ON LUTTERA JUSQU’AU BOUT

Tract ROCML pour le 31 mars: Version PDF ICI

 

Depuis le 9 mars et malgré les tentatives du gouvernement pour freiner la mobilisation, les travailleuses et les travailleurs, les jeunes, poursuivent leur lutte pour le retrait de la loi El Khomri. Cette loi est la goutte d’eau qui fait déborder le vase du mécontentement des travailleurs. Alors que les lois Macron et Rebsamen ont eu pour but de casser l’organisation de classe des travailleurs en s’attaquant aux droits syndicaux (diminution des heures de délégation et formations syndicales), la loi El Khomri est la tentative de briser l’unité d’action des travailleurs en transformant le code du travail unique, national en un code propre à chaque branche ou entreprise. Si cette dernière était adoptée, il serait très difficile ensuite de résister aux autres offensives du capital. Il est donc nécessaire de mettre toutes nos forces et notre détermination dans cette bataille pour que ce projet néfaste échoue.

Il ne s’agit pas de négocier le poids de nos chaines ou encore de demander au gouvernement un autre projet. Non ! 4 années de gouvernement PS ont démontré que rien de positif ne pouvait venir pour les travailleurs. Hollande, Valls, El Khomri sont les porte-paroles, les représentants politiques du capital, du MEDEF ! Cette loi n’est pas un accident. Elle est la continuité logique de tout ce qui a été mis en place avant : cadeaux fiscaux au patronat (CICE, pacte de responsabilité…) et attaques contre la condition des travailleurs (réforme retraite, loi Macron, ANI…).

Les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et leurs organisations de classe. Ce ne sont pas les gouvernements, de droite ou de gauche, acquis au MEDEF qui vont défendre leurs intérêts. Il n’y a plus rien à attendre d’eux, de leurs partis et des organisations qui leur sont liées. Posons-nous la question : depuis 1981, qu’est-ce que la classe ouvrière a gagné ou perdu grâce aux différents partis bourgeois (droite, PS, « gauche plurielle ») ? Ce que hier des gouvernements avaient accordé, ils le reprennent aujourd’hui. Sous le capitalisme, rien n’est jamais acquis pour les travailleurs, qu’importe que l’on soit au XIXème ou au XXIème siècle. Seul le profit compte pour la bourgeoisie.

La classe ouvrière lutte de manière continue contre les attaques du patronat. Mais, a-t-elle obtenu des succès dans ses luttes ? Est-ce utile de lutter contre le gouvernement ? Oui c’est nécessaire car tous les acquis que nous connaissons dans la société capitaliste ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été gagnés dans des luttes (1936-45-68). Récemment, la lutte a prouvé qu’il était possible de vaincre, ou de stopper les offensives du patronat. En 1995, le mouvement de grève a fait échec au Plan Juppé, en 2006, les travailleurs et les jeunes ont permis le retrait du CPE. Partout, des luttes sont gagnées localement, des syndicats résistent dans la durée. Seule la lutte paie et peut permettre le retrait du projet de loi Travail.

        La détermination pour lutter dans la durée, l’organisation de la lutte à la base dans des comités locaux (dans l’entreprise ou dans les comités Goodyear) mais aussi nationalement avec comme mot d’ordre commun le retrait de la « loi Konerie », l’utilisation de formes de luttes nouvelles, plus combattives (jonction étudiants/travailleur, la grève reconductible, blocages économique et d’autres à créer) peuvent pousser le gouvernement à céder sur son projet. La jonction entre les travailleurs/travailleuses et les jeunes était aussi une étape nécessaire et incontournable.

        La mobilisation du 31 mars doit être un succès. Ce n’est qu’un début dans cette vaste mobilisation qui doit réclamer le retrait de toutes les lois anti-ouvrières prises depuis des années contre les travailleurs. Cette perspective anticapitaliste est la seule valable pour contrer l’offensive du capital, porter les intérêts des travailleurs. La lutte politique ne doit pas être laissée aux partis bourgeois et aux réformistes-traîtres. Les travailleurs doivent construire leur propre politique, indépendante, de classe. C’est pour cela que le débat et la lutte qui traversent le mouvement doit être élargit à l’ensemble des problèmes de la société.

        La lutte contre la loi travail fait peur au pouvoir bourgeois. Lorsque la bête est blessée, elle devient violente ! C’est pour cette raison qu’elle s’en prend aux jeunes. Rien ne doit nous faire céder. Les forces pour vaincre existent dans notre camp.

  • LUTTONS JUSQU’AU RETRAIT DE LA REFORME EL KHMORI !
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  • RETRAIT DE TOUTES LES LOIS ANTI-OUVRIERES : MACRON, RABSAMEN, ANI, RETRAITES…
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  • EXPRIMONS NOTRE SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS REPRIMES PAR L’ETAT, LES AIR FRANCE, LES GOODYEAR…
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  • SOLIDARITE AVEC LES ETUDIANTS ET LYCEENS VICTIMES DE LA REPRESSION.  

 

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  • STOP A L’ETAT D’URGENCE UTILISE POUR MATER LA MOBILISATION !

L’ESSOR DU MOUVEMENT OUVRIER EN CHINE

Le nombre de mouvements sociaux a quasiment doublé en un an. Avec les fermetures d’usines et les relocalisations en réponse à une hausse des salaires, de nombreux travailleurs se retrouvent avec des mois de salaires impayés.

Effervescence dans le monde ouvrier en Chine. Entre janvier et novembre, on dénombre 2.354 grèves ou mouvement de protestations de travailleurs. Elles ont quasiment doublé comparativement à celles recensées en 2014 (1.207), a indiqué le China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong Kong.

Et novembre a été le mois le plus agité, assure l’ONG. Durant cette période, 301 grèves et incidents ont été dénombrés. Plus qu’en janvier, alors que traditionnellement, ce mois précédant le nouvel an chinois. connait un pic traditionnellement, note le China Labour Bulletin. Dans le détail, le mois dernier, les secteurs où les mouvements de travailleurs ont été les plus nombreux sont la construction avec 133 mouvements observés, devant l’industrie manufacturière (91).

Source : Reuters

Grève dans une usine de Fuzhou

Plusieurs milliers de travailleurs se sont mis en grève pour protester contre la décision du groupe Qing Lu Group , entreprise de Taïwan,  de résilier les contrats de travail et diminuer les salaires.

Le groupe Qing Gushan  fondé en 1969 à Taïwan est sépcialisé dans la sous-traitance pour les groupes Adidas, FootJoy, Mizuno, Nike,  Reebook, etc, et possède plusieurs usines en Chine continentale. C’est la 2eme plus grande entreprise du monde de fabrication de chaussures.

Chengdu

Le patron de l’usine de chaussures ne verse plus les salaires depuis 3 mois. AG, Grève et manifestations pour le versement des salaires.

CONSTRUIRE L’UNITE DES TRAVAILLEURS DANS LA LUTTE DE CLASSE

ROCML – Editorial VDC n°12

CONSTRUIRE L’UNITE DES TRAVAILLEURS

DANS LA LUTTE DE CLASSE

 

Le début de l’année 2015 a été marqué par des attaques terroristes meurtrières les 8 et 9 janvier à Paris, contre la rédaction de CHARLIE HEBDO et une épicerie cacher. La condamnation de ces actes a été générale et l’émotion et la réprobation collective fut immédiatement mise à profit par le pouvoir politique pour lancer et développer une campagne politique et idéologique massive, relayée en boucle et amplifiée par les médias, autour des concepts de république, des valeurs de la république, de la démocratie, des libertés, de l’ordre public, du soutien aux forces de police et de l’armée.

         Le message martelé par les chefs du gouvernement et l’ensemble des partis politiques de gauche, de droite et d’extrême droite était celui-ci : face à un ennemi terroriste intérieur, lié aux réseaux islamistes les plus radicaux agissant dans le monde entier, la NATION, c’est-à-dire l’ensemble des français, toutes classes, toutes catégories sociales, de toutes origines et de toutes opinions philosophiques confondues doivent oublier leurs conflits et faire bloc autour de l’Etat en place censé représenter l’intérêt et la volonté collective.

         La manifestation parisienne du 11 janvier autour du mot d’ordre JE SUIS CHARLIE fut le point culminant de cette entreprise réussie de récupération politique et idéologique. Il n’y manqua même pas la participation internationale au travers du cortège éclectique des chefs d’Etat étrangers ou de leurs représentants groupés autour de François Hollande en signe de soutien (ou d’allégeance).

QUELS SONT LES BUTS DE CETTE CAMPAGNE ORCHESTREE MAGISTRALEMENT AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ETAT

Il y a bien sûr le profit politique immédiat tiré par un gouvernement Hollande-Valls en difficulté.

Décrédibilisé par la non tenue de ses promesses électorales dont la fameuse inversion de la courbe du chômage avant le 31 décembre 2013, au plus bas dans les sondages, Hollande avait bien besoin de rehausser sa cote de popularité en apparaissant comme l’homme de la situation, le garant de l’Etat, celui autour de qui on se rassemble en cas de catastrophe nationale.

Les tueries de Paris lui auront fourni une aide providentielle. Mieux, il aura rangé derrière lui l’ensemble des partis bourgeois de droite, de gauche ou d’extrême droite, dans son rôle efficace de gardien de l’Etat. Opération réussie.

Mais, ce succès ponctuel de politique politicienne à court terme n’est pas l’essentiel.

La crise se prolonge et s’approfondit, sans perspective de sortie en vue. La dégradation de la situation économique et sociale, les lois anti-ouvrières et anti-populaires prises par le gouvernement laissent prévoir des luttes de plus en plus radicales et des remises en cause des règles de l’ordre bourgeois. Le pouvoir le sait et fourbit ses armes.

En même temps, le pouvoir politique d’Etat est toujours prêt à se lancer dans de nouvelles aventures militaires pour défendre les monopoles français à l’étranger, dont le coût va retomber sur les contribuables, c’est-à-dire les couches supérieures de la classe ouvrière, la petite et moyenne bourgeoisie. La base politique du gouvernement risque donc de s’effriter.

Dans la perspective de désordres sociaux et politiques, l’idéologie de l’unité nationale fournira les principaux arguments de propagande des gérants de l’ordre bourgeois. Elle fournira la justification de la répression contre ceux qui remettent en cause cet ordre.

         Au nom de l’unité nationale, des prétendues valeurs de la république bourgeoise, des libertés et de l’ordre public, de la sécurité intérieure et extérieure de la « France », ce gouvernement « de gauche » entreprend, mieux que ne l’aurait fait un gouvernement de droite, de formater les esprits pour casser les reins aux luttes ouvrières qui « divisent la « nation », pour isoler les ouvriers qui ne marchent pas dans les combines du partenariat capital-travail, , qui dénoncent et combattent les cadeaux faits au patronat et les sacrifices imposés aux travailleurs, français ou non, avec ou sans « papiers ».

         Au nom de l’unité nationale et de la sécurité de la « France »,  ce gouvernement formate les esprits pour briser tout mouvement opposé à ses interventions militaires extérieures actuelles et à venir. Dans l’histoire du XXème siècle, les Blum, Moch et Mollet ont montré de quoi les social-démocrates étaient capables dans ce domaine.

Au nom de la sécurité et de l’ordre public, ce gouvernement prépare l’opinion à la mise au pas de la jeunesse et au nettoyage (au karcher ?) des quartiers ghettos.

QUE FAIRE DEVANT CETTE OFFENSIVE IDEOLOGIQUE REACTIONNAIRE DU POUVOIR ?

Partout où ils sont, les communistes doivent expliquer à leurs camarades de travail et aux militants progressistes la nocivité des idées martelées par les médias aux ordres du capital et du pouvoir après les attentats du mois de janvier, en particulier celles de nation et d’unité nationale.

Dans un pays capitaliste impérialiste comme le nôtre, il n’y a pas d’unité nationale possible. Un ouvrier français et un patron français font peut-être partie de la même nation, mais ils n’ont aucun intérêt en commun, ni économique, ni social. En revanche, entre un ouvrier français et un ouvrier d’origine émigrée qui n’a pas la nationalité française, l’unité est possible et nécessaire car ils subissent tous deux la même exploitation. C’est l’unité de classe. C’est celle que les communistes construisent dans l’intérêt de toute la classe. Le drapeau rouge est le drapeau du prolétariat, quelle que soit l’origine de ses membres. Il est le seul à être porté par les prolétaires du monde entier. Le drapeau Bleu Blanc Rouge, lui, est celui de la bourgeoisie française et des conquêtes coloniales. Comment un prolétaire émigré venu d’une ex colonie française pourrait-il adopter ce drapeau ?

Les communistes doivent aussi combattre toutes les autres mystifications sur les valeurs de la république, les libertés, la sécurité, la police, l’armée, dans un Etat bourgeois. Mais nos explications ne pourront progresser que dans la réalité des luttes de notre classe. Toute prise de conscience politique prend en effet ses racines dans le combat concret classe contre classe. Les militants communistes qui agissent dans les syndicats ont un rôle central dans ce combat. Ils doivent y associer les syndicalistes anticapitalistes. C’est ainsi que se construira pas à pas  le Parti Communiste qui fait aujourd’hui défaut à la classe ouvrière.

Le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes

mars 2015