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Pour réaliser ses intérêts réactionnaires,
la Turquie zigzague au milieu des conflits interimpérialistes

LA VOIX DES COMMUNISTES, no 28, 1er semestre 2021 – p. 38-42

Afin de compléter les articles des numéros récents de la Voix des Communistes concernant le Moyen-Orient, nous allons ici nous pencher plus spécifiquement sur le rôle de la Turquie dans cette région.

Pour comprendre le rôle de la Turquie, il est nécessaire de faire un bref historique du niveau de développement du capitalisme dans ce pays et des étapes principales qui l’ont constitué.

Historique du développement du capitalisme en Turquie

La Turquie a connu un retard dans le développement du capitalisme par rapport aux pays européens. Ce retard est lié en partie à la structure de la base économique de l’Empire ottoman qui a freiné l’émergence d’une classe bourgeoise turque politiquement dominatrice.

L’Empire ottoman n’a pas fonctionné comme un véritable empire colonisateur (au sens que nous le connaissons avec la France, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, les Provinces-Unies, etc.), mais plutôt un empire expansionniste de type féodal dans lequel les territoires occupés doivent payer de lourdes taxes. Pour cette raison, le développement du capitalisme a été tardif en Turquie. Quand Moustapha Kemal "Atatürk" a pris le pouvoir, l’industrialisation de la Turquie était proche de zéro. Jusque dans les années 1940-1950 c’est un pays semi-féodal. Le capitalisme s’accélère cependant à partir du plan Marshall de 1946.

À l’époque de l’Empire ottoman, les manufactures sont principalement entre les mains de populations non turques (surtout grecques, arméniennes et juives). Les massacres, génocides et déportations qui auront leur apogée en 1915 (mais qui ont commencé bien avant exemple : les massacres de Cilicie en 1909) sont à comprendre dans ce contexte la bourgeoisie émergente turque doit "faire de la place" pour s’imposer comme groupe bourgeois dominant dans l’empire en utilisant le nationalisme turc (et l’idéologie panturquiste) comme instrument pratique de réalisation de cet objectif.

La société turque issue de la Première guerre mondiale était une société traditionnelle agricole, sans bourgeoisie ni classe ouvrière développées. Les éléments capitalistes consistaient principalement en la présence de marchands et banquiers grecs et arméniens pour la grande majorité et juifs. La révolution bourgeoise impulsée par Moustapha Kemal visait à favoriser la consolidation d’une bourgeoisie d’ethnie turque. Cependant, dans cette période, les tâches politiques et historiques de la révolution bourgeoise n’ont pas été atteintes (notamment sur la question des Kurdes et des autres minorités, sur la liberté dans l’expression politique, sur la réforme agraire, etc.). L’armée turque a toujours été la force politique dirigeante.

À mesure que l’État et le capitalisme se développèrent en Turquie, les besoins de la bourgeoisie ont évolués et des ajustements ont été réalisés, y compris par plusieurs coups d’État.

Le coup d’État de mai 1960 répondait notamment à cet objectif en libéralisant la société (libéralisation des universités, droits syndicaux, séparation des pouvoirs) afin de favoriser la formation de cadres turcs pour la bourgeoisie, qui étaient jusque-là déficients quantitativement. Comme indiqué plus haut, le développement du capitalisme en Turquie lui a imposé de procéder au renouvèlement de son l’instrument d’État. Cela a généré des conflits entre la nouvelle bourgeoisie monopoliste (laquais de l’impérialisme) et le groupe social des propriétaires terriens qui contrôlaient toutes les provinces de Turquie (essentiellement des campagnes).

Cette nouvelle situation n’a pas uniquement créé des conflits entre les différentes franges de la bourgeoisie, le conflit entre travail et capital s’est aussi accentué. À partir de l’année 1960 la lutte de la classe ouvrière s’accélère, avec par exemple l’occupation de terres par des journaliers agricoles et des paysans. Le TIP (Parti Ouvrier de Turquie) est créé en 1961 et en 1965 fait élire 15 députés au parlement. Une partie de la jeunesse rejoint cette mouvance, crée une organisation DEV-GENÇ (Jeunesse Révolutionnaire), qui est à l’origine de plusieurs groupes révolutionnaires. La situation économique se détériore avec une forte récession économique à la fin des années 1960. Le contexte international, notamment les mobilisations en 1968 des ouvriers et étudiants comme en France, ainsi que l’essor des mouvements antiimpérialistes, exerce également une influence stimulatrice. La solidarité avec les causes vietnamienne et palestinienne se développe, et la pression exercée par la bourgeoisie conduit certaines organisations révolutionnaires à franchir le pas vers la lutte armée.

Les 15-16 juin 1970 a eu lieu une grande grève régionale dans la région d’Istanbul pour s’opposer aux attaques réactionnaires du capital contre les droits syndicaux et politiques et dont la répression couta la vie à de nombreux militants ouvriers. Face au renforcement de la classe ouvrière et à la crainte d’une révolution, la bourgeoisie turque, à court d’autres solutions, a réglé le problème par le coup d’État de mars 1971. Il s’est traduit par des restrictions concernant un certain nombre de libertés démocratiques existantes depuis le coup d’état précédent, de 1960 (contrôle accru ou interdiction des mouvements et organisations prolétariennes politiques et syndicales, massacres anti-communistes  par des nationalistes-chauvins, restrictions des droits syndicaux, gel des salaires) et un renforcement de la grande bourgeoisie par l’octroi de crédits et une dévaluation monétaire favorable aux grands groupes capitalistes.

Le coup d’État de septembre 1980 accentue encore fortement cette répression. Il a été organisé par la grande bourgeoisie des monopoles, avec la complicité des États-Unis et des autres pays impérialistes occidentaux. Ses origines sont multiples. La première cause est interne : jusqu’aux petits villages, la lutte politique-sociale était intense et omniprésente, les organisations prolétariennes étaient très influentes. La société était divisée entre deux camps, révolutionnaire et réactionnaire. Le jour même du coup d’État, des centaines de milliers d’ouvriers étaient en grève et la situation était réellement révolutionnaire. Le peuple kurde s’organisait de plus en plus, et la revendication d’auto-détermination se propageait au Kurdistan. La seconde origine est externe et directement liée à la situation au Moyen-Orient, notamment avec la révolution islamique en Iran les États-Unis ont perdu un pays allié, n’étant plus sous leur contrôle. Si on prend aussi en compte le contexte de la guerre froide qui existait encore à l’époque, c’était une raison majeure d’appuyer ce coup d’État. Celui-ci et la réaction qui a suivie ont couté très cher aux mouvements communistes, révolutionnaires et à toutes les forces démocratiques de Turquie.

À partir de 2000, la clique bourgeoise dominante a utilisé le mécontentement de la population contre l’armée turque, suscité par ce coup d’État, pour changer la configuration  politique  du  pays.  Depuis,  la  fraction bourgeoise au pouvoir est constituée politiquement d’une alliance entre panturquisme et islamo-nationalisme. Ce dernier courant, en Turquie, vise l’unification avec les peuples turcs d’Asie central; il reprend des éléments du pantouranisme, un mouvement datant du début du 20e siècle.

La Turquie tente d’ augmenter son influence au niveau international

Aujourd’hui encore, la Turquie n’a pas atteint pour lui-même le stade de pays impérialiste au plein sens du terme et reste encore largement dépendant des impérialismes principalement actifs dans la région (notamment l’impérialisme US dont elle a longtemps été un relai régional dans la lutte contre l’Union Soviétique, mais pas seulement puisqu’elle est aussi une zone les capitaux des puissances impérialistes européennes ont une forte influence et de nombreuses relations avec les capitalistes turcs). En parallèle, au cours de la dernière décennie, la bourgeoisie tente d’élargir son influence au Moyen-Orient, au Caucase et dans les anciennes républiques socialistes d’ethnies turciques. La Turquie poursuit aussi le but d’empêcher la formation d’une république kurde, et ce dans n’importe quelle partie du Kurdistan comme en témoigne l’occupation d’Afrin et d’autres villes du Kurdistan ouest (Rojava) pour étouffer le mouvement révolutionnaire. La mise en œuvre de cette agression est une réaction, qui était prévisible, à l’échec des djihadistes de Daesh et consorts à vaincre militairement les Kurdes. Pour parvenir à ces objectifs, la bourgeoisie turque essaye d’utiliser les conflits interimpérialistes pour augmenter son influence et sa "part du gâteau" et empêcher parallèlement la création d’un État kurde unifié, ce qui est l’un de ses buts principaux.

La Turquie est donc active sur plusieurs  terrains avec des perspectives et des résultats assez divers mais toujours de façon réactionnaire. En Libye, à l’époque de Kadhafi, la France avait noué des liens économiques importants avec le régime. L’État turc aussi a depuis longtemps des intérêts économiques dans ce pays. Après la chute du régime en 2011, s’est suivie une période de manœuvres intenses de la part de pays impérialistes, dont la France, pour maintenir la Libye dans leur sphère d’influence. Pour les entreprises de construction turques, environ 15 % des activités à l’international étaient localisées en Libye. Les évènements ont mis un coup d’arrêt à des projets dont la valeur est estimée à quelque 20 milliards d’euros. La Turquie s’efforce de raviver ces contrats, mais la situation est embrouillée, à cause des conflits entre groupes rivaux qui se disputent le pouvoir. Actuellement, les principales entreprises de construction turques, dont Cengiz Insaat, Yuksel Insaat et Tikfine, visent à obtenir la saisie des actifs de la Banque centrale de Libye pour récupérer les frais accumulés sur les transactions qui ont eu lieu pendant les plus de 40 ans de mandat de Kadhafi (1969-2011). D’un point de vue militaire par contre, l’influence turque n’a pas abouti à grand-chose et aucun but n’a pu être atteint, car la Turquie se trouve bloquée par les intérêts des principales puissances impérialistes actives dans la région. En outre, la question libyenne ne peut être totalement séparée des enjeux liés au contrôle de la Méditerranée et des évènements en mer Égée.

Quant au Moyen-Orient, nous avons déjà montré dans les numéros précédents de la Voix des Communistes les buts véritables de la politique agressive déployée par la Turquie (voir les lectures complémentaires suggérées en fin d’article). La Turquie a certes obtenu quelques avancées, via l’utilisation de forces réactionnaires, y compris par une alliance avec les forces intégristes djihadistes en Syrie et même l’État islamique. Mais cette victoire est maigre et provisoire. L’avancée de l’État turc sur les territoires kurdes n’entrave pas le développement parmi le peuple kurde de l’esprit d’unité des quatre parties du Kurdistan, nonobstant le développement au Kurdistan Sud (Irak) d’une bourgeoisie kurde réactionnaire (souvent complice de la Turquie) depuis la deuxième Guerre du Golfe. Malgré cela, même dans ce secteur, inévitablement la conscience et l’indépendantisme se développent.

Nous ne devons pas perdre de vue la complicité des impérialistes. Pendant que les brigades progressistes (dirigées politiquement et organisationnellement par les Kurdes) au Rojava (Kurdistan Ouest) remportaient de grandes victoires militaires contre l’État islamique et divers groupes religieux réactionnaires et politiques au niveau local, la Turquie tenait des pourparlers avec les États-Unis et la Russie pour négocier les conditions et limites de ce qu’elle pourrait faire ensuite contre le Rojava. Elle a ainsi obtenu l’accord des États-Unis (qui se sont retirés de la zone peu de temps avant) et de la Russie (qui a ouvert l’espace aérien qu’elle contrôlait jusque-là) pour permettre cette agression de grande ampleur, les Kurdes n’étant plus "utiles" pour les puissances impérialistes puisque l’État islamique a perdu l’ensemble de ses territoires et qu’Al-Assad est maintenu au pouvoir. Ainsi, en Syrie et bien qu’agissant selon ses intérêts propres, l’État turc n’a pu intervenir directement qu’en accord avec les puissances impérialistes.

L’agression turco-azérie en Haut-Karabagh (dénommé Artsakh par les Arméniens) n’a pas de réel intérêt direct d’un point de vue économique, l’Artsakh est une terre montagneuse relativement pauvre et difficile d’accès. Cependant d’un point de vue politique et nationaliste il en est tout autrement.

En 1991, à la dislocation de l’URSS dont l’Arménie et l’Azerbaïdjan faisaient partie, le Haut-Karabagh organise un référendum puis proclame son indépendance vis-à-vis de l’Azerbaïdjan. Après une période de conflit militaire commencé dès 1988, un cessez-le-feu négocié par la Russie entre en vigueur en 1994. L’Arménie contrôle depuis environ un cinquième du territoire de l’Azerbaïdjan, dont le Haut-Karabagh; la population du Haut-Karabagh est aujourd’hui composée à plus de 99% d’Arméniens de confession chrétienne.

Le président azéri Heydar Aliyev (1993-2003), décrivait la relation entre son pays et la Turquie en  ces termes : "Une seule nation, deux États". La propagande panturque se réfère volontiers à ce slogan, ainsi Erdoğan déclare le 11 décembre 2020 : "Cette victoire est aussi un tournant dans les relations Bakou-Ankara. Le principe d’“une seule nation, deux États” est l’essentiel de notre solidarité."

Cette guerre avait surtout deux finalités principales : Premièrement permettre à la frange de la bourgeoisie représentée par Erdoğan de donner des gages politiques à ses alliés nationalistes (Loups gris par ex.) en vue des prochaines élections l’AKP fait face à de très grosses difficultés internes. Deuxièmement, la capitulation arménienne a acté la création d’un corridor routier entre le Nakhitchevan et le reste de l’Azerbaïdjan, établissant ainsi une continuité territoriale entre la Turquie et l’Azerbaïdjan (hors Nakhitchevan) et un accès pour la Turquie à la mer Caspienne. C’est donc une victoire pour la Turquie, même si ce n’est pas une victoire totale puisque une partie du territoire revendiqué par l’Azerbaïdjan est toujours sous contrôle arménien.

Ici encore, la Turquie est intervenue en lien avec l’Azerbaïdjan uniquement parce que les puissances impérialistes occidentales et russes l’ont permis dans les limites leurs intérêts ne sont pas menacés. L’Arménie ne dispose pas de réels alliés au niveau diplomatique et militaire qui ait pu avoir un intérêt quelconque à empêcher cette guerre dans laquelle le rapport de force était disproportionné. Cela d’autant plus que l’Arménie avait placé au pouvoir en 2018 un premier ministre moins favorable à la Russie que les précédents et que cette agression a permis de punir à cet égard l’Arménie et de lui rappeler de se soumettre complètement à la seule puissance impérialiste pouvant leur assurer une protection. Dans le même temps, la Russie impérialiste est aussi gagnante et pérennise une présence militaire dans le sud du pays.

Pour résumer, actuellement les actions intérieures et extérieures de la Turquie trouvent une grande part de leurs explications dans l’important retard historique du développement du capitalisme en Turquie. Ce retard a conditionné l’utilisation du nationalisme turc dès la fondation de l’État dans sa forme moderne. Ultérieurement le nationalisme a constamment pris une place importante, autant en réponse à l’essor du mouvement révolutionnaire, qu’en lien avec l’inclinaison vers des visions et des pratiques de type fasciste pénétrant la bourgeoisie et la société turques, souvent via une rhétorique usant de sentiments de nostalgie de l’époque ottomane.

Sur le plan intérieur, l’État turc mène à tous les niveaux et par tous les moyens une politique répressive vère et agît pour essayer d’écraser toutes formes de luttes, qu’il s’agisse des luttes du peuple kurde, des luttes du prolétariat ou bien des luttes pour les libertés démocratiques. Pour écraser ces luttes, la bourgeoisie turque ne recule devant aucun procédé de répression : enlèvements, assassinats, arrestations massives, privations de droits civiques, etc. Depuis la perte des élections municipales dans plusieurs grandes agglomérations, les réactionnaires de l’AKP (Erdoğan) et du MHP (Bahçeci) mènent une politique encore plus agressive. Les conflits entre les différentes franges de la bourgeoisie turque se sont aggravés, néanmoins cette bourgeoisie est toujours unie sous la bannière du chauvinisme dans sa lutte contre les luttes du prolétariat et des Kurdes comme en témoignent par exemple les nombreuses destitutions d’élus ou les interdictions pour les députés de l’opposition du HDP d’organiser des conférences de presses.

Au niveau de la politique étrangère turque actuelle au Moyen-Orient, ses résultats sont globalement assez diocres, mais les buts poursuivis restent liés aux points précédents : écraser les mouvements de libération kurdes en dehors des frontières (attaque contre le Rojava en Syrie, envahissement d’une partie du Kurdistan Sud en Irak) et augmenter l’influence politique et économique de la Turquie au niveau régional comme le montrent les décisions expansionnistes et agressives révélées par les évènements récents en Méditerranée et au Caucase.

Pour finir, on peut constater que malgré les gesticulations et la propagande agressive de l’AKP, la Turquie reste un pays à la remorque des pays impérialistes actifs au Moyen-Orient et procède à toutes ses avancées ou tentatives d’avancées réactionnaires uniquement en accord avec eux et seulement dans la mesure elle ne contrarie pas leurs intérêts. Dans le même temps, la Turquie constitue un terrain émergent très intéressant pour les pays impérialistes à plusieurs points de vue : prix de la main d’œuvre, courte distance nécessaire au transport des marchandises, position géographique aux portes du Moyen-Orient, route importante pour les flux de matières premières pétrolières et gazières.

Malgré certaines protestations de façade observée en Europe, aucune sanction n’a été prise par le Parlement européen. La cause en est que leurs intérêts impérialistes passent toujours avant les luttes démocratiques des peuples. Comme toujours. En Turquie comme ailleurs.

Pour se débarrasser de la domination de la bourgeoisie en Turquie, sous toutes ses formes, les peuples de Turquie doivent compter uniquement sur eux-mêmes et leurs luttes, et ne rien attendre des pays impérialistes.

 

Lectures complémentaires disponibles sur le site du ROCML

●    Interview de Cemil Bayik (membre fondateur du PKK et coprésident du conseil exécutif du KCK) (février 2019) :

http://rocml.org/sur-la-situation-en-syrie-en-rapport-avec-la-lutte-de-liberation-des-kurdes/

●    Dossier "Sur la situation en Syrie en rapport avec la lutte de libération des Kurdes" (Juin 2019) :

http://rocml.org/dossier-kurdes/

●    "Le peuple kurde, cible de toutes les forces réactionnaires" :

La Voix des Communistes, 26 http://rocml.org/wp-content/uploads/2019/09/VDC26-septembre2019-final.pdf

●    "Solidarité avec le peuple kurde en lutte pour ses droits nationaux et démocratiques" : La Voix des Communistes, 25

http://rocml.org/wp-content/uploads/2019/04/VDC25.pdf

●    "Avec le Rojava. Pour une Syrie libre, confédérale et démocratique"

La Voix des Communistes, 23 http://rocml.org/wp-content/uploads/2018/03/VDC23_web.pdf