Andrei Gromyko
Intervention au Conseil spécial de l’ONU
Comité sur la Palestine
(14 mai 1947) [1]

Le déroulement du débat, tant en séance plénière de l’Assemblée générale qu’à la Première Commission, a montré que la question palestinienne est devenue un problème politique aigu. Apparemment, cette opinion est partagée par toutes les délégations qui ont pris part à la discussion. Cette conclusion est corroborée par le fait même que cette question fait l’objet de discussions aux Nations Unies.

Toutefois, le fait que la question palestinienne soit devenue un sujet de discussion à l’Assemblée générale montre non seulement que la question est aigue, mais impose également à l’ONU la responsabilité de sa solution. Ce fait nous oblige à étudier la question sous tous ses angles et nous devons être guidés par les buts et principes de notre Organisation et par les intérêts du maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Le cours du débat a également montré qu’à cette session extraordinaire de l’Assemblée, il est apparemment difficile de prendre une décision définitive et, plus encore, une décision définitive sur le fond du problème. Ainsi, le débat de cette session ne peut être considéré que comme la première étape de l’examen du problème palestinien. De l’avis de toutes les délégations, l’Assemblée générale devra se prononcer sur le fond de cette question lors de sa prochaine session ordinaire, fin 1947.

Néanmoins, le débat a montré que les délégations d’un certain nombre d’États ont jugé utile d’échanger des vues sur certains aspects importants de la question de Palestine à la présente session.

La discussion, bien qu’incomplète, de certains aspects importants de cette question a été utile. En premier lieu, elle a permis aux délégations d’acquérir une meilleure connaissance des faits relatifs à la question palestinienne et, en particulier, de la situation qui s’est développée dans ce pays à l’heure actuelle.

En second lieu, un tel débat, bien qu’il soit de nature préliminaire, allège la tâche de définir les fonctions et l’orientation des travaux de la commission que nous sommes sur le point d’établir en vue de préparer des propositions sur le fond de la question pour la session ordinaire de l’Assemblée générale. En examinant la question de Palestine, même de manière préliminaire, et en examinant les tâches et les fonctions du comité susmentionné, nous ne pouvons manquer de noter, tout d’abord, le fait important que le système mandataire d’administration de la Palestine, établi en 1922, ne s’est pas justifié. Il n’a pas réussi le test. Il n’est guère possible de contester l’exactitude de cette conclusion. Il est incontestable que les objectifs fixés lors de l’établissement du mandat n’ont pas été atteints. Les déclarations solennelles qui accompagnaient la mise en place du système d’administration obligatoire de la Palestine sont restées des déclarations et n’ont pas été transformées en faits. La conclusion selon laquelle le système d’administration mandataire de la Palestine ne s’est pas justifié lui-même est confirmée par toute l’histoire de l’administration de la Palestine sur la base de ce système, sans parler de la confirmation de cette conclusion par la situation qui a évolué dans ce pays à l’heure actuelle. À cet égard, il convient de rappeler qu’en 1937, la Commission Peel britannique, après avoir étudié la situation en Palestine, a déclaré qu’il était impossible d’exécuter le mandat. Une telle conclusion a également été tirée par la Commission des mandats permanents de la Société des Nations, qui a également souligné "l’impossibilité" d’exécuter le mandat de la Palestine. La commission que nous sommes sur le point de mettre en place devrait vérifier les faits historiques relatifs à cette question.

De nombreux autres faits relatifs à l’histoire de l’administration mandataire de la Palestine pourraient être invoqués pour confirmer la faillite de ce système d’administration. Il n’est cependant guère nécessaire d’énumérer ces faits en détail. À cet égard, par exemple, il suffit de mentionner le soulèvement arabe qui a eu lieu en 1936 et s’est poursuivi pendant plusieurs années. Il y a également suffisamment de faits concernant la situation actuelle en Palestine pour confirmer la conclusion susmentionnée. Nous connaissons tous les évènements sanglants qui se déroulent en Palestine. De tels évènements sont de plus en plus fréquents. C’est pourquoi ces événements attirent de plus en plus l’attention des peuples du monde et, surtout, des Nations Unies. Cette question est examinée par l’Assemblée générale en conséquence directe de la faillite du système d’administration mandataire de la Palestine, qui a conduit à une aggravation extrême de la situation et à des événements sanglants dans ce pays. Le fait même que le Gouvernement du Royaume-Uni ait lui-même soumis cette question à l’examen de l’Assemblée générale est extrêmement révélateur. Ce fait ne peut être considéré que comme un aveu qu’il est impossible que la situation actuelle en Palestine continue. Le comité spécial devrait étudier attentivement la situation qui prévaut actuellement en Palestine.

Il est notoire que les représentants du Gouvernement du Royaume-Uni ont déclaré à plusieurs reprises, avant même que la question ne soit soumise à l’Assemblée générale, que le système d’administration mandataire de la Palestine ne se justifiait pas et que la solution du problème de la façon de traiter avec la Palestine devrait être trouvée par les Nations Unies. Ainsi, par exemple, M. Bevin a fait la déclaration suivante à la Chambre des communes le 18 février 1947 :

"Nous avons l’intention de leur présenter [l’Organisation des Nations Unies] un compte rendu historique de la manière dont le Gouvernement de Sa Majesté s’est acquitté de sa confiance en Palestine au cours des vingt-cinq dernières années. Nous expliquerons que le mandat s’est avéré irréalisable dans la pratique et que les obligations contractées à l’égard des deux communautés en Palestine se sont avérées irréconciliables."

Cette déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères reconnait directement et ouvertement la situation réelle qui a été créée par l’administration mandataire de la Palestine. Il est admis que cette administration n’a pas résolu la question des relations mutuelles entre les Arabes et les Juifs, qui est l’une des questions les plus importantes et les plus aigües, et qu’elle n’a pas assuré la réalisation des objectifs fixés lors de l’établissement du mandat.

La forme actuelle de gouvernement, comme l’a affirmé M. Bevin, n’est acceptable ni pour la population arabe ni pour la population juive de Palestine. Les Arabes et les Juifs protestent contre elle. Elle n’a jamais bénéficié et ne bénéficie pas de l’appui des peuples palestiniens, et sans cet appui, elle ne peut que conduire à de nouvelles difficultés et complexités dans la situation. En ce qui concerne l’attitude des populations arabe et juive à l’égard du système d’administration mandataire de la Palestine, le Ministre britannique des affaires étrangères a déclaré dans son discours à la Chambre des communes le 26 février 1947 que l’administration palestinienne était confrontée à une tâche extrêmement difficile, ne bénéficiait pas du soutien du peuple et était soumise aux critiques des deux parties.

La commission que nous sommes sur le point de créer ne peut manquer de prendre en considération les conclusions auxquelles est parvenu le gouvernement britannique lui-même concernant les résultats de l’administration obligatoire de la Palestine.

Il est bien connu que ce n’est pas seulement le gouvernement du Royaume-Uni qui est parvenu à cette conclusion. Par exemple, la Commission d’enquête anglo-américaine sur la Palestine, qui a étudié la question en 1946, est parvenue à une conclusion essentiellement la même. Le rapport du Comité sur la situation en Palestine contient le passage suivant :

"La Palestine est un camp armé. Nous en avons vu des signes presque dès que nous avons traversé la frontière et nous avons pris conscience de plus en plus de l’atmosphère tendue qui régnait chaque jour. De nombreux bâtiments ont des barbelés et d’autres défenses. Nous étions nous-mêmes étroitement gardés par la police armée et souvent escortés par des véhicules blindés… dans tout le pays il y a des casernes de police substantiellement construites."1/

C’est ainsi que la Commission anglo-américaine a décrit la situation en Palestine. Sa description de la situation est encore une autre preuve des résultats de l’administration mandataire de la Palestine.

Que la Palestine, comme l’affirme le Comité, soit devenue " un camp armé " est un fait qui témoigne de lui-même. Dans de telles circonstances, on ne peut parler sérieusement de défendre les intérêts de la population palestinienne, d’améliorer les conditions matérielles de son existence ou d’élever son niveau culturel.

La même Commission anglo-américaine a souligné les faits extrêmement intéressants suivants :

Le nombre total de personnes employées à plein temps dans la police et l’administration pénitentiaire atteignait 15 000 en 1945. Ce chiffre est extrêmement indicatif. Il nous explique comment sont dépensés les fonds considérables, qui représentent un fardeau pour la population. Dans d’autres circonstances, ces fonds pourraient être utilisés dans l’intérêt du développement économique et culturel du pays et dans l’intérêt de sa population. Voici un autre fait. En 1944-1945, 18,4 millions de dollars américains ont été dépensés pour le maintien de "l’ordre public". Au cours du même exercice, seuls 2 200 000 dollars des États-Unis ont été consacrés aux mesures sanitaires et 2 800 000 dollars des États-Unis à l’éducation.

En citant ces chiffres, la Commission angloaméricaine est parvenue aux conclusions suivantes conclusion : "Ainsi, même d’un point de vue budgétaire, la Palestine est devenue un pays semi-militaire ou policier."2/

Les faits mentionnés ci-dessus, tirés du rapport de la Commission d’enquête angloaméricaine sur la Palestine, sont d’un intérêt considérable pour décrire la situation qui prévaut en Palestine et doivent nous amener à examiner sérieusement comment la situation existante peut être rectifiée et comment une solution du problème palestinien peut être trouvée conformément aux intérêts de ses peuples et aussi aux intérêts généraux des Nations Unies. La tâche du comité spécial devrait être d’aider l’Organisation des Nations Unies à parvenir à une telle solution du problème en étudiant la situation réelle en Palestine sur place.

Est-il surprenant, au vu de la situation qui prévaut en Palestine, que les Juifs et les Arabes demandent tous deux la fin du mandat ? Ils sont tout à fait d’accord sur ce point; il n’y a pas de désaccord entre eux sur ce point. L’ONU doit en tenir compte lorsqu’elle examine la question de l’avenir de la Palestine.

En discutant de la question de la tâche du comité chargé de la préparation des propositions sur la Palestine, nous devons tenir compte d’un autre aspect important de cette question. Comme nous le savons, les aspirations d’une partie considérable du peuple juif sont liées au problème de la Palestine et de sa future administration. Ce fait n’a guère besoin d’être prouvé. Il n’est donc pas surprenant qu’une grande attention ait été accordée à cet aspect de la question, tant à l’Assemblée générale qu’aux séances de la Première Commission. L’intérêt pour cet aspect est compréhensible et pleinement justifié.

Pendant la dernière guerre, le peuple juif a connu des souffrances et des chagrins exceptionnels. Sans exagération, cette douleur et cette souffrance sont indescriptibles. Il est difficile de les exprimer en statistiques sèches sur les victimes juives des agresseurs fascistes. Les Juifs dans les territoires où les Hitlériens dominaient furent soumis à une destruction physique presque complète. Le nombre total de membres de la population juive qui ont péri aux mains des bourreaux nazis est estimé à environ six millions. Seul un million et demi de Juifs d’Europe occidentale ont survécu à la guerre.

Mais ces chiffres, bien qu’ils donnent une idée du nombre de victimes des agresseurs fascistes parmi le peuple juif, ne donnent aucune idée des difficultés dans lesquelles un grand nombre de Juifs se sont retrouvés après la guerre.

Un grand nombre des Juifs d’Europe qui ont survécu ont été privés de leur pays, de leur foyer et de leurs biens. leurs moyens d’existence. Des centaines de milliers de Juifs errent dans divers pays d’Europe à la recherche de moyens d’existence et d’un abri. Un grand nombre d’entre eux se trouvent dans des camps de personnes déplacées et continuent de subir de grandes privations.

Concernant ces privations, notre attention a été attirée en particulier par le représentant de l’Agence juive, que nous avons entendu à la Première Commission. On peut se demander si les Nations Unies, au vu de la situation difficile de centaines de milliers de Juifs survivants, ne peuvent pas ne pas s’intéresser à la situation de ces personnes, arrachées à leurs pays et à leurs foyers. L’Organisation des Nations Unies ne peut et ne doit pas considérer cette situation avec indifférence, car cela serait incompatible avec les grands principes proclamés dans sa Charte, qui prévoient la défense des droits de l’homme, sans distinction de race, de religion ou de sexe. Le temps est venu d’aider ces gens, non pas par des paroles, mais par des actes. Il est essentiel de se préoccuper des besoins urgents d’un peuple qui a subi de si grandes souffrances à la suite de la guerre provoquée par l’Allemagne hitlérienne. C’est un devoir des Nations Unies.

Compte tenu de la nécessité de se préoccuper des besoins du peuple juif qui se trouve sans foyer et sans moyens d’existence, la délégation de l’Union des républiques socialistes soviétiques juge essentiel, à cet égard, d’appeler l’attention de l’Assemblée générale sur l’importante situation suivante. L’expérience passée, en particulier au cours de la Seconde Guerre mondiale, montre qu’aucun État d’Europe occidentale n’a été en mesure de fournir une aide suffisante à l’assistance au peuple juif dans la défense de ses droits et de son existence même contre la violence des Hitlériens et de leurs alliés. C’est un fait désagréable, mais malheureusement, comme tous les autres faits, il faut l’admettre. Le fait qu’aucun Etat d’Europe occidentale n’ait été en mesure d’assurer la défense des droits élémentaires du peuple juif et de le protéger contre la violence des bourreaux fascistes explique les aspirations des juifs à établir leur propre État. Il serait injuste de ne pas en tenir compte et de nier le droit du peuple juif de réaliser cette aspiration. Il serait injustifiable de refuser ce droit au peuple juif, surtout au vu de tout ce qu’il a subi pendant la Seconde Guerre mondiale.

Par conséquent, l’étude de cet aspect du problème et l’élaboration de propositions pertinentes doivent constituer une tâche importante du comité spécial.

J’en viens à présent à une question fondamentale dans le cadre de la discussion sur les tâches et les compétences de la commission que nous sommes sur le point de créer, à savoir la question de l’avenir de la Palestine. Il est bien connu qu’il existe de nombreux projets différents concernant l’avenir de la Palestine et les décisions du peuple juif en ce qui concerne la question palestinienne. En particulier, plusieurs propositions ont été formulées à ce sujet par la Commission anglo-américaine d’enquête sur la Palestine, à laquelle j’ai fait référence. Parmi les projets les plus connus sur la question de la future administration de la Palestine, je voudrais mentionner les suivants :

1. La création d’un État arabo-juif unique, avec des droits égaux pour les Arabes et les Juifs;

2. La partition de la Palestine en deux États indépendants, l’un arabe et l’autre juif;

3. La création d’un État arabe en Palestine, sans tenir dument compte des droits de la population juive;

4. L’établissement d’un État juif en Palestine, sans tenir compte des droits de la population arabe. Chacun de ces quatre plans de base a, à son tour, différentes variantes pour règlementer les relations entre les Arabes et les Juifs et pour régler certains autres problèmes. Je n’analyserai pas tous ces plans en détail à l’heure actuelle. L’Union soviétique expliquera plus en détail sa position sur les différents plans lors de l’élaboration et de l’examen de propositions concrètes et, plus particulièrement, lorsque des décisions seront prises sur l’avenir de la Palestine. Pour l’instant, je me limiterai à quelques remarques sur la substance des plans proposés, du point de vue de la définition des tâches de la commission dans ce domaine.

Dans l’analyse des différents plans pour l’avenir de la Palestine, il est essentiel, tout d’abord, de garder à l’esprit les aspects spécifiques de cette question. Il est essentiel de garder à l’esprit le fait indiscutable que la population palestinienne est composée de deux peuples, les Arabes et les Juifs. Tous deux ont des racines historiques en Palestine. La Palestine est devenue la patrie de ces deux peuples, dont chacun joue un rôle important dans l’économie et la vie culturelle du pays.

Ni le passé historique ni les conditions qui prévalent actuellement en Palestine ne peuvent justifier une solution unilatérale du problème palestinien, que ce soit en faveur de la création d’un État arabe indépendant, sans considération pour les droits légitimes du peuple juif, ou en faveur de la création d’un État juif indépendant, en ignorant les droits légitimes du peuple arabe. Aucune de ces décisions extrêmes ne permettrait de trouver une solution équitable à ce problème complexe, d’autant plus que ni l’une ni l’autre n’assurerait le règlement des relations entre les Arabes et les Juifs, ce qui constitue la tâche la plus importante.

Une solution équitable ne peut être trouvée que si l’on tient suffisamment compte des intérêts légitimes de ces deux peuples. Tout cela conduit la délégation soviétique à la conclusion que les intérêts légitimes des populations juive et arabe de Palestine ne peuvent être dument sauvegardés que par la création d’un Etat arabo-juif indépendant, double, démocratique et homogène. Un tel Etat doit être fondé sur l’égalité des droits des populations juive et arabe, ce qui pourrait jeter les bases d’une coopération entre ces deux peuples dans leur intérêt et avantage mutuel. Il est bien connu que ce plan pour la solution de l’avenir de la Palestine a ses partisans dans ce pays même.

L’histoire contemporaine fournit des exemples non seulement de la discrimination raciale et religieuse qui, malheureusement, existe encore dans certains pays. Il nous donne également des exemples de la collaboration pacifique de différentes nationalités dans le cadre d’un seul État, au cours de laquelle chaque nationalité a des possibilités illimitées de contribuer son travail et de montrer ses talents dans le cadre d’un seul État et dans l’intérêt commun de tous les peuples. N’est-il pas évident qu’il serait extrêmement utile, pour prendre une décision sur le problème palestinien, de prendre en considération les exemples existants d’une telle coexistence amicale et d’une coopération fraternelle entre différentes nationalités au sein d’un même État?

Ainsi, la solution du problème palestinien par la création d’un seul État arabo-juif avec des droits égaux pour les juifs et les arabes peut être considérée comme l’une des possibilités et l’une des méthodes les plus remarquables pour résoudre ce problème complexe. Une telle solution du problème de l’avenir de la Palestine pourrait constituer une base solide pour la coexistence pacifique et la coopération des populations arabe et juive de Palestine, dans l’intérêt de ces deux peuples et dans l’intérêt de l’ensemble de la population palestinienne et de la paix et de la prospérité de l’humanité de la sécurité au Proche- Orient.

Si ce plan s’avérait impossible à mettre en oeuvre, compte tenu de la détérioration des relations entre les Juifs et les Arabes–et il sera très important de connaitre l’avis du comité spécial sur cette question–alors il faudrait considérer le deuxième plan qui, comme le premier, a ses partisans en Palestine, et qui prévoit la partition de la Palestine en deux États autonomes indépendants, un juif et un arabe. Je répète qu’une telle solution du problème palestinien ne se justifierait que si les relations entre les populations juive et arabe de Palestine s’avéraient effectivement si mauvaises qu’il serait impossible de les réconcilier et d’assurer la coexistence pacifique des arabes et des juifs.

Bien entendu, ces deux plans possibles pour la solution du problème de l’avenir de la Palestine doivent être étudiés par la commission. Sa tâche doit être une discussion multilatérale et minutieuse des plans pour l’avenir de l’administration palestinienne, en vue de présenter à la prochaine session ordinaire de l’Assemblée générale des propositions murement réfléchies et motivées qui aideraient l’Organisation des Nations Unies à trouver une solution juste à ce problème, conformément aux intérêts des peuples de Palestine, aux intérêts de l’ONU et à notre intérêt commun dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Telles sont les considérations que la délégation soviétique a jugé nécessaire d’exprimer à ce stade initial de l’examen du problème palestinien.

 



[1]https://www.un.org/unispal/document/auto-insert-183337/
Traduit de l’anglais par nous [ROCML] (le document en français n’est pas accessible dans la base documentaire de l’UNSCOP).