FACE AUX ATTAQUES DE LA BOURGEOISIE, LA FRANCE INSOUMISE DIFFUSE DES ILLUSIONS !

Avec l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat, c’est une nouvelle étape qui est franchie pour mettre en place une nouvelle offensive contre les acquis et les conditions de vie des salariés. Le mouvement ouvrier, qui s’est mobilisé en 2016 contre la loi El Khomri, va encore devoir batailler ferme pour empêcher les ordonnances Macron d’être appliquées. Dominé par les idées réformistes dans les revendications syndicales comme dans la lutte politique, le mouvement ouvrier ne dispose pas actuellement des outils pour vaincre le gouvernement Macron, bien disposé de son côté, à mener la guerre de classe(1).

Mélenchon,  la France Insoumise et le PCF ne sont pas la direction politique qu’il faut au mouvement ouvrier pour vaincre l’offensive du capital. Ce n’est pas pour rien que depuis qu’il n’existe plus de parti communiste digne de ce nom en France, le mouvement ouvrier n’a subi que des défaites. Pourquoi le réformisme mène-t-il les travailleurs à la défaite ?

Du côté économique, il ne se borne qu’à la critique des excès et de certaines politiques du système capitaliste mais ne condamne pas ce système dans son ensemble : « Nous adapterons désormais le système aux êtres humains et non plus l’inverse »(2). Adapter le capitalisme et non pas renverser et détruire ce système qui est basé sur la propriété privé des entreprises ne peut amener qu’à l’enrichissement d’une minorité d’individu au détriment d’une large majorité de la société, voilà le mot d’ordre de la France Insoumise. Bien entendu, ce point de vue ne permet pas de comprendre la crise du capitalisme et son fonctionnement. Pour Mélenchon, la crise n’est pas celle du système capitaliste mais est due à la politique de l’Offre et au pouvoir des actionnaires. Ainsi, une autre politique serait possible. Bien entendu, une alternative est possible mais pas dans le cadre de ce système. Et Mélenchon a faux sur toute la ligne. Le capital français tente de faire face à la crise et à ses concurrents en détruisant les conditions de vie et de travail des salariés afin de les rendre compétitifs face aux salariés chinois, allemands… L’objectif derrière est de maintenir les profits des grandes entreprises françaises. Celles-ci n’agissent pas par méchanceté envers les salariés mais parce que sous le capitalisme, pour qu’une entreprise survive et se développe, il faut qu’elle réalise des profits, les plus élevés possibles face à ses concurrents. Aucune politique ne peut donc empêcher le capitalisme de se restructurer dans ce sens. Au contraire, en faisant croire qu’il existerait une autre politique possible dans le cadre du capitalisme français, la France Insoumise maintient des illusions et empêche l’émergence d’un front anticapitaliste, qui veuille organiser les travailleurs pour contrer l’offensive du patronat par un puissant rapport de force.

Au point de vue international, Mélenchon ne fait pas une critique fondamentale de la politique menée par la France que nous qualifions, nous les communistes, d’impérialiste. Au contraire, la France Insoumise par la voix d’A. Corbières est venue au secours de l’armée et du général De Villiers estimant que « les conséquences de l’austérité sur l’armée sont intolérables. Le « coup de gueule » du général de Villiers est légitime »(3). Ce que ne disent pas nos apprentis militaristes, c’est que ces 850 millions d’économies se font sur des équipements militaires de combat offensif, c’est-à-dire sur du matériel servant aux interventions militaires. De plus, Macron ne renonce pas à porter à 2 % du PIB le budget des armées et de la « Défense ». La question que tout travailleur doit se poser est plutôt à quoi sert ce budget de l’armement ? Bien entendu, à cela le pâle imitateur de Jean Jaurès qu’est JL Mélenchon ne répond pas. Il n’explique pas pour quelle raison l’armée française intervient à l’extérieur. Si dans son programme la FI dit vouloir mettre fin à la Françafrique, elle ne revendique pourtant pas la fin des interventions françaises en Afrique et la fermeture de toutes ses bases sur ce continent(4). Au contraire, A. Corbières apporte son soutien au général De Villiers, ce représentant de tout ce que la France a de réactionnaire et d’impérialiste. Issu d’une famille de la noblesse et frère du politicien raciste et islamophobe Philippe de Villiers, le général de Villiers a commandé les troupes françaises partout où elles sont allées semer la mort pour augmenter leurs précarrés économique et stratégique : le Kosovo, l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Centrafrique, le Mali, les pays du Sahel…(5) Et à l’intérieur du pays ? La FI soutient-elle le maintien de l’état d’urgence et la militarisation de la société ? La vague de répression contre les mouvements ouvriers et démocratiques est aussi à lier à la place de plus en plus centrale qu’occupe l’armée dans la société. Plutôt que de dénoncer le rôle de cet instrument pour l’Etat capitaliste-impérialiste, Mélenchon ne fait que tromper les gens et attiser leur chauvinisme et nationalisme. L’intérêt des travailleurs est pourtant de dénoncer l’utilisation des armées pour l’intérêt économique et stratégiques des grandes entreprises et de l’Etat capitaliste, au détriment des peuples d’Afrique et d’Asie. Plutôt que dénoncer une petite baisse du budget des armées, les communistes dénoncent le manque d’argent pour l’éducation, la santé, la culture. Plus de 4 milliards d’euros d’économie sont prévus sur la santé en 2018 par rapport aux estimations des besoins réels(6).

Enfin, au point de vue politique, La FI fait l’erreur opportuniste classique mais inacceptable sur l’Etat et la prise du pouvoir. En effet, Mélenchon estime que l’Etat est au-dessus des classes sociales et qu’il peut être conquis au moyen des élections afin de mettre en place une politique favorable aux travailleurs. C’est absolument faux et répandre de telles idées, c’est entretenir des illusions sur l’Etat. Comme l’expliquaient K. Marx et Lénine, « L’Etat est un organisme de domination de classe, un organisme d’oppression d’une classe par une autre ; c’est la création d’un « ordre » qui légalise et affermit cette oppression en modérant le conflit des classes »(7). « Nous sommes pour la république démocratique en tant que meilleure forme d’Etat pour le prolétariat en régime capitaliste, mais nous n’avons pas le droit d’oublier que l’esclavage salarié est le lot du peuple, même dans la république bourgeoise la plus démocratique »(8). Il est bien vrai que dès que les salariés se révoltent, ils sont ramenés à la légalité bourgeoise ou réprimés violemment pour avoir osé revendiquer des mesures « plus justes ». Le mouvement contre la loi El Khomri a montré que le pouvoir bourgeois n’avait rien d’autre à proposer que la force aux manifestants. La démocratie n’était pas réelle pour l’immense majorité des salariés mais simplement au service des patrons. Même dans un rapport de force favorable pour les travailleurs, les moments favorables pour obtenir des acquis sous le capitalisme sont faibles et nécessitent une force politique très organisée et souvent révolutionnaire : en 1936, en 45 et en 68. Contrairement à ce qu’affirment les réformistes, la tête de l’Etat ne peut pas être conquise par les élections car la domination économique, politique et militaire de la bourgeoisie est trop forte. Pour instaurer un pouvoir ouvrier et populaire, il faut un parti qui organise les travailleurs et qui lutte pour renverser définitivement le pouvoir économique et politique du capital. Pour cela, la voie électorale est impossible : elle est illusoire.

(1) Il suffit de voir les mesures répressives avec la reprolongation de l’état d’urgence, les répressions de diverses manifestations : à Bure contre l’enfouissement des déchets nucléaires, à Bordeaux contre un local antifasciste, dans les divers rassemblements du front social…

(2) Généreux J., Les bonnes raisons de voter Mélenchon, Les liens qui libèrent, Paris, 2016, 174 p., p. 55.

(3) « Budget des Armées: Le général de Villiers sera reçu vendredi par Emmanuel Macron », 20 minutes, 16 juillet 2017

(4) https://avenirencommun.fr/livret-garde-nationale-defense/

(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Villiers_(militaire)

(6) « Santé : plus de 4 milliards d’économies en 2018 », Les Echos, 27/06/2017.

(7) Lénine, L’Etat et la révolution, Editions sociales, Paris, 1975, p. 12.

(8) Idem, p. 30.

 

UNE MOBILISATION QUI DOIT S’AMPLIFIER JUSQU’AU RETRAIT DES LOIS ANTI-OUVRIERES

AFFICHE ordonnances

 

Des premières mobilisations importantes

 

La première mobilisation contre la loi travail est un succès : plus de 200 manifestations dans tout le pays, plus de 4000 appels à la grève et entre 400 000 à 500 000 participants. Cette manifestation a été importante notamment en province où la mobilisation a été importante à l’appel de la CGT-FSU-SOLIDAIRES. De nombreux militants de base de FO, de la CFDT, des milliers de non-syndiqués étaient présents dans les cortèges pour s’opposer à ces lois travail puisque c’est l’ensemble des travailleurs qui est attaqué.

Pourtant, le gouvernement a bien essayé de casser dans l’œuf toute opposition des travailleurs à sa politique. Il peut compter sur le soutien des directions syndicales de la CFDT et de FO ouvertement partisanes des pseudos concertations sociales. Mais plus de la moitié des unions départementales de FO ont pris part aux actions du 12 septembre. Des syndicats de base de la CFDT étaient aussi présents.

Ensuite le pouvoir a tenté par son appareil de communication de culpabiliser la contestation et de diviser le mouvement. « L’opération Saint Martin » de Macron en est l’exemple. Il s’agissait d’opposer les manifestants qui se battent contre cette loi travail aux habitants sinistrés des iles en faisant passer les premiers pour des « fainéants ».

Après l’image, le bâton a été utilisé pour intimider les travailleurs. Les provocations répressives se sont multipliées avec l’utilisation de barrages filtrants à l’entrée du cortège parisien. Manifester à Paris nécessitait de s’armer de courage et d’une profonde volonté. À Lyon, la police a empêché pendant deux heures un cortège de jeunes de faire la jonction avec celui des travailleurs. La fermeté des syndicalistes de la CGT contre cette provocation gouvernementale a permis de réaliser la jonction des deux cortèges.

La deuxième mobilisation a été plus faible au niveau du nombre, mais la détermination et l’envie de combattre grandit. Le mécontentement populaire est très fort. Si demain, le mouvement prend de l’ampleur, les provocations policières du gouvernement vont se multiplier. Les travailleurs doivent se préparer à cette éventualité.

Pour construire le rapport de force, s’organiser sur les lieux de production et les entreprises.

Seul un rapport de force puissant  porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. D’ores et déjà, FO et la CGT Transports appellent à une grève reconductible à partir du 25 septembre. Le 28 ce sont les retraités qui appellent à manifester puis le 10 octobre ce sont les fonctionnaires qui appellent toutes les fédérations à les rejoindre.

Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ». Pour avoir refusé de participer à ces mobilisations Mailly, secrétaire général a été désavoué par sa base. Voilà comment finissent les bureaucrates de la compromission avec le patronat. Ils sont lâchés par les travailleurs confrontés à des attaques frontales de l’état bourgeois.

Chaque travailleur, syndicaliste, conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux que les structures syndicales. C’est une erreur de se couper du corps militant des syndicats situés dans les entreprises. C’est cette erreur que commet le « front social » et qui de plus ne règle pas le problème de la division syndicale. La CGT, est la seule organisation par rapport aux autres confédérations, où l’on trouve les militants et courants les plus combattifs, les plus avancés pour défendre des travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter, ce dont nombre de syndicalistes prennent conscience. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti communiste ml, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée ou le blocage de l’économie la construction d’un rapport de force contre le gouvernement ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie, arrêter la production si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il faut convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycées que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on ne perd pas 7 jours de grève, c’est 7 années qu’on perdra sous le poids de ces contreréformes. Cette mobilisation résultera aussi du travail antérieur de lutte quotidienne pour la défense des travailleurs et des jeunes. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination aux salariés.

Toute lutte doit être préparée pour mobiliser les travailleurs : dans des assemblées générales sur nos lieux de travail, en utilisant les heures d’informations syndicales, des diffusions de tracts sur les marchés et sur les lieux de travail etc. Il est nécessaire de développer des syndicats dans chaque entreprise, des UL défendant les intérêts de classe des travailleurs. Dans les lycées, et les universités, il importe d’organiser des AG et de se préparer à rejoindre les travailleurs en lutte.

Renforcer l’unité de la lutte et la solidarité pour développer la conscience de classe

Ces attaques et cette lutte montrent l’opposition réelle entre les classes, l’antagonisme qu’il existe entre le travail et le capital. Pendant des décennies, les idées sur la conciliation des classes, sur l’harmonie des intérêts généraux ont pu faire illusion. Désormais, ces conceptions sont battues en brèche. Les ordonnances dévoilent au grand jour, aux yeux de tous que pour faire fructifier son capital avec profit, la bourgeoisie n’a plus d’autre solution que de précariser les travailleurs, détruire leurs conditions de vie, baisser leurs salaires, augmenter leur temps de travail. La lutte des classes n’a pas disparu, la bourgeoisie la mène aujourd’hui au grand jour. Les travailleurs ne peuvent qu’y répondre en renforçant l’unité de leur classe dans cette lutte.

On voit justement partout dans les cortèges, les secteurs, les syndicats des entreprises en lutte, les militants qui combattent fermement leurs licenciements comme c’est le cas des GM & S. Cela donne une force importante au mouvement. En dénonçant leurs patrons locaux, les travailleurs condamnent aussi le patronat (le MEDEF) et le gouvernement qui veulent donner de nouvelles armes aux exploiteurs. Ce n’est que sur cette base que les consciences pourront progresser pour affronter l’offensive des patrons et de l’État.

Toute la classe ouvrière et les couches populaires sont victimes de ces contreréformes : des jeunes lycéens et étudiants des milieux populaires qui peuvent craindre une vie de salariés précarisés jusqu’à leurs 30 ans, aux retraités qui voient leurs pensions diminuer.

C’est dans une lutte commune que se construit l’union de tous les travailleurs. Il est important pour cela de tisser des liens entre les différents secteurs en lutte de la classe (luttes contre les licenciements, les revendications des chômeurs, des travailleurs sans-papiers, lu lutte des femmes, Aussi, des solidarités devront se nouer entre les lycéens étudiants et les travailleurs. La multiplication des échanges sur les piquets de grève ou les AG étudiantes permettra de développer l’esprit de solidarité et de lutte face à ce gouvernement capitaliste.

 

 

La lutte contre les ordonnances est politique !

Le capitalisme est en cause !

 

Là où le travail d’organisation à la base est accompli, la grève est massive, la détermination importante. Pour développer le rapport de force face au capital, il faut avoir conscience que ce gouvernement agit pour le compte des capitalistes. Il ne pourra reculer que devant une pression importante. En 36, pour obtenir les congés payés, les travailleurs avaient occupé leurs usines durant plus d’un mois.

Comme beaucoup de militants syndicaux s’en aperçoivent, arrêter l’offensive de la bourgeoisie ne peut se limiter au plan syndical. Plus que jamais le camp des travailleurs a besoin de mener un combat politique. Mélenchon et la France Insoumise comptent incarner ce combat. Effectivement la lutte contre les ordonnances doit prendre le caractère d’une lutte politique contre Macron et son gouvernement. Cependant, au bout de la rue, ce n’est pas avec les élections que les travailleurs pourront briser l’offensive du capital. L’expérience grecque autour de SYRIZA est l’illustration de l’échec d’une telle politique réformiste qui finit par s’acoquiner avec les forces réactionnaires. IRISAS n’a fait que poursuivre la politique d’austérité au service du capital grec et européen et de l’impérialisme (manœuvres militaires entre l’armée grecque et l’armée israélienne). Pourquoi les Insoumis ne veulent-ils pas tirer les leçons de ces échecs ? Ne serait-ce pas remettre en cause toute leur politique réformiste ?

Il faut empêcher ces contre-réformes de passer. Prendre conscience qu’il faut se battre pour éliminer le capitalisme qui entraine ces contre-réformes. Sans une politique centrée sur ses propres intérêts immédiats et stratégiques et organisé dans leur parti politique les travailleurs ne pourront pas être une force puissante capable de freiner l’offensive du capital et de battre le camp de la bourgeoisie. Les travailleurs ont un monde à gagner. Ils n’ont rien à perdre que leur chaine.

 

 

AMPLIFIONS LA MOBILISATION

 

COMBATTONS LES LOIS ANTI-OUVRIERES !

ET LUTTONS CONTRE LE CAPITALISME !

 

 

ROCML 23 septembre 2017

 

 

 

 

Exploitation et précarité dans la jeunesse populaire

François Hollande avait annoncé de façon péremptoire durant sa campagne en 2012 que la jeunesse serait « la priorité de son quinquennat ». Il est temps de dresser le bilan de ces cinq piteuses années. Le taux de pauvreté des jeunes est de 23% (pour les 18-24 ans) contre 14 % pour l’ensemble de population. Les jeunes sont toujours concernés massivement par les contrats précaires, pour certains enchaînent les stages et forment souvent la variable d’ajustement dans les entreprises (ils sont les premiers licenciés). Bref il ne fait pas bon être « jeune » dans le pays de Hollande….Bien sûr, la jeunesse ne forme pas une classe en soi. Elle est une catégorie sociale de personnes issues ou appartenant à différentes classes sociales. La jeunesse bourgeoise échappe largement à toute précarité comme une grande partie des jeunes issus de familles de cadres ou de professions libérales (médecins par exemple).

C’est la jeunesse issue des milieux populaires qui paye le plus lourd tribut à la précarité, au chômage et à la misère. Elle est généralement exclue de l’accès aux études supérieures, les enfants issus de la classe ouvrière ne représentant que 11% des étudiants alors qu’ils représentent 30% des 18-23 ans. Elle n’a donc peu ou pas accès aux emplois les plus rémunérateurs et est victime d’un système éducatif qui ne fait que reproduire les inégalités sociales. La quasi-totalité des jeunes qui sortent sans diplômes du système scolaire sont souvent des enfants d’ouvriers, d’employés et de chômeurs. Or sans ce précieux sésame il est quasiment impossible d’accéder à un emploi « décent » et cela pousse à accepter n’importe quel contrat alimentaire, les travaux les plus pénibles et précaires, aux cadences infernales. Il y a quelque chose d’insupportable dans ce déterminisme social qui fait que les enfants d’ouvriers sont plus ou moins condamnés à occuper le même emploi que leurs parents ou pire. Les quelques exemples mis en avant dans les médias, les produits de la « méritocratie républicaine » ne sont que supercheries et poudre aux yeux pour masquer la réalité d’un système qui ne jure que par la naissance, la compétition et la sélection.

Il ne faut cependant pas céder à une vision catastrophiste ou alarmiste sur l’état de la jeunesse en France. La jeunesse subit aussi de la part du système capitaliste une forte pression sociale et idéologique. Les médias nous serinent à longueur de journée que le CDI est obsolète, un archaïsme d’un autre âge, que les jeunes doivent se « retrousser les manches », travailler plus que leurs aînés, s’adapter aux nouvelles technologies, à « l’ubérisation » de la société, être plus flexible et maniable. Tous ces discours créent un climat anxiogène qui pousse les jeunes salariés à accepter une régression de leurs droits sociaux et prendre n’importe quel emploi dans n’importe quelle situation. Pour preuve,  la manipulation sur les chiffres du chômage des jeunes artificiellement gonflés. Nous reproduisons ici un extrait de l’Etoile Rouge (journal de la JCML) en date de 2010 qui n’a pas pris une ride :

Dans les discours politiques, un chiffre est souvent brandi de manière trompeuse : un jeune sur 4 serait au chômage. Le taux de chômage des 15-29 ans était, en effet, de 24,2 % au troisième trimestre 2010, contre 9,31 % pour l’ensemble de la population. Quand on dit cela, la supercherie est de ne pas préciser qu’un taux de chômage se relève par rapport aux actifs et non par rapport à une catégorie d’âge.  Ainsi, si l’on amène les chiffres à l’ensemble des jeunes de cet âge, il apparaît que sur 100 jeunes, 8 environ sont au chômage (et non pas un sur 4!). Ce chiffre alarmiste est souvent cité pour tenter de justifier des réformes pour améliorer l’exploitabilité des jeunes prolétaires.

Le chômage, la précarité, la pauvreté ne sont pas des fatalités pour la jeunesse populaire et le prolétariat en général. Ce sont des symptômes d’une maladie qu’on appelle capitalisme ! Seul l’organisation des opprimés et exploités dans des organisations indépendantes de la bourgeoisie pourra faire avancer la lutte pour une société plus juste et égalitaire, débarrassée de l’infâme exploitation de l’homme par l’homme. Cette société nouvelle c’est la société socialiste, comme nos aînés soviétiques (dont nous fêtons cette année le 100e anniversaire de la Révolution d’Octobre) nous l’ont montré. C’est le seul système qui a pu fournir à tous un travail utile pour la société, dans de bonnes conditions et éradiquer la misère.

Jeunes travailleurs, chômeurs et précaires rejoignez la lutte politique révolutionnaire POUR DÉTRUIRE LE CAPITALISME ET INSTAURER LE SOCIALISME!

Le responsable national de la JCML

Les élections moment important pour la bourgeoisie pas pour les travailleurs

Article du journal la VDC à retrouver ICI

Pour la première fois dans l’histoire récente de la République la campagne électorale ne se déroule pas sans risque pour la domination politique de la bourgeoisie sur les travailleurs et sur la société.

La République démocratique est la « meilleure forme politique possible du capitalisme »« la forme accomplie de la domination de la bourgeoisie » en tant que classe sur les autres classes sociales, pour la domination du capital sur le travail. « Le capital y assoit son pouvoir si solidement, nous dit Lénine, « que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise ».

Les autres formes d’Etat, autocratique, dictature militaire ou monopolisation du pouvoir par une fraction donnée de la bourgeoise qui réduisent les droits démocratiques se sont révélées un frein à la libre concurrence des capitaux et entrainé la révolte des peuples, le « printemps arabe » en est l’illustration récente.

En même temps, un autre aspect de la République bourgeoise est qu’elle est le  terrain » ou « la lutte de classe se débarrasse de ses dernières entraves et où se prépare son terrain de lutte » . Dans cette République Démocratique la bourgeoise ne peut gouverner sans l’appui des travailleurs  et le système électoral est une pièce maitresse pour assurer à la bourgeoise la domination politique des travailleurs en assurant la direction des affaires de l’Etat.

Ainsi les « citoyens », quelle que soient leur origine de classe sont appelés régulièrement à élire « démocratiquement » (du point de vue bourgeois) leurs représentants et à leur déléguer tout pouvoir pour un certain nombre d’années jusqu’aux prochaines échéances électorales.

 Dans ce système, dans toutes les démocraties modernes bourgeoises sont réalisées les conditions véritables  de la domination de classe bourgeoise toute entière deux partis luttant pour avoir le pouvoir et devenant à tour de rôle gouvernement et opposition. En France c’est le système de l’alternance, deux grands partis dits de gouvernement, l’un à droite de l’échiquier politique, l’autre à gauche. Tous les deux, quelle que soit la politique plus ou moins sociale menée, se partagent le pouvoir et restent des gérants loyaux du capitalisme selon les parole de Léon Blum dirigeant de la SFIO (ancêtre du PS).

Mais l’aggravation des contradictions du système capitaliste, la concurrence internationale, la difficulté de valorisation du capital, surtout depuis la crise de 2008, ont conduit les gouvernements de droite puis de gauche à s’en prendre aux conditions de vie des travailleurs. Conséquence, la lutte de classe s’est radicalisée en témoigne la longue lutte nationale contre la loi travail. Le rejet des politiciens corrompus s’est amplifié, « le parti » de l’abstention est devenu le premier parti de France et les contradictions entre les personnels politiques plus ou moins représentatifs de fractions de la bourgeoisie se sont développées.

On peut en juger sur les divergences de politique internationale, sur l’attitude envers Moscou, Pékin, dans le conflit syrien…, sur la loi travail.  Des regroupements à la droite du Parti républicain et à la gauche du PS ont grandi en influence et menacent le système d’alternance entre le parti LR et le PS. Des tentatives de recomposition de pôles attractifs à droite comme à gauche sont en cours. Et en particulier une opération de revalorisation de la social-démocratie dans le PS ou en dehors se profile (Mélenchon, Hamon). La décomposition des partis de gouvernements conduit à déplacer les frontières entre droite gauche et extrême droite mais en préservant le système d’alternance nécessaire.

Maintenir parmi les travailleurs l’illusion  que c’est par les élections qu’ils peuvent agir politiquement et choisir « démocratiquement », en toute liberté un candidat qui mènera une politique en leur faveur, est vital pour la bourgeoisie. Aussi elle voit avec effroi la machine électorale se gripper, ce qui peut ébranler sa domination politique en dévoilant le caractère fictif de « leur démocratie »

Le système des primaires, inspiré plus ou moins du système américain a été mis en place pour tenter de redonner plus d’intérêt aux élections présidentielles. Il a pu donner l’illusion que le « peuple de droite et de gauche »peuvent choisir librement, démocratiquement leur candidat mais en fait il a révélé toutes les turpitudes des principaux partis de la bourgeoisie.

Mais peu importe pour la classe dominante qu’un grand nombre de travailleurs n’aille plus voter (car contrairement à ce qui est dit ils ne se tournent pas massivement vers le FN, mais s’abstiennent). En effet l’abstention aujourd’hui est une forme de rejet de la politique en général, de passivité politique et ne conduit pas à une prise de conscience anticapitaliste et cela la bourgeoisie s’en accommode parfaitement. Ces abstentionnistes sont mis au banc de la société, ce sont de mauvais citoyens qui ne doivent pas se plaindre puisqu’ils n’ont pas voté !

La situation objective ne joue plus en faveur de la bourgeoisie, les fissures du système électoral en sont le reflet. Il est fini le temps où elle pouvait faire des concessions aux travailleurs en utilisant le courant réformiste social-démocrate pour faire illusion. Elle n’en a plus les moyens et bien au contraire elle n’a d’autre issue que de renforcer l’exploitation des prolétaires, de renforcer la dictature du capital. Quel que soit le candidat qui sera porté aux plus hautes responsabilités de la République, les travailleurs n’auront d’autre choix que de se battre. Et dans cette lutte, ils prendront conscience, qu’ils n’ont d’autre alternative que de prendre le pouvoir en tant que classe et instaurer leur République socialiste. Les véritables communistes en participant à ces luttes ont pour devoir de faire que cette alternative devienne l’objectif des éléments les plus combattifs de la classe.

ROCML