Discours du comité ni guerre ni état de guerre de Pau contre l’OTAN

Les camarades de la cellule de Pau du ROCML étaient présents pour le comité palois ni guerre ni état de guerre afin de dénoncer le sommet de l’OTAN à Bruxelles.

 

Merci à tous d’être venus à l’appel du comité antiguerre de Pau.

Dénoncer les guerres, les préparatifs des grandes puissances à la guerre est pour nous une tâche difficile mais aussi essentielle.

Difficile car dans le climat d’offensive idéologique actuel, mobiliser contre les préparatifs de guerres, c’est aller à contre-courant de l’opinion majoritaire.

Essentiel car pour nous, l’engrenage à la guerre, dont l’OTAN est un des principaux responsable doit être combattu. Il nous faut refuser de livrer des peuples de tous les continents à des guerres dont les seuls buts sont de préserver l’ordre politique, économique et social des grandes puissances qui composent l’OTAN.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, alors que débute le Sommet de l’OTAN à Bruxelles, nous nous mobilisons pour dire non à la guerre, pour défendre la paix, la liberté et la démocratie des peuples.

Qu’est-ce que l’OTAN ?

L’OTAN est née en 1949 autour des Etats-Unis, de l’Angleterre et de la France afin de conserver les intérêts politiques et économiques des impérialismes occidentaux. L’OTAN est née de la volonté de contrer l’influence communiste mais aussi de maintenir partout dans le monde les intérêts des grandes puissances occidentales.

L’OTAN est une organisation politique et militaire qui regroupe des délégations politiques des pays membres et un état-major militaire qui organise les interventions militaires. C’est une alliance militaire d’Etats. C’est-à-dire que lorsque l’OTAN intervient, c’est parce que ces Etats membres, la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis l’ont décidé.

L’OTAN est une organisation illégale du point de vue du droit international fixé par l’Organisation des Nations-Unies. L’OTAN a semé un champs de ruine dans de nombreux pays en contrevenant systématiquement au droit international, fixé pourtant par les Etats de ce monde.

Pourquoi nous combattons l’OTAN ?

 

L’OTAN est l’organisation d’avant-garde des grandes puissances occidentales. C’est elle qui participe à fomenter des guerres aux quatre coins du monde. Elle alimente la haine et la guerre entre les peuples et ne règle aucun problème.

L’OTAN a été de toutes les guerres depuis les années 90 : en ex-Yougoslavie, au KOSOVO…

Rappelez-vous, l’OTAN a participé à intervenir en 2003 en Irak pour soit disant combattre le terrorisme. Pour quels résultats ?

Plus de 500 000 morts. Un pays déstabilisé, ruiné, un peuple qui manque des besoins humains vitaux. Voilà le résultat de 13 années de guerre en IRAK dominé par l’OTAN.

D’après un article du Point, le risque de mort est trois fois plus élevé aujourd’hui qu’avant 2003. 40 % des morts d’Irak l’ont été à cause des conséquences sanitaires et du manque de nourriture.

Un chercheur du CNRS, monsieur Luizard estime que « l’administration s’est effondrée à la suite de l’intervention américaine, l’économie est en proie à la corruption et au népotisme ».

Rappelez-vous, l’OTAN et l’intervention US en Irak devait amener la paix, la prospérité et la démocratie. Les faits sont là. L’OTAN a semé la mort, amené des champs de ruine et créé un terreau qui alimente le fascisme islamiste de DAESH et des autres groupes en Irak et en Syrie.

On pourrait croire que l’intervention en IRAK est une exception. Eh bien non ! En 2011, sous la direction de SARKOZY et de la France, l’OTAN est intervenue en Libye pour déloger Kadhafi. Rappelez-vous, il y avait soit disant une révolution là-bas. Bilan de l’intervention : 12 à 15 000 morts.  Et qu’est-ce que cela a apporté mis à part une guerre civile et le chaos depuis 6 années. Le rapport d’une mission d’information à l’Assemblée Nationale estimait qu’en 2015, « la transition politique est en train de dégénérer en conflit civil », là aussi le mouvement islamiste fasciste commençait à s’implanter.

L’OTAN depuis 2011 jusqu’à aujourd’hui pousse aussi à intervenir en Syrie pour déloger Bachar El Assad. Ce sont les puissances membres de l’OTAN qui ont transformé le conflit national syrien en un conflit régional. Ce sont ces mêmes puissances qui ont armé les forces les plus obscurantistes et réactionnaires, les forces islamistes comme Al Nosra, proche d’Al Qaïda. Cette semaine, Trump a accusé l’IRAN de développer les guerres au Moyen Orient,  « L’Iran ne doit jamais posséder une arme nucléaire – jamais – et il doit cesser le financement, l’entraînement et l’équipement meurtriers de terroristes et de milices ».

Monsieur Trump a dit cela depuis Israël, un pays qui dispose de l’arme nucléaire et qui dispose d’un équipement meurtrier qu’il teste depuis plus de 50 ans sur le peuple palestinien.

Monsieur Trump dit cela alors qu’il vient de signer de juteux contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite qui elle soutient depuis des décennies des groupes islamistes comme Al Qaida, Daesh ou encore Al Nosra. La France a d’ailleurs fait de même. Elle dit combattre le terrorisme mais en même temps vend ses armes au Qatar et à l’Arabie Saoudite.

Ce sont ces pays qui ont des responsabilités dans le développement du fascisme islamiste dans le monde. Ces dirigeants devraient rendre des comptes.

Que ce soit en Irak, en Syrie ou en Libye, l’OTAN n’a pas combattu le fascisme islamiste ni amené la paix et la démocratie aux peuples. Au contraire l’OTAN a amené la guerre civile, le chaos et créé le terreau à la prospérité de ces groupes fascistes islamistes.

Mais quels sont les véritables buts de l’OTAN ?

Comme l’a révélé une note d’un conseiller d’Hilary Clinton, l’OTAN est intervenue en Libye parce que « le locataire de l’Elysée, [le président Sarkozy] voulait déloger Mouammar Kadhafi pour gagner des parts de marché pétrolier, accroître son influence régionale, renforcer l’armée française, faire barrage aux ambitions libyennes et, las but not least, renforcer son prestige politique à un an de l’élection présidentielle».

Conquérir les sources de matières premières, dominer des territoires stratégiques pour les grands groupes multinationaux, voilà les buts réels des guerres fomentées par l’OTAN. On comprend maintenant pourquoi la paix et la démocratie ne se sont jamais installées dans les pays où l’OTAN intervient. La défense de la démocratie et des droits de l’Homme cher au porte-parole médiatique de l’OTAN, BHL sont un enrobage idéologique pour justifier les interventions. Cependant les vraies raisons sont à chercher ailleurs !

L’OTAN a donc pour but de dominer la zone d’influence de ses pays membres. C’est pour cela que depuis quelques temps, elle tente d’effrayer ses concurrents russes et chinois.

En 2016, le sommet de l’OTAN s’était tenu en Pologne et des manœuvres militaires hors normes avaient lieu là-bas et dans les pays baltes. Cela ne fait aucun doute que c’est la Russie qui était visée par de tels exercices militaires. En déployant des troupes et des armements aux frontières russes et en installant un système de défense anti-missile, l’OTAN aggrave les tensions avec la Russie et empêche la construction de relations pacifiques.

De sommet en sommet, l’OTAN participe à militariser la planète. Les 28 Etats membres de l’OTAN sont appelés à augmenter leur budget militaire jusqu’à 2% de leur PIB mais également utiliser 20% de leur budget de défense à des équipements militaires (navires de guerre, avions de combat, drones, bombes, technologie). Le tout-puissant lobby de l’armement se frotte les mains d’avance. Le nouveau président Macron défend cette militarisation du monde entier.

Le sommet de l’OTAN, qui se tient en ce moment dans les nouveaux bâtiments du siège de l’Alliance atlantique à Bruxelles doit être le moment d’une prise de conscience de la population sur les dangers réels d’une nouvelle guerre !

Les peuples aspirent à vivre en paix, à travailler non pour faire la guerre, mais pour répondre à leurs besoins vitaux, matériels, culturels, et intellectuels. L’OTAN va dans le sens contraire de ces besoins. Alors que les budgets de la santé, de l’éducation, de la culture subissent l’austérité, le budget de la défense va augmenter afin d’alimenter des guerres sans fin sur tous les continents de ce monde.

Nous ne voulons pas de la militarisation de l’UE ni d’une superpuissance européenne ! L’OTAN est la machine de guerre la plus agressive du monde et nous avons besoin, de toute urgence, de paix et de développement durable.

C’est à nous, travailleurs, citoyens, peuples du monde entier de nous mobiliser pour la paix et contre la guerre. Lorsque les peuples lèvent pour la paix, les fauteurs de guerre perdent toujours, l’exemple de l’Algérie, du Viet Nam l’a montré.

Faisons pression sur nos gouvernements pour investir dans le bien-être social, pas dans la guerre !

Nous demandons clairement à nos gouvernements : nous devons quitter l’OTAN et elle doit être dissoute !

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Non à l’OTAN, non à la guerre

Pour écrire au collectif français
« Non à l’OTAN, non à la guerre » :
otan_non@orange.fr

Rappelons d’abord que l’OTAN a été créée en 1949 et le pacte de Varsovie en 1955. Cette organisation a dans ses objectifs la conservation des intérêts politiques et économiques des pays capitalistes occidentaux, son objectif essentiel étant militaire. À ce titre il contrevient aux termes de la Charte des Nations Unies qui réserve au seul Conseil de Sécurité le recours à la force dans les relations internationales. Tout aussi illégale, et pour les mêmes raisons, pourrait être une Europe de la Défense.

Les dépenses militaires des pays de l’Otan

En août 2007, le nouvellement élu Président N. Sarkozy annonçait devant le Congrès étasunien le retour de la France dans les organes du commandement intégré de l’OTAN et en 2008, il décidait le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. Il s’engageait par la même occasion à renforcer les liens entre l’UE et l’OTAN.

C’est dans ce contexte que le collectif « OTAN-Afghanistan, non à la guerre, non à l’OTAN ; paix – liberté – démocratie » s’est constitué en 2008 pour mobiliser l’opinion publique et sensibiliser les forces sociales et politiques sur les dangers de cette politique. Composé d’environ cinquante organisations, ce collectif a participé à la mobilisation internationale  lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg et Kehl (Allemagne) en avril 2009. Il fait partie de la coalition internationale « No to War, No to NATO » qui a organisé les contre-sommets de l’OTAN de Lisbonne, Cardiff et Varsovie.

Le Président F. Hollande a suivi la même orientation que son prédécesseur en matière de participation aux opérations militaires de l’OTAN, de soutien à sa stratégie de la tension en Europe et d’augmentation des budgets consacrés à l’armement et aux guerres. L’objectif de consacrer 2% du PIB à ce budget, sans cesse répété et exigé par les dirigeants de l’OTAN, est programmé pour la France. Cela représenterait une augmentation de 30% du budget de la Défense au moment où les budgets sociaux sont à la baisse, que la pauvreté s’étend et que les inégalités se creusent.

Si pour l’essentiel les troupes françaises engagées en Afghanistan ont été retirées, le nombre des OPEX, « opérations extérieures », n’a cessé d’augmenter, aussi bien en Afrique qu’au Moyen Orient.

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Les forces de l’OTAN

L’échec de l’intervention internationale en Afghanistan est patent, ce pays en sort ravagé, dévasté et divisé. Il en est de même de tous les pays dans lesquels l’OTAN est intervenue, directement ou indirectement. La volonté de l’OTAN de se déployer en Afrique et de développer des « partenariats », partout dans le monde, contribue à la montée des tensions et des dangers de guerre.

La « guerre contre le terrorisme » est une des justifications de la poursuite de cette politique, elle s’accompagne du soutien aux régimes réactionnaires du Moyen Orient qui l’utilisent pour asseoir leur statut de puissances régionales. Toutes les guerres menées sous cette bannière ont échoué et elles n’ont fait que créer les conditions pour le développement des groupes qui se réclament d’un  « Islam radical ».

Les bombardements font des milliers de victimes civiles et poussent des dizaines de milliers de personnes sur les routes de l’exil, ces réfugiés qui se heurtent aux murs et aux barbelés, aux patrouilles navales de l’OTAN qui croisent en Méditerranée. Celle-ci a l’impudence de prétendre aider ces migrants, alors qu’elle ne fait que dresser une barrière supplémentaire.

À cela, s’ajoute aujourd’hui en Europe même, une politique de tension et de provocations constantes à l’égard de la Russie.

Les pays membres de l’OTAN

Pour preuves, le déploiement du « bouclier anti missile » sous le contrôle exclusif des dirigeants étasuniens, l’envoi de troupes internationales « tournantes », toujours plus nombreuses, au plus près des frontières de la Russie, la relance de la politique de la terreur nucléaire.
L’emploi de bombes atomiques est de plus en plus considéré comme une « option possible » au mépris du caractère criminel de cette arme, tel que rappelé par la résolution de 1961 de l’A.G. de l’ONU. C’est le retour à l’antagonisme entre blocs qui pourrait faire de l’Europe le premier terrain d’affrontement. La Pologne a accueilli en 2016 les manœuvres militaires les plus importantes en Europe depuis 50 ans.

Dans ce contexte dangereux et grave pour tous les peuples, il est important que les forces démocratiques, les forces qui luttent pour la paix entre les peuples, contre les guerres de redistribution des espaces réservés entre les grandes puissances, pour la solidarité internationale, agissent ensemble, fassent entendre ce cri de ralliement « non à l’OTAN, non à la guerre », pour y gagner le plus grand nombre.

Plateforme d’action

Tirant le bilan de ces années de travail, des mobilisations qu’il a permis de développer, des liens qui se sont tissés en France et au niveau international, et surtout, devant les défis qui nous sont lancés par la politique de guerre, par la militarisation des relations internationales, par l’explosion des ventes d’armes, nous proposons à toutes les organisations qui ont participé au collectif « OTAN-Afghanistan », et à toutes celles qui sont intéressées par ce combat, de continuer et d’amplifier la mobilisation.

  • Le collectif propose de s’appeler dorénavant le Collectif « Non à l’OTAN, Non à la guerre » ;
  • Nous proposons qu’il se fixe comme objectif de mener un travail sur les thèmes suivants, qui peuvent constituer le corps de sa plate-forme :
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      L’OTAN, de 1949 à 2006…

      Faire grandir l’opposition à l’appartenance de la France à l’OTAN, sous le mot d’ordre : « que la France sorte de l’OTAN et qu’avec nos partenaires internationaux, tous se mobilisent pour la dissolution de cette organisation de mort » ;

    • Mener un travail d’information, d’explication et de mobilisation sur le thème : « non au budget de guerre » et, immédiatement, contre son augmentation de 30 % que le Gouvernement français annonce ;
    • Dénoncer les guerres par procuration et exiger l’arrêt effectif et contrôlé des ventes d’armes aux États, aux groupes armés et aux régimes qui les utilisent contre leur peuple et/ou pour faire la guerre aux autres peuples ;
    • Mener un travail d’explication sur les dangers de la militarisation de l’économie, qui engloutit des sommes considérables d’argent public au détriment de la satisfaction des besoins sociaux, de l’éducation et de la santé ;
    • Dénoncer la relance de la politique en matière d’armement nucléaire qui ne fait que développer l’insécurité ;
    • Militer pour le retrait des troupes françaises des terrains de guerre, pour le retrait des troupes françaises d’Afrique et la fermeture des bases militaires qui servent aussi à l’OTAN.

Et dans les mois qui viennent, créer les conditions d’une mobilisation populaire extrêmement forte pour la tenue du contre-sommet de l’OTAN qui est prévu en mai 2017, à Bruxelles.

Paris, le 17 octobre 2016


Les membres du Collectif :

Américains contre la guerre (AAW) – Anciens Appelés en Algérie et leurs amis contre la Guerre (4ACG) – Abolition Armes Nucléaires – Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) – Maison de Vigilance – Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) – Collectif Faty Koumba: Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence – Conseil Démocratique Kurde de France (CDK-F) – Droit Solidarité – Enseignants pour la Paix (EPP) – EELV – Femmes Égalité – Femmes Solidaires – Iraniens contre la guerre – Le Mouvement de la Paix – Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) – Mouvement de l’Objection de Conscience, MOC Nancy – Mouvement de la jeunesse communiste de France (MJCF) – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) – Collectif Ni Guerre ni État de Guerre – Parti de la Démondialisation (ParDem) – Parti communiste français (PCF) – Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) – Sortir du colonialisme – UD CGT 75 – Union pacifiste de France (UPF) – Union Syndicale Solidaires.