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Le Parti communiste israélien et la Nakba
Attitude et rôle
Mahmoud Mouhareb
Centre arabe de recherche et d’études politiques
Al Dhaayen, Qatar
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Chapitre premier
Contexte historique
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(blanc)
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Les chercheurs s’accordent à dire que les racines du mouvement communiste en Palestine remontent à la gauche ouvrière sioniste. En 1919, des colons sionistes en Palestine fondèrent le Parti socialiste des travailleurs (MPS) après une scission du Parti des travailleurs de Sion (Poalei Zion). En octobre 1919, ce parti tint une conférence (considérée ultérieurement par le Parti communiste palestinien comme sa première conférence)[1]. En 1920, le parti ajouta le mot "Hébreux" à son nom, devenant ainsi le Parti socialiste des travailleurs hébreux (MPS)[2].
Le contexte sioniste du Parti communiste palestinien lui a donné un caractère particulier, le plaçant dans une contradiction entre la réalité coloniale, de peuplement et d’expulsion, et la pensée marxiste qu’il défendait. Contrairement aux autres partis communistes, le Parti communiste palestinien n’est pas né de l’intensification de la lutte des classes, comme ce fut le cas dans la plupart des pays européens, et il n’est pas issu de l’aile gauche du mouvement national palestinien, tirant son radicalisme de sa lutte contre l’occupation coloniale, comme ce fut le cas pour certains partis communistes dans les colonies. Paradoxalement, le Parti communiste palestinien est né au coeur même du mouvement sioniste, qui cherchait à établir un État pour les colons juifs en Palestine aux dépens du peuple arabe palestinien, les habitants originels de Palestine. Contrairement aux autres mouvements coloniaux, l’objectif principal du mouvement sioniste n’était pas la simple exploitation économique des ressources matérielles de la Palestine ou de sa main-d’oeuvre arabe, mais bien l’établissement d’un État exclusivement juif pour les colons juifs en Palestine par l’immigration et la colonisation ‑ c’est-à-dire en déplaçant le plus grand nombre possible de Juifs du monde entier, notamment d’Europe, vers la Palestine et en les y installant.
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Le mouvement sioniste, dans ses ailes droite et gauche, s’est fixé pour objectif d’atteindre trois buts principaux [note ROCML ‑ Le texte d’origine inclut entre guillemets et entre parenthèses les termes que nous reproduisons à l’identique en arabe. En l’occurrence la traduction en français de mots arabes qui sont déjà le résultat d’une traduction en arabe de mots hébreux a tendance à aboutir à une confusion des sens. Nous préférons expliquer la controverse visée ‑ voir la note de fin à ce sujet : [3]].
Premièrement : nier ce que les sionistes appellent "المنفى" (بيطول هغولاه), c’est-à-dire nier l’existence de communautés juives dans le monde, et "جمع شتات" (كيبوتس غلويوت) c’est-à-dire rassembler la majorité, voire la totalité, d’entre elles en terre de Palestine, que les sionistes appellent "la Terre d’Israël".
Deuxièmement : établir un État juif en terre de Palestine.
Troisièmement : l’État juif devrait être un refuge sûr pour les Juifs.
Il va de soi que ces objectifs étaient en contradiction flagrante avec les droits du peuple arabe palestinien et constituaient une grave menace pour son existence même sur sa terre natale. La volonté de mettre fin à ce que les sionistes appellent "exil"/"diaspora" et de concentrer la population juive en Palestine, était en contradiction avec l’existence du peuple palestinien sur sa terre natale. Elle signifiait la négation de la présence palestinienne en Palestine et l’expulsion des Palestiniens de leurs terres. De plus, l’objectif d’établir un État juif en Palestine contredisait le droit du peuple arabe palestinien à établir son propre État en Palestine. Quant à l’objectif sioniste de faire de l’État juif un refuge pour les Juifs, il privait de fait les Palestiniens d’un lieu sûr, réduisant la majorité d’entre eux à l’état de réfugiés précaires.
L’objectif de la gauche sioniste n’était pas seulement de trouver une "solution nationale" à la question juive en Europe, mais aussi une solution "socialiste", par l’établissement d’une société de colons juifs socialistes et, par la suite, d’un État juif socialiste en Palestine. Quant à la majorité arabe en Palestine, la gauche sioniste lui refusait tout rôle et toute place dans cette société socialiste, ainsi que dans cet État juif socialiste. De même que l’État juif socialiste que la gauche sioniste cherchait à établir était un État réservé aux Juifs, le socialisme, pour elle, signifiait un socialisme exclusivement juif. Ainsi, lorsque la gauche sioniste évoquait la classe ouvrière, la lutte des classes, les rapports de production, les syndicats et la dictature du prolétariat, elle le faisait dans un cadre purement juif. De plus, lorsque la gauche sioniste a brandi ses trois slogans dans la deuxième décennie du 20e siècle, ceux-ci étaient dirigés contre les Arabes. Lorsque la gauche sioniste parlait de "conquête de la terre" (כיבוש הארץ) et "sauvetage de la terre" (להציל את כדור הארץ), elle entendait conquérir et s’emparer des terres des Arabes. Lorsqu’elle évoquait le "travail hébreu" (אלימאל אלבריו), elle entendait empêcher l’emploi d’Arabes dans les entreprises et installations juives. Enfin, lorsqu’elle parlait de "production hébraïque" (הפקה עברית), elle entendait boycotter les produits arabes.
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La gauche sioniste a ignoré la position des Arabes palestiniens sur le sionisme, faisant fi de leur rejet du socialisme sioniste ou l’attribuant à un prétendu "arriération" et à un manque de conscience de classe chez ces Arabes locaux "primitifs". Elle refusait de reconnaitre que le rejet du sionisme et du socialisme raciste de la gauche sioniste par les Arabes palestiniens découlait d’une contradiction matérielle fondamentale entre l’existence du peuple palestinien ‑ dont elle niait de toute façon l’existence ‑ et le projet sioniste visant à établir un État juif à ses dépens.
La position de la gauche sioniste à l’égard des Arabes palestiniens fut l’un des facteurs qui conduisirent les militants de gauche radicaux du Parti des travailleurs sionistes (Poalei Zion) à rejeter le sionisme et, par conséquent, à s’y opposer. Un autre facteur fut le rejet du sionisme par le mouvement communiste international. Les partis communistes, notamment en Europe, reconnurent que l’appel sioniste à l’immigration juive en Palestine entraverait la participation des Juifs à la lutte dans leurs pays d’origine et reviendrait à accepter l’antisémitisme et la persécution des Juifs dans ces pays comme historiquement inévitable. Un troisième facteur résidait dans l’alliance du mouvement sioniste avec les puissances coloniales dans la poursuite de ses objectifs. La Déclaration Balfour et l’alliance entre l’Organisation sioniste mondiale et la Grande-Bretagne furent parmi les indicateurs les plus significatifs de cette tendance.
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Les militants de gauche radicaux qui firent scission avec le Parti ouvrier sioniste comprirent que le maintien du sionisme les contraignait à jouer un rôle contrerévolutionnaire aux niveaux local, régional et international, et que sionisme et communisme étaient incompatibles[4]. La transition du camp sioniste au camp antisioniste ne fut pas linéaire, mais un processus graduel jalonné de nombreux rebondissements et conflits. En 1922, une minorité de droite se sépara du Parti socialiste ouvrier hébreu et fonda le Parti social-démocrate juif, éphémère[5]. Suite à cette scission, le Parti socialiste ouvrier hébreu se réorganisa et prit le nom de Parti communiste juif[6]. Ce dernier ne conserva pas longtemps sa cohésion. Lors de son congrès de 1922, un groupe de gauche fit sécession, l’accusant de collusion avec le sionisme, et fonda le Parti communiste de Palestine[7]. Le groupe resté au sein du Parti communiste juif se réorganisa après la scission et prit le nom de Parti communiste palestinien[8]. Le Parti communiste palestinien et le Parti communiste de Palestine agissaient comme deux partis distincts, chacun prétendant être le véritable parti communiste de Palestine. Cependant, en 1923, suite à la médiation de l’Internationale communiste (Komintern, IC) et du Parti communiste égyptien, les deux partis rivaux s’unirent à nouveau pour former un seul parti, le Parti communiste palestinien[9].
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Le fait que le parti ait changé de nom six fois en moins de quatre ans témoigne de la confusion intellectuelle et politique qui y régnait, et de la difficulté à se défaire de son héritage sioniste. Cela révèle également la contradiction matérielle qui existait entre l’appartenance des membres de ce parti à la société de colons sionistes en Palestine et l’idéologie marxiste qu’ils embrassaient, notamment dans le contexte de leur tentative d’adhésion à l’Internationale communiste.
Le premier Arabe rejoignit le Parti communiste palestinien en 1923, mais le parti refusa de se soumettre à l’exigence de l’Internationale communiste de s’arabiser, et le nombre d’Arabes dans ses rangs demeura très faible jusqu’au début des années 1930. Le Parti communiste fut pris au dépourvu par le soulèvement de 1929 en Palestine et ne parvint pas à le comprendre, le considérant comme un pogrome contre les Juifs. Par conséquent, sa position s’aligna sur celle du mouvement sioniste, sans reconnaitre aucun aspect révolutionnaire. Cela incita l’Internationale communiste à intervenir à plusieurs reprises pour corriger la position du parti et imposer l’arabisation à tous les niveaux. L’Internationale communiste dissout le Comité central du Parti communiste palestinien et en forma un nouveau composé de trois Arabes et de deux Juifs[10]. Au début de 1931, le Parti communiste palestinien tint son 7e congrès général, considéré comme un tournant dans son histoire. Le congrès a précisé la position du parti et a proposé une analyse approfondie du mouvement sioniste, du mouvement nationaliste arabe, de la lutte des classes et des méthodes de lutte, conformément aux instructions et analyses directes de l’Internationale communiste. Outre la reconnaissance que le mouvement sioniste était un instrument de l’impérialisme britannique, le 7e congrès général a affirmé que ce mouvement visait à établir un État juif aux dépens des masses arabes par la colonisation de la Palestine. Il a indiqué que la colonisation sioniste de la Palestine se déroulait en trois étapes : la première consistait en une immigration juive massive en provenance du monde entier; la deuxième en l’invasion de la Palestine avec l’aide de l’impérialisme britannique; la troisième en la confiscation des terres arabes par l’expulsion des paysans palestiniens et leur colonisation par des colons juifs sionistes; et la quatrième en la création de privilèges pour la communauté des colons sionistes en Palestine.
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Le congrès expliqua que presque tous les individus de la société de colons sionistes en Palestine bénéficiaient de privilèges, y compris les agriculteurs et les ouvriers juifs dont le revenu était quatre fois supérieur à celui des agriculteurs arabes. Il compara leur rôle politique à celui des koulaks contrerévolutionnaires et analysa en profondeur la situation de la classe ouvrière dans la société de colons juifs en Palestine, soulignant qu’elle bénéficiait de meilleures perspectives d’emploi et de meilleures conditions de travail que la classe ouvrière arabe. Concernant la participation de la classe ouvrière juive à la lutte contre l’impérialisme et le sionisme, le congrès affirma que les travailleurs juifs ne prendraient conscience du choix qui s’offrait à eux ‑ quitter le camp impérialiste, c’est-à-dire émigrer de Palestine, ou rejoindre le camp révolutionnaire ‑ qu’au prix de leurs privilèges. Le congrès affirma également que les masses de paysans et d’ouvriers arabes palestiniens constituaient la vaste majorité de la population de Palestine et formaient la base de la lutte révolutionnaire contre l’impérialisme britannique, le sionisme et les grands propriétaires terriens arabes. Le congrès indiqua que les formes traditionnelles de lutte pacifique ne suffisaient plus et appela à une révolution armée menée par la classe ouvrière[11].
Il semble qu’une grande partie des colons juifs membres du parti n’ait pas accepté les décisions de congrès. Lorsque la révolte de 1936-1939 éclata en Palestine, la direction du Parti communiste palestinien la soutint. Cependant, des désaccords apparurent rapidement entre les Arabes palestiniens et les colons juifs au sein du parti sur cette question, et les relations entre les deux camps se tendirent. Cela amena la direction du parti à autoriser les colons juifs à s’organiser de manière indépendante. Les désaccords et les conflits entre les Arabes palestiniens et les colons juifs au sein du parti concernant la question nationale palestinienne s’intensifièrent à la fin des années 1930 et au début des années 1940, autour de plusieurs points clés : la position à adopter vis‑à‑vis du mouvement national palestinien, de ses méthodes de lutte et de l’évaluation de la révolte de 1936; la position à adopter vis‑à‑vis de l’immigration juive en Palestine, la question de savoir si les colons juifs en Palestine constituaient une nation et s’ils bénéficiaient de droits nationaux progressistes compatibles avec les droits nationaux du peuple arabe palestinien; la possibilité de la présence d’éléments progressistes au sein du mouvement sioniste, et la possibilité d’une alliance avec eux[12].
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Le conflit interne entre Arabes palestiniens et colons juifs au sein du Parti communiste palestinien a entrainé en 1944 sa scission définitive en deux partis. Tandis que les membres colons juifs se réorganisaient sous la direction de Shmuel Mikunis[13] et Meir Vilner[14], conservant le nom de Parti communiste palestinien, les communistes arabes palestiniens s’organisaient au sein de la Ligue de libération nationale[15], [16].
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En 1944 le Parti communiste palestinien, dont la composition était désormais [depuis la scission de 1943] limitée aux colons juifs communistes, tenait un congrès général ‑ le huitième depuis ses débuts. Les résolutions de ce congrès contredisaient celles du 7e congrès du parti, tenu en 1931, et s’alignaient étroitement sur les positions du mouvement sioniste, notamment concernant l’immigration juive en Palestine, l’établissement d’une patrie nationale juive et la position à adopter envers le peuple arabe palestinien et ses droits nationaux. Les résolutions du congrès s’opposaient fermement au Livre blanc britannique de mai 1939, qui imposait des restrictions à l’immigration juive en Palestine et à la propriété foncière sioniste dans les territoires arabes. La direction du mouvement sioniste s’opposait également à ce Livre blanc. La conférence reconnaissait les colons juifs de Palestine comme une minorité nationale dotée de droits collectifs en Palestine[17].
Lors de son neuvième congrès en 1945, le Parti communiste palestinien, dirigé par Shmuel Mikunis et Meir Vilner, se rapprocha toujours plus du coeur du sionisme et de son objectif principal : l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, sans toutefois adopter formellement le sionisme. De plus, le parti appelait à ouvrir les portes à l’immigration juive en Palestine et à faciliter l’installation de populations sur place, son 9e congrès exhortant au libre développement du foyer national juif et à la "lutte pour le développement du foyer national juif". Mikunis souligna que le Parti communiste palestinien considérait le Yishouv juif comme une partie intégrante de la population palestinienne et, simultanément, du peuple juif mondial. Il expliqua la conception communiste d’un foyer national juif, insistant sur le fait qu’il s’agissait de permettre au Yishouv juif de développer sa vie économique dans l’agriculture, l’industrie, la navigation, le commerce, etc., ainsi que sa vie nationale et culturelle sur les fondements du progrès et de la fraternité des peuples. Cela impliquait également l’abolition des lois antisémites contenues dans le Livre blanc concernant l’immigration et l’installation des Juifs, ainsi que le droit de développer des institutions d’autonomie nationale, des autorités locales au Conseil national[18], pour toutes les affaires internes du Yishouv juif[19], [20]. C’est précisément ce que faisait le mouvement sioniste en jetant les bases de l’État juif.
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Un autre changement qualitatif dans les positions du Parti communiste palestinien est apparu lorsqu’il n’a pas seulement reconnu les colons juifs en Palestine comme une minorité nationale dotée de droits collectifs, mais les a reconnus comme une nation en Palestine, lorsque le parti a reconnu lors de sa dixième conférence tenue en 1946 que le foyer national juif était devenu une réalité, et que l’existence de deux nations en Palestine ne pouvait plus être ignorée, et a appelé à l’établissement d’un État arabo-juif binational en Palestine[21].
Le changement stratégique de la position soviétique
Alors que le Parti communiste palestinien, sous la direction de Mikunis et Vilner, s’orientait d’année en année vers l’acceptation des principes fondamentaux du sionisme et l’adoption de son objectif principal ‑ longtemps défendu par l’Organisation sioniste mondiale depuis son premier congrès en 1897 ‑ à savoir l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, le milieu de l’année 1947 fut marqué par un changement stratégique de la position de l’Union soviétique sur la question palestinienne. Cette même année, l’Assemblée générale des Nations Unies examina la question palestinienne et, en mai 1947, créa le Comité spécial des Nations Unies pour la Palestine (UNSCOP) afin d’enquêter sur la situation. Les Palestiniens, craignant la formation de ce comité et la possibilité qu’il cède aux pressions sionistes et coloniales, notamment américaines, le boycottèrent dès son arrivée en Palestine en juin 1947, y compris la Ligue de libération nationale. À la suite d ce boycott, le comité n’entendit que les témoignages du Yishouv juif, notamment celui du Parti communiste palestinien, dirigé par Mikunis et Vilner. Parmi les parties rencontrées par le comité figuraient les organisations militaires sionistes juives, à savoir la Haganah, l’Organisation militaire nationale (Etzel) et l’organisation "Combattants pour la liberté d’Israël" (Lohamei Herut LeYisrael – Lehi). Il fut révélé par la suite que le comité cherchait principalement à évaluer la capacité du Yishouv juif et de ses organisations militaires en Palestine à affronter les Palestiniens et les États arabes et à leur imposer l’État d’Israël par la force. Quinze ans après la remise du rapport du comité aux Nations Unies, l’un de ses membres révéla que si lui et ses collègues n’avaient pas été convaincus de la capacité des forces militaires juives à imposer l’État juif par la force et à le défendre, ils n’en auraient pas recommandé la création[22]).
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Le comité n’étant pas parvenu à une recommandation unifiée, il soumit deux recommandations à l’Assemblée générale des Nations Unies. La majorité préconisait le partage de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe, Jérusalem étant placée sous tutelle internationale. La minorité recommandait un État fédéral binational. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies adopta la recommandation majoritaire.
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Il est important de comprendre la position de l’Union soviétique, à cette époque critique et décisive, concernant la possibilité d’un partage de la Palestine, et plus précisément, la possibilité d’établir un État juif en Palestine, d’autant plus que l’Union soviétique s’est historiquement opposée au projet sioniste visant à établir un État juif en Palestine, et a toujours plaidé, sur la base de son idéologie marxiste-léniniste, pour la résolution de la question juive dans le monde par l’intégration des Juifs dans les sociétés et les pays où ils vivent.
À la veille du départ du comité pour la Palestine, Andreï Gromyko, représentant de l’Union soviétique auprès des Nations Unies, fit une déclaration sur la situation en Palestine le 14 mai 1947. Il est important de noter le lien établi par Gromyko dans cette déclaration entre la question juive en Europe et la question palestinienne. Gromyko affirmait que les aspirations d’une grande partie du peuple juif étaient liées à la Palestine, arguant que les Juifs avaient été persécutés, torturés et exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale, et que ceux qui avaient survécu et étaient restés en Europe n’avaient pas de patrie. Par conséquent, soutenait-il, "il est injuste de ne pas comprendre leurs aspirations et leurs espoirs d’une patrie"[23]. De ce point de vue, Gromyko rattachait la situation des Juifs en Europe à la question palestinienne, appuyant ainsi les aspirations juives à une patrie, non pas en Europe, mais en Palestine ‑ une revendication de longue date du mouvement sioniste.
Dans sa déclaration, Gromyko affirmait l’existence de deux nations en Palestine, chacune ayant ses propres racines historiques sur le territoire, et que les droits légitimes de ces deux nations pourraient être protégés par la création d’un État binational, indépendant, démocratique et homogène. Il ajoutait cependant que si cette solution s’avérait impossible en raison des relations tendues entre les deux peuples, il faudrait en rechercher une autre qui, comme la première, se justifierait historiquement en Palestine : le partage de la Palestine en deux États démocratiques[24]. C’était la première fois qu’un responsable soviétique évoquait la possibilité de créer un État juif en Palestine par le biais de ce partage, et qu’il en donnait une justification historique.
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Le Parti communiste palestinien a salué l’appel de Gromyko à un État arabo-juif unifié, car cet appel, selon l’éditorial de Kol Ha’am, était conforme aux résolutions du 10e Congrès du Parti communiste palestinien[25]. La Ligue de libération nationale, composée de communistes arabes palestiniens, a publié une déclaration exigeant l’abolition du mandat britannique sur la Palestine, le retrait des forces étrangères et la création d’un État palestinien démocratique garantissant la justice et l’égalité pour tous ses citoyens, sans toutefois reconnaitre les Juifs comme un peuple[26]. La déclaration de la Ligue de libération nationale s’opposait fermement à la possibilité d’un partage de la Palestine car "le partage divise la patrie unifiée en deux camps belligérants, que le colonialisme incite à s’affronter chaque fois qu’il se sent menacé". La déclaration ajoutait que "le partage crée un État juif raciste dans une partie de la Palestine, ce qui en fait une base pour les forces coloniales afin de menacer les États arabes"[27].
La déclaration de Gromyko suscita une vive inquiétude au sein de la Ligue de libération nationale, qui craignait que l’Union soviétique ne modifie sa position historique contre le sionisme et son objectif fondamental d’établir un État juif en Palestine. Cette inquiétude incita Émile Touma, l’un des penseurs et dirigeants les plus éminents de la Ligue de libération nationale à l’époque, à adresser, au nom de la Ligue, un long mémorandum au Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique. Il y exposait en détail le danger que représentait le projet de partition de la Palestine et l’établissement d’un État juif sur ce territoire[28]. Touma soulignait que la déclaration de Gromyko concernant la possibilité d’établir un État juif en Palestine contredisait la déclaration publiée par les partis communistes de l’Empire britannique en mars 1947, ainsi que la position antisioniste historique de l’Union soviétique sur la question palestinienne. Il a également souligné que le Parti communiste palestinien avait toujours lutté contre le mouvement sioniste et contre la création d’un État juif en Palestine, et que le mouvement sioniste était, et demeure, un instrument du colonialisme britannique visant à créer un cheval de Troie au Moyen-Orient. Il a précisé que le mouvement national palestinien était le seul à avoir combattu le colonialisme britannique et le seul à avoir exigé la fin immédiate du mandat britannique sur la Palestine. Dans son mémorandum, Touma a mis en garde contre la possibilité que l’Union soviétique soutienne le partage de la Palestine et la création d’un État juif, car une telle situation affaiblirait le mouvement révolutionnaire dans les pays arabes et servirait les régimes et les forces réactionnaires qui y règnent[29].
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Dans son témoignage devant le Comité spécial des Nations Unies pour la Palestine, le représentant du Parti communiste, Meir Vilner, a plaidé pour la création d’un État arabo-juif démocratique et a rejeté le plan de partage[30]. Le Parti communiste palestinien a maintenu cette position pendant plusieurs mois. Lorsque le Comité spécial des Nations Unies pour la Palestine a soumis sa recommandation à l’Assemblée générale des Nations Unies début septembre 1947, le Parti communiste palestinien a accepté la recommandation minoritaire et rejeté la recommandation majoritaire[31]. L’éditorial de Kol Ha’am affirmait que le partage était "illogique et irréalisable", et qu’il "dépassait les rêves de Ben Gourion". Il remettait en question l’existence d’une majorité juive dans la zone désignée pour l’État juif, comme le recommandait la majorité du comité, et soutenait que le partage "maintient le pouvoir entre les mains de la Grande-Bretagne impériale, nie l’indépendance nationale des Arabes et des Juifs et n’apporte aucune solution aux problèmes du pays"[32].
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La Ligue pour la libération nationale a rejeté à la fois la recommandation majoritaire et la recommandation minoritaire du comité. Elle a qualifié la recommandation majoritaire de complot contre l’avenir de la Palestine, visant à garantir les intérêts du bloc colonial anglo-américain en Palestine et dans le reste du Levant arabe, notamment en ce qui concerne les zones stratégiques, le maintien des tracés et terminaux des oléoducs, ainsi que l’affaiblissement et la fragmentation des mouvements de libération nationale naissants[33]. La Ligue s’est également opposée à la recommandation minoritaire, qui préconisait la création d’un État fédéral arabo-juif, arguant qu’elle imposait une forme d’indépendance palestinienne, une question qui ne relevait pas de la compétence d’un comité, quel que soit son statut, mais du droit du peuple palestinien lui-même[34].
Le 13 octobre 1947, le représentant de l’Union soviétique auprès des Nations Unies, Semyon Tserpkin, franchit une étape finale vers le partage de la Palestine et l’établissement d’un État juif sur son territoire, lorsqu’il déclara aux Nations Unies que "dans les circonstances actuelles où les relations entre Arabes et Juifs se sont détériorées et ont atteint ce niveau de tension […] il semble que le projet minoritaire ne puisse être mis en oeuvre, et qu’il faille donc accepter le projet majoritaire[35].
Dans son discours devant le Comité central du Parti communiste, le 16 octobre 1947, Shmuel Mikunis a clairement et sans réserve approuvé la déclaration de Tsarbkin, soulignant son importance historique, en affirmant que cette déclaration revêtait une importance historique pour le peuple juif, pour le peuple arabe et pour le pays tout entier. Elle repose sur les fondements solides de la politique soviétique en matière nationale, sur les besoins pressants des Juifs et des Arabes, ainsi que sur les exigences de la paix et du progrès dans notre pays et au Moyen-Orient[36]. Mikunis ajouta que la déclaration de Tzurpkin découlait du droit des Juifs et des Arabes à vivre en liberté et en paix dans leurs États indépendants respectifs. Il affirma que l’Union soviétique, par cette déclaration, avait clairement exprimé son soutien au droit du peuple juif à établir un État en Palestine, ouvrant ainsi un nouveau chapitre crucial dans l’histoire du Yishouv et du peuple juif. Mikunis a en outre déclaré que le soutien de l’Union soviétique à la création d’un État juif a donné une puissante impulsion au Parti communiste pour mobiliser les forces progressistes au sein du Yishouv et parmi le peuple juif du monde entier pour lutter pour l’indépendance nationale et la démocratie[37].
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Mikunis a souligné dans sa conférence que la création de l’État juif entraînait un changement sur deux questions importantes, qui ont fait l’objet de conflits au cours des dernières décennies, à savoir : l’immigration juive et la terre, expliquant que l’État juif serait en mesure , une fois établie, d’utiliser les terres qu’elle contrôle en fonction des besoins et des intérêts vitaux de la population. Il convient de noter que les Arabes palestiniens possédaient la grande majorité des terres de la région destinée à l’État juif, ce qui signifiait que Mikunis soutenait implicitement la mainmise de l’État juif, après sa création, sur les terres arabes. Et c’est effectivement ce qui s’est produit; peu après la création d’Israël, Mikunis et le Parti communiste israélien ont rapidement soutenu la mainmise de l’État sur les terres arabes "abandonnées" et des villages arabes "désertés" dont l’armée israélienne avait expulsé les propriétaires palestiniens. Mikunis a ajouté dans sa conférence que l’État juif serait en mesure d’accueillir l’immigration juive sans intervention coloniale, et il a ajouté que le Parti communiste n’attendrait pas la création de l’État juif, qui résoudrait naturellement la question de l’immigration juive dès sa création, mais qu’il poursuivrait sa lutte pour le droit des 250.000 Juifs vivant dans les camps en Europe et à Chypre, afin qu’ils puissent émigrer vers le Yishouv juif[38].
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L’éditorial de Kol Ha’am a salué la déclaration de Tsabkin mentionnée ci-dessus, précisant que les masses du Be’er Sheva juif l’avaient accueillie avec un grand soulagement, et ajoutant que le soutien de l’Union soviétique en faveur de la partition ne résultait pas du fait que la partition était la meilleure solution, mais qu’elle venait du fait qu’il n’existait pas, parmi les Juifs et les Arabes, de forces luttant pour l’établissement d’un État juif et d’un État arabe dans le cadre d’un seul État fédéral[39]. L’éditorial ajoutait que cette déclaration prouvait une fois de plus que l’Union soviétique était l’ami le plus fidèle des Juifs et des Arabes, et qu’elle était la seule grande puissance à soutenir les aspirations des Juifs et des Arabes à l’indépendance nationale et à la libération de l’impérialisme[40].
Contrairement aux positions du Parti communiste palestinien et de l’Union soviétique, la Ligue de la libération nationale a continué à rejeter fermement le projet de partition; ainsi, environ deux semaines après la déclaration de Tsurbkin, la Ligue de la libération nationale a publié un communiqué signé par tous les membres de son comité central, rejetant le projet de partition, car il s’agit d’un "projet colonial que le colonisateur prépare depuis le jour où il a posé le pied sur la terre de Palestine[41]. Le communiqué mettait en garde la population juive de Palestine contre le danger de se rallier aux objectifs sionistes en soutenant le partage et la création d’un État juif". Il ajoutait : "Le mouvement sioniste, avec ses organisations terroristes, secrètes ou semi-publiques, et avec les objectifs territoriaux agressifs qu’il poursuit, jette de l’huile sur le feu de la guerre raciste que le colon souhaite voir perdurer. Et l’État juif n’assurera pas aux masses juives de Palestine la paix et la stabilité qu’elles recherchent, car il conduira au transfert de la haine raciale répugnante de l’Europe vers la Palestine qui ne l’a jamais connue, et ce soi-disant État ne sera qu’un point d’appui pour les interventions du colonialisme anglo-américain dans les pays arabes[42]. Le communiqué a appelé l’ensemble de la population palestinienne à oeuvrer à la construction d’une Palestine démocratique, indépendante et non fragmentée[43].
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Bien que tous les membres du Comité central aient signé la déclaration susmentionnée, des dissensions apparurent au sein du Comité lorsqu’il devint évident que la position de l’Union soviétique était ferme et non passagère. Ces dissensions engendrèrent une certaine confusion, qui se manifesta dans le journal du parti, Al-Ittihad, lorsque son éditorialiste politique écrivit qu’un événement inattendu avait bouleversé la situation : l’Union soviétique et les pays d’Europe de l’Est soutenaient le partage. Tout en affirmant que le plan de partage était un vieux complot britannique, il prétendit que la nouvelle position de la Grande-Bretagne s’opposait au partage, attribuant cette opposition à la montée du sentiment anti-britannique aux Nations Unies. Il conclut que le complot colonial, la politique sioniste, la position des dirigeants palestiniens (qui refusaient de reconnaitre la réalité du terrain) et les tensions qui en résultèrent dans les relations judéo-arabes contribuèrent tous à la solution du partage de la Palestine[44].
Il apparut cependant par la suite que le rédacteur politique du journal Al-Ittihad ne représentait pas la majorité au sein du Comité central de la Ligue de libération nationale concernant la question du partage, mais bien la minorité. Le Comité central de la Ligue ne parvint pas à une position unifiée sur la résolution relative au partage, même après son adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies le 29 novembre 1947. La majorité du Comité central demeura inflexible dans son rejet du partage, tandis que la minorité l’accepta[45]. Face au refus de la minorité de se conformer à la décision de la majorité, les membres de la Ligue de libération nationale, qui comptaient alors plus de 300 personnes, se divisèrent en deux factions. La première continua de s’opposer au partage et s’engagea dans la lutte du mouvement national palestinien pour la défense de la Palestine et contre la création d’un État pour les colons juifs au détriment du peuple arabe palestinien. Quant à la deuxième section, qui était représentée par la minorité au Comité central de la Ligue, elle organisa une réunion pour ses partisans parmi les membres de la Ligue dans la ville de Nazareth, en février 1948, et elle fut boycottée par les représentants de la majorité au Comité central de la Ligue, et cette réunion accepta la décision de partition[46].
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Cette faction au sein de la Ligue, dirigée par Fouad Nassar, Émile Habibi et Tawfiq Toubi, commença à adopter la position de l’Union soviétique sur le plan de partage et l’évolution de la question palestinienne[47]. Cette faction minoritaire de la Ligue de libération nationale put accéder au pouvoir durant cette période, compte tenu de la Nakba, de son adoption de la position soviétique sur la question palestinienne et de la paralysie qui frappait la faction majoritaire. Cette paralysie fut exacerbée par le gel des activités de certains de ses dirigeants et la réévaluation de leurs positions par d’autres. Il est important de noter que la partie de la Ligue de libération nationale active dans la zone désignée pour l’État palestinien et occupée par Israël, s’est dissoute et fusionna avec le Parti communiste israélien en octobre 1948, comme nous le verrons plus loin. La seconde faction de la Ligue de libération nationale, active dans la zone désignée pour l’État palestinien et annexée par la Jordanie, s’est dissoute en 1951 et, avec plusieurs Jordaniens, fonda le Parti communiste jordanien[48].
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Chapitre II
Le Parti communiste et l’imposition de l’État juif par la force des armes
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Le soutien apporté par le Parti communiste palestinien, dirigé par Shmuel Mikunis et Meir Vilner, à la création d’un État de colons juifs en Palestine n’avait rien de surprenant. Il constituait plutôt l’aboutissement d’une transformation progressive au sein du parti, comme nous l’avons déjà mentionné, depuis son huitième congrès général en 1944. Le nouveau parti issu de ce congrès, dont les membres étaient réservés aux colons communistes juifs, a peu à peu modifié sa politique et s’est clairement orienté vers le sionisme et la réalisation de ses objectifs, jusqu’à s’y rallier, sans toutefois l’adopter officiellement. Il a remplacé le terme "sionisme" par des expressions équivalentes, telles que "nationalisme juif", "patriotisme juif" ou "nationalisme israélien", et a commencé à désigner la Palestine dans ses publications en hébreu comme "la Terre d’Israël" et le peuple arabe palestinien comme "les Arabes de la Terre d’Israël".
Le huitième congrès du Parti considérait les colons juifs de Palestine comme une minorité nationale dotée de droits collectifs. Lors de son neuvième congrès, en 1945, le Parti affina sa position, se rapprochant du sionisme et de son objectif central : l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. Il soutint la création d’un foyer national juif en Palestine et appela au "libre développement du foyer national juif" et à la "lutte pour le développement du foyer national juif". Le neuvième congrès exigea également l’ouverture des portes à l’immigration juive en Palestine et la facilitation de l’installation de populations sur le territoire. Lors de son dixième congrès, en 1946, le Parti communiste palestinien, sous la direction de Mikunis et Vilner, réorienta une nouvelle fois sa position vers le coeur du sionisme, affirmant que "le foyer national juif était devenu une réalité" et que l’existence de deux nations en Palestine ne pouvait plus être ignorée. Il appela à la création d’un État binational arabo-juif en Palestine.
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L’écart entre la position du parti lors de son dixième congrès et la possibilité de son soutien à la création d’un État juif pour les colons juifs en Palestine était faible. Cependant, l’obstacle résidait dans la position de l’Union soviétique et du mouvement communiste international qui, pour des raisons idéologiques et politiques, rejetaient la position sioniste sur la solution à la question juive jusqu’à la mi-1947. Mais lorsque le délégué soviétique aux Nations Unies, Semion Tzurpkin, apporta son soutien au partage de la Palestine et à la création d’un État juif le 13 octobre 1947, et après que le Parti communiste eut acquis la certitude que l’Union soviétique avait changé de stratégie et soutenait désormais la création d’un État juif en Palestine, le parti approuva rapidement et fermement cette proposition à la mi-octobre 1947.
Plusieurs facteurs ont contribué au soutien du parti à la création d’un État juif pour les colons juifs en Palestine, notamment :
Premièrement : le contexte sioniste du parti et son existence en Palestine, au sein d’un mouvement colonial de peuplement visant à établir un État pour les colons juifs aux dépens du peuple arabe palestinien et sur ses ruines. Tous les dirigeants, cadres et membres du Parti communiste palestinien étaient des colons juifs ayant immigré en Palestine depuis l’Europe dans le cadre de mouvements et partis sionistes de gauche, dans le contexte de l’immigration sioniste en Palestine; aucun d’eux n’y était né. De plus, ils sont restés intégrés et affiliés à la société coloniale juive de peuplement, sans chercher à s’en détacher, à s’intégrer à la société palestinienne, qui constituait la grande majorité de la population palestinienne, ni à nouer de liens avec elle. Par ailleurs, de sa huitième conférence en 1944 jusqu’à la création d’Israël, le parti n’a publié aucun bulletin en arabe, alors qu’il en publiait, durant cette période, dans des langues européennes, notamment d’Europe de l’Est, à destination de la communauté des colons en Palestine. De plus, les dirigeants, les membres et les cadres du parti n’ont pas cherché à apprendre la langue arabe, devenant ainsi des étrangers pour le peuple arabe palestinien, comme ce fut le cas pour la communauté des colons juifs en Palestine.
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Deuxièmement : l’influence croissante de l’idéologie sioniste sur le parti, notamment pendant et après la Seconde Guerre mondiale.
Troisièmement : la direction du parti a réalisé que les organisations militaires sionistes, en particulier la Haganah, pouvaient imposer un État juif en Palestine par la force militaire.
Quatrièmement : la position de l’Union soviétique en faveur du partage de la Palestine et de la création d’un État juif. Moins de trois jours après l’adoption de cette position par l’Union soviétique, le Parti communiste des Nations Unies l’a approuvée, environ un mois et demi avant que l’Assemblée générale de l’ONU n’adopte sa résolution sur le partage de la Palestine. Durant toute cette période, le Parti communiste a constamment plaidé pour la création d’un État juif en Palestine par sa division en deux États, l’un juif et l’autre arabe.
Le Parti communiste, le mouvement sioniste et le Yishouv juif accordaient une importance capitale à l’obtention d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies autorisant le partage de la Palestine et la création d’un État juif. Cette démarche visait à légitimer internationalement l’établissement d’un État juif pour les colons juifs. Il est important de noter que le Parti communiste, sous la direction de Mikunis et Vilner, le mouvement sioniste et le Yishouv juif en Palestine dans son ensemble n’ont adhéré qu’à une seule clause de la résolution de partage – la création d’un État juif en Palestine – tout en violant toutes les autres. Ils ont fermement soutenu l’extension des frontières de l’État juif sur le territoire réservé à l’État arabe palestinien et se sont accrochés aux zones appartenant à cet État occupées par l’armée israélienne, comme cela apparaîtra plus loin dans cet ouvrage.
Lorsque l’Assemblée générale des Nations Unies adopta sa résolution sur le partage de la Palestine, le Comité central du Parti communiste publia une déclaration approuvant cette décision, la qualifiant d’historique et de victoire pour la justice et la démocratie. Le Comité central ajoutait que, par cette résolution, l’Assemblée générale de l’ONU leur accordait une reconnaissance internationale en tant que peuple et État. Il affirmait que cette résolution créait un nouveau contexte politique dans lequel l’appellation "Notre Parti communiste de Palestine" n’était plus appropriée. En conséquence, le Comité central décida de changer le nom du parti en "Parti communiste de la Terre ‑ Israël"[49]. Ce changement révéla de fortes tendances sionistes, jusque-là réprimées, au sein du parti, et lui permit non seulement d’exprimer ces tendances, mais aussi, au moins temporairement, de prendre l’ascendant sur les autres forces sionistes.
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Le jour même de la promulgation de la résolution de partage, le secrétaire général du Parti communiste, Shmuel Mikunis, convoqua une réunion d’urgence avec la direction du Comité national, organe officiel du Yishouv juif en Palestine, afin d’aborder les questions de sécurité. Lors de cette réunion, Mikunis informa le président du Comité national, David Remez, de la position du Parti communiste, qui préconisait la mobilisation des forces combattantes populaires – les milices – pour établir un État juif indépendant[50]. Dans un article publié une semaine plus tard dans le journal Kol Ha’am, Mikunis expliqua que les défis auxquels était confronté le Yishouv juif exigeaient un effort national global et la mobilisation de toutes les forces disponibles pour atteindre l’objectif historique de la création d’un État juif. Mikunis appela à la formation d’un front national regroupant le Parti communiste et les partis Hashomer Hatzair et Ahdut HaAvoda-Poalei Zion, afin de constituer une base solide capable de mobiliser toutes les forces pour mener la lutte en faveur de l’établissement d’un État juif indépendant[51].
Le Parti communiste de la Terre d’Israël s’est rapidement impliqué dans la campagne sioniste qui appelait les autorités britanniques à légaliser l’organisation militaire sioniste, la Haganah, afin qu’elle puisse imposer un État juif par la force. Le Comité central du Parti communiste de la Terre d’Israël a publié une déclaration le 10 décembre 1947, exigeant des autorités du Mandat britannique qu’elles légalisent la Haganah et lèvent les restrictions légales. La déclaration appelait les dirigeants de la communauté juive à participer au renouvellement des effectifs de la Haganah, incluant tout Juif apte au port d’armes. Elle préconisait également la création de comités de sécurité dans chaque quartier et rue juive pour participer à l’effort militaire de le Yishouv[52]. Le 25 décembre 1947, le secrétariat de la branche du Parti communiste à Tel Aviv exigea que le comité de sécurité de la ville intègre des membres du Parti communiste[53].
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Depuis son adoption de la création d’un État juif en Palestine, le Parti communiste a adopté des positions plus radicales que celles des dirigeants du mouvement sioniste. Il a notamment insisté sur la nécessité de cet État, affirmé sa conviction que le mouvement Yishouv pouvait l’établir par la force militaire et critiqué la direction sioniste pour son incapacité à mobiliser toutes les énergies nécessaires à sa réalisation. Dans un article, Mikunis a critiqué les politiques des directions sioniste et Yishouv sur plusieurs points, points qui ont nui à leur capacité de mobiliser les diverses énergies du peuple juif pour la création de l’État juif[54]. Mikunis a affirmé que l’incapacité de la direction sioniste à activer et à recruter les masses juives pour des raisons de sécurité, le recours exclusif aux voies légales pour la création d’une milice populaire, sa coopération continue avec l’administration britannique en Palestine et son manque de volonté d’établir des institutions provisoires pour l’État juif témoignent tous de l’absence d’initiative nationale révolutionnaire de sa part à ce moment critique, et de sa collaboration persistante avec l’impérialisme. Mikunis affirmait que la politique des dirigeants sionistes découlait d’un manque de confiance envers les masses juives et de la crainte de leurs initiatives. Il ajoutait : "Nous savons qu’il existe une grande énergie latente au sein de la classe ouvrière et des masses de jeunes, et qu’ils sont prêts à s’engager dans la lutte sur les questions cruciales pour l’établissement d’un État juif indépendant, malgré les obstacles internes et externes." Il poursuivait : "Que cette force se lève et prenne son indépendance, qu’elle se mobilise au service du peuple et de l’indépendance, et que du sang neuf coule dans les veines de l’Armée de libération nationale" pour la création de l’État juif[55].
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Le 26 décembre 1947, le Comité central du Parti communiste de Terre d’Israël adressa une lettre au Département politique de l’Agence juive, indiquant que, malgré l’appel du Parti communiste à l’Agence juive concernant la mobilisation de toutes les ressources juives pour la sécurité, le Comité s’étonnait du retard de l’Agence à répondre à ce qu’il décrivait comme un danger imminent menaçant la communauté juive, nécessitant l’unité de toutes les forces juives[56].
Meir Vilner, lors d’une conférence publique le 3 janvier 1948, appela à la mobilisation de toutes les forces du Yishouv pour la sécurité et à considérer notre guerre comme une guerre antiimpérialiste, l’impérialisme étant perçu comme l’ennemi principal et les émeutiers arabes[57] comme des agents de l’impérialisme[58]. Shmuel Mikunis, dans un article, souligna le rôle de la classe ouvrière juive "dans la guerre de libération nationale et d’indépendance" menée par le Yishouv et l’exhorta à exiger que la Haganah soit la seule organisation militaire juive afin de contrer "les complots impérialistes et leurs serviteurs, les bandes arabes affiliées au Haut Comité arabe". Tout Juif rationnel comprend la nécessité d’établir un commandement unique pour toutes les forces de sécurité du Yishouv afin de fonder un État juif indépendant[59].
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Le 14 janvier 1948, le Comité central du Parti communiste de Terre d’Israël publia une déclaration qualifiant la Haganah d’"armée du peuple" et demandant son approvisionnement en armes et en équipements[60]. Cette déclaration contenait de nombreux mensonges délibérés; elle affirmait que l’impérialisme britannique menait une guerre ouverte contre le Yishouv, qu’il cherchait à empêcher la création de l’État juif et qu’il faisait tout son possible pour semer le chaos dans le pays, paralysant ainsi l’administration et les services essentiels. La déclaration prétendait également que l’impérialisme britannique et les réactionnaires arabes étaient unis contre la création de l’État juif, que le Haut Comité arabe et les forces réactionnaires arabes avaient déclaré la guerre au Yishouv et que l’impérialisme britannique, se prétendant neutre, soutenait en réalité des "émeutiers arabes", imposait un siège non seulement à Jérusalem mais aussi à l’ensemble du Yishouv, et continuait de confisquer les armes de la Haganah et d’arrêter les Juifs défendant le Yishouv[61].
La déclaration ajoutait que malgré tout cela, "nous avons persévéré et continuerons de persévérer et de lutter pour notre existence et notre indépendance nationale", de toutes nos forces et prêts au sacrifice, sachant que "la nation tout entière est avec nous", aux côtés des principales forces progressistes aux Nations Unies et dans le monde. Le Comité central affirmait que le Parti communiste soutenait le Yishouv et mobiliserait "l’opinion publique progressiste du monde entier pour qu’elle soutienne nos justes revendications et l’établissement d’un État juif indépendant et démocratique". La déclaration niait tout caractère national aux Palestiniens qui défendaient leur patrie, leurs villes, leurs villages et leurs biens, et qui luttaient contre l’établissement d’un État juif sur les ruines de leur patrie et de leur peuple. Elle les décrivait comme des "bandes de fauteurs de troubles au service de l’impérialisme britannique et agissant sur ses ordres". La déclaration appelait à isoler ces "fauteurs de troubles arabes" du reste du peuple arabe palestinien et à les frapper avec force[62].
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Conformément à sa position prônant l’imposition d’un État juif par la force des armes au peuple palestinien, le Parti communiste de la Terre – Israël a insisté sur la nécessité de mobiliser toutes les forces du Yishouv pour atteindre cet objectif. Dans ce contexte, des membres et sympathisants du Parti se sont engagés dans les combats au sein de l’organisation militaire sioniste, la Haganah. La majorité préférait rejoindre le Palmach, l’unité commando de la Haganah. Les journaux du Parti glorifiaient le Palmach, en particulier ceux destinés à la jeunesse et aux soldats, le décrivant comme une force de combat d’élite menant des opérations militaires audacieuses, tant secrètes que publiques. Ils lui attribuaient des qualités d’héroïsme, de courage et de sacrifice, soulignant que la majorité des jeunes du Parti préféraient rejoindre le Palmach et servir dans ses rangs[63].
Plus précisément, il existe de nombreuses données officielles concernant le nombre de membres du Parti communiste israélien et de ses sympathisants qui ont rejoint les rangs de la Haganah et du Palmach, puis de l’armée israélienne pendant la guerre de 1948. Cependant, on peut estimer le nombre de ses sympathisants ayant participé à la guerre en connaissant le nombre de voix obtenues par le parti au sein de l’armée israélienne lors des élections à la Knesset du 25 janvier 1949, où il a recueilli 3.000 voix[64].
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Tout au long de la guerre, depuis le début des combats le 29 novembre 1947, suite au plan de partage de l’ONU, jusqu’en 1949, le Parti communiste, dans ses résolutions institutionnelles, ses déclarations et son journal officiel, Kol Ha’am, ainsi que dans d’autres publications telles que Kol HaHayal (La Voix du Soldat), Kol HaLochim (La Voix du Combattant), Kol HaMagoyas (La Voix de la Recrue) et Kol HaNu (La Voix de la Jeunesse), a appelé à l’enrôlement dans la Haganah et le Palmach. Après la création d’Israël, le parti a continué de promouvoir l’enrôlement dans l’armée israélienne par le biais de ses différents médias. Pratiquement aucun numéro de ces journaux n’était exempt de publicités et d’appels spécifiques destinés aux jeunes hommes juifs, les exhortant à rejoindre les rangs de la Haganah ou de l’armée israélienne. On peut citer en exemple : "Jeunesse hébraïque, demain vous appartient, engagez-vous !"[65], "N’attendez pas demain, engagez-vous dès aujourd’hui !"[66], "Jeunesse hébraïque, pour notre indépendance politique, engagez-vous vite !"[67], "Jeunesse hébraïque, pour défendre le drapeau, engagez-vous !"[68], "Officiers et soldats, faites votre devoir, engagez-vous au service du peuple !"[69]. Par ailleurs, durant toute cette période, le Parti communiste israélien, dans ses différents journaux et publications, a lancé des appels aux dons généreux pour l’effort de guerre par le biais d’institutions de collecte de fonds sionistes. Ces appels paraissaient sous des titres tels que : "Déclaration de l’état d’urgence en Israël. L’ennemi est aux portes, et une seule chose compte pour nous : la victoire dans cette guerre, une victoire rapide. Les fonds de l’emprunt national sont alloués aux besoins de la guerre!"[70] L’enthousiasme du Parti communiste pour ces appels aux dons destinés à l’effort militaire était tel qu’il a non seulement brouillé les frontières entre lui et les autres partis sionistes, mais les a même surpassés dans l’adoption de leurs slogans et maximes. Par exemple, dans son journal Kol Ha’am, il a publié en évidence une citation de Theodor Herzl, fondateur de l’Organisation sioniste mondiale : "J’organiserai un emprunt national pour les Juifs." Il y avait tant d’argent juif pour le Sinaï, pour les chemins de fer destinés aux Noirs et pour les projets les plus audacieux. N’est-il pas possible de trouver de l’argent pour le besoin le plus immédiat, le plus profond et le plus vital des Juifs ? (Theodor Herzl, 1895)[71].
"أنا سأقوم بتدبير قرض قومي لليهود. لقد كان هناك المال اليهودي الوفير جدا من أجل سيناء، ومن أجل مد سكك حديدية للزنوج، ومن أجل أكثر المشاريع مغامرة، أوليس بالإمكان إيجاد المال من أجل الضرورة المباشرة الأشد عمقا والأكثر حيوية لليهود؟ ثي
سيناء،
أكثر المشاريع مغامرة
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Le pari sur une solution militaire
Dans un article "Rôles politiques et de défense"[72], Meir Vilner exprimait sa conviction que la Haganah était capable d’imposer un État juif par la force militaire. Vilner affirmait que l’impérialisme britannique, les réactionnaires arabes des pays voisins et les émeutiers arabes cherchaient à saper le plan de partage et la création d’un État juif. Derrière ce que Vilner appelait le chaos général, les effusions de sang et les attaques contre les Juifs se cachait l’objectif de prouver à l’opinion publique mondiale l’impossibilité de mettre en oeuvre le plan de partage et de démontrer que le Yishouv ne pouvait établir et protéger un État juif. Vilner préconisait une distinction entre "les fauteurs de troubles arabes" et le reste du peuple arabe palestinien, afin de faciliter leur isolement et de les frapper durement pour les éliminer. Il conclut que cette tâche incombe à la Haganah, qui joue un rôle essentiel et important, que ce soit pour défendre les vies et les biens ou pour déjouer les complots impérialistes et leurs agents arabes qui visent à modifier la résolution des Nations Unies et à nous priver de notre indépendance politique.
Durant cette période cruciale de l’évolution de la question palestinienne, la principale préoccupation des dirigeants du parti était de savoir comment établir l’État juif par la force des armes et contrecarrer la lutte du peuple palestinien contre l’établissement de cet État à ses dépens. Les dirigeants du parti ne pouvaient concevoir d’autre formule pour les relations entre les colons juifs et le peuple palestinien que la création d’un État juif en Palestine, au détriment de ses habitants. La direction du Parti communiste concentra ses efforts sur la recherche du meilleur moyen de réaliser le projet sioniste, approuvé par la communauté des colons et immigrants juifs en Palestine : la création d’un État juif. Dans ce contexte, Shmuel Mikunis, lors d’une réunion publique à Tel-Aviv le 16 janvier 1948, appela à la formation d’un gouvernement d’union nationale juif et à une alliance avec le bloc socialiste dirigé par l’Union soviétique pour établir l’État juif par la force des armes[73]. Mikunis appela également à organiser une mobilisation massive des Juifs dans les Yishouvs et parmi les Juifs du monde entier afin de satisfaire leurs besoins immédiats : armes et équipements, reconnaissance du statut légal de la Haganah et ouverture immédiate du port de Tel-Aviv pour accueillir les immigrants juifs.
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En janvier 1948, les partis Hashomer Hatzair et Ahdut HaAvoda-Poalei Zion fusionnèrent pour former le Parti ouvrier uni "Mapam"[74]. Bien que le Parti communiste sût qu’Ahdut HaAvoda, dirigé par Yitzhak Tabenkin, Yigal Allon et Yisrael Galili, était l’un des partis sionistes les plus expansionnistes et qu’il demeurât fidèle à son objectif déclaré d’établir un État juif sur l’ensemble de la Palestine[75], le Comité central du Parti communiste de Terre-Israël adressa à cette occasion une lettre au Mapam pour le féliciter de cette alliance et la considérer comme le point de départ de la création d’un large front démocratique au sein de la classe ouvrière juive, faisant de l’Histadrout le noyau d’un front national démocratique juif[76].
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Il faut noter que l’importance de la création du parti Mapam à cette époque ne tenait pas seulement au fait qu’il s’agissait d’un grand parti, mais aussi, et surtout, au fait que ses dirigeants et cadres, au premier rang desquels Allon et Galili, formaient une très large majorité dans les rangs de la direction de la Haganah et du Palmach, puis de l’armée israélienne, qui a joué le rôle le plus important dans la mise en oeuvre du Plan Dalet, l’expulsion des Palestiniens de leurs foyers et les massacres perpétrés contre eux.
Le 5 février 1948, le Comité central du Parti communiste publia une déclaration dénonçant le gouvernement britannique pour avoir renié son engagement d’évacuer le port de Tel-Aviv, comme le stipulait la résolution de l’ONU, et d’évacuer une zone suffisante autour de celui-ci pour faciliter l’immigration juive. La déclaration accusait "l’impérialisme britannique" de mener une politique générale dans divers domaines contre la communauté juive (Yishouv) et affirmait qu’il "continue de recruter des émeutiers arabes" en Palestine et dans les pays arabes, par l’intermédiaire de "réactionnaires arabes", contre la communauté juive. La déclaration critiquait également vivement les dirigeants influents de la communauté juive et de l’Agence juive pour leur incapacité à mobiliser l’ensemble de la communauté "afin de stopper l’offensive impérialiste et d’assurer l’indépendance nationale". La déclaration affirmait que "d’importantes et influentes composantes de l’Agence juive, avec ses ailes américaine, britannique et israélo-palestinienne, ne sont pas prêtes à mener une guerre soutenue" pour l’établissement de l’État juif et qu’elles ont acquiescé à la fermeture du port de Tel-Aviv et à l’arrêt de l’immigration juive en Palestine. En outre, le communiqué les accusait de ne pas avoir mobilisé la communauté juive pour l’effort de guerre ni recruté et déployé les ressources nécessaires à la sécurité. Face à cette situation, la déclaration appelait les dirigeants sionistes à intensifier le recrutement, à créer une milice populaire juive et à mettre en place un système d’urgence fondé sur le principe du sacrifice égal et axé à la fois sur le front et l’arrière. La déclaration exigeait également l’intégration du Parti communiste aux institutions de sécurité et fiscales et soulignait qu’il ne pouvait y avoir de front pour l’indépendance nationale du Yishouv, ni de victoire dans la guerre pour l’établissement de l’État juif, sans la participation du Parti communiste de Terre d’Israël[77].
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Le 13 février 1948, le secrétaire général du parti, Shmuel Mikunis, revint sur le sujet et critiqua dans un article ce qu’il qualifiait d’hésitation et de réticence de la direction sioniste à affronter la Grande-Bretagne, ainsi que son incapacité à mobiliser le Yishouv juif pour la guerre[78]. Selon Mikunis, la direction sioniste se méfiait des masses juives et de leur force intrinsèque, préférant s’en tenir à sa politique traditionnelle de compromis avec l’impérialisme, qui visait à les exploiter et à les soumettre à ses objectifs réactionnaires. Mikunis ajouta que la direction sioniste n’avait pas encore compris que l’impérialisme britannique et américain n’était nullement intéressé par la création d’un État juif, et que cela ne pouvait se faire que par une "guerre de libération nationale". Mikunis accusa la direction de l’Agence juive de se soumettre à l’impérialisme britannique et américain et de ne pas insister sur l’ouverture du port et la facilitation de l’immigration juive en Palestine. Selon son article, l’Agence juive n’avait pas franchi l’étape cruciale : ouvrir et exploiter le port par la force, malgré l’opposition d’Ernest Bevin[79]. Cette mesure aurait créé une nouvelle réalité, suscité l’enthousiasme au sein du peuple juif et mobilisé toutes ses énergies pour établir l’État d’Israël. Elle aurait également convaincu le monde de notre détermination à bâtir cet État, nous assurant ainsi le soutien des forces de paix et de démocratie dans le monde. Et pour l’aider. Afin de mieux gérer la guerre de libération, d’atteindre le grand objectif historique, qui est l’établissement de l’État juif, Mikunis a appelé à la formation immédiate du gouvernement provisoire de l’État juif, ainsi qu’à la création de la milice populaire juive armée[80].
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[blanc]
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Chapitre trois
Les voyages de Mikunis dans les pays d’Europe de l’Est
visaient à ramener des armes, du matériel, des combattants
et des immigrants juifs.
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Le Parti communiste d’Israël (PCI) accordait une importance capitale à la position des pays d’Europe de l’Est, menés par l’Union soviétique, sur la question palestinienne. Il déploya tous ses efforts pour obtenir de ces pays un soutien diversifié à la création, par la force des armes et au détriment du peuple palestinien, d’un État juif pour les colons juifs en Palestine. Dans ce contexte, en décembre 1947, le PCI dépêcha deux de ses dirigeants, Eliyahu Gozansky[81] et Ruth Lubitsch[82], dans les pays d’Europe de l’Est, où ils séjournèrent environ six semaines[83]. Leur objectif était d’établir des contacts avec les partis et les responsables communistes de ces pays, ainsi qu’avec les communautés juives, afin d’obtenir divers soutiens aux colons juifs dans la guerre et à la création d’un État juif en Palestine[84].
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Insatisfait des efforts déployés par Gozansky et Lubitsch dans les pays d’Europe de l’Est pour mobiliser diverses formes de soutien au Yishouv juif dans sa guerre contre les Palestiniens, le Parti communiste décida d’envoyer son secrétaire général, Shmuel Mikunis, dans ces pays. En février 1948, Mikunis se rendit en Europe de l’Est en mission officielle pour le compte du Comité central, muni d’une lettre officielle signée par Meir Vilner, l’autorisant à prendre des contacts afin d’obtenir divers soutiens à la guerre du Yishouv juif en Palestine[85]. Mikunis cherchait à atteindre plusieurs objectifs que le parti considérait comme primordiaux, à savoir :
Premièrement : l’obtention de différents types d’armes auprès de ces pays pour l’organisation militaire sioniste, la Haganah, et par la suite pour l’armée israélienne, dans le cadre de la guerre contre le peuple palestinien.
Deuxièmement : oeuvrer au recrutement de Juifs dans ces pays, en particulier de jeunes hommes et de ceux ayant une expérience militaire acquise pendant la Seconde Guerre mondiale et au sein des armées de leurs pays, afin qu’ils participent à la guerre.
Troisièmement : oeuvrer à ouvrir les portes de l’immigration juive en provenance de ces pays vers la Palestine, en particulier l’immigration militante.
Quatrièmement : oeuvrer à la création de camps dans certains de ces pays afin de recruter et de former des volontaires juifs parmi les citoyens de ces pays, en vue de les envoyer en Palestine pour rejoindre la guerre.
Cinquièmement : organiser dans ces pays une vaste campagne politique et médiatique visant à altérer au dépens des Palestiniens la signification de leur lutte et de leur résistance à l’établissement d’un État juif pour les colons juifs en Palestine, à glorifier les efforts des colons pour établir un État juif en Palestine et à présenter ces efforts comme une lutte pour la libération nationale.
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Shmuel Mikunis passa environ cinq mois en Europe de l’Est, de février à juillet 1948, ne revenant à Tel-Aviv que brièvement durant cette période. Le séjour prolongé du secrétaire général du parti en Europe de l’Est pendant la phase cruciale de la guerre de 1948 souligne non seulement l’importance capitale qu’il accordait à l’obtention du soutien des pays d’Europe de l’Est pour la communauté des colons juifs, mais aussi son propre rôle, et celui du Parti communiste israélien, dans l’obtention de ce soutien.
Visite en Roumanie
Mikunis entama sa tournée des pays d’Europe de l’Est par une visite en Roumanie. Le 21 février 1948, il arriva à Bucarest pour assister à la conférence d’unité entre le Parti communiste roumain et le Parti social-démocrate roumain. Il y prononça un discours exposant la position du Parti communiste sur la situation en Palestine[86]. S’agissant de la première visite de Mikunis dans un pays d’Europe de l’Est depuis la résolution de partage, cette visite et son discours approfondi lors de la conférence revêtirent une importance particulière, d’autant plus que tous les partis communistes d’Europe de l’Est, ainsi que de nombreux autres partis communistes et socialistes à travers le monde, y participaient.
Il est remarquable que Mikunis ait cherché à éviter de présenter le projet sioniste d’établir un État juif dans son contexte historique et colonial ‑ un contexte intrinsèquement et fermement lié à l’impérialisme britannique et américain ‑ et l’ait plutôt inscrit dans un cadre imaginaire déconnecté de la réalité et des faits historiques. Il l’a présenté comme si la création d’un État pour les colons juifs en Palestine faisait partie de la lutte mondiale des mouvements de libération nationale contre les puissances coloniales. Il est également remarquable que Mikunis ait truffé son discours de sophismes et de mensonges, s’efforçant de glorifier l’identité collective des colons juifs tout en ternissant l’image et la réputation du peuple arabe palestinien et de ses dirigeants, et en niant leur droit de résister au projet sioniste et au colonialisme britannique.
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Mikunis a commencé son discours de manière dramatique, en disant qu’il venait "de la terre d’Israël, qui est l’un des pays qui luttent pour leur liberté et leur indépendance, comme l’Indonésie, le Vietnam, la Chine et le Japon, contre les cercles de Bevin et de [George] Marshall [George C. Marshall][87] et leurs acolytes." Mikunis a ajouté qu’il venait d’un pays où, pendant de nombreux mois, on pouvait entendre des coups de feu et des explosions dans les villes et les villages, où de nombreuses victimes tombaient quotidiennement et où il était difficile de se déplacer d’un endroit à l’autre sans utiliser de véhicules blindés. Il ajouta : "Je viens à vous du front du feu et du sang, du front d’une guerre dure et ardue pour la libération nationale. L’impérialisme anglo-saxon nous a imposé une guerre sanglante; l’impérialisme organise des bandes arabes à l’intérieur du pays et dans les pays arabes voisins par l’intermédiaire de réactionnaires arabes. Il organise les hommes de main de [Vladislav] Andrés de Pologne[88], les hommes de main d’[Adolf Hitler et des fascistes bosniaques], et toute la racaille, les traitres et les assassins, et les pousse tous contre le Yishouv juif." Ainsi Mikunis disait : "Les frontières de mon pays sont désormais ouvertes à l’invasion par des groupes armés qui sont des agents de l’impérialisme, venus de pays voisins qui leur fournissent des armes et du matériel[89]."
Dans sa tentative de donner au mouvement sioniste un caractère anticolonial et de créer une fausse opposition entre les forces militaires sionistes et la Grande-Bretagne devant son auditoire à la conférence, Mikunis a affirmé dans son discours que l’armée et la police de Bevin et les forces de [Clement] Attlee[90] confisquaient des armes aux organisations militaires juives, arrêtaient et tuaient leurs membres, espionnaient les positions des forces militaires juives en Palestine et fournissaient ces informations à des bandes arabes. Insatisfait de ces mensonges, Mikunis poursuivit ses calomnies, affirmant que "les chars britanniques protègent les assaillants arabes, formant un bouclier protecteur". Il ajouta : "Les Britanniques ont fait sauter un immeuble de quatre étages dans une rue de Tel-Aviv afin que des tireurs d’élite arabes, sous le couvert de la police britannique, puissent tirer sur les rues avoisinantes. C’est la pratique courante à Haïfa, à Jérusalem et partout ailleurs."[91] Mikunis continua ses calomnies devant la conférence, déclarant que la police britannique tirait fréquemment sur une ville juive depuis une zone arabe, et vice versa, afin de plonger Juifs et Arabes dans un cycle de violence. Il ajouta que, dans de nombreux cas, les autorités britanniques arrêtaient de jeunes Juifs, les transportaient dans des véhicules blindés vers une zone arabe et les livraient à des foules arabes qui les tuaient, agissant de même avec les Arabes qui subissaient le même sort.
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Dans son discours, Mikunis affirmait également que la guerre menée par le Yishouv juif contre le peuple palestinien pour l’éliminer et se "libérer" de sa présence en Palestine, afin d’établir un État juif, était une guerre populaire, une guerre juste et progressiste, contre les complots de l’impérialisme anglo-saxon et de ses agents arabes. Il déclara également que le peuple était prêt pour la guerre et aspirait à la victoire. À la fin de son discours, Mikunis lança un appel au "camp de la paix et de la démocratie", mené par l’Union soviétique, afin qu’il intervienne efficacement et apporte son soutien à la guerre du Yishouv[92].
Lors de sa visite en Roumanie, Mikunis s’entretint longuement avec les dirigeants roumains afin d’encourager et d’organiser l’émigration juive de Roumanie vers la Palestine, puis vers Israël après sa création en mai 1948. Environ 400.000 Juifs demeuraient en Roumanie après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Durant cette période cruciale du conflit en Palestine, Mikunis déploya des efforts considérables pour obtenir l’approbation des autorités roumaines et l’autorisation pour leurs citoyens juifs d’émigrer en Palestine afin de contribuer à l’effort militaire sioniste pour la création de l’État juif et de s’installer dans les villages et les villes dont les Palestiniens avaient été déplacés. Il y parvint grâce à la relation étroite qu’il avait tissée avec Anna Bauker (1893-1960), ministre roumaine des Affaires étrangères de 1948 à 1952, juive, membre du Parti communiste roumain et partisane de la ligne politique pro-russe. Fort de ses relations avec Bauker et d’autres dirigeants roumains, Mikunis rencontra des responsables de la communauté juive roumaine et organisa des réunions publiques avec des Juifs dans les villes roumaines, les incitant à immigrer en Palestine. Mikunis a persuadé les autorités roumaines d’autoriser les navires à utiliser le port de Constanta pour transporter des immigrants juifs des pays d’Europe de l’Est vers la Palestine, malgré le fait que cela était contraire à la résolution des Nations Unies qui stipulait le gel du statu quo en Palestine à cette époque, y compris l’arrêt de l’immigration juive vers la Palestine et le transfert d’armes au Yishouv juif.
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En juin 1949, Bowker répondit à la demande de Mikunis d’ouvrir les portes de l’immigration aux Juifs roumains vers Israël, l’informant que les Juifs souhaitant immigrer en Israël devaient s’inscrire auprès du ministère roumain des Affaires étrangères. Mikunis, à son tour, transmit cette importante nouvelle aux dirigeants juifs de Roumanie, et des dizaines de milliers de Juifs immigrèrent en Israël et s’installèrent dans les villages et les villes d’où les Palestiniens avaient été déplacés[93].
Visite en Yougoslavie
Début mars 1948, Mikunis se rendit de Roumanie en Yougoslavie, où il s’efforça d’expliquer la nature de la guerre en Palestine aux responsables et dirigeants yougoslaves. À Belgrade, Mikunis rencontra Ehud Avriel[94], représentant de la Haganah en Europe de l’Est, qui l’informa du besoin urgent de dix canons de 120 mm pour bombarder et percer les murs de Jérusalem-Est. Mikunis demanda aux autorités yougoslaves de fournir ces canons à la Haganah. Suite à ses efforts, la Yougoslavie acheta dix canons de 120 mm à la Suisse et les livra à la Haganah[95]. Mikunis indiqua également avoir demandé aux autorités yougoslaves de fournir au Yishouv 400 soldats juifs yougoslaves expérimentés. Dans un premier temps, les autorités yougoslaves refusèrent sa demande, mais elles cédèrent en juin 1948 et envoyèrent 400 soldats juifs en Israël. De plus, grâce aux efforts de Mikunis, la Yougoslavie autorisa la Haganah, puis l’armée israélienne, à utiliser l’un de ses aéroports pour transporter des armes de Tchécoslovaquie vers Israël, comme nous le verrons plus loin[96].
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Visite en Bulgarie
Mikunis se rendit de Yougoslavie en Bulgarie, où il prit contact avec les dirigeants du pays afin de les persuader d’autoriser les Juifs bulgares à émigrer en Palestine et à participer à l’effort de guerre. Au cours de cette visite, Mikunis rencontra des responsables de la communauté juive bulgare et prononça des discours lors de rassemblements publics, exhortant les Juifs à émigrer au plus vite en Palestine pour rejoindre l’effort de guerre. Le 8 avril 1948, Mikunis rencontra Georgi Dimitrov (1882-1949), dirigeant du Parti communiste bulgare et Premier ministre de Bulgarie de 1946 à 1949 [97].
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Dans son témoignage, Mikunis déclara que Dimitrov était marié à une Juive bulgare, qu’il était très favorable à l’idée d’établir un État juif en Palestine et qu’il avait accepté de le rencontrer malgré sa grave maladie. Il avait prévu quinze minutes pour l’entretien, mais celui-ci dura plus de trois heures. Mikunis raconta que Dimitrov lui avait dit lors de cette rencontre : "Je vous envie de participer à la guerre d’indépendance. Si je n’étais pas Premier ministre de Bulgarie, je serais venu combattre à vos côtés." Mikunis indiqua qu’il avait discuté avec Dimitrov, lors de cette rencontre, de l’émigration des Juifs bulgares en Palestine et qu’il lui avait demandé d’autoriser leur émigration dès que possible afin qu’ils puissent contribuer à l’effort de guerre. Dimitrov l’informa qu’il était d’accord pour permettre à tout Juif bulgare qui le souhaitait d’émigrer en Palestine de le faire[98]. Mikunis a déclaré que Dimitrov lui avait montré deux télégrammes qui lui étaient parvenus de l’administration américaine et du gouvernement britannique, dans lesquels ils protestaient contre l’aide apportée par Dimitrov à l’immigration juive en Palestine, car ce faisant, il violait l’interdiction des Nations Unies concernant l’immigration juive vers ce pays, et que Dimitrov, selon Mikunis, les avait ignorés[99].
Visite en Tchécoslovaquie
Après avoir achevé sa mission en Bulgarie, Mikunis se rendit en Tchécoslovaquie à la mi-avril. À Prague, il s’entretint longuement avec des responsables tchécoslovaques au sujet de la fourniture d’armements sophistiqués à la Haganah juive et de la mise à disposition de combattants juifs tchécoslovaques aguerris, formés aux combats de la Seconde Guerre mondiale. Mikunis accordait une importance capitale à la Tchécoslovaquie car, comme il le souligna, c’était le seul pays d’Europe de l’Est ‑ hormis l’Union soviétique ‑ à fabriquer et posséder des armes de pointe qu’il pouvait vendre à la Haganah, puis à Israël après sa création en mai 1948. Mikunis affirma avoir joué un rôle déterminant pour convaincre les dirigeants tchécoslovaques de la nécessité de fournir à la Haganah, puis à Israël, différents types d’armes sophistiquées. Il joua également un rôle décisif par la suite en persuadant les responsables tchécoslovaques de créer la Légion juive tchèque et de l’envoyer en Israël pour participer à la guerre de 1948. Pour ce faire, il exerça des contacts étroits avec les dirigeants et fonctionnaires tchécoslovaques et leur expliqua en détail la nature de la guerre antiimpérialiste menée par le Yishouv juif en Palestine. Il joua également un rôle déterminant en facilitant l’accès du représentant de la Haganah en Europe de l’Est, Ehud Avriel, aux dirigeants tchécoslovaques, notamment au chef du Parti communiste et Premier ministre de Tchécoslovaquie, Klement Gottwald (1896-1953), et au ministre des Affaires étrangères, Vladimir Clementis. Ludvik Svoboda (1895-1979), commandant d’unités de l’armée tchécoslovaque au sein de l’Armée soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, dirigea également l’organisation des vétérans ayant participé à la Légion internationale lors de la guerre civile espagnole (1936-1939)[100].
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Visite en Pologne
En avril 1948, Mikunis se rendit de Prague en Pologne et rencontra des dirigeants polonais, notamment Władysław Gomulka (1905-1982), dirigeant et secrétaire général du Parti communiste polonais, alors connu sous le nom de Parti ouvrier polonais unifié. Mikunis demanda à Gomulka d’organiser, sur le territoire polonais, des stages de formation militaire pour les officiers juifs polonais, afin de les envoyer ensuite au Yishouv juif après leur formation au commandement et à l’art de la guerre. Selon Mikunis, la Haganah et le Palmach manquaient d’expertise dans ces domaines. Gomulka accéda à la requête de Mikunis et soixante officiers juifs polonais suivirent une formation militaire intensive avant d’être envoyés par la Pologne en Israël pour participer à la guerre de 1948 [101]. En outre, Mikunis a rencontré de nombreux dirigeants et militants juifs polonais et a tenu des réunions publiques dans les villes polonaises, comme il l’a fait dans d’autres pays qu’il a visités, au cours desquelles il a parlé de la guerre d’indépendance menée par le Yishouv juif et a appelé les Juifs à immigrer en Palestine et à apporter tout soutien au Yishouv, notamment en envoyant des combattants et des troupes juives.
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La rencontre de Mikunis avec Ben Gourion
Shmuel Mikunis resta en Europe de l’Est jusqu’au 12 mai 1948, date à laquelle il retourna à Tel-Aviv deux jours avant que David Ben Gourion ne proclame la création de l’État juif en Palestine. Peu après son arrivée, Mikunis sollicita une rencontre avec David Ben Gourion, le Premier ministre israélien. Il raconta que le 15 mai 1948, ayant aperçu des avions égyptiens survolant Tel-Aviv à basse altitude et tirant sur sa centrale électrique, il contacta immédiatement Nehemiah Argov, conseiller de Ben Gourion, et demanda à le rencontrer. Argov lui obtint un rendez-vous avec Ben Gourion, alors très occupé par la gestion de l’effort de guerre. Dans son témoignage, Mikunis a déclaré qu’à la réunion tenue le 24 mai[102], il avait dit à Ben Gourion : "Je ne vous imaginais pas si faible. N’avez-vous rien ? Comment pouvez-vous laisser les avions égyptiens survoler librement Tel Aviv et bombarder la centrale électrique de Reading sans réagir ?" Selon Mikunis, Ben Gourion a répondu : "Je n’ai rien"[103].
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Mikunis nota que Ben Gourion était très désireux d’être informé, lors de cette réunion, de ses activités en Europe de l’Est au cours des trois mois précédents, ainsi que des détails de ses rencontres avec les dirigeants des pays d’Europe de l’Est. Mikunis lui confia son intention de retourner en Europe de l’Est, notamment en Tchécoslovaquie, pour se procurer des armes et recruter des combattants et des émigrants juifs, en particulier des combattants. Mikunis resta très vague dans son témoignage concernant le contenu de la réunion avec Ben Gourion; il affirma ne pas avoir fait rapport à ce dernier sur ses activités en Europe de l’Est, ni l’avoir informé des contacts qu’il y avait noués pour acheminer des armes, des volontaires et des émigrants juifs vers le Yishouv en Palestine. Toutefois, il ressort des écrits de Ben Gourion dans son livre, Carnets de guerre (1947-1949), que Mikunis lui a fourni un compte rendu détaillé de ses activités lors de sa visite dans les pays d’Europe de l’Est, des rencontres qu’il a eues avec les dirigeants des pays visités, ainsi qu’avec les responsables des partis communistes locaux. Dans son ouvrage, Ben Gourion relate que Mikunis est venu à son bureau l’après-midi du 24 mai 1948, après avoir visité la Roumanie, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, la Pologne et la Bulgarie, et a déclaré : "J’ai parlé avec leurs dirigeants de la fourniture d’armes; en Bulgarie avec Dimitrov, en Yougoslavie avec Aleksandar Ranković, en Roumanie avec Vasile Luka, en Tchécoslovaquie avec Vladimir Clementis, et en Pologne avec Jakub Berman et Zygmunt Modzelewski." Ben Gourion ajouta que Mikunis l’avait interrogé sur un article paru à l’époque dans Al Hamishmar, organe du parti Mapam, affirmant qu’Israël refusait l’aide militaire des pays d’Europe de l’Est. Ben Gourion répondit que les rédacteurs du journal savaient pertinemment que leurs propos étaient une pure invention : "Nous avons effectivement sollicité et reçu une aide militaire de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie, avant même la création de l’État." Ben Gourion ajouta que Mikunis lui avait demandé s’il accepterait l’arrivée en Israël d’experts militaires communistes d’Europe de l’Est, et qu’il avait répondu : "Nous les accueillerions à bras ouverts"[104].
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Après sa rencontre avec Ben Gourion, Mikunis et Esther Vilenska[105], membre du Politburo du Parti communiste israélien, rencontrèrent Golda Meir et l’informèrent que Mikunis souhaitait se rendre au plus vite en Tchécoslovaquie pour en apporter des armes, des combattants et favoriser l’immigration juive en Israël. Meir accueillit favorablement cette initiative et prit des mesures pour faciliter le voyage de Mikunis en Tchécoslovaquie[106].
En effet, Mikunis se rendit en Tchécoslovaquie le 1er juin 1948 et reprit les contacts entamés lors de sa précédente visite avec les dirigeants et les responsables locaux, dans le but d’obtenir des armes et des volontaires pour combattre aux côtés d’Israël pendant la guerre de 1948. Dès son arrivée à Prague, Mikunis contacta Ehud Avriel, représentant de la Haganah en Europe de l’Est, qui devint par la suite ambassadeur d’Israël à Prague après la création de l’État d’Israël. Il s’enquit de la quantité et du type d’armes dont Israël avait besoin de la Tchécoslovaquie, ce à quoi Avriel répondit qu’Israël avait besoin de tout. Mikunis a donc organisé une série de réunions avec les dirigeants et les responsables tchécoslovaques afin de les inciter à fournir à Israël les différents types d’armes dont elle avait besoin pour la guerre, et à faciliter le transfert des armes tchécoslovaques vers Israël dans les plus brefs délais. Lors de ses entretiens avec les responsables tchécoslovaques, Mikunis a insisté sur la nécessité de mettre à disposition un aéroport tchèque situé près de Prague ‑ comme le demandait Israël ‑ pour acheminer les différentes armes tchécoslovaques vers Israël. Les autorités tchécoslovaques ont accédé à cette demande, et cet aéroport, que Mikunis et l’ambassade israélienne à Prague ont baptisé "aéroport d’Atzmon"[107], est resté pendant de longs mois un point de transit pour les armes destinées à Israël.
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Le Parti communiste israélien prend l’initiative de créer la Légion tchécoslovaque pour participer à la guerre.
Dans ses échanges avec des responsables tchécoslovaques et des militants juifs à Prague, Shmuel Mikunis proposa la création d’une force militaire tchécoslovaque organisée, composée de Juifs tchécoslovaques aguerris par leur expérience du combat lors de la Seconde Guerre mondiale, afin de combattre aux côtés d’Israël dans sa guerre contre le peuple palestinien et les États arabes[108]. Dans ses efforts pour obtenir diverses formes de soutien tchécoslovaque, notamment militaire, Mikunis rencontra Paul Reiman, dirigeant du département international du Parti communiste tchécoslovaque, et lui demanda de créer une "Légion tchécoslovaque" composée de Juifs tchécoslovaques pour combattre aux côtés d’Israël lors de la guerre de 1948, à l’instar de la Légion internationale qui avait combattu aux côtés des forces progressistes pendant la guerre civile espagnole[109]. Comme on peut le déduire de son témoignage, Mikunis attachait une grande importance à la création de cette légion car, outre son intérêt purement militaire, elle devait, selon lui, donner un caractère "progressiste" à la guerre qu’Israël menait contre le peuple arabe palestinien et les États arabes. De plus, les membres de cette légion devaient s’installer en Israël, pays qui avait un besoin criant d’immigration juive et d’installation d’immigrants juifs dans les villes et villages palestiniens d’où l’armée israélienne chassait les habitants arabes palestiniens, dans le cadre d’un processus de judaïsation visant à les empêcher de retourner en Palestine.
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Après que les autorités tchécoslovaques eurent approuvé l’idée de créer la Légion, à l’initiative de Mikunis, elles négocièrent avec Ehud Avriel sa formation et l’établissement de relations diplomatiques entre Prague et Tel Aviv[110]. Après plusieurs semaines de négociations, les deux parties parvinrent à un accord sur la formation de la Légion. Aux termes de cet accord, le gouvernement tchécoslovaque s’engagea à fournir à la Légion des armes financées par le gouvernement israélien et à mettre à disposition un camp d’entrainement près de Prague pour les volontaires de la Légion, où ils seraient rassemblés et formés avant d’être envoyés en Israël. Le gouvernement israélien s’engagea à prendre en charge le transport de la Légion en Israël et à verser à chaque membre une allocation mensuelle de 20 livres, en plus de 40 livres pour sa famille[111]. Mikunis et Avriel envisageaient une Légion d’environ 3.000 soldats, mais ce chiffre ne se concrétisa pas, puisqu’elle n’en compta qu’environ 1.500. Ils se rendirent en Israël avec leurs armes légères en trois groupes; La première légion arriva en décembre 1948, la deuxième en janvier 1949 et la troisième en février 1949[112]. La Légion tchécoslovaque fut intégrée à l’armée israélienne sur ordre de Ben Gourion, alors ministre de la Défense et Premier ministre d’Israël. Elle y forma trois bataillons : un bataillon de chars, un bataillon d’artillerie et un bataillon d’infanterie mécanisée[113].
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Après leur démobilisation de l’armée israélienne, des membres de la Légion tchécoslovaque s’installèrent en Israël. Un grand nombre d’entre eux furent réinstallés, à l’initiative de Mikunis et de la direction du Parti communiste israélien, comme Mikunis le déclara dans son témoignage, dans le village palestinien d’Ijzim, au sud de Haïfa, sur les pentes du mont Carmel. Ce village avait été dépeuplé par les forces de la Haganah et du Palmach, qui avaient expulsé ses habitants arabes palestiniens[114], environ 3.000 personnes, fin juillet 1948, à la suite de trois jours de combats durant lesquels l’armée israélienne commit des crimes de guerre contre la population palestinienne. Un rapport des services de renseignement militaire israéliens indiquait que l’armée israélienne avait recueilli 200 corps lors de l’occupation du village, dont de nombreux civils tués lors des bombardements aériens[115]. Après sa judaïsation, le village fut rebaptisé Kerem Mahral. Les membres restants furent réinstallés dans d’autres villages et villes palestiniennes dépeuplées, notamment al-Ja’una, qui devint Rosh Pina. Mikunis a déclaré dans son témoignage qu’il y avait environ 500 soldats du Parti communiste israélien dans la Légion tchécoslovaque.
Résoudre le problème de la pénurie d’armes du Yishouv juif
La pénurie d’armes et d’équipements était une question cruciale pour les dirigeants de la communauté juive de Palestine à la fin de 1947. Suite à l’adoption du plan de partage par l’Assemblée générale des Nations Unies le 29 novembre 1947, et face à la fin imminente du mandat britannique et de la présence militaire britannique en Palestine ‑ qui avait protégé la communauté juive depuis l’occupation britannique en 1918 ‑, ces dirigeants ont fait de l’acquisition d’armes une priorité. Fin 1947, la Haganah disposait de 10.073 fusils, 1.900 mitrailleuses, 444 mitrailleuses légères, 186 mitrailleuses moyennes, 800 mortiers (principalement de 50 mm, avec quelques-uns de 76 mm) et un million de cartouches[116]. La quantité de cette arme est restée en possession de la Haganah sans augmentation significative jusqu’à la fin mars 1948. Les dirigeants du Yishouv savaient que l’arme que possédait la Haganah ne suffisait qu’à armer 15 % des forces du Yishouv qui pouvaient être mises sous les armes, soit 90.000 hommes sur une population totale de 650.000[117].
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Fin 1947, la principale préoccupation de David Ben Gourion devint l’armement des forces de la Haganah. Il confia l’achat d’armes et l’approvisionnement du Yishouv à une agence appelée "Mossad pour l’immigration B", spécialisée dans le trafic d’immigrants juifs en Palestine. En mars 1948, Ben Gourion nomma Shaul Avigdor à la tête de cette agence, faisant de lui le commandant en chef des opérations d’armement du Yishouv. Avigdor créa trois bureaux principaux pour l’achat et le trafic d’armes à destination de la Haganah à Prague, New York et Genève, et nomma Ehud Avriel à la tête du bureau de Prague[118].
Suite à l’arrivée des cargaisons d’armes, principalement en provenance de Tchécoslovaquie, la direction du Yishouv put accélérer le recrutement pour la Haganah, puis pour l’armée israélienne, à chaque nouvelle livraison, et plus particulièrement à partir de la mi-mars 1948. Début janvier 1948, la Haganah comptait 10.000 recrues. Début mars 1948, ce nombre atteignait 16.000. À la mi-avril, il s’élevait à 24.000 et, à la mi-mai 1948, à 42.000. En aout 1948, l’armée israélienne comptait 75.000 recrues. En octobre 1948, ce nombre atteignait 88.000 et, en décembre 1948, il s’élevait à 108.000 [119]. Ce chiffre comprenait 25.000 recrues enrôlées au cours du second semestre 1948 en Europe de l’Est et de l’Ouest, en Amérique et dans d’autres pays[120].
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La Tchécoslovaquie a fourni la grande majorité des armes acquises par Israël en 1948. Grâce à ces armes, Israël a pu mobiliser l’ensemble de sa population, enrôlant dans son armée tous ceux qui étaient aptes au port d’armes. Les recettes de la Tchécoslovaquie issues de ces ventes d’armes représentaient environ un quart à un tiers de ses recettes en devises[121]. Israël a pu financer ces acquisitions grâce à une campagne de levée de fonds organisée principalement aux États-Unis, qui a permis de récolter 80 millions de dollars en 1948 ‑ une somme considérable pour l’époque[122].
Des représentants de la Haganah, ainsi que plusieurs partis sionistes et le Parti communiste israélien, ont participé aux efforts visant à acquérir des armes pour la Haganah, puis pour l’armée israélienne, auprès de pays d’Europe de l’Est. Cependant, ce qui distinguait le rôle du Parti communiste dans cette entreprise était sa relation étroite et fraternelle avec les dirigeants des partis communistes au pouvoir en Europe de l’Est à cette époque.
Quantités d’armes tchécoslovaques et étapes de leur arrivée en Israël
La période durant laquelle la Haganah, puis Israël, ont acquis des armes auprès de la Tchécoslovaquie peut être divisée en deux phases principales : la première s’étend de janvier 1948 à la création d’Israël à la mi-mai 1948; la seconde s’étend de la mi-mai 1948 à février 1949, et sa quantité et sa qualité ont largement dépassé celles des armes achetées par la Haganah lors de la première phase.
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En décembre 1947, des représentants de l’organisation militaire sioniste Haganah entamèrent des négociations avec la Tchécoslovaquie en vue de l’achat d’armes. Entre janvier et mi-mai 1948, Ehud Avriel, représentant de la Haganah, conclut cinq contrats d’armement avec ce pays, pour un montant total de 12,2 millions de dollars. Durant la même période, les achats d’armes de la Haganah auprès d’autres pays s’élevaient à 7 millions de dollars[123]. Ces cinq contrats portaient sur 24.500 fusils modernes, 5.000 mitrailleuses légères MG 34, 200 mitrailleuses moyennes B73, 54 millions de cartouches et 25 avions de combat, armés et équipés de munitions[124]. Ces appareils furent transportés par voie aérienne après avoir été démontés puis remontés à leur arrivée en Israël avec l’aide d’experts tchécoslovaques.
La grande majorité des armes issues des cinq ventes d’armes arriva en Palestine avant la mi-mai 1948. Le premier chargement en provenance de Tchécoslovaquie fut transporté par avion et par bateau. L’avion atterrit à l’aéroport de Beit Daras, dans le Néguev, alors occupé par les forces de la Haganah, le 31 mars 1948. Cet avion transportait 200 fusils modernes et 40 mitrailleuses, ainsi que d’autres armes et munitions[125]. Face à cette situation, Moshe Sharett, chef du département politique de l’Agence juive, rencontra Andrei Gromyko à New York le 5 février 1948 et l’informa de l’achat d’armes par la Haganah auprès de la Tchécoslovaquie, tout en déplorant les difficultés de transport dues au refus de la Yougoslavie et de la Hongrie d’en autoriser le transit[126]. Il semble qu’après l’intervention soviétique, la Hongrie et la Yougoslavie aient changé de position et autorisé le transport des armes par train de la Tchécoslovaquie jusqu’au port de Šibenik, en Yougoslavie, situé sur la mer Adriatique.
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En effet, les armes furent transportées par un navire affrété par la Haganah auprès d’une compagnie maritime italienne, le "Nora", et arrivèrent à Tel Aviv le 1er avril 1948 après avoir été acheminées par voie terrestre depuis la Tchécoslovaquie via la Hongrie. Ce navire transportait 4 500 fusils modernes, 200 mitrailleuses et plus de cinq millions de cartouches[127]. Les armes furent transférées directement du navire et de l’avion, dans leurs caisses d’origine, aux forces de la Haganah sur le front, qui les attendaient avec impatience. Elles étaient prêtes à lancer l’opération Nachshon pour ouvrir la route vers Jérusalem-Ouest assiégée et à initier le vaste plan "Dalet", qui visait à occuper les villes et villages palestiniens et à expulser les Palestiniens. L’arrivée des armes tchèques a joué un rôle fondamental et décisif dans le changement radical du cours de la guerre, notamment à al-Qastal le 8 avril 1948, où Abd al-Qadir al-Husseini a été martyrisé et que la Haganah a capturée grâce à ces armes.
Train aérien entre la Tchécoslovaquie et Israël
Compte tenu de l’augmentation des ventes d’armes tchécoslovaques à Israël et du maintien de l’embargo de l’ONU sur les armes imposé aux belligérants, la Tchécoslovaquie a attribué l’aérodrome de Žatec, près de Prague, suite aux efforts de Mikunis (comme mentionné précédemment), à l’exportation d’armes tchécoslovaques vers Israël et à la formation de pilotes volontaires juifs et non juifs d’Europe de l’Est et d’ailleurs, ainsi que de pilotes israéliens, dont Ezer Weizman, qui devint plus tard commandant de l’armée de l’air israélienne.
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Entre le 20 mai et le 11 aout 1948, ce pont aérien a fourni à Israël d’importantes quantités d’armes modernes qui ont joué un rôle crucial dans la guerre menée par Israël contre le peuple arabe palestinien, son expulsion de ses foyers, les massacres perpétrés à son encontre et la défaite des États arabes lors de la guerre de 1948. Durant cette période, le pont aérien a transporté plus de 350 tonnes d’armes et de munitions en 95 vols, conformément aux besoins d’Israël en armement moderne à l’époque. Il s’agissait notamment d’armes légères et moyennes[128]. Initialement, ces avions utilisaient un aérodrome en Corse pour se ravitailler en vol avant de rejoindre Israël. Lorsque la France, à la mi-juin 1948, a cessé d’autoriser les avions du pont aérien à atterrir en Corse sous la pression internationale, la Yougoslavie, le 15 juin 1948, a autorisé ces avions à utiliser l’un de ses aérodromes. Le transport d’armes tchèques par voie aérienne vers Israël s’est poursuivi jusqu’à la mi-octobre 1948, mais à un rythme plus lent[129].
Outre ce pont aérien, Israël achemina par voie maritime les armes achetées à la Tchécoslovaquie, notamment des armes lourdes et moyennes, ainsi que des avions militaires et d’autres armements lourds. Le nombre total d’avions de combat acquis par Israël auprès de la Tchécoslovaquie pendant la guerre s’éleva à 85. Ces appareils constituèrent le noyau initial de l’armée de l’air israélienne, et Israël les utilisa lors de la guerre de 1948, débutant ses opérations par des bombardements de cibles civiles dans les villes palestiniennes, ainsi qu’au Caire, à Amman et à Damas.
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L’importance des armes tchécoslovaques dans l’issue de la guerre
De nombreux historiens, experts et dirigeants israéliens ont souligné l’importance des armes tchécoslovaques et des diverses autres formes de soutien apportées à Israël par l’Europe de l’Est, sous l’impulsion de l’Union soviétique, pour assurer sa victoire lors de la guerre de 1948. Ils ont également insisté sur le fait que, sans ces armes, la capacité du peuple juif à établir et à maintenir l’État d’Israël aurait été compromise. David Ben Gourion, le fondateur d’Israël, écrivait dans ses mémoires, "Journaux de guerre", le 4 avril 1949 : "Ces jours marquent le premier anniversaire de l’opération Nahshon[130], qui a constitué un tournant dans le cours de la guerre"[131]. Dans son discours à la Knesset le 29 juin 1950, Ben Gourion a salué l’aide militaire tchécoslovaque, déclarant : "Nous n’oublierons jamais l’aide apportée par la Tchécoslovaquie, et plus particulièrement par Jan Masaryk et Clementes. Ce ne sont pas seulement ces deux hommes que nous avons contactés qui nous ont aidés, mais aussi le gouvernement tchécoslovaque lui-même, au nom de son peuple. Je souhaite que chaque Juif connaisse et apprécie cette aide"[132].
Quant à la Première ministre israélienne Golda Meir, qui au printemps 1948 leva environ 60 millions de dollars auprès de Juifs américains – une somme énorme pour l’époque – afin d’acheter des armes pour l’organisation militaire Haganah, puis pour l’armée israélienne, et qui fut la première à occuper le poste d’ambassadrice d’Israël à Moscou pendant la période de "lune de miel" entre Moscou et Tel Aviv, qui dura environ deux ans, elle confirma dans ses mémoires, publiés en 1975, qu’Israël s’était principalement appuyé, lors de la guerre de 1948, sur des armes achetées à la Tchécoslovaquie. Elle a ajouté : "Sans les armes et les munitions que nous avons pu acheter à la Tchécoslovaquie, qui ont transité par la Yougoslavie et d’autres pays des Balkans, pendant ces sombres jours de la guerre, je ne sais pas si nous aurions pu tenir jusqu’à ce que la situation change en juin 1948. Au cours des six premières semaines de la guerre d’indépendance, nous avons principalement compté (mais pas exclusivement) sur des obus, des mitrailleuses, des balles et même des avions que la Haganah a pu acheter à l’Europe de l’Est, à un moment où même les États-Unis avaient décrété un embargo sur la vente et l’envoi d’armes au Moyen-Orient[133]."
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Quant à Yitzhak Rabin, commandant de brigade dans la région de Jérusalem pendant la guerre de 1948, lorsque les armes tchécoslovaques arrivèrent début avril 1948 à ce moment crucial, et qui devint par la suite chef d’état-major de l’armée israélienne, ministre de la Défense et Premier ministre d’Israël, écrivit dans ses mémoires : "Quel que soit le récit de l’État d’Israël et du peuple juif sur le monde communiste, il faut écrire en lettres capitales et sans équivoque : sans les armes tchécoslovaques, certainement conformes aux instructions de l’Union soviétique, il est fort douteux que nous aurions pu mener à bien notre guerre d’indépendance, alors que tous les pays occidentaux nous fermaient leurs arsenaux. Grâce aux fusils, mitrailleuses, canons et avions fournis par la Tchécoslovaquie, les Forces de défense israéliennes ont pu remporter cette bataille acharnée[134]."
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Chapitre quatre
Le Parti communiste cherchait à participer aux institutions de sécurité et au Conseil d’État juif.
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(blanc)
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Le Parti communiste de la Terre d’Israël lança une campagne vaste et soutenue pour obtenir une représentation au sein des institutions de sécurité du Yishouv juif en Palestine et au Conseil national juif[135]. Début mars 1948, le Conseil national et l’Agence juive informèrent le Comité central du Parti communiste de leur accord pour que le parti dispose d’un représentant au Conseil national et lui demandèrent de désigner son propre représentant. Le Comité central répondit immédiatement en nommant Shmuel Mikunis, secrétaire général du parti alors en Europe de l’Est, comme son représentant au Conseil national. Insatisfait de cette décision, le parti continua d’exiger une représentation à la tête des forces de sécurité du Yishouv[136].
Dans un article abordant le débat au sein du Yishouv concernant la composition de l’Assemblée populaire et l’influence de ses forces politiques, Meir Vilner a plaidé pour que le Parti communiste soit représenté par plus d’un membre, en fonction de son poids réel au sein du Yishouv juif[137]. Vilner a contesté l’argument de ceux qui affirmaient que l’Assemblée populaire devait refléter l’équilibre des pouvoirs au sein du "peuple juif mondial", et non seulement au sein du Yishouv juif de Palestine. Il a rétorqué que cet "équilibre des pouvoirs au sein du peuple juif mondial" ne favorisait pas la droite, ajoutant que les forces progressistes au sein du peuple juif mondial, et notamment les communistes, soutenaient fermement la création d’un État juif indépendant et démocratique. Dans son article, Vilner expliquait qu’il était temps de mettre un terme définitif à l’affirmation infondée selon laquelle le soutien à la guerre d’indépendance nationale du Yishouv juif et la défense du droit des Juifs à l’immigration et à l’installation seraient l’apanage du seul mouvement sioniste. Car, comme l’affirmait Vilner, "dès l’instant où la guerre pour établir l’État juif a pris un caractère antiimpérialiste", ces revendications sont devenues des revendications démocratiques progressistes. Il soutenait qu’il n’y avait absolument aucun fondement pour les considérer comme des revendications sionistes[138].
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Vilner poursuivit ses efforts pour démontrer que le Parti communiste adhérait à ces revendications avec plus de ferveur que le mouvement sioniste lui-même. Il affirma qu’il devenait de plus en plus évident que des forces au sein du camp sioniste, et que ces forces allaient se renforcer, trahiraient la guerre d’indépendance du peuple juif en raison de leurs liens avec l’impérialisme britannique et américain. Il ajouta qu’à l’inverse, de nombreuses forces influentes, hors du camp sioniste, soutenaient sans relâche et sans compromis la lutte de libération nationale du Yishouv juif en Palestine.
Dans son article, Vilner critiquait les dirigeants sionistes pour leur incapacité à mobiliser et à recruter les diverses énergies latentes du Yishouv et des Juifs du monde entier. Il affirmait que le Yishouv juif n’était que partiellement mobilisé et manquait d’armes, d’équipements, de munitions et de moyens de transport. Il appelait à la mise en place rapide d’un gouvernement provisoire afin qu’il puisse remplir ses devoirs et son rôle d’institution combattante, en mobilisant toutes les forces latentes au sein du Yishouv et du peuple juif mondial pour parvenir à l’indépendance[139]. Eliyahu Gozansky, dans un article, soulignait que le Yishouv juif était confronté à une guerre fatale, longue et brutale, nécessitant une mobilisation et un recrutement complets des forces de première ligne et de l’arrière, l’adaptation de cette dernière à l’effort de guerre et une réorganisation complète de l’économie, de la société et des moyens de production au service de l’effort de guerre, y compris la promulgation de lois[140].
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Le 13 mars 1948, le Comité central du Parti communiste de la Terre d’Israël se réunit et examina la dégradation des conditions de vie de la communauté juive du Yishouv, conséquence de la lutte menée avec succès par le peuple palestinien. Le Comité adopta une série de résolutions concernant la guerre, l’interprétation qu’en faisait le Parti et son rôle dans le conflit. Le Comité central aborda quatre questions principales : la situation sécuritaire, le problème de l’insoumission, les revendications du gouvernement provisoire pour l’État juif et le rôle du Parti communiste dans la guerre[141]. Parmi les points les plus importants soulevés par le Comité central figuraient :
1. La situation sécuritaire : Le Comité central affirmait que la situation sécuritaire du Yishouv était devenue critique le mois précédent et accusait l’impérialisme britannique d’en être la cause, prétendant qu’il avait orchestré une guerre contre les résolutions de l’ONU. Cette guerre, selon le Comité central, s’était déroulée en trois phases : dans un premier temps, l’impérialisme, avec l’aide du Haut Comité arabe, avait recruté des bandes parmi les populations arabes vulnérables pour combattre le Yishouv. Cette initiative s’était heurtée, selon le Comité central, à l’opposition de nombreux villages arabes et d’une large partie de la population arabe, notamment les ouvriers, les artisans et les commerçants. Par conséquent, l’impérialisme britannique n’était pas parvenu à mobiliser une grande partie de la population palestinienne contre le Yishouv et avait donc été contraint de passer à la deuxième phase : le recrutement de bandes parmi les éléments obscurantistes des États arabes voisins et de régions lointaines. Non content de ces mensonges dans sa volonté de déformer la lutte palestinienne, le Comité central en ajouta un autre pour le promouvoir, non seulement en Palestine, mais aussi auprès des partis communistes et des forces progressistes du monde entier, en particulier en Europe de l’Est, qui avait beaucoup souffert de l’occupation nazie. Il y était indiqué que l’impérialisme britannique recrutait des dizaines d’officiers nazis pour ces bandes, au moment même où il intensifiait la confiscation des armes de Yishouv et menait des attentats à la bombe sur les sites de la Haganah.
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Le Comité central poursuivit en déclarant que, face à la résistance légendaire du Yishouv juif et compte tenu de l’opposition massive de la majorité arabe du pays à toute participation à l’attaque contre le Yishouv, l’impérialisme britannique était passé à une troisième étape, celle de la participation directe, selon ses propres dires, de l’armée et de la police britanniques à cette attaque. Le Comité central ajouta que le Yishouv était aujourd’hui confronté non seulement à une entité politique, mais aussi militaire, englobant l’impérialisme britannique et les réactionnaires arabes. Le Comité central conclut que, pour améliorer la gestion et la conduite de "notre guerre militaire", le Yishouv combattant ne devait disposer que d’une seule armée, l’accord Haganah-Irgoun devait être abrogé et tous les partis démocratiques juifs devaient être associés aux décisions militaires et politiques du Yishouv[142].
2. Lutte contre la rébellion et la corruption : Le Comité central a vivement critiqué la direction du Yishouv pour ses manquements présumés dans la lutte contre la rébellion et le recrutement insoumis en son sein. Dans sa déclaration, le Comité central a affirmé que la sécurité et l’effort de guerre du Yishouv primaient sur les intérêts de sa direction. Il a souligné que, tandis que "l’ennemi impérialiste" menaçait l’existence même du Yishouv, la direction n’avait pas su mobiliser ses membres comme il se devait pour faire face à ce danger imminent. Le Comité central a également affirmé que la direction du Yishouv n’avait pas pris de mesures suffisantes contre les réfractaires, notamment les riches et les capitalistes, qu’il accusait de se soustraire au service militaire.
Le Comité central les accusa de se soustraire à leurs devoirs à un moment où le Yishouv avait un besoin urgent de millions de lires pour acheter des armes et des munitions. Le Comité central exhorta la direction du Yishouv à prendre des mesures strictes contre les réfractaires et les manipulateurs de prix, et à les considérer comme des traitres à la nation[143].
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3. Le Gouvernement provisoire : Le Comité central du Parti communiste de la Terre d’Israël a appelé la direction du mouvement sioniste à former un gouvernement provisoire dans les plus brefs délais, et avant la fin du mois de mars 1948. Il a exigé que ce gouvernement comprenne le Parti communiste et tous les partis ouvriers sionistes. Le Comité central a insisté sur le fait que, dès sa formation, le gouvernement provisoire devait proclamer l’état d’urgence, mobiliser toute l’aide du peuple juif à travers le monde et lancer un appel à tous les pays démocratiques, les exhortant à apporter diverses formes de soutien au Yishouv juif face à l’agression impérialiste et aux milices arabes des États arabes voisins. Face à la guerre ouverte menée par l’impérialisme britannique contre l’établissement de l’État juif, et face au sabotage délibéré perpétré par le gouvernement des États-Unis, le Comité central a appelé le gouvernement provisoire à tirer des conclusions et à s’opposer fermement à tout compromis au détriment de la souveraineté de l’État juif, et à déclarer qu’il considérerait toute tentative de céder aux pressions politiques, économiques et militaires des ennemis impérialistes comme une trahison envers la patrie et le peuple.
4. Le rôle du Parti communiste : Le Comité central a réaffirmé que le parti, avec tous ses cadres, membres et sympathisants, est mobilisé au service de la "guerre d’indépendance du Yishouv juif", car "la guerre d’indépendance et l’évacuation de l’armée étrangère sont toujours en cours. L’impérialisme américain et britannique fait tout, malgré ses déclarations, pour maintenir la domination impérialiste sous une nouvelle forme." Le Comité central a appelé "tous les membres du Parti à rejoindre immédiatement, en cette heure cruciale pour l’avenir du Yishouv, les lignes de front de la lutte contre tout compromis avec l’impérialisme et à faire face à toute attaque militaire, politique ou économique contre le Yishouv juif." Le Comité central a souligné que les membres du parti servant dans les forces armées du Yishouv en Galilée et dans le Néguev, ainsi que sur les différents fronts dans les villes et les localités, doivent servir de modèle aux combattants de la liberté. Le Comité central a conclu ses résolutions par le slogan : "Mobilisation totale pour une indépendance complète"[144].
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Le Parti communiste et la revendication de placer la Palestine sous tutelle
Jusqu’en mars 1948, les Arabes palestiniens contrôlaient la plupart des voies de transport en Palestine, ce qui leur permettait d’assiéger les colonies juives, même si le siége n’était pas total, notamment dans la région de Jérusalem, d’Hébron, du Gush Etzion, du Néguev et de la Galilée. Fin février 1948, les pertes juives du Yishouv atteignaient environ mille morts, et la situation militaire en Palestine semblait basculer en faveur des Arabes palestiniens. Cette situation alarma les États-Unis. Craignant que le mouvement sioniste ne puisse imposer par la force un État juif au peuple palestinien, le représentant américain auprès des Nations Unies annonça le 19 mars 1948 que le gouvernement américain retirait son soutien au plan de partage et privilégiait désormais un système de tutelle pour la Palestine comme alternative à la résolution de partage. La France, la Grande-Bretagne, la Chine et la majorité des membres du Conseil de sécurité adoptèrent également cette position, à l’exception de l’Union soviétique, qui restait déterminée à mettre en oeuvre la résolution de partage, en particulier la partie relative à la création d’un État juif en Palestine[145]. La principale préoccupation de l’Union soviétique était le retrait de la Grande-Bretagne et l’élimination de son influence au Moyen-Orient, ses dirigeants nourrissant l’illusion que l’avenir appartenait à l’influence soviétique en Palestine, en raison du leadership des partis ouvriers du Yishouv, de la présence d’"éléments progressistes" parmi les colons juifs et du fait que la plupart d’entre eux étaient d’origine russe et est-européenne.
Les institutions et partis sionistes ont unanimement condamné la proposition des États-Unis de placer la Palestine sous tutelle internationale au lieu de la partager et d’y établir un État juif. Le Parti communiste de la Terre d’Israël s’est distingué par son rejet catégorique de cette proposition, la dénonçant en des termes très négatifs. Ce rejet ne reposait pas sur le respect des résolutions de l’ONU; le parti avait en effet manifesté son opposition et pris des mesures contre les résolutions onusiennes dès lors qu’elles contredisaient les objectifs du mouvement sioniste. On peut citer, par exemple, son soutien à l’occupation des territoires palestiniens arabes désignés pour un État palestinien arabe dans le cadre du plan de partage, son soutien à l’occupation par l’armée israélienne, durant la guerre de 1948, de territoires appartenant à des États arabes situés hors des frontières de l’État juif, ainsi que son organisation de l’acquisition d’armes, de l’immigration juive et du recrutement de combattants juifs en provenance d’Europe de l’Est, en violation des résolutions de l’ONU, comme nous l’avons vu précédemment.
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Le parti lança une campagne acharnée contre la proposition de tutelle temporaire sur la Palestine. Dans ce contexte, le journal Kol Ha’am critiqua vivement la proposition, son édition du 21 mars 1948 titrant "Une trahison honteuse du gouvernement américain" et déchainant sa fureur contre la proposition américaine[146]. Dans l’éditorial du même numéro, Kol Ha’am écrivait, sous le titre "Le complot échouera", que "le gouvernement impérialiste américain a déclaré son abandon total de la résolution de l’ONU sur le partage, et ainsi le sabotage clandestin que menaient les États-Unis s’est transformé en trahison ouverte". Kol Ha’am ajoutait que l’indépendance du Yishouv n’est pas liée à des considérations impérialistes américaines, et que "notre indépendance nationale ne sera pas affectée par cette trahison américaine; notre liberté est liée à nous, le Yishouv juif, et à nos véritables alliés". Elle a ajouté que le Yishouv juif avait mobilisé toutes ses énergies pour établir l’État juif et contrecarrer le système de tutelle, et que la direction du Yishouv devrait immédiatement se tourner vers le camp socialiste et lui demander de l’aide pour permettre au Yishouv d’établir l’État juif[147].
Le 22 mars 1948, le parti publia une déclaration intitulée "Formation immédiate du gouvernement provisoire de l’État juif", qui commençait ainsi : "Le sabotage américain des résolutions de l’ONU concernant la création de l’État juif est une trahison flagrante"[148]. Elle poursuivait : "L’indépendance du Yishouv juif ne dépend pas des considérations impérialistes ni des complots des oppresseurs des peuples et des bellicistes de Washington et de Londres. Notre liberté dépend de nous, le Yishouv juif. Nous ne pouvons obtenir notre indépendance nationale que par la guerre." La déclaration ajoutait : "Nous ne sommes pas isolés. Nous avons de grands alliés : l’Union soviétique, les démocraties populaires d’Europe de l’Est, le peuple juif tout entier et toutes les forces progressistes du monde. Nous combattrons toute tentative de capitulation, nous mobiliserons tout le Yishouv dans un camp de combat pour établir notre État et nous résisterons à tout acte d’agression des impérialistes étrangers et de leurs mercenaires arabes." Le Parti communiste a conclu sa déclaration en appelant la direction du Yishouv à établir immédiatement le gouvernement provisoire de l’État juif[149].
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Le Parti communiste de la Terre d’Israël a vivement critiqué la position de l’organisation juive de gauche Ihud, dirigée par le Dr Yehuda Magnes et le professeur Martin Buber, après que celle-ci eut annoncé son acceptation du système de tutelle et du cessez-le-feu entre les Palestiniens et le Yishouv, tels que proposés par le président américain Harry Truman[150]. Ihud a expliqué que son acceptation du système de tutelle visait à établir la Palestine comme un État binational ou fédéral, sans qu’une partie ne domine l’autre, et à permettre la poursuite de l’immigration juive et le développement du pays. L’organisation a ajouté que le cessez-le-feu et le système de tutelle offraient une occasion historique de parvenir à la paix et à la compréhension entre les deux parties, d’autant plus que le système de tutelle serait temporaire. Un éditorial de Kol Ha’am a affirmé que la proposition de Truman contenait toutes les conditions susceptibles de raviver le conflit et que le cessez-le-feu n’entrainerait qu’une accalmie passagère plutôt qu’une paix véritable[151].
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Durant cette période, la position du Parti communiste était très claire : il rejetait tout cessez-le-feu et s’engageait résolument à établir l’État juif par la guerre. Tandis que la Haganah et ses forces spéciales ‑ les Palmach (Bataillons d’assaut) ‑ se préparaient à mettre en oeuvre le vaste plan "Dalet" visant à expulser les Palestiniens de leurs villes et villages, notamment de la zone palestinienne désignée pour la création de l’État juif conformément au plan de partage ‑ plan auquel participèrent des membres et sympathisants du parti, d’abord en rejoignant la Haganah, puis l’armée israélienne ‑, et tandis que les forces armées israéliennes commettaient des massacres contre des civils palestiniens, Meir Vilner rédigea un article important intitulé "La Guerre pour notre indépendance", dans lequel il exposait les orientations du Parti communiste de l’époque, appelant à la guerre et rejetant tout cessez-le-feu et le système de tutelle.
Vilner commença son article en déclarant : "La guerre héroïque menée par nos jeunes hommes restera dans l’histoire comme l’une des pages les plus glorieuses de la lutte pour la liberté du peuple juif et de toute l’humanité"[152]. Il ajouta que les Juifs de Yishouv enduraient la guerre avec héroïsme, déterminés à obtenir la liberté et l’indépendance nationale, et vouant une haine farouche aux tyrans britanniques étrangers et aux bandes du Mufti qui les soutenaient. Vilner critiqua vivement les dirigeants juifs du Yishouv pour avoir "choisi de céder aux pressions de Marshall et Bevin et de ne pas proclamer la création d’un gouvernement provisoire pour l’État juif"[153].
Vilner affirmait que la présence juive en Palestine était menacée et que l’impérialisme américain préparait le terrain à l’extermination des Juifs, à l’instar d’Hitler[154]. Il ajoutait que si la politique impérialiste américaine parvenait à déclencher une nouvelle guerre mondiale, la campagne menée par l’impérialisme américain contre l’Union soviétique serait cohérente avec la campagne impérialiste menée contre les Juifs en vue de leur extermination. Il prétendait également qu’"un plan Marshall pour le peuple juif ne serait pas différent des plans d’Heinrich Himmler, de Majdanek, d’Auschwitz et de Vaivara[155], tout comme la doctrine Truman n’est pas différente de la doctrine de Mein Kampf". Vilner justifiait ces graves accusations ‑ des accusations qui frisent le délire et sont aussi éloignées de la réalité que le ciel l’est de la terre ‑ en affirmant que les États-Unis cherchaient à exterminer les Juifs parce qu’ils avaient renoncé à soutenir la création d’un État juif et proposé d’imposer une tutelle à la Palestine. Vilner affirmait que le revirement de la position américaine sur la question palestinienne n’était ni une coïncidence, ni un simple changement de calendrier pour la création de l’État juif. Cette décision est historique et découle de la vision globale de l’impérialisme américain. Ce dernier, qui se prépare à la Troisième Guerre mondiale contre l’Union soviétique, ne considère pas la communauté juive de Palestine comme faisant partie de ses alliés au Moyen-Orient. Selon Vilner, l’impérialisme américain, à l’instar de l’impérialisme britannique, croit que même si certains dirigeants juifs de la communauté trahissent leur peuple, soutiennent l’impérialisme et rejoignent le camp hitlérien américain et mussolinien britannique, hostiles à la paix mondiale, la population juive de la communauté ne leur permettra pas d’accomplir cette tâche ignoble. Vilner concluait que la possibilité de placer la communauté juive sous tutelle équivalait à un suicide[156].
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Dans son article, Vilner soulignait que le peuple juif "n’est pas seul dans sa guerre; le camp socialiste, mené par l’Union soviétique, est à ses côtés, et le Yishouv n’a d’autre choix que de poursuivre le combat sans relâche, car la poursuite de ce combat lui permettra de recevoir l’aide de tous les peuples qui luttent pour la liberté et la paix." L’alternative à la poursuite de la guerre, affirmait-il, est "la ghettoïsation, la perte de toute possibilité d’indépendance et le danger d’anéantissement." Vilner accusait la direction de l’Agence juive de ne pas mener la guerre ‑ une position fréquemment exprimée dans les articles et les déclarations des dirigeants du parti, comme nous l’avons déjà documenté ‑ et de craindre l’impérialisme américain.
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La Grande-Bretagne reculait devant eux et hésitait à établir un gouvernement provisoire pour l’État juif, car elle voulait ménager la chèvre et le chou. Elle empêchait également la conscription intégrale du Yishouv et bloquait l’accès de ce dernier à l’aide des forces progressistes internationales dans sa guerre en cours. Vilner ajouta : "Nous avertissons les dirigeants du Yishouv et les Nations Unies qu’il n’y aura pas de cessez-le-feu sans l’indépendance de l’État juif." Afin de permettre au Yishouv de poursuivre la guerre, Vilner appela à la formation d’un front national regroupant le Parti communiste ainsi que toutes les "forces progressistes" et "forces anti-impérialistes", notamment le Mapam et la Haganah, pour contrer la dangereuse capitulation des dirigeants du Yishouv face à l’impérialisme[157].
Plan Dalet et massacre de Deir Yassin
Durant la décennie précédant la création d’Israël, les dirigeants du Yishouv et de la Haganah déployèrent des efforts considérables pour constituer la force militaire la plus puissante possible pour le Yishouv, en vue d’une guerre contre la population arabe palestinienne et le reste du monde arabe, et pour imposer par la force l’établissement de l’État juif. Les dirigeants du Yishouv et de la Haganah élaborèrent des plans stratégiques détaillés pour l’emploi de la force militaire contre les Palestiniens. Début avril 1948, avant la déclaration d’indépendance d’Israël et le déclenchement de la guerre contre les États arabes, la Haganah commença à mettre en oeuvre le plan Dalet avec l’opération Nachshon. Cette opération visait à occuper une vaste zone palestinienne désignée pour l’État arabe dans le cadre du plan de partage, s’étendant le long de la route reliant l’arrière-pays palestinien à Jérusalem. Elle impliquait l’occupation de 73 villes et villages palestiniens dans cette région arabe, l’expulsion de leurs habitants et leur destruction. Le Parti communiste soutint l’opération Nahshon, malgré son déroulement dans la zone allouée à l’État arabe, la considérant comme une étape importante vers l’ouverture de la route vers Jérusalem[158].
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À la suite de l’arrivée d’importantes quantités d’armes modernes en provenance de Tchécoslovaquie au début du mois d’avril 1948, comme nous l’avons mentionné précédemment, les forces de la Haganah, dans le cadre de l’opération Nahshon, ont pu changer le cours des batailles et commencer à occuper les villages palestiniens situés dans cette zone, notamment le village stratégique d’Al‑Qastal, où l’éminent dirigeant palestinien Abd al‑Qadir al‑Husseini a été martyrisé le 8 avril 1948.
À l’aube du 9 avril 1948, au lendemain de la chute d’al‑Qastal, l’Irgoun et le Lehi lancèrent une attaque contre le village de Deir Yassin, situé entre al‑Qastal et Jérusalem, au nord-ouest de la ville. Ils avaient informé David Shaltiel, commandant de la Haganah à Jérusalem, et obtenu son accord. L’attaque mobilisa 120 combattants, 80 de l’Irgoun et 40 du Lehi, équipés de mitrailleuses et d’explosifs. Les assaillants rencontrèrent une résistance acharnée aux entrées du village et ne purent y pénétrer. On déplora quatre morts et 32 blessés. Face à cette situation, les chefs de l’Irgoun et du Lehi sollicitèrent des renforts et des munitions auprès du commandant de la Haganah à Jérusalem. Ce dernier dépêcha immédiatement un groupe de combattants du Palmach, dotés d’armes et de munitions modernes. Les combattants des trois organisations attaquèrent et occupèrent alors Deir Yassin, commettant d’horribles massacres. Ils tuèrent hommes, femmes, vieillards et enfants de diverses manières, les alignant et les fusillant, et faisant sauter des maisons avec des personnes à l’intérieur. Les massacres et les attentats se poursuivirent jusqu’à ce que le village soit presque entièrement détruit. Après cela, les assaillants rassemblèrent quelques villageois survivants et les firent défiler dans les rues de Jérusalem-Est lors d’une sorte de procession triomphale, avant de les ramener au village et de les exécuter[159].
Alors que l’Irgoun et le Lehi ont reconnu avoir perpétré le massacre et se sont vantés, dans leurs déclarations, d’avoir tué 250 Palestiniens, la Haganah a admis que ses forces avaient participé à l’occupation du village, mais a nié toute implication avec l’Irgoun et le Lehi dans le massacre. L’Agence juive a publié un communiqué condamnant les actes commis à Deir Yassin par ceux qu’elle qualifiait de "dissidents"[160].
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Le Parti communiste n’a fait aucun commentaire sur le massacre, ni le jour même (vendredi), ni le lendemain. Le journal Kol Ha’am, paru le dimanche, n’y a fait aucune mention, alors même que l’évènement faisait la une des journaux arabes et hébraïques en Palestine et dans le monde entier. Ce n’est que trois jours après le massacre que Kol Ha’am l’a abordé dans son éditorial. Bien que les organisations Etzel et Lehi aient revendiqué le massacre et se soient vantées d’avoir tué 250 Palestiniens à Deir Yassin, l’éditorial de Kol Ha’am n’a ni qualifié ce crime de massacre, ni ne l’a condamné. Dans son éditorial, le journal affirmait : "L’attaque de l’Irgoun et du Lehi contre le village arabe de Deir Yassine relevait davantage d’une démonstration de propagande que d’une opération militaire liée à des questions de sécurité[161]." L’éditorial ajoutait : "L’occupation du village arabe de Deir Yassin était liée aux délibérations du Comité exécutif de l’Organisation sioniste et à une tentative de pression sur celui-ci, et n’avait rien à voir avec la nécessité de défendre la route de Jérusalem." Il poursuivait en indiquant que l’Irgoun et le Lehi avaient attaqué Deir Yassin, village entouré de villages juifs, bien qu’il fût paisible et que les bandes arabes n’y aient jamais pénétré. L’éditorial ajoutait : "Ils ont occupé le village et tué de nombreux paysans. L’attaque agressive menée par l’Irgoun et le Lehi à l’intérieur du village, les agressions et les meurtres d’habitants, ainsi que le défilé de prisonniers dans les rues de Jérusalem ne contribuent en rien à la sécurité de la ville, capitale de notre pays." L’éditorial affirmait également : "L’opinion publique a considéré l’attaque de Deir Yassin comme un acte honteux visant à faire pression sur le Comité exécutif de l’Organisation sioniste pour qu’il ratifie l’accord avec l’Irgoun, et non à garantir la sécurité de Jérusalem." L’éditorial de Kol Ha’am ajoutait que Radio London avait "fait grand cas" des évènements de Deir Yassin, non seulement pour des raisons de journalisme sensationnaliste, mais aussi pour l’avantage politique qu’un tel acte pouvait apporter au gouvernement britannique. La Ligue arabe, les cercles du mufti et la faction réactionnaire d’Husseini savaient également très bien comment exploiter l’attaque chauvine menée par l’Irgoun et le Lehi, qui avaient infiltré les rangs des émeutiers arabes. Kol Ha’am affirmait dans son éditorial que "la condamnation par l’Agence juive des crimes commis à Deir Yassin" et la libération des prisonniers arabes par la Haganah exprimaient l’opposition de la majorité de la communauté juive aux attaques meurtrières perpétrées contre des résidents arabes pacifiques, ainsi que sa ferme volonté de défendre sa sécurité par des moyens efficaces et avec sagesse politique[162]. On peut donc en déduire que la critique formulée par le journal du parti à l’égard des évènements de Deir Yassin reposait sur le fait qu’ils ne servaient pas la sécurité ni les intérêts de la communauté juive.
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Dans le même numéro, Kol Ha’am publia une déclaration du commandant de la Haganah à Jérusalem, dans laquelle il affirmait que les forces de la Haganah n’avaient pas participé à l’attaque de Deir Yassin, qu’attaquer et occuper le village n’avait aucun intérêt militaire, et que l’attaque de l’Irgoun et du Lehi était motivée par une campagne de propagande contre un village qui n’avait pas pris part aux attaques contre Jérusalem. Selon Kol Ha’am, le commandant de la Haganah prétendait que l’Irgoun et le Lehi l’avaient contacté pour lui demander de l’aide afin de secourir les blessés, et que la Haganah leur avait apporté un soutien militaire. Il ajoutait qu’un représentant de la Croix-Rouge s’était rendu à Deir Yassin la veille et avait négocié avec les forces de l’Irgoun et du Lehi présentes dans le village concernant l’évacuation des Arabes blessés, et qu’il avait appris qu’il y avait 250 Arabes morts dans le village[163].
Le massacre de Deir Yassine est l’un des massacres les plus tristement célèbres perpétrés par les forces militaires juives contre les Palestiniens. Sa nouvelle s’est répandue dans le monde entier et a attiré l’attention des Nations Unies et de la Croix-Rouge internationale. Malgré cela, le Parti communiste a refusé de le reconnaitre comme un massacre et l’a ignoré, alors même que de nombreux détails précis de ses atrocités étaient connus des dirigeants des partis politiques et des organisations militaires, ainsi que d’une grande partie de la communauté juive de Palestine. Le mépris du parti pour le massacre, sa position à ce sujet et la manière dont il l’a abordé lors des rares occasions où il l’a mentionné, révélaient peut-être l’état d’esprit de ses dirigeants à une époque où des centaines de ses membres et sympathisants combattaient au sein du Palmach et de la Haganah, qui, avec l’armée israélienne après sa formation lors de la création d’Israël, ont perpétré des dizaines de massacres contre des Palestiniens. Le journal Kol Ha’am révéla le 14 mai 1948, plus d’un mois après le massacre, qu’il n’avait pas publié de compte rendu complet des évènements de Deir Yassin à la demande de certaines institutions de la communauté juive du Yishouv. Le journal justifia cette décision en déclarant : "Afin de ne pas ajouter aux informations publiées dans les journaux étrangers, qui n’ont pu voir l’intégralité des évènements de Deir Yassin en raison de la dissimulation de ces actes horribles"[164]. Il convient de mentionner que le Parti communiste israélien n’était pas le seul à passer sous silence le massacre de Deir Yassine dans ses efforts inlassables pour présenter une image idyllique d’Israël et de sa guerre contre les Palestiniens. Les médias soviétiques l’ont totalement ignoré et n’y ont fait aucune mention, ni au moment des faits, ni dans les mois qui ont suivi[165].
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Le Parti communiste, l’occupation et le nettoyage ethnique des villes palestiniennes.
À la suite au succès de l’opération Nahshon, qui a abouti à l’occupation d’une vaste zone en dehors du territoire destiné à l’État juif et à l’expulsion des Arabes palestiniens après des massacres perpétrés contre eux ‑ notamment après le massacre de Deir Yassin et son impact psychologique dévastateur, dont la nouvelle s’est répandue dans toute la Palestine ‑ , la Haganah a priorisé l’occupation de plusieurs villes palestiniennes importantes et le nettoyage ethnique de leurs habitants arabes dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan Dalet, ouvrant la voie à la proclamation d’un État juif en Palestine. Le plan de la Haganah comprenait les villes de Tibériade, Haïfa, Jaffa, Safed, Acre et Beit She’an.
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Occupation de Tibériade
Tibériade fut la première ville arabe ciblée par les forces de la Haganah pour son occupation et l’expulsion de ses habitants arabes, qui étaient alors environ 5 800. Le 12 avril 1948, la Haganah isola la ville des villages arabes environnants. Les forces juives commirent un massacre dans le village de Nasir al-Din, situé à l’ouest de Tibériade, déplaçant de force ses habitants et détruisant leurs maisons afin de terroriser la population arabe de la région[166]. Les forces de la Haganah, positionnées dans les quartiers juifs situés dans la partie haute de la ville, commencèrent alors à bombarder les quartiers arabes, intensifiant les bombardements en faisant rouler des barils explosifs vers eux. Le 18 avril 1948, les forces de la Haganah occupèrent la ville arabe et expulsèrent tous ses habitants arabes après avoir perpétré un massacre contre eux, au cours duquel 80 Arabes furent tués, dont 18 femmes[167].
Le journal Kol Ha’am suivit avec grand intérêt l’occupation de Tibériade et d’autres villes arabes par la Haganah, y voyant une victoire significative qui ouvrait la voie à la création de l’État juif. Le lendemain de la chute de Tibériade, Kol Ha’am titra : "Tibériade entièrement évacuée de ses habitants arabes". Le journal rapporta que les forces de la Haganah avaient achevé l’occupation de la ville lors d’une opération militaire qui culmina avec la prise de l’hôtel Tibériade, décrit comme servant de quartier général à des bandes arabes. Le journal ajoutait qu’après l’occupation de l’hôtel, à minuit, des cris de joie célébrant la victoire se firent entendre, puis le drapeau bleu et blanc fut hissé sur l’établissement. Il notait également que l’évacuation des Arabes de la ville se poursuivit pendant plusieurs jours et que les derniers convois quittèrent la ville le 18 avril, les habitants arabes étant transportés dans 30 autobus, après le départ d’environ 2.000 Arabes la veille[168]. Le 22 avril 1948, Kol Ha’am rapportait que le village arabe de Majdal, situé près de Tibériade, "avait été entièrement évacué la veille de ses habitants arabes, qui furent transportés par des autobus de la compagnie juive Egged"[169]. Kol Ha’am ne protesta pas contre l’expulsion des Arabes de Tibériade et de ses environs.
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Occupation de Haïfa
En décembre 1947, les forces de la Haganah commencèrent à bombarder les quartiers arabes de la ville côtière de Haïfa. Ces forces étaient stationnées dans les quartiers juifs, sur les pentes du mont Carmel, dans les parties les plus élevées de la ville. Elles poursuivirent les bombardements sur les quartiers arabes de Haïfa durant les premiers mois de 1948, et les bombardements s’intensifièrent début avril, accompagnés du largage de barils remplis d’explosifs dans les quartiers arabes.
Le 18 avril 1948, jour de la chute de Tibériade, le commandant britannique en Galilée annonça le retrait de ses forces de la ligne de démarcation séparant les quartiers arabe et juif de Haïfa. À ce moment-là, les forces britanniques constituaient le principal obstacle à l’attaque et à l’occupation de la ville arabe par les forces de la Haganah. Apprenant cette nouvelle, la direction de la Haganah mit en oeuvre son plan d’occupation de la ville et d’expulsion de ses habitants. L’opération, baptisée "Be’or Hametz"[170], visait à chasser les Arabes de Haïfa et à la "purifier" de ses habitants.
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Le commandement de la Haganah confia à la brigade Carmeli, l’une de ses unités d’élite forte de 2.000 hommes, ainsi qu’aux forces du Palmach, la mission de mener l’opération Be’or Hametz à la veille de Pessah. Le 11 avril, le commandement de la Haganah à Tel-Aviv leur livra un chargement d’armes sophistiquées, notamment des fusils tchèques modernes récemment arrivés de Tchécoslovaquie[171].
Le jour de l’arrivée du chargement d’armes, la Brigade Carmeli et les forces du Palmach lancèrent leur assaut sur les quartiers arabes afin de les occuper et de les nettoyer ethniquement. Elles bombardèrent les quartiers avec des tirs concentrés, ciblant principalement les rassemblements de civils arabes, avant de lancer une attaque d’envergure sur la ville et de l’occuper entièrement le 22 avril. Elles procédèrent ensuite au nettoyage ethnique de la ville, chassant ses habitants arabes. Sur les 75.000 Arabes qui vivaient à Haïfa avant la guerre, il n’en restait plus qu’environ 3 500. Certains d’entre eux cherchèrent refuge auprès des forces britanniques encore stationnées dans la zone portuaire.
Suite à l’occupation des villes et villages arabes, la communauté juive de Palestine se livrait régulièrement au pillage et au vol de biens arabes. Des membres de cette communauté, de toutes générations et de tous bords politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche, participaient à ces opérations de saisie de biens meubles et immeubles arabes, aux côtés de membres des forces armées juives. De nombreuses publications israéliennes ont documenté ce phénomène, qui accompagnait et suivait systématiquement l’occupation de toute ville ou village arabe[172].
À l’époque, les journaux israéliens ont fait état de ce phénomène de pillage, nombre d’entre eux condamnant la saisie de ces biens par des individus juifs et préconisant plutôt que les institutions sionistes et les institutions de l’État juif en prennent possession. Il est à noter que tous les partis et voix juifs qui ont condamné ces actes ont fermement soutenu l’occupation des villes, villages et régions arabes par les forces juives, y compris le Parti communiste, que ces territoires fassent partie de l’État d’Israël ou de l’État arabe, conformément au plan de partage de l’ONU. Ces entités ont passé sous silence les massacres perpétrés par les forces juives contre les Palestiniens, les expulsions systématiques menées par des organisations armées juives, puis par l’armée israélienne, et ont nié que les forces armées juives aient expulsé les Arabes palestiniens de leurs villes et villages. Elles ont prétendu que les Palestiniens avaient quitté leurs foyers de leur plein gré ou sous la pression de la Grande-Bretagne, des États arabes et des dirigeants palestiniens, dans le but de ternir la réputation de l’État juif.
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Le Parti communiste accordait une grande importance à l’occupation de Haïfa par les forces de la Haganah et à l’expulsion de ses habitants arabes. Le lendemain de l’occupation de la ville par la Haganah, le journal Kol Ha’am titrait : "La Haganah prend le contrôle de Haïfa", affirmant que la Haganah avait achevé sa prise de contrôle et que les Arabes avaient décidé de partir. Il rapportait également que 15.000 Arabes avaient quitté la ville la veille[173]. Dans son éditorial du même jour, Kol Ha’am notait que l’occupation de Haïfa par la Haganah avait suscité l’allégresse au sein de la communauté juive de Cisjordanie. Le journal observait que l’opération révélait deux points qui semblaient susciter des réserves chez Kol Ha’am : d’une part, que l’armée britannique continuait de dicter à la Haganah les zones de Haïfa où elle pouvait se trouver; d’autre part, ce que le journal décrivait comme une confusion entre la défaite des milices arabes et la "fuite terrifiée de milliers d’habitants arabes". Le journal affirmait que la domination du Yishouv sur Haïfa n’avait pas nécessairement entrainé un exode massif des Arabes de la ville. Le journal poursuivait en affirmant qu’au contraire, afin de renforcer la gouvernance et la sécurité militaire et politique à court et à long terme, le Yishouv aurait dû considérer la reddition des Arabes de Haïfa comme une étape vers un processus de paix avec les Arabes de Haïfa, désireux de paix. L’éditorial de Kol Ha’am prétendait que le "départ organisé des Arabes de Haïfa" de la ville avait été orchestré à la demande de la Grande-Bretagne et de ses agents au Moyen-Orient, afin de compliquer la situation et d’accroitre le nombre d’éléments hostiles au Yishouv juif[174].
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Deux jours plus tard, Kol Ha’am revint sur le sujet dans son éditorial, abordant à nouveau l’occupation de Haïfa par la Haganah. Le journal souligna que la prise de Haïfa, deuxième ville du pays, constituait un événement majeur d’importance politique. L’éditorial affirmait que l’expulsion massive de la population arabe de la ville et la présence continue de l’armée britannique jetaient le discrédit sur l’occupation et sa dimension politique. Il ajoutait que des relations amicales entre la Haganah et l’armée britannique avaient commencé à se nouer quatre mois après les évènements sanglants de Haïfa, évènements qu’il attribuait au gouvernement britannique et à l’armée britannique. Kol Ha’am accusa l’armée britannique de pratiquer le double discours, l’accusant de soutenir les Arabes dans certaines régions de Palestine tout en entretenant des relations amicales avec la Haganah à Haïfa[175].
Dans son éditorial, le journal affirmait également que l’exode de dizaines de milliers d’Arabes de Haïfa visait à alimenter la propagande et à inciter les Arabes de Palestine et des pays arabes voisins à s’en prendre aux Juifs. Il poursuivait en déclarant que "la politique de la Haganah envers la population arabe de Haïfa a contribué à cet exode, et qu’elle n’a fait aucun effort pour convaincre les populations arabes pacifiques de vivre en paix et en harmonie avec les Juifs". Il ajoutait que la Haganah devait prouver "que les Arabes qui aspirent à la paix peuvent vivre sous domination juive et dans un État juif". Il estimait inacceptable de se fier uniquement à des déclarations officielles, des menaces et des avertissements sans déployer d’efforts concrets et sérieux pour rallier les populations arabes démocratiques et pacifiques. Il a souligné que la prise de contrôle de Haïfa et d’autres zones qui feraient partie de l’État juif par les forces de sécurité du Yishouv devrait prendre la forme d’un nettoyage de ces zones des bandes arabes émeutières et devrait, en même temps, garantir tous les droits aux Arabes pacifiques qui recherchent la paix[176].
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Le 25 avril 1948, le Comité central du Parti communiste publia une déclaration intitulée "Aux défenseurs, à la jeunesse, aux masses du Yishouv !", dans laquelle il affirmait que notre victoire à Haïfa constituait un succès majeur pour le Yishouv dans la guerre pour notre indépendance nationale[177]. Il soulignait que cette victoire, ainsi que l’ouverture de la route vers Jérusalem, prouvaient qu’il était possible d’établir un État juif indépendant, malgré "le sabotage britannique, l’intervention des États arabes en Palestine et le sabotage américain". Le Comité central exprimait sa conviction que l’exode massif de dizaines de milliers d’Arabes de Haïfa visait à fournir aux agents britanniques dans la région des éléments incendiaires pour inciter les Arabes de Terre d’Israël et des États arabes contre les Juifs. Il affirmait que les opposants à l’État juif aux Nations Unies exploiteraient cet exode arabe comme prétexte à la polémique, prétendant que nous ne pouvions garantir les droits fondamentaux de la minorité arabe dans notre État. Le Comité central a exhorté les dirigeants de la communauté juive à faire preuve de maturité politique et à garantir la protection de la population arabe restée à Haïfa. Il a affirmé que la guerre d’indépendance se poursuivrait jusqu’au départ du dernier soldat britannique et à l’éradication des bandes arabes du pays. Cette déclaration passait sous silence le fait que les forces de la Haganah, auxquelles participaient des membres du Parti communiste, combattaient la présence palestinienne en Palestine et n’avaient pas tiré un seul coup de feu sur les soldats britanniques. Le Comité central a conclu sa déclaration par plusieurs slogans, notamment : "Gloire à nos combattants à Haïfa !" et "Vive la guerre pour un État juif indépendant et démocratique !"[178]
Le 6 mai 1948, Kol Ha’am revint sur la question de l’occupation de Haïfa dans son éditorial, affirmant que les victoires remportées par les Forces de défense juives dans diverses régions du pays, notamment à Haïfa et à Tibériade, posaient au Yishouv la question de la politique à adopter envers la population arabe. Le journal a accusé les Britanniques d’avoir initié l’évacuation des populations arabes de Tel-Aviv, Haïfa et Tibériade. Il a ajouté que la poursuite des déplacements de population dans ces zones n’aurait pu se produire sans la complicité des forces de sécurité du Yishouv, expliquant que le simple fait que les Britanniques soient parvenus à déplacer les Arabes des zones occupées par la Haganah, tandis que cette dernière n’était pas parvenue à les accueillir, était révélateur. L’éditorial soulignait la nécessité de mettre fin au pillage et au vol des biens arabes et de bien traiter les Arabes restés à Haïfa, mais il n’exigeait pas que les autorités de sécurité de Yishouv autorisent les Arabes déplacés à retourner chez eux[179].
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Au cours de la troisième semaine suivant l’occupation de Haïfa, le Comité central du Parti communiste de la Terre–Israël adressa un mémorandum à la direction de la Haganah et au Secrétariat de l’Administration populaire[180], abordant la situation à Haïfa. Le mémorandum commençait par affirmer : "Nous partageons avec tout le Yishouv la victoire remportée par les forces de sécurité du Yishouv à Haïfa", et avertissait que les évènements survenus à Haïfa "depuis sa libération des bandes trois semaines auparavant" pourraient transformer leur victoire militaire en une chute morale et politique[181]. Le mémorandum précisait qu’après que ceux qu’il désignait comme des "bandes arabes" eurent réussi à semer la terreur parmi la population arabe pacifique, et suite à l’exode massif des Arabes de Haïfa, "une campagne effroyable de pillages et de saccages de biens arabes commença sous les yeux mêmes des autorités de la Haganah. La grande majorité des maisons arabes furent vidées de tout, et le contenu des magasins, des usines et des ateliers fut volé."
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Le mémorandum constatait que seuls 4.000 Arabes demeuraient à Haïfa et Balad al-Sheikh, alors que leur population totale atteignait 90.000 personnes avant la guerre. Il soulignait que les dirigeants de l’Agence juive et la plupart des partis de la communauté juive, y compris le Parti communiste, avaient affirmé à maintes reprises que seule une infime minorité d’Arabes avait rejoint et collaboré avec ce qu’ils appelaient des "bandes arabes", et que la grande majorité des Arabes de Palestine aspiraient à vivre en paix et à se débarrasser de ces bandes de mercenaires. Le mémorandum affirmait que cela s’appliquait parfaitement aux résidents arabes de Haïfa, en particulier à ceux qui étaient restés dans la ville. Il concluait que, pour cette raison, les Arabes restés à Haïfa ne devaient pas être considérés comme des ennemis vivant en territoire occupé, mais comme des citoyens jouissant des mêmes droits dans l’État juif. Le mémorandum affirmait que l’exode massif des Arabes de Haïfa avait été délibérément orchestré par nos ennemis pour nuire à la réputation de la communauté juive et fournir des prétextes à ceux qui nous haïssent dans le pays, au Proche-Orient et sur la scène internationale.
Le mémorandum soulignait que la conduite corrompue d’éléments irresponsables à l’égard des Arabes de Haïfa et de leurs biens, ainsi que l’inaction des autorités de Yishouv face aux pillards juifs, pousseraient d’autres groupes d’Arabes à rejoindre les rangs de bandes armées arabes et renforceraient le gouvernement britannique, qui exploiterait cette situation auprès de l’opinion internationale contre le Yishouv. Le mémorandum constatait que l’une des "tristes conséquences" de cette situation était que la population arabe se sentait plus en sécurité dans la partie de Haïfa contrôlée par l’armée britannique que dans les zones de la ville sous l’autorité militaire de la Haganah. À la fin du mémorandum, le Comité central du Parti communiste présentait une série de revendications à l’Administration populaire et à la direction de la Haganah afin d’améliorer les conditions de vie des quatre mille Arabes restés à Haïfa sous l’autorité de la Haganah. Cependant, il n’exigeait pas le retour des résidents arabes de Haïfa qui avaient été déplacés de leur ville[182], comme c’était le cas dans l’éditorial du journal du parti, Kol Ha’am, comme mentionné précédemment.
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Occupation de Safed et de la Galilée orientale
Safed, ville de Galilée orientale, abritait environ 12.000 Arabes et 1.500 Juifs, majoritairement des Haredim ultraorthodoxes. Dans le cadre du Plan Dalet, après la prise de Tibériade le 18 avril et de Haïfa le 22 avril, la Haganah décida de lancer une opération militaire baptisée Opération Yiftah. Cette opération visait la zone s’étendant de Metula au nord jusqu’aux rives du lac de Tibériade au sud, avec pour objectif d’en expulser les habitants arabes et de détruire tous les villages arabes qui s’y trouvaient. Cette zone comprenait la ville de Safed et des dizaines d’autres villages arabes. L’Opération Yiftah était dirigée par Yigal Allon, alors commandant du Palmach. Dans le cadre de Opération Balai ("Mivtza Matate" [Matateh], les forces du Palmach ont occupé tous les villages et communautés arabes de la région s’étendant des rives de la mer de Galilée à Rosh Pina (al-Ja’una), expulsant les habitants arabes, détruisant leurs maisons et les incendiant[183].
Le Parti communiste s’intéressa vivement aux opérations militaires menées par les forces du Palmach et de la Haganah en Galilée orientale, les considérant comme une victoire significative. Suite à l’"Opération Balai" mentionnée précédemment, Kol Ha’am écrivait le 6 mai 1948, sous le titre "Le nettoyage de la Galilée par la Haganah" : "La Haute et la Basse Galilée sont désormais réunies et forment un territoire juif continu grâce à la vaste opération de nettoyage menée par les forces de la Haganah dès l’aube contre les bandes arabes, sur une vaste zone s’étendant du sud d’Abilet-Mashahar jusqu’aux rives du lac de Tibériade, et de la route Tibériade-Rosh Pina vers l’est jusqu’au Jourdain." Kol Ha’am précisait que les forces de la Haganah avaient également occupé huit villages arabes importants lors de cette opération, ainsi que les campements de tribus bédouines qui avaient joué un rôle actif dans les émeutes arabes de la région. Les forces de la Haganah les ont incendiés et ont chassé les membres syriens et locaux des gangs, qui ont fui vers la Transjordanie, avec tous les Arabes de cette région, devant les forces de la Haganah[184].
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Kol Ha’am expliqua que l’occupation de cette région de Basse Galilée par la Haganah et l’expulsion des Arabes qui s’y trouvaient étaient d’une importance capitale pour toute bataille future en Haute Galilée, car elles sécurisaient leurs voies d’accès depuis l’intérieur des terres jusqu’à l’extrême nord-est. Elle précisa que les forces du Palmach s’étaient préparées à l’avance, une première troupe ayant avancé vers les villages d’Arab al-Zangariyya et d’Arab Sultana, situés à d’importants carrefours au sud-est de Rosh Pina, et les ayant conquis après une faible résistance, provoquant la fuite des Arabes. Kol Ha’am ajouta qu’une autre troupe de la Haganah s’était emparée du village d’al-Taba’a après une farouche résistance ennemie. Situé sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade, al-Taba’a se caractérisait par ses robustes maisons en pierre. Cependant, après l’attaque de la Haganah, ces maisons furent réduites à des amas de ruines, comme le décrivit Kol Ha’am. Elle a également déclaré que les forces de la Haganah avaient occupé tous les villages arabes le long du rivage de la mer de Galilée, jusqu’à l’embouchure du Jourdain, détruisant leurs maisons et s’emparant d’un important butin[185].
En prélude à l’occupation de Safed, où étaient stationnés des centaines de combattants palestiniens et des membres de l’Armée de libération arabe, les forces du Palmach, sous le commandement de Moshe Kalman, occupèrent, le 1er mai 1948, le village d’Ein Zeitun, situé à environ deux kilomètres de Safed et peuplé d’environ 900 Palestiniens, ainsi que le village voisin de Birya, peuplé d’environ 300 Palestiniens. Les forces du Palmach commirent un massacre atroce à Ein Zeitun afin de terroriser les Palestiniens de la région et de semer la peur parmi eux, les forçant à fuir. Après avoir bombardé les deux villages à l’artillerie, les forces du Palmach les occupèrent, détruisirent leurs maisons et y mirent le feu. Elles rassemblèrent un grand nombre d’hommes à Ein Zeitun, leur lièrent les mains et les pieds, et les jetèrent dans la vallée près du village. Ils restèrent dans cet état pendant plus de deux jours, jusqu’à ce que deux membres du Palmach, sur ordre de leur commandant Kalman, les achèvent tous alors qu’ils avaient encore les mains et les pieds liés[186]. Le 6 mai de cette année-là, les forces du Palmach lancèrent leur attaque sur Safed, s’en emparant le 10 mai et expulsant tous ses habitants arabes.
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Le 6 mai de cette année-là, les forces du Palmach lancèrent leur attaque sur Safed et parvinrent à l’occuper le 10 mai, en expulsant tous ses habitants arabes.
Le Parti communiste a passé sous silence le massacre perpétré par les forces du Palmach à Ein Zeitun, ainsi que la destruction et l’incendie de maisons, comme à Birya, ville voisine. Il a également ignoré les meurtres de civils commis par les forces de la Haganah pendant et après l’occupation de Safed et l’expulsion de ses habitants arabes. Kol Ha’am s’est contenté de rapporter que la Haganah avait annoncé : "Nos forces ont occupé la forteresse de Safed hier après de violents combats contre l’ennemi qui s’y était retranché. Elles ont également occupé le poste de police de la ville et le village d’Akbara, situé au sud de Safed. Huit hommes des forces de la Haganah sont tombés au combat, et les pertes des bandes ont été considérables, tant en hommes qu’en armes"[187].
La nouvelle du massacre perpétré par les forces du Palmach à Ein Zeitun, faisant état de dizaines de victimes civiles dans le village et de l’exécution de plus de soixante-dix "prisonniers" arabes, les mains et les pieds liés, parvint à divers milieux du Yishouv. Quelques jours après le massacre, Al Hamishmar, organe du parti Mapam, annonça la mort de 50 membres de bandes à Ein Zeitun et Birya. Le 20 juin, Bamahane, magazine de la Haganah, rapporta que plus d’une centaine d’habitants d’Ein Zeitun avaient péri durant l’occupation du village[188].
Il est probable que la direction du Parti communiste ait eu connaissance du massacre au fur et à mesure qu’il se produisait, soit par des fuites dans les médias, soit par des membres du Parti communiste au sein du Palmach et de la Haganah. Hans Liebrecht, membre du Parti communiste israélien à l’époque, qui servait dans la Haganah puis dans les Forces de défense israéliennes, a déclaré : "Fin mai 1948, le commandement de l’unité des FDI dans laquelle je servais m’a ordonné de construire une station de pompage temporaire et de détourner le cours d’eau du village abandonné d’Ein Zeitun afin d’approvisionner le bataillon en eau. Le village était entièrement détruit et il restait encore de nombreux corps. Nous avons notamment trouvé de nombreux corps de femmes et d’enfants près de la mosquée. Avant de commencer cette tâche, j’ai persuadé le commandement de l’unité d’ordonner l’incinération des corps gonflés, dont certains avaient été partiellement dévorés par des chiens, et l’inhumation de leurs cendres."[189]
Liebrecht ajouta que, bien que le village fût occupé depuis deux ou trois semaines environ à son arrivée, les habitants juifs de Safed continuaient de venir à Ein Zeitun pour piller. Nombre d’entre eux lui racontèrent que les forces du Palmach, qui occupaient Ein Zeitun, avaient rassemblé environ 180 habitants à l’étage de la mosquée, parmi lesquels des vieillards, des femmes et des enfants. Les forces du Palmach avaient ensuite rempli le rez-de-chaussée de la mosquée de paille, y avaient mis le feu et avaient abattu sans pitié quiconque tentait de s’échapper par les fenêtres[190].
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L’occupation de Jaffa et de son district
La ville de Jaffa était l’une des plus grandes et des plus riches villes arabes palestiniennes, et sa population arabe dépassait les soixante-dix mille habitants à la veille de la guerre de 1948. Son district comprenait 23 villes et villages arabes, et sa population arabe en 1945 était d’environ 110.000 habitants[191]. La ville de Jaffa faisait partie de l’État arabe palestinien conformément au plan de partage de l’ONU. Elle comprenait plusieurs quartiers arabes, parmi lesquels : Ajami, Jabalya (aujourd’hui Givat Aliyah, Abu Kabir et Al-Bassa Bloomfield), Tel Rish (aujourd’hui Tel Givat Givat) et Manshiyya (où se trouvent aujourd’hui le marché Carmel et le delphinarium). Aux alentours de Jaffa se trouvaient des villes et villages arabes, notamment : Salama (aujourd’hui Kfar Shalem et Yazur), Khayriya (aujourd’hui Ramat Efal ‑ un vaste remblai du même nom fut créé à proximité ‑ et Saqiyat Or Yehuda), Kafr Ana (aujourd’hui Neve Menson), Al-Abbasiyya (aujourd’hui Yehud), Beit Dajan et Al-Safiriya (aujourd’hui Tziporiyya).
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Les forces militaires sionistes ont lancé 60 attaques militaires contre la ville de Jaffa entre le 29 novembre 1947 et le 25 avril 1948, dont 49 attaques menées par la Haganah, quatre attaques menées par les forces du Lehi, trois attaques menées par l’Irgun et une attaque conjointe menée par la Haganah et l’Irgun[192].
La direction de la Haganah accordait une importance capitale à la ville de Jaffa et à sa région, ainsi qu’à leur occupation et leur annexion à l’État juif et à l’expulsion de leurs habitants, car elles se situaient au coeur de la région judaïsée durant le mandat britannique. Fin février 1948, Yigal Yadin, chef de la division des opérations de la Haganah, présenta à David Ben Gourion le projet de plan Dalet, approuvé par la direction de la Haganah le 10 mars 1948. Ce plan mentionnait Jaffa sous le titre "Siège des villes ennemies". Il prévoyait un siège total de la ville, par voie terrestre et maritime, en isolant et en occupant certains quartiers, en occupant toutes les villes et tous les villages arabes environnants et en fermant toutes les routes et tous les accès menant à Jaffa, afin de contraindre la ville à se rendre. Cela comprenait l’occupation des quartiers de Manshiyya, Abu Kabir, Tel al-Rish et al-Jabaliya, ainsi que des villes de Salama et Yazur, et d’autres villages près de Jaffa[193]. Cependant, le 28 avril 1948, la direction de la Haganah modifia le plan "Dalet" concernant la ville de Jaffa, ne se contentant plus de l’assiéger. Elle décida alors de mener des opérations militaires visant à affaiblir les fortifications intérieures de Jaffa et à les pénétrer, ainsi que des opérations de déminage de la ligne de fortifications extérieure le long des principales voies d’accès à la ville, afin de contraindre Jaffa à la reddition ou de préparer le terrain pour son occupation totale[194].
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Le 25 avril 1948, 840 soldats de l’Irgoun attaquèrent le quartier de Manshiyya, situé sur le front de mer au nord de Jaffa, encerclé par Tel-Aviv à l’est et au nord[195]. Cette attaque échoua face à une farouche résistance arabe, mais trois jours plus tard, l’Irgoun, cette fois appuyé par les forces de la Haganah, revint à la charge et attaqua de nouveau le quartier, l’occupant et en expulsant tous ses habitants arabes. La Haganah attaqua également d’autres quartiers de Jaffa, ainsi que des villes et villages voisins, les occupant, en expulsant leurs habitants et resserrant le siège de la ville. Simultanément, la Haganah et l’Irgoun intensifièrent leurs bombardements d’artillerie lourde sur divers quartiers de Jaffa, où, au 25 avril 1948, environ 50.000 personnes se trouvaient encore. Ces bombardements, destinés à terroriser les civils, firent de nombreuses victimes. Alors que l’évacuation de Jaffa par les forces britanniques approchait et qu’il devenait évident qu’elles ne parviendraient pas à empêcher l’occupation de la ville par les forces sionistes, les habitants formèrent un comité pour négocier la reddition de Jaffa avec la Haganah. La ville capitula le 13 mai 1948 face aux forces de la Haganah, qui achevèrent ensuite l’expulsion de ses habitants ainsi que ceux de tous les villages et villes de la région. Il ne restait plus qu’environ trois mille personnes, contre une population de 110.000 avant 1948.
Comme mentionné précédemment, Jaffa fut désignée comme faisant partie de l’État arabe selon le plan de partage de l’ONU. Malgré cela, le Parti communiste justifia sans hésiter l’occupation par la Haganah de la plus grande ville arabe de cet État et son annexion à l’État juif. Le 29 avril 1948, le journal Kol Ha’am rapporta que les forces de la Haganah avaient participé à l’attaque de l’Irgoun contre Jaffa. Le journal ajouta que l’Irgoun avait déclaré que ses forces agissaient en pleine coordination avec la Haganah et qu’elles avaient achevé l’occupation du quartier de Manshiyya[196].
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Dans son éditorial du même numéro, intitulé "L’attaque contre Jaffa", Kol Ha’am écrivait que l’attaque de la Haganah contre Jaffa était le fruit de pressions exercées par l’aile droite du Yishouv (autorité religieuse israélienne) et résultait d’un récent accord entre la Haganah et l’Irgoun. Elle a ajouté : "Nous ne souhaitons pas aborder ici l’aspect militaire de la question, car la lutte contre les bandes affiliées au gouvernement britannique, à la Ligue arabe et au Mufti doit être menée avec fermeté[197]." Elle a poursuivi en affirmant qu’il est politiquement absurde d’assimiler le peuple arabe aux bandes arabes, d’autant plus que la majorité de ces bandes ont été recrutées à l’étranger par les Britanniques, comme l’a indiqué Kol Ha’am. Le journal a conclu que, dans ce contexte, il est de notre devoir de mener une politique qui favorise la libération des masses arabes de la pression du terrorisme des bandes et contribue à renforcer les forces arabes démocratiques et pacifiques qui ne participent pas au conflit judéo-arabe.
L’éditorial de Kol Ha’am soutenait que les victoires militaires remportées par les forces sionistes à Jaffa devaient être renforcées par des victoires politiques. Il affirmait que la réalisation de cet objectif dépendait en grande partie des Yishouv, car il était possible d’occuper Jaffa pour la débarrasser des bandes qui attaquaient Tel-Aviv, mais aussi de l’occuper pour en prendre le contrôle politique, à l’instar de l’Irgoun, qui soutenait l’impérialisme américain et britannique dans sa guerre contre les résolutions de l’ONU concernant la création de deux États indépendants en Terre d’Israël, l’un juif et l’autre arabe. Le journal expliquait que "notre guerre est, en premier lieu, une juste guerre de libération, tandis qu’en second lieu, c’est une guerre d’asservissement d’un autre peuple, dont l’issue inévitable est la perte de notre indépendance". Il affirmait en outre que "nous devons nous rendre dans les zones où les bandes se sont retranchées, en tant qu’armée de libération, et mener une politique de libération envers la population arabe". Il poursuivait en déclarant que "seuls les esprits myopes se réjouissent du départ des Arabes de Haïfa ou de l’évacuation des paisibles habitants arabes de Jaffa; l’intérêt national exige que les masses arabes restent chez elles". L’éditorial de Kol Ha’am soulignait que l’Agence juive reconnaissait la nécessité de parvenir à un accord avec les Arabes, mais qu’elle ne s’était pas tournée vers les représentants arabes démocratiques qui s’opposaient au Haut Comité arabe et à sa guerre criminelle contre le Yishouv, mais plutôt vers l’agent de la Grande-Bretagne, le roi Abdallah[198].
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Le Parti communiste a soutenu l’occupation militaire sioniste de Jaffa, la considérant comme une guerre de libération légitime. Théoriquement opposé à l’expulsion de la population arabe de Haïfa et de Jaffa, il l’a justifiée dans les faits. Il qualifiait également de bandes les résistants à l’occupation et admettait l’existence d’Arabes non opposés à l’État juif, les désignant comme des "Arabes démocrates". De plus, le parti a adopté la position du Bichouv, selon laquelle les forces militaires juives n’avaient pas expulsé les Arabes de Jaffa ni de ses environs. Enfin, le Parti communiste a considéré la reddition forcée, le 13 mai 1948, des quelque trois mille Arabes restés à Jaffa, obtenue par l’intermédiaire d’un comité qu’il avait formé pour contacter les forces de la Haganah et discuter des conditions de la reddition, comme une simple "négociation" entre les deux parties. Le journal Kol Ha’am rapportait le même jour que des négociations avaient eu lieu entre le Comité d’urgence de Jaffa, arrivé à Tel-Aviv à bord d’un véhicule blindé militaire juif, et le commandant de la Haganah à Tel-Aviv, en présence du préfet et d’un représentant de l’Administration populaire. Le journal indiquait également dans le même article que le maire de Tel-Aviv, Yisrael Rokach, avait annoncé que la municipalité était prête à placer la ville de Jaffa sous son autorité, qu’elle avait mobilisé des employés municipaux pour réparer les dégâts causés par le bombardement et qu’elle publierait le soir même une déclaration spéciale à l’intention des habitants de Jaffa concernant ce placement sous son autorité[199].
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Dans son éditorial du jour, Kol Ha’am commentait l’occupation de Jaffa, écrivant sous le titre "Notre politique envers Jaffa" : "Des négociations ont débuté avec des représentants de Jaffa. Ces négociations interviennent après la défaite des bandes armées et l’abandon du combat par la grande majorité des dirigeants réactionnaires." Le journal ajoutait : "C’est la première fois, depuis le début de ces évènements sanglants, que des négociations ont lieu directement entre des représentants juifs et arabes, sans intervention ni médiation britannique." Il soulignait que "ces négociations marquent une défaite militaire et politique pour les bandes armées du Mufti, qui s’étaient retranchées pendant des mois à Jaffa et bombardaient Tel Aviv depuis cette position. Elles témoignent également de la volonté des résidents arabes restés à Jaffa de vivre en paix avec Tel Aviv." Il poursuivait : "Au cours de cette guerre héroïque et coûteuse, les Forces de défense juives ont débarrassé Jaffa des bandes armées, instaurant ainsi un climat de sécurité à Tel Aviv." Le journal exprimait sa position selon laquelle la Haganah devait mener une politique démocratique envers Jaffa, respectueuse des droits de ses habitants et les aidant à surmonter la peur des bandes armées. Elle avait oublié qu’il ne restait que trois mille personnes dans la ville de Jaffa et ses environs sur les 110.000 d’avant la guerre, et comme ce fut le cas lors de l’occupation de Haïfa et d’autres villes, Kol Ha’am n’a pas demandé aux dirigeants de la Haganah et du Yishouv d’autoriser les habitants de Jaffa à rentrer chez eux.
Le 14 mai 1948, Kol Ha’am annonçait, sous le titre "Jaffa capitule face aux forces de la Haganah", qu’un accord de reddition avait été conclu entre le Comité d’urgence et la Haganah, et que les commandants des deux camps l’avaient signé[200]. Le journal précisait que l’accord comprenait deux documents : le premier détaillant la reddition, et le second contenant les instructions du Comité d’urgence aux habitants de Jaffa. Aux termes de l’accord de reddition, le Comité d’urgence de Jaffa s’engageait à remettre toutes les armes, munitions et équipements militaires à la Haganah. Il s’engageait également à informer la Haganah de toute information en sa possession concernant l’emplacement des mines, explosifs, etc. L’accord stipulait que la Haganah vérifierait l’identité de tous les hommes arabes présents à Jaffa, qu’elle avait le droit d’arrêter toute personne qu’elle considérait comme une menace, réelle ou potentielle, pour la paix et la sécurité de la ville, et qu’elle contrôlerait toutes les personnes entrant et sortant de la ville. De plus, un représentant de la Haganah administrerait la ville[201].
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Suite à l’occupation de Jaffa, les autorités israéliennes ont entrepris la judaïsation de la ville arabe de Jaffa et des villages et villes environnants, installant de nouveaux immigrants juifs dans leurs maisons. Le Parti communiste a joué un rôle important, voire fondamental, en facilitant et en organisant leur migration d’Europe de l’Est vers Israël. Jaffa était l’une des villes les plus riches et les plus développées de Palestine, la plupart de ses maisons étant modernes et élégantes. Des dizaines de milliers de nouveaux immigrants juifs d’Europe de l’Est s’y sont installés en 1948. Il est à noter que le Parti communiste, comme la plupart des autres partis israéliens, a protesté contre le pillage de ces maisons par des Juifs de diverses tendances politiques. En effet, ces partis, y compris le Parti communiste, estimaient que l’État juif devait systématiquement s’emparer de ces propriétés. Cependant, le Parti communiste n’a pas protesté contre l’installation de nouveaux immigrants juifs, ni même d’immigrants plus anciens, dans ces maisons arabes, ni contre leur acquisition ultérieure. Au contraire, malgré la sensibilité de la situation, le Parti communiste se félicitait de l’installation de nouveaux immigrants juifs dans des familles arabes, tout comme il se vantait d’accueillir de nouveaux immigrants d’Europe de l’Est. Le jour même de la reddition de Jaffa, le journal Kol Ha’am annonçait que "400 familles de réfugiés juifs seront logées dans le village arabe de Salama dans les semaines à venir, une fois les travaux de réparation terminés. Outre ces réfugiés, des familles de nouveaux immigrants arrivant de Chypre seront également accueillies dans le village[202]."
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Occupation de Beit Shean
Le même jour que la reddition de Jaffa, Beisan capitula également. Il est à noter que le Parti communiste adopta la version sioniste des évènements de Beisan et ne protesta pas contre l’expulsion de ses habitants arabes. Le journal Kol Ha’am rapporta que Beisan se rendit aux forces de la Haganah à midi le 13 mai 1948, ajoutant que la Haganah avait exigé la reddition des habitants de Beisan plusieurs jours auparavant, ce qu’ils avaient refusé. Kol Ha’am indiqua que 1.500 Arabes restaient à Beisan après sa reddition, sur une population d’avant-guerre de 6.000 habitants.
Le journal ajoutait que les conditions de la reddition comprenaient l’expulsion de tous les étrangers, la remise des armes et du poste de police, et que ces conditions avaient été appliquées, la Haganah nommant un gouverneur militaire pour la ville. Il précisait également que les Arabes avaient été informés que quiconque souhaitant rester en ville et continuer à y vivre en paix pouvait le faire[203]. Cependant, le Parti communiste et son journal, Kol Ha’am, omettaient de mentionner que la Haganah avait expulsé tous les résidents arabes de Beisan et avait immédiatement entrepris la judaïsation de la ville et l’installation de nouveaux immigrants juifs.
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Chapitre cinq
Fin du mandat britannique et déclaration de la création d’Israël
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(blanc)
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Le 14 mai 1948, le mandat britannique sur la Palestine prit fin. Le même jour, le Comité central du Parti communiste de la Terre d’Israël publia une déclaration marquant la fin du mandat. Cette déclaration passait sous silence l’alliance étroite entre le mouvement sioniste et le colonialisme britannique, la déclaration Balfour promettant un foyer national au peuple juif en Palestine aux dépens de ses propriétaires légitimes, et le fait que le mandat sur la Palestine incluait la mise en oeuvre de la déclaration Balfour. La déclaration affirmait que la fin du mandat britannique sur la Palestine était due à la guerre héroïque du Yishouv pour l’indépendance et à l’aide apportée par l’Union soviétique et toutes les forces progressistes du monde[204]. Elle occultait le fait que les forces de la Haganah n’avaient pas tiré un seul coup de feu contre l’armée britannique, mais plutôt contre des villes et des villages palestiniens dans le but de déplacer les Palestiniens. La déclaration soulignait que la lutte pour l’indépendance n’était pas encore terminée et que, "de même que le Mandat a pris fin grâce à la guerre de libération du Yishouv, notre indépendance sera acquise en mobilisant ses forces dans la guerre pour notre liberté. Le peuple juif tout entier est à nos côtés, ainsi que toutes les forces progressistes." Nous combattrons et nous vaincrons[205].
Le matin du 15 mai 1948, immédiatement après l’expiration du mandat britannique sur la Palestine, David Ben Gourion proclama la création d’un État juif en Palestine, à savoir Israël. Le document proclamant cet État, connu sous le nom de Déclaration d’indépendance, fut signé par trente-sept personnes représentant divers partis politiques juifs, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Tous étaient des colons, étrangers à la Palestine, nés hors de celle-ci, à l’exception d’une personne née en Palestine de parents immigrés du Maroc. Parmi les signataires figurait Meir Vilner, représentant du Parti communiste israélien.
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Vilner ne contestait pas le récit historique de la Déclaration d’indépendance, qui est rempli d’erreurs historiques et conforme à la mauvaise lecture sioniste de l’histoire juive et basé sur des légendes religieuses mythiques, mais il exigeait l’ajout des mots "indépendant et souverain[206]" à l’État juif, dans une tentative de montrer à quel point lui et son parti étaient attachés à l’indépendance de l’État d’Israël.
Le Comité central du parti a publié une déclaration à l’occasion de la proclamation de la création d’Israël, changeant le nom du parti de "Parti communiste de la Terre d’Israël" à "Parti communiste israélien"[207]. Il y affirmait que l’État d’Israël avait été créé grâce à la lutte héroïque de ses plus valeureux fils et filles, et avec l’aide des forces démocratiques du monde entier. Il déclarait que le Parti communiste de la Terre d’Israël avait toujours été un parti internationaliste et qu’il se considérait désormais comme "le Parti communiste de l’État d’Israël", ouvert à tous ses militants qui adhéraient aux principes du marxisme-léninisme, sans distinction de nationalité, de religion ou de sexe. Le Comité central ajoutait que le Parti communiste hisserait désormais le drapeau de l’État d’Israël et chanterait, outre l’hymne ouvrier, l’hymne national lors des cérémonies et réunions officielles du parti [208].
La "lune de miel" entre l’Union soviétique et Israël
De fin 1947 au début du printemps 1949, des relations extrêmement amicales ont prévalu entre l’Union soviétique, l’Agence juive et Israël. Suite à la déclaration du représentant soviétique Semyon Tsurkin, le 13 octobre 1947, dans laquelle il soutenait la recommandation majoritaire du Comité spécial des Nations Unies pour la Palestine (UNSCOP), l’Union soviétique a déployé tous ses efforts pour obtenir une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU approuvant la recommandation majoritaire du Comité de partager la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe, et de placer Jérusalem et ses environs sous tutelle internationale. Dès lors, des relations extrêmement amicales se sont développées entre l’Union soviétique et l’Agence juive.
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Dans ce contexte, de nombreux contacts et réunions ont eu lieu à la veille de la résolution de partage et jusqu’à la déclaration de la création d’Israël le 15 mai 1948, entre les délégués de l’Union soviétique aux Nations Unies et les représentants de l’Agence juive, parmi lesquels le chef du département politique de l’Agence juive, Moshe Sharett, qui, avec Ben Gourion, a dirigé l’activité politique de l’Agence juive pour obtenir différents types de soutien international à la création d’un État juif en Palestine[209].
Il semble qu’un certain nombre de facteurs aient contribué à ce que l’Union soviétique abandonne sa position historique contre le sionisme et son projet d’établir un État juif en Palestine, et devienne un de ses partisans, les plus importants étant :
Premièrement : sa conviction que cela contribuerait à affaiblir la présence coloniale britannique au Moyen-Orient.
Deuxièmement : sa tentative de semer la discorde entre les deux puissances coloniales, à savoir : la Grande-Bretagne, qui cherchait à prolonger son mandat sur la Palestine, et les États-Unis, qui soutenaient fermement la création d’un État juif en Palestine et la fin du mandat britannique sur ce territoire.
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Troisièmement : son pari que l’Union soviétique aurait de l’influence en Israël parce que les partis ouvrier sionistes avaient pris la tête du Yishouv juif en Palestine, dont la majorité des membres avaient immigré en Palestine depuis la Russie et l’Europe de l’Est.
Quatrièmement : sa conviction que son soutien à la création d’un État juif en Palestine lui vaudrait le soutien des Juifs du monde entier, en particulier des Juifs des États-Unis, car il imaginait qu’ils avaient une influence aux États-Unis et un impact sur sa politique étrangère[210].
Depuis sa décision de soutenir la création d’un État juif en Palestine en octobre 1947, l’Union soviétique a commencé à appuyer les positions de l’Agence juive et d’Israël, en leur fournissant diverses formes d’assistance pour atteindre cet objectif. Cela s’est reflété dans les aspects suivants[211] :
1. L’Union soviétique fut le premier pays à reconnaitre pleinement et officiellement Israël dès sa création, tandis que les États-Unis furent le premier pays au monde à le reconnaitre de facto, et non de jure. Après la reconnaissance d’Israël par l’Union soviétique, les pays d’Europe de l’Est suivirent rapidement son exemple.
2. L’Union soviétique s’est fermement opposée à l’entrée des armées arabes en Palestine le 15 mai 1948, soutenant ainsi la position israélienne.
3. L’Union soviétique a soutenu Israël dans son rejet du plan du comte [Folke] Bernadotte visant à résoudre la question palestinienne, qu’il avait présenté aux Nations Unies et qui avait également été rejeté par ses représentants aux Nations Unies.
4. L’Union soviétique a renoncé à l’internationalisation de Jérusalem et à sa mise sous tutelle internationale, conformément à la résolution de partage publiée par les Nations Unies, et a soutenu, durant l’été 1948, la politique d’Israël à l’égard de Jérusalem et de son expansion territoriale dans cette ville.
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5. L’Union soviétique a toléré l’expansion israélienne dans la zone désignée pour l’État arabe palestinien et n’a pas exigé qu’Israël se retire des zones qu’il occupait, lesquelles faisaient partie de l’État arabe palestinien conformément à la résolution de partage.
6. Au cours du second semestre 1948, l’Union soviétique a soutenu la position d’Israël sur la question des réfugiés palestiniens. Son représentant auprès des Nations Unies, Yakov Malik, a tenu la Grande-Bretagne, les États arabes et les États-Unis responsables du déplacement des Palestiniens de Palestine, se rangeant ainsi du côté israélien. L’Union soviétique a également soutenu la position d’Israël quant au règlement de la question des réfugiés palestiniens, selon laquelle la solution résidait dans la résolution du conflit israélo-arabe par des négociations directes entre Israël et les États arabes. Il est à noter que les médias soviétiques ont totalement ignoré la question des réfugiés palestiniens durant cette période, n’en faisant aucune mention, pas plus que du massacre de Deir Yassine, qui a pourtant dominé la couverture médiatique internationale[212], ni d’autres massacres.
7. En décembre 1948, l’Union soviétique vota en faveur de l’admission d’Israël aux Nations Unies, malgré l’occupation par Israël de vastes portions du territoire désigné pour l’État arabe palestinien et l’expulsion d’environ 800.000 Palestiniens de leurs foyers. Dans son discours du 2 décembre 1948, Malik, représentant de l’Union soviétique auprès des Nations Unies, déclara, dans le cadre de sa tentative de convaincre le Conseil de sécurité d’accepter Israël, que "le monde entier est bien conscient des difficultés rencontrées par cet État depuis sa création; des puissances extérieures ont tenté de lui nuire, mais cet État a néanmoins prouvé sa force de survie et sa capacité à remplir pleinement ses obligations internationales, notamment celles imposées par les Nations Unies et le Conseil de sécurité"[213]. Cependant, Israël ne parvint pas à obtenir son adhésion aux Nations Unies, faute du soutien de sept membres du Conseil de sécurité, condition alors requise. Seuls cinq pays votèrent en sa faveur : l’Union soviétique, les États-Unis, l’Ukraine, l’Argentine et la Colombie. Ce n’est que le 5 mars 1949 que le Conseil de sécurité a accepté son adhésion aux Nations Unies[214].
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8. L’Union soviétique a ordonné à la Tchécoslovaquie, entre 1948 et février 1949, de fournir à Israël des armes modernes, ce qui a joué un rôle décisif dans le changement du cours de la guerre en faveur d’Israël, comme nous l’avons déjà indiqué.
9. Si l’Union soviétique s’opposait fermement à l’émigration de ses citoyens juifs vers Israël pendant et après la guerre de 1948, elle approuvait et encourageait l’immigration juive, notamment de combattants et d’experts, vers Israël. Durant la guerre de 1948, Israël avait un besoin urgent d’immigration juive, en particulier de combattants, pour deux raisons principales : d’une part, il lui fallait des combattants juifs ayant l’expérience militaire acquise au sein des armées de leurs pays respectifs pendant la Seconde Guerre mondiale pour sa guerre contre le peuple arabe palestinien et les États arabes; d’autre part, il lui fallait un nombre suffisant d’immigrants pour remplacer la population palestinienne dans les villes et villages dont elle avait été déplacée, dans le but de créer un fait accompli qui empêcherait les Palestiniens de retourner chez eux.
En effet, grâce aux efforts intensifs d’Israël et du Parti communiste israélien, qui entretenait des liens étroits avec les partis communistes au pouvoir dans les pays d’Europe de l’Est, environ 250.000 Juifs ont immigré en Israël depuis la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie et la Yougoslavie entre 1945 et fin 1949, et plus précisément entre 1948 et 1949 [215]. Cette immigration juive fut le principal facteur de la judaïsation des villes palestiniennes et de l’établissement de colonies pour ces nouveaux immigrants juifs sur les ruines de dizaines de villages palestiniens dont les forces militaires israéliennes avaient expulsé les habitants. Ces immigrants juifs s’installèrent à Jaffa, Haïfa, Jérusalem, Safed, Beisan, Acre, Lod, Ramla, Beersheba, Majdal et dans des dizaines d’autres villes et villages palestiniens, tels qu’al-Abbasiyya, Balad al-Sheikh, al-Ja’una, Ijzim et Ein Karem[216].
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À l’instar d’autres mouvements sionistes, le Parti communiste israélien a participé à l’installation de ses sympathisants et d’autres immigrants juifs dans les villes et villages palestiniens, y compris ceux destinés à l’État arabe selon le plan de partage, comme mentionné précédemment. Le parti n’y voyait aucun problème moral ou politique, pas plus qu’à l’établissement d’une colonie juive sur les ruines de Deir Yassin, village où les organisations Irgoun et Lehi, avec l’aide de la Haganah, avaient perpétré un massacre atroce. Deir Yassin se situait en dehors de la zone attribuée à l’État juif par le plan de partage. Il convient de noter que l’établissement d’une colonie juive sur les ruines de Deir Yassin avait suscité à l’époque l’opposition de certains intellectuels juifs pour des raisons morales, s’écartant ainsi du consensus israélien. En février 1949, Martin Buber, Ernst Simon et David Santor adressèrent une lettre au Premier ministre israélien David Ben Gourion pour lui faire part de leur opposition au projet du gouvernement d’installer de nouveaux immigrants juifs dans le village de Deir Yassin, dans le cadre d’un programme de colonisation juive des villages abandonnés. Ils exprimèrent leur conviction que "le moment n’est pas encore venu de prendre une décision concernant l’établissement d’une colonie juive dans ce village. Des centaines de personnes ont été tuées à Deir Yassin, et il est préférable, pour l’instant, de laisser les terres de Deir Yassin inexploitées et les maisons inhabitées, plutôt que d’entreprendre une action dont la portée symbolique négative surpasse largement son intérêt pratique"[217]. Cependant, Ben Gourion ne répondit pas à cette lettre et poursuivit le projet d’établissement d’une colonie juive sur les ruines du village[218].
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Le premier round de la guerre
Après la fin du mandat britannique sur la Palestine, un petit nombre de conscrits issus des armées de divers États arabes entrèrent en Palestine. Des affrontements militaires s’ensuivirent, d’abord avec les forces de la Haganah, puis avec l’armée israélienne. La première phase du conflit dura du 15 mai au 11 juin 1948. Elle fut suivie d’un cessez-le-feu de 28 jours, du 11 juin au 8 juillet 1948. La seconde phase du conflit débuta le 9 juillet 1948 et se poursuivit jusqu’au 18 juillet.
Durant la première phase du conflit, jusqu’à la signature de l’accord de cessez-le-feu, l’armée israélienne occupa le territoire destiné à l’État juif selon le plan de partage, à l’exception de 300 kilomètres carrés et de vastes zones du Néguev. Elle occupa les villes et villages de cette région et en expulsa les habitants arabes. L’armée israélienne occupa également 700 kilomètres carrés du territoire destiné à l’État arabe selon le plan de partage et en expulsa les habitants palestiniens. À l’expiration du cessez-le-feu, le 9 juillet 1948, lors de la seconde phase du conflit, l’armée israélienne étendit les frontières de l’État juif sur le territoire destiné à l’État arabe palestinien, occupant davantage de villes et villages palestiniens et en expulsant leurs habitants arabes. Cette seconde phase dura dix jours, jusqu’à la signature d’un second accord de cessez-le-feu le 18 juillet. Au cours des mois suivants, Israël viola à plusieurs reprises l’accord de cessez-le-feu, occupant davantage de terres arabes et étendant les frontières de l’État juif au détriment du territoire destiné à l’État arabe selon le plan de partage. Israël occupait 78 % du territoire palestinien, alors que le plan de partage lui en attribuait 54 %. En 1949, Israël signa des accords d’armistice avec les États arabes voisins de la Palestine : avec l’Égypte le 24 février, avec le Liban le 23 mars, avec la Jordanie le 3 avril et avec la Syrie le 20 juillet 1949.
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Le Parti communiste israélien a fermement soutenu l’expansion des frontières de l’État juif sur le territoire réservé à l’État arabe conformément au plan de partage. Il a soutenu sans équivoque l’occupation, par la Haganah et l’armée israélienne, des villes et villages palestiniens situés dans ce territoire. Le parti a ignoré les expulsions systématiques et organisées, menées par la Haganah puis par l’armée israélienne, des Palestiniens des villes et villages occupés. Il a également passé sous silence les nombreux massacres perpétrés en Palestine en 1948. Il est à noter que le parti a non seulement soutenu l’expansion des frontières d’Israël, mais a aussi approuvé le recours aveugle à la force militaire israélienne contre les villes et villages palestiniens situés hors du territoire réservé à l’État juif, dans le but de les occuper et de les annexer. Et ce, malgré le fait que, comme le parti l’a maintes fois affirmé, une grande partie de ces villes et villages étaient désarmés et ne représentaient aucune menace pour la création de l’État juif conformément au plan de partage.
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Le journal Kol Ha’am soulignait l’importance de la puissance militaire de la Haganah et de l’armée israélienne dans l’occupation des villes et villages palestiniens. Il mettait notamment en lumière le rôle de l’armée de l’air israélienne, dont l’acquisition d’avions militaires auprès de la Tchécoslovaquie avait été facilitée par le Parti communiste grâce aux efforts de son secrétaire général, Shmuel Mikunis. À partir de la dernière semaine de mai 1948 et pendant toute la durée du conflit, Kol Ha’am relatait les raids menés par ces avions israéliens contre les villes et villages palestiniens, ainsi que contre des villes et villages des pays arabes voisins. Ces raids visaient principalement des zones civiles. Le 13 mai 1948, le journal titrait en première page que "l’armée de l’air israélienne a bombardé des concentrations ennemies à Jérusalem, dans la vallée du Jourdain et à Gaza"[219].
Le lendemain, le journal titrait : "Nos avions ont bombardé des cibles militaires en Syrie", notamment la ville de Quneitra[220]. Dans son édition du 1er juin, il rapportait que l’aviation israélienne avait bombardé l’ennemi à Tulkarm, ainsi que dans les villes de Lod et Ramla[221]. Le jour suivant, sous le titre "Nos avions frappent l’ennemi à l’intérieur et à l’extérieur du pays", il annonçait que des avions israéliens avaient bombardé Amman et al-Batiha près de Tibériade, Banias en Syrie, et Deir Ayyub, Emmaüs et Yalu en Palestine centrale[222]. Kol Ha’am continuait de mettre en avant les bombardements israéliens de cibles civiles avec enthousiasme et soutenant ces attaques; le 10 juin 1948, il rapportait que l’aviation israélienne avait bombardé Bint Jbeil et Ras al-Aïn au Sud-Liban, ainsi que Nabi Samuel et Badu en Palestine[223].
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Occupation de la Galilée occidentale
Durant cette phase de la guerre, l’armée israélienne occupa une grande partie de la Galilée occidentale. Le Parti communiste israélien considéra cette occupation comme une libération, malgré la situation de la région au sein du territoire réservé à l’État arabe selon le plan de partage. Le 2 juin 1948, le journal Kol Ha’am publia un article intitulé "Dans la Galilée occidentale libérée", décrivant la "libération" de la région et glorifiant les forces israéliennes qui occupaient les villages et villes palestiniens[224]. Il est important de noter que le Parti communiste israélien soutint l’expansion de l’État juif sur les territoires réservés à l’État arabe selon le plan de partage, non seulement en Galilée occidentale, mais partout en Palestine où les forces israéliennes purent occuper le territoire. Par exemple, le parti soutint l’occupation de Jénine par l’armée israélienne, ville également située dans le territoire réservé à l’État arabe selon le plan de partage, et s’opposa fermement à la libération de la ville par l’armée irakienne, ville brièvement occupée par l’armée israélienne. Le 4 juin 1948, le journal Kol Ha’am titrait : "L’armée israélienne à Jénine", annonçant le début des combats pour la ville, l’arrivée de renforts pour l’armée irakienne stationnée au sud de Jénine, et précisant que "l’ennemi, appuyé par l’aviation et l’artillerie, tentait de reprendre les fortifications occupées la veille par nos soldats". Ce fut une bataille acharnée qui dura 14 heures[225]. Le journal ajoutait : "Notre artillerie a bombardé le coeur de Jénine avec force et précision, et de violents combats ont fait rage toute la journée sur l’ensemble des frontières de la ville et dans sa partie nord-ouest." Il poursuivait en indiquant que, malgré l’intensité de l’attaque ennemie, nos forces étaient parvenues à consolider leurs positions à plusieurs endroits autour de la ville[226].
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Glorifier l’armée israélienne
Alors que l’armée israélienne expulsait systématiquement et méthodiquement les Palestiniens de leurs villes et villages, et commettait massacre sur massacre à leur encontre, Eliyahu Gozansky publia, le 4 juin 1948, un article commémorant la fondation de l’armée israélienne, intitulé "Avec la création de l’armée israélienne". Il y glorifiait l’armée, son esprit de sacrifice et ses victoires significatives contre "les bandes mercenaires du Haut Comité arabe et contre sept armées arabes". Il affirmait que "notre armée a tenu bon et a triomphé de forces bien supérieures en nombre"[227]. Gozansky soulignait que la transformation de la Haganah en armée régulière de l’État d’Israël était un événement majeur et que l’armée israélienne s’était forgée au fil des batailles difficiles menées dans différentes régions du pays, ce qui avait renforcé sa détermination. Il a ajouté : "Notre armée est née et s’est développée au sein de la classe ouvrière, au sein de notre jeunesse, au sein des masses populaires aspirant à la libération du joug impérialiste, s’efforçant d’établir une patrie indépendante et libre"[228].
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وفي محاولة منه لشرح إعطاء الجيش الإسرائيلي الأولوية القصوى للحرب ضد العرب الفلسطينيين واحتلال مدنهموقراهم، وعدم مواجهته في أي مرحلة من مراحل الحرب جيش الإمبريالية البريطانية، وعدم إطلاقه أي رصاصه ضده، ذكر غوجانسكي أن " التقاليد الشوفينية التي يتبناها الجزء الرجعي في قيادة البيشوف وسمت نضالنا الذي هو في مضمونه نضال ضد الإمبريالية بصبغة نضال ضد العرب في حيفا وصفد ويافا – إذا لم نتحدث عن دير ياسين – انتصر عمليا [إرنست بيفن. "فإذا لم تنجح العصابات والحكم البريطاني في دفع جماهير الشعب العربي ضدنا، فإن سياسة القمع وطرق الاحتلال التي اتبعها قادة البيشوف والهاغاناه نجحت في ذلك".أي إنه وفق غوجانسكي ليس احتلال الجيش الإسرائيلي للمدن والبلدات والقرى الفلسطينية في المنطقة المخصصة للدولة العربية هو المشكلة، وليس طرد العرب الفلسطينيين من ديارهم هو المشكلة التي حمل الحزب الشيوعي مسؤوليتها للاستعمار البريطاني والقيادات العربية والفلسطينية، ولكن تكمن المشكلة في طريقة احتلال الجيش الإسرائيلي للمدن والبلدات والقرى الفلسطينية، وفي سياسة القمع التي اتبعها ضد القلة التي بقيت. وشرح ذلك بقوله: "لو أن قوات الهاغاناه دخلت إلى المدن والقرى العربية باعتبارها جيش تحرير، لاستخلص العرب أن هذا الجيش يجلب لهم عمليا ورسميا مساواة في الحقوق وظروف حياة إنسانية، وتحرير من نير الاستعمار ومن عصابات الإرهاب العربية، ولكن عمليا لم يكن الأمر هكذا؛ المعاملة القاسية مثل معاملة مجرمي الحرب السطو الجماهيري ونظام الاحتلال، دفع بهم إلى أحضان البريطانيين والعصابات (26).
Pour tenter d’expliquer pourquoi l’armée israélienne avait privilégié la guerre contre les Arabes palestiniens et l’occupation de leurs villes et villages, sans jamais engager le combat avec l’armée impérialiste britannique ni tirer un seul coup de feu contre elle, Gozansky déclara que "les traditions chauvines adoptées par l’aile réactionnaire de la direction du Bishoftu, qui ont présenté notre lutte – qui est essentiellement une lutte contre l’impérialisme – comme une lutte contre les Arabes de Haïfa, Safed et Jaffa – sans parler de Deir Yassin – ont pratiquement triomphé" [Ernest Bevin]. "Si les bandes armées et le gouvernement britannique n’ont pas réussi à retourner les masses arabes contre nous, la politique de répression et les méthodes d’occupation employées par les dirigeants du Bishoftu et de la Haganah ont, quant à elles, réussi." Autrement dit, selon Gozansky, le problème n’était pas l’occupation par l’armée israélienne des villes et villages palestiniens situés dans la zone réservée à l’État arabe, ni l’expulsion des Palestiniens de leurs foyers – un problème dont le Parti communiste tenait pour responsables le colonialisme britannique et les dirigeants arabes et palestiniens – mais plutôt la méthode employée par l’armée israélienne pour occuper ces villes et villages, ainsi que la politique de répression menée contre la minorité. Cette dernière persistait. Il expliquait cela ainsi : "Si les forces de la Haganah étaient entrées dans les villes et villages arabes en tant qu’armée de libération, les Arabes auraient cru que cette armée leur apporterait concrètement et officiellement l’égalité des droits et des conditions de vie dignes, ainsi que la libération du joug du colonialisme et des bandes terroristes arabes. Mais en réalité, il n’en fut rien; les mauvais traitements infligés, comparables à ceux réservés aux criminels de guerre, les pillages massifs et le régime d’occupation les ont poussés dans les bras des Britanniques et des bandes[229]."
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Malgré le slogan "Mort aux envahisseurs et paix aux peuples", le Parti communiste israélien n’a pas expliqué comment le fait de brandir ce slogan était compatible avec le fait d’ignorer la mise en oeuvre, par la Haganah puis par l’armée israélienne (dans les rangs de laquelle figuraient des membres et des sympathisants du Parti communiste israélien), de l’expulsion du peuple palestinien de ses villes et villages, et avec le fait qu’il n’ait pas exigé le retour des réfugiés palestiniens expulsés par l’armée israélienne dans leurs foyers.
Durant la guerre, le Parti communiste israélien accorda une grande importance à l’armée israélienne, soulignant l’engagement de ses membres et sympathisants en son sein. Lors d’une cérémonie organisée par le parti à Tel-Aviv pour accueillir les nouveaux membres, la direction insista sur le rôle des militants servant dans l’armée pendant le conflit[230]. Dans ce contexte, le journal Kol Ha’am rapporta que le camarade Rabinow, l’une des premières recrues et vétéran de nombreux combats, souhaita la bienvenue aux nouveaux membres du parti au nom de tous les communistes de l’armée qui accomplissaient des tâches ardues – non seulement militaires, mais aussi politiques – afin de garantir la démocratie au sein de l’armée et l’issue de la guerre par une victoire totale, synonyme d’indépendance complète et de démocratie véritable[231]. Dans le même esprit, le Comité central du parti publia une déclaration à l’occasion de la Journée du serment d’allégeance, rappelant que les soldats des Forces de défense israéliennes prêtaient serment d’allégeance à l’État et au peuple à un moment où Israël menait une guerre pour sa survie et sa souveraineté. Le Comité central a adressé ses salutations "aux membres du parti et la jeunesse communiste qui combattent sur les lignes de front de l’armée israélienne pour une victoire complète et une véritable indépendance"[232].
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Soutenir l’expansion israélienne à Jérusalem
Bien que Jérusalem se trouvât en dehors de la zone réservée à l’État juif selon le plan de partage, le Parti communiste israélien adopta une position intransigeante quant à son intégration à l’État d’Israël. Il soutint l’occupation de Jérusalem et de ses quartiers arabes, tels que Katamon, Baqa, Talbiya et Musrara, ainsi que des villages arabes environnants, comme Malha, Lifta, Sheikh Badr et Ein Karem, par la Haganah et l’armée israélienne. Lors d’un débat à l’Assemblée du peuple fin juin 1948 sur la situation à Jérusalem, Meir Vilner déclara : "Nous devons considérer Jérusalem comme faisant partie de l’État d’Israël"[233]. Vilner affirma : "Jérusalem n’était pas simplement un front pour l’État d’Israël, mais bien le front qui a largement sauvé Tel-Aviv. La bataille pour Jérusalem a contraint l’ennemi à y déployer d’importantes forces militaires. Il est donc incompréhensible que nous ayons renoncé à la seconde voie qui nous relie à Jérusalem !" Vilner a ajouté que le problème ne se limitait pas à Jérusalem, mais était également lié à la politique du gouvernement israélien visant à resserrer ses liens avec les États-Unis et l’Occident, ce qui nuit aux efforts militaires israéliens, au lieu de renforcer les relations avec le bloc socialiste qui fournit une aide à Israël, selon Vilner[234].
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Le Parti communiste israélien déployait tous les efforts possibles pour inciter Israël à renforcer ses relations avec l’Union soviétique et les autres pays du bloc socialiste. Dans ce contexte, Vilner, dans un article rédigé à l’occasion de la première réunion du conseil du Mapam, appelait à la création d’un front entre le Parti communiste et le Mapam, incluant les partis Hashomer Hatzair et Ahdut HaAvoda. Vilner proposait que ce front repose sur un programme commun garantissant les points suivants[235] :
– Mobiliser toutes les forces du peuple et du monde pour "notre guerre", pour l’existence et la souveraineté de l’État d’Israël.
"Indépendance pleine et entière de l’État d’Israël, contre toute réduction de ses frontières, contre les bases militaires étrangères sur notre terre", et contre la cession des parties arabes de "la Terre d’Israël" à Abdallah, "le serviteur de la Grande-Bretagne".
– Liberté d’immigration juive en Israël et opposition à toute restriction imposée par Bernadotte à Israël.
– Développer l’économie israélienne et préserver sa souveraineté.
Nous avons conclu un pacte d’amitié avec nos fidèles alliés : l’Union soviétique et les États démocratiques populaires.
– Adopter une politique démocratique à l’égard de la minorité arabe dans l’État d’Israël, et contre le vol et le pillage[236].
Il convient de noter que les grandes lignes proposées par Fellner au parti Mapam n’incluaient ni la mise en oeuvre du plan de partage de l’ONU, ni le retrait de l’armée israélienne des territoires occupés au sein de l’État arabe palestinien tel que défini par ce plan. Au contraire, elles exigeaient explicitement le maintien de l’armée israélienne sur ces territoires. De plus, elles ne réclamaient pas la création d’un État arabe palestinien dans la partie arabe de la Palestine, tout en réaffirmant leur opposition à la cession de ces territoires au roi Abdallah. Ceci soulève la question de savoir pourquoi Vilner n’a pas évoqué la nécessité d’un État palestinien. Ces grandes lignes ne prévoyaient pas non plus le retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers d’origine, tout en affirmant la liberté d’immigration juive en Israël, ce qui, à l’époque, impliquait l’installation d’immigrants juifs dans les villes et villages palestiniens d’où les Palestiniens avaient été expulsés.
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Position du parti concernant les propositions du comte Bernadotte
Le 14 mai 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies chargea un comité composé des membres permanents du Conseil de sécurité de nommer un médiateur de l’ONU pour la Palestine. Sur recommandation de ce comité, les Nations Unies désignèrent le comte Folke Bernadotte de Suède à cette fonction le 20 mai. Bernadotte parvint à négocier le premier cessez-le-feu entre les deux parties en Palestine le 11 juin 1948 et reprit ses efforts pour accomplir la mission que lui avaient confiée les Nations Unies.
Après de larges consultations avec les deux parties, Bernadotte a présenté aux Nations Unies, le 27 juin, une série de propositions concernant l’avenir de la Palestine. Des négociations relatives à ces propositions ont ensuite eu lieu à Rhodes entre les deux parties. Ces propositions incluaient des modifications du plan de partage des frontières, notamment : l’annexion de la totalité ou d’une partie du Néguev à l’État arabe; l’annexion de la totalité ou d’une partie de la Galilée occidentale à l’État juif; une révision du statut de Jaffa; l’annexion de Jérusalem à l’État arabe, assortie d’une autonomie pour la communauté juive locale; la création d’un port franc à Haïfa, incluant des raffineries de pétrole; la création d’un terminal aérien franc à l’aéroport de Lod; des restrictions à l’immigration juive vers Israël, placée sous supervision internationale; et le droit des réfugiés palestiniens à retourner inconditionnellement dans leurs foyers et à recouvrer leurs biens.
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Il convient de noter que la position du Parti communiste, rejetant les propositions de Bernadotte, fut plus radicale que celle du gouvernement israélien. Le parti critiqua vivement ce dernier pour son inaction face à ces propositions et l’exhorta à ne pas se rendre à Rhodes pour négocier avec les États arabes[237]. Il lui reprocha également d’avoir, selon lui, statué sur les propositions de Bernadotte sans consulter l’Assemblée du peuple et le mit en garde contre les conséquences d’une soumission à "l’ennemi impérialiste". Le parti affirma que "la classe ouvrière, la jeunesse et le peuple tout entier sont prêts à la guerre, au sacrifice et à la souffrance, mais ne sont pas disposés à offrir les fruits de la victoire au colonialisme et à ses serviteurs". Le peuple exige que le gouvernement ne se rende pas à Rhodes, ne cède pas Jérusalem et le Néguev et ne renonce pas à l’indépendance d’Israël[238].
Le parti lança une campagne acharnée contre Bernadotte et ses propositions durant les mois suivants, à l’instar de plusieurs partis sionistes israéliens. Dans ses médias, il décrivit Bernadotte comme "un agent de l’impérialisme britannique et américain qui prétend représenter les Nations Unies", et comme l’homme de Munich qui aurait servi de médiateur entre les Alliés et l’Allemagne nazie et proposé de remplacer Adolf Hitler par Heinrich Himmler afin de parvenir à la paix avec le régime nazi[239]. Le Parti communiste israélien affirma que "l’impérialisme, par l’intermédiaire de Bernadotte, cherche à obtenir des gains politiques après l’échec de ses serviteurs et agents sur le champ de bataille"[240].
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Le soutien du Parti communiste à l’expansion israélienne lors de la seconde phase de la guerre
À la suite de l’expiration du premier accord de cessez-le-feu le 9 juillet 1948, l’armée israélienne lança des attaques de grande envergure contre de nombreuses villes et villages palestiniens situés dans de vastes zones réservées à l’État arabe en vertu du plan de partage, les occupant et expulsant leurs habitants palestiniens. Le Parti communiste soutint fermement l’occupation de ces territoires arabes par l’armée et l’expansion des frontières d’Israël, et ses membres et sympathisants qui rejoignirent l’armée participèrent sans réserve à cette occupation.
Le 11 juillet 1948, Kol Ha’am, dans un titre enthousiaste et encourageant, annonçait que l’armée attaquait et occupait le territoire[241]. Le journal notait que l’armée avait progressé et conquis plusieurs zones, dont la ville d’Al-Abbasiyya, l’aéroport de Lod, Walhama et Deir Tarif, et qu’elle attaquait les forces égyptiennes dans le sud de la Palestine et les forces syriennes au nord. Le journal décrivait la prise de l’aéroport de Lod, précisant que le corps blindé menait l’assaut, suivi de dizaines de véhicules blindés de transport de troupes et d’artillerie. Après deux heures de combats, les forces israéliennes s’emparaient de l’aéroport. Les soldats présents célébraient leur victoire, s’embrassant et exultant de joie[242].
Dans ce contexte, le Comité central du Parti communiste israélien tint une longue réunion les 10 et 11 juillet 1948. Shmuel Mikunis, secrétaire général du parti, qui revenait d’une tournée en Europe de l’Est visant à mobiliser divers soutiens à l’effort de guerre, y assista. Le Comité central adopta plusieurs résolutions, dont certaines concernaient la tournée de Mikunis en Europe de l’Est et le renforcement du gouvernement provisoire.
Le Comité central du Parti a vivement critiqué le Gouvernement provisoire, argüant que sa politique était incompatible avec la guerre populaire d’indépendance, ne reflétait pas adéquatement l’esprit et les intérêts du front et de la population, et reposait sur l’apaisement de l’impérialisme anglo-américain, ce qui mettait nécessairement en péril la souveraineté de l’État d’Israël. De plus, le Comité a affirmé que la politique du gouvernement était hostile au camp de la paix, de la démocratie et des défenseurs de l’indépendance nationale, mené par l’Union soviétique, qui soutenait Israël avec une sincérité et une détermination inébranlables et lui apportait un soutien considérable pour renforcer sa résilience sur le champ de bataille[243]. Malgré cela, le Comité central a jugé urgent de renforcer le Gouvernement provisoire en y intégrant les forces progressistes et en y incluant le Parti communiste[244].
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Quant à la mission de Mikunis en Europe de l’Est, le Comité central a approuvé son rapport sur sa visite en Europe de l’Est, sa mission visant à obtenir une aide globale pour le front de guerre de l’État d’Israël, et a exprimé sa satisfaction quant aux importants résultats obtenus, et a béni sa mission radicale et rapide visant à accroître l’armement de l’Armée de défense, à recruter des experts militaires et à établir des bataillons nationaux de combattants juifs et de jeunes nationaux sur une large base de tous les partis et courants démocratiques, et à les former rapidement, en vue de leur participation au front de la guerre d’indépendance[245].
Occupation de Lod et Ramla
Les villes de Lydda et de Ramla, ainsi que leurs districts environnants, se trouvaient dans la zone désignée pour la création de l’État arabe palestinien, conformément au plan de partage. La population de ces deux villes, à la veille de leur occupation, était d’environ 70.000 habitants, suite à l’arrivée de plus de 30.000 Palestiniens venus de Jaffa et de ses environs, ainsi que des villages arabes voisins.
David Ben Gourion attachait une grande importance à l’occupation des villes de Lod et de Ramla et de la plaine intérieure palestinienne s’étendant de Ras al-Ain au nord jusqu’au village de Latroun.
David Ben Gourion accordait une importance capitale à la prise des villes de Lydda et de Ramla, ainsi qu’à l’arrière-pays palestinien s’étendant de Ras al-Aïn au nord jusqu’au village de Latroun au sud. L’armée israélienne conçut un plan militaire ambitieux visant à occuper tout cet arrière-pays et à progresser vers l’est pour s’emparer de Ramallah. Ce plan, baptisé Opération Danny, fut lancé le 9 juillet 1948, au début de la seconde phase de la guerre. Le 7 juillet 1948, Ben Gourion nomma Yigal Allon commandant militaire de cette opération. L’armée mobilisa des forces considérables, comprenant des chars, des véhicules blindés et de l’artillerie. Ces forces comptaient 9.000 soldats, répartis en deux brigades et quatre bataillons, dont l’un appartenait au Palmach[246].
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L’opération Danny fut la plus importante menée par l’armée israélienne durant cette période, tant par le nombre de soldats engagés que par la quantité et la qualité des armes modernes acheminées de Tchécoslovaquie. Les forces israéliennes étaient plus nombreuses et mieux équipées que les forces arabes défendant la zone qu’elles entendaient occuper[247]. L’opération débuta le 10 juillet 1948, lorsque les avions israéliens, récemment arrivés de Tchécoslovaquie, lancèrent des raids successifs sur les villes de Lydda et Ramla. L’armée occupa les deux villes en moins de trois jours et perpétra un massacre à Lydda, où 426 hommes, femmes et enfants furent tués[248]. Les forces d’occupation assassinèrent froidement 176 Palestiniens dans la mosquée Dahmash, et 250 autres, dont des femmes et des enfants, furent tués dans les rues et les maisons de la ville[249].
L’expulsion des habitants des deux villes, dont le nombre était de 176, fut un véritable cataclysme. Elle a procédé à l’expulsion des habitants des deux villes, soit environ 70.000 personnes, à l’exception de 700 personnes à Lydda et de 500 personnes à Ramla. Elle a également expulsé tous les Palestiniens des villages palestiniens qu’elle occupait dans les districts de Lydda (29 villages) et de Ramla (31 villages)[250].
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Le Parti communiste israélien a explicitement soutenu l’occupation des villes de Lydda et de Ramla, ainsi que des villages environnants et de la majeure partie de la plaine intérieure palestinienne, bien que ces territoires se situaient dans la zone réservée à l’État arabe par la résolution 45 de l’ONU[251]. Parallèlement, le parti a passé sous silence le massacre perpétré par l’armée israélienne à Lydda, conformément à sa position constante d’ignorer tous les massacres commis durant la guerre de 1948, malgré la notoriété de cet évènement tragique. Le parti a également nié que l’armée israélienne ait expulsé les Palestiniens de Lydda, de Ramla et de leurs villages, reprenant à son compte la version officielle concernant le sort des habitants de la ville et de leurs quartiers. Conformément à cette version officielle israélienne des évènements de Lydda, le journal Kol Ha’am a publié un article sur la situation dans la ville le 29 juillet 1948, deux semaines après son occupation. Le rapport indique que le Bureau d’information du gouvernement israélien a rapporté que le ministre des Minorités, Bechor Shitrit, s’était rendu à Lydda deux jours auparavant, accompagné de son directeur général, Gad Machnis. Le rapport précise que le ministre et son directeur de cabinet ont rencontré le gouverneur militaire de la ville de Lod, qui les a informés des conditions de vie des habitants pendant et après l’occupation. Ce dernier leur a également indiqué que la majorité des habitants de Lod avaient quitté la ville avant, pendant et après l’occupation, et qu’il ne restait plus que 700 personnes[252].
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Le rapport indiquait que la plupart des habitants de Lod étaient concentrés dans un quartier de la ville, tandis qu’une centaine d’entre eux vivaient près de la gare. Il précisait que la situation sanitaire de la ville était relativement bonne, qu’un hôpital installé dans l’église, avec deux médecins, était en place, et que le réseau d’adduction d’eau avait été endommagé par les Arabes lors de leur retraite. Le gouverneur militaire de la ville supervisait sa réparation. Le rapport ajoutait que les Arabes de Lod, ainsi que ceux qui y avaient trouvé refuge pendant la guerre, avaient fui précipitamment, pris de panique. Il indiquait également que les Arabes restés en ville se disaient satisfaits des mesures prises par le commandant, soucieux de leur logement, de leur approvisionnement en eau et de leur situation économique, et qu’ils aspiraient avant tout à la paix. Le rapport ajoutait que le ministre avait inspecté la ville et constaté la situation de ses habitants arabes, la trouvant désertée. Il avait alors donné instruction aux autorités de veiller à la sécurité des derniers habitants, de répondre à leurs besoins économiques et sanitaires, et de leur permettre de reprendre une vie normale[253].
Peu avant cela, le parti avait passé sous silence le massacre de Tantura perpétré par l’armée israélienne et adopté le récit israélien. Le 22 mai 1948, l’armée israélienne occupait le village de Tantura, situé sur la côte méditerranéenne au sud de Haïfa, qui comptait alors 1.500 habitants. Les forces d’occupation y ont commis un massacre, tuant 230 Palestiniens[254]. Le journal Kol Ha’am, sous le titre "Des centaines de prisonniers à Tantura", rapportait que "le village de Tantura, situé près de Zichron Ya’akov, était récemment devenu une base navale pour l’ennemi, qui y faisait passer clandestinement des armes et des hommes en Terre d’Israël. Nos forces ont encerclé le village la nuit dernière et l’ont occupé après de violents combats, capturant des centaines de membres de gangs et saisissant une importante quantité d’armes"[255]. Le parti n’a fait aucune mention du massacre de grande ampleur perpétré par les forces d’occupation à Tantura, ni de l’expulsion de tous ses habitants palestiniens.
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Dès le début de la seconde phase de la guerre, le 9 juillet 1948, le parti adopta une position favorable à l’extension des frontières de l’État juif sur le territoire réservé à l’État arabe palestinien conformément au plan de partage. Lors d’une réunion publique tenue à Tel-Aviv le premier jour de cette seconde phase, Meir Vilner déclara : "Cette guerre est une guerre de libération", et affirma que l’issue du conflit dépendrait des armes acquises par l’armée. Il exigea des dirigeants israéliens qu’ils ne fassent aucun compromis, qu’ils ne cèdent pas au colonialisme, qu’ils poursuivent la guerre et qu’ils refusent tout cessez-le-feu[256].
Le 14 juillet 1948, Mordechai Avrahami publia dans Kol Ha’am un article intitulé "Les nouvelles occupations de l’armée de défense", dans lequel il exposait la position du parti en faveur de l’expansion des frontières d’Israël dans la zone désignée pour l’État arabe palestinien, et reflétait l’opinion générale au sein du parti, qui poussait fortement en faveur de cette expansion. Avrahami commençait son article en indiquant que l’armée israélienne avait occupé ces derniers jours les villes de Lydda et Ramla, Majdal Sadiq et de nombreux autres villages, sans mentionner l’expulsion de leurs habitants palestiniens ni la perpétration de nombreux massacres, notamment celui de Lydda. L’auteur ajoutait qu’à la lumière de ces victoires, le débat était clos quant à la politique du gouvernement provisoire, qui s’était soumis au saboteur anglo-américain, le comte Bernadotte, et avait de facto accepté de réduire les frontières, faute d’avoir encore répondu à la proposition de Bernadotte de détacher le Néguev de l’État d’Israël[257]. Il a ajouté : "Avec ces victoires remportées ces derniers jours, Tsahal a apporté la réponse la plus appropriée aux mercenaires impérialistes qui ont envahi notre territoire, aux propositions de l’envoyé de Truman, Bernadotte, et de Bevin, ainsi qu’à la politique étrangère corrompue du gouvernement israélien." Il ajouta que la volonté sincère et le nouvel armement lourd permirent à l’armée israélienne de remporter la victoire dans des centres arabes majeurs, tels que Lod et Ramla. Avrahami poursuivit : "Bénis soient les armes et leurs expéditeurs, les amis d’Israël, État indépendant et souverain, les nations démocratiques qui nous ont reconnus sans condition et qui nous ont apporté, et continuent de nous apporter, une aide substantielle sous forme d’armes légères et lourdes nécessaires sur le front et à l’intérieur du pays." L’auteur ne se contenta pas d’implorer la bénédiction sur les armes et leurs expéditeurs, qui permirent à l’armée israélienne d’occuper les villes de Lod et Ramla ainsi que de vastes territoires, d’en expulser les habitants palestiniens et de perpétrer un massacre horrible à Lod, mais ajouta : "Bénis soient ceux qui ont utilisé et fait bon usage de ces armes; les soldats héroïques dans leur travail, dans l’élimination des repaires d’envahisseurs et de bandes[258]."
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L’auteur estimait que ces importantes victoires de l’armée israélienne et son entrée dans les zones et villes arabes peuplées soulevaient une fois de plus la question du régime militaire israélien et de sa politique envers les Arabes parvenus à rester dans les territoires occupés. Il pointait du doigt la politique déplorable menée ces derniers mois par le gouvernement militaire israélien à l’égard du petit nombre d’Arabes ayant réussi à demeurer dans les zones occupées. L’auteur exonérait l’armée israélienne de toute responsabilité dans le déplacement des Arabes et réaffirmait la position du parti, selon laquelle l’armée britannique et ses officiers étaient responsables du déplacement des Palestiniens arabes des zones occupées. L’auteur appelait à un changement de politique et de méthodes de la part du gouvernement militaire dans les territoires arabes occupés, afin que l’occupation soit perçue comme une libération de la population arabe pacifique du joug des bandes armées et des envahisseurs étrangers. L’auteur ajoute : "L’occupation de Ramla et de Lydda sans pertes humaines est due à la paralysie totale qui régnait dans ces deux villes. Cette occupation des centres de planification et de commandement des bandes armées prouve le refus de la population arabe palestinienne de poursuivre la guerre sanglante menée pour le compte des agents de l’impérialisme."[259]
Meir Vilner a clarifié, une fois de plus, la position du Parti communiste israélien en faveur de l’occupation de vastes zones appartenant à l’État arabe conformément à la résolution de partage lors de la seconde phase de la guerre, lorsqu’il a déclaré dans un article publié le 16 juillet 1948 que "une semaine s’est écoulée depuis la reprise des combats initiée par les États de la Ligue arabe, au cours desquels les Forces de défense israéliennes ont remporté de très importantes victoires; tout le front central s’est effondré : Lydda, Ramla, Majdal Sadiq, Walhama, Al-Abbasiya, Ras al-Ain et de nombreuses autres localités[260]". Vilner ajouta : "Notre armée a repoussé l’attaque de Fawzi al-Qawuqji sur le front de Shajara et infligé une défaite à l’armée égyptienne dans le Néguev. Jérusalem a commencé à lever le siège qu’elle subissait depuis la guerre et la trêve, et d’autres villages arabes d’importance stratégique dans la région de Jérusalem ont été repris[261]." Vilner souligna que les attaques lancées par l’armée syrienne dans le nord n’avaient pas modifié la situation générale : dès la première semaine suivant la fin du cessez-le-feu, l’initiative était passée aux Forces de défense israéliennes et la situation militaire avait considérablement évolué en défaveur de l’ennemi[262].
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Vilner a exprimé sa conviction que ces victoires militaires remportées par l’armée israélienne étaient le fruit de la mobilisation de nos propres ressources et de l’esprit de sacrifice de notre jeunesse, ainsi que de l’aide substantielle que nous recevons de nos amis sincères et loyaux d’Europe de l’Est. Dans son article, Vilner a souligné que les relations d’Israël avec les pays d’Europe de l’Est devaient être développées et entretenues "comme la pupille de notre oeil", et qu’Israël avait besoin d’une alliance avec ces pays "comme une plante a besoin d’eau". Il a soutenu que, sans une telle alliance, les puissances impérialistes porteraient atteinte à son indépendance, établiraient des bases militaires à l’intérieur de ses frontières et restreindraient son économie. Vilner a affirmé que c’était là le problème central auquel Israël était confronté, et non la question d’un cessez-le-feu avec les États arabes. Il a réaffirmé l’opposition totale du parti aux propositions de Bernadotte, les considérant comme une simple manoeuvre diplomatique visant à priver l’État d’Israël de zones et de villes stratégiques. Vilner a ajouté que la Grande-Bretagne et les États-Unis avaient tenté d’"affaiblir la position de l’État d’Israël" par les invasions arabes lors de la seconde phase du conflit, mais que cette tentative avait échoué. Par conséquent, selon Vilner, ils cherchaient désormais à atteindre leurs objectifs par le chantage et la pression politique. Vilner a conclu que "nos victoires militaires, le sentiment pacifiste croissant au sein des masses arabes et le soutien substantiel que nous recevons de l’Union soviétique et des États démocratiques populaires permettront à Israël de remporter une victoire totale". Il souligne que toute tentative du gouvernement de céder aux pressions anglo-américaines concernant le port de Haïfa, l’immigration juive et le Néguev constituerait un gaspillage de nos acquis militaires et politiques[263].
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Durant la seconde phase des combats, le Parti communiste israélien a suivi de près l’expansion israélienne dans les zones destinées à l’État arabe selon le plan de partage, notamment Jérusalem et ses environs. Le journal Kol Ha’am a couvert avec constance cette expansion, rapportant avec un enthousiasme et un soutien remarquables l’occupation par l’armée des villes et villages palestiniens, les uns après les autres, situés dans la zone attribuée à l’État arabe palestinien conformément au plan de partage. Dans ce contexte, Kol Ha’am a rapporté, sous le titre "L’armée israélienne à Nazareth", que l’armée avait occupé Nazareth et ses environs dans la nuit du 17 juillet 1948, plaçant ainsi Nazareth et Haïfa sous son contrôle[264].
Dans ce contexte d’expansion territoriale d’Israël sur le territoire réservé à l’État arabe et à Jérusalem, le parti organisa deux réunions publiques à Tel-Aviv et à Haïfa. Shmuel Mikunis y prononça des discours relatant sa tournée en Europe de l’Est et ses efforts pour mobiliser divers soutiens à l’effort de guerre israélien. Selon Kol Ha’am, de nombreux soldats membres du parti y assistèrent. Plusieurs résolutions furent adoptées lors de ces deux rassemblements publics; à la fin de la réunion de Tel-Aviv, un soldat, également membre du parti, en fit la lecture[265]. Ces résolutions stipulaient ce qui suit :
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1. La réunion salue les victoires remportées par les Forces de défense israéliennes pour la conquête de notre indépendance nationale et adresse ses félicitations aux soldats et officiers de tous les fronts. Elle exprime sa reconnaissance et sa gratitude au camp de la paix et de la démocratie, mené par l’Union soviétique et les États démocratiques populaires, pour son soutien politique, moral et matériel à notre guerre d’indépendance nationale.
2 – La réunion salue la jeunesse juive des pays européens qui s’enrôle pour rejoindre le Front populaire de guerre dès que possible.
3 – La réunion affirme son opposition à toute tentative de trouver un compromis et à toute tentative de s’aligner sur les pays impérialistes anglo-américains par l’intermédiaire de leur agent Bernadotte, qui cherchent à réduire nos frontières et à saper notre indépendance et notre souveraineté d’État.
4. La réunion exige que le gouvernement provisoire soit renforcé en augmentant le nombre de représentants des travailleurs et en y incluant un représentant du Parti communiste israélien, afin de renforcer l’unité nationale démocratique, d’assurer la pleine indépendance et de parvenir à une conscription complète et généralisée dans le pays et à l’étranger.
5 – La réunion salue la lutte héroïque menée par les forces progressistes arabes, au premier rang desquelles les communistes arabes, contre les armées arabes envahissantes[266].
Alors que Kol Ha’am saluait les victoires de l’armée israélienne et l’expansion des frontières de l’État juif, le journal publiait un article de son correspondant intitulé "Avec audace et enthousiasme, nos soldats avancent", relatant la prise de la ville de Ramla. Le correspondant y affirmait que Ramla s’était rendue sans condition, ajoutant que l’innovation de l’attaque résidait dans l’utilisation de blindés, déployés en très grand nombre pour la première fois. Autre nouveauté : la coordination entre les différentes composantes de l’armée – chars, artillerie et aviation – avait permis l’avancée de l’infanterie[267]. Le correspondant de Kol Ha’am concluait : "Je parcours le chemin de la victoire, croisant des visages rayonnants de bonheur, de joie et de fierté dans la rue principale de Ramla." Il ajoutait avoir parlé avec un officier ayant participé à la prise de Ramla, qui lui avait confié : "Notre artillerie et nos chars ont déchaîné un déluge de feu comme les Arabes n’en avaient jamais vu." L’officier ajoutait que la bataille de Ramla était terminée et que des véhicules militaires et des véhicules blindés de transport de troupes patrouillaient la rue principale, emplie des chants entonnés par les soldats israéliens célébrant leur victoire. Le correspondant notait : "Nos soldats avancent avec courage et enthousiasme pour atteindre l’unique objectif ultime, tant sur le plan militaire que politique : éliminer les envahisseurs et libérer le pays de ses ennemis"[268].
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Dans le même numéro, Kol Ha’am publiait un reportage de son correspondant militaire intitulé "La guerre dans la vallée d’Ayalon", glorifiant les victoires militaires remportées par l’armée israélienne et l’expansion des frontières d’Israël aux dépens de l’État arabe, conformément au plan de partage. Le reportage indiquait que les combats dans cette vallée s’inscrivaient dans une opération militaire de plus grande envergure, qui avait débuté par l’occupation par l’armée israélienne de villages arabes à l’est des villes de Lod et de Ramla. Ces villages servirent ensuite de base arrière à l’avancée de nos forces au coeur de la vallée d’Ayalon, jusqu’aux collines de la région de Latroun[269].
Le correspondant de Kol Ha’am observait que, tandis que des masses de réfugiés arabes déferlaient sur les routes comme un torrent impétueux, emportant les habitants des villages traversés, les forces du Palmach poursuivaient leur avancée, s’emparant village après village. Il ajoutait : "Cette opération d’occupation est l’une des plus exemplaires de notre armée durant ce conflit. La vaste expérience du combat des forces du Palmach, les manoeuvres des unités aéroportées et l’appui d’artillerie ont été parfaitement intégrés à cette grande opération militaire." Le correspondant remarquait ensuite avec enthousiasme le plaisir qu’il prenait à suivre l’avancée de Tsahal dans la conquête de cette région, décrivant avec délectation la prise successive des villages et des villes arabes par Tsahal, de Beit Jiz à Deir Tarif, Qula et Barfiliya, en passant par al-Qubab, Anaba, Jimzu et Beit Nabala[270]. Il a ajouté que Tsahal avait progressé comme un torrent irrésistible depuis la plaine intérieure jusqu’aux abords des collines de Jérusalem, remportant une victoire capitale, difficile à évaluer tant les détails sont nombreux, avec la conquête d’une zone de 350 kilomètres carrés sur le front central. Il a précisé : "Si l’on considère les villes, les villages et les carrefours conquis, on comprend l’importance stratégique et politique de ces victoires. De Wadi al-Sarar à Wadi al-Kabir, de Lod et Ramla à Latroun, de Sar’a et Suya au sud à Rosh HaAyin au nord, un territoire juif continu s’étend désormais." Autrement dit, cette zone conquise est devenue juive suite à l’expulsion de ses habitants palestiniens par l’armée israélienne. Le correspondant de Kol Ha’am a exprimé sa conviction que "ces six derniers jours, notre armée a fait preuve d’une force et d’une capacité indescriptibles. Grâce à son initiative offensive, sa flexibilité et ses tactiques opérationnelles, et grâce à l’héroïsme et au dévouement sans bornes de Tsahal, nous avons atteint cette terre[271]."
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Il est à noter que le Parti communiste a ouvertement et explicitement soutenu l’expansion des frontières de l’État juif au détriment du territoire désigné pour l’État arabe palestinien par la résolution de l’ONU, et au détriment de Jérusalem. Sur ce point, il s’alignait sur la position de David Ben Gourion, qui dirigeait le Yishouv et avait été le fer de lance de l’expansion des frontières d’Israël dans le territoire désigné pour l’État arabe et dans la région de Jérusalem, placée sous tutelle internationale conformément au plan de partage, et qui avait mené le processus de nettoyage ethnique de ces régions, vidant leurs habitants arabes de leurs populations. Dans ce contexte, le journal Kol Ha’am a publié le discours prononcé par Ben Gourion le 27 juillet 1948 lors du défilé militaire à Tel Aviv à l’occasion de la "Journée de l’État"[272].
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Dans son discours, Ben Gourion a clarifié la politique expansionniste d’Israël dans la zone réservée à l’État arabe selon le plan de partage et dans la région de Jérusalem. Le journal Kol Ha’am rapporte que Ben Gourion a évoqué Theodor Herzl et présenté un aperçu historique des relations entre le peuple juif et la Terre d’Israël[273]. Toujours selon Kol Ha’am, Ben Gourion a ensuite abordé la situation actuelle, déclarant que la guerre n’était pas encore terminée et que, si l’armée israélienne avait remporté les batailles menées jusqu’alors, elle était parvenue non seulement à occuper la majeure partie du territoire réservé à l’État juif selon le plan de partage, mais également de vastes zones au-delà de ce territoire. Dans ce contexte, Ben Gourion a noté que "la Haganah, puis l’armée israélienne, s’étaient emparées de tous les quartiers et villages arabes de la Nouvelle Jérusalem — Romema, Lifta, Sheikh Badr, Qatamon, Baq’a, Musrara et d’autres quartiers — et que Jérusalem, à l’exception de la Vieille Ville, était devenue une ville hébraïque pour la première fois depuis la destruction du Second Temple."
Ben Gourion a ajouté : "Nous avons occupé Safed, Tibériade, Haïfa et Acre. Notre armée a atteint la frontière libanaise en Galilée occidentale après avoir pris al-Zeeb, al-Bassa et d’autres points stratégiques en cours de route." Il poursuivit : "Nous avons occupé al-Qastal, Beit Mahsir, Suba, Siris, al-Malha, Ein Karem, Beit Jiz, Beit Susin et Sar’a, ainsi que Yibna, al-Qubeiba, al-Masmiya, Sumil et Zita. Nous avons également occupé Jaffa et ses environs : Salama, Yazur, Beit Dajan, al-Safiriya, Kafr ’Ana et al-’Abbasiya. De plus, nous avons occupé Lod, Ramla, Beit Nabala, Ras al-’Ain, al-Qubab, Barfiliya, Bir Ma’in, al-Burj, l’aéroport de Lod et la gare de Lod. Nous avons atteint Modi’in, la patrie hasmonéenne, et avons occupé Nurs, al-Mazar, Beisan et Gilboa dans la vallée de Jezreel. Nazareth, Kafr Kanna, "Nous avons pris Lubya et Hittin en Galilée centrale." Nous avons également pris Ein Hawd, Jaba’ et Al-Tira sur la route de Haïfa. Notre aviation a bombardé Amman, Damas et Le Caire." Ben Gourion a souligné dans son discours que le plus important était de remporter la victoire lors de la bataille finale[274].
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Kol Ha’am a examiné le discours de Ben Gourion dans un esprit favorable, à une exception près; elle a conclu son rapport sur le discours de Ben Gourion en disant : Beaucoup de ceux qui ont écouté le discours de Ben Gourion ont été indignés par son omission de mentionner "la grande aide que l’Union soviétique et les États démocratiques populaires ont apportée et continuent d’apporter à l’État d’Israël dans sa guerre d’indépendance"[275].
Mikunis : "Nous avons libéré Jérusalem et elle restera à nous", ainsi que toutes les zones occupées par l’armée israélienne.
Le 18 juillet 1948, un cessez-le-feu fut conclu entre les États arabes et Israël. Le Parti communiste s’opposa à ce cessez-le-feu et critiqua le gouvernement pour l’avoir accepté alors que l’armée avançait et occupait les villes et villages palestiniens, s’étendant au-delà des frontières de l’État juif dans la zone réservée à l’État arabe selon le plan de partage.
Dans son discours au Conseil d’État du 29 juillet 1948, Shmuel Mikunis expliqua l’opposition de son parti au cessez-le-feu, déclarant : "Nous critiquons le gouvernement pour avoir accepté précipitamment un cessez-le-feu sans conditions et sans fixer de date" [276]. Mikunis souligna que la décision du gouvernement d’accepter le cessez-le-feu "n’était pas judicieuse, compte tenu de notre position sur les fronts, des forces que nous avions accumulées et des victoires que nous avions remportées grâce au sang et à l’héroïsme de nos meilleurs fils et filles, et avec l’aide de tout le peuple juif, de l’Union soviétique et des pays démocratiques populaires." Selon Mikunis, accepter un cessez-le-feu sans conditions, sans fixer de date et sans qu’Israël précise ce qu’il exige en retour, permettrait à l’ennemi de renforcer ses troupes et de chercher des moyens de saper notre indépendance et notre souveraineté nationale. Mikunis a vivement critiqué le gouvernement pour ne pas avoir exigé le retour des "envahisseurs" arabes dans leurs pays comme condition à son acceptation du cessez-le-feu, ni pour ne pas avoir réclamé de sanctions contre les États arabes envahisseurs. Il a ajouté que le gouvernement israélien n’aurait pas dû se contenter de rejeter verbalement les conditions de cessez-le-feu des États arabes, notamment leur demande de stopper l’immigration juive en Israël, mais que ce rejet aurait dû s’accompagner d’actions concrètes, comme "l’accueil de dizaines de milliers de jeunes Juifs sur le territoire israélien[277]".
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Mikunis a poursuivi en déclarant que le gouvernement est conscient que les États-Unis et la Grande-Bretagne recherchent une "solution finale" qui mettrait en péril l’avenir politique d’Israël, et qu’ils cherchent également à réduire les frontières et la souveraineté d’Israël et à lui ravir Jérusalem. Mikunis a exprimé son opposition au désarmement des Juifs de Jérusalem et son rejet de son internationalisation, argüant que cela reviendrait à la livrer aux États-Unis et à la Grande-Bretagne. Il a clarifié sa position concernant le sort de Jérusalem, affirmant : "Nous avons libéré Jérusalem, et elle restera nôtre." Il a souligné : "Nous devons dire au peuple juif et au monde entier : Jérusalem est à nous, et elle le restera." Il a ajouté que la Grande-Bretagne et les États-Unis convoitent Jérusalem comme prélude à la saisie du port de Haïfa et du Néguev, sous couvert d’échanges territoriaux. Il a ensuite déclaré que le Parti communiste israélien exige la mise en oeuvre de la résolution de l’ONU, avec certaines modifications découlant de la nouvelle situation que "nous avons créée".
Mikunis a expliqué que, conformément à ces modifications particulières, "nous devons maintenir les frontières que nous avons obtenues, car les frontières de la résolution du 29 novembre [1947] étaient un compromis, et nous étions prêts à mettre en oeuvre cette résolution dans son intégralité, sans guerre ni effusion de sang. Aujourd’hui, après qu’ils nous ont imposé la guerre, nous exigeons le prix de cette guerre[278]." Par ailleurs, Mikunis a par la suite critiqué le gouvernement israélien pour ne pas avoir "libéré" les territoires situés hors des frontières de l’État juif, conformément au plan de partage. Il a reproché à Ben Gourion, le Premier ministre israélien, de ne pas avoir "libéré la Vieille Ville [arabe], malgré la présence de toutes les conditions nécessaires à cette fin", affirmant que l’échec de la "libération" de Jérusalem-Est était dû à la soumission du gouvernement israélien aux pressions britanniques[279]. Mikunis a également reproché à Ben Gourion de ne pas avoir "libéré la zone de Gaza-Rafah, car le gouvernement provisoire avait cédé à l’ultimatum de l’ambassadeur américain à Tel-Aviv", selon ses propres termes[280].
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De son côté, Methir Vilner, dans un article publié le 6 aout 1948, soulignait la nécessité pour Israël de conserver le contrôle de Jérusalem, partie intégrante de son territoire. Il appelait au rejet de la proposition de Bernadotte visant à démilitariser Jérusalem et à la placer sous tutelle internationale, affirmant que si le gouvernement israélien acceptait cette proposition, il trahirait la nation et le peuple[281]. Quelques jours plus tard, Vilner réitérait l’opposition de son parti, dans un autre article, à la démilitarisation des Juifs de Jérusalem et à la mise en oeuvre de la résolution de l’ONU appelant à son internationalisation, argüant que son application servait l’impérialisme[282]. Concernant la question des réfugiés palestiniens, dont le nombre a augmenté après les déplacements forcés de populations par l’armée israélienne lors de la seconde phase du conflit, notamment à Lydda, Ramla et dans leurs environs, Vilner a affirmé que les Britanniques et les États arabes avaient incité les Palestiniens à fuir, les ayant d’abord bien accueillis avant de les abandonner. Il a ajouté que la Grande-Bretagne et les États arabes étaient responsables de la création de ce problème, mais tentaient désormais de se faire passer pour des défenseurs des réfugiés arabes. Il les a accusés de ne pas se soucier réellement de cette question, mais de l’instrumentaliser comme prétexte pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’Israël.
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Il a ajouté que "cela ne signifie pas que nous ne devrions pas envisager de résoudre la question des réfugiés de manière indépendante; nous pensons qu’il est du devoir du gouvernement israélien de déclarer le droit de chaque citoyen israélien de retourner à son lieu de résidence, et cela ne signifie pas qu’ils peuvent retourner immédiatement, car il est possible de trouver une solution à cette question en la liant à la recherche d’une solution à la question de la paix; nous nous souvenons comment les dirigeants du gouvernement ont déclaré au début de la guerre le droit des réfugiés arabes au retour, et nous soutenons la poursuite de cette politique"[283].
Bien que Vilner n’ait pas appelé au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers, mais ait évoqué leur droit au retour et lié la mise en oeuvre de ce droit à la conclusion d’un accord de paix global sur la question palestinienne, il a abordé l’immigration juive en Israël d’une manière totalement différente. Dans un discours prononcé devant le Conseil de l’Histadrout le 11 aout 1948, Vilner a affirmé que l’immigration juive en Israël était une nécessité et ne devait faire l’objet d’aucune restriction[284]. Vilner a lié l’immigration juive en Israël à la guerre, déclarant : "L’enjeu central actuellement est la victoire, et l’immigration juive doit être organisée en fonction des autres besoins de la guerre, tels que l’acheminement d’armes et de matériel. Combattre l’immigration juive est une priorité." Vilner a ajouté que la question de l’immigration juive était une manifestation de la souveraineté de l’État, et que toute ingérence étrangère devait être combattue; l’immigration juive devait relever des institutions légales de l’État d’Israël. Vilner a critiqué l’acceptation par le gouvernement israélien des conditions du cessez-le-feu qui imposaient des restrictions à l’immigration juive, ainsi que certaines voix en Israël qui s’en prenaient aux pays d’Europe de l’Est concernant leurs politiques d’immigration juive, déclarant : "Ces propos ne sont que des insultes à l’encontre de gouvernements amis qui font tout leur possible pour nous aider dans notre guerre, notamment en facilitant l’immigration de jeunes gens pour qu’ils y participent"[285].
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De son côté, Eliyahu Gozanski, lors d’un entretien avec l’Agence de presse polonaise durant sa tournée en Pologne et en Europe de l’Est visant à obtenir divers soutiens pour Israël, notamment en matière d’immigration juive, a souligné l’importance de cette dernière. Il a déclaré : "La profondeur naturelle d’Israël réside dans les Juifs du monde entier", et l’immigration juive en Israël constitue un facteur crucial pour sa défense[286]. Il a ajouté que le Parti communiste, de concert avec d’autres partis démocratiques israéliens, mobilisait toutes les forces en Israël et s’assurait tout le soutien possible de l’étranger pour le front. Il a également affirmé que la grande majorité des membres du parti combattaient dans les rangs des Forces de défense israéliennes "avec dévouement et héroïsme", que quatre des cinq membres du secrétariat des jeunes du parti avaient été blessés au combat, et que de nombreux camarades ayant participé aux combats avaient atteint de hauts grades militaires. Gozanski a ajouté que le Comité central du Parti communiste israélien a publié un bulletin spécial pour l’armée, largement distribué parmi les soldats, et que le groupe artistique Ron du parti s’est produit sur tous les fronts et dans tous les camps de l’armée[287].
Lors de sa tournée en Europe de l’Est, Gozansky rencontra des dirigeants juifs dans ces pays et les exhorta à oeuvrer pour l’immigration juive en Israël. Kol Ha’am rapporta le 23 août 1948 que Gozansky visita de nombreuses communautés juives dans plusieurs villes roumaines, les incitant à immigrer en Israël et à se joindre au combat. Il se rendit également à Bucarest et prononça un discours lors d’un rassemblement public réunissant environ dix mille Juifs, appelant "la jeunesse juive à rejoindre la guerre d’indépendance"[288].
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Le Parti communiste intensifie son attaque contre Bernadotte
Le Parti communiste israélien estimait que les agissements du médiateur international, le comte Bernadotte, menaçaient les acquis de l’armée israélienne sur plusieurs points, notamment l’extension du territoire attribué à l’État arabe en vertu du plan de partage et le "nettoyage" territorial des Palestiniens. Le parti percevait ce danger comme provenant de la possibilité de contraindre Israël à se retirer des territoires arabes occupés par l’armée israélienne, à accepter le retour inconditionnel des réfugiés palestiniens dans leurs villes et villages, à appliquer la résolution de l’ONU concernant Jérusalem et à modifier les frontières du partage, notamment en échangeant le Néguev contre la Galilée occidentale.
Le Parti communiste israélien lança une attaque implacable contre Bernadotte de juin 1948 jusqu’à son assassinat le 17 septembre 1948. Dans cette offensive virulente, le parti se proclamait le fidèle représentant des intérêts suprêmes d’Israël pour tout ce qui concernait la réalisation de ses objectifs expansionnistes. Cette offensive s’accompagnait de critiques, explicites et implicites, à l’encontre du gouvernement israélien, lui reprochant son manque de fermeté face à Bernadotte et à ses propositions. Le parti remettait en question la position du gouvernement et le danger de s’aligner sur les propositions de Bernadotte sous la pression des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Le 27 aout 1948, le journal Kol Ha’am écrivait dans son éditorial que le comte Bernadotte avait exigé l’arrêt de l’immigration juive en Israël pour les Juifs en âge d’effectuer leur service militaire, ajoutant : "Nous ne pouvons imaginer que le gouvernement israélien puisse accepter, ou même oser accepter, cette proposition humiliante avancée par Bernadotte."[289]
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L’éditorial de Kol Ha’am soutenait que la proposition de Bernadotte devait être rejetée non seulement en raison du besoin vital d’immigration de combattants juifs, mais aussi parce qu’elle portait atteinte à la souveraineté de l’État d’Israël. Il ajoutait que Bernadotte, agent de l’impérialisme, voulait bafouer notre dignité et discréditer le gouvernement aux yeux de l’opinion publique internationale; ce proxénète voulait contrôler le volume de l’immigration en Israël, au lieu de laisser ce soin aux institutions légales de l’État d’Israël[290]. L’éditorial critiquait le gouvernement, affirmant qu’il ne suffisait pas de rejeter la demande de Bernadotte d’arrêter l’immigration des jeunes en âge d’être conscrits, mais qu’il devait également cesser de le reconnaitre comme intermédiaire, comme le Parti communiste l’avait exigé à plusieurs reprises, argüant que sa médiation portait gravement atteinte à Israël[291].
Mukhtar Flir, quant à lui, mit en garde contre les propositions de Bernadotte, les qualifiant de nouveau complot impérialiste, et appela le gouvernement israélien à s’y opposer. Flir constata que les importantes victoires militaires de l’armée israélienne avaient instauré un climat de confiance dans l’indépendance d’Israël, la faisant paraître acquise. Il souligna que ce climat avait engendré une certaine apathie, une forme de complaisance et un relâchement de la vigilance face aux dangers politiques qui menaçaient Israël, dangers orchestrés par Bernadotte au nom de l’impérialisme[292]. Le 30 aout 1948, l’éditorial de Kol Ha’am exhorta le gouvernement israélien à exiger la destitution de Bernadotte, à suspendre les négociations avec les envahisseurs arabes et à imposer des sanctions aux États arabes[293].
Le 17 septembre 1948, le comte Bernadotte fut assassiné à Jérusalem par un groupe affilié à l’organisation terroriste Lehi. Dans les semaines qui suivirent, le Parti communiste israélien continua de s’en prendre à lui, à son "bernadotisme" et à ses propositions. Le 19 septembre 1948, un éditorial de Kol Ha’am affirmait que Bernadotte avait poursuivi les sombres desseins des puissances coloniales et que la grande majorité de la population le considérait comme "un agent anglo-américain et un saboteur de l’indépendance d’Israël". L’éditorial ajoutait : "La majorité de la population ne voit pas dans l’assassinat d’un individu un moyen de surmonter les obstacles politiques que Bernadotte a placés sur notre chemin"[294]. Dans son éditorial du 21 septembre 1948, Kol Ha’am attaqua ce qu’il qualifiait de "bernadotisme", affirmant qu’il persistait même après l’assassinat de Bernadotte, et réitéra son rejet de ses propositions visant à parvenir à une solution pacifique à la question palestinienne[295].
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Mikunis rencontre à nouveau Ben Gourion.
Quelques jours après l’assassinat de Bernadotte, Shmuel Mikunis rencontra David Ben Gourion à deux reprises. Les organes de presse du Parti communiste israélien n’ont pas précisé si Mikunis et Ben Gourion avaient abordé la question de l’assassinat. Le journal Kol Ha’am rapporta que Mikunis avait informé Ben Gourion des activités du parti en Europe de l’Est, notamment l’envoi de Gozansky dans ces pays afin d’obtenir diverses formes d’aide pour Israël et de faciliter l’immigration d’un grand nombre de jeunes Juifs[296]. Mikunis demanda à Ben Gourion d’inclure des représentants du Parti communiste israélien au sein des institutions et des comités chargés de l’accueil des immigrants juifs en Israël, dont les tâches comprenaient la sélection et l’orientation de ces derniers vers l’armée ou les colonies après examen de leur dossier. Mikunis souleva également plusieurs griefs concernant la présence de membres du parti dans l’armée : l’absence de nomination d’officiers communistes à des postes d’instruction, le manque de conférenciers communistes invités dans les camps militaires et la diffusion limitée du journal Kol Ha’am au sein des troupes. Par ailleurs, Mikunis aborda avec Ben Gourion la question de la politique du gouvernement israélien envers les citoyens arabes d’Israël, notamment le maintien en détention de communistes arabes palestiniens, et exigea la libération des "éléments arabes progressistes" parmi les prisonniers arabes[297], excluant ainsi les autres prisonniers arabes, qui constituaient la grande majorité.
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Ben Gourion a fourni des informations plus détaillées sur cette rencontre que celles rapportées par Mikunis et le Parti communiste. Il a révélé le rôle important du Parti communiste israélien dans l’organisation et la promotion de l’immigration juive en provenance des pays d’Europe de l’Est durant cette période, ainsi que l’étendue de son influence sur cette question et sur d’autres sujets relatifs aux relations entre les pays d’Europe de l’Est et Israël, compte tenu de ses liens étroits avec les partis communistes au pouvoir dans ces pays. Dans son journal, Ben Gourion a indiqué que, suite à sa conversation avec Mikunis, un accord avait été conclu avec les autorités roumaines pour l’émigration de 3.600 familles de Roumanie vers Israël au cours des cinq mois suivants. Il a également noté que six camps avaient été établis en Roumanie pour organiser l’émigration des Juifs roumains vers Israël et que l’armée israélienne pouvait y envoyer des guides[298]. Ben Gourion a ajouté que les dirigeants bulgares avaient envisagé de suspendre l’émigration des jeunes Juifs vers Israël, car leurs familles âgées se retrouvaient sans ressources et étaient devenues une charge pour l’État. Cependant, les hommes de Mikunis ont déjoué ce plan, car il était interdit d’empêcher l’émigration de jeunes Juifs en temps de guerre. Quant au problème économique, le gouvernement bulgare devrait en discuter avec le gouvernement israélien[299].
Ben Gourion ajouta qu’il avait demandé à Mikunis s’il existait des désaccords entre le Parti communiste israélien et les communistes juifs de Bulgarie. Mikunis répondit qu’il y avait un malentendu entre les deux parties et que le parti n’insistait pas sur le "rassemblement de la diaspora" à proprement parler, mais demandait plutôt la participation des jeunes Juifs à la guerre et une augmentation du nombre de Juifs en Israël afin de coloniser le Néguev. Selon Ben Gourion, Mikunis nia toute intention, en Bulgarie et en Roumanie, de liquider le sionisme. Il expliqua à Ben Gourion que les autorités des deux pays souhaitaient que le Comité juif, dirigé par les communistes (Hokonstori), gère l’immigration, mais non dans le but de liquider le sionisme. Mikunis déclara que ce comité, dirigé par les communistes, souhaitait que des Juifs démocrates immigrent en Israël. Ben Gourion demanda : "“Démocrate” ne signifie-t-il pas “communiste” ?" Mikunis répondit que tout Juif était démocrate, à l’exception des membres du mouvement Betar. Il a souligné que le comité en Roumanie était composé de communistes et de membres des partis Mapam et Mapai, et qu’il avait demandé l’inclusion de représentants du Parti sioniste général et du Parti Mizrahi au sein de ce comité.
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Ben Gourion a déclaré que Mikunis l’avait informé du retour de Gozansky d’Europe de l’Est, du souhait du parti d’y envoyer un autre dirigeant et de sa promesse de faciliter cette mission[300]. Il a ajouté avoir remis à Mikunis une liste d’armes qu’Israël pourrait acheter à la Pologne[301].
Le soutien du Parti communiste à l’expansion israélienne dans le Néguev
Comme mentionné précédemment, le Parti communiste israélien s’opposa farouchement aux propositions de Bernadotte, qu’elles concernent Jérusalem, le Néguev, le port de Haïfa et l’aéroport de Lod, ou encore l’immigration juive et le retour inconditionnel des réfugiés palestiniens dans leurs foyers. Insistant sur le Néguev et son occupation, avant même que l’armée israélienne n’achève sa conquête et l’occupation d’Umm al-Rashrash, sur le golfe d’Aqaba (où fut ensuite construite la ville d’Eilat), le Parti communiste mit l’accent sur l’importance du Néguev pour Israël. À cette époque, le pourcentage de colons juifs dans le Néguev ne dépassait pas un pour cent de sa population arabe totale. Le journal Kol Ha’am publia des articles sur le Néguev, soulignant son importance et la nécessité de son intégration à Israël, et appelant à son occupation. Par exemple, le 22 septembre 1948, Kol Ha’am publia un rapport sur l’importance du Néguev, soulignant la fertilité de ses terres, comme l’ont démontré les colons juifs qui s’y étaient installés au cours des dix années précédentes, sa vaste superficie, la présence de sources d’eau, ainsi que de pétrole, de minéraux, d’uranium et du golfe d’Aqaba[302].
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Le parti appelait à l’occupation totale de la Palestine, y compris des zones destinées à l’État palestinien arabe selon le plan de partage, comme Beersheba, et soutenait toutes les opérations militaires menées par l’armée israélienne contre l’armée égyptienne dans le Néguev et diverses régions du sud de la Palestine. Le Parti communiste israélien appuya l’opération Yoav, lancée par l’armée israélienne contre l’armée égyptienne du 15 au 21 octobre 1948, au cours de laquelle Israël étendit ses frontières dans le sud de la Palestine, occupa Beersheba (désignée pour l’État arabe selon le plan de partage) et expulsa ses habitants palestiniens. Il soutint également l’opération Horev, lancée par l’armée israélienne contre l’armée égyptienne du 22 décembre 1948 au 7 janvier 1949, visant à achever l’occupation du Néguev, de Gaza et d’une grande partie de la péninsule du Sinaï, au nord d’El Arish.
Pour justifier ses opérations militaires contre l’armée égyptienne, Israël affirma à la mi-octobre 1948 que cette dernière avait violé le cessez-le-feu et repris ses attaques contre les convois israéliens ravitaillant les colonies et avant-postes israéliens isolés du Néguev. Kol Ha’am, dans son éditorial du 17 octobre 1948 intitulé "La bataille du Néguev : attaques israéliennes contre l’armée égyptienne", appuya cette affirmation israélienne. Le journal rejeta également le cessez-le-feu et appela à la poursuite des combats jusqu’à l’expulsion de l’armée égyptienne de Palestine[303].
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Le 19 octobre 1948, Kol Ha’am revint sur la question du Néguev dans son éditorial, critiquant vivement le gouvernement israélien pour avoir accepté des négociations avec l’Égypte concernant l’ouverture de routes permettant aux convois israéliens d’atteindre les avant-postes et colonies israéliens isolés du Néguev. L’éditorial affirmait que la solution à ce problème ne résidait pas dans l’accès des convois juifs, mais plutôt dans le nettoyage complet du Néguev de ses envahisseurs. Il ajoutait que la condition préalable à tout accord de paix devait être l’expulsion des envahisseurs arabes de notre État[304].
L’éditorial de Kol Ha’am commentait la résolution du Conseil de sécurité du 19 octobre 1948, appelant à un cessez-le-feu entre l’Égypte et Israël et les exhortant à tenir des négociations, disant que si le Conseil de sécurité ne prend pas les mesures concrètes pour expulser les envahisseurs arabes, alors l’armée devrait libérer notre pays des envahisseurs[305].
Le 21 octobre, l’éditorial de Kol Ha’am exigeait à nouveau que "l’armée achève l’expulsion des envahisseurs et les force à quitter notre terre"[306].
Lors de son expansion dans la région du Néguev, au sud de la Palestine, les forces d’occupation ont systématiquement expulsé les Arabes palestiniens des zones occupées. Parallèlement, Israël a établi des colonies juives sur les ruines des villages et villes arabes dont les Palestiniens avaient été déplacés. Dans ce contexte, le journal Kol Ha’am a rapporté qu’Israël avait fondé un village juif et l’avait nommé "Morgenthau – Tel Shachar", en hommage à Henry Morgenthau Jr., ancien secrétaire au Trésor des États-Unis.
Lors de son expansion dans la région du Néguev, au sud de la Palestine, les forces d’occupation ont systématiquement expulsé les Arabes palestiniens des zones occupées. Simultanément, Israël a établi des colonies juives sur les ruines des villages et villes arabes dont les Palestiniens avaient été déplacés. Dans ce contexte, le journal Kol Ha’am a rapporté qu’Israël avait établi un village juif et l’avait nommé "Morgenthau – Tel Shachar" en l’honneur d’Henry Morgenthau Jr., qui fut secrétaire au Trésor des États-Unis de 1934 à 1945 et chargé de collecter les impôts juifs pour le compte d’Israël en 1948. Morgenthau lui-même, Chaim Weizmann et plusieurs ministres israéliens ont assisté à la cérémonie d’inauguration officielle de la colonie[307].
Le journal Kol Ha’am, qui célébrait la création de cette colonie, omettait de préciser qu’elle avait été bâtie sur les ruines du village palestinien de Beit Far, dont les habitants avaient été expulsés par l’armée israélienne, et que sa fondation s’inscrivait dans le cadre de la décision du gouvernement israélien du 20 aout 1948 d’établir 32 colonies juives sur les ruines de villages et de villes palestiniennes.
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L’unité sous la Nakba : le Parti communiste israélien et la Ligue de libération nationale
Nous avons déjà évoqué la scission qui a secoué la Ligue de libération nationale au début de 1948 concernant la position sur le plan de partage. Finalement, une faction minoritaire au sein de la Ligue, menée par Fouad Nassar, Émile Habibi et Tawfiq Toubi, l’a emporté. Cette faction a accepté le plan de partage car elle s’alignait sur la position de l’Union soviétique. Par la suite, elle s’est progressivement rapprochée des positions du Parti communiste israélien, établissant des contacts avec lui après la création d’Israël et adoptant nombre de ses positions sur l’évolution de la question palestinienne.
En septembre 1948, des négociations eurent lieu entre le Parti communiste israélien et la Ligue de libération nationale afin de réguler leurs relations. Ces négociations opposaient un parti victorieux à un parti vaincu par la Nakba, extermination du peuple palestinien et création d’un État de colonisation juif à ses dépens, un État que le Parti communiste israélien soutenait sans réserve. Ces négociations aboutirent à un accord, en vertu duquel la Ligue de libération nationale adressa, fin septembre 1948, un mémorandum[308] au Parti communiste israélien. Dans ce mémorandum, la Ligue s’autocritiquait, abandonnait les justifications de sa fondation et présentait une révision de ses positions antérieures ainsi qu’une nouvelle interprétation de la réalité, adoptant désormais les positions du Parti communiste israélien. Ce dernier répondit à la Ligue de libération nationale par une lettre[309] réaffirmant la justesse de ses positions antérieures.
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La relation entre le vaincu et le vainqueur transparaissait clairement dans le mémorandum de la Ligue de libération nationale au Parti communiste israélien, ainsi que dans la réponse de ce dernier. Tandis que le Parti communiste israélien, vainqueur, maintenait ses positions sur tous les points de désaccord avec la Ligue depuis le début des années 1940, ainsi que toutes les positions qu’il avait développées par la suite, qui en étaient venues à embrasser le projet sioniste (détaillé dans cet ouvrage), la Ligue de libération nationale abandonnait ses positions sur tous les points de désaccord avec le Parti communiste, renonçait à son projet et à son programme, critiquait son histoire et considérait généralement son existence comme une erreur historique. Cette relation vainqueur-vaincu était également manifeste dans l’imposition par le Parti communiste israélien de ses positions politiques sur la question palestinienne et le conflit israélo-arabe, ainsi que de l’ensemble de son récit historique, à la Ligue de libération nationale. Cela s’est encore manifesté par le non-respect, par le parti, des accords signés entre eux et par le fait de forcer les vaincus à s’identifier complètement aux positions du vainqueur, au point que les vaincus ont commencé à agir comme s’ils étaient les vainqueurs.
Conformément à leur accord d’unité, le Parti communiste israélien et la Ligue de libération nationale (LBN) s’étaient engagés à établir un parti communiste internationaliste unifié dans chacun des deux États. Le Parti communiste israélien serait le parti communiste de l’État d’Israël, à l’intérieur des frontières du plan de partage de l’ONU, tandis que la LBN serait le parti communiste de la zone désignée pour l’État arabe selon ce même plan. L’accord stipulait explicitement que la LBN conserverait sa structure organisationnelle indépendante dans les territoires occupés par Israël et appartenant à l’État arabe palestinien, conformément au plan de partage[310]. Cependant, le Parti communiste israélien a violé cet accord immédiatement après sa signature, prenant de fait le contrôle direct de ces sections et les intégrant par la suite à sa propre structure[311].
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Cette relation de vainqueur à vaincu s’est également manifestée par l’imposition, par le Parti communiste, de la position de ce dernier ‑ favorable à l’expansion des frontières d’Israël sur de vastes portions du territoire désigné pour l’État arabe palestinien ‑ à la Ligue de libération nationale, avec laquelle il avait fusionné. Contrairement à l’accord conclu entre les deux parties, le Parti communiste israélien a continué de considérer comme faisant partie intégrante d’Israël les territoires occupés par Israël, qui appartenaient à l’État arabe palestinien selon le plan de partage. Le parti a soutenu l’annexion par Israël de ces territoires palestiniens occupés, ainsi que l’imposition de la citoyenneté israélienne aux Palestiniens restants. Il a également soutenu la décision du gouvernement israélien de les autoriser à participer aux élections à la Knesset, légitimant ainsi l’occupation de ces territoires et de leurs terres. Le Parti communiste israélien a placé deux dirigeants de la Ligue de libération nationale sur sa liste électorale pour la Knesset : Tawfiq Toubi en deuxième position et Emile Habibi en cinquième. Cette liste a remporté quatre sièges lors des premières élections à la Knesset, qui se sont tenues le 25 janvier 1949, avant la fin de la guerre, avant que le sang des martyrs palestiniens ne soit séché et avant qu’Israël et les États arabes n’aient signé d’accords d’armistice.
La relation entre vainqueur et vaincu était également manifeste dans le vote du député Tawfiq Toubi, ainsi que d’autres députés juifs du Parti communiste israélien, en faveur de la Loi du retour, adoptée par la Knesset en juillet 1950, qui autorisait tout Juif du monde à immigrer en Israël[312]. Cette loi, selon Ben Gourion, qui l’avait soumise au vote de la Knesset, exprimait l’essence même du sionisme.
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La relation entre vainqueur et vaincu se manifesta également non seulement par l’imposition du récit historique du Parti communiste israélien – parfaitement conforme au récit historique sioniste – à ses membres arabes, qui le reprirent ensuite au cours des décennies suivantes, mais aussi par l’imposition des symboles sionistes à tous ses membres, juifs et arabes. Cela comprenait le chant de l’hymne sioniste (Hatikvah – qui signifie "L’Espoir" en hébreu)[313], devenu l’hymne officiel de l’État juif après sa création, et le déploiement du drapeau israélien lors de toutes les cérémonies et réunions officielles du parti. De plus, les statuts du parti affirmaient que le Parti communiste israélien était "le parti du nationalisme israélien", en plus d’être "le parti de l’internationalisme prolétarien"[314].
La relation entre vainqueur et vaincu se manifestait également par l’imposition, par le vainqueur, de conditions humiliantes au vaincu, des conditions que personne n’aurait pu imaginer. Par exemple, en 1949, lors des débats à la Knesset sur la loi relative au service militaire israélien, le Parti communiste israélien et ses députés juifs et arabes exigèrent que le service militaire soit imposé aux citoyens palestiniens arabes d’Israël[315]. Il est important de noter que plus de 90 % des Palestiniens arabes auxquels Israël imposait alors la citoyenneté israélienne vivaient dans la zone désignée pour l’État palestinien arabe, occupée par l’armée israélienne et soumise à l’occupation et à l’administration militaire directe d’Israël. En 1949, la Knesset israélienne adopta une loi imposant le service militaire obligatoire à tous les citoyens israéliens, à l’exception de ceux que le ministre de la Défense décida d’exempter. Lors des délibérations parlementaires sur cette loi, tous les députés appartenant au Parti communiste, y compris Tawfiq Toubi, soutinrent l’instauration du service militaire obligatoire pour tous les citoyens. Ils s’opposèrent fermement à ce que le ministre israélien de la Défense soit habilité à exempter certaines personnes du service militaire, craignant qu’il n’utilise ce pouvoir pour exempter les citoyens arabes. De plus, Mikunis, alors secrétaire général du Parti communiste israélien, appela publiquement, depuis la tribune de la Knesset, à étendre la conscription obligatoire non seulement aux jeunes hommes arabes, mais aussi aux jeunes femmes arabes[316]. Le Parti communiste israélien justifia son appel aux citoyens arabes à servir dans l’armée israélienne en invoquant l’absence de discrimination entre eux et les Juifs sur cette question, et en affirmant que le service militaire était un devoir qu’ils devaient accomplir pour obtenir leurs droits.
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Le Parti communiste israélien a ignoré deux points cruciaux : premièrement, 90 % des Arabes résidaient dans les zones désignées pour un État palestinien selon le plan de partage qu’il soutenait, ce qui signifie qu’ils étaient sous occupation militaire israélienne et que leur naturalisation s’inscrivait dans le processus d’annexion forcée du territoire palestinien. Deuxièmement, s’ils étaient véritablement citoyens, alors les droits des citoyens, dans n’importe quel pays du monde, découlent de leur citoyenneté, et non du service militaire dans une armée qui a occupé leur terre, expulsé la grande majorité de leur peuple et perpétré des massacres contre eux. Ainsi, le Parti communiste israélien a ignoré le dilemme auquel seraient confrontés les hommes arabes enrôlés dans l’armée israélienne quant à l’identité de leur ennemi : était-ce leur propre peuple, en particulier ceux qui avaient été expulsés de leur patrie et étaient devenus réfugiés, tentant de franchir les frontières pour rentrer chez eux, ou l’ennemi était-il l’armée israélienne d’occupation ? Pourtant, le Parti communiste débordait d’enthousiasme, comme en témoigne son secrétaire général, Shmuel Mikunis, lorsqu’il a justifié l’imposition du service militaire aux jeunes filles arabes dans l’armée israélienne. Mikunis a expliqué aux membres de la Knesset que le service militaire obligatoire des jeunes filles arabes dans l’armée israélienne contribuerait à les libérer de leur retard et de toutes sortes d’oppressions et de restrictions sociales héritées de plusieurs siècles[317]. Cependant, la position du Parti communiste israélien sur cette question ne resta pas inchangée longtemps. Quelques années seulement s’écoulèrent avant que le Parti communiste israélien n’adopte une position diamétralement opposée à celle qu’il avait adoptée en faveur du service militaire obligatoire pour les jeunes filles arabes, sans fournir la moindre justification. En mai 1952, la douzième conférence générale du Parti s’opposa fermement à la conscription des femmes en général, et des femmes arabes en particulier, tout en maintenant son soutien à la conscription des jeunes hommes arabes dans l’armée[318].
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En juillet 1954, le porte-parole du gouvernement israélien annonça que le ministre de la Défense avait décidé d’imposer le service militaire obligatoire aux citoyens arabes d’Israël[319]. Le Parti communiste salua et soutint explicitement cette décision, adoptant le slogan "À devoirs égaux"[320]. Il exprima sa conviction que la décision du ministre israélien de la Défense d’imposer le service militaire obligatoire aux citoyens arabes d’Israël offrait une occasion de lutter contre l’oppression nationale et la discrimination raciale pratiquées par le gouvernement à l’encontre des Arabes en Israël dans divers domaines. Si le parti soutenait avec enthousiasme la conscription des jeunes hommes arabes, il s’opposait à celle des jeunes femmes arabes et exigeait leur exemption. Il justifiait cette position en s’opposant à la conscription de toutes les femmes en Israël, arguant que l’objectif du gouvernement en imposant le service militaire aux femmes était de "renforcer le mode de vie militaire". Il a ajouté : "Puisque ce service obligatoire est sans précédent dans aucun pays du monde, qu’il constitue une atteinte à la vie familiale normale et qu’il n’a aucun rapport avec les impératifs de sécurité d’Israël, le Parti communiste exige l’exemption des jeunes filles arabes du service militaire obligatoire[321]."
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Le Parti communiste et les accords d’armistice
La guerre de 1948 prit officiellement fin avec la signature d’accords d’armistice entre Israël et quatre États arabes. Trois de ces accords furent signés sur l’île grecque de Rhodes, sous l’égide des Nations Unies, et le quatrième à la frontière syro-israélienne, également sous l’égide de l’ONU. Le premier accord fut signé entre Israël et l’Égypte le 24 février 1949; le deuxième entre Israël et le Liban le 23 mars 1949; le troisième entre Israël et la Jordanie le 3 avril 1949; et le quatrième entre Israël et la Syrie le 20 juillet 1949. De même qu’Israël parvint à concentrer ses forces militaires et à isoler les villes et villages palestiniens, ainsi que les armées des différents États arabes, il isola également chaque État arabe lors des négociations d’armistice et put généralement leur imposer ses conditions.
L’équilibre des forces militaires durant le second semestre 1948 et tout au long de l’année 1949 était largement en faveur d’Israël. L’armée israélienne était alors plus nombreuse et mieux armée que celles des États arabes engagés dans la guerre de 1948. En décembre 1948, ses effectifs s’élevaient à 108.000 soldats et officiers, et elle disposait d’un armement moderne, principalement d’armes tchécoslovaques acquises pendant la guerre, d’avril 1948 au début de 1949, comme mentionné précédemment. Par ailleurs, environ 25.000 volontaires juifs et non juifs[322] arrivèrent d’Europe occidentale et orientale et d’Amérique, certains bénéficiant d’une solide expérience militaire acquise lors de la Seconde Guerre mondiale. L’intensification des différends et des conflits politiques entre les États arabes durant la guerre aggrava encore la situation militaire des armées arabes, entraînant un manque de coordination. De plus, durant cette période cruciale, Israël a bénéficié du soutien des blocs de l’Est et de l’Ouest, ainsi que d’une tolérance claire, quoique non absolue, de la part des deux, concernant l’expansion de ses frontières dans les territoires.
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S’appuyant sur le rapport de forces favorable à Israël et sur le soutien des blocs occidental et oriental, le Parti communiste israélien adopta une politique expansionniste plus radicale encore que celle du gouvernement israélien. Il exigeait des négociations directes entre Israël et chaque État arabe, estimant que cela permettrait à Israël de conserver les territoires palestiniens occupés par l’armée israélienne et destinés à l’État palestinien selon le plan de partage. Le Parti communiste s’opposa aux négociations de Rhodes sous l’égide des Nations Unies, craignant des pressions sur Israël pour qu’il se retire des territoires palestiniens occupés. De plus, il critiqua vivement la position du gouvernement israélien qui n’exigeait pas que ces négociations soient subordonnées à l’expulsion des armées arabes de Palestine et au maintien par Israël des territoires palestiniens destinés à l’État palestinien selon le plan de partage et occupés par l’armée israélienne.
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Dans ce contexte, l’éditorial de Kol Ha’am affirmait que les négociations entre Israël et l’Égypte à Rhodes n’étaient pas dans l’intérêt d’Israël, qu’elles ne permettraient pas de défendre son indépendance et son intégrité territoriale, et qu’elles constituaient un piège visant à contraindre Israël à renoncer au Néguev[323]. Il soutenait que la paix entre Israël et l’Égypte ne pouvait être obtenue par une médiation impérialiste hostile, mais par des négociations directes entre les deux parties. Il exprimait sa conviction que ces négociations devaient reposer sur "l’expulsion complète des envahisseurs de notre terre", sans aucune concession territoriale ou politique, et sur le respect total des frontières et de la souveraineté d’Israël[324].
L’éditorial du Kol Ha’am du 24 janvier 1949 indiquait que les représentants américains aux pourparlers de Rhodes entre l’Égypte et Israël exerçaient une forte pression sur ce dernier, exigeant le retrait de l’armée israélienne de certaines zones du Néguev. Il ajoutait que cette pression américaine n’avait rien de surprenant, mais que la position des représentants du gouvernement de Ben Gourion, qui négociaient des concessions au sud malgré les sacrifices considérables et précieux consentis par l’armée israélienne lors de la guerre du Néguev, l’était[325]. L’éditorial poursuivait en précisant qu’il semblait que l’Égypte renoncerait à exiger le retrait de l’armée israélienne sur les lignes d’avant le 14 octobre, et qu’Israël avait simultanément renoncé à exiger le départ de l’armée égyptienne du territoire israélien. Il paraissait également qu’outre les concessions faites au conquérant transjordanien Abdallah, des concessions étaient également accordées au conquérant du sud, Farouk.
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L’éditorial de Kol Ha’am s’interrogeait sur l’identité de ceux qui avaient autorisé les représentants israéliens à Rhodes à atténuer la demande de retrait complet de l’armée égyptienne du territoire israélien. Pourquoi, demandait-il, avaient-ils ignoré et porté atteinte aux intérêts sécuritaires d’Israël ? De quel droit avaient-ils accepté le renforcement des forces d’invasion depuis Amman et le Caire ? L’éditorial de Kol Ha’am s’opposait à tout retrait israélien des territoires occupés par l’armée israélienne, situés en dehors de la zone attribuée à l’État juif selon le plan de partage. Il affirmait que l’armée israélienne, qui avait combattu héroïquement, et le peuple, qui avait consenti des sacrifices, n’accepteraient ni un affaiblissement des exigences israéliennes, ni un quelconque retrait, ni aucun contrôle impérial, direct ou indirect[326].
Le lendemain de la signature de l’armistice à Rhodes entre l’Égypte et Israël, Kol Ha’am écrivait dans son éditorial du jour que les cercles dirigeants israéliens considéraient cet accord avec l’Égypte comme une réalisation majeure et une grande victoire. L’éditorial ajoutait qu’il y avait lieu de se réjouir, une joie qui découlait des grandes victoires remportées par l’armée israélienne avec l’aide des pays d’Europe de l’Est, et non des termes de l’accord d’armistice[327]. L’éditorial de Kol Ha’am soulignait que, bien que les négociations de Rhodes aient eu lieu entre une partie victorieuse et une partie vaincue, les termes de l’accord ne conféraient aucun avantage à la partie victorieuse et légitime sur la partie vaincue et agresseuse. Il poursuivait en indiquant que les termes de l’accord accordaient à l’Égypte, malgré sa défaite sur le champ de bataille sur l’ensemble du front, une zone située en "Terre d’Israël" s’étendant de Gaza à Rafah. L’éditorial s’interrogeait : "Une puissance militaire vaincue sur le champ de bataille aurait-elle pu rêver d’une telle victoire dans des négociations diplomatiques ?" L’éditorial critiquait vivement l’accord de Rhodes sur deux points fondamentaux : l’acceptation par Israël du maintien de la présence égyptienne en "Terre d’Israël" et l’acceptation par Israël de la démilitarisation de deux zones importantes à la frontière israélo-égyptienne, à savoir Auja et Asluj. L’éditorial de Kol Ha’am concluait : "Les grandes victoires remportées par l’armée israélienne ont créé des conditions de paix bien plus favorables que cet accord signé à Rhodes. Les concessions territoriales et militaires faites par Israël ne doivent pas être dissociées des concessions politiques qu’il pourrait faire à l’avenir. Toutes ces concessions constituent une grave menace pour la sécurité et la souveraineté de notre État"[328].
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Le parti a également critiqué l’accord d’armistice signé entre Israël et le Liban. L’éditorial de Kol Ha’am affirmait que cet accord recélait des dangers futurs pour Israël, liés à la commission de cessez-le-feu bilatérale, à sa composition et à ses activités[329]. L’éditorial soutenait en outre que cette commission serait soumise à l’influence de son président américain, le général William E. Riley, qui nommerait des observateurs américains aux côtés des observateurs de l’ONU. Ces observateurs, prétendait l’éditorial, exploiteraient cette situation pour s’implanter à la frontière nord d’Israël, conformément à la stratégie du gouvernement américain visant à contrôler des bases et des zones stratégiques au Moyen-Orient. De plus, l’éditorial laissait entendre que les observateurs américains pourraient inciter à des conflits entre le Liban et Israël. Soucieux de préserver la paix, l’éditorial insistait sur la nécessité de "mettre en garde contre l’infiltration d’agents étrangers à notre frontière nord – une intrusion nuisible et indésirable – et contre l’infiltration planifiée d’espions américains sous couvert de défenseurs de la justice et de la paix"[330].
Le parti a critiqué l’accord d’armistice entre Israël et la Jordanie, argüant, selon un éditorial de Kol Ha’am, qu’il constituait une approbation officielle par Israël du "pouvoir d’Abdullah sur les zones arabes de la Terre d’Israël" et une acceptation par Israël de la présence de bases militaires britanniques à quelques kilomètres seulement des frontières israéliennes[331]. Le Parti communiste israélien n’a cependant pas contesté le gain significatif qu’Israël a tiré de cet accord : la concession par la Jordanie, sous la pression militaire israélienne, d’une vaste zone de terres arabo-palestiniennes s’étendant du nord d’Emmaüs, en Palestine centrale, jusqu’à la vallée du Jourdain, englobant ce qui allait devenir la région du Triangle.
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L’accord d’armistice syro-israélien n’a pas échappé aux critiques du Parti communiste israélien. L’éditorial de Kol Ha’am affirmait que cet accord présentait les mêmes caractéristiques que les précédents accords d’armistice conclus entre Israël et l’Égypte, le Liban et la Jordanie : il permettait aux États-Unis de s’implanter politiquement et militairement en Israël[332]. L’éditorial critiquait ce qu’il décrivait comme un abandon par Israël de sa souveraineté sur les zones démilitarisées d’Ein Gev, de Mishmar HaEmek et de Dardara, arguant que ces zones étaient de facto devenues une base pour les représentants de l’armée américaine, qui cherchait non seulement à s’y établir, mais aussi à faire de l’ensemble du Moyen-Orient une base stratégique[333].
Il apparait clairement ici que la principale préoccupation du parti était l’influence américaine potentielle en Israël et l’absence de transfert de l’aide est-européenne vers l’influence soviétique. Quant à l’occupation de la Palestine et à l’expulsion du peuple palestinien, le parti y voyait la libération du peuple juif sur sa terre natale. Il convient de noter que le Parti communiste israélien n’était pas le seul à critiquer le gouvernement israélien et à l’accuser de capitulation et de concessions aux États arabes lors des accords d’armistice. Plusieurs autres partis israéliens ont également critiqué le gouvernement, notamment le parti sioniste de gauche Mapam et le parti d’extrême droite Herut, dirigé par Menahem Begin. En réponse aux critiques de l’opposition, le Premier ministre israélien David Ben Gourion, s’exprimant à la Knesset en août 1949, a réfuté les allégations de ces partis selon lesquelles les accords d’armistice "étaient une capitulation, un retrait et un gaspillage d’occupations militaires", et a affirmé l’invalidité de ces accusations[334]. Ben Gourion a clarifié les gains qu’Israël avait tirés des accords d’armistice, soulignant que le plan de partage attribuait 14.920.000 dunams à l’État juif et que "seul un tiers de ce territoire était effectivement sous notre contrôle". Il a insisté sur le fait que "nous n’avions aucune emprise sur la région sud, qui s’étend sur plus de dix millions de dunams, et nous ne pouvions atteindre des zones stratégiques de cette région, même par la force militaire, pour des raisons que je n’exposerai pas ici. Aujourd’hui, l’État possède plus de vingt millions de dunams (20.662.000) et contrôle de fait tous les aspects de cette zone."
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Ben Gourion a détaillé ces gains, déclarant : "Théoriquement, le territoire de l’État n’a augmenté que de cinq millions de dunams, mais en pratique, la superficie que nous contrôlions a augmenté de quinze millions." Il a expliqué cela en disant : "L’armée israélienne a occupé cinq millions de dunams lors des batailles sur la route de Jérusalem, des batailles de Galilée occidentale et centrale, de Judée méridionale et du Néguev septentrional. Ces occupations ont étendu les frontières de l’État par rapport à celles du plan de partage." Ben Gourion poursuivit : "Un demi-million de dunams (467 000) ont été ajoutés pacifiquement grâce aux accords d’armistice avec la Jordanie et la Syrie, et environ neuf millions de dunams nous ont été transférés. Nous avons réussi à les conserver pratiquement sans combats ni effusion de sang, grâce à l’accord d’armistice avec l’Égypte – je parle de la ligne Ein Gedi-Eilat et de tout l’Édom. Seuls 6.940.000 dunams restaient hors de l’État d’Israël en Cisjordanie : l’Égypte en a conservé 258.000 et la Jordanie 6.682.000 [335]." Ben Gourion expliqua que les affirmations des partis d’opposition selon lesquelles il quitterait le Néguev et que les occupations de l’armée seraient vaines étaient démenties. Il confirma qu’en réalité, c’était tout le contraire : les occupations de l’armée israélienne avaient été renforcées et étendues grâce aux accords d’armistice[336].
[1]. Note Muhareb Chap. 1‑1 :
Peretz Merhav, היסטוריה של תנועת העבודה בארץ ישראל : התפתחות ותפיסה פוליטית, קריאות ומסמכים [Histoire du mouvement ouvrier en Terre d’Israël : développement et conception politique, lectures et documents]; Merhavia, Sifriyat Po’alim (1967, en hébreu); p. 83.
[2]. Note Muhareb Chap. 1‑2 :
חמישים שנה למפלגה הקומוניסטית בארץ [Cinquante ans du Parti communiste en Israël]; Parti communiste israélien, Haïfa (1970, en hébreu); p. 35.
[3]. Note ROCML :
Deux termes interviennent : "exil" et "diaspora".
En mai 1942, David Ben Gourion négocia avec les dirigeants juifs américains à l’hôtel Biltmore de New York. Une déclaration commune est publiée à l’issue de la conférence, et aussi un accord parallèle selon lequel le Yishuv considèrerait désormais les Juifs habitant aux USA comme vivant en "diaspora" (golah) plutôt qu’en "exil" (galout).
Toutefois, quand on consulte des explications conceptuels en matière de vocabulaire on trouve par exemple sur le site de la Jewish Virtual Library un article qui débute par l’indication suivante : "Galout (Golah) (Heb. גָּלוּת, גּוֹלָה), exil". La distinction entre diaspora et exil est ainsi effacée, les deux mots sont considérés comme équivalant.
Or la notion de l’exil est un élément idéologique central du sionisme : historiquement, le "peuple" juif a été chassé de la "terre d’Israël", et ainsi ses composantes se trouvent à vivre en "exil" ailleurs dans le monde. Du point de vue du sionisme, le terme "diaspora" escamote cette réalité et accepte la persistance de communautés juives ailleurs qu’en "terre d’Israël". Le sionisme a pour principe la négation (le rejet) de l’exil (en hébreu : shlilat hagalout), et vise à son éradication. Son objectif est effectivement le "rassemblement des exilés", à savoir : kibutz ga’aluyot (hébreu יבוץ געלויות, kibutz : rassemblement, ga’aluyot : éxilés). Ils s’en tiennent ainsi à un vocabulaire distinctif, et conçoivent évidemment que le rassemblement comme devant s’effectuer sur la "Terre d’Israël".
Références :
https://www.jewishvirtuallibrary.org/politics-wing/israel/political-parties-and-elections-israeli-political-parties/balad-political-party
https://www.jpost.com/in-jerusalem/how-it-really-was-572609
[4]. Note Muhareb Chap. 1‑3 :
Pour en savoir plus sur les antécédents du parti, voir :
Suliman Bashear, Communism in the Arab East, 1918-1928; London, Ithaca Press (1980); p. 43‑54.
Voir aussi :
Maher al‑Charif, يف الشيوعية والمسألة القومية العربية في فلسطين 1919-1948 : الوطني والطبقي في الثورة التحررية المناهضة للإمبريالية والصهيونية [Communisme et nationalisme dans l’Orient arabe : un cas d’analyse, la Palestine, 1918-1948], Jérusalem, Éditions Salah Al Din (1982); p. 17‑28).
[5]. Note Muhareb Chap. 1‑4 :
S. Bashear, op. cit., p. 47.
[6]. Note Muhareb Chap. 1‑5 :
La même référence.
[7]. Note Muhareb Chap. 1‑6 :
La même référence.
[8]. Note Muhareb Chap. 1‑7 :
La même référence.
[9]. Note Muhareb Chap. 1‑8 :
La même référence, p. 48‑49.
[10]. Note Muhareb Chap. 1‑9 :
Samih Samara, العمل الشويعي في فلسطين : الطبقة والشعب في موجهات الكولونيالية [L’oeuvre communiste en Palestine : classe et peuple face au colonialisme]; Beirut, Dar al-Farabi (1979); p. 157.
Pour plus d’informations sur le rôle de l’Internationale communiste dans l’arabisation du Parti communiste palestinien, voir :
la même référence, p. 169‑176.
[11]. Note Muhareb Chap. 1‑10 :
Pour les résolutions du 7e Congrès du Parti communiste palestinien, voir :
الأممية الشيوعية والثورة العربية الكفاح ضد الإمبريالية الوحدة، فلسطين وثائق 1931 [L’Internationale communiste et la révolution arabe : la lutte contre l’impérialisme, Unité, Palestine : Documents 1931], traduits et présentés par Elias Murqus; Beyrouth, Dar al-Haqiqa (1970); p. 121‑173.
[12]. Note Muhareb Chap. 1‑11 :
Mahmoud Muhareb,محمود محارب الحزب الشيوعي الإسرائيلي والقضية الفلسطينية 1948-1981 : دراسة نقدية [Le Parti communiste israélien et la question palestinienne, 1948-1981 ‑ une étude critique]; Jérusalem (1989); p. 18.
[13]. Note Muhareb Chap. 1‑12 :
Shmuel Mikunis (1903-1982) est né en Ukraine dans une famille juive religieuse. Il adhère au mouvement sioniste HaHalutz et immigre en Palestine par son intermédiaire, où il s’installe en 1921. Il étudie l’ingénierie en France et travaille comme ingénieur pour Shell entre 1933 et 1945, participant notamment à la construction de routes et de bases de l’armée britannique en Palestine. En 1939, il rejoint le Parti communiste palestinien et en devient le secrétaire général en 1944, à la suite de la scission du parti entre Arabes et colons juifs cette année-là. Après la création d’Israël, le parti change de nom pour devenir le Parti communiste israélien (Maki), Mikunis reste secrétaire général jusqu’à la scission en 1965.
[14]. Note Muhareb Chap. 1‑13 :
Meir Vilner (Ber Kovner) (1918-2003) est né à Vilnius, en Lituanie. Il adhère au mouvement sioniste de gauche Hashomer Hatzair et immigre en Palestine par son intermédiaire, où il s’installe en 1938. Il étudie à l’Université hébraïque de Jérusalem. En 1940, il rejoint le Parti communiste palestinien et, en 1943, devient secrétaire de la section de Jérusalem du parti. Il devient par la suite un des principaux dirigeants du Parti communiste palestinien au côtés de Shmuel Mikunis. Vilner est l’un des signataires de la Déclaration d’indépendance d’Israël en 1948, au nom du Parti communiste israélien. À la suite de la scission du parti en 1965, Vilner devient secrétaire général de l’organisation dénommée Rakah, qui se sépare du Maki.
[15]. Note Muhareb Chap. 1‑14 :
Pour en savoir plus sur la Ligue de libération nationale, voir :
M. al‑Charif, op. cit., p. 104-132.
[16]. À la suite de la création d’Israël, les communistes se sont trouvés répartis sur trois régions. Dans l’État d’Israël ils ont continué d’opérer sous le nom de Parti communiste israélien (Maki), en incluant une partie de la LLN. Au sein du Maki, dans les années 1960, les désaccords idéologiques se sont accentués. La faction prosoviétique et antisioniste, dirigée par des Arabes et à laquelle s’étaient joints des dirigeants juifs comme Vilner, a fait scission en 1965 pour former Rakah ("Liste des nouveaux communistes"), tandis qu’une faction plus restreinte, à tendance sioniste, a conservé le nom de Maki.
[17]. Note Muhareb Chap. 1‑15 :
M. Muhareb, Le Parti communiste israélien…, op. cit., p. 19.
[18]. Note Muhareb Chap. 1‑16 :
En hébreu, "Va’ed Le’umi", qui désignait la direction officielle de la communauté des colons juifs en Palestine à cette époque.
[19]. Note Muhareb Chap. 1‑17 :
Shmuel Mikunis, לקראת קונגרס המפלגה התשיעי [En vue du neuvième congrès du Parti], dans : Shmuel Mikunis, בסער תקופות : מבחר כתבים ודברים, 1942-1969 [Dans la tempête de notre époque ‑ Une sélection d’écrits et de discours; Tel Aviv, Comité central du Parti communiste d’Israël (1969, en hébreu); p. 35‑45.
[20]. Le Vaad Leumi (connue sous le nom de Conseil national juif) a été créé en 1920 pour représenter la communauté juive de Palestine. En 1920, le CNJ comptait 314 représentants élus et joua un rôle important durant les trois décennies de domination britannique en Palestine. Il intervint dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’administration locale, de l’aide sociale, de la santé, des services religieux, de la sécurité et de la défense. Il gérait également les relations avec les Palestiniens, l’Agence juive et le gouvernement du mandat britannique. Le 14 mai 1948, ce furent les membres du CNJ qui ratifièrent la proclamation de la création de l’État d’Israël et formèrent le gouvernement provisoire du nouvel État.
[21]. Note Muhareb Chap. 1‑18 :
Kol Ha’am, 5/12/1946, p. 1, Titre :
"Notre voie politique – Extrait du discours de Meir Wilner".
Le journal Kol Ha’am (La Voix du peuple) est l’organe officiel du Parti communiste en hébreu. Il s’agissait d’un mensuel en 1937, puis il est devenu un hebdomadaire en 1942. En décembre 1944, les autorités du mandat britannique lui ont accordé une autorisation de publication, et il a commencé à paraitre légalement à partir du 20 décembre 1944. En février 1947, il est devenue un quotidien et est restée l’organe officiel du Parti communiste israélien jusqu’à la scission en 1965.
[22]. Note Muhareb Chap. 1‑19 :
Yosef Avidar, בדרך לצה״ל : זכרונות [Sur la route de Tsahal : Souvenirs]; Tel Aviv, Me’arachot (1970, en hébreu); p. 260.
Voir aussi :
Abd al-Hafiz Muharib, ההגנה, האצ"ל, הלח"י : יחסים בין הארגונים הציוניים החמושים [Haganah, Irgun, Lehi : Relations entre les organisations armées sionistes 1937-1948]; Beyrouth, Centre de recherche ‑ Organisation de libération de la Palestine (1981); p. 270.
[23]. Note Muhareb Chap. 1‑20 :
Jonathan Frankel, התנועה הקומוניסטית והישוב בארץ ישראל 48‑1920 [Le mouvement communiste et le Yishouv en Terre d’Israël 1920-1948]; Jérusalem, Akademon (1968, en hébreu); p. 182‑184.
[24]. Note Muhareb Chap. 1‑21 :
La même référence. [J. Frankel, op. cit.]
[25]. Note Muhareb Chap. 1‑22 :
Kol Ha’am, 16/5/1947, p. 1 :
"Parmi les “trois grands”, le représentant de l’URSS était le seul à avoir “évoqué les souffrances du peuple juif” ‑ Porte-parole de l’Agence juive lors d’une conférence de presse à Jérusalem".
[26]. Note Muhareb Chap. 1‑23 :
Appel historique diffusé par la Ligue pour la libération nationale de Palestine à l’occasion de la clôture de la session spéciale et de la formation de la Commission internationale d’enquête [par l’ONU], Al Ittihad, 25/05/1947. [Il s’agit de l’UNSCOP.]
[27]. Note Muhareb Chap. 1‑24 :
La même référence.
[28]. Note Muhareb Chap. 1‑25 :
Émile Touma a rédigé le mémorandum en anglais; il compte 91 pages.
Voir :
Benjamin Pincus,
יחסים מיוחדים’ : ברית המועצות ובעלות בריתה ויחסיהן עם העם היהודי, הציונות ומדינת ישראל 1939 – 1959
["Relations spéciales" : L’Union soviétique et ses alliés et leurs relations avec le peuple juif, le sionisme et l’État d’Israël (1939-1959); Jérusalem, Institut Ben Gourion d’études israéliennes et sionistes, Kiryat Sde Boker, Université Ben Gourion; (2007, en hébreu); p. 175‑176.
[29]. Note Muhareb Chap. 1‑26 :
La même référence.
[30]. Note Muhareb Chap. 1‑27 :
Voir :
Y. Frankel, op. cit., p. 213‑216.
[31]. Note Muhareb Chap. 1‑28 :
Kol Ha’am, 1/9/1947, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[32]. Note Muhareb Chap. 1‑29 :
La même référence.
[33]. Note Muhareb Chap. 1‑30 :
Déclaration de la Ligue de libération nationale sur les recommandations de la Commission internationale d’enquête de l’ONU, Al-Ittihad, 6/9/1947.
[34]. Note Muhareb Chap. 1‑31 :
La même référence.
[35]. Note Muhareb Chap. 1‑32 :
Voir :
Y. Frankel, op. cit., p. 228.
[36]. Note Muhareb Chap. 1‑33 :
Kol Ha’am, 24/10/1947, p. 2, Titre :
"Pour une véritable indépendance", extrait d’un discours de Sh. Mikunis lors de la réunion du Comité central du Parti communiste le 16 octobre 1947.
[37]. Note Muhareb Chap. 1‑34 :
La même référence.
[38]. Note Muhareb Chap. 1‑35 :
La même référence.
[39]. Note Muhareb Chap. 1‑36 :
Kol Ha’am, 24/10/1947, p. 2,
"Pour une véritable indépendance", texte cité.
[40]. Note Muhareb Chap. 1‑37 :
La même référence.
[41]. Note Muhareb Chap. 1‑38 :
"Déclaration du Comité central de la Ligue de libération nationale de Palestine", Al-Ittihad, 25 octobre 1947.
[42]. Note Muhareb Chap. 1‑39 :
La même référence.
[43]. Note Muhareb Chap. 1‑40 :
La même référence.
[44]. Note Muhareb Chap. 1‑41 :
Le rédacteur politique d’Al-Ittihad : Nous pouvons désormais dévoiler ce qui se passe aux Nations Unies. Al-Ittihad, 2/11/1947.
[45]. Note Muhareb Chap. 1‑42 :
Ligue de libération nationale : Résolutions du Comité central de la Ligue de libération nationale en Palestine, "sur la situation qui s’est produite en Palestine après le succès de la sanglante conspiration coloniale contre elle, sur les erreurs de la Ligue de libération nationale et sur la formation d’un parti unifié pour la classe ouvrière dans la partie arabe de la Palestine et de la Transjordanie" (mai 1951).
[46]. Note Muhareb Chap. 1‑43 :
La même référence.
Voir aussi :
Bulus Farah, Min al-’Uthmaniyya ila l-Dawla l-’Ibriyya (Nazareth, al-Sawt, 1985, en arabe),
Meha-shilton ha-’othmani la-medina ha-’ivrit (Haïfa, al-Sawt, 2009, en hébreu).
[47]. Note Muhareb Chap. 1‑44 :
Pour plus d’informations sur la situation de la Ligue de libération nationale en 1948, voir :
Boulous Farah, op. cit.;
Adel Manna, Nakba and Survival ‑ The Story of Palestinians Who Remained in Haifa and the Galilee, 1948-1956; Beyrouth, : Institute for Palestine Studies (2016); p. 145‑196.
[48]. Note Muhareb Chap. 1‑45 :
Résolutions du Comité central de la Ligue de libération nationale en Palestine, texte cité.
[49]. Note Muhareb Chap. 2‑1 :
Kol Ha’am, 1/12/1947, p. 1, Titre :
"Vive notre glorieux État! Vive notre indépendance nationale!".
Pour plus de détails, voir Annexe (1).
[50]. Note Muhareb Chap. 2‑2 :
Kol Ha’am, 30/11/1947, p. 4, Titre :
"Sh. Mikunis s’entretient avec D. Remez, président du Conseil exécutif des Forces de défense israéliennes, au sujet de questions de sécurité".
[51]. Note Muhareb Chap. 2‑3 :
Kol Ha’am, 5/12/1947, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour ‑ Vers une unification entre Hashomer Hatzair et Ahdut HaAvoda-Poalei Zion".
[52]. Note Muhareb Chap. 2‑4 :
Kol Ha’am, 11/12/1947, p. 1, Titre :
"Que nos vies soient protégés" ‑ Déclaration du Parti communiste d’Eretz-Israël.
[53]. Note Muhareb Chap. 2‑5 :
Kol Ha’am 25/12/1947, p. 4, Titre :
"La participation au Comité de sécurité de la section du Parti communiste de Tel Aviv".
[54]. Note Muhareb Chap. 2‑6 :
Kol Ha’am 26/12/1947, p. 2, Titre :
"De la routine du passé à une nouvelle voie".
[55]. Note Muhareb Chap. 2‑7 :
Même référence.
[56]. Note Muhareb Chap. 2‑8 :
Kol Ha’am, 28/12/1947, p. 2, Titre :
"Nos moyens de défense".
[57]. Note Muhareb Chap. 2‑9 :
Pour désigner les combattants palestiniens défendant leur patrie, Vilner et le Parti communiste israélien utilisaient une expression signifiant en arabe "émeutiers" ou "agresseurs". Les partis et organisations militaires sionistes utilisaient une expression équivalente, mais qui avait néanmoins des connotations plus négatives, dans le sens de "attaques", "incidents sanglants", "massacres".
[58]. Note Muhareb Chap. 2‑10 :
Kol Ha’am, 7/1/1948, p. 1, Titre :
"L’“Impedialum” du “Héros”? Responsable du bain de sang dans le pays".
[59]. Note Muhareb Chap. 2‑11 :
Kol Ha’am, 9/1/1948, p. 2, Titre :
"La classe ouvrière compte tenu de la situation".
[60]. Note Muhareb Chap. 2‑12 :
Kol Ha’am, 14/1/1948, p. 1, Titre :
"Armes et équipements pour les défenseurs : Déclaration du Comité central du Parti communiste d’Eretz-Israël".
[61]. Note Muhareb Chap. 2‑13 :
La même référence.
[62]. Note Muhareb Chap. 2‑14 :
La même référence.
[63]. Note Muhareb Chap. 2‑15 :
Pour plus d’informations voir : Kol Ha’am, n° 1, janvier 1948, et n° 4 à 6.
[64]. Note Muhareb Chap. 2‑16 :
Témoignage de Mikunis lors d’entretiens menés au Département d’histoire orale de l’Institut Truman de l’Université hébraïque de Jérusalem en décembre 1975. Voir les Archives de l’affaire Lavon, "Témoignage de plusieurs pages, conservé aux Archives de l’affaire Lavon à Tel Aviv, Y. (Mikunis)", n° 104-1-85-151, p. 97 (en hébreu).
[65]. Note Muhareb Chap. 2‑17 :
Kol Ha’am, 16/12/1947.
[66]. Note Muhareb Chap. 2‑18 :
Kol Ha’am, 17/12/1947.
[67]. Note Muhareb Chap. 2‑19 :
Kol Ha’am, 18/12/1947.
[68]. Note Muhareb Chap. 2‑20 :
Kol Ha’am, 19/12/1947.
[69]. Note Muhareb Chap. 2‑21 :
Kol Ha’am, 18/02/1948.
[70]. Note Muhareb Chap. 2‑22 :
Kol Ha’am, 21/05/1948, p. 1.
A VOIR autres articles
[71]. Note Muhareb Chap. 2‑23 :
Kol Ha’am, 27/06/1948, p. 1.
[72]. Note Muhareb Chap. 2‑24 :
Kol Ha’am, 16/01/1948, p. 2, Titre :
"Rôles politiques et de défense".
[73]. Note Muhareb Chap. 2‑25 :
Kol Ha’am, 19/1/1948, p. 2, Titre :
"Sur la question de l’orientation de l’État juif".
[74]. Note Muhareb Chap. 2‑26 :
Aviva Halamish, מפ"ם במלחמת העצמאות : מחזית הלחימה לספסלי האופוזיציה ["Mapam dans la guerre d’indépendance : des lignes de front aux sièges de l’opposition"]; dans :
Mordechai Bar-On et Methir Hazan (éd.),
מתוך : פוליטיקה במלחמה : קובץ מחקרים על החברה האזרחית במלחמת העצמאות פוליטיקה במלחמה חלק שני : המפלגות
[La politique en temps de guerre : une collection d’études sur la société civile pendant la guerre de 1948], Jérusalem, Institut Yad Yitzhak Ben-Zvi pour la recherche sioniste en Israël; Association de recherche sur les forces de défense israéliennes Galili (2014, en hébreu); p. 207‑230.
[75]. Note Muhareb Chap. 2‑27 :
Le parti Ahdut HaAvoda s’était engagé à établir un État juif sur l’ensemble du territoire palestinien et rejetait fermement son partage en deux États. Le parti Hashomer Hatzair rejetait également le partage de la Palestine, mais prônait un État binational. Ces deux partis s’unirent au début de 1948 et nommèrent leur parti "Mifleget Hapoalim Hameuhedet" ‑ "Parti unifié des ouvriers ‑ Mapam". Ils adhérèrent au sionisme socialiste et appelèrent à une alliance avec l’Union soviétique pour atteindre leurs objectifs. Leur unité dura jusqu’en 1954.
Pour plus d’informations, voir :
Halamish, op. cit.
[76]. Note Muhareb Chap. 2‑28 :
Kol Ha’am 25/1/1948, p. 1, Titre :
"Le Parti communiste israélien propose une coopération avec le Parti unifié des ouvriers".
[77]. Note Muhareb Chap. 2‑29 :
Kol Ha’am, 6/2/1948, p. 1.
Pour plus d’informations, voir l’annexe (2).
[78]. Note Muhareb Chap. 2‑30 :
Kol Ha’am 13/2/1948 , p. 2.
VOIR d’autres articles dans le numéro
[79]. Note Muhareb Chap. 2‑31 :
Ernest Bevin (1881-1951), ministre des Affaires étrangères britannique au sein du gouvernement travailliste britannique, entre 1945 et 1951, il fut l’un des dirigeants les plus en vue du parti.
[80]. Note Muhareb Chap. 2‑31 :
La même référence. [Kol Ha’am 13/2/1948]
[81]. Note Muhareb Chap. 3‑1 :
Eliyahu (Alyosha) Gozansky (1914-1948) : Né à Saint-Pétersbourg, en Russie, il s’engage dès son plus jeune âge dans le mouvement sioniste de gauche Hashomer Hatzair. Grâce à ce mouvement, il immigre en Palestine où il s’installe en 1931. Au milieu des années 1930, il rejoint le Parti communiste palestinien, dont il devient l’un des dirigeants et membre du bureau politique. En 1938, il est nommé secrétaire du Comité central du Parti communiste israélien. Il travaille comme géomètre pour l’armée britannique en Palestine. Il meurt en décembre 1948 des suites d’un accident d’avion survenu au-dessus de la Grèce, alors qu’il rentre à Tel Aviv après un voyage en Europe de l’Est.
[82]. Note Muhareb Chap. 3‑2 :
Ruth Lubitsch (1906-2010) : Née à Varsovie, en Pologne, en 1922, elle a rejoint le mouvement sioniste de gauche Hashomer Hatzair, par lequel elle a immigré en Palestine et s’y est installée en 1929. En 1931, elle a rejoint le Parti communiste palestinien et est devenue membre du Comité central du Parti communiste israélien en 1948, et membre de son Bureau politique entre 1969 et 1990.
[83]. Note Muhareb Chap. 3‑3 :
Kol Ha’am, 3/2/1948, p. 1.
[84]. Note Muhareb Chap. 3‑4 :
Concernant les activités d’Eliyahu Gozansky en Europe de l’Est, voir :
"Le Camarade Gozansky lors d’une réunion publique le 9/2/1948", Kol Ha’am
[85]. Note Muhareb Chap. 3‑5 :
Archives de l’Institut Lavon "Témoignage de Mikunis", n° 104-1-5-151, p. 63 (en hébreu).
[86]. Note Muhareb Chap. 3‑7 :
Kol Ha’am, 25/2/1948, p. 2.
[87]. Note Muhareb Chap. 3‑6 :
George Marshall (1880 – 1959), Chef d’état-major de l’armée des États-Unis entre 1939 et 1945, et secrétaire d’État entre 1947 et 1949.
[88]. Note Muhareb Chap. 3‑8 :
Wladyslaw Anders (1892-1970) était un général polonais de la Seconde Guerre mondiale, nommé commandant en chef de l’armée polonaise par le gouvernement polonais en exil en février 1945. Il était un opposant au gouvernement polonais pro-soviétique de l’époque.
[89]. Note Muhareb Chap. 3‑9 :
La même référence [Kol Ha’am, 25/2/1948].
[90]. Note Muhareb Chap. 3‑10 :
Clement Attlee (1883-1967) : Chef du Parti travailliste britannique entre 1935 et 1955, et Premier ministre du Royaume-Uni entre 1945 et 1951.
[91]. Note Muhareb Chap. 3‑11 :
La même référence(Kol Ha’am, 25/2/1948).
[92]. Note Muhareb Chap. 3‑12 :
La même référence.
[93]. Note Muhareb Chap. 3‑13 :
Archives de l’Institut Lavon "Témoignage de Mikunis", op. cit., p. 110.
[94]. Note Muhareb Chap. 3‑14 :
Ehud Avriel (1917-1980), né à Vienne, immigra en Palestine en 1939 et s’y installa. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s’engagea activement au sein de la Haganah, organisant l’immigration juive en Palestine et se procurant des armes pour l’organisation. Après la guerre, David Ben Gourion le nomma représentant de la Haganah en Europe de l’Est, chargé de l’approvisionnement en armes. Il devint par la suite le premier ambassadeur d’Israël à Prague, puis directeur de cabinet du Premier ministre israélien, Ben Gourion.
[95]. Note Muhareb Chap. 3‑15 :
La même référence ["Témoignage de Mikunis"], p. 69.
[96]. Note Muhareb Chap. 3‑16 :
La même référence, p. 70.
[97]. Note Muhareb Chap. 3‑17 :
La même référence, p. 73
Voir aussi :
"Mikunis rencontre Dimitrov", Kol Ha’am, 14/4/1948. Date???
[98]. Note Muhareb Chap. 3‑18 :
La même référence ["Témoignage de Mikunis"], p. 73.
[99]. Note Muhareb Chap. 3‑19 :
La même référence, p. 53.
[100]. Note Muhareb Chap. 3‑20 :
La même référence, p. 65.
[101]. Note Muhareb Chap. 3‑21 :
La même référence, p. 80.
[102]. Note Muhareb Chap. 3‑22 :
"Mikunis a rencontré Ben Gourion", Kol Ha’am, 26/5/1948.
Voir aussi :
David Ben Gourion, יומן מלחמה : מלחמת העצמאות, 1948‑1949 [Journal de guerre : La guerre d’indépendance, 1948‑1949], Vol. 2; Ministère de la Défense ‑ Tel Aviv (1982, en hébreu); p. 455.
[103]. Note Muhareb Chap. 3‑23 :
Archives de l’Institut Lavon "Témoignage de Mikunis", op. cit., p. 82.
[104]. Note Muhareb Chap. 3‑24 :
David Ben Gourion, Journal de guerre…, op. cit.
[105]. Note Muhareb Chap. 3‑25 :
Esther Vilenska (1918-1975) est née à Vilnius, en Lituanie. Elle a rejoint le mouvement sioniste de gauche Hashomer Hatzair et, par son intermédiaire, a immigré en Palestine, où elle s’est installée. Elle a épousé Meir Vilner, mais ils ont divorcé par la suite. En 1938, elle a adhéré au Parti communiste palestinien et, en 1940, elle est devenue membre de son bureau politique. Plus tard, après la scission majeure du Parti communiste israélien en 1965, elle a rejoint le groupe de Shmuel Mikunis.
[106]. Note Muhareb Chap. 3‑26 :
Archives de l’Institut Lavon "Témoignage de Mikunis", op. cit., p. 91.
[107]. Possiblement une allusion au mont Atzmon, situé en Galilée, qui est le sommet le plus élevé (1207 mètres) d’Israël.
[108]. Note Muhareb Chap. 3‑27 :
Dans son témoignage susmentionné, Mikunis a affirmé à plusieurs reprises être à l’origine du projet d’organisation de la Légion tchécoslovaque et avoir oeuvré à sa réalisation. Il a notamment déclaré : "Je me suis rendu à Prague début juin pour accomplir deux choses : me procurer des armes et des combattants. Certains de ces combattants vivent maintenant à Kerem Maharal [Ijzim], près de Haïfa. Je les connais tous, car c’est moi qui ai organisé la Légion."
Archives de l’Institut Lavon "Témoignage de Mikunis", op. cit., p. 62.
[109]. Note Muhareb Chap. 3‑28 :
Yaakov Markovitzky, מזימה קומוניסטית או סיוע לאחים : גיוס הבריגדה הצ’כוסלובקית, 1948-1949 [Complot communiste ou aide de la Fraternité : le recrutement de la Brigade tchécoslovaque 1948-1949], Études sur la renaissance d’Israël ‑ Recueil de problèmes du sionisme, du Yishouv et de l’État d’Israël, tome 6, Centre du patrimoine Ben Gourion (1996, en hébreu), p. 190-201.
[110]. Note Muhareb Chap. 3‑29 :
Moshe Yegar, تشيكوسلوفاكيا والصهيونية وإسرائيل تطوّر علاقات مركبة [La Tchécoslovaquie, le sionisme et Israël développent des relations complexes]; Tel Aviv, Bibliothèque nationale ‑ Organisation sioniste mondiale (1979, en hébreu); p. 111.
Les lettres de créance d’Ehud Avriel furent présentées à la hâte au président de la Tchécoslovaquie. Avriel ignorait tout du protocole diplomatique et des mentions qui devaient figurer sur les lettres de créance d’un ambassadeur. Sur les conseils des officiers du protocole de la présidence tchécoslovaque, il remit au président une enveloppe vide. Voir la même référence, p. 111‑112.
[111]. Note Muhareb Chap. 3‑30 :
La même référence.
[112]. Note Muhareb Chap. 3‑31 :
Yaakov Markovitzky, גחלת לוחמת : גיוס חוץ לארץ במלחמת העצמאות [Braise de combat : le recrutement à l’étranger pendant la guerre d’indépendance]; Tel Aviv, Ministère de la Défense (1995, en hébreu); p. 190‑191.
[113]. Note Muhareb Chap. 3‑32 :
Y. Markovitzky, Un complot communiste…, op. cit., p. 199‑200.
[114]. Note Muhareb Chap. 3‑33 :
Archives de l’Institut Lavon "Témoignage de Mikunis", op. cit., p. 54.
[115]. Note Muhareb Chap. 3‑34 :
Ilan Pappe, Nettoyage ethnique en Palestine, traduit par Ahmed Khalifa; Beyrouth, Institut d’études Palestiniennes (2007); p. 193.
[Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, traduit de l’anglais; La Fabrique Éditions, 2024.]
[116]. Note Muhareb Chap. 3‑35 :
Ilan Amitzur, יחסי כוחות ומוכנות למלחמה : צה"ל והצבאות הערביים בתש"ח [Relations de pouvoir et préparation à la guerre : Tsahal et les armées arabes en 1948].
Dans :
Alon Kadish (éd.), מלחמת העצמאות תש"ח-תש"ט : דיון מחודש [La guerre d’indépendance 1948-1949 : une discussion renouvelée], Vol. 1; Tel Aviv, Ministère de la Défense (2004, en hébreu).
L’article d’Amitzur : p. 77‑116; pour la référence : p. 89‑91.
[117]. Note Muhareb Chap. 3‑36 :
La même référence.
[118]. Note Muhareb Chap. 3‑37 :
La même référence, p. 91.
[119]. Note Muhareb Chap. 3‑38 :
La même référence, p. 84.
[120]. Note Muhareb Chap. 3‑39 :
Pour plus d’informations à ce sujet, voir :
Markovitzky, Braise de combat…, op. cit., p. 13, 17‑62.
[121]. Note Muhareb Chap. 3‑40 :
Ilan, p. [Le libellé de la note est tronqué dans le livre; compte tenu du contexte, il devrait s’agir de : Ilan Amitzur, Relations de pouvoir…, op. cit.]
[122]. Note Muhareb Chap. 3‑41 :
La même référence, p. 85.
[123]. Note Muhareb Chap. 3‑42 :
M. Yegar, La Tchécoslovaquie,…, op. cit.; p. 86.
[124]. Note Muhareb Chap. 3‑43 :
La même référence.
Pour plus d’informations sur les transactions d’armes entre la Tchécoslovaquie et la Haganah avant la création de l’État d’Israël, voir :
Yehuda Slutsky, The History of the Haganah, Vol. 2, No. 3; Tel Aviv, Am Oved (1972, en hébreu); p. 1526.
[125]. Note Muhareb Chap. 3‑44 :
M. Yegar, La Tchécoslovaquie,…, op. cit.; p. 86‑87.
[126]. Note Muhareb Chap. 3‑45 :
La même référence, p. 87.
[127]. Note Muhareb Chap. 3‑46 :
La même référence.
[128]. Note Muhareb Chap. 3‑47 :
La même référence, p. 102.
[129]. Note Muhareb Chap. 3‑48 :
La même référence.
[130]. Alors que les troupes britanniques s’apprêtaient à quitter la Palestine, la Haganah établit le plan "Daleth", dont l’application devait être progressive et adaptée au rythme de retrait des forces britanniques. Le premier objectif du Plan Daleth était de libérer la route de Jérusalem. C’est à cet effet que l’Opération "Nahshon" fut planifiée. Cette pération débuta le 6 avril, lorsque les forces de la Haganah s’emparèrent des villages arabes de Wadi el-Tsarar, Khoulda et Dayr Mouhaysin, situés au sud-ouest de Latroun. Parallèlement, les forces du Palmah attaquèrent le village de Bet Mahsir dans la région de Bab el Oued.
[131]. Note Muhareb Chap. 3‑49 :
D. Ben Gourion, Journal de guerre…, op. cit., Vol. 3; p. 985.
[132]. Note Muhareb Chap. 3‑50 :
Le 31 mai 1950, dans les minutes de la Knesset; Imprimerie du gouvernement de Jérusalem (1950, en hébreu); p. 1587‑1588.
[133]. Note Muhareb Chap. 3‑51 :
Golda Meir, החיים שלי [Ma vie]; Jérusalem/Tel Aviv, Steimatzky (1975); p. 188‑189.
[Golda Meir, My Life; United Kingdom, Weidenfeld & Nicolson (UK)/G. P. Putnam’s Sons (US) (1973).]
[134]. Note Muhareb Chap. 3‑52 :
Yitzhak Rabin, כתב עת שירות [Mémoires], Vol. 1; Tel Aviv, Éd. Sifriat Maariv (1979, en hébreu); p. 58.
[135]. Note Muhareb Chap. 4‑1 :
Kol Ha’am, 3/3/1948, p. 3, Titre :
"Le Parti communiste d’Eretz-Israël exige son inclusion dans les institutions de sécurité et le conseil gouvernemental".
[136]. Note Muhareb Chap. 4‑2 :
Kol Ha’am, 5/3/1948, p. 2, Titre :
Esther Vilenska, "Les communistes participeront à la direction des forces de sécurité".
[137]. Note Muhareb Chap. 4‑3 :
Kol Ha’am, 12/3/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, "Le Parti communiste et le Conseil du gouvernement provisoire".
[138]. Note Muhareb Chap. 4‑4 :
La même référence.
[139]. Note Muhareb Chap. 4‑5 :
La même référence.
[140]. Note Muhareb Chap. 4‑6 :
Eliyahu Gozansky, "Pour un effort de guerre glorieux", Kol Ha’am, 16/3/1948.
[141]. Note Muhareb Chap. 4‑7 :
Kol Ha’am, 18/3/1948, p. 2, Titre :
"Décisions de la session plénière du Comité central du Parti communiste d’Eretz‑Israël du 13 mars 1948.
[142]. Note Muhareb Chap. 4‑8 :
La même référence.
[143]. Note Muhareb Chap. 4‑9 :
La même référence.
[144]. Note Muhareb Chap. 4‑10 :
La même référence.
[145]. Note Muhareb Chap. 4‑11 :
’Arif Al-’Arif, 1952-1947الـنـكـبـة، نـكـبـة بـيـت الـمـقـدس و الـفـردوس الـمـفـقـود، [Al-Nakba, la catastrophe de Jérusalem et le paradis perdu 1947-1952], 6 volumes; Sidon et Beyrouth, The Modern Library/Random House (1956-1962); Vol. 1, p. 136.
[146]. Note Muhareb Chap. 4‑12 :
Kol Ha’am, 21/3/1948, p. 1, Titre :
"Une trahison honteuse du gouvernement américain".
[147]. Note Muhareb Chap. 4‑13 :
Kol Ha’am, 21/3/1948, p 1, Titre :
"Le complot échouera".
[148]. Note Muhareb Chap. 4‑14 :
Kol Ha’am, 22/3/1948, p 1, Titre :
"Un gouvernement provisoire de l’État juif sera établi immédiatement".
Pour plus d’informations, voir l’annexe (3).
[149]. Note Muhareb Chap. 4‑15 :
La même référence.
[150]. Note Muhareb Chap. 4‑16 :
Kol Ha’am, 30/3/1948, p. 1, Titre :
"Ehud, où aller?"
[151]. Note Muhareb Chap. 4‑17 :
La même référence.
[152]. Note Muhareb Chap. 4‑18 :
Kol Ha’am, 2/4/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, "La guerre pour notre indépendance".
[153]. Note Muhareb Chap. 4‑19 :
La même référence.
[154]. Note Muhareb Chap. 4‑20 :
La même référence.
[155]. Vaivara était un camp de transit et de concentration du nord-est de l’Estonie. Il fut établi par les SS en 1943 comme camp pour les prisonniers de guerre soviétiques. D’aout 1943 à février 1944, il servit de principal centre de détention parmi les 20 camps de travail forcé répartis à travers l’Estonie. Quelque 20 000 Juifs de Lettonie et des ghettos lituaniens de Vilnius et de Kovno furent amenés à Vaivara, où ils furent détenus avant d’être envoyés dans les camps de travail. C’est pourquoi Vaivara était considéré comme un camp de transit. En outre, en tant que camp de concentration, Vaivara abritait 1 300 prisonniers simultanément.
[156]. Note Muhareb Chap. 4‑21 :
La même référence.
[157]. Note Muhareb Chap. 4‑22 :
La même référence.
[158]. Note Muhareb Chap. 4‑23 :
Kol Ha’am, 26/4/1948, p. 2, Titre :
"Aux combattants, à la jeunesse, aux masses du Yishouv".
[159]. Note Muhareb Chap. 4‑24 :
Abd al-Hafiz Muharib, هاجاناه-إتسل : إحياء العلاقات بين المنظمات الصهيونية المسلحة 1937-1948 [Haganah-Etzel : Ravivement des relations entre les organisations sionistes armées 1937-1948 (Beyrouth : Centre de recherche – Organisation de libération de la Palestine, 1981), pp. 348-349
[160]. Note Muhareb Chap. 4‑25 :
La même référence, p. 150.
[161]. Note Muhareb Chap. 4‑26 :
Kol Ha’am, 12/04/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[162]. Note Muhareb Chap. 4‑27 :
La même référence.
[163]. Note Muhareb Chap. 4‑28 :
"Le commandant de la Haganah, concernant l’occupation de Deir Yassin par l’Irgoun et le Lehi, a déclaré que le village n’avait pas jusqu’alors participé aux attaques contre Jérusalem", Kol Ha’am.
[164]. Note Muhareb Chap. 4‑29 :
Kol Ha’am 14/5/1948, p. 2, Titre :
"Le fil qui se tire".
[165]. Note Muhareb Chap. 4‑30 :
Benjamin Pincus, Relations spéciales…, op. cit., p. 228.
[166]. Note Muhareb Chap. 4‑31 :
I. Pappe, Le nettoyage ethnique…, traduit par Ahmed Khalifa, op. cit., p. [numéro de page non spécifié]
[167]. Note Muhareb Chap. 4‑32 :
Benny Morris, 1948 : היסטוריה של מלחמת ישראל-ערב הראשונה [Histoire de la première guerre israélo-arabe]; Tel Aviv, Oved (2010, en hébreu), p. 161.
[168]. Note Muhareb Chap. 4‑33 :
Kol Ha’am, 1948/4/19, p. 4, Titre :
"Tibériade a été complètement évacuée de ses habitants arabes".
[169]. Note Muhareb Chap. 4‑34 :
Kol Ha’am, 22/4/1948, p. 4, Titre :
"Le village arabe al‑Majdal, près de Tibériade, a été vidé de ses habitants hier".
[170]. Note Muhareb Chap. 4‑35 :
Ce terme fait référence à l’obligation religieuse juive de purifier les maisons de toute trace de levure dans le pain et autres choses, et cela a lieu la veille de la Pâque pour les Juifs, en raison de leur croyance religieuse interdisant la consommation de pain ou de tout autre produit contenant de la levure pendant la période de jeûne.
[171]. Note Muhareb Chap. 4‑36 :
B. Morris, Histoire…, op. cit., p. [numéro de page non spécifié]
[172]. Note Muhareb Chap. 4‑37 :
Voir, par exemple :
Adam Raz, Pillage des biens arabes pendant la guerre d’indépendance; Haifa, Carmel (2020, en hébreu).
[173]. Note Muhareb Chap. 4‑38 :
Kol Ha’am, 23/04/1948, p. 1, Titre :
"Les forces de défense ont pris le contrôle de Haïfa.
[174]. Note Muhareb Chap. 4‑39 :
Kol Ha’am 23/04/1948, p. 1, Titre :
"Le test de Haïfa".
[175]. Note Muhareb Chap. 4‑40 :
Kol Ha’am 25/04/1948, p. 1, Titre :
"Le test de Haïfa".
[176]. Note Muhareb Chap. 4‑41 :
La même référence.
[177]. Note Muhareb Chap. 4‑42 :
Kol Ha’am, 26/4/1948, p. 2, Titre :
"Aux combattants, à la jeunesse, aux masses du Yishouv".
[178]. Note Muhareb Chap. 4‑43 :
La même référence.
[179]. Note Muhareb Chap. 4‑44 :
Kol Ha’am 6/5/1948, p. 1, Titre :
"Notre sécurité exige une politique démocratique envers la population arabe".
[180]. Note Muhareb Chap. 4‑45 :
En hébreu, "מינהל העם" [minal ha’am]; elle servait de gouvernement provisoire du Yishouv juif en Palestine.
[181]. Note Muhareb Chap. 4‑46 :
Kol Ha’am, 13/5/1948, p. 2.
[182]. Note Muhareb Chap. 4‑47 :
La même référence.
[183]. Note Muhareb Chap. 4‑48 :
B. Morris, Histoire…, op. cit., p. 178.
[184]. Note Muhareb Chap. 4‑49 :
Kol Ha’am 6/5/1948, p. 2, Titre :
"Le nettoyage de la Galilée par la Haganah".
[185]. Note Muhareb Chap. 4‑50 :
La même référence.
[186]. Note Muhareb Chap. 4‑51 :
Yair Auron, كتاب "المحرقة، الانبعاث والنكبة" ليائير أورون [L’Holocauste, la Résurrection et la Nakba]; Tel Aviv, Resling (2013, en hébreu); p. 170.
[187]. Note Muhareb Chap. 4‑52 :
Kol Ha’am 11/05/1948, p. 1 et 2, Titre :
"La Haganah a occupé Haïfa".
[188]. Note Muhareb Chap. 4‑53 :
Y. Auron, op. cit. p. 173.
[189]. Note Muhareb Chap. 4‑54 :
Hans Liebercht, פלסטינים : עבר והווה [Palestiniens : passé et présent]; Tel Aviv (1987, en hébreu); p. 176‑177.
[190]. Note Muhareb Chap. 4‑55 :
La même référence, p. 177.
[191]. Note Muhareb Chap. 4‑56 :
Mustafa al-Dabbagh, Encyclopédie de notre pays ‑ Palestine, quatrième partie (deuxième section), dans la région de Jaffa; Beyrouth, Dar al-Tali’ah pour l’impression et l’édition (1965-1976), p. 92‑94.
[192]. Note Muhareb Chap. 4‑57 :
Yaakov Peleg, הקרב על יפו וסביבתה [La bataille de Jaffa et ses environs].
Dans :
Alon Kadish (éd.), La guerre d’indépendance…, Vol. 1, op. cit.
L’article de Peleg : p. 395.
[193]. Note Muhareb Chap. 4‑58 :
La même référence, p. 396.
[194]. Note Muhareb Chap. 4‑59 :
La même référence.
Pour des informations sur la manière dont Jaffa a été défendue et sur le rôle de la garnison militaire de Jaffa dans la défense de la ville, voir :
Bilal Muhammad Shalash, افا.. دم على حجر : حامية يافا وفعلها العسكري – دراسة ووثائق؛ الجزء الأول [Jaffa… Sang sur la pierre : la garnison de Jaffa et ses actions militaires ‑ étude et documents], Vol. 1; Doha – Beirut, Centre arabe de recherche et d’études politiques (2019).
[195]. Note Muhareb Chap. 4‑60 :
Y. Peleg, La bataille…, op. cit., p. 403.
[196]. Note Muhareb Chap. 4‑61 :
Kol Ha’am, 29/4/1948, p. 1 et 12, Titre :
"Les forces de la Haganah ont rejoint l’attaque de l’Irgun sur Jaffa",
"La déclaration de la Hagana sur l’accord avec l’Irgoun".
[197]. Note Muhareb Chap. 4‑62 :
Kol Ha’am 29/04/1948, p. 1, Titre :
" À l’ordre du jour ‑ L’attaque de Jaffa".
[198]. Note Muhareb Chap. 4‑63 :
La même référence.
[199]. Note Muhareb Chap. 4‑64 :
Kol Ha’am 1948/5/13, p. 1, Titre :
"Lors d’une réunion directe à Tel-Aviv avec des représentants de Jaffa, la Haganah a présenté ses conditions pour la ville arabe".
[200]. Note Muhareb Chap. 4‑65 :
Kol Ha’am, le 14/5/1948, p. 1, Titre :
"Jaffa s’est rendu aux forces de la Haganah".
Pour plus de détails sur les circonstances et les conditions de la reddition, voir :
’A. Al-’Arif, Al-Nakba…, op. cit. , pp. 264‑268.
[201]. Note Muhareb Chap. 4‑66 :
La même référence.
[202]. Note Muhareb Chap. 4‑67 :
Kol Ha’am, 13/5/1948, p. 2, Titre :
"400 familles de réfugiés seront logées dans le campement arabe de Salama".
[203]. Note Muhareb Chap. 4‑68 :
Kol Ha’am, 13/05/1948, p. 4, Titre :
"Beit She’an s’est rendu à la Hagana".
[204]. Note Muhareb Chap. 5‑1 :
Kol Ha’am, 14 mai 1948, p. 2, Titre :
"Le mandat est mort – Vive notre État indépendant!".
[205]. Note Muhareb Chap. 5‑2 :
La même référence.
[206]. Note Muhareb Chap. 5‑3 :
Procès-verbal du Conseil d’État provisoire, Tel Aviv, 1948-1949 (14 mai 1948), p. 14 (en hébreu).
[207]. Note Muhareb Chap. 5‑4 :
Kol Ha’am, 16/5/1948, p. 1, Titre :
"Déclaration du Parti communiste".
[208]. Note Muhareb Chap. 5‑5 :
La même référence.
[209]. Note Muhareb Chap. 5‑6 :
Pour plus de détails sur les rencontres entre les délégués soviétiques auprès des Nations Unies et les représentants de l’Agence juive, voir :
B. Pincus, Relations spéciales…, op. cit., p. 183-187.
[210]. Note Muhareb Chap. 5‑7 :
Pour plus d’informations, voir :
la même référence, p. 173‑172.
[211]. Note Muhareb Chap. 5‑8 :
La même référence, p. 229‑221.
[212]. Note Muhareb Chap. 5‑9 :
La même référence, p. 228.
[213]. Note Muhareb Chap. 5‑10 :
La même référence, p. 229.
[214]. Note Muhareb Chap. 5‑11 :
La même référence.
[215]. Note Muhareb Chap. 5‑12 :
B. Pincus, Relations spéciales…, op. cit., p. 248.
[216]. Note Muhareb Chap. 5‑13 :
Durant cette période, 45 537 immigrants juifs s’installèrent à Jaffa; 39 200 à Haïfa; 9 150 à Ramla; 4 396 à Acre; et 2 213 à Safed.
Pour des informations plus précises concernant le nombre, la localisation et le calendrier de l’installation des immigrants juifs, notamment originaires d’Europe de l’Est, dans les villes et villages palestiniens entre 1948 et 1949, voir :
Hanna Yablonka, Ḳeliṭatah u-veʻayot hishtalvutah shel Sheʼerit ha-Peleṭah ba-ḥevrah ha-Yiśreʼelit ha-mithaṿah (29 le-November 1947 ʻad shilhe 1949) [Problèmes d’absorption et d’intégration des réfugiés juifs restants dans la société israélienne établie, du 29 novembre 1947 à la fin de 1949]; Jérusalem, Université hébraïque de Jérusalem, (1989, en hébreu); p. 35-60.
[217]. Note Muhareb Chap. 5‑14 :
H. Yablonka, Problèmes d’absorption…, op. cit., p. 43.
[218]. Note Muhareb Chap. 5‑15 :
La même référence.
[219]. Note Muhareb Chap. 5‑16 :
Kol Ha’am, .23/5/1948, p. 1, Titre :
"L’armée de l’air israélienne a bombardé des concentrations ennemis à Jérusalem, dans la vallée du Jourdain et à Gaza".
[220]. Note Muhareb Chap. 5‑17 :
Kol Ha’am, 24/5/1948, p. 1, Titre :
"Nos avions ont bombardé des cibles militaires en Syrie".
[221]. Note Muhareb Chap. 5‑18 :
Kol Ha’am, 1/6/1948, p. 1, Titre :
"Les opérations de l’armée de l’air israélienne s’intensifient dans la bataille".
[222]. Note Muhareb Chap. 5‑19 :
Kol Ha’am, 2/6/1948, p. 1, Titre :
"Nos avions frappent l’ennemi dans le pays et à l’étranger".
[223]. Note Muhareb Chap. 5‑20 :
Kol Ha’am, 10/6/1948.
[224]. Note Muhareb Chap. 5‑21 :
Kol Ha’am, 2/6/1948, p. 2, Titre :
"En Galilée occidentale libérée".
[225]. Note Muhareb Chap. 5‑22 :
Kol Ha’am, 4/6/1948, p. 1, Titre :
"L’armée de défense à Jénine".
[226]. Note Muhareb Chap. 5‑23 :
La même référence.
[227]. Note Muhareb Chap. 5‑24 :
Kol Ha’am, 4/6/1948, p. 1, Titre :
E. Gozansky, "Avec la création de l’armée israélienne".
[228]. Note Muhareb Chap. 5‑25 :
La même référence.
[229]. Note Muhareb Chap. 5‑26 :
La même référence.
[230]. Note Muhareb Chap. 5‑27 :
Kol Ha’am, 8/6/1948, p. 2, Titre :
"La constitution du Parti communiste ‑ une condition du succès de la guerre de libération".
[231]. Note Muhareb Chap. 5‑28 :
La même référence.
[232]. Note Muhareb Chap. 5‑29 :
Kol Ha’am, 28/06/1948, p. 1, Titre :
"Nos salutations aux soldats des Forces de défense israéliennes".
[233]. Note Muhareb Chap. 5‑30 :
Kol Ha’am, 25/06/1948, p. 1, Titre :
"Les fronts de Jérusalem et de Tel Aviv n’en forment qu’un".
[234]. Note Muhareb Chap. 5‑31 :
La même référence.
[235]. Note Muhareb Chap. 5‑32 :
Kol Ha’am, 25/06/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, "Nous vous tendons la main".
[236]. Note Muhareb Chap. 5‑33 :
La même référence.
[237]. Note Muhareb Chap. 5‑34 :
Kol Ha’am, 4/7/1948, p. 1, Titre :
"N’allons pas à Rhodes!".
[238]. Note Muhareb Chap. 5‑35 :
Même référence;
Voir aussi :
Kol Ha’am, 5/7/1948, p. 1, Titre :
"Notre réponse à la proposition du comte".
[239]. Note Muhareb Chap. 5‑36 :
Kol Ha’am, 6/7/1948, p. 1, Titre :
"Ne négociez pas avec Bernadotte!".
[240]. Note Muhareb Chap. 5‑37 :
La même référence.
[241]. Note Muhareb Chap. 5‑38 :
Kol Ha’am, 11/7/1948, p. 1, Titre :
"Les Forces de défense israéliennes ‑ Assauts et conquêtes".
[242]. Note Muhareb Chap. 5‑39 :
Kol Ha’am, 11/7/1948, p. 1, Titre :
"Comment l’aéroport de Lod a été capturé".
[243]. Note Muhareb Chap. 5‑40 :
Kol Ha’am, 16/7/1948, p. 1, Titre :
"Décisions du Comité central du Parti communiste israélien lors de sa réunion des 10-11 juillet 1948".
[244]. Note Muhareb Chap. 5‑41 :
La même référence.
[245]. Note Muhareb Chap. 5‑42 :
La même référence. Pour plus d’informations, voir l’annexe (6).
[246]. Note Muhareb Chap. 5‑43 :
David Tal, הקרב על ירושלים : מלחמת ישראל-ירדן ב-1948 [La bataille pour Jérusalem : la guerre israélo-jordanienne de 1948].
Dans :
Alon Kadish (éd.), La guerre d’indépendance…, Vol. 1, op. cit. L’article de Tal : p. 321.
[247]. Note Muhareb Chap. 5‑44 :
La même référence.
[248]. Note Muhareb Chap. 5‑45 :
Esber Munir, Lydda pendant les périodes du mandat et de l’occupation; Beyrouth, Institut d’études palestiniennes (1997); p. 95‑101.
Et aussi :
I. Pappe, Le nettoyage ethnique…, traduit par Ahmed Khalifa, op. cit., p. 195.
[249]. Note Muhareb Chap. 5‑46 :
Benny Morris, citant des documents de l’armée israélienne, affirme que 250 Palestiniens ont été tués lors du massacre perpétré par l’armée israélienne dans la ville de Lydda.
Voir :
B. Morris, Histoire…, op. cit., p. 317.
De nombreuses autres sources israéliennes reconnaissent l’expulsion des Palestiniens de Lydda et de Ramla par l’armée israélienne.
Voir, par exemple :
Anita Shapira, אניטה שפירא, יגאל אלון : אביב חייו – ביוגרפיה [Yigal Alon : Le printemps de sa vie – Une biographie], Tel Aviv , Kibbutz HaMe’o Had (2004, en hébreu); p. 372.
[250]. Note Muhareb Chap. 5‑47 :
’A. al-’Arif, Al-Nakba…, op. cit.; Vol. 4, p. 922.
[251]. Note Muhareb Chap. 5‑48 :
Kol Ha’am, 12/7/1948, p. 1, Titres :
"À l’ordre du jour", et
"Lod se rendit et fut conquis";
et aussi :
Kol Ha’am, 13/07/1948, p. 1, Titre :
"Ramla et Majdal al-Sadiq ont été capturés".
[252]. Note Muhareb Chap. 5‑49 :
Kol Ha’am, 29/07/1948, p. 4, Titre :
"Il ne reste que 700 personnes à Lod".
[253]. Note Muhareb Chap. 5‑50 :
La même référence.
[254]. Note Muhareb Chap. 5‑51 :
[illisible]
[255]. Note Muhareb Chap. 5‑52 :
Kol Ha’am, 24/05/1948, p. 1, Titre :
"Nos avions ont atteint leurs cibles militaires en Syrie".
[256]. Note Muhareb Chap. 5‑53 :
Kol Ha’am, 11/07/1948, p. 2, Titre :
"Avec la reprise de la guerre".
[257]. Note Muhareb Chap. 5‑54 :
Kol Ha’am, 14/07/1948, p. 2, Titre :
"Les nouvelles conquêtes de l’armée de défense".
[258]. Note Muhareb Chap. 5‑55 :
La même référence.
[259]. Note Muhareb Chap. 5‑56 :
La même référence.
[260]. Note Muhareb Chap. 5‑57 :
Kol Ha’am, 16/07/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, "Le danger d’être des loyalistes “de facto”".
[261]. Note Muhareb Chap. 5‑58 :
La même référence.
[262]. Note Muhareb Chap. 5‑59 :
La même référence.
[263]. Note Muhareb Chap. 5‑60 :
La même référence.
[264]. Note Muhareb Chap. 5‑61 :
Kol Ha’am, 18/07/1948, p. 1, Titre :
"L’armée israélienne à Nazareth".
[265]. Note Muhareb Chap. 5‑62 :
Kol Ha’am, 18/07/1948, p. 1, Titre :
"Des réunions avec les syndicats à Tel Aviv et à Haïfa exigent :".
[266]. Note Muhareb Chap. 5‑63 :
La même référence.
[267]. Note Muhareb Chap. 5‑64 :
Kol Ha’am, 19/07/1948, p. 3, Titre :
"Avec courage et enthousiasme, nos soldats avancent".
[268]. Note Muhareb Chap. 5‑65 :
La même référence.
[269]. Note Muhareb Chap. 5‑66 :
Kol Ha’am, 19/07/1948, p. 2, Titre :
"La bataille pour la vallée d’Ayalon".
[270]. Note Muhareb Chap. 5‑67 :
La même référence.
[271]. Note Muhareb Chap. 5‑68 :
La même référence.
[272]. Note Muhareb Chap. 5‑69 :
Pour en savoir plus sur le premier défilé militaire organisé à l’occasion de la "Journée de l’État", voir :
Kol Ha’am, 28/07/1948, p. 1, Titre :
"Premier défilé de l’armée israélienne à Tel Aviv".
[273]. Note Muhareb Chap. 5‑70 :
Kol Ha’am, 28/07/1948, p. 4, Titre :
D. Ben Gourion, "Nous sommes confrontés à une situation politique difficile!".
[274]. Note Muhareb Chap. 5‑71 :
La même référence.
[275]. Note Muhareb Chap. 5‑72 :
La même référence.
[276]. Note Muhareb Chap. 5‑73 :
Discours de Shmuel Mikunis à la douzième session du Conseil d’État provisoire, tenue le 29 juillet 1948, conservé aux Archives d’État d’Israël, "Douzième session du Conseil d’État provisoire", Archives d’État d’Israël.
Voir également :
Kol Ha’am, 01/08/1948, p. 2, Titre :
"Discours intégral du camarade Sh. Mikunis lors de la session du Conseil d’État du 29 juillet 1948".
[277]. Note Muhareb Chap. 5‑74 :
La même référence.
[278]. Note Muhareb Chap. 5‑75 :
La même référence.
[279]. Note Muhareb Chap. 5‑76 :
Shmuel Mikunis, شهادة ميكونس في محكمة صحيفة كول هعام ضد بن غوريون في 1951/5/3 [Le témoignage de Mikunis lors du procès du journal Kol Ha’am contre Ben Gourion le 5 mars 1951], dans : Shmuel Mikunis, בסער תקופות : מבחר כתבים ודברים, 1942-1969 [Dans la tempête de notre époque ‑ Une sélection d’écrits et de discours; Tel Aviv, Comité central du Parti communiste d’Israël (1969, en hébreu); p. 129‑130.
[280]. Note Muhareb Chap. 5‑77 :
La même référence.
[281]. Note Muhareb Chap. 5‑78 :
Kol Ha’am, 06/08/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, "Le statut de Jérusalem".
[282]. Note Muhareb Chap. 5‑79 :
Kol Ha’am, 10/08/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, " Où mène ce trêve?".
[283]. Note Muhareb Chap. 5‑80 :
La même référence.
[284]. Note Muhareb Chap. 5‑81 :
Kol Ha’am, 11/08/1948, p.1, Titre :
"Le Conseil de l’Histadrout a été inauguré à Tel Aviv".
[285]. Note Muhareb Chap. 5‑82 :
La même référence.
[286]. Note Muhareb Chap. 5‑83 :
Kol Ha’am, 20/08/1948, p. 2, Titre :
"Tout pour le front, tout pour la victoire".
[287]. Note Muhareb Chap. 5‑84 :
La même référence.
[288]. Note Muhareb Chap. 5‑85 :
Kol Ha’am, 23/08/1948, p. 1, Titre :
"Une foule de Juifs a écouté le discours du Parti communiste israélien à Bucarest".
[289]. Note Muhareb Chap. 5‑86 :
Kol Ha’am 27/08/1948, p. 1.
[290]. Note Muhareb Chap. 5‑87 :
La même référence.
[291]. Note Muhareb Chap. 5‑88 :
La même référence.
[292]. Note Muhareb Chap. 5‑89 :
Kol Ha’am, 27/08/1948, p. 2, Titre :
Meir Vilner, "Face aux nouvelles conspirations".
[293]. Note Muhareb Chap. 5‑90 :
Kol Ha’am, 30/08/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[294]. Note Muhareb Chap. 5‑91 :
Kol Ha’am, 19/09/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[295]. Note Muhareb Chap. 5‑92 :
Kol Ha’am, 21/09/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[296]. Note Muhareb Chap. 5‑93 :
Kol Ha’am, 23/09/1948, p. 2, Titre :
"Sh. Mikonis a été reçu pour un entretien par le Premier ministre D. Ben Gourion".
[297]. Note Muhareb Chap. 5‑94 :
La même référence.
[298]. Note Muhareb Chap. 5‑95 :
D. Ben Gourion, Journal de guerre…, op. cit., Vol. 2; p. 690.
[299]. Note Muhareb Chap. 5‑96 :
La même référence.
[300]. Note Muhareb Chap. 5‑97 :
La même référence, p. 689.
[301]. Note Muhareb Chap. 5‑98 :
La même référence, p. 690.
[302]. Note Muhareb Chap. 5‑99 :
Kol Ha’am, 22/09/1948; p. 2, Titre :
"Dans le désert du Néguev".
voir aussi A. Berger, "Comment développer le Néguev", 7/10/1948, Kol Ha’am.
[303]. Note Muhareb Chap. 5‑100 :
Kol Ha’am, 17/10/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[304]. Note Muhareb Chap. 5‑101 :
Kol Ha’am, 19/10/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[305]. Note Muhareb Chap. 5‑102 :
Kol Ha’am, 20/10/1948, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[306]. Note Muhareb Chap. 5‑103 :
Kol Ha’am, 21/10/1948, p. 1, Titre :
"Discussion gouvernementale sur le cessez-le-feu",.
[307]. Note Muhareb Chap. 5‑104 :
Kol Ha’am, 28/10/1948, p. 2, Titre :
"Un lieu de peuplement nommé d’après Morgenthau – Tal Shahar – a été établi".
[308]. Note Muhareb Chap. 5‑105 :
"Décision du Comité central de la Ligue de libération nationale", Al-Ittihad 18/10/1948. Pour plus d’informations sur ce mémorandum, voir l’annexe (8).
[309]. Note Muhareb Chap. 5‑106 :
"Décision du Comité central du Parti communiste israélien", Al-Ittihad, 18/10/1948. Pour plus d’informations sur cette lettre, voir l’annexe (9).
[310]. Note Muhareb Chap. 5‑107 :
La même référence.
[311]. Note Muhareb Chap. 5‑108 :
"Décision du Comité central du Parti communiste israélien de transformer la Ligue de libération nationale dans les zones sous autorité israélienne en branches du Parti communiste israélien", Al-Ittihad, 26/6/1949.
Pour plus d’informations, voir l’annexe (10).
[312]. Note Muhareb Chap. 5‑109 :
Archives des Affaires Lavon, "Témoignage de Mikunis", n° 104-1-85-151, p. 148 (en hébreu) Dans son témoignage, Mikunis s’est enorgueilli du vote de Tawfiq Toubi avec les membres juifs de la Knesset du Parti communiste israélien en faveur de la Loi du retour, expliquant que la Loi du retour, qui permet à chaque Juif du monde d’immigrer en Israël, tandis qu’Israël empêche les Palestiniens, les habitants originaux de la terre, de retourner chez eux, n’est pas raciste.
[313]. Note Muhareb Chap. 5 110 :
Voir, par exemple : Comité central du Parti communiste d’Israël, Quinzième Congrès (Tel Aviv-Jaffa : Comité central du Parti communiste d’Israël, 1968), p. 5. Les paroles de l’hymne "Hatikvah" déclarent : "Tant qu’une âme juive aspire en son cœur et regarde vers l’Orient, vers Sion, notre espoir n’est pas perdu, l’espoir de deux mille ans, d’être une nation libre sur notre terre, la terre de Sion et de Jérusalem." Il convient de noter que le parti n’était pas légalement tenu de chanter cet hymne ni de hisser le drapeau israélien lors des cérémonies.
[314]. Note Muhareb Chap. 5‑111 :
Voir, par exemple : "Règlement intérieur du Parti communiste israélien", Comité central du Parti communiste israélien, Douzième Congrès du Parti communiste israélien (Tel Aviv : Comité central du Parti communiste israélien, 1952), p. 274 (en hébreu).
[315]. Note Muhareb Chap. 5‑112 :
Discours de Shmuel Mikunis à la Knesset, dans le procès-verbal de la Knesset (septembre 1949), p. 1530 (en hébreu).
[316]. Note Muhareb Chap. 5‑113 :
La même référence.
[317]. Note Muhareb Chap. 5‑114 :
La même référence.
[318]. Note Muhareb Chap. 5‑115 :
Comité central du Parti communiste d’Israël, Douzième Congrès du Parti communiste d’Israël, Tel Aviv : Comité central du Parti communiste d’Israël (1952), p. 157 (en hébreu).
[319]. Note Muhareb Chap. 5‑116 :
Sur le service militaire national des citoyens arabes en Israël : La décision de convoquer les jeunes Arabes "élèvera la lutte contre l’oppression nationale à un niveau supérieur", Al-Ittihad, 23 juillet 1954.
[320]. Note Muhareb Chap. 5‑117 :
(117) Pour la même référence, voir également l’éditorial d’Al-Ittihad : La parole d’Al-Ittihad : Sur la décision de convoquer les jeunes Arabes, 20/8/1954, Al-Ittihad
[321]. Note Muhareb Chap. 5‑118 :
Sur le service militaire national des citoyens arabes en Israël : La décision de convoquer les jeunes Arabes élèvera la lutte contre l’oppression nationale à un niveau supérieur, Al-Ittihad, 23 juillet 1954. Il va sans dire que le gouvernement israélien n’a pas imposé de service militaire obligatoire aux citoyens arabes en Israël.
[322]. Note Muhareb Chap. 5‑119 :
Le nombre de volontaires non juifs a atteint plusieurs milliers.
[323]. Note Muhareb Chap. 5‑120 :
Kol Ha’am, 10/01/1949, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[324]. Note Muhareb Chap. 5‑121 :
La même référence.
[325]. Note Muhareb Chap. 5‑122 :
Kol Ha’am, 24/01/1949, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[326]. Note Muhareb Chap. 5‑123 :
La même référence.
[327]. Note Muhareb Chap. 5‑124 :
Kol Ha’am, 25/02/1949, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[328]. Note Muhareb Chap. 5‑125 :
La même référence.
[329]. Note Muhareb Chap. 5‑126 :
Kol Ha’am, 24/03/1949, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[330]. Note Muhareb Chap. 5‑127 :
La même référence.
[331]. Note Muhareb Chap. 5‑128 :
Kol Ha’am, 05/04/1949, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[332]. Note Muhareb Chap. 5‑129 :
Kol Ha’am, 21/07/1949, p. 1, Titre :
"À l’ordre du jour".
[333]. Note Muhareb Chap. 5‑130 :
La même référence.
[334]. Note Muhareb Chap. 5‑131 :
David Ben Gourion, קטע מיומני מלחמת העצמאות 1948-1949 [Extrait des journaux de la guerre d’indépendance 1948-1949]; Ministère de la Défense ‑ Tel Aviv (1986, en hébreu), p. 450.
[335]. Note Muhareb Chap. 5‑132 :
La même référence.
[336]. Note Muhareb Chap. 5‑133 :
La même référence.