Etats-Unis, Royaume Uni et France s’en vont en guerre en Syrie !

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USA, R-U et France s’en vont en guerre en Syrie !

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018 les forces combinées des puissances impérialistes occidentales (Royaume-Uni, France et USA) ont frappé massivement des cibles de l’armée syrienne à Damas et à Homs grâce à des avions de combat, des missiles de croisières et des navires de guerre postés en méditerranée. Cette attaque est présentée comme une réponse à l’attaque chimique supposément menée par les forces syriennes dans la ville de Douma, dans la ghouta orientale (banlieue de Damas) quelques jours auparavant. Sans même attendre que les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ne se mettent au travail, sans apporter de preuves tangibles, les forces autoproclamées du « bien » viennent de donner leur vision de la « justice » ! Elles viennent encore une fois de plus de prouver qu’elles se comportent en « gendarmes » du monde et qu’elles s’autorisent tous les droits. Et ce n’est pas un mandat de l’ONU qui aurait changé quoi que ce soit à la nature de cette opération. Un acte de guerre reste un acte de guerre.

Que l’on ne s’y trompe pas. Les grandes puissances n’ont que faire du sort des populations civiles de Syrie. Pour preuve, elles ont laissé les kurdes se faire massacrer à Afrin par les forces fascistes d’Erdogan et ces milices islamistes dans l’indifférence générale. Au Yémen l’Arabie Saoudite pratique une guerre barbare contre les populations civiles avec le concours de ces mêmes puissances sans que cela ne débouche sur une indignation générale. La raison de ces frappes est à rechercher ailleurs, dans le conflit inter-impérialiste qui déchire la Syrie depuis 2011 et qui voit deux alliances impérialistes rivales s’affronter pour la domination au Moyen-Orient. C’est dans ce cadre que de multiples pays sont venus s’ingérer dans les affaires de la Syrie et sont intervenus militairement comme la Turquie qui occupe une partie du territoire mais aussi Israël, l’Iran, la Russie…etc.

C’est une nouvelle péripétie dans les tentatives de la part des gouvernements français, anglais et américains de renverser Bachar-Al-Assad. Depuis 2011, profitant d’un mouvement de mécontentement contre le régime syrien, ils ont armé, financé et soutenu de vastes formations de mercenaires djihadistes qui ont répandu chaos, désolation et obscurantisme dans la zone. Ces forces ont subi des défaites décisives infligées par les alliés du régime syrien (Hezbollah libanais, Iran, Russie) et par les kurdes du Rojava. Mais les « vieux » impérialistes ne veulent pas reconnaître leur défaite et cherchent par tous les moyens, y compris par des provocations militaires, à renverser le cours de la guerre. France, Royaume-Uni et Etats-Unis cherchent à intimider la Russie et l’Iran, et par la même prennent le risque de déclencher une troisième guerre mondiale !

Il est du rôle des communistes d’alerter les travailleurs sur les dangers de déclenchement d’un conflit majeur. La propagande militariste qui vise à justifier une intervention militaire en Syrie en se servant d’un prétexte « humanitaire » est un stratagème ancien et usé. Rappelons qu’en 2003, les USA avaient justifié leur invasion de l’Irak par la présence d’armes de destruction massive imaginaires ! Que la France en 2011 est intervenue en Lybie sous le prétexte chimérique de massacres à l’arme lourde des opposants de Kadhafi ! Quel a été le résultat de ces interventions pour les populations locales ? Le pillage de leurs ressources naturelles, les bombardements massifs et le développement du fondamentalisme islamiste. La même logique est à l’œuvre en Syrie.

C’est sur ces bases que le ROC-ML condamne cet acte de guerre et les discours belliqueux de nos hommes politiques qui cherchent à préparer l’opinion dans l’éventualité de l’extension d’un conflit pour les intérêts de l’impérialisme français.

Plus que jamais le combat contre les fauteurs de guerre et pour la paix est d’actualité.

Stop à l’escalade militaire en Syrie ! Mobilisons-nous contre la politique guerrière de Macron et manifestons notre opposition dans la rue !

Hors de Syrie les impérialistes !

Soutien aux peuples de Syrie dans leur lutte pour leurs droits nationaux et démocratiques !

Seul le socialisme pourra apporter un monde débarrassé du fléau de la guerre !

ROCML – 16 avril 2017

LE PEUPLE KURDE ET LES PEUPLES OPPRIMES DU MOYEN ORIENT À LA CONQUÊTE DE LEURS DROITS NATIONAUX ET DÉMOCRATIQUES PAR LEURS PROPRES FORCES !

epa04586503 Members of the Syrian Kurdish People's Defence Units (YPG) celebrate their victory in Kobane, Syria, 26 January 2015. According to reports Kurdish fighters claim to have pushed militants from the group calling themselves Islamic State (IS) out of the whole of Kobane following four months of fighting, supported by airstrikes carried out by an international anti-IS coalition, though a number of the town's surrounding villages, close to the Syrian-Turkish border, remain in the hands of IS.  EPA/STR

Au Moyen-Orient deux évènements importants se sont produits récemment qui touchent le peuple Kurde : La libération de Raqqa, ainsi que la proclamation de l’indépendance du Kurdistan Sud après un référendum.

Raqua a été libéré par les Forces Démocratiques Syriennes dont les YPG (c’est-à-dire les Kurdes et Rojava) font partie.

 

LA FORCE DEMOCRATIQUE

ET SOUVERAINE DE ROJAVA

LIBERE RAQQA

 

La libération de Raqqa est une victoire pour tous les peuples de Syrie, car le front constitué par les Forces démocratiques Syriennes est porteur d’un projet de démocratie sociale et politique pour toute la Syrie. Nous la saluons comme une victoire pour la démocratie et la souveraineté des peuples de la région. Mais elle n’a pas été accueillie partout avec enthousiasme. Depuis le début du conflit en Syrie les États-Unis réclament le départ d’Assad et sur la question kurde ils ont une position ambigüe. Ils considèrent le PKK comme une organisation terroriste mais ils ont conclu une alliance militaire avec les YPG qui ont la même ligne politique que le PKK. Pour le dirigeant des YPG Salih Muslim, la relation des YPG « avec les États-Unis est simplement une alliance contre la terreur de l’EI. C’est le peuple de Raqqa qui décide sous quelle forme et comment gouverner la ville. […] on a des relations diplomatiques dans le cadre des négociations de Genève… Je n’en connais pas tous les détails mais je sais que les États-Unis ont des projets qu’ils ne dévoilent pas » – propos rapportés par l’agence de presse turque ETNA (24 octobre 2017).

Aujourd’hui, Rojava est le fer de lance d’une force démocratique qui permet à toutes les ethnies et minorités nationales et leurs forces politiques de s’organiser et de s’exprimer démocratiquement. La victoire de Raqqa est une épine dans le pied des forces réactionnaires qui se sont mises à unifier leurs efforts pour lutter contre le peuple kurde. La Syrie, l’Iran, l’Irak et la Turquie ont infléchi leurs tactiques et même leurs objectifs stratégiques. On a vu se multiplier les rencontres entre les présidents turc et iranien (et les états-majors respectifs), la visite du président iraquien en Turquie. Quant aux liens entre l’Irak et l’Iran, ils ne sont un secret pour personne. On le voit, la question kurde est un enjeu majeur dans cette partie du Moyen-Orient.

Cela montre que la situation des forces démocratiques et kurdes n’est pas sans danger et demain elles peuvent trouver face à elles toutes les forces réactionnaires et impérialistes coalisées. Ce danger se manifeste déjà au Kurdistan Nord (Nord de la Syrie). Les bonnes relations de Barzani (président du gouvernement Kurdistan Sud) avec les pays impérialistes et les forces réactionnaires (notamment la Turquie et L’Iran) n’a pas empêché la reprise de Kirkouk par les forces irakiennes, la défaite des forces peshmerga qui dépendent du Parti Démocratique du Kurdistan (KPD) et de l’Union Patriotique du Kurdistan (YNK). Les États-Unis ne se sont pas sentis concernés et ont laissé faire leur vassal irakien. La Russie dit « comprendre les Kurdes, mais que la solution doit être trouvée avec le gouvernement central en Irak. » Dans le même temps le ministre des affaires étrangères des États-Unis a entrepris une tournée jusqu’au centre de l’Asie pour rétablir ou consolider son influence. Il ne faut pas oublier que la guerre actuelle est le résultat des conflits impérialistes au Moyen-Orient.

Le peuple Kurde est réparti dans quatre pays différents, et représenté politiquement ou militairement par des organisations divisées entre les PYG (Syrie-Rojaïa) qui sont sur la même ligne politique que le PKK en Turquie, le KPD (de Barzani) et le YNK (de Talabani) au Kurdistan Sud iraquien. Malgré tout, la demande des Kurdes pour la liberté et pour leurs droits nationaux est très grande. Mais après le référendum au Kurdistan Sud, les évènements qui ont suivi démontrent que le peuple kurde ne peut conquérir ses droits nationaux en s’appuyant sur des forces réactionnaires et oppressives. Sur la base des relations économiques avec la Turquie et l’Iran s’est constituée une nouvelle couche bourgeoise totalement dépendante de ce commerce. C’est elle qui domine le gouvernement régional du Kurdistan Sud, et est représentée par deux partis, le KPD et le YNK, lesquels sous le prétexte de manque de moyens, après une négociation humiliante pour le peuple kurde, ont abandonné la ville de Kirkouk. Et sous la pression du peuple kurde Barzani a été contraint de démissionner.

 

 

SOUTENIR LES FORCES DEMOCRATIQUES

QUI LUTTENT DANS LA REGION

 

À l’époque de la domination impérialiste, aucune lutte nationale ne peut atteindre ses objectifs en s’appuyant sur l’impérialisme. Dans cette situation, l’indépendance politique, soit n’existe pas, soit est dérisoire et dépendante des enjeux politiques de l’impérialisme. Mais cette réalité ne doit pas être un prétexte pour s’opposer à l’autodétermination des nations et des peuples opprimés.

 

En France, certains groupes et organisations par « anti-impérialisme » dirigé contre les États-Unis prennent parti pour les autres forces réactionnaires d’Iran et de la Syrie soutenues par la Russie impérialiste. Ils ne comprennent pas que le conflit entre les pays impérialistes laisse un espace de lutte pour les forces démocratiques en Syrie. Mais cette guerre n’est pas terminée. Une fois le danger de l’EI écarté, le conflit peut prendre un autre tournant. L’alliance entre la Turquie, l’Iran et la Syrie dirigée contre les Kurdes, la « prudence » des pays impérialistes vis-à-vis de la situation au Kurdistan Sud après le référendum, laisse présager un tel tournant. Si demain des pays impérialistes reconnaissent l’existence du Kurdistan en tant que pays, ils ne le feront que contraints et forcés par une lutte continue du peuple kurde de plus d’un siècle, et poussés par les contradictions inter-impérialistes à adapter leur tactique à une nouvelle situation. Les pays impérialistes, malgré leur puissance, ne peuvent tout maitriser. Quand les pays impérialistes ont abandonné le colonialisme pour passer au néo-colonialisme, on ne pouvait pas pour autant conclure que la lutte contre le colonialisme avait été inutile simplement parce qu’elle a conduit les forces réactionnaires mondiales à s’adapter à la nouvelle situation créée par la lutte des peuples opprimés.

 

Aujourd’hui, que proposent toutes ces forces « anti-impérialistes » qui doutent de la justesse de la lutte du peuple kurde ? Qu’il arrête de lutter pour ses droits nationaux et démocratiques ?

Notre position est fondamentalement identique que ce soit pour la Palestine, la Catalogne ou pour les Kurdes. La situation est certes différente, mais les communistes ne conditionnent pas leur soutien à un peuple opprimé à la façon dont il doit mener sa lutte pour ses droits nationaux et démocratiques. Cependant « le droit d’autodétermination est une des revendications de la démocratie, qui doit naturellement être subordonnée aux intérêts généraux de la démocratie. » (Lénine – Les questions nationales et coloniales, Éditions de Pékin, p. 11), et Lénine de préciser qu’en 1848 ces intérêts consistaient au premier chef à combattre le tsarisme, aujourd’hui c’est la lutte contre les forces réactionnaires et impérialistes au Moyen-Orient. C’est pour cette raison que l’on ne peut soutenir des marionnettes de l’impérialisme comme Barzani et Cie au Kurdistan Sud.

 

Dans toute situation le rôle fondamental des communistes est d’organiser le prolétariat, là où il existe, sur ses objectifs propres qui ne sont pas ceux de la bourgeoisie, petite ou grande, et ce même pendant la lutte de libération nationale. Seule l’indépendance politique et l’autonomie organisationnelle du prolétariat, là où il existe, peut l’amener à peser sur le mouvement dans le sens de ses objectifs immédiats et stratégiques. La lutte des peuples opprimés devient alors une composante de la révolution prolétarienne. Les communistes marxistes-léninistes, en participant activement à la lutte des peuples opprimés, savent par expérience que pour se débarrasser de l’oppression du capitalisme-impérialisme, une révolution prolétarienne est nécessaire comme nous l’a montré la révolution d’Octobre.

 

Pour conclure, nous réaffirmons avec force notre solidarité avec le peuple kurde. Le peuple kurde au Moyen-Orient est porteur de dynamismes progressistes et démocratiques, et notamment les Kurdes de Rojava et du Kurdistan Nord (Nord de la Syrie.

Nous sommes convaincus que le peuple kurde, avec le soutien international des forces révolutionnaires et communistes, peut par ses propres forces faire triompher le modèle démocratique révolutionnaire dont il est porteur dans la région (pour la Syrie : une fédération syrienne de républiques nationales démocratiques).

 

Vive la lutte du peuple kurde  sur la voie de sa liberté !

Vive la lutte pour la démocratie sociale et politique des peuples de Syrie !

Vive les forces YPG-YPJ à la tête de la lutte pour la démocratie et les droits nationaux !

La libération de Raqqa est une victoire pour la démocratie en Syrie.

LEXIQUE DES ORGANISATIONS

 

Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance militaire formée de forces armées kurdes, à savoir les YPG et les PYJ (la branche féminine des YPG), et d’autres forces armées. 40% des FDS sont des forces armées arabes.

Le TEVDEM est l’alliance politique qui administre les régions du Nord, libérées de l’EI. Elle est formée principalement du parti kurde PYD (Parti de l’Union Démocratique), du Parti de Gauche de Rojava, du Baris (parti de la Paix) et d’une fraction du KPD (Parti démocratique du Kurdistan qui s’est scindé en deux et dont une partie a la même position que le KPD de Barzani en Irak) et d’autres forces politiques  plus petites.

 

 

 

Extraits «  La Chartre de Rojava »

 

Consultable en intégralité

http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf

 

(..)  la résistance des YPG/YPJ (Unités de défense du peuple et des femmes) à Kobané est la résultante d’une histoire de trente ans de résistance du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan qui a beaucoup inspiré le mouvement kurde en Syrie. Depuis 1984, le PKK mène une lutte armée contre l’État turc. En parallèle de cette résistance, le PKK a défini un programme politique innovant sous l’impulsion de son leader Abdullah Öcalan, qui depuis son emprisonnement en 1999 travaille à repenser une théorie politique innovante, où il rejette le concept d’État-nation au profit d’une organisation de la société basée sur l’autonomie et la démocratie à toutes ses échelles.

 

La charte du Rojava est très claire en matière d’égalité homme/femme, et la libération des femmes constitue un des axes majeurs du programme social du Rojava. Celle-ci reconnaît les inégalités de genre inhérentes à la société patriarcale existant jusque-là et ayant une influence sur la société. Toutes les institutions adoptent ainsi un système de coprésidence : un homme et une femme. Loin de se limiter à un combat militaire, la lutte des femmes passe aussi par une forte implication dans l’organisation et la vie politique du Rojava. L’Académie des femmes leur permet de recevoir une formation politique et militaire leur donnant les outils qui leur permettent de prendre leur place dans la résistance du Rojava. Ces formations sont dispensées aux femmes de tous âges, dans le but de casser la segmentation de la société en classes d’âge.

 

L’avenir politique du Rojava est incertain. La révolution en cours au Rojava n’en est qu’à ses débuts, et rencontre maintes difficultés. Après avoir commencé à appliquer son programme politique, le Rojava a créé une entité politique plus large, les Forces démocratiques syriennes, afin d’inclure de façon plus large les autres communautés du Nord de la Syrie, et recevoir de l’aide militaire étrangère.

 

Le 17 mars 2016, le conseil constitutif du Rojava a publié une déclaration de fédéralisme, engendrant aussitôt de multiples attaques, dont un nouvel embargo de la part du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak), empêchant la circulation des personnes et de l’aide humanitaire à destination du Rojava. Les attaques constantes des jihadistes de Daesh, l’embargo imposé par la Turquie qui ne supporte pas l’idée d’un contrôle territorial kurde à ses frontières, mais aussi par ses pions locaux, notamment le Kurdistan irakien dirigé par Barzani, sont autant d’obstacles rencontrés par les administrations locales. Difficile aussi de prévoir la posture que les alliés de circonstance, États-Unis et Russie, adopteront face à la volonté d’autodétermination du peuple du Rojava. Pour l’instant, pour ne pas froisser la Turquie, les États-Unis ont rejeté en bloc les demandes politiques de l’administration du Rojava, tout en continuant leur aide militaire. Enfin le régime syrien, qui jusque-là adoptait un silence pragmatique pour éviter d’ouvrir un conflit supplémentaire avec les Kurdes, a fait savoir qu’il n’accepterait pas d’autonomie du Rojava au sein de la Syrie. Au sein de la communauté kurde elle-même, il existe toujours des tensions entre une volonté de création d’un État-nation kurde (ce que ne soutient pas l’administration locale), et un fonctionnement fédéral sur un mode libéral (qui n’est pas non plus le programme de la charte du Rojava). Entre les deux, le processus d’autonomie démocratique tente de percer son chemin. Une chose est sûre, ce processus de démocratisation en cours au Rojava est une initiative nouvelle, appelée à s’insérer dans un processus de paix plus global au Moyen-Orient et peut être à lui servir d’inspiration.

 

Face au coup de force US et sioniste, rassemblons nous à Pau !

Le Collectif Palois pour une Paix Juste et Durable pour les Palestiniens et les Israéliens
Nous dénonçons, avec la plus grande force, la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale unifiée d’Israël en y transférant l’ambassade des Etats-Unis.
Faut-il rappeler qu’Israël n’existe que par la résolution 181 de l’ONU et que celle-ci exigeait que Jérusalem soit protégée par une zone internationale. Ce n’est que par la force armée qu’Israël s’est approprié la partie Ouest en 1948, puis en 1967 Jérusalem-Est.
Trump ainsi, à la suite de Netanyahu piétine l’ONU et le droit international, notamment la résolution 2334 du 23 décembre 2016 qui dénonce la colonisation.
La décision de Trump à la suite du gouvernement israélien enterre donc définitivement toutes les solutions de paix au Proche-Orient.
Dans leurs revendications pour vivre en paix, les Palestiniens veulent que leur pays soit Gaza et la Cisjordanie, toute la Cisjordanie, avec Jérusalem-Est comme capitale.
Les Etats Unis ne sont donc plus qualifiés pour mener un quelconque processus de paix. C’est à la France et à l’Europe qu’il reviendra de le faire.
Nous dénonçons le coup de force américain et nous demandons à la France et à l’Europe de prendre le relai, ce qu’ils auraient pu faire depuis longtemps :
Le mercredi 13 décembre à 18 heures devant la Préfecture de Pau.
Le Collectif Palois. Premiers signataires : MRAP, LDH, UJFP, AFPS, Libertat, Emmaüs Lescar-Pau, Rassemblement Organisé des Communistes M-L, PCF section de Pau-A

UJFP, Le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Il nous mène à la catastrophe.

Le ROCML partage ce communiqué analyse de l’UJFP et appelle tous les militants marxistes-léninistes, progressistes à s’associer aux mobilisations en faveur du peuple palestinien. Les communistes seront toujours du côté des peuples opprimés face aux menées de l’impérialisme. C’est pour cela que nous soutenons la lutte du peuple palestinien face au colonisateur sioniste, que nous soutenons aussi la lutte du peuple kurde pour le droit à son autodétermination. 

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L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.

Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».

La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

Le Bureau national de l’UJFP le 8 décembre 2017

Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article6053

Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah – 21 octobre 2017

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Source ICI

Cher »e »s camarades, cher »e »s ami »e »s,

Vous savoir rassemblé-es en ces moments face à ces abominables murs et autres miradors nous apporte ici, beaucoup de force et nous fait chaud au coeur. L’ambiance, toute l’ambiance change dans ces sinistres lieux quand l’écho de la vie agissante vient percuter la platitude sans nom d’une quotidienne carcérale mortifère … ainsi, si près de nos cellules, la résonance de votre présence suscite beaucoup d’émotion et autant d’enthousiasme…

Certainement camarades, les diverses initiatives solidaires que vous avez su développer tout au long de cette 33e année de captivité, non seulement ont participé efficacement à démasquer l’absurdité de l’acharnement judiciaire et la vengeance d’État, mais surtout elles ont apporté un cinglant démenti à tous ceux et celles qui misaient sur l’essoufflement de votre élan solidaire.
Bien entendu Camarades, vous n’êtes pas sans savoir que c’est aussi grâce à cette mobilisation dans la diversité de l’engagement que les protagonistes révolutionnaires ici dans les geôles de la république ainsi qu’ailleurs, arrivent à tenir debout derrière les abominables murs en dépit des toutes ces années de captivité…

Force est de constater Camarades, que la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, est vouée immanquablement à l’échec dans la mesure où l’on assume la solidarité sur le terrain de la lutte anticapitaliste/anti-impérialiste. On n’y insiste jamais assez camarades, ce n’est qu’en assumant la solidarité sur le terrain de la lutte de classe en cours et dans toutes ses dimensions que l’on apporte le soutien le plus efficace à nos camarades prisonniers.
À l’aube de cette 34e année de captivité, vous êtes toujours là Camarades, sur le terrain de la lutte et vos multiples initiatives réconfortent et fortifient plus que jamais ma résolution et ma détermination. À mes côtés ici des valeureux camarades basques résistent toujours, et depuis tant d’années. L’aménagement des peines ainsi que la « suspension des peines pour raison médicale » sont systématiquement refusés du moment où l’en est militant  basque. Le cas du Camarade Ibon Fernandez est symptomatique à cet égard. Et pourtant on aurait pu s’attendre à autre chose suite à l’initiative toujours en cours de leur principale organisation de lutte.

Ceci dit Camarades, des geôles sionistes à celles du Maroc, des cellules d’isolement en Turquie à celles encore plus sombres en Grèce, aux Philippines et ailleurs en Europe et de par le monde, c’est toujours le même constat : au fur et à mesure que la crise du système s’approfondit et se généralise, l’acharnement judiciaire devient un simple élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. Bien entendu cette panoplie des mesures et des lois ne cesse de s’étoffer toujours plus Camarades en ces temps de crise générale où l’on transforme les mesures de l’État d’urgence en simple loi du droit commun.

Camarades, les conditions de détention dans les geôles sionistes ne cessent de s’empirer de jour en jour en dépit des accords conclus lors de la dernière grève de la faim. Et comme vous le savez Camarades, pour y faire face, la solidarité internationale s’avère une arme indispensable…
Bien entendu les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires peuvent toujours compter sur votre mobilisation. C’est une belle occasion pour dire au criminel Netanyahou et ses consorts que le peuple palestinien n’est pas seul.
Peut-être faut-il toujours rappeler que plus de 300 enfants, des Fleurs et des Lionceaux, croupissent dans les geôles sionistes dans des conditions particulièrement difficiles.
Peut-être faut-il rappeler que le nombre de détenus administratifs ne cessent de se multiplier. Et certainement le Camarade Salah Hamouri ne sera pas le dernier du moment où l’occupant n’a pas à rendre compte devant les instances internationales de la barbarie et de ses mesures arbitraires qui frappent au quotidien tout un peuple.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des Fleurs et Lionceaux palestiniens !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires en lutte !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des révolutionnaires qui résistent dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !
À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Honneur aux martyrs et aux masses populaires en lutte !

La solidarité, toute la solidarité avec la lutte du peuple palestinien et ses résistants incarcérés !
La solidarité, toute la solidarité avec les camarades grévistes de la faim dans les geôles marocaines !
Honneur aux valeureux combattants du PKK !
Le capitalisme n’est plus que barbarie !

Ensemble camarades et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
À vous tous camarades mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

LIBERTE POUR SALAH HAMOURI ARRETE PAR L’ARMEE ISRAELIENNE

Communiqué du ROCML et de la JCML

 

Depuis le 23 aout 2017, Salah Hamouri, militant de la cause palestinienne, citoyen franco-palestinien est détenu de manière arbitraire par l’armée israélienne. Il s’est fait arrêter sans aucun motif alors qu’il vit à Jérusalem-Est.

            Ce militant du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), figure de la lutte des prisonniers politiques palestiniens, avait déjà été arrêté en 2005 par Israël. Il avait alors purgé une peine de 7 ans avant d’être libéré grâce à une mobilisation solidaire, notamment en France.

            Aujourd’hui, Salah Hamouri est de nouveau arrêté de manière arbitraire. Il a été placé en détention « pour enquête », c’est-à-dire qu’il est emprisonné par simple prévention. Cette détention administrative peut durer jusqu’à 6 mois sans procès, sans que Salah puisse avoir accès à son dossier, sans qu’il puisse avoir d’avocats. Plus de 500 prisonniers politiques palestiniens subissent ce traitement arbitraire et injuste. On voit bien à quoi peuvent mener les états d’exceptions à l’heure où de nombreux États dont la France s’inspirent des méthodes répressives israéliennes…

            Le 5 septembre, Salah Hamouri a été condamné par le tribunal à purger sa peine datant de 2005 alors qu’il a été libéré en 2011. C’est inacceptable. Une nouvelle fois, Israël montre son véritable visage d’État colonialiste et impérialiste. Pour maintenir sa domination sur la terre de Palestine, cet État ne peut vivre qu’en dominant tout un peuple par le bâton, par les bombes et les injustices les plus brutales.

            Le sort réservé à Salah Hamouri nous rappelle celui de plus de 7000 militants palestiniens emprisonnés dans les geôles israéliennes.

            Plus que jamais, la solidarité envers les peuples opprimés comme le peuple de Palestine doit s’intensifier. Tous les militants doivent participer aux manifestations en faveur de la lutte anticoloniale des Palestiniens et pour la libération de Salah Hamouri et des autres prisonniers politiques.

            En France, combattons la tentative de Macron de criminaliser le mouvement de solidarité envers la Palestine en le faisant passer pour antisémite.

Les vrais criminels, c’est Netanyahou, l’État et l’armée israélienne qui colonise la Palestine. Les vrais criminels, ce sont les grandes puissances complices de ce crime contre les peuples. N’oublions pas que depuis plus de 30 ans, en France, notre camarade Georges Abdallah subit la vengeance la plus injuste des criminels de guerre israéliens et de leurs complices français en étant emprisonné.

 

LIBERTÉ POUR SALAH HAMOURI ET POUR LES 7000 PRISONNIERS POLITIQUES PALESTINIENS !

 

INTENSIFIONS LA SOLIDARITÉ POUR RENFORCER LA LUTTE DU PEUPLE PALESTINIEN FACE À L’ÉTAT SIONISTE D’ISRAEL !

 

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Libérez Georges Abdallah (discours du ROCML)

Retrouvez l’intervention d’un militant du ROCML sur France 3

Discours du ROCML à la manifestation de Lannemezan

Nous sommes solidaires de notre camarade Georges qui entame aujourd’hui sa 32ème année de détention. Georges n’a jamais renoncé à la lutte contre l’impérialisme oppresseur. Il est un exemple de courage et de fermeté pour tous les militants révolutionnaires et progressistes.

Georges est victime de la justice de classe, impérialiste de l’Etat français. Hollande, Valls, les gouvernements impérialistes de ce monde prétendent défendre la paix, une société pacifiée, en même temps qu’ils combattraient la violence.

Mais de quelle violence parlent-ils lorsque les impérialistes condamnent Georges Abdallah ? De quelle violence parlent-ils lorsque l’impérialiste sioniste assassine des enfants palestiniens ? De quelle violence parlent-ils lorsqu’ils arrêtent des syndicalistes d’AIR France ?

Il y a en vérité deux violences. Celle du capitalisme-impérialisme qui enferme les travailleurs et les peuples dans les prisons de l’exploitation et celle des travailleurs qui luttent pour l’amélioration de leur sort. Hollande, pour qui la violence de classe des travailleurs est intolérable, est en première ligne pour déchainer la violence des impérialistes au Mali, en Centrafrique, en Syrie, la guerre sociale en France contre les travailleurs révoltés, les migrants, la mobilisation pro-palestinienne.

Puisqu’une attaque contre l’un de nous est une attaque contre tous, nous appelons à poursuivre le combat pour la libération de Georges, à renforcer nos mobilisations pour résister à l’impérialisme et à la violence de classe.

 

Libération immédiate de Georges Abdallah !

A bas l’impérialisme !

 

C’est ensemble camarades que nous vaincrons

Le 24 octobre 2015, Le ROCML et la JCML

Tous à Lannemezan le 24 octobre !

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Georges Ibrahim Abdallah entrera le 24 octobre dans sa 32e année de détention en France.

Il est libérable depuis 1999 !

C’est un militant anti-impérialiste et pro-palestinien que l’État français garde dans ses geôles.

Nous appelons à une large mobilisation en France et partout ailleurs.

Manifestation nationale à Lannemezan (Hautes Pyrénées), de la gare à la prison,

samedi 24 octobre 2015 à 14h.

Discours pour la libération de Georges Abdallah à Pau

Discours pour la libération de Georges Abdallah

26 février 2015

 

Le ROCML et la JCML sont solidaires de Georges Abdallah emprisonné maintenant depuis plus de 30 ans en France. Alors que le gouvernement et tous les partis du système prétendent défendre la liberté d’expression, ils savent la museler lorsque celle-ci les met en danger, remet en cause leur pouvoir.

Georges, militant de classe et révolutionnaire inconditionnel est emprisonné, réduit au silence, du fait de ses opinions et de ses actes, par l’Etat français au service des impérialistes.

La liberté d’expression est la propriété de la classe dominante, bourgeoise. Les médias (télé, journaux) donnent des brevets de démocrates pour les criminels de guerre que sont Netanyahou, Hollande et Obama. De l’autre côté, les révolutionnaires communistes sont taxés de « terroriste », les grévistes de « preneurs d’otage », de « preneurs d’emploi », les syndicats de travailleurs « de cancer pour le travail ».

Aujourd’hui, le gouvernement se donne une image de défenseur des peuples, en réalité, il asphyxie et étouffe les travailleurs avec des lois scélérates : loi Macron, pacte de responsabilité… Il réprime voire enferme tous les militants qui concrètement agissent dans l’intérêt du peuple.

 

Libérez Georges

Justice de classe pour les militants révolutionnaires

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Discours pour les 140 ans de la Commune de Paris

 

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

Le rassemblement à Paris au Père Lachaise

 

 

 

Discours de commémoration des 140 ans de la Commune de Paris

Père Lachaise, Samedi 19 mars 2011

 

 

Mes chers camarades,

Aujourd’hui nous sommes rassemblés en un lieu mémorable pour commémorer l’une des plus belle et des plus grande page de l’histoire du mouvement ouvrier, la première forme de dictature du prolétariat : la Commune de Paris.

Il y a 140 ans exactement, le 18 mars 1871, la Commune naissait, le peuple de Paris se levait, balayait les vestiges du second Empire décomposé et, pour paraphraser Karl Marx lui même, montait à l’assaut du ciel !

Ce même peuple de Paris qui avait endurer les sacrifices imposés par la guerre impérialiste Franco-prussienne de 1870, qui après les défaites de Sedan et Metz avait refusé la défaite et l’occupation étrangère, reprit les armes et vécut un siège très éprouvant de plusieurs mois avec son lot d’horreurs, pour enfin, se voir imposer une capitulation sans conditions par le gouvernement vendu de la défense nationale…

La bourgeoisie réactionnaire française, celle là même qui avait fait tirer sur le peuple en 1848, puis en 1851 lors du coup d’Etat Bonapartiste, cette même bourgeoisie qui s’était tant engraissé sur le dos de la classe ouvrière pendant les années de l’Empire et qui au final, avait poussée Louis Napoléon dans un conflit armé contre la Prusse dont elle espérait pouvoir retirer des gains territoriaux, oui, ce sont ces même bourgeois belliqueux qui avait subitement réclamé la paix, voyant en elle le retour des profits et de la croissance disparus depuis le début de l’invasion étrangère.

Après l’entrée des Prussiens dans Paris, l’assemblée de Versailles, revenu de Bordeaux, constituée en grande partie de monarchistes et de débris du bonapartisme déchu – qui n’avaient cessé d’exiger de Paris la capitulation pendant le siège, procédant à des baisses de soldes des gardes nationaux –  réclama le désarmement de la classe ouvrière parisienne. Les fusils, les mitrailleuses et surtout les canons qui avaient été achetés par les Parisiens eux même pour doter la garde nationale d’un armement adéquate devait leur être arrachés par la troupe.

Idée complètement absurde puisque le 18 mars, les bataillons de la ligne chargés de la besogne, affamés et exténués fraternisèrent avec le peuple.

Le 26 mars avaient lieu les élections qui donnait à Paris un nouveau gouvernement en partie constitué d’ouvriers. Le 28, la Commune était officiellement proclamé devant l’Hôtel de ville. Les bataillons de la garde nationale défilant les uns après les autres, une foule immense acclamant les nouveaux élus… Le drapeau rouge du sang de l’ouvrier avait alors remplacé le drapeau tricolore. A ce moment là, plus rien ne semblait en mesure d’arrêter ce peuple en armes, ni les assemblées réactionnaires, ni les armées impérialistes, ni les bourgeois réfugiés à Versailles…

Le prolétariat au pouvoir, les réformes sociales vont se  succéder pendant deux mois et demi :

Séparation de l’Eglise et de l’Etat, école gratuite, laïque et obligatoire, interdiction du travail de nuit pour les boulangers, redistribution aux ouvriers des ateliers qui avait été abandonnés par leurs patrons pendant le siège ou au moment de la proclamation de la Commune…. Il ne s’agit là que d’un aperçu de l’œuvre sociale du premier gouvernement ouvrier de l’Histoire.

A ce moment là, la France connait partout l’incendie de la révolution. A Lyon, à Saint-Etienne, au Creusot, puis à Marseille, à Toulouse, à Narbonne et dans bien d’autres villes encore… Comme un seul homme, le prolétariat se soulève, brise les chaines de l’exploitation, lave les humiliations de son oppression et balaie les vestiges pourrissants de l’Empire.

Dans Paris,  malgré le danger de plus en plus imminent que constitue l’armée versaillaise alors aux portes de la ville, c’est l’effervescence… Les rues de la capitale sont redevenues sures, pendant deux mois on ne connaitra plus ni meurtres, ni assassinats, ni prostitution, ni la misère ou la faim. Le vieux monde est désormais tombé, l’avenir appartient à la Commune, au peuple, à la classe ouvrière…

On abat la colonne Vendôme, symbole de la haine entre les peuples, la maison de Thiers est détruite, les Eglises se transforment en clubs de réunions et de discussions où chacun prend la parole : les jeunes comme les vieux, les hommes comme les femmes… On débat sur les décisions de la Commune, on discute de l’avenir.

Pourtant, le 21 mai 1871 après deux mois d’existence, la Commune vivait ses dernières heures…  Après avoir vu disparaitre les unes après les autres toutes les Communes de province, réprimées par le parti de l’ordre, Paris se retrouvait seule. Incapables d’organiser correctement la défense de la ville, les élus avaient laissé Thiers constituer une gigantesque armée de 130 000 soldats français, pour la plupart faits prisonniers après la défaite, puis libérés par Bismarck afin d’écraser la « canaille rouge » de Paris. Ce même Thiers qui après s’être assuré de l’imminence de la victoire versaillaise avait déclaré « je serais impitoyable », déchaina pendant toute une semaine un ouragan de fer et de feu sur Paris noyant la capitale dans un bain de sang. La classe ouvrière, qui avait été en première ligne pour la défense de la révolution en fut décapité. La lutte qui avait commencé à l’extérieur de Paris au début du moi d’avril dura toute une semaine. Le Père-Lachaise sera le théâtre de combats acharnés entre fusiliers marins et fédérés. Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mai, 147 d’entre eux seront passés par les armes contre un mur blanc situé au fond du cimetière. L’histoire veut qu’ils soient morts les pieds nus, avec insolence…

La « semaine sanglante » toucha particulièrement les quartiers populaires de l’Ouest de Paris. Belleville, Montmartre, la Butte aux cailles qui avaient tant résistés, furent vidés de leurs cordonniers, charpentiers, forgerons, typographes, relieurs, zingueurs, laissant voir comme le dit Lissagaray dans son « Histoire de la Commune », (…) « des femmes d’ouvriers assises, la tête dans les poings, regardant fixement devant elles, attendant un fils ou un mari qui ne devait pas revenir. »

Même si la IIIème République reconnue par la suite que le premier acte de son existence avait fait plus de 20 000 morts, on peut penser que la répression fut bien plus terrible… 30 000, 40 000, 50 000 morts? Louise Michel avancera le chiffre de 100 000 victimes. Le jardin du Luxembourg, la caserne Lobau, la prison de la Roquette furent les abattoirs de la classe ouvrière parisienne. Les cours prévôtales condamnèrent tant de gens, parmi lesquelles beaucoup d’innocents n’ayant jamais participer à la Commune, que même les journaux les plus réactionnaires de l’époque réclamèrent la suspension des exécutions. En effet, le triste spectacle des tombereaux de cadavres qui s’amoncelaient partout dans la ville avait fait naitre la crainte d’un retour de la peste.

Ceux qui avaient échappé à la boucherie devaient connaitre par la suite l’enfer de la détention dans les forts, les prisons et sur « les pontons » en attendant d’être déportés en Nouvelle Calédonie ou fusillés. L’amnistie générale ne devait arrivée qu’en 1880, mettant un terme à 9 années de répression sauvage.

Alors, comment un tel rêve a t-il pu s’effondrer si rapidement?

Ce qui manqua à la Commune, c’est une véritable organisation, avec un parti prolétarien capable de diriger la lutte révolutionnaire.

A maintes reprises ce manque cruel se fera ressentir, notamment dans les opérations militaires que mènera la Commune. En refusant par exemple de rallier les bataillons de l’armée française affamés, réfugiés à Versailles et qui auraient eut tout intérêt à se joindre aux parisiens. Et lorsqu’enfin l’ordre arriva de marcher sur Versailles, les 2 et 3 avril, l’opération fut si mal organisée, qu’elle se transforma en débâcle totale. Deux des meilleurs commandant militaires de la Commune, aimés des parisiens, Flourens et Duval y laisseront d’ailleurs la vie.

Les Communards commettront encore bien d’autres erreurs qui précipiteront leur fin … Comme le refus de mettre la main sur les richesses colossales de la Banque de France. L’argent ainsi confisqué aux bourgeois auraient pu servir les intérêts de la révolution.

Bien que la répression de la Commune ait       été sans pitié, elle a apporté à la classe ouvrière un enseignement d’une importance capitale : sans l’existence d’un parti prolétarien d’avant garde organisé, pas de mouvement révolutionnaire. Le Capital, lui, l’a parfaitement bien compris, et il n’hésitera pas à faire couler le sang de milliers d’ouvriers pour la sauvegarde de ses profits.

Aujourd’hui, la classe ouvrière doit comprendre que son salut réside dans la révolution socialiste. Mais cette révolution doit être encadrée et menée par un parti d’avant garde capable de mener le prolétariat à sa victoire. Refuser l’organisation, c’est refuser le renversement de la bourgeoisie, c’est s’enfermer dans le spontanéisme et rejeter une action de longue durée. Refuser l’organisation prolétarienne d’avant garde c’est répéter les erreurs du passé.

Comme nous l’a enseigné le camarade Lénine : « L’organisation est la force de la classe ouvrière. Sans l’organisation des masses, le prolétariat est nul. L’organisation, c’est l’unité d’action, l’unité de l’intervention pratique. »

L’œuvre sociale et politique de la Commune est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, lorsque le monde entier a les yeux tournés sur les révolutions qui ont lieu dans les pays du Maghreb. Souhaitons que ces derniers ne connaissent pas le sort funeste des fédérés.

C’est pourquoi chers camarades, nous pouvons le dire haut et fort en ce lieu aujourd’hui : la Commune n’est pas morte !

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

Appelant à commémorer les 140 ans de la Commune de Paris

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