Palestine 1897-1949 [1]
Commission Anglo-Américaine, 1946
Proposition US de Tutelle temporaire, 1948
Guerre israélo-arabe 1948-1949
Accord Israël-Jordanie, novembre 1947
Organisation sioniste (mondiale)
Sionisme – Organisations et Partis
Brit Shalom, Ihud, Kedma Mizraha
Ligue pour le rapprochement et la coopération judéo-arabes
Ben Gourion, David (1886-1973)
Ben Tzvi (Shimshelevitz), Yitzhak (1884 – 1963)
Eldad (Scheib), Yisrael (1910 – 1996)
Meïr (Meyerson, née Mabovitz), Golda (1898-1978)
Sadeh (Landsberg), Yitzhak (1890-1952)
Shamir (Yzernitzky), Yitzhak (1915-)
Sharett (Shertok), Moshe (1894-1965)
C’est Theodore (Benjamin Zeev) Hertzl qui a fonde le sionisme en tant que mouvement politique, en a formulént l’objectif de la création d’un État juif. Son initiative conduisait, dans un premier temps, à la a formétion au niveau international de l’Organisation sioniste. Celle-ci tenait son premier congrès en aout 1897 à Bâle. À cette occasion a été adopté le "programme de Bâle" qui contient notamment les stipulations suivantes[2] :
Le sionisme cherche à établir en Eretz Yisrael un foyer pour le peuple juif, garanti par le droit public. Le Congrès envisage les moyens suivants pour l’obtention de cette fin :
1. La promotion par des moyens appropriés de l’établissement en Eretz Yisrael de paysans, artisans et fabricants juifs.
2. L’organisation et l’union de l’ensemble des Juifs au moyen d’institutions appropriées, aussi bien locales qu’internationales, en accord avec les lois de chaque pays.
3. Le renforcement et la promotion du sentiment national et de la conscience nationale juifs.
4. Des démarches préparatoires vers l’obtention de l’assentiment de gouvernements, là où cela est nécessaire, afin d’atteindre les buts du sionisme.
À travers des évolutions variées, autant sur le plan doctrinaire que celui diplomatique, l’activité de l’Organisation sioniste se cristallisait autour de la promotion de l’établissement des Juifs en Palestine. L’orientation du mouvement était cependant sujette à des divergences internes. L’un des principaux points controversés était celui du rapport entre l’obtention d’une reconnaissance des objectifs sionistes au plan international et la mise en oeuvre pratique de la colonisation. Selon les termes adoptés par l’historiographie sioniste, les deux courants se distinguant à ce sujet étaient d’une part le "sionisme politique" qui visait en premier lieu la reconnaissance internationale, et d’autre part le "sionisme pratique" qui considérait qu’un avancement substantiel de la colonisation, portée par les immigrants en Palestine même, était un préalable indispensable pour pouvoir espérer une attitude favorable de la part de certaines au moins parmi les grandes puissances. Ce débat prenait de l’importance lors du huitième Congrès de l’Organisation sioniste, tenu en 1907 à La Hague. À l’égard des efforts de colonisation notamment, y a été pris la décision d’établir une branche en Palestine de l’Organisation sioniste. Par la suite une tendance commençait à se dessiner en faveur de la synthèse entre les deux courants, avec comme porte-parole principal Chaim Weizmann. Les débats se poursuivaient lors du neuvième Congrès tenu à Hambourg en 1909. Le courant du sionisme pratique accusait l’exécutif de l’organisation de se focaliser sur l’action politique et d’évaluer les démarches de colonisation selon des critères commerciaux. Ce courant contestataire incluait Ch. Weizmann et commençait à jouir du soutien de la part du courant du "sionisme socialiste" implanté en Palestine. Au dixième congrès tenu à Bâle en 1911, se concrétisait la prédominance du courant du "sionisme synthétique" qui résolvait les divergences par voie de fusion, en adoptant la poursuite concomitante de l’objectif sioniste autant sur le plan diplomatique que celui pratique sur le terrain. Cette évolution de l’orientation de l’Organisation sioniste se prolongeait par le renforcement progressif du courant du sionisme socialiste qui bénéficiait d’une position prédominant à partir du dix-huitième congrès tenu en 1933 à Prague. L’orientation incarnée par le courant du sionisme synthétique a été notamment réaffirmée et précisée lords de la Conférence de Biltmore tenu en 1942, à l’issue de laquelle a été adoptée une déclaration connue comme Programme de Biltmore. Le dernier point de ce programme est le suivant[3] :
La Conférence déclare que le nouvel ordre mondial qui suivra la victoire ne pourra être établi sur de bases de paix, justice et égalité si le problème de l’absence de foyer national pour les juifs n’est pas en fin de compte résolu.
La Conférence insiste pour que les portes de la Palestine soient ouvertes; que l’Agence juive soit investie du contrôle de l’immigration en Palestine, ainsi que de l’autorité nécessaire à l’édification du pays, y compris le développement de ses terres non occupées et non cultivées; et que la Palestine soit établie comme foyer juif intégré dans la structure du nouveau monde démocratique.
Alors, et seulement alors les torts séculaires faits au peuple juif seront réparés.
Ce programme a été ratifié par le vingt-deuxième congrès tenu à Bâle en 1946. Finalement, lors du vingt-troisième congrès tenu en 1951 à Jérusalem, les objectifs de l’Organisation sioniste ont été redéfinis en fonction de la nouvelle situation, comme étant "la consolidation de l’État d’Israël, le rassemblement en Eretz Yisrael des juifs en exil et la promotion de l’unité du peuple juif"[4].
Le sionisme ‑ dans sa version dominante à partir des années vingt, qui est en tout cas celle qui s’est imposée dans les faits justement en réussissant la réalisation de son objectif, la création de l’État d’Israël ‑ a établi donc un lien intrinsèque entre l’établissement des juifs du monde dans un territoire considéré comme foyer national et la création d’un État dominé exclusivement par cette population juive elle-même. Pour des raisons pratiques diverses, cette caractéristique du sionisme se trouve certes parfois atténuée en apparence, plus ou moins selon les circonstances. Mais en examinant les positions des principaux représentants du mouvement sioniste, on constate néanmoins qu’en dernier ressort ils identifient l’aboutissement de leur objectif à l’appropriation de "la Terre d’Israël" la plus étendue possible au moyen de la colonisation par une population exclusivement juive la plus massive possible.
Pour ce qui est de la délimitation géographique, l’éventail des positions est large, en fonction de la façon dont les différents protagonistes apprécient la nécessaire conciliation entre désirs et réalités.
Le terme consacré utilisé pour désigner le territoire destiné aux juifs est "Eretz Yisrael". En se référant aux explications données par les sionistes, on apprend qu’il faut entendre par là le pays donné par Dieu aux Douze Tribus descendant d’Abraham. La définition biblique de ce territoire est la suivante (Genèse, 15:18) : "J’ai donné ce pays de la rivière d’Égypte jusqu’au grand fleuve, la rivière Euphrate." Le prophète Ezéchiel (chapitre 47:13-20) décrit en détail les frontières de Eretz Yisrael. Traduit littéralement, Eretz Yisrael signifie "la Terre d’Israël". En Hébreu moderne, on rencontre habituellement le terme "Haaretz", "la Terre". Les partis sionistes se réfèrent fréquemment à "Eretz Yisrael Hashlema", "la Terre d’Israël dans son intégralité"[5].
Les positions basées sur la religion sont en bonne partie partagées par des représentants non-religieux du mouvement fondamentaliste. C’est le cas du courant dit du "sionisme révisionniste", dont le principal protagoniste était Vladimir Jabotinsky. Celui-ci a établi en 1925 l’Alliance sioniste révisionniste qui revendiquait l’établissement d’un État à majorité juive incluant les deux rives du Jourdain. En participant pour la première fois à l’Organisation sioniste, lors du quatorzième congrès tenu à Vienne en 1925, il se trouvait en opposition aux politiques modérées vis-à-vis du régime mandataire britannique incarnées notamment par Ch. Weizmann. Lors du dix-septième congrès tenu en 1931 à Bâle, V. Jabotinsky a formulé son programme, lequel a été rejeté, ce qui conduisait Jabotinsky à rompre avec l’Organisation sioniste. Le courant du sionisme révisionniste a formé alors la Nouvelle Organisation sioniste. Les révisionnistes rejoignaient l’Organisation sioniste en 1946. Avraham Stern, dans son manifeste intitulé "Ikarei Hatehiya" ("Les Principes de la Renaissance") considérait que les Juifs en tant que Peuple Élu étaient en droit de s’approprier la Terre d’Israël biblique dans sa totalité de la rivière d’Égypte jusqu’à l’Euphrate[6]. Yisrael Eldad défendait dans les années 1950‑60 l’idée d’un État juif s’étendant du Nil à l’Euphrate. Encore au début des années 1970, il se prononçait en faveur d’un territoire minimal incluant la Jordanie et le Sinaï sous souveraineté juive.
Parmi les fondamentalistes religieux, la description des frontières appropriées varie. L’un des principaux théoriciens du Gush Emunim (Bloc de la Foi), Yehuda Elitzur, a défini plusieurs territoires plus ou moins concentriques sur la base des sources bibliques. Il considère que les frontières "promises" ou "patriarcales" seraient idéales : elles s’étendent jusqu’à la rivière Euphrate, le Sud de la Turquie, la Transjordanie et le delta du Nil. Les frontières correspondant aux territoires conquis par "la génération qui quitta l’Égypte" définissent les territoires qu’Israël devra ultérieurement conquérir et peupler : elles incluent la partie nord-est de Sinaï, le Liban, la partie ouest de la Syrie, les hauteurs du Golan, et une bonne partie de la Transjordanie. Les frontières qu’ont connues ceux qui sont rentrés de l’exil de Babylone incluent la partie sud du Liban, la partie sud-ouest de la Syrie, la moitié de la Transjordanie, la partie nord du Néguev, la partie nord-est de Sinaï, mais seulement des parties réduites de la pleine côtière. Les frontières décrites par Ézéchiel sont encore plus réduites, allant jusqu’à la rivière Jourdain à l’Est. Ces deux dernières définitions ne sont cependant pas retenues en vue de la fixation de limites permanentes. D’autres fondamentalistes concentrent leurs ambitions sur des aires géographiques particulières. Traditionnellement, il s’agit dans ce cas de la rive est du Jourdain. Cette approche amène certains parmi eux à s’opposer à l’idée propagée notamment par Yitzhak Shamir et Ariel Sharon, selon laquelle cette région constitue la patrie des Palestiniens. C’est aussi la position d’Ephraim Eitam, ministre du gouvernement d’A. Sharon : "Aucune souveraineté autre qu’israélienne n’existera jamais entre la mer et le Jourdain[7]."
Par ailleurs, il y a des divergences sur la façon de procéder aux annexions dans le temps. La déclaration de la souveraineté israélienne en Judée et Samarie (c’est-à-dire Cisjordanie) ainsi que dans la bande de Gaza est formellement revendiquée dans la plateforme de Tehiya, parti politique associé au mouvement Gush Emunim. D’autres fractions préfèrent s’appuyer préalablement sur une modification substantielle des rapports démographiques au moyen de la colonisation et de l’émigration de la population arabe.
Côté socialiste, les interprétations géographiques sont plus réalistes, mais ne se limitent nullement aux territoires habités initialement, c’est-à-dire avant la colonisation sioniste, par une population juive. David Ben Gourion en 1938, devant le Conseil mondial du Poalei Tziyon, à Tel-Aviv, donne l’indication suivante[8] :
Les frontières correspondant à l’aspiration sioniste incluent la partie sud du Liban, la partie sud de la Syrie, la Transjordanie actuelle, la Cisjordanie dans sa totalité et le Sinaï.
Le deuxième aspect de la question est celui de l’immigration et surtout de son corolaire, les rapports avec la population arabe. Là encore les positions fluctuent au gré des circonstances, compte tenu de l’opportunité politique de formuler avec plus ou moins d’insistance les objectifs de colonisation massive. Sur le fond, il y deux approches différentes mais pas pour autant opposées. D’une part, la colonisation peut être imposée à une population arabe présente à l’intérieur de l’État juif. C’est l’option défendue notamment par Vladimir Jabotinsky. D’autre part, à des degrés divers, le conflit peut être mené à son terme par le transfert de la population arabe vers d’autres territoires, de manière à procurer à la population juive un état national sans élément "allogène". Le rapport entre les deux aspects est en fait celui d’un mélange savant en fonction des possibilités pratiques, dans la mesure où, plus l’étendu de l’État juif est vaste, plus les transferts de population deviennent difficiles à mettre en oeuvre.
Tout au long de la période du mandat britannique, l’attitude qui prévaut est marquée par les caractéristiques suivantes : l’idée de transfert forcé est écartée comme irréaliste, et l’éventualité de transferts "volontaires" est considérée comme souhaitable, à condition qu’elle soit proposée et appliquée par la Grande Bretagne, de façon à ce que le mouvement sioniste n’apparaisse pas comme partie prenante directe.
En examinant la position centrale que revêt l’immigration juive en Palestine pour le sionisme, il faut mentionner l’association Brit Shalom (Alliance pour la Paix) qui défendait à ce sujet des idées particulières.
Le Brit Shalom a été constituée en 1925. Dans son programme publié en 1927 à Jérusalem, il annonce son objectif de créer en Palestine "un État binational, au sein duquel les deux peuples jouiront de droits totalement égaux, comme cela convient aux deux éléments qui façonnent le destin du pays, indépendamment de la question de savoir lequel des deux est numériquement majoritaire à un moment donné"[9]. De façon plus ou moins affirmée, le Brit Shalom se situait dans l’optique que les juifs devaient rester une minorité en Palestine, limitée à 500.000.
En 1936, l’initiative du Brit Shalom a été reprise avec la formation du "Kedma Mizraha" (désigné comme "Société pour la compréhension entre Arabes et Juifs"), puis trouva un prolongement avec la formation en 1942 d’un parti politique, "Ihud" ("Union")[10]. Tout en agissant en faveur des objectifs promus par le Brit Shalom depuis les années 1920, l’Ihud s’est déclaré d’accord à ce que les négociations avec les Arabes soient du ressort de l’Agence juive, et admettait qu’il ne défendait pas l’idée que la population juive en Palestine devait définitivement rester dans une position de minorité. Cette prise de position était en rapport avec l’orientation de l’Agence juive, puisque au même moment, par exemple, Moshe Shertok (Sharett), directeur du département politique de l’Agence juive, déclarait que tout programme politique qui n’adoptait pas l’immigration juive en Palestine comme un article central est inadéquat du point de vue juif[11]. À l’époque de l’insurrection arabe de 1936‑1939, D. Ben Gourion s’était déjà adressé à Judah Magnes, l’un des initiateurs du Brit Shalom, dans le même sens : "La différence entre vous et moi est que vous êtes prêts à sacrifier l’immigration au nom de la paix, ce qui n’est pas mon cas, bien que la paix me soit chère[12]."
Quant aux hésitations relatives à la possibilité de pratiquer les transferts de population par la force, elles s’estompaient au fur à mesure que les obstacles pratiques étaient écartés dans les faits. En témoigne la position de D. Ben Gourion durant une réunion à l’époque de la guerre de 1948 [13] :
En ce qui concerne la Galilée, M. Sharett vous a déjà dit qu’environ 100 000 Arabes vivent encore à l’heure actuelle dans la poche de Galilée. Supposons qu’une guerre éclate. Alors nous serons en mesure de nettoyer la totalité de la région de Galilée centrale, y compris tous ses réfugiés, d’un seul coup. À ce propos permettez-moi de mentionner quelques médiateurs qui offraient de nous donner la Galilée sans guerre. Ce qu’ils voulaient dire, c’était la Galilée avec sa population. Ils ne nous ont pas offert la Galilée vide, que nous pourrions obtenir uniquement au moyen d’une guerre.
Et voici ce qu’il arrivait à Yitzhak Tabenkin, représentant du courant du sionisme socialiste, d’écrire dans son journal personnel[14] :
Les idéaux de Hitler qui me plaisent : homogénéité ethnique, la possibilité d’échanges de minorités ethniques; les transferts de groupes ethniques au nom d’un ordre international qui à mon sens forment un avenir particulièrement valable.
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Bund
Union des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie (Der Yidisher Arbeter Bund in Rusland un Poyln).
Le Bund a été fondé en septembre 1897 à l’issu d’un congrès réuni à Vilno (Lituanie). Dans une résolution adoptée lors de son quatrième congrès, tenu en 1901, le Bund critiquait le programme sioniste en ces termes[15] :
[…] le but final du sionisme politique ‑ la création d’un territoire pour le peuple juif ‑, pour autant que ce territoire n’en pourrait accueillir qu’un segment réduit, est une question de portée limitée et ne peut pas résoudre la "question juive". Dans la mesure où le sionisme prétend concentrer en [Palestine] le peuple juif tout entier ou du moins sa majorité, ce congrès le considère comme une utopie irréalisable.
Le Bund a adhéré au POSDR (Parti ouvrier social-démocrate de Russie, dont est issu le Part bolchevik) au premier congrès de ce dernier, en 1898. Au deuxième congrès du POSDR, en 1903, le Bund quittait le Parti, après que les délégués avaient rejeté la demande de la Confédération de le reconnaitre comme seul représentant du prolétariat juif. Le Bund revenait au sein du POSDR suite au quatrième congrès de ce dernier, en 1906. Pendant la Première Guerre mondiale, le Bund (à l’exception d’une petite minorité) a été partisan de la défense nationale, et, après la révolution de Février 1917 en Russie, il soutenait le gouvernement de coalition et combattait les bolcheviks. Fin 1918, des groupes de gauche s’organisaient au sein du Bund et, en mai 1919, se tenait à Kiev la première conférence du "Bund communiste" dissident d’Ukraine, où il a fusionné avec le "Parti communiste juif unifié" pour former une organisation nommé "Union communiste juive" ("Komfarband"), admise au Parti communiste russe au mois d’aout 1919. En Biélorussie, l’aile gauche du Bund, organisée en "Parti communiste juif", a adhéré également au PCR en mars 1919. Enfin, en mars 1921, à la conférence de Minsk, les restes du Bund ont pris la décision d’adhérer officiellement au PCR[16].
Au bout de cette évolution, il ne subsistait plus comme organisation indépendante qu’une partie insignifiante du Bund avec Raphael Abramovitch (R. A. Rein) à la tête. Celui-ci était avec Mikhail Issakovich Lieber (Goldman) l’une des personnalités dirigeantes du Bund, mais il avait parallèlement pris une place importante dans la fraction menchévik du POSDR, en défendant au sein de celle-ci des positions proches des centristes dirigés par Yuli Osipovich Martov (Tzederbaum), tandis que Mikhail Lieber menait avec Fyodor Dan (Gurvich) le groupe des social-chauvins, majoritaire parmi les menchéviks. En 1920, Raphael Abramovitch a suivi Yuli Martov dans l’exil à Berlin.
En 1930, le Bund a adhéré à la Deuxième Internationale (social-démocrate). En 1947, lors d’une conférence tenue à Bruxelles, a été a établi un Comité mondial du Bund et au cours des années qui suivaient, il a fini par abandonner sa position négative à l’égard de l’État sioniste. Le Bund se maintenait en Pologne après la Deuxième Guerre mondiale, mais en 1949 il a intégré le Parti ouvrier unifié polonais créé en décembre 1948 par la fusion entre le Parti ouvrier polonais (communiste) et le Parti socialiste polonais.
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Mandat britannique
Le Livre blanc du 3 juin 1922 constitue la première interprétation officielle de la Déclaration Balfour. Il réduisait la région du Mandat en excluant la région à l’Est de la rivière Jourdain, qui était attribuée à l’émir Abd Allah de Transjordanie. Ce document a formulé le principe de la "capacité d’absorption économique" comme déterminant le quota d’immigration de Juifs en Palestine.
Lettre MacDonald, 1930
À la suite de l’hostilité de la part des sionistes au Livre blanc de Passfield, le Premier ministre Ramsay MacDonald a adressé le 13 février 1930 une lettre à Chaim Weizmann reversant la perspective ressortant de ce Livre blanc. Il écrivait notamment :
L’obligation de faciliter l’immigration juive et de rendre possible une installation dense de Juifs dans le pays reste une obligation positive du Mandat, et elle peut être remplie sans compromettre les droits et conditions de l’autre parti de la population de Palestine.
Suite à des révoltes arabes partout en Palestine, les Britanniques établissaient une commission d’enquête, présidée par Sir Walter Shaw. La commission rendait son rapport en mars 1930. Selon ce rapport, le conflit était engendré par des interprétations divergentes des promesses fait par les Britanniques respectivement aux Arabes et aux Juifs. Il recommandait que le gouvernement définisse clairement ses intentions quant à la Palestine, et que la question de l’immigration soit considérée avec plus d’attention de façon à éviter "une répétition de l’immigration excessive de 1925 et 1926".
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Rapport Hope Simpson, 1930
Suivant les recommandations de la Commission Shaw, les autorités britanniques ont mis en oeuvre une enquête, dirigée par Sir John Hope Simpson. Son rapport a été publié en octobre 1930. Il affirmait que la politique juive d’embaucher uniquement des Juifs était responsable des conditions déplorables des Arabes, et qu’il n’y avait pas suffisamment de terres disponibles pour absorber une immigration continue.
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Livre blanc, 1930 (Passfield)
Le Livre blanc publié par Lord Passfield (Sydney Webb) le 21 octobre 1930, faisait suite au Rapport Hope Simpson qui avait recommandé qu’une déclaration soit faite au sujet de la politique britannique en Palestine. La déclaration conditionnait la poursuite de l’immigration par l’abandon de la politique appliquée par les sionistes, consistant à promouvoir la réservation du travail aux Juifs, empêchant ainsi les Arabes de trouver du travail. Des Juifs ayant déjà acquis des terres en Palestine, devaient obtenir une autorisation particulière en cas d’achat de terres supplémentaires, et à cette occasion seraient pris en compte les taux de chômage respectifs des populations arabes et juives.
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Commission Peel, 1937
Au plus fort de l’insurrection arabe de 1936‑1939, une commission d’enquête royale s’est rendue en Palestine, avec Lord Robert Peel à sa tête. Elle a publié ses recommandations en 1937 : abolition du mandat et partition du pays entre deux peuples. Seule une zone entre Jaffa et Jérusalem resterait sous mandat britannique avec une supervision internationale. Pour surmonter des problèmes de démarcation, des échanges de terres avec des transferts de population simultanés devaient être effectués, touchant d’un côté quelques 225.000 Arabes vivant dans les territoires attribués à l’État juif, 1.250 Juifs de l’autre. La commission considérait que le problème de l’immigration se résoudra à l’intérieur de l’État juif. Le gouvernement britannique a accepté les recommandations de la commission et leur annonce a été endossée par le Parlement. Le Plan a été cependant finalement abandonné.
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Livre Blanc, 1939
Le Livre blanc publié le 17 mai 1939 rejetait le plan de partition formulé par la Commission Peel en affirmant qu’il était inapplicable. Il déclarait qu’en Palestine devait être constitué, dans un délai de dix ans, un État indépendant qui serait ni juif ni arabe. L’immigration juive en Palestine était limitée à 75.000 pour les cinq premières années, en fonction de la "capacité d’absorption économique" du pays, et était conditionnée par l’assentiment des Arabes. Des restrictions sévères ont été imposées aux acquisitions de terres par les Juifs.
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Comité Morrison-Grady, 1946
Un comité était formé par Herbert Morrison, membre de la Chambre des lords, et Henry Grady, conseiller du président Harry Truman. Le plan qu’il présentait en juillet 1946 devant la Chambre des communes proposait une large autonomie dans deux provinces attribuées aux communautés juive et arabe et un gouvernement central britannique qui contrôlerait le Néguev et Jérusalem ainsi que les Affaires étrangères et la Défense.
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Commission Anglo-Américaine, 1946
Une Commission anglo-américaine a été constituée en novembre 1946, son rapport a été publié en mai 1946. Elle concluait qu’il n’y avait pas d’autre pays que la Palestine susceptible d’accueillir les juifs désireux de quitter l’Europe, mais que la Palestine seule ne pouvait pas faire face à ces besoins d’émigration. Elle recommandait que 100.000 immigrants soient admis immédiatement en Palestine, et que les gouvernements US et britannique cherchent de nouvelles destinations pour les Personnes Déplacées. L’immigration ultérieure en Palestine devait être règlementée par l’administration mandataire, et les règlementations de transferts de terres de 1940, qui interdisait dans certaines régions la vente de terres aux Juifs, devaient être annulées. Elle se prononçait en faveur d’une Union économique en Palestine.
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Proposition US de Tutelle temporaire, 1948
Le 19 mars 1948 les USA abandonnaient soudainement leur approbation du plan de partition et demandaient que sa mise en oeuvre soit suspendue et qu’une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU soit tenu, en proposant que la Palestine soit placée sous une tutelle des Nations Unies jusqu’à ce que un compromis entre Arabes et Juifs puissent être obtenu. Cette position a été annoncée par l’Ambassadeur Warren R. Austin devant le Conseil de Sécurité.
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Guerre israélo-arabe 1948-1949
Entente Israël-Jordanie, novembre 1947
Dans la perspective de la fin prochaine du mandant britannique, une réunion secrète, qui se déroulait à Naharayim, au bord du Jourdain, le 17 novembre 1947, a eu lieu entre Golda Meïr, chef du Département politique de l’Agence juive, et le roi Abd Allah de Transjordanie[17]. Celui-ci présentait l’idée d’une république juive intégrée dans un royaume arabe comprenant la Transjordanie et la Palestine. Cette perspective a été rejetée d’emblée par les sionistes. Abd Allah demandait alors leur assentiment pour annexer à la Transjordanie l’État arabe tel que défini par l’ONU. Les avis des historiens divergent pour savoir s’il y a eu un accord explicite en ce sens. Quoi qu’il en soit, tout indique que G. Meïr accepta tacitement cette proposition dans l’hypothèse qu’en contrepartie la Transjordanie n’attaquerait pas l’État juif si la guerre éclatait. Toutefois les Juifs n’ont jamais promis à Abd Allah la totalité de la zone attribuée par l’ONU à l’État arabe, mais le laissaient décider des régions qu’il considérait vitales pour lui, c’est-à-dire essentiellement la Judée et la Samarie. En février 1948, une délégation conduite par le Premier ministre jordanien Tawfiq Abu al-Huda Baja se rendait en Grande-Bretagne pour discuter de l’avenir de la Palestine en même temps que de la révision du traité anglo-jordanien de 1946. Au cours de ces entretiens, les représentants jordaniens abordaient la teneur de leurs négociations avec les sionistes, et les Britanniques se montraient prêts à en accepter les modalités.
Voir : Mouvement nationaliste arabe (Jordanie) ►
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Deir Yassine
Deir Yassine est un village arabe près de Jérusalem, où a eu lieu, le 9 avril 1948, un massacre perpétré par des unités de l’Irgun et du Lehi, faisant environ 250 victimes parmi les quelques 400 habitants.
Lors d’une discussion privée en été 1967, Yisrael Eldad commentait à ce sujet[18] :
S’il n’y avait pas eu Deir Yassine – [en 1948] un demi-million d’Arabes aurait vécu dans l’État d’Israël. L’État d’Israël n’aurait pas vu le jour. Nous ne devons pas mésestimer cela, tout en étant pleinement conscients de la responsabilité que cela implique. Toutes les guerres sont cruelles. On ne peut y échapper. Ce pays sera, ou bien Eretz Yisrael avec une majorité absolue juive et une petite minorité arabe, ou bien Eretz Ismaël, et l’émigration juive recommencera si nous n’expulsons pas les Arabes d’une manière ou d’une autre.
Menahem Begin a exprimé une appréciation similaire[19] :
Des Arabes à travers tout le pays, incités à croire des récits extravagants au sujet de la "boucherie de l’Irgun", ont été saisis d’une panique sans limites et se lancèrent dans une fuite considérée comme une question de survie. En peu de temps cette fuite massive se développa en une ruée insensée et incontrôlable. Environ 800 000 Arabes vécurent alors sur le territoire de l’État actuel d’Israël et seulement quelque 165 000 s’y trouvent encore. La signification politique et économique de cette évolution ne peut guère être surestimée.
Le 20 mai 1948, le comte Folke Bernadotte, vice-président de la Croix-Rouge suédoise, a été nommé par l’ONU pour tenter de trouver une issue au conflit en Palestine. Bernadotte a présenté ses recommandations à Israël et aux États arabes le 3 juillet 1948. Il proposait la formation d’une fédération sur l’ensemble du territoire de l’ancienne Palestine mandataire. Elle comprendrait deux États : Israël recevrait une partie de la Galilée; l’État arabe prévu dans le plan de partage irait à la Transjordanie ainsi que Jérusalem et le Néguev; la zone de l’aéroport de Lod ainsi que Haïfa seraient déclarées zones libres. Sauf au sujet du Néguev, ces dispositions coïncidaient avec l’entente Israël-Jordanie conclue le 17 novembre 1947 et, de ce fait, divergeaient substantiellement du plan de partage. En ce qui concernait Jérusalem, elles différaient de tous les plans précédents et à venir, dans la mesure où elles prévoyaient d’inclure la ville dans l’État arabe.
La première tentative de Bernadotte pour résoudre le conflit rencontra encore plus d’hostilité que la résolution de l’ONU de novembre 1947. Le 16 septembre 1948, Bernadotte présenta un second plan, qui abandonnait l’idée d’union au profit de deux États séparés : Israël recevrait la Galilée, mais devrait renoncer au Néguev qui reviendrait à la Transjordanie, laquelle hériterait des territoires attribués à l’État arabe dans le plan de partage. Haïfa et Lod seraient déclarés zones franches et Jérusalem serait placé sous contrôle de l’ONU. Le droit d’Israël à l’existence était explicitement reconnu. S’y ajoutait une clause concernant les réfugiés : ils devaient avoir le droit de rentrer chez eux, ou de recevoir une compensation s’ils décidaient de ne pas exercer ce droit. Bernadotte avait décidé que ce second plan devait être formulé comme projet de résolution de l’ONU, et présenté à la troisième session de son Assemblée générale, le 21 septembre 1948.
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Mouvement nationaliste arabe
al-Husayn ibn Ali al-Hashimi; Faysal al-Hashimi, fils d’al-Husayn; Abd Allah al-Hashimi, fils d’al-Husayn.
Les origines de la famille des Hachémites remontent au deuxième siècle, lorsqu’elle s’a établi à La Mecque. Elle compte Mohammed (Mahomet), dit le Prophète, parmi ses membres (Hashem est le nom de l’arrière grand-père de celui-ci). La famille régnait sur La Mecque jusqu’en 1925, al‑Husayn ibn Ali étant le dernier membre à accéder en 1908 au titre de chérif de La Mecque. La Mecque a été alors la capitale du Hedjaz (en arabe, al‑Hijaz : la barrière), province turque.
La Syrie en tant que région géographique, telle qu’elle constituait une partie de l’Empire ottoman de 1516 à 1918, englobait la Syrie, le Liban et la Palestine au sens actuel. En déclenchant en 1916 la révolte arabe contre la domination ottomane, les forces arabes sous le commandement du chérif Faysal du Hedjaz anticipaient l’indépendance d’un État arabe unifié sur tout le territoire de la Syrie historique, selon les termes de la correspondance Husayn-MacMahon d’octobre-novembre 1915 [20]. À l’issue de la Première Guerre mondiale, des forces britanniques et françaises contrôlaient les régions côtières et des forces arabes l’intérieur. Faysal a établi un gouvernement national arabe à l’intérieur de la Syrie. En mars 1920, un Congrès général syrien a été tenu à Damas, qui proclama Faysal roi de Syrie. Sous l’égide du système de mandats de la Ligue des Nations, les territoires arabes de l’Empire ottoman ont été attribués aux puissances coloniales pour administration. Les Français et les Britanniques avaient arrangé d’avance le démembrement de la région en sphères d’influence par l’accord secret Sykes-Picot du 16 mai 1916. La conférence de San Remo de mai 1920 attribuait la moitié nord de la Syrie historique (c’est-à-dire Syrie et Liban) à la France, le reste, c’est-à-dire la Palestine, la Jordanie et l’Irak à la Grande Bretagne. En juillet 1920, les Français ont vaincu les forces de Faysal. En 1921, les Britanniques ont nommé Faysal roi d’Irak, fonction dans laquelle il a été confirmé par un plébiscite. La séparation du Liban par rapport à la Syrie et l’établissement de l’État du Grand Liban, en aout, s’en sont suivis. La constitution du Liban a été promulguée formellement en mai 1926. L’Irak est devenu indépendant en 1932. Par ailleurs Abd Allah a été désigné comme émir de la Transjordanie nouvellement créé, qui est devenu pleinement indépendant en 1946, l’émir prenant le titre de roi Abd Allah Ier. Abd Allah a été assassiné en 1951.
Quant à al‑Husayn, il a été vaincu par Abd al‑Aziz ibn Abd al‑Rahman al‑Saoud, connu comme Ibn Saoud, à l’issue d’une campagne militaire menée en 1924‑25. Au milieu du 18e siècle, la famille d’Ibn Saoud s’était allié au réformateur religieux Muhammad ibn Abd al-Wahhab et avait établi son règne sur toute la péninsule arabe à l’exception du Yémen, de Oman et des petits États du Golfe, mais à la fin du 19e siècle, le pouvoir de la famille avait fortement diminué. En 1916, Ibn Saoud avait conclu un accord avec les Britanniques reconnaissant son règne sur les territoires du Nadjd et Al‑Hasa en échange de la non-interférence de sa part dans les Émirats du Golfe, puis en 1920 il avait établi sa domination sur l’Asir. Finalement, en 1925, Ibn Saoud a ajouté à son règne le Hedjaz, devenant roi du Hedjaz et sultan du Nadjd et de ses dépendances. En 1932 a été officiellement établi le royaume d’Arabie Saoudite.
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al-Husayni
Mustafa al‑Husayni; Kamil al‑Husayni, fils de Mustafa; Amin al‑Husayni, fils de Mustafa (demi-frère de Kamil); Jamal al‑Husayni, cousin d’Amin; Musa Kazim [Qassem] al‑Husayni; Abd al‑Qadir al‑Husayni, fils de Musa Kazim; Faysal al‑Husayni, fils d’Abd al‑Qadir, neveu d’Amin.
En 1918, Musa Kazim al‑Husayni a été nommé maire de Jérusalem par le gouvernement militaire britannique. En 1919, les Britanniques étendaient les compétences de Kamil al‑Husayni, qui était Mufti[21] de Jérusalem depuis 1908, en le nommant Grand Mufti de Jérusalem, une charge nouvellement créée qui englobait sous son autorité religieuse tous les Musulmans de Palestine.
En 1920, après l’échec de la déclaration d’indépendance de la Grande Syrie, les Britanniques ont arrêté les notables palestiniens qui avaient soutenu le roi Faysal[22]. Amin al‑Husayni (demi-frère de Kamil al‑Husayni), partisan de Faysal, revenait de Damas en Palestine. Étant condamné par les Britanniques à dix ans de prison, en rapport avec la révolte arabe qui éclata à ce moment-là, il s’enfuyait en Transjordanie. Musa Kazim al‑Husayni a été remplacé, en tant que maire de Jérusalem, par Ragheb al‑Nashashibi. À la fin de l’année, s’est tinu à Haïfa un Congrès palestinien rassemblant des délégués d’associations musulmans et chrétiens. Il a constitué un Comité exécutif arabe avec Musa Kazim al‑Husayni à sa tête. Ce Comité exécutif assumait le contrôle du mouvement politique palestinien jusqu’en 1935.
En 1921, à la suite de la mort de Kamil al‑Husayni, Amin al‑Husayni a été nommé Mufti de Jérusalem après avoir été gracié par Herbert Samuel, Haut Commissaire britannique. En 1922, les Britanniques ont nommé Amin al‑Husayni président du Conseil suprême musulman en Palestine, instance nouvellement créée. En 1931 Amin al‑Husayni a été nommé Président du Congrès mondial islamique réuni à Jérusalem et dont les débats tournaient autour de la défense des lieux saints. En 1933, lors d’une manifestation de masse antibritannique réprimée par la police, Musa Kazim al‑Husayni a été blessé et est mort l’année suivante, ce qui a entrainé la dissolution du Comité exécutif arabe.
En 1935, la famille des Husayni a formé le Parti arabe palestinien (al‑Hizb al‑Arabi al‑Filastini) dirigé par Jamal al‑Husayni (cousin d’Amin al‑Husayni). En 1936, les principaux partis politiques palestiniens ont mis en place le Haut Comité arabe (al‑Lajnah al‑Arabiyya al‑Uliya) avec à sa tête Amin al‑Husayni, pour coordonner la lutte contre le sionisme et pour s’opposer aux Britanniques. En 1937, les Britanniques ont déclaré le Haut Comité arabe hors-la‑loi, et ont imposé la loi martiale, autorisant les tribunaux militaires à prononcer la peine de mort (la premiere victime a été Farhan Sa’adi, dirigeant des partisans d’Izz al‑Din al‑Qassam). Amin al‑Husayni a été destitué comme président du Conseil suprême musulman. Il s’est réfugié au Liban (où il a été mis en résidence surveillé par la France), puis est passé en Syrie, en 1939 en Irak (où il a participé à la révolte irakienne contre les Britanniques), et finalement en Europe. En Palestine, la révolte reprenait à la campagne, à travers des groupes ruraux largement autonomes, sous Abd al‑Qadir al‑Husayni (fils de Musa Kazim al‑Husayni) et Fawzi al‑Din al‑Qawuqji [el‑Kaoukji] [al-Qa’uqji] (panarabiste irako-syrien, pro-germanique, dirigeant une armée arabe de volontaires venant de la Transjordanie, de l’Irak et de la Syrie). Au cours de la révolte s’est établi la domination de la famille des Husayni (avec leur appel à une pleine indépendance pour la Palestine et l’établissement d’un État arabe) sur les Nashashibi (qui considéraient la partition comme acceptable et collaboraient avec les Britanniques et la Haganah à briser la révolte en 1938‑39). La révolte s’est terminée lorsque le dernier des dirigeants de groupes de guérilla, Abd al‑Rahim al‑Hajj Muhammad, a été tué en 1939.
En mai 1941, Amin al‑Husayni s’est exilé en Allemagne et a rencontré Adolf Hitler avec lequel il a eu un entretien, de même qu’avec Heinrich Himmler, Joachim von Ribbentrop et d’autres dirigeants national-socialistes. Il a tenté d’obtenir de leur part une déclaration affirmant l’illégalité du foyer national juif en Palestine, et le droit des pays arabes de régler par eux-mêmes le problème de la population juive en Palestine. Hitler s’est prononcé oralement dans ce sens, mais refusait d’adopter une déclaration officielle.
Amin al-Husayni a participé à l’organisation d’une division de la Waffen SS formée de musulmans de Bosnie, nommée "Handschar" (poignard), d’un effectif d’environ 10.000 membres, qui intervenait au cours des actions de la SS en Hongrie et en Croatie. En 1945, Amin al‑Husayni s’est réfugié en France, où il a été placé sous résidence surveillée, mais en mai 1946 il s’est échappé pour l’Égypte.
En 1945, la Ligue Arabe a créé un nouveau Haut Comité arabe pour la Palestine (al‑Lajnah al‑Arabiyya al‑Uliya li Filastin), destiné à être l’organe représentatif des Arabes palestiniens. En 1946, suite à des conflits entre les composants du Haut Comité arabe, la Ligue arabe intervenait pour reconstituer l’organisme avec uniquement des représentants de la famille Husayni et ses partisans, avec Jamal al‑Husayni et ultérieurement Amin al‑Husayni comme dirigeants. Afin de tenter d’établir l’unité au sein des forces politiques palestiniennes, a été créé un Haut Exécutif arabe sous la direction de Amin al‑Husayni. Le Haut Comité arabe a repoussé les propositions de la commission anglo-américaine en 1946. En 1947 il boycottait l’UNSCOP. Il rejetait le Plan de Partition de l’ONU du 29 novembre 1947 tout en proposant le projet d’un État binational.
En mars 1948, des volontaires d’autres pays arabes, en particulier la Syrie, entraient dans le pays en tant qu’Armée de libération arabe (al‑Jaysh al‑Inqadh) commandée par Fawzi al‑Din al‑Qawuqji (déjà mentionné plus haut, en rapport avec la révolte de 1936‑39). Il y avait par ailleurs l’Armée de la guerre sainte (al‑Jaysh al‑Jihad al‑Muqaddas fi‑Filastin) commandée par Abd al‑Qadir al‑Husayni (qui allait tomber au cours des combats). La Ligue arabe a retiré son soutien au Haut Comité arabe qu’il considérait comme non représentatif, et soutenait l’Armée de libération arabe. Au cours d’une Conférence nationale palestinienne tenue à Gaza, le 1er septembre à Gaza, a été décidé la création d’un Gouvernement panpalestinien (Hukumat Umum Filastin). Le Haut Comité arabe annonçait la constitution de ce gouvernement le 22 septembre. Le 30 septembre, se réunissait un Conseil national palestinien qui élisait Amin al‑Husayni comme son président, constituait un cabinet, avec Jamal al‑Husayni comme ministre des Affaires étrangères, et, le 1er octobre, la déclaration d’indépendance a été proclamée par Amin al‑Husayni devant le Conseil national palestinien, sur le territoire du mandat et avec Jérusalem comme capitale. Il a été reconnu par l’Égypte, la Syrie, le Liban et l’Arabie Saoudite, et parrainé par la Ligue arabe, qui cherchait à bloquer le projet du roi Abd Allah de Transjordanie, d’annexer la Cisjordanie[23]. Il rencontrait une forte opposition de la part de la Transjordanie qui organisait un congrès palestinien beaucoup plus large à Amman le 30 septembre pour soutenir la politique de la Transjordanie en Palestine. Finalement le quartier général du gouvernement palestinien a été transféré au Caire en octobre, ou Amin al‑Husayni restait confiné. Le 1er décembre se tenait à Jéricho une conférence de notables et maires qui approuvaient l’unité de la Cisjordanie avec la Transjordanie. Le 20 décembre, Hussam Addin Jarallah a été nommé Mufti de Jérusalem en remplacement d’Amin al‑Husayni.
En avril 1949 a été établi le Royaume hachémite de Jordanie puis, en avril 1950, l’intégration de la Cisjordanie au sein du royaume de Jordanie est devenu officielle, elle a été reconnue par la Grande Bretagne. La bande de Gaza est passé sous administration égyptienne, où, en 1951, le gouvernement panpalestinien a établi passagèrement son siège. Les bureaux du gouvernement palestinien ont été officiellement fermés en janvier 1959, lorsque Amin al‑Husayni s’est installé au Liban.
Voici un passage tiré du compte-rendu d’une conversation entre Amin al‑Husayni et Hitler, le 28 novembre 1941, établi par Paul Otto Schmidt, qui était traducteur au Ministère des Affaires étrangères allemand[24] :
Le Grand Mufti commença par remercier le Führer pour le grand honneur qu’il lui accordait en le recevant personnellement. Il souhaitait saisir l’occasion pour apporter au Führer du Reich grand-allemand, admiré par l’ensemble du monde arabe, ses remerciements pour la sympathie qu’il avait toujours montrée pour les Arabes et spécialement pour la cause palestinienne, et qu’il avait clairement exprimée dans ses discours en public. Les pays arabes étaient fermement convaincus que l’Allemagne gagnerait la guerre et que la cause arabe allait alors prospérer. Les Arabes étaient les amis naturels de l’Allemagne parce qu’ils avaient les mêmes ennemis que l’Allemagne, à savoir les Anglais, les Juifs et les communistes. C’est pourquoi ils étaient préparés à coopérer avec l’Allemagne de tous leurs coeurs, et se tenaient prêts à participer à la guerre non seulement par l’organisation d’actes de sabotages et de déstabilisations politiques, mais aussi matériellement par la a formétion d’une légion arabe. Les Arabes pouvaient être plus utiles à l’Allemagne comme alliés qu’on ne pourrait le penser au premier abord, autant pour des raisons géographiques et à cause des souffrances que leur ont infligées les Anglais et les Juifs. De plus, ils avaient de bonnes relations avec toutes les nations musulmanes, qu’ils pourraient utiliser au profit de la cause commune. La Légion arabe serait facile à lever. Un appel du Mufti aux pays arabes et aux prisonniers de nationalité arabe, algérienne, tunisienne et marocaine, en Allemagne, produirait un grand nombre de volontaires prêts à combattre. Le monde arabe était convaincu de la victoire de l’Allemagne, non seulement parce que le Reich possédait une importante armée, des soldats courageux et des chefs militaires de génie, mais aussi parce que le Tout-puissant ne pourrait jamais accorder la victoire à une cause injuste.
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al-Khalidi
Husayn Fakhri al‑Khalidi; Mustapha al‑Khalidi
Husayn Fakhri al‑Khalidi a été maire de Jérusalem de 1934 à 1937. Il a fondé en 1935 le Parti de la réforme (al‑Hizb al‑Islah). En 1935 également, il rejoignait le Haut Comité arabe. En 1937 il a été exilé par les Britanniques (Mustapha al‑Khalidi a été alors désigné pour le remplacer comme maire de Jérusalem), mais libéré en 1938. Il revenait en Palestine en 1943 et rejoignait en 1945 le Haut Comité arabe refondé, dont il devenait président en 1946. Il a participé au Gouvernement panpalestinien constitué en 1948. Dans les années 1950, il occupait des fonctions ministérielles en Jordanie.
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Al‑Nashashibi
Ragheb al-Nashashibi; Fakhri al‑Nashashibi.
Ragheb al‑Nashashibi a été maire de Jérusalem de 1920 à 1934. Il dirigeait le Parti national arabe palestinien, fondé en 1923 [25]. En 1934 il a fondé le Parti de la défense nationale (al‑Hizb al‑Difa al‑Watani), qu’il représentait au sein de Haut Comité arabe constitué en 1936. Il a démissionné cependant du Haut Comité, se préparant à accepter une partition. Après 1948, il occupait diverses fonctions ministérielles en Jordanie[26].
Fakhri al‑Nashashibi, neveu et assistant de Ragheb al‑Nashashibi, a constitué en 1934 la "Société de ouvriers arabes" ("Arab Workers Society" – AWS). En novembre 1941 il a été assassiné à Bagdad par un Palestinien.
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al-Qassam, Izz al-Din
Izz al‑Din al‑Qassam est né en Syrie. Il s’est installé à Haïfa en 1921 après l’échec de la révolte syrienne contre l’occupation française, à laquelle il avait participé activement. Il était membre des Frères musulman. Il rejoignait l’Istiqlal[27] en 1932. Il réussissait à former des cellules secrètes parmi le nombre croissant de paysans sans terres, et à constituer ainsi le premier groupe de guérilla palestinien, afin de combattre les forces de sécurité britanniques, mais il a été découvert tué, le 19 novembre 1935.
Des contacts existaient entre les groupes de guérilla ainsi formés et le mouvement ouvrier. Lorsque s’est tenu en avril 1936 un congrès ouvrier à Haïfa, parmi les participants se trouvaient Hamdi al‑Husayni et Akram Zu’aytir qui étaient membres de l’Istiqlal et avaient des liens avec ces groupes.
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Jordanie
L’émirat de Transjordanie avec son souverain Abd Allah[28] était le seul pays arabe qui souhaitait parvenir avec les sionistes à un compromis sur la Palestine[29]. On peut faire remonter les origines de cette relation particulière à janvier 1919, lorsque le fils de chérif Husayn, l’émir Faysal, conclut une sorte d’accord avec Chaim Weizmann sur la validité de la Déclaration Balfour. D’autres membres de la famille, et en particulier Abd Allah, prenaient le relais. La première rencontre entre Abd Allah et un dirigeant sioniste a eu lieu avec Ch. Weizmann à Londres en 1922. À cette époque, seul le chef de la famille, Husayn, père d’Abd Allah, était en accord avec les Palestiniens pour s’opposer à l’implantation juive en Palestine. En 1933, Abd Allah entrait en rapport avec l’Agence juive pour discuter de l’implantation de Juifs en Transjordanie. C’est dans le contexte de la révolte arabe de 1936‑1939 que pour la première fois les Anglais ont émis eux aussi la suggestion de résoudre la question palestinienne en annexant à la Transjordanie les zones de peuplement arabe dense. Cette nouvelle idée a été exposée officiellement en 1937 par la commission Peel, qui prônait le partage de la Palestine entre les Juifs et la Transjordanie. Vers la fin de la Seconde guerre mondiale, de sérieuses négociations bilatérales ont été entreprises. Deux importantes réunions se sont tenu au palais d’hiver d’Abd Allah en aout 1945. Les contacts directs entre Abd Allah et l’Agence juive reprirent à l’été 1946. À ce moment, le gouvernement britannique avait nettement pris position pour une solution de type fédéral, ce qui était source d’inquiétude pour les sionistes qui redoutait qu’ainsi pourrait être établi un État arabe unitaire en Palestine. Le 12 aout 1946, Eliyahu Sasson, chef du secteur arabe du Département politique d l’Agence juive, prenait contact avec Abd Allah pour faire avancer l’accord sur l’avenir de la Palestine. Les négociations continuaient jusqu’à la conclusion d’un accord Israël-Jordanie en novembre 1947.
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Ligue des États arabes
La Ligue des États arabes, ou Ligue arabe, a été constituée au Caire le 22 mars 1945, par les pays suivants : Égypte, Irak, Jordanie (à l’époque Transjordanie), Liban, Arabie Saoudite, Syrie, Yémen. D’autres pays s’y sont joints par la suite : Libye (1953), Maroc (1958), Tunisie (1958), Koweït (1961), Algérie (1962), Bahreïn (1971), Oman (1971), les Émirats Arabes unis (1971) Mauritanie (1973), Djibouti (1977), Comores (1993). L’OLP a été admis en 1976.
En 1950‑1952 a été conclu un Traité de Défense commune et de Coopération économique entre les États de la Ligue Arabe.
Charte de la Ligue des États arabes (22 mars 1945) (extraits)[30] :
ARTICLE I
La Ligue des États arabes se compose des États arabes indépendants qui ont signe cette charte.
Tout État arabe indépendant a le droit de devenir membre de la Ligue. […]
ARTICLE II
La Ligue a pour objectif le renforcement des relations entre les États membres, la coordination de leurs politiques afin de parvenir a la coopération entre eux et de sauvegarder leur indépendance et souveraineté, ainsi qu’une préoccupation générale concernant les affaires et les intérêts des pays arabes. Elle a également pour objectif la coopération étroite des États membres, en prenant dûment en compte l’Organisation et les conditions de chaque État, dans les domaines suivants :
A. Affaires économiques et financières, y compris les relations commerciales, douanes, la monnaie et des questions d’agriculture et d’industrie.
B. Communications; ceci inclut chemins de fer, routes, aviation, navigation, télégraphes et postes.
C. Affaires culturelles.
D. Nationalité, passeports, visas, exécution de jugements et extradition de criminels.
E. Affaires sociales.
F. Affaires de santé.
ARTICLE III
La Ligue possédera un Conseil compose des représentants des États membres de la Ligue; chaque État aura une seule voix, indépendamment du nombre de ses représentants.
[…]
Le conseil aura pour tache de décider des moyens par lesquels la Ligue devra coopérer avec les organismes internationaux qui seront crées dans l’avenir afin de garantir sécurité et paix et de réguler les relations économiques et sociales.
[…]
ARTICLE V
Tout recours a la force afin de résoudre des disputes entre deux ou plusieurs États membres de la Ligue est prohibe. Si un différend devait surgir entre eux, qui ne concerne pas l’indépendance, la souveraineté ou l’intégrité territoriale d’un État, et si les parties du dispute ont recours au Conseil pour le règlement de ce différend, alors la décision du Conseil sera exécutoire et obligatoire.
[…]
Le Conseil agira en médiateur dans tous les différends qui menacent de conduire a la guerre entre deux États membres, ou un État membre et un État tiers, en vue de parvenir a leur réconciliation.
Les décisions d’arbitrage et de médiations seront prises a la majorité.
ARTICLE VI
En cas d’agression ou menace d’agression d’un État contre un État membre, l’État qui a été attaque ou menace d’agression peut demander la convocation immédiate du Conseil.
Le Conseil déterminera par décision unanime les mesures nécessaires pour repousser l’agression. Si l’agresseur est un État membre, sa voix ne comptera pas en déterminant l’unanimité.
[…]
ARTICLE VII
Les décisions unanimes seront obligatoires pour tous les États membres de la Ligue; les décisions majoritaires seront obligatoires seulement pour les États qui les auront acceptées.
Dans les deux cas les décisions du Conseil seront appliquées dans chaque État membre en accord avec ses lois respectives.
ARTICLE VIII
Chaque État membre respectera les systèmes de gouvernement établis dans les autres États membres et les considérera comme étant du ressort exclusif de ses États. Chacun s’engagera a s’abstenir d’une action quelconque visant a changer les systèmes de gouvernement établis.
ARTICLE IX
Les États qui désirent établir une coopération plus étroite et des liens plus forts que ceux prévus par cette Charte peuvent conclure des accords en ce sens.
Des traites et accord déjà conclus ou a conclure dans l’avenir entre un État membre et un autre État ne devront pas être exécutoires ou restrictifs pour d’autres membres.
[…]
Annexe à la Charte de la Ligue Arabe concernant la Palestine – 23 mars 1945 :
Avec la fin de la dernière guerre s’est achevé le règne de l’Empire ottoman sur les pays arabes qui en ont été détachés, dont la Palestine,. La Palestine se trouve devenue autonome, non soumise à un quelconque autre État.
Le Traité de Lausanne a proclamé que son avenir devra être réglé par les parties concernées.
Cependant, bien que jusqu’à maintenant elle a été incapable de prendre en main ses propres affaires, la Pacte de la Société des Nations de 1919 prenait soin de fixer un régime basé sur la reconnaissance de son indépendance.
Son existence et son indépendance internationales au sens légal ne peuvent donc pas être mises en question, pas plus que l’indépendance des autres pays arabes.
Bien que les manifestations extérieures de cette indépendance sont restées obscurcies pour de raisons indépendantes de sa volonté, il ne devra pas être permis que cela interfère avec sa participation au travail du Conseil de la Ligue.
Les États signataires du Pacte de la Ligue arabe sont donc de l’avis que, en considérant les circonstances spéciales de la Palestine et en attendant que ce pays puisse effectivement exercer son indépendance, il appartiendra au Conseil de la Ligue de désigner un représentant arabe pour la Palestine qui participera à ses travaux.
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Sionisme – Courants
En reprenant les distinctions formulées par les sionistes eux-mêmes, on peut énumérer une variété de courants : politique, pratique, synthétique, révisionniste, socialiste, ainsi que religieux, messianique radical, spirituel, et aussi antisioniste orthodoxe.
Le "sionisme politique" insiste sur l’importance de l’action politique et considère la conquête de droits politiques en Palestine comme préalable pour l’accomplissement de l’entreprise sioniste. Ce courant est incarné en premier lieu par Theodore (Benjamin Zeev) Hertzl qui, le premier, a mis l’accent sur l’action ouverte sur le plan de la diplomatie internationale. Le "sionisme pratique" donne la priorité aux moyens pratiques pour atteindre les objectifs du sionisme, tels que l’immigration et l’instauration de colonies rurales, indépendamment des conditions politiques inadéquates.
Le conflit entre ces deux courants marquait les débuts de l’Organisation sioniste. En 1907 (NB : les dates cités ici sont celles des congrès successives de l’Organisation sioniste), est apparu la formule du "sionisme synthétique". Le sionisme synthétique opère la synthèse entre sionisme politique et sionisme pratique tout en insistant sur l’activité parmi les communautés juives dans le monde, y compris la participation de candidats propres aux élections des différents pays. Son principal promoteur était Chaim Weizmann. Le courant synthétique dominait au sein de l’Organisation sioniste à partir de 1911. En 1920, Ch. Weizmann devient président de l’Organisation sioniste.
En 1925, les représentants du "sionisme révisionniste" assistaient pour la première fois au congrès de l’Organisation sioniste. En 1931, se manifestait une forte opposition à la politique de coopération avec les Britanniques inspiré par Ch. Weizmann. Celui-ci a démissionné et a été remplacé par Nahum Sokolow. L’orientation probritannique se poursuivait. En 1933, le courant du "sionisme socialiste" devenaitt prépondérant. En 1935, une large coalition s’établissait qui ramenait Ch. Weizmann au poste de président. Les révisionnistes avaient entretemps quitté l’Organisation sioniste.
En 1937, se posait la question du rapport de la Commission Peel. Les factions étaient très divisées. Une situation similaire s’est reproduit en 1946, au sujet du rapport Morrison-Grady. À nouveau, Ch. Weizmann s’est trouvé en minorité et a démissionné, suite à quoi le poste de président de l’Organisation sioniste restait vacant jusqu’en 1956. Cette année-là, Nahum Goldmann a été élu président, poste qu’il occupait jusqu’en 1968, quand il a démissionné à son tour en rapport avec des conflits qui divisaient l’Organisation sioniste au sujet de la guerre israélo-arabe de 1967.
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Sionisme général
À l’origine, le terme désignait la position de ceux qui adhéraient à l’Organisation sioniste uniquement à travers l’une des organisations sionistes dans leur pays, sans rejoindre une faction ou un parti spécifique. Cependant, en 1922 a été créé l’Organisation des Sionistes généraux, constituant un parti centriste au sein de l’Organisation sioniste. La plupart des mouvements et partis libéraux en Israël ont été constitués sur ces bases, à travers diverses fusions et scissions successives.
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Sionisme révisionniste
Le sionisme révisionniste dérive du sionisme politique de Theodore Hertzl, révisé par Vladimir (Zeev) Jabotinsky[31]. Celui-ci a établi en 1925 l’Alliance sioniste révisionniste qui revendiquait l’établissement d’un État à majorité juive incluant les deux rives du Jourdain et se trouvait en opposition aux politiques modérées vis-à-vis du régime mandataire britannique. Se trouvant minoritaires au sein de l’Organisation sioniste, le courant révisionniste a quitté celle-ci en 1935 pour former la Nouvelle Organisation sioniste. Les révisionnistes rejoignaient l’Organisation sioniste en 1946.
L’Irgun, ainsi qu’une partie des membres du Lehi, étaient issus du courant révisionniste. Après l’établissement de l’État d’Israël, l’ex-Nouvelle Organisation sioniste a fusionné avec l’Irgun pour créer le mouvement Herut, transformé ensuite en parti, puis intégré dans le parti Likud.
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Sionisme socialiste
C’est en 1898 qu’est apparu un groupe socialiste demandant d’être représenté au sein de la direction de l’Organisation sioniste. L’objectif du courant socialiste de fusionner sionisme et socialisme a été formule initialement par Nachman Syrkin en 1899. L’un des principaux promoteurs de ce point de vue était Ber Borokhov. Le courant socialiste était à l’initiative de nombreux mouvements de jeunesse de colonisation, et de façon générale il était à l’origine de la plupart des mouvements de colonisation. Le courant socialiste (travailliste) devenait majoritaire dans l’organisation en 1933. Parmi ses dirigeants on peut citer David Ben Gourion, Yitzhak Ben Tzvi. Ce courant est à l’origine du Parti travailliste israélien.
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Sionisme – Institutions
Agence juive pour la Palestine (Sochnut). Sochnut signifie "agence".
Le mandat sur la Palestine attribué à la Grande-Bretagne par la Société des Nations prévoyait la constitution d’une Agence juive ayant pour fonction la représentation de la population juive vis-à-vis du gouvernement mandataire. Initialement, c’est l’Organisation sioniste qui jouait ce rôle. En 1923 a été proposé l’inclusion de non-sionistes dans l’Agence juive, mais l’opposition prévalait dans un premier temps, jusqu’à ce que la mesure a été finalement approuvée en 1929. Une agence élargie a été alors mise en place dans le cadre d’une association entre l’Organisation sioniste et des groupements non-sionistes, avec une répartition initiale de moitié pour chacune des deux composants. Chaim Weizmann, président de l’Organisation sioniste mondiale, a été désigne comme président de l’Agence juive. Ultérieurement, la direction de l’Agence juive coïncidait de fait avec celle de l’Organisation sioniste.
Jusqu’à l’établissement de l’État d’Israël, l’Agence juive assumait virtuellement des fonctions gouvernementales, organisant notamment l’immigration juive en Palestine, avec des départements pour les différents secteurs (travail, colonisation, industrie, armée etc.). David Ben Gourion était président du Comité exécutif de 1935 à 1948, tandis que Moshe Shertok dirigeait le département politique de 1933 à 1948.
Après l’établissement de l’État d’Israël, par une loi adoptée le 24 novembre 1952, le statut de l’Agence juive a été redéfini, et elle était chargée de l’immigration et de la colonisation. En aout 1970 un autre accord a remanié de nouveau les attributions. La composition de l’Agence juive était établie comme devant comprendre 50 % de membres venant de l’Organisation sioniste mondiale, 30 % de l’Appel juif unifié établi aux USA et 20 % du reste du monde. L’Organisation sioniste mondiale se chargeait du domaine de l’immigration en provenance des pays développés, celle concernant les pays réputés source de "persécution" incombait à l’Agence juive. En juin 1979, des accords ont été signés avec le gouvernement israélien attribuant à l’Agence juive les tâches liées à l’absorption des immigrants en Israël, l’Organisation sioniste mondiale devant intervenir au sein des communautés juives dans les différents pays. En 1982, cette question controversée a encore fait l’objet d’une révision des attributions. Les non-sionistes, c’est-à-dire en fait ceux oeuvrant pour la collecte de fonds (qui formaient la moitié de l’Agence juive) ayant déclaré leur acceptation de la plateforme sioniste, l’Agence juive s’impliquait désormais dans les activités au sein des communautés juives dans le monde, secteur auparavant réservé à l’Organisation sioniste mondiale.
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Haganah
Organisation de défense (Irgun Hahaganah). Haganah signifie "défense".
Les initiateurs du mouvement sioniste, tout en se donnant une image pacifique, étaient conscients des conflits que devait forcément engendrer leur entreprise. Dès les débuts de l’immigration sioniste en Palestine, les agglomérations ainsi établies se préparaient méthodiquement à affronter l’hostilité, immédiate et à venir, de la société au sein de laquelle ils s’introduisaient. Dans un premier temps, il leur arrivait d’avoir recours à des gardiens arabes, mais cela n’était évidemment pas une situation satisfaisante pour eux. Des organisations de protection ont été établies progressivement, sur une base purement autochtone. En 1907 Yisrael Shochat, membre du Poalei Tziyon, organisait avec d’autres (notamment Yitzhak Ben Tzvi) le groupe Bar Giora (nommé d’après Simeon Bar Giora, qui avait conduit la guerre contre Rome en 66‑70 A.C.), organisation offrant ses services d’autodéfense aux colonies sionistes. Bar Giora se transformait ensuite sur une base plus large en Hashomer[32] (Gardien), dirigé notamment par Yisrael Shochat et Yisrael Giladi[33]. Pour assumer la protection d’une colonie juive, il posait comme condition qu’y soient employés uniquement des travailleurs juifs, qui devaient d’ailleurs participer potentiellement aux tâches de sécurité en tant que sorte de réservistes. En 1913, Hashomer a établi des relations avec les institutions sionistes en Europe, mais cette connexion a été interrompue par l’éclatement de la Première Guerre mondiale. En 1920, Hashomer a été intégré dans la Haganah. Yisrael Shochat, qui avait suivi la formation du Ahdut Haavoda, était en désaccord avec cette décision et abandonna la direction du Hashomer. Il essaya alors de former d’autres organisations de défense, sans succès. Après la création de l’État d’Israël, Yisrael Shochat occupait le poste de directeur de la police.
Durant la Première Guerre mondiale, le mouvement sioniste s’engageait activement aux côtés de la Grande Bretagne, dans les combats contre l’empire ottoman. Vladimir Jabotinsky proposait la formation d’une légion juive pour participer à la libération de la Palestine de la domination ottomane. Mais les Britanniques étaient réticentes. En 1915 a été constitué, en Égypte, l’unité des muletiers de Sion, sous le commandement du lieutenant-colonel John Henry Patterson et du capitaine Yosef Trumpeldor[34]. Il était chargé simplement de servir au transport le long du front turc. Finalement, en septembre 1917, a été formé un régiment d’infanterie, sous les commandes de Patterson, avec V. Jabotinsky comme commandant adjoint. Deux autres régiments ont été créés par la suite, qu’intégraient notamment David Ben Gourion, Y. Ben Tzvi, Eliyahu Golomb. Ils ont été dissout à la fin de la guerre. Sur l’insistance de l’exécutive sioniste les Britanniques ont établi en 1919 un régiment de volontaires dans le cadre des forces britanniques stationnées en Palestine. Mais au grand regret de ses combattants du sionisme, ils n’ont été pas mobilisés pour participer lors des divers incidents résultant de la résistance arabe. En mai 1921, lorsque des affrontements éclataient dans la zone entre Jaffa et Tel-Aviv, le commandant du régiment prenait l’initiative d’intervenir, ce qui entraina la dissolution de l’unité par les Britanniques.
En 1920, a été fondé la Haganah en tant qu’organisation militaire sur le terrain. Pendant les dix premières années ‑ étant donné que les institutions sionistes officielles n’étaient pas prêtes à assumer la direction d’une organisation illégale du point de vue des Britanniques ‑ la Haganah était subordonnée aux organes de la Histadrut, créée simultanément. Finalement en 1931, la Haganah a été transférée sous l’autorité conjointe du Comité exécutif de l’Agence juive et du Vaad Leumi.
Durant le soulèvement arabe de 1936‑1939 les Britanniques ont été amenés à mettre en oeuvre une certaine coopération avec la Haganah. Celle‑ci mobilisait une milice de plus de 20.000 hommes, ainsi que les troupes proprement dites sous le commandement de Yitzhak Sadeh et les escouades de nuit établies en été 1938, commandées par le capitaine britannique Ordre Wingate. Aux débuts des années quarante, la Haganah avait atteint le statut d’une force militaire professionnelle. Elle comprenait un service de renseignement, Aliya Bet (s’occupant de "l’immigration illégale"), une industrie d’armement, de service d’acquisition d’armements, et une unité de choc (le Palmah, acronyme pour Plugot Mahatz, ou Compagnies d’assaut). Cette dernière, créée le 19 mai 1941, atteignait 12 compagnies. Parmi ses dirigeants, on peut citer Yigal Allon, Moshe Dayan, Yitzhak Rabin. À leurs côtés se trouvait à l’époque également Rehavam Zeevi, avocat de la politique de transfert, ministre d’Ariel Sharon, tué en 2001 dans un attentat. Durant la Deuxième Guerre mondiale la direction du mouvement sioniste adoptait une politique de coopération avec la Grande-Bretagne, au nom de la lutte contre les national-socialistes allemands. Plus de 30.000 Juifs de Palestine se sont engagé dans l’armée britannique. En septembre 1944, a été établie une Brigade juive, dissoute ensuite en été 1946.
À la fin de la guerre, la Haganah a entamé une lutte ouverte contre les Britannique dans le cadre du Mouvement de résistance unifié, réunissant la Haganah, l’Irgun et le Lehi.
Au printemps 1947, D. Ben Gourion reprenait en main la direction politique de la Haganah, et le 26 mai 1948, le Gouvernement provisoire d’Israël a décidé de transformer la Haganah en armée officielle de l’État, sous le nom de "Tzeva Haganah Leyisrael" – Forces de défense d’Israël (Tzahal).
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Histadrut
Organisation générale des travailleurs hébreux en Eretz Yisrael (Hahistadrut Haklalit Shel Haovdim Haivrim Beeretz Yisrael). Hahistadrut signifie "l’organisation".
La Histadrut a été fondée en 1920. Le congrès de fondation déclarait que l’objectif de la Histadrut était de "unir tous les ouvriers et travailleurs dans le pays qui vivent de leur propre travail sans exploiter le travail d’autres, afin de pourvoir à toutes les affaires relatives aux colonies, à l’économie et aussi à la culture, de tous les travailleurs dans le pays, de manière à édifier une société de travail juif en Eretz Yisrael[35]."
La Histadrut englobe le Hevrat Haovdim, compagnie rassemblant un grand nombre d’entreprises économiques, et le Kupat Holim, organisme chargé du secteur de la santé.
En 1920, la Histadrut comptait environ 4.400 membres, en 1922, 8.394 des 16.608 ouvriers du pays en était membres, en 1927, le nombre d’adhérents s’élevait à 25.000, ce qui correspondait à 75 % des travailleurs juifs dans le pays.
Par la suite, la Histadrut elle-même devenait l’employeur le plus important dans le pays. On peut citer notamment Solel Boneh (Bâtiments et Infrastructures), un organisme conduit par la Histadrut intervenant dans le secteur de construction, travaux publics, entreprise générale. Des groupes d’immigrants qui avaient construit une route pour le compte du gouvernement mandataire en 1920, ont établi en 1921 l’Office public de Travaux et Constructions, qui s’est transformé en Solel Boneh en 1924. Solel Boneh a subi une refonte en 1935 et est devinu par la suite lui-même la compagnie chargée au sein de la Histadrut, du secteur des travaux publics et de l’entreprise générale.
David Ben Gourion était secrétaire général de la Histadrut de 1921 à 1935, suivi par Moshe David Remez, autre dirigeant de l’Ahdut Haavoda et du Mapai. En 1945, c’est Yosef Sprinzak, dirigeant du Hapoel Hatzair puis du Mapai, qui a accédé à ce poste.
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Keren Hayesod
Fonds pour l’édification.
Keren Hayesod est la principale institution de financement des activités de l’Organisation sioniste en Palestine. Elle a été fondée en 1920 à Londres. La définition de ses objectifs a donné lieu à une controverse à deux approches différentes. Chez les sionistes US prévalait l’idée que l’oeuvre de l’Organisation sioniste se situait principalement sur le plan économique, visant à l’édification de la société juive en Palestine à travers la "libre entreprise", avec la participation des sionistes aussi bien que des non-sionistes. Une politique d’investissement devait récolter des fonds pour des projets spécifiques. Les Européens insistaient plutôt sur l’implication de l’ensemble des communautés juives dans le monde dans l’effort national en vue de la colonisation par l’immigration. Le Fonds créé admettait les deux types d’activités.
En 1926, le quartier général de Keren Hayesod a été transféré à Jérusalem. Le conseil d’administration est désigné par l’exécutif de l’Organisation sioniste et l’Agence juive. Il devenait l’organisation de collecte de fonds le plus important dans tous les pays, sauf aux USA. Aux USA, il y avait initialement le United Palestine Appeal (un partenariat entre le Keren Hayesod et le Fonds national juif), lequel s’allia en 1939 avec le American Jewish Joint Distribution Committee et le National Refugee Service pour former le United Jewish Appeal. Après l’établissement de l’État d’Israël, Keren Hayesod (qui devient Keren Hayesod-Appel unifié d’Israël) se concentrait sur le financement de l’absorption de l’immigration dans le pays.
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Keren Kayemet Leyisrael
Fonds national juif.
Le Fonds national juif a été institué en 1901 avec pour objectif la collecte de fonds pour l’achat de terres en Palestine. En 1939, les terres possédées par le Fonds national juif couvraient près de 125.000 acres, ce qui représentait plus de 60 % de tous les terrains de propriété juive. En 1948, ce chiffre était monté à 232.000 acres.
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Kibbutz, Moshav, Moshava
Kibbutz (pluriel : kibbutzim), Moshav (pluriel : moshavim), Moshava (pluriel : moshavot)
La première période d’immigration de Juifs en Palestine se situe approximativement de 1882 à 1904. Certains de ces immigrants constituaient des moshavot, des villages agricoles rassemblant des fermes de propriété privée individuelle. En l’absence de connaissances dans le domaine de l’agriculture et de moyens financiers, la situation de ces colonies se détériorait jusqu’à atteindre le bord de la faillite. Le Baron Edmond de Rothschild prenait alors en main la gestion de ces colonies, en les dirigeant sur une base plus rationnel du point de vue économique, sous supervision d’experts, le travail agricole étant largement effectué par des Arabes indigènes.
La période d’immigration précédant la Première Guerre mondiale, de 1904 à 1914, voyait l’apparition de kibbutz, colonies collectives censées mettre en oeuvre des idéaux communautaires socioéconomiques.
La période d’immigration consécutive à la Première Guerre mondiale, de 1919 à 1924, conduisait à la constitution de Moshavim, dans lesquels la terre appartient à la communauté, les équipements agricoles ainsi que la commercialisation des produits sont contrôlés collectivement, tandis que pour le reste chaque famille garde son autonomie, une parcelle de terre lui étant assignée.
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Organisation sioniste (mondiale)
Hahistadrut Hatziyonit (Haolamit).
L’Organisation sioniste a été fondée sous l’impulsion de Theodore Hertzl lors du Premier Congrès sioniste tenu à Bâle en 1897 (elle a été renommée Organisation sioniste mondiale en 1960). Elle a établi le Congrès sioniste comme institution permanente suprême. Dans la période entre les sessions du Congrès sioniste, la direction est assumée par le Conseil général sioniste et le Comité exécutif sioniste. Le Comité exécutif sioniste est dirigé par son président qui est également président de l’Organisation sioniste. Depuis sa fondation, l’Organisation sioniste a créé diverses institutions, notamment le Keren Hayesod, le Fonds national juif, le Trust colonial juif avec sa filiale, la Banque Anglo-Palestine.
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Trust colonial juif
Theodore Hertzl avait espéré initialement pouvoir compter sur un support financier de la part de riches juifs, mais cette approche a échoué. Finalement c’est le Trust colonial juif qui a été créé en 1898 en tant que première banque sioniste, dont les actions devaient être placées en grand nombre parmi les communautés juives. Le Trust colonial juif a débuté ses opérations en 1902, année au cours duquel il a établi une filiale, l’Anglo-Palestine Company Limited (désignée aussi comme Anglo-Eretz-Israel Company Limited) qui est devenue par la suite Anglo-Palestine Bank Ltd.. Le Trust investit ses fonds dans une variété d’entreprises industrielles et financières aussi bien en Palestine qu’en dehors (Liban, Syrie).
En 1934, le Trust colonial juif a cesse ses activités bancaires et s’est transformé en compagnie holding pour les actions de l’Anglo-Palestine Bank. Après l’établissement de l’État d’Israël, l’Anglo-Palestine Bank est devenu l’agence financière et bancaire du gouvernement. En 1950, son enregistrement a été transféré de Londres à Israël, et elle a été rebaptisée Bank Leumi le-Israel (Banque nationale d’Israël). Lorsqu’en 1954 a été fondée la Banque d’Israël en tant que banque centrale, Bank Leumi s’est transformé en banque commerciale. En 1955, le Trust colonial juif est devenu une société israélienne, et vers la fin des années 1980, il a été cédé à des investisseurs privés.
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Vaad Leumi
Conseil national juif.
Vaad Leumi a été fondé en 1920 en tant qu’institution suprême de la communauté juive en Palestine, et organisme exécutif de l’Assemblée élue. Ses membres participaient aux réunions du Conseil général sioniste, organe de l’Organisation sioniste.
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Sionisme – Organisations et Partis
Union du Travail.
Le Poalei Tziyon et un groupe de "sans parti" (Bilti Miflagtiyim – Parti non-partisan) ont établi en 1919 l’Ahdut Haavoda. L’Ahdut Haavoda était affilié à l’aile droite du mouvement Poalei Tziyon sur le plan mondial, laquelle était opposée à l’idée d’adhérer à l’Internationale communiste, et maintenait une étroite collaboration avec l’Organisation sioniste. En 1930, l’Ahdut Haavoda a fusionné avec le Hapoel Hatzair pour former le Mapai. En 1944, Siah Bet (Faction B), une faction qui a fait scission du Mapai ‑ dont elle rassemblait environ un tiers des membres ‑, utilisait de nouveau le nom de l’Ahdut Haavoda pour former un nouveau parti ensemble avec la majorité du Hakibbutz Hameuhad (Mouvement unifié de Kibbutz)[36]. En 1946, l’Ahdut Haavoda a fusionné avec le Poalei Tziyon Smol, puis a constitué en janvier 1948, avec le Hashomer Hatzair, le Mapam. En 1954, l’Ahdut Haavoda a été reconstituée une seconde fois lorsque quelques membres quittaient le Mapam et s’unissaient avec des membres de Hakibbutz Hameuhad. De 1965 à 1968, l’Ahdut Haavoda s’alignait sur le Mapai et finalement a été absorbée par le Parti travailliste, successeur du Mapai.
Parmi les personnalités marquants liées à l’Ahdut Haavoda, on peut citer David Ben Gourion, Yitzhak Ben Tzvi, Moshe Sharett, Yitzhak Tabenkin ainsi que, pour l’Ahdut Haavoda de 1944, Yisrael Galili.
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Betar
Acronyme pour : Brit Hanoar Haivri Al Shem Yosef Trumpeldor (Alliance des jeunes Juifs Yosef Trumpeldor[37]).
Le Betar a été fondé en 1923 à Riga en Lettonie. Il s’est établi ensuite dans d’autres pays, et a créé en 1931 une organisation à l’échelle mondiale dirigée par Vladimir Jabotinsky. Il devenait le mouvement de jeunesse de l’Organisation sioniste révisionniste et ultérieurement du parti Herut.
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Brit Shalom, Ihud, Kedma Mizraha
Brit Shalom : Alliance pour la paix; Ihud : Union; Kedma Mizraha : désigné comme Société pour la compréhension entre Arabes et Juifs (Public society for the advancement of Jewish-Arab relations).
Lors de la fondation du Brit Shalom en 1925, son principal protagoniste était Arthur Ruppin, qui assumait par ailleurs des fonctions importantes au sein du mouvement sioniste. Ruppin allait par la suite, après 1929, prendre ses distances vis-à-vis du Brit Shalom. Parmi les membres et partisans du mouvement, on peut citer Robert Weltach, éditeur du Jüdische Rundschau (journal du mouvement sioniste allemand), Jacob Thon du Département de colonisation de l’Agence juive, Judah Magnes, chancelier et premier président de l’Université hébreux, Martin Buber, Gershon Sholem.
Les positions du Brit Shalom étaient caractérisées par une certaine clairvoyance au sujet des contradictions qui opposaient la communauté juive en Palestine à la population arabe. On peut citer à titre d’exemple l’avis de Shmuel Hugo Bergman, l’un des principaux protagonistes du Brit Shalom mais aussi membre d’Ahavat Poalim[38]. Voici comment il répliquait, en 1930, à la position exprimée au sein de cette organisation par Moshe Erem, lequel préconisait le principe de l’organisation conjointe entre travailleurs juifs et arabes au sein de la Histadrut en donnant pour raison non seulement l’internationalisme prolétarien mais aussi la perspective qu’ainsi serait accentué la lutte de classe et la polarisation des classes au sein de la population arabe, ce qui faciliterait l’immigration juive et le projet sioniste[39] :
Utiliser l’organisation conjointe afin de réaliser les aspirations politiques d’un peuple particulier signifie la destruction de toute possibilité d’organisation conjointe. […] L’immigration juive, malgré tous qu’elle a apporté de bien à l’ouvrier arabe, affaiblit le pouvoir politique de l’un des peuples [en Palestine] et renforce le pouvoir politique de l’autre, au moment où se déroule une lutte acharnée entre les deux peuples, laquelle toute l’idéologie de classe du camarade Erem ne peut éliminer, du moins pas pour l’instant, aussi longtemps qu’aucun accord judéo-arabe n’ait été atteint. Chercher l’organisation conjointe à l’heure actuelle afin d’éliminer les barrières opposées à l’immigration juive – aucun patriote arabe, aucun ouvrier arabe ayant des sentiments nationalistes, ne sera d’accord avec cela.
Bergman en tire la conclusion que la seule base possible pour l’organisation conjointe consistait à rester confiné au terrain purement économique, sans référence à la politique, ce qui met pleinement en lumière l’impasse dans laquelle se trouvaient les représentants du sionisme aspirant à une conciliation avec les Arabes.
Parmi les participants au mouvement, on peut mentionner Chaim Margalith Kalvarisky, qui avait été le directeur de Rothschild en Palestine, directeur de la Jewish Colonization Association et à la tête du Département arabe du Comité exécutif sioniste, et qui était l’oncle de Yigael Gluckstein (personnalité du mouvement trotskiste connu par la suite sous le nom de Tony Cliff).
En 1936 a été fonde le Kedma Mizraha (Public society for the advancement of Jewish-Arab relations). C’était une sorte de continuation du Brit Shalom, avec une composition social et des tendances de pensée plus variées. La figure centrale en était Ch. Kalvarisky. Leur but était d’établir un dialogue avec des dirigeants arabes dans la région sur une base très générale. Ils étaient particulièrement active en Égypte. Ch. Kalvarisky avait proposé en 1919 au "Comité provisoire" de la communauté juive en Palestine un plan basé sur un État binational, politiquement et socialement.
Finalement, le Brit Shalom trouvait un prolongement avec la formation en été 1942 d’un parti politique, le "Ihud". Parmi les personnalités parties prenantes de ce processus, on peut citer J. Magnes, M. Buber, Julius Simon (président de la Palestine Economic Corporation), Moshe Smilansky (de la Palestine Jewish Farmers League). Le Ihud s’opposait à l’idée d’un transfert des populations arabes[40]. Le Ihud présenta ses idées devant la Commission d’enquête anglo-américaine en 1946, puis devant le UNSCOP en 1947. Le Ihud cessa d’exister en 1964.
Voir : "Eretz Yisrael" ►
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Gdud Haavoda
Gdud Ha’avoda vehahagan Al Shem Yosef Trumpeldor (Bataillon de travail et de défense Joseph Trumpeldor).
C’était une organisation formée sur la base de l’immigration consécutive à la Première guerre mondiale. Le Gdud Haavoda avait été initié en lien avec Yosef Trumpeldor[41] afin de former un cadre pour l’emploi de la force de travail des immigrants. Chaque membre de l’organisation devait accepter n’importe quel travail qui lui serait assigné et les salaires étaient versés dans un fonds géré collectivement. Il s’agissait de travailleurs mobiles exécutant des travaux publics. La première conférence du Gdud Haavoda s’est tenu en 1921 et se fixait l’objectif d’"établir une Commune générale des Travailleurs Juifs en Palestine"[42]. Y participaient entre autres Yitzhak Sadeh et Yisrael Shochat[43]. Parmi les membres du Gdud Haavoda, un certain nombre évoluèrent vers des positions antisionistes. De ceux-ci, le Parti communiste palestinien (PKP) en absorbait une minorité, tandis que la majorité émigrait en URSS, et l’organisation a cessé d’exister[44].
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Hapoel Hatzair
Le Jeune Ouvrier.
Le Hapoel Hatzair, fondé en 1905, rejoignait l’Ahdut Haavoda lorsque, en 1930, ils fusionneront dans le Mapai.
Cette organisation rejetait le socialisme marxiste et la lutte de classe et était guidée par l’engagement au travail physique, au sacrifice de soi-même et à l’établissement dans le pays comme moyen de "Rédemption".
Parmi les personnalités marquantes liées au Hapoel Hatzair, on peut citer Chaim Arlosoroff.
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Hashomer Hatzair
Le Jeune Gardien.
Le Hashomer Hatzair a été fondé en Pologne en 1913-1914, d’abord comme alliance composite de plusieurs groupes, puis en 1916 transformé en mouvement unifié. On peut noter que Menahem Begin, avant d’entrer au Betar, était passé au Hashomer Hatzair. Les premiers membres du Hashomer Hatzair immigraient en Palestine dans les années 1919-1923. En 1927, les kibbutz du Hashomer Hatzair se sont unis dans la fédération Hakibbutz Haartzi.
Le Hashomer Hatzair rejetait aussi bien la souveraineté exclusive des Juifs sur la Palestine que la partition et proposa un État binational avec égalité entre les deux peuples indépendamment de leur nombre. Il faut cependant souligner qu’il maintenait l’exigence du droit à l’immigration juive avec l’objectif avoué d’atteindre la majorité numérique dans le pays, face à la population arabe. Il est vrai cependant que, contrairement à la plupart des autres représentants du sionisme, Yaacov Riftin, parmi les dirigeants du Hashomer Hatzair, s’opposait à l’idée d’un transfert des populations arabes. En tant que secrétaire politique du Hashomer Hatzair il intervenaitt en ce sens par exemple au cours du vingtième congrès de l’Organisation sioniste tenu en 1937, en exigeant que le congrès s’oppose à l’idée de partition et de transfert de population[45] :
Un certain nombre de dirigeants travaillistes viennent d’exprimer à partir du podium de ce congrès leur accord avec le plan de transfert, qui est antisocialiste et dangereux du point de vue de la population juive dans la Diaspora.
À partir du début des années trente, le Hakibbutz-Haartzi-Hashomer Hatzair constituait au sein de la Histadrut l’organisation la plus forte à gauche du Mapai. Le Hashomer Hatzair rejetait l’appel d’enlever à la Histadrut des fonctions non strictement syndicales et attribuait l’importance primordiale non pas à la lutte de classes, mais à l’immigration de travailleurs et l’établissement de kibbutz. Il proposait de assouplir le principe du "travail hébreu" en acceptant les travailleurs arabes employés de façon permanente par des Juifs.
En 1936 il a créé la Ligue Socialiste destinée à accueillir les partisans du Hashomer Hatzair qui ne vivaient pas dans un kibbutz.
Sur le plan international, le Hashomer Hatzair participait activement à la résistance dans les pays d’Europe de l’Est occupés par l’Allemagne national-socialiste, principalement en Pologne. Après la guerre, il prenait part à l’organisation de l’immigration en Palestine, de même que, en Palestine même, aux activités de la Haganah. Ensemble avec d’autres fédérations de kibbutz, il a formé le noyau du Palmah[46].
En 1946, le Hashomer Hatzair, en intégrant la Ligue socialiste, a formé un parti politique, le Parti des Travailleurs-Hashomer Hatzair, dirigé par Yisrael Barzilay. Ce parti a fusionné en 1948 avec l’Ahdut Haavoda pour former le Mapam.
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Irgun
Irgun Tzevai Leumi (Organisation militaire nationale – acronyme : Etzel). Irgun signifie "organisation".
En 1931 un groupe de commandants de la Haganah, avec à leur tête Avraham Tehomi, se séparaient de la Haganah, et en joignant leurs forces à un groupe armé du Betar ils établissaient en 1932 l’Irgun. En 1937, le groupe a connu une scission, lorsque environ la moitié de ses membres, dont A. Tehomi lui-même, réintégraient la Haganah. Les autres formaient une nouvelle Irgun, liée idéologiquement et politiquement à l’Organisation sioniste révisionniste dirigée par Vladimir Jabotinsky. Elle rejetait la politique de retenue de l’Agence juive et de la Haganah et adoptait une politique de terreur à l’encontre des Arabes.
Après la publication du Livre blanc de mai 1939, l’Irgun dirigeait ses activités contre les autorités mandataires britanniques, mais avec l’éclatement de la guerre mondiale, il considérait nécessaire une coopération militaire avec les Britanniques. Cela conduisit à une nouvelle scission et à la formation d’un nouveau groupe, le Lohamei Herut Yisrael, ou Lehi. Toutefois, à partir de février 1944, l’Irgun reprenait ses actions contre l’administration britannique. Il a établi alors aux USA un "Comité hébreu de libération nationale" ("Hebrew Committee for National Liberation").
Après l’établissement de l’État d’Israël, l’Irgun offrait l’intégration de ses membres à l’armée nationale, mais en attendant que cela soit mis en oeuvre elle continuait d’agir indépendamment. L’attaque du village arabe de Deir Yassine a eu lieu dans ce contexte. Sur le plan politique, l’Organisation sioniste révisionniste, en fusionnant avec l’Irgun, a fondé alors le mouvement Herut, qui s’est transformé ensuite en parti politique et s’intégrait dans le parti Likud.
Signalons qu’Uri Avnery, l’un des fondateurs du mouvement israélien Gush Shalom (Coalition de Paix), favorable à un compromis avec les Palestiniens, avait participé à l’Irgun entre 1938 et 1942.
Voir : Guerre israélo-arabe 1948-1949 (Deir Yassine) ►
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Lehi
Acronyme pour : Lohamei Herut Yisrael (Combattants pour la liberté d’Israël).
Le Lehi est issu de l’Irgun suite à la décision de cette dernière de coopérer militairement avec les Britanniques contre l’Allemagne national-socialiste. Ceux qui étaient opposés à cette décision, dirigés par Avraham Stern, ont fondé un groupe séparé en septembre 1940 et poursuivaient les actions contre les Britanniques sous le nom de "Etzel en Israël".
A. Stern, né en Pologne en 1907, avait immigré en Palestine en 1925, puis vers la fin des années 1920 il séjournait en Italie, d’où il retournait en Palestine en 1929, fortement imprégnée des idées fascistes. A. Stern "n’était pas socialiste, mais s’opposait vigoureusement à la rhétorique antisocialiste des révisionnistes"[47]. Son Manifeste, Ikarei Hatehiya (Les Principes de la résurrection) définissait ses objectifs : le peuple juif en tant que peuple élu est pleinement en droit de disposer du patrimoine biblique dans son intégralité, du Nil à l’Euphrate. Il devrait y avoir un "échange de populations". En 1937, A. Stern s’est rendu en Pologne pour mettre en place des cours d’entrainement pour le compte de l’Irgun et obtenir des armes. Après son retour en Palestine, il a été emprisonné par les Britanniques d’aout 1939 à juin 1940.
Après des démarches de prise de contact avec des représentants du régime national-socialiste allemand, le 11 janvier 1941 le groupe A. Stern a transmis à l’ambassade allemande à Ankara un projet d’accord de coopération[48]. Le groupe perdait rapidement la plupart de ses membres qui soit retournèrent à l’Irgun, soit rejoignaient l’Armée britannique. Le noyau dur restant se procuraient des fonds par des cambriolages de banques sionistes, entre autres de la Histadrut, et des extorsions de fonds d’individus. Le 12 février 1942, A. Stern a été débusqué et tué par le CID (Criminal Investigation Department) britannique.
Yitzhak Shamir, après avoir adhéré à l’Irgun, avait suivi A. Stern lors de la scission menant à la constitution du Lehi. Le 1er septembre 1942, Y. Shamir et Eliyahu Giladi, détenus par les Britanniques, se sont échappé de prison, ce qui marquait la renaissance du mouvement, maintenant appelé Lohamei Herut Yisrael (Combattants pour la liberté d’Israël), ou Lehi. Tout en rétablissant le contact avec les survivants du groupe, Y. Shamir arrivait à la conclusion que E. Giladi était devenu dangereux pour la sécurité du groupe. Celui-ci avait en effet décidé d’entamer une campagne d’assassinats visant des dirigeants de l’Organisation sioniste, y compris David Ben Gourion. Y. Shamir donna l’ordre de tuer E. Giladi[49]. Le 31 octobre 1943, Nathan Yellin-Mor et d’autres membres du groupe s’échappaient à leur tour de prison. Le Lehi était alors dirigé par N. Yellin-Mor, Yisrael Eldad et Y. Shamir. Le Lehi reprenait ses opérations militaires seulement début 1944, au même moment qu’avait lieu la réactivation de l’Irgun.
L’assassinat de Lord Moyne, ministre d’État britannique pour le Moyen Orient (en 1941-42, il avait dirigé le département colonial britannique), le 6 novembre 1944 au Caire, par des membres du Lehi fournit l’occasion pour la Haganah de collaborer ouvertement avec le CID (Criminal Investigation Department) britannique pour supprimer l’Irgun. En fait le Lehi se voyait contraint, dans un marchandage avec les Britanniques, d’accepter une restriction de ses activités. C’est en novembre 1944 que le Lehi promettait à Eliyahu Golomb de la Haganah de suspendre ses opérations contre les Britanniques, qui en échange le laisseraient tranquilles. Cet arrangement a été mis en place sous la forme du Tnuat Hameri (mouvement de la résistance (hébreu)), mais l’alliance prenait fin avec l’attentat contre l’Hôtel King David. Y. Shamir a été alors arrêté en aout 1946 (il arriva de nouveau en Israël en mai 1948). Après l’arrestation de Y. Shamir, N. Yellin-Mor devevenait le principal idéologue du Lehi. Fin 1947, N. Yellin-Mor annonçait la dissolution du Lehi, étant donné qu’il ne s’attendait pas à l’éclatement d’un conflit armé avec les Arabes. Lorsque celui-ci se produisait, il entreprenait un revirement et poussait à la participation du Lehi aux opérations. Néanmoins, il semble qu’il était opposé aux positions adoptées par Y. Eldad, troisième membre du comité central, qui endossait l’attitude de l’Irgun telle qu’elle se manifestait dans l’attaque contre le village arabe de Deir Yassine.
Après l’attentat contre le comte Bernadotte, le 17 septembre 1948, le Lehi a été interdit et un certain nombre de ses membres ont été arrêtés, dont N. Yellin-Mor. Néanmoins, ce dernier se présentait aux élections à la Knesset du 25 janvier 1949 sur une liste présentée par le Lehi, la "Liste des combattants", et a été élu. Après avoir été condamné à huit ans de prison, il a été cependant rapidement amnistié le 14 février, et libéré. En mars, se réunissait le "Parti des Combattants", dans un contexte de division interne. La faction dirigée par N. Yellin-Mor et Y. Shamir visait à poursuivre selon une orientation "national-bolchevique", tandis que l’autre, dirigée par Y. Eldad préférait quitter la scène politique et poursuivre une activité sous la forme d’un forum intellectuel. Le Lohamim existait jusqu’en 1951, soutenant une démocratie populaire et prédisant la faillite du système de partis en place, suite à une immigration massive de classe ouvrière, qui devrait conduire à un élargissement des frontières et élever leur parti à une position central dans le pays.
Dans les années 1950, N. Yellin-Mor renonçait à l’activité politique, mais il rejoignait le Hapeula Hashemit (Action sémite) vers la fin de la décennie. Vers la fin des années 1960, il rejoignit le mouvement Shalom Ubitahon (Paix et sécurité) et se prononçait en faveur de l’autodétermination pour les Palestiniens. En 1969, il se présentait aux élections pour la Knesset sur la liste Nes (socialiste de gauche), mais la liste n’obtenait aucun siège.
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Ligue pour le rapprochement et la coopération judéo-arabes
En 1939 s’est constitué, à l’initiative de Chaim Kalvarisky[50], la "Ligue pour le rapprochement et la coopération judéo-arabes" (League for Jewish-Arab Rapprochement), réunissant des adhérents venant des professions libérales et des milieux d’intellectuels ainsi que quelques dirigeants du Poalei Tziyon Smol. Initialement, elle condamnait le principe du "travail hébreu". En 1942, le Hashomer Hatzair rejoignait la Ligue. Celle-ci se déclara alors opposée à "toute tendance à figer la communauté dans une situation de minorité en Palestine"[51]. C’est vers fin 1942 également que la direction de la Histadrut commençait de son côté à consacrer plus d’attention à l’activité en direction des travailleurs arabes. Un certain nombre de dirigeants du Mapai prenaient en main le département arabe de la Histadrut aux côtés de Aharon Cohen représentant le Hashomer Hatzair et Moshe Erem représentant le Poalei Tziyon Smol. A. Cohen, qui avait poussé son organisation à rejoindre la Ligue, en devevenait l’un des protagonistes les plus actifs. En 1946, la Ligue signait un accord avec l’organisation Filastin al-Jadida (Palestine nouvelle, dirigée par Fawzi al-Husayni ‑ neveu de Amin ‑, assassiné en novembre 1946), approuvant le principe d’un État binational. Signalons que parmi les Arabes favorables à cette idée il y avait aussi Adil Jabr, membre du Conseil municipal de Jérusalem, qui rédigea en 1940‑41 un projet pour un État fédéral binational.
Dans une lettre adressée à la Ligue, Moshe Shertok, directeur du département politique de l’Agence juive, expliquait[52] :
L’heure la plus cruciale pour le sionisme est la période de transition d’une minorité juive à une majorité. Pendant cette période, le facteur décisif, ce sera non pas les Arabes, mais les Britanniques et les Américains. Ce ne sont pas les Arabes qui auront le dernier mot, ni dans le monde ni ici; n’adoptons pas le point de vue selon lequel on doit aller à la rencontre des Arabes et se déclarer d’accord avec eux.
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Mapai
Acronyme pour : Mifleget Poalei Eretz Yisrael (Parti des ouvriers de la Terre d’Israël).
Le Mapai a été constitué en 1930 par la fusion entre le Hapoel Hatzair et l’Ahdut Haavoda. En 1944, une fraction de gauche quittait le Mapai et se constituait en organisation en reprenant à nouveau le nom de l’Ahdut Haavoda. Le Rafi (Reshimat Poalei Yisrael Ubilti Miflagtiyim – Liste d’ouvriers et de non-partisans d’Israël) a été constitué par David Ben Gourion pour les élections de 1965 en tant que scission du Mapai, avec Shimon Peres comme Secrétaire général. Celui-ci mettait en oeuvre la réunion du Rafi, du Mapai et de l’Ahdut Haavoda pour former le Parti travailliste (Mifleget Haavoda Hayisraelit) en 1968, tandis que D. Ben Gourion constituait pour les élections à la Knesset de 1969 une nouvelle liste, la Hareshimat Hamamlahtit (Liste de l’État).
Parmi les personnalités marquantes liées au Mapai, on peut citer D. Ben Gourion, Yitzhak Ben Tzvi, Golda Meïr, Moshe Sharett, Yitzhak Tabenkin.
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Mapam
Acronyme pour : Mifleget Hapoalim Hameuhedet (Parti unifié des ouvriers).
Le Mapam a été formé en 1948 d’une unification entre le Hashomer Hatzair, l’Ahdut Haavoda et ce qui restait de l’ancien Poalei Tziyon Smol, avec en outre des "personnalités indépendantes", parmi lesquelles se trouvaient le général Yitzhak Sadeh et Moshe Sneh. Le Mapam a rejoint le Parti travailliste de 1969 a 1984, puis se présentait comme parti indépendant en 1988, et retournait au sein du Parti travailliste en 1992.
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Poalei Tziyon
Ouvriers de Sion.
Le mouvement Poalei Tziyon émergeait initialement au cours des années 1897‑1898, sous la forme de cercles qui s’étendaient à travers l’Empire russe : Varsovie, Vilno en Lithuanie, Odessa, Minsk, Ekaterinoslav en Biélorussie (aujourd’hui Dniepropetrovsk) et ailleurs. Par la suite, des organisations plus spécifiquement ouvrières ont été établies sous le nom de Poalei Tziyon, notamment en 1900‑1901 à Ekaterinoslav sous la direction de Dov Ber Borokhov. Les Poalei Tziyon formaient alors une fédération s’intégrant à l’Organisation sioniste. En dehors de l’Empire russe, ils se constituaient également en Autriche, Europe centrale et aux USA. Des divergences d’orientation aboutissaient en 1905‑1906 à la constitution de divers partis issus de ce mouvement, en particulier le Parti ouvrier social-démocrate juif-Poalei Tziyon, dirigé par B. Borokhov, ainsi que le Parti ouvrier sioniste socialiste et le Parti ouvrier socialiste juif. En URSS, le Parti ouvrier social-démocrate (à partir de 1923 : communiste) juif-Poalei Tziyon, continuait d’exister jusqu’en 1928.
En Palestine, en 1906, la nouvelle branche locale du Poalei Tziyon constitua le "Parti ouvrier social-démocrate juif en Eretz Yisrael", qui se réunissait à Ramla pour définir son programme. Ce programme débutait par une version modifiée de la première phrase du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels : "Toute l’histoire humaine est une histoire de luttes nationales et de classes[53]." En 1919 une évolution divergente des composantes du Poalei Tziyon en Palestine conduisait d’une part à l’intégration de la tendance prépondérante au sein de l’Ahdut Haavoda nouvellement constituée, d’autre part à la a formation du Mops affilié au plan international à l’aile gauche du Poalei Tziyon. Parmi les personnalités marquantes liées au Poalei Tziyon, on peut citer David Ben Gourion, Yitzhak Ben Tzvi, Golda Meïr, Yitzhak Tabenkin.
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Poalei Tziyon Smol
Ouvriers de Sion de gauche.
À partir des restes du Mops[54], à travers plusieurs fusions et scissions successives, s’est constitué ‑ outre le PKP ‑ Poalei Tziyon Smol, héritier des tendances sionistes du Mops et continuant à être affilié à l’aile gauche du Poalei Tziyon au niveau mondial. Malgré l’abandon de la perspective de l’adhésion à l’Internationale communiste, le Poalei Tziyon Smol se concevait comme parti communiste authentique, fidèle à l’URSS et à l’Internationale communiste. Jusque vers la fin des années 1930, il refusait de participer aux institutions de l’Organisation sioniste. Néanmoins, il adhérait au sionisme, était favorable à l’immigration juive en Palestine et considérait ce pays comme lieu ou serait établi le futur État socialiste juif. En 1928, le Poalei Tziyon Smol s’est scindé en deux fractions, l’une dirigée par Moshe Erem et Liova Levite, l’autre par Zeev Abramovitch et Yitzhak Yitzhaki. Cette dernière allait développer par la suite des liens étroits avec l’Independent Labour Party (ILP) britannique. En 1930, les deux composantes se retrouvèrent en constituant une organisation nommée Ahavat Poalim[55] (Fraternité des ouvriers). La première assemblée adoptait une résolution reconnaissant à la fois le plein droit de la classe ouvrière arabe à un développement social et national libre en Palestine, et le droit à l’immigration juive illimitée et au développement social et national juif[56]. Un mois plus tard, l’Ahavat Poalim a été dissoute par le gouvernement mandataire. En 1948, ce qui restait de l’ancien Poalei Tziyon Smol, après avoir fusionné en 1946 avec l’Ahdut Haavoda reconstituée, a intégré le Mapam lors de la formation de ce dernier.
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Sionisme – Personnalités
Chaim Arlosoroff est né en Ukraine. Sa famille s’est établi en Allemagne en 1905. En 1918, il a fondé le Hapoel Hatzair. En 1920, Hapoel Hatzair et Tzeirei Tziyon Hatehiya (un autre mouvement, constitué en 1908) ont fusionné, à l’échelle de l’Europe orientale, en une seule organisation, ce qui a conduit à la constitution du "Parti sioniste des travailleurs Hitahdut" (Hitahdut signifie "Association") qui se développait principalement en Galicie. Ch. Arlosoroff devenait l’un de ses principaux dirigeants. Il a émigré en Palestine en 1921. Il représentait le Hitahdut (qui fusionnera par la suite avec l’Ahdut Haavoda pour former le Mapai) au sein de la Histadrut. Il a été également nommé à la tête du département politique de l’Agence juive.
Après la prise du pouvoir par les national-socialistes en Allemagne, Ch. Arlosoroff jouait une rôle clé dans le programme "Haavara" ("Transfert"), permettant aux Juifs d’Allemagne de transférer une partie de leurs possessions en Palestine. Il servait d’intermédiaire vis-à-vis des autorités allemandes pour faciliter l’immigration des Juifs d’Allemagne en Palestine. Il a été assassiné en 1933.
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Begin, Menahem (1913-1992)
Menahem Begin est né en Biélorussie en 1913. Il était d’abord membre du Hashomer Hatzair puis, en 1929, il a adhéré au Betar. En 1932 il est entré dans l’administration du Betar en Pologne et en 1939 il en a pris la direction nationale.
Lors de la convention du Betar de 1938, M. Begin se trouvait en conflit avec Vladimir Jabotinsky en exigeant une réorientation avec pour objectif "la conquête du foyer national par la force". En 1939, lorsque l’Allemagne national-socialiste envahissait la Pologne, il s’est enfui en Union soviétique. Il a été arrêté en septembre 1940, inculpé d’espionnage, mais libéré en 1941 dans le cadre d’un accord avec le gouvernement polonais en exil concernant un grand nombre de citoyens polonais. Il rejoignait alors l’Armée polonaise libre du Général Andres, ce qui l’amenait en 1942 en Palestine dans le cadre de l’armée britannique.
Il devenait dirigeant de l’Irgun, jusqu’à sa dissolution en 1948. Il a fondé alors le "Tnuat Haherut" ("Mouvement de la Liberté") et dirigeait ses activités de 1949 à 1965. En 1965, le Herut fusionnait avec le Parti libéral (parti issue de l’organisation des sionistes généraux) pour former le "Gahal" (Gush Herut-Liberalim ou Bloc de la liberté et des libéraux). En 1967, le Gahal participait au gouvernement d’union nationale, M. Begin étant nommé ministre sans portefeuille, poste qu’il occupait jusqu’en 1970, lorsque le Gahal quittait la coalition gouvernementale. Ensemble avec plusieurs autres partis, le Gahal a formé en 1973 le "Likud". En 1977, le Likud gagnait la majorité, M. Begin devenait Premier ministre. Il a été le premier titulaire de cette fonction à se référer à la Cisjordanie en tant que Judée et Samarie, considérant qu’ils faisaient partie intégrante d’Israël. En 1980, il prenait en charge également du ministère de la Défense. Il a été réélu en 1981, mais a démissionné en 1983.
Voir : Guerre israélo-arabe 1948-1949 (Deir Yassine) ►
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Ben Gourion, David (1886-1973)
David Ben Gourion est né en Pologne en 1886. En 1904 il entrait au Poalei Tziyon. En 1906, il a émigré en Palestine et participait à la création du groupe "d’autodéfense" Hashomer[57]. Au cours de la Première Guerre mondiale il faisait parti des régiments juifs créés au sein de l’armée britannique[58]. Il était l’un des principaux dirigeants de l’Ahdut Haavoda, puis du Mapai. Il était l’un des principaux fondateurs de la Histadrut dont il était secrétaire général de 1921 à 1935. De 1935 à 1948 il était président du Comité exécutif de l’Agence juive. Lors de l’établissement de l’État d’Israël, il devenait Premier ministre (fonction qu’il occupait jusqu’en 1963, avec une brève interruption de 1954 à 1955) ainsi que Ministre de la défense.
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Ben Tzvi (Shimshelevitz), Yitzhak (1884 – 1963)
Yitzhak Ben Tzvi est né en Ukraine. Il a été un ami de jeunesse et disciple de Ber Borokhov. Il jouait un rôle important dans le Poalei Tziyon, fondé en 1906. En 1907, il immigrait en Palestine. Il a été envoyé comme délégué du Poalei Tziyon au Congrès de l’Organisation sioniste tenu en 1907. Il participait à la fondation des groupes "d’autodéfense" Bar Giora[59] (en 1907) et Hashomer[60] (en 1909). Au début de la Première Guerre mondiale il arrivait à New York, puis retournait en Palestine en 1918 dans le cadre des régiments juifs créés au sein de l’armée britannique[61]. En 1919 il a été élu au comité central de l’Ahdut Haavoda et l’année suivant, au secrétariat de la Histadrut, puis il était l’un des principaux dirigeants du Mapai. Avec la constitution du Vaad Leumi en 1920, il a été élu au sein de sa direction et en devenait secrétaire en 1931 puis président en 1945.
Après l’établissement de l’État d’Israël, il était membre du parlement en tant que représentant du Mapai, élu en 1949 puis 1952. Après la mort de Chaim Weizmann en 1952, Y. Ben Tzvi lui a succédé comme président d’Israël, mandat renouvelé en 1957, puis en 1962.
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Eldad (Scheib), Yisrael (1910 – 1996)
Yisrael Eldad est né en Ukraine. Il a émigra en Palestine en 1941 et rejoignait le Lehi. Après la création de l’État d’Israël, il a fondé le "Hazit Hamoledet" (Front de la Patrie), qui a été interdit après l’assassinat de Folke Bernadotte en septembre 1948. À partir de 1949, Y. Eldad publiait Sulam, un périodique militant en faveur de l’émigration des Arabes des territoires d’Eretz Yisrael. En 1960, il participait à la création du "Comité israélien pour l’Algérie libre". Dans ce cadre il critiquait le soutien officiel apporté par Israël aux organisations françaises procolonialistes[62] :
Si le gouvernement et le peuple israélien révisent leur attitude envers l’Algérie et établissent des liens avec le peuple algérien, cela battrait en brèche l’embargo [économique] qui nous est imposé par les pays voisins. Une fois que l’Algérie aura gagné sa liberté, on peut supposer qu’elle deviendra la nation arabe la plus importante. Le soutien d’Israël à la lutte algérienne pour la liberté contribuerait à la a formétion de liens avec l’une des populations arabes les plus importantes à ne pas être accrochées au train du Caire.
Il a été l’un des fondateurs du "Mouvement pour le Grand Israël" ("Eretz Yisrael Hashlema") qui surgissait suite à la guerre de 1967. Il était l’un des principaux membres (non-religieux) du Gush Emunim (qui réunit des activistes non-religieux et religieux) et du parti créé en 1979 par des militants de ce mouvement, Tehiya, dirigé par Yuval Neeman. Le coeur du Gush Emunim est constitué par une bonne centaine de colonies établies en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et sur les hauteurs du Golan. Le mouvement dispose de représentants à la Knesset (Assemblée nationale) et sert d’appui idéologique au Likud.
Voir : Guerre israélo-arabe 1948-1949 (Deir Yassine) ►
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Meïr (Meyerson, née Mabovitz), Golda (1898-1978)
Golda Meïr est née en Ukraine en 1898. Sa famille a émigré aux USA en 1906. G. Meïr y adhérait au Poalei Tziyon avant d’émigrer en Palestine en 1921. En 1924 elle assumait un poste au sein de l’administration de la Histadrut, puis devenait secrétaire du Comité d’action de la Histadrut et, plus tard, de la section politique de celle-ci. Par la suite elle était active comme membre du Mapai.
En 1946 elle a remplacé brièvement Moshe Sharett, emprisonné par les Britanniques, comme dirigeant du Département politique de l’Agence juive et elle négociait notamment l’entente Israël-Jordanie de novembre 1947. En 1948 elle faisait d’abord partie du gouvernement provisoire puis, en juin 1948, elle a été nommée ambassadrice en URSS. De 1949 à 1956, elle était Ministre du travail. De 1956 à 1966, elle était Ministre des Affaires étrangères. De 1966 à 1968 elle était secrétaire général du Mapai, et ensuite secrétaire général du Parti travailliste nouvellement constitué. En 1969, elle devenait Premier ministre, poste dont elle a démissionné en 1974.
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Sadeh (Landsberg), Yitzhak (1890-1952)
Yitzhak Sadeh est né en Pologne. Il a débuté sa carrière militaire dans l’armée russe durant la Première Guerre mondiale et a été décoré. En 1920 il immigrait en Palestine. Il participait au Gdud Haavoda. Il était commandant de la Haganah, en 1921 à Jérusalem, puis durant la révolte arabe de 1929 à Haïfa. À l’éclatement de la révolte arabe de 1936, il a établi à Jérusalem une unité militaire appelée "Nodedet" (ce qui signifie "vagabond") basée sur la stratégie d’attaquer les groupements arabes plutôt que de défendre les colonies de l’intérieur. En 1937 il a créé le "Posh" (acronyme pour "Plugot Sadeh", c’est-à-dire Compagnies Sadeh), intégré à la Haganah. En 1941, il participait à la fondation du Palmah[63], troupe de choc de la Haganah, et en occupait le commandement jusqu’en 1945. En 1945 il a été nommé Commandant en chef de la Haganah. Il a quitté le service militaire lors de la dissolution du Palmah en 1949. Il a adhéré au Mapam lors de sa formation en 1948.
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Shamir (Yzernitzky), Yitzhak (1915-)
Yitzhak Shamir est né en 1915 en Biélorussie. À partir de 1929, il était membre actif du Betar. En 1935 il a immigré en Palestine. Lors de l’insurrection arabe de 1936, il devenait instructeur dans le cadre des "cellules nationales", un mouvement de la jeunesse révisionniste, et participait aux actions militaires dans la région de Tel-Aviv. En 1937, il a adhéré à l’Irgun et en 1940 il suivait la scission menant à la constitution du Lehi. En 1941 il a été emprisonné par les Britanniques. Il s’échappait en 1943 du camp de détention et devenait l’un des principaux dirigeants du Lehi. En 1946 il a été à nouveau arrêté par les Britanniques et exilé en Érythrée. Il s’échappait en 1947, réussissait à passer en Djibouti (Somali française), où il a été à nouveau appréhendé. Mais le représentant de l’Irgun à Paris a convaincu le Premier ministre français, Robert Schumann, d’ordonner le transport en France de Y. Shamir, où il arrivait au début de 1948 et obtenait l’asile politique. Après l’établissement de l’État d’Israël, il y retournait. Il exerçait de nouveau la direction du Lehi jusqu’à sa dissolution en 1949.
Y. Shamir était actif au sein du Parti de la "Liste des combattants" (lié au Lehi) jusqu’à la disparition de celui-ci. Après avoir dirigé plusieurs entreprises commerciales (une chaine de cinémas, une entreprise de construction dans le Néguev), il rejoignait le Mossad[64] au milieu des années 1950 et y exerçait des fonctions haut placées durant la décennie suivante, jusqu’en 1965. Puis il retournait aux activités commerciales privées. Vers la fin des années 1960 il dirigeait une petite usine de caoutchouc.
En 1970 il entrait au parti Herut dirigé par Menahem Begin. Il a été élu au parlement en 1973. Il a été membre du Comité aux Affaires étrangères et à la défense. En 1975 il devenait secrétaire du Likud. Après sa réélection en 1977, il devenait Secrétaire du Parlement, poste qu’il occupait jusqu’en 1980. Après la démission de Moshe Dayan il prenait en 1980 le poste de ministre des Affaires étrangères et continuait dans cette fonction après les élections de 1981. En octobre 1983, il succédait à M. Begin en tant que Premier ministre. Après les élections de 1984, il devenait vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’union nationale. En 1986, il devenait de nouveau Premier ministre en remplaçant Shimon Peres selon le système de rotation prévu. Après les élections de 1988 il constituait un autre gouvernement d’unité nationale, cette fois sans principe de rotation. Ce gouvernement tombait en 1990 mais Y. Shamir a réussi à former un nouveau gouvernement de coalition. Après sa défaite électorale en 1992, il démissionnait de la direction du parti et se retirait du parlement en 1996.
Voici à titre d’illustration un extrait d’un discours prononcé le 5 octobre 1981 par Y. Shamir en tant que Ministre des Affaires étrangères[65] :
L’opinion publique en Occident se trouve exposée à des clameurs bruyantes en soutien à la cause palestinienne. […] La propagande arabe appelle à la constitution d’un foyer national, comme ils disent, pour les Palestiniens sans patrie. […] Il est important de comprendre l’aspect que "la Palestine, c’est la Jordanie" et que le conflit n’est pas, et n’a jamais été, entre Israël et un peuple sans État. Une fois que cela est compris, la dimension émotionnelle qui évoque des problèmes de conscience dans certains esprenaits, se trouvera éliminée. Si les choses sont envisagées sous cette lumière, vous avez d’un côté un État arabe palestino-jordanien, et Israël de l’autre, et alors le problème est réduit à un conflit territorial entre deux États. Le conflit aura alors été réduit à ses proportions réelles et maîtrisables.
Voir : Guerre israélo-arabe 1948-1949 (Deir Yassine) ►
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Sharett (Shertok), Moshe (1894-1965)
Moshe Sharett est né en 1894 en Ukraine. Sa famille émigrait en Palestine en 1908. Il était d’abord membre de l’Ahdut Haavoda, puis du Mapai. Il était actif au sein de la direction de la Histadrut. En 1933 il devenait directeur du département politique de l’Agence juive, poste qu’il occupait jusqu’en 1948. C’est lui qui obtenaitt la formation, en 1944, de la Brigade juive au sein de l’armée britannique, pendant la Deuxième Guerre mondiale. En 1947, il agissait comme représentant devant l’Assemblée générale de l’ONU. En 1948, il devenait ministre des Affaires étrangères. En 1954, il succédait à David Ben Gourion comme Premier ministre, jusqu’au retour de celui-ci l’année suivante. Il restait ministre des Affaires étrangères jusqu’en 1956. En 1960 il a été désigné comme président de l’Organisation sioniste mondiale et de l’Agence juive.
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Tabenkin, Yitzhak (1887-1971)
Yitzhak Tabenkin est né en Biélorussie en 1887. Il participait à la fondation du Poalei Tziyon en Pologne, puis a immigré en Palestine en 1911. Il y rejoignait l’organisation "d’autodéfense" Hashomer[66]. En 1921, il participait à la fondation du Kibbutz Ein Harod (dans le cadre du Gdud Haavoda), qui ultérieurement devenait le centre du Hakibbutz Hameuhad (Mouvement unifié de Kibbutz). Il a été aussi l’un des fondateurs de l’Ahdut Haavoda, puis membre du Mapai. Après la Deuxième Guerre mondiale, il a été l’un des principaux protagonistes du processus qui conduisait à la séparation de la Siah Beth du Mapai, débouchant sur la reconstitution de l’Ahdut Haavoda, suivi de la formation du Mapam, dont l’Ahdut Haavoda se séparait ensuite de nouveau pour rejoindre finalement le Parti travailliste. Après la constitution de l’État d’Israël, il a été élu député au parlement. Il était opposé au plan de partition de 1937. Par la suite il militait en faveur du Grand Israël ("Eretz Yisrael Hashlema"), notamment après la Guerre de 1967.
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Weizmann, Chaim (1874-1952)
Chaim Weizmann est né en Russie en 1874. En 1905 il s’est établi en Grande-Bretagne et a été élu au Conseil sioniste général, organe de l’Organisation sioniste. Pendant la Première Guerre mondiale il développait un contact étroit avec les Britanniques et jouait un rôle clé en ce qui concerne la formulation de la Déclaration Balfour. En 1918 il a été nommé à la tête de la Commission sioniste envoyée en Palestine par le gouvernement britannique pour élaborer des consignes au sujet du développement futur du pays. Peu après, il dirigeait la délégation sioniste à la Conférence de paix de Versailles, et en 1920 il devenait président de l’Organisation sioniste, poste qu’il occupait jusqu’en 1946, avec une interruption entre 1931 et 1935. Il assumait également la direction de l’Agence juive lors de sa création en 1929. Lors de l’établissement de l’État d’Israël, il en devenait Président.
Ch. Weizmann a été de ceux qui n’excluaient nullement l’idée d’un transfert des populations arabes. Il en faisait part entre autres à l’ambassadeur soviétique à Londres, Ivan Maïski, lors d’une réunion secrète tenue en février 1941, en proposant le transfert d’un million de Palestiniens vers l’Irak afin d’établir des Juifs polonais à leur place[67].
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[1]. La source du texte qui suit se trouve ici :
http://histmove.ouvaton.org/pag/chr/pag_004/fr/pag.htm
[ROCML : Nous le reproduisons avec l’accord du responsable du site 321ignition.free.fr]
[2]. http://www.us-israel.org/jsource/Zionism/First_Cong_&_Basel_Program.html
Traduit de l’Anglais par nous.
[3]. http://domino.un.org/UNISPAl.NSF/d80185e9f0c69a7b85256cbf005afeac/f86e0b8fc540dedd85256ced0070c2a5!OpenDocument
Traduit de l’anglais par nous.
[4]. http://www.us-israel.org/jsource/Zionism/zionnow.html
Traduit de l’anglais par nous.
[5]. [Note ROCML] Voir "Les Juifs, l’histoire, la géographie – La vision sioniste de la “terre promise”" ►.
[6]. Lenni Brenner, The Iron Wall – Zionist Revisionism from Jabotinsky to Shamir, London, Zed Books, 1984, chapitre 15
http://www.marxists.de/middleast/ironwall/15-shamir.htm#mad
[7]. http://www.shalomarchav.be/article.php3?id_article=76
Le Monde, 7‑8/4/02.
[8]. David Ben Gourion, Report to the World Council of Poalei Tziyon, Tel-Aviv, 1938. Cité par Israel Shahak in: Journal of Palestine Studies, printemps 1981. Traduit de l’anglais par nous.
http://www.marxists.de/middleast/schoenman/ch04.htm
[9]. Washington Report on Middle East Affairs, mars 1998. Traduit de l’anglais par nous.
http://www.washington-report.org/backissues/0398/9803029.html
[10]. À ne pas confondre avec le mouvement Ihud établi en 1926 par le PKP dans le but de promouvoir l’unité des travailleurs juifs et arabes.
[11]. Avukah Student Action (journal d’Avukah, organisation d’étudiants sionistes), octobre 1942, New York.
[12]. http://www.hebroots.org/hebrootsarchive/9805/980513_b.html
Traduit de l’anglais par nous.
[13]. Washington Report On Middle East Affairs, septembre 1999. Traduit de l’anglais par nous.
http://www.washington-report.org/backissues/0999/9909042.html
[14]. Washington Report On Middle East Affairs, op. cit. Traduit de l’anglais par nous.
[15]. Abraham Brumberg, "Anniversaries in Conflict: On the Centenary of the Jewish Socialist Labor Bund", Jewish Social Studies, 5.3 (1999), p. 196‑217. Traduit de l’anglais par nous.
http://muse.jhu.edu/demo/jewish_social_studies/v005/5.3brumberg.html
[16]. Voir à ce sujet : M. Rafes, "Le Mouvement communiste israélite", L’Internationale Communiste, 9, 1920.
https://www.rocml.org/References-ML/1919-12-04-rafos-mouvement-communiste-israelite/
[17]. Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, Paris, La Fabrique, 2000, p. 166‑167.
[18]. http://www.radioislam.org/historia/zionism/zionrac07.html
Yisrael Eldad, "Sur l’Esprit qui a été révélé au sein du Peuple", Deot, hiver 1968. Cité in: Uri Davis & Norton Mezvinsky, Documents from Israel 1967-73: Readings for a Critique of Zionism, Reading, MA., Ithaca Press, 1975, p. 186‑187. Traduit de l’anglais par nous.
[19]. http://domino.un.org/UNISPAL.NSF/eed216406b50bf6485256ce10072f637/ed4c9480931667c78525611c00567ce0!OpenDocument
Menachem Begin, The Revolt: Story of the Irgun, New York, Schuman, 1951, p. 163. Traduit de l’anglais par nous.
[20]. Suite à l’éclatement de la Première Guerre mondiale, les Britanniques, représentés par Henry MacMahon, négocièrent à travers un échange de lettres une alliance avec Husayn, en lui demandant d’œuvrer en faveur d’une révolte arabe coïncidant avec l’offensive militaire prévue dans la région pour l’été 1916 et en lui promettant en échange la création d’un royaume arabe, dont les contours n’étaient cependant pas clairement définis. Or par ailleurs, en 1916, a été conclu l’accord Sykes-Picot entre la Grande Bretagne, la France et la Russie afin de partager l’Empire ottoman, après sa défaite, en sphères d’influence. La Grande Bretagne dominerait la Mésopotamie ainsi que la Palestine à l’est de la rivière Jourdain; la France, la Syrie et le Liban; la Russie, le détroit turc et le Kurdistan. La Palestine à l’ouest de la rivière Jourdain serait administrée conjointement. Bien que cet accord n’excluait pas l’existence d’Etats arabes indépendants, il les destinait cependant à une situation d’asservissement.
[21]. Mufti: Docteur de la loi musulmane, jugeant les questions de dogme et de discipline.
[24]. Hans Adolf Jacobsen (Ed.), Der Weg zur Teilung der Welt – Politik und Strategie 1935-1945, Koblenz/Bonn, Wehr und Wissen, 1977, p. 129.
Également in: Gerald Fleming, Hitler and the Final solution, Berkeley, University of California Press, 1984, p. 101‑104. Traduction française: Paris, Julliard, 1988, p. 138.
http://www.ns-archiv.de/verfolgung/antisemitismus/mufti/in_berlin.shtml
http://notendur.centrum.is/~snorrigb/mufti6.htm
[25]. Voir à ce sujet: J. B., "Le Mouvement national arabe", Correspondance Internationale, 29, juin 1924.
https://www.rocml.org/References-ML/1924-06-04-j-b-mouvement-national-arabe/
[26]. Parmi les dirigeants du Parti de la défense nationale se trouvait Hassan Sidqi al-Dajani. En 1918 Hassan al-Dajani établit le "al-Muqtataf al-Durus" (Sélection de Leçons) renommé "al-Muntada al-Adabi" (Rassemblement littéraire) par la suite, qui était financé par les Français et qui appelait à l’unification de la Palestine avec la Syrie et qui comptait parmi ses membres Jamal al-Husayni. En 1922‑23 les sionistes fondèrent secrètement une "Société nationale musulmane" dont l’un des dirigeants était Shuqri al-Dajani (de la même famille que Hassan), l’objectif étant de contrer le Comité exécutif arabe. En 1923, Hassan al-Dajani se trouvait parmi les initiateurs du Parti nationaliste arabe palestinien qui également cherchait secrètement à obtenir des fonds sionistes. Il a été l’un des fondateurs du Parti libéral (al-Hizb al-Ahrar), en 1930, puis secrétaire du Parti de la Défense nationale. En 1931, Hassan al-Dajani (qui était alors à la tête de l’Association des propriétaires et conducteurs arabes de voitures) menait des négociations secrètes avec des représentants du département politique de l’Agence juive, en vue du financement d’un "Parti ouvrier arabe palestinien". Ses interlocuteurs, notamment Moshe Shertok, se montrèrent intéressés et des représentants de la Histadrut allèrent jusqu’à rédiger une charte pour l’organisation envisagée. Les démarches ne se concrétisèrent cependant pas. [Cf. Ann Mosely Lesch, Arab Politics in Palestine, 1917-1939: The Frustration of a Nationalist Movement, N.Y., Ithaca, 1979, p. 93-97, et Yehoshua Porath, The Emergence of the Palestinian-Arab National Movement, 1918-1929, London, Frank Cass, 1974, p. 215-16, 224. Cités in: Zachary Lockman, Comrades and enemies – Arab and Jewish Workers in Palestine, 1906-1948, Berkeley, CA, University of California Press, 1996, chapitre 5, note 28 ►.] Hassan al-Dajani était également membre du Conseil municipal de Jérusalem. Il a été assassiné en novembre 1938. Par ailleurs Aref al-Dawoodi al-Dajani a été maire de Jérusalem de 1909 à 1918 et membre du Comité exécutif arabe (créé en 1920 sous la direction de Musa Kazim al-Husayni) jusqu’en 1922.
[27]. En Palestine, le parti Istiqlal ("Indépendance") a été formé en 1932, avec Awni Abd al-Hadi [Amin Abdul Hadi] comme président. Abd al-Hadi naquit à Naplouse. Pendant ses études universitaires à Paris, il participa à la création, en 1911, du al-Jamiyyah al-Arabiyya al-Fatah (Jeune Société arabe), connu comme al-Fatah (auquel se joignit notamment en 1916 le a étéur roi Faysal de Syrie (cf. al-Hashimi), et auquel participait Said al-Husayni. Abd al-Hadi a été parmi les organisateurs du premier Congrès nationaliste arabe, tenu à Paris en 1913. Il agissait comme secrétaire personnel du roi Faysal I lors du Congrès de Versailles en 1919, puis comme conseiller d’Abd Allah de Transjordanie (cf. al-Hashimi). C’est en 1919 que a été fondé l’al-Hizb al-Istiqlal al-Arabi (Parti de l’indépendance arabe), basé à Damas, qui prit la relève de l’al-Fatah, et qui trouva ensuite un prolongement dans le parti du même nom établi en Palestine. Abd al-Hadi retourna en Palestine en 1924. Au cours des années 1920‑30 il participa à la direction du Comité exécutif arabe. En 1932, il créa le parti Istiqlal. En 1936 il devint secrétaire général du Haut Comité arabe nouvellement formé. Il était exilé de 1937 à 1941. Il a été ministre des Affaires sociales au sein du Gouvernement panpalestinien constitué en 1948. Ensuite il exerçait des fonctions ministérielles en Jordanie.
[29]. I. Pappé, op. cit., p. 159‑165.
[30]. http://www.mideastweb.org/arableague.htm
Traduit de l’anglais par nous.
[31]. Voir à ce sujet: Abouziam, "Le Fascisme en Palestine", Correspondance Internationale, 29, avril 1924.
https://www.rocml.org/References-ML/1924-00-00-abouziam-fascisme-palestine/
[32]. À ne pas confondre avec le Hashomer Hatzair.
[33]. À ne pas confondre avec Eliyahu Giladi.
[35]. Zachary Lockman, Comrades and enemies – Arab and Jewish Workers in Palestine, 1906-1948, Berkeley, CA, University of California Press, 1996, chapitre 2 ►.
[40]. Nur Masalha, "“À Miraculous Clearing of the Land”?: The Zionist Concept of “Transfer” and the 1948 Exodus".
http://www.radioislam.org/historia/zionism/masalha.html
[42]. "[…] establishing a General Commune of Jewish Workers in Palestine". Mitchell Cohen, Zion and State: Nation, Class and the Shaping of Modern Israel , New York, Columbia University Press, 1992.
http://www.wpunj.edu/newpol/issue35/schulman35.htm
[44]. Nathan Weinstock, Zionism: False Messiah, London, 1979 (publié initialement en Français comme première partie de: Sionisme contre Israël: Genèse d’Israël, Paris, François Maspero, 1969), chapitres 8 et 10.
[45]. Rabbi Dr. Chaim Simons, A Historical Survey of Proposals to Transfer Arabs from Palestine, 1895 – 1947, Kiryat Arba, Israel, 1998.
http://www.geocities.com/CapitolHill/Senate/7854/index.html
Traduit de l’anglais par nous. Voici la citation telle qu’elle figure dans une page du site visitée en aout 2002 (elle ne s’y trouve plus actuellement): "[…] a number of labour leaders have now spoken from the podium of this Congress in their agreement to the transfer plan, which is anti-Socialist, and dangerous from the standpoint of Diaspora Jewry. If Ben-Gurion and Rubashov can say this – what can we expect from the Progressive Zionists?"
[47]. Nathan Yellin-Mor, "Memories of Yair and Etzel", Jewish Spectator, été 1980, p. 32. Cité in: Lenni Brenner, loc. cit.
http://www.marxists.de/middleast/ironwall/15-shamir.htm#mad
[48]. Lenni Brenner, loc. cit.
http://www.marxists.de/middleast/ironwall/15-shamir.htm#mad
[49]. Amos Nevo, "Shamir Reaches the Post of Prime Minister without Pushing", Yediot Ahronot, 7 septembre 1983. Cité in: Lenni Brenner, loc. cit.
http://www.marxists.de/middleast/ironwall/15-shamir.htm#ter
[51]. Hurewitz, J. C., The Struggle for Palestine, New York, 1950, pp.160‑161. Cite in: Nathan Weinstock, Zionism: False Messiah, London, 1979 (publié initialement en Français comme première partie de: Sionisme contre Israël: Genèse d’Israël, Paris, François Maspero, 1969), chapitre 10.
[62]. Haaretz et Davar, 28 décembre 1960. Cité in: Michael M. Laskier, "Israel and Algeria amid French Colonialism and the Arab-Israeli Conflict, 1954-1978", Israel Studies, Volume 6, Numéro 2, été 2001. Traduit de l’anglais par nous.
http://iupjournals.org/israel/iss6-2.html
[64]. Hamossad Merkazi Lemodiin Uletafkidim Meyuhadim (Service central de renseignements et de missions spéciales), créé en 1951. Mossad signifie "Institut". Le Mossad opère à l’extérieur, tandis que le Shin Beth (acronyme pour Sherut Habitahon Haklali) est le Service de contre-espionnage et de sécurité interne.
[65]. Discours du ministre israélien aux Affaires étrangères, Times, 6 octobre 1981. Cité in: Lenni Brenner, loc. cit.
http://www.marxists.de/middleast/ironwall/15-shamir.htm#und
[67]. http://www.geocities.com/CapitolHill/Senate/7854/transfer05.html
