30594350_10216543778846104_4710483048058060800_oLes premières lueurs du jour font leur apparition. Une bonne centaine d’étudiants et personnels s’active déjà devant les grilles fermées de la fac de Lettres pour tenir le piquet de grève, décidé la veille en Assemblée Générale. Durant la nuit, confie un membre des JC, une équipe s’est occupée de mettre en œuvre le blocus et les banderoles appelant au rassemblement en fin de matinée.

Ils n’ont pas renoncé les étudiants de l’UPPA. Malgré les intimidations policières de la veille sur le campus de Nanterre, malgré les coups d’éclats de milices d’extrême droite, ils sont là, motivés, devant les grilles fermées à renfort de poubelles de la fac de lettres.

 

Ces étudiants mobilisés n’en sont pas d’ailleurs à leur premier coup d’essai. Depuis, le mois de février, c’est environ 200 étudiants conscients des dangers du plan étudiant et de parcours-sup qui vivent au rythme des AG, des diffusions de tracts, des blocages partiels, et des manifs. Ils ont même obtenu que le CA de l’université vote une motion majoritaire contre la sélection mise en place par le gouvernement. Et même si le mouvement a du mal à faire la bascule, remarque Bastien de Solidaires-étudiants, il est très populaire. La preuve, les grévistes reçoivent en amphi de droit un accueil chaleureux dans un UFR plutôt réticent à toute agitation sociale. Pour autant, ici, la parole des étudiants mobilisés est bien reçue, les étudiants de 1ère année applaudissent. Il n’y a plus que Gabriel Attal, rapporteur LREM du projet de loi sur la réforme de l’université pour dire « Je ne vois pas de mouvement d’ampleur ». Comme le dit le célèbre adage, « au pays des aveugles, les borgnes sont rois ». Macron et son gouvernement ont, il est vrai, bien du souci à se faire. Partout, les mouvements s’amplifient. Les étudiants réfléchissent à des moyens de soutenir les cheminots. Il ne manque que le contact regrette Bastien. La volonté est clairement là. Elle devrait pouvoir se traduire en actes le 19 avril, lors de la prochaine action du tous ensemble pour résister au bulldozer capitaliste.

 

Ce que le gouvernement ne voit pas venir, c’est que ce mouvement cristallise de plus en plus d’attentes sociales et politiques. Les étudiants et personnels en lutte ont profité de leur lieu d’étude ou de travail pour s’organiser et réfléchir, se former ensemble. C’est pour beaucoup une première expérience de l’organisation démocratique de la lutte. L’université devient sous l’impulsion de ceux qui luttent, un lieu critique, de discussion politique, d’éducation populaire où étudiants et personnels se forment collectivement. Ici un étudiant décortique les lois, là on débat d’un problème de société ; ailleurs des secrétaires deviennent enseignantes et expliquent pourquoi les réformes les touchent…

C’est lorsque les étudiants et personnels reprennent en main leur avenir que l’université devient populaire. C’est d’ailleurs ce qui pousse le gouvernement à asphyxier toute tentative de transformation des universités en espace démocratique pour mener la lutte.

Clairement, le mouvement étudiant est de retour. Le quinquennat Hollande l’avait assommé de ses faux-semblants, de son hypocrisie. Même la lutte contre la loi El Khomri avait fait un flop sur le campus malgré la motivation des quelques syndicalistes étudiants. Ils avaient tenté d’alerter les étudiants du danger… En vain. Mais le temps perdu peut se rattraper rapidement. En moins d’un an de pouvoir, les contre-réformes de Macron soufflent les braises de la colère étudiante qui était latente depuis le coup des APL. Depuis le début de la mobilisation, les petites troupes de Solidaires étudiants se sont d’ailleurs renforcées de 10 nouvelles cartes.

 

A l’UPPA comme ailleurs, les étudiants, les salariés, lancent un cri d’alerte en même temps qu’un cri de guerre. Cri d’alerte car ils entendent préserver collectivement leur avenir. Cri de guerre car ils ne laisseront pas les Macron, Vidal et autres commis du capital et du dégraissage des services publics casser l’accès à l’éducation.

N’en doutons pas, ce qui se passe ici se reproduit à l’identique dans des dizaines, des centaines, des milliers d’autres lieux. C’est ce que craint le pouvoir. Et il a raison car c’est de ces étincelles que peut jaillir la flamme toujours vivante de la révolution.

 

Correspondant Voix des Communistes – Pau.

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