Loi travail: l’imposture du FN

Les médias se font l’écho de la soi-disant opposition du parti frontiste à la loi El-Khomri (Florian Philippot, vice-président du parti, a parlé d’un « choc de précarisation »), faisant croire que le FN était sur la même ligne que la CGT !

 

Pourtant à y regarder de plus près la réalité est bien différente, en témoigne ce passage d’un de leur communiqué (19 février 2016) : « Le projet de loi El Khomri sur le droit du travail ne réglera en rien les difficultés économiques des TPE et des PME, une nouvelle fois grandes oubliées de cette réforme ». Le masque tombe. Ce qui intéresse le FN, ce ne sont pas les ouvriers et les travailleurs, mais les petits entrepreneurs, artisans et commerçants qui constituent la base sociale de ses militants et de ses plus fervents soutiens. Dans leur logique, seules les grandes entreprises pourront appliquer la dérégulation du code de travail et obtenir un avantage concurrentiel énorme sur les petites et moyennes entreprises. Ce n’est donc pas la casse sociale que dénonce le front national, mais seulement que toutes les entreprises n’aient pas les mêmes facilités à détricoter le droit du travail !

 

On pourrait rétorquer que cette argumentation ne tient pas une seule minute face à l’examen de la réalité sociale. C’est au contraire dans les grandes entreprises, là où subsistent des bastions syndicaux (même gangrénés par le réformisme), que les salariés peuvent encore conserver certains de leurs acquis sociaux. A l’inverse c’est dans les TPE et PME, là où la représentation syndicale est quasi nulle ou étouffée, que les salariés subiront les diktats de leurs employeurs.

 

De plus le FN profite de cette loi pour une fois encore marteler son discours nauséabond et délétère sur l’Islam. Il s’indigne de « l’incroyable blanc-seing que donne le projet de loi aux revendications religieuses et communautaristes ». Encore du venin distillé chez les travailleurs pour les diviser et bien sûr stigmatiser ceux issus de l’immigration et de confession musulmane alors que pour lutter contre la loi Khomri, les travailleurs ont besoin de l’unité la plus large. Dans la réalité la loi travail ne change absolument rien dans ce domaine et un débat sur la « laïcité en péril » est caduque et hors sujet puisque le principe de laïcité ne s’applique pas aux entreprises privées.

 

Le Front national confirme donc qu’il est un parti nuisible à la classe ouvrière (de plus où sont passés ces opposants ? Le FN était-il en tête de cortège lors des manifestations ?), réactionnaire et xénophobe, représentant des intérêts de la bourgeoisie française et du capital.

 

LA MOBILISATION DU 9 MARS EST UN SUCCÈS: CONTINUONS A NOUS MOBILISER JUSQU’AU RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

Mercredi 9 mars, les travailleurs, les jeunes, les retraités ont été plus de 500 000 à se mobiliser partout en France. Il s’agit d’un véritable succès pour une première mobilisation. Comptabiliser seulement 27 000 manifestants à Paris est une tentative pour le gouvernement de nier l’ampleur de la mobilisation. Il y a eu plus de manifestants le 9 mars que lors de la première manifestation anti-CPE de 2006. C’est aussi un véritable succès car elle se produit alors que le Parti socialiste est au pouvoir. De plus, cette mobilisation est d’autant plus importante que l’état d’urgence est toujours en vigueur.

Le succès de cette journée a reposé sur plusieurs points :

  • La mobilisation et l’unité des travailleurs à la base de la CGT, de FO, de SOLIDAIRES, la présence de militants de la CFDT qui ont bravé l’interdiction de leur centrale syndicale. Cette unité des travailleurs à la base doit être encouragée dans toutes nos interventions. L’unité syndicale pour le retrait du projet de loi est en train de se réaliser à la base. Il ne faut pas chercher l’unité syndicale dans les réunions des centrales syndicales mais dans les actions concrètes des travailleurs.
  • La mobilisation unitaire des travailleurs du secteur privé et public. Malgré les tentatives des médias et du gouvernement de diviser les travailleurs selon leur statut (salarié du public ou du privé), cette mobilisation a montré une forte convergence entre les salariés du public et du privé. Les grévistes de la SNCF étaient présents aux côtés des condamnés de Goodyear.
  • La jonction entre les jeunes, lycéens et étudiants, et les travailleurs. Cette jonction obtenue dès le début du mouvement permet de faire poids contre le gouvernement. Justement, le gouvernement craint cette unité entre la jeunesse et les travailleurs et s’emploie à tout faire pour la détruire. C’est pour cela qu’il a tenté de recevoir, heureusement sans succès, les organisations de jeunesse. Le ROCML incite à renforcer cette unité en incitant les jeunes à se rendre dans les rassemblements de travailleurs, sur les lieux de travail où il existe des luttes. De l’autre côté, il incite les travailleurs à se rendre dans les Assemblées générales de la jeunesse (les lycées, les universités) pour prendre la parole. Les étudiants doivent ouvrir les universités au monde du travail.
  • La lutte des Air France, la solidarité avec les Goodyear a donné à la classe ouvrière un élan de confiance et de combativité pour mener cette lutte. D’ailleurs, les liens réalisés entre cette mobilisation et la lutte des Air France, des Goodyear est très positive.
  • La loi El Khomri est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase car il y a un mécontentement profond dans la société. Cette mobilisation peut devenir un mouvement populaire puissant qui peut basculer à des revendications plus larges et politiques. C’est aussi ce que craint le gouvernement.
  • Le ROCML a joué un rôle là où ses militants ont du poids. Ils ont montré que la détermination dans la lutte peut permettre le passage à des formes de luttes supérieures : dénonciation de ceux qui sont au pouvoir. Ils ont agi pour   transformer les manifestations de simple mobilisation contre le projet de loi, en manifestations politiques contre le gouvernement et le parti responsable de cette situation.

Après cette mobilisation, le mouvement contre la loi El Khomri doit se poursuivre en rejetant les pièges que lui tendent les ministres du gouvernement. On ne peut pas négocier l’arme avec laquelle le patronat va nous exploiter davantage !

 

 

Si nous voulons obtenir le retrait de la loi El Khomri, il faut rester déterminés à poursuivre la lutte jusqu’au retrait. La détermination est ce qui peut manquer à certaines organisations. La mobilisation doit donc s’amplifier dans les différentes journées prévues : le 17 mars, le 22, le 24 (date de la présentation du projet de loi), le 31 bien sûr. Les formes de lutte doivent continuer à s’élever (des manifestations de rue aux occupations des entreprises, au blocage du pays) : nous devons faire plier ce gouvernement. Pour cela il n’y a pas d’autre choix que la lutte.

 

POURSUIVONS ET AMPLIFIONS LA MOBILISATION !

 

RETRAIT DU PROJET DE LOI EL KHOMRI !

 

RETRAIT DES LOIS RABSAMEN, ANI, MACRON !

 

STOP A L’ÉTAT D’URGENCE !

AIR FRANCE APPEL DU ROCML CLASSE CONTRE CLASSE HALTE A LA REPRESSION DU CAPITAL CONTRE LE TRAVAIL !

Camarade ouvrier, camarade travailleur exploité,

Six travailleurs d’AIR FRANCE ont été arrêtés ce 12 Octobre chez eux, à six heures du matin, comme des criminels ! Cinq d’entre eux, sont accusés de violence aggravée pour avoir viré du siège d’AIR FRANCE des cadres supérieurs (et déchiré la chemise de deux d’entre eux), venus annoncer au Comité Central d’Entreprise 2900 suppressions d’emplois. Ces travailleurs risquent plusieurs années d’emprisonnement, des amendes de plusieurs dizaines de milliers d’euros, et seront « marqués à l’encre rouge » pour longtemps.

Le ROCML,

  • Juge les 2900 licenciements comme la première violence collective infligée par la direction capitaliste d’AIR FRANCE aux travailleurs de la Compagnie. Dans leur action, les travailleurs poursuivis et l’ensemble des manifestants n’ont fait que répliquer à cette violence sociale, en état de légitime défense. Le ROCML les soutient sans réserve et sans condition !
  • Dénonce et condamne la procédure judiciaire répressive comme une vengeance de classe du patronat, de l’Etat et des partis directement liés au capital, du PS au FN, à l’encontre de travailleurs qui ont osé refuser le diktat du capital et transgresser les bonnes manières syndicalement correctes. Clairement, la bourgeoisie veut faire un exemple. Elle veut faire peur en matant les travailleurs les plus combatifs parce qu’elle sait que d’autres explosions vont éclater.

Camarade ouvrier, camarade travailleur exploité, IL NE FAUT PAS LES LAISSER FAIRE !

Les travailleurs d’AIR FRANCE traînés devant les tribunaux bourgeois sont nos frères de classe. En luttant pour leur emploi, ils luttent pour tous les travailleurs guettés par les licenciements et le chômage.  Chacun d’entre nous pourrait être à leur place.

Le ROCML appelle tous les travailleurs à manifester par tous les moyens leur solidarité de classe avec les accusés d’AIR FRANCE. Il les appelle à participer aux manifestations, à signer les pétitions, à prendre les initiatives nécessaires dans les entreprises et les chantiers, dans les syndicats, les Unions Locales.

AUCUN TRAVAILLEUR D’AIR FRANCE NE DOIT ÊTRE CONDAMNE OU SANCTIONNE !

C’EST LE CAPITALISME DESTRUCTEUR QU’IL FAUT CONDAMNER ET SANCTIONNER !

METTONS EN ACTION LA GLORIEUSE DEVISE DE LA CLASSE OUVRIERE :

UN POUR TOUS, TOUS POUR UN !

RASSEMBLEMENT ORGANISE DES COMMUNISTES MARXISTES LENINISTES

Paris, le 14 octobre 2015

 

 

Un Boulevard pour un marchand d’armes !

Coup de gueule  d’un travailleur sur l’arrogance d’un bourgeois !

Un Boulevard pour un marchand d’armes !

 

Dans la catégorie « faits divers nauséabonds », il en est un qui a retenu particulièrement notre attention. A Corbeil Essonnes, ville de la région parisienne qui fût longtemps un fief du PCF, il y eut un maire qui ne passa pas inaperçu : Serge Dassault. Il est la quatrième fortune française et fût le maire de cette ville de 1995 à 2009. Ce multirécidiviste dans les affaires de corruption et de financement illégal en tout genre fût  le directeur du Groupe Dassault mais aussi, entre autres, du journal Le Figaro.  C’est à ce hideux personnage que veut « rendre hommage » l’actuel maire UMP de Corbeil Essonnes, complice frauduleux de Dassault, en rebaptisant l’artère de la ville le Boulevard Jean Jaurès en Boulevard Serge Dassault.

Loin d’être une plaisanterie, ce fait divers témoigne de la grossièreté de technocrates bourgeois qui viennent rendre hommage à un marchand d’armes de son vivant ! Sans faire l’éloge de Jean Jaurès, le grand écart qui existe entre les deux personnages est néanmoins éléphantesque ! Ainsi, on  substitue au fondateur du journal L’Humanité le propriétaire du Figaro, on remplace un célèbre militant de la paix à l’un des plus gros industriels de l’armement français qui fournit aux quatre coins de la Terre ses avions de chasse à tous les belliqueux qui veulent bien les acheter.

Malheureusement, nous n’aurons pas la chance d’apercevoir tous les tenants de l’anticommunisme parler ici du culte de la personnalité… Non car, face à Staline, se dresse Dassault « un homme respectable qui a tant donné à la France »[1] !

Bourgeois, ne soyez ni étonnés ni apeurés si au lendemain de la révolution, nous autres les communistes, gommons des rues, des boulevards et des usines, tous les noms de vos illustres exploiteurs pour y graver le nom des ouvriers !

[1] Afin de prouver son « humanité » voici quelques citations de cet illustre personnage : « L’ISF est une catastrophe qui a fait fuir des milliers d’industriels» ; « Ces 35 heures, c’est le cancer de la France, ça a cassé l’industrie.”; “Les Chinois ils travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font de bons produits pas chers »