Venezuela :
trompe-l’oeuil et réalité
*
Note concernant les sources : Les textes en langue espagnole ont été traduits par nous [ROCML].
Au présent texte est associée une série de notices documentaires :
– Voir la liste des documents : ►
– Des renvois spécifiques à ces documents figurent dans le texte ci-dessous.
*
Qu’il s’agisse de la vie au quotidien des individus, ou de grands bouleversements sociaux collectifs, il existe souvent une discordance entre la réalité effective et la perception illusoire qu’en ont certains. En ce qui concerne les évènements récents au Venezuela, ce phénomène s’est développé jusqu’à l’extrême, aboutissant à une situation catastrophique pour une grande partie de la population, à l’exception de ceux qui sont ravis de voir se développer la domination de l’impérialisme US. Quant aux gouvernants actuels, ils sont certes mal à l’aise, du fait d’être bousculés par les difficultés à gérer, mais ils se débrouillent tant bien que mal en s’efforçant de garder intactes les apparences.
En 1999, Hugo Chávez a entamé un premier mandat de président. À sa réélection en 2006, il a prêté serment en ces termes : "Je jure par le Christ, le plus grand socialiste de l’histoire", et a appelé à "la patrie, au socialisme ou à la mort". Dans la réalité pratique, quelques éléments tels que des expropriations d’entreprises ou l’essence à prix dérisoire pour les automobilistes pouvaient aider à entretenir un faux-semblant de socialisme. Mais il s’agissait tout au plus à "faire du social", comme savent le faire de façon pareillement illusoire les "sociaux-démocrates" de partout, comme le PS en France.
Dans le contexte établi à partir de 2013, avec Nicolás Maduro comme président, il est devenu de plus en plus difficile pour le régime d’éviter que la perception illusoire entretenue par les promoteurs de la "révolution bolivarienne" ne s’écroule. Les artifices échafaudés pour maintenir un faux-semblant de "socialisme" sont poussés jusqu’à l’absurde. Peu avant de se trouver embarqué vers les USA, Maduro a annoncé, le 25 décembre[1] : "À compter d’aujourd’hui, nous déclarons la mise en place d’un gouvernement de transition communale vers le socialisme, avec 5.336 salles d’autogouvernance, 5.336 gouvernements territoriaux composés de voisins, de familles, de communautés, de forces concrètes qui débattent, participent, agissent, construisent et font de leurs territoires des territoires visibles pour une nouvelle société." Il assure que ces salles d’autogouvernance disposent de tous les organes communaux opérationnels. Selon lui il s’agit de renforcer le système d’autogouvernance en y associant le concept de "toparchie"[2].
Dans ce qui suit, nous n’abordons pas l’évolution de la situation au-delà de l’opération militaire de la part du gouvernement US, le 3 janvier, qui a bouleversé le contexte régional. Toutefois nous formulons un constat préalable : nous rejetons absolument cette intervention sur le territoire d’un État étranger, ainsi que plus globalement la prétention de l’impérialisme US d’imposer sa domination au régime en place et à la population.
Cette précision étant faite, revenons-en à la question de la perception illusoire, en l’occurrence celle incarnée par la mythologie de la "révolution bolivarienne". Nous ne développerons pas ici tout le cheminement initié par la venue de Hugo Chávez à la présidence, mais nous nous concentrerons ‑ de façon succincte ‑ sur la période débutant approximativement en 2015. En complément de notre argumentation, nous présentons une série de documents qui, selon nous, mettent en évidence le fait que la vision résumée par le concept de "révolution bolivarienne" n’est rien d’autre qu’une construction mentale artificielle.
La nature du régime après Chávez – continuité et adaptation
Chávez, président depuis 1999, est décédé en 2013. Nicolás Maduro est confirmé dans la fonction de président par les élections d’avril 2013. Dans un premier temps, il était préoccupé avant tout à soigner son image de successeur, attitré d’avance par Chávez. Mais par la suite il s’est adapté à sa manière au contexte politique et économique. Entre autre, un affrontement particulier s’est cristallisé en rapport avec un grand capitaliste, Lorenzo Mendoza, dont le grand-père avait édifié le conglomérat Empresas Polar, opérant dans le secteur alimentaire.
Un conflit entre les employés et la direction du groupe Polar a débuté fin 2015 [3]. Après plusieurs mois de grève pour réclamer une convention collective, les travailleurs du syndicat régional unique des travailleurs de Polar (Sintraterricentro) ont obtenu une sentence arbitrale établissant une série d’avantages et de droits selon le code du travail. Quelques semaines plus tard, après de fortes pressions exercées par les syndicats, le ministère du Travail a décidé d’étendre cette sentence à tous les employés de Polar. Au début de l’année 2016, Mendoza a décidé de fermer deux usines de malt et de bière, à Caracas et à Barcelone, et de bloquer tous les réseaux commerciaux qui en dépendaient. Plus de 12.000 personnes se sont retrouvées sans emploi dans tout le pays. Officiellement, le groupe Polar a fait valoir que la fermeture des usines et autres unités, ainsi que la suspension de tous les travailleurs., étaient dues à un manque de matières premières. Omar Quijada, employé de l’usine de bière de Barcelone et également directeur régional de ce qui s’appelle officiellement la "vice-présidence de la classe ouvrière" du parti associé au régime, le Parti socialiste unifié de Venezuela (PSUV), a souligné que le ministère du Travail n’avait jamais effectué d’inspection pour vérifier le prétendu manque de matières premières. Face à la suspension du travail, les travailleurs de différentes régions du pays ont fait appel aux inspections du travail. Celles-ci, sans exception, ont ordonné la réintégration des travailleurs pour violation de la loi.
Les travailleurs ont poursuivi leur combat, qui, suite à un recours de Polar, a été porté devant la Cour suprême (Tribunal Supremo de Justicia, TSJ) en aout 2017. Or Mendoza n’a respecté aucune décision de justice ni aucun recours constitutionnel. En juillet 2022, une commission de travailleurs a rencontré le nouveau ministre du Travail, Francisco Torrealba, et a été reçue à l’Assemblée nationale. "Nous avons subi un massacre professionnel, nos droits humains ont été violés, nos salaires et nos avantages sociaux ont été détournés", a résumé Quijada. Arrivé à ce point, il dit malgré tout : "Nous avons confiance et espoir dans le système judiciaire vénézuélien. Nous sommes convaincus que justice sera faite."
Depuis, les choses en sont restés à ce point. En réalité, au moins depuis que le recours au TSJ s’est avéré vain, il était évident que Maduro ‑ obligé malgré lui d’assumer ouvertement la confrontation avec le grand capital ‑ avait conclu un arrangement avec Lorenzo Mendoza, afin d’éviter que le régime soit mis au pied du mur. Rétrospectivement, en février 2020, la tractation a été commenté par le journal New York Times[4]. Nous savons par expérience que certains militants cultivent une incrédulité spécieuse consistant en le "raisonnement" suivant : "la presse en France nous ment", en général, et en particulier au sujet du régime vénézuélien, "donc" inversement il faut croire ce qu’affirment les média "bolivariens". De notre côté le récit du New York Times coïncide tout simplement avec notre propre analyse.
Non seulement Maduro a capitulé ainsi dans un affrontement concret de lutte de classe, il a choisi consciemment le développement de l’économie selon les principes du capitalisme. En effet, le régime poursuit l’exploitation de la classe ouvrière par la classe capitaliste au niveau de la société, globalement. La situation catastrophique à cet égard comporte plusieurs facettes. En premier lieu apparait le délabrement de l’économie. Le régime cherche à se dédouaner en incriminant les sanctions imposées par les USA, mais si l’on retrace l’évolution de la situation nationale et du contexte internationale, on constate que des relations de causes à effets sont déjà à l’oeuvre dès l’élection de Chávez comme président. Ensuite, l’action du gouvernement à la recherche de remèdes vise directement les conditions de vie des travailleurs. Globalement la précarité des conditions de travail et de vie s’est aggravée. Des éléments essentiels du code du travail ont été démantelés. En particulier le salaire comme rémunération du travail a été remplacé progressivement par une accumulation d’artifices sous forme de sommes attribuées de façons conditionnelles variées. Le Parti Communiste de Venezuela (PCV) insiste à juste titre sur cette question[5].
En résumé, la détérioration des revenus reçues par les travailleurs est opérée en transformant le salaire ‑ qui devrait être l’élément principal ‑ en composante accessoire du revenu intégral. Si l’on examine l’évolution durant l’année 2016, le bon alimentaire a augmenté de 844 % en valeur nominale, tandis que le salaire minimum légal n’a augmenté que de 181 %. Cette distorsion est doublement dommageable, du fait que les droits et prestations liés au travail prévus par la loi, tels que les congés payés, les bénéfices annuels, les prestations sociales liées à l’ancienneté et les cotisations patronales à la caisse d’épargne, au fonds de retraite et au fonds d’épargne-logement, entre autres, sont calculés en fonction du salaire de base des travailleurs et non sur leurs revenus mensuels globaux.
Par ailleurs, le gouvernement a mise en oeuvre la déstructuration des organisations du mouvement ouvrier. Le PCV avait soutenu Chávez dès le début en 1999, en rejoignant une coalition appelée "Polo Patriótico"[6]. En 2006, Chávez a appelé les forces qui le soutenaient à constituer le "Parti socialiste unifié du Venezuela" (PSUV); le PCV n’a pas répondu favorablement et a conservé son autonomie. Dans ce contexte, un pacte programmatique appelé "Accord-cadre PCV-PSUV" a été conclu en 2018, afin de garantir que le dialogue avec l’opposition ne transgresserait pas certains principes programmatiques minimaux établis par les deux partis associés[7]. Or les divergences entre le PCV et Maduro se sont accentuées. Constatant une forte détérioration des conditions économiques ainsi que l’arrestation de dirigeants sociaux, le PCV s’est dissocié définitivement du gouvernement en 2020. En novembre 2022 le PCV a tenu son 16e Congrès, qui a ratifié "la décision de rompre avec la politique anti-ouvrière, antipopulaire et antinationale du gouvernement de Nicolás Maduro Moros, qui a fait payer au peuple vénézuélien les conséquences de la crise capitaliste ainsi que les mesures coercitives de l’impérialisme, tout en protégeant les intérêts du capital national et transnational"[8]. En 2023 Maduro a effectué une manoeuvre frauduleuse avec la complicité d’un ex-membres du PCV[9]. La manipulation consistait à promouvoir un groupe de prétendus membres du parti qui se mettaient en scène eux-mêmes en complicité avec le gouvernement : ils contestaient la légitimité du congrès de 2022 et affirmaient être les représentants authentiques du Parti. Maduro a officialisé cette farce.
La problématique de l’attitude de la population à l’égard du régime
Parallèlement à la perception illusoire des rapports entre le régime de Maduro et le mouvement ouvrier, s’est cristallisée aussi une perception illusoire au sujet du soutien de la population au régime. Un élément évoqué de façon récurrent est le résultat des élections présidentielles de 2024. À ce sujet nous partageons l’affirmation que les résultats en faveur de Maduro ont été truqués : le fait est qu’une instance juridique a été chargée d’examiner l’ensemble des bulletins de vote, ce qu’elle a fait en vase clos, puis elle a attesté que le résultat officiellement annoncé aurait été établi correctement, elle a rangé les documents dans leurs cartons, et ceux-ci ont été mis à l’abri dans un dépôt. Pourtant la loi concernant la procédure électorale prescrit que les résultats soient publiés sous forme détaillée et tabulée dans la Gazette électorale (distincte de la Gazette officielle). Cela avait été le cas lors des élections précédentes, comme celles de 2013 et 2018, mais n’a pas été respecté lors des élections du 28 juillet 2024 [10]. Cela dit, d’une certaine façon cette problématique est secondaire. Le régime peut toujours s’appuyer sur un soutien important en termes de quantité. Mais cette attitude d’une partie de la population n’est qu’un pis-aller, d’un côté face à l’opposition réactionnaire de María Corina Machado[11] et autres courants de droite/extrême droite, et de l’autre côté sous l’effet de la maitrise des relations sociales de la part du régime qui a imposé dans les faits ses propres mécanismes de fonctionnement.
|
|
|
|
À trois jours des élections présidentielles, |
La leader de l’opposition, María Corina Machado |
|
Ces images ne mentent pas (il est raisonnable de supposer qu’elles n’ont pas subi une transformation par "intelligence" artificielle). Il est utile de les regarder ainsi posées côte à côte. Cela évite de se laisser aller à des interprétations subjectives sur le "soutien massif" au candidat respectif en regardant l’une des deux séparément sans voir l’autre. |
À première vue le panorama politique se présente essentiellement comme un face à face entre deux pôles opposés, où chaque personne se situe dans l’une ou l’autre de deux cases exclusives. Les efforts de propagande déployés continuellement par le régime visent à entretenir cette vision dichotomique. Il tente ainsi de justifier sa politique répressive, selon l’idée qu’il s’agirait exclusivement de bloquer la menace venant d’une extrême droite fasciste. Certes, face à l’opposition réactionnaire, une partie considérable de la population préfère le régime actuel plutôt qu’un gouvernement dirigé par l’équipe autour de Juan Guaidó[12] ou Corina Machado. Mais ce choix n’implique nullement un renoncement à faire valoir des critiques et des demandes. Or, il s’avère que le régime se sent menacé par tous ce qui s’écarte de la case telle qu’il l’a délimitée autour de lui, et il applique la répression indistinctement en cas de contestations qui perturbent sa gouvernance.
Pour ceux, en France ou d’autres pays de "république démocratique", qui sont habitués à des idées, discours, choix plus variés et complexes, il est difficile d’analyser la situation au Venezuela autrement qu’en acceptant implicitement ou explicitement le schéma bipolaire. Pour pleinement saisir la complexité de la réalité, il faudrait développer longuement des multiples aspects, actuels et historiques. Nous nous contentons ici de quelques arguments succincts, en restant schématique tout en élargissant les explications suffisamment pour faire ressortir non pas deux pôles, mais trois pôles qui peuvent être superposés partiellement et interagissent entre eux de façon multilatérale.
L’élection de Chávez n’a pas introduit une orientation politique visant à instaurer une économie socialiste. La vision du gouvernement en matière d’économie n’impliquait pas une rupture avec le système économique capitaliste. Néanmoins, les luttes opposant les travailleurs à leurs employeurs pouvaient être marquées par des objectifs relevant de la lutte de classe contre l’exploitation capitaliste, sans pour autant être portées par une opposition ouverte à la conduite suivie par le gouvernement. Avec le régime de Maduro, la perspective d’actions revendicatives est d’office considérée comme hostile au gouvernement, et donc bloquée par celui-ci ‑ sauf si éventuellement il juge utile de les manipuler à son avantage.
Depuis longtemps le régime doit affronter des secteurs de la population qui lui sont hostiles. L’opposition politique ouverte se compose de forces politiques variées. Les milieux liés aux organisations d’extrême droite proprement dite (Guaidó, Machado, …) en constituent une partie importante et peuvent faire intervenir des organisations ou militants syndicalistes, liés en bonne partie aux organisations syndicales traditionnelles (comme la CTV[13]), mais incluant aussi des transfuges ayant été partisans de Chávez. Cependant, le mécontentement, la désapprobation, voire la contestation active sont une réalité largement répandue. Officiellement le régime de Maduro exerce une répression ciblée à l’encontre de l’extrême droite, mais dans les faits il vise à bloquer tout ce qui le menace dans sa domination de l’appareil d’État.
En relation avec la période électorale de 2024 le régime a été saisi de panique sous l’effet de la remise en cause de sa légitimité. Au cours de l’année 2025 sont effectuées des arrestations en chaine, selon des procédés outrepassant toutes les dispositions légales et juridiques formellement établies. En 2017 avait été promulgué une loi intitulée "Loi constitutionnelle contre la haine, pour la coexistence pacifique et la tolérance"[14]. Voici un extrait :
Quiconque, publiquement ou par tout moyen permettant sa diffusion publique, encourage, promeut ou incite à la haine, à la discrimination ou à la violence contre une personne ou un groupe de personnes, en raison de son appartenance réelle ou présumée à un groupe social, ethnique, religieux, politique, d’orientation sexuelle, d’identité de genre, d’expression de genre ou pour tout autre motif discriminatoire, sera puni d’une peine d’emprisonnement de dix à vingt ans, sans préjudice de la responsabilité civile et disciplinaire pour les dommages causés.
Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a commenté que cette loi avait "un caractère préventif, éducatif et dissuasif". Ultérieurement, en aout 2024, le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a lancé des travaux pour l’élaboration d’un ensemble de lois "visant à protéger et à défendre notre population contre la haine, les expressions de haine sociale, le terrorisme et la diffusion d’idées fascistes et haineuses sur les réseaux sociaux"[15]. À cet égard, l’une des mesures prévues était la loi sur le contrôle, l’action et le financement des organisations non gouvernementales et des organisations sociales à but non lucratif. Rodriguez soulignait que ces organisations étaient règlementées presque partout dans le monde, mais pas au Venezuela. Il a expliqué qu’"il existe des organisations non gouvernementales, comme la Croix-Rouge, qui fonctionnent en rendant service aux personnes, mais il existe de nombreuses organisations non gouvernementales qui servent de façade au financement d’actions terroristes et d’actions telles que celles des soi-disant “comanditos”[16]". Il a argumenté notamment au sujet de l’importance de défendre le peuple et surtout les enfants "qui sont actuellement victimes d’une infection de haine de la part des réseaux sociaux". Pour appuyer son point de vue, il n’hésite pas à débiter des niaiseries[17] : "Dans les années 50, après la Seconde Guerre mondiale, on a réussi à imposer aux femmes qui ne fumaient pas de commencer à fumer. Des millions de femmes sont mortes d’un cancer du poumon ou d’un cancer du sein à cause de cette propagande en faveur de la consommation de cigarettes par les femmes. Que va‑t‑il arriver à l’avenir à ces filles et ces garçons vénézuéliens qui sont infectés par cette haine?"
|
Un "barrio" de Caracas, |
Au coeur du troisième pôle auquel nous faisons référence, se trouvent les travailleurs ‑ fondamentalement, la classe ouvrière. Mais sous le régime de Chávez, la conscience de classe authentique a été instrumentalisée en faveur d’un "socialisme" bâtard, voir fantaisiste. Et sous le régime de Maduro, le mot "socialisme" n’est que pure phraséologie, tandis que les actes concrètes visant à défendre les intérêts de travailleurs sont réprimés. Une partie des arrestations et condamnations pour des activités syndicales frappent de façon ciblée des dirigeants ou militants liés de près ou de loin aux forces politiques traditionnelles, qui pourtant ne souhaitent nullement animer la lutte de classe des travailleurs contre la bourgeoisie capitaliste. Mais du point de vue du régime, en dernier instance, l’enjeu n’est pas simplement de rester au pouvoir face à des prétendants bourgeois concurrents. Il sait que l’ennemi véritable est la classe ouvrière. La preuve en est son intervention contre le PCV, mentionnée plus haut.
Ce contexte obscurcit les fronts qui objectivement caractérisent la lutte de la classe ouvrière contre la classe bourgeoise. Mais du côté des travailleurs, les fractions les plus conscientes politiquement veillent à mettre en garde contre les complicités implicites ou explicites entretenues par certaines organisations.
Voir un cas qui met en lumière cette problématique. Document ►
Aperçu de la persécution envers les syndicalistes hostiles au régime
Pour plus de détails, voir Documents. ►
* José Elías Torres[18]
Président de la CTV.
En novembre 2025, Torres avait assisté à une réunion du Conseil central de l’Organisation internationale du travail (OIT), organisme auquel le gouvernement vénézuélien est affilié. Le 29 novembre, alors qu’il se trouvait à son domicile, une commission d’individus s’est présentée sans mandat judiciaire et lui a arbitrairement signifié qu’il était en état d’arrestation avant de l’emmener vers une destination inconnue. Ce n’est que le 30 janvier 2026, qu’on a appris qu’il se trouvait dans un centre de détention politique à Caracas. Il a finalement été libéré le 15 février 2026.
* Fernando Serrano[19]
Membre du Comité exécutif du Sindicato Unico de Trabajadores del Aluminio (Sutralum), secrétaire au travail et aux réclamations, à CVG-Venalum dans l’État du Guayana.
Le 18 juillet 2025, Serrano a été enlevé par les forces de police de l’État du Bolívar. Sa famille n’a reçu aucune information sur le lieu où il se trouve ni sur son état de santé À la date du 21 janvier 2026 il est toujours emprisonné.
* PDVSA (Petróleos de Venezuela, S.A., propriété historique de l’État)
‑ Information publié le 21 aout 2024 [20]
Plus d’une centaine d’employés de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA, ainsi que d’autres employés du ministère du Pétrole et de certains secteurs publics, ont été contraints de démissionner en raison de leurs opinions politiques depuis les élections contestées du mois dernier, ont déclaré des travailleurs et des syndicats. Les dirigeants de PDVSA ont ordonné aux employés administratifs et opérationnels d’assister à des rassemblements en faveur de Maduro et ont surveillé leurs comptes sur les réseaux sociaux, selon quatre sources au sein de l’entreprise et un dirigeant syndical. Les employés qui n’ont pas soutenu Maduro ou qui ont contesté les résultats officiels du scrutin sont poussés vers la sortie, ont-ils déclaré. "Ils vous convoquent aux ressources humaines, vous font assoir et vous remettent une lettre de démission que vous devez signer", a déclaré une source proche du dossier. Au siège de PDVSA à Caracas, une centaine d’employés administratifs ont été licenciés depuis les élections, selon deux de ces sources. Plus de 30 autres employés de la division Est de PDVSA, chargée de la majeure partie de la production de pétrole brut du Venezuela, ont été contraints de démissionner, a déclaré le plus grand syndicat pétrolier du pays dans un communiqué publié ce week-end. "Il s’agit d’une mesure de représailles politiques contre de nombreux travailleurs qui, lors du dernier processus électoral, se sont opposés à Maduro", a déclaré le dirigeant syndical Jose Bodas dans le communiqué. "Ils font toute une histoire pour un rien, un "status" sur les réseaux sociaux, un message dans votre profil, une citation contre le gouvernement. Ils prennent une capture d’écran et la transmettent aux ressources humaines", a déclaré un employé de la raffinerie, qui a demandé à rester anonyme par crainte de représailles.
‑ Information publié le 28 janvier 2026 [21]
Selon un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Caleidoscopio Humano, au moins 120 pétroliers ont été arbitrairement détenus au cours des dernières années. Le rapport souligne que le plus grand nombre d’arrestations se concentre dans l’est du pays, où l’on compte au moins 68 travailleurs répartis en différents groupes procéduraux.
Parmi les autres zones critiques en matière d’arrestations, on peut citer :
État de Falcón : un point central de la crise avec 24 personnes détenues à la raffinerie d’Amuay, 20 à PDVSA Cardón (15 travailleurs et 5 fonctionnaires) et un cas à PDV Marina (Punto Fijo).
État de Carabobo : 13 travailleurs privés de liberté sont signalés à la raffinerie El Palito.
Anzoátegui : 4 travailleurs appartenant à l’INEA – Capitainerie de Puerto La Cruz.
Région centrale : 3 employés de l’usine PDVSA Catia La Mar (La Guaira) et 2 de la Torre Sur de La Campiña à Caracas.
Coopération entre organisations syndicales
Pour plus de détails, voir Documents. ►
Note du Comité national de conflit des travailleurs en lutte, 8 juin 2023 [22]
(Extraits : )
Le 18 mars 2023, 170 délégués et représentants de syndicats, fédérations et mouvements de travailleurs, issus de 17 États du Venezuela, se sont réunis à Caracas et ont constitué le Comité national de conflit des travailleurs en lutte (CNC‑TL), avec pour objectif de rassembler toutes les mobilisations et tous les conflits des régions en un seul combat, afin de récupérer tous les droits du travail, sociaux, économiques et civils bafoués par le gouvernement néolibéral de Nicolás Maduro. Le CNC‑TL constitue un effort d’organisation nationale qui vise à unifier les manifestations massives auxquelles les travailleurs vénézuéliens ont pris part au cours de l’année dernière, exigeant principalement un salaire décent, conformément à l’article 91 de la Constitution, car le salaire minimum en vigueur aujourd’hui est inférieur à cinq dollars par mois, ce qui représente le salaire le plus bas d’Amérique latine et l’un des plus bas au monde.
Le programme néolibéral mis en oeuvre par Nicolás Maduro comprend le développement de zones économiques spéciales (anciennement connues en Amérique latine sous le nom de territoires de "maquila"), telles que l’Arco Minero del Orinoco; la privatisation d’entreprises publiques qui avaient été expropriées sous le précédent gouvernement d’Chávez; la libéralisation des prix de tous les produits de première nécessité; l’exonération des droits de douane pour des importations destinées à des produits fabriqués au Venezuela; la dévaluation constante de la monnaie dans un contexte d’hyperinflation; la dollarisation du marché intérieur, en fixant le prix du carburant en dollars; il a également mis en oeuvre une flexibilisation totale des relations de travail, droits précédemment consacrés tant dans la Constitution de 1999 (CRBV) que dans la loi sur le travail de 2012 (LOTTT).
En promulguant le mémorandum 2792 du ministère du Travail de 2018 [23] et les instructions de l’ONAPRE (Oficina Nacional de Presupuesto – Office nationale du budget) de 2022 [24], le gouvernement Maduro a ignoré toutes les conventions collectives en vigueur dans le pays et a imposé des barèmes salariaux uniformisés, mettant fin aux échelles salariales basées sur les mérites professionnels et réduisant les salaires jusqu’à 99 % par rapport à la première décennie de ce siècle. Dans la pratique, les primes d’ancienneté (prestations sociales) ont été supprimées et les primes de vacances, de bénéfices et de fin d’année ont été réduites à des niveaux insignifiants. Cela a entrainé une détérioration brutale des conditions de travail et de vie des travailleurs et de leurs familles, tant dans la fonction publique que dans les entreprises privées.
Dans un contexte de corruption profonde aux plus hauts niveaux de l’administration publique, reconnue par le gouvernement lui-même au vu des arrestations judiciaires constantes de ministres, de présidents d’entreprises publiques, de députés et d’officiers militaires, Nicolás Maduro s’est retranché derrière les sanctions économiques imposées au Venezuela par le gouvernement des USA et l’Union européenne pour justifier son programme néolibéral et, plus précisément, sa politique de destruction des salaires.
Tout en reconnaissant que ces sanctions constituent une ingérence inacceptable des puissances étrangères dans les affaires intérieures du Venezuela, nous affirmons également qu’elles n’ont aucun impact sur l’élite au pouvoir, mais qu’elles affectent directement le peuple vénézuélien. Nous considérons que ces sanctions ne sont pas la cause principale de l’"assouplissement" des relations de travail appliqué par le gouvernement Maduro. La crise dans notre industrie pétrolière est principalement due à la corruption généralisée qui règne au sein du gouvernement, comme le démontrent les poursuites judiciaires engagées contre presque tous les dirigeants de PDVSA ces dernières années.
Le travail salarié au Venezuela se situe aujourd’hui à des niveaux proches de l’esclavage, car les travailleurs ne perçoivent pas pour leur travail une rémunération qui leur permette de couvrir les frais minimaux de subsistance pour eux-mêmes et leurs familles.
La politique du travail de Maduro, qui consiste en un esclavage salarié, a entrainé une migration massive de jeunes et de travailleurs qualifiés qui, avec leurs familles, fuient le pays à la recherche de meilleures conditions de travail. Plus de sept millions de Vénézuéliens ont émigré, car ils estiment qu’ils ne peuvent pas survivre avec les salaires et les conditions de travail actuels au Venezuela. […]
Comité national des conflits du travail : "Maduro intensifie sa politique de destruction des salaires"; 7 mai 2023 [25]
(Extraits : )
L’annonce faite par Nicolás Maduro le 1er mai confirme une politique salariale qui vise à réduire le cout de la main-d’oeuvre afin de maximiser les profits et de réduire les dépenses publiques.
Le gouvernement consolide sa politique de prime sur le revenu des travailleurs et renforce sa politique de destruction des salaires et, par conséquent, des prestations sociales, violant ainsi les articles 91 (salaires), 92 (prestations sociales) et 89 (intangibilité et progressivité des droits) de la Constitution.
Il gèle le salaire minimum pendant plus d’un an dans un contexte de forte inflation et de non-application systématique et de détérioration des conventions collectives, ce qui accroit la précarité des conditions de vie matérielles de la classe ouvrière.
Cette politique (qui s’est intensifiée depuis 2018 avec le mémorandum 2792, puis en 2022 avec la directive ONAPRE) a représenté le plus grand recul pour la classe ouvrière depuis 1997, lorsque la rétroactivité des prestations sociales a été supprimée.
Maduro s’est moqué des travailleurs vénézuéliens en n’augmentant pas le salaire minimum. Celui-ci reste fixé à 130 Bs par mois, soit l’équivalent de 5 dollars, bien en dessous du minimum fixé par les organismes internationaux, qui estiment le salaire minimum pour sortir de l’extrême pauvreté à 57 dollars. Les plus touchés sont les 5 millions de retraités, qui ne perçoivent pas la prime alimentaire et sont soumis à l’extermination, un crime contre l’humanité.
Les primes qui ont augmenté, et la prime de guerre qui a été réduite, n’ont aucune incidence sur le salaire.
Cela signifie qu’elles ne sont pas prises en compte dans le calcul des primes de fin d’année, des congés payés et des prestations sociales, acquis historiques de la classe ouvrière vénézuélienne qui tendent à disparaitre en raison de la politique de destruction de l’économie menée par le pouvoir exécutif national.
Avec cette politique, le gouvernement fait peser tout le poids de la crise sur les travailleurs et avantage les capitalistes du secteur commercial importateur et du secteur financier spéculatif.
[…]
Comité national des conflits du travail
Accord syndical unitaire portant sur la lutte pour les salaires, les retraites, la liberté syndicale et d’autres revendications, 12 décembre 2025
* Information contrapunto.com [26]
Plus de 50 organisations syndicales ont fait un pas en avant en signant un accord syndical unitaire dans lequel elles s’engagent à lutter ensemble pour les salaires, les retraites, la liberté syndicale et d’autres revendications. Cet engagement inclut des centrales syndicales telles que l’ASI, la CGT, la CTV, la CUTV et la Codesa. Au-delà des différences politiques et idéologiques, les dirigeants ont mis en avant l’unité dans la diversité, la coordination, la transparence et le soutien mutuel.
Voici les engagements communs qu’ils ont diffusés :
‑ Obtenir un salaire et une pension minimums qui répondent aux besoins vitaux des travailleurs actifs et retraités et de leurs familles.
‑ Exiger la reconnaissance de toutes les primes comme salaire réel, avec incidence sur les prestations, l’ancienneté, les congés et les bénéfices.
‑ Rétablir le paiement rétroactif des pensions aux retraités à l’étranger.
‑ Rétablir la valeur réelle des prestations sociales, des congés, des bénéfices et de l’ancienneté, et payer la dette historique accumulée par l’État.
‑ Rétablir pleinement les conventions collectives.
‑ Rétablir le droit de grève.
‑ Abroger toutes les mesures et lois antisyndicales qui détruisent les droits et facilitent la sous-traitance.
‑ Garantir des conditions de travail dignes et l’application effective de la Lopcymat [Ley Orgánica de Prevención, Condiciones y Medio Ambiente de Trabajo – Loi organique sur la prévention, les conditions et l’environnement de travail].
‑ Exiger la cessation immédiate de l’ingérence de l’État et des employeurs dans les syndicats.
‑ Rejeter la soi-disant "constituante syndicale" ou "constituante ouvrière"[27].
‑ Exiger la fin de la criminalisation de l’exercice syndical.
‑ Exiger la liberté totale pour tous les dirigeants syndicaux détenus ou poursuivis en justice.
"Nous appelons le pays et invitons tous les secteurs professionnels ‑ actifs, retraités, pensionnés, formels et informels, du secteur public et privé ‑ à se joindre à ce grand accord national. Ce n’est que la première étape d’une lutte historique qui ne tolère plus le silence, la faim ni l’humiliation : le travail doit retrouver sa valeur, le salaire doit être digne et l’avenir doit appartenir à ceux qui le construisent par leurs efforts. La défense des salaires et des droits du travail n’est pas seulement une cause syndicale, mais une cause morale, démocratique et sociale : sans salaire, il n’y a pas de vie, sans droits, il n’y a pas d’avenir, sans unité, il n’y a pas de victoire", souligne l’accord.
Le secrétaire général de la CUTV, Pedro Eusse, a précisé qu’ils se rendraient à l’Organisation internationale du travail (OIT) pour déposer des plaintes officielles pour non-respect de plusieurs conventions, telles que les conventions 87 et 98. La convention 87 concerne la liberté syndicale et la protection du droit d’organisation syndicale; la convention 98 fait référence au droit d’organisation syndicale et de négociation collective. En tant que dirigeant de la CTV, Pedro Arturo Moreno a souligné qu’ils préparaient déjà un programme de mobilisations pour accompagner la liste de revendications, et a annoncé que la première de 2026 serait celle de la Journée des enseignants, le 15 janvier.
La répressions physique
L’ensemble police-tribunaux-prisons constitue la structure principale, habituelle, pour l’exercice de la répression. En outre le régime s’appuie sur des méthodes accessoires moins formalisées. Avec la mise en place du régime "bolivarien" par Chávez, se sont développés des groupes d’activistes désignés couramment comme "colectivos". Selon des caractéristiques variées, il se concevait en principe comme acteurs dans la construction d’une société nouvelle. Certains étaient formés directement par des militaires liés à Chávez, d’autres pratiquaient l’auto-organisation dans des quartiers populaires. Sous le régime de Maduro, le phénomène est devenu plus marginal. Néanmoins ses aspects pratiques subsistantes consistent toujours entre autres en ce que des membres de "colectivos" servent de soutien informel à la répression exercée contre la population, ce qui arrange parfaitement le régime.
On peut citer deux exemples en rapport avec les "disparitions forcées" examinées plus haut.
* Une ONG vénézuélienne dénonce les agressions contre les mères de prisonniers politiques devant les portes de la Cour suprême (6 aout 2025) [28]
Plus de 50 mères ont été "frappées" par des "groupes para-policiers" alors qu’elles organisaient une veillée devant les portes de la Cour suprême de justice (TSJ), dans le centre de Caracas. L’agression a eu lieu mardi à 22 heures, heure locale, contre des membres du Comité des mères pour la défense de la vérité, qui exigeaient une réunion avec la présidente de la TSJ, la chaviste Caryslia Rodríguez, afin qu’elle réexamine les cas des personnes détenues dans le contexte de la crise postélectorale qui a suivi les élections présidentielles de juillet dernier.
"Elles ont été frappées et des affaires leur ont été volées par un groupe paramilitaire d’environ 70 personnes, cagoulées, armées de fusils et d’objets contondants", a expliqué le Collectif Surgentes.
Vers 21h30 heure locale, les équipes de la Police nationale bolivarienne (PNB) et du Groupe anti-extorsion et anti-enlèvement (GAES) qui se trouvaient à proximité du rassemblement se sont retirées des lieux.
"Quelques minutes plus tard, le groupe para-policier est arrivé à moto et à pied, certaines personnes cagoulées et d’autres à visage découvert. Ils ont frappé les mères et les personnes présentes, y compris une mère avec un bébé et une femme enceinte", a ajouté le Collectif. Il a également déclaré que ce groupe avait volé des sacs à main, des pièces d’identité, des téléphones, des clés, une corne et plusieurs tentes, "trainant par terre ceux qui refusaient de leur remettre leurs effets personnels". "Le groupe para-policiers a poussé toutes les personnes présentes sur quatre ou cinq pâtés de maisons, les dispersant", a‑t‑il expliqué.
* Ils dénoncent que des groupes ont pris des photos de proches de prisonniers politiques lors d’une veillée à El Helicoide. (2 février 2026)[29]
Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a dénoncé le fait que, lors de la vingt-cinquième veillée organisée ce dimanche 1er février devant le Helicoide[30], un groupe de civils armés, vraisemblablement des collectifs, ont pris des photos des proches des prisonniers politiques. Selon le rapport, des individus à bord de motos sans plaque d’immatriculation se sont livrés à une documentation visuelle des mères et des proches qui réclament la libération de leurs familiers, qualifiant cette action de "tentative manifeste d’intimidation et visant à semer la terreur". Les responsables ont été identifiés comme faisant partie des collectifs opérant dans la paroisse de San Juan. Ces individus ont harcelé un rassemblement qui, selon les organisateurs, est strictement "pacifique, symbolique et constitutionnel".
Forces armées, principales et auxiliaires
À l’égard de l’évolution dans ce domaine à partir de 1995 jusqu’au contexte actuel, le principal aspect consiste en ce que parallèlement à l’armée au sens traditionnel ont été instaurés des forces de milices et que celles-ci ont progressivement pris une place important dans la doctrine ‑ sinon la pratique ‑ en matière de défense.
Avant l’élection de Chávez comme président, était en vigueur la "Loi organique des forces armées nationales" du 22 février 1995 [31] Durant la présidence de Chávez, elle a été complétée en avril 2005 par un décret : est créée un "Commandement général de la Réserve militaire et de la Mobilisation nationale", organe décentralisé dépendant du Bureau du Président de la République et doté d’une autonomie budgétaire[32]. En 2007, Chávez a présenté une proposition de réforme constitutionnelle de type "socialiste". Le projet incluait la création d’une Milice en tant que cinquième composante des Forces armées nationales. Le 31 janvier de cette année l’Assemblée nationale, monocamérale et presque entièrement composée de partisans du gouvernement, accorde à Chávez des pouvoirs pour une période de 18 mois afin qu’il puisse élaborer et adapter plusieurs lois en fonction de l’objectif[33]; cependant, la réforme a été rejetée par vote populaire lors du référendum organisé en décembre. Toutefois, en juillet 2008, peu avant l’expiration des pouvoirs spéciaux qui lui avaient été accordés, Chávez a promulgué une nouvelle loi organique des forces armées nationales bolivariennes (Lofanb), qui instituait la milice nationale bolivarienne en tant que "corps spécial"[34].
Au fil des ans, l’interaction entre les civils et les militaires s’intensifie, la population participe à la réserve militaire et à la mobilisation nationale. En 2009 la désignation de la milice est changé en "Commandement général de la Milice nationale bolivarienne"[35]. En décembre 2010, l’Assemblée nationale a approuvé une loi d’habilitation autorisant Chavez à légiférer par décret-loi pendant 18 mois afin de répondre aux besoins humains vitaux et urgents découlant des conditions sociales de pauvreté et des pluies qui, durant des semaines, avaient fait 38 morts et plus de 130.000 sinistrés[36]. En mars 2011, Chavez utilise cette disposition pour modifier 48 articles de la loi relative aux forces armées[37]. Parmi ceux-ci, on peut citer celui qui stipule que font partie de la Milice bolivarienne "ceux qui, sans exercer la profession militaire, manifestent volontairement" leur désir d’entrer dans la Milice, où ils peuvent exercer des fonctions militaires jusqu’à atteindre le grade d’"officier". Cela signifie remettre définitivement les armes à un corps qui ne fait pas partie de la profession militaire et qui dépend directement du président. En outre, un autre article stipule que tout militaire, quel que soit son grade ou son ancienneté, sera subordonné à celui qui "détient le commandement", même s’il s’agit d’un officier de la milice. En ce qui concerne leur nombre, les chiffres du régime indiquent qu’en 2011, les milices comptaient 120.000 membres.
En novembre 2014, une nouvelle version de la Loi organique de la Force armée nationale bolivarienne est promulguée[38]. Au sujet des milices, elle stipule (chapitre VII ‑ "Du Commandement général de la Milice bolivarienne", article 66) : "La milice bolivarienne est un corps spécial composé de la milice territoriale et des corps combattants, destiné à compléter les Forces armées nationales bolivariennes dans les domaines de la sécurité, de la défense et du développement intégral de la nation, afin de garantir l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité du territoire géographique."
Le gouvernement avait commencé à mettre en place des groupes communautaires locaux avant 2014 et avait poursuivi cette initiative depuis lors. Ces groupes exercent un contrôle et une surveillance sur les communautés, à des fins tant politiques que sécuritaires[39]. Un décret de mai 2016 autorise ces groupes à exercer une surveillance afin de maintenir l’ordre public et de garantir la sécurité et la souveraineté du pays, en collaboration avec les forces armées et les forces de police de l’État. Ces groupes comprennent les Unités de combat Bolívar et Chávez (UBCh), les Réseaux d’articulation et d’action sociopolitique (RAAS), les Conseils communaux, et les Unités populaires de défense intégrale (UPDI).
En 2015 ont été déployées les "Operations de Libération du Peuple" (OLP), des offensives militaires et policières contre la délinquance. En janvier 2017, Maduro a annoncé un nouveau train de mesures anti-criminalité[40]. Les OLP sont transformées en "Operations pour la Libération Humaine du Peuple" (OLHP)[41]. Ces mesures visent à mobiliser conjointement et simultanément les forces militaires, la police et la population civile. Le plan est censé mobiliser 20.000 policiers et militaires. Il inclue notamment la distribution d’armes aux civils et le renforcement d’un système de renseignement dans les quartiers, baptisé SP3, qui est contrôlé par le gouvernement. Le SP3 compte sur l’aide d’informateurs, que le régime a qualifiés de "patriotes coopératifs", officiellement pour faciliter l’identification des gangs criminels et paramilitaires. Mais ces informateurs observent aussi la population sous l’angle politique.
Voici un exemple de l’esprit qu’est censé animer chaque milicien. Paroles du général de division Carlos Perozo Bolívar, directeur des médias et de la milice[42] :
La milice est un espace d’inclusion et il est important de le souligner : elle est ouverte à toute personne âgée de 18 à 90 ans, voire plus. […] Chacun a une valeur et un potentiel à offrir, peu importe son âge ou s’il souffre d’un handicap; en réalité, aucun d’entre nous n’a de limites, nous avons tous quelque chose à apporter à la patrie. […] Ici, le peuple et la Milice bolivarienne avancent avec l’épée de Bolívar pour le peuple latino-américain.
|
|
|
|
|
|
|
Des miliciennes et des miliciens… |
|
En novembre 2019 Maduro a annoncé que la milice comptait désormais 3.295.335 membres, en fixant comme prochain objectif le chiffre de 4.000.000, qui devrait être atteint en 2020, selon les projections officielles. Il a déclaré que "321.433 fusils sont distribués par les voies sécurisées de la Force armée nationale bolivarienne à nos miliciens et miliciennes", et que l’objectif est de "fournir une arme à chaque milicien; en temps voulu, nous y parviendrons, nous avançons pas à pas" [43]. Le déploiement du plan de sécurité sera désormais renforcé par le Commandement stratégique opérationnel, la Garde nationale bolivarienne et le soutien spécial de la Milice nationale bolivarienne.
D’autre part, lors d’une réunion avec les Conseils productifs des travailleurs (CPT), qui s’est tenue à Caracas, Maduro a demandé au vice-président sectoriel chargé de la souveraineté politique, de la sécurité et de la paix, Vladimir Padrino, de créer des "corps combattants" pour assurer la sécurité intégrale de toutes les entreprises de base et stratégiques du pays[44]. Il a affirmé la nécessité de renforcer les entreprises publiques et privées avec des "corps combattants", en mettant l’accent sur Corpoelec[45], afin d’éviter les "attaques" contre le système électrique national, l’idée étant "une caserne pour chaque usine". Comme premier pas en ce sens, il a ordonné au ministère de la Défense de livrer 13.000 fusils aux "corps combattants" de l’État de Guyane. Les miliciens seront intégrés à l’Université militaire bolivarienne, avec la création de l’"École antiimpérialiste de formation" proposant des ateliers, des cours et des diplômes. Maduro a également ordonné un plan spécial visant à "renforcer" les patrouilles et la surveillance des rues sur tout le territoire national.
Le 29 janvier 2020, l’Assemblée nationale constituante a approuvé une loi constitutionnelle sur les forces armées nationales bolivariennes (Fanb)[46]. Parmi les modifications apportées au texte en vigueur antérieurement, figure l’intégration de la milice en tant que cinquième composante aux côtés de l’armée, de l’aviation, de la marine et de la garde nationale bolivarienne. Il faut noter que l’article 328 de la Constitution en vigueur stipule que les forces armées nationales sont composées seulement de quatre composantes que sont l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air et de la garde nationale. La modification de la loi sur les forces armées se trouve donc en contradiction avec la constitution.
En avril 2024, Maduro a déclaré que la Milice bolivarienne comptait désormais 5 millions de miliciens actifs, mais en aout 2025, il a parlé de 4,5 millions[47]. Certains remettent en question la véracité de ces chiffres.
En janvier 2025 Maduro a activé les "corps combattants", pour la plupart rattachés à 31 institutions publiques, telles que les compagnies nationales PDVSA (pétrole) et Corpoelec (électricité), les ministères de son gouvernement, la vice-présidence exécutive et les associations gouvernementales de pêcheurs, d’agriculteurs, d’autochtones et de communicateurs[48]. D’autres institutions comptent également des "combattants", notamment les mairies remportées par les "bolivariens", les universités, , l’organisme chargé de l’eau dans le centre du pays et l’organisme chargé de la perception des impôts (le SENIAT), ainsi que les missions chargées du logement.
En novembre 2025 Maduro a ordonné la création de "commandos de défense intégrale" qui regrouperont des citoyens, des militaires et des fonctionnaires afin d’"être prêts" en cas de "lutte armée", dans ce qu’il a qualifié de "contexte marqué par la menace que représente le déploiement militaire des USA dans les eaux de la mer des Caraïbes proches de son pays"[49]. À cet égard, il a signé la loi sur le Commandement pour la défense intégrale de la nation[50], et il a déclaré : "Usine par usine, État par État, région par région, les corps combattants établis par la loi constitutionnelle de la Force armée nationale bolivarienne (FANB) doivent connaitre le plan de combat de la classe ouvrière"[51]. Il a également souligné qu’il y a actuellement près d’un million de miliciens et miliciennes des corps combattants de la classe ouvrière du pays qui sont organisés dans leurs lieux de travail et leurs usines : "Je suis sûr que l’intégration des corps combattants au plan national nous placera dans une situation proche de celle d’une patrie imprenable, ce qui est l’objectif".
Le 23 octobre 2025 lors de l’évènement organisé pour la mise en place d’une "Commission promotrice de l’Assemblée constituante ouvrière", Maduro était intervenu sur des sujets hors de l’ordre du jour[52]. D’abord il s’est félicité lui-même dans les termes suivants : "Je ne suis pas un magnat, je suis le peuple qui s’est pris en main, le président du peuple, le président ouvrier. […] Je suis le premier président ouvrier de cette grande histoire de l’Amérique latine et des Caraïbes. De la patrie de Bolívar, de Zamora, de Chávez, d’Antonio José de Sucre." Puis en référence aux menaces qui se profilaient de la part des USA, il a asséné des mises en garde catégoriques :
Inutile d’élever la voix pour le dire. Si jamais ils osaient faire quoi que ce soit ici ou là-bas, voici le plus grand bouclier dont dispose le pays. La classe ouvrière ne bougerait pas d’un pouce et une grève générale, insurrectionnelle et révolutionnaire de la classe ouvrière et paysanne serait déclarée dans les rues jusqu’à ce que le pouvoir soit repris pour mener une révolution encore plus radicale. S’ils osaient, mes frères et sœurs, considérez ceci comme un ordre. L’ordre est donné.
Il a indiqué que les forces étrangères qui oseraient mener une quelconque action au Venezuela verraient défiler des millions d’hommes et de femmes armés de fusils au sein des corps de combat de la classe ouvrière, des paysans, des pêcheurs et des quartiers de tout le pays. "Je ne dis pas cela pour le dire, je le dis parce que nous l’avons répété et que nous nous y sommes préparés."
Le régime vénézuélien sous la contrainte de l’intervention impérialiste US
L’opération de force effectuée par les USA pour imposer les désidératas de l’impérialisme US a amené le régime vénézuélien à solder au mieux les litiges de politique intérieur, afin de pouvoir se concentrer sur ses "relations excellentes" avec Donald Trump. Une procédure d’amnistie a été définie, dont les dispositions visent à rendre caducs ‑ autant que possible ‑ les hostilités avec les forces d’opposition en rapport avec les institutions électives.
Pour plus de détails voir Documents. ►
L’article 6 de la "Loi d’amnistie pour la cohabitation démocratique 2026" énumère 10 intervalles de temps pendant lesquelles sont survenu des actes de violence particulièrement graves liés à des motivations politiques[53]. En outre sont spécifiés quatre cas exclus de l’application de l’amnistie.
Les cas pouvant impliquer le bénéfice de l’amnistie sont désignés selon des circonstances et des évènements particulières circonscrits. Pourtant, pendant que l’application de l’amnistie est en cours, de nombreux personnes indument arrêtées doivent trouver d’autres voies pour obtenir leur libération. Le régime s’abrite derrière de procédés fondamentalement arbitraires. Ceux qui agissent en faveur des victimes, se heurtent la plupart du temps à l’absence de transparence que les autorités maintiennent à l’égard des arrestations. Les familles de prisonniers et les militants impliqués constatent fréquemment ce qu’ils appellent des "disparitions forcées" : une personne a été "recueillie" de force par des personnes censées appartenir aux instances policières ‑ depuis, il s’avère impossible d’obtenir des renseignements sur les raisons de cette arrestation et les lieux de détention. Les autorités, littéralement, "jouent au con". Le procureur Tarek William Saab, en février 2025, débite des arguties[54] : "La disparition forcée est l’enlèvement, la non-présentation devant un organe policier ou judiciaire de la personne et son assassinat ultérieur. Il n’existe pas de disparition forcée "express". Ne vous mettez pas à inventer des choses."
Quelques exemples de ce qu’est la "justice" répressive exercée par le régime qui gouverne au Venezuela
Pour plus de détails, voir Documents ►
* Marggie Xiomara Orozco Tapias[55]
En aout 2024, des policiers sont arrivés au domicile de Marggie Xiomara Orozco Tapias et l’ont amenée pour un interrogatoire, en novembre elle a été condamnée à la peine maximale de 30 ans de prison pour trahison, incitation à la haine et complot. Lors de la campagne pour les élections présidentielles du 28 juillet 2024, elle avait envoyé un message audio via WhatsApp à un groupe de voisins dans lequel elle appelait à voter contre Maduro et le tenait pour responsable de la crise économique que traverse le pays. Des partisans du gouvernement avaient pris connaissance du message et l’ont dénoncée au parquet après l’avoir menacée de lui retirer ses avantages sociaux, tels que les colis alimentaires ou les bonbonnes de gaz subventionnées pour cuisiner. Bien que le jugement n’ait pas été publié, le parquet vénézuélien a confirmé qu’il avait été rendu. En mars 2025, la juge a refusé d’appliquer une mesure de liberté conditionnelle, estimant qu’il "existait un risque de fuite" et que l’inculpée "pourrait influencer les témoins afin qu’ils fassent de fausses déclarations au tribunal, compromettant ainsi la vérité des faits et la réalisation de la justice". Orozco a finalement été libérée en décembre 2025.
Selon le récits d’avocats présents lorsque la présidente du tribunal Luz Dary Moreno Acosta a lu son verdict, celle-ci a explique à l’égard du message incriminé : "Ces appels mettent en péril la paix au Venezuela et sont la raison pour laquelle le gouvernement des USA veut nous envahir. […] Tout comme vous souffrez, les personnes qui sont au gouvernement souffrent aussi."
Commentaire d’un pénaliste : "La conspiration implique de tenter de modifier la forme républicaine, mais quelle action concrète la docteure a‑t‑elle menée pour mettre fin à la démocratie et aux institutions ? Et le délit de trahison fait référence à l’alliance avec des nations ou des ennemis étrangers, mais ici, rien n’indique qu’elle se soit alliée à qui que ce soit."
* Martha Lía Grajales
Martha Lía Grajales a été arrêtée le 8 aout 2025 dans l’est de Caracas, après avoir participé à une manifestation devant le siège des Nations unies (ONU) contre les agressions subies par des mères et des proches de prisonniers politiques devant les portes de la Cour suprême de justice, trois jours auparavant. Ses proches et ses avocats ont dénoncé une disparition forcée après qu’elle ait été contrainte par des individus à monter dans un véhicule sans plaque d’immatriculation. Le ministère public s’est prononcé le 11 aout pour informer qu’elle était accusée des délits d’"incitation à la haine, de conspiration avec un gouvernement étranger et d’association". Son mari, Antonio González, a déclaré qu’un avocat commis d’office lui avait été imposé et qu’il avait été informé qu’elle était détenue dans un siège de la Police nationale bolivarienne (PNB). Dans la nuit du 12 aout, sa libération sous caution a été annoncée. González a averti que, bien qu’elle ait quitté le centre de détention, elle continuait d’être victime d’une procédure judiciaire arbitraire.
C’est ce genre de militants que doit viser Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale, quand il s’exprime au cours d’un débat sur "les menaces extrémistes et terroristes qui pèsent sur la paix et la stabilité du pays"[56] :
"Ici, les tièdes ne nous sont d’aucune utilité, ils sont au service du fascisme, de cette maladie, ce n’est pas une option politique. Il faut le traiter comme une maladie sociale qui doit être extirpée de tout corps social, de toute république." Rodríguez a indiqué qu’il était étonné et stupéfait que les représentants de la pseudo-gauche publient des messages sur les réseaux sociaux, dans les mêmes termes que "l’auteure principale des plans terroristes, María Corina Machado, en solidarité avec les criminels capturés". "Si vous êtes de gauche, vous devez rejeter le fascisme et les meurtriers." "Ne me racontez pas d’histoires, celui qui s’allie, même de manière circonstancielle, à un fasciste ne peut pas être de gauche."
* Les forces de "l’ordre bolivarien" n’hésitent pas à s’attacher à leur besogne jusqu’à l’absurde. Voici un extrait d’un article du New York Times, du 24 janvier 2026 [57].
Les jeunes étaient là pour une bataille d’eau.
C’était une tradition annuelle pour lancer les célébrations du carnaval à Barcelona, une ville côtière ouvrière de l’est du Venezuela. Mais deux jours seulement après l’arrestation du président du pays, Nicolás Maduro, tous ces cris et ces rires ont été mal accueillis par les autorités. Des agents de la police locale et des soldats de la Garde nationale sont arrivés en grand nombre et, selon deux des garçons et les proches de quatre autres, ont ouvert le feu. Les garçons et les jeunes hommes, âgés de 13 à 25 ans, se sont dispersés, mais la police en a arrêté 25. Deux jours plus tard, les procureurs de l’État ont engagé des poursuites.
Leur crime ? Trahison.
"Je vais vous baiser", se souvient l’un des jeunes, âgé de 17 ans, qu’un policier lui a dit après son arrestation, en utilisant un juron. "Vous êtes pour Donald Trump."
*
Une journaliste et un photographe du New York Times se sont rendus la semaine dernière dans le quartier où vivent la plupart des détenus et ont interviewé deux des jeunes et sept membres de leur famille, ainsi que d’autres Vénézuéliens à travers le pays. La plupart ont souhaité garder l’anonymat par crainte de représailles de la part du gouvernement. […] Les problèmes pour les jeunes du quartier ont commencé le 5 janvier. Les jeunes remplissaient des ballons d’eau au bord de la rivière Neverí, puis, selon les vidéos, se poursuivaient les uns les autres dans un terrain vague, lançant les ballons et riant. Lorsque les autorités sont arrivées, les jeunes pensaient que les arrestations seraient temporaires, juste pour leur donner une leçon afin qu’ils ne provoquent plus de troubles dans les rues. Mais lorsque la police a commencé à mentionner Trump et Maduro, puis a transféré le groupe dans une prison plus grande, il est devenu évident que la situation était plus grave.
"Et alors nous nous sommes tous mis à pleurer, demandant pourquoi, car ils n’étaient pas des délinquants, mais seulement des enfants qui jouaient au carnaval", a déclaré la mère de deux détenus, décrivant la scène des parents angoissés devant la prison. Les policiers "ont répondu que non, car le pays était en difficulté. Et s’ils savaient dans quel état était le pays, pourquoi ont-ils laissé leurs enfants dans la rue?".
Quinze mineurs du groupe ont été poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, dont "trahison", selon un document judiciaire consulté par le Times. Les familles des 10 détenus âgés de plus de 18 ans ont déclaré qu’ils avaient également été accusés de trahison. Les familles ont commencé à diffuser des vidéos sur les adolescents sur les réseaux sociaux, dénonçant leur détention. Les vidéos ont eu un grand retentissement dans la communauté locale et, une semaine après leur incarcération, les autorités ont libéré les 15 mineurs à condition qu’ils restent au Venezuela et se présentent au tribunal une fois par mois.
Cependant, les 10 détenus adultes sont toujours en prison.
Les média bourgeois déforment la réalité –
certains propagandistes militants de même…
S’accrocher à une perception illusoire, quelle qu’elle soit, ne permet nullement d’échapper à la réalité effective. Pour la population vénézuélienne, les espoirs imaginaires ont conduit à la catastrophe. Quant au régime, il a acté la réalité, et a choisi la soumission pure et simple à l’impérialisme US, quitte à avoir recours à des trésors langagiers pour créer un écran de fumée derrière lequel cacher son comportement minable. Il a été aux abois, Donald Trump et l’impérialisme US l’ont sauvé…
Voilà notre vision des évènements. À partir de là, nous mentionnons quelques exemples de rhétorique manipulatrice du côté d’organisations et individus se présentant comme communistes, voire marxistes.
* URC (Union pour la Reconstruction Communiste, issue de la fusion entre l’Association Nationale des Communistes – ANC et le Rassemblement Communiste – RC)
En octobre 2025, à propos de l’attitude menaçante du gouvernement US[58] :
Plusieurs scénarios d’intervention étaient déjà à l’étude : des frappes de missiles jusqu’à l’activation de cellules terroristes interne, tous visant à déstabiliser le pays. Mais qu’ils le sachent : ces tentatives échoueront. Le peuple vénézuélien est debout et prêt à se défendre. L’invasion serait un suicide pour des forces dopées à l’arrogance hollywoodienne.
En janvier 2026, concernant le fait que le régime de Maduro est couramment critiqué à divers degrés[59] :
Pour l’URC il est hors de question de se laisser détourner de la seule question que pose l’acte de piraterie des USA : un pays quel qu’il soit a-t-il le droit de capturer un chef d’état d’un autre pays qui ne l’a même pas attaqué ou menacé et qui plus est réclamer une part de ses richesses au nom de ses seuls intérêts ? Non, bien évidemment que non !! Tout autre considération sur la nature du gouvernement ou la légitimité de son élection, nie la souveraineté des peuples, ouvre la voie à la mise en place d’une loi internationale du plus fort et que dire alors des pays où règnent des rois forcément non élus ?
L’argumentation mélange hypocritement les deux aspects distincts auxquels elle fait allusion, et insinue que ceux qui contestent la légitimité du régime approuvent l’attaque US.
Début février, un article intitulé "Face à l’Empire, la présidente Delcy Rodriguez coude à coude avec les travailleurs du Venezuela" met en avant une image[60] :
|
|
Cet article se réfère à l’oeuvre du gouvernement vénézuélien, mais expose une présentation falsifiée de la réalité. Certes l’orientation suivie actuellement par le gouvernement vénézuélien est susceptible de trouver un accueil favorable parmi les travailleurs ‑ mais plutôt de la part de ceux qui manquent de conscience de classe et qui espèrent qu’avec la reprise des "affaires" leurs rémunérations puissent s’améliorer.
Voir plus haut ce que nous écrivons au sujet des arrestations parmi les travailleurs de PDVSA ►
* Histoire et société (Site Internet animé par Danielle Bleitrach)
Début janvier on trouve l’avis suivant[61] :
Maduro et le gouvernement bolivarien appliquent exactement la stratégie qui convient et qui a déjà été celle de Chavez quand on l’a enlevé en 2004.
Cette interprétation des évènements est obscure.
En 2002, un conflit a surgi au sein de la société pétrolière publique PDVSA entre des cadres et le gouvernement. Les forces hostiles à Chávez regroupées autour de la Coordination démocratique (CD), du syndicat CTV et de la fédération patronale Fedecamaras réussissent a organiser une grève générale dans l’objectif d’obtenir le départ du président. Le 12 avril, effectuant un coup d’État, une junte civilo-militaire dirigée par le président de Fedecamaras, Pedro Carmona, prend le pouvoir. Chávez est cependant rétabli dans ses fonctions 48 heures plus tard, grâce à la mobilisation de ses partisans, et de la fidélité de la majorité des forces armées au régime constitutionnel. Les forces d’opposition poursuivent leurs mobilisations. En juin 2004 ils réussissent à rassembler le nombre de signatures nécessaires pour obtenir la convocation d’un référendum demandant la révocation du mandat présidentiel. Le référendum se déroule le 16 aout, le "non" à la révocation l’emporte.
Si "tactique" il y avait de la part de Chávez, c’était de ne pas tenter de saboter le référendum. Dans les circonstances de l’après-3-janvier, c’est le gouvernement US qui a choisi la "tactique" de tolérer ‑ dans un premier temps ‑ la continuité du gouvernement vénézuélien. Delcy Rodriguez n’avait pas de marge de manoeuvre pour suivre une "tactique". Elle s’est pliée à ce qui lui était imposé par la force (la seule alternative aurait été qu’elle démissionne en suivant la devise "après moi le déluge").
Dès lors Delcy Rodriguez tente de maintenir de façon tout à fait artificielle une fausse apparence de dignité.
Sur Instagram, elle publie "Un message du Venezuela au monde entier, et aux États-Unis"[62]. Elle formule des platitudes conformes au standard de politesse en usage normalement dans les relations internationales :
Nous accordons la priorité à l’établissement de relations internationales équilibrées et respectueuses entre les États-Unis et le Venezuela […], fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence.
Et elle poursuit :
Nous croyons que la paix mondiale passe d’abord par la garantie de la paix au sein de chaque nation. Nous accordons la priorité à l’établissement de relations internationales équilibrées et respectueuses entre les États-Unis et le Venezuela, ainsi qu’entre le Venezuela et les autres pays de la région, sur la base de l’égalité souveraine et de la non-ingérence. […] Nous invitons le gouvernement américain à collaborer avec nous à un programme de coopération axée sur le développement partagé dans le cadre du droit international afin de renforcer une coexistence communautaire durable. […] Je rêve d’un Venezuela où tous les bons Vénézuéliens peuvent se réunir. […]
Parler de "coopération axée sur le développement partagé", c’est franchement de l’hypocrisie ridicule. Le Venezuela se vante de contribuer au développement des USA, de l’impérialisme US ?! En outre il faudrait que Delcy Rodriguez explique clairement ce qu’elle entend par "les bons Vénézuéliens".
En face, Trump, dans son premier exposé sur "l’état de l’Union" depuis son réélection, se fait un malin plaisir d’appliquer le même langage "amical"[63] : Washington travaille "très étroitement" avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez afin de débloquer "des avantages économiques extraordinaires pour les deux pays" […] "nous venons de recevoir, de notre nouvel ami et partenaire le Venezuela, plus de 80 millions de barils de pétrole".
Et Delcy Rodriguez répond, impassible, de la même manière[64] :
Président Trump, en tant qu’ami, en tant que partenaire, nous ouvrons un nouveau programme de coopération avec les États-Unis.
* Thierry Deronne
Deronne tient un site Internet personnel, "Venezuelainfos". Un certain nombre d’organisations et sites Internet reprennent des articles publiés sur ce site. C’est le cas pour l’URC et "Histoire et société" (cités ci-dessus), et aussi le PRCF.
Deronne relaie l’imposture du faux "PCV" complice du régime[65] :
Depuis quelques années, des militant(e)s du monde entier reçoivent régulièrement des communiqués signés "parti communiste vénézuélien" dénonçant "le régime néolibéral de Maduro qui persécute les communistes, réprime les travailleurs, écrase les salaires, sème la terreur dans les milieux populaires comme le fait le fascisme". Par solidarité automatique, souvent de bonne foi, ils relaient ces messages sans se douter de la vraie nature de leur auteur, ni de la désinformation à laquelle ils participent. Car non seulement le vrai parti communiste vénézuélien soutient activement la révolution bolivarienne et rassemble la grande majorité des militant(e)s, mais il vient de réaliser un score historique aux législatives de mai 2025.
Il est convaincu qu’il suffit d’égrainer une liste d’organisations qui semblent soutenir le régime vénézuélien, pour "prouver" son caractère "révolutionnaire"[66] :
Bien avant la victoire électorale obtenue par la nouvelle direction du PCV[…] des partis communistes du monde entier ont maintenu leur solidarité avec le gouvernement révolutionnaire de Nicolas Maduro. C’est le cas des Partis Communistes Cubain, Chinois, Vietnamien, Népalais, Sud-Africain, Colombien, Péruvien, Argentin, Brésilien (PCdoB), Sud-Coréen (PDP), Philippin, Espagnol, Portugais, du Party for Socialism and Liberation (États-Unis) et de près de 80 organisations communistes regroupées au sein de la Plate-Forme Mondiale Anti-impérialiste. Sans oublier des mouvements sociaux ou des centres de recherche d’inspiration marxiste, tels que le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, le Tricontinental Institute dirigé par l’historien indien Vijay Prashad, l’International People’s Assembly, le People’s Forum (États-Unis), etc…
* Plateforme mondiale antiimpérialiste
Nous mentionnons cette organisation parce que en ce qui concerne le Venezuela, elle est en contact avec le faux "PCV" associé au régime "bolivarien".
La Plateforme mondiale antiimpérialiste (WAP selon les initiales en anglais) est une organisation constituée en 2022 à Paris, après une série d’activités à Belgrade, Athènes, et à Caracas (accueillie par le PSUV). Un "mélange" de forces politiques participe aux activités de la WAP, dont le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), et d’autres. Dans toutes ses déclarations, elle réserve le concept d’impérialisme "proprement dit" à la puissance qui reste encore la plus forte du système impérialiste international, les USA. Au contraire, la WAP considère que "la Russie et la Chine ne sont pas des puissances impérialistes agressives" et les présente pratiquement comme alliés dans la lutte "antiimpérialiste".
[1]. https://albaciudad.org/2025/12/maduro-gobierno-comunal-transicion-socialismo-7-lineas/
[2]. Chávez, Présentation du "Memoria y cuenta" (document institutionnel qui rend compte de la gestion publique), Palais fédéral législatif, Caracas, 13 janvier 2007.
Regarde ce que disait Simón Rodríguez : il parlait en 1847 de la "toparquía". Dans un document adressé à Anselmo Pineda le 2 février 1847, Simón Rodríguez écrit : "Le véritable intérêt de la création est d’amener les habitants à s’intéresser à la prospérité de leur terre, ‑ leur terre. C’est ainsi que l’on détruit les privilèges provinciaux (Bolívar parlait de la caste qui existait dans les villages, et il disait que les docteurs, les militaires et les prêtres formaient cette caste, partout; alors Simón Rodríguez disait 🙂 afin que les privilèges provinciaux soient ainsi détruits, puissent toutes les paroisses devenir des toparquías", vous savez, Topos de lieu, et en tout cas, le mot, si "arquía" désigne l’autorité ou le gouvernement, comme la monarchie, l’oligarchie, dans ce cas, c’est la toparquía, c’est le gouvernement du lieu, donc, des habitants du lieu; c’est le gouvernement populaire, c’est le gouvernement communal.
Le sage Simón Rodríguez a continué à réfléchir à bien des choses et à écrire jusqu’à sa mort; il est mort en écrivant, en réfléchissant et en fabriquant des bougies, c’est ainsi que Simón Rodríguez est mort. Il dit ici : "Si seulement chaque paroisse pouvait devenir une toparquía", je vous jure que je n’avais pas lu cela avant hier soir, avant cette aube, car il y a trois jours, j’ai parlé de la Confédération des Conseils communaux, et regardez ce que dit ici Simón Rodríguez : "Si seulement chaque paroisse pouvait devenir une toparquía, alors il y aurait une confédération de toparquías. Le gouvernement le plus parfait que la meilleure politique puisse imaginer (ce serait celui-là) est le moyen de mettre fin au despotisme. C’est cela, et c’est cela, mille et mille fois, si l’on éduque (si l’on éduque, cela a aussi à voir avec un autre des moteurs constitutifs, l’éducation populaire partout, cela a à voir avec plusieurs moteurs, l’explosion du pouvoir communal, l’éducation populaire partout) si l’on instruit pour qu’il y ait des gens qui sachent et si l’on éduque pour qu’il y ait des gens qui agissent, les maisons, les lieux, les provinces et les royaumes rivaux sont le signe d’une mauvaise éducation…", il parle de coopération, non! Des maisons, des lieux, de la toparquía, de la confédération.
C’est le pouvoir populaire, ce sont les Conseils communaux.
Source :
http://todochavez.gob.ve/todochavez/2695-presentacion-de-memoria-y-cuenta-ante-la-asamblea-nacional-por-parte-del-comandante-presidente-hugo-chavez
[3]. https://tatuytv.org/masacre-laboral-grupo-polar/
https://www.aporrea.org/trabajadores/n374323.html
[4]. https://www.nytimes.com/es/2020/02/25/espanol/america-latina/venezuela-polar.html
Des extraits de l’article traduits en français : ► .
[5]. https://prensapcv.wordpress.com/2016/12/01/tendencia-perjudicial-para-los-trabajadores/
https://prensapcv.wordpress.com/2018/02/12/desalarizacion-del-ingreso/
https://prensapcv.wordpress.com/2018/03/01/salario-bono-relacion-perjudicial/
[6]. En novembre 1998 se tiennent des élections législatives et régionales. Les forces politiques qui soutiennent Chávez se présentent en tant que coalition désignée comme "Polo Patriótico". Cette coalition inclut: Movimiento V [Quinta] República (MVR, fondé par Chávez en 1997), Partido comunista de Venezuela (PCV), Movimiento al Socialismo (MAS), Movimiento Electoral del Pueblo (MEP), Patria Para Todos (PPT), et d’autres partis de moindre envergure. La coalition gagne les élections alors que les deux partis traditionnels, Acción Democrática (AD, les membres étant couramment désignés comme "adecos") et Comité de Organización Política Electoral Independiente (COPEI), ont subi un échec.
En décembre 1998, Hugo Chávez, remporte l’élection présidentielle.
Durant le mandat de Chávez, celui-ci est soutenu par le Polo Patriótico. Par la suite cette formation est élargie par la constitution en 2013 du "Grand Pôle patriotique Simón Bolívar", qui est composé de 32 organisations cherchant à répondre au deuxième objectif du "Plan de la Patria, Simón Bolívar", à savoir la construction du "socialisme bolivarien". Parmi les partis qui composent le Grand Pôle patriotique: PSUV, Tupamaro, PPT, Futuro, Somos Venezuela, MEP, Podemos, PCV, Alianza para el Cambio, UPV, Enamórate Venezuela, ORA y Partido Verde.
Pour le PSUV, voir Documents. ►
[8]. https://prensapcv.wordpress.com/2024/03/22/la-legitima-militancia-comunista-no-apoya-la-candidatura-presidencial-de-nicolas-maduro/
Voir Documents. ►
[10]. https://www.asambleanacional.gob.ve/storage/documentos/leyes/ley-organi-20220131131037.pdf
https://www.cazadoresdefakenews.info/es-falso-que-los-resultados-de-las-elecciones-del-28-de-julio-se-hayan-publicado-conforme-a-la-ley-como-afirmo-jorge-rodriguez/
[11]. María Corina Machado a cofondé le mouvement civique Súmate en 2002, puis le parti politique Vente Venezuela en 2012. Elle a siégé comme députée à l’Assemblée nationale du Venezuela de 2011 à 2014. En 2023, en vue des élections présidentielles de l’année suivante, elle a remporté la consultation primaire de l’opposition, la désignant candidate principale pour l’élection à venir. Cependant, le régime de Maduro l’a interdite d’exercer toute fonction publique. Malgré son inéligibilité, elle a continué de mener des campagnes, se rangeant finalement derrière le candidat Edmundo González Urrutia.
[12]. Juan Guaidó est membre fondateur, en 2009, du parti Voluntad popular. Le dirigeant de VP, Leopoldo Lopez, a été placé en résidence surveillée en aout 2017. Lopez s’était réfugié au sein de l’ambassade d’Espagne à Caracas, puis en octobre 2020, il a réussi à sortir du pays et s’est rendu en Espagne (son père, Leopoldo Lopez Gil, est député européen du Parti populaire espagnol, PPE).
Guaidó est élu membre suppléant de l’Assemblé nationale en 2011. Aux élections de 2015 les partis d’opposition remportent la majorité qualifiée et Guaidó, élu député, a été désigné comme président de l’Assemblée. Les partis composant la majorité signent un accord en vertu duquel chacun des composants de la coalition assumerait à tour de rôle la présidence du Parlement. La présidence de l’Assemblée nationale échoit en 2019 à Volonté populaire. Dès son élection au poste de président du Parlement, Guaidó qualifie d’"usurpateur" Maduro, élu en mai 2018 pour un second mandat présidentiel de six ans, non reconnu par l’opposition et une partie de la communauté internationale dont les USA, le Canada et plusieurs pays latino-américains. Le 23 janvier 2019 Guaidó s’autodéclare président par intérim du pays.
Immédiatement Guaidó a été reconnu dans cette fonction par les USA, puis par le Canada, et les autres 13 pays membres du Groupe de Lima, à l’exception du Mexique. L’Australie, le Danemark et la Suède ont également pris cette décision. Par ailleurs, six pays de l’Union européenne (UE), à savoir l’Espagne, le Portugal, la France, la Belgique, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, ont annoncé qu’ils reconnaîtraient Juan Guaidó comme président par intérim si Nicolas Maduro ne convoquait pas des élections sous huit jours.
Lors d’une séance présidée par Guaidó, l’Assemblé générale a nommé des "représentants diplomatiques" dans plusieurs pays de la région ayant reconnu Guaidó en tant que président par intérim. Il s’agit de l’Argentine, le Canada, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur, les USA, le Honduras, le Panama et le Pérou. De son côté, l’administration américaine a formellement confié à Guaidó le contrôle des comptes bancaires de son pays aux Etats-Unis.
Le 28 mars 2019, le régime de Maduro ressoude le problème à sa manière. Le Contrôleur général de la République Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l’administration au Venezuela, décide "d’interdire l’exercice de toute fonction élective au citoyen (Guaidó) pour la durée maximum prévue par la loi". Cette durée est de 15 ans.
Voir notre article "Au Venezuela, concurrence acharnée entre faux défenseurs de la démocratie" : ►
[14]. https://albaciudad.org/wp-content/uploads/2017/11/GO-41.274-_081117.pdf
https://albaciudad.org/2017/11/este-es-el-contenido-de-la-ley-contra-el-odio-por-la-convivencia-pacifica-y-la-tolerancia/
[15]. https://albaciudad.org/2024/08/jorge-rodriguez-asamblea-nacional-aprobara-leyes-contra-el-fascismo-el-odio-y-discutira-ley-sobre-redes-sociales/
[16]. Corina Machado voulait se présenter elle-même comme candidate aux élections présidentielles, mais elle a été déclarée inéligible, ainsi elle s’était muée en porte-parole de la candidature de Gonzalez Urrutia. Le 29 juillet 2024, le Conseil national électoral (CNE), avec 80 % des procès-verbaux dépouillés, avait déclaré Nicolás Maduro vainqueur. Par la suite, Machado de son côté a affirmé que selon les procès-verbaux dont elle avait connaissance (une copie des procès-verbaux est accessible à l’autorité électorale ainsi qu’aux témoins ou aux représentants de chaque parti politique, les citoyens peuvent également les vérifier) Urruita était vainqueur. La collecte des procès-verbaux a été effectuée par des groupes connus sous le nom de "comanditos", des structures de contrôle électoral coordonnées par la Grande Alliance nationale (GANA), une plateforme citoyenne liée à la coalition d’opposition lancée en janvier 2024.
[17]. https://albaciudad.org/2024/08/jorge-rodriguez-asamblea-nacional-aprobara-leyes-contra-el-fascismo-el-odio-y-discutira-ley-sobre-redes-sociales/
[18]. https://www.elimpulso.com/2019/10/07/jose-elias-torres-la-ctv-exige-que-cese-en-el-pais-la-destruccion-del-trabajo-y-del-salario-7oct/
https://www.infobae.com/venezuela/2026/01/22/denuncian-que-se-desconoce-el-paradero-del-lider-sindical-venezolano-jose-elias-torres-tras-50-dias-detenido/
https://correodelcaroni.com/pais-politico/reclaman-informacion-sobre-dirigentes-sindicales-detenidos-hace-casi-un-mes/
(28 décembre 2025.)
https://www.elimpulso.com/2026/02/03/denuncian-que-el-dirigente-encargado-de-la-ctv-sera-imputado-arbitrariamente-3feb/
https://lapatilla.com/2026/02/14/excarcelaron-en-zona-7-a-jose-elias-torres-secretario-general-de-la-ctv-video/
[19]. https://efectococuyo.com/la-humanidad/detienen-a-dirigente-sindical-en-bolivar-y-al-esposo-de-presidenta-del-colegio-de-enfermeria-de-esta-region/
[20]. https://www.reuters.com/world/americas/dozens-forced-quit-venezuelas-pdvsa-over-political-views-workers-say-2024-08-21/
[21]. https://www.eltiempo.com/mundo/venezuela/de-petroleros-a-conspiradores-120-trabajadores-de-pdvsa-continuan-tras-las-rejas-en-venezuela-enfrentando-abusos-y-tratos-degradantes-3527606
[22]. https://laboursolidarity.org/n/2711/nota-del-comite-nacional-de-conflicto-de-los-trabajadores-en-lucha
[23]. Publié le 11 octobre 2018 par le ministère du Travail, le mémorandum n° 2792 a supprimé les conventions collectives de la fonction publique signées avant cette date, a fixé le salaire minimum comme point de départ des échelles salariales et a établi une grille salariale unique pour l’ensemble du secteur. Depuis lors, le gouvernement a signé des conventions collectives avec certains secteurs de la fonction publique, tels que la santé, l’éducation et le secteur pétrolier, mais dans le dos des travailleurs et à huis clos avec les syndicats proches du pouvoir.
[24]. La directive a imposé une réduction des primes des fonctionnaires, ce qui constitue une violation de l’article 89 de la Constitution, qui stipule qu’aucune loi ne peut porter atteinte au caractère intangible et à la progressivité des droits et avantages sociaux. De plus, la légalité de cet acte est douteuse. L’Onapre n’est en aucun cas habilitée à statuer sur des questions telles que la rémunération du personnel de la fonction publique; cette compétence relève des services du personnel et des ressources humaines des différents organismes, prévient l’ONG Acceso a la Justicia.
[25]. https://provea.org/actualidad/comite-nacional-de-conflicto-de-los-trabajadores-maduro-profundiza-su-politica-de-destruccion-del-salario/
[26]. https://contrapunto.com/economia/trabajadores/sindicatos-y-centrales-sindicales-presentaran-quejas-ante-la-oit-y-ya-preparan-agenda-de-movilizaciones-para-2026/
[28]. https://www.swissinfo.ch/spa/ong-venezolana-denuncia-agresiones-a-madres-de-presos-políticos-a-las-puertas-del-supremo/89793689
[29]. https://alnavio.es/denuncian-que-colectivos-tomaron-fotografias-de-familiares-de-presos-politicos-en-vigilia-en-el-helicoide/
[30]. Helicoïde.
Un complexe architectural de 60.000 mètres carrés, situé dans le centre-sud de Caracas. Il avait été conçu pour être le centre commercial le plus grand et le plus moderne d’Amérique latine, construit sur une colline rocheuse, avec sept niveaux en spirale que l’on pouvait parcourir en voiture. L’idée était que, grâce à son agencement unique, les visiteurs puissent se garer directement devant leur magasin préféré, parmi les plus de 300 commerces prévus pour le complexe. Bien que sa construction ait débuté en 1956, les travaux ont dû se prolonger jusqu’en 1961, année où la construction du bâtiment a finalement été interrompue en raison de la faillite de l’entreprise de construction. En 1975, l’Helicoïde est passé aux mains de l’État, qui a repris le projet. Peu après, les services de renseignement vénézuéliens l’ont loué pour utiliser les deux niveaux inférieurs, où se trouvent désormais des cellules des prisonniers.
[31]. https://docs.venezuela.justia.com/federales/leyes-organicas/ley-organica-de-las-fuerzas-armadas-nacionales.pdf
[32]. Gaceta oficial No 38158, 4 avril 2005 (Decreto No 3560).
https://virtual.urbe.edu/gacetas/38158.pdf
[33]. Gaceta oficial No 38617, 1er février 2007.
https://vendata.org/gacetas/2007/02/38617_01-02-2007.pdf
[34]. Ley Orgánica de la Fuerza Armada Nacional Bolivariana
Gaceta oficial No 5891, 31 juillet 2008 (Decreto-Ley 6239)
https://vendata.org/gacetas/2008/07/5891_31-07-2008.pdf
[35]. Gaceta oficial No 39156, 13 avril 2009 (Resolution No 009768, 11 avril 2009)
https://virtual.urbe.edu/gacetas/39156.pdf
[36]. Gaceta oficial No 6009, 17 décembre 2010
https://vendata.org/gacetas/2010/12/6009_17-12-2010.pdf
[37]. Décret ayant rang, valeur et force de loi organique portant réforme de la loi organique sur les forces armées nationales bolivariennes
https://vendata.org/gacetas/2011/03/6020_21-03-2011.pdf
https://www.eluniversal.com.co/mundo/2011/03/22/chavez-reforma-por-decreto-ley-de-las-fuerzas-armadas/
[38]. Loi organique de la Force armée nationale bolivarienne
Gaceta oficial 6156, 19 novembre 2014 (décret n° 1.439)
https://vendata.org/gacetas/2014/11/6156_19-11-2014.pdf
https://pandectasdigital.blogspot.com/2016/07/ley-organica-de-la-fuerza-armada.html
[39]. Consejo de Derechos Humanos (período de sesiones 14 de septiembre a 2 de octubre de 2020), Conclusiones detalladas de la Misión internacional independiente de determinación de los hechos sobre la República Bolivariana de Venezuela, p. 71.
https://www.ohchr.org/sites/default/files/Documents/HRBodies/HRCouncil/FFMV/A_HRC_45_CRP.11_SP.pdf
[40]. https://www.larazon.es/internacional/maduro-arma-a-la-poblacion-para-combatir-la-violencia-BF14339329/
[41]. https://insightcrime.org/es/noticias/noticias-del-dia/gobierno-venezuela-propone-armar-civiles-combatir-crimen/
https://www.elnuevoherald.com/noticias/america-latina/venezuela-es/article127132189.html
[42]. https://elpolitico.com/fusil-al-hombro-las-milicias-armadas-bolivarianas-se-ubican-en-las-escuelas/
[43]. https://www.presidencia.gob.ve/Site/Web/Principal/paginas/classMostrarEvento3.php?id_evento=14526
[44]. https://www.ciudadvalencia.com.ve/maduro-denuncia-plan-de-sabotaje-a-empresas-estrategicas-del-pais/
https://talcualdigital.com/maduro-practicamente-todos-los-partidos-de-oposicion-iran-a-elecciones-parlamentarias/
[45]. Corporación Eléctrica Nacional, entreprise publique qui assure l’exploitation de la quasi-totalité du réseau électrique. Elle gère aussi bien les grandes centrales hydroélectriques et thermoélectriques que les réseaux de transport et de distribution, et aussi la facturation et le service client.
[46]. https://www.asambleanacional.gob.ve/storage/documentos/leyes/ley-constitucional-de-la-fuerza-armada-nacional-bolivariana-20211019170208.pdf
https://efectococuyo.com/politica/ley-constitucional-es-un-disparo-al-corazon-de-la-fanb-segun-comision-de-defensa-de-la-an/
[47]. https://www.eltiempo.com/mundo/venezuela/la-milicia-el-brazo-armado-de-maduro-ante-las-amenazas-de-estados-unidos-son-millones-los-integrantes-del-cuerpo-combatiente-3482669
https://www.elobservador.com.uy/estados-unidos/america-latina/que-son-las-milicias-venezuela-origen-estructura-y-poder-los-civiles-reclutados-maduro-la-amenaza-imperial-eeuu-n6014012
[48]. https://www.vozdeamerica.com/a/cuerpos-combatientes-milicia-nacional-bolivariana-venezuela-maduro-gonzalez-urrutia-oposicion-juramentacion-presidencial-armas-fusiles-/7931027.html
[49]. https://cnnespanol.cnn.com/2025/11/11/venezuela/maduro-ley-comandos-defensa-tensiones-orix
[50]. https://www.ejercito.mil.ve/descargar_pdf/leyes-y-Reglamentos/LEY-DEL-COMANDO-PARA-LA-DEFENSA-INTEGRAL-DE-LA-NACION
[51]. https://mazo4f.com/presidente-maduro-ordena-afinar-plan-de-combate-a-cuerpo-de-milicianos-de-la-clase-obrera
[52]. https://ultimasnoticias.com.ve/politica/maduro-no-soy-un-magnate-yo-soy-un-presidente-pueblo-y-obrero/
[53]. Gaceta Oficial N° 6.990, 19 février 2026
https://pandectasdigital.blogspot.com/2026/02/ley-de-amnistia-para-la-convivencia.html
[54]. https://www.connectas.org/preso-y-en-desaparicion-forzada/
[55]. https://www.bbc.com/mundo/articles/c17xde0lqrqo
[56]. https://www.asambleanacional.gob.ve/noticias/diputado-jorge-rodriguez-el-fascismo-debe-ser-extirpado-de-cualquier-sociedad
https://www.globovision.com/nacional/43054/jorge-rodriguez-aqui-no-nos-sirven-los-tibios-en-referencia-a-los-que-se-solidarizan-con
https://www.instagram.com/reel/DNRRMxuPezZ/
[57]. https://www.nytimes.com/es/2026/01/24/espanol/america-latina/venezuela-ninos-bombas-agua-represion.html
[58]. https://ancommunistes.fr/spip.php?article8776
[59]. https://ancommunistes.fr/spip.php?article9265
[60]. https://urcommuniste.fr/2026/02/01/face-empire-delcy-rodriguez-avec-les-travailleurs-du-venezuela/
Il s’agit la reproduction d’un texte publié sur le site "venezuelainfos":
https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/01/27/face-a-lempire-la-presidente-delcy-rodriguez-coude-a-coude-avec-les-travailleurs-du-venezuela/
[61]. https://histoireetsociete.com/enfin-une-position-politiquement-responsable-venant-du-venezuela-celle-de-thierry-deronne/
Cette interprétation est accompagnée de la reproduction d’un texte publié sur le site "venezuelainfos" intitulé:
"La révolution vénézuélienne est toujours debout: démystifier l’opération psychologique de Trump"
https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/01/06/la-revolution-venezuelienne-est-toujours-debout-demystifier-loperation-psychologique-de-trump/
C’est la traduction d’un texte intitulé:
"La revolución venezolana sigue en pie: desmontando la operación psicológica de Trump"
https://peoplesdispatch.org/2026/01/06/la-revolucion-venezolana-sigue-en-pie-desmontando-la-operacion-psicologica-de-trump/
[62]. https://www.instagram.com/p/DTHIbhkjPSf/
https://www.reuters.com/world/americas/venezuela-acting-president-seeks-us-govt-collaboration-2026-01-05/
[63]. https://guacamayave.com/en/trump-proclaims-venezuela-anew-friend-and-partner-under-delcy-rodriguez-as-enrique-marquez-visits-the-white-house/
[64]. https://en.cibercuba.com/noticias/2026-02-27-u1-e129488-s27061-nid321812-delcy-rodriguez-refiere-publico-trump-socio-amigo-le
[65]. https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/
[66]. https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/06/17/au-venezuela-renaissance-et-victoire-du-parti-communiste/








