Exploitation et précarité dans la jeunesse populaire

François Hollande avait annoncé de façon péremptoire durant sa campagne en 2012 que la jeunesse serait « la priorité de son quinquennat ». Il est temps de dresser le bilan de ces cinq piteuses années. Le taux de pauvreté des jeunes est de 23% (pour les 18-24 ans) contre 14 % pour l’ensemble de population. Les jeunes sont toujours concernés massivement par les contrats précaires, pour certains enchaînent les stages et forment souvent la variable d’ajustement dans les entreprises (ils sont les premiers licenciés). Bref il ne fait pas bon être « jeune » dans le pays de Hollande….Bien sûr, la jeunesse ne forme pas une classe en soi. Elle est une catégorie sociale de personnes issues ou appartenant à différentes classes sociales. La jeunesse bourgeoise échappe largement à toute précarité comme une grande partie des jeunes issus de familles de cadres ou de professions libérales (médecins par exemple).

C’est la jeunesse issue des milieux populaires qui paye le plus lourd tribut à la précarité, au chômage et à la misère. Elle est généralement exclue de l’accès aux études supérieures, les enfants issus de la classe ouvrière ne représentant que 11% des étudiants alors qu’ils représentent 30% des 18-23 ans. Elle n’a donc peu ou pas accès aux emplois les plus rémunérateurs et est victime d’un système éducatif qui ne fait que reproduire les inégalités sociales. La quasi-totalité des jeunes qui sortent sans diplômes du système scolaire sont souvent des enfants d’ouvriers, d’employés et de chômeurs. Or sans ce précieux sésame il est quasiment impossible d’accéder à un emploi « décent » et cela pousse à accepter n’importe quel contrat alimentaire, les travaux les plus pénibles et précaires, aux cadences infernales. Il y a quelque chose d’insupportable dans ce déterminisme social qui fait que les enfants d’ouvriers sont plus ou moins condamnés à occuper le même emploi que leurs parents ou pire. Les quelques exemples mis en avant dans les médias, les produits de la « méritocratie républicaine » ne sont que supercheries et poudre aux yeux pour masquer la réalité d’un système qui ne jure que par la naissance, la compétition et la sélection.

Il ne faut cependant pas céder à une vision catastrophiste ou alarmiste sur l’état de la jeunesse en France. La jeunesse subit aussi de la part du système capitaliste une forte pression sociale et idéologique. Les médias nous serinent à longueur de journée que le CDI est obsolète, un archaïsme d’un autre âge, que les jeunes doivent se « retrousser les manches », travailler plus que leurs aînés, s’adapter aux nouvelles technologies, à « l’ubérisation » de la société, être plus flexible et maniable. Tous ces discours créent un climat anxiogène qui pousse les jeunes salariés à accepter une régression de leurs droits sociaux et prendre n’importe quel emploi dans n’importe quelle situation. Pour preuve,  la manipulation sur les chiffres du chômage des jeunes artificiellement gonflés. Nous reproduisons ici un extrait de l’Etoile Rouge (journal de la JCML) en date de 2010 qui n’a pas pris une ride :

Dans les discours politiques, un chiffre est souvent brandi de manière trompeuse : un jeune sur 4 serait au chômage. Le taux de chômage des 15-29 ans était, en effet, de 24,2 % au troisième trimestre 2010, contre 9,31 % pour l’ensemble de la population. Quand on dit cela, la supercherie est de ne pas préciser qu’un taux de chômage se relève par rapport aux actifs et non par rapport à une catégorie d’âge.  Ainsi, si l’on amène les chiffres à l’ensemble des jeunes de cet âge, il apparaît que sur 100 jeunes, 8 environ sont au chômage (et non pas un sur 4!). Ce chiffre alarmiste est souvent cité pour tenter de justifier des réformes pour améliorer l’exploitabilité des jeunes prolétaires.

Le chômage, la précarité, la pauvreté ne sont pas des fatalités pour la jeunesse populaire et le prolétariat en général. Ce sont des symptômes d’une maladie qu’on appelle capitalisme ! Seul l’organisation des opprimés et exploités dans des organisations indépendantes de la bourgeoisie pourra faire avancer la lutte pour une société plus juste et égalitaire, débarrassée de l’infâme exploitation de l’homme par l’homme. Cette société nouvelle c’est la société socialiste, comme nos aînés soviétiques (dont nous fêtons cette année le 100e anniversaire de la Révolution d’Octobre) nous l’ont montré. C’est le seul système qui a pu fournir à tous un travail utile pour la société, dans de bonnes conditions et éradiquer la misère.

Jeunes travailleurs, chômeurs et précaires rejoignez la lutte politique révolutionnaire POUR DÉTRUIRE LE CAPITALISME ET INSTAURER LE SOCIALISME!

Le responsable national de la JCML

LES 32 HEURES PAR SEMAINE : UNE REVENDICATION A LIER A LA LUTTE ANTICAPITALISTE

« Seule la réduction du temps de travail a créé des emplois » a annoncé Philippe Martinez au journal l’Humanité(1). Les 32 heures par semaine, voilà donc le nouveau cheval de bataille de la direction confédérale CGT. Les communistes sont favorables à la lutte pour la diminution du temps de travail car elle diminue le temps durant lequel le travailleur est exploité(2) et surtout augmente les temps de loisirs et de libertés pour les travailleurs. Cependant, la direction de la CGT met en avant des arguments différents. Par cette mesure, les économistes de la CGT estiment en partie résorber le chômage dans le cadre du capitalisme. Cet argument est en fait issu de forces politiques réformistes (gauche du PS, PCF,NPA…) qui influencent idéologiquement les dirigeants de la CGT

Qu’en est-il réellement ? Est-ce possible de supprimer le chômage dans le système capitaliste ? Qu’est-ce que les travailleurs doivent revendiquer ?

 

SANS ROMPRE AVEC LES IDEES REFORMISTES DE LA GAUCHE PLURIELLE

ON REPRODUIRA LES MEMES ERREURS

L’argument mis en avant pour le passage aux 32 heures est que cette mesure sauverait et créerait 4 millions d’emplois. Cette diminution du temps de travail permettrait ainsi de faire face à la « révolution numérique », qui par l’automatisation, la robotisation des machines… menacerait de détruire d’ici les années 2025 des milliers voire des millions d’emplois. Dans leur analyse, les économistes n’ont pas pris en compte la loi fondamentale du capitalisme : la recherche du profit maximum. Tant que ce système existera, les emplois ne seront créés que parce qu’ils sont utiles pour valoriser les profits des capitalistes. Si le cas contraire se présente, les capitalistes licencient et suppriment des emplois pour rester profitables. Voilà le B-A-BA de l’économie politique. Le chômage est permanent sous le capitalisme car le développement technologique de la production, « le développement accéléré du capital social lui permet de se passer d’une partie plus ou moins considérable de ses manœuvriers » et amène donc à une « surpopulation relative »(3). Cette surpopulation est relative car elle n’existe que par rapport aux besoins de profits des capitalistes.

Réfléchissons un petit peu : depuis le XIXème siècle, le temps de travail a diminué : en 1936, la semaine des 40 h, en 2000, les 35 heures, le chômage a-t-il pour autant disparu grâce à la diminution du temps de travail ?

A cette question, l’argumentaire de la CGT répond que la gauche plurielle (1997-2002) qui a mis en place les 35 heures a permis la création de 350 000 emplois et la mise en place d’un « dialogue social inégalé ». Non seulement, cette analyse falsifie le bilan de la gauche plurielle (gouvernement ayant le plus privatisé dans l’histoire !) mais en plus ne prend pas en compte l’ensemble du contexte. Les 35 heures, sans un rapport de force anticapitaliste de la classe ouvrière, ont été retournées contre les travailleurs par le patronat et les différents gouvernements qui se sont succédés. Le gouvernement PS-PC a diminué les charges sur les bas salaires à hauteur de 22 milliards d’euros pour permettre l’embauche(4). Depuis 2002, de nombreux assouplissements ont été appliqués (augmentation des heures sup, défiscalisation des heures sup, diminution de la majoration des heures sup notamment avec la loi Khomri).

Au final, les patrons ont repris bien plus qu’ils ne cédaient grâce à l’augmentation de la productivité (augmentation de l’intensité de l’exploitation des travailleurs). Ce que le patronat a donné d’une main, il l’a repris d’une autre. Voilà le bilan des 35 heures. D’autant plus qu’au même moment, la gauche plurielle a créé ces « emplois jeunes » sous-payés et précaires pour 300 000 jeunes, que l’intérim a doublé durant la durée de ce gouvernement augmentant de 350 000. D’ailleurs, c’est le nombre d’emplois « créés » par les 35 heures.

Le passage aux 35 heures a surtout été un moyen de flexibiliser l’organisation du temps de travail, d’avoir recours à des contrats précaires.

 

La revendication de la diminution du temps de travail à 32 heures sans diminution de salaire et aggravation des conditions de travail est une mesure d’urgence pour le mouvement ouvrier. Il faut être clair, sous le capitalisme, sans rapport de force du mouvement ouvrier, toute mesure progressiste sera récupérée par la bourgeoisie au pouvoir et détournée au détriment des travailleurs. C’est la leçon essentielle du passage aux 35 heures. La diminution du temps de travail a entrainé une aliénation supplémentaire des travailleurs aux nouvelles formes des rapports de production capitalistes (flexibilité, précarité…).

Il ne faut pas non plus rêver de changer le système capitaliste par la réforme. Ce système porte le chômage en lui. Des dirigeants de la CGT croient guérir ce système mieux que les capitalistes eux-mêmes affirmant régler ce problème du chômage par les 32 heures. Rappelons l’aveu de faiblesse de Mitterrand qui disait que « dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé ». Oui le chômage ne peut être supprimé sous le capitalisme.

Pour diminuer réellement le temps de travail et supprimer le chômage, il n’y a qu’une solution possible, détruire la source du chômage, c’est-à-dire le capitalisme. Il est donc nécessaire de lier la diminution du temps de travail avec la rupture de ce système d’exploitation qu’est le capitalisme. Il faut donc rejeter toutes ces idées réformistes qui font croire que l’intérêt des travailleurs pourrait être en harmonie avec le bon fonctionnement du capitalisme et l’intérêt des patrons !

 

32 heures OUI !

Dans l’intérêt des travailleurs, sans diminution de salaire et aggravation des conditions de travail !

 

(1) L’Humanité, 23/09/2015

(2) L’exploitation passe par l’extorsion de la plus-value, c’est-à-dire que le temps durant lequel le capital s’approprie la valeur créé supplémentaire au salaire (le salaire qui est le temps nécessaire à la reproduction de la force de travail du prolétaire). Cette plus-value peut être absolue (en allongeant le temps de travail) ou relative (en intensifiant la productivité durant un temps de travail donné).

(3) Marx K., Le Capital, p. 1146, in Marx K., Œuvres, Economie, tome 1, Editions Gallimard, Paris, 1965, 1822 p.

(4) Eric Hayer, « Le (bon) bilan des 35 heures », Alternatives économiques, Hors série, n°092, février 2012.

LE 51ème CONGRES DE LA CGT: Un congrès plein d’espoir pour l’avenir

Le 51ème congrès de la Cgt s’est tenu à Marseille durant la troisième semaine d’avril 2016. Des militants du ROC-ml étaient présents en tant que délégués au congrès.

 

Un congrès qui se tient en plein mouvement social contre la loi « travail »

 

Le congrès s’est ouvert alors que les travailleurs battent le pavé dans les villes contre la loi El Khomri.

Dès le premier jour, lors de l’ouverture cela se fait sentir lorsque la présidence du congrès annonce la présence de la CFDT ou du PS, qui donne lieu à de véritables soulèvements dans la salle avec des slogans repris par une large majorité des délégués tels que « dehors ! », « traitres » ou encore « scandaleux ».

Les grèves et les manifestations en cours poussent de nombreux congressistes à prendre la parole pour dénoncer le gouvernement, montrer la nécessité de lutter classe contre classe et à réclamer un appel du congrès à la lutte, chose qui sera fait durant les jours qui suivirent l’ouverture et approuvé quasi unanimement par le congrès. Cet appel lance l’amplification de la lutte et sa poursuite. Appel qui fut, nous pouvons le dire, imposé à la confédération.

Le fait qu’un mouvement puissant des travailleurs se menait durant le congrès fut un élément incontestablement positif. L’esprit combatif s’en ressentait dans les prises de parole, les critiques sur le syndicalisme rassemblé s’en retrouvaient plus aigües. Des interventions portant la question de la lutte de classes se succédaient. Néanmoins un niveau politique encore assez faible se fait sentir dans nombre d’interventions.

 

Un congrès qui se tient dans un syndicat Cgt tiraillé

 

Le rapport d’activité, qui fait un bilan sur les trois dernières années depuis le dernier congrès, ne trouve que 58,9% de votes d’approbation, score historiquement faible. En effet la succession de Thibault avec l’affaire Lepaon, l’inactivité face aux lois Macron, Rebsamen, etc. auront eu un impact sur la Cgt et ses militants qui remettent en cause l’activité de la confédération.

Il faut aussi noter le souhait de la part des délégués de plus de démocratie dans la Cgt, notamment en ce qui concerne les amendements des textes du congrès, dont 902 étaient proposés et 54 retenus. Les délégués souhaitaient pouvoir avoir accès à tous ces amendements et que ce ne soit pas simplement un bureau restreint qui décide de ceux à retenir et ceux à porter public.

L’une des plus vive discussion dans le congrès fut celle du syndicalisme « rassemblé », tant décrié par une bonne part des syndiqués Cgt. Portée dans l’un des textes d’orientation, ce syndicalisme « rassemblé » auprès de la CFDT fut vivement critiqué et un vote séparé sur cette question est demandé par une bonne part des délégués. Ce qui, bien sûr, sera refusé par la confédération, en danger sur cette question.

C’est dans ce sens que l’on peut observer durant le congrès des fédérations plus combatives (chimie, commerce, métallurgie, construction, etc.), sur des positions se rapprochant de celle d’un syndicalisme classe contre classe, alors que d’autres sont complètement sur la ligne confédérale, sur le syndicalisme « rassemblé », réformiste (cheminot, etc.).

 

Conclusion

 

Les interventions des camarades du ROC-ml à été très appréciées par les délégués du congrès. Ils portaient sur les questions de la lutte et de l’organisation de la Cgt. Cela à aussi été pour nous une riche expérience militante où de nombreux contacts ont été noués.

Il ne faut pas se faire d’illusions, même si ce congrès par rapport aux précédents peut montrer des

choses intéressantes comme des fédérations et des militants combatifs qui tentent de tirer la Cgt sur un syndicalisme de lutte classe contre classe. La Cgt reste principalement sur une ligne claire réformiste. Il n’y pas réellement une nette opposition « révolutionnaire » à la Cgt. Les dirigeants réformistes ont été reconduits pour continuer à mener leur politique réformiste. Philippe Martinez à bien réussi à éluder les vraies questions posées et habilement montrer une façade « radicale » pour mieux se faire accepter et distribuer un peu de poudre aux yeux sur une continuation de la lutte contre la loi El Kohmri de façon dure, usant même de termes comme « lutte de classes » dans son discours d’introduction.

Le faible niveau politique chez les travailleurs aujourd’hui ainsi que chez les militants Cgt leur font penser que changer la tête de la Cgt par une équipe militante radicale changera la Cgt complètement et l’amènera sur un syndicalisme classe contre classe.

Néanmoins, on ne peut nier aujourd’hui le bénéfice politique qu’il y a à militer syndicalement, à participer à un congrès confédéral. Les camarades du ROC-ml à qui l’on a confié ce genre de mandat prouvent encore une fois la confiance qu’ils reçoivent de la part de leur base et sont revenus avec une analyse plus fine des différents rapports de force dans la Cgt.

Nous restons convaincus qu’une certaine avant-garde des travailleurs est organisée dans la Cgt, une base militante qui sera dirigeante dans la lutte de classe pour la révolution. Aujourd’hui même cette radicalité réformiste gêne un système capitaliste qui n’a plus les possibilités de réaliser ses propres illusions d’améliorer le sort des salariés en pleine crise économique.

Les communistes doivent continuer ce travail syndical, de conscientisation, d’amener la combativité dans les rangs de la Cgt, de conduire vers un syndicalisme de classe contre classe, tout en sachant que seul un Parti prolétarien et communiste apportera la réelle indépendance à un syndicat de lutte de classe. Mais c’est bien dans cette lutte syndicale aujourd’hui que nous trouverons les cadres de ce Parti pour demain.

UNE MOBILISATION ÉNORME ! UN GOUVERNEMENT AUX ABOIS !

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80 000 manifestants officiellement recensés à Paris ! Le gouvernement doit vraiment être aux abois face à la force de la mobilisation pour inventer de tels mensonges. La mobilisation était massive à Paris avec un million de personnes et 1,3 million de personnes dans tout le pays. Cette nouvelle journée a montré à nouveau la détermination des travailleurs. Les travailleurs se sont unis dans les cortèges dans une atmosphère de lutte et de solidarité de classe.

Cette journée a montré au gouvernement la puissance du mouvement contre la loi travail et le soutien massif et populaire à ce mouvement. C’est pour ces raisons que la bourgeoisie a utilisé toute sa force pour attaquer et tenter de décrédibiliser le mouvement.

Premièrement, en utilisant la casse organisée par les mouvements autonomes ou les provocateurs en civils à la solde du pouvoir socialiste.

Deuxièmement, en mobilisant tout son appareil idéologique, les grands médias et en organisant un tapage systématique contre la CGT pour l’assimiler aux « autonomes casseurs » et pour dissimuler l’ampleur de la mobilisation.

Troisièmement, en utilisant la répression et en empêchant le cortège de terminer la manifestation sur la pelouse des Invalides. Les CRS ont attaqué les cortèges de travailleurs. Les dockers de la CGT ont d’ailleurs riposté. Ils ont eu raison. Face à cette provocation, leur violence avait un caractère de classe, ouvrier, elle était juste. Le service d’ordre de la CGT, accusé dans les médias, a subi la répression policière de plein fouet car il protège les manifestants. L’attaque des cortèges est systématique. Ce n’est pas là une « bavure » mais bien une stratégie organisée par le gouvernement pour casser les manifestations et empêcher un mouvement encore plus massif. Le gouvernement a un intérêt à affaiblir le mouvement, il a un intérêt à la répression policière ! Quels autres moyens a-t-il en réserve pour faire passer sa loi ? II ne convainc plus personne des « bienfaits » de cette loi.

Quatrièmement, en créant une « union nationale » des partis au service du capital contre les travailleurs : PS, LR, FN. Tous y vont de leurs discours pour réclamer l’interdiction des manifestations. Ils ne reculent devant rien pour essayer, en vain, de discréditer le mouvement. Les propos sont abjects. Cazeneuve utilise des victimes d’attentats terroristes, Hollande l’euro de football et la sécurité face au terrorisme. Marisol Touraine s’indigne des vitres brisées sur l’hôpital Necker mais organise la casse des hôpitaux et de la santé : 22 000 postes seront supprimés d’ici 2017 dans les hôpitaux. Hollande et Valls menacent d’interdire les manifestations et font pression sur la CGT.

Encore une fois, ce gouvernement montre son véritable visage. Il est l’ennemi des travailleurs, au service des grands monopoles français qui ont un intérêt à voir la loi El Khomri passer pour faire face à la concurrence internationale, et maintenir leur taux de profit.

De notre côté, nous ne devons pas céder, la mobilisation doit se poursuivre les 23 et 28 juin. Amplifions la solidarité, les grèves, le blocage économique, les manifestations, toutes les formes d’actions qui permettent de maintenir et d’augmenter le rapport de force.

 

 

CE GOUVERNEMENT EST AUX ABOIS, TRAVAILLONS A LE FAIRE PLIER

 

RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

 

INDEMNISATION PAR L’ÉTAT DES MANIFESTANTS BLESSES !

 

HORS DU POUVOIR LES ENNEMIS DES TRAVAILLEURS ! 

Premiers enseignements de la lutte contre la loi Travail

La lutte contre la loi El Khomri a démarré difficilement mais s’est maintenue sur une base régulière, dans la continuité. Au-delà des faiblesses du mouvement, la construction de lieux de débats (comme Nuit Debout), la richesse des débats dans le mouvement, l’existence d’un collectif Stop Etat d’urgence, la construction du comité anti-guerre, tout cela montre que le « mouvement social » cherche une nouvelle issue pour vaincre la politique du capital. Ce contexte social émerge depuis le début de l’année. En février par exemple, la manifestation contre l’état d’urgence avait été plus importante que celle des salariés territoriaux et d’Etat qui se déroulait la même semaine.

  Il est important d’analyser ce dynamisme, cette recherche d’issues nouvelles pour le mouvement face à la politique du capital.

 

LA SITUATION POLITIQUE FACE AU MOUVEMENT

EL-KHOMRI

 

Les médias et les intellectuels de la bourgeoisie évoquent les points faibles du mouvement. Cependant, c’est ce mouvement soit disant « faible » qui divise le camp de la bourgeoisie !

Le PS est très divisé. Même si ce parti est parvenu à un compromis de dernière minute en son sein puisque les frondeurs n’ont pas voté la censure du gouvernement, le renforcement de la lutte des classes actuellement a joué un rôle essentiel dans sa division. Une rupture se crée entre les masses et le PS. A ce titre, le congrès de la CGT a été un miroir du début de rupture avec la « gauche de gouvernement ». La prise de conscience de l’impasse du réformisme progresse.

La droite aussi est en conflit. Elle se ridiculise par ses manœuvres bassement politiciennes. Au départ pour la réforme, elle se retrouve « contre » avec le MEDEF car la loi ne serait pas assez libérale. Bien sûr il s’agit d’une surenchère politicienne face à un gouvernement en difficulté devant le mouvement social.

Comme d’habitude lorsqu’il se produits d’importants mouvements ouvriers, le FN disparait de la scène. On n’en entend plus parler. Et même si les médias nous ont arrosé de la bisbille de papa et de sa fille Marine pour tenter d’éclipser les manifestations du 1er mai, la feinte médiatique n’a pas prise.

Quant au PCF et au PG, politiquement, ils ont été absents et ne se sont contentés que d’un accompagnement du mouvement. Ils trainent derrière le mouvement. Ils n’offrent pas de perspectives politiques à ce mouvement.

 

LE RETOUR DE LA CLASSE OUVRIERE DANS L’HISTOIRE

 

Les intellectuels de la bourgeoisie clamaient depuis les années 90 la disparition définitive de la classe ouvrière. Quel démenti concret leur offre ce mouvement. La lutte de la classe ouvrière, avec ses moyens, ses méthodes de luttes, existe. Certes, cette lutte reste encore spontanée, idéologiquement influencée par les fausses solutions réformistes, cependant les ouvriers se défendent face aux attaques de classe du gouvernement.

            La classe ouvrière, dans cette lutte, montre le dynamisme qui existe dans la société même si elle n’a pas réussi à mobiliser toutes les couches opprimées derrière elle. La force de classe, on l’a vu dans le mouvement est encore et toujours liée à la production. Les blocages économiques des raffineries, des lieux de production et de communication stratégiques, l’attaque des piquets de grèves par la police nationale, « milice du capital », montre que les travailleurs s’en prennent justement à ce qui fait mal à la bourgeoisie : le profit. C’est par ces méthodes que le mouvement peut gagner.

            Toutes les critiques contre les syndicats sont à double tranchant. Ceux qui critiquent les syndicats présentent leur méfiance mais en même temps aimeraient pouvoir utiliser la force de la classe ouvrière car sans elle, le mouvement n’est rien. Mais d’où vient la force de la classe si ce n’est en grande partie par le biais de l’organisation dans les syndicats ?

            C’est la première fois qu’un mouvement de cette ampleur se déroule durant un gouvernement dit de gauche. Ce mouvement a pris une dimension politique car il organise autour de son mot d’ordre de retrait de la loi travail, il organise des convergences avec les jeunes, d’autres couches sociales, la lutte contre l’état d’urgence et la guerre. Ce mouvement commence à briser les illusions réformistes, notamment au sein de la CGT.

 

PROGRES ET FAIBLESSES DE NOS ORGANISATIONS

 

Les communistes ne doivent compter que sur eux-mêmes et la classe ouvrière. La révolution n’est ni un seul acte, ni un coup d’Etat, ni le fait d’une poignée qui va trainer la classe ouvrière derrière elle. C’est ce qu’on entend souvent par ceux qui n’ont pas confiance dans la classe. Ils rajoutent sur les mouvements : « le mouvement de 1995 est spontanéiste », « la lutte de 2010 est un échec et on a perdu à cause de la confédération ». Certes, la direction de tel ou tel syndicat a des responsabilités. Mais, l’erreur principale de 2010 fut d’essayer de sauver l’unité intersyndicale en sacrifiant la revendication principale.

            Dans la lutte contre El-Khomri, dès le début, le mouvement s’est opposé à l’unité à n’importe quel prix. La CGT a été obligée de corriger sa position initiale avec la CFDT car elle était sous le feu des critiques de diverses fédérations et UD. Les syndicats de bases (UD, UL, syndicats d’entreprises) ont joué un rôle important dans ce mouvement. Ils ont interpelé les directions confédérales pour pousser le mouvement en avant. La pression des congressistes de la CGT au 51ème Congrès est aussi significative.

            Tous ces éléments montrent que la lutte va se développer. La classe ouvrière est désorganisée face à la nouvelle réorganisation du capitalisme depuis 30-40 ans. Certaines formes et modes d’organisation ne sont plus adaptés. Un exemple : Au moment où on a plus que jamais besoin des UL et des UD au sein de la CGT, le congrès créé le statut d’adhérent national ce qui a pour conséquence d’affaiblir ces institutions importantes que sont les UL et UD. Aussi, on ne cherche pas à créer les liens, à créer d’autres formes pour organiser tous les travailleurs sur un même site, chantier, usine ; qu’ils soient intérimaires, sous-traitants, cotraitants, salariés détachés, etc.

 

CRITIQUES DE CERTAINES CONCEPTIONS DU MOUVEMENT

 

Beaucoup mettent en avant l’idée de « grève générale » dans le mouvement. Cette conception est souvent portée par les couches petites bourgeoises qui n’ont pas confiance dans la capacité de la classe ouvrière d’organiser la lutte. D’ailleurs, la plupart ne savent pas ce qu’est une grève. Ils ne veulent pas d’organisation mais pourtant voudraient gagner la lutte d’un seul coup. C’est contradictoire. Comment peut-on gagner contre l’organisation capitaliste (politique, économique, médiatique…) sans développer des organisations de lutte ? Au nom du rejet de la politique politicienne, certains courants propagent la dépolitisation. Ils empêchent la revendication principale de la classe ouvrière et ses mots d’ordres mobilisateurs de se propager. Avec ces conceptions, tout est fait pour que la classe ouvrière reste désarmée. Sans construire une organisation qui corresponde aux nécessités de la lutte, il sera impossible de vaincre le capital.

Toutes ces attitudes, ces problèmes sont connus des marxistes léninistes. Ces couches petites bourgeoises, contestataires du capitalisme disent faire la révolution. Elles en raccourcissent le chemin. Dans la révolution, il y a un rôle important pour la volonté mais la révolution n’a rien à voir avec du volontarisme. C’est une grande maladie qui pèse sur le mouvement mais le danger principal reste aussi le réformisme. Pour cette raison, les communistes ne vont pas perdre leur temps avec la critique pour la critique du réformisme. Le devoir essentiel des communistes est de construire l’organisation communiste et comme disait Marx, aider la classe ouvrière à s’organiser. Si les communistes critiquent ces courants, c’est pour nettoyer le chemin de la construction du parti, c’est-à-dire lever les illusions réformistes chez les éléments avancés de la classe ouvrière.

Aujourd’hui, la classe ouvrière balance entre l’envie de lutter et le manque de confiance en elle à cause de sa faiblesse et certains échecs qu’elle a pu avoir dans le passé. C’est logique, la classe ouvrière n’aime pas l’aventurisme. Même si les organisations sont faibles aujourd’hui, n’oublions pas qu’il y a tout de même eu plus d’un siècle de continuité et d’expériences de la classe ouvrière, notamment avec la CGT. Attaquer ce syndicat, comme l’ont fait des autonomes dans le mouvement actuel, c’est affaiblir la classe, devenir des ennemis des travailleurs.

Le rôle des communistes est donc de chercher le dynamisme pour avancer, pour gagner la lutte. Ce dynamisme est dans la lutte, présent tous les jours. Aucune guerre, aucune lutte n’a été gagnée avec une seule bataille. Quand la lutte se prolonge dans la durée, c’est une torture permanente pour les petits bourgeois.

Le mouvement actuel montre aux communistes que pousser à la lutte par la violence, chercher des formes de luttes folkloriques est inefficace. Il existe mille moyens de mener la lutte de classe : dans la classe ouvrière, les jeunes, les chômeurs, les retraités, les immigrés, etc. Si on n’arrive pas à trouver les formes de luttes adaptées, c’est qu’on ne connait pas assez la société capitaliste.

            Un dernier point. Quand le mouvement ouvrier prend de l’ampleur, certains communistes se réveillent et disent qu’il faut l’unité des communistes. Oui mais malheureusement, ce n’est pas comme cela que ça marche. L’unité communiste ne sera pas une fusion dans la spontanéité ni une simple affaire pratique. L’unité des communistes est avant tout un travail permanent théorique, politique et surtout idéologique. Les communistes doivent faciliter la lutte de classe de la classe ouvrière et des couches opprimés en distinguant la ligne prolétarienne juste des illusions réformistes. Les marxistes léninistes du ROCML ne sont pas contre l’unité des communistes. Ils s’uniront avec les communistes qui participent à développer la lutte de classe et la révolution pour renverser la dictature de la bourgeoisie.

VAINCRE LE GOUVERNEMENT PS, UNE NECESSITE DE CLASSE

Le tract en PDF ICI

Le mouvement El Khomri est dans une phase importante : la construction de la grève reconductible et l’amplification de la lutte. Pour retirer la « loi travail », tout le monde a conscience que la solution ne peut venir que de nous, de notre mouvement et de notre capacité à imposer un rapport de force radical, de classe, à ce gouvernement du patronat.

 

CONSTRUIRE UN RAPPORT DE FORCE DE CLASSE

 

TRAVAILLEURS,

 

  • Nous devons continuer de mobiliser à la base, convaincre que cette loi est un retour au XIXème siècle. Pour cela, nous devons lier les revendications d’entreprise et locales à celles contre la loi Khonnerie.
  • Nous sommes la force qui peut faire céder le gouvernement. Pour cela, nous devons construire la grève reconductible, toucher le capital et l’Etat à son service en plein cœur en bloquant économiquement le pays.
  • Nous devons aussi protéger les jeunes qui font face, comme nous, à la répression dans les manifestations. Montrons leur que les syndicats sont avec eux car le gouvernement essaye de nous diviser !

 

ETUDIANTS, LYCEENS,

  • Nous avons été touchés par la répression. Nous avons pris conscience que la police est au service de l’Etat qui défend les intérêts de la bourgeoisie. Notre force de mobilisation et notre radicalité ne peut être que dans la liaison avec les travailleurs qui organisent la reconduction de la grève et le blocage économique.
  • Certains n’ont que le mot « grève générale » à la bouche et s’en prennent aux syndicats Même si les syndicats ne sont pas révolutionnaires, ce sont les seules organisations de masse à mettre massivement les travailleurs dans l’action. La CGT a toujours affirmé le rejet de la loi Khomri, que la violence venait de la police. La reconduction de la grève ne peut que se construire grâce aux syndicats. La division « jeunes » « syndicat » est une arme du gouvernement.
  • Nous ne serons forts que si nous restons unis avec les travailleurs. Pour cela, organisons des caisses de grève en faveurs des secteurs et des boites qui se mobilisent puissamment et dans la durée. Faisons des collectes d’argent sur nos lieux d’études, de travail, dans les quartiers. Allons sur les actions de blocages, aidons les travailleurs à bloquer l’économie, apportons y notre solidarité, invitons les dans les facs et à Nuit Debout.

 

LUTTONS, ORGANISONS NOUS ET BLOQUONS LE PAYS JUSQU’AU RETRAIT

LA SOLUTION POLITIQUE 

N’EST PAS EN 2017

 

Les « pseudo frondeurs » ont montré leur vrai visage lors du vote de la censure au gouvernement. Ils ne sont pas crédibles. Les réformistes, c’est-à-dire les anciennes organisations composant le Front de Gauche, estiment que seule « une majorité législative » peut modifier la donne. Leurs organisations sont tournées vers les élections, non vers la lutte. Ils prétendent possible une autre politique dans le cadre de ce système !

 

Le problème c’est le capitalisme : il faut l’abattre ! Nous devons construire un Parti qui défende les intérêts politiques des travailleurs de manière permanente, qui liera les luttes pour les revendications immédiates à la perspective révolutionnaire du renversement du capitalisme !

Loi travail: l’imposture du FN

Les médias se font l’écho de la soi-disant opposition du parti frontiste à la loi El-Khomri (Florian Philippot, vice-président du parti, a parlé d’un « choc de précarisation »), faisant croire que le FN était sur la même ligne que la CGT !

 

Pourtant à y regarder de plus près la réalité est bien différente, en témoigne ce passage d’un de leur communiqué (19 février 2016) : « Le projet de loi El Khomri sur le droit du travail ne réglera en rien les difficultés économiques des TPE et des PME, une nouvelle fois grandes oubliées de cette réforme ». Le masque tombe. Ce qui intéresse le FN, ce ne sont pas les ouvriers et les travailleurs, mais les petits entrepreneurs, artisans et commerçants qui constituent la base sociale de ses militants et de ses plus fervents soutiens. Dans leur logique, seules les grandes entreprises pourront appliquer la dérégulation du code de travail et obtenir un avantage concurrentiel énorme sur les petites et moyennes entreprises. Ce n’est donc pas la casse sociale que dénonce le front national, mais seulement que toutes les entreprises n’aient pas les mêmes facilités à détricoter le droit du travail !

 

On pourrait rétorquer que cette argumentation ne tient pas une seule minute face à l’examen de la réalité sociale. C’est au contraire dans les grandes entreprises, là où subsistent des bastions syndicaux (même gangrénés par le réformisme), que les salariés peuvent encore conserver certains de leurs acquis sociaux. A l’inverse c’est dans les TPE et PME, là où la représentation syndicale est quasi nulle ou étouffée, que les salariés subiront les diktats de leurs employeurs.

 

De plus le FN profite de cette loi pour une fois encore marteler son discours nauséabond et délétère sur l’Islam. Il s’indigne de « l’incroyable blanc-seing que donne le projet de loi aux revendications religieuses et communautaristes ». Encore du venin distillé chez les travailleurs pour les diviser et bien sûr stigmatiser ceux issus de l’immigration et de confession musulmane alors que pour lutter contre la loi Khomri, les travailleurs ont besoin de l’unité la plus large. Dans la réalité la loi travail ne change absolument rien dans ce domaine et un débat sur la « laïcité en péril » est caduque et hors sujet puisque le principe de laïcité ne s’applique pas aux entreprises privées.

 

Le Front national confirme donc qu’il est un parti nuisible à la classe ouvrière (de plus où sont passés ces opposants ? Le FN était-il en tête de cortège lors des manifestations ?), réactionnaire et xénophobe, représentant des intérêts de la bourgeoisie française et du capital.

 

MOUVEMENT CONTRE LA LOI TRAVAIL: COMMENT VAINCRE LA BOURGEOISIE

Extrait du journal de Mai 2016  ici

Ces dernières semaines, des centaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de l’ensemble des villes de France pour s’opposer au projet de loi El-Khomri. Tant la nature de la loi que le sous-comptage des manifestants démontre une fois de plus que la dictature de classe de la bourgeoisie demeure et sert les intérêts de la classe capitaliste contre le prolétariat. Ne nous laissons pas abuser par les chiffres bas du ministère de l’intérieur : la mobilisation des travailleurs, étudiants et lycéens est forte et doit le devenir davantage. Cette forte mobilisation est d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit dans un contexte plutôt défavorable puisqu’elle a lieu alors que l’état d’urgence est toujours d’actualité, que certains syndicats sont encore plus tendres pendant les périodes de pouvoir du PS.

Le mouvement ouvrier est dans une nouvelle phase. L’expérience du pouvoir PS, le développement de la crise capitaliste, les évènements Goodyear et Air France, créent un réveil de la conscience de classe chez les ouvriers. Autre point positif dans ce mouvement, la jonction de la classe ouvrière et de la jeunesse a progressé, en témoignent certaines AG dans des universités où les travailleurs étaient invités à participer. Le mécontentement est donc profond. La détermination de certaines couches de la jeunesse (à Paris, Rennes, Nantes) est telle qu’une partie du mouvement lycéen et étudiant est prêt à en découdre avec les forces du capital.

Cependant, la conscience des éléments avancés n’est pas encore suffisante, au moment où nous écrivons, pour contraindre le gouvernement à retirer son projet de loi. Il est clair que sans changement de tactique, le mouvement ne pourra pas gagner. Ce n’est pas en faisant des manifestations tous les 10 jours que le mouvement va gagner. Que faut-il faire ? Abandonner ces formes de luttes ? Si aucune alternative tactique n’est trouvée, la critique des manifestations « classiques » est stérile. L’expérience montre que les grèves reconductibles, le blocage économique sont des formes supérieures pouvant faire céder le gouvernement. Cela nécessite une coordination de la lutte. De même, la lutte des cheminots indique la voie pour passer à ces formes supérieures. Les cheminots sont en lutte contre la restructuration de leur entreprise. Ils lient les revendications propres à leurs entreprises et la lutte contre la loi El Khomri. Ils seront en grève le 26 avril et ils pourraient poursuivre leur mouvement jusqu’au 28 avril et à la mi mai. C’est de cette façon que les communistes, les syndicalistes de classe doivent amplifier la lutte contre la loi El Khomri, en liant les revendications locales et nationales et en adoptant des formes de lutte supérieures à ce qui est actuellement proposé : la reconduction de la grève. La popularisation des luttes locales dans le mouvement national donnera aussi du poids pour obtenir des concessions du patronat. L’heure est à la généralisation des luttes.

Parallèlement, de nouvelles formes de mobilisations sont apparues, comme les occupations permanentes de places dans des villes, dites « Nuits Debout ». Cette nouvelle forme s’inscrit dans la continuité de ce qui a déjà été vu en Espagne avec les rassemblements d’ « indignés », « Occupy » au Etats-Unis, pour ne citer que ceux là.

Comme caractéristiques principales de ce type de mouvement on peut noter :

  1. un légitime ras le bol général contre les gouvernements qui se succèdent.
  2. Une volonté de contourner les partis bourgeois qui se transforme en rejet de tous les partis et des syndicats.
  3. Une idéologie basée sur des principes et des moyens d’actions droit-de-l’hommistes : désobéissance civile, refus de la violence, révolution citoyenne, etc…
  4. Les revendications sont multiples et peuvent parfois prendre la forme d’un fourre-tout et ne sont pas clairement priorisées.

            Même s’il est positif que la résistance contre le gouvernement s’amplifie pour faire reculer ce projet de loi, que des débats émergent au sein des travailleurs et de la jeunesse populaire, cette forme d’organisation semble trop spontanéite, anti-organisation et surtout sans la classe ouvrière. seule une organisation politique des travailleurs peut jouer un rôle d’avant-garde, de centre de coordination national de toutes les luttes et peut impulser une ligne juste, des mots d’ordres pertinents, organiser l’écriture et la distribution du matériel d’agitation, etc. Contrairement à ce que disent les médias, Nuit Debout n’est pas l’avant-garde du mouvement mais une de ses formes, de ses expériences.

            Ce qui peut faire renoncer le gouvernement à son projet de loi, ce ne sont pas les rassemblements/sittings pacifiques, c’est la mobilisation de la classe ouvrière, associée à la jeunesse, c’est le rapport de force crée par la grève économique se transformant en grève politique, le blocage de l’économie. Ce qui peut faire reculer la bourgeoisie, c’est la force de la classe ouvrière !

 

RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

ET DES LOIS ANTIOUVRIERES !

 

AMPLIFIONS NOS LUTTES

POUR VAINCRE LA BOURGEOISIE !

REJETONS LES PARTIS BOURGEOIS POUR MIEUX CONSTRUIRE NOS ORGANISATIONS DE CLASSE !

Communiqué JCML: SOUTIEN AUX CAMARADES REPRIMES

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Alors que la lutte contre la loi dite « travail » bat son plein et que la jeunesse s’engage pleinement dans l’offensive, la police du capital s’engage, elle, dans la voie de la répression et du matraquage.

La répression la plus médiatisée, et surement la plus violente, est celle de ce jeune de quinze ans du lycée Henri Bergson de Paris frappé en plein visage par des policiers alors qu’il n’avait aucun moyen de se défendre. Mais il y a aussi les arrestations de nombreux syndicalistes étudiants de Solidaires (Pau, Besançon, etc.) ainsi que de militants de la Cgt. Nombreuses sont aussi les interventions policières dans les assemblées générales des étudiants ou des travailleurs (La Poste, Université Tolbiac, etc.).

Ces événements ne sont pas anodins et loin d’être des coups du hasard. La répression s’organise au niveau de l’Etat et localement au niveau des préfectures. Le voile est levé sur l’objectif véritable d’une mise en place durable de l’Etat d’Urgence, il y a pour le capital urgence de maintenir leur ordre tout en dégradant nos conditions de vies et de travail. La motivation du Capital et du gouvernement est sans borne pour vaincre la résistance du peuple et de la jeunesse populaire.

Notre lutte montre combien le mécontentement général est fort et dépasse largement la contestation contre la loi dite « travail », il faut amener de plus en plus ce combat sur le terrain de l’anticapitalisme ! Il faut créer l’unité à la base, et organiser la solidarité contre les répressions et envers les réprimés ! Mais aussi chasser du pouvoir les ennemis du peuple.

Organisons le combat ! Organisons nous ! Contre la répression et les mauvais coups ! Il faut créer l’unité à la base pour avancer vers la victoire malgré les obstacles. Il faut continuer la lutte. L’amplifier et la consolider en vue de la victoire, car c’est notre seule issue possible afin de garder notre dignité et des perspectives de vies hors de leurs profits ou de quelconques rentabilités !

Nous apportons notre entière solidarité à tous les camarades frappés, mis en garde à vue, qui ont reçu des peines pour leur engagement dans la lutte actuelle !

LA LUTTE NE DOIT PAS S’AFFAIBLIR MAIS S’AMPLIFIER ET  LE COTE DUQUEL SE TROUVENT LES FORCES DE L’ORDRE EST CLAIR, CELUI DE L’ORDRE DU CAPITALISME !

Contact : jcml.nationale@yahoo.fr

Site : http://rocml.org/jcml-acceuil/

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