Qui est Henry Parra? Le manipulateur du Psuv
qui a demandé l’intervention judiciaire contre le PCV

 

Source :
https://prensapcv.wordpress.com/2023/07/14/quien-es-henry-parra-el-operador-del-psuv-que-solicito-la-intervencion-judicial-del-pcv/

 

Lundi dernier, le 10 juillet, grâce à un déploiement spectaculaire des médias, depuis l’extérieur de la Cour suprême de justice (TSJ), le pays a vu une poignée de visages apparemment inconnus se déclarer "base" du Parti communiste vénézuélien (PCV) et exigeaient l’intervention judiciaire contre lui[1].

Devant les caméras présentes à cette opération organisée par le ministère de la Communication et de l’Information, un homme est apparu, affirmant être militant communiste depuis 50 ans et qualifiant la direction du PCV d’"illégitime" et d’"illégale". Il s’agit de Henry Parra qui, depuis quelques mois, accompagne le vice-président du Parti socialiste unifié du Venezuela (Psuv), Diosdado Cabello, lors des rassemblements gouvernementaux.

Ce n’est pas la première fois que Parra se range aux côtés des membres du comité directeur du Psuv. En 2021, il avait déjà annoncé publiquement sa démission du PCV pour soutenir la candidature de Freddy Bernal[2] au poste de gouverneur de l’État de Táchira.

À ce moment-là, il a prétendu être un "militant de longue date", comme il l’avait fait le 10 juillet dernier devant le TSJ. Et comme s’il s’agissait d’un scénario éculé, il a également ignoré la ligne politique du PCV, élaborée collectivement lors de la 15e Conférence nationale.

Après cela, il a été confiné à un poste bureaucratique dans la région jusqu’à sa réapparition en avril de cette année, lorsqu’il a annoncé son intention de "sauver" le PCV. Depuis lors, Parra s’est joint au plan d’assaut avec d’autres manipulateurs politiques de Diosdado Cabello[3] qui parcouraient le pays en offrant de l’argent et des postes aux militants communistes pour qu’ils se joignent à leur aventure. Son échec a été retentissant; l’unité interne du PCV a prévalu et ils ont été contraints d’organiser un faux congrès avec des militants actifs du Psuv[4] afin de faire croire à l’opinion publique que les soi-disant "bases" du PCV étaient en désaccord avec sa direction et la ligne tracée par le 16e Congrès national.

Mais qu’a décidé ce congrès pour déclencher cette offensive antidémocratique à laquelle Parra participe activement? Eh bien, le conclave des communistes vénézuéliens a décidé en novembre dernier de rompre définitivement avec la politique antiouvrière et antipopulaire du président Nicolás Maduro.

La direction du Psuv espérait que le 16e Congrès national provoquerait une rupture interne au sein du PCV, mais en réalité, il a été décidé à l’unanimité de poursuivre le regroupement des forces révolutionnaires et populaires pour faire face à l’offensive néolibérale en cours. À partir de ce moment, la virulence des attaques des représentants du Psuv s’est intensifiée. Semaine après semaine, Diosdado Cabello a utilisé son contrôle éhonté sur les médias d’État pour affirmer sans aucun argument que le PCV avait des engagements avec l’impérialisme.

Les discours patriotiques n’ont pas manqué dans cette campagne de diffamation télévisée. Cependant, c’est Parra lui-même qui a surpris en admettant dans une vidéo élaborée par les laboratoires de propagande gouvernementale que "le Psuv veut le bulletin électoral du PCV"[5].

Ce n’est bien sûr pas un secret : à l’approche des élections et face à la montée du rejet de la gestion du chef de l’État, le Psuv s’efforce de neutraliser toute force qui s’oppose à lui afin de fabriquer une opposition docile, sans se soucier des méthodes utilisées à cette fin. C’est pourquoi nous avons Henry Parra, quelqu’un qui a déjà rompu publiquement avec le PCV au moins deux fois, se proclamant à nouveau communiste et exigeant la judiciarisation du plus ancien parti du pays, comme cela s’est déjà produit avec d’autres organisations de gauche et, bien sûr, de droite.

Les minutes passées par Parra devant les caméras de télévision lundi dernier n’étaient pas exemptes d’ambigüités. Son demi-siècle supposé de militantisme communiste ne l’a pas préservé d’imprécisions, voire d’erreurs irrémédiables. Par exemple, il a affirmé qu’il ne pouvait pas se présenter devant le "tribunal disciplinaire" du PCV pour "demander justice", mais cette instance n’existe pas dans les statuts du parti du Coq Rouge, dont la plus haute instance d’appel des décisions n’est autre que le congrès lui-même.

Ce n’était pas la seule erreur de Parra. Son invocation répétée des "bases du PCV", si souvent utilisée dans le jargon gouvernemental, laissait de côté l’organisme fondamental et régulier de la militance politique des communistes : la cellule. La raison est claire : ni Parra ni ses complices n’appartiennent à une cellule, car ils ne sont pas militants du PCV.

La note amusante de la journée (qui ne rend pas la situation moins dangereuse) a été que M. Parra n’a pas su expliquer son "plan de sauvetage". Jetant des regards anxieux de tous côtés et s’embrouillant dans ses mots, il s’est autoproclamé membre d’un "comité organisateur" qui "n’avait d’autre choix que de saisir la Cour suprême de justice pour introduire un recours constitutionnel". Et que demandaient-ils concrètement? Une journaliste a dû venir à son secours pour l’aider à épeler l’expression "junta ad hoc".

Mais il n’y a pas eu que des erreurs et des imprécisions; il a également recouru à des mensonges dans sa déclaration. Suivant les matrices promues par les bots du gouvernement sur les réseaux sociaux, Parra a dénoncé une alliance inexistante entre le PCV et l’opposante d’extrême droite, María Corina Machado. Quels sont les preuves ou les arguments qui soutiennent une telle affirmation? Aucun, c’est juste "une idée qui fait son chemin", a‑t‑il déclaré.

Adepte du style goebbelsien de propagande du Psuv, Parra a affirmé que le PCV "ignore le blocus" et le rôle de la politique US qui "a affamé" (sic) le peuple. Cependant, le rôle joué par le PCV dans le mouvement communiste international en tant que moteur d’importantes campagnes de solidarité mondiale avec le Venezuela face à l’agression impérialiste est indéniable. Il est également de notoriété publique que le PCV a demandé l’emprisonnement de tous ceux qui ont encouragé l’ingérence étrangère dans le pays ou qui ont volé les biens de la nation.

Ce personnage prétend remplacer les neuf décennies de tradition antiimpérialiste du PCV par le mantra idiot "ce que dise Nicolás". Son comportement s’apparente davantage à celui des marionnettes qui polémiquent parfois avec le gouvernement devant les micros en feignant une fausse autonomie, mais qui votent sans broncher les projets du Psuv à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas sans raison que certains ont commencé à l’appeler Henry "scorpion" Parra.

 



[1]https://prensapcv.wordpress.com/2023/07/10/video-mercenarios-al-servicio-del-psuv-solicitan-al-tsj-intervencion-del-partido-comunista-de-venezuela/

[2]https://www.facebook.com/watch/?v=1243419152751762

[3]https://prensapcv.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/05/dossier.pdf

[4]https://prensapcv.wordpress.com/2023/05/21/psuv-realiza-falso-congreso-para-asaltar-al-partido-comunista-de-venezuela/

[5]https://twitter.com/lubrio/status/1668748051694104578