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Partido Socialista Unido de Venezuela |
Venezuela : trompe-l’œil et réalité ►
Le PSUV a été formé selon la volonté de Hugo Chávez d’unir autour de lui les partis qui avaient soutenu son élection à la présidence.
À cette époque, la composition du champ politique avait connu diverses réalignements. En 1967-68 un fraction de Acción democrática (AD) crée le Movimiento Electoral del Pueblo/MEP. En 1970/1971, deux groupes se séparent du Parti communiste de Venezuela (PCV). Le premier se constitue en 1970 comme "Causa Radical" (nommé "Causa R" ultérieurement), deuxième en 1971 forme le Movimiento Al Socialismo/MAS. En 1997-98, une fraction de la Causa R constitue Patria Para Todos (PPT). MAS subit plusieurs divisions, en particulier une en 2002 qui aboutit à l’existence de deux partis du même nom. La situation se clarifie ensuite : la fraction favorable au régime de Chavez crée le parti Podemos, les autres créent le parti Union.
En novembre 1998 se tiennent des élections législatives et régionales. Les forces politiques qui soutiennent Chávez se présentent en tant que coalition désignée comme "Polo Patriótico". Cette coalition inclut les partis et organisations suivants : Movimiento V República (Movimiento Quinta República, MVR, créé en 1997 par Chávez), Parti communiste de Venezuela (PCV), Movimiento al Socialismo (MAS), Movimiento Electoral del Pueblo (MEP), Patria Para Todos (PPT), et d’autres de moindre envergure. Elle gagne les élections alors que les deux partis traditionnels, l’Acción Democratica (AD) et Comité de Organización Política Electoral Independiente (COPEI), ont subi un échec. Puis, en décembre 1998, Chávez, remporte l’élection présidentielle.
En décembre 2006 Chávez annonce l’intention de créer un parti unique en soutien de son projet politique. Il propose comme nom le Parti socialiste unifié du Venezuela.
Chávez explique[1] :
Mais, mais, écoutez, moi, Hugo Chávez Frías, fils d’Hugo de los Reyes et d’Elena, né à Sabaneta le 28 juillet 1954, il y a déjà 52 ans et demi, je déclare aujourd’hui que je vais créer un nouveau parti. Je vais créer un nouveau parti. J’invite tous ceux qui souhaitent me rejoindre à venir avec moi, à venir avec moi à ce nouveau parti. Et ce nouveau parti, ce nouveau parti ne sera pas ‑ écoutez-moi bien, s’il vous plaît, car je veux m’exprimer avec précision, car le sujet est complexe, il est difficile, même si au fond, pour moi, ce n’est pas difficile, n’est-ce pas?, mais on le rend complexe, on veut le rendre difficile alors que c’est simple, pour moi c’est simple, c’est pourquoi je ne vais pas, avec votre permission à tous, perdre mon temps dans des débats stériles. Non, non. Regardez, regardez, regardez. Les partis qui le souhaitent, eh bien, qu’ils se maintiennent, qu’ils se maintiennent tout seuls, car, bien sûr, ils quitteraient le gouvernement, ils quitteraient mon gouvernement. Avec moi, je veux qu’un seul parti gouverne, un seul parti. Parce qu’il y a chaque jour davantage de partis, quelque quatorze partis. Écoutez, écoutez bien ce que je vais vous dire, en toute franchise, vous savez que c’est vrai. J’en voyais certains à la télévision qui disaient : "Notre parti a obtenu je ne sais combien de voix, et l’autre en a obtenu…". Ces voix, c’est celles de Chávez ! Ces voix n’appartiennent à aucun parti! Ne vous laissez pas berner par des mensonges! Ces voix, ce sont celles du peuple, tout simplement. […] Je remercie vivement les partis politiques pour leur excellent travail, mais ce n’est pas ça. Que les gens aient voté pour notre parti ou pour l’autre… C’est faux ! Le peuple est allé voter, le peuple est allé voter. Ne divisons pas le peuple!
Dans l’une des premières réactions publiques à l’annonce du président, le dirigeant du MVR, Elvis Amoroso, a indiqué que l’organisation se pliera à la décision de son leader. Diosdado Cabello explique : "Le parti unique est une réalité, et en ce sens, il n’y a rien à discuter; il ne nous reste plus qu’à organiser le congrès idéologique qui se tiendra au premier trimestre 2007, afin de définir les lignes directrices qui seront mises en oeuvre pour donner vie à cette proposition."[2]
Le processus de la création du PSUV a été initiée en janvier 2007, et au mois de mars Chávez a été proclamé son président. Voici la liste des organisations qui s’y sont intégrés[3].
Un certain nombre d’organisations se sont dissoutes et leurs adhérents se sont intégrés directement au PSUV : le Parti de l’Union (PU), le groupe Unidad Popular Venezolana (UPV, créé par Lina Ron)[4]. En gardant leur identité organisationnelle se joignent : le Movimiento Electoral del Pueblo (MEP), le Frente Cívico Militar Bolivariano Ezequiel Zamora (FCMB “EZ”), le Movimiento Democracia Directa (MDD), la Liga Socialista (LS), le Movimiento por la Democracia Directa, le Movimiento Independiente Ganamos Todos (MiGaTo), la Corriente Marxista Internacional.
Le PPT et le PCV ont refusé la fusion, Podemos est passé à l’opposition.
Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela a publié une déclaration[5] :
[…] Le Parti communiste du Venezuela (PCV) réaffirme son engagement historique, ferme et inébranlable, à poursuivre la lutte pour la libération nationale de la domination impérialiste et pour la construction du socialisme, principes qui nourrissent et orientent l’actuel processus révolutionnaire bolivarien dans notre pays ; […] En ce sens, le Bureau politique du Comité central du PCV décide : de réaffirmer notre adhésion sans faille à la tâche stratégique consistant à construire l’unité organique du mouvement révolutionnaire vénézuélien, avec une définition claire de son fondement idéologique, de son programme de lutte et de sa forme d’organisation, en tant qu’expression de l’état-major de la révolution, dont l’autorité morale et politique est légitimée par le peuple. […]
En avril 2008 la création du PSUV est officialisé par l’inscription devant le Conseil national électoral (CNE). Chávez présente l’opération dans le sens qu’il s’agit de la transformation du MVR qui désormais s’appelle PSUV. En avril 2010, un congrès extraordinaire adopte les statuts du parti.
En 2013 le Polo Patriótico mentionné plus haut est élargi par la constitution du "Grand Pôle patriotique Simón Bolívar". L’orientation de cette formation est lié à la proclamation du deuxième "Plan de la Patria, Simón Bolívar" couvrant la période 2013-2019 (le premier avait été établie en 2007). Il s’agit de la construction du "socialisme du 21e siècle". Ce Grand Pôle" est composé de 32 organisations, parmi lesquelles[6] : PSUV, Tupamaro, PPT, Futuro, Somos Venezuela, MEP, Por la Democracia Social (PODEMOS), PCV, Alianza para el Cambio, Unidad Popular Venezolana (UPV, fondé en 2004 par Lina Ron) Enamórate Venezuela, Organización Renovadora Auténtica (ORA), Partido Verde, Redes, Alianza Cambio, Nuevo Camino Revolucionario (NCR), Independientes por la Comunidad Nacional (IPC), Corrientes revolucionarias Venezolanas (CRV), Partido Revolucionario del Trabajo (PRT), Piensa en Democracia (PIEDRA), Vanguardia Bicentenario Revolucionaria (VBR), aux côtés d’autres partis régionaux. À ceux-là s’ajoutent, dans certaines circonscriptions, des partis, tant régionaux que nominaux, comme par exemple les partis Juan Bimba, Conciencia, Joven y MIN-UNIDAD
[1]._https://www.lahaine.org/mundo.php/chavez_y_la_construccion_del_socialismo9
[2]._https://democraciasur.com/2006/12/25/creacion-del-partido-unico-en-venezuela-aborta-el-debate-sobre-el-socialismo-del-siglo-xxi/
[3]._https://democraciasur.com/2006/12/25/creacion-del-partido-unico-en-venezuela-aborta-el-debate-sobre-el-socialismo-del-siglo-xxi/
[4]._L’UPV a fusionné avec le PSUV en 2007, mais s’en est séparé l’année suivante en raison de divergences.
À ne pas confondre avec la "Mesa de Unidad Democrática", qui est également appelée "Unidad Nacional" ou "Unidad por Venezuela"; c’est une coalition de partis politiques vénézuéliens de tendance sociale-démocrate, démocrate-chrétienne et centriste, opposés à Hugo Chávez.
[5]._https://www.aporrea.org/actualidad/n88062.html
[6]._https://www.iidh.ed.cr/images/Publicaciones/Democracia/Mision%20de%20estudio%20del%20Instituto%20Interamericano%20de%20Derechos%20Humanos%20IIDH.%20Elecciones%20Asamblea%20Nacional%202015%20Venezuela.pdf
