LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS CONSTRUIRE UN PUISSANT RAPPORT DE FORCE

Issu du dernier journal de la VDC: ICI

Depuis sa victoire lors de la bataille sur la réforme des retraites de 2010, la bourgeoisie n’a de cesse d’imposer des contre-réformes qui facilitent les licenciements. L’ANI, la loi Rebsamen, la loi El Khomri, les récentes ordonnances. Macron donne un pouvoir plus étendu au patronat pour mettre à la rue des milliers de salariés. Dans le même temps, ces contre-réformes amoindrissent les possibilités des salariés de se défendre. Les premiers effets de ces lois anti-ouvrières pointent déjà le bout de leur nez dans beaucoup d’entreprises (PSA, Pinky, Carrefour…), pour beaucoup de salariés.

 

Des droits qu’il faut imposer par la lutte 

 

Jamais les gouvernements bourgeois n’ont donné de droits aux salariés pour s’opposer aux licenciements. La classe ouvrière a dû se battre, mener des grèves, des mouvements durs pour imposer certains droits. Et puis le rapport de force aidant, la bourgeoisie a cédé quelques droits pour acheter la paix sociale. C’est notamment des recours devant les tribunaux afin de contester les licenciements et leurs motifs. Cependant, si un rapport de force de classe n’est pas constitué en amont, cette justice avantage toujours le capital, et n’a jamais réussi à faire reculer la sacro-sainte propriété bourgeoise. Tout au plus, a-t-elle permis de défendre les droits minimums des salariés, donner des contreparties plus ou moins avantageuses. Aujourd’hui pourtant, même la possibilité de recours en justice est devenue un frein aux plans de la bourgeoisie. C’est en partie à cela que s’attaquent les dernières lois anti-ouvrières. Pour ces raisons, le syndicalisme de conciliation, d’accompagnement avec le capital condamne les salariés à la défaite et à accepter des mesures qui vont accroitre l’exploitation capitaliste. Le devoir de tout militant est de rompre avec le syndicalisme « de dialogue social » et construire partout un syndicalisme qui lutte classe contre classe.

 

Une lutte quotidienne qui renforce l’unité et les solidarités de classe

 

Malgré les échecs successifs sur le terrain national, les luttes n’ont pas cessé et même se développent localement face aux fermetures d’entreprises. Le cas le plus emblématique de cette dernière période est la lutte des salariés de GM&S, qui depuis plus d’un an, luttent sans relâche pour préserver leurs emplois. Et ces salariés qui ne baissent pas les bras et ne se laissent pas berner par les discours des patrons et des politiques bourgeois ont raison. Ils refusent d’accepter que la bourgeoisie détruise leur vie, et les divise par de mauvaises solutions de reprises. Si leur lutte a pu durer aussi longtemps, si les salariés ont pu aussi préserver au moins une année de plus leurs emplois, c’est grâce au bras de fer engagé par les salariés de GM&S qui ont su faire de leur lutte un symbole national du combat contre les licenciements.

Pour pouvoir contester les licenciements dans la durée, il est important de contester la logique du système capitaliste qui sacrifie les salariés sur l’autel des profits. Avoir un rapport de force nécessite d’avoir un syndicat d’entreprise puissant, qui fonctionne et organise les revendications des salariés, sache les mobiliser. C’est une lutte quotidienne de plusieurs années mais la condition préalable pour résister aux plans de licenciements des patrons. La conscience de classe et de lutte des salariés de GM&S leur a permis de contester les motifs de fermeture de l’usine et mobiliser leurs collègues. Pour s’opposer aux plans de licenciements, la première tâche est de chercher les motifs véritables de la fermeture car les équipes patronales masquent les véritables causes. Il est donc possible de créer une commission élue en assemblée générale qui enquête et rende publiques ses conclusions. La seconde tâche est de constituer un rapport de force basé sur la revendication du refus de la fermeture et pour le maintien des emplois. Les salariés qui acceptent la logique du plan de licenciement en acceptant la négociation de primes comme revendication de leur rapport de force se placent sur le terrain de la défaite. Dans tous les cas, ils obtiennent moins que s’ils se battent pour le maintien des emplois.

 

Organiser la lutte de manière autonome face aux partis bourgeois et réformistes

 

Une condition importante pour faire reculer le patronat est l’autonomie de la lutte face au pouvoir politique bourgeois et aux élus. S’il peut être nécessaire d’interpeler les élus municipaux ou nationaux, il est essentiel de garder une autonomie de classe dans la revendication du maintien des emplois. Ce qui importe dans la lutte, est l’organisation de la solidarité au sein des entreprises voisines, la mobilisation de soutiens locaux et régionaux en faisant appel à la population. C’est la construction de ce front de lutte qui renforcera avant tout la lutte contre les licenciements.

Pourquoi faut-il se méfier des partis politiques du capital et des réformistes ? Parce qu’en général, ils sont impuissants face aux lois du capitalisme. Surtout, dans leur politique générale, ils sont de fervents soutiens de ce système. S’ils font mine de soutenir les salariés (même en donnant de l’argent ou en interpelant les patrons ou le gouvernement), ils finissent par se ranger contre eux dès que les travailleurs veulent aller plus loin, ou ne pas accepter les compromis que proposent les patrons. C’est le cas des GM&S qui critiquant l’offre de reprise ont subi des attaques et des pressions du pouvoir politique pour qu’ils cessent leur lutte. Le porte-parole actuel du gouvernement, Benjamin Griveaux, estimait que les syndicalistes de GM&S « ne sont pas dans un travail de coopération (…) Ils mettent en péril la reprise de l’entreprise » (Europe 1, 6/10/17).

Les salariés ne peuvent compter que sur leurs propres luttes pour résister aux exigences patronales. Bien entendu, lutter politiquement contre les licenciements est essentiel : les luttes ouvrières ont besoin d’un parti politique anticapitaliste, un parti communiste qui défende les intérêts politiques immédiats et à long terme des travailleurs. Mais cela nécessité d’écarter tout soutien aux formations politiques pro-capitalistes et anti-ouvrières.

 

L’Etat bourgeois est au service des licenciements

 

L’appareil d’Etat n’est pas un allié dans la lutte contre les licenciements. L’Etat, sous le capitalisme, aide en permanence les patrons. Le cas des GM&S est emblématique et révélateur du rôle que tient l’Etat. Premièrement, il lance des attaques idéologiques en marginalisant les salariés. Tout le monde a en tête les propos de Macron à l’encontre de la lutte des GM&S. Mais il n’est pas le seul, avant lui Jospin avait dit qu’ « il ne faut pas tout attendre de l’Etat », ce qui signifie que l’Etat dans ce système est incapable de répondre aux besoins des salariés. Politiquement, et que les gouvernements soient de droite ou de gauche, l’Etat a mis en place des contre-réformes politiques allant toutes à l’encontre des intérêts des salariés. Depuis plus de 30 ans, aucune mesure n’améliore la condition des salariés dans l’entreprise. Au niveau économique, le fardeau de l’effort pour sortir de la crise repose sur les salariés. Le capital avec l’Etat font peser tout le poids de la crise sur les salariés en facilitant les licenciements et en aidant le patronat à se restructurer avec des simulateurs permettant aux patrons de prévoir combien leur coûtera une restructuration (1). Enfin, l’arme de la répression est utilisée par l’Etat sur les ouvriers en lutte. Souvenez-vous des CRS chargeant le cortège des GM&S.

Enfin, certains prétendus amis de la classe ouvrière peuvent devenir des ennemis. C’est le cas de Syriza en Grèce avec son gouvernement de « gauche radicale »  qui s’attaque au droit de grève. Voici ce qu’en dit le Parti communiste grec (KKE) : « avec ce nouveau paquet de mesures, le gouvernement, entre autre, a l’intention de porter un coup au droit des travailleurs de déclarer une grève. Selon le nouveau projet de loi, pour qu’un syndicat de base puisse déclarer une grève, 50% des membres inscrits devraient être d’accord avec cela. En effet, le gouvernement tente d’adopter cela sous prétexte de «démocratie», alors que dans les lieux de travail domine le terrorisme des employeurs, le risque de licenciement pour participation aux luttes, surtout dans des conditions où le taux de chômage est particulièrement élevé »(2).

 

La solution définitive au problème des licenciements est la sortie du capitalisme

 

La production, dans le système actuel, se réalise en fonction des profits qu’obtiennent ceux qui possèdent les entreprises, c’est-à-dire les capitalistes. Dans le cadre de la concurrence mondiale, les entreprises cherchent à baisser leurs coûts de production. Elles investissent leurs capitaux en fonction du profit qu’elles escomptent obtenir. Si les profits escomptés ne sont pas au niveau de la concurrence, les entreprises délocalisent, restructurent leur production. Ainsi, les plans sociaux, les licenciements sont à l’ordre du jour. L’ouverture ou la fermeture d’entreprise n’a pas pour raison la volonté de répondre aux besoins humains, mais la recherche égoïste du profit. La majorité de la société est à la merci du chômage pour qu’une petite minorité puisse s’enrichir. Ainsi, le capitalisme n’est pas en capacité d’offrir un avenir sans peur du lendemain aux salariés. Il a d’ailleurs de plus en plus tendance à n’offrir que la peur du lendemain. Il faut donc sortir de ce système.

 

Développer la lutte anticapitaliste contre les plans sociaux

 

L’obtention de victoires face au calvaire des licenciements et des restructurations est politique et nationale. Il s’agit de remettre en cause un système d’ensemble, à la fois économique et politique, qui n’a d’autre objectif que l’enrichissement d’un pôle de la société au détriment d’un autre. Après l’application des ordonnances, la bataille de classe prend des allures plus locales où les salariés empêchent l’application des mesures anti-ouvrières entreprise par entreprise. La lutte n’est pas terminée et ne va pas s’arrêter demain. D’ores et déjà, des syndicalistes en lutte nouent des liens de solidarité entre eux. C’est par ce type de développements de la lutte que le mouvement sera en passe de préparer une nouvelle bataille, une nouvelle offensive cette fois nationale, qui devra aussi avoir une portée politique de remise en cause du système que défend le gouvernement.

Durant les luttes dures comme celles des GM&S, les salariés gagnent une expérience précieuse. Ils constatent que ce sont eux qui sont au cœur de la production. Cette expérience démontre un haut degré de conscience et de lutte de la part de certains secteurs. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire organisé, ces expériences locales formant une avant-garde syndicale, démontrent concrètement la nécessité d’un dépassement du capitalisme, mais restent malheureusement impuissantes à transformer la situation politique nationale. Elles sont néanmoins un point d’appui essentiel au futur développement d’un parti révolutionnaire en France.

 

(1) Simulateurs sur des sites officiels des ministères et de l’Etat : https://www.service-public.fr/simulateur/calcul/bareme-indemnites-prudhomales    https://www.telerc.travail.gouv.fr/RuptureConventionnellePortailPublic/jsp/site/Portal.jsp?page_id=14

(2) KKE, http://fr.kke.gr/fr/articles/Activite-militante-multiforme-des-syndicats-contre-la-politique-antipopulaire/

Pour s’informer sur la politique syndicale des communistes dans les années 1920-1930,

l’ouvrage de Losovsky, Le programme d’action de l’Internationale Syndicale Rouge offre un condensé des moyens à mettre en œuvre pour vaincre le capital. Un livre que tout syndicaliste devrait avoir sur sa table de chevet.

 

VDC Editorial: ASSEZ DE RECULS Luttons classe contre classe pour l’abrogation des lois anti sociales

Editorial de la Voix des Communistes, n°23

Journal Février mars

ASSEZ DE RECULS

Luttons classe contre classe

pour l’abrogation des lois anti sociales

 

L’année 2017 aura vu la disqualification des partis traditionnels qui se partageaient alternativement le pouvoir, les Républicains et le PS. L’alternance gauche droite qui a dominé la vie politique lors des dernières années n’était plus capable de répondre aux attentes économiques et politiques de la bourgeoisie. Les travailleurs et une partie de la petite bourgeoisie se détournaient des représentants politiques de gauche comme de droite. Pour éviter une crise politique qui aurait ébranlé le pouvoir bourgeois, fut mise sur pied une « nouvelle force » censée rénover le pouvoir politique et capable d’appliquer les « réformes » attendues par le capital. Macron a reçu cette mission et a été « démocratiquement » élu et il a engagé son gouvernement à entreprendre au pas de course une série de contre réformes qui touchent directement ou indirectement les travailleurs.

 

            L’unique but de la production capitaliste est de reproduire le capital investi avec une plus-value, un profit. Or Le développement du capitalisme dans le monde entier a, ces dernières années, rendu plus difficile pour chaque capital investi la réalisation d’un profit. La division internationale du travail a été bouleversée. La concurrence et les contradictions se sont aggravées entre les états capitalistes et impérialistes, ponctuées par des crises périodiques de surproduction de plus en plus graves.

Comment toutes les bourgeoisies du monde pensent-elles pouvoir, dans cette situation, tirer leur épingle du jeu ? En exploitant encore plus les travailleurs !

 

            Dans le monde et en Europe, la bourgeoisie française a pris du retard par rapport aux politiques d’austérité et de restructuration des relations capital travail, menées dans les autres pays européens, allemand ou anglais (développement des travaux précaires, contrats à zéro heure en Angleterre ou en Grèce, Espagne, Portugal où les salaires ont baissé jusqu’à 25 %).

            La bourgeoisie française ne peut plus désormais reculer pour réduire le prix de la force de travail. Elle doit augmenter par tous les moyens le temps de travail sans accroitre les salaires, diminuer les retraites par l’augmentation des impôts, rogner sur le salaire indirect (les fameuses « charges sociales »), sur les frais de santé et sur l’entretien de la force de travail au chômage qui ne produit plus de plus-value, et cela tout en évitant une explosion sociale. Cela suppose un recours accru à la répression policière et judiciaire dont l’incorporation de mesures propres à l’état d’urgence dans la loi, aux mesures contre l’expression publique bref un renforcement du contrôle de l’État sur la société. S’ajoute à cela l’action impérialiste de la France pour préserver sa zone d’influence en Afrique et dans d’autres parties du monde face aux empiètements des autres impérialismes et qui engloutit d’énormes ressources financières.

            Les travailleurs ont tenté de résister à cette offensive de la bourgeoisie, mais la mobilisation syndicale n’a pas été en mesure seule de l’arrêter. Les échecs répétés de la mobilisation contre les attaques du pouvoir au cours des années 2016-2017 ont conduit les travailleurs les plus combatifs à chercher les raisons de cette inefficacité de leurs mobilisations nationales.

 

            Certains mettent en cause les méthodes de lutte, les journées de mobilisation répétées et inefficaces et préconisent la grève générale. En vérité les causes sont plus profondes. Les luttes nationales ne pourront gagner en efficacité que si la classe des exploités se débarrasse de l’influence idéologique et politique du « réformisme de gauche » qui cantonne les luttes à un moyen de pression dans les négociations pour obtenir quelques concessions à la marge des « partenaires sociaux ». La bourgeoisie sait que les centrales syndicales ne déborderont pas de ce cadre.

            L’illusion de pouvoir régler les problèmes en tant que partenaires sociaux s’oppose à la claire conscience que patronat et salariés ont des intérêts antagonistes. L’illusion d’un État au-dessus des classes et qui pourrait trouver des solutions en faveur des travailleurs est en opposition à la réalité d’un État au service de la classe bourgeoise. Tout cela freine la prise de conscience de la classe, la solidarité entre les travailleurs, la lutte commune et la construction de leur organisation politique et syndicale indépendamment de la bourgeoisie. La bourgeoisie, même si elle en a de moins en moins les ressources pour le faire, continuera à entretenir ces illusions, en s’appuyant sur les forces conciliatrices dans les syndicats et partis de « gauche ». Elle cherchera à dissimuler le caractère de classe des mesures qu’elle prend.

     

 

Au sommaire

 

Sommaire

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS

5 S’OPPOSER A L’OFFENSIVE SUR LA SANTE

6 SOLIDARITE AVEC LES MC DO

7 DEBAT: L’ECOLOGIE

10   DOSSIER JCML: LA SELECTION A LA FAC

12   IMPERIALISME FRANCAIS

Nouvelle Calédonie

La France au Sahel

20   IMPERIALISME DANS LE MONDE

L’Asie Pacifique

Palestine

Syrie-Rojava

21 INTERNATIONALISME

Le mouvement iranien

Des luttes dans le monde entier

 

PSA-Mulhouse : Des syndicalistes interpellent le ministre des patrons Mobilisons, interpelons face aux lois antisociales

Alors qu’il est venu féliciter les patrons de PSA qui viennent d’annoncer un excédent de près de 6 milliards d’euros, Bruno Lemaire, ministre de l’économie a été pris à parti par des militants de la CGT. Ceux-ci avec raison, ont dénoncé les cadeaux faits aux patrons par les différents gouvernements. En Effet, entre 2013-2014, PSA a économisé plus de 126 millions d’euros au titre du CICE. Dans le même temps, entre 2013 et 2018, PSA a licencié plus de 25.000 salariés avec l’aide de l’Etat et des différents gouvernements (Hollande-Macron). Et dans le même temps, PSA a recours à l’emploi précaire avec l’utilisation de sous-traitants ou d’intérimaires, à la pression sur les salaires.

 

Le syndicaliste CGT a refusé de se laisser embobiner par le discours du ministre et a rappelé très justement que PSA et riche à milliards et que le gouvernement est son alliée : « Vous passez souvent à la télé, on vous écoute souvent vous, on vous paye à faire des choses, vous faites rien pour les ouvriers, écoutez pour une fois que vous en avez un en face de vous ». Il a dénoncé la politique d’offensive antisociale du gouvernement. Le ministre bourgeois égal à lui-même n’a pu répondre au syndicaliste et n’a fait que ressasser les pseudos-« vérités » des dominants : « la colère n’amène rien », « écoutez-moi », laissez le gouvernement régler vos vies, soyez fier de votre entreprise…

 

            Interpeler les ministres, les élus politiques, dénoncer leurs agissements en faveur des patrons est un exemple à répéter massivement. Bruno Lemaire et son gouvernement n’ont rien à apporter aux salariés. Tout le gouvernement Macron-Philippe se mobilise pour organiser une attaque générale, sur tous les fronts, contre les salariés, les jeunes, les retraités, les services sociaux à la population. Seule la mobilisation, la création d’un puissant rapport de force, en bref, d’une politique « classe contre classe » peut briser l’offensive de lois antisociales menée par le gouvernement Macron-Philippe.

           

            Interpeler les ministres, les élus, comme à Mulhouse, est un exemple à suivre. Plus aucun élu au service de la bourgeoisie ne doit pouvoir visiter des lieux de travail, des lieux publics, sans avoir à subir la colère ouvrière. C’est aux salariés de faire leur politique, au service de leurs intérêts, et pour la réaliser, ils ne peuvent que s’affronter aux dominants. C’est aux salariés de dénoncer la nouvelle structure capitaliste qui recourt à la sous-traitance à l’intérim. C’est dans nos organisations de classe que nous avons le devoir de défendre et d’organiser les intérimaires, les sous-traitants.

           

LE GOUVERNEMENT MACRON S’ATTAQUE A TOUS LES TRAVAILLEURS ET AUX JEUNES !

COMBATTONS CLASSE CONTRE CLASSE CE GOUVERNEMENT !

Il faut régulariser les travailleurs sans papiers en grève dans leurs entreprises depuis le 12 février 2018 !

SansPapManif

Nous publions pour information ce tract de la CGT,

Ils travaillent dans la fabrication des plats cuisinés, dans la collecte des ordures ménagères ou de déchets, dans la distribution express des colis, dans la logistique transport, dans le BTP…

Très souvent intérimaires… Ils sont plus d’une centaine de travailleurs sans papiers de 6 entreprises de différents départements d’Île de France à avoir décidé d’arrêter le travail, se mettre en grève 12 février 2018 avec les différentes structures de la CGT pour exiger leur régularisation.

 

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici!

 

Depuis octobre 2006 et tout particulièrement en 2008 et 2009, des milliers de leurs camarades avaient fait de même avec la CGT et l’appui de nombreuses associations de soutien aux migrants. N.Sarkozy avec ses ministres de triste mémoire de « l’immigration et de l’identité nationale » avait été obligé de reculer.

 

Il avait fini par reconnaître dans les textes et autres circulaires que des dizaines de milliers de travailleurs sans papiers bossent dans notre pays et ce pour le plus grand profit des patrons qui les embauchent.

 

Ces grèves ont permis d’arracher la régularisation administrative d’un très grand nombre d’entre eux, comme de milliers d’autres et la poursuite des contrats de travail. Sous le quinquennat de F.Hollande, dans différentes entreprises (les salons de coiffure du Bld de Strasbourg à Paris, à Sépur dans le 94, sur les chantier COVEA, avenue de Breteuil, et RATP/Vinci, des Halles, à Paris, au Marché d’intérêt national (MIN) à Rungis…) ces grèves n’ont jamais cessé. A chaque fois les travailleurs ont été régularisés comme tout dernièrement à Burker-King à Paris ou sont en passe de l’être comme à Stem (nettoyage) dans le 91.

 

Ce n’est que justice! Ces travailleurs ne prennent et n’ont pris le travail de personne. La CGT comme tout un chacun dans notre société ne peut accepter que des travailleurs du fait de leur situation administrative particulière n’aient d’autre choix que raser les murs et être surexploités.

 

Puisqu’aujourd’hui de plus en plus de patrons exigent de ces travailleurs qu’ils passent par les entreprises d’intérim pour pouvoir les embaucher sans prendre de risques.

 

Puisqu’aujourd’hui les possibilités de régularisation de ces travailleurs se durcissent chaque jour un peu plus au niveau des préfectures.

 

Puisqu’aujourd’hui le gouvernement veut revenir sur les acquis arrachés depuis 2006-2007 qui reconnaissent les bulletins de paye de ces travailleurs – y compris quand ils n’étaient pas à leur nom – comme documents permettant leur régularisation.

 

Puisqu’aujourd’hui avec sa nouvelle loi sur l’asile et l’immigration répressive et réactionnaire en tout point, le gouvernement veut « pourrir la vie » des migrants et de celle de ces travailleurs sans papiers

 

Les travailleurs sans papiers de ces 6 entreprises n’ont pas d’autres choix que de se mettre en grève pour exiger leur régularisation maintenant!

 

 

Il faut les soutenir !

 

 

Liste et adresses des piquets de grève

 

 

 

Ils travaillent dans l’entreprise d’intérim DEFI TECHNOLOGY et sont en grève au

16 Avenue Dausmesnil PARIS 12ème

 

 

Dans l’entreprise de collecte d’ordure ménagère SEPUR et sont en grève

Impasse Colbert à WISSOUS91

 

 

Dans celle de distribution de colis express CHRONOPOST et sont en grève au

9, rue Clément Ader, dans la zone de la Butte aux Cailles à CHILLY MAZARIN – 91

 

 

Dans l’entreprise de logistique transport GLS et sont en grève au

29, rue Jean Moulin à ROISSY – 95 (à côté de la commune de Roissy)

 

 

Dans l’entreprise de plats cuisinés EVENT-THAI et sont en grève au

8/10 rue Henri Dunant CHEVILLY LA RUE  – 94

 

 

Dans l’entreprise de collecte et de recyclage de déchets STLG et sont en grève au

74 avenue du Général de Gaulle LA QUEUE EN BRIE – 94

 

Paris le 12 février 2018

 

LE PEUPLE KURDE ET LES PEUPLES OPPRIMES DU MOYEN ORIENT À LA CONQUÊTE DE LEURS DROITS NATIONAUX ET DÉMOCRATIQUES PAR LEURS PROPRES FORCES !

epa04586503 Members of the Syrian Kurdish People's Defence Units (YPG) celebrate their victory in Kobane, Syria, 26 January 2015. According to reports Kurdish fighters claim to have pushed militants from the group calling themselves Islamic State (IS) out of the whole of Kobane following four months of fighting, supported by airstrikes carried out by an international anti-IS coalition, though a number of the town's surrounding villages, close to the Syrian-Turkish border, remain in the hands of IS.  EPA/STR

Au Moyen-Orient deux évènements importants se sont produits récemment qui touchent le peuple Kurde : La libération de Raqqa, ainsi que la proclamation de l’indépendance du Kurdistan Sud après un référendum.

Raqua a été libéré par les Forces Démocratiques Syriennes dont les YPG (c’est-à-dire les Kurdes et Rojava) font partie.

 

LA FORCE DEMOCRATIQUE

ET SOUVERAINE DE ROJAVA

LIBERE RAQQA

 

La libération de Raqqa est une victoire pour tous les peuples de Syrie, car le front constitué par les Forces démocratiques Syriennes est porteur d’un projet de démocratie sociale et politique pour toute la Syrie. Nous la saluons comme une victoire pour la démocratie et la souveraineté des peuples de la région. Mais elle n’a pas été accueillie partout avec enthousiasme. Depuis le début du conflit en Syrie les États-Unis réclament le départ d’Assad et sur la question kurde ils ont une position ambigüe. Ils considèrent le PKK comme une organisation terroriste mais ils ont conclu une alliance militaire avec les YPG qui ont la même ligne politique que le PKK. Pour le dirigeant des YPG Salih Muslim, la relation des YPG « avec les États-Unis est simplement une alliance contre la terreur de l’EI. C’est le peuple de Raqqa qui décide sous quelle forme et comment gouverner la ville. […] on a des relations diplomatiques dans le cadre des négociations de Genève… Je n’en connais pas tous les détails mais je sais que les États-Unis ont des projets qu’ils ne dévoilent pas » – propos rapportés par l’agence de presse turque ETNA (24 octobre 2017).

Aujourd’hui, Rojava est le fer de lance d’une force démocratique qui permet à toutes les ethnies et minorités nationales et leurs forces politiques de s’organiser et de s’exprimer démocratiquement. La victoire de Raqqa est une épine dans le pied des forces réactionnaires qui se sont mises à unifier leurs efforts pour lutter contre le peuple kurde. La Syrie, l’Iran, l’Irak et la Turquie ont infléchi leurs tactiques et même leurs objectifs stratégiques. On a vu se multiplier les rencontres entre les présidents turc et iranien (et les états-majors respectifs), la visite du président iraquien en Turquie. Quant aux liens entre l’Irak et l’Iran, ils ne sont un secret pour personne. On le voit, la question kurde est un enjeu majeur dans cette partie du Moyen-Orient.

Cela montre que la situation des forces démocratiques et kurdes n’est pas sans danger et demain elles peuvent trouver face à elles toutes les forces réactionnaires et impérialistes coalisées. Ce danger se manifeste déjà au Kurdistan Nord (Nord de la Syrie). Les bonnes relations de Barzani (président du gouvernement Kurdistan Sud) avec les pays impérialistes et les forces réactionnaires (notamment la Turquie et L’Iran) n’a pas empêché la reprise de Kirkouk par les forces irakiennes, la défaite des forces peshmerga qui dépendent du Parti Démocratique du Kurdistan (KPD) et de l’Union Patriotique du Kurdistan (YNK). Les États-Unis ne se sont pas sentis concernés et ont laissé faire leur vassal irakien. La Russie dit « comprendre les Kurdes, mais que la solution doit être trouvée avec le gouvernement central en Irak. » Dans le même temps le ministre des affaires étrangères des États-Unis a entrepris une tournée jusqu’au centre de l’Asie pour rétablir ou consolider son influence. Il ne faut pas oublier que la guerre actuelle est le résultat des conflits impérialistes au Moyen-Orient.

Le peuple Kurde est réparti dans quatre pays différents, et représenté politiquement ou militairement par des organisations divisées entre les PYG (Syrie-Rojaïa) qui sont sur la même ligne politique que le PKK en Turquie, le KPD (de Barzani) et le YNK (de Talabani) au Kurdistan Sud iraquien. Malgré tout, la demande des Kurdes pour la liberté et pour leurs droits nationaux est très grande. Mais après le référendum au Kurdistan Sud, les évènements qui ont suivi démontrent que le peuple kurde ne peut conquérir ses droits nationaux en s’appuyant sur des forces réactionnaires et oppressives. Sur la base des relations économiques avec la Turquie et l’Iran s’est constituée une nouvelle couche bourgeoise totalement dépendante de ce commerce. C’est elle qui domine le gouvernement régional du Kurdistan Sud, et est représentée par deux partis, le KPD et le YNK, lesquels sous le prétexte de manque de moyens, après une négociation humiliante pour le peuple kurde, ont abandonné la ville de Kirkouk. Et sous la pression du peuple kurde Barzani a été contraint de démissionner.

 

 

SOUTENIR LES FORCES DEMOCRATIQUES

QUI LUTTENT DANS LA REGION

 

À l’époque de la domination impérialiste, aucune lutte nationale ne peut atteindre ses objectifs en s’appuyant sur l’impérialisme. Dans cette situation, l’indépendance politique, soit n’existe pas, soit est dérisoire et dépendante des enjeux politiques de l’impérialisme. Mais cette réalité ne doit pas être un prétexte pour s’opposer à l’autodétermination des nations et des peuples opprimés.

 

En France, certains groupes et organisations par « anti-impérialisme » dirigé contre les États-Unis prennent parti pour les autres forces réactionnaires d’Iran et de la Syrie soutenues par la Russie impérialiste. Ils ne comprennent pas que le conflit entre les pays impérialistes laisse un espace de lutte pour les forces démocratiques en Syrie. Mais cette guerre n’est pas terminée. Une fois le danger de l’EI écarté, le conflit peut prendre un autre tournant. L’alliance entre la Turquie, l’Iran et la Syrie dirigée contre les Kurdes, la « prudence » des pays impérialistes vis-à-vis de la situation au Kurdistan Sud après le référendum, laisse présager un tel tournant. Si demain des pays impérialistes reconnaissent l’existence du Kurdistan en tant que pays, ils ne le feront que contraints et forcés par une lutte continue du peuple kurde de plus d’un siècle, et poussés par les contradictions inter-impérialistes à adapter leur tactique à une nouvelle situation. Les pays impérialistes, malgré leur puissance, ne peuvent tout maitriser. Quand les pays impérialistes ont abandonné le colonialisme pour passer au néo-colonialisme, on ne pouvait pas pour autant conclure que la lutte contre le colonialisme avait été inutile simplement parce qu’elle a conduit les forces réactionnaires mondiales à s’adapter à la nouvelle situation créée par la lutte des peuples opprimés.

 

Aujourd’hui, que proposent toutes ces forces « anti-impérialistes » qui doutent de la justesse de la lutte du peuple kurde ? Qu’il arrête de lutter pour ses droits nationaux et démocratiques ?

Notre position est fondamentalement identique que ce soit pour la Palestine, la Catalogne ou pour les Kurdes. La situation est certes différente, mais les communistes ne conditionnent pas leur soutien à un peuple opprimé à la façon dont il doit mener sa lutte pour ses droits nationaux et démocratiques. Cependant « le droit d’autodétermination est une des revendications de la démocratie, qui doit naturellement être subordonnée aux intérêts généraux de la démocratie. » (Lénine – Les questions nationales et coloniales, Éditions de Pékin, p. 11), et Lénine de préciser qu’en 1848 ces intérêts consistaient au premier chef à combattre le tsarisme, aujourd’hui c’est la lutte contre les forces réactionnaires et impérialistes au Moyen-Orient. C’est pour cette raison que l’on ne peut soutenir des marionnettes de l’impérialisme comme Barzani et Cie au Kurdistan Sud.

 

Dans toute situation le rôle fondamental des communistes est d’organiser le prolétariat, là où il existe, sur ses objectifs propres qui ne sont pas ceux de la bourgeoisie, petite ou grande, et ce même pendant la lutte de libération nationale. Seule l’indépendance politique et l’autonomie organisationnelle du prolétariat, là où il existe, peut l’amener à peser sur le mouvement dans le sens de ses objectifs immédiats et stratégiques. La lutte des peuples opprimés devient alors une composante de la révolution prolétarienne. Les communistes marxistes-léninistes, en participant activement à la lutte des peuples opprimés, savent par expérience que pour se débarrasser de l’oppression du capitalisme-impérialisme, une révolution prolétarienne est nécessaire comme nous l’a montré la révolution d’Octobre.

 

Pour conclure, nous réaffirmons avec force notre solidarité avec le peuple kurde. Le peuple kurde au Moyen-Orient est porteur de dynamismes progressistes et démocratiques, et notamment les Kurdes de Rojava et du Kurdistan Nord (Nord de la Syrie.

Nous sommes convaincus que le peuple kurde, avec le soutien international des forces révolutionnaires et communistes, peut par ses propres forces faire triompher le modèle démocratique révolutionnaire dont il est porteur dans la région (pour la Syrie : une fédération syrienne de républiques nationales démocratiques).

 

Vive la lutte du peuple kurde  sur la voie de sa liberté !

Vive la lutte pour la démocratie sociale et politique des peuples de Syrie !

Vive les forces YPG-YPJ à la tête de la lutte pour la démocratie et les droits nationaux !

La libération de Raqqa est une victoire pour la démocratie en Syrie.

LEXIQUE DES ORGANISATIONS

 

Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance militaire formée de forces armées kurdes, à savoir les YPG et les PYJ (la branche féminine des YPG), et d’autres forces armées. 40% des FDS sont des forces armées arabes.

Le TEVDEM est l’alliance politique qui administre les régions du Nord, libérées de l’EI. Elle est formée principalement du parti kurde PYD (Parti de l’Union Démocratique), du Parti de Gauche de Rojava, du Baris (parti de la Paix) et d’une fraction du KPD (Parti démocratique du Kurdistan qui s’est scindé en deux et dont une partie a la même position que le KPD de Barzani en Irak) et d’autres forces politiques  plus petites.

 

 

 

Extraits «  La Chartre de Rojava »

 

Consultable en intégralité

http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf

 

(..)  la résistance des YPG/YPJ (Unités de défense du peuple et des femmes) à Kobané est la résultante d’une histoire de trente ans de résistance du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan qui a beaucoup inspiré le mouvement kurde en Syrie. Depuis 1984, le PKK mène une lutte armée contre l’État turc. En parallèle de cette résistance, le PKK a défini un programme politique innovant sous l’impulsion de son leader Abdullah Öcalan, qui depuis son emprisonnement en 1999 travaille à repenser une théorie politique innovante, où il rejette le concept d’État-nation au profit d’une organisation de la société basée sur l’autonomie et la démocratie à toutes ses échelles.

 

La charte du Rojava est très claire en matière d’égalité homme/femme, et la libération des femmes constitue un des axes majeurs du programme social du Rojava. Celle-ci reconnaît les inégalités de genre inhérentes à la société patriarcale existant jusque-là et ayant une influence sur la société. Toutes les institutions adoptent ainsi un système de coprésidence : un homme et une femme. Loin de se limiter à un combat militaire, la lutte des femmes passe aussi par une forte implication dans l’organisation et la vie politique du Rojava. L’Académie des femmes leur permet de recevoir une formation politique et militaire leur donnant les outils qui leur permettent de prendre leur place dans la résistance du Rojava. Ces formations sont dispensées aux femmes de tous âges, dans le but de casser la segmentation de la société en classes d’âge.

 

L’avenir politique du Rojava est incertain. La révolution en cours au Rojava n’en est qu’à ses débuts, et rencontre maintes difficultés. Après avoir commencé à appliquer son programme politique, le Rojava a créé une entité politique plus large, les Forces démocratiques syriennes, afin d’inclure de façon plus large les autres communautés du Nord de la Syrie, et recevoir de l’aide militaire étrangère.

 

Le 17 mars 2016, le conseil constitutif du Rojava a publié une déclaration de fédéralisme, engendrant aussitôt de multiples attaques, dont un nouvel embargo de la part du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak), empêchant la circulation des personnes et de l’aide humanitaire à destination du Rojava. Les attaques constantes des jihadistes de Daesh, l’embargo imposé par la Turquie qui ne supporte pas l’idée d’un contrôle territorial kurde à ses frontières, mais aussi par ses pions locaux, notamment le Kurdistan irakien dirigé par Barzani, sont autant d’obstacles rencontrés par les administrations locales. Difficile aussi de prévoir la posture que les alliés de circonstance, États-Unis et Russie, adopteront face à la volonté d’autodétermination du peuple du Rojava. Pour l’instant, pour ne pas froisser la Turquie, les États-Unis ont rejeté en bloc les demandes politiques de l’administration du Rojava, tout en continuant leur aide militaire. Enfin le régime syrien, qui jusque-là adoptait un silence pragmatique pour éviter d’ouvrir un conflit supplémentaire avec les Kurdes, a fait savoir qu’il n’accepterait pas d’autonomie du Rojava au sein de la Syrie. Au sein de la communauté kurde elle-même, il existe toujours des tensions entre une volonté de création d’un État-nation kurde (ce que ne soutient pas l’administration locale), et un fonctionnement fédéral sur un mode libéral (qui n’est pas non plus le programme de la charte du Rojava). Entre les deux, le processus d’autonomie démocratique tente de percer son chemin. Une chose est sûre, ce processus de démocratisation en cours au Rojava est une initiative nouvelle, appelée à s’insérer dans un processus de paix plus global au Moyen-Orient et peut être à lui servir d’inspiration.

 

LUTTE CONTRE LES ORDONNANCES – premier bilan

Article de la VDC n°22 à retrouver ICI

UNE ATTAQUE GENERALE CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

UNE MOBILISATION EN ORDRE DISPERSÉE, LIMITÉE

 

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte reste limitée pour le moment, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies. Il existe donc un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  Au contraire, la lutte politique permettrait de relier toutes ces luttes et mobilisations vers un objectif politique supérieur : le renversement du capitalisme.

 À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

LA LUTTE POLITIQUE POUR LA RUPTURE RÉVOLUTIONNAIRE

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent s’intéresser à la question politique générale. Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui est en rupture révolutionnaire avec toutes les autres.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années au vue du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

NON LA CGT N’EST PAS ISOLÉE, MOBILISONS A LA BASE !

Seul un rapport de force puissant porté par une conscience politique anticapitaliste peut faire reculer ce gouvernement. Dans cette mobilisation, la CGT a un rôle essentiel dans l’organisation de la lutte. La CGT n’est pas isolée contrairement à ceux que veulent faire croire les grands médias. C’est elle qui porte les revendications justes qui sont celles d’une majorité de travailleurs. Dans ces manifestations les travailleurs se sont unis sur le mot d’ordre : « ne rien lâcher face aux mesures antisociales ».

Chaque travailleur conscient de la nécessité d’organiser un rapport de force favorable aux travailleurs face au gouvernement, a pour tâche de mobiliser ses collègues à la base, entreprise par entreprise. Ce n’est pas en regroupant les syndicalistes de lutte hors des structures syndicales, hors des entreprises que ce rapport de force pourra se construire, même si ces regroupements paraissent plus radicaux. C’est une erreur de couper le corps militant des syndicats du reste des masses des entreprises.  La CGT, est la seule organisation où l’on trouve des militants et courants plus combattifs, des éléments avancés pour défendre les travailleurs même si la confédération CGT reste sur des positions réformistes qui limitent ses objectifs et sa volonté de lutter. Seule la lutte de classe peut conduire à un succès et dépend du niveau de conscience et d’organisation. Aujourd’hui la classe ouvrière doit relever le défi et mener la lutte politique contre le gouvernement Macron en sachant que demain la classe ouvrière sans son parti marxiste-léniniste, ne pourra ni défendre ni préserver durablement les victoires qu’elle peut obtenir.

La grève généralisée  ne se décrète pas par slogan. Elle se construit à la base, dans les entreprises, dans les quartiers. Comment bloquer l’économie si la majorité des salariés des lieux de production ne s’engagent pas dans la lutte et la grève ? C’est dans les entreprises, dans les universités, dans les lycées que doivent se tenir les assemblées générales. C’est là qu’il est nécessaire de convaincre la base des salariés, la masse des étudiants et des lycéens que cette loi travail est contraire à leurs intérêts. Si on n’est pas prêt à s’engager à une lutte plus dure, les travailleurs perdront beaucoup. Il est important de lier les revendications locales aux revendications nationales. Obtenir localement satisfaction tout en luttant à une autre échelle peut donner confiance et détermination. Les luttes se multiplient. Participer à chacune d’entre elles, organiser la solidarité et tisser des liens entre elles est plus que jamais nécessaire. Faire en sorte que les luttes isolées entrent dans la lutte politique d’ensemble contre ce gouvernement, voilà la tâche des communistes.

 

Le sommaire de la VDC

Une VDC novembre décembre

Sommaire

 

2    EDITORIAL

4 LA LUTTE CONTRE LES           ORDONNANCES

5 LA FUSION ALSTOM-SIEMENS

6 THEORIE: La lutte des classes

12   DOSSIER JCML

Lutter contre le capital

Appel pour Ocalan

14   INTERNATIONAL

Corée du Nord

Catalogne

Guyane

Les Kurdes du Moyen-Orient

20   DOSSIER HISTOIRE:

La révolution d’Octobre

 

Journal ICI

 

UJFP, Le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Il nous mène à la catastrophe.

Le ROCML partage ce communiqué analyse de l’UJFP et appelle tous les militants marxistes-léninistes, progressistes à s’associer aux mobilisations en faveur du peuple palestinien. Les communistes seront toujours du côté des peuples opprimés face aux menées de l’impérialisme. C’est pour cela que nous soutenons la lutte du peuple palestinien face au colonisateur sioniste, que nous soutenons aussi la lutte du peuple kurde pour le droit à son autodétermination. 

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L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.

Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».

La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

Le Bureau national de l’UJFP le 8 décembre 2017

Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article6053

Interview d’un jeune étudiant d’Albi

La cellule d’Albi fait un travail important auprès des jeunes travailleurs et des étudiants. Elle est aussi présente au sein du Syndicat des Etudiants d’Albi – Etudiants en lutte qui « s’engage à contribuer à la lutte d’ensemble des travailleurs/ses pour la suppression de l’exploitation capitaliste. »

Voici l’interview d’une jeune étudiant syndiqué qui montre toute la nécessité de mener la lutte sur le terrain des facultés, contre la sélection sociale, pour un enseignement gratuit et populaire. L’aboutissement de ces revendications populaires et légitimes ne peut être que dans la rupture avec la société capitaliste. D’où la nécessité de lier la lutte des étudiants à la perspective anticapitalisme du socialisme.

 

Bonjour, peux-tu te présenter rapidement ? Age ? Quel cursus suis-tu ?

Je m’appelle Julien, j’ai 18 ans. Je suis en première année de licence d’histoire.

Comment fais-tu pour payer tes études ?

J’ai la chance de pouvoir vivre chez mes parents ça m’évite de devoir payer des frais supplémentaires.

Tu as peut être entendu parler des réformes de l’enseignement supérieur qu’en penses-tu ?

Elles ne me semblent pas du tout appropriées. La réforme d’APB (ndlr Admission Post Bac) va dans le sens d’un développement de l’élitisme. La fac n’est plus accessible à tous parce qu’ils veulent développer la sélection en université pour certaines catégories de personnes.

Peux-tu préciser ?

J’ai un Bac Pro, mais ce n’est pas pour autant que je ne suis pas plus capable de mener des études d’histoire. J’ai autant de capacités qu’un bac général. C’est stupide de vouloir les favoriser, ce n’est pas parce qu’on ne réussit pas en lycée qu’on n’a pas le droit de faire les études de notre choix plus tard. On voit en plus que c’est l’université qui va décider de si ils nous acceptent ou pas. Franchement cette histoire c’est un peu de la sélection de classe.

La réforme des mutuelles étudiantes et le budget de l’enseignement supérieur ?

Je suis partagé, mais ça montre un désintérêt pour le statut étudiant dans les deux cas. Les fonds investis sont insuffisants.

Que penses-tu du syndicalisme étudiant ?

Je le vois comme une voie pour faire pression, un levier pour obtenir un pouvoir sur nos vies. On peut faire entendre notre voix et influer sur nos quotidiens réellement. C’est un bon moyen de s’investir dans la vie étudiante tout en défendant des idées et des valeurs. Cela permet de se responsabiliser, d’être en contact avec les autres. Après il n’y a pas forcément une bonne réception du syndicalisme en fac je pense mais ça tient plus au fait que beaucoup de monde essaie d’éviter le débat politique. Puis ils ont peur d’un « contrôle politique ». C’est aussi pour ça que le syndicat doit pouvoir développer des activités culturelles et sportives qui permet de montrer un autre visage.

De quel type d’Université rêves-tu ?

Si l’on veut que plus de monde soit bien formé, possède des qualifications ça demande d’ouvrir plus largement la faculté. Je suis pour lutter contre la reproduction sociale. Il faut plus de libertés, de force et de voix aux étudiants. C’est pour ça que je soutien la création de structure qui le permettent comme le syndicat. Pour l’instant, la fac ressemble à un océan où l’on jetterait les étudiants sans distinctions et livrés à eux-mêmes, normal que plein se noient. Il faut vraiment s’investir dans les facs, parce que les jobs étudiants c’est vraiment de l’esclavage.

 

Correspondance, cellule d’Albi

 

 

Discours du 20 octobre 2017 Meeting contre les ordonnances XXL – 100 ans de la Révolution – PCOF/ROCML

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

ROCML et PCOF réunis ensemble pour un meeting en commun autour des ordonnances.

Une attaque générale contre le monde du travail, en faveur du capital

Depuis son élection en mai, Macron a accéléré la cadence des contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela ne va pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

 

S’ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent ! Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs.  C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Une mobilisation en ordre dispersée, limitée

Malgré toutes les mesures contre le peuple, la lutte ne prend pas, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.

On observe un émiettement complet. Certaines fédérations de métier appellent seules dans leur coin à la lutte, il n’y a aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestants et de grévistes très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité militante entre elles.

Comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation à la hauteur des attaques que nous subissons qui se met en place.  Il faut dire que le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat de certains représentants syndicaux nationaux. La lutte politique est absente depuis des décennies donc il existe un retranchement syndical autour de revendications locales d’entreprises ou autour d’un corporatisme fort.  

À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

La lutte politique pour la rupture révolutionnaire

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent d’intéresser à la question politique générale (et non pas uniquement aux questions syndicales). Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Etc. Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la « politique politicienne », qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui sera en rupture révolutionnaire avec toutes les autres politiques.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c’est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats (structures indispensables mais qui ne sont pas celles suffisantes pour la conquête du pouvoir) mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, celles que l’on mène actuellement et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années aux vues du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, n’apporter au mieux que des victoires sporadiques. Pour apporter le pouvoir à la classe ouvrière en France ; pour opérer cette rupture révolutionnaire, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc., les marxistes-léninistes doivent se rassembler et gagner au combat politique les militants de combat, les militants avancés qui font leur preuve dans toutes les luttes locales et parcellaires.

 

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