S’ORGANISER POUR LUTTER ET VAINCRE
LUTTER POUR S’ORGANISER

Le 9 octobre la CGT, FO, Solidaires, la FIDL, l’UNEF et l’UNL, appellent à une journée de mobilisation et de grève inter-professionnelle. Venant après des luttes contre la loi travail et la longue mobilisation des cheminots, qui n’ont pas fait céder le gouvernement, il est légitime de se demander ce que peut donner une telle journée.
Du point de vue de ses résultats immédiats – même en supposant que la mobilisation serait importante, ce qui montrerait que les travailleurs veulent se battre – nombreux sont ceux qui savent qu’elle n’apportera rien. Mais qui ne lutte pas, se déclare vaincu d’avance. La journée doit être l’occasion pour les travailleurs qui se mobiliseront, de réfléchir ensemble sur les raisons des échecs successifs de toutes les luttes de caractère national où les intérêts de tous les travailleurs devraient être imposés face à ceux de la bourgeoisie.
C’est cette dernière classe, quel que soit le personnel politique qui est aux commandes de l’État bourgeois, qui a toujours eu le pouvoir et met en branle tous les rouages de l’État pour imposer aux travailleurs la réalisation de ses objectifs.
Des militants syndicalistes, notamment dans la CGT, prennent conscience des faiblesses du mouvement syndical. Certains préconisent la grève générale, illimitée ou non.
Mais avant de préconiser d’autres formes de lutte, il faut analyser et découvrir les causes qui ont conduit à cet état de faiblesse. Les découvrir permet d’agir pour les combattre.
L’échec des luttes, c’est l’échec du réformisme et des illusions qu’il a propagées depuis de longues années. Le réformisme entretient l’illusion qu’on peut obtenir des concessions par une politique de « dialogue social » et de partenariat. Les syndicalistes dans les instances dirigeantes des syndicats sont devenus des cogestionnaires du capitalisme et se sont éloignés des travailleurs, le corporatisme s’est développé, les syndicats de base ont périclité et les travailleurs s’en sont remis à l’activité – ou inactivité – de leurs délégués, au lieu de compter sur leur propre mobilisation dans la lutte. Dans cette même période la contrerévolution qui a renversé le pouvoir des travailleurs dès 1957 en URSS, a précipité les partis communistes dans la voie de la dégénérescence, avec comme conséquence la soumission des travailleurs à la politique de la bourgeoisie.
On le voit, aujourd’hui le passif est important, il ne se réduit pas au fait que les centrales syndicales, y compris la CGT, ne préconisent pas des formes de lutte plus radicales. Le sentiment d’impuissance qui entrave actuellement la force des luttes ne sera pas surmonté par des appels à plus de radicalité, tant que les freins venant du faible niveau de la conscience de classe ne seront pas entamés sérieusement. Les militants politiquement conscients, les syndicalistes combatifs n’ont d’autre choix que de retrousser leurs manches pour combattre l’influence idéologique et pratique du réformisme chez les travailleurs. Ils doivent mener un travail patient pour construire et développer des syndicats à la base sur des positions de lutte de classe. Ils doivent développer la conscience de classe anticapitaliste au sein de ceux-ci en défendant l’idée qu’il ne peut y avoir de solutions à la régression sociale imposée aux travailleurs, sans combattre le régime capitaliste dans ses fondements et pas seulement sur des aspects partiels pris isolément.
Les militants politiquement conscients, les syndicalistes combatifs doivent prendre part à toutes les luttes dirigées directement ou indirectement contre la domination du capital, mais ce faisant doivent agir pour faire avancer la tâche essentielle, qui consiste à édifier le parti communiste révolutionnaire indépendant des autres partis bourgeois et petit-bourgeois.
Dans notre journal La Voix des Communistes de septembre, les camarades intéressés peuvent trouver cette analyse et les tâches auxquelles doit s’atteler tout militant syndicaliste ou politique pour redresser la situation.