LE 51ème CONGRES DE LA CGT: Un congrès plein d’espoir pour l’avenir

Le 51ème congrès de la Cgt s’est tenu à Marseille durant la troisième semaine d’avril 2016. Des militants du ROC-ml étaient présents en tant que délégués au congrès.

 

Un congrès qui se tient en plein mouvement social contre la loi « travail »

 

Le congrès s’est ouvert alors que les travailleurs battent le pavé dans les villes contre la loi El Khomri.

Dès le premier jour, lors de l’ouverture cela se fait sentir lorsque la présidence du congrès annonce la présence de la CFDT ou du PS, qui donne lieu à de véritables soulèvements dans la salle avec des slogans repris par une large majorité des délégués tels que « dehors ! », « traitres » ou encore « scandaleux ».

Les grèves et les manifestations en cours poussent de nombreux congressistes à prendre la parole pour dénoncer le gouvernement, montrer la nécessité de lutter classe contre classe et à réclamer un appel du congrès à la lutte, chose qui sera fait durant les jours qui suivirent l’ouverture et approuvé quasi unanimement par le congrès. Cet appel lance l’amplification de la lutte et sa poursuite. Appel qui fut, nous pouvons le dire, imposé à la confédération.

Le fait qu’un mouvement puissant des travailleurs se menait durant le congrès fut un élément incontestablement positif. L’esprit combatif s’en ressentait dans les prises de parole, les critiques sur le syndicalisme rassemblé s’en retrouvaient plus aigües. Des interventions portant la question de la lutte de classes se succédaient. Néanmoins un niveau politique encore assez faible se fait sentir dans nombre d’interventions.

 

Un congrès qui se tient dans un syndicat Cgt tiraillé

 

Le rapport d’activité, qui fait un bilan sur les trois dernières années depuis le dernier congrès, ne trouve que 58,9% de votes d’approbation, score historiquement faible. En effet la succession de Thibault avec l’affaire Lepaon, l’inactivité face aux lois Macron, Rebsamen, etc. auront eu un impact sur la Cgt et ses militants qui remettent en cause l’activité de la confédération.

Il faut aussi noter le souhait de la part des délégués de plus de démocratie dans la Cgt, notamment en ce qui concerne les amendements des textes du congrès, dont 902 étaient proposés et 54 retenus. Les délégués souhaitaient pouvoir avoir accès à tous ces amendements et que ce ne soit pas simplement un bureau restreint qui décide de ceux à retenir et ceux à porter public.

L’une des plus vive discussion dans le congrès fut celle du syndicalisme « rassemblé », tant décrié par une bonne part des syndiqués Cgt. Portée dans l’un des textes d’orientation, ce syndicalisme « rassemblé » auprès de la CFDT fut vivement critiqué et un vote séparé sur cette question est demandé par une bonne part des délégués. Ce qui, bien sûr, sera refusé par la confédération, en danger sur cette question.

C’est dans ce sens que l’on peut observer durant le congrès des fédérations plus combatives (chimie, commerce, métallurgie, construction, etc.), sur des positions se rapprochant de celle d’un syndicalisme classe contre classe, alors que d’autres sont complètement sur la ligne confédérale, sur le syndicalisme « rassemblé », réformiste (cheminot, etc.).

 

Conclusion

 

Les interventions des camarades du ROC-ml à été très appréciées par les délégués du congrès. Ils portaient sur les questions de la lutte et de l’organisation de la Cgt. Cela à aussi été pour nous une riche expérience militante où de nombreux contacts ont été noués.

Il ne faut pas se faire d’illusions, même si ce congrès par rapport aux précédents peut montrer des

choses intéressantes comme des fédérations et des militants combatifs qui tentent de tirer la Cgt sur un syndicalisme de lutte classe contre classe. La Cgt reste principalement sur une ligne claire réformiste. Il n’y pas réellement une nette opposition « révolutionnaire » à la Cgt. Les dirigeants réformistes ont été reconduits pour continuer à mener leur politique réformiste. Philippe Martinez à bien réussi à éluder les vraies questions posées et habilement montrer une façade « radicale » pour mieux se faire accepter et distribuer un peu de poudre aux yeux sur une continuation de la lutte contre la loi El Kohmri de façon dure, usant même de termes comme « lutte de classes » dans son discours d’introduction.

Le faible niveau politique chez les travailleurs aujourd’hui ainsi que chez les militants Cgt leur font penser que changer la tête de la Cgt par une équipe militante radicale changera la Cgt complètement et l’amènera sur un syndicalisme classe contre classe.

Néanmoins, on ne peut nier aujourd’hui le bénéfice politique qu’il y a à militer syndicalement, à participer à un congrès confédéral. Les camarades du ROC-ml à qui l’on a confié ce genre de mandat prouvent encore une fois la confiance qu’ils reçoivent de la part de leur base et sont revenus avec une analyse plus fine des différents rapports de force dans la Cgt.

Nous restons convaincus qu’une certaine avant-garde des travailleurs est organisée dans la Cgt, une base militante qui sera dirigeante dans la lutte de classe pour la révolution. Aujourd’hui même cette radicalité réformiste gêne un système capitaliste qui n’a plus les possibilités de réaliser ses propres illusions d’améliorer le sort des salariés en pleine crise économique.

Les communistes doivent continuer ce travail syndical, de conscientisation, d’amener la combativité dans les rangs de la Cgt, de conduire vers un syndicalisme de classe contre classe, tout en sachant que seul un Parti prolétarien et communiste apportera la réelle indépendance à un syndicat de lutte de classe. Mais c’est bien dans cette lutte syndicale aujourd’hui que nous trouverons les cadres de ce Parti pour demain.

ON LUTTERA JUSQU’AU BOUT

Tract ROCML pour le 31 mars: Version PDF ICI

 

Depuis le 9 mars et malgré les tentatives du gouvernement pour freiner la mobilisation, les travailleuses et les travailleurs, les jeunes, poursuivent leur lutte pour le retrait de la loi El Khomri. Cette loi est la goutte d’eau qui fait déborder le vase du mécontentement des travailleurs. Alors que les lois Macron et Rebsamen ont eu pour but de casser l’organisation de classe des travailleurs en s’attaquant aux droits syndicaux (diminution des heures de délégation et formations syndicales), la loi El Khomri est la tentative de briser l’unité d’action des travailleurs en transformant le code du travail unique, national en un code propre à chaque branche ou entreprise. Si cette dernière était adoptée, il serait très difficile ensuite de résister aux autres offensives du capital. Il est donc nécessaire de mettre toutes nos forces et notre détermination dans cette bataille pour que ce projet néfaste échoue.

Il ne s’agit pas de négocier le poids de nos chaines ou encore de demander au gouvernement un autre projet. Non ! 4 années de gouvernement PS ont démontré que rien de positif ne pouvait venir pour les travailleurs. Hollande, Valls, El Khomri sont les porte-paroles, les représentants politiques du capital, du MEDEF ! Cette loi n’est pas un accident. Elle est la continuité logique de tout ce qui a été mis en place avant : cadeaux fiscaux au patronat (CICE, pacte de responsabilité…) et attaques contre la condition des travailleurs (réforme retraite, loi Macron, ANI…).

Les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et leurs organisations de classe. Ce ne sont pas les gouvernements, de droite ou de gauche, acquis au MEDEF qui vont défendre leurs intérêts. Il n’y a plus rien à attendre d’eux, de leurs partis et des organisations qui leur sont liées. Posons-nous la question : depuis 1981, qu’est-ce que la classe ouvrière a gagné ou perdu grâce aux différents partis bourgeois (droite, PS, « gauche plurielle ») ? Ce que hier des gouvernements avaient accordé, ils le reprennent aujourd’hui. Sous le capitalisme, rien n’est jamais acquis pour les travailleurs, qu’importe que l’on soit au XIXème ou au XXIème siècle. Seul le profit compte pour la bourgeoisie.

La classe ouvrière lutte de manière continue contre les attaques du patronat. Mais, a-t-elle obtenu des succès dans ses luttes ? Est-ce utile de lutter contre le gouvernement ? Oui c’est nécessaire car tous les acquis que nous connaissons dans la société capitaliste ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été gagnés dans des luttes (1936-45-68). Récemment, la lutte a prouvé qu’il était possible de vaincre, ou de stopper les offensives du patronat. En 1995, le mouvement de grève a fait échec au Plan Juppé, en 2006, les travailleurs et les jeunes ont permis le retrait du CPE. Partout, des luttes sont gagnées localement, des syndicats résistent dans la durée. Seule la lutte paie et peut permettre le retrait du projet de loi Travail.

        La détermination pour lutter dans la durée, l’organisation de la lutte à la base dans des comités locaux (dans l’entreprise ou dans les comités Goodyear) mais aussi nationalement avec comme mot d’ordre commun le retrait de la « loi Konerie », l’utilisation de formes de luttes nouvelles, plus combattives (jonction étudiants/travailleur, la grève reconductible, blocages économique et d’autres à créer) peuvent pousser le gouvernement à céder sur son projet. La jonction entre les travailleurs/travailleuses et les jeunes était aussi une étape nécessaire et incontournable.

        La mobilisation du 31 mars doit être un succès. Ce n’est qu’un début dans cette vaste mobilisation qui doit réclamer le retrait de toutes les lois anti-ouvrières prises depuis des années contre les travailleurs. Cette perspective anticapitaliste est la seule valable pour contrer l’offensive du capital, porter les intérêts des travailleurs. La lutte politique ne doit pas être laissée aux partis bourgeois et aux réformistes-traîtres. Les travailleurs doivent construire leur propre politique, indépendante, de classe. C’est pour cela que le débat et la lutte qui traversent le mouvement doit être élargit à l’ensemble des problèmes de la société.

        La lutte contre la loi travail fait peur au pouvoir bourgeois. Lorsque la bête est blessée, elle devient violente ! C’est pour cette raison qu’elle s’en prend aux jeunes. Rien ne doit nous faire céder. Les forces pour vaincre existent dans notre camp.

  • LUTTONS JUSQU’AU RETRAIT DE LA REFORME EL KHMORI !
    •  
  • RETRAIT DE TOUTES LES LOIS ANTI-OUVRIERES : MACRON, RABSAMEN, ANI, RETRAITES…
    •  
  • EXPRIMONS NOTRE SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS REPRIMES PAR L’ETAT, LES AIR FRANCE, LES GOODYEAR…
    •  
  • SOLIDARITE AVEC LES ETUDIANTS ET LYCEENS VICTIMES DE LA REPRESSION.  

 

    •  
  • STOP A L’ETAT D’URGENCE UTILISE POUR MATER LA MOBILISATION !

MOBILISONS NOUS JUSQU’AU RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

Après l’ANI, le pacte de compétitivité et la loi Macron, le gouvernement PS vient de sortir de son chapeau une nouvelle loi, la loi El Khomri en faveur du patronat. Préparée de longue date par plusieurs rapports, cette nouvelle loi baptisée Loi-Travail est un bulldozer lancé contre les travailleurs. Depuis quelques dizaines années, le monde ouvrier subit les attaques du capital mais depuis 2012, l’offensive capitaliste mise en place par le PS s’accentue et s’accélère. Aujourd’hui, il s’agit d’une attaque sans précédent contre les acquis obtenus aux siècles précédents par les travailleurs. C’est à un retour aux conditions de travail du XIXème siècle que veulent nous faire revenir gouvernement et patronat !

Tous les travailleurs doivent s’opposer et se mobiliser contre cette « loi Germinal » !

 

UN ATTENTAT CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

 

Cette contre-réforme est une attaque d’une violence inouïe lancée contre les travailleurs :

  • La priorité est mise sur les accords d’entreprise qui permettraient au patronat d’obtenir une augmentation du temps de travail ou une diminution des salaires. C’est la destruction d’un code national du travail au profit de codes d’entreprises.
  • Si un salarié refuse les changements de son contrat de travail, il pourra être licencié pour « motif personnel ».
  • Une entreprise peut mettre en place un plan de licenciements sans qu’elle ait de difficultés économiques.
  • La durée de travail maximale est augmentée de 44 heures sur 12 semaines à 46 heures sur 16 semaines.
  • Les jeunes travailleurs sont aussi touchés : les apprentis pourront désormais travailler 10 h par jour et 40 heures par semaine sans droit de regard de l’inspection du travail.
  • Le patronat devient intouchable s’il licencie illégalement : l’indemnité est plafonnée à 15 mois pour plus de 20 ans d’ancienneté.
  • Les syndicats sont attaqués car des syndicats minoritaires pourront organiser avec le patron un référendum pour faire passer des mesures : c’est la porte ouverte à toutes les régressions ! C’est un coup d’état permanent contre les syndicats combattifs.
  • Le travail d’astreinte peut être décompté des temps de repos. Cela aboutira à fractionner le temps de repos et signifiera la fin des 11 heures de repos quotidiens et réglementaires.

A LA VIOLENCE DE L’ATTAQUE,

OPPOSONS UNE ACTION COMBATIVE DE CLASSE !

 

Face à l’offensive du capital, les travailleurs ne peuvent pas rester les bras croisés. L’heure est plus que jamais à la mobilisation unitaire des travailleurs. Mais sur quelle base ? Celle d’une intersyndicale qui serait prête à marchander un recul inacceptable ? Non, la seule unité possible pour le mouvement doit-être le retrait de cette contre-réforme. Face à cette déclaration de guerre du capital contre les travailleurs, les possibilités de victoires sont liées à notre capacité à organiser une action unitaire, large et combattive. Il ne faut pas attendre mais organiser des assemblées générales de salariés dans les entreprises, informer les travailleurs en faisant signer la pétition, lancer des appels à la lutte dans son syndicat d’entreprise, dans les UL, UD et autres branches de syndicats. Chacun de nous a la responsabilité d’organiser autour de lui, dans son milieu la mobilisation nécessaire contre ce projet de loi afin que les premières journées de lutte (le 9 mars, le 31 mars) soient un succès.

 

Il est clair que seule une organisation nationale de la lutte utilisant des formes combattives d’action pourra faire plier le gouvernement. Rappelons-nous les leçons des luttes de 2006 ou de 2010. En 2006, seule l’action reconductible massive, dans la durée, avait forcé le gouvernement à céder en parti. En 2010, le gouvernement avait pris peur face au blocage des raffineries qui s’étaient malheureusement produits lors de l’essoufflement du mouvement. Prenons en compte ce qui avait fait le succès des mobilisations précédentes pour faire plier le gouvernement !

Le contexte actuel est tout de même différent. Le monde capitaliste et notamment la France, est confronté à une crise générale de son système économique. La bourgeoisie est sous tension face aux nécessités de préserver ses taux de profit. Cette contre-réforme est pour elle indispensable. L’état d’urgence appliqué depuis les ignobles attentats de Paris, les mesures répressives contre le mouvement ouvrier (condamnation des Goodyear, procès des Air France, mise en résidence surveillée de militants écologistes, garde à vues de nombreux militants CGT…) vont à n’en pas douter être utilisées par le gouvernement pour freiner la mobilisation. Il est donc nécessaire de lier la lutte contre la Loi-Travail à la fin de l’état d’urgence et aux répressions qui touchent le mouvement ouvrier. De même, les manœuvres du PS sur le « dialogue social », le report du projet de loi de 15 jours, sont des tentatives pour briser toute construction d’un mouvement populaire contre la loi El Khomri. Nous devons nous mobiliser jusqu’au retrait du projet de loi.

 

TRAVAILLEURS, ETUDIANTS, LYCEENS, MOBILISONS NOUS LE 9 ET 31 MARS

ET RECONDUISONS LES ACTIONS !

 

CE GOUVERNEMENT VEUT NOUS FAIRE REVENIR AU XIXème SIECLE ?

 FAISONS PLIER CE GOUVERNEMENT !

 

RETRAIT DE LA LOI-TRAVAIL EL KHOMRI !

RETRAIT DES LOIS RABSAMEN ET MACRON !

ARRET DE L’ETAT D’URGENCE ET DES POURSUITES SUR LE MOUVEMENT OUVRIER !

Affiche cgt

code du travail