Depuis la fin  des années 60 l’épouvantail du danger fasciste dont le Front National serait le représentant est  systématiquement utilisé pour maintenir la contestation anti capitaliste dans les limites de la démocratie bourgeoise et pour mobiliser le peuple pour sa défense.

Cette tactique est largement utilisée par la gauche social-démocrate mais aussi par la gauche radicale  (PC, FDG) et groupes de l’extrême gauche pour qu’à chaque élection les « contestataires » rentrent dans le rang et y participent. Cela permet  au jeu électoral bourgeois de l’alternance politique droite-gauche de continuer  à fonctionner et  à renforcer la domination de la bourgeoisie  sur la société et l’exploitation des prolétaires.

La montée de l’extrême droite et du populisme dont le FN est le représentant est un signe de l’approfondissement de la crise et de la putréfaction du système capitaliste mais pas le seul. La droitisation de la vie publique, les lois coercitives, l’emploi de la  violence contre les militants  ouvriers sont des signes évidents que le système n’a plus les moyens de manier alternativement  la carotte et le bâton.

Il n’a d’autre alternative  que la répression et l’accentuation de l’exploitation des travailleurs. Mais on est loin du danger  fasciste. Les intérêts des monopoles ne peuvent se limiter au cadre étroit du marché national, les monopoles veulent avoir les mains libres pour  agir sur le marché  international, exporter et investir le capital partout dans le monde. En l’absence de résistance populaire  révolutionnaire la bourgeoisie est « en état de maintenir sa dictature sur les masses  par les vieilles méthodes de démocratie bourgeoise et de parlementarisme ».1

Ceux parmi les groupes d’extrême gauche et même auto proclamés communistes qui dénoncent  la fascisation de la société participent ainsi à créer des illusions sur  la démocratie bourgeoise.

Le FN a envoyé de nombreux messages et preuves de respect du jeu politique électoral, de la démocratie bourgeoisie et son langage populiste  antisystème ne l’empêche pas de fournir des gages de bonne volonté au capital. Comme les autres partis il est un parti de la bourgeoisie défendant ses intérêts face aux prolétaires.  IL demande par exemple un contrôle plus strict et plus régulier  des chômeurs avec priorité aux français de « souche » pour l’emploi ou prône la transformation des syndicats pour « qu’ils soient moins tentés de recourir à un rapport de force (grèves, manifestations) pour palier leur manque de légitimité »2 , pendant les luttes sur la réforme des retraites il s’en prend aux manifestants «..La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers »…

Et aujourd’hui, avec les difficultés  de la droite classique, la donne change. Le Front National est présenté par les médias de plus en plus comme une alternative crédible à l’alternance gauche droite classique discréditée  comme l’ont montré les dernières élections et qui ont  affolé nombre de militants politiques de gauche.

Le FN doit être combattu et dénoncé comme un parti bourgeois au service du capital  et sa dénonciation ne doit pas être  le miroir aux alouettes qui détourne les communistes et les travailleurs  de la lutte anti capitaliste et être dupe du jeu politique bourgeois.

1 G. Dimitrov, VIIème congrès de l’IC

2 Programme du FN