2017:REFUSONS LE FRONT REPUBLICAIN ! AUCUNE VOIX POUR LES CANDIDATS DU CAPITAL !

#Sansmoile7mai

 

Le 23 avril 2017, le premier tour de l’élection présidentielle a mis en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Les candidats des deux « grands » partis traditionnels qui gouvernent depuis plus de 40 ans ont été éliminés sèchement. Le PS a payé ses cinq années de politique anti-ouvrière. La lutte contre les lois El khomri a donné des résultats. Holland, Valls ont été éjectés suite à la force de la lutte tandis que Fillon (LR) s’est enfoncé dans des affaires de corruption. Une recomposition du jeu politique bourgeois sans précédent est à l’œuvre.

Emmanuel Macron, en tête au soir du 1er tour a reçu un soutien massif des milieux économiques et les médias à la solde des grands magnats du capital n’ont cessé de chanter ses louanges. Il représente un parti du capital. Une fraction de la bourgeoisie a pris le risque de soutenir Macron dès le départ. Pourquoi un tel risque ? Parce que la bourgeoisie est dans l’obligation de changer ses représentants politiques car les anciens ne sont plus en mesure de réaliser le programme néolibéral, réactionnaire. Macron a justement été soutenu par le MEDEF pour cette raison, pour appliquer ce programme.

La candidate arrivée en deuxième position, Marine le Pen, représente la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie. Elle rêve de réaliser les buts de l’ancienne France colonialiste qui partait en guerre seule pour ses intérêts. Mobilisant sur les thèmes traditionnels de l’Extrême-droite (immigration, islamisation, Europe) et profitant du climat anxiogène de l’Etat d’urgence et de « lutte contre le terrorisme » elle a su attirer à elle de vastes couches de commerçants, artisans et salariés menacés par le déclassement et la paupérisation. Cependant à part son populisme, elle ne constitue pas une alternative au « système » et ne fait que diffuser le poison du racisme et de la xénophobie en divisant les travailleurs sur des questions d’origines et de religion. Elle est en permanence contre les organisations des travailleurs et de lutte. Ce n’est pas un hasard.

Nous n’appelons pas à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Rappelons-nous, en 2012, il fallait voter pour le « moins pire », Hollande, pour quel résultat ?  Il ne peut y avoir d’union nationale ou de front républicain derrière un candidat  qui défend l’intérêt de la grande bourgeoisie, qui a le soutien du MEDEF et de tous les grands centres financiers d’Europe.  Il ne peut y avoir d’unité nationale autour d’un candidat qui a fait tant de mal à la classe ouvrière et qui veut démanteler les derniers acquis sociaux conquis de hautes luttes par les générations précédentes.

Nous appelons les travailleurs à prendre leur destin en main. Les élections dans la société n’ont jamais apporté le bonheur pour les travailleurs et les couches opprimés. La seule issue est de s’organiser indépendamment de la bourgeoisie, prendre des forces qui viennent de la production et se mobiliser dans une perspective anti capitaliste, pour construire notre avenir.

Que ce soit Le Pen ou Macron, il ne faut pas rêver, aucun des deux ne défendra nos intérêts ! Dans les deux cas, il y aura une dégradation des acquis, des tentatives de division des travailleurs, une accentuation de l’exploitation, de la précarité, des pressions guerrières et sécuritaires. Si nous voulons gagner, préparons la lutte. Mobilisons-nous sur le lieu de travail, les quartiers, l’école et descendons dans la rue pour hisser le drapeau du prolétariat !

Entre la peste blonde et le choléra libéral il n’y a pas à choisir !

Opposons-nous en nous abstenant !

Renforçons les luttes notamment le 1er mai :

– Contre les lois anti ouvrières, les pressions sur les travailleurs qui luttent et les jeunes des quartiers

– Contre Les guerres impérialistes, pour une rupture anticapitaliste !

Classe contre classe jusqu’à la conquête du pouvoir pour renverser le capitalisme

 

 

ROCML, JCML  le 25 avril 2017                                                 roc.ml@laposte.net    www.rocml.org

 

affiche 2nd tour

Elections 2017: Les travailleurs n’ont rien à espérer des partis intégrés aux institutions démocratiques bourgeoises

Editorial du dernier journal à retrouver ICI

Depuis le 18 mars, on sait qui va concourir pour le titre de Président de la République. Après la sinistre comédie des « primaires » marquée par les scandales et les reniements, ils sont onze. On les connaît tous, eux et leurs soutiens.

FILLON, MACRON, HAMON et MELENCHON ont tous participé avec des responsabilités diverses aux gouvernements de droite et de gauche qui alternent au pouvoir politique depuis plus de vingt ans. Aucun n’a agi pour satisfaire les revendications et les aspirations de la classe ouvrière, des exploités et des laissés pour compte de la société. Toutes les lois édictées par leurs gouvernements ont servi les intérêts du capital. Tous ont soutenu les politiques répressives ici en France et les politiques de guerre ailleurs, en Afrique et au Moyen Orient notamment. Ces politiciens-là, de droite radicale comme Fillon, social-libéral comme Macron, du parti socialiste comme Hamon ou d’un parti dit social-démocrate de gauche comme Mélenchon ne sont pas et ne peuvent pas être des candidats du prolétariat et des couches populaires de France. Ils cherchent des solutions dans la société capitaliste et veulent renouer le pouvoir du capital au sein d’une VIème république.

Marine le Pen, avec un discours démagogique vers les travailleurs est le  candidat de l’extrême droite. Elle représente les couches de la bourgeoisie nationale fragilisées par la mondialisation et qui rêvent de protéger l’impérialisme français et de lui redonner  un rôle conquérant dans le monde. Son discours politique chauvin, xénophobe vise à éloigner de la lutte de classe les couches du peuple les plus délaissées par les gouvernements successifs de droite et de gauche.

En politique extérieure, aucun des « grands » candidats ne s’oppose à la politique de l’impérialisme français au service du pillage des néo-colonies en Afrique, au Moyen Orient et ailleurs. Aucun ne propose de rapatrier les troupes françaises des pays où elles sont stationnées et où elles interviennent militairement. Sous prétexte de défendre la démocratie, les trotskystes soutiennent des mouvements soutenus, voire fomentés, par les pays impérialistes parmi lesquels la France.

ALORS ? Face à ce constat, qui choisir parmi cette brochette d’ennemis déclarés ou de faux amis ? Faut-il choisir celui qui paraît le moins pourri, pour  « faire son devoir électoral » ? C’est ce que souhaitent tous les agents politiques du capital et les médias à leur solde.

Aucun candidat ne pose véritablement la question du pouvoir, pas mêmes les candidats trotskistes qui se bornent aux revendications dans le cadre du système et sont contre un pouvoir des travailleurs, une dictature du prolétariat. A qui appartient le pouvoir aujourd’hui dans la société ? Il appartient clairement au capital, aux grandes entreprises. C’est une dictature de la bourgeoisie monopoliste publique et privée.  L’Etat est un « pouvoir spécial de répression exercé contre le prolétariat par la bourgeoisie, contre des millions de travailleurs  par une poignée de riches » (Lénine) . Ainsi, ce n’est pas en changeant de président ou de majorité que la domination du capital sera limité.

Le ROCML, n’est pas opposé systématiquement à toute participation aux élections, quand elles peuvent faire progresser le mouvement ouvrier révolutionnaire vers ses objectifs stratégiques. Ce n’est pas le cas actuellement. Il n’existe pas dans ces élections de candidat communiste porte-parole d’un mouvement ouvrier organisé dans une perspective révolutionnaire, celle de la conquête du pouvoir par le prolétariat, le renversement de l’ordre capitaliste et la construction du socialisme-communisme.

En l’absence d’un mouvement ouvrier politique révolutionnaire et faute d’existence d’un véritable parti communiste à la tête de ce mouvement, la participation aux élections ne peut que renforcer les illusions sur la démocratie bourgeoise.

Alors que faire ? Ne pas croiser les bras mais au contraire combattre pour une rupture révolutionnaire. C’est comme cela que nous pourrons empêcher les idées réactionnaires, les mesures antipopulaires de se développer.

La lutte doit se développer à partir des moyens qui existent. Les batailles à mener existent et elles doivent permettre la coordination des différents secteurs en lutte. C’est en renforçant le front des luttes, en liant les différentes luttes pour en faire une seule force, un seul centre politique que le combat pour une rupture révolutionnaire pourra se développer.  Défendre les intérêts ouvriers et populaires n’est pas une tâche aisée, car cela nécessite d’aller à contre-courant de la politique des partis institutionnels et bourgeois, à l’encontre de l’opinion majoritaire, Mais il n’y a pas d’autre alternative, ni d’autre chemin Si nous voulons résister aux offensives du capital contre la classe ouvrière et le peuple .

Le chemin de la révolution n’est pas un seul acte. Nous devons renforcer nos liens avec le prolétariat et les couches populaires en lutte, construire l’organisation politique des travailleurs indépendamment de toutes les forces bourgeoises et du capital.

Il y a 100 ans, les communistes russes ouvraient la voie à une véritable alternative pour le camp des travailleurs. Aujourd’hui, encore, l’expérience de la première révolution communiste victorieuse, la révolution d’octobre résonne encore et nous montre le chemin de la lutte.

MOBILISONS NOUS CONTRE LES ATTAQUES DU CAPITAL ET LES MESURES ANTI-POPULAIRES !

 

COMBATTONS LA RÉPRESSION QUI S’ABAT SUR LES OUVRIERS QUI LUTTENT ET SUR LA JEUNESSE DES QUARTIERS POPULAIRES !

 

OPPOSONS NOUS AUX GUERRES IMPÉRIALISTES ET A LA MILITARISATION DE LA SOCIÉTÉ !

 

QUE LES TRAVAILLEURS FRANÇAIS, IMMIGRES, LES JEUNES, LES FEMMES DU PEUPLE S’UNISSENT ET DÉVELOPPENT UNE FORCE INDÉPENDANTE POUR EN FINIR AVEC LE CAPITALISME !

A BAS LE CAPITALISME ! VIVE LE SOCIALISME-COMMUNISME !

Sur le mot d’ordre de sortie de l’Europe

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Un article toujours d’actualité, extrait de la Voix des Communistes n°5.

La profonde crise sociale qui secoue l’ensemble des pays européens a fait apparaître dans ces pays des revendications désignant l’UE comme la source de tous les maux et prônant la sortie de la zone euro et de l’Union Européenne.

Remarquons tout de suite que le retour à une monnaie nationale ne remettrait pas en cause le fondement de la crise, puisqu’il ne s’agit pas d’une crise monétaire mais d’une crise générale du système capitaliste. En France, cette revendication du retour au franc est l’expression d’un sentiment nationaliste chauvin, désignant les « autres » comme cause des difficultés de la société.

Quant au mot d’ordre « Sortir de L’Union Européenne » de portée plus large sur quelle réalité repose-t-il et qu’implique-t-il?

L’UE est un cartel de pays impérialistes, c’est une machine servant à favoriser les impérialistes d’Europe dans leurs rivalités envers les autres impérialistes (US, russes, chinois, etc.). Le mythe de l’Europe Unie s’est brulé les ailes depuis bien longtemps: le « rêve » des fédéralistes tombe devant la réalité matérielle du capitalisme et de l’inégalité de développement du capitalisme qui font que dans le cadre de ce système, aucune union harmonieuse ne peut exister durablement, les bourgeoisies gardant une base nationale et restant en concurrence les unes avec les autres. Malgré les discours, les ententes entre pays capitalistes ne sont possibles que si chacun peut y trouver son compte !

Se retirer de l’Union Européenne est une revendication très naturelle pour les peuples engagés malgré eux dans cette structure. Et nous, communistes sommes pour la destruction de toutes les structures dont la raison d’existence est de permettre la domination de classe de la bourgeoisie, que ces instances soient nationales ou supranationales. Nous sommes donc pour la destruction de l’Union Européenne. Pour autant cette seule revendication n’est absolument pas suffisante. Comme dans la question de l’euro, s’en tenir au retrait de l’UE ce serait revenir à un « capitalisme national » historiquement dépassé, à la fois réactionnaire et utopique. Certains courants politiques en France notamment, adoptent sur cette question une position chauvine: ils voient l’UE comme un outil d’asservissement de la France, alors que c’est le contraire: l’UE est un outil des puissances impérialistes, dont la France. Plutôt que de réduire, elle sert à accroitre sa force (et si ce n’était pas le cas, cela ferait bien longtemps qu’on n’en parlerait plus!). Ces positions chauvines conduisent à entretenir le sentiment national des travailleurs, leur soumission à la bourgeoisie au nom de l’intérêt national, en affaiblissant la conscience de classe. De ce point de vue chauvin, la sortie de l’Union Européenne, de ce cartel des impérialistes, perd donc son caractère progressiste pour devenir un des moyens d’une visée réactionnaire.

Pour que cette revendication de sortie de l’UE ne soit pas marquée de chauvinisme mais soit en accord avec les principes internationalistes, il faudrait la considérer comme une voie pour détruire l’UE et affaiblir les pays impérialistes qui la constituent. Mais pour cela le seul moyen est la révolution socialiste. C’est pourquoi seuls ne versent pas dans le chauvinisme ceux qui considèrent la nécessité de la sortie et de la destruction de l’Union Européenne comme conséquence de la révolution socialiste dans chaque pays!

Cette lutte pour le socialisme, qui entraînera l’éclatement de l’UE dirigée par et pour les pays impérialistes qui la constituent, n’est pas une lutte purement nationale mais internationaliste: elle vise à détruire le capitalisme non seulement dans un pays, mais partout! Elle vise à ce que la classe ouvrière prenne possession du pouvoir et transforme la société dans un pays et partout! C’est une lutte solidaire de la classe ouvrière et des peuples du monde entier.

Cette analyse, qui différencie les communistes des chauvinistes quant à la question de la sortie de l’Union européenne avait été faite dès 1994 par une organisation grecque du nom de S.A.K.E. Dans leur brochure « Hors de l’UE impérialiste, Pour une Grèce socialiste » ils y disent notamment que, si l’adhésion de la Grèce a l’UE a été bénéfique pour la bourgeoisie à qui elle a donné « un parapluie protecteur », cela s’est traduit pour le prolétariat par la restriction des droits, des reculs sociaux et la montée du chômage.

Concernant la lutte pour la sortie de l’Union Européenne il est dit : «La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE, la lutte pour la victoire de la révolution populaire socialiste n’est pas une lutte purement nationale. C’est une lutte internationaliste, non seulement contre le capitalisme grec mais contre le capitalisme mondial (…). La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE n’est pas une lutte pour une Grèce capitaliste indépendante, qui ne peut exister, et qui même si elle existait serait aussi anti-ouvrière et antipopulaire qu’une Grèce membre de l’UE (…). Peu avant dans le texte, précédant ces explications, l’idée énoncée était: « Au cours du processus de développement du mouvement révolutionnaire, il se peut qu’un membre de la CEE devienne le maillon faible de la chaîne et que les conditions révolutionnaires y murissent. La classe ouvrière victorieuse, appuyée par les classes ouvrières des autres pays, doit alors sortir le pays de l’UE, ce qui constituera un coup décisif contre la coalition impérialiste et accélèrera le processus de décomposition et de dissolution, en aidant ainsi le développement du climat révolutionnaire dans les autres pays »

Voilà qui rétablit la position de l’internationalisme à l’heure où se développent des discours tentant de remettre au goût du jour la farce du « produisons français » que le PCF révisionniste a déjà essayée dans le passé de vendre vainement aux ouvriers de France.

La croyance en un retour salvateur à un espace national « protégé » participe à la tentation de chercher des « solutions » dans le cadre du capitalisme « national ». Cassant les reins à ces inepties, écartant les freins à la conscience révolutionnaire, la tâche actuelle des communistes est la formation de partis communistes marxistes- léninistes véritables et la préparation de la classe ouvrière, du prolétariat et des masses populaires en général à la révolution socialiste.

Abattre le système capitaliste pourrissant ou supporter des souffrances encore plus grandes dans l’implosion du système (guerres, famines, destructions de la force de travail…) – capitalisme ou socialisme – tel est, en définitive, le seul choix qui est posé aux prolétaires.

Voilà pourquoi les communistes rejettent ce mot d’ordre « sortir de l’Union Européenne » : Parce qu’il sème des illusions chauvines parmi travailleurs et parce que sa réalisation ne constituerait en rien un pas en avant vers la révolution socialiste.

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Alain Soral Derrière le masque anticapitaliste et antisioniste un démagogue d’extrême droite.

 

Alain Soral est un « idéologue » de l’extrême droite française ancien cadre au CC du Front National de 2007 à 2009 et aujourd’hui président du collectif « Egalité & Réconciliation ». Il est avec l’humoriste Dieudonné la figure de la droite extrême à droite du FN. Son programme politique qui selon lui n’en est pas un mais seulement un ensemble de propositions est issu de la plus pure tradition de l’extrême droite en témoigne le slogan d’Egalité & Réconciliation : « Gauche du travail, droite des valeurs » qui réunis sur son site internet des personnages sans liens politiques comme Poutine, Chavez, Guevara, Castro, pour le « travail » et Alain Soral lui-même (!) et Jeanne d’Arc pour les « valeurs ».

« Gauche du travail et droite des valeurs » rien de moins qu’une rénovation des termes fascistes des années 20 et 30 en témoigne le « Parti National –Socialiste » de Adolf Hitler qui dans la même veine a cherché à unir le nationalisme prussien et le socialisme prolétarien pour tromper les masses et les détourner du mouvement prolétarien communiste, se posant là comme l’ultime rempart de la bourgeoisie contre la révolution et le socialisme.

De la même manière Soral utilise la même phraséologie fasciste dans ses livres et lors de ces interventions sur internet ou dans ses conférences, il pratique une analyse pseudo matérialiste de l’actualité et de l’Histoire qui en font un révisionniste compulsif. Il peut aussi compter sur sa maison d’édition : « KontreKulture » qui réédite des classiques de la littérature fasciste. On peut définir les principaux traits de son idéologie comme étant :

– l’antisémitisme, maquillé en antisionisme anti-israélien qui est un instrument pour lui. En effet sous couvert « d’antisionisme » il attire à lui les jeunes musulmans français solidaire avec la cause Palestinienne alors même qu’il est profondément contre l’Islam en France et l’immigration mais il cultive aussi la haine des élites financières, médiatiques etc. parce que « juives ». Que ces élites soient des capitalistes /impérialistes oppresseurs des peuples et des nations, cela Alain Soral n’en dit pas un mot.

– Le Nationalisme bourgeois antipopulaire qui défend la France des « valeurs » qui seront selon lui portées par de nouvelles élites « nationales » de braves capitalistes chrétiens et patriotes anti immigration et antieuropéen. Un nationalisme qui assoit l’exploitation de l’impérialisme français sur l’Afrique et le Moyen-Orient face à l’impérialisme américain qui lui serait moins humain (puisque juif apatride et mondialiste selon ses mots) et qui se servirait de l’UE pour affaiblir la France. Il oublie un peu vite la Lybie, le Mali, la Syrie qui sont des preuves de l’agressivité de notre impérialisme « national ». La défense de la France de De Gaulle, le Maréchal Pétain présenté comme un patriote, l’OAS et les bourreaux colonialistes comme des héros, voilà le modèle Français à la Soral.

– L’anticommunisme comme tous les fascistes, il nie la doctrine de Marx sur le capitalisme et se raccroche aux théories fausses et réactionnaires de Proudhon sur le fédéralisme et la banque du peuple pour se donner un coté socialiste de défenseur du « travail ». Pour lui c’est le capital financier (toujours lier aux juifs) qui est à l’origine du mal et que nos politiciens défendent. La crise de 2008 présentée comme étant financière par les économistes et les médias bourgeois afin de cacher son caractère systémique propre au capitalisme en lui-même a d’ailleurs beaucoup contribué à la crédibilité de ces thèses de Soral sur le mal financier. Le peuple ne peut pas prendre son destin en main, il ne peut pas se débarrasser du capitalisme et instaurer la société nouvelle socialiste puis communiste. Il doit attendre son salut par en haut de la part de nouvelles « élites » qui les guideraient sur le bon chemin, sans toutefois remettre en cause l’exploitation de l’homme par l’homme que Alain Soral et Cie considèrent comme immuable. Il se refuse à une analyse du socialisme en URSS et dans les pays socialistes qu’il considère comme une forme de dictature militaire « juif dans l’idée de domination, chrétien dans l’idée de partage ». Il est vrai qu’il est plus simple d’éclipser des faits historiques qui feraient tomber à l’eau toutes ses théories d’une simple phrase.

Mais une fois cet aspect idéologique abordé il faut analyser pourquoi le discours d’Alain Soral trouve autant d’échos dans la société française et notamment auprès des jeunes.

Il faut tout d’abord rappeler la situation dans laquelle notre pays et notre jeunesse se trouve aujourd’hui. Nous vivons dans un pays capitaliste impérialiste en crise de son propre système économique, crise qui accélère le pourrissement de notre société propre au stade actuel du développement du capitalisme, ce pourrissement entraîne une destruction de l’emploi qui jette à la rue des millions de travailleurs, une suppression des aides sociales (santé, éducation…) et une dégénérescence de la culture bourgeoise ; les monopoles freinent le progrès technique de l’humanité et affament plus de la moitié de la population du monde, l’immigration économique accentuée avec le développement du marché capitaliste mondial voit se presser une grande quantité de travailleurs étrangers dans les pays de l’impérialisme dont la France fait partie et où le niveau de vie est plus élevé qu’ailleurs, ils viennent à l’appel indirect des capitalistes pour grossir l’ « armée du travail de réserve », le chômage instrument des capitalistes pour pressurer encore plus les travailleurs et qui prive d’avenir l’ensemble des travailleurs, tant français qu’immigré, d’un travail et d’une vie digne.

Dans cette situation l’extrême droite se renforce dans la petite bourgeoise (commerçants, petits patrons, etc.) qui est fragilisée par la concurrence des grands capitalistes et qui se voit par la force des choses rejetée dans le prolétariat, et dans une partie du prolétariat lui-même. Avec son discours populiste fascisant Alain Soral leur trouve les parfaits boucs émissaires en les personnes des « juifs financiers et mondialistes » et des « immigrés » surtout arabes et musulmans. Il profite des œillères naturelles que porte cette classe intermédiaire pour s’implanter durablement auprès d’eux, leur faisant miroiter une France d’un autre temps où à son stade développement le capitalisme laissait encore une place à cette petite bourgeoisie.

Ces bases de l’extrême droite sont historiquement connues et Soral et « E&R » ne font que les utiliser à leur tour. Ce qui est nouveau ces cette intérêt nouveau que les idées de Alain Soral ont auprès de la jeunesse. Il faut dire qu’au milieu de la crise générale dans laquelle le capitalisme nous plonge, la jeunesse surtout populaire se voit tous simplement aujourd’hui sans avenir ou du moins est-il sévèrement compromis. Là-dessus Soral utilise les mêmes arguments et il faut dire qu’ils trouvent un fort écho car dans sa manière de faire il exprime effectivement un grand changement dans la forme qui donne une certaine crédibilité de façade à son « renversement des élites corrompues et cosmopolites ». Les références à Che Guevara, où encore Fidel Castro montrent bien le changement de forme de son discours d’extrême droite car il n’hésite pas à faire appel à ces figures révolutionnaires communistes et progressistes connues de tous pour rallier à lui les jeunes qui reconnaissent en eux de vrais amis du peuple. En cela il est plus attractif pour les jeunes qu’un FN à l’image plus franco-française et paternaliste. Dans ses vidéos par exemple il attaque non sans succès ces adversaires bourgeois républicains sur des lieux communs contre la disparition de la nation et de notre culture « nationale » qui restent, malgré la critique qu’en fait Soral, un maigre repère pour une jeunesse coupée de toute culture et que l’on enferme dans le divertissement stérile. Face à ces stratagèmes fascistes, le manque de culture et d’intérêt d’une part, le mensonge et la révision de l’histoire par l’ensemble de la bourgeoisie de l’autre, font naître une jeunesse désabusée qui se retrouve en partie dans la pensée fasciste de Soral qui prêche du vrai pour répandre le faux.

Un exemple : « le capital financier oppresse les peuples » vrai ; « les élites juives sionistes et mondialistes en sont la cause » faux. C’est le capitalisme en tant que système qui divise le monde en exploités et en exploiteurs et cela peu importe la nationalité, la religion et les « valeurs ».

A un fait matériel réel que la caste au pouvoir cache aux masses laborieuses et à la jeunesse, Soral apporte une réponse qui détourne le coup de glaive de la véritable cible. En cela Alain Soral et ses compères d’extrême droite confirment pleinement la définition de l’International Communiste sur le fascisme en tant qu’agent du pouvoir direct des monopoles, dernier rempart de la bourgeoisie face au mouvement ouvrier.

Sur le plan pratique E&R organise peu de militants actifs et joue plutôt un rôle de pôle idéologique et théorique dans la société. Ses adeptes ne sont en effet présents dans aucune manifestation ou mouvement ni étudiant ni ouvrier. Face à cela on peut en déduire que le travail d’Alain Soral bien qu’à caractère principalement idéologique sert les organisations « pratiques » et en premier lieu le Front National. Il n’est d’ailleurs pas le seul à travailler sur ce créneau puisque des « groupements » et autres « collectifs » gravitant autour de personnalités et intellectuels comme Éric Zemmour servent d’éclaireurs et de soutiens idéologiques à l’extrême-droite « classique » représenter par le FN.

Si les communistes du ROCML s’accordent à dire qu’il n’y a pas actuellement de danger d’un système fasciste en France, et ce malgré les récents succès du Front National aux élections européennes entre autres, il n’en est pas moins important de s’intéresser à cette face cachée de l’extrême droite française qui a toujours existé mais qui agit chaque jour un peu plus ouvertement et gagne en influence particulièrement auprès de la jeunesse. Cette offensive idéologique fasciste est caractéristique du capitalisme/impérialisme à un stade critique de son développement. La putréfaction du système capitaliste/impérialiste en France et dans la monde entier a atteint un tel degré de pourrissement que les contradictions dans lesquelles il est empêtré deviennent chaque jour plus visibles aux yeux des peuples. Face à cela la bourgeoisie doit trouver un moyen de cacher les origines de la faillite de son système économique et, à défaut de pouvoir le guérir elle invente un faux diagnostic qui doit être développé par messieurs les « médecins » Soral et consorts de la réaction internationale. Leur analyse erronée de la situation sert à détourner les peuples du monde du seul remède capable de les libérer de la misère engendrée par le capitalisme/impérialisme et ses contradictions : la Révolution prolétarienne, la construction du socialisme et du communisme seul système capable d’éradiquer les contradictions inhérentes au capitalisme et à donner les pleins pouvoirs aux prolétaires. En France l’absence d’un mouvement ouvrier communiste marxiste-léniniste depuis des décennies donne la possibilité à l’idéologie fascisante d’infiltrer la classe ouvrière et sa jeunesse qui n’ont pourtant aucun intérêt objectif à suivre les fascistes « bon français » de « E&R » et du Front National.

L’attitude des communistes à l’égard des idées d’Alain Soral et de ses complices doit être une opposition stricte et résolue. Il faut dénoncer les thèses fascistes et exposer toutes leurs contradictions et leur fausseté, expliquer et avancer les thèses et solutions marxistes-léninistes fondées sur l’analyse dialectique du développement des contradictions de notre société.

 

 

 

 

 

Conférence du 6/7/12/2014 : Rapport sur le Front National

 

Le sujet du Front national et du fascisme est aujourd’hui d’actualité dans le mouvement communiste français. En effet, beaucoup de communistes issus des partis et organisations révisionnistes craignent l’arrivée du fascisme en France.

Le ROCML a déjà analysé les conséquences de cette peur entretenue par le personnel politique bourgeois. A chaque élection, le prétexte de s’opposer au danger fasciste conduit les éléments contestataires à se réfugier dans les bras de la social-démocratie et du PS, à perpétuer l’alternance électorale droite –gauche, évitant la crise politique et donc à préserver au final le système bourgeois, plutôt que de le renverser.

Le ROCML a déjà établi, dans ses diverses publications, que :

Il est erroné politiquement de mettre en avant un quelconque danger fasciste. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire qui menacerait la bourgeoisie tant dans sa gestion du pays que dans sa politique extérieure et impérialiste, le système de république démocratique reste le meilleur moyen pour tromper et dominer le peuple.

 Le FN est un parti bourgeois classique d’extrême droite qui vise à prendre le pouvoir au sein du système parlementaire bourgeois.Le FN est un Parti raciste et xénophobe qui vise à diviser la classe ouvrière pour le compte de la bourgeoisie, et à retarder la prise de conscience révolutionnaire des prolétaires.Le FN est utilisé par la gauche ou la droite pour se garantir le pouvoir. Aujourd’hui, le FN est le 3ème parti qui pourrait être utilisé pour sauver le système démocratique bourgeois. Il fait partie des options dont dispose la bourgeoisie française pour garantir ses intérêts.

LA NATURE DU FRONT NATIONAL

Quelle est la nature du Front National ? Le FN est-il fasciste ? Quel est sa place dans la situation politique actuelle ? Que défend-il pour la bourgeoisie ? Qui représente-t-il ? Y-a-t-il un danger fasciste aujourd’hui pour la France ?Les communistes authentiques doivent faire une analyse matérialiste des raisons objectives de la progression du Front National et de son programme auprès de la population, notamment auprès des jeunes, et démontrer la fausseté de son idéologie nationaliste bourgeoise proche du peuple en parole, instrument du capitalisme en fait.

La FN dans la situation politique actuelle        

Dans le cadre de la situation politique française, le FN développe sa stratégie populiste anti «UMPS », dénonçant le bilan du PS et de l’UMP au pouvoir, de manière démagogique, en dupant la population en prétendant défendre les intérêts de toutes les victimes de ce système : salariés, patrons, qu’importent les antagonismes de classe. En vérité, le FN joue sur l’ignorance des gens qui oublient qu’il s’agit d’un parti issu de l’extrême droite qui a multiplié de nombreuses alliances locales voire nationales avec le RPR (l’UMP d’hier) et qui est fait partie du système qu’il prétend dénoncer. Cette attitude du ni droite ni gauche est simplement stratégique pour le FN. En vérité elle est récente. N’oublions pas que le FN a adulé un Reagan dans les années 1980 et que Thatcher, la briseuse de la grève des mineurs, a continué même aujourd’hui à faire l’objet d’une vénération des dirigeants frontistes[2].

 Dans sa stratégie électorale, le FN tend à engranger des points puisque depuis 2012 et les 17,9 % de Marine Le Pen, il multiplie de bons résultats électoraux, en transformant le FN en un parti d’envergure nationale qui vise à briser le bipartisme établi depuis une vingtaine d’années par l’UMP et le PS. Aux Municipales, puis aux Européennes, il arrive en tête sur un fort taux d’abstention. Cela ne doit pas cacher qu’il perd presque deux millions de voix depuis 2012. Le FN pourra être utilisé si nécessaire par la bourgeoisie pour sauver son système démocratique de l’alternance. Face à décrédibilisation des deux partis bourgeois classiques, le capital utilise cette option afin d’endiguer, et de détourner le mécontentement populaire, pour sauver son système politique mis à mal par la crise économique du capitalisme. Les dirigeants frontistes affichent un discours populiste pour gagner un électorat qui lui permettra de s’insérer encore plus dans les mécanismes parlementaires et non pas pour les détruire. Le discours « antisystème » est une façon de duper le peuple pour prendre le pouvoir au sein du système.

Le Front National est un parti électoraliste et bourgeois qui vise à prendre le pouvoir au sein de la République parlementaire bourgeoise. Il cherche depuis quelques années déjà à se doter d’une crédibilité auprès des médias, il vise à recevoir du capital le statut de parti de gouvernement de l’Etat français[1].

 

Le FN est un parti bourgeois, son programme est celui du Capital

Des solutions qui ne remettent pas en cause le systèmeLe parti frontiste entend défendre un « protectionnisme intelligent », la « souveraineté monétaire » et mener une « grande politique de réindustrialisation »[4]. Retenons qu’il s’agit là des options qui ne sont pas incompatibles avec la domination du capital et donc néfastes de toute façon pour les travailleurs. Le FN met souvent en avant la sortie de l’Euro comme solution à la crise que nous traversons. Cela permettrait de faire marcher la planche à billets pour permettre à un « Etat fort » d’investir davantage. Tout d’abord, il est risible de prétendre que changer de monnaie serait la solution à une crise qui n’est pas monétaire. En quoi changer de monnaie permettrait-il d’éviter les restructurations du capitalisme dues à la surproduction de marchandises ? Le retour au franc servirait surtout à une dévaluation compétitive de la monnaie pour améliorer la compétitivité-prix des marchandises françaises sur le marché mondial[5]. La conséquence serait une diminution de salaires pour l’ensemble des travailleurs français, des difficultés pour se procurer des biens pour vivre, notamment les marchandises provenant de l’extérieur. De plus, le patronat français ayant besoin d’écouler sa production à l’étranger en affrontant la concurrence, il ne fait aucun doute qu’il continuerait à exercer aussi de fortes pressions pour diminuer le prix de la force de travail.Le moyen pour s’assurer de l’application de ces mesures serait l’utilisation de l’Etat. Les marxistes-léninistes ont depuis toujours dénoncé la nature de l’Etat, qui n’est pas neutre ou au-dessus des classesdu fait qu’il est une superstructure construite sur des bases économiques capitalistes et contient donc les mêmes antagonismes de classe. L’idée d’une « action volontariste de l’Etat », d’un « Etat stratège »[8] pour l’application des mesures du FN montre bien que l’Etat est un « instrument d’exploitation de la classe opprimée »[9]. Cela est bien confirmé par l’économiste du FN, JR Sulzer. L’Etat est bien perçu comme levier de développement de la classe capitaliste française mais aussi comme machine militaire et policière matant toute contestation de la classe antagonique. Voilà ce qu’il dit, le FN défendra la « liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un Etat-Gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur »[10].

 Protectionnisme, sortie de l’Euro et réindustrialisation seraient des mesures qui permettraient à la société bourgeoise de se développer plus « harmonieusement ». La réimplantation des monopoles en France permettraient de revitaliser les PME-PMI nationale qui sont les grandes perdantes des délocalisations[6]. Ainsi, les multinationales qu’ils critiquent tant en paroles n’ont pas à s’inquiéter, le FN leur fait plutôt les yeux doux[7]. Le FN essaye de dompter les lois du développement anarchique de la production. Il a beau faire autant de propositions qu’il veut, il ne solutionnera pas les contradictions du capitalisme. Ces propositions sont vouées à rester un mensonge utopique nationaliste ou à conduire à l’aggravation de l’exploitation capitaliste dans le cas de leur application.

Le FN revendique l’instauration en France d’un « protectionnisme intelligent ». L’objectif serait de protéger la « production nationale » des entreprises françaises afin de favoriser le produire français et la relocalisation d’industries qui avaient fui vers des pays où la main d’œuvre est à bas coût. Il s’agirait de recréer des droits de douanes aux frontières afin de limiter l’arrivée en masse de marchandises venant de Chine ou des pays concurrents des entreprises françaises. Le protectionnisme est un moyen de limitation de la concurrence afin de produire et d’écouler des produits sur un marché national. Pour autant, les contradictions du capitalisme ne seraient pas révolues : Comment faire revenir les entreprises mondialisées en France si ce n’est en diminuant le salaire des travailleurs ? C’est là tout le problème de ces populistes qui font croire que la réindustrialisation et le protectionnisme seraient utiles aux travailleurs. En vérité, il n’en est rien, le but du capitalisme est de produire au plus bas coût possible afin d’être compétitif, de produire à l’infini et de réaliser le maximum de profits. Réindustrialiser la France en gardant les lois du système capitaliste, c’est donc rétablir des conditions proches de l’esclavagisme pour le prolétariat français. Voilà le rêve nationaliste et chauvin si cher aux « amoureux » de la France.

Le FN se présente comme le parti des Français contre les étrangers. En vérité, c’est un parti qui soutient le capital français contre le reste des travailleurs, français ou non. Dans ses discours il s’attaque aux « requins de la finance » et au MEDEF (à Parisot car celle-ci représente une autre option du capital[3]).

Un parti au service des monopoles français dans le monde

Le FN envisage une option particulière pour la bourgeoisie monopoliste. Alors qu’Hollande et Sarkozy promeuvent une alliance avec les Etats-Unis, les puissances de l’Union Européenne afin de sauvegarder les intérêts capitalistes français, le FN, au contraire, envisage une alliance stratégique avec la Russie[11]. L’objectif serait de s’allier à la Russie pour faire contrepoids aux Etats-Unis et ainsi positionner la France dans une situation de levier, de gérant international des conflits entre les deux blocs impérialistes. Il cherche surtout à jouer sur les rivalités inter-impérialistes (opposition ou collaboration) afin de repositionner l’impérialisme français. Cette option est envisagée en pratique puisque Marine Le Pen et ses cadres ont rencontré des personnalités russes, des proches de Poutine (dont le président de la Douma). Des liaisons financières entre les nébuleuses d’extrême droite et la Russie donnent de la matière à ce positionnement[12]. De même, la position du FN sur la Syrie, face à l’Iran montre qu’ils prennent la défense de la Russie. Alors que certains « communistes » voient dans Poutine un allié du camp anti-impérialiste, ils feraient bien de réfléchir : en étant l’allié de la Russie, le front national serait-il devenu anti-impérialiste ? Cela va de soi que le FN est un parti impérialiste qui veut réorienter la France vers une nouvelle alliance stratégique, elle aussi, bien impérialiste. D’ailleurs, le FN veut rompre avec l’atlantisme mais il apporte son soutien à Israël[13], le chien de garde de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. Encore une fois, il veille à sauvegarder les intérêts des firmes françaises. Le FN malgré sa rhétorique en faveur des « petits » défend en pratique l’intérêt des monopoles français en ayant une divergence d’opinion stratégique avec l’UMP ou le PS. Dans le fond ce sont des impérialistes qui ont « parfaitement conscience de l’importance de ces grands groupes qui restent les locomotives puissantes de nos PME-PMI »[17].

Enfin, le FN ne se distingue pas des autres partis bourgeois il défend bec et ongle la présence française sur le continent africain. L’éloge au défunt patron du groupe Total, pilleur de l’Afrique le montre, car le FN dit de lui qu’il avait « à cœur la défense de nos intérêts nationaux (…) notamment face aux multinationales américaines »[14]. Le soutien de M. Le Pen à l’intervention au Mali[15] démontre bien la continuité criminelle et colonisatrice de l’impérialisme français. D’ailleurs, le programme frontiste affirme bien le projet impérialiste de ses dirigeants : il s’agit d’apporter un « soutien fort des investissements privés français en Afrique en échange d’une inversion des flux migratoires »[16].Le FN n’est pas seulement un parti bourgeois nationaliste, chauvin ; c’est aussi un parti qui représente les intérêts des monopoles et de l’impérialisme français. Il affirme que s’il était au pouvoir,il appliquerait un train de mesures favorables aux monopoles français dans le cadre de leur concurrence inter-impérialiste.

Un parti diviseur de la classe ouvrière        

Le FN est un parti anti-ouvrier et même si par populisme il peut dénoncer les bureaucraties syndicales, c’est avant tout pour éloigner les travailleurs des syndicats et non pour renforcer leur lutte de classe. Les dirigeants du FN démontrent cet aspect lorsqu’en évoquant le programme du PS, ils estiment qu’il favorise toujours plus « d’assistanat ». Les travailleurs et chômeurs de ce pays seront ravis d’entendre que le gouvernement de l’austérité au service du capital, le gouvernement PS favorise l’assistanat. Et que proposent-ils ces chevaliers bleus marine du capital ? La renégociation des 35 heures, le renforcement du contrôle des chômeurs ; les mêmes mesures antisociales que l’UMPS. La haine du mouvement ouvrier s’exprime dans de nombreuses déclarations de dirigeants du FN. L’apologie de JM Le Pen envers Reagan était connue de longue date du fait de son anticommunisme[19]. Mais plus récemment, ce n’est personne d’autre que le conseillais municipal et maire d’arrondissement Stéphane Ravier qui estimait que la grève héroïque des éboueurs marseillais était synonyme de « prise en otage des voyageurs », et que la CGT gangrénait la vie des Marseillais[20]. N’oublions pas l’attitude de M. Le Pen durant la lutte de 2010 contre la réforme des retraites qui estimait que le gouvernement était trop mou et qu’il fallait « rétablir immédiatement l’ordre républicain partout »[21].

 Au final, le FN se caractérise comme le semeur de division dans le prolétariat, un semeur de division qui se pare d’un vocabulaire populaire, mais qui n’est en fait qu’un instrument au service du capital afin de mater toute contestation ouvrière. Le FN est un parti bourgeois qui participe à diviser la classe ouvrière par ses idées xénophobes antisyndicales et anticommunistes. Il utilise un verbiage populiste prônant l’Etat « au-dessus des classes », mot d’ordre républicain par excellence utilisé par tous les partis bourgeois et pure utopie idéaliste bourgeoise, en faisant découler les difficultés rencontrées par le peuple à des causes venant uniquement de l’extérieur (immigration, Europe). En estimant que le chômage serait le résultat de l’immigration, le FN tente d’entretenir une division artificielle au sein du prolétariat. Son objectif est de diviser pour mieux régner. Son programme est clairement xénophobe puisqu’il souhaite rétablir le droit du sang, interdire toute manifestation en faveur des sans-papiers[18]. Il est bon de rappeler que la violence dans les quartiers et banlieues populaires provient essentiellement de l’isolement et du chômage que subissent les populations qui y habitent et notamment les jeunes. Le FN et la bourgeoisie passent sous silence de manière simpliste le fait que tous sont des prolétaires et leur détresse, leur enclavement et la violence qui en découle provient uniquement de leur condition de classe, d’exploités et non d’autre facteurs secondaires. De même que les communistes ne tombent pas dans la division religieuse que tente d’établir le FN vis-à-vis des travailleurs musulmans. La seule division réelle dans la société est celle existant entre les différentes classes. Toute autre division ne cherche qu’à affaiblir notre combat. Unir capital et prolétariat sous la bannière nationaliste de la France, voilà le programme fumeux du FN !

La place du FN dans les classes sociales en France

Le FN propose l’option d’un Etat stratège pour la bourgeoisie française, un Etat fort qui garantirait les intérêts de la bourgeois française à l’intérieur du pays (contre le prolétariat, pour un protectionnisme national, sortie de l’euro…) mais aussi à l’extérieur (face aux concurrents, défense de l’arrière cours en Afrique et au Moyen-Orient[22], nouvelle alliance stratégique).          Représentant de la grande bourgeoisie, le FN trompe la couche la plus arriérée des ouvriers. Le plus dangereux étant qu’il trompe une partie de la jeunesse ouvrière, peu sensibilisée par la lutte de classe, du fait de l’affaiblissement du mouvement ouvrier.

Enfin, la base sociale des militants du FN est formée par des commerçants, artisans, employés de commerce ; catégories sociales « intermédiaires » entre la bourgeoisie et le prolétariat qui sont menacées, par la crise, d’être plongées, déclassées dans le prolétariat. Quant à la base électorale, elle s’ouvre de manière assez importante aux ouvriers, notamment sa couche antisyndicale. Il s’agit là d’ouvriers votant traditionnellement à droite et qui se radicalise vers son extrême[23]. Evidemment, du fait de la diminution des luttes ouvrières, de plus en plus de jeunes prolétaires, exposés à la crise économique, sont enclins à voter FN[24]. Cependant, cette tendance est à relativiser parce que le premier parti des ouvriers reste l’abstention très massive, qu’il s’agit d’ouvriers votant traditionnellement à droite, que ce sont souvent les ouvriers isolées dans de petites entreprises, ou ceux qui sont à proximité de leur hiérarchie (contremaitres…). Les grandes entreprises, bastions des syndicats lui résiste : le FN « ne dispose pas de réseaux ouvriers, peine à trouver des candidats dans les bastions industriels et apparait encore comme illégitime dans les grandes entreprises en raison de la résistance syndicale au FN »[25].Le FN est le représentant des intérêts de la bourgeoisie monopoliste française, c’est un parti impérialiste. Il rassemble les partisans d’une politique française de prestige qui recentrerait la France dans une situation de pivot entre blocs impérialistes. Cela nécessite donc un rapprochement avec la Russie, mais paradoxalement, il ne propose pas l’option d’une alliance chinoise car il défend la bourgeoisie qui produit en France ou pour le marché national et qui fait face à la concurrence de la main d’œuvre chinoise. Outre cela, il se pose en défenseur des sociétés impérialistes qui pillent les matières premières à l’extérieur de la France (Total, Véolia…).

Le FN n’est pas un danger fasciste 

 La plupart des partis de gauche et beaucoup de groupes dits « ML » voient dans le FN l’avatar du fascisme ou, pour d’autres, la possibilité de l’instauration du fascisme dans la situation présente. Pour le ROCML, cela est erroné car le FN vise avant tout à son intégration au système politique bourgeois comme parti classique, représentant la « droite dure ». En fait, le FN développe un discours populiste pour se faire une place dans les mécanismes parlementaires, et non pour les détruire. C’est un parti réactionnaire, contre-révolutionnaire mais cela ne fait pas de lui un parti fasciste, dans la situation actuelle.

Il n’y a pas de menace fasciste aujourd’hui 

 Le fascisme, dictature ouverte de la bourgeoisie, n’est utile que lorsque le vernis démocratique se craquelle et que l’ordre bourgeois risque d’être renversé par la classe opprimée. Pour le moment, la domination de la bourgeoisie n’est pas menacée. Il n’existe pas de force de classe qui s’en prenne réellement au système et souhaite le renverser. Les critiques sont sur la forme et de plus ne sont pas dangereuses. A gauche Le FDG partage avec le FN certaines thèses économiques, nationalistes et chauvines et se propose de rénover la république. Rien d’inquiétant pour le pouvoir de la bourgeoisie. Face à la faible contestation des mesures d’austérité par les classes dominées, point besoin de dictature ouverte du capital. L’appareil d’Etat bureaucratique, forces de police et militaire et judiciaire permettent largement de maintenir et réprimer toute réaction du mouvement ouvrier dans le cadre de la démocratie parlementaire. Le capitalisme porte la violence et la répression dans son ADN.

Les communistes face au FN

Le FN est un parti de la bourgeoisie qui a comme rôle de diviser le prolétariat afin d’éviter leur unité politique. C’est un parti impérialiste qui combat pour le capital et pour la puissance de la bourgeoisie française dans le monde. Construire le Parti communiste de France, réaliser l’unité de la classe ouvrière sur la base de ses intérêts historiques sont les meilleures façons, idéologique et concrète, de combattre le FN et le capitalisme.  

 Notre tâche de communiste est de battre en brèche les idées frontistes et réactionnaires. En se mobilisant pour construire le Parti communiste (ML) de France, en étendant son influence politique communiste sur le prolétariat, le ROCML lutte contre les idées qui divisent la classe ouvrière, dont celles particulièrement xénophobes et populistes du FN. Ce n’est pas en courant derrières les fascistes, le Front de gauche ou le PS que le FN et le système capitaliste dont il est porteur pourra être vaincu. Seule la perspective communiste est réellement l’alternative au système capitaliste en crise et à son instrument qu’est le FN. Toute autre tentative antifrontiste est vouée à l’échec ou à se mettre à la remorque de tel ou tel parti opportuniste bourgeois. Concrètement, aucun pas en avant ne peut être fait vers la perspective de l’unité du prolétariat. C’est à cela que les partisans « communistes » de la fascisation de la France doivent réfléchir ; eux qui depuis 50 ans agitent le chiffon rouge du danger brun.Les communistes doivent dénoncer le FN comme un parti bourgeois-impérialiste qui sème la division dans les rangs ouvriers du fait de sa xénophobie et de son racisme. Cependant, le FN ne menace pas la démocratie bourgeoise d’une dictature fasciste. L’ordre du jour pour tout communiste est la révolution et l’instauration du socialisme, ce n’est pas la défense des libertés et de la démocratie face au fascisme. Les communistes refusent donc toute caution à un sauvetage de la gauche bourgeoise sous prétexte d’antifascisme, ainsi que tout embourbement dans un combat qui ferait perdre son énergie au mouvement de reconstruction marxiste-léniniste.

 

[1] « Nous sommes prêts à gouverner », Marine Le Pen, Le Figaro, 29 août 2014, http://www.lefigaro.fr/politique/2014/08/29/01002-20140829ARTFIG00286-marine-le-pen-nous-sommes-prets-a-gouverner.php

[2] Communiqué du FN, le 8 avril 2013, sur le décès de Mme Thatcher, le FN y « salue la mémoire d’une dirigeante de conviction profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale ».

[3] Voir son livre.

[4] Programme du FN, sur son site.

[5] Mansouri, « les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme », L’Humanité, 16/11/2011.

[6] Pottier C., Les multinationales et la mise en concurrence des salariés, L’Harmattan, Paris, 2003, 252 p., L’auteur montre que les multinationales qui s’implantent créent toute une base productive autour d’elles : sous-traitance, service. L’idée du FN serait de faire revenir ces entreprises en France pour dynamiser le tissu de PME-PMI.

[7] Voir le communiqué de Aymeric Chauprade du FN le 21/10/2014 :C. De Margerie, La France perd un grand patron de l’énergie.

[8] Terme qu’au passage Thierry Lepaon reprend.

[9] Lénine, L’Etat et la Révolution.

[10] Cité par Mansouri, ibid.

[11] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN

[12] Voir les articles de Médiapart du 25/02/2014 et du 12/06/2014.

[13] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, Seuil, Paris, 2014, 496 p., p. 425. Et dans son programme, le FN assure une « sécurité garantie » pour Israël.

[14] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[15] Réaction de Marine Le Pen à l’intervention française au Mali, 11 janvier 2013.

[16] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN.

[17] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[18] En tant que communistes conduire la partie du prolétariat la plus corvéable qu’est la main d’œuvre immigrée à s’unir avec le reste du prolétariat pour lutter contre l’exploitation est une tâche importante

[19] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, p. 182-83

[20] Communiqué de S. Ravier en 2013, « La CGT : comment gangréner le travail et la vie des Marseillais ».

[21]Communiqué de Marine Le Pen du 22 octobre 2010 :   http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/05/10/2490437_marine-le-pen-contre-les-greves-trop-dures.html

[22] Dans le programme du FN : les révolutions arabes et la guerre en Irak « auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe ».

[23] Vigna X., Histoire des ouvriers, p. 293.

[24] Idem, p. 294-95.

[25] Idem, p. 293.

Discours pour la libération de Georges Abdallah à Pau

Discours pour la libération de Georges Abdallah

26 février 2015

 

Le ROCML et la JCML sont solidaires de Georges Abdallah emprisonné maintenant depuis plus de 30 ans en France. Alors que le gouvernement et tous les partis du système prétendent défendre la liberté d’expression, ils savent la museler lorsque celle-ci les met en danger, remet en cause leur pouvoir.

Georges, militant de classe et révolutionnaire inconditionnel est emprisonné, réduit au silence, du fait de ses opinions et de ses actes, par l’Etat français au service des impérialistes.

La liberté d’expression est la propriété de la classe dominante, bourgeoise. Les médias (télé, journaux) donnent des brevets de démocrates pour les criminels de guerre que sont Netanyahou, Hollande et Obama. De l’autre côté, les révolutionnaires communistes sont taxés de « terroriste », les grévistes de « preneurs d’otage », de « preneurs d’emploi », les syndicats de travailleurs « de cancer pour le travail ».

Aujourd’hui, le gouvernement se donne une image de défenseur des peuples, en réalité, il asphyxie et étouffe les travailleurs avec des lois scélérates : loi Macron, pacte de responsabilité… Il réprime voire enferme tous les militants qui concrètement agissent dans l’intérêt du peuple.

 

Libérez Georges

Justice de classe pour les militants révolutionnaires

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Discours pour les 140 ans de la Commune de Paris

 

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

 

 

 

Discours de commémoration des 140 ans de la Commune de Paris

Père Lachaise, Samedi 19 mars 2011

 

 

Mes chers camarades,

Aujourd’hui nous sommes rassemblés en un lieu mémorable pour commémorer l’une des plus belle et des plus grande page de l’histoire du mouvement ouvrier, la première forme de dictature du prolétariat : la Commune de Paris.

Il y a 140 ans exactement, le 18 mars 1871, la Commune naissait, le peuple de Paris se levait, balayait les vestiges du second Empire décomposé et, pour paraphraser Karl Marx lui même, montait à l’assaut du ciel !

Ce même peuple de Paris qui avait endurer les sacrifices imposés par la guerre impérialiste Franco-prussienne de 1870, qui après les défaites de Sedan et Metz avait refusé la défaite et l’occupation étrangère, reprit les armes et vécut un siège très éprouvant de plusieurs mois avec son lot d’horreurs, pour enfin, se voir imposer une capitulation sans conditions par le gouvernement vendu de la défense nationale…

La bourgeoisie réactionnaire française, celle là même qui avait fait tirer sur le peuple en 1848, puis en 1851 lors du coup d’Etat Bonapartiste, cette même bourgeoisie qui s’était tant engraissé sur le dos de la classe ouvrière pendant les années de l’Empire et qui au final, avait poussée Louis Napoléon dans un conflit armé contre la Prusse dont elle espérait pouvoir retirer des gains territoriaux, oui, ce sont ces même bourgeois belliqueux qui avait subitement réclamé la paix, voyant en elle le retour des profits et de la croissance disparus depuis le début de l’invasion étrangère.

Après l’entrée des Prussiens dans Paris, l’assemblée de Versailles, revenu de Bordeaux, constituée en grande partie de monarchistes et de débris du bonapartisme déchu – qui n’avaient cessé d’exiger de Paris la capitulation pendant le siège, procédant à des baisses de soldes des gardes nationaux –  réclama le désarmement de la classe ouvrière parisienne. Les fusils, les mitrailleuses et surtout les canons qui avaient été achetés par les Parisiens eux même pour doter la garde nationale d’un armement adéquate devait leur être arrachés par la troupe.

Idée complètement absurde puisque le 18 mars, les bataillons de la ligne chargés de la besogne, affamés et exténués fraternisèrent avec le peuple.

Le 26 mars avaient lieu les élections qui donnait à Paris un nouveau gouvernement en partie constitué d’ouvriers. Le 28, la Commune était officiellement proclamé devant l’Hôtel de ville. Les bataillons de la garde nationale défilant les uns après les autres, une foule immense acclamant les nouveaux élus… Le drapeau rouge du sang de l’ouvrier avait alors remplacé le drapeau tricolore. A ce moment là, plus rien ne semblait en mesure d’arrêter ce peuple en armes, ni les assemblées réactionnaires, ni les armées impérialistes, ni les bourgeois réfugiés à Versailles…

Le prolétariat au pouvoir, les réformes sociales vont se  succéder pendant deux mois et demi :

Séparation de l’Eglise et de l’Etat, école gratuite, laïque et obligatoire, interdiction du travail de nuit pour les boulangers, redistribution aux ouvriers des ateliers qui avait été abandonnés par leurs patrons pendant le siège ou au moment de la proclamation de la Commune…. Il ne s’agit là que d’un aperçu de l’œuvre sociale du premier gouvernement ouvrier de l’Histoire.

A ce moment là, la France connait partout l’incendie de la révolution. A Lyon, à Saint-Etienne, au Creusot, puis à Marseille, à Toulouse, à Narbonne et dans bien d’autres villes encore… Comme un seul homme, le prolétariat se soulève, brise les chaines de l’exploitation, lave les humiliations de son oppression et balaie les vestiges pourrissants de l’Empire.

Dans Paris,  malgré le danger de plus en plus imminent que constitue l’armée versaillaise alors aux portes de la ville, c’est l’effervescence… Les rues de la capitale sont redevenues sures, pendant deux mois on ne connaitra plus ni meurtres, ni assassinats, ni prostitution, ni la misère ou la faim. Le vieux monde est désormais tombé, l’avenir appartient à la Commune, au peuple, à la classe ouvrière…

On abat la colonne Vendôme, symbole de la haine entre les peuples, la maison de Thiers est détruite, les Eglises se transforment en clubs de réunions et de discussions où chacun prend la parole : les jeunes comme les vieux, les hommes comme les femmes… On débat sur les décisions de la Commune, on discute de l’avenir.

Pourtant, le 21 mai 1871 après deux mois d’existence, la Commune vivait ses dernières heures…  Après avoir vu disparaitre les unes après les autres toutes les Communes de province, réprimées par le parti de l’ordre, Paris se retrouvait seule. Incapables d’organiser correctement la défense de la ville, les élus avaient laissé Thiers constituer une gigantesque armée de 130 000 soldats français, pour la plupart faits prisonniers après la défaite, puis libérés par Bismarck afin d’écraser la « canaille rouge » de Paris. Ce même Thiers qui après s’être assuré de l’imminence de la victoire versaillaise avait déclaré « je serais impitoyable », déchaina pendant toute une semaine un ouragan de fer et de feu sur Paris noyant la capitale dans un bain de sang. La classe ouvrière, qui avait été en première ligne pour la défense de la révolution en fut décapité. La lutte qui avait commencé à l’extérieur de Paris au début du moi d’avril dura toute une semaine. Le Père-Lachaise sera le théâtre de combats acharnés entre fusiliers marins et fédérés. Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mai, 147 d’entre eux seront passés par les armes contre un mur blanc situé au fond du cimetière. L’histoire veut qu’ils soient morts les pieds nus, avec insolence…

La « semaine sanglante » toucha particulièrement les quartiers populaires de l’Ouest de Paris. Belleville, Montmartre, la Butte aux cailles qui avaient tant résistés, furent vidés de leurs cordonniers, charpentiers, forgerons, typographes, relieurs, zingueurs, laissant voir comme le dit Lissagaray dans son « Histoire de la Commune », (…) « des femmes d’ouvriers assises, la tête dans les poings, regardant fixement devant elles, attendant un fils ou un mari qui ne devait pas revenir. »

Même si la IIIème République reconnue par la suite que le premier acte de son existence avait fait plus de 20 000 morts, on peut penser que la répression fut bien plus terrible… 30 000, 40 000, 50 000 morts? Louise Michel avancera le chiffre de 100 000 victimes. Le jardin du Luxembourg, la caserne Lobau, la prison de la Roquette furent les abattoirs de la classe ouvrière parisienne. Les cours prévôtales condamnèrent tant de gens, parmi lesquelles beaucoup d’innocents n’ayant jamais participer à la Commune, que même les journaux les plus réactionnaires de l’époque réclamèrent la suspension des exécutions. En effet, le triste spectacle des tombereaux de cadavres qui s’amoncelaient partout dans la ville avait fait naitre la crainte d’un retour de la peste.

Ceux qui avaient échappé à la boucherie devaient connaitre par la suite l’enfer de la détention dans les forts, les prisons et sur « les pontons » en attendant d’être déportés en Nouvelle Calédonie ou fusillés. L’amnistie générale ne devait arrivée qu’en 1880, mettant un terme à 9 années de répression sauvage.

Alors, comment un tel rêve a t-il pu s’effondrer si rapidement?

Ce qui manqua à la Commune, c’est une véritable organisation, avec un parti prolétarien capable de diriger la lutte révolutionnaire.

A maintes reprises ce manque cruel se fera ressentir, notamment dans les opérations militaires que mènera la Commune. En refusant par exemple de rallier les bataillons de l’armée française affamés, réfugiés à Versailles et qui auraient eut tout intérêt à se joindre aux parisiens. Et lorsqu’enfin l’ordre arriva de marcher sur Versailles, les 2 et 3 avril, l’opération fut si mal organisée, qu’elle se transforma en débâcle totale. Deux des meilleurs commandant militaires de la Commune, aimés des parisiens, Flourens et Duval y laisseront d’ailleurs la vie.

Les Communards commettront encore bien d’autres erreurs qui précipiteront leur fin … Comme le refus de mettre la main sur les richesses colossales de la Banque de France. L’argent ainsi confisqué aux bourgeois auraient pu servir les intérêts de la révolution.

Bien que la répression de la Commune ait       été sans pitié, elle a apporté à la classe ouvrière un enseignement d’une importance capitale : sans l’existence d’un parti prolétarien d’avant garde organisé, pas de mouvement révolutionnaire. Le Capital, lui, l’a parfaitement bien compris, et il n’hésitera pas à faire couler le sang de milliers d’ouvriers pour la sauvegarde de ses profits.

Aujourd’hui, la classe ouvrière doit comprendre que son salut réside dans la révolution socialiste. Mais cette révolution doit être encadrée et menée par un parti d’avant garde capable de mener le prolétariat à sa victoire. Refuser l’organisation, c’est refuser le renversement de la bourgeoisie, c’est s’enfermer dans le spontanéisme et rejeter une action de longue durée. Refuser l’organisation prolétarienne d’avant garde c’est répéter les erreurs du passé.

Comme nous l’a enseigné le camarade Lénine : « L’organisation est la force de la classe ouvrière. Sans l’organisation des masses, le prolétariat est nul. L’organisation, c’est l’unité d’action, l’unité de l’intervention pratique. »

L’œuvre sociale et politique de la Commune est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, lorsque le monde entier a les yeux tournés sur les révolutions qui ont lieu dans les pays du Maghreb. Souhaitons que ces derniers ne connaissent pas le sort funeste des fédérés.

C’est pourquoi chers camarades, nous pouvons le dire haut et fort en ce lieu aujourd’hui : la Commune n’est pas morte !

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Dans la loi Macron, Tout est bon pour les patrons

Retrait de la loi Macron !

Abrogation des contre-réformes patronales: Macron, ANI, réforme des retraites…

Le progrès sous le capitalisme, c’est le retour au XIXème siècle !

Luttons classe contre classe pour obtenir le retrait !

Communiqué ROCML : Après la tuerie perpétrée contre les journalistes de Charlie Hebdo.

Le ROCML condamne l’acte terroriste sanglant perpétré contre le journal satirique Charlie Hebdo.  La liberté de penser,  d’écrire et de diffuser, sont  des conquêtes acquises dans les luttes séculaires contre l’arbitraire et l’obscurantisme. Les communistes se virent maintes fois supprimer cette liberté, c’est pourquoi ils luttent contre les actes qui l’entravent, d’où qu’ils viennent, que ce soit de l’Etat laïque bourgeois ou  du fanatisme religieux. Le ROCML  partage sur cette base l’émotion qu’a provoquée  dans le peuple  la tuerie de Charlie Hebdo.

En même temps, le ROCML dénonce l’utilisation de cet évènement par le gouvernement socialiste et l’ensemble des partis bourgeois de gauche et de droite. Leurs larmes de crocodiles,  leurs discours anti-terroristes, sécuritaires et d’unité nationale ont en effet d’autres buts :

1)      Faire oublier que l’Etat français pratique lui aussi la terreur, à l’intérieur du pays, par la répression policière (Sivens, il n’y a pas si longtemps), et à l’extérieur par des interventions armées dans des pays souverains (Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, Mali…), pour défendre les intérêts des monopoles français.

2)      Faire oublier que l’Etat français et ses gouvernements successifs de droite et de gauche ont contribué et continuent à contribuer à soutenir financièrement et en armement des organisations armées extrémistes religieuses pour détruire des Etats souverains qui n’acceptent pas de leur obéir.  Ainsi on voit  Fabius déclarer : « Al Nosra fait du bon boulot » alors que  le peuple Kurde de Syrie fait face dans le même temps, sans aucun soutien,  à la terreur de l’Etat Islamique et d’Al Nosra .

3)      Faire oublier que l’Etat français soutient les crimes terroristes de masse perpétrés par l’Etat sioniste israélien contre le peuple arabe de Palestine.

4)      Faire oublier que l’Etat français et un gouvernement socialiste n’hésitent pas à s’attaquer à la liberté d’expression quand elle les gêne ou quand elle gêne leurs amis comme dans l’affaire Dieudonné. .

5)      Faire pression sur la classe ouvrière pour qu’elle mette en veilleuse ses luttes, au nom de l’union nationale contre un ennemi commun et pour défendre des valeurs prétendues communes.

Le peuple et les travailleurs de France ont raison de défendre les libertés démocratiques quand elles sont attaquées, mais ils n’ont pas d’union nationale à faire avec ceux qui les exploitent et qui les oppriment, avec un Etat qui n’hésite pas à mettre en cause ces libertés démocratiques, qui nourrit, manipule et qui pratique lui-même différentes formes du terrorisme quand c’est dans l’intérêt du capital.

Dans un monde précipité dans le chaos et les guerres par les rivalités inter-impérialistes, en l’absence d’un mouvement international révolutionnaire prolétarien, en l’absence de perspectives d’un avenir heureux, la voie est ouverte à toutes les dérives.

Seule la classe ouvrière et le socialisme peuvent sortir ce monde de la barbarie.

ROCML le 8 janvier 2015

Crise de la Dette

Extrait de la VDC N°5

CRISE DE LA DETTE
Manifestation de l’aggravation des contradictions
du mode de production capitaliste

Toutes les places boursières s’affolent. La bourse est à la baisse jusqu’à entrevoir un nouveau krach boursier. La note attribuée à la dette américaine a été abaissée d’un cran (de AAA, meilleure note, à AA+) par l’agence Standard and Poor’s, une première. Cela signifie que cette agence de notation (la première à avoir, il y a deux ans, dévalué la note grecque) considère que les Etats-Unis présentent des risques quant à leur capacité à honorer leur dette, provoquant une perte de confiance des milieux financiers et les réactions erratiques du marché financier : c’est l’aspect visible d’une crise plus profonde qui affecte le monde capitaliste mondialisé.
En 2008 déjà, la crise frappait. La crise de la dette n’est que l’aspect superficiel de cette crise. Non pas que la situation soit inédite, elle est aujourd’hui a un niveau de gravité supérieure: les contradictions inhérentes au capitalisme font leur œuvre: le cancer se généralise, après la Grèce, l’ensemble des pays d’Europe et d’Amérique sont touchés.
Ce n’est pas du côté de la bourgeoisie que nous aurons une explication claire et scientifique des évènements en cours. La bourgeoisie n’a pas intérêt à dévoiler les conséquences du système qui est le sien. Elle tente d’en rester à une fixation de l’attention des masses sur les cours de bourse et les problèmes financiers, comme si le fond du problème était la hausse ou la baisse, et que cette hausse ou baisse, venant d’on ne sait où, était la clé des problèmes économiques.
Or pour comprendre ce qu’est la crise et la place qu’occupe la dette publique dans ses mécanismes il faut comprendre d’où vient cette crise, qu’elle en est la source fondamentale.

De la crise de surproduction à la crise financière et boursière.

La crise, qui frappe également à des degrés divers les pays en Europe et aux Etats-Unis, est avant tout une crise de surproduction. Le capitalisme est agité par des contradictions insolubles. D’une part, il faut produire toujours plus de marchandises, avec des coûts de production (dont les salaires) toujours plus faibles que ses concurrents pour générer un profit plus important. Or cette baisse des coûts de production se traduit par une baisse des salaires et par conséquent, une baisse du niveau de vie des masses. Ce qui a pour conséquence de freiner l’écoulement des marchandises produites, que les masses ne peuvent pas acheter et qui s’entassent dans les entrepôts. A l’échelle de la société cela se traduit par des faillites en chaîne et par la montée du chômage.. Nous avons donc cette situation absurde avec d’un côté une masse de marchandises produites et de l’autre des masses qui ne peuvent se les procurer et qui manquent de tout. « La logique du profit capitaliste conduit immanquablement à la crise de surproduction, à cette contradiction scandaleuse de la capacité matérielle de produire des biens d’usage qui permettraient aux masses de vivre aisément, et de l’autre, de l’impossibilité de ces masses d’acheter et de consommer ces biens dont elles ont besoin. »

Dans la production, le recours au crédit est indispensable pour les capitalistes: pour écouler les produits, de même que pour continuer à produire alors que la production précédente n’est pas encore écoulée. Avec la baisse de la production consécutive au ralentissement de la consommation, les crédits deviennent de plus en plus vitaux pour maintenir la production de plus-value2. Or, la récession, conséquence logique de la mévente des marchandises et de la baisse de la production qui s’en suit, creuse le fossé entre les besoins de crédit du capital et ses capacités à en rembourser les intérêts. Quand se manifeste l’écroulement de productions financées à crédit, les établissements qui font commerce du crédit (les banques) voient leurs créances fondre comme neige au soleil, entrainant leurs propres difficultés. Les banques qui ont prêté de l’argent, suite à la banqueroute de leurs créanciers, voient fondre leurs réserves. La crise de surproduction prend alors la forme de crise financière. L’interdépendance des capitaux entrainant une réaction en chaîne, la faillite des uns provoquant celle des autres. Les Etats, acteurs politiques de domination du capital sur les travailleurs mais également acteurs économiques, se chargent de supporter une grosse partie de la crise, en épongeant les dettes privées et en ayant recours au crédit pour éviter l’implosion sociale et de la société: les charges de l’Etat augmentent pendant que les ressources stagnent ou diminuent (la masse des impôts diminue), aboutissant sur une situation où l’Etat lui-même ne peut plus satisfaire le remboursement des intérêts de la dette qu’il a contracté, est menacé de faillite comme en Grèce, fragilisant considérablement les pays et banques créditrices et entrainant des mouvements imprévisibles d’affolement des bourses.
Il arrive une situation où l’Etat n’a plus, du fait de la crise profonde du capital, les moyens de « payer » les intérêts de la dette en cours – il est en situation de « faillite », d’où la méfiance des « marchés » , des investisseurs qui demandent des taux d’intérêts plus élevés pour tout nouvel emprunt (c’est ce qui est arrivé à la Grèce) et provoque le sauve qui peut du capital financier et des bourses. La crise de la dette est une partie du problème de la faillite du système capitaliste, de sa nature sénile, de son incapacité à diriger la société et l’entrainant à sa perte.
La crise boursière est donc une manifestation d’une crise déjà présente. Les baisses des cours d’une société signifient qu’un nombre plus important de porteurs vendent leurs actions (c’est à dire des part dans le capital de la société), du fait de la situation de difficulté économique de l’entreprise (soit immédiate: l’entreprise a diminué son profit, soit anticipée: on anticipe une perte de profit dans l’avenir proche). Quand la surproduction est générale alors les cours s’effondrent jusqu’au krach boursier.
Notons que cette surproduction ne reste que relative car cette surproduction existe par rapport aux possibilités de valorisation du capital (c’est à dire de sa possibilité de s’investir pour croître avec un profit), mais n’est pas surproduction par rapport aux besoins de consommation des masses, qui par millions n’ont pas les ressources pour se procurer des moyens de subsistance et sont frappées par le dénuement et la famine qui en résulte.
La crise et les étapes qu’elle traverse, ne sont pas la conséquence d’une mauvaise gestion, de l’incapacité de tel ou tel dirigeant, mais la conséquence inévitable des contradictions du mode de production capitaliste.

Le rôle de la dette dans l’économie.

L’argent de la dette sert, avec les impôts, et l’émission de titres (par exemple les bons du trésor aux Etats Unis) à alimenter le budget de l’Etat. Ce budget que Marx considérait déjà comme « un budget de la bourgeoisie » sert à aider directement les capitalistes notamment par des subventions, exonérations d’impôts, marchés publics, mais aussi indirectement, en jouant le rôle de « capitaliste collectif » en intervenant dans l’économie, en aménageant le territoire, en créant des infrastructures utiles à la production et au commerce, en entretenant des forces de répression et de maintien de la domination de classe, en entretenant la force de travail (aide à l’embauche, retraites, hôpitaux, sécurité sociale, transports ….). D’ailleurs c’est sur ce dernier aspect que se nourrit l’illusion de « l’Etat providence » entretenue par le personnel politique pour culpabiliser les travailleurs en les désignant comme responsables de la dette, s’attachant à masquer la nature de classe de l’Etat, le présentant comme au service de tous. Or, l’Etat, dans toute société de classe n’est autre qu’un appareil de domination de la classe qui dirige, la classe dominante. Dans toutes ses actions, l’Etat sert soit directement soit indirectement les intérêts du capital, car c’est précisément la fonction de l’Etat dans une société capitaliste.
La dette n’est pas seulement une conséquence de la nécessité d’emprunter. Elle joue aussi un rôle essentiel pour le capital financier par l’intermédiaire de l’Etat pour extorquer la plus-value. L’argent servant à payer les intérêts de la dette provient en effet des impôts, qui sont en définitive une partie des revenus des travailleurs, qui est prélevée chaque année et à chaque achat (notamment par la TVA). En somme, les capitalistes qui se sont déjà servi une fois en plus-value lors de la réalisation des marchandises, se servent une deuxième fois, par l’intermédiaire de l’Etat, grâce au mécanisme de la dette.
La dette renforce également la dépendance des pays empruntant vis à vis des préteurs. Les grands groupes impérialistes en prêtant de l’argent resserrent leur domination et le contrôle sur les pays et ses matières premières- auxquels ils prêtent.

La réaction de la bourgeoisie à la crise: le plan d’austérité

L’Etat ne peut maitriser l’accroissement de la dette publique, qui augmente inexorablement au fur et à mesure de l’accumulation du capital. Et il doit absolument l’entretenir pour éviter l’écroulement. Les discours la main sur le cœur, tendant à rééquilibrer les finances publiques ne doivent pas nous tromper. En réalité, la dette est nécessaire au fonctionnement du système.
Aussi l’ objectif des plans d’austérité prenant prétexte de la dette vise en réalité à « réamorcer » la pompe à profits en réduisant les frais « improductifs » destinés à la reproduction de la force de travail et donc à baisser son « coût » pour le capital: gel et baisse des salaires dans le public comme dans le privé, plan de privatisations massifs, recul de l’âge de la retraite, hausse des taxes et des impôts directs, etc. Voilà la réponse sur le plan intérieur. Sur le plan extérieur, la réponse de la bourgeoisie est la fuite en avant dans les rivalités inter-impérialistes pour la lutte contre les concurrents, la conquête de marchés et des matières premières, pour diminuer le coût de fabrication des produits et tenter de les écouler. Ces rivalités se manifestent tant dans la lutte économique – la lutte « pacifique » pour la domination économique que dans la guerre déclarée, guerre à laquelle ne peuvent que nécessairement aboutir les rivalités entre impérialismes. La guerre est une solution pour détruire les forces productives en surplus et résorber la crise, relancer la machine productive, relancer les profits. A ce titre, l’impérialisme français compte bien faire valoir ses intérêts sur le pétrole libyen et la reconstruction du pays suite à l’agression de ce pays et la mise en place, par la guerre, d’un régime politique plus avantageux pour l’impérialisme français.

La lutte des prolétaires contre la crise et les politiques de la bourgeoisie

Les prolétaires grecs, les premiers, ont répondu avec une force et une détermination que nous ne pouvons que saluer et encourager. Depuis un an et demi, de nombreuses journées de grève avec un caractère massif et très combatives ont eu lieu pour refuser de payer les pots cassés de la crise du capital. Des mots d’ordre anticapitalistes, dénonçant le capitalisme comme système, sont apparus et ont été repris dans les cortèges de grévistes et de manifestants.
L’intervention de L’UE sur le prétendu « plan de sauvetage de la Grèce » n’est rien d’autre qu’un plan de soutien aux investisseurs en Grèce, et notamment de grandes banques françaises, affolées de perdre une partie de leurs créances. La déclaration de Nicolas Sarkozy « ce que nous ferons pour la Grèce, nous ne le ferons pour aucun autre pays. » montre la peur des gouvernants d’une contagion de la contestation du prolétariat dans d’autres pays que la Grèce ainsi que la faiblesse avouée de la bourgeoisie qui montre son incapacité à maitriser la situation économique internationale.
Tous les prolétaires dans les autres pays frappés également par la crise économique ont intérêt à soutenir le combat des travailleurs de Grèce, et ont, eux-mêmes pour leur propre situation à se préparer à la lutte.
Les travailleurs n’ont aucun intérêt à sauver le capitalisme en crise, mais à l’abattre !

Voir la brochure du ROC ML expliquant les mécanismes de la crise: «ELEMENTS GENERAUX D’ANALYSE POUR COMPRENDRE LA CRISE ACTUELLE ET OUVRIR UNE PERSPECTIVE
1 Terme scientifique somme de tous les profits réalisés (du capitaliste production,du financier, du grossiste, distributeur final…)