Le mouvement communiste en Palestine depuis 1949

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Le mouvement communiste en Palestine 1919‑1949 

En 1943 des divergences sont apparues au sein du Parti communiste de Palestine (PCP), elles ont abouti à une scission : au début de 1944 a été constitué, par des membres arabes du PCP, une organisation dénommée "Ligue de libération nationale" (LLN). En mai 1944, un groupe dirigé par Sh. Mikunis et P. Feinhaus tenait son premier congrès, désigné comme 8e congrès du Parti, prétendant ainsi constituer la continuation légitime du PCP d’avant la scission. Suite à la création d’Israël, les communistes se sont trouvés répartis sur trois régions. Dans l’État d’Israël ils ont continué d’opérer sous le nom de Parti communiste israélien (Maki), en incluant une partie de la LLN. L’un des dirigeants du Maki, Meir Vilner, communiste juif, a signé la Déclaration d’indépendance d’Israël. En Cisjordanie, après l’annexion du territoire par la Jordanie, les membres restants de la LLN ont formé au printemps 1951 le Parti communiste jordanien (PCJ). Un troisième groupe, le Parti communiste palestinien de Gaza (PCPG), s’est organisé dans la zone sous contrôle égyptien.

Au sein du Maki, dans les années 1960, les désaccords idéologiques se sont accentués. La faction prosoviétique et antisioniste, dirigée par des Arabes et à laquelle s’étaient joints des dirigeants juifs comme Vilner, a fait scission en 1965 pour former Rakah ("Liste des nouveaux communistes"), tandis qu’une faction plus restreinte, à tendance sioniste, a conservé le nom de Maki.

Un processus de reconstitution d’un parti communiste palestinien a débuté après 1973, suite à la reconnaissance arabe et internationale du droit des Palestiniens à un État. Il a entrainé au sein du PCJ un long débat interne, qui a abouti à la création, en 1975, de l’Organisation communiste palestinienne en Cisjordanie (OCP-C). Cette organisation a permis aux communistes de Cisjordanie de bénéficier d’une certaine autonomie tout en maintenant la direction du parti à Amman en Jordanie.

En 1980, le PCJ a aussi créé une Organisation communiste palestinienne au Liban, composée de ses membres résidant sur place. En 1980 également, la OCP-C a étendu son activité à Gaza et a pris le contrôle du Comité central du PCJ, exigeant alors la création d’un Parti communiste palestinien indépendant. La demande a été accepté à condition que le nouveau parti soit dirigé par le même comité central et le même bureau politique que le PCJ. Or la OCP-C a rejette cette solution et a convoqué un congrès général, sachant qu’elle représentait la grande majorité des membres du parti. La direction du PCJ a fini par céder fin décembre 1981 et a adopté une résolution en faveur de la "création d’un parti communiste indépendant" pour la Palestine. En février 1982, le nouveau Parti communiste palestinien était fondé.

Certains opposants à cette évolution se sont ralliés autour d’Arabi Awwad et ont fondé le Parti communiste palestinien révolutionnaire (PCPR). Considérant la lutte armée comme le principal moyen stratégique, ils se sont engagés dès le départ sur cette voie.

En octobre 1991 des révisionnistes au sein de la direction du PCP ont rallié leurs partisans et proclamé leur renonciation au marxisme-léninisme, à la lutte des classes et à l’internationalisme prolétarien. Ils ont quitté le Parti communiste palestinien et fondé un nouveau parti, le Parti du peuple palestinien (PPP). Une semaine après, les communistes restés fidèles à l’idéologie marxiste-léniniste en Cisjordanie et dans la bande de Gaza se sont réunis et, après de longues discussions, ont annoncé le 7 novembre 1991 la continuité du Parti communiste palestinien, qui oeuvrera sous la bannière du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien.