Venezuela :
trompe-l’œil et réalité
LA VOIX DES COMMUNISTES, no 34, 2e semestre 2026 – p. 45‑69
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Note concernant les sources : Les textes en langue espagnole ont été traduits par nous [ROCML].
Au présent texte est associée une série de notices documentaires :
– Voir la liste des documents : ►
– Des renvois spécifiques à ces documents figurent dans le texte ci-dessous.
Mars 2026
Complété Aout 2026
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Qu’il s’agisse de la vie au quotidien des individus, ou de grands bouleversements sociaux collectifs, il existe souvent une discordance entre la réalité effective et la perception illusoire qu’en ont certains. En ce qui concerne les évènements récents au Venezuela, ce phénomène s’est développé jusqu’à l’extrême, aboutissant à une situation catastrophique pour une grande partie de la population, à l’exception de ceux qui sont ravis de voir se développer la domination de l’impérialisme US. Quant aux gouvernants actuels, ils sont certes mal à l’aise, du fait d’être bousculés par les difficultés à gérer, mais ils se débrouillent tant bien que mal en s’efforçant de garder intactes les apparences.
En 1999, Hugo Chávez a entamé un premier mandat de président. À sa réélection en 2006, il a prêté serment en ces termes[1] : "Je jure par le Christ, le plus grand socialiste de l’histoire", et a appelé "à la patrie, au socialisme ou à la mort". Dans la réalité pratique, quelques éléments tels que des expropriations d’entreprises ou l’essence à prix dérisoire pour les automobilistes pouvaient aider à entretenir un faux-semblant de socialisme. Mais il s’agissait tout au plus à "faire du social", comme savent le faire de façon pareillement illusoire les "social-démocrates" de partout, tels que le PS en France.
Dans le contexte établi à partir de 2013, avec Nicolás Maduro comme président, il est devenu de plus en plus difficile pour le régime d’éviter que la perception illusoire entretenue par les promoteurs de la "révolution bolivarienne" ne s’écroule. Les artifices échafaudés pour maintenir un faux-semblant de "socialisme" sont poussés jusqu’à l’absurde. Peu avant de se trouver embarqué vers les USA, Maduro a annoncé, le 25 décembre[2] : "À compter d’aujourd’hui, nous déclarons la mise en place d’un gouvernement de transition communale vers le socialisme, avec 5.336 salles d’auto-gouvernance, 5.336 gouvernements territoriaux composés de voisins, de familles, de communautés, de forces concrètes qui débattent, participent, agissent, construisent et font de leurs territoires des territoires visibles pour une nouvelle société". Il assure que ces salles d’auto-gouvernance disposent de tous les organes communaux opérationnels. Selon lui il s’agit de renforcer le système d’auto-gouvernance en y associant le concept de "toparchie"[3].
Dans ce qui suit, nous n’abordons pas l’évolution de la situation au‑delà de l’opération militaire du gouvernement US, le 3 janvier 2026, qui a bouleversé le contexte régional. Toutefois nous formulons un constat préalable : nous rejetons absolument cette intervention sur le territoire d’un État étranger, ainsi que plus globalement la prétention de l’impérialisme US d’imposer sa domination à des régimes en place et à leurs populations.
Cette précision étant faite, revenons-en à la question de la perception illusoire, en l’occurrence celle incarnée par la mythologie de la "révolution bolivarienne". Nous ne développerons pas ici tout le cheminement initié par la venue de Hugo Chávez à la présidence, mais nous nous concentrerons ‑ de façon succincte ‑ sur la période débutant approximativement en 2015. En complément de notre argumentation, nous présentons une série de documents qui, selon nous, mettent en évidence le fait que la vision résumée par le concept de "révolution bolivarienne" n’est rien d’autre qu’une construction mentale artificielle.
La nature du régime après Chávez – continuité et adaptation
Chávez, président depuis 1999, est décédé en 2013. Nicolás Maduro a été confirmé dans la fonction de président par les élections d’avril 2013. Dans un premier temps, il était préoccupé avant tout de soigner son image de successeur attitré d’avance par Chávez. Mais par la suite il s’est adapté, à sa manière, au contexte politique et économique. Entre autres, un affrontement particulier s’est cristallisé en rapport avec un capitaliste important, Lorenzo Mendoza, dont le grand‑père avait édifié le conglomérat Empresas Polar, opérant dans le secteur alimentaire.
Un conflit a éclaté fin 2015 entre le personnel et la direction de l’entreprise Polar[4]. Les travailleurs affiliés au Syndicat unifié régional des travailleurs de Polar Centre (Sintraterricentro), après des mois de grève pour revendiquer une convention collective, ont obtenu un jugement arbitral leur accordant divers avantages et droits sociaux. Quelques semaines plus tard, sous une forte pression syndicale, le ministère du Travail a approuvé l’extension de cette décision à l’ensemble des employés de Polar. Début 2016, Mendoza a décidé de fermer deux usines de malt et de bière ‑ situées à Caracas et à Barcelona ‑ ainsi que toutes les zones commerciales qui en dépendaient. Plus de 12.000 personnes à travers le pays se sont retrouvées sans emploi. Officiellement, le groupe Polar a justifié la fermeture des usines et d’autres unités, ainsi que la suspension du personnel, par une pénurie de matières premières. Omar Quijada ‑ employé de la brasserie de Barcelona et directeur régional de la "vice-présidence chargée de la classe ouvrière" au sein du PSUV (parti aligné sur le régime) ‑ a souligné que le ministère du Travail n’avait jamais procédé à une inspection pour vérifier cette prétendue pénurie. Face à ces suspensions, les travailleurs de diverses régions du pays ont saisi les inspections du travail. Sans exception, ces instances ont ordonné la réintégration des employés, invoquant des violations de la loi. Les travailleurs ont poursuivi leur lutte qui, après un recours entamé par Polar, a atteint le Tribunal suprême de justice (TSJ) en aout 2017. À l’instar des autorités précédentes, le TSJ a ordonné la réintégration immédiate des milliers de travailleurs ainsi que le versement des avantages sociaux non perçus. Toutefois, la direction de Polar a refusé de s’y conformer, et l’affaire a été portée devant les tribunaux. Une fois de plus, la décision ‑ rendue cette fois par les tribunaux du travail de première instance ‑ a été favorable aux travailleurs. Cependant, Mendoza n’a tenu compte d’aucune décision de justice ni injonction constitutionnelle. En juillet 2022, une délégation de travailleurs a rencontré le nouveau ministre du Travail, Francisco Torrealba, et a été reçue à l’Assemblée nationale. "Nous avons subi un massacre social; ils ont bafoué nos droits humains et se sont indument appropriés nos salaires ainsi que des sommes correspondant à nos avantages sociaux", a résumé Quijada. Malgré cela, il a déclaré : "Nous avons foi et espoir dans le système judiciaire vénézuélien. Nous sommes convaincus que justice sera rendue."
Depuis, les choses en sont restées à ce point. En réalité, au moins depuis que le recours au TSJ s’est avéré vain, il était évident que Maduro ‑ obligé malgré lui d’assumer ouvertement la confrontation avec le grand capital ‑ avait conclu un arrangement avec Lorenzo Mendoza, afin d’éviter que le régime fût mis au pied du mur. Rétrospectivement, en février 2020, la tractation a été commentée par le journal New York Times[5]. Nous savons par expérience que certains militants cultivent une incrédulité spécieuse consistant dans le "raisonnement" suivant : "la presse en France nous ment", en général, et en particulier au sujet du régime vénézuélien, "donc" inversement il faut croire ce qu’affirment les média "bolivariens". De notre côté le récit du New York Times coïncide tout simplement avec notre propre analyse.
Non seulement Maduro a capitulé ainsi dans un affrontement concret de lutte de classe, mais il a choisi consciemment le développement de l’économie selon les principes du capitalisme. En effet, le régime poursuit l’exploitation de la classe ouvrière par la classe capitaliste au niveau de la société, globalement. La situation, catastrophique à cet égard, comporte plusieurs facettes. En premier lieu apparait le délabrement de l’économie. Le régime cherche à se dédouaner en incriminant les sanctions économiques imposées par les USA, mais quand on retrace l’évolution de la situation nationale et du contexte international, on constate que des relations de causes à effets sont déjà à l’œuvre dès l’élection de Chávez comme président. Ensuite, l’action du gouvernement à la recherche de remèdes vise directement les conditions de vie des travailleurs. Globalement la précarité des conditions de travail et de vie s’est aggravée. Des éléments essentiels du code du travail ont été démantelés. En particulier le salaire comme rémunération du travail a été remplacé progressivement par une accumulation d’artifices sous forme de sommes attribuées de façons conditionnelles variées. Le Parti Communiste de Venezuela (PCV) insiste à juste titre sur cette question[6].
En résumé, la détérioration des revenus reçus par les travailleurs est opérée en transformant le salaire ‑ qui devrait être l’élément principal ‑ en composante accessoire du revenu intégral. Quand on examine l’évolution durant l’année 2016, on constate que le bon alimentaire a augmenté de 844% en valeur nominale, tandis que le salaire minimum légal n’a augmenté que de 181%. Cette distorsion est doublement dommageable, du fait que les droits et prestations liés au travail prévus par la loi, tels que les congés payés, les primes annuelles, les prestations sociales liées à l’ancienneté et les cotisations patronales au fonds d’épargne, au fonds de retraite et au fonds d’épargne-logement, entre autres, sont calculés en fonction du salaire de base des travailleurs et non sur leurs revenus mensuels globaux.
Par ailleurs, le gouvernement a mis en œuvre la déstructuration des organisations du mouvement ouvrier. Le PCV avait soutenu Chávez initialement en 1999, en rejoignant une coalition appelée "Polo Patriótico"[7]. En 2006, Chávez a appelé les forces qui le soutenaient à constituer le "Parti socialiste unifié du Venezuela" (PSUV); le PCV n’a pas répondu favorablement et a conservé son autonomie. Dans ce contexte, un pacte programmatique appelé "Accord-cadre PCV-PSUV" a été conclu en 2018, afin de garantir que le dialogue entre le PSUV et le PCV ne transgresserait pas certains principes programmatiques minimaux établis par les deux partis associés[8]. Or les divergences entre le PCV et Maduro se sont accentuées. Constatant une forte détérioration des conditions économiques ainsi que l’arrestation de dirigeants sociaux, le PCV s’est dissocié définitivement du gouvernement en 2020. En novembre 2022 le PCV a tenu son 16e Congrès, qui a ratifié "la décision de rompre avec la politique anti-ouvrière, antipopulaire et antinationale du gouvernement de Nicolás Maduro Moros, qui a fait payer au peuple vénézuélien les conséquences de la crise capitaliste ainsi que des mesures coercitives de l’impérialisme, tout en protégeant les intérêts du capital national et transnational"[9].
En 2023 Maduro a effectué une manœuvre frauduleuse avec la complicité d’un ex-membre du PCV[10]. La manipulation consistait à promouvoir un groupe d’individus qui, en connivence avec le gouvernement, se mettaient en scène comme prétendus membres du parti : ils contestaient la légitimité du congrès de 2022 et affirmaient être les représentants authentiques du Parti. Maduro a officialisé cette farce.
La problématique de l’attitude de la population à l’égard du régime
Parallèlement à la perception illusoire des rapports entre le régime de Maduro et le mouvement ouvrier, s’est cristallisée aussi une perception illusoire au sujet du soutien de la population au régime. Un élément évoqué de façon récurrente est le résultat de l’élection présidentielle de 2024. À ce sujet nous partageons l’affirmation que les résultats en faveur de Maduro ont été truqués : le fait est qu’une instance juridique a été chargée d’examiner l’ensemble des bulletins de vote, ce qui a été fait en vase clos, puis l’instance a attesté que le résultat officiellement annoncé aurait été établi correctement, elle a rangé les documents dans leurs cartons, et ceux‑ci ont été mis à l’abri dans un dépôt. Pourtant la loi concernant la procédure électorale prescrit que les résultats doivent être publiés sous forme détaillée et tabulée dans la Gazette électorale (distincte de la Gazette officielle). Cela avait été le cas lors des élections précédentes, comme celles de 2013 et 2018, mais n’a pas été respecté lors des élections du 28 juillet 2024 [11].
Le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, tout simplement, ne se préoccupe pas de la question. Il nie que la publication des résultats électoraux soit obligatoire[12] : "Ils ont inventé cette idée qu’ils doivent publier les documents officiels, c’est un mensonge", mais "cela ne nous fait pas peur, car nous avons nos propres documents officiels". Et suivant son habitude, il profère des menaces indiquant que des décisions devaient être prises à l’encontre des partis qui ne reconnaissent pas les résultats annoncés par le Conseil national électoral (CNE).
Cela dit, d’une certaine façon cette problématique est secondaire. Le régime peut toujours s’appuyer sur un soutien important en termes de quantité. Mais cette attitude d’une partie de la population exprime seulement l’acceptation d’un "moindre mal", d’un côté face à l’opposition réactionnaire de María Corina Machado[13] et autres courants de droite/extrême droite, et de l’autre côté sous l’effet de la maitrise des relations sociales de la part du régime qui a imposé dans les faits ses propres mécanismes de fonctionnement.
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À trois jours de l’élection présidentielle, |
La leader de l’opposition, María Corina Machado |
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Ces images ne mentent pas (il est raisonnable de supposer qu’elles n’ont pas subi une transformation par "intelligence" artificielle). Il est utile de les regarder ainsi posées côte à côte. Cela évite de se laisser aller à des interprétations subjectives sur le "soutien massif" à l’un ou l’autre des candidats en regardant l’une des deux images séparément sans voir l’autre. |
À première vue le panorama politique se présente essentiellement comme un face à face entre deux pôles opposés, où chaque personne se situe dans l’une ou l’autre de deux cases exclusives. Les efforts de propagande déployés continuellement par le régime visent à entretenir cette vision dichotomique. Il tente ainsi de justifier sa politique répressive, selon l’idée qu’il s’agirait exclusivement de bloquer la menace venant d’une extrême droite fasciste. Une partie considérable de la population préfère le régime actuel plutôt qu’un gouvernement dirigé par l’équipe de Juan Guaidó[14] ou Corina Machado. Mais cette préférence n’implique nullement un renoncement à faire valoir des critiques et des demandes. Or, il s’avère que le régime se sent menacé par tout ce qui s’écarte du contexte tel qu’il l’a délimité autour de lui, et il applique la répression indistinctement en cas de contestations qui perturbent sa gouvernance.
Pour ceux, en France ou d’autres pays de "république démocratique", qui sont habitués à des idées, discours, choix plus variés et complexes, il est difficile d’analyser la situation au Venezuela autrement qu’en acceptant implicitement ou explicitement le schéma bipolaire. Pour pleinement saisir la complexité de la réalité, il faudrait développer longuement des multiples aspects, actuels et historiques. Nous nous contentons ici de quelques arguments succincts, en restant schématiques tout en élargissant les explications suffisamment pour faire ressortir non pas deux pôles, mais trois pôles qui peuvent être superposés partiellement et interagissent entre eux de façon multilatérale.
L’élection de Chávez n’a pas introduit une orientation politique visant à instaurer une économie socialiste. La vision du gouvernement en matière d’économie n’impliquait pas une rupture avec le système économique capitaliste. Néanmoins, les luttes opposant les travailleurs à leurs employeurs pouvaient être marquées par des objectifs relevant de la lutte de classe contre l’exploitation capitaliste, sans pour autant être portées par un rejet ouvert de la conduite suivie par le gouvernement. Avec le régime de Maduro, la perspective d’actions revendicatives est d’office considérée comme hostile au gouvernement, et donc bloquée par celui-ci ‑ sauf si éventuellement il juge utile de les manipuler à son avantage.
Depuis longtemps le régime doit affronter des secteurs de la population qui lui sont hostiles. L’opposition politique ouverte se compose de forces politiques variées. Les milieux liés aux organisations d’extrême droite proprement dite (Guaidó, Machado,…) en constituent une partie importante et peuvent faire intervenir des organisations ou militants syndicalistes, liés en bonne partie aux organisations syndicales traditionnelles (comme la Confédération des travailleurs du Venezuela – Confederación de Trabajadores de Venezuela, CTV[15]), mais incluant aussi des transfuges ayant été partisans de Chávez. Cependant, le mécontentement, la désapprobation, voire la contestation active sont une réalité largement répandue. Officiellement le régime de Maduro exerce une répression ciblée à l’encontre de l’extrême droite, mais dans les faits il vise à bloquer tout ce qui le menace dans sa domination de l’appareil d’État.
En relation avec la période électorale de 2024 le régime a été saisi de panique sous l’effet de la remise en cause de sa légitimité. Au cours de l’année 2025 sont effectuées des arrestations en chaine, selon des procédés outrepassant toutes les dispositions légales et juridiques formellement établies, actes qualifiés de "disparitions forcées" (pratique déjà utilisée antérieurement) par ceux qui se placent du côté des victimes : une personne a été "recueillie" de force par des personnes censées appartenir aux instances policières, et depuis il s’avère impossible d’obtenir des renseignements sur les raisons de cette arrestation et les lieux de détention. En 2017 avait été promulguée une loi intitulée "Loi constitutionnelle contre la haine, pour la coexistence pacifique et la tolérance". Voici un extrait[16] :
Quiconque, publiquement ou par tout moyen permettant sa diffusion publique, encourage, promeut ou incite à la haine, à la discrimination ou à la violence contre une personne ou un groupe de personnes, en raison de son appartenance réelle ou présumée à un groupe social, ethnique, religieux, politique, d’orientation sexuelle, d’identité de genre, d’expression de genre ou pour tout autre motif discriminatoire, sera puni d’une peine d’emprisonnement de dix à vingt ans, sans préjudice de la responsabilité civile et disciplinaire pour les dommages causés.
Ultérieurement, en aout 2024, le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a lancé des travaux pour l’élaboration d’un ensemble de lois "visant à protéger et à défendre notre population contre la haine, les expressions de haine sociale, le terrorisme et la diffusion d’idées fascistes et haineuses sur les réseaux sociaux"[17]. À cet égard, l’une des mesures prévues était la "loi sur le contrôle, l’action et le financement des organisations non gouvernementales et des organisations sociales à but non lucratif". Rodrí²guez soulignait que ces organisations étaient règlementées presque partout dans le monde, mais pas au Venezuela. Il a expliqué qu’"il existe des organisations non gouvernementales, comme la Croix‑Rouge, qui fonctionnent en rendant service aux personnes, mais il existe de nombreuses organisations non gouvernementales qui servent de façade au financement d’actions terroristes et d’actions telles que celles des soi-disant “comanditos”[18]". Il a argumenté notamment au sujet de l’importance de défendre le peuple et surtout les enfants "qui sont actuellement victimes d’une infection de haine de la part des réseaux sociaux". Pour appuyer son point de vue, il n’hésite pas à débiter des niaiseries[19] : "Dans les années 50, après la Seconde Guerre mondiale, on a réussi à imposer aux femmes qui ne fumaient pas de commencer à fumer. Des millions de femmes sont mortes d’un cancer du poumon ou d’un cancer du sein à cause de cette propagande en faveur de la consommation de cigarettes par des femmes. Que va‑t‑il arriver à l’avenir à ces filles et ces garçons vénézuéliens qui sont infectés par cette haine?"
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Un "barrio" de Caracas, |
Le régime "bolivarien", version tragico-caricaturale de la "démocratie" bourgeoise
Parallèlement au choix ‑ tacite ‑ en faveur d’un système économique réglé pleinement par les principes du capitalisme, le régime a du assumer la confrontation avec les forces politiques concurrentes : d’une part le PCV qui agit sur la base de la révolution prolétarienne comme objectif, et d’autre part les forces politiques bourgeoises. Ces dernières se composent d’un éventail large et incluent des organisations d’extrême droite radicale.
Les rivalités politiques entre les composantes organisationnelles bourgeoises se sont cristallisées en rapport avec les élections à l’Assemblée nationale qui ont eu lieu le 6 décembre 2015. La coalition d’opposition au régime en place a obtenu 112 mandats sur 167, ce qui lui assurait la majorité qualifiée. Le parti officiel du régime, le Parti socialiste uni de Venezuela (Partido Socialista Unido de Venezuela, PSUV) a obtenu 55 mandats. Depuis, le régime a réussi malgré tout à exercer le pouvoir, de façon précaire, au moyen de divers artifices successifs.
Pour commencer, le Tribunal suprême de justice (TSJ), favorable au régime "bolivarien", a déclaré en situation d’outrage le Parlement ainsi élu et a considéré toutes ses décisions comme nulles et non avenues. La situation qui en résulte est conflictuelle, des manifestations de protestation se succèdent. En 2017 le conflit s’aiguise avec une vague de manifestations qui durent plusieurs mois, faisant près de 130 morts majoritairement dans les rangs des opposants au régime.
À ce stade, le régime a créé une "Assemblée nationale constituante". L’élément clé de la manœuvre résidait dans le mécanisme choisi pour l’élection de cette assemblée : elle s’est faite sur la base non pas des partis politiques, mais de candidatures individuelles, réparties entre deux domaines parallèles, l’un territorial, l’autre sectoriel; la catégorisation par secteurs comprend notamment les travailleurs ainsi que, séparément, les entrepreneurs. Les détails de ce dispositif ont été définis de manière à assurer une probabilité maximale à ce que le régime garde la maitrise des mesures qui seront votées. Cette assemblée est déclarée omnipuissante[20] : les membres progouvernementaux de l’Assemblée constituante ont approuvé à l’unanimité la mesure qui l’autorise à "légiférer sur les questions visant directement à garantir la préservation de la paix, de la sécurité, de la souveraineté, du système socioéconomique et financier, des objectifs de l’État et de la prééminence des droits des Vénézuéliens". Elle est également autorisée à promulguer des actes parlementaires sous forme de lois, cependant les membres du Congrès peuvent continuer à siéger. L’intitulé de l’institution comme "assemblée constituante" est resté purement formel ‑ elle n’a pas rédigé de nouvelle Constitution ni réformé la Constitution existante, mais a plutôt pris le contrôle des fonctions du Parlement officiel qui était à majorité d’opposition.
En décembre 2019, le régime a organisé des élections législatives. L’opposition, par la voix de Juan Guaidó, appelait à ne pas y participer. Le régime obtenait le contrôle du Parlement, mais sur la base d’un vote marqué par un taux d’abstention de presque 70%. Dès lors l’Assemblée constituante installée en 2017 terminait ses fonctions.
À l’issue des élections législatives et régionales de mai 2025, marquées par un taux de participation de 42,63%, le Grand Pôle Patriotique (coalition de forces soutenant le régime, formée en 2013) a obtenu 82,6% des suffrages, tandis que les partis d’opposition en ont recueilli 17,3%. Le parti au pouvoir a également remporté 23 des 24 postes de gouverneurs d’État; la plupart des partis d’opposition ont choisi de ne pas se présenter.
Depuis l’élection de Hugo Chávez comme président, la situation au Venezuela a été marquée constamment par une conflictualité prononcée, avec une tendance à l’éclatement d’affrontements violents impliquant de façon symétrique les forces du régime "bolivarien" et celles de l’opposition. Du point de vue marxiste-léniniste il serait erroné de reprocher par principe aux forces du régime d’employer la force face aux contestations. Mais dans le cas du Venezuela, il ne s’agit nullement de la violence exercée par le prolétariat révolutionnaire contre la bourgeoisie exploiteuse, mais de bagarres entre deux cliques qui s’efforcent d’assumer la gestion du pouvoir sur la base d’un appareil d’État de type "république parlementaire" réputé être "démocratique". C’est sous cette angle que nous examinerons ci-après la répression violente généralisée mise en œuvre par le régime.
Un personnage de premier plan dans ce domaine est Cabello, ministre de l’Intérieur. Il se caractérise par une attitude de cynisme ouvert.
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Diosdado Cabello, dans son émission télévisée, intitulée "Con el mazo dando" |
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En 2017, Cabello a évoqué pour la première fois ce qu’il appelle l’"Opération Tun Tun" lors de son émission télévisée hebdomadaire, utilisant ce terme pour décrire les arrestations de "terroristes"[21]. Il annonce que l’opposition "va se faire tabasser pire qu’un chat voleur". Cette déclaration s’inscrivait dans le contexte des manifestations de cette année-là, déclenchées à la suite des élections à l’Assemblée nationale. L’expression "Tun Tun" revêt une signification particulière dans le contexte vénézuélien, car son origine est liée à un chant de Noël bien connu qui évoque le bruit d’un coup frappé à la porte, puis une invitation symbolique faite aux personnes pacifiques à entrer dans la maison pendant les fêtes : "Tun Tun quién es? ‑ Gente de paz, ábrenos la puerta, que ya es navidad" ("Toc Toc, qui est-ce? – Gens de paix, ouvrez-nous la porte, c’est Noël!".
Cabello a ainsi promu une certaine conception de la répression à l’encontre de toute critique visant le régime. Elle sera amplement mise en œuvre par la suite.
Voici quelques aspects qui, depuis, caractérisent la répression exercée en conformité avec cet esprit, et dont nous présenterons plus loin des échantillons.
* Les organismes chargés de la répression[22]
Les services de renseignement sont les principaux acteurs de l’"Opération Tun Tun", notamment la Direction générale du contre-espionnage militaire (Dirección General de Contrainteligencia Militar, DGCIM) et le Service bolivarien de renseignement national (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional, SEBIN). Lors de certaines opérations y ont participé des divisions de la Police nationale bolivarienne (Policía Nacional Bolivariana, PNB), du Corps d’enquêtes scientifiques, criminelles et médico-légales (Cuerpo de Investigaciones Científicas Penales y Criminalísticas, CICPC), de la Garde nationale bolivarienne (Guardia Nacional Bolivariana, GNB) qui est une composante de la Force armée nationale bolivarienne (Fuerza Armada Nacional Bolivariana, FANB), et même des civils armés.
* Les mécanismes de délation[23]
"L’opération Tun Tun ne fait que commencer. Faites une dénonciation si vous avez été la cible d’une campagne de haine, qu’elle soit physique ou en ligne via les réseaux sociaux", a écrit Douglas Rico, directeur du CICPC, sur son compte Instagram. Une ligne téléphonique de la DGCIM a été mise en place pour les dénonciations anonymes.
Maduro a annoncé que l’application VenApp de téléphone mobile, créée auparavant pour signaler les problèmes liés aux services de base, disposera désormais d’un onglet pour les dénonciations anonymes où les utilisateurs pourront transmettre des informations sur les manifestants.
De nombreux comptes personnels d’Instagram, Twitter et Telegram ont fait leur apparition, sur lesquels des partisans de Maduro partagent des photos et des adresses de partisans de l’opposition qu’ils identifient dans leurs immeubles et leurs quartiers. Le Syndicat national des travailleurs de la presse a constaté que des journalistes étaient également les cibles de ce procédé.
Après le déroulement de l’élection présidentielle du 28 juillet 2024, Maduro a organisé le 7 aout un rassemblement de "victoire" au siège du gouvernement à Caracas. Voici un extrait de son discours[24] :
Mais je vous le dis, nous avons infligé une déroute à la première partie de ce coup d’État fasciste criminel. Allons les traquer! Et le fascisme au Venezuela ne passera pas! Il ne passera pas! Il ne passera pas! Je vous le garantis, mes chers compatriotes qui me voyez et m’entendez. Il faut renforcer l’unité et la mobilisation populaires. Se faire respecter dans les quartiers. Sur l’application VenApp, nous avons ajouté une nouvelle fenêtre. Faites-moi la dénonciation des délinquants fascistes afin d’aller les traquer. Je protègerai le peuple rue par rue, quartier par quartier. Fascistes! Assassins! Traîtres impérialistes! Voyez, je me battrai jusqu’à la mort contre les fascistes! Vous savez, je suis là pour vous. Et je serai là aussi longtemps que le peuple décidera que je sois ici.
Dans le quartier populaire de Caracas connu sous le nom de "23 de Enero", quelques jours après que Maduro s’est proclamé vainqueur de l’élection, les façades de certaines maisons étaient marquées par le signe "X"[25]. Des membres de "colectivos", groupes proches du régime, étaient à l’origine de ces inscriptions. Ils avaient photographié leurs voisins alors que ceux-ci manifestaient devant leurs maisons pour exiger la démission de Maduro. Un habitant a déclaré : "Il y a une cinquantaine de maisons dans ma rue, et 32 ont été marquées le lendemain matin. Les jours suivants, ils ont arpenté la rue en disant que cette marque était réservée aux lâches et qu’ils reviendraient armés si quelqu’un protestait."
Selon un journaliste vénézuélien, ce phénomène s’était répandu dans tout le pays[26]. "Cela fait plusieurs années que cela dure. Les maisons des personnes critiques envers le gouvernement sont marquées d’une croix. Ce n’est pas un phénomène propre au quartier du 23 de Enero; c’est une pratique courante à l’échelle nationale pour identifier les critiques, les dissidents du chavisme et les membres de l’opposition."
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* Le règne de l’arbitraire[27]
Le type d’arrestation et le lieu sont très variés. Des manifestants aux personnes se rendant au travail, dans la rue, quelles que soient les circonstances, les arrestations sont effectuées sans distinction, sans qu’aucune enquête n’ait été menée. Les "forces de l’ordre" font irruption dans les maisons, frappent aux portes et, en l’absence de réponse, les enfoncent pour emmener les gens sans explication, si ce n’est que les autorités les accusent de "terrorisme" et d’"incitation à la haine". Selon le mode opératoire "Tun Tun", les agents impliqués n’exhibent aucune pièce d’identité, ont le visage dissimulé, se déplacent dans des voitures sans plaques d’immatriculation et utilisent des fusils d’assaut. Ils pénètrent dans les domiciles sans mandat de perquisition et procèdent à des arrestations sans mandat. Lorsqu’ils ne parviennent pas à trouver la personne recherchée, ils emmènent un membre de sa famille, à titre de moyen de chantage pour contraindre la personne recherchée à se rendre.
* Les menaces[28]
Faisant référence à l’"Opération Tun Tun", Maduro a déclaré[29] : "Quiconque grille le feu… Toc Toc. Ne pleurniche pas, tu vas à Tocorón[30]", "Tous les guarimberos [manifestants] vont à Tocorón et Tocuyito, des prisons de haute sécurité".
La DGCIM a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo qui débute par la phrase "Où que j’aille, Chucky me trouvera", tirée du film d’horreur "La poupée du mal", sorti en 2019 (Chucky étant le nom de la poupée). La vidéo se poursuit avec une version modifiée de la chanson de Noël traditionnelle "Ring Christmas Bells" datant de 1962, dont les paroles ‑ ne figurant pas dans le texte d’origine ‑ disent : "S’ils ont mal agi, il le saura bien… Il les cherchera, cachez-vous bien. Ton nom est sur sa liste", tandis que des agents de la DGCIM sont montrés en train d’arrêter des personnes. La vidéo se termine par "Opération Tun Tun, sans pleurs".
* Cabello
Au cours d’une émission spéciale de son programme "Con el mazo dando" du 3 aout 2024, Cabello s’est félicité que les manifestations aient pris fin lorsque "la répression a commencé" et que "plusieurs personnes ont été arrêtées"[31]. "J’adresse ici ma pleine et entière reconnaissance au SEBIN, à la DGCIM, à la Police nationale bolivarienne et au CICPC" pour les actions qu’ils ont menées. Et à l’adresse des manifestants d’opposition il a dit : "Soyez assurés que justice sera faite et qu’ils vont se présenter à votre maison."
Au cœur du troisième pôle auquel nous faisons référence
se trouvent les travailleurs ‑ fondamentalement, la classe ouvrière.
Toutefois sous le régime de Chávez, la conscience de classe authentique a été instrumentalisée en faveur d’un "socialisme" bâtard, voire fantaisiste. Et sous le régime de Maduro, le mot "socialisme" n’est que pure phraséologie, tandis que les actes concrets visant à défendre les intérêts de travailleurs sont réprimés. Une partie des arrestations et condamnations pour des activités syndicales frappent de façon ciblée des dirigeants ou militants liés de près ou de loin aux forces politiques traditionnelles, qui pourtant ne souhaitent nullement animer la lutte de classe des travailleurs contre la bourgeoisie capitaliste. En effet, du point de vue du régime, en dernière instance, l’enjeu n’est pas simplement de rester au pouvoir face à des prétendants bourgeois concurrents. Il sait que l’ennemi véritable est la classe ouvrière. La preuve en est son intervention contre le PCV, mentionnée plus haut.
Ce contexte obscurcit les fronts qui objectivement caractérisent la lutte de la classe ouvrière contre la classe bourgeoise. Mais du côté des travailleurs, les fractions les plus conscientes politiquement veillent à mettre en garde contre les complicités implicites ou explicites entretenues par certaines organisations.
Voir un cas qui met en lumière cette problématique. Document ►
Aperçu de la persécution envers les syndicalistes hostiles au régime
Pour plus de détails, voir Documents. ►
* José Elías Torres[32]
Président de la CTV.
En novembre 2025, Torres avait assisté à une réunion du Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT), organisme auquel le gouvernement vénézuélien est affilié. Le 29 novembre, alors qu’il se trouvait à son domicile, un groupe d’individus s’est présenté sans mandat judiciaire et lui a arbitrairement signifié qu’il était en état d’arrestation avant de l’emmener vers une destination inconnue. Ce n’est que le 30 janvier 2026 qu’on a appris qu’il se trouvait dans un centre de détention politique à Caracas. Il a finalement été libéré le 15 février 2026.
* Fernando Serrano[33]
Dirigeant du "Sindicato Unico de Trabajadores del Aluminio" (Syndicat unique des travailleurs de l’aluminium, Sutralum), secrétaire au travail et aux réclamations, à la Corporación Venezolana de Guayana-Venalum (CVG-Venalum).
Le 18 juillet 2025, Serrano a été enlevé par les forces de police de l’État du Bolívar. Sa famille n’a reçu aucune information sur le lieu où il se trouvait ni sur son état de santé Finalement le 2 mars 2026 il a été libéré.
* PDVSA (Petróleos de Venezuela, S.A.,
propriété historique de l’État)
‑ Information publiée le 21 aout 2024 [34]
Des travailleurs et des syndicats ont déclaré que depuis les élections contestées du 28 juillet, plus d’une centaine d’employés PDVSA, ainsi que d’autres employés du ministère du Pétrole et de certains secteurs publics, ont été contraints de démissionner en raison de leurs opinions politiques. Les dirigeants de PDVSA ont ordonné aux employés administratifs et opérationnels d’assister à des rassemblements en faveur de Maduro et ont surveillé leurs comptes sur les réseaux sociaux, selon quatre sources au sein de l’entreprise et un dirigeant syndical. Les employés qui n’ont pas soutenu Maduro ou qui ont contesté les résultats officiels du scrutin sont poussés vers la sortie, ont-ils déclaré. "Ils vous convoquent aux ressources humaines, vous font assoir et vous remettent une lettre de démission que vous devez signer", a déclaré une source proche du dossier.
Au siège de PDVSA à Caracas, une centaine d’employés administratifs ont été licenciés depuis les élections, selon deux de ces sources. Plus de 30 autres employés de la division Est de PDVSA, chargée de la majeure partie de la production de pétrole brut du Venezuela, ont été contraints de démissionner, a déclaré la FUTPV (Federación Unitaria de Trabajadores Petroleros de Venezuela) dans un communiqué : "Il s’agit d’une mesure de représailles politiques contre de nombreux travailleurs qui, lors du dernier processus électoral, se sont opposés à Maduro". Un employé de la raffinerie, qui a demandé à rester anonyme par crainte de représailles, a déclaré : "Ils font toute une histoire pour un rien, une publication sur les réseaux sociaux, un message dans votre profil, une citation contre le gouvernement. Ils prennent une capture d’écran et la transmettent aux ressources humaines".
‑ Information publiée le 28 janvier 2026 [35]
Selon un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Caleidoscopio Humano, au moins 120 travailleurs pétroliers ont été arbitrairement détenus au cours des dernières années. Le rapport souligne que le plus grand nombre d’arrestations se concentre dans l’est du pays, où l’on compte au moins 68 travailleurs visés par différentes mesures procédurales.
Parmi les autres zones critiques en matière d’arrestations, on peut citer :
État de Falcón : un point central avec 24 personnes détenues à la raffinerie d’Amuay, 20 à PDVSA Cardón (15 travailleurs et 5 fonctionnaires) et un cas à PDV Marina (Punto Fijo).
État de Carabobo : 13 travailleurs privés de liberté à la raffinerie El Palito.
Anzoátegui : 4 travailleurs appartenant à l’INEA ‑ Capitainerie de Puerto La Cruz.
Région centrale : 3 employés de l’usine PDVSA Catia La Mar (La Guaira) et 2 de la Torre Sur de La Campiña à Caracas.
Coopération entre organisations
syndicales
Pour plus de détails, voir Documents. ►
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Note du Comité national de conflit des travailleurs en lutte, 8 juin 2023 [36]
(Extraits) :
Le 18 mars 2023, 170 délégués et représentants de syndicats, fédérations et mouvements de travailleurs, issus de 17 États du Venezuela, se sont réunis à Caracas et ont constitué le Comité national de conflit des travailleurs en lutte (CNC‑TL), avec pour objectif de rassembler toutes les mobilisations et tous les conflits des régions en un seul combat, afin de récupérer tous les droits du travail, sociaux, économiques et civils bafoués par le gouvernement néolibéral de Nicolás Maduro. Le CNC‑TL constitue un effort d’organisation nationale qui vise à unifier les manifestations massives auxquelles les travailleurs vénézuéliens ont pris part au cours de l’année dernière, exigeant principalement un salaire décent, conformément à l’article 91 de la Constitution, car le salaire minimum en vigueur aujourd’hui est inférieur à cinq dollars par mois, ce qui représente le salaire le plus bas d’Amérique latine et l’un des plus bas au monde.
Le programme néolibéral mis en œuvre par Nicolás Maduro comprend divers dispositifs : le développement de zones économiques spéciales (dispositif connu en Amérique latine sous le nom de territoires de "maquila"), telles qu’une zone désignée comme l’Arc minier de l’Orénoque; la privatisation d’entreprises publiques qui avaient été expropriées sous le précédent gouvernement de Chávez; la libéralisation des prix de tous les produits de première nécessité; l’exonération des droits de douane pour des importations destinées à des produits fabriqués au Venezuela; la dévaluation constante de la monnaie dans un contexte d’hyperinflation; la dollarisation du marché intérieur, en fixant le prix du carburant en dollars. Il a également mis en œuvre une flexibilisation totale des relations de travail, par la modification des droits précédemment consacrés tant dans la Constitution de 1999 que dans la "Loi sur le travail" de 2012.
En promulguant le mémorandum 2792 du ministère du Travail de 2018 et les instructions de l’Onapre (Oficina Nacional de Presupuesto – Office nationale du budget) de 2022 [37], le gouvernement Maduro a ignoré toutes les conventions collectives en vigueur dans le pays et a imposé des barèmes salariaux uniformisés, mettant fin aux échelles salariales basées sur les qualifications professionnelles et réduisant les salaires jusqu’à 99% par rapport à la première décennie de ce siècle. Dans la pratique, les primes d’ancienneté (prestations sociales) ont été supprimées et les primes de vacances, de bénéfices et de fin d’année ont été réduites à des niveaux insignifiants. Cela a entrainé une détérioration brutale des conditions de travail et de vie des travailleurs et de leurs familles, tant dans la fonction publique que dans les entreprises privées.
Dans un contexte de corruption profonde aux plus hauts niveaux de l’administration publique, reconnue par le gouvernement lui-même au vu des arrestations judiciaires constantes de ministres, de présidents d’entreprises publiques, de députés et d’officiers militaires, Nicolás Maduro s’est retranché derrière les sanctions économiques imposées au Venezuela par le gouvernement des USA et l’Union européenne pour justifier son programme néolibéral et, plus précisément, sa politique de destruction des salaires.
Tout en reconnaissant que ces sanctions constituent une ingérence inacceptable des puissances étrangères dans les affaires intérieures du Venezuela, nous affirmons également qu’elles n’ont aucun impact sur l’élite au pouvoir, mais qu’elles affectent directement le peuple vénézuélien. Nous considérons que ces sanctions ne sont pas la cause principale de la "flexi-bilisation" des relations de travail appliquée par le gouvernement Maduro. La crise dans notre industrie pétrolière est principalement due à la corruption généralisée qui règne au sein du gouvernement, comme le démontrent les poursuites judiciaires engagées contre presque tous les dirigeants de PDVSA ces dernières années.
Le travail salarié au Venezuela se situe aujourd’hui à des niveaux proches de l’esclavage, car les travailleurs ne perçoivent pas pour leur travail une rémunération qui leur permette de couvrir les frais minimaux de subsistance pour eux-mêmes et leurs familles.
La politique en matière du travail de Maduro, qui consiste en un esclavage salarié, a entrainé une migration massive de jeunes et de travailleurs qualifiés qui, avec leurs familles, fuient le pays à la recherche de meilleures conditions de travail. Plus de sept millions de Vénézuéliens ont émigré, car ils estiment qu’ils ne peuvent pas survivre avec les salaires et les conditions de travail actuelles au Venezuela. […]
*
Comité national de conflit des travailleurs : "Maduro intensifie sa politique de destruction des salaires"
7 mai 2023 [38]
(Extraits) :
L’annonce faite par Nicolás Maduro le 1er mai confirme une politique salariale qui vise à réduire le cout de la main-d’œuvre afin de maximiser les profits et de réduire les dépenses publiques.
Le gouvernement consolide sa politique basant le revenu des travailleurs sur des primes et renforce sa politique de destruction des salaires et, par conséquent, des prestations sociales, violant ainsi les articles 91 (salaires), 92 (prestations sociales) et 89 (intangibilité et progressivité des droits) de la Constitution.
Il gèle le salaire minimum pendant plus d’un an dans un contexte de forte inflation et de non-application et détérioration systématiques des conventions collectives, ce qui accroit la précarité des conditions de vie matérielles de la classe ouvrière.
Cette politique (qui s’est intensifiée depuis 2018 avec le mémorandum 2792, puis en 2022 avec la directive Onapre) a représenté le plus grand recul pour la classe ouvrière depuis 1997, lorsque la rétroactivité des prestations sociales a été supprimée.
Maduro s’est moqué des travailleurs vénézuéliens en n’augmentant pas le salaire minimum. Celui-ci reste fixé à 130 Bs par mois, soit l’équivalent de 5 dollars, bien en dessous du minimum fixé par les organismes internationaux, qui situent à 57 dollars le salaire minimum pour sortir de l’extrême pauvreté. Les plus affectés sont les 5 millions de retraités, qui ne perçoivent pas le bonus alimentaire, qui sont soumis à l’extermination, un crime contre l’humanité.
Les primes qui ont augmenté, ainsi que la prime de guerre qui a été abaissée, n’ont aucune incidence sur le salaire.
Cela signifie qu’elles ne sont pas prises en compte pour le calcul des primes de fin d’année, des congés payés ni des prestations sociales, acquis historiques de la classe ouvrière vénézuélienne qui tendent à disparaitre en raison de la politique de destruction de l’économie menée par le pouvoir exécutif national.
Avec cette politique, le gouvernement fait peser sur le peuple travailleur tout le poids de la crise et avantage les capitalistes du secteur commercial importateur et du secteur financier spéculatif. […]
Comité national des conflits du travail
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Accord syndical unitaire portant sur la lutte
pour les salaires, les retraites, la liberté syndicale et d’autres revendications
12 décembre 2025 [39]
(Information contrapunto.com)
Plus de 50 organisations syndicales ont signé un accord syndical unitaire dans lequel elles s’engagent à lutter ensemble pour les salaires, les retraites, la liberté syndicale et d’autres revendications. Cet engagement inclut des centrales syndicales telles que l’ASI (Alianza sindical independiente), la CGT (Confederación General de Trabajadores), la CTV (Confederación de Trabajadores de Venezuela), la CUTV (Central Unitaria de Trabajadores de Venezuela) et la Codesa (Confederación de Sindicatos Autónomos, CODESA).
Voici les engagements communs qu’ils ont diffusés :
‑ Obtenir une pension et un salaire minimaux qui répondent aux besoins vitaux des travailleurs actifs et retraités et de leurs familles.
‑ Exiger la reconnaissance de toutes les primes comme salaire réel, avec incidence sur les prestations, l’ancienneté, les congés et les bénéfices.
‑ Rétablir le paiement rétroactif des pensions aux retraités à l’étranger.
‑ Rétablir la valeur réelle des prestations sociales, des congés, des bénéfices et de l’ancienneté, et payer la dette historique accumulée par l’État.
‑ Rétablir pleinement les conventions collectives.
‑ Rétablir le droit de grève.
‑ Abroger toutes les mesures et lois antisyndicales qui détruisent les droits et facilitent la sous-traitance.
‑ Garantir des conditions de travail dignes et l’application effective de la Lopcymat.
[Ley Orgánica de Prevención, Condiciones y Medio Ambiente de Trabajo – Loi organique sur la prévention, les conditions et l’environnement de travail]
‑ Exiger la cessation immédiate de l’ingérence de l’État et des employeurs dans les syndicats.
‑ Rejeter la soi-disant "constituante syndicale" ou "constituante ouvrière"[40].
‑ Exiger la fin de la criminalisation de l’exercice syndical.
‑ Exiger la liberté totale pour tous les dirigeants syndicaux détenus ou poursuivis en justice.
"Nous appelons le pays et invitons tous les secteurs professionnels ‑ actifs, retraités, pensionnés, formels et informels, du secteur public et privé ‑ à se joindre à ce grand accord national. Ce n’est que la première étape d’une lutte historique qui ne tolère plus le silence, la faim ni l’humiliation : le travail doit retrouver sa valeur, le salaire doit être digne et l’avenir doit appartenir à ceux qui le construisent par leurs efforts. La défense des salaires et des droits du travail n’est pas seulement une cause syndicale, mais une cause morale, démocratique et sociale : sans salaire, il n’y a pas de vie, sans droits, il n’y a pas d’avenir, sans unité, il n’y a pas de victoire", souligne l’accord.
Le secrétaire général de la CUTV, Pedro Eusse, a précisé qu’ils se rendraient à l’Organisation internationale du travail (OIT) pour déposer des plaintes officielles pour non-respect de plusieurs conventions, telles que les conventions 87 et 98. La convention 87 concerne la liberté syndicale et la protection du droit d’organisation syndicale; la convention 98 fait référence au droit d’organisation syndicale et de négociation collective. […]
La répression physique
L’ensemble police-tribunaux-prisons constitue la structure principale, habituelle, pour l’exercice de la répression. En outre le régime s’appuie sur des méthodes accessoires moins formalisées. Avec la mise en place du régime "bolivarien" par Chávez, se sont développés des groupes d’activistes désignés couramment comme "colectivos". Selon des caractéristiques variées, ils se concevaient en principe comme acteurs dans la construction d’une société nouvelle. Certains étaient formés directement par des militaires liés à Chávez, d’autres pratiquaient l’auto-organisation dans des quartiers populaires. Sous le régime de Maduro, le phénomène est devenu plus marginal. Néanmoins ses aspects pratiques subsistants consistent toujours entre autres en ce que des membres de "colectivos" servent de soutien informel à la répression exercée contre la population, ce qui arrange parfaitement le régime.
On peut citer deux exemples en rapport avec les "disparitions forcées" examinées plus haut.
* "Une ONG vénézuélienne dénonce les agressions contre les mères de prisonniers politiques devant les portes du Tribunal suprême" (6 aout 2025) [41]
Plus de 50 mères ont été "frappées" par des "groupes para-policiers" alors qu’elles organisaient une veillée devant les portes du Tribunal suprême de justice (TSJ), dans le centre de Caracas. L’agression a eu lieu mardi à 22 heures, heure locale, contre des membres du Comité des mères pour la défense de la vérité, qui exigeaient une réunion avec la présidente du TSJ, la chaviste Caryslia Rodríguez, afin qu’elle réexamine les cas des personnes détenues dans le contexte de la crise postélectorale qui a suivi l’élection présidentielle de juillet dernier.
"Elles ont été frappées et des affaires leur ont été volées par un groupe paramilitaire d’environ 70 personnes, cagoulées, armées de fusils et d’objets contondants", a expliqué le Collectif Surgentes.
Vers 21h30 heure locale, les équipes de la Police nationale bolivarienne (PNB) et du Groupe anti-extorsion et anti-enlèvement (GAES) qui se trouvaient à proximité du rassemblement se sont retirées des lieux.
"Quelques minutes plus tard, le groupe para-policier est arrivé à moto et à pied, certaines personnes cagoulées et d’autres à visage découvert. Ils ont frappé les mères et les personnes présentes, y compris une mère avec un bébé et une femme enceinte", a ajouté le Collectif. Il a également déclaré que ce groupe avait volé des sacs à main, des pièces d’identité, des téléphones, des clés, un cornet et plusieurs tentes, "trainant par terre ceux qui refusaient de leur remettre leurs effets personnels". "Le groupe para-policier a poussé toutes les personnes présentes sur quatre ou cinq pâtés de maisons, les dispersant", a‑t‑il expliqué.
* "Des membres de “colectivos” ont pris des photos de proches de prisonniers politiques lors d’une veillée devant l’Hélicoïde" (2 février 2026)[42]
Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a dénoncé le fait que, lors de la vingt-cinquième veillée organisée ce dimanche 1er février devant l’Hélicoïde[43], un groupe de civils armés, vraisemblablement des "colectivos", ont pris des photos des proches des prisonniers politiques. Selon le rapport, des individus à bord de motos sans plaque d’immatriculation se sont livrés à une documentation visuelle des mères et des proches qui réclament la libération de leurs familiers, qualifiant cette action de "tentative manifeste d’intimidation et visant à semer la terreur". Les responsables ont été identifiés comme faisant partie des collectifs opérant dans la paroisse de San Juan. Ces individus ont harcelé un rassemblement qui, selon les organisateurs, est strictement "pacifique, symbolique et constitutionnel".
Forces armées, principales et auxiliaires
En novembre 2025, Maduro a ordonné la création du "Commandement pour la défense intégrale de la nation", qui rassemblerait citoyens, militaires et fonctionnaires. À cet égard, il a signé la "Loi du Commandement pour la Défense Intégrale de la Nation"[44] et a déclaré : "Usine par usine, État par État, région par région, le Corps Combattant établi par la Loi Constitutionnelle de la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB) doit se familiariser avec le Plan de Combat de la classe ouvrière. […] Il faut donner l’ordre d’instituer, de structurer et de mettre en œuvre les commandements de défense intégrale afin que nous soyons prêts, s’il s’avérait nécessaire pour nous, en tant que république, en tant que peuple, d’entrer en lutte armée pour défendre cet héritage sacré des libérateurs, prêts à vaincre, à triompher, sur la voie du patriotisme et du courage…"[45]. Il a également souligné qu’il y a actuellement près d’un million de miliciens et miliciennes issus du corps combattant de la classe ouvrière du pays qui s’organisent sur leurs lieux de travail et dans leurs usines : "Je suis certain que l’intégration du corps combattant au niveau national nous placera dans une situation proche de celle d’une patrie imprenable, ce qui est l’objectif."[46]
Le 23 octobre 2025 lors de l’évènement organisé pour la mise en place d’une "Commission promotrice de l’Assemblée constituante ouvrière", Maduro était intervenu sur des sujets hors de l’ordre du jour[47]. D’abord il s’est félicité lui-même dans les termes suivants : "Je ne suis pas un magnat, je suis le peuple qui s’est pris en main, le président du peuple, le président ouvrier. […] Je suis le premier président ouvrier de cette grande histoire de l’Amérique latine et des Caraïbes. De la patrie de Bolívar, de Zamora, de Chávez, d’Antonio José de Sucre." Puis en référence aux menaces qui se profilaient de la part des USA, il a asséné des mises en garde catégoriques :
Inutile d’élever la voix pour le dire. Si jamais ils osaient faire quoi que ce soit ici ou là, voici le plus grand bouclier dont dispose le pays. La classe ouvrière ne bougerait pas d’un pouce et une grève générale, insurrectionnelle et révolutionnaire de la classe ouvrière et paysanne serait déclarée dans les rues jusqu’à ce que le pouvoir soit repris pour mener une révolution encore plus radicale. S’ils osaient, mes frères et sœurs, considérez ceci comme un ordre. L’ordre est donné.
Il a indiqué que les forces étrangères qui oseraient mener une quelconque action au Venezuela verraient défiler des millions d’hommes et de femmes armés de fusils au sein des corps de combat de la classe ouvrière, des paysans, des pêcheurs et des quartiers de tout le pays. "Je ne dis pas cela pour le dire, je le dis parce que nous l’avons répété et que nous nous y sommes préparés."
Le 3 janvier 2026, la réalité a non pas dépassé la fiction, mais l’a cruellement dégonflée comme un ballon. Pour saisir l’arrière-plan des évènements, du côté du Venezuela, il faut prendre en compte la tendance caractérisant le régime, en particulier Maduro, à échafauder une vision fictive de la réalité. Vision à la fois fictive et calculée : l’insistance sur le mythe de "l’héritage sacré des libérateurs" et du "corps combattant de la classe ouvrière" servait à mettre en œuvre l’embrigadement et la surveillance de la population.
À l’égard de l’évolution dans ce domaine à partir de 1995 jusqu’au contexte actuel, le principal aspect consiste en ce que parallèlement à l’armée au sens traditionnel ont été instaurées des forces de milices et que celles-ci ont progressivement pris une place importante dans la doctrine ‑ sinon dans la pratique ‑ en matière de défense.
Avant l’élection de Chávez comme président, était en vigueur la "Loi organique des forces armées nationales" du 22 février 1995 [48]. Durant la présidence de Chávez, elle a été complétée en avril 2005 par un décret : est créé un "Commandement général de la Réserve militaire et de la Mobilisation nationale", organe décentralisé dépendant du Bureau du Président de la République et doté d’une autonomie budgétaire[49]. En 2007, Chávez a présenté une proposition de réforme constitutionnelle de type "socialiste". Le projet incluait la création d’une Milice en tant que cinquième composante des Forces armées nationales. Le 31 janvier de cette année l’Assemblée nationale, monocamérale et presque entièrement composée de partisans du gouvernement, accorde à Chávez des pouvoirs pour une période de 18 mois afin qu’il puisse élaborer et adapter plusieurs lois en fonction de l’objectif[50]; cependant, la réforme a été rejetée par un vote populaire lors du référendum organisé en décembre. Toutefois, en juillet 2008, peu avant l’expiration des pouvoirs spéciaux qui lui avaient été accordés, Chávez a promulgué une nouvelle loi organique des forces armées nationales bolivariennes (Lofanb), qui instituait la milice nationale bolivarienne en tant que "corps spécial"[51].
Au fil des ans, l’interaction entre les civils et les militaires s’intensifie, la population participe à la réserve militaire et à la mobilisation nationale. En 2009 la désignation de la milice est changé en "Commandement général de la Milice nationale bolivarienne"[52]. En décembre 2010, l’Assemblée nationale a adopté une loi habilitant Chávez à promulguer des "décrets ayant force de loi" pour atteindre divers objectifs. Parmi les mesures envisagées figurait la nécessité de répondre aux besoins humains vitaux et urgents engendrés par la pauvreté et les fortes pluies qui, en novembre et décembre de cette année-là, avaient causé la mort de 38 personnes et affectaient déjà plus de 130.000 individus. Initialement prévu pour une durée de 12 mois, le décret a finalement été prolongé à 18 mois[53]. En mars 2011, Chávez utilise cette disposition pour modifier 48 articles de la loi relative aux forces armées[54]. Parmi ces dispositions figure celle qui stipule que : "les Vénézuéliens qui, sans exercer la profession militaire, déclarent volontairement leur intention de rejoindre la Milice bolivarienne appartiennent à la catégorie des miliciens; et, une fois mobilisés, ils remplissent des fonctions orientées vers la sécurité et la défense intégrale de la Nation, en tant que personnel militaire, au grade d’officier de milice, de sergent de milice et de milicien, conformément aux dispositions prévues par les règlements respectifs." Cela signifie remettre définitivement des armes à un corps qui ne fait pas partie de la profession militaire et qui dépend directement du président. En outre, un autre article stipule que tout militaire, quel que soit son grade ou son ancienneté, sera subordonné à celui qui "détient le commandement", même s’il s’agit d’un officier de la milice. En ce qui concerne leur nombre, les chiffres du régime indiquent qu’en 2011, les milices comptaient 120.000 membres.
En novembre 2014, une nouvelle version de la Loi organique de la Force armée nationale bolivarienne est promulguée[55]. Au sujet des milices, elle stipule (chapitre VII ‑ "Du Commandement général de la Milice bolivarienne", article 66) : "La Milice bolivarienne est un corps spécial composé de la Milice territoriale et du Corps de combat, destiné à compléter la Force armée nationale bolivarienne pour la sécurité, la défense et le développement global de la nation, afin de garantir l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité de son espace géographique. La Milice bolivarienne relève directement du Président de la République bolivarienne du Venezuela et Commandant en chef des Forces armées nationales bolivariennes."
Le gouvernement a commencé à mettre en place des groupes communautaires locaux avant 2014 et a maintenu cette initiative depuis. Ces groupes exercent un contrôle et une surveillance sur les communautés à des fins politiques et sécuritaires[56]. Un décret de mai 2016 les autorise à mener des opérations de surveillance afin de maintenir l’ordre public et de garantir la sécurité et la souveraineté du pays, en collaboration avec les forces armées et la police d’État. Parmi ces groupes figurent les Unités de combat Bolívar et Chávez (UBCh); les Réseaux d’articulation et d’action sociopolitiques (RAAS); les Conseils communaux; et les Unités populaires de défense intégrale (UPDI).
En 2015 ont été déployées les "Opérations de Libération du Peuple" ("Operaciones de Liberación Popular", OLP), effectuant des opérations militaires et policières contre la délinquance. En janvier 2017, Maduro a annoncé un nouveau train de mesures anti-criminalité[57]. Les OLP sont transformées en "Operaciones para la Liberación Humana del Pueblo" ("Opérations pour la Libération Humaine du Peuple", OLHP)[58]. Ces mesures visent à mobiliser conjointement et simultanément les forces militaires, la police et la population civile. Le plan est censé mobiliser 20.000 policiers et militaires. Il inclut notamment la distribution d’armes aux civils et le renforcement d’un système de renseignement dans les quartiers, baptisé SP3, qui est contrôlé par le gouvernement. Le SP3 compte sur l’aide d’informateurs, que le régime a qualifiés de "patriotes coopérants", officiellement pour faciliter l’identification des gangs criminels et paramilitaires. Mais ces informateurs observent aussi la population sous l’angle politique.
Voici un exemple de l’esprit qu’est censé animer chaque milicien. Paroles du général de division Carlos Perozo Bolívar, directeur des médias et de la milice[59] :
La milice est un espace d’inclusion et il est important de le souligner : elle est ouverte à toute personne âgée de 18 à 90 ans, voire plus. […] Chacun a une valeur et un potentiel à offrir, peu importe son âge ou s’il souffre d’un handicap; en réalité, aucun d’entre nous n’a de limites, nous avons tous quelque chose à apporter à la patrie. […] Ici, le peuple et la Milice bolivarienne avancent avec l’épée de Bolívar pour le peuple latino-américain.
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Des miliciennes et des miliciens … |
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En novembre 2019, Maduro annonçait que la milice comptait désormais 3.295.335 membres. Il déclarait : "Nous disposons de 321.433 fusils distribués à nos miliciens par les voies sécurisées de la Force armée nationale bolivarienne (FANB). Nous devons garantir qu’un milicien soit armé."[60] Le déploiement du plan de sécurité sera renforcé par le soutien du Commandement opérationnel stratégique de la FANB, de la Garde nationale bolivarienne et par l’appui spécifique de la Milice nationale bolivarienne. Par ailleurs, lors d’une réunion avec les Conseils productifs des travailleurs (CPT) à Caracas, Maduro a demandé au vice-président sectoriel à la Souveraineté politique, à la Sécurité et à la Paix, Vladimir Padrino, de créer des "Corps combattants" afin de garantir la sécurité globale de toutes les entreprises essentielles et stratégiques du pays[61], en particulier Corpoelec[62], et de prévenir les "attaques" contre le réseau électrique national. Il a annoncé : "Chaque usine, une caserne; par conséquent, j’ordonne que, conformément aux règlements militaires légalement établis, les 13.000 fusils sélectionnés pour la classe ouvrière et le Corps combattant de Guyane soient immédiatement distribués."[63] La majorité des membres des "Corps combattants" sont rattachés à 31 institutions publiques, telles que la compagnie pétrolière nationale PDVSA, les ministères, la vice-présidence exécutive, les associations gouvernementales de pêcheurs, d’agriculteurs, d’autochtones et de journalistes, les mairies remportées par le chavisme, les universités, la régie des eaux de la région Centre, le service des impôts (SENIAT) et les missions de logement[64].
Les miliciens seraient intégrés à l’Université militaire bolivarienne, avec la création de l’"École de formation antiimpérialiste" proposant ateliers, cours et diplômes[65]. En avril 2024, Maduro affirmait que la milice bolivarienne comptait 5 millions de membres actifs, mais en aout 2025, il annonçait : "Cette semaine, j’activerai un plan spécial pour garantir une couverture avec plus de 4,5 millions de miliciens sur l’ensemble du territoire national."[66] Certaines analyses mettent en doute la véracité de ces chiffres.
Le 29 janvier 2020, l’Assemblée nationale constituante a approuvé une "loi constitutionnelle de la Force armée nationale bolivarienne (FANB)"[67]. L’un de ses articles prévoit l’intégration de la milice bolivarienne comme cinquième composante de la Force armée, aux côtés de l’Armée de terre, de la Marine, de l’Armée de l’air et de la Garde nationale. Or, selon l’article 328 de la Constitution en vigueur (1999), la Force armée est composée exclusivement des quatre éléments susmentionnés, à l’exclusion de la milice. De fait, ces "lois constitutionnelles" constituent un artifice visant à contourner la Constitution en vigueur[68].
Le régime vénézuélien sous la contrainte de l’intervention impérialiste US
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Diosdado Cabello, le 3 janvier 2026 |
Diosdado Cabello, le 7 juillet 2026 |
L’opération de force effectuée par les USA pour imposer les désidératas de l’impérialisme US a amené le régime vénézuélien à solder au mieux les litiges de politique intérieur, afin de pouvoir se concentrer sur ses "relations excellentes" avec Donald Trump. Une procédure d’amnistie a été définie, dont les dispositions visent à rendre caduques ‑ autant que possible ‑ les hostilités avec les forces d’opposition en rapport avec les institutions électives.
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L’article 6 de la "Loi d’amnistie pour la cohabitation démocratique 2026" énumère 10 intervalles de temps pendant lesquels sont survenus des actes de violence particulièrement graves liés à des motivations politiques[69]. En outre sont spécifiés quatre cas exclus de l’application de l’amnistie.
Les cas pouvant impliquer le bénéfice de l’amnistie sont désignés selon des circonstances et des évènements particuliers circonscrits. Pourtant, pendant que l’application de l’amnistie est en cours, de nombreuses personnes indument arrêtées doivent trouver d’autres voies pour obtenir leur libération. Le régime s’abrite derrière des procédés fondamentalement arbitraires. Ceux qui agissent en faveur des victimes, se heurtent la plupart du temps à l’absence de transparence que les autorités maintiennent à l’égard des arrestations. Les familles de prisonniers et les militants impliqués constatent fréquemment ce qu’ils appellent des "disparitions forcées". Les autorités, littéralement, "jouent au con". Le procureur Tarek William Saab, en février 2025, débite des arguties[70] : "La disparition forcée est l’enlèvement, la non-présentation devant un organe policier ou judiciaire de la personne et son assassinat ultérieur. Il n’existe pas de disparition forcée “faite exprès”. Ne vous mettez pas à inventer des choses."
Quelques exemples de ce qu’est la "justice" répressive exercée par le régime qui gouverne au Venezuela
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* Marggie Xiomara Orozco Tapias[71]
En aout 2024, des policiers sont arrivés au domicile de Marggie Xiomara Orozco Tapias ‑ une médecin ‑ et l’ont amenée pour un interrogatoire, en novembre elle a été condamnée à la peine maximale de 30 ans de prison pour trahison, incitation à la haine et complot. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle du 28 juillet 2024, elle avait envoyé un message audio via WhatsApp à un groupe de voisins dans lequel elle appelait à voter contre Maduro et le tenait pour responsable de la crise économique que traverse le pays. Des partisans du gouvernement avaient pris connaissance du message et l’ont dénoncée au parquet après l’avoir menacée de lui retirer ses avantages sociaux, tels que les colis alimentaires ou les bonbonnes de gaz subventionnées pour cuisiner. Bien que le jugement n’ait pas été publié, le parquet vénézuélien a confirmé qu’il avait été rendu. En mars 2025, la juge a refusé d’appliquer une mesure de liberté conditionnelle, estimant qu’il "existait un risque de fuite" et que l’inculpée "pourrait influencer les témoins afin qu’ils fassent de fausses déclarations au tribunal, compromettant ainsi la vérité des faits et la réalisation de la justice". Orozco a finalement été libérée en décembre 2025.
Selon le récits d’avocats présents lorsque la présidente du tribunal Luz Dary Moreno Acosta avait lu son verdict, celle-ci a expliqué à l’égard du message incriminé : "Ces appels mettent en péril la paix au Venezuela et sont la raison pour laquelle le gouvernement des USA veut nous envahir. […] Tout comme vous souffrez, les personnes qui sont au gouvernement souffrent aussi."
Commentaire d’un pénaliste : "La conspiration implique de tenter de modifier la forme républicaine, mais quelle action concrète la docteure a‑t‑elle menée pour mettre fin à la démocratie et aux institutions? Et le délit de trahison fait référence à l’alliance avec des nations ou des ennemis étrangers, mais ici, rien n’indique qu’elle se soit alliée à qui que ce soit."
* Martha Lía Grajales[72]
Martha Lía Grajales a été arrêtée le 8 aout 2025 à Caracas après avoir participé à une manifestation devant le siège des Nations Unies pour protester contre l’agression qu’ont subie trois jours plus tôt des mères et des proches de prisonniers politiques aux portes du Tribunal suprême de justice. Sa famille et ses avocats ont dénoncé son arrestation comme une disparition forcée, après qu’elle a été contrainte de monter dans un véhicule sans plaques d’immatriculation. Le parquet a annoncé le 11 aout qu’elle était inculpée d’"incitation à la haine, de complot avec un gouvernement étranger et d’association de malfaiteurs". La nuit du 12 aout, il a été rapporté que Grajales avait été libérée sous contrôle judiciaire, mais elle continuait de faire l’objet de poursuites judiciaires arbitraires.
C’est ce genre de militants que doit viser Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, quand il s’exprime au cours d’un débat sur "les menaces extrémistes et terroristes contre la paix et la stabilité du pays"[73] :
Nous n’avons que faire des tièdes; ils sont au service du fascisme, de cette maladie qui n’est pas une option politique et qui doit être éradiquée de tout corps social. […] [Rodríguez a indiqué qu’il était stupéfait et choqué de voir des représentants de la pseudo-gauche publier sur les réseaux sociaux des messages, dans les mêmes termes que] la principale instigatrice des projets terroristes, María Corina Machado, affichant leur solidarité avec les criminels. […] Ne me servez pas ces inepties; quiconque s’allie, même par circonstance, à un fasciste ne peut en aucun cas être de gauche. […] Cette "soi-disant gauche" reste silencieuse et ne dit rien de la persécution dont est victime un être humain, qui est le président et le chef de cette révolution, Nicolás Maduro Moros.
Les forces de "l’ordre bolivarien" n’hésitent pas à s’attacher à leur besogne jusqu’à l’absurde. Voici un extrait d’un article du journal New York Times, du 24 janvier 2026 [74].
Les jeunes étaient là pour une bataille de ballons d’eau. C’était une tradition annuelle pour lancer les célébrations du carnaval à Barcelona, une ville côtière ouvrière de l’est du Venezuela. Mais deux jours seulement après l’arrestation du président du pays, Nicolás Maduro, tous ces cris et ces rires ont été mal accueillis par les autorités. Des agents de la police locale et des soldats de la Garde nationale sont arrivés en grand nombre et, selon deux des garçons et les proches de quatre autres, ont ouvert le feu. Les garçons et les jeunes hommes, âgés de 13 à 25 ans, se sont dispersés, mais la police en a arrêté 25. Deux jours plus tard, les procureurs de l’État ont engagé des poursuites.
Leur crime? Trahison. "Je vais vous baiser", se souvient l’un des jeunes, âgé de 17 ans, qu’un policier lui a dit après son arrestation, en utilisant un juron. "Vous êtes pour Donald Trump." […]
Une journaliste et un photographe du New York Times se sont rendus la semaine dernière dans le quartier où vivent la plupart des détenus et ont interviewé deux des jeunes et sept membres de leur famille, ainsi que d’autres Vénézuéliens à travers le pays. La plupart ont souhaité garder l’anonymat par crainte de représailles de la part du gouvernement. […] Les problèmes pour les jeunes du quartier ont commencé le 5 janvier. Les jeunes remplissaient des ballons d’eau au bord de la rivière Neverí, puis, selon les vidéos, se poursuivaient les uns les autres dans un terrain vague, en lançant les ballons et riant. Lorsque les autorités sont arrivées, les jeunes pensaient que les arrestations seraient temporaires, juste pour leur donner une leçon afin qu’ils ne provoquent plus de troubles dans les rues. Mais lorsque la police a commencé à mentionner Trump et Maduro, puis a transféré le groupe dans une prison plus grande, il est devenu évident que la situation était plus grave.
"Et alors nous nous sommes tous mis à pleurer, demandant pourquoi, car ils n’étaient pas des délinquants, mais seulement des enfants qui jouaient au carnaval", a déclaré la mère de deux détenus, décrivant la scène des parents angoissés devant la prison. Les policiers "ont répondu, que non, car le pays était en difficulté. Et s’ils savaient dans quel état était le pays, pourquoi ont-ils laissé leurs enfants dans la rue?".
Quinze mineurs du groupe ont été poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, dont "trahison", selon un document judiciaire consulté par le Times. Les familles des 10 détenus âgés de plus de 18 ans ont déclaré qu’ils avaient également été accusés de trahison. Les familles ont commencé à diffuser des vidéos sur les adolescents sur les réseaux sociaux, dénonçant leur détention. Les vidéos ont eu un grand retentissement dans la communauté locale et, une semaine après leur incarcération, les autorités ont libéré les 15 mineurs à condition qu’ils restent au Venezuela et se présentent au tribunal une fois par mois.
Cependant, les 10 détenus adultes sont toujours en prison.
Les média bourgeois déforment la réalité,
certains propagandistes militants de même…
S’accrocher à une perception illusoire, quelle qu’elle soit, ne permet nullement d’échapper à la réalité effective. Pour la population vénézuélienne, les espoirs imaginaires ont conduit à la catastrophe. Quant au régime, il a acté la réalité, et a choisi la soumission pure et simple à l’impérialisme US, quitte à avoir recours à des trésors langagiers pour créer un écran de fumée derrière lequel cacher son comportement minable. Il a été aux abois, Donald Trump et l’impérialisme US l’ont sauvé…
Voilà notre vision des évènements. À partir de là, nous mentionnons quelques exemples de rhétorique manipulatrice du côté d’organisations et individus se présentant comme communistes, voire marxistes.
* URC (Union pour la Reconstruction Communiste, issue de la fusion entre l’Association Nationale des Communistes – ANC et le Rassemblement Communiste – RC)
En octobre 2025, à propos de l’attitude menaçante du gouvernement US[75] :
Plusieurs scénarios d’intervention étaient déjà à l’étude : des frappes de missiles jusqu’à l’activation de cellules terroristes internes, tous visant à déstabiliser le pays. Mais qu’ils le sachent : ces tentatives échoueront. Le peuple vénézuélien est debout et prêt à se défendre. L’invasion serait un suicide pour des forces dopées à l’arrogance hollywoodienne.
En janvier 2026, concernant le fait que le régime de Maduro est couramment critiqué à divers degrés[76] :
Pour l’URC il est hors de question de se laisser détourner de la seule question que pose l’acte de piraterie des USA : un pays quel qu’il soit a-t-il le droit de capturer un chef d’état d’un autre pays qui ne l’a même pas attaqué ou menacé et qui plus est réclamer une part de ses richesses au nom de ses seuls intérêts? Non, bien évidemment que non !! Tout autre considération sur la nature du gouvernement ou la légitimité de son élection, nie la souveraineté des peuples, ouvre la voie à la mise en place d’une loi internationale du plus fort et que dire alors des pays où règnent des rois forcément non élus?
L’argumentation mélange hypocritement les deux aspects distincts auxquels elle fait allusion, et insinue que ceux qui contestent la légitimité du régime approuvent l’attaque US.
Début février, un article intitulé "Face à l’Empire, la présidente Delcy Rodriguez coude à coude avec les travailleurs du Venezuela" met en avant une image[77] :
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Cet article se réfère à l’œuvre du gouvernement vénézuélien, mais expose une présentation falsifiée de la réalité. Certes l’orientation suivie actuellement par le gouvernement vénézuélien est susceptible de trouver un accueil favorable parmi une partie des travailleurs ‑ mais plutôt de la part de ceux qui manquent de conscience de classe et qui espèrent qu’avec la reprise des "affaires" leurs rémunérations puissent s’améliorer.
[Voir plus haut ce que nous écrivons au sujet des arrestations parmi les travailleurs de PDVSA.]
* Histoire et société (Site Internet animé par Danielle Bleitrach)
Début janvier on trouve l’avis suivant[78] :
Maduro et le gouvernement bolivarien appliquent exactement la stratégie qui convient et qui a déjà été celle de Chávez quand on l’a enlevé en 2004.
Cette interprétation des évènements est obscure.
En 2002, un conflit a surgi au sein de la société pétrolière publique PDVSA entre des cadres et le gouvernement. Les forces hostiles à Chávez regroupées autour de la Coordination démocratique (CD), du syndicat CTV et de la fédération patronale Fedecamaras réussissent a organiser une grève générale dans l’objectif d’obtenir le départ du président. Le 12 avril, effectuant un coup d’État, une junte civilo-militaire dirigée par le président de Fedecamaras, Pedro Carmona, prend le pouvoir. Chávez est cependant rétabli dans ses fonctions 48 heures plus tard, grâce à la mobilisation de ses partisans, et de la fidélité de la majorité des forces armées au régime constitutionnel. Les forces d’opposition poursuivent leurs mobilisations. En juin 2004 ils réussissent à rassembler le nombre de signatures nécessaires pour obtenir la convocation d’un référendum demandant la révocation du mandat présidentiel. Le référendum se déroule le 16 aout, le "non" à la révocation l’emporte.
Si "tactique" il y avait de la part de Chávez, c’était de ne pas tenter de saboter le référendum. Dans les circonstances de l’après-3-janvier, c’est le gouvernement US qui a choisi la "tactique" de tolérer ‑ dans un premier temps ‑ la continuité du gouvernement vénézuélien. Delcy Rodríguez n’avait pas de marge de manœuvre pour suivre une quelconque "tactique". Elle s’est pliée à ce qui lui était imposé par la force (à titre purement individuel, la seule alternative aurait été qu’elle démissionnât en suivant la devise "après moi le déluge").
Depuis, Delcy Rodríguez tente de maintenir de façon tout à fait artificielle une fausse apparence de dignité. Sur Instagram, elle publie "Un message du Venezuela au monde entier, et aux États-Unis"[79]. Elle formule des platitudes conformes au standard de politesse en usage normalement dans les relations internationales :
[…] Nous croyons que la paix mondiale passe d’abord par la garantie de la paix au sein de chaque nation. Nous accordons la priorité à l’établissement de relations internationales équilibrées et respectueuses entre les États-Unis et le Venezuela, […], sur la base de l’égalité souveraine et de la non-ingérence.
Et elle poursuit :
[…] Nous invitons le gouvernement américain à collaborer avec nous à un programme de coopération axée sur le développement partagé dans le cadre du droit international afin de renforcer une coexistence communautaire durable. […] Je rêve d’un Venezuela où tous les bons Vénézuéliens peuvent se réunir. […]
Parler de "coopération axée sur le développement partagé", c’est franchement de l’hypocrisie ridicule. Le Venezuela se vante de contribuer au développement des USA, de l’impérialisme US?! En outre il faudrait que Delcy Rodríguez explique clairement ce qu’elle entend par "les bons Vénézuéliens".
En face, Trump, dans son premier exposé sur "l’état de l’Union" depuis son réélection, se fait un malin plaisir d’appliquer le même langage "amical"[80] : Washington travaille "très étroitement" avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez afin de débloquer "des avantages économiques extraordinaires pour les deux pays" […] "nous venons de recevoir, de notre nouvel ami et partenaire le Venezuela, plus de 80 millions de barils de pétrole".
Et Delcy Rodríguez répond, impassible, de la même manière[81] :
Président Trump, en tant qu’ami, en tant que partenaire, nous ouvrons un nouveau programme de coopération avec les États-Unis.
* Thierry Deronne
Deronne tient un site Internet personnel, "Venezuelainfos". Un certain nombre d’organisations et sites Internet reprennent des articles publiés sur ce site. C’est le cas pour l’URC et "Histoire et société" (cités ci-dessus), et aussi le PRCF.
Deronne relaie l’imposture du faux "PCV" complice du régime[82] :
(voir plus haut la fin de la section "La nature du régime après Chávez")
Depuis quelques années, des militant(e)s du monde entier reçoivent régulièrement des communiqués signés "parti communiste vénézuélien" dénonçant "le régime néolibéral de Maduro qui persécute les communistes, réprime les travailleurs, écrase les salaires, sème la terreur dans les milieux populaires comme le fait le fascisme". Par solidarité automatique, souvent de bonne foi, ils relaient ces messages sans se douter de la vraie nature de leur auteur, ni de la désinformation à laquelle ils participent. Car non seulement le vrai parti communiste vénézuélien soutient activement la révolution bolivarienne et rassemble la grande majorité des militant(e)s, mais il vient de réaliser un score historique aux législatives de mai 2025.
Il est convaincu que, pour "prouver" le caractère prétendument révolutionnaire du régime vénézuélien, il suffit d’égrainer une longue liste d’organisations prétendument communistes qui semblent le soutenir[83] :
Bien avant la victoire électorale obtenue par la nouvelle direction du PCV […] des partis communistes du monde entier ont maintenu leur solidarité avec le gouvernement révolutionnaire de Nicolas Maduro. C’est le cas des Partis Communistes Cubain, Chinois, Vietnamien, Népalais, Sud-Africain, Colombien, Péruvien, Argentin, Brésilien (PCdoB), Sud-Coréen (PDP), Philippin, Espagnol, Portugais, du Party for Socialism and Liberation (États-Unis) et de près de 80 organisations communistes regroupées au sein de la Plate-Forme Mondiale Anti-impérialiste. Sans oublier des mouvements sociaux ou des centres de recherche d’inspiration marxiste, tels que le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, le Tricontinental Institute dirigé par l’historien indien Vijay Prashad, l’International People’s Assembly, le People’s Forum (États-Unis), etc.
* Plateforme mondiale antiimpérialiste
Nous mentionnons cette organisation parce qu’en ce qui concerne le Venezuela, elle est en contact avec le faux "PCV" associé au régime "bolivarien"[84].
La Plateforme mondiale antiimpérialiste (WAP selon les initiales en anglais) est une organisation constituée en 2022 à Paris, après une série d’activités à Belgrade, Athènes, et à Caracas (accueillie par le PSUV). Un "mélange" de forces politiques participe aux activités de la WAP, dont le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), et d’autres. Dans toutes ses déclarations, elle réserve le concept d’impérialisme "proprement dit" à la puissance qui reste encore la plus forte du système impérialiste international, les USA. Au contraire, la WAP considère que "la Russie et la Chine ne sont pas des puissances impérialistes agressives" et les présente pratiquement comme alliés dans la lutte "antiimpérialiste".
Pour plus de détails concernant la WAP, voir ►, ►, ►
* PCF, CGT
Les personnes et organisations mentionnées ci-dessus ne présentent pas globalement un point de vue uni. Mais dans chaque cas pris séparément, les positions et les analyses sont cohérentes en fonction d’une approche spécifique propre. Il y a cependant, par ailleurs, des organisations pour lesquelles plusieurs positions, différentes entre elles, coexistent en leur sein. C’est le cas du PCF et de la CGT.
Les publications du PCF formulent à certaines occasions des commentaires au sujet du Venezuela, de teneur limitée et superficielle. Par exemple en 2019 face à l’auto-proclamation du Président de l’Assemblée nationale Juan Guaidó comme "Président en exercice par intérim" : "Face à la réalité des difficultés ‑ sociales et économiques ‑ auxquelles sont confrontés les Vénézuéliens, notre unique parti-pris est celui de l’intérêt du peuple vénézuélien, celui de la paix et du dialogue national au Venezuela."[85] Où, en décembre 2025 : "À l’heure où les tensions montent dangereusement, il est urgent de rappeler que le monde n’a pas besoin d’un shérif planétaire. Il a besoin de justice, de souveraineté populaire et de jeunes capables de regarder plus loin que les récits imposés."[86] Ce dernier texte ressasse la vision stéréotype concernant un "processus" en cours au Venezuela : "Le peuple vénézuélien poursuit la construction de son modèle politique, social et économique, sa voie vers le socialisme, sa révolution bolivarienne." Toutefois la page Internet "Solidarité internationale PCF" reproduit des documents du PCV authentique, qui reflètent les enjeux concrets[87].
Par contre, à la "Fête de l’Humanité" en 2025 était présente une délégation du faux PCV, incluant le secrétaire général Henry Parra. C’est que cet évènement est organisé de façon pluraliste : s’y trouvait un stand du PRCF, organisation qui fait la promotion du régime de Maduro[88].
La section de Vénissieux du PCF a promptement publié, le 4 janvier 2026 dans son journal "Le Vénéssian", un article exposant une position plus tranchée que celle de la direction du Parti[89]. Il s’agit de la reproduction d’un texte publié par Thierry Deronne (voir plus haut) sous le titre "Venezuela, l’heure du peuple". La présentation de l’article par le journal explique : "Il faut donner la parole à ceux qui sont sur place et qui sont engagés depuis des années dans le processus révolutionnaire bolivarien." Et Deronne débite à la lettre l’évangile de Maduro : "La Révolution bolivarienne, initiée sous la direction d’Hugo Chávez en 1998 et poursuivie aujourd’hui par Nicolás Maduro, propulse un socialisme basé sur la démocratie directe des autogouvernements communards et a réussi à forger une unité entre le peuple et les forces armées bolivariennes, une unité que l’opération du 3 janvier 2026 ne pourra pas briser aussi facilement. Une organisation de 5336 communes et circuits communaux, appuyée par des unités de citoyen(ne)s en armes et déployées sur l’ensemble du territoire national, constitue le fondement de la seule force qui, au-delà de l’appareil d’État, puisse mettre un terme à l’occupation néocoloniale : la force populaire."
Au sein de la CGT, la Fédération nationale des industries de la Chimie (FNIC) est adhérente à la Fédération syndicale mondiale (FSM). Parmi les membres de la FSM se trouvent, du côté du Venezuela, à la fois la CUTV liée au PCV authentique et la Central Bolivariana Socialista de Trabajadores (CBST) liée au gouvernement de Maduro/Rodríguez. La FNIC prend position en faveur de la CUTV et du PCV authentique. Un tract a été publié récemment par la FNIC, intitulé "Venezuela – La révolution trahie"[90]. Il dénonce à juste titre l’intervention US et l’attitude complice adoptée par la "présidente d’intérim" Delcy Rodríguez. Mais la ligne politique qu’il faudrait adopter selon le tract est totalement erronée :
Oui, Chávez est trahi! Et avec lui le peuple vénézuélien! […] La lutte pour la souveraineté populaire ne peut pas être réduite à l’administration d’un État redevenu capitaliste sous la pression extérieure de l’Empire US. C’est au peuple, travailleurs et travailleuses du Venezuela, qu’il revient de reprendre le chemin de la révolution bolivarienne abandonné par le gouvernement Rodriguez, par son intervention directe, par la grève et par l’action.
Chávez, en tant que président, a mise en œuvre une politique visant à transformer l’ordre politique et économique tel qu’il était en place antérieurement. Les actions entreprises comportaient certains aspects positifs. Mais la perception de cette phase de développement du pays en tant que "révolution bolivarienne" constitue une mythologie trompeuse et nocive. La gouvernance appliquée par Nicolas Maduro a modifié certains aspects du régime ‑ ce qui du point de vue des "chavistes" traditionnels peut être considéré comme une trahison ‑, mais dans les faits ni Chávez ni Maduro ne représentent une quelconque révolution, seulement des variantes de gestion du capitalisme.
[1]. https://www.infobae.com/2007/01/10/295925-cristo-el-mas-grande-socialista-la-historia/
[2]. https://albaciudad.org/2025/12/maduro-gobierno-comunal-transicion-socialismo-7-lineas/
[3]. Paroles de Chávez lors de la présentation du "Memoria y cuenta" (document institutionnel qui rend compte de la gestion publique), Palais fédéral législatif, Caracas, 13 janvier 2007.
Regarde ce que disait Simón Rodríguez : il parlait en 1847 de la "toparquía". Dans un document adressé à Anselmo Pineda le 2 février 1847, Simón Rodríguez écrit : "Le véritable intérêt de la création est d’amener les habitants à s’intéresser à la prospérité de leur terre, ‑ leur terre. C’est ainsi que l’on détruit les privilèges provinciaux [Bolívar parlait de la caste qui existait dans les villages, et il disait que les docteurs, les militaires et les prêtres formaient cette caste, partout; alors Simón Rodríguez disait :] afin que les privilèges provinciaux soient ainsi détruits, puissent toutes les paroisses devenir des toparquías", vous savez, Topos de lieu, et en tout cas, le mot, si "arquía" désigne l’autorité ou le gouvernement, comme la monarchie, l’oligarchie, dans ce cas, c’est la toparquía, c’est le gouvernement du lieu, donc, des habitants du lieu; c’est le gouvernement populaire, c’est le gouvernement communal.
Le sage Simón Rodríguez a continué à réfléchir à bien des choses et à écrire jusqu’à sa mort; il est mort en écrivant, en réfléchissant et en fabriquant des bougies, c’est ainsi que Simón Rodríguez est mort. Il dit ici : "Si seulement chaque paroisse pouvait devenir une toparquía", je vous jure que je n’avais pas lu cela avant hier soir, avant cette aube, car il y a trois jours, j’ai parlé de la Confédération des Conseils communaux, et regardez ce que dit ici Simón Rodríguez : "Si seulement chaque paroisse pouvait devenir une toparquía, alors il y aurait une confédération de toparquías. Le gouvernement le plus parfait que la meilleure politique puisse imaginer (ce serait celui-là) est le moyen de mettre fin au despotisme. C’est cela, et c’est cela, mille et mille fois, si l’on éduque (si l’on éduque, cela a aussi à voir avec un autre des moteurs constitutifs, l’éducation populaire partout, cela a à voir avec plusieurs moteurs, l’explosion du pouvoir communal, l’éducation populaire partout) si l’on instruit pour qu’il y ait des gens qui sachent et si l’on éduque pour qu’il y ait des gens qui agissent, les maisons, les lieux, les provinces et les royaumes rivaux sont le signe d’une mauvaise éducation…", il parle de coopération, non! Des maisons, des lieux, de la toparquía, de la confédération.
C’est le pouvoir populaire, ce sont les Conseils communaux.
Source :
http://todochavez.gob.ve/todochavez/2695-presentacion-de-memoria-y-cuenta-ante-la-asamblea-nacional-por-parte-del-comandante-presidente-hugo-chavez
[4]. https://tatuytv.org/masacre-laboral-grupo-polar/
https://www.aporrea.org/trabajadores/n374323.html
[5]. https://www.nytimes.com/es/2020/02/25/espanol/america-latina/venezuela-polar.html
Des extraits de l’article traduits en français : ►
[6]. https://prensapcv.wordpress.com/2016/12/01/tendencia-perjudicial-para-los-trabajadores/
https://prensapcv.wordpress.com/2018/02/12/desalarizacion-del-ingreso/
https://prensapcv.wordpress.com/2018/03/01/salario-bono-relacion-perjudicial/
[7]. En novembre 1998 se tiennent des élections législatives et régionales. Les forces politiques qui soutiennent Chávez se présentent en tant que coalition désignée comme "Polo Patriótico". Cette coalition inclut: Movimiento V [Quinta] República (MVR, fondé par Chávez en 1997), Partido comunista de Venezuela (PCV), Movimiento al Socialismo (MAS), Movimiento Electoral del Pueblo (MEP), Patria Para Todos (PPT), et d’autres partis de moindre envergure. La coalition gagne les élections alors que les deux partis traditionnels, Acción Democrática (AD, les membres étant couramment désignés comme "adecos") et Comité de Organización Política Electoral Independiente (COPEI), ont subi un échec.
En décembre 1998, Hugo Chávez, remporte l’élection présidentielle.
Durant le mandat de Chávez, celui-ci est soutenu par le Polo Patriótico. Par la suite cette formation est élargie par la constitution en 2013 du "Grand Pôle patriotique Simón Bolívar", qui est composé de 32 organisations cherchant à répondre au deuxième objectif du "Plan de la Patria, Simón Bolívar", à savoir la construction du "socialisme bolivarien". Parmi les partis qui composent le Grand Pôle patriotique: PSUV, Tupamaro, PPT, Futuro, Somos Venezuela, MEP, Podemos, PCV, Alianza para el Cambio, UPV, Enamórate Venezuela, ORA y Partido Verde.
Pour le PSUV, voir Documents. ►
[9]. https://prensapcv.wordpress.com/2024/03/22/la-legitima-militancia-comunista-no-apoya-la-candidatura-presidencial-de-nicolas-maduro/
Voir Documents. ►
[11]. https://www.asambleanacional.gob.ve/storage/documentos/leyes/ley-organi-20220131131037.pdf
https://www.cazadoresdefakenews.info/es-falso-que-los-resultados-de-las-elecciones-del-28-de-julio-se-hayan-publicado-conforme-a-la-ley-como-afirmo-jorge-rodriguez/
[12]. https://contrapunto.com/nacional/gobierno/diosdado-reconoce-a-cuerpos-de-seguridad-por-operacion-tuntun-tengan-la-seguridad-de-que-habra-justicia-y-les-van-a-llegar-a-su-casa/
[13]. María Corina Machado a cofondé le mouvement civique Súmate en 2002, puis le parti politique Vente Venezuela en 2012. Elle a siégé comme députée à l’Assemblée nationale du Venezuela de 2011 à 2014. En 2023, en vue des élections présidentielles de l’année suivante, elle a remporté la consultation primaire de l’opposition, ce qui en faisait candidate pour ces élections. Cependant, le régime de Maduro lui a interdite d’exercer toute fonction publique. Malgré son inéligibilité, elle a continué de mener campagne et finalement soutenait Edmundo González Urrutia comme candidat.
[14]. Juan Guaidó est membre fondateur, en 2009, du parti Voluntad popular. Le dirigeant de VP, Leopoldo Lopez, a été placé en résidence surveillée en aout 2017. Lopez s’est réfugié au sein de l’ambassade d’Espagne à Caracas, puis en octobre 2020, il a réussi à sortir du pays et s’est rendu en Espagne (son père, Leopoldo Lopez Gil, est député européen du Parti populaire espagnol, PPE).
Guaidó est élu membre suppléant de l’Assemblé nationale en 2011. Aux élections de 2015 les partis d’opposition remportent la majorité qualifiée et Guaidó, élu député, a été désigné comme président de l’Assemblée. Les partis composant la majorité signent un accord en vertu duquel chacun des composants de la coalition assumerait à tour de rôle la présidence du Parlement. La présidence de l’Assemblée nationale échoit en 2019 à Volonté populaire. Dès son élection au poste de président du Parlement, Guaidó qualifie d’"usurpateur" Maduro, élu en mai 2018 pour un second mandat présidentiel de six ans, non reconnu par l’opposition et une partie de la communauté internationale dont les USA, le Canada et plusieurs pays latino-américains. Le 23 janvier 2019 Guaidó s’auto-déclare président par intérim du pays.
Immédiatement Guaidó a été reconnu dans cette fonction par les USA, puis par le Canada, et les autres 13 pays membres du Groupe de Lima, à l’exception du Mexique. L’Australie, le Danemark et la Suède ont également pris cette décision. Par ailleurs, six pays de l’Union européenne (UE), à savoir l’Espagne, le Portugal, la France, la Belgique, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, ont annoncé qu’ils reconnaitraient Guaidó comme président par intérim si Maduro ne convoquait pas des élections sous huit jours.
Lors d’une séance présidée par Guaidó, l’Assemblée générale a nommé des "représentants diplomatiques" dans plusieurs pays de la région ayant reconnu Guaidó en tant que président par intérim. Il s’agit de l’Argentine, le Canada, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, les USA, le Honduras, le Panama et le Pérou. De son côté, l’administration US a formellement confié à Guaidó le contrôle des comptes bancaires de son pays aux USA.
Le 28 mars 2019, le régime de Maduro résout le problème à sa manière. Le Contrôleur général de la République Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l’administration au Venezuela, décide "d’interdire l’exercice de toute fonction élective au citoyen (Guaidó) pour la durée maximum prévue par la loi". Cette durée est de 15 ans.
Voir notre article "Au Venezuela, concurrence acharnée entre faux défenseurs de la démocratie" : ►
[16]. https://albaciudad.org/wp-content/uploads/2017/11/GO-41.274-_081117.pdf
https://albaciudad.org/2017/11/este-es-el-contenido-de-la-ley-contra-el-odio-por-la-convivencia-pacifica-y-la-tolerancia/
[17].‘https://albaciudad.org/2024/08/jorge-rodriguez-asamblea-nacional-aprobara-leyes-contra-el-fascismo-el-odio-y-discutira-ley-sobre-redes-sociales/
[18]. Corina Machado voulait se présenter elle-même comme candidate aux élections présidentielles, mais elle a été déclarée inéligible, ainsi elle s’était muée en porte-parole de la candidature de Gonzalez Urrutia. Le 29 juillet 2024, le Conseil national électoral (CNE), avec 80 % des procès-verbaux dépouillés, avait déclaré Nicolás Maduro vainqueur. Par la suite, Machado de son côté a affirmé que selon les procès-verbaux dont elle avait connaissance (une copie des procès-verbaux est accessible à l’autorité électorale ainsi qu’aux témoins ou aux représentants de chaque parti politique, les citoyens peuvent également les vérifier) Urruita était vainqueur. La collecte des procès-verbaux a été effectuée par des groupes connus sous le nom de "comanditos", des structures de contrôle électoral coordonnées par la Grande Alliance nationale (GANA), une plateforme citoyenne liée à la coalition d’opposition lancée en janvier 2024.
[19].‘https://albaciudad.org/2024/08/jorge-rodriguez-asamblea-nacional-aprobara-leyes-contra-el-fascismo-el-odio-y-discutira-ley-sobre-redes-sociales/
[20]. https://apnews.com/international-news-general-news-773c5017746a46f79136bc64d29d2633
[21]. https://www.elnacional.com/2017/05/diosdado-cabello-comenzo-operacion-tun-tun-contra-los-terroristas_182847/
[22]. https://www.bbc.com/mundo/articles/cly33kp1q19o
https://cronica.uno/operacion-tun-tun-una-politica-de-estado-para-sembrar-terror-advierten-expertos/
https://www.infobae.com/venezuela/2025/12/14/operacion-tun-tun-un-simbolo-navideno-utilizado-por-el-regimen-venezolano-para-reprimir-a-disidentes-y-opositores/
[23]. https://www.bbc.com/mundo/articles/cly33kp1q19o
https://cronica.uno/operacion-tun-tun-una-politica-de-estado-para-sembrar-terror-advierten-expertos/
https://diario.elmundo.sv/el-mundo/vamos-por-ellos-la-campana-de-maduro-para-delatar-traidores-en-venezuela
https://www.latercera.com/mundo/noticia/operacion-tun-tun-como-el-chavismo-reprime-a-la-disidencia/CTSENG7ZOFFHDM6MIESB36DKNA/
https://www.rfi.fr/es/m%C3%A1s-noticias/20240807-vamos-por-ellos-la-campa%C3%B1a-de-maduro-para-delatar-traidores-en-venezuela
[24]. https://www.dailymotion.com/video/x93d0py
[25]. https://cnnespanol.cnn.com/2024/08/15/marca-x-negra-puertas-opositores-maduro-venezuela-trax
[26].‘https://www.elcolombiano.com/internacional/reeleccion-maduro-casas-marcadas-con-x-nueva-estrategia-terror-venezuela-regimen-maduro-BF25209888
[27]. https://www.bbc.com/mundo/articles/cly33kp1q19o
https://cronica.uno/operacion-tun-tun-una-politica-de-estado-para-sembrar-terror-advierten-expertos/
https://www.infobae.com/venezuela/2025/12/14/operacion-tun-tun-un-simbolo-navideno-utilizado-por-el-regimen-venezolano-para-reprimir-a-disidentes-y-opositores/
[28]. https://www.bbc.com/mundo/articles/cly33kp1q19o
https://cronica.uno/operacion-tun-tun-una-politica-de-estado-para-sembrar-terror-advierten-expertos/
https://www.latercera.com/mundo/noticia/operacion-tun-tun-como-el-chavismo-reprime-a-la-disidencia/CTSENG7ZOFFHDM6MIESB36DKNA/
https://contrapunto.com/nacional/gobierno/diosdado-reconoce-a-cuerpos-de-seguridad-por-operacion-tuntun-tengan-la-seguridad-de-que-habra-justicia-y-les-van-a-llegar-a-su-casa/
https://dossiervenezuela.com/politica/diosdado-cabello-menciona-detencion-del-periodista-rory-branker-y-amenaza-directamente-a-un-grupo-de-medios-con-la-operacion-tun-tun/
[29]. https://www.bbc.com/mundo/articles/cly33kp1q19o
[30]. "El que se coma la luz [el que se pase]… Tun Tun. No seas llorón, vas pa’ Tocorón."
[31]. https://mazo4f.com/cabello-reconocio-labor-de-los-organismos-de-seguridad-del-estado-ante-violencia-generada-por-extremistas
https://contrapunto.com/nacional/gobierno/diosdado-reconoce-a-cuerpos-de-seguridad-por-operacion-tuntun-tengan-la-seguridad-de-que-habra-justicia-y-les-van-a-llegar-a-su-casa/
[32]. https://www.elimpulso.com/2019/10/07/jose-elias-torres-la-ctv-exige-que-cese-en-el-pais-la-destruccion-del-trabajo-y-del-salario-7oct/
https://www.infobae.com/venezuela/2026/01/22/denuncian-que-se-desconoce-el-paradero-del-lider-sindical-venezolano-jose-elias-torres-tras-50-dias-detenido/
https://correodelcaroni.com/pais-politico/reclaman-informacion-sobre-dirigentes-sindicales-detenidos-hace-casi-un-mes/
https://www.elimpulso.com/2026/02/03/denuncian-que-el-dirigente-encargado-de-la-ctv-sera-imputado-arbitrariamente-3feb/
https://lapatilla.com/2026/02/14/excarcelaron-en-zona-7-a-jose-elias-torres-secretario-general-de-la-ctv-video/
[33].‘https://efectococuyo.com/la-humanidad/detienen-a-dirigente-sindical-en-bolivar-y-al-esposo-de-presidenta-del-colegio-de-enfermeria-de-esta-region/
[34]. https://talcualdigital.com/la-represalia-politica-de-nuevo-en-pdvsa-al-menos-100-trabajadores-obligados-a-renunciar/
https://www.reuters.com/world/americas/dozens-forced-quit-venezuelas-pdvsa-over-political-views-workers-say-2024-08-21/
[35]. https://www.eltiempo.com/mundo/venezuela/de-petroleros-a-conspiradores-120-trabajadores-de-pdvsa-continuan-tras-las-rejas-en-venezuela-enfrentando-abusos-y-tratos-degradantes-3527606
[36]. https://laboursolidarity.org/n/2711/nota-del-comite-nacional-de-conflicto-de-los-trabajadores-en-lucha
[37]. En aout 2018, l’exécutif national a présenté le "Programme de relance économique, de croissance et de prospérité", prévoyant une reconversion monétaire et une augmentation du salaire minimum à 1.800 bolivars. En conséquence directe, le "Mémorandum 2792" a été publié le 11 octobre 2018. Ce document abrogeait les conventions collectives du secteur public signées avant cette date, fixait le salaire minimum comme base des grilles salariales et établissait une grille unique. Il autorisait l’administration publique à réviser les grilles salariales convenues dans les conventions collectives précédentes, partant du principe que le nouveau salaire minimum garantissait déjà la progressivité des revenus. Depuis lors, le gouvernement a signé des conventions collectives pour certaines parties du secteur public, tels que la santé, l’éducation et l’industrie pétrolière, mais sans consulter les travailleurs et lors de réunions à huis clos avec des syndicats proches du pouvoir.
Le conflit s’est intensifié en mars 2022. Suite à la publication au Journal officiel d’une nouvelle augmentation du salaire minimum, l’Office national de budget (Onapre) a approuvé la directive intitulée "Procédure d’ajustement du système de rémunération de l’administration publique, des conventions collectives, des tableaux spéciaux et des entreprises stratégiques". Ce règlement a modifié la structure des grilles salariales du secteur public, entrainant une uniformisation des salaires et la suppression des avantages socioéconomiques acquis.
Outre son contenu, la légalité de cette directive est contestable. L’Onapre n’est pas habilité à statuer sur des questions telles que la rémunération des fonctionnaires; cette compétence relève des services du personnel et des ressources humaines des différentes administrations.
[38]. https://provea.org/actualidad/comite-nacional-de-conflicto-de-los-trabajadores-maduro-profundiza-su-politica-de-destruccion-del-salario/
[39].‘https://contrapunto.com/economia/trabajadores/sindicatos-y-centrales-sindicales-presentaran-quejas-ante-la-oit-y-ya-preparan-agenda-de-movilizaciones-para-2026/
[41]. https://www.swissinfo.ch/spa/ong-venezolana-denuncia-agresiones-a-madres-de-presos-políticos-a-las-puertas-del-supremo/89793689
[42]. https://alnavio.es/denuncian-que-colectivos-tomaron-fotografias-de-familiares-de-presos-politicos-en-vigilia-en-el-helicoide/
[43]. Helicoïde.
Un complexe architectural de 60.000 mètres carrés, situé dans le centre-sud de Caracas. Il avait été conçu pour être le centre commercial le plus grand et le plus moderne d’Amérique latine, construit sur une colline rocheuse, avec sept niveaux en spirale que l’on pouvait parcourir en voiture. L’idée était que, grâce à son agencement unique, les visiteurs puissent se garer directement devant leur magasin préféré, parmi les plus de 300 commerces prévus pour le complexe. Bien que sa construction ait débuté en 1956, les travaux ont dû se prolonger jusqu’en 1961, année où la construction du bâtiment a finalement été interrompue en raison de la faillite de l’entreprise de construction. En 1975, l’Helicoïde est passé aux mains de l’État, qui a repris le projet. Peu après, les services de renseignement vénézuéliens l’ont loué pour utiliser les deux niveaux inférieurs, où se trouvent désormais des cellules de prisonniers.
[44].‘https://www.ejercito.mil.ve/descargar_pdf/leyes-y-Reglamentos/LEY-DEL-COMANDO-PARA-LA-DEFENSA-INTEGRAL-DE-LA-NACION
[45]. https://www.eldebate.com/internacional/20251112/maduro-crea-comandos-defensa-estar-preparados-caso-lucha-armada_354141.html
https://mazo4f.com/presidente-maduro-ordena-afinar-plan-de-combate-a-cuerpo-de-milicianos-de-la-clase-obrera
[46]. https://mazo4f.com/presidente-maduro-ordena-afinar-plan-de-combate-a-cuerpo-de-milicianos-de-la-clase-obrera
[47]. https://ultimasnoticias.com.ve/politica/maduro-no-soy-un-magnate-yo-soy-un-presidente-pueblo-y-obrero/
[48]. https://docs.venezuela.justia.com/federales/leyes-organicas/ley-organica-de-las-fuerzas-armadas-nacionales.pdf
[49]. Gaceta oficial No 38158, 4 avril 2005 (Decreto No 3560).
https://virtual.urbe.edu/gacetas/38158.pdf
[50]. Gaceta oficial No 38617, 1er février 2007.
https://vendata.org/gacetas/2007/02/38617_01-02-2007.pdf
[51]. Ley Orgánica de la Fuerza Armada Nacional Bolivariana.
Gaceta oficial No 5891, 31 juillet 2008 (Decreto-Ley 6239).
https://pandectasdigital.blogspot.com/2017/09/gaceta-oficial-de-la-republica_940.html
[52]. Gaceta oficial No 39156, 13 avril 2009 (Resolución No 009768, 11 avril 2009).
https://virtual.urbe.edu/gacetas/39156.pdf
[53]. Gaceta oficial No 6009, 17 décembre 2010.
https://vendata.org/gacetas/2010/12/6009_17-12-2010.pdf
[54]. Décret ayant rang, valeur et force de loi organique portant réforme de la loi organique sur les forces armées nationales bolivariennes.
https://vendata.org/gacetas/2011/03/6020_21-03-2011.pdf
https://pandectasdigital.blogspot.com/2017/09/gaceta-oficial-de-la-republica_922.html
https://www.eluniversal.com.co/mundo/2011/03/22/chavez-reforma-por-decreto-ley-de-las-fuerzas-armadas/
[55]. Loi organique de la Force armée nationale bolivarienne
Gaceta oficial 6156, 19 novembre 2014 (décret n° 1.439)
https://vendata.org/gacetas/2014/11/6156_19-11-2014.pdf
https://pandectasdigital.blogspot.com/2016/07/ley-organica-de-la-fuerza-armada.html
[56]. Consejo de Derechos Humanos (período de sesiones 14 de septiembre a 2 de octubre de 2020), Conclusiones detalladas de la Misión internacional independiente de determinación de los hechos sobre la República Bolivariana de Venezuela, p. 71.
https://www.ohchr.org/sites/default/files/Documents/HRBodies/HRCouncil/FFMV/A_HRC_45_CRP.11_SP.pdf
[57]. https://www.larazon.es/internacional/maduro-arma-a-la-poblacion-para-combatir-la-violencia-BF14339329/
[58]. https://insightcrime.org/es/noticias/noticias-del-dia/gobierno-venezuela-propone-armar-civiles-combatir-crimen/
https://www.elnuevoherald.com/noticias/america-latina/venezuela-es/article127132189.html
[59]. https://elpolitico.com/fusil-al-hombro-las-milicias-armadas-bolivarianas-se-ubican-en-las-escuelas/
[60]. https://www.elimpulso.com/2019/12/26/maduro-entrego-fusiles-y-dio-mas-poder-a-la-milicia-en-2019/
[61]. https://www.ciudadvalencia.com.ve/maduro-denuncia-plan-de-sabotaje-a-empresas-estrategicas-del-pais/
19/10/2019.
https://talcualdigital.com/maduro-practicamente-todos-los-partidos-de-oposicion-iran-a-elecciones-parlamentarias/
[62]. La Corporation nationale d’électricité (Corpoelec) est une entreprise publique qui exploite la quasi-totalité du réseau électrique. Elle gère de grandes centrales hydroélectriques et thermoélectriques, ainsi que les réseaux de transport et de distribution, et assure également la facturation et le service à la clientèle.
[63]. https://www.eluniversal.com/politica/56666/maduro-ordeno-entrega-de-13-mil-fusiles-en-guayana
1/12/2019.
[64].‘https://www.vozdeamerica.com/a/cuerpos-combatientes-milicia-nacional-bolivariana-venezuela-maduro-gonzalez-urrutia-oposicion-juramentacion-presidencial-armas-fusiles-/7931027.html
[65]. https://talcualdigital.com/maduro-practicamente-todos-los-partidos-de-oposicion-iran-a-elecciones-parlamentarias/
[66]. https://talcualdigital.com/maduro-practicamente-todos-los-partidos-de-oposicion-iran-a-elecciones-parlamentarias/
https://efectococuyo.com/politica/maduro-ordena-despliegue-de-45-millones-de-milicianos-tras-anuncio-de-recompensa-de-eeuu/
[67].‘https://www.asambleanacional.gob.ve/storage/documentos/leyes/ley-constitucional-de-la-fuerza-armada-nacional-bolivariana-20211019170208.pdf
https://efectococuyo.com/politica/ley-constitucional-es-un-disparo-al-corazon-de-la-fanb-segun-comision-de-defensa-de-la-an/
[68]. https://www.ejercito.mil.ve/base-legal/
[69]. Gaceta Oficial N° 6.990, 19 février 2026
https://pandectasdigital.blogspot.com/2026/02/ley-de-amnistia-para-la-convivencia.html
[70]. https://www.connectas.org/preso-y-en-desaparicion-forzada/
[71]. https://www.bbc.com/mundo/articles/c17xde0lqrqo
[72]. https://www.connectas.org/detencion-lideres-izquierda-chavismo/
[73]. https://www.asambleanacional.gob.ve/noticias/diputado-jorge-rodriguez-el-fascismo-debe-ser-extirpado-de-cualquier-sociedad
https://www.globovision.com/nacional/43054/jorge-rodriguez-aqui-no-nos-sirven-los-tibios-en-referencia-a-los-que-se-solidarizan-con
https://www.instagram.com/reel/DNRRMxuPezZ/
[74]. https://www.nytimes.com/es/2026/01/24/espanol/america-latina/venezuela-ninos-bombas-agua-represion.html
[75]. https://ancommunistes.fr/spip.php?article8776
[76] https://ancommunistes.fr/spip.php?article9265
[77]. https://urcommuniste.fr/2026/02/01/face-empire-delcy-rodriguez-avec-les-travailleurs-du-venezuela/
C’est la reproduction d’un texte publié sur le site "venezuelainfos" :
https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/01/27/face-a-lempire-la-presidente-delcy-rodriguez-coude-a-coude-avec-les-travailleurs-du-venezuela/
[78]. https://histoireetsociete.com/enfin-une-position-politiquement-responsable-venant-du-venezuela-celle-de-thierry-deronne/
Cette interprétation est accompagnée de la reproduction d’un texte publié sur le site "venezuelainfos" intitulé :
"La révolution vénézuélienne est toujours debout: démystifier l’opération psychologique de Trump".
https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/01/06/la-revolution-venezuelienne-est-toujours-debout-demystifier-loperation-psychologique-de-trump/
C’est la traduction d’un texte intitulé :
"La revolución venezolana sigue en pie : desmontando la operación psicológica de Trump".
https://peoplesdispatch.org/2026/01/06/la-revolucion-venezolana-sigue-en-pie-desmontando-la-operacion-psicologica-de-trump/
[79]. https://www.instagram.com/p/DTHIbhkjPSf/
https://www.reuters.com/world/americas/venezuela-acting-president-seeks-us-govt-collaboration-2026-01-05/
[80]. https://www.pbs.org/newshour/politics/read-trumps-full-2026-state-of-the-union-address
[81]. https://en.cibercuba.com/noticias/2026-02-27-u1-e129488-s27061-nid321812-delcy-rodriguez-refiere-publico-trump-socio-amigo-le
[82]. https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/
[83]. https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/
[84]. https://wapnews.org/?p=9706
[85]. https://www.pcf.fr/article-venezuela-ingerence
[86]. https://www.pcf.fr/venezuela_dans_ligne_de_mire_empire
[87]. https://solidarite-internationale-pcf.org/2026/01/ni-tutelle-imperialiste-ni-continuite-autoritaire-pour-une-sortie-populaire-democratique-et-souveraine-de-la-crise.html
[88]. https://www.instagram.com/p/DOvDAT2jNmy/
https://wapnews.org/?p=8736
[89]. https://levenissian.fr/Venezuela-l-heure-du-peuple
[90]. https://fnic-cgt.com/wp-content/uploads/2026/07/Venezuela-la-revolution-trahie.pdf
















