MANIFESTATION DE LA POSITION DE CLASSE DE  LA PETITE BOURGEOISIE

DU SOUTIEN A DIEUDONNE A SA CONDAMNATION A MORT 

 

Dans les rangs de ceux qui  se réclament  du marxisme-léninisme, nous observons deux positions extrêmes caractéristiques du positionnement politique  de la petite bourgeoisie. D’un côté, certains, comme les  maoïstes du PCMF et leurs nouveaux adeptes de l’OC Futur Rouge sont en pointe pour désigner Dieudonné comme l’homme à abattre. Abattre au sens littéral. Ils ont manifesté à Tours pour interdire son spectacle aux cris de «  Dieudonné une balle, Soral une rafale ! » Admettons que les mots de ces écervelés anarcho-maoïstes dépassent leur pensée. N’empêche. Leur positionnement est politiquement clair : du côté de l’interdiction, donc du côté du gouvernement, de son ministre de l’intérieur Manuel Valls, de toutes les organisations sionistes de France et de Navarre, de tous les intellectuels, philosophes et journalistes, juifs ou non,  au service de l’Etat sioniste fasciste d’Israël, comme un Philippe Tesson qui réclame pour sa part rien moins que la peine de mort contre Dieudonné !

A l’opposé, d’autres  font de Dieudonné un anticapitaliste, un anti-impérialiste « qui a pris le contre-pied des intérêts des USA, de la France et de l’Angleterre, dénonçant les crimes commis… », « qui véhicule la plus totale insoumission vis-à-vis des médias officiels et des politiciens au pouvoir. »[1] Pour eux, Dieudonné doit être défendu comme un porte-parole du mouvement anticapitaliste et anti impérialiste. Il serait de surcroit le symbole des libertés que  la bourgeoisie a décidé de réduire dans un processus de fascisation moderne. En résumé, un propagandiste avancé du mouvement ouvrier et anti-impérialiste en France.

Ces positions  présentent  Dieudonné comme un facho pour les uns, une victime de ses déclarations anticapitalistes ou anti sionistes pour les autres. Or, Dieudonné n’est ni l’un ni l’autre. C’est un saltimbanque bourgeois qui utilise son bagou pour se remplir les poches  en utilisant  des thèmes qui transgressent (parfois avec pertinence) le « politiquement correct ». C’est son fonds de commerce. L’insoumis s’adaptera. Et le fait qu’il puisse influencer des jeunes n’entraine pas qu’il faille le soutenir pour cela.

Le pouvoir politique avait d’ailleurs accepté jusque là les bordées irrespectueuses de Dieudonné. Pourquoi donc est-il  devenu subitement un danger national, un ennemi « des valeurs de la République » ? En fait, au moment choisi, il est  devenu un personnage instrumentalisable, un prétexte, une occasion en or pour le gouvernement social démocrate bourgeois en difficulté et son principal dirigeant, F. Hollande, pour rallier autour d’eux toutes les tendances de l’arc politique bourgeois.

En visant Dieudonné, le pouvoir politique vise ainsi à réaliser l’union sacrée des partis bourgeois sur les lignes suivantes :

  • Soutien au sionisme. Après son discours au congrès du CRIF et sans doute sous l’exigence de ses dirigeants, F. Hollande a tenu à concrétiser par un acte symbolique fort son allégeance aux agents sionistes en France, et à l’Etat criminel d’Israël. F. Hollande sait que sa politique militaire au Moyen Orient s’exerce en lien étroit avec celle de l’Etat juif sioniste d’Israël.  En assimilant antisionisme et antisémitisme, les porte-parole politiques du parti socialiste et de la droite préparent la répression contre tout mouvement de soutien au peuple palestinien et d’opposition aux agressions de l’impérialisme français dans la région.

 

  •  Fermeté de l’appareil judiciaire et des plus hautes institutions politiques contre toute transgression des limites fixées par le pouvoir politique en place. Il n’aura fallu que quelques heures, le mardi 9 janvier après-midi pour que le Conseil d’Etat saisi par M. Valls annule l’arrêté du tribunal administratif de Nantes qui annulait l’interdiction du spectacle de Dieudonné arrêtée par le préfet de Loire Atlantique à la demande de F. Hollande. Même Jack Lang s’est ému de cette procédure et de cette jurisprudence. Il est clair que le pouvoir politique a voulu mettre en scène un acte d’autorité qui fera jurisprudence dans d’autres occasions. On peut s’attendre à un durcissement de la répression juridique et policière contre les travailleurs qui, dans leurs luttes, se mettraient « hors-la-loi ». 

 

  • Recherche de l’union sacrée des partis bourgeois de droite et de gauche.  Fragilisé par sa vie privée et par la perspective de remous « à gauche » après sa conférence de presse du 15 janvier, F. Hollande auto-étiqueté officiellement de « social démocrate » avait besoin d’un premier acte d’union sacrée avec la droite. « L’affaire Dieudonné » a fait le premier pas. Le « Pacte de responsabilité » dévoilé lors de sa conférence de presse en constitue le second. Ce « pacte » est une adhésion aux thèses libérales de la droite. Le MEDEF et les PME applaudissent. La droite y retrouve son programme et se retrouve coincée. Bref, tous les ingrédients d’une union sacrée sont réunis pour promouvoir une « union nationale destinée à sortir la France de la crise ». L’acte suivant sera d’entraîner le prolétariat dans la collaboration de classe avec le patronat. C’est là le plus grand danger. Que la bourgeoisie soit unie, quoi de plus normal. Que la classe ouvrière coopère aux buts de la bourgeoisie constituerait en revanche un recul syndical, politique et idéologique grave. La régression sociale s’aggraverait dramatiquement.

    C’est  à ce niveau que va se développer dans les mois qui viennent la bataille principale. C’est à ce niveau que les communistes doivent consacrer leur énergie et préparer la lutte avec les travailleurs.

Les communistes ne doivent pas dépenser leurs forces dans des combats secondaires ou des diversions. C’est dans le prolétariat que se construisent  les forces qui seront capables demain d’affronter et de battre la bourgeoisie. Pas dans les salles de spectacle et leurs abords.

Le 20 Janvier 2014