LE PEUPLE KURDE ET LES PEUPLES OPPRIMES DU MOYEN ORIENT À LA CONQUÊTE DE LEURS DROITS NATIONAUX ET DÉMOCRATIQUES PAR LEURS PROPRES FORCES !

epa04586503 Members of the Syrian Kurdish People's Defence Units (YPG) celebrate their victory in Kobane, Syria, 26 January 2015. According to reports Kurdish fighters claim to have pushed militants from the group calling themselves Islamic State (IS) out of the whole of Kobane following four months of fighting, supported by airstrikes carried out by an international anti-IS coalition, though a number of the town's surrounding villages, close to the Syrian-Turkish border, remain in the hands of IS.  EPA/STR

Au Moyen-Orient deux évènements importants se sont produits récemment qui touchent le peuple Kurde : La libération de Raqqa, ainsi que la proclamation de l’indépendance du Kurdistan Sud après un référendum.

Raqua a été libéré par les Forces Démocratiques Syriennes dont les YPG (c’est-à-dire les Kurdes et Rojava) font partie.

 

LA FORCE DEMOCRATIQUE

ET SOUVERAINE DE ROJAVA

LIBERE RAQQA

 

La libération de Raqqa est une victoire pour tous les peuples de Syrie, car le front constitué par les Forces démocratiques Syriennes est porteur d’un projet de démocratie sociale et politique pour toute la Syrie. Nous la saluons comme une victoire pour la démocratie et la souveraineté des peuples de la région. Mais elle n’a pas été accueillie partout avec enthousiasme. Depuis le début du conflit en Syrie les États-Unis réclament le départ d’Assad et sur la question kurde ils ont une position ambigüe. Ils considèrent le PKK comme une organisation terroriste mais ils ont conclu une alliance militaire avec les YPG qui ont la même ligne politique que le PKK. Pour le dirigeant des YPG Salih Muslim, la relation des YPG « avec les États-Unis est simplement une alliance contre la terreur de l’EI. C’est le peuple de Raqqa qui décide sous quelle forme et comment gouverner la ville. […] on a des relations diplomatiques dans le cadre des négociations de Genève… Je n’en connais pas tous les détails mais je sais que les États-Unis ont des projets qu’ils ne dévoilent pas » – propos rapportés par l’agence de presse turque ETNA (24 octobre 2017).

Aujourd’hui, Rojava est le fer de lance d’une force démocratique qui permet à toutes les ethnies et minorités nationales et leurs forces politiques de s’organiser et de s’exprimer démocratiquement. La victoire de Raqqa est une épine dans le pied des forces réactionnaires qui se sont mises à unifier leurs efforts pour lutter contre le peuple kurde. La Syrie, l’Iran, l’Irak et la Turquie ont infléchi leurs tactiques et même leurs objectifs stratégiques. On a vu se multiplier les rencontres entre les présidents turc et iranien (et les états-majors respectifs), la visite du président iraquien en Turquie. Quant aux liens entre l’Irak et l’Iran, ils ne sont un secret pour personne. On le voit, la question kurde est un enjeu majeur dans cette partie du Moyen-Orient.

Cela montre que la situation des forces démocratiques et kurdes n’est pas sans danger et demain elles peuvent trouver face à elles toutes les forces réactionnaires et impérialistes coalisées. Ce danger se manifeste déjà au Kurdistan Nord (Nord de la Syrie). Les bonnes relations de Barzani (président du gouvernement Kurdistan Sud) avec les pays impérialistes et les forces réactionnaires (notamment la Turquie et L’Iran) n’a pas empêché la reprise de Kirkouk par les forces irakiennes, la défaite des forces peshmerga qui dépendent du Parti Démocratique du Kurdistan (KPD) et de l’Union Patriotique du Kurdistan (YNK). Les États-Unis ne se sont pas sentis concernés et ont laissé faire leur vassal irakien. La Russie dit « comprendre les Kurdes, mais que la solution doit être trouvée avec le gouvernement central en Irak. » Dans le même temps le ministre des affaires étrangères des États-Unis a entrepris une tournée jusqu’au centre de l’Asie pour rétablir ou consolider son influence. Il ne faut pas oublier que la guerre actuelle est le résultat des conflits impérialistes au Moyen-Orient.

Le peuple Kurde est réparti dans quatre pays différents, et représenté politiquement ou militairement par des organisations divisées entre les PYG (Syrie-Rojaïa) qui sont sur la même ligne politique que le PKK en Turquie, le KPD (de Barzani) et le YNK (de Talabani) au Kurdistan Sud iraquien. Malgré tout, la demande des Kurdes pour la liberté et pour leurs droits nationaux est très grande. Mais après le référendum au Kurdistan Sud, les évènements qui ont suivi démontrent que le peuple kurde ne peut conquérir ses droits nationaux en s’appuyant sur des forces réactionnaires et oppressives. Sur la base des relations économiques avec la Turquie et l’Iran s’est constituée une nouvelle couche bourgeoise totalement dépendante de ce commerce. C’est elle qui domine le gouvernement régional du Kurdistan Sud, et est représentée par deux partis, le KPD et le YNK, lesquels sous le prétexte de manque de moyens, après une négociation humiliante pour le peuple kurde, ont abandonné la ville de Kirkouk. Et sous la pression du peuple kurde Barzani a été contraint de démissionner.

 

 

SOUTENIR LES FORCES DEMOCRATIQUES

QUI LUTTENT DANS LA REGION

 

À l’époque de la domination impérialiste, aucune lutte nationale ne peut atteindre ses objectifs en s’appuyant sur l’impérialisme. Dans cette situation, l’indépendance politique, soit n’existe pas, soit est dérisoire et dépendante des enjeux politiques de l’impérialisme. Mais cette réalité ne doit pas être un prétexte pour s’opposer à l’autodétermination des nations et des peuples opprimés.

 

En France, certains groupes et organisations par « anti-impérialisme » dirigé contre les États-Unis prennent parti pour les autres forces réactionnaires d’Iran et de la Syrie soutenues par la Russie impérialiste. Ils ne comprennent pas que le conflit entre les pays impérialistes laisse un espace de lutte pour les forces démocratiques en Syrie. Mais cette guerre n’est pas terminée. Une fois le danger de l’EI écarté, le conflit peut prendre un autre tournant. L’alliance entre la Turquie, l’Iran et la Syrie dirigée contre les Kurdes, la « prudence » des pays impérialistes vis-à-vis de la situation au Kurdistan Sud après le référendum, laisse présager un tel tournant. Si demain des pays impérialistes reconnaissent l’existence du Kurdistan en tant que pays, ils ne le feront que contraints et forcés par une lutte continue du peuple kurde de plus d’un siècle, et poussés par les contradictions inter-impérialistes à adapter leur tactique à une nouvelle situation. Les pays impérialistes, malgré leur puissance, ne peuvent tout maitriser. Quand les pays impérialistes ont abandonné le colonialisme pour passer au néo-colonialisme, on ne pouvait pas pour autant conclure que la lutte contre le colonialisme avait été inutile simplement parce qu’elle a conduit les forces réactionnaires mondiales à s’adapter à la nouvelle situation créée par la lutte des peuples opprimés.

 

Aujourd’hui, que proposent toutes ces forces « anti-impérialistes » qui doutent de la justesse de la lutte du peuple kurde ? Qu’il arrête de lutter pour ses droits nationaux et démocratiques ?

Notre position est fondamentalement identique que ce soit pour la Palestine, la Catalogne ou pour les Kurdes. La situation est certes différente, mais les communistes ne conditionnent pas leur soutien à un peuple opprimé à la façon dont il doit mener sa lutte pour ses droits nationaux et démocratiques. Cependant « le droit d’autodétermination est une des revendications de la démocratie, qui doit naturellement être subordonnée aux intérêts généraux de la démocratie. » (Lénine – Les questions nationales et coloniales, Éditions de Pékin, p. 11), et Lénine de préciser qu’en 1848 ces intérêts consistaient au premier chef à combattre le tsarisme, aujourd’hui c’est la lutte contre les forces réactionnaires et impérialistes au Moyen-Orient. C’est pour cette raison que l’on ne peut soutenir des marionnettes de l’impérialisme comme Barzani et Cie au Kurdistan Sud.

 

Dans toute situation le rôle fondamental des communistes est d’organiser le prolétariat, là où il existe, sur ses objectifs propres qui ne sont pas ceux de la bourgeoisie, petite ou grande, et ce même pendant la lutte de libération nationale. Seule l’indépendance politique et l’autonomie organisationnelle du prolétariat, là où il existe, peut l’amener à peser sur le mouvement dans le sens de ses objectifs immédiats et stratégiques. La lutte des peuples opprimés devient alors une composante de la révolution prolétarienne. Les communistes marxistes-léninistes, en participant activement à la lutte des peuples opprimés, savent par expérience que pour se débarrasser de l’oppression du capitalisme-impérialisme, une révolution prolétarienne est nécessaire comme nous l’a montré la révolution d’Octobre.

 

Pour conclure, nous réaffirmons avec force notre solidarité avec le peuple kurde. Le peuple kurde au Moyen-Orient est porteur de dynamismes progressistes et démocratiques, et notamment les Kurdes de Rojava et du Kurdistan Nord (Nord de la Syrie.

Nous sommes convaincus que le peuple kurde, avec le soutien international des forces révolutionnaires et communistes, peut par ses propres forces faire triompher le modèle démocratique révolutionnaire dont il est porteur dans la région (pour la Syrie : une fédération syrienne de républiques nationales démocratiques).

 

Vive la lutte du peuple kurde  sur la voie de sa liberté !

Vive la lutte pour la démocratie sociale et politique des peuples de Syrie !

Vive les forces YPG-YPJ à la tête de la lutte pour la démocratie et les droits nationaux !

La libération de Raqqa est une victoire pour la démocratie en Syrie.

LEXIQUE DES ORGANISATIONS

 

Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance militaire formée de forces armées kurdes, à savoir les YPG et les PYJ (la branche féminine des YPG), et d’autres forces armées. 40% des FDS sont des forces armées arabes.

Le TEVDEM est l’alliance politique qui administre les régions du Nord, libérées de l’EI. Elle est formée principalement du parti kurde PYD (Parti de l’Union Démocratique), du Parti de Gauche de Rojava, du Baris (parti de la Paix) et d’une fraction du KPD (Parti démocratique du Kurdistan qui s’est scindé en deux et dont une partie a la même position que le KPD de Barzani en Irak) et d’autres forces politiques  plus petites.

 

 

 

Extraits «  La Chartre de Rojava »

 

Consultable en intégralité

http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf

 

(..)  la résistance des YPG/YPJ (Unités de défense du peuple et des femmes) à Kobané est la résultante d’une histoire de trente ans de résistance du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan qui a beaucoup inspiré le mouvement kurde en Syrie. Depuis 1984, le PKK mène une lutte armée contre l’État turc. En parallèle de cette résistance, le PKK a défini un programme politique innovant sous l’impulsion de son leader Abdullah Öcalan, qui depuis son emprisonnement en 1999 travaille à repenser une théorie politique innovante, où il rejette le concept d’État-nation au profit d’une organisation de la société basée sur l’autonomie et la démocratie à toutes ses échelles.

 

La charte du Rojava est très claire en matière d’égalité homme/femme, et la libération des femmes constitue un des axes majeurs du programme social du Rojava. Celle-ci reconnaît les inégalités de genre inhérentes à la société patriarcale existant jusque-là et ayant une influence sur la société. Toutes les institutions adoptent ainsi un système de coprésidence : un homme et une femme. Loin de se limiter à un combat militaire, la lutte des femmes passe aussi par une forte implication dans l’organisation et la vie politique du Rojava. L’Académie des femmes leur permet de recevoir une formation politique et militaire leur donnant les outils qui leur permettent de prendre leur place dans la résistance du Rojava. Ces formations sont dispensées aux femmes de tous âges, dans le but de casser la segmentation de la société en classes d’âge.

 

L’avenir politique du Rojava est incertain. La révolution en cours au Rojava n’en est qu’à ses débuts, et rencontre maintes difficultés. Après avoir commencé à appliquer son programme politique, le Rojava a créé une entité politique plus large, les Forces démocratiques syriennes, afin d’inclure de façon plus large les autres communautés du Nord de la Syrie, et recevoir de l’aide militaire étrangère.

 

Le 17 mars 2016, le conseil constitutif du Rojava a publié une déclaration de fédéralisme, engendrant aussitôt de multiples attaques, dont un nouvel embargo de la part du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak), empêchant la circulation des personnes et de l’aide humanitaire à destination du Rojava. Les attaques constantes des jihadistes de Daesh, l’embargo imposé par la Turquie qui ne supporte pas l’idée d’un contrôle territorial kurde à ses frontières, mais aussi par ses pions locaux, notamment le Kurdistan irakien dirigé par Barzani, sont autant d’obstacles rencontrés par les administrations locales. Difficile aussi de prévoir la posture que les alliés de circonstance, États-Unis et Russie, adopteront face à la volonté d’autodétermination du peuple du Rojava. Pour l’instant, pour ne pas froisser la Turquie, les États-Unis ont rejeté en bloc les demandes politiques de l’administration du Rojava, tout en continuant leur aide militaire. Enfin le régime syrien, qui jusque-là adoptait un silence pragmatique pour éviter d’ouvrir un conflit supplémentaire avec les Kurdes, a fait savoir qu’il n’accepterait pas d’autonomie du Rojava au sein de la Syrie. Au sein de la communauté kurde elle-même, il existe toujours des tensions entre une volonté de création d’un État-nation kurde (ce que ne soutient pas l’administration locale), et un fonctionnement fédéral sur un mode libéral (qui n’est pas non plus le programme de la charte du Rojava). Entre les deux, le processus d’autonomie démocratique tente de percer son chemin. Une chose est sûre, ce processus de démocratisation en cours au Rojava est une initiative nouvelle, appelée à s’insérer dans un processus de paix plus global au Moyen-Orient et peut être à lui servir d’inspiration.

 

MENACES IMPERIALISTES EN COREE DU NORD

La crise actuelle est le fruit des tensions inter-impérialistes en Asie.

Depuis plusieurs mois les médias nous présentent à grands renforts de messages alarmistes le « match » entre les deux « fous » que seraient Kim Jong-Un, dirigeant de la Corée du Nord, et Donald Trump, président des USA. Faut-il prendre au sérieux ces menaces d’attaques nucléaires ? Quels sont les causes réelles de ces tensions et de ces attaques verbales ?

 

Présence américaines et tensions croissances en mer de Chine et dans le Pacifique

L’Amérique dispose de pas moins de 350.000 hommes dispersés dans toute la zone concernée. Elle s’appuie essentiellement sur les bases de Guam et d’Okinawa (50.000 hommes). Quelque 30.000 soldats restent déployés sur la ligne de démarcation entre la Corée du Sud et la Corée du Nord (1) . Nombre de navires américains patrouillent en mer de Chine. Naguère seule grande puissance navale dans la région, elle est remise en cause depuis une vingtaine d’année par le développement rapide de la flotte chinoise et surtout par le réseau des bases navales chinoises qui cherchent à sécuriser les routes de l’approvisionnement en pétrole mais aussi à affirmer son contrôle sur les mers. Les conflits se multiplient depuis plusieurs années avec ses pays voisins à propos de la délimitation des ZEE (zone économique exclusive) parfois riches en ressources halieutiques et énergétiques.

Pour contrer cet expansionnisme chinois, les USA se sont réinvestis massivement dans la région depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama en 2008(2). Si ce dernier a réduit l’effort militaire de son pays au Moyen-Orient et notamment en Irak, c’est pour redéployer les forces de « l’Empire US » dans des théâtres d’opérations jugés plus vitaux comme l’Asie-Pacifique. En effet la menace chinoise est celle jugée la plus sérieuse par les stratèges du Pentagone. La Chine concurrençant de plus en plus les USA sur le plan commercial mais aussi sur le plan militaire et diplomatique (ce qui est nouveau). De plus la zone est désormais le poumon économique du monde, traversée par des flux de navire de commerce en constante augmentation, tandis que les fonds-marins recèlent de ressources non exploitées mais prometteuses.

Ce regain des tensions a entraîné une véritable course aux armements, les alliés des USA n’étant pas en reste : le Japon a considérablement accru son budget militaire et ses capacités navales tandis que l’Australie a acheté en 2016 des sous-marins français(3) pour répliquer au développement des forces chinoises dans la région. Les incidents frontaliers, souvent à propos de la possession de minuscules îlots perdus dans l’immensité marine, se multiplient et témoignent d’une exacerbation des tensions. La mer de Chine et plus largement l’ensemble de la zone Asie-Pacifique dispose donc d’un potentiel de conflits élevé.

 

La Corée du Nord  à l’ombre de la Chine.

Les menaces des USA à propos de la Corée du Nord et les promesses de destructions mutuelles sont à replacer dans ce contexte de compétition entre différents impérialismes, ici entre l’impérialisme américain (et celui de ses alliés) et chinois (avec derrière la Russie). La Corée du Nord n’échappe pas à cette guerre d’influence et constitue un des points de frictions entre les différents concurrents pour la domination de la zone. La Corée du Nord, n’en déplaise à certains esprits chagrins, ne fait pas partie d’un camp « socialiste » (il est mort depuis bien longtemps) et n’est pas une force anti-impérialiste. Elle est fondamentalement arrimée à la sphère chinoise et son économie est intégrée au capitalisme mondialisé. En effet le régime nord-coréen est dépendant de l’aide chinoise pour survivre en témoigne ces quelques données économiques : La Chine fournit 90% des besoins énergétiques, 80% des produits manufacturés et 45% de sa nourriture. Elle est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord (90 % du commerce extérieur du pays) et permet au pays de faire rentrer des devises en vendant ses matières premières. La Corée du Nord est riche en ressources minérales (charbon) qui intéressent au plus haut point les Chinois.

 

Croire que cela est sans influence sur le pouvoir politique de Pyongyang est une baliverne. La Corée du Nord ne peut survivre sans la perfusion chinoise. La Chine a donc la capacité de réduire au silence le dictateur Kim-Jong-Un mais elle n’abandonnera pas son allié face aux ambitions américaines dans la région. La Chine a tout intérêt au gel du conflit et au statu quo. Le maintien des deux Corées empêche la réunification et la constitution d’un Etat coréen unique qui pourrait devenir un  rival sur le plan économique et allié des USA. De plus la réunification en faveur du Sud « capitaliste » entraînerait automatiquement la présence de soldats américains à la frontière terrestre chinoise, ce qui n’est pas acceptable pour les capitalistes chinois.

La Corée du Nord représente donc pour la Chine l’avantage d’un Etat tampon faisant obstacle aux visées de la Corée du Sud, du Japon et des USA. Sa militarisation à outrance est une épée de Damoclès qui pèse sur les Occidentaux et sur le régime anti-communiste et ultra-libéral de Séoul. Elle permet à la Chine de souffler le chaud et le froid dans les relations internationales.

 

Dans l’hypothèse d’un conflit régional dans la péninsule coréenne la Chine interviendrait pour sauver le régime de Corée du Nord car sa disparition constituerait une défaite majeure pour les intérêts chinois et une revanche incontestable pour les USA qui n’ont jamais digéré leur échec de la guerre de Corée (1950-1953) où l’intervention chinoise avait renversé la situation.

 

En France, les communistes doivent combattre les menées de leur propre impérialisme. Ils doivent dénoncer et démystifier la propagande guerrière à l’égard de la Corée du Nord qui vise à justifier une intervention armée des forces occidentales. La Corée du Nord n’est certes pas le « paradis des travailleurs » mais son régime n’est pas moins fréquentable que les dictatures égyptienne et saoudienne pour qui la France déroule le tapis rouge pour vendre des armes ! Notre solidarité et notre soutien va uniquement aux peuples et aux classes ouvrières qui luttent contre toute forme d’oppression extérieure et intérieure, contre l’impérialisme et l’exploitation.

Notes:

(1)  http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/14/01003-20111114ARTFIG00694-l-australie-va-accueillir-une-base-americaine.php

(2)  La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est, Yann Roche, revue l’espace politique, 2013

(3)  12 sous-marins pour un montant de 34.5 milliards d’euros soit le plus gros contrat du monde en la matière !

 

LUTTE CONTRE LES ORDONNANCES – premier bilan

Article de la VDC n°22 à retrouver ICI

UNE ATTAQUE GENERALE CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

UNE MOBILISATION EN ORDRE DISPERSÉE, LIMITÉE

 

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte reste limitée pour le moment, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies. Il existe donc un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  Au contraire, la lutte politique permettrait de relier toutes ces luttes et mobilisations vers un objectif politique supérieur : le renversement du capitalisme.

 À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

LA LUTTE POLITIQUE POUR LA RUPTURE RÉVOLUTIONNAIRE

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent s’intéresser à la question politique générale. Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui est en rupture révolutionnaire avec toutes les autres.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années au vue du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

NON LA CGT N’EST PAS ISOLÉE, MOBILISONS A LA BASE !

Seul un rapport de force puissant porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ».

Chaque travailleur conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux. C’est une erreur de couper le corps militant des syndicats du reste des masses des entreprises.  La CGT, est la seule organisation où l’on trouve des militants et courants plus combattifs, des éléments avancés pour défendre les travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti marxiste-léniniste, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée  ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il est nécessaire de convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycéens que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on n’est pas prêt à s’engager à une lutte plus dure, les travailleurs perdront beaucoup. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination. Les luttes se multiplient. Participer à chacune d’entre elles, organiser la solidarité et tisser des liens entre elles est plus que jamais nécessaire. Faire en sorte que les luttes isolées entrent dans la lutte politique d’ensemble contre ce gouvernement, voilà la tâche des communistes.

 

GUYANE: MACRON N’EST PAS LE PÈRE NOEL SAUF POUR LES MONOPOLES IMPERIALISTES !

En visite en Guyane le président « jupitérien » a adressé une nouvelle leçon, dont il a le secret, aux gens du commun. Après les « fainéants », les « cyniques », voilà que Macron ne serait pas le « père noël » pour les habitants de la Guyane ! Alors qu’il traversait un territoire rongé par la misère, le chômage, l’absence de services publics, le président des riches a encore fait preuve de son mépris de classe envers ceux qui souffrent des politiques de rigueur.

Dans le même temps un projet faramineux est à l’étude en Guyane, à savoir l’ouverture d’une mine d’or (la plus grande de France), baptisée pompeusement « La mine de la Montagne d’or ». Porté par le consortium russo-canadien Nord Gold/Columbus Gold, il prévoit la construction d’une gigantesque mine d’or à ciel ouvert dans l’ouest de la Guyane. Les promoteurs vantent les retombées   économiques pour la Guyane (750 emplois) mais ne disent mot du désastre écologique qui en résultera. En effet pour obtenir l’or à partir du minerai extrait il faut utiliser du cyanure qui est un véritable poison aussi bien pour l’homme que pour la nature. Quant aux emplois créés ils seront pourvus par des personnes n’habitant pas en Guyane et seront largement subventionnés par l’Etat et les collectivités locales. Bref les habitants de Guyane payeront pour une mine qui détruira leur santé et leur environnement. Le seul grand gagnant seront le monopole minier qui s’engraissera honteusement.

Mais cela ne fait pas peur à Macron, qui pousse pour la réalisation du projet, et ce depuis qu’il était ministre de l’économie. Oui il est bien le père Noël mais uniquement pour les puissants et les bourgeois !

 

Face au coup de force US et sioniste, rassemblons nous à Pau !

Le Collectif Palois pour une Paix Juste et Durable pour les Palestiniens et les Israéliens
Nous dénonçons, avec la plus grande force, la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale unifiée d’Israël en y transférant l’ambassade des Etats-Unis.
Faut-il rappeler qu’Israël n’existe que par la résolution 181 de l’ONU et que celle-ci exigeait que Jérusalem soit protégée par une zone internationale. Ce n’est que par la force armée qu’Israël s’est approprié la partie Ouest en 1948, puis en 1967 Jérusalem-Est.
Trump ainsi, à la suite de Netanyahu piétine l’ONU et le droit international, notamment la résolution 2334 du 23 décembre 2016 qui dénonce la colonisation.
La décision de Trump à la suite du gouvernement israélien enterre donc définitivement toutes les solutions de paix au Proche-Orient.
Dans leurs revendications pour vivre en paix, les Palestiniens veulent que leur pays soit Gaza et la Cisjordanie, toute la Cisjordanie, avec Jérusalem-Est comme capitale.
Les Etats Unis ne sont donc plus qualifiés pour mener un quelconque processus de paix. C’est à la France et à l’Europe qu’il reviendra de le faire.
Nous dénonçons le coup de force américain et nous demandons à la France et à l’Europe de prendre le relai, ce qu’ils auraient pu faire depuis longtemps :
Le mercredi 13 décembre à 18 heures devant la Préfecture de Pau.
Le Collectif Palois. Premiers signataires : MRAP, LDH, UJFP, AFPS, Libertat, Emmaüs Lescar-Pau, Rassemblement Organisé des Communistes M-L, PCF section de Pau-A

UJFP, Le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Il nous mène à la catastrophe.

Le ROCML partage ce communiqué analyse de l’UJFP et appelle tous les militants marxistes-léninistes, progressistes à s’associer aux mobilisations en faveur du peuple palestinien. Les communistes seront toujours du côté des peuples opprimés face aux menées de l’impérialisme. C’est pour cela que nous soutenons la lutte du peuple palestinien face au colonisateur sioniste, que nous soutenons aussi la lutte du peuple kurde pour le droit à son autodétermination. 

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L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.

Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».

La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

Le Bureau national de l’UJFP le 8 décembre 2017

Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article6053

LE CAPITALISME EN GUERRE CONTRE LES TRAVAILLEURS

Editorial de la VDC à retrouver ICI

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En ce début de quinquennat Macron, le gouvernement s’affiche clairement comme l’état-major de combat de la bourgeoisie. Il mobilise toutes les ressources de l’État pour consolider la domination du Capital sur la société par toutes sortes de cadeaux fiscaux, de lois pour organiser l’exploitation accrue des travailleurs. Le gouvernement tente aussi d’affaiblir les capacités d’organisation et de résistance des travailleurs. Les conséquences concrètes pour ces derniers sont la dégradation de leurs conditions de vie, la diminution du salaire réel, des retraites, l’aggravation de la concurrence entre travailleurs sur le marché du travail. Les mythes d’un « État providence » au-dessus des classes, de l’égalité entre les « citoyens » volent en éclat devant une lutte de classe féroce menée par la classe bourgeoise contre les travailleurs.

Sous le capitalisme impérialiste, les monopoles veulent assurer un profit maximum. Ceux-ci ne peuvent le faire qu’en organisant l’exploitation toujours plus féroce des travailleurs en leur prenant une part toujours plus importante du produit de leur travail. Si la machine grippe, l’existence même du capitalisme est en danger. Quand les profits menacent de diminuer, les gestionnaires des entreprises comme de l’Etat n’ont pas d’autre choix que de prendre des mesures drastiques pour préserver leurs sacrés-saints bénéfices garantir les fondements de l’exploitation capitaliste. C’est tout le sens de la politique de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Voilà pourquoi les mêmes politiques anti-sociales ont été appliquées durant ces dernières années, quelle que soit la famille politique bourgeoise au pouvoir, de droite, de gauche. Ce n’est pas en changeant les personnes comme le défendent les « dégagistes », ce n’est pas en « moralisant » la vie politique que cela peut changer. Le gouvernement est tout entier soumis aux exigences de la bourgeoisie.

De plus en plus, il existe une prise de conscience syndicale mais aussi politique. Cela est nouveau et positif. Mais pour quelle politique ? Les courants « populistes » et réformistes qui ne sont pas au pouvoir surfent sur le mécontentement du peuple pour proposer une politique qui met en avant de fausses mesures « antisystème », dénoncent la finance, souhaitent transformer la société sans toucher aux lois fondamentales du capitalisme. Ces politiques qui ne s’attaquent pas au capital doivent être rejetées. Seule une politique anticapitaliste menée par les éléments les plus conscients du prolétariat et organisée en conséquence peut amener les travailleurs à construire des batailles victorieuses pour faire payer le capital jusqu’à la victoire totale sur la classe exploiteuse.

Face à cette offensive du capital, les travailleurs et les syndicalistes ne restent pas sans réagir. Ils luttent partout avec courage et continuité autour de luttes locales et nationales. Dans ces mobilisations, de nombreux travailleurs prennent conscience que face à la détermination, l’organisation et les moyens de la bourgeoisie, il est nécessaire de passer à un niveau supérieur d’organisation et de lutte. Ils prennent conscience qu’il faut rompre avec la voie de la « concertation » avec le patronat, avec celle des « partenaires sociaux » qui entraine le mouvement des travailleurs à l’échec. Cette époque de négociation des miettes du gâteau est révolue, mais les directions syndicales continuent à s’accrocher à cette politique de collaboration de classe, plutôt qu’à organiser la lutte classe contre classe face au gouvernement Macron.

C’est la bourgeoisie en menant la lutte de classe qui creuse sa propre tombe et pousse les travailleurs à adopter une politique radicalement différente des politiques actuelles. Cette politique devra se libérer de toutes les illusions réformistes. Depuis quelques semaines, les dirigeants de la France Insoumise tentent de mettre sous leur politique l’ensemble du mouvement ouvrier. Les marxistes-léninistes considèrent que tous les travailleurs doivent faire de la politique. Mais ils doivent faire une politique de classe, résolument anticapitaliste à l’encontre du pouvoir bourgeois. Or les directions réformistes se contentent d’une politique parlementariste. Ils veulent seulement faire une autre politique bourgeoise, c’est-à-dire une politique dans le cadre des institutions existantes et du système économique existant. On voit bien que cette politique mène à l’échec partout où elle a été menée. Les communistes marxistes léninistes quelle que soit leur organisation doivent participer à la lutte du prolétariat. En étant présent autour des luttes de la classe ouvrière, ils mettent en avant l’idée de s’organiser autour d’un seul Parti communiste, seul outil capable de mener la lutte politique contre les attaques et le pouvoir de la bourgeoisie. Oui une autre politique est possible, une autre société est possible en rompant avec le mode de production capitaliste, en supprimant la domination du capital, pour instaurer le pouvoir des travailleurs, le socialisme.

A BAS LE CAPITALISME !
LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

Au Burkina Faso comme partout en Afrique, à bas l’impérialisme français !

Comme tous les présidents français avant lui, Macron s’est livré à l’exercice de la « tournée » africaine (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana) pour annoncer avec beaucoup d’arrogance (et de fausseté) que la France tournait la page du néocolonialisme, de la « Françafrique ».

Mais la jeunesse du Burkina Faso n’était pas prête à avaler ces contes pour enfants. Tandis que notre président se livrait à un show ridicule et clownesque devant un parterre d’étudiants triés sur le volet, des milliers de jeunes ont encerclé l’université de Ouagadougou, dressé des barricades et caillassé les véhicules de la délégation française.

Aux slogans de « A bas l’impérialisme français », « Stop au franc CFA », « Retrait des forces françaises » ils ont exprimé les revendications légitimes d’une population qui ne supporte plus le joug de l’impérialisme français, incarné par ses puissants monopoles qui pillent sans vergogne les ressources de l’Afrique depuis des décennies.

Cette mobilisation populaire d’une ampleur inédite, à l’occasion de la visite d’un chef d’Etat français, témoigne aussi que la mémoire de l’action anti-impérialiste de Thomas Sankara, assassiné par les sbires de la France en 1987, est toujours vivace chez le peuple burkinabais. Ce dernier n’a jamais oublié ses actions en faveur de l’éducation, de la santé et de l’égalité homme-femme, de la démocratie dans un des pays les plus pauvres du monde. Il n’a jamais pardonné que la France ait soutenu pendant plus de 27 ans la dictature de Blaise Compaoré, balayé par un soulèvement populaire en 2014.

Ses évènements doivent être connus et largement diffusés. Développons la solidarité en France avec le combat du peuple burkinabais. Amplifions la mobilisation contre la guerre et notre propre impérialisme.

Hors d’Afrique les monopoles français !

Soldats français hors d’Afrique !

Vive l’esprit de lutte du peuple burkinabais !

Il est un exemple pour toute l’Afrique !

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Discours du 20 octobre 2017 Meeting contre les ordonnances XXL – 100 ans de la Révolution – PCOF/ROCML

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

Une attaque générale contre le monde du travail, en faveur du capital

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

 

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Une mobilisation en ordre dispersée, limitée

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte ne prend pas, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité militante entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies donc il existe un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  

À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

La lutte politique pour la rupture révolutionnaire

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent d’intéresser à la question politique générale (et non pas uniquement aux questions syndicales). Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Etc. Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui sera en rupture révolutionnaire avec toutes les autres politiques.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats (structures indispensables mais qui ne sont pas celles suffisantes pour la conquête du pouvoir) mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, celles que l’on mène actuellement et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années aux vues du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, n’apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

 

Les politiques économiques des gouvernements n’ont pas pour objectif le bien-être des populations !

http://rocml.org/wp-content/uploads/2017/09/VDC_21.pdf

Au sein de l’économie mondiale, les sources de conflits vont s’accentuant, ce qui implique forcement des dissensions sur le plan politique. Selon l’angle de vision propre à chacun des représentants de la classe capitaliste, les appréciations qu’ils formulent varient.

Abstraitement parlant, le rôle des organismes supranationaux tels que le FMI ou l’OMC, est d’œuvrer dans la mesure du possible en faveur d’une gestion collective du système capitaliste à l’échelle mondiale, de façon à porter la création de plus-value et l’accumulation des capitaux, dans leur totalité, à une dimension maximum. De fait, leur action consiste à jouer les médiateurs dans le but de désamorcer les facteurs de crise provoqués par la concurrence entre les multiples pôles d’accumulation du capital. Ainsi, dernièrement, ces institutions se montrent préoccupées. Par exemple, à l’occasion de l’assemblée commune entre le FMI et la Banque mondiale tenue en avril dernier, Christine Lagarde, directrice générale du FMI a déclaré: « Il ne faut pas mettre en péril le moteur du commerce, qui a alimenté la croissance et qui est un élément crucial de la productivité » (AFP, 20/4/2017). Ces recommandations sont motivées par la multiplication de prises de positions, de la part de responsables politiques tels que Marine Le Pen ou Donald Trump, en faveur de mesures protectionnistes.

Le terme protectionnisme désigne l’application d’un ensemble de mesures visant à protéger l’économie d’un pays contre la concurrence étrangère au niveau du commerce extérieur. Il s’agit ainsi de restrictions apportées au principe du libre-échange. En élargissant le champ d’actions concerné, les partisans du protectionnisme préconisent aussi des mesures censées stimuler activement le développement de l’économie nationale. Cependant, les protagonistes du libre-échange, eux non plus, ne se soucient nullement de développer un commerce mondial équilibré, bénéfique pour l’ensemble de la population du globe. Au sein du monde capitaliste, n’existe aucune harmonie collective.

Aujourd’hui l’économie mondiale est régie par les rapports de production capitalistes tels qu’ils se sont établis à travers un développement à partir de leur essor au 19e siècle, en passant par l’époque des empires coloniaux, et ayant atteint le stade de l’impérialisme capitaliste caractérisé par la formation de groupements industriels et financiers en situation de monopole ou oligopole. Dans ce cadre, les relations entre les états nationaux et les centres d’accumulation de capitaux sont devenues complexes. Il n’y a plus de lien mutuel direct entre un état donné et un ensemble délimité de capitalistes que l’on pourrait désigner comme « sa » classe capitaliste au même titre que l’on parle de « sa » population. Ces centres d’accumulation de capitaux ne sont pas pour autant devenus des entités pouvant régner sur le monde en s’affranchissant totalement des états nationaux et de leurs gouvernements. Dans chaque état, le rôle des institutions qui forment ce que l’on appelle l’appareil d’état, consiste toujours à assurer la domination de la classe capitaliste exploiteuse sur la classe ouvrière exploitée et sur l’ensemble de la population. Mais à l’époque des empires coloniaux, le système économique mondial était compartimenté selon des démarcations affirmées formellement, tandis que maintenant la complexité des connexions économiques croisées, multiformes, aux délimitations mouvantes, s’est fortement accentuée. Les différents aspects des politiques protectionnistes s’inscrivent dans ce contexte.

Ce qui compte en premier lieu du point de vue d’un gouvernement dans sa fonction territoriale, ce sont: sur le plan économique, la balance des paiements (qui inclut la balance commerciale) ainsi que le budget (c’est-à-dire les impôts et les taxes), et sur le plan politique, sa capacité de maintenir intacte la domination de la bourgeoisie au sens générique. Les divers discours propagandistes concernent en grande partie ce dernier domaine (Chirac et la fracture sociale, Le Pen et les immigrés, Hollande et l’union nationale contre le terrorisme, etc.). Les dilemmes économiques proviennent de la nécessaire conciliation entre le fonctionnement générale de l’économie « nationale » et les intérêts des capitalistes dont les investissements sont liés d’une façon ou d’une autre avec le pays.

Le Front national, en France

 

En France, le programme de Marine Le Pen comporte des mesures relevant du protectionnisme. Il prétend favoriser les entreprises qui produisent sur le territoire national, dans le but affiché de développer l’emploi. De façon ciblée, il prévoit une taxe pénalisant les entreprises considérées comme françaises mais qui vendent en France des produits importés par le biais d’une filiale à l’étranger. Les formulations à ce sujet varient. En 2012, Marine Le Pen déclare: « Un signal très clair sera donné: vous vendez en France, alors vous produisez en France! C’est pourquoi il faudra taxer à hauteur de 35% l’industrie automobile qui ne réalise pas au moins la moitié de sa production sur le sol français. »(1) En 2017: « Chaque produit qui sortira d’une usine délocalisée afin d’être revendu sur le marché français sera taxé à hauteur de 35%. »(2) Elle inclut d’ailleurs les prestations de services: «Mon projet pénalisera financièrement par une taxe de 35% également les délocalisations de prestations de services dont abusent tant de grandes entreprises françaises. »(3) Une « contribution sociale » serait prélevée sur l’ensemble des biens et des services importés, d’un montant de 3%. Cette mesure, étant en elle-même protectionniste, servirait à financer une « prime de pouvoir d’achat » versée aux salariés et retraités qui touchent moins de 1500 euros par mois(4). Cela s’apparente à une subvention au bénéfice des employeurs, de façon similaire au principe du « revenu universel », mais en l’occurrence non « universel ». Il faut souligner que Marine Le Pen s’est prononcée contre un relèvement du salaire minimum, au motif que « cela entraine une charge supplémentaire pour les entreprises, qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays »(5).

Au-delà de ces taxations définies explicitement, le programme du FN adopte le protectionnisme comme principe général, tout en prévoyant des mesures différenciées. Selon Marine Le Pen: « cela ne fait aucun sens de taxer indifféremment tous les produits provenant de tous les pays. […] Et il n’y a pas de raison de taxer certains pays de l’Union européenne. Nous taxerons surtout les pays qui font du dumping fiscal et social. ». Bernard Monot, conseiller de Marine Le Pen sur les questions économiques, indique comme cibles potentielles « les pays hors UE avec lesquels notre balance commerciale est très déficitaire » (Les Echos).

Trump et le Parti républicain aux USA

 

Durant sa campagne électorale et depuis qu’il a été élu, Trump a annoncé l’instauration d’une « énorme taxe aux frontières » (« big border tax »)(6). Au départ cela était censé signifier des tarifs douaniers à l’importation. Cependant les membres républicains de la Chambre des représentants projettent un autre dispositif, élaboré antérieurement à la désignation de Trump comme candidat de leur parti. Ce projet (dit « border adjustment tax ») vise à instaurer  – comme le nom l’indique – un impôt sur les sociétés comportant un ajustement à la frontière dont le mécanisme passe par la détermination de l’assiette pour l’impôt sur les sociétés. Le montant de cet impôt, au lieu d’être basé sur les bénéfices tels qu’ils sont pris en compte normalement (total des revenus moins le total des couts), ne prendrait pas en compte les importations dans les couts ni les exportations dans les revenus. Le taux serait en outre baissé de 35% à 20%. Le fait est que dans ce domaine, comme dans certains autres, Trump tente à assumer des choix propres qui diffèrent des positions du Parti républicain. Selon la vision de Trump, les taxes à l’importation devraient être ajustées pays par pays, selon un principe de réciprocité, en fonction du taux que le pays concerné fait supporter aux exportations venant des USA (reuters, 12/4/17).

Il est certain qu’au sujet des mesures protectionnistes, les appréciations de la part des secteurs de l’économie national des USA varient.

Les entreprises qui produisent de l’acier sont demandeurs à cet égard. La branche se trouve dans une situation difficile. En 2015, selon un classement au niveau mondial selon la quantité produite, la plus grande société US, Nucor Corp, vient en 14e place avec 19,62 millions de tonnes, puis U.S. Steel vient en 21e place avec 14,52 millions de tonnes (par comparaison, en 1re place ArcelorMittal avec 97,14 millions de tonnes)(7). Ces sociétés sont presqu’exclusivement confinées au territoire national US. En 2014, la production mondiale d’acier a réalisé le plus haut niveau jamais atteint, avec 1,66 milliards de tonnes, les prix au niveau international ont fortement baissé, les importations vers les USA ont augmenté considérablement en conséquence(8). En 2016, les producteurs US d’acier ont obtenu l’instauration d’une taxe de 266% sur l’importation d’acier laminé à froid, utilisé pour la fabrication de voitures ainsi que de multiples équipements, en provenance de sept pays dont la Chine. Les fabricants de voiture, ayant évidemment un point de vue opposé, ont réagi, comme par exemple Ford qui s’est adressé à la Commission du commerce international US (International Trade Commission, USITC). Trump, en prenant sa fonction, avait eu recours à Dan DiMicco, ex-PDG du groupe Nucor mentionné ci-dessus, comme conseiller. Mais dans ce cas aussi, il se heurte à des divergences avec le Parti républicain. Il annonce que tout projet d’infrastructure publique devra utiliser de l’acier produit dans le pays. Cependant dans le passé, les législateurs républicains ne se sont pas montrés favorables à l’idée d’une croissance stimulée par des engagements publics alourdissant les déficits budgétaires. Concrètement, dans le cadre d’une stimulation générale du secteur de l’énergie non renouvelable, Trump soutient la construction de l’oléoduc Keystone XL qui devrait renforcer le réseau d’oléoducs Keystone existant reliant des puits au Canada notamment à des terminaux sur la côte du Texas. Or, à ce sujet, l’année dernière, les républicains ont bloqué un amendement exigeant qu’uniquement de l’acier US devrait être utilisé pour le pipeline(9).

L’industrie US de l’aéronautique, exportatrice, est favorable au système envisagé de « l’ajustement à la frontière »(6).L’inverse est le cas du point de vue de l’UE (Les Echos). Les USA représentent 23% des exportations du groupe Airbus. Celui-ci est certes implanté aux USA mais près de 90% des pièces assemblées dans ce pays viennent de l’étranger. Toute la filière serait touchée, car les sous-traitants, eux aussi, font fabriquer des pièces élémentaires au Mexique ou en Chine.

La position du secteur de l’agriculture des USA est caractéristique en ce qui concerne les implications indirectes des politiques protectionnistes. Les états fédéraux où se trouvent les grandes exploitations agricoles ont massivement favorisé Trump à l’occasion des élections. Le secteur est largement exportateur, notamment en direction du Mexique. Or les milieux d’affaires concernés voient déjà des signes annonciateurs de répercussions négatives; l’expérience a montré qu’une guerre commerciale engagée par les USA entraine souvent des ripostes visant l’agriculture US(10).

l’impérialisme capitaliste combine défense, agression, domination

 

Le fond de la question des mesures protectionnistes réside dans ces connexions multiples entre d’une part, les responsables politiques et d’autre part, les représentants directs sur le plan économique, de différentes fractions de la classe capitaliste.

Du point de vue général, les interprétations pseudo-théoriques relèvent, au gré des inclinaisons prédéterminées ou des humeurs du jour, de deux catégories; elles considèrent que le résultat du protectionnisme, « au bout du compte » est – bénéfique aux yeux des uns, – néfaste aux yeux des autres. Dans les deux cas prévalent l’approximation et l’exagération de discours essentiellement propagandistes. Par exemple, au sujet de la taxe d’ajustement aux frontières, ses promoteurs prétendent que l’effet à l’export et à l’import s’équilibre, soit par une réévaluation induite de la monnaie nationale, soit par une augmentation induite des prix et des salaires intérieurs. Il y a néanmoins des commentaires exprimant une vision plus nuancée: « Personne sait avec certitude ce qui arriverait en réalité. Si l’économie ne réussit pas à s’ajuster, les importateurs payeront beaucoup plus de taxes, et les exportateurs obtiendraient une aubaine. Tout ajustement serait douloureux. »(6)

Quant à Marine Le Pen, elle ne trouve guère de soutiens du côté du grand capital au sujet de son programme économique protectionniste, voire isolationniste, bien que ses discours nationalistes bénéficient d’accointances considérables. Jusqu’à nouvel ordre, la bourgeoisie française ne fait pas le choix d’une stratégie impérialiste nationale séparée; elle maintient son association avec les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, à travers le cadre de l’UE. La partie économique du programme du FN reste un annexe subordonné à la vision purement idéologique nationaliste, xénophobe, résumé par exemple ainsi: « Nous sommes David contre Goliath, c’est avec notre amour pour notre pays, que nous terrasserons la soumission, l’abandon, la capitulation, la trahison que l’on cherche à imposer à notre peuple. » (La Dépêche 27/4/17) Par comparaison, la politique impulsée par Donald Trump pour les USA articule de façon effective conjointement les deux aspects que sont protectionnisme et agressivité impérialiste.

Il faut noter ici que les mesures protectionnistes enfreignent le principe du libéralisme, défini comme « doctrine économique qui privilégie l’individu et sa liberté ainsi que le libre jeu des actions individuelles conduisant à l’intérêt général ». Ce fait met en lumière le caractère erroné des orientations politiques qui prétendent attaquer les maux engendrés par le capitalisme en dénonçant le « néolibéralisme » comme source de tous les malheurs. Par ailleurs, un aspect significatif impliqué par le principe de « l’ajustement à la frontière » dépasse la sphère purement commerciale. L’application de cette taxation pourrait inciter des sociétés étrangères ayant une large clientèle aux USA à racheter des sociétés implantées dans ce pays. C’est une indication claire du fait que la bourgeoisie, au niveau d’un pays impérialiste donné, ne se soucie pas de savoir si telle entreprise ou grand groupe est authentiquement « de souche » : elle tient surtout à être membre, d’une façon ou d’une autre, des cercles dominants sur place, politiquement et économiquement. L’objectif primordial est de maintenir autant que possible à l’état concerné un statut de grande puissance pouvant rivaliser avec les autres impérialismes.

 

(1) Marine Le Pen, Discours à l’occasion de la galette présidentielle organisée à Saint-Denis, 9/1/2012.

(2) https://www.marine2017.fr/carnets/whirlpool-amiens-ne-fermera/

(3) Marine Le Pen, Discours …, 9/1/2012.

(4) Marine Le Pen, Assises présidentielles de Lyon, 5/2/2017.

(5) Marine Le Pen, Invitée de la matinale d’Europe 1, 25/1/2017.

(6) How America’s border-adjusted corporate tax would work », The Economist, 13/2/2017.

(7)  https://www.worldsteel.org/en/dam/jcr:1568363d-f735-4c2c-a1da-e5172d8341dd/orld+Steel+in+Figures+2016.pdf

(8) Mark J. Perry: « US steel tariffs: A case study in protectionism, economic losses on net, and ‘legal plunder’ », 2/6/2016.

(9) Mark O’Hara: « Weighing Trump’s Mettle: Will He Be a Game Changer for US Steel? », 10/11/2016.

(10)Jessica Holzer: « Wary of Protectionism, U.S. Agriculture Wages Charm Offensive to Save Mexican Exports », Foreign Policy, 23/3/2017.

 

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