COLLECTIF NI GUERRE NI ETAT DE GUERRE : UN COLLECTIF A RENFORCER

C’est un premier pas dans la reconstruction d’un mouvement anti-guerre et anti-impérialiste en France. La naissance de ce collectif en janvier-février 2016 a marqué la volonté d’organisations politiques, de syndicats et d’associations de développer et d’organiser la lutte contre la guerre sur tout le territoire de l’Etat français. Ce comité, qui s’est d’abord constitué à Paris et qui se renforce en province (Marseille, Beauvais…), a de suite lié l’analyse de la situation actuelle à l’action concrète contre les guerres françaises comme en témoignent les manifestations du 12 et 19 mars à Paris.

 

LA NECESSITE D’UN MOUVEMENT ANTIGUERRE EN FRANCE

 

Afghanistan, Côte d’Ivoire, Mali, Centrafrique, Syrie, Libye, Irak et tant d’autres encore. Les interventions militaires françaises se sont multipliées ses dernières années sans que naissent des mouvements de rue contre la guerre ou encore une volonté coordonnée de s’opposer à la guerre. Pour autant, beaucoup d’organisations révolutionnaires ou progressistes avaient dénoncé les guerres sans toutefois franchir le pas d’une tentative unitaire de s’opposer à la guerre.

Aujourd’hui, la première pierre est posée. L’état d’urgence et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et social, l’intervention française en Syrie et les risques de déflagration en un nouveau conflit mondial ont été des déclics pour tenter de construire une riposte à cet état de guerre permanent mis en place par l’Etat impérialiste français.

 

Le ROCML a toujours affirmé la nécessité de réunir toutes les organisations révolutionnaires et progressistes qui s’opposent aux guerres menées par la France dans un vaste front de lutte contre la guerre. Ne nous y trompons pas, la cible des communistes est l’impérialisme français. C’est notre propre bourgeoisie qu’il faut d’abord combattre. Souvent le mouvement antiguerre s’est mobilisé en France lorsque notre propre impérialisme n’intervenait pas directement : Irak en 2003. Il est donc vital que le mouvement anti-guerre se développe contre les guerres menées par son propre pays. C’est en cela que le mouvement antiguerre combat réellement les guerres.

 

LE SENS DE NOTRE INTERVENTION DANS LE COLLECTIF CONTRE LA GUERRE

 

Le ROCML se reconnait dans les 4 points essentiels de la plateforme du collectif :

1) L’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait de toutes les troupes françaises à l’extérieur et la fin des traités et alliances militaires (OTAN),

2) La dénonciation des ventes d’armes,

3) la dénonciation de la militarisation de la société et le complexe militaro-sécuritaire,

4) Le soutien à l’autodétermination des peuples et sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.

Ce collectif rassemble différentes organisations avec lesquelles nous discutons et débattons. De ce fait, les militants du ROCML vont s’investir dans le débat autour de plusieurs questions : le Moyen-Orient, la Françafrique, la sécurisation de la société ; afin de participer à la construction des analyses et de la politique du collectif.

Les communistes participant à ce collectif essaient de faire le lien entre les guerres extérieures de la France et le système capitaliste-impérialiste. Tant que ce système économique de pillage existera, les guerres continueront. Ce n’est pas une question de choix dans une politique extérieure. De même, les guerres de conquêtes extérieures et la guerre sociale à l’intérieur du pays sont les deux faces de l’offensive réactionnaire du capital. Il est grand temps que les communistes fassent la lumière sur l’imbrication de ces phénomènes pour que les travailleurs comprennent mieux la situation actuelle et luttent, non plus seulement contre la politique du gouvernement, mais contre le système impérialiste.

 

A bas l’impérialisme français et ses guerres !

 

Multiplions la création de collectifs antiguerres dans tout le pays !

 

Relions les luttes contre les guerres de conquêtes à la lutte contre les mesures d’austérité et anti-ouvrières !

Le site du collectif : http://collectifantiguerre.org/

Contacter le collectif : antiguerre16@gmail.com

Après Bruxelles, plus que jamais : Sortir de la guerre

Position du collectif Ni guerre, ni état de guerre, que dont le ROCML est membre et soutient la position:

Après Bruxelles, plus que jamais :

sortir de la guerre !

Le Collectif Ni guerres ni état de guerre s’associe à la douleur des proches des victimes des attentats de Bruxelles, ainsi que des morts des bombardements à Raqqa, Mossoul, Alep et tant d’autres villes. Il condamne fermement ces attentats et ces bombardements.

Les attentats de Bruxelles viennent nous rappeler douloureusement que la guerre qu’ont initiée nos gouvernants continue. Par leur politique de guerre en Irak et en Syrie, ils portent une responsabilité écrasante envers chacune des victimes de cette guerre.

Ces attentats témoignent que la militarisation de la société, le quadrillage policier et militaire ne protègent en rien les populations. En Côte d’Ivoire comme à Bamako, les attentats récents ont montré que la présence militaire française expose les populations civiles.

Depuis le 23 septembre 2014, la coalition occidentale a effectué 11 086 bombardements (7 431 en Irak et 3 655 en Syrie), déversant 39 715 bombes et missiles qui ont causé plus de 1 000 morts civils en Irak et en Syrie[1]. 298 de ces bombardements ont été le fait de l’aviation belge. L’aviation française a commis plus de 680 bombardements.

Comme l’indique la plate-forme du Collectif Ni guerres ni état de guerre rédigée après les attentats du 13 novembre dernier: « L’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafales tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Ces bombardements sont des bombes à retardement. »

Face aux instrumentalisations indignes visant à désigner les musulmans à la vindicte, le Collectif appelle à l’unité face à ceux qui répandent la haine et la guerre.

Seule une politique de paix peut mettre fin à l’hécatombe.

Le Collectif Ni guerres ni état de guerre appelle à l’arrêt immédiat des bombardements français en Irak et en Syrie, et à la fin de l’ingérence française.

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[1] Source : collectif de journalistes http://airwars.org/

Le ROCML est parti prenante du Collectif Ni guerre Ni état de guerre

Le ROCML s’associe à l’appel du collectif et participe à développer les initiatives contre la guerre et l’impérialisme français.

Il s’associera à la manifestation du 19 mars à Paris à 14 h à Barbès

Collectif ni guerres ni état de guerre
Texte fondateur


La France était en guerre bien avant les attentats du 13 novembre, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Les guerres de pillage pour le contrôle des ressources n’ont pas manqué depuis le début des années 2000, en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique. Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial.

Les interventions militaires que mène l’État français sont très largement invisibles dans les médias. Le peu qui en est dit impose un consentement au nom d’une logique sécuritaire, avec ou sans habillage humanitaire ; le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant,comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les « Rafale » tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan.

Ces bombardements sont des bombes à retardement.

La guerre devient désormais un moyen de gouverner – et de gouverner par la peur. L’état de guerre proclamé justifie la privation croissante des libertés et des mesures directement inspirées de l’extrême droite comme la déchéance de nationalité. Cette situation, d’une extrême gravité, passe pourtant pour une évidence dans le discours politique dominant, comme s’il s’agissait de banaliser la guerre et de nous habituer à cet état martial et sécuritaire. Car l’état d’urgence vise à museler les colères et les luttes : cette guerre est aussi une guerre sociale.
Nous nous opposons aux guerres d’ingérence et de spoliation – donc à tous les impérialismes.
Mais nous sommes en France et c’est donc en France que nous pouvons nous battre en priorité contre « notre » propre impérialisme. Nous pouvons le faire concrètement, sans abstraction ni proclamation :
parce que les questions géopolitiques qui se jouent parfois à des milliers de kilomètres ont des résonances fortes, ici, dans nos quartiers. C’est pour cela que la lutte de notre collectif passe par le combat contre tous les racismes, et notamment le racisme antimusulman, contre les inégalités et les discriminations, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, l’opposition aux mesures d’exception et au contrôle généralisé des populations qui ciblent en priorité les personnes musulmanes ou supposées telles, les quartiers populaires et les mouvements sociaux.
Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous subissons, à la hauteur des guerres qui se font contre les populations, contre nous et en notre nom.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un Collectif contre la guerre, qui
• exige l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des
traités et alliances (OTAN…) ;
• dénonce le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;
• combat la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe
militaro-sécuritaire ;
• soutient le droit à l’autodétermination des peuples, apporte sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.
Nous voulons élargir ce comité, nationalement et localement, à toutes les organisations et toutes les personnes qui se retrouvent dans ce combat.


Pour tout contact et signature : antiguerre16@gmail.com

Libérez Georges Abdallah (discours du ROCML)

Retrouvez l’intervention d’un militant du ROCML sur France 3

Discours du ROCML à la manifestation de Lannemezan

Nous sommes solidaires de notre camarade Georges qui entame aujourd’hui sa 32ème année de détention. Georges n’a jamais renoncé à la lutte contre l’impérialisme oppresseur. Il est un exemple de courage et de fermeté pour tous les militants révolutionnaires et progressistes.

Georges est victime de la justice de classe, impérialiste de l’Etat français. Hollande, Valls, les gouvernements impérialistes de ce monde prétendent défendre la paix, une société pacifiée, en même temps qu’ils combattraient la violence.

Mais de quelle violence parlent-ils lorsque les impérialistes condamnent Georges Abdallah ? De quelle violence parlent-ils lorsque l’impérialiste sioniste assassine des enfants palestiniens ? De quelle violence parlent-ils lorsqu’ils arrêtent des syndicalistes d’AIR France ?

Il y a en vérité deux violences. Celle du capitalisme-impérialisme qui enferme les travailleurs et les peuples dans les prisons de l’exploitation et celle des travailleurs qui luttent pour l’amélioration de leur sort. Hollande, pour qui la violence de classe des travailleurs est intolérable, est en première ligne pour déchainer la violence des impérialistes au Mali, en Centrafrique, en Syrie, la guerre sociale en France contre les travailleurs révoltés, les migrants, la mobilisation pro-palestinienne.

Puisqu’une attaque contre l’un de nous est une attaque contre tous, nous appelons à poursuivre le combat pour la libération de Georges, à renforcer nos mobilisations pour résister à l’impérialisme et à la violence de classe.

 

Libération immédiate de Georges Abdallah !

A bas l’impérialisme !

 

C’est ensemble camarades que nous vaincrons

Le 24 octobre 2015, Le ROCML et la JCML

Tous à Lannemezan le 24 octobre !

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Georges Ibrahim Abdallah entrera le 24 octobre dans sa 32e année de détention en France.

Il est libérable depuis 1999 !

C’est un militant anti-impérialiste et pro-palestinien que l’État français garde dans ses geôles.

Nous appelons à une large mobilisation en France et partout ailleurs.

Manifestation nationale à Lannemezan (Hautes Pyrénées), de la gare à la prison,

samedi 24 octobre 2015 à 14h.

MIGRANTS ET PROLETAIRES LES RESPONSABILITES DE L’IMPERIALISME

« La grande industrie a créé le marché mondial »[1] s’exclamait déjà Karl Marx en écrivant son Manifeste du Parti communiste. Depuis, le capitalisme n’a fait que renforcer son emprise sur le monde entier. Tous les phénomènes contemporains : les délocalisations, les migrations, les guerres… découlent du système capitaliste mondialisé. Ces lois ne dépendent pas de la volonté de tels ou tels capitalistes ou politiciens. Ils ne sont que les profiteurs ou les gérants de ce système.

Les phénomènes migratoires découlent du développement du capitalisme. Depuis le XXème siècle,les vagues migratoires partent des pays dominés économiquement, politiquement, militairement par l’impérialisme vers les métropoles impérialistes. Aujourd’hui, avec les guerres se produisant au Moyen-Orient, ces flux migratoires semblent s’accélérer vers l’Union Européenne bien qu’en réalité, ce ne sont pas ces pays qui absorbent la grande partie des mouvements de réfugiés[2].

Est-ce que les migrants sont responsables des problèmes de la France comme se plaisent à le dire les démagogues de tout poil ? Comment les travailleurs déjà localisés en France doivent-ils réagir sur la question des nouveaux migrants[3] ?

La surexploitation des peuples dominés

et des travailleurs immigrés par l’impérialisme

Le capital va là où la main d’œuvre est « bon marché », là où il peut obtenir une marge de plus-value (de profit) élevée. En ce sens, le capital n’a pas de patrie, il jette par-dessus bord tout drapeau national lorsque ses profits le demandent. Le système impérialiste a engendré de grandes inégalités entre les prolétaires des métropoles impérialistes et ceux des ex-colonies ou pays dominés par cet impérialisme. Les métropoles impérialistes utilisent ces pays où la main d’œuvre n’est pas chère pour dégager des surprofits. Ainsi, les peuples soumis à l’impérialisme sont surexploités.

Dans beaucoup de ces pays, la couche de diplômés est déclassée par rapport à son niveau d’étude, le prolétariat souffre de nombreuses privations, la jeunesse n’a que peu d’avenir et de perspectives. Ces motifs économiques expliquent en partie les flux migratoires. De l’autre côté, la bourgeoisie impérialiste organise ces migrations par des réseaux légaux ou illégaux liés aux Etats, ou aux organismes de recrutement patronaux. Une ’immigration légale dite « choisie » est organisée, pour répondre aux besoins en main d’œuvre des pays impérialistes.

Une fois parvenue dans les pays dominants de l’Union-Européenne (Grande Bretagne, Allemagne, France…), la bourgeoisie utilise cette main d’œuvre immigrée par la voie légale[1] ou illégale (le travail clandestin, dit au « noir »). Les bourgeoisies des métropoles utilisent cette nouvelle main d’œuvre disponible pour la mettre en concurrence avec les travailleurs déjà présents. Les travailleurs immigrés ne sont pas eux-mêmes responsables de cette division, c’est le patronat qui l’orchestre. Bien entendu, les démagogues préfèrent s’en prendre aux victimes de ce système plutôt qu’au responsable : le capitalisme.

            La question migratoire est une question de classe. Les migrants sont pris dans le mouvement de la lutte de classe qui est le moteur de la société. On voit bien l’hypocrisie de la libre-circulation appliquée par la bourgeoisie. Le capital peut-être investi partout. Le migrant bourgeois n’est pas parqué dans des centres de rétention. Au contraire, les princes saoudiens sont accueillis avec tous les honneurs. On peut bien privatiser les plages pour eux. Par contre, les travailleurs qui migrent doivent défier les barbelés, et sont finalement parqués dans des centres, avant de devoir accepter tout travail (souvent au « noir ») afin de pouvoir survivre.

La déstabilisation du Moyen-Orient par l’impérialisme

Le système impérialiste mondial connait actuellement une phase de repartage du monde entre les puissances impérialistes. Ce repartage passe par la guerre comme moyen politique pour parvenir à ses fins. Les peuples, les travailleurs du monde entier en subissent les conséquences. Le Moyen-Orient (Irak, Syrie, Turquie…) mais aussi l’Ukraine sont les centres de gravité de ces tensions inter-impérialistes.

            Les puissances impérialistes, avec au premier plan la France, sont responsables de ces migrations massives : ce sont elles qui ont transformées le Moyen-Orient en un immense champ de ruine, afin de contrôler les ressources de ces pays, ou encore les axes de communication géostratégiques et pour cela, elles ont créé (entre autres) le monstre DAESH qu’elles prétendent combattre aujourd’hui.

Peut-on croire une seconde que c’est en bombardant, en faisant la guerre en Syrie que la France mettra fin au départ de milliers de personnes qui fuient justement la guerre pour se protéger ? Cela fait plus de 25 ans que l’Irak est sous le feu des bombardements[4]. L’impérialisme détruit en fait pour assurer et développer ses intérêts. Pas pour rétablir la paix qu’il a lui-même détruite. Seuls les peuples révoltés, organisés sur des bases anti-impérialistes, progressistes et révolutionnaires peuvent faire reculer les forces de guerre et reconstruire des espaces de paix et de progrès. C’est le cas du ROJAVA, le Kurdistan syrien, dont Kobané est le symbole. En réalité, les interventions armées prétendument « anti-terroristes » des puissances impérialistes (la France récemment en Syrie) ne sont que des prétextes pour  affaiblir les véritables ennemis de l’impérialisme (Le mouvement kurde) et continuer à déstabiliser les Etats dont les alliances contredisent les plans stratégiques des impérialismes occidentaux. Voir les bombardements par « erreur » sur les Kurdes  ou sur l’armée syrienne.

La politique de l’Union Européenne :

Une politique de classe discriminatoire et réactionnaire

            Les pays européens se différencient dans leurs politiques d’accueil. Dans tous les cas, tous profitent de ces migrants pour répondre à leurs intérêts économiques. Beaucoup flattent la politique « humaniste » de madame Merkel. En réalité, l’Etat allemand accueille ces migrants pour les faire travailler dans certains secteurs économiques[5],à 4-5 euros de l’heure. Il n’y a rien d’humaniste là-dedans. C’est une politique répondant aux intérêts de la bourgeoisie allemande dans le but de mettre en concurrence les travailleurs et d’augmenter la plus-value.

            Il suffit pour cela de lire les analystes bourgeois de l’OCDE qui incitent  à « mobiliser les compétences des migrants au service de la réussite économique » (du capital). Le migrant y est vu comme une ressource qu’il faut utiliser pour le développement économique[6] du capitalisme.

            Si ces migrations sont utiles pour certaines métropoles impérialistes, les migrants qui sont appelés à venir par l’Allemagne notamment, doivent traverser des Etats qui eux sont en crise : comme la Hongrie, la Grèce. Ces traversées suscitent des réactions xénophobes. En France, certains agitent le thème de la « guerre des civilisations »[7], cette théorie réactionnaire et xénophobe, pour attiser les divisions dans la classe ouvrière et appeler au soutien des guerres impérialistes. Dans tous les cas, lee capitalisme utilise cette question des migrations pour ses propres intérêts et pour piétiner encore plus les intérêts des prolétaires.

            Cette crise politique des migrants montre aussi les limites de l’Union-Européenne. Alors que Le Pen veut soit disant faire reprendre la souveraineté nationale à la France, on voit qu’en réalité, l’UE n’a pas retiré la souveraineté aux Etats. Lorsque les besoins des bourgeoisies nationales le demandent, les Etats reviennent concrètement sur leurs principes : les pays ferment leurs frontières. Le FN pousse à l’absurde et à l’irrationnel la démagogie chauvine : il nie l’interrelation économique et territoriale avec les Etats voisins de la France. Cet état d’esprit nombriliste est celui du petit-bourgeois propriétaire : « Cette Terre-ci est à moi, rien qu’à moi ». Il n’a rien à voir avec l’intérêt du prolétariat de France qui doit réaliser son unité avec l’ensemble de la classe des travailleurs.

Une solidarité nécessaire

La solidarité de classe

Partout en Europe se développe chez les peuples et les travailleurs une solidarité envers les migrants. Certes, beaucoup sont animés par un élan humaniste ou sentimental. Mais d’un autre côté. Ce sont des réactions positives. Cependant elles sont insuffisantes car souvent non durables du fait de l’absence de perspectives politiques, et en conséquence de but qui entraine  l’énergie pour lutter. Ces motivations humanistes sont détournées dans l’intérêt des décideurs économiques et politiques de ce pays qui utilisent cette main d’œuvre dans l’intérêt du capital comme nous l’avons déjà souligné. Seule une prise de conscience de cette situation par les travailleurs peut créer l’unité de lutte entre travailleurs français et immigrés contre leur ennemi commun. A la division de classe qui sert le patronat, opposons l’unité de tous les prolétaires et des organisations qui mènent la lutte de classes. Il n’y a pas d’autre voie.

Le mot d’ordre d’égalité des droits économiques et politiques doit être mis en avant. C’est sur ce mot d’ordre que l’unité de la classe se réalisera. A travail égal, salaire égal, quels que soit l’origine nationale et le temps de résidence en France. Il faut mettre fin aux différences de traitement des travailleurs  créées par le capitalisme pour les diviser.

Dans cette perspective, les communistes doivent participer à toutes les formes de manifestation et de solidarité avec les migrants, à structurer ces migrants dans les organisations ouvrières, à diffuser ce mot d’ordre communiste dans les organisations ouvrières.

EGALITE DE DROIT ENTRE TOUS LES TRAVAILLEURS !

 

UNITE DE LA CLASSE OUVRIERE

CONTRE LE CAPITAL QUI NOUS DIVISE !

 

RENFORCONS NOS ORGANISATIONS DE CLASSE

ROCML, le lundi 28 septembre 2015

[1] Voir la circulaire européenne sur les travailleurs détachés

[1] Marx K., Manifeste du Parti communiste, Le livre de poche, Paris, 2004, p. 53.

[2] Les pays dits industrialisés reçoivent 14 % de l’ensemble des migrants. Cela montre bien que ces pays n’accueillent pas « toute la misère du monde », ne font pas face à une « invasion ».

[3] Pour nous, les migrants ne sont pas un « problème » comme se plaisent à dire les médias et politiques bourgeois. Ils appartiennent au prolétariat international. La question est comment les intégrer à l’unité de classe des travailleurs, sur quelles revendications.

[4] Depuis la première guerre du Golfe au début des années 1990.

[5]En fait l’Allemagne avec une population vieillissante est en manque de « main d’œuvre » qu’elle va rechercher dans l’immigration 

[6] OCDE, Perspectives des migrations internationales, 2014, 464 p.

[7] Théorie que le ROCML a déjà analysée :  http://rocml.org/a-propos-de-la-valeur-des-civilisations/. Cette théorie se rattache à l’idéologie impérialiste, et notamment aux prétentions d’universalités de la bourgeoisie française. Cette théorie sert de prétexte à multiplier les interventions impérialistes et les crimes contre l’Humanité dans le monde entier.

LES FAUTEURS DE GUERRE AU MOYEN ORIENT CE SONT LES FORCES IMPERIALISTES

Le 22 juillet 2015, 33 militants communistes et révolutionnaires ont été tués dans un attentat perpétré par  Daech à   Suruç, en Turquie. Le même jour un accord a été conclu entre les Etats Unis et l’Etat turc pour l’utilisation de la base  militaire d’Incirlik2. Dans la même période certaines forces se disant en opposition avec le régime syrien ont abandonné leur base en Syrie proche de la frontière turque aux forces turques ou à des milices proches de l’armée Turque.     Contrairement à la propagande mensongère propagée par les médias occidentaux, tous les groupes dits « islamistes » en Syrie sont soutenus par les pays impérialistes et les forces réactionnaires régionales, en particulier  par les USA, la France, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Dans les circonstances présentes on nous dit maintenant que la lutte contre Daech  a été renforcée par le rapprochement avec la Turquie. Mais en réalité depuis cet événement, à part la publication de quelques photos de militants de Daech, l’Etat turc n’a rien entrepris contre Daech. Bien au contraire il a  déclaré la guerre au peuple kurde qui lutte en première ligne contre Daech et qui ne réclame même pas l’auto-détermination3.

Sur le terrain l’impérialisme et les forces réactionnaires locales manipulent l’opinion en montant  les minorités les unes contre les autres, notamment en opposant le peuple Yézidi aux Kurdes en diffusant la rumeur selon laquelle « les musulmans exterminent le peuple Yézidi». Mais beaucoup de Yézidis sont Kurdes et ont été  sauvés des griffes de Daech par les Kurdes (dont la majorité est musulmane).

Le plus gros danger au Moyen Orient n’est pas  Daech mais l’impérialisme. L’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen ont été plongés dans le chaos et la guerre. Par qui et pour quels intérêts ?

Nous avons déjà dans notre journal4 montré le lien qui unit l’impérialisme et l’EI.  Il n’y a aucun doute pour nous : l’EI est une force réactionnaire et fasciste. Le conflit qui oppose l’EI et les impérialistes n’est pas un conflit entre l’obscurantisme et les forces de progrès mais un conflit entre forces réactionnaires.

Les médias français parlent d’un échec face à Daech. S’il ne s’agissait que d’une question militaire le problème aurait été réglé depuis longtemps. Mais Daech sert les intérêts géopolitiques des impérialistes occidentaux.

Le problème fondamental, n’est pas Daech, le problème fondamental est : qui contrôle et comment contrôler le moyen orient ?

De ce point de vue l’utilisation de bases militaires en Turquie par les USA participe au processus d’éradication de la présence russe au Moyen Orient. Il s’agit soit de  renverser le régime Syrien soit tout au moins de l’affaiblir et le laisser « mort entre deux eaux » : c’est une vieille tactique éprouvée. L’accord avec l’Iran, les menaces de guerre entre la Russie et d’autres forces impérialistes dénotent un  conflit essentiellement de caractère inter-impérialiste. Que ce soit au Yémen, en Irak, en Syrie, en Libye, aucune organisation n’est indépendante des forces impérialistes.

Daech profite d’une certaine manière des conflits inter-impérialistes. Il vend du pétrole, achète des armes et de la nourriture sans problème. Il n’y a qu’à voir le flot de camions qui circulent entre le territoire tenu par Daech et la  Turquie ou l’Irak.

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Les Kurdes de Turquie ou de Rojava :
une épine dans le pied de l’impérialisme

 

A  Kobané (Rojava), les kurdes ont fait reculer Daech par leurs propres forces. Les bombardements américains ont  même atteint par « erreur » des positions kurdes ou des zones en partie contrôlées par le régime Syrien.

Et ce n’est pas  tout, quand la Turquie bombarde les bases  Kurdes (PKK), et des populations et villages en Turquie même, y-a-t-il eu un  seul pays qui ait condamné la Turquie? La Turquie de longue date ne s’est jamais engagée militairement contre Daech. Les USA ont obtenu la base militaire en Turquie en contrepartie pour l’Etat Turc de pouvoir mener en toute impunité des actions militaires contre les Kurdes tout en déclarant avec hypocrisie qu’elle cherche la paix avec le peuple kurde. Elle a même obtenu le soutien  de Barzani, dirigeant kurde d’Irak,  dans son intervention armée contre les Kurdes de Turquie (notamment contre le PKK).

Ce qui dérange les pays impérialistes et les forces réactionnaires locales chez les Kurdes de Turquie ou de Rojava, c’est qu’ils ne font pas confiance à l’impérialisme et aux forces réactionnaires. Par leur propre organisation politique et  militaire ils ont pris le chemin de l’auto-défense.  Cela a conduit à une mobilisation massive dans tout le Kurdistan, et au  niveau international au soutien des révolutionnaires et communistes  de divers pays, dont certains  ont versé leur sang en se battant aux côtés du peuple Kurde. L’expérience de Rojava montre que, en profitant des conflits inter-impérialistes, les peuples peuvent prendre leur destin en main et se battre pour leurs intérêts propres. Evidemment il faut créer un rapport de force, avoir un soutien large parmi les peuples, la sympathie d’autres forces progressistes dans le monde. C’est ce que les USA et d’autres forces impérialistes n’ont pas apprécié.

A Rojava un peuple opprimé montre que la lutte pour l’indépendance ou l’auto-détermination peut être menée en s’appuyant sur ses propres forces5. Malgré tout, certaines organisations kurdes n’ont pas perdu leurs illusions d’obtenir des concessions grâce à la pression des pays impérialistes sur la Turquie et sur les autres pays qui divisent le Kurdistan. Pourtant toute histoire de la lutte du peuple kurde montre le contraire.

C’est ce qu’illustre aujourd’hui Rojava. Les forces réactionnaires et les pays impérialistes ont parié sur le règlement du « problème kurde »  par Daech. Mais la résistance kurde a bousculé  leurs plans. C’est cela qui a décidé l’Etat Turc de s’en prendre militairement au peuple kurde en effectuant des bombardements et des massacres de civils et autres actes qui relèvent  de crimes contre l’humanité.

Mais cette situation a entrainé la formation d’une alliance en Turquie entre le peuple Kurde et d’autres minorités et notamment avec le mouvement révolutionnaire. Aux élections du 7 juin 2015 cette alliance a recueilli 6 millions de voix et obtenu 81 députés. Jamais dans l’histoire de la Turquie des communistes, des progressistes et des représentants du peuple Kurde n’ont été élu par le peuple avec une telle ampleur. Ce fut un coup très dur pour le Gouvernement islamiste qui dirige sans partage la Turquie depuis une décennie.

En Turquie une nouvelle dynamique révolutionnaire depuis le mouvement de Gezi en 2013, bouleverse et traverse toutes les forces politiques. La bourgeoisie n’a pas pu créer un gouvernement après l’élection de 7 juin. Un pilier important pour l’impérialisme comme la Turquie qui s’enfoncerait dans une crise politique serait déstabilisatrice pour sa domination. N’oublions pas qu’après Israël, au Moyen Orient, les deux pays les plus importants pour le camp impérialiste occidental sont la Turquie et l’Egypte.

Tant que les peuples n’auront pas abattu l’impérialisme
il n’y aura, ni paix, ni stabilité
au Moyen Orient

 

Depuis début du XXème siècle l’impérialisme a toujours cherché à dominer le Moyen Orient. Depuis les accords de Sykes-Picot6, l’intervention des impérialistes n’a pas cessé jusqu’au aujourd’hui. Citons : La création d’Israël et l’occupation des territoires des pays arabes par Israël, la création du CENTO7 pour contrer l’influence de URSS, la ceinture verte contre le communisme, la lutte contre la bourgeoisie nationale indépendantiste (comme le BAAS dirigé par Nasser), la guerre Iran-Irak, la première, deuxième et troisième guerre du golfe, la liste est longue…

Ce n’est pas une question de manque d’information ou la complexité de la situation au moyen orient qui empêche de comprendre ce qui se passe au Moyen Orient. Pour se positionner et agir de manière juste et efficace, il faut avoir une analyse anticapitaliste et anti-impérialiste claire.

Mais pour cela, et ce serait l’objet d’une autre débat : sans organisation indépendante de la bourgeoisie aucune lutte anti-impérialiste ne peut s’achever correctement dans l’intérêt des peuples opprimés et du prolétariat. La construction d’une telle organisation c’est la tâche qui s’impose aujourd’hui à tous les communistes.

ROCML 6 septembre 2015

 

[1]L’ ETAT ISLAMIQUE en français.

2 Appelée aussi  Adana, une ville situé au sud de la Turquie.

3Le mouvement Kurde, actuellement, ne demande même pas l’auto détermination, mais plutôt l’autonomie.

4la Voix des communistes n°12 sur notre site   www.rocml.org

5Rojava n’est pas un Etat des soviets, ni ne représente une forme nouvelle d’organisation  anticapitaliste. C’est un bel exemple que le peuple peut prendre son destin en main et construire son avenir, mais aujourd’hui la composition de classe et la conjoncture au Moyen-Orient  ne permettent pas de dire que Rojava peut évoluer vers le socialisme. Nous soutenons l’organisation démocratique à Rojava, le rôle important de la femme dans l’armée kurde, dans l’organisation civile et la lutte, c’est une étape de révolution bourgeoise. Mais le contenu  de leur programme est très loin de la démocratie prolétarienne.

6Le 16 mai 1916, faisant suite à un travail préparatoire épistolaire de plusieurs mois entre Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, et Sir Edward Grey, secrétaire d’État au Foreign Office, l’accord Sykes-Picot est conclu entre la France et le Royaume-Uni à Downing Street entre Sir Mark Sykes, et François Georges-Picot. Il prévoit à terme un découpage du Proche-Orient, c’est-à-dire l’espace compris entre la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer Rouge, l’océan Indien et la mer Caspienne, alors partie intégrante de l’Empire ottoman. La Russie tsariste participe aux délibérations et donne son accord, comme l’Italie, aux termes du traité secret.

7Créé en 1955 avec  l’Irak et La Turquie, puis l’Iran, le Pakistan et bientôt rejoint par l’Angleterre.

Sur le mot d’ordre de sortie de l’Europe

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Un article toujours d’actualité, extrait de la Voix des Communistes n°5.

La profonde crise sociale qui secoue l’ensemble des pays européens a fait apparaître dans ces pays des revendications désignant l’UE comme la source de tous les maux et prônant la sortie de la zone euro et de l’Union Européenne.

Remarquons tout de suite que le retour à une monnaie nationale ne remettrait pas en cause le fondement de la crise, puisqu’il ne s’agit pas d’une crise monétaire mais d’une crise générale du système capitaliste. En France, cette revendication du retour au franc est l’expression d’un sentiment nationaliste chauvin, désignant les « autres » comme cause des difficultés de la société.

Quant au mot d’ordre « Sortir de L’Union Européenne » de portée plus large sur quelle réalité repose-t-il et qu’implique-t-il?

L’UE est un cartel de pays impérialistes, c’est une machine servant à favoriser les impérialistes d’Europe dans leurs rivalités envers les autres impérialistes (US, russes, chinois, etc.). Le mythe de l’Europe Unie s’est brulé les ailes depuis bien longtemps: le « rêve » des fédéralistes tombe devant la réalité matérielle du capitalisme et de l’inégalité de développement du capitalisme qui font que dans le cadre de ce système, aucune union harmonieuse ne peut exister durablement, les bourgeoisies gardant une base nationale et restant en concurrence les unes avec les autres. Malgré les discours, les ententes entre pays capitalistes ne sont possibles que si chacun peut y trouver son compte !

Se retirer de l’Union Européenne est une revendication très naturelle pour les peuples engagés malgré eux dans cette structure. Et nous, communistes sommes pour la destruction de toutes les structures dont la raison d’existence est de permettre la domination de classe de la bourgeoisie, que ces instances soient nationales ou supranationales. Nous sommes donc pour la destruction de l’Union Européenne. Pour autant cette seule revendication n’est absolument pas suffisante. Comme dans la question de l’euro, s’en tenir au retrait de l’UE ce serait revenir à un « capitalisme national » historiquement dépassé, à la fois réactionnaire et utopique. Certains courants politiques en France notamment, adoptent sur cette question une position chauvine: ils voient l’UE comme un outil d’asservissement de la France, alors que c’est le contraire: l’UE est un outil des puissances impérialistes, dont la France. Plutôt que de réduire, elle sert à accroitre sa force (et si ce n’était pas le cas, cela ferait bien longtemps qu’on n’en parlerait plus!). Ces positions chauvines conduisent à entretenir le sentiment national des travailleurs, leur soumission à la bourgeoisie au nom de l’intérêt national, en affaiblissant la conscience de classe. De ce point de vue chauvin, la sortie de l’Union Européenne, de ce cartel des impérialistes, perd donc son caractère progressiste pour devenir un des moyens d’une visée réactionnaire.

Pour que cette revendication de sortie de l’UE ne soit pas marquée de chauvinisme mais soit en accord avec les principes internationalistes, il faudrait la considérer comme une voie pour détruire l’UE et affaiblir les pays impérialistes qui la constituent. Mais pour cela le seul moyen est la révolution socialiste. C’est pourquoi seuls ne versent pas dans le chauvinisme ceux qui considèrent la nécessité de la sortie et de la destruction de l’Union Européenne comme conséquence de la révolution socialiste dans chaque pays!

Cette lutte pour le socialisme, qui entraînera l’éclatement de l’UE dirigée par et pour les pays impérialistes qui la constituent, n’est pas une lutte purement nationale mais internationaliste: elle vise à détruire le capitalisme non seulement dans un pays, mais partout! Elle vise à ce que la classe ouvrière prenne possession du pouvoir et transforme la société dans un pays et partout! C’est une lutte solidaire de la classe ouvrière et des peuples du monde entier.

Cette analyse, qui différencie les communistes des chauvinistes quant à la question de la sortie de l’Union européenne avait été faite dès 1994 par une organisation grecque du nom de S.A.K.E. Dans leur brochure « Hors de l’UE impérialiste, Pour une Grèce socialiste » ils y disent notamment que, si l’adhésion de la Grèce a l’UE a été bénéfique pour la bourgeoisie à qui elle a donné « un parapluie protecteur », cela s’est traduit pour le prolétariat par la restriction des droits, des reculs sociaux et la montée du chômage.

Concernant la lutte pour la sortie de l’Union Européenne il est dit : «La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE, la lutte pour la victoire de la révolution populaire socialiste n’est pas une lutte purement nationale. C’est une lutte internationaliste, non seulement contre le capitalisme grec mais contre le capitalisme mondial (…). La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE n’est pas une lutte pour une Grèce capitaliste indépendante, qui ne peut exister, et qui même si elle existait serait aussi anti-ouvrière et antipopulaire qu’une Grèce membre de l’UE (…). Peu avant dans le texte, précédant ces explications, l’idée énoncée était: « Au cours du processus de développement du mouvement révolutionnaire, il se peut qu’un membre de la CEE devienne le maillon faible de la chaîne et que les conditions révolutionnaires y murissent. La classe ouvrière victorieuse, appuyée par les classes ouvrières des autres pays, doit alors sortir le pays de l’UE, ce qui constituera un coup décisif contre la coalition impérialiste et accélèrera le processus de décomposition et de dissolution, en aidant ainsi le développement du climat révolutionnaire dans les autres pays »

Voilà qui rétablit la position de l’internationalisme à l’heure où se développent des discours tentant de remettre au goût du jour la farce du « produisons français » que le PCF révisionniste a déjà essayée dans le passé de vendre vainement aux ouvriers de France.

La croyance en un retour salvateur à un espace national « protégé » participe à la tentation de chercher des « solutions » dans le cadre du capitalisme « national ». Cassant les reins à ces inepties, écartant les freins à la conscience révolutionnaire, la tâche actuelle des communistes est la formation de partis communistes marxistes- léninistes véritables et la préparation de la classe ouvrière, du prolétariat et des masses populaires en général à la révolution socialiste.

Abattre le système capitaliste pourrissant ou supporter des souffrances encore plus grandes dans l’implosion du système (guerres, famines, destructions de la force de travail…) – capitalisme ou socialisme – tel est, en définitive, le seul choix qui est posé aux prolétaires.

Voilà pourquoi les communistes rejettent ce mot d’ordre « sortir de l’Union Européenne » : Parce qu’il sème des illusions chauvines parmi travailleurs et parce que sa réalisation ne constituerait en rien un pas en avant vers la révolution socialiste.

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La tâche prioritaire des jeunes révolutionnaires

La tâche prioritaire des jeunes révolutionnaires :

La reconstruction du Parti Communiste Marxiste-Léniniste

Depuis quelques années, des jeunes se tournent vers le marxisme-léninisme car le capitalisme ne peut plus apporter de solutions à leurs problèmes. Ils voient dans les écrits communistes les outils nécessaires pour se forger une analyse politique de classe afin de résister à l’offensive du capital. Cette tendance est bien entendue positive néanmoins, peu de communistes se sont réellement engagés dans la réalisation de la tâche prioritaire de tous les révolutionnaires de France, à savoir la reconstruction d’un état-major révolutionnaire. Avoir conscience qu’il faut créer un Parti indépendant de la classe ouvrière, c’est refuser de céder au brouillard idéologique que disperse la bourgeoisie auprès de tous les militants révolutionnaires, c’est comprendre que sans son Parti, la classe ouvrière ne peut plus mener victorieusement sa lutte de classe. C’est en fait la tâche de tous les jeunes communistes.

LA JEUNESSE COMMUNISTE

A LA REMORQUE D’UNE STRATEGIE REFORMISTE

 

La JC est l’organisation de jeunesse du PCF. Ces deux organisations « s’enrichissent mutuellement » d’après les statuts de la JC proposés au Congrès de décembre 2014. De fait, si la base militante de la JC parait plus radicale que le PCF, il n’en reste pas moins que les perspectives politiques de la JC correspondent à la stratégie mise en place par le PCF au sein du Front de Gauche. L’objectif de la JC reste un hypothétique « dépassement du capitalisme », formule vague qui permet de faire cohabiter des tendances révolutionnaires avec l’ensemble des militants réformistes. Mais les militants communistes de la JC peuvent se poser la question : que se cache-t-il derrière ce « dépassement du capitalisme » ? Concrètement, on se rend compte que cette formule signifie la transformation du capitalisme par voie parlementaire. C’est une alliance avec les partis bourgeois au pouvoir alors que ceux-ci mènent une politique de classe en faveur du capital. En vérité, la JC est sous l’influence politique du PCF et malgré la présence de militants révolutionnaires honnêtes, elle applique la stratégie réformiste du PC.

Pour nous, il n’y a pas de solution dans un parti qui se fixe comme objectif l’aménagement du système capitaliste par le biais d’une majorité parlementaire, soutenu par le mouvement ouvrier. Donner une caution au PCF en s’organisant au sein de ses structures reviendrait à détourner le mouvement ouvrier de ses objectifs historiques. En effet, la perspective mise en avant par les réformistes d’une « majorité alternative » n’est pas une solution qui permettrait de développer les luttes et la conscience de classe de ceux qui refusent l’austérité.

Seul le rassemblement des militants politiques révolutionnaires communistes se liant aux militants syndicaux et de classe trempés dans la lutte peut permettre un pas en avant vers la perspective révolutionnaire. Ce n’est pas parce qu’on ne va pas prendre le pouvoir et construire le socialisme dès demain qu’il ne faut pas aujourd’hui s’organiser pour cet objectif. Repousser à demain la création d’une organisation révolutionnaire, être à la JC en attendant que le Parti soit créer pour ensuite le rejoindre, c’est croire que le Parti peut tomber tout prêt du Ciel. En gros, c’est repousser à jamais la reconstruction en France d’un Parti communiste.

Pourtant, la jeunesse révolutionnaire de France est courageuse. Elle a su dans le passé être à la pointe du combat communiste. C’est elle qui a appuyé de tout son poids la création d’une section française de l’Internationale communiste, c’est elle qui a mené la lutte anti-impérialiste des années 20, c’est elle qui a versé son sang dans la lutte pour la libération nationale de 1940-44. Il ne fait aucun doute que, conscients des besoins du présent, les jeunes révolutionnaires venus au marxisme-léninisme s’engageront dans la tâche prioritaire de la reconstruction du mouvement communiste en France.

CONSTRUIRE LE PARTI COMMUNISTE

LA PRIORITE DE TOUS LES JEUNES COMMUNISTES

 

Marx et Engels ont montré que le prolétariat a une mission historique, c’est de renverser la société bourgeoise afin de se libérer de son exploitation. En accomplissant cela, ils libéreront l’ensemble des couches laborieuses de la société qui subissent le joug du capitalisme. Cependant, pour accomplir leur mission, ils ont constaté que le prolétariat doit s’organiser dans un parti politique indépendant de la bourgeoisie, un parti communiste. Ainsi, pour réaliser les objectifs politiques du prolétariat, pour donner de la force à cette classe, pour développer sa conscience de classe, il faut un Parti communiste solide.

En 1900, Lénine constate que la lutte pour des réformes économiques est mise au premier plan au détriment de la lutte politique et révolutionnaire de la classe ouvrière :

« La lutte économique a une importance prépondérante, on relègue au second plan les objectifs politiques du prolétariat, on les rétrécit et on les limite, on prétend même que vouloir constituer un parti indépendant en Russie, c’est se borner à reprendre les paroles d’autrui, et que les ouvriers doivent se cantonner à la lutte économique, en laissant la politique aux intellectuels alliés des libéraux »[1].

 

Ces phrases sont écrites au moment où Lénine définit les moyens de créer un Parti politique de classe, indépendant, qui serait en mesure de prendre le pouvoir à la bourgeoisie. Dans la situation actuelle d’absence d’un parti communiste en France, l’expérience des communistes bolcheviks est essentielle à assimiler afin de reconstruire cet outil. Effectivement, aujourd’hui aussi, la lutte syndicale, économique domine le mouvement ouvrier. L’action politique de la classe ouvrière est en retrait. Le réformisme se contente de tenter de mobiliser les ouvriers sur les élections bourgeoises. Les partis réformistes se partagent les rôles avec les dirigeants syndicaux sous leur influence. Ils interviennent peu lors des mouvements de lutte mais tentent lors des élections politiques de réorienter la colère des travailleurs vers leurs partis. Au contraire des réformistes, les militants communistes et révolutionnaires pensent que mettre en avant des objectifs politiques au sein du mouvement ouvrier est une tâche essentielle pour renforcer l’unité politique des travailleurs face à leur adversaire de classe. Ils lient leurs revendications pour des réformes au but final qu’est la révolution socialiste. Ils ne se contentent pas comme les réformistes d’utiliser les retombées des luttes ouvrières pour faire aboutir leurs visées parlementaires au sein du système parlementaire bourgeois, ils ne laissent pas les intérêts politiques du prolétariat aux « intellectuels alliés des libéraux ».

En France, cette politique léniniste a bien existé lorsque le PCF était révolutionnaire. Le Parti mettait la lutte politique du prolétariat en avant, la liant aux revendications économiques. Ce fut le cas lors de la lutte anticoloniale au Maroc. En 1925, le PCF lança des grèves politiques dénonçant l’action de l’armée, française et réclamant dans le même temps des augmentations de salaires.

Ainsi, comme le remarque Maurice Thorez en 1931 :

Grâce à l’existence d’un parti marxiste-léniniste, « avec le développement de la conscience de classe, avec la création des organisations ouvrières (syndicats et Parti), nous commençons à trouver des grèves politiques. C’est-à-dire des grèves dont les ouvriers eux-mêmes ont souligné consciemment le caractère politique en ajoutant des mots d’ordre politiques aux revendications économiques, et même en mettant au premier plan la revendication politique»[2].

Dans la situation actuelle, la priorité est la création d’un parti communiste en rassemblant tous les militants marxistes-léninistes qui ont conscience que seule la Révolution et le Socialisme permettront au prolétariat de se libérer du capitalisme. La création du Parti est donc une tâche spécifique et importante pour tout communiste. Lénine après Marx a remarqué que le mouvement communiste nait de la fusion entre les communistes maîtrisant la science marxiste et l’avant-garde militante du mouvement ouvrier. Cette fusion lorsqu’elle se produit permet l’émergence d’un parti communiste mais il n’y a pas de recette miracle pour obtenir ce résultat. Comme l’explique Lénine, Dans chaque pays, cette fusion a été un produit de l’histoire, s’est opérée par des voies originales, selon des circonstances de temps et de lieux »[3].

Le PCF d’aujourd’hui n’est plus marxiste-léniniste, ni révolutionnaire. Comment créer un Parti ? En luttant au sein du PCF ? Hélas non, le nouveau parti communiste ne verra pas le jour comme en 1920 car les circonstances d’aujourd’hui sont différentes. Il n’existe pas de pays socialiste capable d’influencer le mouvement ouvrier de France, de fournir des moyens matériels. Il n’existe pas comme à la fin de la 1ère Guerre Mondiale une poussée révolutionnaire dans la classe ouvrière. La conscience politique des masses n’est pas aussi élevée. Le PCF est depuis trop longtemps ancré dans le réformisme, il n’y a plus de possibilités pour lui de redevenir communiste. Sa base n’est plus ouvrière comme auparavant (voir les analyses de Mischi). Il est aussi nécessaire de tenir compte de la situation internationale où le mouvement communiste est très affaibli. Le réformisme est en contrepartie une force organisée dans le mouvement ouvrier. S’organiser dans le PCF, ancré depuis des décennies dans le réformisme, pour le transformer de l’intérieur est une impasse avérée par l’histoire du mouvement communiste. Il est nécessaire dans la situation actuelle de réunir et d’organiser les communistes véritables afin de construire une force politique indépendante organisationnellement, politiquement et idéologiquement. Ce parti ne tombera pas du ciel du jour au lendemain.

Pourquoi cette organisation indépendante est-elle si importante ? Lénine explique que :

« Sans cette organisation, le prolétariat est incapable de s’élever à une lutte de classe consciente : sans cette organisation, le mouvement ouvrier est condamné à l’impuissance »[4].

Cette citation est valable tant que le capitalisme n’est pas renversé et les faits démontrent la véracité de l’analyse léniniste. Il n’existe actuellement pas de lieu d’assimilation de l’expérience des luttes, de la politique de la bourgeoisie, d’analyse générale de la société. De plus le mouvement est impuissant car il se limite à la lutte pour des réformes économiques. Il n’a pas d’objectifs politiques et sans cela évidemment, pas de dynamisme ou d’énergie. Il reste faible, ne grandit pas. Le réformisme quant à lui utilise l’énergie du mouvement ouvrier vers des buts limités, soumis à des impératifs de conciliation avec le système capitaliste.

Les communistes ont donc une tâche fondamentale aujourd’hui : reconstruire un Parti communiste indépendant organisationellement du vieux PCF réformiste. Que doit-on attendre des militants communistes répondant à cette tâche ? Comme Lénine l’évoque dans Que faire ?, nous devons rassembler les militants révolutionnaires, formés théoriquement au marxisme-léninisme, trempés dans la lutte de classe et gagnant une envergure nationale[5]. En effet, le parti communiste bolchévik d’Union Soviétique, grand par son expérience pour le mouvement communiste international, n’est pas devenu fort par hasard mais parce que ses dirigeants, ses cadres (parmi lesquels Lénine, Staline, Kalinine, Sverdlov…) avaient une haute conscience des tâches du mouvement pour le faire progresser et vaincre.

Est-ce qu’aujourd’hui le PCF peut se prévaloir de réutiliser cette expérience ? Quel parti aujourd’hui révèle aux travailleurs les méfaits du capitalisme ? L’abandon depuis des décennies d’une orientation clairement communiste et de classe empêche le PCF d’être le levier pour transformer la situation actuelle.

Mais alors quelle solution ? S’organiser pour construire un Parti communiste pour le prolétariat de France. Les jeunes communistes ont toute leur place dans ce processus. Les marxistes-léninistes qui mettent en avant la nécessité du Parti ont conscience des difficultés, de leur isolement actuel, de l’étendue de la tâche actuelle. Effectivement, aujourd’hui s’engager dans la JC peut sembler plus simple du fait du nombre, de ses moyens matériels, mais malheureusement, ça n’apporte pas de perspectives de progrès pour le mouvement ouvrier sauf la mise au pas des éléments révolutionnaires par les réformistes, derrière le FDG et à voter PS aux élections. Face à l’offensive du capital, on ne peut pas limiter notre riposte à ce type de conciliations bourgeoises !

Face à l’étendue de nos tâches et à nos difficultés, nous devons agir en communiste. Comme l’explique Staline à propos de tous les éléments défaitistes au sein du mouvement ouvrier :

«  La lutte du prolétariat n’est pas une avance ininterrompue, une chaîne continue de victoires. La lutte du prolétariat a aussi ses épreuves et ses revers. Le véritable révolutionnaire n’est pas celui qui fait preuve de courage dans la période de l’insurrection triomphante, mais celui qui, tout en combattant bien durant l’avance victorieuse de la révolution, fait preuve de tout autant de courage quand la révolution bat en retraite, quand le prolétariat connait la défaite, celui qui ne perd pas la tête et ne flanche pas quand la révolution subit des revers, quand l’ennemi remporte des victoires ; qui n’est pas pris de panique ni ne perd espoir quand la révolution est en recul »[6].

Ne pas flancher aujourd’hui, c’est ne pas renoncer à organiser la classe ouvrière sur la base de ses intérêts de classe et dans un parti indépendant de la bourgeoisie. Voilà ce qu’est être un communiste au XXIème siècle.

JCML

janvier 2015                                                                   

 

[1] Lénine, Par où commencer ?, 1900

[2] Thorez M., « La grève politique de masse », in Cahiers du bolchévisme, n°1, janvier 1930.

[3] Lénine, Par où commencer ?, 1900

[4] Idem.

[5] Voir le chapitre 2, la formation du POSDR dans l’Histoire du Parti Communiste bolchevik d’Union Soviétique, 1939.

[6] Staline J., écrit en 1924, in Les questions du léninisme.

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