Tract ROCML pour le 12 septembre

Le tract en PDF, à imprimer pour les manifs, les AG…JOurnee_mobilisation_12092017 (1)

LE CAPITALISME N’A PAS D’AUTRE ALTERNATIVE QUE DE S’ATTAQUER AUX DROITS DES TRAVAILLEURS !

ET LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS D’AUTRE ALTERNATIVE QUE DE LUTTER POUR RENVERSER LE CAPITALISME !

 

Camarade travailleur

 

Nous nous mobilisons contre les ordonnances Macron Pénicaud réformant le Code du travail qui sont une remise en question de tes droits. Elles ne sont que le début d’une série de mesures favorables au patronat, qu’il nous faudra aussi combattre.

Depuis le début de la crise de 1973, l’offensive du capital contre les travailleurs n’a jamais cessé. Le conflit capital travail a toujours été au cœur du développement du capitalisme. Les capitalistes ont constamment cherché à réduire les droits des travailleurs pour rendre l’exploitation du travail toujours plus « profitable ». Dans la société capitaliste, tous les « acquis », droits et avantages obtenus parfois par une lutte sanglante sont remis tôt ou tard en question.

En France ce qu’a obtenu la classe ouvrière à la suite de grandes périodes de lutte (1936, 45-47,68) l’a été grâce à une forte organisation, une mobilisation d’une très grande majorité des travailleurs et à niveau de conscience politique sans laquelle les travailleurs n’auraient pu se mobiliser aussi massivement. Chez les travailleurs, le communisme incarné par l’URSS fut un facteur important pour leurs mobilisations pour lutter. On peut dire qu’il y eut une unité d’action de la classe, autour des syndicats (notamment de la CGT, politiquement influencée par l’esprit communiste) dans une perspective anticapitaliste.

La bourgeoisie n’a jamais changé de cible : avec constance et persévérance elle a cherché à laminer et contrôler les organisations que la classe ouvrière s’est données pour lutter pour ses objectifs propres. D’abord éliminer ou rendre inoffensives ses organisations révolutionnaires, et en particulier le parti communiste, le syndicalisme de lutte de classe et jusqu’aux associations culturelles, sportives, de solidarité de la classe ouvrière. Cette démarche a pris plusieurs formes : Pression politique, arrestations, sanctions financières, amalgame, corruption de syndicalistes… etc.

Aujourd’hui Macron et Philippe ne sont pas tombés de ciel. Quand Hollande dit qu’il « a laissé un bon terrain », il n’a pas tort. La dégradation des droits de travailleurs n’a pas été menée pas un seul gouvernement. C’est sous Mitterrand que tout a été enclenché. C’est le début de la restructuration capitaliste au niveau mondial dont Maastricht est la conséquence, de la destruction des grands bastions industriels des travailleurs, le glissement ouvert du PC dans le jeu politique bourgeois. A suivi la remise en cause de ce que les services publics avaient de favorable aux travailleurs, les privatisations, la destruction de pans entiers de l’industrie, la délocalisation, la précarisation… que les reformes réactionnaires de Balladur, Villepin, Sarkozy et Hollande ont accentué.

Tant que la société capitaliste perdurera, il n’y aura aucun « acquis » définitif. Il nous faut défendre nos droits constamment et répondre aux attaques. Ces droits ne nous ont pas été donnés, ils ont été arrachés par la lutte quand nous avons su créer un rapport de force politiquement favorable, quand le pouvoir de la bourgeoisie a été menacé.  Et cela n’est pas non plus acquis facilement, en particulier quand il faut se mobiliser pour passer à un niveau supérieur de la lutte, de l’entreprise jusqu’au niveau national, et mettre en échec le gouvernement.

Les patrons et leur syndicat le MEDEF, accusent le syndicat CGT de faire de la politique. Mais devant toutes ces mesures politiques prises par le gouvernement et au plus haut sommet de l’Etat, les travailleurs eux devraient s’abstenir d’une réponse politique ?!

Le ROCML soutient sans réserve l’initiative de la CGT pour faire face à cette offensive du capital. Les travailleurs n’ont d’autre solution que de riposter politiquement et de créer les conditions de leur unité d’action autour de la CGT au plan syndical. Sans unité de classe aucune victoire n’est possible. La politique de collaboration des directions de certaines confédérations comme la CFDT ou de FO, ne peut pas empêcher l’unité d’action à la base de tous les travailleurs sans distinction d’appartenance syndicale.

Cette unité de classe doit clairement combattre le système capitalisme sinon la lutte pour nos droits sera utilisée pour aménager le capitalisme.

Les réformes réactionnaires de Macron-Phillipe, sont en continuité des lois El-Khomri, Rebsamen… etc. La bourgeoisie a conscience que tout n’est pas gagné pour elle. Voilà pourquoi elle mène une propagande pour isoler la CGT. Elle sait par expérience que la capacité de mobilisation de la classe ouvrière est plus grande qu’on pourrait le croire.

Travailleurs, jeunes, femmes, immigrés et retraités, aujourd’hui l’enjeu est important. On doit défendre nos droits à tout prix ! La lutte syndicale est déterminante mais elle ne saurait suffire. Ne prêtons pas l’oreille à la propagande de la bourgeoisie que ses médias déversent à flots ininterrompus pour culpabiliser les travailleurs et paralyser leur riposte. Construisons notre unité et la convergence de lutte ouvrière et populaire face à cette offensive. La classe ouvrière ne doit pas hésiter à utiliser tous les moyens de luttes dont elle dispose, à organiser la solidarité avec travailleurs en lutte, des réunions d’information, des assemblées pour discuter de l’action à mener, des grèves, des occupations… etc.

Sans perspective politique anticapitaliste révolutionnaire, la mobilisation restera fragile, au niveau d’une simple résistance aux attaques du capital et non d’une offensive contre lui. Tirons les leçons des luttes de 1995, 2003, 2005, 2007, 2010 et 2016 et celles des autres pays, récemment la Grèce et la Turquie, pour ne citer que les plus récentes.

Une leçon principale que l’on peut tirer de tous ces évènements est que nous devons, nous travailleurs, rejeter les illusions réformistes  visant à réformer le capitalisme que continuent à défendre les organisations politiques électoralistes  de « gauche », illusions qui ne sont qu’un moyen pour nous soumettre à la politique de la bourgeoisie, illusions qui nous empêchent de mener une controffensive au plan politique et pratique, d’accumuler des forces pour faire naître ou renaitre le parti politique et l’organisation syndicale de lutte de classe.

Faisons de ce 12 septembre le jour où nous nous engageons dans cette voie. La dégradation de nos organisations de classe qui a duré plusieurs décennies sera surmontée par une lutte prolongée. Et elle ne sera victorieuse que si nous rejetons toute illusion de réformer le capitalisme pour le rendre plus « humain ». Les communistes marxistes-léninistes sont du côté des travailleurs, avec l’objectif qu’ils mènent une action politique indépendante de celle de la bourgeoisie.

 

Battons-nous pour l’abrogation de toutes les lois anti-ouvrières !

Les ordonnances à la poubelle !

À bas le capitalisme !

La classe ouvrière vaincra !

TOUS DANS LA RUE LE 14 JUIN BLOQUONS LE PAYS POUR LE RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL

Depuis 3 mois, les travailleurs se mobilisent et ont mené l’action contre la loi El Khomri. Les travailleurs ont montré leur force en contrôlant leur outil de travail et développant des actions collectives, de classe : manifestations, grèves et blocages. En face d’eux, le gouvernement, les partis politiques bourgeois et réactionnaires (LR, PS, FN…), les grands médias, ont combattu le mouvement par tous les moyens. La police et la gendarmerie ont été utilisées à de nombreuses reprises pour gazer, interrompre, encercler les manifestations. Aujourd’hui encore, un journaliste se trouve dans le coma, 11 collégiens ont été gazés devant leur collège, des syndicalistes sont traqués comme de vulgaires terroristes.

LA HAINE DE CLASSE DOIT NOUS INCITER A DEVELOPPER NOS ACTIONS

 

Le mouvement a pris de l’ampleur en atteignant les secteurs vitaux : les raffineries, les transports, la SNCF, les centrales nucléaires (EDF), Air France… Il ne s’agit pas là de casseurs pourtant le gouvernement continu à envoyer ses chiens de garde.

La force de l’organisation CGT (mais ce n’est pas la seule) est un atout de taille dans le mouvement. C’est elle qui organise de la manière la plus déterminée la lutte. C’est pour cette raison que toutes les forces réactionnaires s’emploient à isoler la CGT, par une campagne abjecte de haine de classe. Hollande estime que la CGT « prend le pays en otage », Le Foll, porte-parole du gouvernement accuse la CGT d’être responsable de l’augmentation du chômage, Gattaz du MEDEF, estime que la CGT se comporte « comme des voyous, comme des terroristes », Collard du FN, la CGT a un « comportement absolument antidémocratique »… etc.

 

CES PARTIS DEFENDENT LES INTERETS DU CAPITAL

CE SONT LES ENNEMIS DES TRAVAILLEURS

 

         Toute la « bonne société » capitaliste est unanime pour condamner ce mouvement. Ils n’ont pour objectif que de garantir les profits des grands groupes transnationaux. Cette loi et celles qui ont été adoptées avant (Macron, Rebsamen…) ont pour objectif de répondre aux besoins du capital dans le cadre de la concurrence internationale. Tous les grands groupes français qui sont parmi les 500 premiers au niveau mondial, défendent cette loi. Pour les travailleurs et le peuple laborieux, cette loi n’entrainera que misère, misère et misère !

 

IL FAUT SE MOBILISER, S’ORGANISER DANS LES SYNDICATS

FAIRE NAITRE LA NECESSITE DU PARTI COMMUNISTE

 

  • Nous devons poursuivre notre mobilisation, multiplier les actions dans les entreprises, mobiliser largement pour le 14 juin
  • Nous devons défendre les organisations de la classe ouvrière et notamment la CGT qui est attaquée par Gattaz, le gouvernement et les partis réactionnaires. La réponse des travailleurs doit être d’adhérer en masse à la CGT et d’y défendre une stratégie classe contre classe.
  • Tous ceux qui sont conscients que le système capitaliste ne peut plus amener le progrès, qu’il est justement la cause des reculs sociaux doivent s’organiser politiquement pour renverser ce système et instaurer une société socialiste.

CE GOUVERNEMENT A PERDU SA LEGITIMITE : IL DOIT DEMISSIONNER !

 

ARRET DES POURSUITES CONTRE TOUS LES SYNDICALISTES ET MILITANTS !

LES BLESSES DOIVENT ETRE INDEMNISES PAR L’ETAT

 

RETRAIT RETRAIT RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

L’ESSOR DU MOUVEMENT OUVRIER EN CHINE

Le nombre de mouvements sociaux a quasiment doublé en un an. Avec les fermetures d’usines et les relocalisations en réponse à une hausse des salaires, de nombreux travailleurs se retrouvent avec des mois de salaires impayés.

Effervescence dans le monde ouvrier en Chine. Entre janvier et novembre, on dénombre 2.354 grèves ou mouvement de protestations de travailleurs. Elles ont quasiment doublé comparativement à celles recensées en 2014 (1.207), a indiqué le China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong Kong.

Et novembre a été le mois le plus agité, assure l’ONG. Durant cette période, 301 grèves et incidents ont été dénombrés. Plus qu’en janvier, alors que traditionnellement, ce mois précédant le nouvel an chinois. connait un pic traditionnellement, note le China Labour Bulletin. Dans le détail, le mois dernier, les secteurs où les mouvements de travailleurs ont été les plus nombreux sont la construction avec 133 mouvements observés, devant l’industrie manufacturière (91).

Source : Reuters

Grève dans une usine de Fuzhou

Plusieurs milliers de travailleurs se sont mis en grève pour protester contre la décision du groupe Qing Lu Group , entreprise de Taïwan,  de résilier les contrats de travail et diminuer les salaires.

Le groupe Qing Gushan  fondé en 1969 à Taïwan est sépcialisé dans la sous-traitance pour les groupes Adidas, FootJoy, Mizuno, Nike,  Reebook, etc, et possède plusieurs usines en Chine continentale. C’est la 2eme plus grande entreprise du monde de fabrication de chaussures.

Chengdu

Le patron de l’usine de chaussures ne verse plus les salaires depuis 3 mois. AG, Grève et manifestations pour le versement des salaires.

CONSTRUIRE L’UNITE DES TRAVAILLEURS DANS LA LUTTE DE CLASSE

ROCML – Editorial VDC n°12

CONSTRUIRE L’UNITE DES TRAVAILLEURS

DANS LA LUTTE DE CLASSE

 

Le début de l’année 2015 a été marqué par des attaques terroristes meurtrières les 8 et 9 janvier à Paris, contre la rédaction de CHARLIE HEBDO et une épicerie cacher. La condamnation de ces actes a été générale et l’émotion et la réprobation collective fut immédiatement mise à profit par le pouvoir politique pour lancer et développer une campagne politique et idéologique massive, relayée en boucle et amplifiée par les médias, autour des concepts de république, des valeurs de la république, de la démocratie, des libertés, de l’ordre public, du soutien aux forces de police et de l’armée.

         Le message martelé par les chefs du gouvernement et l’ensemble des partis politiques de gauche, de droite et d’extrême droite était celui-ci : face à un ennemi terroriste intérieur, lié aux réseaux islamistes les plus radicaux agissant dans le monde entier, la NATION, c’est-à-dire l’ensemble des français, toutes classes, toutes catégories sociales, de toutes origines et de toutes opinions philosophiques confondues doivent oublier leurs conflits et faire bloc autour de l’Etat en place censé représenter l’intérêt et la volonté collective.

         La manifestation parisienne du 11 janvier autour du mot d’ordre JE SUIS CHARLIE fut le point culminant de cette entreprise réussie de récupération politique et idéologique. Il n’y manqua même pas la participation internationale au travers du cortège éclectique des chefs d’Etat étrangers ou de leurs représentants groupés autour de François Hollande en signe de soutien (ou d’allégeance).

QUELS SONT LES BUTS DE CETTE CAMPAGNE ORCHESTREE MAGISTRALEMENT AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ETAT

Il y a bien sûr le profit politique immédiat tiré par un gouvernement Hollande-Valls en difficulté.

Décrédibilisé par la non tenue de ses promesses électorales dont la fameuse inversion de la courbe du chômage avant le 31 décembre 2013, au plus bas dans les sondages, Hollande avait bien besoin de rehausser sa cote de popularité en apparaissant comme l’homme de la situation, le garant de l’Etat, celui autour de qui on se rassemble en cas de catastrophe nationale.

Les tueries de Paris lui auront fourni une aide providentielle. Mieux, il aura rangé derrière lui l’ensemble des partis bourgeois de droite, de gauche ou d’extrême droite, dans son rôle efficace de gardien de l’Etat. Opération réussie.

Mais, ce succès ponctuel de politique politicienne à court terme n’est pas l’essentiel.

La crise se prolonge et s’approfondit, sans perspective de sortie en vue. La dégradation de la situation économique et sociale, les lois anti-ouvrières et anti-populaires prises par le gouvernement laissent prévoir des luttes de plus en plus radicales et des remises en cause des règles de l’ordre bourgeois. Le pouvoir le sait et fourbit ses armes.

En même temps, le pouvoir politique d’Etat est toujours prêt à se lancer dans de nouvelles aventures militaires pour défendre les monopoles français à l’étranger, dont le coût va retomber sur les contribuables, c’est-à-dire les couches supérieures de la classe ouvrière, la petite et moyenne bourgeoisie. La base politique du gouvernement risque donc de s’effriter.

Dans la perspective de désordres sociaux et politiques, l’idéologie de l’unité nationale fournira les principaux arguments de propagande des gérants de l’ordre bourgeois. Elle fournira la justification de la répression contre ceux qui remettent en cause cet ordre.

         Au nom de l’unité nationale, des prétendues valeurs de la république bourgeoise, des libertés et de l’ordre public, de la sécurité intérieure et extérieure de la « France », ce gouvernement « de gauche » entreprend, mieux que ne l’aurait fait un gouvernement de droite, de formater les esprits pour casser les reins aux luttes ouvrières qui « divisent la « nation », pour isoler les ouvriers qui ne marchent pas dans les combines du partenariat capital-travail, , qui dénoncent et combattent les cadeaux faits au patronat et les sacrifices imposés aux travailleurs, français ou non, avec ou sans « papiers ».

         Au nom de l’unité nationale et de la sécurité de la « France »,  ce gouvernement formate les esprits pour briser tout mouvement opposé à ses interventions militaires extérieures actuelles et à venir. Dans l’histoire du XXème siècle, les Blum, Moch et Mollet ont montré de quoi les social-démocrates étaient capables dans ce domaine.

Au nom de la sécurité et de l’ordre public, ce gouvernement prépare l’opinion à la mise au pas de la jeunesse et au nettoyage (au karcher ?) des quartiers ghettos.

QUE FAIRE DEVANT CETTE OFFENSIVE IDEOLOGIQUE REACTIONNAIRE DU POUVOIR ?

Partout où ils sont, les communistes doivent expliquer à leurs camarades de travail et aux militants progressistes la nocivité des idées martelées par les médias aux ordres du capital et du pouvoir après les attentats du mois de janvier, en particulier celles de nation et d’unité nationale.

Dans un pays capitaliste impérialiste comme le nôtre, il n’y a pas d’unité nationale possible. Un ouvrier français et un patron français font peut-être partie de la même nation, mais ils n’ont aucun intérêt en commun, ni économique, ni social. En revanche, entre un ouvrier français et un ouvrier d’origine émigrée qui n’a pas la nationalité française, l’unité est possible et nécessaire car ils subissent tous deux la même exploitation. C’est l’unité de classe. C’est celle que les communistes construisent dans l’intérêt de toute la classe. Le drapeau rouge est le drapeau du prolétariat, quelle que soit l’origine de ses membres. Il est le seul à être porté par les prolétaires du monde entier. Le drapeau Bleu Blanc Rouge, lui, est celui de la bourgeoisie française et des conquêtes coloniales. Comment un prolétaire émigré venu d’une ex colonie française pourrait-il adopter ce drapeau ?

Les communistes doivent aussi combattre toutes les autres mystifications sur les valeurs de la république, les libertés, la sécurité, la police, l’armée, dans un Etat bourgeois. Mais nos explications ne pourront progresser que dans la réalité des luttes de notre classe. Toute prise de conscience politique prend en effet ses racines dans le combat concret classe contre classe. Les militants communistes qui agissent dans les syndicats ont un rôle central dans ce combat. Ils doivent y associer les syndicalistes anticapitalistes. C’est ainsi que se construira pas à pas  le Parti Communiste qui fait aujourd’hui défaut à la classe ouvrière.

Le Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes

mars 2015

LECONS D’UNE GREVE CHEZ VINCI

LECONS D’UNE GREVE CHEZ VINCI

         Le  13 Février une grève sur les chantiers de VINCI se terminait victorieusement une semaine après avoir été déclenchée.  Elle fut précédée d’un travail de préparation et d’information de militants syndicaux dévoués à leur classe. Pour nous communistes, sa portée dépasse la simple  question des augmentations de salaires obtenus, car la  mobilisation des travailleurs de plusieurs entreprises impliquées sur les chantiers de VINCI, la solidarité qui s’est exprimée entre eux dans la lutte, ont fait naître ou renaître chez les travailleurs la conscience qu’ils appartiennent à une classe aux intérêts diamétralement opposés à ceux du capital. Prise de conscience nécessaire (voir l’article précédent) pour qu’ils s’érigent en classe politiquement indépendante de la classe bourgeoise, donc en Parti et conduisent la société vers une société nouvelle, socialiste sans exploitation de l’homme par l’homme.

         Nous publions ci-dessous l’analyse qu’en fait un camarade ayant participé à la grève. Qu’elle soit source d’inspiration et d’encouragement pour  les communistes  dans leur activité militante.

Après la grève de l’an passé chez Vinci qui avait démontré la capacité de mobilisation des travailleurs pour leurs revendications, le collectif  CGT Vinci-CGT a décidé, avant que la NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) commence, d’organiser un rassemblement devant le siège de Vinci à Rueil-Malmaison le 6 novembre 2014. Le collectif CGT Vinci IDF  s’est particulièrement impliqué dans cette initiative.  Plus de 500 salariés  ont répondu à l’appel. Cette forte mobilisation a conduit plusieurs délégués de divers syndicats,  notamment de la CGT et de la CFDT,  à envisager un prolongement à cette action.

Le 7 janvier  des délégués de 15 entreprises se réunissent à Rungis, en intersyndicale. Tirant les leçons de la grève de l’an dernier il fut décidé  qu’aucune NAO ne serait signée séparément  dans chaque entreprise avant d’avoir obtenu une négociation avec VINCI. Un premier tract d’information fut largement distribué aux travailleurs avec comme date butoir de réaction de VINCI le 28 Janvier. Une deuxième réunion de l’intersyndicale fut fixée au 4 février 2015. Ce jour-là  constat fut fait que  Vinci ignorait l’intersyndicale et manœuvrait pour diviser et régner.  Mais Vinci n’a pas réussi à diviser l’intersyndicale. Dans aucune entreprise un accord NAO n’a été signé. Jamais auparavant, autant  d’entreprises n’avaient mené une telle action collective concertée.

Pour enrayer le mouvement collectif naissant, Vinci dans certaines entreprises a proposé des augmentations pour empêcher la grève. Un exemple, chez SOGEA (un des points forts syndical) elle a proposé 1.5% d’augmentation générale pour les ouvriers qui touchent moins de 2500 euros/brut, avec l’argument « pour 0,5% de plus que vous demandez cela ne vaut pas le coup de faire grève ».  La réponse a été claire et nette, Le 4 février, L’intersyndicale lance un mot d’ordre de grève reconductible à partir du lundi 9 février 2015. Les salariés ont massivement répondu à  l’appel sur les chantiers et se sont mis en grève pour des augmentations de salaires et d’autres revendications annexes sur la base d’une revendication  de 2% d’augmentation générale des salaires pour tous au minimum. La CFDT proposait 1.5 % mais la CGT ne l’a pas accepté. Aujourd’hui la pratique a montré que c’était une erreur de baisser la barre des revendications.

Les propositions des directions des entreprises VINCI (entre 0,3 et 0,5% en moyenne d’augmentation de la masse salariale) ont été majoritairement refusées par les délégués syndicaux.

Alors que le Groupe VINCI annonce 2,5 milliards de résultats en 2014, et bénéficie de toutes les mesures gouvernementales (CICE, pacte de responsabilité, …) : c’est l’austérité salariale pour les salariés !

Le premier jour de grève, seul le blocage de la circulation des  marchandises et des camions de béton fut organisé. Le deuxième jour le blocage fut total. A l’exception de tout ce qui concernait la sécurité et la santé. Citons parmi les chantiers touchés par la grève :

La station de traitement des eaux d’Achères.

La Canopée à Chatelet-Les Halles.

Le stade ARENA à Nanterre.

Le chantier SMAROV à St-Cyr l’école.

Le chantier Veolia à Aubervilliers.

Cette grève a été massive, du jamais vu depuis plus de 30 ans en Ile de France et dans le bâtiment : plusieurs centaines de travailleurs en grève (près de 700), 5 grands chantiers bloqués ainsi que plusieurs autres chantiers des entreprises BATEG, Dumez, GTM, SICRA, SOGEA IDF, TPI, CBC … Sur l’ensemble de l’Ile-de-France, sur les grands chantiers ce sont près de 2000 ouvriers qui n’ont pas travaillé.  Ce mouvement a même suscité  une autre grève pour une prime de chantier chez le NGE-Gantoli.

Après 4 jours, la grève s’achève victorieusement le Vendredi suivant. Le mouvement démarré collectivement sur la plupart des grands chantiers se termine aussi en même temps, sans qu’il s’essouffle. C’est déjà une grande réussite d’une mobilisation collective. Le silence des médias a été assourdissant sur cette grève massive d’une semaine. L’esprit de solidarité et la ténacité, dans  l’organisation de la grève (malgré le manque de préparation sur certains chantiers) fut incroyablement élevé. Soulignons  le courage des camarades combatifs qui se sont mobilisés dès 4-5 heures du matin durant toute la grève. IL faut aussi remercier  les ouvriers non-grévistes de certaines entreprises qui n’ont pu travailler du fait des blocages des chantiers et qui ont manifesté leur solidarité avec nous. Malgré les tentatives de leur direction de les monter  contre les grévistes au nom du ‘droit du travail’ et qui ne voulait pas les  payer. Aussi, l’esprit « un pour tous, tous pour un » conscience élémentaire d’appartenir à une même classe exploitée s’est manifesté avec force.

Pour faire face aux patrons, il n’y avait pas que des délégués, il y avait la classe ouvrière.  Les délègues ont été portés et poussés par les travailleurs, ainsi les négociations NAO chez  DODIN se sont déroulées sur le lieu de grève sous le contrôle des travailleurs en grève.

La solidarité de la CGT-FNSCBA s’est manifestée par le déplacement du  secrétaire de la FNSCBA et de plusieurs secrétaires fédéraux, qui ont apporté leur soutien aux grévistes. Certains patrons de Vinci, ont  osé envoyer le SMS suivant aux élus : « n’écoutez pas les personnes extérieures à l’entreprise ». Génial ! Aucune entreprise de Vinci, ne peut seule prendre  des décisions sans l’aval du « pouvoir central » extérieur, mais on nous demande de ne pas écouter nos camarades de l’extérieur ! La bourgeoisie veut éviter à tout prix que  les travailleurs agissent  comme une classe, une force collective, mais comme des individus serviles. Mais là aussi Vinci a échoué.

Certains pensent que nous n’avons pas atteint complètement nos objectifs. Mais pour juger d’un succès ou d’un échec il faut envisager l’ensemble du mouvement et sa préparation. Sans le succès du 6 novembre, la préparation de la lutte, la formation d’une intersyndicale aurions-nous obtenu ce que nous avons obtenu ?

Ce fut une grande victoire régionale qui n’a pas de précédent et  qui permet d’espérer d’autres mobilisations plus importantes, seules garantes de succès plus importants. Penser que l’on peut s’en sortir seul est une illusion. Le patron nous accuse de refuser des augmentations individualisées. Mais pourquoi se fait-il tirer l’oreille pour augmenter l’ensemble des salariés? C’est qu’il sait lui, qu’il y a une contradiction  totale  entre son intérêt de patron (gagner le plus possible sur le dos des ouvriers) et augmenter les salaires. Ce que les ouvriers gagnent en plus c’est ce qu’il gagne en moins !  C’est la bataille  éternelle entre la bourgeoisie et classe ouvrière tant qu’existera le système capitaliste d’exploitation de l’homme par l’homme.

Notre grève et sa réussite a servi d’exemple à d’autres grèves comme sur le chantier Achères, chez NGE où les travailleurs ont obtenu 150 euros/mois, de prime de chantier que leurs patrons leur refusaient depuis le début de chantier (juillet 2014).

Encore une fois, cette grève nous as montré que la question de l’organisation et la conscience d’appartenir à un collectif, à une classe  aux intérêts  en opposition totale avec ceux du patronat, sont fondamentales. Là  où une lutte donne des résultats, c’est qu’une force organisée collective existe, et là où se construit une force organisée, des luttes fructueuses peuvent se mener.  Là où  il y a eu une résistance sans faille, des organisations syndicales d’entreprises solides, formées de militants convaincus, les patrons se mordent les doigts.

Pour mener la lutte correctement, pour avoir une perspective de classe et organiser la lutte dans un esprit collectif, le militant ouvrier doit se battre avec et dans sa classe.

Cette lutte et les luttes des dernières années nous ont instruits sur le fait suivant: Nombre de négociations n’en sont pas vraiment  car elles ne s’appuient sur aucun travail sur le terrain. Nombre de délégués ne font pas confiance aux travailleurs. Ils sont sur le terrain défavorable de la soumission au patronat, dans la recherche systématique d’un compromis sans rapport de force et qui se termine souvent mal pour les travailleurs.

Patronat et salariés, nous ne sommes pas des « partenaires sociaux » comme on veut nous en persuader. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas sur un pied d’égalité avec nos patrons. Alors que le mouvement de grève était au plus haut et nous mettait en position de force, certains délégués syndicaux, à l’encontre de la décision de l’intersyndicale ont tenté de négocier seuls ou n’ont pas su résister face aux pressions de leurs patrons. Ce comportement a dès le début  affaibli le rôle de l’intersyndicale qui n’a pu jouer pleinement son rôle d’interlocuteur central pour les négociations et pour coordonner la lutte. Mais les délégués CGT ont été fermes et ont défendu le principe «  on a commencé ensemble on finira la grève ensemble ». Il faut bien comprendre que cette situation qui a affaibli la force du mouvement n’est pas le résultat d’un comportement d’un ou deux délégués « achetés par le patronat ». Le caractère et le comportement individuel est secondaire et n’est que l’illustration de l’état de conscience de classe et de l’organisation syndicale. Souvent en fait  il n’existe pas de véritable syndicat d’entreprise qui fonctionne vraiment, mais des individus syndiqués. Même quand la CGT est la seule représentante sur une entreprise, il n y a pas fonctionnement collectif.  Par contre  le patron, avec sa force et son pouvoir économique, sa discipline, son service du personnel (DRH), la mobilisation des cadres (certaines cadres avouent « je suis obligé de suivre »), ses règles disciplinaires, ses mesures discriminatoires vers  les meneurs de la lutte… est très bien organisé. Nous ne pouvons en dire de même sur  beaucoup d’entreprises pour les syndicats.

Certains syndicats ou délègues au lieu défendre l’intérêt général défendent leur situation, et leur faiblesse ou leurs intérêts sont au  cœur de leur activité. Ce comportement conduit les travailleurs à perdre confiance en leur force, et  il n’est pas possible pour eux de  faire l’expérience que leur lutte unie les conduits à faire plier le patronat.

On sait que la CFDT ou la CFTC au niveau national sont des « partenaires »  du gouvernement qui promulgue des lois contre l’intérêt des travailleurs. Nous avons néanmoins œuvré pour qu’existe une intersyndicale car l’unité des salariés et l’unité syndicale à la base est favorable à la lutte et nous nous y serions opposés dans le cas contraire ou si au cours de la lutte elle était devenue un obstacle.

S’est posé au cours de la lutte le problème d’une possible unité ouvriers, etams et cadres. L’unité absolue entre ces trois catégories est un rêve tout éveillé. Plusieurs raisons à cela. Si formellement ces trois catégories ont en commun d’être des salariés, ils ne jouent pas le même rôle dans la production. Les ouvriers sont directement au cœur de la production, ils ont  un lien étroit, direct avec la production. Les etams et cadres sont dans les bureaux, ils ont des taches  qui mettent en avant leur individualité. La notion de « mérite individuel » est bien accepté par les etams et cadres au contraire des ouvriers. Le patron utilise très bien cette différence d’état d’esprit pour manipuler et diviser les salariés.

         Néanmoins  il faut savoir identifier ce qui peut amener les etams et une fraction des cadres à la lutte ou du moins se montrer solidaire de celle-ci. En excluant les cadres supérieurs qui ne seront  jamais solidaires des travailleurs car ce sont en fait des patrons. Pour mener un mouvement commun, il faut bien distinguer les revendications de chacun et les limites objectives de la lutte engagée.

C’est dans la lutte que se révèlent les positions  de chaque organisation et leur tactique. Grâce la lutte  on peut également savoir à qui on a à faire. La lutte est à la fois sélective et unificatrice. Elle permet de savoir qui a vraiment envie de se battre. Une anecdote: Un ouvrier de chez Efiage a été solidaire de la grève sur le chantier d’Achères. Son patron a aussitôt décidé de le muter ailleurs. Lors du dernier jour de grève, les grévistes ont rendre hommage à cet acte de solidarité et demandé la réintégration de ce camarade sur le chantier en menaçant de poursuivre la grève. Finalement ce travailleur est revenu sur le chantier. C’est  la Solidarité entre les travailleurs qui l’a permis. Belle illustration d’une prise de conscience d’appartenir à une même classe. C’est dans la lutte que les travailleurs font l’expérience concrète de la lutte de classe, que leur conscience s’éveille et se consolide. Les militants combatifs ont là un terrain  favorable pour leur faire comprendre que tout acquis est une victoire, mais une victoire temporaire, sans cesse remise en question par le patronat ou le pouvoir.  Il ne faut pas oublier que les lois votées au niveau national par le parlement sans y être forcées par la lutte des travailleurs   ne sont jamais en notre faveur. Voir les lois ANI ou actuellement la loi  Macron.

Toutes en faveur du patronat.

Voilà pourquoi les travailleurs doivent élever leur niveau de lutte, ne pas se cantonner à des revendications locales ou régionales, mais les élever au niveau  national  en une lutte de toute la classe contre le pouvoir politique de la bourgeoisie vers le but vers lequel l’histoire les entraîne , l’abolition de leur état d’esclaves du capital.

Un militant syndicaliste gréviste

A PROPOS DE L’APOLITISME DANS LE MOUVEMENT SYNDICAL

Extrait de la VDC n°10

« Lorsqu’il apprit la nouvelle lundi soir, M. Léon Jouhaux (secrétaire général de la Cgt de 1909 à 1947, ndlr) deman­da aux journalistes de bien souligner que pour la première fois « on décernait le prix Nobel de la paix à un militant ou­vrier ». Selon certains commentaires, la commission du prix Nobel aurait surtout voulu récompenser « la longue lutte menée par M. Jouhaux pour soustraire le mouvement syn­dical international à l’influence communiste » (1)

L’idéologie dominante, celle du capitalisme, affirme sans détours qu’il est dans la nature du syndicalisme d’être apolitique. Les luttes ouvrières doivent s’en tenir aux re­vendications économiques sur les salaires et les condi­tions de travail. Ainsi les syndicats doivent être des or­ganes apolitiques I La citation ci-dessus met en relief que l’objectif de la bourgeoisie d’inculquer l’apolitisme, la neutralité des syndicats est bien là pour éloigner la classe ouvrière de son idéologie : le communisme. Il n’est pas rare d’entendre lors de manifestations syndicales les de­mandes de certains de ranger les ban-nières à caractère politique par exemple. Tous les syndicats aujourd’hui se sont fait une obligation de ne pas apparaître publique­ment comme étant la courroie de transmission d’un parti politique et prétendent ne recevoir d’ordres de personne et être indépendants dans le choix de leur ligne de conduite.

Le pouvoir du capital, ne peut demander directement aux syndicats de travailleurs de le soutenir. Il faut laisser aux syndicats une certaine « crédibilité » auprès des travail­leurs. Alors, afin d’éviter le soutien des syndicats ouvriers à une politique remettant en cause le système capitaliste, il propage l’apolitisme, et les « bienfaits de la neutralité ». C’est la solution la plus efficace pour cantonner les syndi­cats en dehors de la lutte de classe politique pour une al­ternative révolutionnaire au capitalisme. « Pour que la bourgeoisie puisse continuer à dominer et à pressurer les ouvriers pour en tirer sa plus-value, elle n’a pas besoin seulement du prêtre, du policier, du général, il lui faut encore le bureaucrate syndical, le « leader ou­vrier » qui prêche aux syndicats ouvriers la neutralité et l’indifférence dans la lutte politique »(2). Dans un monde où règne l’exploitation la plus féroce, la misère, le chômage, les guerres, on demande aux travail­leurs en lutte, aux syndicats qui défendent les intérêts des masses laborieuses, de ne pas se préoccuper de poli­tique.

Nous disons au contraire que dans un monde géré par une minorité exploiteuse, les exploités, qu’importe la lutte qu’ils mènent, ont le devoir de se mêler de politique et pas uniquement des questions d’ordres purement « économiques ».

Tout est lié dans le capitalisme, on se rend malheureuse­ment compte qu’accepter l’apolitisme ou la neutralité c’est finalement servir les intérêts politiques du capital. Dans un système où s’affrontent deux classes dont les in­térêts sont antagoniques et irréconciliables, la neutralité politique n’existe pas et ne peut exister I « Les syndicats qui ne se posent aucun but de classe, c’est-à-dire ne visant pas au renversement du système capitaliste, sont, en dépit de leur composition proléta­rienne, les meilleurs défenseurs de l’ordre et du régime bourgeois » (3).

1 Paru dans Le Monde le 7 novembre 1951

2 Texte du troisième congrès de l’Internationale Communiste.

3 Thèse du quatrième congrès de l’Internationale Communiste.

LA LOI MACRON UNE NOUVELLE ATTAQUE CONTRE LES TRAVAILLEURS

En pleine actualité « favorable » à la bourgeoisie, le Ministre des finances fait passer un projet de loi actuellement débattu au Parlement qui vient casser toute sécurité de l’emploi et fait revenir les conditions de travail à un autre temps.

Alors que la CGT connait actuellement une crise en son sein, telle que les déboires du secrétaire général poussé vers la sortie, l’unique syndicat en capacité à mobiliser les travailleurs contre cette loi est paralysé. En preuve, la très faible mobilisation du 26 janvier contre le projet Macron où la confédération de la CGT était plus occupée à remplacer le secrétaire démissionnaire qu’à organiser un mouvement.

La population quant à elle est plus préoccupée par la prétendue « islamisation » de la France, de son « invasion » probable par les musulmans suite au traumatisme qu’a créé l’attentat du 7 janvier plutôt que par les incessantes attaques du capital sur nos conditions de travail et de vie.

La loi Macron, une loi avant tout contre les travailleurs

Un an et demi après la loi dite de “sécurisation” de l’emploi, qui avait déjà largement facilité les licenciements économiques et permettait aux patrons d’outre passer la direction du travail et ses inspecteurs pour conclure des PSE par des accords d’entreprise (prenant le dessus sur le code du travail), Macron vient avec une loi bradant toujours plus les salariés et les livrant à un degré supérieur de précarité.

Ainsi, le patronat aura la quasi liberté de licencier qui il veut quand il veut et ce sans motif. Ce faitpourrait ainsi faire retourner les travailleurs à un autre temps où l’ouvrier syndicaliste, même simplement contestataire, se faisait licencier et inscrire sur une liste noire par le patronat et vivait alors dans la pauvreté et le chômage. C’est un coup dur pour l’ensemble des travailleurs et particulièrement pour les syndicats d’entreprises qui doivent absolument se battre pour barrer la route à ce projet.

Il faut prendre conscience qu’une telle loi aura réellement des conséquences sur nos vies dans nos entreprises. Sans un mouvement d’ampleur et d’une large masse de travailleurs pour abroger cette loi et toutes les réformes prises par les différents gouvernements qui vont à l’encontre de nos intérêts, le Capital continuera à détruire les acquis que gagnés par nos ainés. Nous créons l’ensemble des richesses de la société, se battre pour une vie décente n’est pas du vol ou de la mendicité mais bien un acte légitime pour récupérer les fruits de notre travail.

ABROGATIONS DE TOUTES LES REFORMES PASSEES ET PRESENTES QUI AFFAIBLISSENT LE PROLETARIAT

MENONS LA LUTTE POUR ABROGER CES REFORMES REACTIONNAIRES AFIN DE RENFORCER LE PROLETARIAT

TOUS DANS LA RUE LE 9 AVRIL

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Sur le mot d’ordre de sortie de l’Europe

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Un article toujours d’actualité, extrait de la Voix des Communistes n°5.

La profonde crise sociale qui secoue l’ensemble des pays européens a fait apparaître dans ces pays des revendications désignant l’UE comme la source de tous les maux et prônant la sortie de la zone euro et de l’Union Européenne.

Remarquons tout de suite que le retour à une monnaie nationale ne remettrait pas en cause le fondement de la crise, puisqu’il ne s’agit pas d’une crise monétaire mais d’une crise générale du système capitaliste. En France, cette revendication du retour au franc est l’expression d’un sentiment nationaliste chauvin, désignant les « autres » comme cause des difficultés de la société.

Quant au mot d’ordre « Sortir de L’Union Européenne » de portée plus large sur quelle réalité repose-t-il et qu’implique-t-il?

L’UE est un cartel de pays impérialistes, c’est une machine servant à favoriser les impérialistes d’Europe dans leurs rivalités envers les autres impérialistes (US, russes, chinois, etc.). Le mythe de l’Europe Unie s’est brulé les ailes depuis bien longtemps: le « rêve » des fédéralistes tombe devant la réalité matérielle du capitalisme et de l’inégalité de développement du capitalisme qui font que dans le cadre de ce système, aucune union harmonieuse ne peut exister durablement, les bourgeoisies gardant une base nationale et restant en concurrence les unes avec les autres. Malgré les discours, les ententes entre pays capitalistes ne sont possibles que si chacun peut y trouver son compte !

Se retirer de l’Union Européenne est une revendication très naturelle pour les peuples engagés malgré eux dans cette structure. Et nous, communistes sommes pour la destruction de toutes les structures dont la raison d’existence est de permettre la domination de classe de la bourgeoisie, que ces instances soient nationales ou supranationales. Nous sommes donc pour la destruction de l’Union Européenne. Pour autant cette seule revendication n’est absolument pas suffisante. Comme dans la question de l’euro, s’en tenir au retrait de l’UE ce serait revenir à un « capitalisme national » historiquement dépassé, à la fois réactionnaire et utopique. Certains courants politiques en France notamment, adoptent sur cette question une position chauvine: ils voient l’UE comme un outil d’asservissement de la France, alors que c’est le contraire: l’UE est un outil des puissances impérialistes, dont la France. Plutôt que de réduire, elle sert à accroitre sa force (et si ce n’était pas le cas, cela ferait bien longtemps qu’on n’en parlerait plus!). Ces positions chauvines conduisent à entretenir le sentiment national des travailleurs, leur soumission à la bourgeoisie au nom de l’intérêt national, en affaiblissant la conscience de classe. De ce point de vue chauvin, la sortie de l’Union Européenne, de ce cartel des impérialistes, perd donc son caractère progressiste pour devenir un des moyens d’une visée réactionnaire.

Pour que cette revendication de sortie de l’UE ne soit pas marquée de chauvinisme mais soit en accord avec les principes internationalistes, il faudrait la considérer comme une voie pour détruire l’UE et affaiblir les pays impérialistes qui la constituent. Mais pour cela le seul moyen est la révolution socialiste. C’est pourquoi seuls ne versent pas dans le chauvinisme ceux qui considèrent la nécessité de la sortie et de la destruction de l’Union Européenne comme conséquence de la révolution socialiste dans chaque pays!

Cette lutte pour le socialisme, qui entraînera l’éclatement de l’UE dirigée par et pour les pays impérialistes qui la constituent, n’est pas une lutte purement nationale mais internationaliste: elle vise à détruire le capitalisme non seulement dans un pays, mais partout! Elle vise à ce que la classe ouvrière prenne possession du pouvoir et transforme la société dans un pays et partout! C’est une lutte solidaire de la classe ouvrière et des peuples du monde entier.

Cette analyse, qui différencie les communistes des chauvinistes quant à la question de la sortie de l’Union européenne avait été faite dès 1994 par une organisation grecque du nom de S.A.K.E. Dans leur brochure « Hors de l’UE impérialiste, Pour une Grèce socialiste » ils y disent notamment que, si l’adhésion de la Grèce a l’UE a été bénéfique pour la bourgeoisie à qui elle a donné « un parapluie protecteur », cela s’est traduit pour le prolétariat par la restriction des droits, des reculs sociaux et la montée du chômage.

Concernant la lutte pour la sortie de l’Union Européenne il est dit : «La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE, la lutte pour la victoire de la révolution populaire socialiste n’est pas une lutte purement nationale. C’est une lutte internationaliste, non seulement contre le capitalisme grec mais contre le capitalisme mondial (…). La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE n’est pas une lutte pour une Grèce capitaliste indépendante, qui ne peut exister, et qui même si elle existait serait aussi anti-ouvrière et antipopulaire qu’une Grèce membre de l’UE (…). Peu avant dans le texte, précédant ces explications, l’idée énoncée était: « Au cours du processus de développement du mouvement révolutionnaire, il se peut qu’un membre de la CEE devienne le maillon faible de la chaîne et que les conditions révolutionnaires y murissent. La classe ouvrière victorieuse, appuyée par les classes ouvrières des autres pays, doit alors sortir le pays de l’UE, ce qui constituera un coup décisif contre la coalition impérialiste et accélèrera le processus de décomposition et de dissolution, en aidant ainsi le développement du climat révolutionnaire dans les autres pays »

Voilà qui rétablit la position de l’internationalisme à l’heure où se développent des discours tentant de remettre au goût du jour la farce du « produisons français » que le PCF révisionniste a déjà essayée dans le passé de vendre vainement aux ouvriers de France.

La croyance en un retour salvateur à un espace national « protégé » participe à la tentation de chercher des « solutions » dans le cadre du capitalisme « national ». Cassant les reins à ces inepties, écartant les freins à la conscience révolutionnaire, la tâche actuelle des communistes est la formation de partis communistes marxistes- léninistes véritables et la préparation de la classe ouvrière, du prolétariat et des masses populaires en général à la révolution socialiste.

Abattre le système capitaliste pourrissant ou supporter des souffrances encore plus grandes dans l’implosion du système (guerres, famines, destructions de la force de travail…) – capitalisme ou socialisme – tel est, en définitive, le seul choix qui est posé aux prolétaires.

Voilà pourquoi les communistes rejettent ce mot d’ordre « sortir de l’Union Européenne » : Parce qu’il sème des illusions chauvines parmi travailleurs et parce que sa réalisation ne constituerait en rien un pas en avant vers la révolution socialiste.

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Conférence du 6/7/12/2014 : Rapport sur le Front National

 

Le sujet du Front national et du fascisme est aujourd’hui d’actualité dans le mouvement communiste français. En effet, beaucoup de communistes issus des partis et organisations révisionnistes craignent l’arrivée du fascisme en France.

Le ROCML a déjà analysé les conséquences de cette peur entretenue par le personnel politique bourgeois. A chaque élection, le prétexte de s’opposer au danger fasciste conduit les éléments contestataires à se réfugier dans les bras de la social-démocratie et du PS, à perpétuer l’alternance électorale droite –gauche, évitant la crise politique et donc à préserver au final le système bourgeois, plutôt que de le renverser.

Le ROCML a déjà établi, dans ses diverses publications, que :

Il est erroné politiquement de mettre en avant un quelconque danger fasciste. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire qui menacerait la bourgeoisie tant dans sa gestion du pays que dans sa politique extérieure et impérialiste, le système de république démocratique reste le meilleur moyen pour tromper et dominer le peuple.

 Le FN est un parti bourgeois classique d’extrême droite qui vise à prendre le pouvoir au sein du système parlementaire bourgeois.Le FN est un Parti raciste et xénophobe qui vise à diviser la classe ouvrière pour le compte de la bourgeoisie, et à retarder la prise de conscience révolutionnaire des prolétaires.Le FN est utilisé par la gauche ou la droite pour se garantir le pouvoir. Aujourd’hui, le FN est le 3ème parti qui pourrait être utilisé pour sauver le système démocratique bourgeois. Il fait partie des options dont dispose la bourgeoisie française pour garantir ses intérêts.

LA NATURE DU FRONT NATIONAL

Quelle est la nature du Front National ? Le FN est-il fasciste ? Quel est sa place dans la situation politique actuelle ? Que défend-il pour la bourgeoisie ? Qui représente-t-il ? Y-a-t-il un danger fasciste aujourd’hui pour la France ?Les communistes authentiques doivent faire une analyse matérialiste des raisons objectives de la progression du Front National et de son programme auprès de la population, notamment auprès des jeunes, et démontrer la fausseté de son idéologie nationaliste bourgeoise proche du peuple en parole, instrument du capitalisme en fait.

La FN dans la situation politique actuelle        

Dans le cadre de la situation politique française, le FN développe sa stratégie populiste anti «UMPS », dénonçant le bilan du PS et de l’UMP au pouvoir, de manière démagogique, en dupant la population en prétendant défendre les intérêts de toutes les victimes de ce système : salariés, patrons, qu’importent les antagonismes de classe. En vérité, le FN joue sur l’ignorance des gens qui oublient qu’il s’agit d’un parti issu de l’extrême droite qui a multiplié de nombreuses alliances locales voire nationales avec le RPR (l’UMP d’hier) et qui est fait partie du système qu’il prétend dénoncer. Cette attitude du ni droite ni gauche est simplement stratégique pour le FN. En vérité elle est récente. N’oublions pas que le FN a adulé un Reagan dans les années 1980 et que Thatcher, la briseuse de la grève des mineurs, a continué même aujourd’hui à faire l’objet d’une vénération des dirigeants frontistes[2].

 Dans sa stratégie électorale, le FN tend à engranger des points puisque depuis 2012 et les 17,9 % de Marine Le Pen, il multiplie de bons résultats électoraux, en transformant le FN en un parti d’envergure nationale qui vise à briser le bipartisme établi depuis une vingtaine d’années par l’UMP et le PS. Aux Municipales, puis aux Européennes, il arrive en tête sur un fort taux d’abstention. Cela ne doit pas cacher qu’il perd presque deux millions de voix depuis 2012. Le FN pourra être utilisé si nécessaire par la bourgeoisie pour sauver son système démocratique de l’alternance. Face à décrédibilisation des deux partis bourgeois classiques, le capital utilise cette option afin d’endiguer, et de détourner le mécontentement populaire, pour sauver son système politique mis à mal par la crise économique du capitalisme. Les dirigeants frontistes affichent un discours populiste pour gagner un électorat qui lui permettra de s’insérer encore plus dans les mécanismes parlementaires et non pas pour les détruire. Le discours « antisystème » est une façon de duper le peuple pour prendre le pouvoir au sein du système.

Le Front National est un parti électoraliste et bourgeois qui vise à prendre le pouvoir au sein de la République parlementaire bourgeoise. Il cherche depuis quelques années déjà à se doter d’une crédibilité auprès des médias, il vise à recevoir du capital le statut de parti de gouvernement de l’Etat français[1].

 

Le FN est un parti bourgeois, son programme est celui du Capital

Des solutions qui ne remettent pas en cause le systèmeLe parti frontiste entend défendre un « protectionnisme intelligent », la « souveraineté monétaire » et mener une « grande politique de réindustrialisation »[4]. Retenons qu’il s’agit là des options qui ne sont pas incompatibles avec la domination du capital et donc néfastes de toute façon pour les travailleurs. Le FN met souvent en avant la sortie de l’Euro comme solution à la crise que nous traversons. Cela permettrait de faire marcher la planche à billets pour permettre à un « Etat fort » d’investir davantage. Tout d’abord, il est risible de prétendre que changer de monnaie serait la solution à une crise qui n’est pas monétaire. En quoi changer de monnaie permettrait-il d’éviter les restructurations du capitalisme dues à la surproduction de marchandises ? Le retour au franc servirait surtout à une dévaluation compétitive de la monnaie pour améliorer la compétitivité-prix des marchandises françaises sur le marché mondial[5]. La conséquence serait une diminution de salaires pour l’ensemble des travailleurs français, des difficultés pour se procurer des biens pour vivre, notamment les marchandises provenant de l’extérieur. De plus, le patronat français ayant besoin d’écouler sa production à l’étranger en affrontant la concurrence, il ne fait aucun doute qu’il continuerait à exercer aussi de fortes pressions pour diminuer le prix de la force de travail.Le moyen pour s’assurer de l’application de ces mesures serait l’utilisation de l’Etat. Les marxistes-léninistes ont depuis toujours dénoncé la nature de l’Etat, qui n’est pas neutre ou au-dessus des classesdu fait qu’il est une superstructure construite sur des bases économiques capitalistes et contient donc les mêmes antagonismes de classe. L’idée d’une « action volontariste de l’Etat », d’un « Etat stratège »[8] pour l’application des mesures du FN montre bien que l’Etat est un « instrument d’exploitation de la classe opprimée »[9]. Cela est bien confirmé par l’économiste du FN, JR Sulzer. L’Etat est bien perçu comme levier de développement de la classe capitaliste française mais aussi comme machine militaire et policière matant toute contestation de la classe antagonique. Voilà ce qu’il dit, le FN défendra la « liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un Etat-Gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur »[10].

 Protectionnisme, sortie de l’Euro et réindustrialisation seraient des mesures qui permettraient à la société bourgeoise de se développer plus « harmonieusement ». La réimplantation des monopoles en France permettraient de revitaliser les PME-PMI nationale qui sont les grandes perdantes des délocalisations[6]. Ainsi, les multinationales qu’ils critiquent tant en paroles n’ont pas à s’inquiéter, le FN leur fait plutôt les yeux doux[7]. Le FN essaye de dompter les lois du développement anarchique de la production. Il a beau faire autant de propositions qu’il veut, il ne solutionnera pas les contradictions du capitalisme. Ces propositions sont vouées à rester un mensonge utopique nationaliste ou à conduire à l’aggravation de l’exploitation capitaliste dans le cas de leur application.

Le FN revendique l’instauration en France d’un « protectionnisme intelligent ». L’objectif serait de protéger la « production nationale » des entreprises françaises afin de favoriser le produire français et la relocalisation d’industries qui avaient fui vers des pays où la main d’œuvre est à bas coût. Il s’agirait de recréer des droits de douanes aux frontières afin de limiter l’arrivée en masse de marchandises venant de Chine ou des pays concurrents des entreprises françaises. Le protectionnisme est un moyen de limitation de la concurrence afin de produire et d’écouler des produits sur un marché national. Pour autant, les contradictions du capitalisme ne seraient pas révolues : Comment faire revenir les entreprises mondialisées en France si ce n’est en diminuant le salaire des travailleurs ? C’est là tout le problème de ces populistes qui font croire que la réindustrialisation et le protectionnisme seraient utiles aux travailleurs. En vérité, il n’en est rien, le but du capitalisme est de produire au plus bas coût possible afin d’être compétitif, de produire à l’infini et de réaliser le maximum de profits. Réindustrialiser la France en gardant les lois du système capitaliste, c’est donc rétablir des conditions proches de l’esclavagisme pour le prolétariat français. Voilà le rêve nationaliste et chauvin si cher aux « amoureux » de la France.

Le FN se présente comme le parti des Français contre les étrangers. En vérité, c’est un parti qui soutient le capital français contre le reste des travailleurs, français ou non. Dans ses discours il s’attaque aux « requins de la finance » et au MEDEF (à Parisot car celle-ci représente une autre option du capital[3]).

Un parti au service des monopoles français dans le monde

Le FN envisage une option particulière pour la bourgeoisie monopoliste. Alors qu’Hollande et Sarkozy promeuvent une alliance avec les Etats-Unis, les puissances de l’Union Européenne afin de sauvegarder les intérêts capitalistes français, le FN, au contraire, envisage une alliance stratégique avec la Russie[11]. L’objectif serait de s’allier à la Russie pour faire contrepoids aux Etats-Unis et ainsi positionner la France dans une situation de levier, de gérant international des conflits entre les deux blocs impérialistes. Il cherche surtout à jouer sur les rivalités inter-impérialistes (opposition ou collaboration) afin de repositionner l’impérialisme français. Cette option est envisagée en pratique puisque Marine Le Pen et ses cadres ont rencontré des personnalités russes, des proches de Poutine (dont le président de la Douma). Des liaisons financières entre les nébuleuses d’extrême droite et la Russie donnent de la matière à ce positionnement[12]. De même, la position du FN sur la Syrie, face à l’Iran montre qu’ils prennent la défense de la Russie. Alors que certains « communistes » voient dans Poutine un allié du camp anti-impérialiste, ils feraient bien de réfléchir : en étant l’allié de la Russie, le front national serait-il devenu anti-impérialiste ? Cela va de soi que le FN est un parti impérialiste qui veut réorienter la France vers une nouvelle alliance stratégique, elle aussi, bien impérialiste. D’ailleurs, le FN veut rompre avec l’atlantisme mais il apporte son soutien à Israël[13], le chien de garde de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. Encore une fois, il veille à sauvegarder les intérêts des firmes françaises. Le FN malgré sa rhétorique en faveur des « petits » défend en pratique l’intérêt des monopoles français en ayant une divergence d’opinion stratégique avec l’UMP ou le PS. Dans le fond ce sont des impérialistes qui ont « parfaitement conscience de l’importance de ces grands groupes qui restent les locomotives puissantes de nos PME-PMI »[17].

Enfin, le FN ne se distingue pas des autres partis bourgeois il défend bec et ongle la présence française sur le continent africain. L’éloge au défunt patron du groupe Total, pilleur de l’Afrique le montre, car le FN dit de lui qu’il avait « à cœur la défense de nos intérêts nationaux (…) notamment face aux multinationales américaines »[14]. Le soutien de M. Le Pen à l’intervention au Mali[15] démontre bien la continuité criminelle et colonisatrice de l’impérialisme français. D’ailleurs, le programme frontiste affirme bien le projet impérialiste de ses dirigeants : il s’agit d’apporter un « soutien fort des investissements privés français en Afrique en échange d’une inversion des flux migratoires »[16].Le FN n’est pas seulement un parti bourgeois nationaliste, chauvin ; c’est aussi un parti qui représente les intérêts des monopoles et de l’impérialisme français. Il affirme que s’il était au pouvoir,il appliquerait un train de mesures favorables aux monopoles français dans le cadre de leur concurrence inter-impérialiste.

Un parti diviseur de la classe ouvrière        

Le FN est un parti anti-ouvrier et même si par populisme il peut dénoncer les bureaucraties syndicales, c’est avant tout pour éloigner les travailleurs des syndicats et non pour renforcer leur lutte de classe. Les dirigeants du FN démontrent cet aspect lorsqu’en évoquant le programme du PS, ils estiment qu’il favorise toujours plus « d’assistanat ». Les travailleurs et chômeurs de ce pays seront ravis d’entendre que le gouvernement de l’austérité au service du capital, le gouvernement PS favorise l’assistanat. Et que proposent-ils ces chevaliers bleus marine du capital ? La renégociation des 35 heures, le renforcement du contrôle des chômeurs ; les mêmes mesures antisociales que l’UMPS. La haine du mouvement ouvrier s’exprime dans de nombreuses déclarations de dirigeants du FN. L’apologie de JM Le Pen envers Reagan était connue de longue date du fait de son anticommunisme[19]. Mais plus récemment, ce n’est personne d’autre que le conseillais municipal et maire d’arrondissement Stéphane Ravier qui estimait que la grève héroïque des éboueurs marseillais était synonyme de « prise en otage des voyageurs », et que la CGT gangrénait la vie des Marseillais[20]. N’oublions pas l’attitude de M. Le Pen durant la lutte de 2010 contre la réforme des retraites qui estimait que le gouvernement était trop mou et qu’il fallait « rétablir immédiatement l’ordre républicain partout »[21].

 Au final, le FN se caractérise comme le semeur de division dans le prolétariat, un semeur de division qui se pare d’un vocabulaire populaire, mais qui n’est en fait qu’un instrument au service du capital afin de mater toute contestation ouvrière. Le FN est un parti bourgeois qui participe à diviser la classe ouvrière par ses idées xénophobes antisyndicales et anticommunistes. Il utilise un verbiage populiste prônant l’Etat « au-dessus des classes », mot d’ordre républicain par excellence utilisé par tous les partis bourgeois et pure utopie idéaliste bourgeoise, en faisant découler les difficultés rencontrées par le peuple à des causes venant uniquement de l’extérieur (immigration, Europe). En estimant que le chômage serait le résultat de l’immigration, le FN tente d’entretenir une division artificielle au sein du prolétariat. Son objectif est de diviser pour mieux régner. Son programme est clairement xénophobe puisqu’il souhaite rétablir le droit du sang, interdire toute manifestation en faveur des sans-papiers[18]. Il est bon de rappeler que la violence dans les quartiers et banlieues populaires provient essentiellement de l’isolement et du chômage que subissent les populations qui y habitent et notamment les jeunes. Le FN et la bourgeoisie passent sous silence de manière simpliste le fait que tous sont des prolétaires et leur détresse, leur enclavement et la violence qui en découle provient uniquement de leur condition de classe, d’exploités et non d’autre facteurs secondaires. De même que les communistes ne tombent pas dans la division religieuse que tente d’établir le FN vis-à-vis des travailleurs musulmans. La seule division réelle dans la société est celle existant entre les différentes classes. Toute autre division ne cherche qu’à affaiblir notre combat. Unir capital et prolétariat sous la bannière nationaliste de la France, voilà le programme fumeux du FN !

La place du FN dans les classes sociales en France

Le FN propose l’option d’un Etat stratège pour la bourgeoisie française, un Etat fort qui garantirait les intérêts de la bourgeois française à l’intérieur du pays (contre le prolétariat, pour un protectionnisme national, sortie de l’euro…) mais aussi à l’extérieur (face aux concurrents, défense de l’arrière cours en Afrique et au Moyen-Orient[22], nouvelle alliance stratégique).          Représentant de la grande bourgeoisie, le FN trompe la couche la plus arriérée des ouvriers. Le plus dangereux étant qu’il trompe une partie de la jeunesse ouvrière, peu sensibilisée par la lutte de classe, du fait de l’affaiblissement du mouvement ouvrier.

Enfin, la base sociale des militants du FN est formée par des commerçants, artisans, employés de commerce ; catégories sociales « intermédiaires » entre la bourgeoisie et le prolétariat qui sont menacées, par la crise, d’être plongées, déclassées dans le prolétariat. Quant à la base électorale, elle s’ouvre de manière assez importante aux ouvriers, notamment sa couche antisyndicale. Il s’agit là d’ouvriers votant traditionnellement à droite et qui se radicalise vers son extrême[23]. Evidemment, du fait de la diminution des luttes ouvrières, de plus en plus de jeunes prolétaires, exposés à la crise économique, sont enclins à voter FN[24]. Cependant, cette tendance est à relativiser parce que le premier parti des ouvriers reste l’abstention très massive, qu’il s’agit d’ouvriers votant traditionnellement à droite, que ce sont souvent les ouvriers isolées dans de petites entreprises, ou ceux qui sont à proximité de leur hiérarchie (contremaitres…). Les grandes entreprises, bastions des syndicats lui résiste : le FN « ne dispose pas de réseaux ouvriers, peine à trouver des candidats dans les bastions industriels et apparait encore comme illégitime dans les grandes entreprises en raison de la résistance syndicale au FN »[25].Le FN est le représentant des intérêts de la bourgeoisie monopoliste française, c’est un parti impérialiste. Il rassemble les partisans d’une politique française de prestige qui recentrerait la France dans une situation de pivot entre blocs impérialistes. Cela nécessite donc un rapprochement avec la Russie, mais paradoxalement, il ne propose pas l’option d’une alliance chinoise car il défend la bourgeoisie qui produit en France ou pour le marché national et qui fait face à la concurrence de la main d’œuvre chinoise. Outre cela, il se pose en défenseur des sociétés impérialistes qui pillent les matières premières à l’extérieur de la France (Total, Véolia…).

Le FN n’est pas un danger fasciste 

 La plupart des partis de gauche et beaucoup de groupes dits « ML » voient dans le FN l’avatar du fascisme ou, pour d’autres, la possibilité de l’instauration du fascisme dans la situation présente. Pour le ROCML, cela est erroné car le FN vise avant tout à son intégration au système politique bourgeois comme parti classique, représentant la « droite dure ». En fait, le FN développe un discours populiste pour se faire une place dans les mécanismes parlementaires, et non pour les détruire. C’est un parti réactionnaire, contre-révolutionnaire mais cela ne fait pas de lui un parti fasciste, dans la situation actuelle.

Il n’y a pas de menace fasciste aujourd’hui 

 Le fascisme, dictature ouverte de la bourgeoisie, n’est utile que lorsque le vernis démocratique se craquelle et que l’ordre bourgeois risque d’être renversé par la classe opprimée. Pour le moment, la domination de la bourgeoisie n’est pas menacée. Il n’existe pas de force de classe qui s’en prenne réellement au système et souhaite le renverser. Les critiques sont sur la forme et de plus ne sont pas dangereuses. A gauche Le FDG partage avec le FN certaines thèses économiques, nationalistes et chauvines et se propose de rénover la république. Rien d’inquiétant pour le pouvoir de la bourgeoisie. Face à la faible contestation des mesures d’austérité par les classes dominées, point besoin de dictature ouverte du capital. L’appareil d’Etat bureaucratique, forces de police et militaire et judiciaire permettent largement de maintenir et réprimer toute réaction du mouvement ouvrier dans le cadre de la démocratie parlementaire. Le capitalisme porte la violence et la répression dans son ADN.

Les communistes face au FN

Le FN est un parti de la bourgeoisie qui a comme rôle de diviser le prolétariat afin d’éviter leur unité politique. C’est un parti impérialiste qui combat pour le capital et pour la puissance de la bourgeoisie française dans le monde. Construire le Parti communiste de France, réaliser l’unité de la classe ouvrière sur la base de ses intérêts historiques sont les meilleures façons, idéologique et concrète, de combattre le FN et le capitalisme.  

 Notre tâche de communiste est de battre en brèche les idées frontistes et réactionnaires. En se mobilisant pour construire le Parti communiste (ML) de France, en étendant son influence politique communiste sur le prolétariat, le ROCML lutte contre les idées qui divisent la classe ouvrière, dont celles particulièrement xénophobes et populistes du FN. Ce n’est pas en courant derrières les fascistes, le Front de gauche ou le PS que le FN et le système capitaliste dont il est porteur pourra être vaincu. Seule la perspective communiste est réellement l’alternative au système capitaliste en crise et à son instrument qu’est le FN. Toute autre tentative antifrontiste est vouée à l’échec ou à se mettre à la remorque de tel ou tel parti opportuniste bourgeois. Concrètement, aucun pas en avant ne peut être fait vers la perspective de l’unité du prolétariat. C’est à cela que les partisans « communistes » de la fascisation de la France doivent réfléchir ; eux qui depuis 50 ans agitent le chiffon rouge du danger brun.Les communistes doivent dénoncer le FN comme un parti bourgeois-impérialiste qui sème la division dans les rangs ouvriers du fait de sa xénophobie et de son racisme. Cependant, le FN ne menace pas la démocratie bourgeoise d’une dictature fasciste. L’ordre du jour pour tout communiste est la révolution et l’instauration du socialisme, ce n’est pas la défense des libertés et de la démocratie face au fascisme. Les communistes refusent donc toute caution à un sauvetage de la gauche bourgeoise sous prétexte d’antifascisme, ainsi que tout embourbement dans un combat qui ferait perdre son énergie au mouvement de reconstruction marxiste-léniniste.

 

[1] « Nous sommes prêts à gouverner », Marine Le Pen, Le Figaro, 29 août 2014, http://www.lefigaro.fr/politique/2014/08/29/01002-20140829ARTFIG00286-marine-le-pen-nous-sommes-prets-a-gouverner.php

[2] Communiqué du FN, le 8 avril 2013, sur le décès de Mme Thatcher, le FN y « salue la mémoire d’une dirigeante de conviction profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale ».

[3] Voir son livre.

[4] Programme du FN, sur son site.

[5] Mansouri, « les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme », L’Humanité, 16/11/2011.

[6] Pottier C., Les multinationales et la mise en concurrence des salariés, L’Harmattan, Paris, 2003, 252 p., L’auteur montre que les multinationales qui s’implantent créent toute une base productive autour d’elles : sous-traitance, service. L’idée du FN serait de faire revenir ces entreprises en France pour dynamiser le tissu de PME-PMI.

[7] Voir le communiqué de Aymeric Chauprade du FN le 21/10/2014 :C. De Margerie, La France perd un grand patron de l’énergie.

[8] Terme qu’au passage Thierry Lepaon reprend.

[9] Lénine, L’Etat et la Révolution.

[10] Cité par Mansouri, ibid.

[11] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN

[12] Voir les articles de Médiapart du 25/02/2014 et du 12/06/2014.

[13] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, Seuil, Paris, 2014, 496 p., p. 425. Et dans son programme, le FN assure une « sécurité garantie » pour Israël.

[14] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[15] Réaction de Marine Le Pen à l’intervention française au Mali, 11 janvier 2013.

[16] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN.

[17] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[18] En tant que communistes conduire la partie du prolétariat la plus corvéable qu’est la main d’œuvre immigrée à s’unir avec le reste du prolétariat pour lutter contre l’exploitation est une tâche importante

[19] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, p. 182-83

[20] Communiqué de S. Ravier en 2013, « La CGT : comment gangréner le travail et la vie des Marseillais ».

[21]Communiqué de Marine Le Pen du 22 octobre 2010 :   http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/05/10/2490437_marine-le-pen-contre-les-greves-trop-dures.html

[22] Dans le programme du FN : les révolutions arabes et la guerre en Irak « auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe ».

[23] Vigna X., Histoire des ouvriers, p. 293.

[24] Idem, p. 294-95.

[25] Idem, p. 293.

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