Au Burkina Faso comme partout en Afrique, à bas l’impérialisme français !

Comme tous les présidents français avant lui, Macron s’est livré à l’exercice de la « tournée » africaine (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana) pour annoncer avec beaucoup d’arrogance (et de fausseté) que la France tournait la page du néocolonialisme, de la « Françafrique ».

Mais la jeunesse du Burkina Faso n’était pas prête à avaler ces contes pour enfants. Tandis que notre président se livrait à un show ridicule et clownesque devant un parterre d’étudiants triés sur le volet, des milliers de jeunes ont encerclé l’université de Ouagadougou, dressé des barricades et caillassé les véhicules de la délégation française.

Aux slogans de « A bas l’impérialisme français », « Stop au franc CFA », « Retrait des forces françaises » ils ont exprimé les revendications légitimes d’une population qui ne supporte plus le joug de l’impérialisme français, incarné par ses puissants monopoles qui pillent sans vergogne les ressources de l’Afrique depuis des décennies.

Cette mobilisation populaire d’une ampleur inédite, à l’occasion de la visite d’un chef d’Etat français, témoigne aussi que la mémoire de l’action anti-impérialiste de Thomas Sankara, assassiné par les sbires de la France en 1987, est toujours vivace chez le peuple burkinabais. Ce dernier n’a jamais oublié ses actions en faveur de l’éducation, de la santé et de l’égalité homme-femme, de la démocratie dans un des pays les plus pauvres du monde. Il n’a jamais pardonné que la France ait soutenu pendant plus de 27 ans la dictature de Blaise Compaoré, balayé par un soulèvement populaire en 2014.

Ses évènements doivent être connus et largement diffusés. Développons la solidarité en France avec le combat du peuple burkinabais. Amplifions la mobilisation contre la guerre et notre propre impérialisme.

Hors d’Afrique les monopoles français !

Soldats français hors d’Afrique !

Vive l’esprit de lutte du peuple burkinabais !

Il est un exemple pour toute l’Afrique !

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Sur le mot d’ordre de sortie de l’Europe

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Un article toujours d’actualité, extrait de la Voix des Communistes n°5.

La profonde crise sociale qui secoue l’ensemble des pays européens a fait apparaître dans ces pays des revendications désignant l’UE comme la source de tous les maux et prônant la sortie de la zone euro et de l’Union Européenne.

Remarquons tout de suite que le retour à une monnaie nationale ne remettrait pas en cause le fondement de la crise, puisqu’il ne s’agit pas d’une crise monétaire mais d’une crise générale du système capitaliste. En France, cette revendication du retour au franc est l’expression d’un sentiment nationaliste chauvin, désignant les « autres » comme cause des difficultés de la société.

Quant au mot d’ordre « Sortir de L’Union Européenne » de portée plus large sur quelle réalité repose-t-il et qu’implique-t-il?

L’UE est un cartel de pays impérialistes, c’est une machine servant à favoriser les impérialistes d’Europe dans leurs rivalités envers les autres impérialistes (US, russes, chinois, etc.). Le mythe de l’Europe Unie s’est brulé les ailes depuis bien longtemps: le « rêve » des fédéralistes tombe devant la réalité matérielle du capitalisme et de l’inégalité de développement du capitalisme qui font que dans le cadre de ce système, aucune union harmonieuse ne peut exister durablement, les bourgeoisies gardant une base nationale et restant en concurrence les unes avec les autres. Malgré les discours, les ententes entre pays capitalistes ne sont possibles que si chacun peut y trouver son compte !

Se retirer de l’Union Européenne est une revendication très naturelle pour les peuples engagés malgré eux dans cette structure. Et nous, communistes sommes pour la destruction de toutes les structures dont la raison d’existence est de permettre la domination de classe de la bourgeoisie, que ces instances soient nationales ou supranationales. Nous sommes donc pour la destruction de l’Union Européenne. Pour autant cette seule revendication n’est absolument pas suffisante. Comme dans la question de l’euro, s’en tenir au retrait de l’UE ce serait revenir à un « capitalisme national » historiquement dépassé, à la fois réactionnaire et utopique. Certains courants politiques en France notamment, adoptent sur cette question une position chauvine: ils voient l’UE comme un outil d’asservissement de la France, alors que c’est le contraire: l’UE est un outil des puissances impérialistes, dont la France. Plutôt que de réduire, elle sert à accroitre sa force (et si ce n’était pas le cas, cela ferait bien longtemps qu’on n’en parlerait plus!). Ces positions chauvines conduisent à entretenir le sentiment national des travailleurs, leur soumission à la bourgeoisie au nom de l’intérêt national, en affaiblissant la conscience de classe. De ce point de vue chauvin, la sortie de l’Union Européenne, de ce cartel des impérialistes, perd donc son caractère progressiste pour devenir un des moyens d’une visée réactionnaire.

Pour que cette revendication de sortie de l’UE ne soit pas marquée de chauvinisme mais soit en accord avec les principes internationalistes, il faudrait la considérer comme une voie pour détruire l’UE et affaiblir les pays impérialistes qui la constituent. Mais pour cela le seul moyen est la révolution socialiste. C’est pourquoi seuls ne versent pas dans le chauvinisme ceux qui considèrent la nécessité de la sortie et de la destruction de l’Union Européenne comme conséquence de la révolution socialiste dans chaque pays!

Cette lutte pour le socialisme, qui entraînera l’éclatement de l’UE dirigée par et pour les pays impérialistes qui la constituent, n’est pas une lutte purement nationale mais internationaliste: elle vise à détruire le capitalisme non seulement dans un pays, mais partout! Elle vise à ce que la classe ouvrière prenne possession du pouvoir et transforme la société dans un pays et partout! C’est une lutte solidaire de la classe ouvrière et des peuples du monde entier.

Cette analyse, qui différencie les communistes des chauvinistes quant à la question de la sortie de l’Union européenne avait été faite dès 1994 par une organisation grecque du nom de S.A.K.E. Dans leur brochure « Hors de l’UE impérialiste, Pour une Grèce socialiste » ils y disent notamment que, si l’adhésion de la Grèce a l’UE a été bénéfique pour la bourgeoisie à qui elle a donné « un parapluie protecteur », cela s’est traduit pour le prolétariat par la restriction des droits, des reculs sociaux et la montée du chômage.

Concernant la lutte pour la sortie de l’Union Européenne il est dit : «La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE, la lutte pour la victoire de la révolution populaire socialiste n’est pas une lutte purement nationale. C’est une lutte internationaliste, non seulement contre le capitalisme grec mais contre le capitalisme mondial (…). La lutte pour le désengagement de la Grèce de l’UE n’est pas une lutte pour une Grèce capitaliste indépendante, qui ne peut exister, et qui même si elle existait serait aussi anti-ouvrière et antipopulaire qu’une Grèce membre de l’UE (…). Peu avant dans le texte, précédant ces explications, l’idée énoncée était: « Au cours du processus de développement du mouvement révolutionnaire, il se peut qu’un membre de la CEE devienne le maillon faible de la chaîne et que les conditions révolutionnaires y murissent. La classe ouvrière victorieuse, appuyée par les classes ouvrières des autres pays, doit alors sortir le pays de l’UE, ce qui constituera un coup décisif contre la coalition impérialiste et accélèrera le processus de décomposition et de dissolution, en aidant ainsi le développement du climat révolutionnaire dans les autres pays »

Voilà qui rétablit la position de l’internationalisme à l’heure où se développent des discours tentant de remettre au goût du jour la farce du « produisons français » que le PCF révisionniste a déjà essayée dans le passé de vendre vainement aux ouvriers de France.

La croyance en un retour salvateur à un espace national « protégé » participe à la tentation de chercher des « solutions » dans le cadre du capitalisme « national ». Cassant les reins à ces inepties, écartant les freins à la conscience révolutionnaire, la tâche actuelle des communistes est la formation de partis communistes marxistes- léninistes véritables et la préparation de la classe ouvrière, du prolétariat et des masses populaires en général à la révolution socialiste.

Abattre le système capitaliste pourrissant ou supporter des souffrances encore plus grandes dans l’implosion du système (guerres, famines, destructions de la force de travail…) – capitalisme ou socialisme – tel est, en définitive, le seul choix qui est posé aux prolétaires.

Voilà pourquoi les communistes rejettent ce mot d’ordre « sortir de l’Union Européenne » : Parce qu’il sème des illusions chauvines parmi travailleurs et parce que sa réalisation ne constituerait en rien un pas en avant vers la révolution socialiste.

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La tâche prioritaire des jeunes révolutionnaires

La tâche prioritaire des jeunes révolutionnaires :

La reconstruction du Parti Communiste Marxiste-Léniniste

Depuis quelques années, des jeunes se tournent vers le marxisme-léninisme car le capitalisme ne peut plus apporter de solutions à leurs problèmes. Ils voient dans les écrits communistes les outils nécessaires pour se forger une analyse politique de classe afin de résister à l’offensive du capital. Cette tendance est bien entendue positive néanmoins, peu de communistes se sont réellement engagés dans la réalisation de la tâche prioritaire de tous les révolutionnaires de France, à savoir la reconstruction d’un état-major révolutionnaire. Avoir conscience qu’il faut créer un Parti indépendant de la classe ouvrière, c’est refuser de céder au brouillard idéologique que disperse la bourgeoisie auprès de tous les militants révolutionnaires, c’est comprendre que sans son Parti, la classe ouvrière ne peut plus mener victorieusement sa lutte de classe. C’est en fait la tâche de tous les jeunes communistes.

LA JEUNESSE COMMUNISTE

A LA REMORQUE D’UNE STRATEGIE REFORMISTE

 

La JC est l’organisation de jeunesse du PCF. Ces deux organisations « s’enrichissent mutuellement » d’après les statuts de la JC proposés au Congrès de décembre 2014. De fait, si la base militante de la JC parait plus radicale que le PCF, il n’en reste pas moins que les perspectives politiques de la JC correspondent à la stratégie mise en place par le PCF au sein du Front de Gauche. L’objectif de la JC reste un hypothétique « dépassement du capitalisme », formule vague qui permet de faire cohabiter des tendances révolutionnaires avec l’ensemble des militants réformistes. Mais les militants communistes de la JC peuvent se poser la question : que se cache-t-il derrière ce « dépassement du capitalisme » ? Concrètement, on se rend compte que cette formule signifie la transformation du capitalisme par voie parlementaire. C’est une alliance avec les partis bourgeois au pouvoir alors que ceux-ci mènent une politique de classe en faveur du capital. En vérité, la JC est sous l’influence politique du PCF et malgré la présence de militants révolutionnaires honnêtes, elle applique la stratégie réformiste du PC.

Pour nous, il n’y a pas de solution dans un parti qui se fixe comme objectif l’aménagement du système capitaliste par le biais d’une majorité parlementaire, soutenu par le mouvement ouvrier. Donner une caution au PCF en s’organisant au sein de ses structures reviendrait à détourner le mouvement ouvrier de ses objectifs historiques. En effet, la perspective mise en avant par les réformistes d’une « majorité alternative » n’est pas une solution qui permettrait de développer les luttes et la conscience de classe de ceux qui refusent l’austérité.

Seul le rassemblement des militants politiques révolutionnaires communistes se liant aux militants syndicaux et de classe trempés dans la lutte peut permettre un pas en avant vers la perspective révolutionnaire. Ce n’est pas parce qu’on ne va pas prendre le pouvoir et construire le socialisme dès demain qu’il ne faut pas aujourd’hui s’organiser pour cet objectif. Repousser à demain la création d’une organisation révolutionnaire, être à la JC en attendant que le Parti soit créer pour ensuite le rejoindre, c’est croire que le Parti peut tomber tout prêt du Ciel. En gros, c’est repousser à jamais la reconstruction en France d’un Parti communiste.

Pourtant, la jeunesse révolutionnaire de France est courageuse. Elle a su dans le passé être à la pointe du combat communiste. C’est elle qui a appuyé de tout son poids la création d’une section française de l’Internationale communiste, c’est elle qui a mené la lutte anti-impérialiste des années 20, c’est elle qui a versé son sang dans la lutte pour la libération nationale de 1940-44. Il ne fait aucun doute que, conscients des besoins du présent, les jeunes révolutionnaires venus au marxisme-léninisme s’engageront dans la tâche prioritaire de la reconstruction du mouvement communiste en France.

CONSTRUIRE LE PARTI COMMUNISTE

LA PRIORITE DE TOUS LES JEUNES COMMUNISTES

 

Marx et Engels ont montré que le prolétariat a une mission historique, c’est de renverser la société bourgeoise afin de se libérer de son exploitation. En accomplissant cela, ils libéreront l’ensemble des couches laborieuses de la société qui subissent le joug du capitalisme. Cependant, pour accomplir leur mission, ils ont constaté que le prolétariat doit s’organiser dans un parti politique indépendant de la bourgeoisie, un parti communiste. Ainsi, pour réaliser les objectifs politiques du prolétariat, pour donner de la force à cette classe, pour développer sa conscience de classe, il faut un Parti communiste solide.

En 1900, Lénine constate que la lutte pour des réformes économiques est mise au premier plan au détriment de la lutte politique et révolutionnaire de la classe ouvrière :

« La lutte économique a une importance prépondérante, on relègue au second plan les objectifs politiques du prolétariat, on les rétrécit et on les limite, on prétend même que vouloir constituer un parti indépendant en Russie, c’est se borner à reprendre les paroles d’autrui, et que les ouvriers doivent se cantonner à la lutte économique, en laissant la politique aux intellectuels alliés des libéraux »[1].

 

Ces phrases sont écrites au moment où Lénine définit les moyens de créer un Parti politique de classe, indépendant, qui serait en mesure de prendre le pouvoir à la bourgeoisie. Dans la situation actuelle d’absence d’un parti communiste en France, l’expérience des communistes bolcheviks est essentielle à assimiler afin de reconstruire cet outil. Effectivement, aujourd’hui aussi, la lutte syndicale, économique domine le mouvement ouvrier. L’action politique de la classe ouvrière est en retrait. Le réformisme se contente de tenter de mobiliser les ouvriers sur les élections bourgeoises. Les partis réformistes se partagent les rôles avec les dirigeants syndicaux sous leur influence. Ils interviennent peu lors des mouvements de lutte mais tentent lors des élections politiques de réorienter la colère des travailleurs vers leurs partis. Au contraire des réformistes, les militants communistes et révolutionnaires pensent que mettre en avant des objectifs politiques au sein du mouvement ouvrier est une tâche essentielle pour renforcer l’unité politique des travailleurs face à leur adversaire de classe. Ils lient leurs revendications pour des réformes au but final qu’est la révolution socialiste. Ils ne se contentent pas comme les réformistes d’utiliser les retombées des luttes ouvrières pour faire aboutir leurs visées parlementaires au sein du système parlementaire bourgeois, ils ne laissent pas les intérêts politiques du prolétariat aux « intellectuels alliés des libéraux ».

En France, cette politique léniniste a bien existé lorsque le PCF était révolutionnaire. Le Parti mettait la lutte politique du prolétariat en avant, la liant aux revendications économiques. Ce fut le cas lors de la lutte anticoloniale au Maroc. En 1925, le PCF lança des grèves politiques dénonçant l’action de l’armée, française et réclamant dans le même temps des augmentations de salaires.

Ainsi, comme le remarque Maurice Thorez en 1931 :

Grâce à l’existence d’un parti marxiste-léniniste, « avec le développement de la conscience de classe, avec la création des organisations ouvrières (syndicats et Parti), nous commençons à trouver des grèves politiques. C’est-à-dire des grèves dont les ouvriers eux-mêmes ont souligné consciemment le caractère politique en ajoutant des mots d’ordre politiques aux revendications économiques, et même en mettant au premier plan la revendication politique»[2].

Dans la situation actuelle, la priorité est la création d’un parti communiste en rassemblant tous les militants marxistes-léninistes qui ont conscience que seule la Révolution et le Socialisme permettront au prolétariat de se libérer du capitalisme. La création du Parti est donc une tâche spécifique et importante pour tout communiste. Lénine après Marx a remarqué que le mouvement communiste nait de la fusion entre les communistes maîtrisant la science marxiste et l’avant-garde militante du mouvement ouvrier. Cette fusion lorsqu’elle se produit permet l’émergence d’un parti communiste mais il n’y a pas de recette miracle pour obtenir ce résultat. Comme l’explique Lénine, Dans chaque pays, cette fusion a été un produit de l’histoire, s’est opérée par des voies originales, selon des circonstances de temps et de lieux »[3].

Le PCF d’aujourd’hui n’est plus marxiste-léniniste, ni révolutionnaire. Comment créer un Parti ? En luttant au sein du PCF ? Hélas non, le nouveau parti communiste ne verra pas le jour comme en 1920 car les circonstances d’aujourd’hui sont différentes. Il n’existe pas de pays socialiste capable d’influencer le mouvement ouvrier de France, de fournir des moyens matériels. Il n’existe pas comme à la fin de la 1ère Guerre Mondiale une poussée révolutionnaire dans la classe ouvrière. La conscience politique des masses n’est pas aussi élevée. Le PCF est depuis trop longtemps ancré dans le réformisme, il n’y a plus de possibilités pour lui de redevenir communiste. Sa base n’est plus ouvrière comme auparavant (voir les analyses de Mischi). Il est aussi nécessaire de tenir compte de la situation internationale où le mouvement communiste est très affaibli. Le réformisme est en contrepartie une force organisée dans le mouvement ouvrier. S’organiser dans le PCF, ancré depuis des décennies dans le réformisme, pour le transformer de l’intérieur est une impasse avérée par l’histoire du mouvement communiste. Il est nécessaire dans la situation actuelle de réunir et d’organiser les communistes véritables afin de construire une force politique indépendante organisationnellement, politiquement et idéologiquement. Ce parti ne tombera pas du ciel du jour au lendemain.

Pourquoi cette organisation indépendante est-elle si importante ? Lénine explique que :

« Sans cette organisation, le prolétariat est incapable de s’élever à une lutte de classe consciente : sans cette organisation, le mouvement ouvrier est condamné à l’impuissance »[4].

Cette citation est valable tant que le capitalisme n’est pas renversé et les faits démontrent la véracité de l’analyse léniniste. Il n’existe actuellement pas de lieu d’assimilation de l’expérience des luttes, de la politique de la bourgeoisie, d’analyse générale de la société. De plus le mouvement est impuissant car il se limite à la lutte pour des réformes économiques. Il n’a pas d’objectifs politiques et sans cela évidemment, pas de dynamisme ou d’énergie. Il reste faible, ne grandit pas. Le réformisme quant à lui utilise l’énergie du mouvement ouvrier vers des buts limités, soumis à des impératifs de conciliation avec le système capitaliste.

Les communistes ont donc une tâche fondamentale aujourd’hui : reconstruire un Parti communiste indépendant organisationellement du vieux PCF réformiste. Que doit-on attendre des militants communistes répondant à cette tâche ? Comme Lénine l’évoque dans Que faire ?, nous devons rassembler les militants révolutionnaires, formés théoriquement au marxisme-léninisme, trempés dans la lutte de classe et gagnant une envergure nationale[5]. En effet, le parti communiste bolchévik d’Union Soviétique, grand par son expérience pour le mouvement communiste international, n’est pas devenu fort par hasard mais parce que ses dirigeants, ses cadres (parmi lesquels Lénine, Staline, Kalinine, Sverdlov…) avaient une haute conscience des tâches du mouvement pour le faire progresser et vaincre.

Est-ce qu’aujourd’hui le PCF peut se prévaloir de réutiliser cette expérience ? Quel parti aujourd’hui révèle aux travailleurs les méfaits du capitalisme ? L’abandon depuis des décennies d’une orientation clairement communiste et de classe empêche le PCF d’être le levier pour transformer la situation actuelle.

Mais alors quelle solution ? S’organiser pour construire un Parti communiste pour le prolétariat de France. Les jeunes communistes ont toute leur place dans ce processus. Les marxistes-léninistes qui mettent en avant la nécessité du Parti ont conscience des difficultés, de leur isolement actuel, de l’étendue de la tâche actuelle. Effectivement, aujourd’hui s’engager dans la JC peut sembler plus simple du fait du nombre, de ses moyens matériels, mais malheureusement, ça n’apporte pas de perspectives de progrès pour le mouvement ouvrier sauf la mise au pas des éléments révolutionnaires par les réformistes, derrière le FDG et à voter PS aux élections. Face à l’offensive du capital, on ne peut pas limiter notre riposte à ce type de conciliations bourgeoises !

Face à l’étendue de nos tâches et à nos difficultés, nous devons agir en communiste. Comme l’explique Staline à propos de tous les éléments défaitistes au sein du mouvement ouvrier :

«  La lutte du prolétariat n’est pas une avance ininterrompue, une chaîne continue de victoires. La lutte du prolétariat a aussi ses épreuves et ses revers. Le véritable révolutionnaire n’est pas celui qui fait preuve de courage dans la période de l’insurrection triomphante, mais celui qui, tout en combattant bien durant l’avance victorieuse de la révolution, fait preuve de tout autant de courage quand la révolution bat en retraite, quand le prolétariat connait la défaite, celui qui ne perd pas la tête et ne flanche pas quand la révolution subit des revers, quand l’ennemi remporte des victoires ; qui n’est pas pris de panique ni ne perd espoir quand la révolution est en recul »[6].

Ne pas flancher aujourd’hui, c’est ne pas renoncer à organiser la classe ouvrière sur la base de ses intérêts de classe et dans un parti indépendant de la bourgeoisie. Voilà ce qu’est être un communiste au XXIème siècle.

JCML

janvier 2015                                                                   

 

[1] Lénine, Par où commencer ?, 1900

[2] Thorez M., « La grève politique de masse », in Cahiers du bolchévisme, n°1, janvier 1930.

[3] Lénine, Par où commencer ?, 1900

[4] Idem.

[5] Voir le chapitre 2, la formation du POSDR dans l’Histoire du Parti Communiste bolchevik d’Union Soviétique, 1939.

[6] Staline J., écrit en 1924, in Les questions du léninisme.

Conférence du 6/7/12/2014 : Résolution sur l’impérialisme aujourd’hui

L’IMPERIALISME AUJOURD’HUI

 

INTRODUCTION

Mondialisation, globalisation… Les économistes et les idéologues de la bourgeoisie inventent des nouveaux mots pour tenter de désigner les phénomènes macro-économiques internationaux dont ils sont incapables de trouver les causes et dont ils sont incapables, forcément, d’apporter les réponses aux phénomènes de crise qui les accompagnent. Pour les marxistes, ces néologismes ne sont qu’une tentative pour masquer que l’économie mondiale et les réalités politiques et militaires qui lui sont liées ne sont autre chose que l’impérialisme dans les conditions de notre époque. Pourtant, cet impérialisme moderne n’est guère différent, dans sa nature, de l’impérialisme tel que Lénine l’a décrit et analysé au début du XX ème siècle. Seuls son niveau de développement et sa structure ont changé, avec les changements politiques survenus après la liquidation du socialisme en URSS, la chute du camp socialiste qui s’en est suivi, l’apparition de nouvelles puissances dominées par le capital monopoliste et financier, et les techniques modernes de circulation internationale du capital.

 

LA THEORIE LENINISTE DE L’IMPERIALISME

 

La théorie léniniste de l’impérialisme est le produit de l’analyse du capitalisme par Marx et Engels appliquée aux conditions du développement de ce système à la fin du XIX ème et au début du XXème siècles. Lénine a défini scientifiquement l’impérialisme comme le stade supérieur, ultime du capitalisme. Aucun autre stade ne peut lui succéder dans ce mode de production.

Qu’est-ce qui définit, selon Lénine, cette étape ultime du capitalisme ?

Si l’on devait définir l’impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu’il est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l’essentiel, car d’une part le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d’industriels, et d’autre part le partage du monde est la transition de la politique coloniale s’étendant sans obstacle aux régions que ne s’est encore appropriée aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopoliste de territoire d’un globe non encore entièrement partagé.

Mais les définitions trop courtes, bien que commodes parce que résumant l’essentiel, sont cependant insuffisantes, si on veut en dégager des traits fort importants de ce phénomène que nous voulons définir. Aussi, sans oublier ce qu’il y a de conventionnel et de relatif dans toutes les définitions en général qui ne peuvent jamais embrasser les liens multiples d’un phénomène dans l’intégralité de son développement, devons nous donner de l’impérialisme une définition englobant les cinq caractères fondamentaux suivants :

  • Concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique.
  • Fusion du capital bancaire et du capital industriel et création sur la base de ce « capital financier » d’une oligarchie financière.
  • L’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière.
  • Formations d’union internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et…
  • Fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes.

( Lénine, l’impérialisme stade suprême du capitalisme, 1916-1917 )

Comme l’exprime cette définition, l’impérialisme est d’abord un mode de domination économique qui conduit au partage du monde entre les puissances qui ont atteint ce stade.

LES CARACTERISTIQUES DE L’IMPERIALISME DEFINIES PAR LENINE SONT ELLES CADUQUES ?

Nous ne le pensons pas. Ce qui a changé, ce sont les moyens modernes mis en œuvre pour les appliquer. Les nouvelles technologies de production, de gestion, d’information, de circulation du capital et des marchandises ne contredisent pas ces caractéristiques. Au contraire, elles ne font que les amplifier, les approfondir et porter au paroxysme leurs effets.

La crise mondiale actuelle est d’une autre dimension que les crises cycliques internes au système impérialiste capitaliste qui ont précédé. Elle est irréversible et marque la limite historique du système lui-même.

 

QUEL EST LA SITUATION ACTUELLE DU SYSTEME IMPERIALISTE MONDIAL ?

Le partage du monde entre les puissances impérialistes n’est jamais définitif et statique. Les intérêts du capital financier dont ils ont la charge opposent en effet ces pays les uns aux autres. Toute l’histoire moderne et contemporaine, économique et politique, diplomatique et militaire exprime cette nécessité, pour les Etats impérialistes, de défendre ou d’agrandir leur part dans le dépeçage de la planète. Le développement inégal des économies capitalistes entraîne la nécessité de modifier ce partage, selon les possibilités du rapport des forces entre eux.

Au XXème siècle, les guerres inter-impérialistes furent la conséquence de cette nécessité. Le passage au XXI ème siècle n’a pas changé cette loi économique, politique et militaire.

Ironie de l’Histoire, et effet imprévisible de leurs guerres, l’espace à se partager entre elles se trouva rétréci avec la constitution de l’URSS à l’issue de la première guerre mondiale, du camp socialiste à l’issue de la deuxième, de la victoire de la révolution populaire en Chine et des victoires des luttes de libération anti coloniales dans les années qui suivirent.

Un quart de siècle de développement après la seconde guerre mondiale, le système impérialiste se vit une nouvelle fois atteint par une crise de surproduction globale. Seule la contre-révolution victorieuse en URSS après la mort de Staline et le XX ème congrès du PCUS, et l’effondrement du camp socialiste qui a suivi a permis à l’impérialisme d’étendre son champ d’action et d’échapper momentanément à l’asphyxie et à l’ implosion .

Aujourd’hui, l’impérialisme étend ses racines sur l’ensemble de la planète et pourtant la crise de surproduction mondiale sévit toujours et accentue ses contradictions insurmontables.

Pourquoi ces contradictions sont-elles insurmontables ?

Parce que 1) le monde capitaliste globalisé est dans une crise de surproduction généralisée due au développement gigantesque et mondial des forces productives en même temps qu’au déclin du marché solvable des marchandises produites. 2) La planète n’est pas extensible. Et 3) Le nombre des prétendants à son partage sont de plus en plus nombreux. Le nombre de pays impérialistes (pays où domine le capital financier) est de plus en plus grand. On en compte une quarantaine. Certes, tous n’ont pas la puissance pour s’imposer dans le partage. Seuls quelques uns ont cette capacité économique industrielle, financière et militaire. Mais tous ont besoin d’exporter leurs capitaux et collaborent pour cela avec les plus puissants. Cette crise de surproduction mondiale (surgie dans les années 70 du XXème siècle) aiguise la concurrence entre puissances impérialistes dans leur course aux marchés et dans leur accès aux matières premières. Les luttes de domination, diplomatiques et militaires, sont la conséquence des politiques néocoloniales et des rivalités entre puissances impérialistes pour rebattre les cartes pour un nouveau repartage du monde.

 

QUELLES SONT LES PUISSANCES IMPERIALISTES ACTUELLEMENT EN CONFRONTATION OU EN ALLIANCE POUR LE REPARTAGE DU MONDE ?

Parmi les puissances impérialistes figurent bien sûr les plus anciennes issues du colonialisme et du développement industriel du XIX ème et XX ème siècle : Les USA, l’Angleterre, la France, l’Allemagne… et tous les autres pays européens et américains (Canada) où domine le capital financier, même s’ils ne sont pas militairement capables d’influer seuls sur le partage du monde. Aux vieux impérialismes occidentaux, il faut ajouter le vieil impérialisme asiatique, le Japon.

A ces vieux impérialismes, il faut ajouter les nouveaux.

L’ex URSS, d’abord, rétrécie à la Russie+ quelques anciennes républiques soviétiques (CEI ).

Après la contre révolution Kroutvhévienne, l’URSS socialiste s’est d’abord transformée en puissance social-impérialiste (socialiste en parole, impérialiste dans les faits), après que la propriété socialiste d’Etat se fut transformée en propriété capitaliste monopoliste d’Etat. La Russie d’aujourd’hui est un Etat où domine le capitalisme monopoliste d’Etat. Elle a abandonné tous vestiges formels du socialisme. Elle est devenue un pays impérialiste comme les autres, selon les critères léninistes. Contrairement à ce que pensent quelques courants autoproclamés ML mais qui n’ont jamais compris le révisionnisme et le processus du passage du socialisme au capitalisme en URSS, la Russie n’est pas un pays anti-impérialiste parce qu’il s’oppose aux impérialismes occidentaux. Cette opposition relève des contradictions inter-impérialistes qui les opposent dans la lutte pour le repartage du monde.

La Chine ( RPC )

La Chine n’a jamais été socialiste au sens où les bases économiques du capitalisme n’ont jamais été éradiquées des rapports de production. La « démocratie nouvelle » était une alliance de plusieurs classes dont la classe des capitalistes nationaux. La GRCP, autrement dit «  Grande Révolution Culturelle Prolétarienne » fut peut-être une tentative de transformer cette « démocratie nouvelle » en dictature du prolétariat et d’avancer vers le socialisme. Le fait est que ce fut un échec et que les courants droitiers du PCC finirent par l’emporter. Ce sont leurs successeurs qui dirigent aujourd’hui la Chine.

Même si le PIB par habitant est très inférieur à celui des impérialismes occidentaux, l’économie chinoise est aujourd’hui indiscutablement dominée par le capital financier d’Etat ou privé, au service des monopoles d’Etat et privés. Toute la politique extérieure chinoise actuelle vise à étendre l’action de ce capital financier et des monopoles chinois, en Chine et à travers le monde. La Chine vient d’accéder au rang de première puissance économique de la planète. Même si elle a conservé quelques apparences extérieures de « socialisme », elle est aussi devenue un pays impérialiste comme les autres.

Les autres nouveaux impérialismes.

Le développement des forces productives, la concentration, la formation de monopoles, la domination et l’exportation de capital financier ont porté d’autres pays au stade de l’impérialisme. C’est le cas notamment de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud…

Les pays non impérialistes. Les conditions économiques objectives conduisent les économies nationales moins développées, souvent des ex-colonies non parvenues au stade des monopoles, à s’intégrer au système impérialiste mondial (dans le réseau d’un impérialisme puissant ou d’un autre) sans perspective de développer une économie indépendante.

 

STRUCTURE, ALLIANCES ET RIVALITES AU SEIN DU SYSTEME IMPERIALISTE CONTENPORAIN

L’impérialisme n’est pas un système monolithique. Chaque Etat impérialiste agit pour protéger et agrandir le capital financier de sa propre bourgeoisie. Ce système est donc traversé par des rivalités qui peuvent se régler pacifiquement, quand c’est possible mais aussi, quand ce n’est pas possible autrement, par la guerre.

Au XXème siècle, deux guerres mondiales ont opposé les impérialismes occidentaux.

Ironie de l’Histoire, la première conduisit à l’existence du premier Etat socialiste, l’L’URSS.

Après la deuxième guerre mondiale, pour combattre l’URSS socialiste, le camp socialiste, et les luttes anticoloniales de libération nationales, les impérialismes occidentaux constituèrent des alliances comme l’OTAN, le Traité de l’Atlantique Nord, dirigé par les USA.

La construction de l’UE, même si elle ne rompt pas l’alliance stratégique avec les Etats-Unis exprime une volonté de se libérer de sa tutelle.

Au sein de l’UE elle-même, des divergences politiques, économiques et militaires montrent que les Etats nationaux impérialistes qui la dirigent ont des intérêts nationaux différents voire parfois opposés.

Le point d’accord entre les puissances impérialistes occidentales c’est, avec des nuances, leur intérêt commun de s’opposer ensemble aux nouveaux impérialismes ( BRICS ) dans les grandes manœuvres pour se repartager la planète. L’enjeu de cette bataille est la domination des régions du monde où se trouvent les richesses naturelles minérales, énergétiques et humaines nécessaires au fonctionnement de leur économie, le contrôle de la circulation de ces richesses et l’accès aux marchés.

Tous les évènements internationaux, économiques, diplomatiques et militaires actuels s’expliquent par les rivalités qui opposent les blocs entre eux, et au sein de ces blocs, les différents impérialismes entre eux.

Les méthodes de la conquête impérialiste. Réponse à une idée fausse.

Des communistes considèrent que seuls sont impérialistes les puissances qui ont recours à la guerre, à l’agression militaire, pour gagner des positions sur d’autres puissances, apparemment pacifiques ou agressées dans leurs chasses gardées. En gros, seuls sont impérialistes les impérialismes occidentaux. La Russie, la Chine seraient, elles, anti-impérialistes. Cette lecture des contradictions est erronée. Elle ignore la nature impérialiste de ces dernières en raison qu’elles seraient victimes d’agression, d’encerclement etc… C’est confondre leur apparence et leur essence.

Lénine a répondu à ceux qui faisaient de l’agressivité militaire le critère distinctif de l’impérialisme : Si les capitalistes se partagent le monde, ce n’est pas en raison de leur scélératesse particulière, mais parce que le degré de concentration déjà atteint les oblige à s’engager dans cette voie afin de réaliser des bénéfices ; et ils le partagent « proportionnellement aux capitaux», « selon les forces de chacun », car il saurait y avoir d’autre mode de partage en régime de production marchande et de capitalisme. Or, les forces changent avec le développement économique et politique ; il faut savoir quels problèmes sont résolus par le changement du rapport des forces ; Quant à savoir si ces changements sont « purement » économiques ou extra-économiques (par exemple militaires), c’est là une question secondaire qui ne peut modifier en rien le point de vue fondamental sur l’époque moderne du capitalisme. Substituer à la question du contenu des luttes et des transactions entre groupements capitalistes la question de la forme de ces luttes et de ces transactions (aujourd’hui pacifique, demain non pacifique, après demain de nouveau non pacifique), c’est s’abaisser au rôle du sophiste. Lénine, L’IMPERIALISME STADE SUPREME DU CAPITALISME.

 

 

 

 

 

 

Alain Soral Derrière le masque anticapitaliste et antisioniste un démagogue d’extrême droite.

 

Alain Soral est un « idéologue » de l’extrême droite française ancien cadre au CC du Front National de 2007 à 2009 et aujourd’hui président du collectif « Egalité & Réconciliation ». Il est avec l’humoriste Dieudonné la figure de la droite extrême à droite du FN. Son programme politique qui selon lui n’en est pas un mais seulement un ensemble de propositions est issu de la plus pure tradition de l’extrême droite en témoigne le slogan d’Egalité & Réconciliation : « Gauche du travail, droite des valeurs » qui réunis sur son site internet des personnages sans liens politiques comme Poutine, Chavez, Guevara, Castro, pour le « travail » et Alain Soral lui-même (!) et Jeanne d’Arc pour les « valeurs ».

« Gauche du travail et droite des valeurs » rien de moins qu’une rénovation des termes fascistes des années 20 et 30 en témoigne le « Parti National –Socialiste » de Adolf Hitler qui dans la même veine a cherché à unir le nationalisme prussien et le socialisme prolétarien pour tromper les masses et les détourner du mouvement prolétarien communiste, se posant là comme l’ultime rempart de la bourgeoisie contre la révolution et le socialisme.

De la même manière Soral utilise la même phraséologie fasciste dans ses livres et lors de ces interventions sur internet ou dans ses conférences, il pratique une analyse pseudo matérialiste de l’actualité et de l’Histoire qui en font un révisionniste compulsif. Il peut aussi compter sur sa maison d’édition : « KontreKulture » qui réédite des classiques de la littérature fasciste. On peut définir les principaux traits de son idéologie comme étant :

– l’antisémitisme, maquillé en antisionisme anti-israélien qui est un instrument pour lui. En effet sous couvert « d’antisionisme » il attire à lui les jeunes musulmans français solidaire avec la cause Palestinienne alors même qu’il est profondément contre l’Islam en France et l’immigration mais il cultive aussi la haine des élites financières, médiatiques etc. parce que « juives ». Que ces élites soient des capitalistes /impérialistes oppresseurs des peuples et des nations, cela Alain Soral n’en dit pas un mot.

– Le Nationalisme bourgeois antipopulaire qui défend la France des « valeurs » qui seront selon lui portées par de nouvelles élites « nationales » de braves capitalistes chrétiens et patriotes anti immigration et antieuropéen. Un nationalisme qui assoit l’exploitation de l’impérialisme français sur l’Afrique et le Moyen-Orient face à l’impérialisme américain qui lui serait moins humain (puisque juif apatride et mondialiste selon ses mots) et qui se servirait de l’UE pour affaiblir la France. Il oublie un peu vite la Lybie, le Mali, la Syrie qui sont des preuves de l’agressivité de notre impérialisme « national ». La défense de la France de De Gaulle, le Maréchal Pétain présenté comme un patriote, l’OAS et les bourreaux colonialistes comme des héros, voilà le modèle Français à la Soral.

– L’anticommunisme comme tous les fascistes, il nie la doctrine de Marx sur le capitalisme et se raccroche aux théories fausses et réactionnaires de Proudhon sur le fédéralisme et la banque du peuple pour se donner un coté socialiste de défenseur du « travail ». Pour lui c’est le capital financier (toujours lier aux juifs) qui est à l’origine du mal et que nos politiciens défendent. La crise de 2008 présentée comme étant financière par les économistes et les médias bourgeois afin de cacher son caractère systémique propre au capitalisme en lui-même a d’ailleurs beaucoup contribué à la crédibilité de ces thèses de Soral sur le mal financier. Le peuple ne peut pas prendre son destin en main, il ne peut pas se débarrasser du capitalisme et instaurer la société nouvelle socialiste puis communiste. Il doit attendre son salut par en haut de la part de nouvelles « élites » qui les guideraient sur le bon chemin, sans toutefois remettre en cause l’exploitation de l’homme par l’homme que Alain Soral et Cie considèrent comme immuable. Il se refuse à une analyse du socialisme en URSS et dans les pays socialistes qu’il considère comme une forme de dictature militaire « juif dans l’idée de domination, chrétien dans l’idée de partage ». Il est vrai qu’il est plus simple d’éclipser des faits historiques qui feraient tomber à l’eau toutes ses théories d’une simple phrase.

Mais une fois cet aspect idéologique abordé il faut analyser pourquoi le discours d’Alain Soral trouve autant d’échos dans la société française et notamment auprès des jeunes.

Il faut tout d’abord rappeler la situation dans laquelle notre pays et notre jeunesse se trouve aujourd’hui. Nous vivons dans un pays capitaliste impérialiste en crise de son propre système économique, crise qui accélère le pourrissement de notre société propre au stade actuel du développement du capitalisme, ce pourrissement entraîne une destruction de l’emploi qui jette à la rue des millions de travailleurs, une suppression des aides sociales (santé, éducation…) et une dégénérescence de la culture bourgeoise ; les monopoles freinent le progrès technique de l’humanité et affament plus de la moitié de la population du monde, l’immigration économique accentuée avec le développement du marché capitaliste mondial voit se presser une grande quantité de travailleurs étrangers dans les pays de l’impérialisme dont la France fait partie et où le niveau de vie est plus élevé qu’ailleurs, ils viennent à l’appel indirect des capitalistes pour grossir l’ « armée du travail de réserve », le chômage instrument des capitalistes pour pressurer encore plus les travailleurs et qui prive d’avenir l’ensemble des travailleurs, tant français qu’immigré, d’un travail et d’une vie digne.

Dans cette situation l’extrême droite se renforce dans la petite bourgeoise (commerçants, petits patrons, etc.) qui est fragilisée par la concurrence des grands capitalistes et qui se voit par la force des choses rejetée dans le prolétariat, et dans une partie du prolétariat lui-même. Avec son discours populiste fascisant Alain Soral leur trouve les parfaits boucs émissaires en les personnes des « juifs financiers et mondialistes » et des « immigrés » surtout arabes et musulmans. Il profite des œillères naturelles que porte cette classe intermédiaire pour s’implanter durablement auprès d’eux, leur faisant miroiter une France d’un autre temps où à son stade développement le capitalisme laissait encore une place à cette petite bourgeoisie.

Ces bases de l’extrême droite sont historiquement connues et Soral et « E&R » ne font que les utiliser à leur tour. Ce qui est nouveau ces cette intérêt nouveau que les idées de Alain Soral ont auprès de la jeunesse. Il faut dire qu’au milieu de la crise générale dans laquelle le capitalisme nous plonge, la jeunesse surtout populaire se voit tous simplement aujourd’hui sans avenir ou du moins est-il sévèrement compromis. Là-dessus Soral utilise les mêmes arguments et il faut dire qu’ils trouvent un fort écho car dans sa manière de faire il exprime effectivement un grand changement dans la forme qui donne une certaine crédibilité de façade à son « renversement des élites corrompues et cosmopolites ». Les références à Che Guevara, où encore Fidel Castro montrent bien le changement de forme de son discours d’extrême droite car il n’hésite pas à faire appel à ces figures révolutionnaires communistes et progressistes connues de tous pour rallier à lui les jeunes qui reconnaissent en eux de vrais amis du peuple. En cela il est plus attractif pour les jeunes qu’un FN à l’image plus franco-française et paternaliste. Dans ses vidéos par exemple il attaque non sans succès ces adversaires bourgeois républicains sur des lieux communs contre la disparition de la nation et de notre culture « nationale » qui restent, malgré la critique qu’en fait Soral, un maigre repère pour une jeunesse coupée de toute culture et que l’on enferme dans le divertissement stérile. Face à ces stratagèmes fascistes, le manque de culture et d’intérêt d’une part, le mensonge et la révision de l’histoire par l’ensemble de la bourgeoisie de l’autre, font naître une jeunesse désabusée qui se retrouve en partie dans la pensée fasciste de Soral qui prêche du vrai pour répandre le faux.

Un exemple : « le capital financier oppresse les peuples » vrai ; « les élites juives sionistes et mondialistes en sont la cause » faux. C’est le capitalisme en tant que système qui divise le monde en exploités et en exploiteurs et cela peu importe la nationalité, la religion et les « valeurs ».

A un fait matériel réel que la caste au pouvoir cache aux masses laborieuses et à la jeunesse, Soral apporte une réponse qui détourne le coup de glaive de la véritable cible. En cela Alain Soral et ses compères d’extrême droite confirment pleinement la définition de l’International Communiste sur le fascisme en tant qu’agent du pouvoir direct des monopoles, dernier rempart de la bourgeoisie face au mouvement ouvrier.

Sur le plan pratique E&R organise peu de militants actifs et joue plutôt un rôle de pôle idéologique et théorique dans la société. Ses adeptes ne sont en effet présents dans aucune manifestation ou mouvement ni étudiant ni ouvrier. Face à cela on peut en déduire que le travail d’Alain Soral bien qu’à caractère principalement idéologique sert les organisations « pratiques » et en premier lieu le Front National. Il n’est d’ailleurs pas le seul à travailler sur ce créneau puisque des « groupements » et autres « collectifs » gravitant autour de personnalités et intellectuels comme Éric Zemmour servent d’éclaireurs et de soutiens idéologiques à l’extrême-droite « classique » représenter par le FN.

Si les communistes du ROCML s’accordent à dire qu’il n’y a pas actuellement de danger d’un système fasciste en France, et ce malgré les récents succès du Front National aux élections européennes entre autres, il n’en est pas moins important de s’intéresser à cette face cachée de l’extrême droite française qui a toujours existé mais qui agit chaque jour un peu plus ouvertement et gagne en influence particulièrement auprès de la jeunesse. Cette offensive idéologique fasciste est caractéristique du capitalisme/impérialisme à un stade critique de son développement. La putréfaction du système capitaliste/impérialiste en France et dans la monde entier a atteint un tel degré de pourrissement que les contradictions dans lesquelles il est empêtré deviennent chaque jour plus visibles aux yeux des peuples. Face à cela la bourgeoisie doit trouver un moyen de cacher les origines de la faillite de son système économique et, à défaut de pouvoir le guérir elle invente un faux diagnostic qui doit être développé par messieurs les « médecins » Soral et consorts de la réaction internationale. Leur analyse erronée de la situation sert à détourner les peuples du monde du seul remède capable de les libérer de la misère engendrée par le capitalisme/impérialisme et ses contradictions : la Révolution prolétarienne, la construction du socialisme et du communisme seul système capable d’éradiquer les contradictions inhérentes au capitalisme et à donner les pleins pouvoirs aux prolétaires. En France l’absence d’un mouvement ouvrier communiste marxiste-léniniste depuis des décennies donne la possibilité à l’idéologie fascisante d’infiltrer la classe ouvrière et sa jeunesse qui n’ont pourtant aucun intérêt objectif à suivre les fascistes « bon français » de « E&R » et du Front National.

L’attitude des communistes à l’égard des idées d’Alain Soral et de ses complices doit être une opposition stricte et résolue. Il faut dénoncer les thèses fascistes et exposer toutes leurs contradictions et leur fausseté, expliquer et avancer les thèses et solutions marxistes-léninistes fondées sur l’analyse dialectique du développement des contradictions de notre société.

 

 

 

 

 

Conférence du 6/7/12/2014 : Rapport sur le Front National

 

Le sujet du Front national et du fascisme est aujourd’hui d’actualité dans le mouvement communiste français. En effet, beaucoup de communistes issus des partis et organisations révisionnistes craignent l’arrivée du fascisme en France.

Le ROCML a déjà analysé les conséquences de cette peur entretenue par le personnel politique bourgeois. A chaque élection, le prétexte de s’opposer au danger fasciste conduit les éléments contestataires à se réfugier dans les bras de la social-démocratie et du PS, à perpétuer l’alternance électorale droite –gauche, évitant la crise politique et donc à préserver au final le système bourgeois, plutôt que de le renverser.

Le ROCML a déjà établi, dans ses diverses publications, que :

Il est erroné politiquement de mettre en avant un quelconque danger fasciste. En l’absence d’un mouvement révolutionnaire qui menacerait la bourgeoisie tant dans sa gestion du pays que dans sa politique extérieure et impérialiste, le système de république démocratique reste le meilleur moyen pour tromper et dominer le peuple.

 Le FN est un parti bourgeois classique d’extrême droite qui vise à prendre le pouvoir au sein du système parlementaire bourgeois.Le FN est un Parti raciste et xénophobe qui vise à diviser la classe ouvrière pour le compte de la bourgeoisie, et à retarder la prise de conscience révolutionnaire des prolétaires.Le FN est utilisé par la gauche ou la droite pour se garantir le pouvoir. Aujourd’hui, le FN est le 3ème parti qui pourrait être utilisé pour sauver le système démocratique bourgeois. Il fait partie des options dont dispose la bourgeoisie française pour garantir ses intérêts.

LA NATURE DU FRONT NATIONAL

Quelle est la nature du Front National ? Le FN est-il fasciste ? Quel est sa place dans la situation politique actuelle ? Que défend-il pour la bourgeoisie ? Qui représente-t-il ? Y-a-t-il un danger fasciste aujourd’hui pour la France ?Les communistes authentiques doivent faire une analyse matérialiste des raisons objectives de la progression du Front National et de son programme auprès de la population, notamment auprès des jeunes, et démontrer la fausseté de son idéologie nationaliste bourgeoise proche du peuple en parole, instrument du capitalisme en fait.

La FN dans la situation politique actuelle        

Dans le cadre de la situation politique française, le FN développe sa stratégie populiste anti «UMPS », dénonçant le bilan du PS et de l’UMP au pouvoir, de manière démagogique, en dupant la population en prétendant défendre les intérêts de toutes les victimes de ce système : salariés, patrons, qu’importent les antagonismes de classe. En vérité, le FN joue sur l’ignorance des gens qui oublient qu’il s’agit d’un parti issu de l’extrême droite qui a multiplié de nombreuses alliances locales voire nationales avec le RPR (l’UMP d’hier) et qui est fait partie du système qu’il prétend dénoncer. Cette attitude du ni droite ni gauche est simplement stratégique pour le FN. En vérité elle est récente. N’oublions pas que le FN a adulé un Reagan dans les années 1980 et que Thatcher, la briseuse de la grève des mineurs, a continué même aujourd’hui à faire l’objet d’une vénération des dirigeants frontistes[2].

 Dans sa stratégie électorale, le FN tend à engranger des points puisque depuis 2012 et les 17,9 % de Marine Le Pen, il multiplie de bons résultats électoraux, en transformant le FN en un parti d’envergure nationale qui vise à briser le bipartisme établi depuis une vingtaine d’années par l’UMP et le PS. Aux Municipales, puis aux Européennes, il arrive en tête sur un fort taux d’abstention. Cela ne doit pas cacher qu’il perd presque deux millions de voix depuis 2012. Le FN pourra être utilisé si nécessaire par la bourgeoisie pour sauver son système démocratique de l’alternance. Face à décrédibilisation des deux partis bourgeois classiques, le capital utilise cette option afin d’endiguer, et de détourner le mécontentement populaire, pour sauver son système politique mis à mal par la crise économique du capitalisme. Les dirigeants frontistes affichent un discours populiste pour gagner un électorat qui lui permettra de s’insérer encore plus dans les mécanismes parlementaires et non pas pour les détruire. Le discours « antisystème » est une façon de duper le peuple pour prendre le pouvoir au sein du système.

Le Front National est un parti électoraliste et bourgeois qui vise à prendre le pouvoir au sein de la République parlementaire bourgeoise. Il cherche depuis quelques années déjà à se doter d’une crédibilité auprès des médias, il vise à recevoir du capital le statut de parti de gouvernement de l’Etat français[1].

 

Le FN est un parti bourgeois, son programme est celui du Capital

Des solutions qui ne remettent pas en cause le systèmeLe parti frontiste entend défendre un « protectionnisme intelligent », la « souveraineté monétaire » et mener une « grande politique de réindustrialisation »[4]. Retenons qu’il s’agit là des options qui ne sont pas incompatibles avec la domination du capital et donc néfastes de toute façon pour les travailleurs. Le FN met souvent en avant la sortie de l’Euro comme solution à la crise que nous traversons. Cela permettrait de faire marcher la planche à billets pour permettre à un « Etat fort » d’investir davantage. Tout d’abord, il est risible de prétendre que changer de monnaie serait la solution à une crise qui n’est pas monétaire. En quoi changer de monnaie permettrait-il d’éviter les restructurations du capitalisme dues à la surproduction de marchandises ? Le retour au franc servirait surtout à une dévaluation compétitive de la monnaie pour améliorer la compétitivité-prix des marchandises françaises sur le marché mondial[5]. La conséquence serait une diminution de salaires pour l’ensemble des travailleurs français, des difficultés pour se procurer des biens pour vivre, notamment les marchandises provenant de l’extérieur. De plus, le patronat français ayant besoin d’écouler sa production à l’étranger en affrontant la concurrence, il ne fait aucun doute qu’il continuerait à exercer aussi de fortes pressions pour diminuer le prix de la force de travail.Le moyen pour s’assurer de l’application de ces mesures serait l’utilisation de l’Etat. Les marxistes-léninistes ont depuis toujours dénoncé la nature de l’Etat, qui n’est pas neutre ou au-dessus des classesdu fait qu’il est une superstructure construite sur des bases économiques capitalistes et contient donc les mêmes antagonismes de classe. L’idée d’une « action volontariste de l’Etat », d’un « Etat stratège »[8] pour l’application des mesures du FN montre bien que l’Etat est un « instrument d’exploitation de la classe opprimée »[9]. Cela est bien confirmé par l’économiste du FN, JR Sulzer. L’Etat est bien perçu comme levier de développement de la classe capitaliste française mais aussi comme machine militaire et policière matant toute contestation de la classe antagonique. Voilà ce qu’il dit, le FN défendra la « liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un Etat-Gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur »[10].

 Protectionnisme, sortie de l’Euro et réindustrialisation seraient des mesures qui permettraient à la société bourgeoise de se développer plus « harmonieusement ». La réimplantation des monopoles en France permettraient de revitaliser les PME-PMI nationale qui sont les grandes perdantes des délocalisations[6]. Ainsi, les multinationales qu’ils critiquent tant en paroles n’ont pas à s’inquiéter, le FN leur fait plutôt les yeux doux[7]. Le FN essaye de dompter les lois du développement anarchique de la production. Il a beau faire autant de propositions qu’il veut, il ne solutionnera pas les contradictions du capitalisme. Ces propositions sont vouées à rester un mensonge utopique nationaliste ou à conduire à l’aggravation de l’exploitation capitaliste dans le cas de leur application.

Le FN revendique l’instauration en France d’un « protectionnisme intelligent ». L’objectif serait de protéger la « production nationale » des entreprises françaises afin de favoriser le produire français et la relocalisation d’industries qui avaient fui vers des pays où la main d’œuvre est à bas coût. Il s’agirait de recréer des droits de douanes aux frontières afin de limiter l’arrivée en masse de marchandises venant de Chine ou des pays concurrents des entreprises françaises. Le protectionnisme est un moyen de limitation de la concurrence afin de produire et d’écouler des produits sur un marché national. Pour autant, les contradictions du capitalisme ne seraient pas révolues : Comment faire revenir les entreprises mondialisées en France si ce n’est en diminuant le salaire des travailleurs ? C’est là tout le problème de ces populistes qui font croire que la réindustrialisation et le protectionnisme seraient utiles aux travailleurs. En vérité, il n’en est rien, le but du capitalisme est de produire au plus bas coût possible afin d’être compétitif, de produire à l’infini et de réaliser le maximum de profits. Réindustrialiser la France en gardant les lois du système capitaliste, c’est donc rétablir des conditions proches de l’esclavagisme pour le prolétariat français. Voilà le rêve nationaliste et chauvin si cher aux « amoureux » de la France.

Le FN se présente comme le parti des Français contre les étrangers. En vérité, c’est un parti qui soutient le capital français contre le reste des travailleurs, français ou non. Dans ses discours il s’attaque aux « requins de la finance » et au MEDEF (à Parisot car celle-ci représente une autre option du capital[3]).

Un parti au service des monopoles français dans le monde

Le FN envisage une option particulière pour la bourgeoisie monopoliste. Alors qu’Hollande et Sarkozy promeuvent une alliance avec les Etats-Unis, les puissances de l’Union Européenne afin de sauvegarder les intérêts capitalistes français, le FN, au contraire, envisage une alliance stratégique avec la Russie[11]. L’objectif serait de s’allier à la Russie pour faire contrepoids aux Etats-Unis et ainsi positionner la France dans une situation de levier, de gérant international des conflits entre les deux blocs impérialistes. Il cherche surtout à jouer sur les rivalités inter-impérialistes (opposition ou collaboration) afin de repositionner l’impérialisme français. Cette option est envisagée en pratique puisque Marine Le Pen et ses cadres ont rencontré des personnalités russes, des proches de Poutine (dont le président de la Douma). Des liaisons financières entre les nébuleuses d’extrême droite et la Russie donnent de la matière à ce positionnement[12]. De même, la position du FN sur la Syrie, face à l’Iran montre qu’ils prennent la défense de la Russie. Alors que certains « communistes » voient dans Poutine un allié du camp anti-impérialiste, ils feraient bien de réfléchir : en étant l’allié de la Russie, le front national serait-il devenu anti-impérialiste ? Cela va de soi que le FN est un parti impérialiste qui veut réorienter la France vers une nouvelle alliance stratégique, elle aussi, bien impérialiste. D’ailleurs, le FN veut rompre avec l’atlantisme mais il apporte son soutien à Israël[13], le chien de garde de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. Encore une fois, il veille à sauvegarder les intérêts des firmes françaises. Le FN malgré sa rhétorique en faveur des « petits » défend en pratique l’intérêt des monopoles français en ayant une divergence d’opinion stratégique avec l’UMP ou le PS. Dans le fond ce sont des impérialistes qui ont « parfaitement conscience de l’importance de ces grands groupes qui restent les locomotives puissantes de nos PME-PMI »[17].

Enfin, le FN ne se distingue pas des autres partis bourgeois il défend bec et ongle la présence française sur le continent africain. L’éloge au défunt patron du groupe Total, pilleur de l’Afrique le montre, car le FN dit de lui qu’il avait « à cœur la défense de nos intérêts nationaux (…) notamment face aux multinationales américaines »[14]. Le soutien de M. Le Pen à l’intervention au Mali[15] démontre bien la continuité criminelle et colonisatrice de l’impérialisme français. D’ailleurs, le programme frontiste affirme bien le projet impérialiste de ses dirigeants : il s’agit d’apporter un « soutien fort des investissements privés français en Afrique en échange d’une inversion des flux migratoires »[16].Le FN n’est pas seulement un parti bourgeois nationaliste, chauvin ; c’est aussi un parti qui représente les intérêts des monopoles et de l’impérialisme français. Il affirme que s’il était au pouvoir,il appliquerait un train de mesures favorables aux monopoles français dans le cadre de leur concurrence inter-impérialiste.

Un parti diviseur de la classe ouvrière        

Le FN est un parti anti-ouvrier et même si par populisme il peut dénoncer les bureaucraties syndicales, c’est avant tout pour éloigner les travailleurs des syndicats et non pour renforcer leur lutte de classe. Les dirigeants du FN démontrent cet aspect lorsqu’en évoquant le programme du PS, ils estiment qu’il favorise toujours plus « d’assistanat ». Les travailleurs et chômeurs de ce pays seront ravis d’entendre que le gouvernement de l’austérité au service du capital, le gouvernement PS favorise l’assistanat. Et que proposent-ils ces chevaliers bleus marine du capital ? La renégociation des 35 heures, le renforcement du contrôle des chômeurs ; les mêmes mesures antisociales que l’UMPS. La haine du mouvement ouvrier s’exprime dans de nombreuses déclarations de dirigeants du FN. L’apologie de JM Le Pen envers Reagan était connue de longue date du fait de son anticommunisme[19]. Mais plus récemment, ce n’est personne d’autre que le conseillais municipal et maire d’arrondissement Stéphane Ravier qui estimait que la grève héroïque des éboueurs marseillais était synonyme de « prise en otage des voyageurs », et que la CGT gangrénait la vie des Marseillais[20]. N’oublions pas l’attitude de M. Le Pen durant la lutte de 2010 contre la réforme des retraites qui estimait que le gouvernement était trop mou et qu’il fallait « rétablir immédiatement l’ordre républicain partout »[21].

 Au final, le FN se caractérise comme le semeur de division dans le prolétariat, un semeur de division qui se pare d’un vocabulaire populaire, mais qui n’est en fait qu’un instrument au service du capital afin de mater toute contestation ouvrière. Le FN est un parti bourgeois qui participe à diviser la classe ouvrière par ses idées xénophobes antisyndicales et anticommunistes. Il utilise un verbiage populiste prônant l’Etat « au-dessus des classes », mot d’ordre républicain par excellence utilisé par tous les partis bourgeois et pure utopie idéaliste bourgeoise, en faisant découler les difficultés rencontrées par le peuple à des causes venant uniquement de l’extérieur (immigration, Europe). En estimant que le chômage serait le résultat de l’immigration, le FN tente d’entretenir une division artificielle au sein du prolétariat. Son objectif est de diviser pour mieux régner. Son programme est clairement xénophobe puisqu’il souhaite rétablir le droit du sang, interdire toute manifestation en faveur des sans-papiers[18]. Il est bon de rappeler que la violence dans les quartiers et banlieues populaires provient essentiellement de l’isolement et du chômage que subissent les populations qui y habitent et notamment les jeunes. Le FN et la bourgeoisie passent sous silence de manière simpliste le fait que tous sont des prolétaires et leur détresse, leur enclavement et la violence qui en découle provient uniquement de leur condition de classe, d’exploités et non d’autre facteurs secondaires. De même que les communistes ne tombent pas dans la division religieuse que tente d’établir le FN vis-à-vis des travailleurs musulmans. La seule division réelle dans la société est celle existant entre les différentes classes. Toute autre division ne cherche qu’à affaiblir notre combat. Unir capital et prolétariat sous la bannière nationaliste de la France, voilà le programme fumeux du FN !

La place du FN dans les classes sociales en France

Le FN propose l’option d’un Etat stratège pour la bourgeoisie française, un Etat fort qui garantirait les intérêts de la bourgeois française à l’intérieur du pays (contre le prolétariat, pour un protectionnisme national, sortie de l’euro…) mais aussi à l’extérieur (face aux concurrents, défense de l’arrière cours en Afrique et au Moyen-Orient[22], nouvelle alliance stratégique).          Représentant de la grande bourgeoisie, le FN trompe la couche la plus arriérée des ouvriers. Le plus dangereux étant qu’il trompe une partie de la jeunesse ouvrière, peu sensibilisée par la lutte de classe, du fait de l’affaiblissement du mouvement ouvrier.

Enfin, la base sociale des militants du FN est formée par des commerçants, artisans, employés de commerce ; catégories sociales « intermédiaires » entre la bourgeoisie et le prolétariat qui sont menacées, par la crise, d’être plongées, déclassées dans le prolétariat. Quant à la base électorale, elle s’ouvre de manière assez importante aux ouvriers, notamment sa couche antisyndicale. Il s’agit là d’ouvriers votant traditionnellement à droite et qui se radicalise vers son extrême[23]. Evidemment, du fait de la diminution des luttes ouvrières, de plus en plus de jeunes prolétaires, exposés à la crise économique, sont enclins à voter FN[24]. Cependant, cette tendance est à relativiser parce que le premier parti des ouvriers reste l’abstention très massive, qu’il s’agit d’ouvriers votant traditionnellement à droite, que ce sont souvent les ouvriers isolées dans de petites entreprises, ou ceux qui sont à proximité de leur hiérarchie (contremaitres…). Les grandes entreprises, bastions des syndicats lui résiste : le FN « ne dispose pas de réseaux ouvriers, peine à trouver des candidats dans les bastions industriels et apparait encore comme illégitime dans les grandes entreprises en raison de la résistance syndicale au FN »[25].Le FN est le représentant des intérêts de la bourgeoisie monopoliste française, c’est un parti impérialiste. Il rassemble les partisans d’une politique française de prestige qui recentrerait la France dans une situation de pivot entre blocs impérialistes. Cela nécessite donc un rapprochement avec la Russie, mais paradoxalement, il ne propose pas l’option d’une alliance chinoise car il défend la bourgeoisie qui produit en France ou pour le marché national et qui fait face à la concurrence de la main d’œuvre chinoise. Outre cela, il se pose en défenseur des sociétés impérialistes qui pillent les matières premières à l’extérieur de la France (Total, Véolia…).

Le FN n’est pas un danger fasciste 

 La plupart des partis de gauche et beaucoup de groupes dits « ML » voient dans le FN l’avatar du fascisme ou, pour d’autres, la possibilité de l’instauration du fascisme dans la situation présente. Pour le ROCML, cela est erroné car le FN vise avant tout à son intégration au système politique bourgeois comme parti classique, représentant la « droite dure ». En fait, le FN développe un discours populiste pour se faire une place dans les mécanismes parlementaires, et non pour les détruire. C’est un parti réactionnaire, contre-révolutionnaire mais cela ne fait pas de lui un parti fasciste, dans la situation actuelle.

Il n’y a pas de menace fasciste aujourd’hui 

 Le fascisme, dictature ouverte de la bourgeoisie, n’est utile que lorsque le vernis démocratique se craquelle et que l’ordre bourgeois risque d’être renversé par la classe opprimée. Pour le moment, la domination de la bourgeoisie n’est pas menacée. Il n’existe pas de force de classe qui s’en prenne réellement au système et souhaite le renverser. Les critiques sont sur la forme et de plus ne sont pas dangereuses. A gauche Le FDG partage avec le FN certaines thèses économiques, nationalistes et chauvines et se propose de rénover la république. Rien d’inquiétant pour le pouvoir de la bourgeoisie. Face à la faible contestation des mesures d’austérité par les classes dominées, point besoin de dictature ouverte du capital. L’appareil d’Etat bureaucratique, forces de police et militaire et judiciaire permettent largement de maintenir et réprimer toute réaction du mouvement ouvrier dans le cadre de la démocratie parlementaire. Le capitalisme porte la violence et la répression dans son ADN.

Les communistes face au FN

Le FN est un parti de la bourgeoisie qui a comme rôle de diviser le prolétariat afin d’éviter leur unité politique. C’est un parti impérialiste qui combat pour le capital et pour la puissance de la bourgeoisie française dans le monde. Construire le Parti communiste de France, réaliser l’unité de la classe ouvrière sur la base de ses intérêts historiques sont les meilleures façons, idéologique et concrète, de combattre le FN et le capitalisme.  

 Notre tâche de communiste est de battre en brèche les idées frontistes et réactionnaires. En se mobilisant pour construire le Parti communiste (ML) de France, en étendant son influence politique communiste sur le prolétariat, le ROCML lutte contre les idées qui divisent la classe ouvrière, dont celles particulièrement xénophobes et populistes du FN. Ce n’est pas en courant derrières les fascistes, le Front de gauche ou le PS que le FN et le système capitaliste dont il est porteur pourra être vaincu. Seule la perspective communiste est réellement l’alternative au système capitaliste en crise et à son instrument qu’est le FN. Toute autre tentative antifrontiste est vouée à l’échec ou à se mettre à la remorque de tel ou tel parti opportuniste bourgeois. Concrètement, aucun pas en avant ne peut être fait vers la perspective de l’unité du prolétariat. C’est à cela que les partisans « communistes » de la fascisation de la France doivent réfléchir ; eux qui depuis 50 ans agitent le chiffon rouge du danger brun.Les communistes doivent dénoncer le FN comme un parti bourgeois-impérialiste qui sème la division dans les rangs ouvriers du fait de sa xénophobie et de son racisme. Cependant, le FN ne menace pas la démocratie bourgeoise d’une dictature fasciste. L’ordre du jour pour tout communiste est la révolution et l’instauration du socialisme, ce n’est pas la défense des libertés et de la démocratie face au fascisme. Les communistes refusent donc toute caution à un sauvetage de la gauche bourgeoise sous prétexte d’antifascisme, ainsi que tout embourbement dans un combat qui ferait perdre son énergie au mouvement de reconstruction marxiste-léniniste.

 

[1] « Nous sommes prêts à gouverner », Marine Le Pen, Le Figaro, 29 août 2014, http://www.lefigaro.fr/politique/2014/08/29/01002-20140829ARTFIG00286-marine-le-pen-nous-sommes-prets-a-gouverner.php

[2] Communiqué du FN, le 8 avril 2013, sur le décès de Mme Thatcher, le FN y « salue la mémoire d’une dirigeante de conviction profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale ».

[3] Voir son livre.

[4] Programme du FN, sur son site.

[5] Mansouri, « les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme », L’Humanité, 16/11/2011.

[6] Pottier C., Les multinationales et la mise en concurrence des salariés, L’Harmattan, Paris, 2003, 252 p., L’auteur montre que les multinationales qui s’implantent créent toute une base productive autour d’elles : sous-traitance, service. L’idée du FN serait de faire revenir ces entreprises en France pour dynamiser le tissu de PME-PMI.

[7] Voir le communiqué de Aymeric Chauprade du FN le 21/10/2014 :C. De Margerie, La France perd un grand patron de l’énergie.

[8] Terme qu’au passage Thierry Lepaon reprend.

[9] Lénine, L’Etat et la Révolution.

[10] Cité par Mansouri, ibid.

[11] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN

[12] Voir les articles de Médiapart du 25/02/2014 et du 12/06/2014.

[13] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, Seuil, Paris, 2014, 496 p., p. 425. Et dans son programme, le FN assure une « sécurité garantie » pour Israël.

[14] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[15] Réaction de Marine Le Pen à l’intervention française au Mali, 11 janvier 2013.

[16] Programme du FN, « politique extérieure », sur le site du FN.

[17] A. Chauprade, Communiqué FN, « C. de Margerie,  La France perd un grand patron de l’énergie », 21/10/2014.

[18] En tant que communistes conduire la partie du prolétariat la plus corvéable qu’est la main d’œuvre immigrée à s’unir avec le reste du prolétariat pour lutter contre l’exploitation est une tâche importante

[19] Igounet V., Le Front National : de 1972 à nos jours ; le Parti, les hommes, les idées, p. 182-83

[20] Communiqué de S. Ravier en 2013, « La CGT : comment gangréner le travail et la vie des Marseillais ».

[21]Communiqué de Marine Le Pen du 22 octobre 2010 :   http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/05/10/2490437_marine-le-pen-contre-les-greves-trop-dures.html

[22] Dans le programme du FN : les révolutions arabes et la guerre en Irak « auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe ».

[23] Vigna X., Histoire des ouvriers, p. 293.

[24] Idem, p. 294-95.

[25] Idem, p. 293.

Discours pour la libération de Georges Abdallah à Pau

Discours pour la libération de Georges Abdallah

26 février 2015

 

Le ROCML et la JCML sont solidaires de Georges Abdallah emprisonné maintenant depuis plus de 30 ans en France. Alors que le gouvernement et tous les partis du système prétendent défendre la liberté d’expression, ils savent la museler lorsque celle-ci les met en danger, remet en cause leur pouvoir.

Georges, militant de classe et révolutionnaire inconditionnel est emprisonné, réduit au silence, du fait de ses opinions et de ses actes, par l’Etat français au service des impérialistes.

La liberté d’expression est la propriété de la classe dominante, bourgeoise. Les médias (télé, journaux) donnent des brevets de démocrates pour les criminels de guerre que sont Netanyahou, Hollande et Obama. De l’autre côté, les révolutionnaires communistes sont taxés de « terroriste », les grévistes de « preneurs d’otage », de « preneurs d’emploi », les syndicats de travailleurs « de cancer pour le travail ».

Aujourd’hui, le gouvernement se donne une image de défenseur des peuples, en réalité, il asphyxie et étouffe les travailleurs avec des lois scélérates : loi Macron, pacte de responsabilité… Il réprime voire enferme tous les militants qui concrètement agissent dans l’intérêt du peuple.

 

Libérez Georges

Justice de classe pour les militants révolutionnaires

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Discours pour les 140 ans de la Commune de Paris

 

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

 

 

 

Discours de commémoration des 140 ans de la Commune de Paris

Père Lachaise, Samedi 19 mars 2011

 

 

Mes chers camarades,

Aujourd’hui nous sommes rassemblés en un lieu mémorable pour commémorer l’une des plus belle et des plus grande page de l’histoire du mouvement ouvrier, la première forme de dictature du prolétariat : la Commune de Paris.

Il y a 140 ans exactement, le 18 mars 1871, la Commune naissait, le peuple de Paris se levait, balayait les vestiges du second Empire décomposé et, pour paraphraser Karl Marx lui même, montait à l’assaut du ciel !

Ce même peuple de Paris qui avait endurer les sacrifices imposés par la guerre impérialiste Franco-prussienne de 1870, qui après les défaites de Sedan et Metz avait refusé la défaite et l’occupation étrangère, reprit les armes et vécut un siège très éprouvant de plusieurs mois avec son lot d’horreurs, pour enfin, se voir imposer une capitulation sans conditions par le gouvernement vendu de la défense nationale…

La bourgeoisie réactionnaire française, celle là même qui avait fait tirer sur le peuple en 1848, puis en 1851 lors du coup d’Etat Bonapartiste, cette même bourgeoisie qui s’était tant engraissé sur le dos de la classe ouvrière pendant les années de l’Empire et qui au final, avait poussée Louis Napoléon dans un conflit armé contre la Prusse dont elle espérait pouvoir retirer des gains territoriaux, oui, ce sont ces même bourgeois belliqueux qui avait subitement réclamé la paix, voyant en elle le retour des profits et de la croissance disparus depuis le début de l’invasion étrangère.

Après l’entrée des Prussiens dans Paris, l’assemblée de Versailles, revenu de Bordeaux, constituée en grande partie de monarchistes et de débris du bonapartisme déchu – qui n’avaient cessé d’exiger de Paris la capitulation pendant le siège, procédant à des baisses de soldes des gardes nationaux –  réclama le désarmement de la classe ouvrière parisienne. Les fusils, les mitrailleuses et surtout les canons qui avaient été achetés par les Parisiens eux même pour doter la garde nationale d’un armement adéquate devait leur être arrachés par la troupe.

Idée complètement absurde puisque le 18 mars, les bataillons de la ligne chargés de la besogne, affamés et exténués fraternisèrent avec le peuple.

Le 26 mars avaient lieu les élections qui donnait à Paris un nouveau gouvernement en partie constitué d’ouvriers. Le 28, la Commune était officiellement proclamé devant l’Hôtel de ville. Les bataillons de la garde nationale défilant les uns après les autres, une foule immense acclamant les nouveaux élus… Le drapeau rouge du sang de l’ouvrier avait alors remplacé le drapeau tricolore. A ce moment là, plus rien ne semblait en mesure d’arrêter ce peuple en armes, ni les assemblées réactionnaires, ni les armées impérialistes, ni les bourgeois réfugiés à Versailles…

Le prolétariat au pouvoir, les réformes sociales vont se  succéder pendant deux mois et demi :

Séparation de l’Eglise et de l’Etat, école gratuite, laïque et obligatoire, interdiction du travail de nuit pour les boulangers, redistribution aux ouvriers des ateliers qui avait été abandonnés par leurs patrons pendant le siège ou au moment de la proclamation de la Commune…. Il ne s’agit là que d’un aperçu de l’œuvre sociale du premier gouvernement ouvrier de l’Histoire.

A ce moment là, la France connait partout l’incendie de la révolution. A Lyon, à Saint-Etienne, au Creusot, puis à Marseille, à Toulouse, à Narbonne et dans bien d’autres villes encore… Comme un seul homme, le prolétariat se soulève, brise les chaines de l’exploitation, lave les humiliations de son oppression et balaie les vestiges pourrissants de l’Empire.

Dans Paris,  malgré le danger de plus en plus imminent que constitue l’armée versaillaise alors aux portes de la ville, c’est l’effervescence… Les rues de la capitale sont redevenues sures, pendant deux mois on ne connaitra plus ni meurtres, ni assassinats, ni prostitution, ni la misère ou la faim. Le vieux monde est désormais tombé, l’avenir appartient à la Commune, au peuple, à la classe ouvrière…

On abat la colonne Vendôme, symbole de la haine entre les peuples, la maison de Thiers est détruite, les Eglises se transforment en clubs de réunions et de discussions où chacun prend la parole : les jeunes comme les vieux, les hommes comme les femmes… On débat sur les décisions de la Commune, on discute de l’avenir.

Pourtant, le 21 mai 1871 après deux mois d’existence, la Commune vivait ses dernières heures…  Après avoir vu disparaitre les unes après les autres toutes les Communes de province, réprimées par le parti de l’ordre, Paris se retrouvait seule. Incapables d’organiser correctement la défense de la ville, les élus avaient laissé Thiers constituer une gigantesque armée de 130 000 soldats français, pour la plupart faits prisonniers après la défaite, puis libérés par Bismarck afin d’écraser la « canaille rouge » de Paris. Ce même Thiers qui après s’être assuré de l’imminence de la victoire versaillaise avait déclaré « je serais impitoyable », déchaina pendant toute une semaine un ouragan de fer et de feu sur Paris noyant la capitale dans un bain de sang. La classe ouvrière, qui avait été en première ligne pour la défense de la révolution en fut décapité. La lutte qui avait commencé à l’extérieur de Paris au début du moi d’avril dura toute une semaine. Le Père-Lachaise sera le théâtre de combats acharnés entre fusiliers marins et fédérés. Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mai, 147 d’entre eux seront passés par les armes contre un mur blanc situé au fond du cimetière. L’histoire veut qu’ils soient morts les pieds nus, avec insolence…

La « semaine sanglante » toucha particulièrement les quartiers populaires de l’Ouest de Paris. Belleville, Montmartre, la Butte aux cailles qui avaient tant résistés, furent vidés de leurs cordonniers, charpentiers, forgerons, typographes, relieurs, zingueurs, laissant voir comme le dit Lissagaray dans son « Histoire de la Commune », (…) « des femmes d’ouvriers assises, la tête dans les poings, regardant fixement devant elles, attendant un fils ou un mari qui ne devait pas revenir. »

Même si la IIIème République reconnue par la suite que le premier acte de son existence avait fait plus de 20 000 morts, on peut penser que la répression fut bien plus terrible… 30 000, 40 000, 50 000 morts? Louise Michel avancera le chiffre de 100 000 victimes. Le jardin du Luxembourg, la caserne Lobau, la prison de la Roquette furent les abattoirs de la classe ouvrière parisienne. Les cours prévôtales condamnèrent tant de gens, parmi lesquelles beaucoup d’innocents n’ayant jamais participer à la Commune, que même les journaux les plus réactionnaires de l’époque réclamèrent la suspension des exécutions. En effet, le triste spectacle des tombereaux de cadavres qui s’amoncelaient partout dans la ville avait fait naitre la crainte d’un retour de la peste.

Ceux qui avaient échappé à la boucherie devaient connaitre par la suite l’enfer de la détention dans les forts, les prisons et sur « les pontons » en attendant d’être déportés en Nouvelle Calédonie ou fusillés. L’amnistie générale ne devait arrivée qu’en 1880, mettant un terme à 9 années de répression sauvage.

Alors, comment un tel rêve a t-il pu s’effondrer si rapidement?

Ce qui manqua à la Commune, c’est une véritable organisation, avec un parti prolétarien capable de diriger la lutte révolutionnaire.

A maintes reprises ce manque cruel se fera ressentir, notamment dans les opérations militaires que mènera la Commune. En refusant par exemple de rallier les bataillons de l’armée française affamés, réfugiés à Versailles et qui auraient eut tout intérêt à se joindre aux parisiens. Et lorsqu’enfin l’ordre arriva de marcher sur Versailles, les 2 et 3 avril, l’opération fut si mal organisée, qu’elle se transforma en débâcle totale. Deux des meilleurs commandant militaires de la Commune, aimés des parisiens, Flourens et Duval y laisseront d’ailleurs la vie.

Les Communards commettront encore bien d’autres erreurs qui précipiteront leur fin … Comme le refus de mettre la main sur les richesses colossales de la Banque de France. L’argent ainsi confisqué aux bourgeois auraient pu servir les intérêts de la révolution.

Bien que la répression de la Commune ait       été sans pitié, elle a apporté à la classe ouvrière un enseignement d’une importance capitale : sans l’existence d’un parti prolétarien d’avant garde organisé, pas de mouvement révolutionnaire. Le Capital, lui, l’a parfaitement bien compris, et il n’hésitera pas à faire couler le sang de milliers d’ouvriers pour la sauvegarde de ses profits.

Aujourd’hui, la classe ouvrière doit comprendre que son salut réside dans la révolution socialiste. Mais cette révolution doit être encadrée et menée par un parti d’avant garde capable de mener le prolétariat à sa victoire. Refuser l’organisation, c’est refuser le renversement de la bourgeoisie, c’est s’enfermer dans le spontanéisme et rejeter une action de longue durée. Refuser l’organisation prolétarienne d’avant garde c’est répéter les erreurs du passé.

Comme nous l’a enseigné le camarade Lénine : « L’organisation est la force de la classe ouvrière. Sans l’organisation des masses, le prolétariat est nul. L’organisation, c’est l’unité d’action, l’unité de l’intervention pratique. »

L’œuvre sociale et politique de la Commune est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, lorsque le monde entier a les yeux tournés sur les révolutions qui ont lieu dans les pays du Maghreb. Souhaitons que ces derniers ne connaissent pas le sort funeste des fédérés.

C’est pourquoi chers camarades, nous pouvons le dire haut et fort en ce lieu aujourd’hui : la Commune n’est pas morte !

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Dans la loi Macron, Tout est bon pour les patrons

Retrait de la loi Macron !

Abrogation des contre-réformes patronales: Macron, ANI, réforme des retraites…

Le progrès sous le capitalisme, c’est le retour au XIXème siècle !

Luttons classe contre classe pour obtenir le retrait !

Communiqué ROCML : Après la tuerie perpétrée contre les journalistes de Charlie Hebdo.

Le ROCML condamne l’acte terroriste sanglant perpétré contre le journal satirique Charlie Hebdo.  La liberté de penser,  d’écrire et de diffuser, sont  des conquêtes acquises dans les luttes séculaires contre l’arbitraire et l’obscurantisme. Les communistes se virent maintes fois supprimer cette liberté, c’est pourquoi ils luttent contre les actes qui l’entravent, d’où qu’ils viennent, que ce soit de l’Etat laïque bourgeois ou  du fanatisme religieux. Le ROCML  partage sur cette base l’émotion qu’a provoquée  dans le peuple  la tuerie de Charlie Hebdo.

En même temps, le ROCML dénonce l’utilisation de cet évènement par le gouvernement socialiste et l’ensemble des partis bourgeois de gauche et de droite. Leurs larmes de crocodiles,  leurs discours anti-terroristes, sécuritaires et d’unité nationale ont en effet d’autres buts :

1)      Faire oublier que l’Etat français pratique lui aussi la terreur, à l’intérieur du pays, par la répression policière (Sivens, il n’y a pas si longtemps), et à l’extérieur par des interventions armées dans des pays souverains (Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, Mali…), pour défendre les intérêts des monopoles français.

2)      Faire oublier que l’Etat français et ses gouvernements successifs de droite et de gauche ont contribué et continuent à contribuer à soutenir financièrement et en armement des organisations armées extrémistes religieuses pour détruire des Etats souverains qui n’acceptent pas de leur obéir.  Ainsi on voit  Fabius déclarer : « Al Nosra fait du bon boulot » alors que  le peuple Kurde de Syrie fait face dans le même temps, sans aucun soutien,  à la terreur de l’Etat Islamique et d’Al Nosra .

3)      Faire oublier que l’Etat français soutient les crimes terroristes de masse perpétrés par l’Etat sioniste israélien contre le peuple arabe de Palestine.

4)      Faire oublier que l’Etat français et un gouvernement socialiste n’hésitent pas à s’attaquer à la liberté d’expression quand elle les gêne ou quand elle gêne leurs amis comme dans l’affaire Dieudonné. .

5)      Faire pression sur la classe ouvrière pour qu’elle mette en veilleuse ses luttes, au nom de l’union nationale contre un ennemi commun et pour défendre des valeurs prétendues communes.

Le peuple et les travailleurs de France ont raison de défendre les libertés démocratiques quand elles sont attaquées, mais ils n’ont pas d’union nationale à faire avec ceux qui les exploitent et qui les oppriment, avec un Etat qui n’hésite pas à mettre en cause ces libertés démocratiques, qui nourrit, manipule et qui pratique lui-même différentes formes du terrorisme quand c’est dans l’intérêt du capital.

Dans un monde précipité dans le chaos et les guerres par les rivalités inter-impérialistes, en l’absence d’un mouvement international révolutionnaire prolétarien, en l’absence de perspectives d’un avenir heureux, la voie est ouverte à toutes les dérives.

Seule la classe ouvrière et le socialisme peuvent sortir ce monde de la barbarie.

ROCML le 8 janvier 2015

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