MENACES IMPERIALISTES EN COREE DU NORD

La crise actuelle est le fruit des tensions inter-impérialistes en Asie.

Depuis plusieurs mois les médias nous présentent à grands renforts de messages alarmistes le « match » entre les deux « fous » que seraient Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, et Donald Trump, président des USA. Faut-il prendre au sérieux ces menaces d’attaques nucléaires ? Quels sont les causes réelles de ces tensions et de ces attaques verbales ?

 

Présence américaines et tensions croissances en mer de Chine et dans le Pacifique

L’Amérique dispose de pas moins de 350.000 hommes dispersés dans toute la zone concernée. Elle s’appuie essentiellement sur les bases de Guam et d’Okinawa (50.000 hommes). Quelque 30.000 soldats restent déployés sur la ligne de démarcation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord (1) . Nombre de navires américains patrouillent en mer de Chine. Naguère seule grande puissance navale dans la région, elle est remise en cause depuis une vingtaine d’année par le développement rapide de la flotte chinoise et surtout par le réseau des bases navales chinoises qui cherchent à sécuriser les routes de l’approvisionnement en pétrole mais aussi à affirmer son contrôle sur les mers. Les conflits se multiplient depuis plusieurs années avec ses pays voisins à propos de la délimitation des ZEE (zone économique exclusive) parfois riches en ressources halieutiques et énergétiques.

Pour contrer cet expansionnisme chinois, les USA se sont réinvestis massivement dans la région depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama en 2008(2). Si ce dernier a réduit l’effort militaire de son pays au Moyen-Orient et notamment en Irak, c’est pour redéployer les forces de « l’Empire US » dans des théâtres d’opérations jugés plus vitaux comme l’Asie-Pacifique. En effet la menace chinoise est celle jugée la plus sérieuse par les stratèges du Pentagone. La Chine concurrençant de plus en plus les USA sur le plan commercial mais aussi sur le plan militaire et diplomatique (ce qui est nouveau). De plus la zone est désormais le poumon économique du monde, traversée par des flux de navire de commerce en constante augmentation, tandis que les fonds-marins recèlent de ressources non exploitées mais prometteuses.

Ce regain des tensions a entraîné une véritable course aux armements, les alliés des USA n’étant pas en reste : le Japon a considérablement accru son budget militaire et ses capacités navales tandis que l’Australie a acheté en 2016 des sous-marins français(3) pour répliquer au développement des forces chinoises dans la région. Les incidents frontaliers, souvent à propos de la possession de minuscules îlots perdus dans l’immensité marine, se multiplient et témoignent d’une exacerbation des tensions. La mer de Chine et plus largement l’ensemble de la zone Asie-Pacifique dispose donc d’un potentiel de conflits élevé.

 

La Corée du Nord  à l’ombre de la Chine.

Les menaces des USA à propos de la Corée du Nord et les promesses de destructions mutuelles sont à replacer dans ce contexte de compétition entre différents impérialismes, ici entre l’impérialisme américain (et celui de ses alliés) et chinois (avec derrière la Russie). La Corée du Nord n’échappe pas à cette guerre d’influence et constitue un des points de frictions entre les différents concurrents pour la domination de la zone. La Corée du Nord, n’en déplaise à certains esprits chagrins, ne fait pas partie d’un camp « socialiste » (il est mort depuis bien longtemps) et n’est pas une force anti-impérialiste. Elle est fondamentalement arrimée à la sphère chinoise et son économie est intégrée au capitalisme mondialisé. En effet le régime nord-coréen est dépendant de l’aide chinoise pour survivre en témoigne ces quelques données économiques : La Chine fournit 90% des besoins énergétiques, 80% des produits manufacturés et 45% de sa nourriture. Elle est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord (90 % du commerce extérieur du pays) et permet au pays de faire rentrer des devises en vendant ses matières premières. La Corée du Nord est riche en ressources minérales (charbon) qui intéressent au plus haut point les Chinois.

 

Croire que cela est sans influence sur le pouvoir politique de Pyongyang est une baliverne. La Corée du Nord ne peut survivre sans la perfusion chinoise. La Chine a donc la capacité de réduire au silence le dictateur Kim-Jong-Un mais elle n’abandonnera pas son allié face aux ambitions américaines dans la région. La Chine a tout intérêt au gel du conflit et au statu quo. Le maintien des deux Corées empêche la réunification et la constitution d’un Etat coréen unique qui pourrait devenir un  rival sur le plan économique et allié des USA. De plus la réunification en faveur du Sud « capitaliste » entraînerait automatiquement la présence de soldats américains à la frontière terrestre chinoise, ce qui n’est pas acceptable pour les capitalistes chinois.

La Corée du Nord représente donc pour la Chine l’avantage d’un Etat tampon faisant obstacle aux visées de la Corée du Sud, du Japon et des USA. Sa militarisation à outrance est une épée de Damoclès qui pèse sur les Occidentaux et sur le régime anti-communiste et ultra-libéral de Séoul. Elle permet à la Chine de souffler le chaud et le froid dans les relations internationales.

 

Dans l’hypothèse d’un conflit régional dans la péninsule coréenne la Chine interviendrait pour sauver le régime de Corée du Nord car sa disparition constituerait une défaite majeure pour les intérêts chinois et une revanche incontestable pour les USA qui n’ont jamais digéré leur échec de la guerre de Corée (1950-1953) où l’intervention chinoise avait renversé la situation.

 

En France, les communistes doivent combattre les menées de leur propre impérialisme. Ils doivent dénoncer et démystifier la propagande guerrière à l’égard de la Corée du Nord qui vise à justifier une intervention armée des forces occidentales. La Corée du Nord n’est certes pas le « paradis des travailleurs » mais son régime n’est pas moins fréquentable que les dictatures égyptienne et saoudienne pour qui la France déroule le tapis rouge pour vendre des armes ! Notre solidarité et notre soutien va uniquement aux peuples et aux classes ouvrières qui luttent contre toute forme d’oppression extérieure et intérieure, contre l’impérialisme et l’exploitation.

Notes:

(1)  http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/14/01003-20111114ARTFIG00694-l-australie-va-accueillir-une-base-americaine.php

(2)  La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est, Yann Roche, revue l’espace politique, 2013

(3)  12 sous-marins pour un montant de 34.5 milliards d’euros soit le plus gros contrat du monde en la matière !

 

Non à l’OTAN, non à la guerre

Pour écrire au collectif français
« Non à l’OTAN, non à la guerre » :
otan_non@orange.fr

Rappelons d’abord que l’OTAN a été créée en 1949 et le pacte de Varsovie en 1955. Cette organisation a dans ses objectifs la conservation des intérêts politiques et économiques des pays capitalistes occidentaux, son objectif essentiel étant militaire. À ce titre il contrevient aux termes de la Charte des Nations Unies qui réserve au seul Conseil de Sécurité le recours à la force dans les relations internationales. Tout aussi illégale, et pour les mêmes raisons, pourrait être une Europe de la Défense.

Les dépenses militaires des pays de l’Otan

En août 2007, le nouvellement élu Président N. Sarkozy annonçait devant le Congrès étasunien le retour de la France dans les organes du commandement intégré de l’OTAN et en 2008, il décidait le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. Il s’engageait par la même occasion à renforcer les liens entre l’UE et l’OTAN.

C’est dans ce contexte que le collectif « OTAN-Afghanistan, non à la guerre, non à l’OTAN ; paix – liberté – démocratie » s’est constitué en 2008 pour mobiliser l’opinion publique et sensibiliser les forces sociales et politiques sur les dangers de cette politique. Composé d’environ cinquante organisations, ce collectif a participé à la mobilisation internationale  lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg et Kehl (Allemagne) en avril 2009. Il fait partie de la coalition internationale « No to War, No to NATO » qui a organisé les contre-sommets de l’OTAN de Lisbonne, Cardiff et Varsovie.

Le Président F. Hollande a suivi la même orientation que son prédécesseur en matière de participation aux opérations militaires de l’OTAN, de soutien à sa stratégie de la tension en Europe et d’augmentation des budgets consacrés à l’armement et aux guerres. L’objectif de consacrer 2% du PIB à ce budget, sans cesse répété et exigé par les dirigeants de l’OTAN, est programmé pour la France. Cela représenterait une augmentation de 30% du budget de la Défense au moment où les budgets sociaux sont à la baisse, que la pauvreté s’étend et que les inégalités se creusent.

Si pour l’essentiel les troupes françaises engagées en Afghanistan ont été retirées, le nombre des OPEX, « opérations extérieures », n’a cessé d’augmenter, aussi bien en Afrique qu’au Moyen Orient.

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Les forces de l’OTAN

L’échec de l’intervention internationale en Afghanistan est patent, ce pays en sort ravagé, dévasté et divisé. Il en est de même de tous les pays dans lesquels l’OTAN est intervenue, directement ou indirectement. La volonté de l’OTAN de se déployer en Afrique et de développer des « partenariats », partout dans le monde, contribue à la montée des tensions et des dangers de guerre.

La « guerre contre le terrorisme » est une des justifications de la poursuite de cette politique, elle s’accompagne du soutien aux régimes réactionnaires du Moyen Orient qui l’utilisent pour asseoir leur statut de puissances régionales. Toutes les guerres menées sous cette bannière ont échoué et elles n’ont fait que créer les conditions pour le développement des groupes qui se réclament d’un  « Islam radical ».

Les bombardements font des milliers de victimes civiles et poussent des dizaines de milliers de personnes sur les routes de l’exil, ces réfugiés qui se heurtent aux murs et aux barbelés, aux patrouilles navales de l’OTAN qui croisent en Méditerranée. Celle-ci a l’impudence de prétendre aider ces migrants, alors qu’elle ne fait que dresser une barrière supplémentaire.

À cela, s’ajoute aujourd’hui en Europe même, une politique de tension et de provocations constantes à l’égard de la Russie.

Les pays membres de l’OTAN

Pour preuves, le déploiement du « bouclier anti missile » sous le contrôle exclusif des dirigeants étasuniens, l’envoi de troupes internationales « tournantes », toujours plus nombreuses, au plus près des frontières de la Russie, la relance de la politique de la terreur nucléaire.
L’emploi de bombes atomiques est de plus en plus considéré comme une « option possible » au mépris du caractère criminel de cette arme, tel que rappelé par la résolution de 1961 de l’A.G. de l’ONU. C’est le retour à l’antagonisme entre blocs qui pourrait faire de l’Europe le premier terrain d’affrontement. La Pologne a accueilli en 2016 les manœuvres militaires les plus importantes en Europe depuis 50 ans.

Dans ce contexte dangereux et grave pour tous les peuples, il est important que les forces démocratiques, les forces qui luttent pour la paix entre les peuples, contre les guerres de redistribution des espaces réservés entre les grandes puissances, pour la solidarité internationale, agissent ensemble, fassent entendre ce cri de ralliement « non à l’OTAN, non à la guerre », pour y gagner le plus grand nombre.

Plateforme d’action

Tirant le bilan de ces années de travail, des mobilisations qu’il a permis de développer, des liens qui se sont tissés en France et au niveau international, et surtout, devant les défis qui nous sont lancés par la politique de guerre, par la militarisation des relations internationales, par l’explosion des ventes d’armes, nous proposons à toutes les organisations qui ont participé au collectif « OTAN-Afghanistan », et à toutes celles qui sont intéressées par ce combat, de continuer et d’amplifier la mobilisation.

  • Le collectif propose de s’appeler dorénavant le Collectif « Non à l’OTAN, Non à la guerre » ;
  • Nous proposons qu’il se fixe comme objectif de mener un travail sur les thèmes suivants, qui peuvent constituer le corps de sa plate-forme :
    • 51

      L’OTAN, de 1949 à 2006…

      Faire grandir l’opposition à l’appartenance de la France à l’OTAN, sous le mot d’ordre : « que la France sorte de l’OTAN et qu’avec nos partenaires internationaux, tous se mobilisent pour la dissolution de cette organisation de mort » ;

    • Mener un travail d’information, d’explication et de mobilisation sur le thème : « non au budget de guerre » et, immédiatement, contre son augmentation de 30 % que le Gouvernement français annonce ;
    • Dénoncer les guerres par procuration et exiger l’arrêt effectif et contrôlé des ventes d’armes aux États, aux groupes armés et aux régimes qui les utilisent contre leur peuple et/ou pour faire la guerre aux autres peuples ;
    • Mener un travail d’explication sur les dangers de la militarisation de l’économie, qui engloutit des sommes considérables d’argent public au détriment de la satisfaction des besoins sociaux, de l’éducation et de la santé ;
    • Dénoncer la relance de la politique en matière d’armement nucléaire qui ne fait que développer l’insécurité ;
    • Militer pour le retrait des troupes françaises des terrains de guerre, pour le retrait des troupes françaises d’Afrique et la fermeture des bases militaires qui servent aussi à l’OTAN.

Et dans les mois qui viennent, créer les conditions d’une mobilisation populaire extrêmement forte pour la tenue du contre-sommet de l’OTAN qui est prévu en mai 2017, à Bruxelles.

Paris, le 17 octobre 2016


Les membres du Collectif :

Américains contre la guerre (AAW) – Anciens Appelés en Algérie et leurs amis contre la Guerre (4ACG) – Abolition Armes Nucléaires – Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) – Maison de Vigilance – Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) – Collectif Faty Koumba: Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence – Conseil Démocratique Kurde de France (CDK-F) – Droit Solidarité – Enseignants pour la Paix (EPP) – EELV – Femmes Égalité – Femmes Solidaires – Iraniens contre la guerre – Le Mouvement de la Paix – Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) – Mouvement de l’Objection de Conscience, MOC Nancy – Mouvement de la jeunesse communiste de France (MJCF) – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – Collectif Ni Guerre ni État de Guerre – Parti de la Démondialisation (ParDem) – Parti communiste français (PCF) – Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) – Sortir du colonialisme – UD CGT 75 – Union pacifiste de France (UPF) – Union Syndicale Solidaires.

Halte à l’escalade de la guerre en Syrie

Le vendredi 7 avril 2017, à la stupeur générale, on apprenait que l’armée américaine venait de frapper massivement (plus de 50 missiles tirés) une base de l’armée syrienne.

Cet évènement constitue un grave danger pour l’ensemble des travailleurs de la planète car il peut être le déclencheur d’un conflit qui embrasserait l’ensemble du Moyen-Orient voire le monde entier du fait des blocs d’alliance et du nombre de pays engagés dans la guerre en Syrie. En effet depuis près de 6 ans ce pays est devenu le théâtre d’un affrontement inter-impérialiste entre d’un côté les forces occidentales (USA, Europe) et leurs alliés Turc, Israélien, Saoudien opposés aux forces du camp russe (Iran, régime de Bachar al Assad, Chine…). Des dizaines de milliers de mercenaires et fanatiques ont été envoyés en Syrie par les puissances occidentales et les pétro-monarchies réactionnaires du Golfe pour renverser le régime syrien, allié de la Russie. En réponse cette dernière est intervenue directement dans le conflit pour conserver ses intérêts dans la région et notamment ses bases militaires.

Face à la déconfiture de leurs vassaux islamistes les puissances occidentales ont déjà essayé par le passé de manipuler l’opinion pour justifier une intervention militaire au sol et déclencher une guerre totale. Cette agression du vendredi 7 avril a été justifié comme des représailles à une attaque au gaz sarin menée par les troupes de Damas contre un fief djihadiste dans la province d’Idleb quelques jours auparavant. Rappelons-nous qu’en 2013 le va-t’en-guerre Hollande voulait déjà frapper le régime syrien en « punition » d’une attaque au gaz dans la banlieue de Damas. De nouveau les responsables politiques français (Hollande, Macron, Hamon…) ont donné dans le bellicisme outrancier en saluant la décision de Donald Trump, alors qu’il y a peu encore ils le traitaient d’instable ou de fou ! Le président américain a démontré qu’il était un loyal représentant des intérêts de la bourgeoisie américaine et non un dirigeant « antisystème » en rupture avec la politique impérialiste des USA au Proche-Orient.

Il est du rôle des communistes d’alerter les travailleurs sur les dangers de déclenchement d’un conflit de grande ampleur. De longue date le mouvement communiste international a combattu pour la paix entre les peuples. Les prolétaires qu’ils soient américains, français, russes ou syriens n’ont rien à gagner d’un conflit militaire entre leurs Etats, ni aucun autre prolétaire dans le Monde. Les atrocités de la guerre en Syrie et la présentation qui en est faite par nos médias ne doivent pas nous laisser dupe sur la finalité de cette campagne de désinformation. Pour le parti de la guerre, il ne s’agit pas de s’apitoyer sur le sort des civils mais de justifier une intervention impérialiste qui n’apportera aucune solution au peuple de Syrie et au contraire accentuera son malheur et sa souffrance. Comment les Américains, qui ont détruit plus de vies que n’importe quel autre pays dans la région, pourraient se présenter comme les défenseurs des civils opprimés et gazés ?

C’est sur ces bases que le ROC-ML condamne cet acte de guerre des Américains et les discours belliqueux de nos hommes politiques qui, en cette campagne présidentielle, cherchent à conditionner l’opinion dans l’éventualité d’un conflit qui servirait les intérêts des impérialistes et des monopoles.

C’est le système capitaliste-impérialiste qui plonge le monde dans la guerre et la barbarie !

A BAS LES ETATS IMPERIALISTES SOURCE DES PILLAGES ET DES GUERRES

SOLIDARITE AVEC LES PEUPLES EN LUTTE POUR LEURS DROITS DEMOCRATIQUES ET NATIONAUX

 

Le 8 avril 2017

ROCML

Roc.ml@laposte.net

www.rocml.org

 

Retrouvez le communiqué en format PDF: communiqué frappes américaines Syrie (005)

COLLECTIF NI GUERRE NI ETAT DE GUERRE : UN COLLECTIF A RENFORCER

C’est un premier pas dans la reconstruction d’un mouvement anti-guerre et anti-impérialiste en France. La naissance de ce collectif en janvier-février 2016 a marqué la volonté d’organisations politiques, de syndicats et d’associations de développer et d’organiser la lutte contre la guerre sur tout le territoire de l’Etat français. Ce comité, qui s’est d’abord constitué à Paris et qui se renforce en province (Marseille, Beauvais…), a de suite lié l’analyse de la situation actuelle à l’action concrète contre les guerres françaises comme en témoignent les manifestations du 12 et 19 mars à Paris.

 

LA NECESSITE D’UN MOUVEMENT ANTIGUERRE EN FRANCE

 

Afghanistan, Côte d’Ivoire, Mali, Centrafrique, Syrie, Libye, Irak et tant d’autres encore. Les interventions militaires françaises se sont multipliées ses dernières années sans que naissent des mouvements de rue contre la guerre ou encore une volonté coordonnée de s’opposer à la guerre. Pour autant, beaucoup d’organisations révolutionnaires ou progressistes avaient dénoncé les guerres sans toutefois franchir le pas d’une tentative unitaire de s’opposer à la guerre.

Aujourd’hui, la première pierre est posée. L’état d’urgence et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et social, l’intervention française en Syrie et les risques de déflagration en un nouveau conflit mondial ont été des déclics pour tenter de construire une riposte à cet état de guerre permanent mis en place par l’Etat impérialiste français.

 

Le ROCML a toujours affirmé la nécessité de réunir toutes les organisations révolutionnaires et progressistes qui s’opposent aux guerres menées par la France dans un vaste front de lutte contre la guerre. Ne nous y trompons pas, la cible des communistes est l’impérialisme français. C’est notre propre bourgeoisie qu’il faut d’abord combattre. Souvent le mouvement antiguerre s’est mobilisé en France lorsque notre propre impérialisme n’intervenait pas directement : Irak en 2003. Il est donc vital que le mouvement anti-guerre se développe contre les guerres menées par son propre pays. C’est en cela que le mouvement antiguerre combat réellement les guerres.

 

LE SENS DE NOTRE INTERVENTION DANS LE COLLECTIF CONTRE LA GUERRE

 

Le ROCML se reconnait dans les 4 points essentiels de la plateforme du collectif :

1) L’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait de toutes les troupes françaises à l’extérieur et la fin des traités et alliances militaires (OTAN),

2) La dénonciation des ventes d’armes,

3) la dénonciation de la militarisation de la société et le complexe militaro-sécuritaire,

4) Le soutien à l’autodétermination des peuples et sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.

Ce collectif rassemble différentes organisations avec lesquelles nous discutons et débattons. De ce fait, les militants du ROCML vont s’investir dans le débat autour de plusieurs questions : le Moyen-Orient, la Françafrique, la sécurisation de la société ; afin de participer à la construction des analyses et de la politique du collectif.

Les communistes participant à ce collectif essaient de faire le lien entre les guerres extérieures de la France et le système capitaliste-impérialiste. Tant que ce système économique de pillage existera, les guerres continueront. Ce n’est pas une question de choix dans une politique extérieure. De même, les guerres de conquêtes extérieures et la guerre sociale à l’intérieur du pays sont les deux faces de l’offensive réactionnaire du capital. Il est grand temps que les communistes fassent la lumière sur l’imbrication de ces phénomènes pour que les travailleurs comprennent mieux la situation actuelle et luttent, non plus seulement contre la politique du gouvernement, mais contre le système impérialiste.

 

A bas l’impérialisme français et ses guerres !

 

Multiplions la création de collectifs antiguerres dans tout le pays !

 

Relions les luttes contre les guerres de conquêtes à la lutte contre les mesures d’austérité et anti-ouvrières !

Le site du collectif : http://collectifantiguerre.org/

Contacter le collectif : antiguerre16@gmail.com

Après Bruxelles, plus que jamais : Sortir de la guerre

Position du collectif Ni guerre, ni état de guerre, que dont le ROCML est membre et soutient la position:

Après Bruxelles, plus que jamais :

sortir de la guerre !

Le Collectif Ni guerres ni état de guerre s’associe à la douleur des proches des victimes des attentats de Bruxelles, ainsi que des morts des bombardements à Raqqa, Mossoul, Alep et tant d’autres villes. Il condamne fermement ces attentats et ces bombardements.

Les attentats de Bruxelles viennent nous rappeler douloureusement que la guerre qu’ont initiée nos gouvernants continue. Par leur politique de guerre en Irak et en Syrie, ils portent une responsabilité écrasante envers chacune des victimes de cette guerre.

Ces attentats témoignent que la militarisation de la société, le quadrillage policier et militaire ne protègent en rien les populations. En Côte d’Ivoire comme à Bamako, les attentats récents ont montré que la présence militaire française expose les populations civiles.

Depuis le 23 septembre 2014, la coalition occidentale a effectué 11 086 bombardements (7 431 en Irak et 3 655 en Syrie), déversant 39 715 bombes et missiles qui ont causé plus de 1 000 morts civils en Irak et en Syrie[1]. 298 de ces bombardements ont été le fait de l’aviation belge. L’aviation française a commis plus de 680 bombardements.

Comme l’indique la plate-forme du Collectif Ni guerres ni état de guerre rédigée après les attentats du 13 novembre dernier: « L’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafales tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Ces bombardements sont des bombes à retardement. »

Face aux instrumentalisations indignes visant à désigner les musulmans à la vindicte, le Collectif appelle à l’unité face à ceux qui répandent la haine et la guerre.

Seule une politique de paix peut mettre fin à l’hécatombe.

Le Collectif Ni guerres ni état de guerre appelle à l’arrêt immédiat des bombardements français en Irak et en Syrie, et à la fin de l’ingérence française.

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[1] Source : collectif de journalistes http://airwars.org/

Le ROCML est parti prenante du Collectif Ni guerre Ni état de guerre

Le ROCML s’associe à l’appel du collectif et participe à développer les initiatives contre la guerre et l’impérialisme français.

Il s’associera à la manifestation du 19 mars à Paris à 14 h à Barbès

Collectif ni guerres ni état de guerre
Texte fondateur


La France était en guerre bien avant les attentats du 13 novembre, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Les guerres de pillage pour le contrôle des ressources n’ont pas manqué depuis le début des années 2000, en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique. Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial.

Les interventions militaires que mène l’État français sont très largement invisibles dans les médias. Le peu qui en est dit impose un consentement au nom d’une logique sécuritaire, avec ou sans habillage humanitaire ; le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant,comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les « Rafale » tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan.

Ces bombardements sont des bombes à retardement.

La guerre devient désormais un moyen de gouverner – et de gouverner par la peur. L’état de guerre proclamé justifie la privation croissante des libertés et des mesures directement inspirées de l’extrême droite comme la déchéance de nationalité. Cette situation, d’une extrême gravité, passe pourtant pour une évidence dans le discours politique dominant, comme s’il s’agissait de banaliser la guerre et de nous habituer à cet état martial et sécuritaire. Car l’état d’urgence vise à museler les colères et les luttes : cette guerre est aussi une guerre sociale.
Nous nous opposons aux guerres d’ingérence et de spoliation – donc à tous les impérialismes.
Mais nous sommes en France et c’est donc en France que nous pouvons nous battre en priorité contre « notre » propre impérialisme. Nous pouvons le faire concrètement, sans abstraction ni proclamation :
parce que les questions géopolitiques qui se jouent parfois à des milliers de kilomètres ont des résonances fortes, ici, dans nos quartiers. C’est pour cela que la lutte de notre collectif passe par le combat contre tous les racismes, et notamment le racisme antimusulman, contre les inégalités et les discriminations, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, l’opposition aux mesures d’exception et au contrôle généralisé des populations qui ciblent en priorité les personnes musulmanes ou supposées telles, les quartiers populaires et les mouvements sociaux.
Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous subissons, à la hauteur des guerres qui se font contre les populations, contre nous et en notre nom.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un Collectif contre la guerre, qui
• exige l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des
traités et alliances (OTAN…) ;
• dénonce le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;
• combat la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe
militaro-sécuritaire ;
• soutient le droit à l’autodétermination des peuples, apporte sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.
Nous voulons élargir ce comité, nationalement et localement, à toutes les organisations et toutes les personnes qui se retrouvent dans ce combat.


Pour tout contact et signature : antiguerre16@gmail.com

Editorial de la VDC de Novembre 2015 sur les attentats de Paris

Editorial :

 

 

La barbarie a encore semé la mort dans Paris. Tel est le constat que nous pouvons faire après le terrible attentat qui a tué tant d’innocents. La rédaction condamne cet acte inqualifiable, ses auteurs et leurs commanditaires. Elle compatit à la douleur des blessés et des familles endeuillées et partage l’émotion du peuple de France. Cependant notre émotion ne doit pas être un voile nous empêchant de comprendre le pourquoi des évènements. Les communistes ont le cœur chaud : ils sont sensibles aux injustices et à l’oppression. Ils ont la tête froide: ils veulent comprendre pourquoi il y a des injustices et des crimes, ce qui nécessite de replacer les événements dans leur contexte général et dans leur dynamique. Seule cette analyse peut nous permettre de nous positionner et d’agir. Voilà pourquoi nous ne pouvons être de l’unité nationale. Voilà pourquoi nous estimons que les responsables de cette situation, les gouvernements de l’impérialisme français, ne peuvent être la solution au terrorisme réactionnaire et barbare.

 

« La France est en guerre » dit Hollande. La guerre n’est-elle pas déclarée au Moyen Orient et en Afrique par la France depuis dix ans ? Les grandes puissances n’ont-elles pas mis cette région à feu et à sang ? Et pour quoi ?

Qui a créé le monstre DAESH ? Qui le finance ? Qui sont ses alliés ? Pourquoi l’a-t-on laissé prospérer ?
Est-ce que les guerres éclatent pour défendre des valeurs de liberté et de droits de l’Homme comme le prétend la France ? Alors pourquoi la France est-elle l’alliée du Qatar et de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et d’Israël ?

La vérité, c’est que les guerres sont le résultat de la défense des intérêts des grands monopoles capitalistes par les Etats impérialistes USA, France, Allemagne, Angleterre, Russie… Et ces intérêts passent par le contrôle des routes stratégiques et des ressources de matières premières. Après l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, c’est la Syrie qui est devenue depuis plusieurs années le terrain où agissent les différents impérialismes.

 

Le terrorisme a été et est toujours soutenu et instrumentalisé pour déstabiliser et affaiblir les Etats qui résistent à leurs buts. Mais il arrive que la créature échappe au contrôle du créateur et se retourne contre lui !

Non, l’émotion ne doit pas faire oublier qui est responsable de la montée du terrorisme, et pourquoi.

Les communistes refusent l’union nationale autour de ceux qui ont allumé l’incendie et qui crient maintenant « au feu » quand les flammes les atteignent. Les pyromanes ne peuvent pas être de vrais sapeurs-pompiers !

Les classes populaires doivent s’unir et se mobiliser contre les guerres de conquêtes à l’extérieur et la guerre anti-ouvrière à l’intérieur. Car pour la bourgeoisie, l’union nationale va de pair avec l’exploitation et la répression patronale. Nos camarades d’Air France licenciés et trainés devant les tribunaux le savent.

La Voix des Communistes

PEUT-ON SE FELICITER DE FOURNIR EN ARMES LES ENNEMIS DES PEUPLES ?

Voilà le sens de la signature des contrats rafales entre la France et de nombreux pays du monde (Egypte, Inde, Emirats Arabes Unis, Qatar…). Encore une fois, la France vient de montrer qu’elle poursuivait sa tradition militariste et guerrière en arrosant de nombreux pays en armes et en avions de combat. Encore une fois faut-il relever la puissance du complexe industrialo-militaire puisque médias, partis et syndicats sont quasi-unanimes pour se féliciter de la vente de rafales. Il faut bien rappeler que la France est le 4ème pays exportateur d’armes dans le monde[1].

 

« La création d’emplois »

Tout d’abord, il ne s’agit pas de critiquer ceux qui sont et seront employés dans l’industrie de l’armement. Ils n’ont pas le choix. Le capitalisme fait en sorte qu’ils vendent leur force de travail selon les besoins du patronat qui dirige la production française et mondiale. Par contre, cela ne doit pas inciter les syndicats à revendiquer de l’investissement militaire. Des voix à ouvrir dans les revendications sont plutôt la reconversion de cette industrie militaire en une industrie pour répondre aux besoins du peuple. C’est vers cela que la classe ouvrière en tant que force d’avenir, et dirigeante de la société peut se tourner. Dans la société actuelle, ce sont les lois économiques capitalistes qui imposent nos conditions de vie. Mais, il ne faut pas abandonner notre conscience politique derrière les objectifs des patrons. Etre conscient de ce que l’on produit, réfléchir à son utilité pour la société et pour sa propre classe est nécessaire. Critiquer l’industrie de l’armement est donc un impératif. N’oublions pas que de nombreuses résistances ouvrières contre la guerre, le nazisme, les guerres coloniales et impérialistes sont venues de communistes travaillant dans l’industrie de l’armement[2]. Mais ces résistances ne pouvaient provenir que d’une prise de conscience, d’une vue d’ensemble de toute la société, non limitée à son seul secteur d’emploi.

Les partis politiques liés au système économique actuel se félicitent des contrats autour du rafale. Le PS, avec le ministre de la Défense Le Drian, le président Hollande ont joué un rôle majeur dans la vente de ces avions de guerre. Tous mettent en avant les créations d’emplois qui résultent de ces commandes militaires. Peu étonnant, la CFDT dont tout le monde connait sa ligne de collaboration de classe avec ce gouvernement, accueille « avec une immense satisfaction » les contrats militaires et revendique même « que l’investissement soit revu à la hausse sur l’ensemble des sites Dassault-Aviation »[3]. Merci à ces « syndicalistes » plus proches des patrons que des travailleurs de revendiquer auprès des patrons un investissement pour l’industrie du crime. Rappelons encore une fois à ces apologistes de l’industrie militaire que ce sont ces mêmes travailleurs qui sont, de tout temps dans l’histoire du capitalisme, les premières victimes des guerres de rapines ou des guerres impérialistes menées par les bourgeoisies nationales. Comment la CFDT peut-elle demander des investissements dans l’industrie militaire alors que les besoins du peuple, en matière de santé, d’éducation, de culture sont de plus en plus réduits ? Comment peuvent-ils demander des mesures aussi réactionnaires alors que le gouvernement vient d’annoncer plus de mesures pour la « Défense » (comprenez pour l’offensive impérialiste en Afrique et au Moyen-Orient) au détriment du logement et de la santé[4] ? Tout simplement, leur absence de vue politique d’ensemble, l’enfermement dans le corporatisme entraine ce syndicat à la remorque du capital et de l’impérialisme.

Le développement de l’industrie militaire est un mirage. Dans notre société, les emplois se développent non pas pour répondre aux besoins de peuple mais pour assouvir les profits du capital. Les investissements pour l’armement ne répondent en rien à ce dont les travailleurs ont besoin. Le capitalisme est incapable de développer en priorité les besoins populaires : logements, santé, nourriture de qualité, conditions de travail de qualité, développement culturel et intellectuel…

L’industrie militaire est très lucrative pour le capital. Elle créé une masse importante de profits. En ces temps de tensions au Moyen-Orient et en Afrique, de repartage des zones d’influences par les grandes puissances impérialistes, l’industrie d’armement peut se frotter les mains : les guerres et les morts, ça rapporte.

Armées impérialistes et vente d’armes : c’est l’Humanité qu’on assassine

                En vendant ses armes aux pétromonarchies réactionnaires, la France participe en tant que grande puissance impérialiste à la déstabilisation du Moyen-Orient. Elle aide des satellites soumis à l’impérialisme US et de plus en plus à la France depuis le rôle de Fabius dans la tentative de dépeçage de la Syrie au profit des impérialismes occidentaux. En effet, elle renforce ses alliés sur le terrain pour contrer la pénétration des impérialistes russes ou chinois, liés aux régimes iraniens et syriens. Encore une fois, on peut le constater, les marchands d’armes et les impérialistes sont irresponsables. Ils sont prêts à tout pour conquérir des marchés, ou participer à la conquête de zones d’influences stratégiques, même si pour cela ils mettent à feu et à sang une région entière du monde.

                Il parait clair aussi que le gouvernement utilise le slogan des « droits de l’homme » quand ça l’arrange. Où sont ces apologistes des droits de l’Homme qui dénoncent les conditions de travail ignobles que subissent les travailleurs au Qatar, conditions par ailleurs organisées par des grands groupes français tel Vinci[5] ? Où sont-ils ces politiciens qui parlent depuis le 11 janvier du péril islamiste ?  Leur lutte antiterroriste est hypocrite en réalité. Ils n’hésitent pas à vendre des armes et à soutenir ces pétromonarchies islamistes, premiers soutiens de DAESH et autres groupes réactionnaires barbares.

 

                A bas ceux qui soutiennent l’industrie de l’armement.

 

                Les communistes ne sont pas hypocrites. Ils ne présentent pas le développement de l’industrie du crime comme des créations d’emplois utiles à la société ou un progrès. Encore une fois, le capitalisme montre qu’il ne peut plus répondre aux besoins des peuples mais les entraine vers la barbarie en armant les cliques bourgeoises les plus chauvines, nationalistes et impérialistes.

                Les organisations qui prétendent « défendre » le mouvement ouvrier sont malheureusement prisonnières des idées de la classe bourgeoise dominante. Le syndicat CGT Dassault par exemple estime que le rafale « est le meilleur avion de combat produit dans notre pays et il est bien meilleur que tous ses concurrents qu’ils soient américains ou européens » et que « la CGT a soutenu dès le début cette production franco-française » [6]. De tels propos chauvins, nationalistes montrent à quel point, du fait de défauts corporatistes, de visées réformistes, des syndicats ouvriers peuvent se situer à la remorque de l’impérialisme le plus militariste, le plus nationaliste et chauvin.

                Le PCF qui était autrefois le pilier de l’antimilitarisme distille lui aussi, depuis son évolution réformiste des idées contraires aux intérêts du mouvement ouvrier et liées au grand patronat français. Le PCF est conscient que la France participe « à un cycle de surarmement massif » mais « si le PCF soutient la réalisation du programme rafale, c’est afin de garantir à notre pays sa sûreté, sa défense et son indépendance en particulier vis-à-vis de l’OTAN et des Etats-Unis »[7]. C’est sûr que d’après le PCF, il vaut mieux des rafales pour l’armée française afin de semer la mort en Centrafrique, au Mali ou encore en Libye sans l’aide de l’OTAN ou des Etats-Unis. Encore une fois la critique des réformistes du PCF sur l’armement est inconséquente. Elle revient à soutenir son propre impérialisme, la France, dans ses visées néocoloniales en Afrique et au Moyen-Orient face à des concurrents comme les Etats-Unis. Les communistes au contraire sont solidaires des peuples du monde entier qui combattent le système impérialiste et en particulier les impérialistes français. Ils s’opposent à l’armée française qui est une armée de brigandage pour sécuriser le pillage d’autres continents et assurer la puissance économique et politique du capital français.

Les révolutionnaires et les communistes dispersés aux quatre coins de la France doivent se rassembler autour de ces mots d’ordres unitaires :

  • Stop à l’industrie de l’armement, le peuple a des besoins plus urgents que nourrir ceux qui font la guerre
  • Assez d’armes et de complicité envers les bourreaux des peuples et notamment les pétromonarchies du Golfe et les régimes corrompus d’Afrique
  • Retrait des armées françaises présentes aux quatre coins du monde.
  • Solidarité avec les luttes progressistes et révolutionnaires d’émancipation des peuples du monde entier

 

[1] BFM Business, http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/la-france-championne-de-l-exportation-d-armes-868526.html

[2] «  Courage on les aura ! Confiance camarade, le parti communiste vivra toujours. Pas de canon, pas d’avion et la guerre finira. Paix immédiate. Le Parti Communiste Français »…L’auteur de ce tract communiste, ouvrier dans l’industrie d’armement sera fusillé en juin 1940.

[3] CFDT Dassault, http://www.cfdt-dassault.net/docs/aff_sections_2015/1428995819.pdf

[4] France info, http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/plus-de-milliards-pour-la-defense-moins-pour-le-logement-et-la-sante-673913

[5] France TV info, http://www.francetvinfo.fr/sports/foot/coupe-du-monde/qatar-accusee-d-esclavage-moderne-par-une-ong-vinci-se-defend_867009.html .

[6] CGT Dassault, Turbulence n°19, février 2015,

http://cgtdassault.com/Dassault_Aviation/documents/1425034908.pdf

[7] PCF, communiqué du 14 avril 2015, http://www.pcf.fr/69496

N’OUBLIONS PAS LE SACRIFICE DES COMMUNISTES ET DE L’URSS

En ce 70ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie, rendons un hommage sincère et fraternel à tous ces hommes et ces femmes, soldats, pilotes, partisans, commissaires…, de tous les pays qui on participé à la victoire de l’Union Soviétique et des Alliés dans la guerre la plus dure et la plus sanglante de toute l’histoire de l’humanité contre la barbarie fasciste.

C’est aussi l’occasion de souligner une fois de plus, en dépit des révisionnistes de tout acabit le rôle majeur joué par l’URSS dans victoire sur le fascisme. La patrie du socialisme a dû affronter seule pendant trois ans, avant l’ouverture du second front, les hordes hitlero-fasciste de toute l’Europe. Pendant trois ans sous la direction de Staline et du GKO l’Armée Rouge a, à elle seule, contenu les armées fascistes jusqu’à détruire les meilleures d’entre elles dans la bataille de Stalingrad : point de départ de la défaite annoncée d’Hitler. L’Armée Rouge a libéré l’Europe pour finir par écraser le troisième Reich en son cœur, Berlin.

Les attaques contre ces faits historiques que l’on peut entendre dans les médias bourgeois de la part de journalistes ou historiens de la classe dominante sont minables. Ils relèvent d’un anticommunisme viscéral et doivent être dénoncées.

Mais les faits sont les faits et les faits sont têtus. Notre drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau des ouvriers et des paysans ainsi que de l’étoile de la glorieuse Armée Rouge flottait il y a 70 ans depuis une semaine sur le Reichstag. A ce moment même, l’Armée Rouge combattait encore pour libérer Vienne et Prague.

Aujourd’hui, dans un monde en crise capitaliste où le fascisme est ravivé un peu partout, comme en Ukraine où il a pris son aspect le plus infect et réactionnaire, ce 70ème anniversaire est l’occasion de réaffirmer l’engagement infaillible des communistes de tous les pays et de tout temps contre le fascisme.

Vive l’Armée Rouge des Ouvriers et des Paysans, Vive l’URSS, Vive Staline !

Vive les communistes du monde entier qui ont versé leur sang, aux quatre coins du monde contre la Terreur fasciste !

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Un Boulevard pour un marchand d’armes !

Coup de gueule  d’un travailleur sur l’arrogance d’un bourgeois !

Un Boulevard pour un marchand d’armes !

 

Dans la catégorie « faits divers nauséabonds », il en est un qui a retenu particulièrement notre attention. A Corbeil Essonnes, ville de la région parisienne qui fût longtemps un fief du PCF, il y eut un maire qui ne passa pas inaperçu : Serge Dassault. Il est la quatrième fortune française et fût le maire de cette ville de 1995 à 2009. Ce multirécidiviste dans les affaires de corruption et de financement illégal en tout genre fût  le directeur du Groupe Dassault mais aussi, entre autres, du journal Le Figaro.  C’est à ce hideux personnage que veut « rendre hommage » l’actuel maire UMP de Corbeil Essonnes, complice frauduleux de Dassault, en rebaptisant l’artère de la ville le Boulevard Jean Jaurès en Boulevard Serge Dassault.

Loin d’être une plaisanterie, ce fait divers témoigne de la grossièreté de technocrates bourgeois qui viennent rendre hommage à un marchand d’armes de son vivant ! Sans faire l’éloge de Jean Jaurès, le grand écart qui existe entre les deux personnages est néanmoins éléphantesque ! Ainsi, on  substitue au fondateur du journal L’Humanité le propriétaire du Figaro, on remplace un célèbre militant de la paix à l’un des plus gros industriels de l’armement français qui fournit aux quatre coins de la Terre ses avions de chasse à tous les belliqueux qui veulent bien les acheter.

Malheureusement, nous n’aurons pas la chance d’apercevoir tous les tenants de l’anticommunisme parler ici du culte de la personnalité… Non car, face à Staline, se dresse Dassault « un homme respectable qui a tant donné à la France »[1] !

Bourgeois, ne soyez ni étonnés ni apeurés si au lendemain de la révolution, nous autres les communistes, gommons des rues, des boulevards et des usines, tous les noms de vos illustres exploiteurs pour y graver le nom des ouvriers !

[1] Afin de prouver son « humanité » voici quelques citations de cet illustre personnage : « L’ISF est une catastrophe qui a fait fuir des milliers d’industriels» ; « Ces 35 heures, c’est le cancer de la France, ça a cassé l’industrie.”; “Les Chinois ils travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font de bons produits pas chers »