Interview d’un jeune étudiant d’Albi

La cellule d’Albi fait un travail important auprès des jeunes travailleurs et des étudiants. Elle est aussi présente au sein du Syndicat des Etudiants d’Albi – Etudiants en lutte qui « s’engage à contribuer à la lutte d’ensemble des travailleurs/ses pour la suppression de l’exploitation capitaliste. »

Voici l’interview d’une jeune étudiant syndiqué qui montre toute la nécessité de mener la lutte sur le terrain des facultés, contre la sélection sociale, pour un enseignement gratuit et populaire. L’aboutissement de ces revendications populaires et légitimes ne peut être que dans la rupture avec la société capitaliste. D’où la nécessité de lier la lutte des étudiants à la perspective anticapitalisme du socialisme.

 

Bonjour, peux-tu te présenter rapidement ? Age ? Quel cursus suis-tu ?

Je m’appelle Julien, j’ai 18 ans. Je suis en première année de licence d’histoire.

Comment fais-tu pour payer tes études ?

J’ai la chance de pouvoir vivre chez mes parents ça m’évite de devoir payer des frais supplémentaires.

Tu as peut être entendu parler des réformes de l’enseignement supérieur qu’en penses-tu ?

Elles ne me semblent pas du tout appropriées. La réforme d’APB (ndlr Admission Post Bac) va dans le sens d’un développement de l’élitisme. La fac n’est plus accessible à tous parce qu’ils veulent développer la sélection en université pour certaines catégories de personnes.

Peux-tu préciser ?

J’ai un Bac Pro, mais ce n’est pas pour autant que je ne suis pas plus capable de mener des études d’histoire. J’ai autant de capacités qu’un bac général. C’est stupide de vouloir les favoriser, ce n’est pas parce qu’on ne réussit pas en lycée qu’on n’a pas le droit de faire les études de notre choix plus tard. On voit en plus que c’est l’université qui va décider de si ils nous acceptent ou pas. Franchement cette histoire c’est un peu de la sélection de classe.

La réforme des mutuelles étudiantes et le budget de l’enseignement supérieur ?

Je suis partagé, mais ça montre un désintérêt pour le statut étudiant dans les deux cas. Les fonds investis sont insuffisants.

Que penses-tu du syndicalisme étudiant ?

Je le vois comme une voie pour faire pression, un levier pour obtenir un pouvoir sur nos vies. On peut faire entendre notre voix et influer sur nos quotidiens réellement. C’est un bon moyen de s’investir dans la vie étudiante tout en défendant des idées et des valeurs. Cela permet de se responsabiliser, d’être en contact avec les autres. Après il n’y a pas forcément une bonne réception du syndicalisme en fac je pense mais ça tient plus au fait que beaucoup de monde essaie d’éviter le débat politique. Puis ils ont peur d’un « contrôle politique ». C’est aussi pour ça que le syndicat doit pouvoir développer des activités culturelles et sportives qui permet de montrer un autre visage.

De quel type d’Université rêves-tu ?

Si l’on veut que plus de monde soit bien formé, possède des qualifications ça demande d’ouvrir plus largement la faculté. Je suis pour lutter contre la reproduction sociale. Il faut plus de libertés, de force et de voix aux étudiants. C’est pour ça que je soutien la création de structure qui le permettent comme le syndicat. Pour l’instant, la fac ressemble à un océan où l’on jetterait les étudiants sans distinctions et livrés à eux-mêmes, normal que plein se noient. Il faut vraiment s’investir dans les facs, parce que les jobs étudiants c’est vraiment de l’esclavage.

 

Correspondance, cellule d’Albi

 

 

UNE MOBILISATION ÉNORME ! UN GOUVERNEMENT AUX ABOIS !

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80 000 manifestants officiellement recensés à Paris ! Le gouvernement doit vraiment être aux abois face à la force de la mobilisation pour inventer de tels mensonges. La mobilisation était massive à Paris avec un million de personnes et 1,3 million de personnes dans tout le pays. Cette nouvelle journée a montré à nouveau la détermination des travailleurs. Les travailleurs se sont unis dans les cortèges dans une atmosphère de lutte et de solidarité de classe.

Cette journée a montré au gouvernement la puissance du mouvement contre la loi travail et le soutien massif et populaire à ce mouvement. C’est pour ces raisons que la bourgeoisie a utilisé toute sa force pour attaquer et tenter de décrédibiliser le mouvement.

Premièrement, en utilisant la casse organisée par les mouvements autonomes ou les provocateurs en civils à la solde du pouvoir socialiste.

Deuxièmement, en mobilisant tout son appareil idéologique, les grands médias et en organisant un tapage systématique contre la CGT pour l’assimiler aux « autonomes casseurs » et pour dissimuler l’ampleur de la mobilisation.

Troisièmement, en utilisant la répression et en empêchant le cortège de terminer la manifestation sur la pelouse des Invalides. Les CRS ont attaqué les cortèges de travailleurs. Les dockers de la CGT ont d’ailleurs riposté. Ils ont eu raison. Face à cette provocation, leur violence avait un caractère de classe, ouvrier, elle était juste. Le service d’ordre de la CGT, accusé dans les médias, a subi la répression policière de plein fouet car il protège les manifestants. L’attaque des cortèges est systématique. Ce n’est pas là une « bavure » mais bien une stratégie organisée par le gouvernement pour casser les manifestations et empêcher un mouvement encore plus massif. Le gouvernement a un intérêt à affaiblir le mouvement, il a un intérêt à la répression policière ! Quels autres moyens a-t-il en réserve pour faire passer sa loi ? II ne convainc plus personne des « bienfaits » de cette loi.

Quatrièmement, en créant une « union nationale » des partis au service du capital contre les travailleurs : PS, LR, FN. Tous y vont de leurs discours pour réclamer l’interdiction des manifestations. Ils ne reculent devant rien pour essayer, en vain, de discréditer le mouvement. Les propos sont abjects. Cazeneuve utilise des victimes d’attentats terroristes, Hollande l’euro de football et la sécurité face au terrorisme. Marisol Touraine s’indigne des vitres brisées sur l’hôpital Necker mais organise la casse des hôpitaux et de la santé : 22 000 postes seront supprimés d’ici 2017 dans les hôpitaux. Hollande et Valls menacent d’interdire les manifestations et font pression sur la CGT.

Encore une fois, ce gouvernement montre son véritable visage. Il est l’ennemi des travailleurs, au service des grands monopoles français qui ont un intérêt à voir la loi El Khomri passer pour faire face à la concurrence internationale, et maintenir leur taux de profit.

De notre côté, nous ne devons pas céder, la mobilisation doit se poursuivre les 23 et 28 juin. Amplifions la solidarité, les grèves, le blocage économique, les manifestations, toutes les formes d’actions qui permettent de maintenir et d’augmenter le rapport de force.

 

 

CE GOUVERNEMENT EST AUX ABOIS, TRAVAILLONS A LE FAIRE PLIER

 

RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

 

INDEMNISATION PAR L’ÉTAT DES MANIFESTANTS BLESSES !

 

HORS DU POUVOIR LES ENNEMIS DES TRAVAILLEURS ! 

Loi travail: l’imposture du FN

Les médias se font l’écho de la soi-disant opposition du parti frontiste à la loi El-Khomri (Florian Philippot, vice-président du parti, a parlé d’un « choc de précarisation »), faisant croire que le FN était sur la même ligne que la CGT !

 

Pourtant à y regarder de plus près la réalité est bien différente, en témoigne ce passage d’un de leur communiqué (19 février 2016) : « Le projet de loi El Khomri sur le droit du travail ne réglera en rien les difficultés économiques des TPE et des PME, une nouvelle fois grandes oubliées de cette réforme ». Le masque tombe. Ce qui intéresse le FN, ce ne sont pas les ouvriers et les travailleurs, mais les petits entrepreneurs, artisans et commerçants qui constituent la base sociale de ses militants et de ses plus fervents soutiens. Dans leur logique, seules les grandes entreprises pourront appliquer la dérégulation du code de travail et obtenir un avantage concurrentiel énorme sur les petites et moyennes entreprises. Ce n’est donc pas la casse sociale que dénonce le front national, mais seulement que toutes les entreprises n’aient pas les mêmes facilités à détricoter le droit du travail !

 

On pourrait rétorquer que cette argumentation ne tient pas une seule minute face à l’examen de la réalité sociale. C’est au contraire dans les grandes entreprises, là où subsistent des bastions syndicaux (même gangrénés par le réformisme), que les salariés peuvent encore conserver certains de leurs acquis sociaux. A l’inverse c’est dans les TPE et PME, là où la représentation syndicale est quasi nulle ou étouffée, que les salariés subiront les diktats de leurs employeurs.

 

De plus le FN profite de cette loi pour une fois encore marteler son discours nauséabond et délétère sur l’Islam. Il s’indigne de « l’incroyable blanc-seing que donne le projet de loi aux revendications religieuses et communautaristes ». Encore du venin distillé chez les travailleurs pour les diviser et bien sûr stigmatiser ceux issus de l’immigration et de confession musulmane alors que pour lutter contre la loi Khomri, les travailleurs ont besoin de l’unité la plus large. Dans la réalité la loi travail ne change absolument rien dans ce domaine et un débat sur la « laïcité en péril » est caduque et hors sujet puisque le principe de laïcité ne s’applique pas aux entreprises privées.

 

Le Front national confirme donc qu’il est un parti nuisible à la classe ouvrière (de plus où sont passés ces opposants ? Le FN était-il en tête de cortège lors des manifestations ?), réactionnaire et xénophobe, représentant des intérêts de la bourgeoisie française et du capital.

 

Tract JCML: CONTINUONS LA LUTTE JUSQU’A LA VICTOIRE

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CONTINUONS LA LUTTE JUSQU’A LA VICTOIRE !

La mobilisation contre la loi travail du 31 mars a été un vrai succès avec plus d’un million de travailleurs, d’étudiants, de lycéens, de chômeurs dans la rue pour exprimer leur colère face à un gouvernement qui veut les ramener au XIXe siècle et accroitre toujours plus l’exploitation, la misère et la précarité. Des affrontements ont éclaté dans de nombreuses villes, révélant la vraie nature des forces de l’ordre (une milice au service du capital) mais aussi la volonté d’en découdre avec une partie de la jeunesse. Cependant une seule journée de mobilisation ne suffira pas à faire échouer la classe dominante.

C’est pourquoi la jeunesse populaire doit se mobiliser encore plus et construire dans la durée un véritable mouvement de contestation anticapitaliste. La détermination pour lutter dans la durée, l’organisation de la lutte à la base dans des comités locaux (dans l’entreprise, dans les facultés et les lycées), l’utilisation de formes de luttes nouvelles, plus combatives (jonction étudiants/travailleurs, la grève reconductible, blocages économiques) peuvent pousser le gouvernement à céder sur son projet.

Mais nous ne devons pas en rester là et surtout nous ne devons pas suivre les mots d’ordre réformistes de certaines organisations (telles que l’UNEF ou le MJS, toutes deux affiliées au PS !) qui font semblant de combattre cette réforme alors qu’en vérité ils ne sont là que pour canaliser la colère populaire et donner une caution de gauche à un gouvernement moribond et anti-ouvrier !

Il est urgent de se doter de véritables organisations politiques de lutte de classe, indépendantes et révolutionnaires. Il ne faut pas se contenter du retrait de ce projet de loi, il faut aller plus loin, créer un véritable mouvement populaire et anticapitaliste et créer sur vos lieux de travail ou d’études des organisations de base indépendantes des organisations réformistes !

POLITISER LA LUTTE DANS UN SENS REVOLUTIONNAIRE !

PORTER LE MOUVEMENT SUR LE TERRAIN DE L’ANTICAPITALISME !

AMENER L’ORGANISATION SUR TOUS LES LIEUX OU NOUS LUTTONS !

SE BATTRE JUSQU’A LA VICTOIRE !!!

 JCML

Contact : jcml.nationale@yahoo.fr

Communiqué JCML: SOUTIEN AUX CAMARADES REPRIMES

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Alors que la lutte contre la loi dite « travail » bat son plein et que la jeunesse s’engage pleinement dans l’offensive, la police du capital s’engage, elle, dans la voie de la répression et du matraquage.

La répression la plus médiatisée, et surement la plus violente, est celle de ce jeune de quinze ans du lycée Henri Bergson de Paris frappé en plein visage par des policiers alors qu’il n’avait aucun moyen de se défendre. Mais il y a aussi les arrestations de nombreux syndicalistes étudiants de Solidaires (Pau, Besançon, etc.) ainsi que de militants de la Cgt. Nombreuses sont aussi les interventions policières dans les assemblées générales des étudiants ou des travailleurs (La Poste, Université Tolbiac, etc.).

Ces événements ne sont pas anodins et loin d’être des coups du hasard. La répression s’organise au niveau de l’Etat et localement au niveau des préfectures. Le voile est levé sur l’objectif véritable d’une mise en place durable de l’Etat d’Urgence, il y a pour le capital urgence de maintenir leur ordre tout en dégradant nos conditions de vies et de travail. La motivation du Capital et du gouvernement est sans borne pour vaincre la résistance du peuple et de la jeunesse populaire.

Notre lutte montre combien le mécontentement général est fort et dépasse largement la contestation contre la loi dite « travail », il faut amener de plus en plus ce combat sur le terrain de l’anticapitalisme ! Il faut créer l’unité à la base, et organiser la solidarité contre les répressions et envers les réprimés ! Mais aussi chasser du pouvoir les ennemis du peuple.

Organisons le combat ! Organisons nous ! Contre la répression et les mauvais coups ! Il faut créer l’unité à la base pour avancer vers la victoire malgré les obstacles. Il faut continuer la lutte. L’amplifier et la consolider en vue de la victoire, car c’est notre seule issue possible afin de garder notre dignité et des perspectives de vies hors de leurs profits ou de quelconques rentabilités !

Nous apportons notre entière solidarité à tous les camarades frappés, mis en garde à vue, qui ont reçu des peines pour leur engagement dans la lutte actuelle !

LA LUTTE NE DOIT PAS S’AFFAIBLIR MAIS S’AMPLIFIER ET  LE COTE DUQUEL SE TROUVENT LES FORCES DE L’ORDRE EST CLAIR, CELUI DE L’ORDRE DU CAPITALISME !

Contact : jcml.nationale@yahoo.fr

Site : http://rocml.org/jcml-acceuil/