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En publiant ces quelques lignes d’un camarade

qui l’a bien connue et milité avec elle,

le ROCML rend ici hommage à Catherine Grupper disparue récemment.

LA VOIX DES COMMUNISTES, no 27, 1er semestre 2020 – p. 30

C’est une militante toujours au combat mais bien plus encore, qui disparait avec Catherine Grupper.

Depuis un demi-siècle, elle aura été de tous les combats, de toutes nos manifestations, mettant toute son énergie à diffuser des tracts d’appel à une nouvelle mobilisation, créant des passerelles entre les groupes, les associations, les individus, persuadée que la question de l’unité était centrale dans l’édification de notre camp social. Militante infatigable, elle s’engage en 1968 alors qu’elle est jeune étudiante, en rejoignant le Mouvement du 22 mars. Elle adhère à l’organisation Gauche prolétarienne dès sa création, n’hésitera pas à s’établir en usine pour y diffuser les idées révolutionnaires et subira la répression contre le mouvement maoïste qui la conduira à la prison de la petite Roquette en 1970.

Dans toutes les manifestations auxquelles j’ai participé depuis trente ans à Paris, elle était présente, rayonnante de bonne humeur, toujours un tract à distribuer, des fonds à récolter pour une cause, une discussion à reprendre on l’avait laissée. Elle a été une militante active pour le soutien aux sans-papiers, depuis l’occupation de Saint-Bernard en 1996 jusqu’aux piquets de grève de 2008. Également membre du MRAP, elle était particulièrement active dans les collectifs de soutien aux prisonniers politiques comme Georges Ibrahim Abdallah et d’autres. Ses engagements en tant que militante internationaliste, ses combats, auront été multiples : dans la campagne pour la libération de Mumia Abu-Jamal, et aux cotés des peuples opprimés – palestinien, kurde, mapuche (Chili)…

Elle rejoint Ras l’Front dès sa fondation, considérant avec clairvoyance qu’il était nécessaire d’impulser une large mobilisation contre les forces fascistes et la banalisation de la haine. Elle avait quelque chose d’une Pasionaria, consacrant sa vie à la défense des plus précaires, des plus vulnérables, d’une manière inconditionnelle, sans jamais compter ni son temps ni son énergie, pour les luttes et la solidarité.

Nos pensées vont à son compagnon et à ses camarades, dans ce moment de douleur. Le décès de Catherine a provoqué incrédulité et tristesse chez les militantes qui la connaissaient.

Elle a été toujours présente et solidaire avec les organisations progressistes et communistes, ne manquant aucune réunion publique du ROCML et solidaire avec notre journal.

On ne peut parler de Catherine sans évoquer son caractère, sa façon d’être très attachée à ses camarades. Jusqu’aux derniers jours d’hospitalisation, elle n’a eu de cesse d’appeler les camarades un par un pour les saluer, comme pour dire que ce sera l’ultime fois.

Merci Catherine, tu seras toujours vivante dans nos pensées et nos luttes !