tente d’établir le FN vis-à-vis des travailleurs musulmans. La seule division réelle dans la société est celle existant entre les différentes classes. Toute autre division ne cherche qu’à affaiblir notre combat. Unir capital et prolétariat sous la bannière nationaliste de la France, voilà le programme fumeux du FN !

La place du FN dans les classes sociales en France

Le FN propose l’option d’un Etat stratège pour la bourgeoisie française, un Etat fort qui garantirait les intérêts de la bourgeois française à l’intérieur du pays (contre le prolétariat, pour un protectionnisme national, sortie de l’euro…) mais aussi à l’extérieur (face aux concurrents, défense de l’arrière cours en Afrique et au Moyen-Orient[22], nouvelle alliance stratégique).          Représentant de la grande bourgeoisie, le FN trompe la couche la plus arriérée des ouvriers. Le plus dangereux étant qu’il trompe une partie de la jeunesse ouvrière, peu sensibilisée par la lutte de classe, du fait de l’affaiblissement du mouvement ouvrier.

Enfin, la base sociale des militants du FN est formée par des commerçants, artisans, employés de commerce ; catégories sociales « intermédiaires » entre la bourgeoisie et le prolétariat qui sont menacées, par la crise, d’être plongées, déclassées dans le prolétariat. Quant à la base électorale, elle s’ouvre de manière assez importante aux ouvriers, notamment sa couche antisyndicale. Il s’agit là d’ouvriers votant traditionnellement à droite et qui se radicalise vers son extrême[23]. Evidemment, du fait de la diminution des luttes ouvrières, de plus en plus de jeunes prolétaires, exposés à la crise économique, sont enclins à voter FN[24]. Cependant, cette tendance est à relativiser parce que le premier parti des ouvriers reste l’abstention très massive, qu’il s’agit d’ouvriers votant traditionnellement à droite, que ce sont souvent les ouvriers isolées dans de petites entreprises, ou ceux qui sont à proximité de leur hiérarchie (contremaitres…). Les grandes entreprises, bastions des syndicats lui résiste : le FN « ne dispose pas de réseaux ouvriers, peine à trouver des candidats dans les bastions industriels et apparait encore comme illégitime dans les grandes entreprises en raison de la résistance syndicale au FN »[25].Le FN est le représentant des intérêts de la bourgeoisie monopoliste française, c’est un parti impérialiste. Il rassemble les partisans d’une politique française de prestige qui recentrerait la France dans une situation de pivot entre blocs impérialistes. Cela nécessite donc un rapprochement avec la Russie, mais paradoxalement, il ne propose pas l’option d’une alliance chinoise car il défend la bourgeoisie qui produit en France ou pour le marché national et qui fait face à la concurrence de la main d’œuvre chinoise. Outre cela, il se pose en défenseur des sociétés impérialistes qui pillent les matières premières à l’extérieur de la France (Total, Véolia…).

Le FN n’est pas un danger fasciste 

 La plupart des partis de gauche et beaucoup de groupes dits « ML » voient dans le FN l’avatar du fascisme ou, pour d’autres, la possibilité de l’instauration du fascisme dans la situation présente. Pour le ROCML, cela est erroné car le FN vise avant tout à son intégration au système politique bourgeois comme parti classique, représentant la « droite dure ». En fait, le FN développe un discours populiste pour se faire une place dans les mécanismes parlementaires, et non pour les détruire. C’est un parti réactionnaire, contre-révolutionnaire mais cela ne fait pas de lui un parti fasciste, dans la situation actuelle.

Il n’y a pas de menace fasciste aujourd’hui 

 Le fascisme, dictature ouverte de la bourgeoisie, n’est utile que lorsque le vernis démocratique se craquelle et que l’ordre bourgeois risque d’être renversé par la classe opprimée. Pour le moment, la domination de la bourgeoisie n’est pas menacée. Il n’existe pas de force de classe qui s’en prenne réellement au système et souhaite le renverser. Les critiques sont sur la forme et de plus ne sont pas dangereuses. A gauche Le FDG partage avec le FN certaines thèses économiques, nationalistes et chauvines et se propose de rénover la république. Rien d’inquiétant pour le pouvoir de la bourgeoisie. Face à la faible contestation des mesures d’austérité par les classes dominées, point besoin de dictature ouverte du capital. L’appareil d’Etat bureaucratique, forces de police et militaire et judiciaire permettent largement de maintenir et réprimer toute réaction du mouvement ouvrier dans le cadre de la démocratie parlementaire. Le capitalisme porte la violence et la répression dans son ADN.

Les communistes face au FN

Le FN est un parti de la bourgeoisie qui a comme rôle de diviser le prolétariat afin d’éviter leur unité politique. C’est un parti impérialiste qui combat pour le capital et pour la puissance de la bourgeoisie française dans le monde. Construire le Parti communiste de France, réaliser l’unité de la classe ouvrière sur la base de ses intérêts historiques sont les meilleures façons, idéologique et concrète, de combattre le FN et le capitalisme.  

 Notre tâche de communiste est de battre en brèche les idées frontistes et réactionnaires. En se mobilisant pour construire le Parti communiste (ML) de France, en étendant son influence politique communiste sur le prolétariat, le ROCML lutte contre les idées qui divisent la classe ouvrière, dont celles particulièrement xénophobes et populistes du FN. Ce n’est pas en courant derrières les fascistes, le Front de gauche ou le PS que le FN et le système capitaliste dont il est porteur pourra être vaincu. Seule la perspective communiste est réellement l’alternative au système capitaliste en crise et à son instrument qu’est le FN. Toute autre tentative antifrontiste est vouée à l’échec ou à se mettre à la remorque de tel ou tel parti opportuniste bourgeois. Concrètement, aucun pas en avant ne peut être fait vers la perspective de l’unité du prolétariat. C’est à cela que les partisans « communistes » de la fascisation de la France doivent réfléchir ; eux qui depuis 50 ans agitent le chiffon rouge du danger brun.Les communistes doivent dénoncer le FN comme un parti bourgeois-impérialiste qui sème la division dans les rangs ouvriers du fait de sa xénophobie et de son racisme. Cependant, le FN ne menace pas la démocratie bourgeoise d’une dictature fasciste. L’ordre du jour pour tout communiste est la révolution et l’instauration du socialisme, ce n’est pas la défense des libertés et de la démocratie face au fascisme. Les communistes refusent donc toute caution à un sauvetage de la gauche bourgeoise sous prétexte d’antifascisme, ainsi que tout embourbement dans un combat qui ferait perdre son énergie au mouvement de reconstruction marxiste-léniniste.

 

[1] « Nous sommes prêts à gouverner », Marine Le Pen, Le Figaro, 29 août 2014, http://www.lefigaro.fr/politique/2014/08/29/01002-20140829ARTFIG00286-marine-le-pen-nous-sommes-prets-a-gouverner.php

[2] Communiqué du FN, le 8 avril 2013, sur le décès de Mme Thatcher, le FN y « salue la mémoire d’une dirigeante de conviction profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale ».

[3] Voir son livre.

[4] Programme du FN, sur son site.

[5] Mansouri, « les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme », L’Humanité, 16/11/2011.

[6] Pottier C., Les multinationales et la mise en concurrence des salariés, L’Harmattan, Paris, 2003, 252 p., L’auteur montre que les multinationales qui s’implantent créent toute une base productive autour d’elles : sous-traitance, service. L’idée du FN serait de faire revenir ces entreprises en France pour dynamiser le tissu de PME-PMI.

[7] Voir le communiqué de Aymeric Chauprade du FN le 21/10/2014 :C. De Margerie, La France perd un grand patron de l’énergie.

[8] Terme qu’au passage Thierry Lepaon reprend.

[9] Lénine, L’Etat et la Révolution.

[10] Cité par Mansouri, ibid.

[11] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN

[12] Voir les articles de Médiapart du 25/02/2014 et du 12/06/2014.

[13] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, Seuil, Paris, 2014, 496 p., p. 425. Et dans son programme, le FN assure une « sécurité garantie » pour Israël.

[14] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[15] Réaction de Marine Le Pen à l’intervention française au Mali, 11 janvier 2013.

[16] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN.

[17] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[18] En tant que communistes conduire la partie du prolétariat la plus corvéable qu’est la main d’œuvre immigrée à s’unir avec le reste du prolétariat pour lutter contre l’exploitation est une tâche importante

[19] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, p. 182-83

[20] Communiqué de S. Ravier en 2013, « La CGT : comment gangréner le travail et la vie des Marseillais ».

[21]Communiqué de Marine Le Pen du 22 octobre 2010 :   http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/05/10/2490437_marine-le-pen-contre-les-greves-trop-dures.html

[22] Dans le programme du FN : les révolutions arabes et la guerre en Irak « auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe ».

[23] Vigna X., Histoire des ouvriers, p. 293.

[24] Idem, p. 294-95.

[25] Idem, p. 293.

Discours pour la libération de Georges Abdallah à Pau

Discours pour la libération de Georges Abdallah

26 février 2015

 

Le ROCML et la JCML sont solidaires de Georges Abdallah emprisonné maintenant depuis plus de 30 ans en France. Alors que le gouvernement et tous les partis du système prétendent défendre la liberté d’expression, ils savent la museler lorsque celle-ci les met en danger, remet en cause leur pouvoir.

Georges, militant de classe et révolutionnaire inconditionnel est emprisonné, réduit au silence, du fait de ses opinions et de ses actes, par l’Etat français au service des impérialistes.

La liberté d’expression est la propriété de la classe dominante, bourgeoise. Les médias (télé, journaux) donnent des brevets de démocrates pour les criminels de guerre que sont Netanyahou, Hollande et Obama. De l’autre côté, les révolutionnaires communistes sont taxés de « terroriste », les grévistes de « preneurs d’otage », de « preneurs d’emploi », les syndicats de travailleurs « de cancer pour le travail ».

Aujourd’hui, le gouvernement se donne une image de défenseur des peuples, en réalité, il asphyxie et étouffe les travailleurs avec des lois scélérates : loi Macron, pacte de responsabilité… Il réprime voire enferme tous les militants qui concrètement agissent dans l’intérêt du peuple.

 

Libérez Georges

Justice de classe pour les militants révolutionnaires

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Discours pour les 140 ans de la Commune de Paris

 

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

 

 

 

Discours de commémoration des 140 ans de la Commune de Paris

Père Lachaise, Samedi 19 mars 2011

 

 

Mes chers camarades,

Aujourd’hui nous sommes rassemblés en un lieu mémorable pour commémorer l’une des plus belle et des plus grande page de l’histoire du mouvement ouvrier, la première forme de dictature du prolétariat : la Commune de Paris.

Il y a 140 ans exactement, le 18 mars 1871, la Commune naissait, le peuple de Paris se levait, balayait les vestiges du second Empire décomposé et, pour paraphraser Karl Marx lui même, montait à l’assaut du ciel !

Ce même peuple de Paris qui avait endurer les sacrifices imposés par la guerre impérialiste Franco-prussienne de 1870, qui après les défaites de Sedan et Metz avait refusé la défaite et l’occupation étrangère, reprit les armes et vécut un siège très éprouvant de plusieurs mois avec son lot d’horreurs, pour enfin, se voir imposer une capitulation sans conditions par le gouvernement vendu de la défense nationale…

La bourgeoisie réactionnaire française, celle là même qui avait fait tirer sur le peuple en 1848, puis en 1851 lors du coup d’Etat Bonapartiste, cette même bourgeoisie qui s’était tant engraissé sur le dos de la classe ouvrière pendant les années de l’Empire et qui au final, avait poussée Louis Napoléon dans un conflit armé contre la Prusse dont elle espérait pouvoir retirer des gains territoriaux, oui, ce sont ces même bourgeois belliqueux qui avait subitement réclamé la paix, voyant en elle le retour des profits et de la croissance disparus depuis le début de l’invasion étrangère.

Après l’entrée des Prussiens dans Paris, l’assemblée de Versailles, revenu de Bordeaux, constituée en grande partie de monarchistes et de débris du bonapartisme déchu – qui n’avaient cessé d’exiger de Paris la capitulation pendant le siège, procédant à des baisses de soldes des gardes nationaux –  réclama le désarmement de la classe ouvrière parisienne. Les fusils, les mitrailleuses et surtout les canons qui avaient été achetés par les Parisiens eux même pour doter la garde nationale d’un armement adéquate devait leur être arrachés par la troupe.

Idée complètement absurde puisque le 18 mars, les bataillons de la ligne chargés de la besogne, affamés et exténués fraternisèrent avec le peuple.

Le 26 mars avaient lieu les élections qui donnait à Paris un nouveau gouvernement en partie constitué d’ouvriers. Le 28, la Commune était officiellement proclamé devant l’Hôtel de ville. Les bataillons de la garde nationale défilant les uns après les autres, une foule immense acclamant les nouveaux élus… Le drapeau rouge du sang de l’ouvrier avait alors remplacé le drapeau tricolore. A ce moment là, plus rien ne semblait en mesure d’arrêter ce peuple en armes, ni les assemblées réactionnaires, ni les armées impérialistes, ni les bourgeois réfugiés à Versailles…

Le prolétariat au pouvoir, les réformes sociales vont se  succéder pendant deux mois et demi :

Séparation de l’Eglise et de l’Etat, école gratuite, laïque et obligatoire, interdiction du travail de nuit pour les boulangers, redistribution aux ouvriers des ateliers qui avait été abandonnés par leurs patrons pendant le siège ou au moment de la proclamation de la Commune…. Il ne s’agit là que d’un aperçu de l’œuvre sociale du premier gouvernement ouvrier de l’Histoire.

A ce moment là, la France connait partout l’incendie de la révolution. A Lyon, à Saint-Etienne, au Creusot, puis à Marseille, à Toulouse, à Narbonne et dans bien d’autres villes encore… Comme un seul homme, le prolétariat se soulève, brise les chaines de l’exploitation, lave les humiliations de son oppression et balaie les vestiges pourrissants de l’Empire.

Dans Paris,  malgré le danger de plus en plus imminent que constitue l’armée versaillaise alors aux portes de la ville, c’est l’effervescence… Les rues de la capitale sont redevenues sures, pendant deux mois on ne connaitra plus ni meurtres, ni assassinats, ni prostitution, ni la misère ou la faim. Le vieux monde est désormais tombé, l’avenir appartient à la Commune, au peuple, à la classe ouvrière…

On abat la colonne Vendôme, symbole de la haine entre les peuples, la maison de Thiers est détruite, les Eglises se transforment en clubs de réunions et de discussions où chacun prend la parole : les jeunes comme les vieux, les hommes comme les femmes… On débat sur les décisions de la Commune, on discute de l’avenir.

Pourtant, le 21 mai 1871 après deux mois d’existence, la Commune vivait ses dernières heures…  Après avoir vu disparaitre les unes après les autres toutes les Communes de province, réprimées par le parti de l’ordre, Paris se retrouvait seule. Incapables d’organiser correctement la défense de la ville, les élus avaient laissé Thiers constituer une gigantesque armée de 130 000 soldats français, pour la plupart faits prisonniers après la défaite, puis libérés par Bismarck afin d’écraser la « canaille rouge » de Paris. Ce même Thiers qui après s’être assuré de l’imminence de la victoire versaillaise avait déclaré « je serais impitoyable », déchaina pendant toute une semaine un ouragan de fer et de feu sur Paris noyant la capitale dans un bain de sang. La classe ouvrière, qui avait été en première ligne pour la défense de la révolution en fut décapité. La lutte qui avait commencé à l’extérieur de Paris au début du moi d’avril dura toute une semaine. Le Père-Lachaise sera le théâtre de combats acharnés entre fusiliers marins et fédérés. Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mai, 147 d’entre eux seront passés par les armes contre un mur blanc situé au fond du cimetière. L’histoire veut qu’ils soient morts les pieds nus, avec insolence…

La « semaine sanglante » toucha particulièrement les quartiers populaires de l’Ouest de Paris. Belleville, Montmartre, la Butte aux cailles qui avaient tant résistés, furent vidés de leurs cordonniers, charpentiers, forgerons, typographes, relieurs, zingueurs, laissant voir comme le dit Lissagaray dans son « Histoire de la Commune », (…) « des femmes d’ouvriers assises, la tête dans les poings, regardant fixement devant elles, attendant un fils ou un mari qui ne devait pas revenir. »

Même si la IIIème République reconnue par la suite que le premier acte de son existence avait fait plus de 20 000 morts, on peut penser que la répression fut bien plus terrible… 30 000, 40 000, 50 000 morts? Louise Michel avancera le chiffre de 100 000 victimes. Le jardin du Luxembourg, la caserne Lobau, la prison de la Roquette furent les abattoirs de la classe ouvrière parisienne. Les cours prévôtales condamnèrent tant de gens, parmi lesquelles beaucoup d’innocents n’ayant jamais participer à la Commune, que même les journaux les plus réactionnaires de l’époque réclamèrent la suspension des exécutions. En effet, le triste spectacle des tombereaux de cadavres qui s’amoncelaient partout dans la ville avait fait naitre la crainte d’un retour de la peste.

Ceux qui avaient échappé à la boucherie devaient connaitre par la suite l’enfer de la détention dans les forts, les prisons et sur « les pontons » en attendant d’être déportés en Nouvelle Calédonie ou fusillés. L’amnistie générale ne devait arrivée qu’en 1880, mettant un terme à 9 années de répression sauvage.

Alors, comment un tel rêve a t-il pu s’effondrer si rapidement?

Ce qui manqua à la Commune, c’est une véritable organisation, avec un parti prolétarien capable de diriger la lutte révolutionnaire.

A maintes reprises ce manque cruel se fera ressentir, notamment dans les opérations militaires que mènera la Commune. En refusant par exemple de rallier les bataillons de l’armée française affamés, réfugiés à Versailles et qui auraient eut tout intérêt à se joindre aux parisiens. Et lorsqu’enfin l’ordre arriva de marcher sur Versailles, les 2 et 3 avril, l’opération fut si mal organisée, qu’elle se transforma en débâcle totale. Deux des meilleurs commandant militaires de la Commune, aimés des parisiens, Flourens et Duval y laisseront d’ailleurs la vie.

Les Communards commettront encore bien d’autres erreurs qui précipiteront leur fin … Comme le refus de mettre la main sur les richesses colossales de la Banque de France. L’argent ainsi confisqué aux bourgeois auraient pu servir les intérêts de la révolution.

Bien que la répression de la Commune ait       été sans pitié, elle a apporté à la classe ouvrière un enseignement d’une importance capitale : sans l’existence d’un parti prolétarien d’avant garde organisé, pas de mouvement révolutionnaire. Le Capital, lui, l’a parfaitement bien compris, et il n’hésitera pas à faire couler le sang de milliers d’ouvriers pour la sauvegarde de ses profits.

Aujourd’hui, la classe ouvrière doit comprendre que son salut réside dans la révolution socialiste. Mais cette révolution doit être encadrée et menée par un parti d’avant garde capable de mener le prolétariat à sa victoire. Refuser l’organisation, c’est refuser le renversement de la bourgeoisie, c’est s’enfermer dans le spontanéisme et rejeter une action de longue durée. Refuser l’organisation prolétarienne d’avant garde c’est répéter les erreurs du passé.

Comme nous l’a enseigné le camarade Lénine : « L’organisation est la force de la classe ouvrière. Sans l’organisation des masses, le prolétariat est nul. L’organisation, c’est l’unité d’action, l’unité de l’intervention pratique. »

L’œuvre sociale et politique de la Commune est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, lorsque le monde entier a les yeux tournés sur les révolutions qui ont lieu dans les pays du Maghreb. Souhaitons que ces derniers ne connaissent pas le sort funeste des fédérés.

C’est pourquoi chers camarades, nous pouvons le dire haut et fort en ce lieu aujourd’hui : la Commune n’est pas morte !

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Dans la loi Macron, Tout est bon pour les patrons

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Luttons classe contre classe pour obtenir le retrait !

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